Aziz réussit son pari - Takam Tikou

Transcription

Aziz réussit son pari - Takam Tikou
Des chauffeurs
réclament
l’embauche
Politique
Campagne anti-Ebola
Dans la presse
Baidy devient
Le Ministre Oyé
Guilavogui
secrétaire
exécutif de l’UFR chassé à Kindia
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Page 9
Une rubrique mensuelle
de Marie Paule Huet
Directrice littéraire des éditions
Ganndal
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Hebdomadaire guinéen d’information générale=N°436=
= Fondateur Diallo A. Abdoulaye Tél: (224) 655 404 294
8 DÉCEMBRE 2014=
=3000 FG=
A Lélouma, un ministre bavard irrite la foule contre
les membres de la délégation gouvernementale
Hués comme des
voleurs de bétail
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Les magistrats menacent
de ne pas travailler
Vont-ils oser
faire ça ce
lundi ?
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2
L’AIR DU TEMPS
LE POPULAIRE N°436
Confidences
PUBLIQUES
Fonction publique: 10 278
agents à recruter en 2015!
Décidément, l’année 2015 est
celle de tous les possibles en
Guinée! Pendant que les tinktank américains alertent sur un
danger imminent qui guette le
pays, nous apprenons de la
bouche du ministre en charge
de l’Emploi qu’une campagne
de recrutement de 10 278
agents à la fonction publique,
ainsi que de création de nouveaux services modernes sera
lancée dans les jours à venir.
Conservateurs de la nature,
un nouveau chef est arrivé !
Alors que la présence des fameux Conservateurs de la nature (assimilés à des gardes
forestiers) crée des tensions
et attise la colère du paysannat
au Fouta-Djalon, vendredi
passé, un décret présidentiel
a fait nommer le Colonel
Namory Keita, directeur général du corps paramilitaire des
Conservateurs de la nature,
avec pour adjoint le colonel
Aboubacar Oularé.
OGP vs sociétés de téléphonie: L’opération coup de
poing tourne au fiasco
L’Office guinéen de publicité
(OGP) s’est planté. Son opération coup de poing lancée
mardi 2 décembre 2014 contre «les sociétés de téléphonies
mobiles récalcitrantes qui refusent de payer les taxes et les
redevances de marketing mobile» a tourné au fiasco. Et
pourrait se voir trimbaler en
justice pour avoir engagé ses
agents démonteurs de panneaux et enseignes publicitaires (photo ci-dessus).
A la veille de l’année électorale, Alpha Condé habille les
femmes Baga de Nongo
C’est un total de 500 pièces de
tissus féminins que la présidence a fait remettre au Mouvement Bamba Dougui des
Bagas-Guinè de Nongo. Ça
s’est passé au stade Nongo
Unité à Conakry ce jeudi 4 décembre 2014 entre des émissaires parlant au nom du président Alpha Condé et des
femmes Baga réunies en
nombre et officiant au nom
d’une association des femmes
de cette communauté de la
Guinée Maritime.
Dione devient ambassadeur
de Guinée au Maroc !
Depuis vendredi soir, le directeur du protocole d’Etat à la présidence de la République,
Aboubacar Dione est le nouvel
ambassadeur de Guinée au
Maroc nommé par le président
Alpha Condé. Le décret de son
remplaçant à la présidence est
sur la table de signature.
Mme Touré Fatou Baldé,
ambassadrice en Allemagne
Mme Touré Fatoumata Baldé,
jusque-là ministre conseillère
à la Présidence, est la nouvelle
ambassadrice extraordinaire
et plénipotentiaire de Guinée
auprès de la République Fédéral d’Allemagne.
DU 8 DÉCEMBRE 2014
Gestion urbaine à Conakry
Et si le porte-parole gouvernemental
avait raison ?
Il y a tout juste un an le
porte-parole du Gouvernement avertissait : « il
faut que les quartiers
soient clairement lotis »
de quoi éclairer l’administration publique sur
l’insécurité généralisée
et débarrasser la capitale guinéenne de ses
sombres ghettos.
