BIM BIM - Le Mag numérique

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BIM BIM - Le Mag numérique
40 € / m2 / projet
75%
% de personnes
vivant en ville
Surcoût d’un
projet sans BIM
2050
€
400
40 % des
coûts du cycle de
vie du bâtiment
sont liés à sa
consommation
énergétique
400 villes de plus de 5 millions d’habitant en 2050
TOP NEWS
2050
Adoption du BIM
depuis 2007, la
Finlande est
précurseur en Europe.
En France en 2017,
tous les marchés
publics du BTP
devront être réalisés
avec le BIM.
8% des entreprises
chinoises du BTP
utilisent le BIM,
essentiellement pour
l’hôtellerie.
44% des projets
BTP utilisent le BIM.
Le marché de la
construction devrait
atteindre 620 milliards
de dollars en 2020.
Bouygues BTP a
réalisé le viaduc
d’Abidjan grâce au
BIM en 2014.
SOMMAIRE
n.b. Votre sommaire est cliquable, nous vous invitons à cliquer sur le sujet qui vous intéresse
Le
le BIM
m
o
nd
s
focus sur
un acteur
da
n
De quoi parle-t-on ?
e
BIM
Vers de nouveaux
métiers
Les BIM
évent’
Facteurs de développement
du BIM en France :
la législation
BIM
réalité augmentée
Les acteurs
du BIM
l’avenir numérique du bâtiment
Un contexte urbain rapprochant l’I.T et le Bâtiment.
En 2050, 6,4 milliards d’humains sur Terre vivront en ville, soit 70% de la population mondiale. La planète
comptera près de 400 villes de plus de 5 millions d’habitants.
L’ADEME identifie que les bâtiments sont en effet les plus gros consommateurs d’énergie en France. Le
résidentiel tertiaire représente 44% de la consommation d’énergie et est le second secteur émetteur de CO2,
devant les transports (32%) et l’industrie (21%). 40% des coûts sur le cycle de vie d’un bâtiment sont liés à
la consommation énergétique.
De quoi parle-t-on ?
Ces dernières années, le Building Information Management se développe et vient impacter l’ensemble des
acteurs de la chaîne de valeur du bâtiment, de l’architecte au propriétaire en passant par l’assureur et le
constructeur.
Le BIM n’a pas, aujourd’hui, une seule définition. Entre le « building information model », le « building
information modeling », le « building information management » les acteurs français préfèrent employer
l’expression « Bâtiment et Informations Modélisées » ou « maquette numérique » pour parler d’une base
de données standardisée, unique et partagée par l’ensemble des acteurs, contenant toutes les informations
techniques du bâtiment, depuis la conception jusqu’à l’exploitation et la maintenance et permettant de
modéliser en 3D (ou plus, en ajoutant les dimensions de temps, d’évolution des coûts, d’évolution selon les
conditions extérieures…) le bâtiment, chacune de ses pièces et des matériaux le composant. Le premier
objectif est donc de pouvoir disposer d’une maquette interactive permettant de simuler divers scénarios de
comportement du bâtiment en fonction de tel ou tel paramètre, environnemental ou énergétique par exemple.
Quels intérêts pour le BIM aujourd’hui ?
Le BIM connaît ces dernières années un regain d’intérêt du fait qu’il permet :
- Une meilleure interopérabilité entre l’ensemble des acteurs. En effet, le manque d’interopérabilité dû aux
rendus en version papier de chacun des acteurs impliqués entraîne un surcoût de 40€/m² par projet. Cette
interopérabilité est facilitée par un format de fichier numérique commun à l’ensemble des acteurs, respectant
la norme IFC (Industry Foundation Classes).
- Cette interopérabilité permet un gain de temps dans l’étude et la constitution d’un projet de construction.
- Grâce à l’ensemble des données le cycle de vie du bâtiment (PLM – Product Lifecycle Management) et sa
maintenance prédictive sont facilités.
