le programme du mois d`avril

Transcription

le programme du mois d`avril
conversations
Edgar Morin
Peter Knapp
Serge Moati
Guy Bedos
Raphaël Enthoven
Jérôme Clément
Jean-Luc Nancy
Abdelwahab Meddeb
Jean Clair
Jean Hatzfeld
Konstanze von Schulthess
Israël Nisand
érik Izraelewicz
Jean-Claude Guillebaud
Georges Wolinski
Paul Nizon
Nancy Huston
Sophie Marinopoulos
Capucine Ruat
Gérard Collomb
Jacqueline Raoul Duval
Tonino Benacquista
David Muhlmann
Henri Rey-Flaud
Philippe Le Guillou
J.-B. Pontalis
Malek Chebel
Anne Plantagenet
Camille de Peretti
Guillaume Musso
Guy Carlier
Maryse Wolinski
Patricia Kaas
Jean-Paul Klée
Marie-Jo Thiel
Julie Brochen
Jean-Louis Bianco
AVRIL
2011
vendredi
vendredi
01
12.30
peter
© Alan Smithy
Knapp
Il aime qu’on dise de lui qu’il est
inclassable, mais il est plus que cela.
Directeur artistique de Elle dans les années
60, initiateur de Dim Dam Dom à la
télévision, tour à tour graphiste,
photographe, peintre, vidéaste et cinéaste,
Peter Knapp est une pensée libre doublée
d’un œil grand ouvert sur son temps.
Ce touche-à-tout prolifique multiplie les
expériences artistiques pour renouveler sa
pratique et offrir un regard esthétique
singulier. De projet en projet, Peter Knapp
célèbre les lignes, les couleurs, les formes et
le mouvement en insufflant une nouvelle
dynamique à ses images. Rencontre à
l’occasion du finissage de l’exposition Knapp
ça tourne ! à la Galerie Stimultania et de la
sortie du hors-série Peter Knapp by Novo.
Exposition
Photographies Iran
Mathias Hecht
Avril Salle Blanche
conversation
I peter knapp et emmanuel abela.
hors série peter knapp by novo.
01
17.30
Guy
© Sandrine Roudeix
Bedos
L’homme nous surprendra toujours.
Comment se raconter en racontant les
autres ? Comment choisir les meilleurs
moments de sa vie, les plus doux et les plus
durs, les plus joyeux et les plus graves ?
Comment se découvrir ? Comment livrer des
secrets toujours enfouis ?
Portrait de vingt-quatre personnes attendues
ou inattendues. Choix qui ne sont pas dus au
hasard. En réunissant la distribution idéale,
Guy Bedos nous révèle non seulement qui sont
ses amis et ses ennemis, ses amours et ses
colères mais surtout qui il est, lui, inclassable
et irrésistiblement drôle, comme il l’a toujours
été. D’Aragon à Signoret, de Sagan à Coluche,
d’Isabelle Adjani à Michel Rocard, de JeanLoup Dabadie à sa chère Sophie Daumier...
Seuls les absents ont vraiment tort de ne pas
y figurer.
conversation avec guy bedos.
plans rapprochés [stock].
samedi
02
15.00
samedi
02
11.00
© OpalJF
David Muhlmann
Le Strasbourgeois David Muhlmann,
docteur en sociologie et psychanalyste nous
montre comment réconcilier marxisme et
démocratie. Du bon usage de Rosa
Luxemburg par les leaders de la gauche.
Les recompositions actuelles de la gauche
internationale montrent toute l’actualité de
Rosa Luxemburg. David Muhlmann restitue
la vie et l’œuvre de la fondatrice de
la Ligue spartakiste, assassinée en 1919, qui
a su percevoir avec une lucidité exemplaire la
dérive autoritaire du bolchévisme d’un côté,
et la capitulation de la social-démocratie de
l’autre. David Muhlmann nous présente et met
en perspective Rosa Luxemburg, à la fois dans
sa filiation à Marx et aux marxistes et dans le
contexte historique singulier du mouvement
ouvrier révolutionnaire européen du début
du XXème siècle. Il mène des entretiens avec
des intellectuels et des leaders de la gauche
internationale, parmi les meilleurs spécialistes
mondiaux de Rosa Luxemburg.
conversation avec david muhlmann.
réconcilier marxisme et démocratie [seuil].
rencontre animée par roland pfefferkorn.
Henri
Rey-Flaud
L’autisme est la réaction de retrait
manifestée par des enfants qui, à la
naissance, ont été la proie d’une indicible
terreur qui s’identifie : c’est la peur d’être
anéantis, engloutis dans un abîme en
même temps que le monde.
La peur du « monde des gens ».
Sous le coup de cette menace terrifiante,
l’autiste adopte une position de repli à l’écart
de toute communication, en détournant son
regard, en se gardant de tout contact, en
conservant sa voix à l’intérieur de son corps
et en se bouchant les oreilles pour ne pas
recevoir celle de l’Autre. C’est Sébastien
cherchant d’extraordinaires visions dans les
flaques d’eau, Sara dialoguant sans fin, avec sa
main, Sylvestre écoutant avec passion le bruit
de l’eau dans les tuyauteries, Stanley s’animant
mystérieusement devant un livre d’images.
conversation avec henri rey- flaud
: les enfants
de l’indicible peur [aubier]. rencontre organisée
avec l’association de la cause freudienne est.