D
ans une interview
accordée en décembre 2013 à une
rédaction, ce ministre
habituellement lucide, avait
servi aux lecteurs de la presse,
des informations capitales qui
semblaient traduire une
stratégie nouvelle de gestion
urbaine.
Relisez plutôt : « C’est vrai qu’il
y a un réel problème de
maintien d’ordre que très
souvent, la présence unique
des forces de l’ordre exacerbe
les tensions au niveau des
jeunes. Des jeunes qui sont
parfois chauffés à blanc par
différents discours d’où qu’ils
viennent. C’est un véritable défi
auquel
nous
sommes
confrontés. Il faut que les
quartiers soient clairement
lotis. Ça serait déjà un grand
pas en avant, qu’on puisse
clairement circuler et que
l’identification des biens et des
personnes soit plus facile. Il y a
énormément de défis dans ces
quartiers
en
termes
d’administration du territoire.
C’est vrai qu’il est de la
responsabilité de l’Etat de les
relever. ». Cet extrait de
l’interview reprenait à quelques
nuances près, une idée chère
au ministre en charge de
l’Administration du Territoire
concernant les mouvements
sociaux dans les quartiers de
Conakry. Sauf que le ministreporte-parole n’avait pas indiqué
le nombre de quartiers
concernés ni menacé d’y
mettre un terme définitif à toute
forme d’agitation sociale. En
tout
cas
la
pensée
gouvernementale en matière
d’administration du territoire
était largement confirmée.
Celle-ci gardait radicalement
sa
logique
implacable :
stigmatiser, diviser et exclure
au lieu d’apporter des
réponses aux besoins urgents
de cohabitation et de bien-être
dans la Capitale.
Ce souci gouvernemental de
« clairement circuler » et de
faciliter « l’identification des
biens et des personnes »
soulevait alors quelques
questions émergentes: quels
biens particuliers et quelles
personnes spéciales devraient
être distingués par ce regard
gouvernemental? Qui devrait
spécialement et « clairement »
circuler ? Quels quartiers
privilégiés
devraient
prioritairement bénéficier de
cette initiative, spontanément
exprimée, de restructuration
Lamarana Diallo
Démographe
[email protected]
urbaine? Est-ce le début de
mise en œuvre d’une certaine
politique
nationale
de
développement urbain après
tant d’années de gestion
sauvage de l’urbanisme en
Guinée ?
Ces questions n’épuisaient
malheureusement
pas
l’étendue des intentions alors
divulguées à travers cet
amalgame de projets socioadministratifs
lourds
d’allusions. Il y avait cependant
une allusion forte qui éclairait
le citoyen moyen. L’allusion aux
« jeunes chauffés à blanc par
différents discours» et chez
qui la présence des forces de
l’ordre « exacerbe des
tensions », semblait donner
une orientation géopolitique
sur les zones visées même si
les
coordonnées
de
localisation géographique ont
été gardées floues pour ne
pas désigner un certain « Axe
du mal ».
Et ce n’est pas le moins curieux
que ce discours ministériel »
insistait tant sur la nécessité de
lotir
« ces
quartiers »
distinctement qu’ailleurs en
Guinée. Ici, « il faut que les
quartiers soient clairement
lotis ». Le porte-parole ne
pouvait être plus clair sur le
caractère spécifique de ce
lotissement exceptionnel.