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I&R - Watch - Mars 2015
Le schéma ci-dessous permet de visualiser l’évolution qu’a permise le BIM dans les modes de travail. Il
montre bien l’interopérabilité entre les acteurs grâce à une plateforme unique :
ARCHITECTES
LOGICIEL B
LOGICIEL A
RESSAISIES /
BUREAUX
D’ÉTUDES
RESSAISIES
ENTREPRISES
EXPLOITANTS
LOGICIEL D
MAITRISES
D’OUVRAGE
RESSAISIES
LOGICIEL C
RESSAISIES
RESSAISIES
RESSAISIES /
IMPORTS
IMPORTS
INDUSTRIELS
ARCHITECTES
MAITRISES
ENTREPRISES
D’OUVRAGE
BIM
BUREAUX
D’ÉTUDES
EXPLOITANTS
INDUSTRIELS
I&R - Watch - Mars 2015
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Cependant la maquette numérique n’est pas tant une révolution. Le concept existe depuis une vingtaine
d’années, sans pour autant avoir réellement connue une vraie envolée. Cela peut s’expliquer de différentes
façons :
- par une pression grandissante des donneurs d’ordres pour la maîtrise des délais, des coûts et de la qualité ;
- par des contraintes techniques (stockage des données et rapidité de transmission notamment) jusqu’ici
non maîtrisées et que l’évolution des infrastructures informatiques permet désormais ;
- par une législation qui jusqu’ici n’obligeait pas les acteurs à y recourir.
Le digital apparaît donc aujourd’hui comme une des solutions facilitant la réponse aux enjeux futurs. C’est
l’ensemble du secteur du bâtiment qui va devoir s’ouvrir aux objets connectés ou encore au cloud.
BIM et réalité augmentée
Une des technologies de plus en plus développée dans le secteur est la réalité augmentée.
Le cycle classique de l’innovation fonctionne par un transfert de technologie du milieu professionnel vers le
milieu grand public. La réalité augmentée suit, elle, un processus inverse.
© DAQRI - Casque de chantier équipé de la technologie de réalité augmentée
Appliquée au secteur du BTP, cette technologie permet
l’affichage d’informations virtualisées en superposition à
l’environnement réel, au travers d’un écran. Elle permet
donc de figurer le projet dans son environnement, tel qu’il
sera une fois achevé, dans son contexte. A titre d’exemple,
la start-up Daqri, installée à Los Angeles a développé en
septembre 2014 un casque de protection sur lequel une
visière peut être abaissée pour permettre de visualiser
le chantier en réalité augmentée. Ce dernier est équipé
de plusieurs capteurs, d’un processeur Qualcomm,
d’un système d’exploitation Android et peut recevoir des
informations d’une montre connectée.
C’est également le cas du groupe Colas, filiale de Bouygues, qui a développé le casque « Oscar » pour ses
équipes de maintenance ferroviaire. Outre le fait d’éclairer à 5 mètres pour les interventions nocturnes, il est
capable de détecter les réseaux électriques haut voltage à proximité afin de prévenir tout risque d’électrocution
ou encore de permettre aux équipiers de communiquer entre eux jusqu’à 250 mètres de distance par un
système de reconnaissance vocale. Il devrait prochainement être amélioré en intégrant une visière de réalité
augmentée développée par la société californienne Atheer Labs.
Pour la responsable Environnement Virtuels Enrichis du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
(CSTB), l’intérêt des personnes intervenant sur les chantiers passera également par d’autres supports. « Il
faut viser les smartphones et les tablettes, qu’ils utilisent déjà, pour qu’ils s’approprient la technologie de
réalité virtuelle ». Cette technologie opérera d’ailleurs une convergence avec le BIM : « Il faudra faire le
lien avec des applications de type Product Lifecycle Management ». Sur les chantiers, outre la visualisation
de l’information, il peut être nécessaire de faire circuler l’information « terrain » en faisant remonter les
problèmes constatés aux autres acteurs, dans une approche collaborative. « Il ne faut pas que la technologie
se borne à de la visualisation, ce serait trop limité », estime-t-elle.
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I&R - Watch - Mars 2015
Vers de nouveaux métiers : le BIM Manager
L’ensemble de ces technologies adaptées aux besoins du marché du bâtiment font nécessairement évoluer
les métiers du secteur. L’apport des nouvelles technologies en général, et du BIM en particulier, bouscule la
façon de travailler de chacune des parties prenantes.
Une nouvelle fonction est née : le BIM Manager. Le profil ? Le plus souvent un ingénieur ou architecte, très
au fait des nouvelles technologies et assistant le directeur technique ou l’architecte responsable du projet de
construction. Par sa maîtrise des logiciels de modélisation en plusieurs dimensions, il pilote la réalisation de
la maquette numérique du projet en y associant les éléments fournis par les différentes parties prenantes.