© OpalJF
mardi
mercredi
05
06
17.30
Maryse & GeorgesWolinski
à la rencontre d’un couple volcanique et
irrésistible ! Comment faire perdurer le désir
en envisageant un nouveau code de la vie
conjugale. « Le point de départ de ce récit
est un dessin de Wolinski. Dessin que j’ai
jugé misogyne. Et Wolinski est l’homme que
j’ai épousé, il y aura bientôt quarante ans.
Dans la corbeille de mariage : deux fillettes,
l’humour, le rire, l’engagement et la libération
sexuelle. Ce dessin me fait réfléchir à une
question qui me taraude : j’ai eu mille raisons
de quitter cet humoriste célèbre, mais comme
je vis toujours auprès de lui, il y a sans doute
une mille et unième qui me fait réussir cet
amour au long cours.
& georges wolinski.
- georges, si tu savais [seuil].
georges wolinski - la sexualité des français [drugstore - arte editions].
rencontre animée par jean - luc fournier [agence de presse, asp].
Jérôme
17.30
Clément
Le choix d’Arte par son créateur. Il a
dirigé pendant plus de 20 ans la chaîne.
Créer une entreprise publique est rare.
La diriger pendant plus de vingt ans,
encore plus. C’est pourtant ce qui s’est
passé pour Jérôme Clément, avec Arte,
chaîne de télévision née le 2 octobre 1990,
initiée par Kohl et Mitterrand.
Jérôme Clément raconte cette aventure qu’il a
menée depuis 1989, date à laquelle il prit
la direction de la Sept, société européenne
de programmes de télévision, qui allait devenir
Arte. Polémiques publiques, alternances
politiques, incertitudes européennes, telles
sont les difficultés auxquelles Jérôme Clément
dut faire face pour imposer un modèle de
télévision culturelle et européenne, devenu
synonyme de qualité de par le monde.
conversation avec maryse
maryse wolinski
conversation avec jérôme clément.
le choix d’arte [grasset]. rencontre animée par
jacques rieg - boivin, journaliste.
ouï lire
jean-paul
klée
Patricia
07
12.30
© Despatin&Gobeli/Opale
Morin
Edgar
Retour à Strasbourg d’un ami fidèle de la
Librairie Kléber. Un esprit libre, non inféodé.
à 90 ans, Edgar Morin continue de produire
une réflexion riche et tournée vers l’avenir.
Cet ancien résistant, ex-communiste, sociologue
et philosophe, à qui, sans le savoir, Nicolas
Sarkozy empruntait il y a quelques années le
concept de « politique de civilisation », vient
de produire un nouvel ouvrage, La Voie, dans
laquelle il fait à la fois un constat sévère et
angoissant des maux de notre époque, et donne
des pistes pour l’avenir. Edgar Morin offre un
diagnostic sur le cours présent et futur de la
mondialisation. Il indique comment une
multiplicité de crises se trouvent enchevêtrées
dans la grande crise de notre humanité qui
n’arrive pas à devenir humanité.
conversation avec edgar morin.
la voie
- pour l’avenir de l’humanité [fayard].
Kaas
07
17.30
L’Ombre de ma voix. Autobiographie d’une
femme complexe, riche de ses paradoxes.
Patricia Kaas parle. Et c’est à Strasbourg.
à l’âge où les filles jouent à la poupée, Patricia
chante. Dans les bals, les fêtes de la bière,
les dancings de Lorraine. Sa voix vient de
loin, du fond des mines où son papa trime.
Patricia, l’ange à la voix rauque. À 17 ans, on
la remarque. Elle séduit tout le monde. Ce
n’est pas la gloire qui la motive, c’est sa mère.
Qu’elle soit fière et heureuse. Mais sa mère
est malade, et disparaît, laissant l’artiste dans
un douloureux chagrin. Pour toucher sa mère
dans les étoiles, éclairer la voûte céleste,
elle devient une star. Des tournées-épopées
l’emmènent dans toute l’Europe, en Asie, aux
États-Unis où elle fait salle comble et en Russie,
encore pétrifiée par la guerre froide, qui en fait
son icône. À force de travail et d’exigence, par
la grâce de son talent, Patricia devient Patricia
Kaas. Sacrifiant Patricia.
On aime l’artiste, mais on méconnaît, on
abuse, on traque la femme. Les bonheurs
du succès ne comblent pas le vide, les manques gravés par les deuils et la solitude.
Conversation avec Patricia Kaas. L’Ombre
de ma voix - autobiographie (Flammarion).
Rencontre animée par Damien Brem.