D’habitude on lotit une ville pour
faciliter l’accès aux services
sociaux de base dont des
logements décents, de l’eau,
de
l’électricité,
des
équipements marchands, des
services
de
santé
et
d’éducation, des commodités
de loisirs… Dans cette
prémonition ministérielle, on
voulait que les biens et
personnes
soient
bien
«identifiés» et qu’entre les
quartiers où ils sont localisés,
un personnage mythique
dénommé « on » « puisse
clairement circuler » ! A la libre
circulation des biens et des
personnes,
on
semblait
substituer la notion de
circulation « claire » dans des
quartiers clairement lotis. La
déclaration
ministérielle
rapportée ci-dessus pourrait
avoir contribué au maintien de
son auteur, dans l’équipe
gouvernementale
alors
sortante. Quoi qu’il en soit, elle
avait l’air d’une « déclaration de
candidature » qui cadre
parfaitement avec une certaine
politique de lutte contre les
« ghettos de Conakry ». Même
s’il n’était pas dans son
domaine, ce ministre était dans
son rôle. Ceux dont c’était les
domaines,
s’étaient
prudemment tu en attendant
l’impératif d’agir dans tous les
sens au lieu dit.
On était allé trop vite en
besogne en croyant que ce
projet urbain ne serait pas vite
exécuté à cause des lenteurs
habituelles
en
Guinée.
Aujourd’hui les choses sont
« claires ». Plus que les noms
de quartiers à lotir, les
concessions entre lesquelles
« on ne circulerait pas
clairement » commencent à
être marquées au « ROUGE ».
Les propriétaires ont sonné
l’alerte rouge par une lettre
claire et nette adressée au
Ministre de la Ville et de
l’Aménagement du Territoire. Et
ce n’est pas le moins étonnant
que le Collectif, auteur de la
missive, comprenne 17 Diallo,
7 Bah, 3 Dem, 2 Barry, 2 Sow et
un (1) Doumbouya. Cherchez
vous-mêmes le nombre infini
des communautés auxquelles
appartiendraient
ces
concessionnaires agressés
dans leur droit à la ville. Ce n’est
pas
tant
la
curieuse
configuration patronymique qui
suscite des questions ; c’est
plutôt
sa
coïncidence
géopolitique avec une fameuse
affaire de zone privée de
transport public à Conakry. Estce plutôt un début de mise en
œuvre de la facette urbaine
d’une certaine politique
ethnocide après le « manden
djallon » et les exclusions
administratives qui font le
quotidien des cadres dans
nombre de départements
ministériels ?
A ce stade des interrogations,
on se rappellera cette bourde
ministérielle que l’on nomme
pudiquement
« Affaire
Kaporo-rails » à laquelle la
Guinée doit un de ses
contentieux historiques. Un
pauvre enseignant y avait perdu
sa
maison
patiemment
construite grâce à un revenu
honnêtement gagné au prix
d’un dur labeur de quinze ans !
Il serait aujourd’hui un pauvre
locataire dans une banlieue de
Conakry sans trop d’espoir de
redevenir propriétaire. Son
épouse a dû maintenant se
résigner à sécher ses
larmes de
couple
si
brutalement tiré du bonheur
d’être chez soi à Conakry! Bien
de familles modestes ne se
sont toujours pas remises, des
conséquences de cette erreur
intellectuelle alors que les
services de l’urbanisme et de
l’habitat avaient accompagné
leur implantation dans cette
zone.
Il est autant important de
rappeler qu’un certain ministre
historiquement
« CasseCasse » avait réalisé des rues
transversales et procédé à des
indemnisations justes à un
moment donné de l’évolution
de la ville-capitale. Il venait de
constater, à la fin d’une tournée
à l’intérieur du pays, que les
« assiettes urbaines de la
Guinée sont toutes sauvages et
qu’il fallait y remédier
d’urgence».
Paroles
de
spécialiste et de visionnaire sur
fond d’intention porteuse
d’avenir. Puis des actions
d’intérêt public finalement
saluées
par
les
plus
téméraires défenseurs de
Conakry comme capitale aux
lotissements éternellement
approximatifs. Même ceux qui
avaient fait perdre son poste à
un Directeur de cabinet qui a
eu la « maladresse » de
proposer que le chef-lieu de la
Guinée moderne soit transféré,
par consensus national, au
centre du pays furent d’accord.
Tous les guinéens avaient
finalement applaudi ce ministre
remuant. Son intervention
stratégique avait d’abord heurté
puis réjoui comme toutes les
innovations.