Il réduit le temps d’implémentation des solutions de chaque corps de métier. BIM Manager est un travail
collaboratif et occupe donc une fonction centrale et transversale. Le travail de l’architecte est donc à la fois
facilité et optimisé.
Beaucoup d’entreprises recrutent aujourd’hui à ce poste, devenu stratégique dans le secteur. Reste qu’encore
peu de personnes sont formées à ce métier. D’où l’émergence de nombreuses formations, en master, au sein
de structures professionnelles ou encore directement en ligne (MOOCs) pour développer ce métier. C’est
le cas au sein du pôle de compétitivité S2E2
qui propose 3 jours de formation autour de la
maquette numérique.
Les besoins en ressources qualifiées sont
importants et il n’y a pas que les architectes
qui soient impactés par l’arrivée du BIM. Les
entreprises de construction sont également
impactées.
Les chefs de projets doivent désormais proposer
des solutions techniques innovantes en fonction
du cycle de vie et du comportement anticipé
du bâtiment. Ils doivent notamment fournir
des données dématérialisées sur les produits
et matériaux qu’ils proposent. « Le BIM nous
permet de ‘‘construire avant de construire’’ »,
estime Gaëtan Desruelles, Directeur Général
adjoint en charge de la R&D et de la Construction
Durable chez Bouygues Construction.
Une fois la construction achevée, le BIM poursuit son utilité. La gestion intelligente du cycle de vie du bâtiment
permet une meilleure maîtrise des coûts d’entretien. Par ailleurs, plus besoin de percer un mur pour savoir
comment il a été bâti et avec quel matériau : la visualisation BIM renseigne sur les matériaux employés, leurs
agencements et leurs caractéristiques techniques, jusqu’à une précision pièce par pièce.
La maquette numérique impacte également l’assureur. Elle permet une baisse du niveau de risque dans la
gestion du bâtiment et l’oblige à repenser ses conditions contractuelles.
I&R - Watch - Mars 2015
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Les acteurs du BIM
Le marché en France
Le 9 mars dernier, une quarantaine d’acteurs français (éditeurs de logiciels BIM et fournisseurs de services
de modélisation pour la filière BTP numérique) du BIM ont décidé de se rassembler afin de créer le groupe
« BIM Editeurs ». Ce dernier sera l’interlocuteur essentiel pour répondre aux enjeux du Plan de Transition
Numérique du bâtiment. Il sera intégré au sein de Mediaconstruct qui est un « chapitre » de BuildingSMART
International qui est une organisation internationale qui vise à améliorer l’échange d’informations entre les
applications logicielles utilisées dans l’industrie de la construction. Cette organisation est divisée en chapitre,
Mediaconstruct en est le chapitre français.
Le but est d’adapter l’offre aux spécificités du marché français, créer un contact référent pour le BIM/BTP et
établir une synergie entre les acteurs. Une grande attention sera portée à l’OpenBIM qui est une approche
universelle à la conception collaborative, à la réalisation et à l’exploitation des bâtiments basés sur les
normes ouvertes et libres de droit et des flux de travail (c’est à dire l’interopérabilité des acteurs).
L’OpenBIM permet:
- un workflow transparent et ouvert, permettant aux membres du projet de participer quels que soient
les outils logiciels qu’ils utilisent ;
- un langage commun pour les processus largement référencés ;
- de stimuler les solutions en ligne afin de livrer les données directement dans le BIM ;
- aux fournisseurs de logiciels de participer quel que soit leur taille afin de rivaliser pour faire ressortir le
meilleur de sa catégorie…
Acteurs clés :
Les principaux constructeurs utilisant le BIM :
- BOUYGUES Travaux Publics
- EIFFAGE TP
- FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics)
- SPIE
- VINCI CONSTRUCTION France
Les principaux éditeurs de logiciels français :
- Dassault Systèmes
- GRAPHLAND
- Groupe ARCHIVANT
- LASCOM
La concurrence est rude avec des entreprises telles que Bentley, Autodesk, ArchiCAD ou encore Tekla.
Ces géants du BIM s’allient souvent avec les grands groupes de construction comme ce fut le cas entre
Bouygues Construction et Autodesk en 2011.