09
9.30
Jean-Paul Klée, né à Strasbourg (bombardée) le 5 juin
1943. Il collabore à Saisons d’Alsace depuis sa 20e
année (1963). Ses premiers écrits remontent à fin 1955…
Et puis ont surgi à partir de novembre 2000 (un chaque
jour) environ quatre mille poèmes autour de l’amitié
d’Olivier Larizza (comme si chacun était le premier ou
le dernier)… Très inquiet de la dictature que la banque
« mondialisée » fait subir à l’Humanité !…
On bougera quand ?…
jeudi
jeudi
samedi
vendredi
vendredi
08
Jean
08
17.30
Hatzfeld
Guy Carlier
12.30
Qu’est-ce qu’un événement ? Comment comprend-on
quelque chose ou quelqu’un dans ce leurre globalisé
qu’est aujourd’hui le monde ? Où en est la nuit est un livre
de guerre sans guerre, un récit qui, des déserts africains
aux cafés parisiens, de Gaza à Prague, esquisse, contre les
fausses lumières de la technologie, les contours d’un
cosmopolitisme nocturne. Si l’époque a consacré la victoire
du cauchemar, à défaut de s’en libérer, certains écrivains
n’ont cependant pas renoncé à le raconter.
Il y a eu, en Europe, les ténors de la littérature antitotalitaire (Danilo Kis, Primo Levi, Joseph Brodsky), puis,
aux Etats-Unis, face à cet autre totalitarisme que sont
les médias, les inventeurs du nouveau journalisme et
du « roman non fictionnel » : Truman Capote, Norman
Mailer, Tom Wolfe. Jean Hatzfeld tient un peu des deux.
Journaliste à Libération, son entrée en littérature a pour
origine le « constat d’échec » du correspondant de guerre
face au génocide rwandais de 1994. « A l’époque, dira-t-il,
les médias ont parlé de tous les personnages, les casques
bleus, etc. Mais on avait complètement oublié les victimes.
J’ai décidé d’y retourner un jour comme écrivain. »
D’où la fameuse trilogie rwandaise.
Guy Carlier allume la télé et nous offre
100 chroniques douces-amères, inédites.
conversation avec guy carlier.
rencontre animée par jean - luc fournier
[agence de presse asp]. 100 chroniques
douces-amères, inédites [prisma].
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conversations avril11 tirage
15.000 ex.
entrée libre en salle blanche dans la limite
des places disponibles.
PROGRAMMATION & MAQUETTE
themis samedi
Peut-on 09
guérir de 11.00
son enfance ?
à l’occasion des représentations au TNS
de Lignes de Faille de Nancy Huston,
Table ronde autour de l’enfance.
L’œuvre de Nancy Huston rencontre
parfaitement les préoccupations de
l’association Themis : faire advenir un
enfant à l’âge adulte apaisé de son
histoire personnelle. Quotidiennement,
les enfants viennent déposer à Themis
leurs différents secrets intimes. Mineurs
étrangers isolés, enfants victimes de
maltraitances, d’actes incestueux, de
séparations parentales dont ils restent
les enjeux, de difficultés d’intégration
scolaire.... Autant de failles qu’en équipe
pluridisciplinaire (juristes, psychologues,
travailleurs sociaux) Themis tente
d’explorer, puis de colmater.
conversation avec josiane bigot, magistrat
et présidente de themis, julie brochen,
metteure en scène et directrice du théâtre
national de strasbourg, claude schauder,
psychanalyste et l’équipe artistique de lignes
de faille, mise en scène de catherine marnas.
: où en est la
? [gallimard]. rencontre animée par didier
hontabat, lycée international.
conversation avec jean hatzfeld
[email protected]
nuit
samedi
samedi
09
12.30
marie-jo thiel
Quand la vie naissante se termine. L’enfant à naître ou
juste né va mal. Que faire ? La période qui entoure la
naissance est souvent source de bonheur. Parfois,
pourtant, elle s’avère tragique : l’enfant est porteur
d’une malformation, il ne vivra pas. Il est déjà mort
avant de naître... Jusqu’où pousser les limites de la
réanimation ? Le refus et le rejet des enfants malformés
a toujours existé dans les différentes sociétés qui se
sont succédées au cours des siècles, mais aujourd’hui,
alors que la technique médicale permet « l’impossible »,
n’est-ce pas justement une chance nouvelle qui permette
à ces enfants de vivre ? Peut-on remplacer l’interruption
médicale en fin de grossesse par une prise en charge palliative à la naissance ? Un « arrêt de vie » peut-il succéder
à une réanimation d’attente ? Les techniques médicales
peuvent-elles réellement faire l’impasse sur le drame
psychologique qui se joue autour de ces questions ?
conversation avec marie-jo thiel.
quand la vie naissante se termine [pus].
table- ronde avec marie-jo thiel, pr. d’éthique,
anne danion, pr. de pédopsychiatrie, pierre
kuhn, pr. de néonatalogie et françois becmeur,
chirurgien infantile.
Nancy
09
Lignes de Faille au TNS. Catherine Marnas
adapte à la scène le roman de Nancy Huston.
Adapté du roman de Nancy Huston, Lignes
de faille, nous fait remonter le temps, de
2004 à 1944, du New York d’après le 11
septembre 2001 à l’Allemagne de la seconde
guerre mondiale, à travers les voix de quatre
générations d’une même famille. Nous les
découvrons tour à tour quand ils ont six ans.