Entre ce ministre négociateur
et les riverains des zones
déguerpies s’instaura une
parenté à plaisanterie comme
on en a toujours besoin dans
ce pays où nombre d’intentions
de gouvernance ont eu
jusqu’ici, des répercussions
néfastes avec de nombreux
déshérités. Aujourd’hui, les
habitants de cette ville doivent
à cet homme, la possibilité de
se mouvoir même si les
continuateurs
ont
été
incapables de continuité
remarquable. Ce fut une action
historique ; une sorte de
rebondissement intellectuel
dont la Guinée a terriblement
« faim ».
On parlera très longtemps de
cette réussite stratégique
surtout à ce moment où les
quartiers non « clairement
lotis »
sont
rendus
responsables de l’insécurité
endémique qui a vallu au pays
la perte de tant de « gamin (s)
de 15 ans » qui se font
tuer « dans une circonstance
comme
celle-là
»
et
l’assassinat de nombreux
citoyens plus âgés, arrachés au
quotidien à l’affection de leurs
familles et du peuple de
Guinée. On peut noter que
quelques quartiers de la
capitale et des villes ciblées
de l’hinterland sont les plus
directement et le plus souvent
frappés par ces deuils à
répétition. Dans une ambiance
d ’ i n d i f f é r e n c e
gouvernementale qu’illustre
l’absence
quasi-totale
d’enquête sur un fond
d’impunité
visiblement
entretenue. Ces concessions,
quartiers
et
bourgades
coïncident-ils à ceux auxquels
avait pensé monsieur le
ministre ? Est-on déjà au début
du commencement dans le cas
de ces 32 propriétés en voie de
violation ? Il y là une autre
nécessité de clarification
urgente.
Il est à espérer que les
intentions exprimées en 2013
et maintenant en application ne
sont pas montées pour répéter
tant
de
spontanéités
démagogiques en matière
d’action gouvernementale
comme celle historiquement
connue sous le nom de l’Affaire
Kaporo-Rails. L’histoire ne
manquerait pas encore une
fois, de montrer du doigt
l’intelligentsia guinéenne. Ce
qui alourdirait le sac déjà trop
plein de frustrations que le
peuple de Guinée doit
fondamentalement à sa
composante intellectuelle.
DL
LE POPULAIRE N°436
A C T U A L I T É
DU 8 DÉCEMBRE 2014
3
Sale temps pour ministre bavard et ses collègues à Lélouma
Ils
ont
dit
Tous hués comme des voleurs de bétail
Fodé Mohamed Soumah,
Président du parti la Génération citoyenne (GéCi):
«Notre pays s’éloigne de plus
en plus des standards en
matière de durée entre les
différentes élections. On n’est
pas sorti de l’auberge. (...)
Cellou est mon ami et le
restera car nos relations sont
gravées dans le marbre. Je ne
connaissais pas l’homme que
j’ai rencontré pour la première
fois de ma vie suite au choix
de la GéCi de l’accompagner
au second tour (de la
présidentielle de 2010). Et ceci
sans condition, si ce n’était la
certitude de participer à la
gouvernance et montrer aux
Guinéens de quoi la GéCi est
capable.»
Le gouverneur Sadou Keita et les ministres Téliwel Diallo et Thierno Ousmane Diallo à Lélouma.
Après plusieurs reports, une mission ministérielle
conduite par le chef du département en charge de
l’Enseignement supérieur et de la recherche
scientifique, Baïlo Teliwel Diallo et comprenant le
volubile ministre de l’Elevage et des productions
animales, Thierno Ousmane Diallo, a passé un
mauvais quart d’heure vendredi 5 décembre 2014 à
Lélouma.
O
fficiellement, cette
délégation gouvernementale cherchait
à comprendre les
causes de la crise qui oppose
depuis plusieurs mois le préfet
Samba Héri Camara à ses
administrés qui exigent depuis
des mois son remplacement
par un autre. En termes clairs,
Lélouma ne veut plus du préfet
autrement appelé l’enfant
prodige de Diâla 2 (une localité
de la commune urbaine de
Lélouma dont il est originaire).