Le marché est actuellement en cours de structuration du fait de l’arrivée prochaine de la réglementation sur
le BIM en 2017
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I&R - Watch - Mars 2015
Autodesk est une société américaine créée en 1982 par John Walker. Cette entreprise conçoit
des logiciels CAO. Elle compte actuellement 7 390 employés dans le monde pour un chiffre
d’affaire de 2,51 milliards de dollars. Les logiciels d’Autodesk sont utilisés par 12 millions
de professionnels. Elle est inévitable dans le paysage du BIM grâce à des licences telles que
AutoCAD et Revit. Ce dernier est un logiciel phare d’Autodesk capable de planifier et de suivre
toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment.
Stratégie Autodesk
Autodesk est l’un des acteurs majeurs du BIM. L’entreprise
met l’accent sur le concept de PLM (Product Lifecyrcle
Management) dans le Cloud. Le PLM permet de gérer
le bâtiment depuis la phase de construction jusqu’à sa
phase de maintenance et d’exploitation. C’est dans cette
optique que Autodesk a lancé la solution « Autodesk PLM
360 » qui a pour but de rendre les processus de gestion
de cycle de vie plus efficace.
En janvier 2015, A2K Technologies a annoncé qu’elle
certifiait la solution « Autodesk PLM 360 Conseil » en
Australie. A2K Technologies est spécialisé dans la
conception, le développement et la commercialisation de
systèmes informatiques novateurs pour le contrôle et la
mesure dans le but de produire des processus performant
et des modèles.
Implantations d’ Autodesk dans le monde - 2015
La politique d’Autodesk sur la norme
IFC
Autodesk promeut largement les standards ouverts,
dont notamment les IFC, pour tous ses produits AEC
(Architecture, Ingénierie et Construction). L’entreprise
est co-fondatrice de l’IAI (International Alliance for
Interoperability) avec AT&T, qui est par la suite devenu
BuildingSMART International. Cette alliance a été créée
afin de donner naissance à un standard ouvert de
l’industrie du BTP : le format IFC, qui est désormais la
référence mondiale.
Pour le marché européen, la priorité première est
l’intégration des IFC dans Revit. D’après Angel Velez,
Ingénieur Développement en Chef Senior chez Autodesk,
I&R - Watch - Mars 2015
« l’un des sujets sur lesquels nous avons activement
travaillé ces dernières années est l’amélioration et
l’amplification de la communication directe avec notre
base d’utilisateurs. L’obligation du BIM en 2017 en
France permettra au pays de devenir un leader dans ce
domaine »
Logiciels les plus utilisés selon le rapport NBS de National Bim
Library
Innovation et partenariat
• Autodesk et Schneider ont signé un accord le 10
mars 2015 pour renforcer leur collaboration dans la
construction et la gestion du cycle de vie du bâtiment. Le
but est de produire des bâtiments moins énergivore de
sa conception jusqu’à sa fin de vie. Les deux partenaires
travaillent sur plusieurs sujets :
- la gestion de l’énergie
- la gestion des données du bâtiment et le contrôle
(exemple : smartmeter)
- la gestion de l’espace de travail
• Le 5 mars 2015, Autodesk a créé le fonds d’investissement
Spark afin d’investir dans les start-ups et la recherche du
domaine de l’impression 3D. Par le biais de ce fonds,
Autodesk accentue sa présence dans ce domaine. Plus tôt
dans l’année il avait déjà lancé Momento, un logiciel open
source gratuit. Le fonds vise à renforcer l’écosystème
de Spark et stimule l’innovation pour des projets 3D plus
abouti.
• Le projet Momento a été lancé en 2014 mais ce n’est
qu’en février 2015 que Autodesk a proposé une version
gratuite et libre de droit. Ce logiciel permet d’effectuer
une capture numérique du réel. Cette solution est
connectée au cloud. Elle donne la possibilité de visualiser
un univers tridimensionnel mais aussi de le modifier.
Cette application permet aux acteurs du BIM d’effectuer
des modélisations rapides d’un environnement afin d’en
modifier les paramètres.
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Le facteur de développement du BIM en France : la législation
Le BIM connaît aujourd’hui un regain d’intérêt comme mentionné plus haut, notamment du fait d’une contrainte
législative à venir.