La metteure en scène Catherine Marnas
interroge les frontières : celles entre théâtre et
récit, entre représentation et perception, entre
chaque être et ce qui le relie à l’inconscient
collectif. Elle invite le spectateur à entrer dans
l’extrême intime de chaque personnage, pour
mieux y faire résonner les échos de l’Histoire.
Lignes de faille, d’après le roman de Nancy
Huston, mise en scène de Catherine Marnas.
Du vendredi 8 au samedi 16 avril au TNS.
Réservations au 03 88 24 88 24 ou www.tns.fr
avec nancy huston et catherine
marnas, metteure en scène.
09
15.00
Huston
conversation
samedi
17.00
sophie
marinopoulos
Israël
Le déni de grossesse. Elles accouchent et ne sont pas
enceintes. L’un des sujets les plus énigmatiques et
fascinants de notre société. Comment une femme
peut accoucher sans se savoir enceinte ? Comment
le corps peut-il dissimuler une grossesse ? Quels sont
les types de personnalités victimes du déni ? Quel
est le rôle de la famille ou de l’entourage ? Comment
l’inconscient ou le psychique peuvent « gouverner le
corps » ? Illustré de nombreux cas, comme celui de
Véronique Courjault, voici le premier livre qui donne
les clefs pour comprendre. Sophie Marinopoulos et
Israël Nisand distinguent également le déni de grossesse des grosses cachées, et montrent le rôle du
compagnon, de la famille, de l’entourage. Ils nous
permettent ainsi d’entrer dans l’intimité de ces femmes et d’expliquer comment certaines d’entre elles
vont devenir mères de l’enfant au départ clandestin
et d’autres sombrer dans le drame du meurtre.
© OpalJF
Nisand
Ils interrogent ce que nous croyons être des évidences à propos de la maternité, de l’instinct maternel,
de la grossesse, du lien mère-enfant, du couple et de
son intimité et de la famille. Ces deux experts très
médiatiques n’hésitent pas à s’engager sur des thèmes de la société comme la contraception, le droit
des femmes, la procréation, la santé psychique.
Conversation avec Sophie Marinopoulos & Israël
Nisand : Le Déni de grossesse (les liens qui libèrent).
samedi
09
© Marianne Rosenstiehl
15.00
Guillaume
Musso
Son nouveau roman vient de paraître.
Il est notre invité pour une dédicace.
Guillaume Musso est un véritable
phénomène de l’édition française.
En sept ans, il a vendu 11 millions
d’exemplaires de ses livres. Il est traduit
dans 33 langues.
Dans leur téléphone, il y avait toute
leur vie… Entre comédie romantique et
thriller,le nouveau roman de
Guillaume Musso.
dédicace de Guillaume Musso.
L’Appel de l’ange (XO).
jeudi
14
17.30
mardi
12
12
12.30
Jean-Claude
Guillebaud
17.30
Philippe
Le Guillou
L’ami et le confident de Julien Gracq évoque la
plénitude des ferveurs du commencement. Philippe
Le Guillou devient rapidement cet inventeur de
La Vie vivante
royaumes qui construit, dans le secret et l’obscurité
Contre les nouveaux pudibonds
des greniers, de convulsives utopies, dédiées aux
figures tutélaires de son enfance, déjà hantée par la
En convoquant de nombreux champs du savoir
puissance des récits légendaires. Ses romans sont
(économie, sciences, philosophie, anthropologie,
informatique), Jean-Claude Guillebaud répond à ceux marqués par les légendes celtiques et le christianisme. Il fut lié à Julien Gracq par une « admiration
qu’il qualifie de nouveaux pudibonds, tant
indéfectible ».
les prophètes du XXIe siècle tiennent en horreur le
corps. Il prône l’esprit de résistance contre
« C’était il y a peu, moins de cinquante ans, et on
l’effacement du réel et de la chair. Chercheurs
croirait que tout cela remonte à mille ans. Le génie
talentueux, joyeux apôtres d’une dématérialisation de des lieux ravive aussitôt les sortilèges d’un monde
l’homme, ces nouveau prophètes annoncent une ère
qui continue de vivre, fidèle aux mythes, aux rites,
nouvelle. Un temps où l’on n’aura plus besoin de l’être loin des atteintes d’une modernité ravageuse.
humain, cette vieille chose prisonnière d’un corps de Les lilas blancs et bleus du jardin paradisiaque
chair et enserrée dans d’étroites limites biologiques
de Kerrod, la perspective des sources au-delà de
et sociales. Loin de demeurer d’aimables utopistes,
l’épaisseur forestière ressuscitent, massive et sûre,
ces experts préparent activement, avec l’aide
la plénitude de l’enfance, d’un monde sans ombre,
de puissants lobbies scientifiques et industriels,
protégé de présences aimantes, immémorial, transl’avènement de la posthumanité.
parent, éternellement présent. »
Conversation avec Jean-Claude Guillebaud, Conversation avec Philippe Le Guillou,
La vie vivante - Contre les nouveaux
pudibonds (les Arènes). Rencontre animée L’intimité de la rivière (Ed. Gallimard),
animée par Luc Fraisse (UDS).
par Jean-Louis Fournier.