Attendue depuis 10h du matin
par une foule composée de
jeunes et de personnes âgées,
cette délégation arrive à
Lélouma-centre, tenez-vous
bien, à 17h 40 ! Selon un
membre de la délégation, les
ministres ont choisi de faire un
détour
à
Sagalé
afin
d’accomplir
leur
devoir
religieux en ce jour de vendredi
avec le Calife. Mais, le bon Dieu
en a décidé autrement. Le
cortège ministériel conduit par
le gouverneur de la région de
Labé, Sadou Keita emprunte
une route moins pratiquée à
cause de son mauvais état. En
plus, la délégation se trompe
de chemin, en pleine brousse
avant de se retrouver.
Ce retard accusé par les
officiels n’entame pas la
détermination de la cohorte du
mouvement social réclamant
le départ de Samba Héri
Camara qui attend à la place
des martyrs et au stade
préfectoral.
La délégation échange avec les
autorités locales au siège de
la Mairie. A 18h40, elle se résout
finalement à aller à la rencontre
du mouvement social. Le
cortège ministériel fait son
entrée dans le stade remonté
à bloc.
14
représentants
des
collectivités rurales et urbaines
se succèdent au micro.
Chaque orateur réitère la
demande au gouvernement du
Pr Alpha Condé de «faire
remplacer
Samba
Héri
Camara», passé du statut
d’enseignant adulé par la
jeunesse à celui de préfet
détesté et honni par ses
citoyens. Du haut de la tribune,
chaque représentant accuse
nommément le préfet d’être à
la base de la division au sein
des communautés et de
l’émiettement du tissu social à
Lélouma.
Quand un émissaire-bavard
attise le feu !
Dans ce décor hostile, un
émissaire s’empare du micro.
Il parle, parle et encore. La foule
l’écoute religieusement en
guise de respect à la
foutanienne.
Lui, le ministre de l’élevage,
Thierno Ousmane Diallo
déclare prendre acte de toutes
les accusations formulées à
l’encontre du préfet fauteur de
trouble. Et que sa délégation
est présente à Lélouma pour
écouter et aller rendre compte
à qui de droit. Mais, laisse-t-il
entendre, les membres de la
délégation vont devoir passer
la nuit pour creuser en profondeur, parce qu’ils ont des
questions à poser aux représentants du mouvement social
afin de mieux appréhender le
fond du problème et savoir bien
situer la vérité. Il allonge le
discours. Il parle, il parle. Il se
répète. La foule prête attention.
Il entre dans des commentaires creux. Comme sur un
terrain conquis, il aligne les
répétitions oiseuses. Le
ministre bavard martèle que sa
délégation veut faire une
mission de travail sérieuse
débarrassée de toute erreur
d’appréciation, parce que le
chef de l’Etat lui a fait confiance
en l’envoyant vers les habitants
de Lélouma. Et patatras !
Les bla-bla du ministre mettent
l’huile sur le feu allumé par les
errements de Samba Héri
Camara devenu préfet indésirable alors que le décret le
nommant avait été hautement
salué par la jeunesse locale.
Ainsi que les ressortissants de
Lélouma vivant à l’étranger. Le
ministre parle. Il aligne. Les
propos prétentieux du ministre
en charge de l’Elevage dans le
gouvernement dit de mission
(mais oublieux de faure son
bilan trimestriel depuis janvier
2014 !), provoquent l’ire du
public. Le ministre persiste. La
foule chuchote. Il parle. La foule
riposte. Elle lui dit stop. Il
reparle. La foule bruit. Elle se
fâche et lance des slogans
hostiles. Le ministre devient
comme un guignol décoiffé.
Son boubou blanc alourdit le
corps tel un coq mouillé, le bec
cloué. Il ne pipe plus mot. Il
rentre dans ses petits souliers.