Le BIM au niveau européen
La directive Européenne « marchés publics » votée le 15 janvier 2014, encourage les pays de l’UE à
l’utilisation du BIM dans leur projet de construction. Celle-ci prévoit que les 28 États membres de l’UE pourront
tous encourager, spécifier ou rendre obligatoire d’ici à 2017 l’utilisation de la modélisation des données du
bâtiment pour les projets de construction et de bâtiments financés par des fonds publics. Le Royaume-Uni,
les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande et la Norvège imposent d’ores et déjà cette condition aux marchés
publics dans le bâtiment.
La législation BIM en France
La France, plus grand marché de construction d’Europe, va donc très prochainement se mettre à leur niveau :
les nouveaux bâtiments publics de plus de 2000 m² devront tous faire l’objet d’une gestion par le BIM à partir
de cette date. Plus précisément, ce sont dans un premier temps les bâtiments d’Etats puis dans un second
temps, ceux des collectivités territoriales qui seront concernés
En janvier 2015, la ministre du logement Sylvia Pinel a lancé le Plan de Transition Numérique du Bâtiment
doté de 20 millions d’euros pour accompagner les acteurs du bâtiment dans leur transition numérique. Pour
piloter ce projet elle a nommée comme pilote M. Bertrand Delcambre, qui a publié en décembre 2014 un
rapport sur les mesures à prendre pour aider le secteur du bâtiment à généraliser l’usage du numérique.
Les acteurs prennent déjà les devants en introduisant dès maintenant l’exigence BIM dans leurs appels
d’offres.
La reconstruction de l’hôpital d’Ajaccio a été le 1er marché public 100% BIM lancé en 2013. Le maître
d’ouvrage avait exigé dans le règlement de consultation et dans le cahier des charges le BIM pour chaque
phase du projet. Les candidats à cet appel d’offre ont donc dû expliquer comment ils comptaient s’organiser :
quel était leur responsable BIM, quels étaient les formats de livraison (fichiers natifs ou fichiers au format
international IFC) et également sur leur façon d’utiliser la maquette numérique. Ce marché, de 36 000 m²
et plus de 135 millions d’euros d’investissement, a été remporté par le cabinet d’architectes AART Farah en
collaboration avec la société MBA Ingénierie en charge du BIM management du projet. Ces derniers avaient
alors utilisés la suite logicielle « Revit » de l’éditeur spécialisé Autodesk (cf. fiche acteur en page 7).
Plus récemment, en juin 2014, c’est le marché de la rocade L2 de Marseille, remporté par Bouygues TP
et Egis, qui est géré grâce au BIM, dans le cadre d’un partenariat public-privé. « Le premier enjeu sur
ce projet a été d’établir un lien de confiance entre les équipes sur l’avancement du projet et face à leurs
préoccupations réciproques. Nous avons donc créé un espace de partage en temps réel des données
en cours de conception, véritable système d’information sur la progression de la conception du projet »,
indiquent Christophe Castaing, directeur du projet BIM chez Egis, et Pierre Benning, directeur informatique
chez Bouygues Travaux Publics en charge de l’implémentation du BIM sur le projet.
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I&R - Watch - Mars 2015
Le BIM dans le monde : similarités et différences
L’AMéRIQUE
USA & Canada
En 2014, l’Administration des Services Généraux (GSA) aux U.S.A. est un pionnier dans
la préconisation de l’adoption du BIM pour les projets dans le secteur public. Il a aussi
développé une suite de directives BIM.
L’application du BIM par les entreprises américaines et canadiennes est très importante.
Aux États-Unis, à peu près 44% des entreprises intègrent le BIM dans la conception d’un
bâtiment.
Les trois avantages majeurs sont :
- l’amélioration de la conception des projets,
- une meilleure communication et compréhension du projet grâce à la visualisation 3D,
- l’amélioration de la productivité du personnel. L’Institut pour le BIM au Canada en partenariat avec Digicon Information Inc. est en train de mener une
enquête pour comprendre l’adoption du BIM dans une perspective nationale. Les enquêtes nationales sont
également en cours simultanément au Royaume-Uni, Finlande, Danemark, République Tchèque et en
Australie. L’enquête est conçue pour saisir à un instant T le nombre d’entreprises canadiennes qui utilisent
le BIM comme un processus. En plus de recenser les projets des entreprises, l’enquête permet aussi de
déterminer les différents axes stratégiques du BIM et les fonctions de logiciel utilisés.