© Jacques Sassier
mardi
mercredi
J.-B.
13
17.30
Pontalis
Même s’il s’en défend, Jean-Bertrand
Pontalis est, à 86 ans, l’un des papes de la
psychanalyse française. Longtemps proche
de Jacques Lacan, il s’en est ensuite
éloigné pour tracer sa propre route.
Rencontre avec un homme qui fuit l’esprit
de corps, les chapelles, et plaide pour une
vision joyeuse de sa discipline.
La passion meurtrière, qu’elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire,
l’amour de la haine ne connaissent pas
de limites. Face à la démesure nos
instruments de mesure sont défaillants.
Conversation avec J.-B. Pontalis, Un
jour le crime (Ed. Gallimard). Avec
Isabelle Howald et Daniel Lemler.
Paul Nizon
- Il est l’ un des plus grands écrivains mondiaux mais personne ne le dérange quand il marche
dans les rues. Il est suisse allemand. Et fier de l’être ! La Suisse, rappelle-t-il, est un savant mélange
d’influences alémaniques et latines : lui qui fut l’ami de Max Frisch et d’Elias Canetti se souvient avec
nostalgie de la beauté des paysages bernois de son enfance, avec la montagne rude et, plus au sud,
« la promesse de la mer ». Agé de 81 ans, Paul Nizon devrait avoir reçu le prix Nobel de littérature
depuis longtemps. Chacun de ses livres est une démonstration d’intelligence, de douceur, de profondeur. Il est si loin au-dessus de ses contemporains, totalement, entièrement consacré à l’écriture, pour
laquelle il a tout sacrifié, femme, enfants, situation et pays. Paul Nizon écrit comme un musicien,
il improvise des solos à partir de son existence. Les Carnets du coursier (1990-1999) offrent toute la
gamme de son art. Il y raconte ses voyages, ses souvenirs, ses rêves, ses angoisses, son coup de foudre pour une voisine dans l’autobus, sa méthode de travail : « Il s’agit de vagabonder sur les ondes
des courants musicaux, pour aller à la pêche aux mots (...) la seule réalité vivante est une réalité de
mots prenant vie dans la langue. » Ce qui signifie que Nizon ne raconte jamais une histoire ou des
anecdotes mais se comporte en authentique pur écrivain, c’est-à-dire en artisan de phrases,
cherchant à capter la vie par l’écriture, et non « athlète de l’emballage ». Lire Nizon donne l’impression de n’avoir jamais lu. Lire Nizon, c’est écrire avec lui, c’est sentir sa présence et sa liberté, une
force dans chacun de ses mots. Lire Nizon est rare, il publie si peu. Ce fils de Russe est un grand
romantique qui écuma longtemps tous les bars à putes de Pigalle. Ce qui est le plus superbe chez lui,
c’est son absence totale d’ironie, comme lorsqu’il écrit dans ces derniers carnets : « Je m’abandonnais
à mon rêve d’elle ». Qui ose dire les choses aussi simplement ? Quel bonheur de lire un homme qui,
toute sa vie, accorda une importance primordiale à l’amour et aux femmes, sans jamais se sentir
obligé de ricaner comme un sinistre écrivain français ! - Frédéric Beigbeder.
Conversation avec Paul Nizon, Les Carnets du coursier (Ed. Actes Sud).
mercredi
samedi
20
16
12.30
9.00 - 17.00
5ème semaine
pour la mémoire
et la transmission
15
17.30
© Catherine Hélie
Jean
Clair
Critiques et rages contre la provincialisation
de la France et la marchandisation de l’art.
L’hiver de la culture
Pour Jean Clair, l’art moderne est une
marchandise à coter en Bourse - comme une
vulgaire action bancaire. Plus les discours
politiques ont des prétentions universalistes
et planétaires, défendant les « écomusées » et
le « dialogue des cultures », plus la réalité est
exclusivement mercantile et cynique.
Les collections des beaux-arts qui constituent
le patrimoine d’un État sont aujourd’hui livrées
à des « abattoirs culturels », où les expositions
deviennent des kermesses régies par
des équipes marketing.
Dialogues avec les morts
Dans son Journal Jean Clair décrit le monde
rural, en Mayenne, où enfant il fut envoyé à
la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sans
idéaliser le monde paysan, dont il souligne
la dimension archaïque, il témoigne d’une
évolution sociale et civilisationnelle qui
se confond avec ce qu’on peut appeler la
provincialisation de la France.
conversation avec jean clair
: dialogues avec
les morts [gallimard] et l’hiver de la culture
[flammarion]. rencontre animée par françois
miclo, rédacteur en chef de causeur.fr.
9.15 Muriel Holderith : Illustration sans
textes entre BD et graphisme pour
dire le totalitarisme, l’intolérance et la
discrimination.
samedi
9.30 Jean-Marc Lenoble et Georges Yoram
Federmann : Le « groupe des 39 » :
Du démembrement des familles à la
déstigmatisation : les soins en psychiatrie.
17.00
10.30 Jacques Morel. « La France au coeur
du génocide des tutsis ».
14.00 Christian de Leusse et Hussein
Bourgi : La longue bataille pour le droit
des homosexuels à honorer leurs déportés
dans le cadre de la cérémonie officielle.
15.30
Intervention musicale de Ladri
Diarra en hommage à Jean Le Bitoux
son compagnon. Jean Le Bitoux fut le
fondateur du Mémorial de la Déportation
Homosexuelle en 1989 ainsi que du
magazine Gaypied.
16.15 Remise du prix Véronique Dutriez
à Yasar Tuncer en faisant le lien avec la
poésie de Nazim Hikmet.
16
© Th vallier
vendredi
Toute une journée avec Les Oubliés de
l’Histoire à la Librairie Kléber.
érik
izraelewicz
Le directeur du Monde est né à Strasbourg.
Il est notre invité pour parler de la Chine.
La Chine tient ses promesses – et au-delà.
Rien ne semble devoir arrêter son inexorable
ascension. Mixte d’une économie de marché plus
ou moins mafieuse et d’un système politique
centralisé et autoritaire, ce régime, que érik
Izraelewicz appelle « l’illibéralisme », est-il
vraiment supérieur ? Sommes-nous au bord d’un
divorce douloureux avec l’Occident ? Combien de
temps accepterons-nous de voir classer, rétrograder,
juger nos universités ou nos grandes entreprises
(de Google au Club Med, de Siemens à General
Electric) par le Dragon rouge ?
Comment résister à l’arrogance chinoise ?
Faut-il se retirer d’un marché aussi vaste ?
mardi
Gérard
19
17.30
Collomb
Si la France s’éveillait ...
à un an des élections présidentielles et juste
avant les primaires socialistes, un pavé
dans la mare des promesses électorales qui
font croire à la toute-puissance de l’Etat.
Le maire de Lyon Gérard Collomb dessine de
nouveaux horizons à gauche.
Conversation avec érik izraelewicz : L’Arrogance
chinoise [grasset]. Rencontre animée par François conversation avec gérard collomb.
Miclo, rédacteur en chef de causeur.fr.
si la France s’éveillait (Plon).
Malek
Chebel
Philosophe, anthropologue, spécialiste reconnu
de l’islam, Malek Chebel nous raconte l’islam.
Au commencement il y eut le Prophète bien sûr…
Mais après sa mort, de grandes figures vont
participer au rayonnement de la nouvelle religion
et la faire évoluer. Malek Chebel offre ici sa
propre sélection des hommes et des femmes qui
ont compté et comptent encore et, chemin faisant,
dessine une histoire originale de l’islam.
On croisera bien des figures dont les noms
ne nous sont pas inconnus comme JeanLéon L’Africain mais aussi Averroès. Tous
ont en commun d’avoir été des modèles et
de l’être encore. Mais on y croisera aussi les
grandes icônes du monde musulman, souvent
moins connues pour nous, à l’instar de la
diva égyptienne Oum Kalsoum qui fermera
l’ouvrage. Ambassadrice internationale de
l’islam, celle qui fit chavirer les foules ne fut
jamais remplacée…
conversation avec malek chebel.
les grandes figures de l’islam [perrin].
mardi
26
mercredi
Konstanze
20
mercredi
17.30
17.30
Abdelwahab Meddeb
Jean-Luc Nancy
von Schulthess
« Mon père : Claus von Stauffenberg, initiateur
de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. »
Deux intellectuels, deux amis se retrouvent pour évoquer la métamorphose de l’histoire à
Tunis et l’ouverture d’horizon qu’apporte le mouvement du voyage. Initiation, méditation.
Konstanze von Schulthess est la plus jeune
fille, née en captivité le 27 janvier 1945, des
cinq enfants du couple Stauffenberg marié
en 1933. Le 21 juillet 1944, Nina, l’épouse de
Claus, informe ses deux fils de huit et dix ans
que leur père a fait une erreur et qu’il a été
exécuté pendant la nuit : « Que la Providence
protège notre bien-aimé Führer.» Les garçons
n’apprendront qu’à la fin de la guerre que
leur père était en réalité un héros, et que leur
mère a menti pour les protéger. « La famille
Stauffenberg sera détruite jusqu’au dernier
membre » déclare Hitler après l’attentat. Nina
est effectivement arrêtée, et subira près d’un
an d’isolement : dans les prisons SS, au camp
de concentration de Ravensbrück et dans
les hôpitaux. Preuves à l’appui, Konstanze
von Schulthess démontre que son père a
commencé à prendre ses distances avec Hitler
dès la Nuit de cristal en 1938. À l’été 1941, les
premiers contacts entre les futurs conjurés
sont pris, ainsi que la décision d’assassiner
Hitler. Son épouse était au courant dès le
début des projets de son mari.
Le Voyage initiatique
Porteur de rencontres et de découvertes,
tout voyage est initiatique. Il révèle des
dimensions nouvelles, insoupçonnées,
parfois inespérées. Qu’elles se lisent dans
les méandres de la géographie ou sur le
visage de l’autre, c’est en nous-mêmes
qu’elles produisent leurs effets : l’horizon
devient plus vaste. Le voyage est le
mouvement même de la vie.