Le BIM est bien intégré dans les entreprises du fait des investissements effectués dans la technologie et
dans la formation des salariés. Ainsi les licences sont acquises et maîtrisées depuis longtemps.
Les entreprises américaines utilisent ces outils pour des projets de construction de bâtiments publics
(institutions et administrations). Alors que de son côté le Canada utilise la technologie BIM dans la réalisation
de projets d’infrastructures du type route, ponts ou encore tunnels...
L’EUROPE
Le territoire européen utilise le BIM pour les grands projets de construction (spécialement
en Angleterre) et pour des projets de bâtiments commerciaux en France et en Allemagne.
Ce n’est pas un sujet nouveau, il subit une forte implémentation récemment due au fait
que la technologie devient plus abordable.
On constate une nette augmentation des utilisateurs depuis 5 ans. 41% des acteurs
du BTP utilise le BIM depuis 3-5 ans contre 9% il y a 11 ans. Ceux-ci constatent un
retour sur investissement sur 3 points :
- une meilleure communication et compréhension des projets grâce à la visualisation 3D,
- une amélioration de la conception des projets,
- une baisse des coûts du projet.
Le BIM prend une place importante dans la phase de construction en Allemagne via l’utilisation de la réalité
augmentée et le laser scanning.
Le vice-président d’Autodesk Phil Bernstein précise que l’industrie allemande est extrêmement conservatrice
indiquant que les Américains utiliseront une partie de logiciel s’il répond à 80 % de ce qu’ils attendent, tandis
que les allemands veulent que celui-ci corresponde exactement.
I&R - Watch - Mars 2015
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Pays Nordiques
Depuis 2007, les pays nordiques sont les précurseurs du BIM. Les normes BIM du secteur public sont déjà
en place en Norvège, au Danemark, en Finlande et en Suède. Leurs attentes en matière de BIM sont souvent
plus exigeantes en termes d’interopérabilité. Notons que ces pays se concentrent sur les fournisseurs locaux
de solutions, tels que Solibri ou Tekla.
En 2002 la Confédération d’Industries de Construction Finlandaises a décidé de considérer
le BIM comme un élément principal de la stratégie technologique. Il a été intégré sans
protestation dans le monde de la construction. Il est devenu un outil « habituel » dans
beaucoup de projets.
UK
Le Royaume-Uni est un précurseur dans le domaine du BIM. Le gouvernement a établi en
2013 une stratégie dédiée à la construction avec des objectifs pour 2025 :
- la baisse des coûts de construction,
- rapidité de livraison des bâtiments,
- la baisse des émissions de CO2.
Moyen Orient
Le Moyen-Orient est une région dynamique, les estimations de croissance sont encourageantes pour 2015
(3,5% en moyenne) et restent soumises aux aléas politiques. Ceci-dit, la démarche des gouvernements est
en marche afin d’offrir des infrastructures de transport de calibre international. Les solutions de conception
3D aideront l’industrie ferroviaire du Moyen-Orient à réduire le risque et livrer des projets plus réussis et
rentables.
Le Moyen-Orient est un territoire en constant changement dû à sa forte attractivité.
Pour faire face à ces évolutions, un projet d’expansion ferroviaire d’une valeur de
50 milliards est prévu. Ce projet sera basé sous une solution adoptant le BIM afin
de répondre à la demande dans une contrainte de temps. Le projet Middle East Rail
2015 est porté par Autodesk ainsi que Gulf Cooperation Council (GCC) lui même
composé des pays suivants : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et les
Émirats arabes unis. Chacun des États contribuent au projet en bâtissant une section
de la ligne. Ce projet comprend la conception et le placement des stations et gares ;
la planification de projet de chemin de fer et la conception des voies ferrées.
Pour ce territoire, le Moyen-Orient souhaite se positionner comme un centre d’innovation leader dans le
domaine d’infrastructures de transport dites durables.
ASIE
Depuis 2012, les investissements sur le marché de la construction sont en augmentation. Le BIM y prend
une place importante mais diversifiée. Les projets de BIM touchent de nombreux secteurs et notamment
l’hôtellerie.
Actuellement à Jakarta, le cabinet d’architecture danois AG5 et son partenaire local Pandega Desain
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I&R - Watch - Mars 2015
Weharima dirigent la création de la Gran Rubina Tower, un bâtiment de 22 étages qui devrait consommer
30% moins d’énergie que les autres gratte-ciels.