écrivains, philosophes, psychanalystes
s’interrogent : en voyageant, que
cherchons-nous à découvrir? Sur ces routes,
quel mystère nous est révélé ?
Périples mythiques ou personnels,
itinéraires profanes ou sacrés :
De l’Odyssée d’Ulysse à la marche du
Bouddha en passant par le voyage du
Prophète de l’islam, de Hamlet à Hallâj en
allant jusqu’à Isabelle Eberhardt.
L’ailleurs, et ses promesses.
conversation avec konstanze von schulthess.
conversation avec abdelwahab meddeb et jean - luc nancy.
Printemps de Tunis
De Tunisie est parti le printemps des peuples
arabes. En quelques jours, sous l’impulsion
de la jeunesse, les Tunisiens ont renversé
une dictature qui, la veille encore, semblait
inébranlable. Bouleversé par ce printemps
survenu en plein hiver, Abdelwahab Meddeb
nous fait partager ce moment unique, qui
inaugure à ses yeux une métamorphose de
l’Histoire. Il rencontre à Tunis et à Sidi Bouzid
les acteurs d’une révolution éclairée par des
valeurs universelles, laïques et non violentes.
C’est une leçon politique : ce soudain sursaut
de dignité populaire ruine les théories de
la fin de l’Histoire ou du prétendu clash des
civilisations. Leçon d’humanité aussi : touchées
par le sacrifice d’un fils du peuple livré aux
flammes, les élites intellectuelles n’ont fait que
renforcer un mouvement lancé par les plus
pauvres et les plus jeunes.
Méditation intemporelle et hauteur de vue.
- la métamorphose de l’histoire [albin michel].
jean - luc nancy et abdelwahab meddeb publient le voyage initiatique [albin michel].
[syrtes] et jean-luc fournier.[agence, asp].
27
© Catherine Hélie
17.30
© Catherine Hélie
tonino
benacquista
Rendez-vous réservé aux hommes où il est
question de femmes et de solidarité.
« Pour certains, il s’agissait d’un rendez-vous
réservé aux hommes, où il était question de
femmes. D’autres, en mal de solidarité, y
voyaient le dernier refuge des grands blessés
d’une guerre éternelle. Pour tous, d’où qu’ils
viennent et quoi qu’ils aient vécu, c’était avant
tout le lieu où raconter son histoire. »
Imaginez une confrérie informelle qui réunit
exclusivement des hommes, venus raconter,
en quelques mots ou en quelques heures,
leurs histoires d’amour, sentimentales ou
sexuelles. Des histoires qui, ainsi évoquées,
accèdent au rang de fictions. Des témoignages
bruts, aussi, puisque l’histoire de chacun ne
donne lieu à aucun débat, à aucune remarque :
on raconte et on s’en va, tandis que les autres
écoutent et se taisent.
conversation avec tonino benacquista.
abdelwahab meddeb publie printemps de tunis
nina schenk von stauffenberg, un portrait
jeudi
Raphaël
28
17.30
Enthoven
Le philosophe de service vient seulement
d’apparaître, mais déjà son image le
poursuit comme son ombre. C’est une figure
tragique à qui l’orgueil et l’opinion imposent
de troquer son âme contre une monnaie de
singe. L’amour de la sagesse est-il soluble
dans le souci de plaire ?
Le philosophe de service est celui qu’on
regarde sans le voir, qu’on entend sans
l’écouter, qu’on invente quand on l’invite,
et qui s’éteint quand la lumière s’en va.
Professeur de philosophie, Raphaël Enthoven
enseigne aujourd’hui à Sciences Po et à l’École
polytechnique. Conseiller de la rédaction de
Philosophie Magazine, il anime Les nouveaux
chemins de la connaissance sur France Culture.
conversation avec raphaël enthoven.
homo erectus [gallimard].
le philosophe de service et autres textes
[l’infini - gallimard].
samedi
30
17.00
Les femmes de
samedi
30
11.00
vendredi
29
© Francesca Mantovani
© Francesca Mantovani
Camille de Peretti Anne Plantagenet
Capucine Ruat
3 romancières réunies à Strasbourg pour évoquer leurs univers. Les liens de sang, la
féminité, la quête d’identité. Brèves existences quotidiennes teintées d’universel.
Capucine Ruat / J’attends
J’attends est un roman qui, à travers le point
de vue d’une jeune femme et les brèves
d’existence de celles qu’elle raconte, les
anecdotes, le quotidien, réussit à approcher
l’universel : la maternité, la féminité, le lien du
sang et la mort.
Anne Plantagenet / Nation Pigalle
Vous êtes français(e) parce que (cochez la case
correspondante). Vous êtes né(e) en France et
l’un au moins de vos parents est né en France.
Vous êtes né(e) en France et l’un au moins de
vos parents est né dans un ancien département
ou territoire français. Vous êtes né(e) en France
et l’un au moins de vos parents est français.
Vous n’êtes pas né(e) en France et l’un au moins
de vos parents… Radiographie brutale d’une
société de consommation malade, d’une France
en quête d’identité, dont la vérité peut-être ne
se trouve plus sur les passeports mais dans le
chant débridé qui s’élève de ses rues.