Pour se faire les deux acteurs sont passés par le logiciel AECOsim de Bentley. Cette entreprise a été
sélectionnée car elle offre un bon service de transfert de fichiers et de collaboration via Internet. De plus, la
solution AECOsim a permis de réaliser, entre autre, l’étude d’exposition solaire et de déterminer son impact
sur l’immeuble. Un alignement a donc été déterminé afin que l’impact de l’astre soit moindre. La fin du
chantier est prévue pour 2018 et le cabinet a misé sur le BIM pour la durabilité et l’efficacité énergétique du
bâtiment.
Pour nous autre occidentaux, cela peut ne pas avoir de sens ; mais, sur un territoire ou un des principaux
poste de dépense de consommation d’électricité dans un bâtiment est l’air conditionné, on peut facilement
comprendre l’intérêt économique et écologique de ce processus.
Fergus Dunn, Directeur des Solutions industrielles de Bentley Systems, voit l’Asie
du Sud-Est comme un marché clé pour le BIM et le green building. L’Indonésie n’est
pas le seul pays d’Asie à se diriger vers le BIM afin d’optimiser ses constructions.
Chine
L’autorité de Logement de Hong-Kong a établi l’objectif d’appliquer le BIM dans tous les
nouveaux projets immobiliers avant 2014. Il a aussi développé un ensemble de normes
posant des directives pour l’efficacité, la création de modèle, la gestion de projet et la
communication entre les opérateurs. Malgré cela, le BIM peine à démarrer dû à plusieurs
facteurs.
Sur le territoire chinois, le BIM est utilisé pour des projets de haut niveau, cependant seuls 33 entreprises du
BTP sur 388 affirment utiliser cette technologie. Hong Kong fait actuellement face à une hausse des coûts
de construction. Selon le cabinet Langdon & Seah conseil, cette inflation représente 9 % des travaux de
construction et 7 % des travaux de génie civil ; elle est due à plusieurs facteurs :
- la main-d’œuvre disponible,
- la capacité générale de l’industrie,
- le volume de demande,
- les prix de marchandises.
Le BIM aurait pour avantages de faciliter la gestion des projets et leurs exécutions, d’avoir un meilleur
contrôle des processus de construction et d’améliorer la collaboration interdisciplinaire. « Tout cela permet
de construire plus vite », dit Malcolm Johnston, directeur exécutif de Langdon & Seah conseil.
Le BIM reste un « plus » pour le design de bâtiment, il représente un coût dans l’achat d’un logiciel et dans
la formation.
Le frein d’application du BIM vient aussi :
- d’un principe davantage lié aux habitudes de travail des salariés chinois. Une rupture, telle que le BIM,
représente une fracture importante.
- d’un souci de formation. Selon Phil Bernstein, le vice-président de Autodesk, les logiciels utilisés en Chine
sont en grande partie piratés et leur utilisation peut être un challenge face à des salariés ayant peu de
formation sur la technologie.
- de la loi. En effet, la loi chinoise stipule que le design d’un bâtiment ne doit pas impliquer le constructeur,
ce qui va à l’encontre du BIM reposant justement sur l’interopérabilité entre les acteurs.
La valeur ajoutée recherchée par le BIM en Chine n’est pas, contrairement aux autres pays, l’efficacité ou
l’efficience dans la construction du bâtiment ; l’objectif recherché est de rentabiliser la force de travail de
manière intensive.
I&R - Watch - Mars 2015
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Inde
En Inde, le marché de la construction pèse 140 milliards de dollars et devrait
atteindre 620 milliards d’ici 2020. C’est un secteur en plein boom.
Le BIM est utilisé dans le secteur de l’hôtellerie de luxe où il
est présent dans 5 à 10% des constructions. L’industrie est
toujours en train de se former sur les outils technologiques liés
au BIM. Le prix élevé des licences d’utilisations des logiciels représente un frein,
tout comme la formation des personnels. De plus, l’Inde étant en pleine expansion,
le secteur doit avancer vite pour répondre à de nombreuses demandes à un prix
raisonnable. Il y a donc des contraintes de prix et de temps qui ne peuvent être
sous estimées.
Le secteur public ne l’a pas encore inclue dans ses plans.