Camille de Peretti / La Casati
Pour Camille de Peretti, écrire le roman de la
marquise Casati, c’est aussi s’interroger sur
la démarche du biographe (empathie, duel ?),
tenter de se mettre à la place d’une autre, la
faire parler d’entre les morts, recouper des
suppositions. « Peu importe que La Casati ait
ou non habité le Palazzo dei Leoni à Venise.
Car c’est moi qui dormirai dans son lit. »
Au gré d’allers-retours audacieux entre sa
propre histoire et celle de ce personnage hors
du commun, l’auteur redonne vie et démesure
à cette héroïne oubliée de la première moitié
du xxe siècle qui a inspiré les plus grands
artistes de son temps.
conversation avec capucine ruat
30
Jean-Louis
17.30
/
j’attends
[stock], anne plantagenet / nation pigalle
[stock] et camille de peretti / la casati [stock].
bianco
Kafka
samedi
15.00
moati
© JP Baltel
serge
De l’Elysée au ministère des Affaires sociales,
Les années Mitterrand, 30 ans après vues
de Mitterrand à Ségolène Royal, Jean-Louis
par Serge Moati, irréductible homme de gauche.
Bianco a tout vu. L’enthousiasme de 1981,
Serge Moati se souvient : « Été 1957. J’avais
les bagarres entre experts, les féroces luttes
perdu mon père, ma mère et mon pays la
Tunisie. Le tout en deux mois. Trois disparitions
de courants au sein du PS sous le règne de
en un été : ce n’est plus du chagrin, c’est de la
Martine Aubry. Il raconte de nombreux épisodes distraction. » En Mai 1968, après un séjour en
Afrique où il apprit son métier de réalisateur, il
inédits. Pendant la première cohabitation,
frappe à la porte du parti socialiste (SFIO).
devinant qu’il allait perdre les élections l’an- Il y rencontre François Mitterrand et devient
dès 1971 son conseiller pour la télévision. Plus
née suivante, François Mitterrand fait rempla- tard il sera « son » réalisateur pour les débats
Coulisses. Secrets. L’histoire
cer les deux fonctionnaires «chiffreurs» du Quai présidentiels.
palpite. Saga d’une victoire. La gauche est au
d’Orsay par des militants socialistes zélés dont pouvoir ! Trente ans déjà !...
Le récit de la « cérémonie du Panthéon »
Chirac mettra plus d’un an à se débarrasser.
raconté par l’auteur est drôle et émouvant.
Serge Moati, plus tard patron de chaîne,
En 2002 l’auteur propose une rencontre
producteur et réalisateur, verra le président
jusqu’à sa mort. Aujourd’hui il avoue qu’il lui
amicale à Lionel Jospin après la terrible
manque.
défaite. Réponse glaciale de l’ancien Premier
« En 2011, on ricane souvent en se souvenant
des illusions du -peuple de gauche-. Pas moi.
Ministre : « Un dîner peut s’envisager…» S’il
Je prends le risque d’étaler, trente ans après,
ferveur parfois candide d’alors sur le
était président, que ferait Jean-Louis Bianco ? notre
papier glacé et très libéral des jours ».
conversation avec jean - louis bianco
: si j’étais
[albin michel]. rencontre animée par
olivier bitz, adjoint au maire de strasbourg.
président
conversation avec serge moati.
30 ans après [seuil].
L’éternel fiancé raconté par Jacqueline
Raoul-Duval, nous permet d’entendre la voix
de Franz Kafka. Mais aussi, omniprésente,
l’Europe centrale où déja se dessinent les
ombres du désastre du Vieux Continent.
Grand, mince, élégant, sportif, terriblement
séducteur, il a toujours été entouré de femmes.
Il en a aimé quatre, passionnément. Felice,
Julie, Milena, Dora. Elles habitaient Berlin ou
Vienne. Il n’aurait jamais épousé une jeune fille
de Prague. Il fallait que ses fiancées fussent
loin pour avoir le bonheur de leur écrire, et
le soulagement de ne pas les voir dans leur
réalité. Il leur a envoyé des centaines de
lettres, « le meilleur de lui-même ». Il travaille
le jour, il écrit la nuit. Et ses nuits ne sont
jamais assez longues pour cette occupation,
voluptueuse au plus haut degré. Comment
alors concilier le mariage et la littérature ?
Or, seule la littérature le maintient en vie, seule
la littérature lui donne le droit de vivre. Fiancé
quatre fois, quatre fois le mariage lui échappe.
Ou il échappe au mariage. Lorsque s’achève
chacune de ses singulières amours, qui se clôt
comme une plaie qui ne guérit pas, il rédige
d’une traite un chef-d’oeuvre : L’Amérique, Le
Procès, La lettre au Père, Le Château. Sa vie
ressemble au mythe qu’il a créé : celui d’un
monde impénétrable, hérissé de pièges, où
toute tentative est vouée à l’échec. Mais où
l’exigence de vérité débouche sur la lumière.
conversation avec jacqueline raoul- duval.
kafka, l’éternel fiancé [flammarion]. rencontre
animée par avec isabelle baladine howald.