620 milliards
140 milliards
2014
2020
Pourtant en utilisant le BIM l’Inde pourrait gagner en rapidité, faire des économies sur les matières utilisées,
planifier les risques et faciliter la logistique. Ce sont les constats des groupes étrangers qui ont, eux, appliqué
cette méthode pour la construction. En passant des contrats avec des entreprises locales, ils mettent à
disposition les outils et leurs connaissances du BIM afin de faire face à la concurrence sur le marché indien.
C’est le cas pour Autodesk qui fournit le logiciel Revit à Jurong Consultant India. Ceci dit, malgré un léger
retard, il est important de noter que l’Inde multiplie les événements sur le BIM dans le but de remédier au
manque de formation et de connaissance dans le domaine. On peut notamment mentionner le Building
Information Modeling Summit India (2013) ou le Indian Lean Construction Conference (2015).
Japon
Le Japon est le pays le plus avancé : les acteurs utilisent le BIM depuis 3 à 5 ans, ce qui
leur permet d’avoir un premier retour d’expérience sur les projets déjà établis.
Le BIM est ainsi utilisé pour la construction de bâtiments commerciaux et industriels de
type manufacture. Selon l’enquête effectuée par McGraw Hill Construction, le retour sur
investissement des utilisateurs de cet outil est souvent :
- l’amélioration de la communication entre les différents acteurs,
- la baisse des coûts,
- l’amélioration de la conception des projets.
Une importance est aussi donnée à la phase de post-construction. En effet, le Japon se situe dans les pays
qui misent le plus sur cette étape pour la préparation d’un modèle final pour le propriétaire.
Singapour
A Singapour, le Building and Construction Authority (BCA) a établi une feuille de route en 2010 pour le
développement du numérique dans la construction. Le processus de soumission de projet en ligne, le «
e-submission », a été créé en 2011 afin de simplifier les démarches. Actuellement plus de 200 projets ont été
approuvés via ce programme.
D’après le rapport de Bertrand Delcambre datant de 2014, « cette feuille de route a été mise en place avec
pour objectif que 80% des chantiers soient réalisés avec le BIM d’ici à 2015 et 100 % en 2016. » Le
gain de productivité devrait atteindre 25% d’ici 2025.
De plus, un fond spécifique au BIM est mis en place pour aider les acteurs à faire évoluer leurs méthodes
de travail (prise en charge à hauteur de 50%, avec des montants plafonnés, de coûts de formation,
d’équipements, de logiciel et de main-d’œuvre).
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I&R - Watch - Mars 2015
Afrique
Avec un milliard d’habitants, 5% de taux de croissance par an et des villes en pleine expansion, le marché
africain est un terrain de développement pour le BIM, bien que celui-ci reste limité.
Exemples de deux ouvrages :
En Afrique du Sud, un événement a grandement contribué à l’implantation du BIM, la coupe du monde de
football. En effet il était nécessaire de faire appel à cette technologie afin de répondre aux exigences de
sécurité et de temps dûes au calendrier. C’est Telka Structure BIM software qui s’est attelé à la tâche afin de
construire 5 stades.
En 2014, en Côte d’Ivoire lors de la création du viaduc d’Abidjan, le BIM a été nécessaire
pour répondre aux contraintes telles que l’emplacement, la densité du trafic, la composition
du terrain de construction… Le temps de construction et les impératifs budgétaires étaient
aussi deux facteurs importants dans le processus de construction. Cet ouvrage a été
réalisé par Bouygues construction DTP Terrassement.
I&R - Watch - Mars 2015
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Les évènements à venir dans le monde autour du BIM
BIM World 2015
BIM Show Live
BIM workshops
25 et 26 mars 2015
8 et 9 avril 2015
11 et 12 juin 2015
Phoenix
Paris
Manchester
www.bim-w.com
www.bimshowlive.co.uk
5-7 Août 2015
Omaha
1-2 octobre
Anaheim
1ère journée :
maquette numérique
pour les architectes
18 juin 2015
ICE BIM 2015
21 octobre 2015
Londres
29 octobre
Hawaï
bim-workshops.com
www.iceconferences.com
/ice-bim-2015
Paris
Innovative City
24-25 juin 2015
Nice
www.innovative-city.com/
Le BIM dans le monde : similarités et différences
Pôle de compétitivité Images & Réseaux
Campus de Beaulieu (case 901),
263 av du Général Leclerc,
CS 74205,
35042 Rennes Cedex, France
www.images-et-reseaux.com
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