La foule se déchaîne. Tout le
stade se lève comme un seul
homme. Il est hué. Bouche bée
dans la tribune officielle.
Le ministre devient la poisse,
l’Ebola du moment. Quand il
apparaît, ses voisins arrangent
leur bonnet et leur babouche de
vendredi et, s’éloignent sur la
pointe des pieds. Certains
d’entre eux se lassent de
modestie. Lui font face en se
tenant le nez. Ah, monè! (Quel
outrage!), on entend des
soupirs. Mauvais quart d’heure
pour ministre pyromane
s’improvisant porte-voix d’une
délégation venue pourtant
éteindre le feu. La foule charge
à nouveau.
Les rabanas marmonnés en
liturgie arabe s’entrecoupent
de faabêlan, au secours, en
poular ! Le ministre Téliwel
Diallo, par ordre de préséance,
est le vrai chef de la délégation
qui devait prendre la parole en
lieu et place du volubile ministre
de l’Elevage. Il ne peut limiter
les dégâts.
Téliwel Diallo s’embarque à
bord de son véhicule de commandement et file à l’anglaise.
Les autres happy few et leurs
courtisans décampent aussi à
la sauvette.
Toutes les grosses cylindrées
démarrent en trombe. Happyend. La foule crie victoire !
A l’image de véritables malpropres voleurs de bétail dans une
cité de victimes, voilà comment
les membres de la délégation
se sont fait prendre à partie à
cause des propos irrévérencieux du ministre de l’Elevage.
Diallo Alpha Abdoulaye
Samedi «de niet» à Lélouma
eignant semblant de faire comme si tout allait bien pour le
F
meilleur des mondes et que la délégation s’entend bien avec
ses hôtes, le ministre pyromane et ses collègues ont reapparu
dans la cité de Lélouma samedi. Malheur pour eux, le revers de
vendredi soir s’est corsé samedi midi à la réunion des responsables du mouvement citoyen pour le départ de Samba Héri Camara.
Les pourparlers avec les notables dans la concession du regretté Elhadj Mamadou Diallo, ex-secrétaire préfectoral de la Ligue islamique, ont échoué dans l’après-midi. Idem à la Mairie où
le ministre Baïlo Teliwel Diallo, professant en faveur du retour du
préfet en exil forcé à Labé, a été prié d’abandonner la salle de
négociation vers 16h.
Cellou Dalein Diallo, en
conférence de presse le
mercredi 3 décembre 2014 à
Dakar: «Je tiens à préciser que
si M. Alpha Condé considère
le virus Ebola comme une
aubaine devant lui permettre
de repousser les calendriers
électoraux. Il se trompe
lourdement. Si les délais
constitutionnels ne sont pas
respectés, Alpha Condé perd
du coup sa légalité et sa
légitimité. Dès lors, les
Guinéens feront constater la
vacance du pouvoir afin qu’une
transition soit engagée.»
Dr Koutoub M. Sanoh, ministre
de la Coopération Internationale et de l’Intégration, sur la
colère de Banjul contre
Conakry à Guineenews.org: «
Effectivement le président
Elhadj Yahya Jammeh est le
premier président africain à
avoir offert à la Guinée la
somme de cinq cent mille
dollars. C’est vrai et il reste
normal que la Guinée y
réagisse officiellement par
voie diplomatique comme elle
l’a d’ailleurs toujours fait.
Mais, je pense que ce n’est
pas assez grave. Car, le
président Elhadj Yahya
Jammeh que je connais très
personnellement, est notre
beau. Donc, il ne faut qu’il se
fâche sinon nous lui enlèverons notre fille. De toutes les
façons, on lui donne entièrement raison avec toutes nos
excuses à l’appui. Le
gouvernement ne va pas donc
tarder à rectifier le tir. Il faut,
sans flagornerie, rappeler que
la Guinée et la Gambie sont
des pays frères et rien ne
saurait remettre en cause
cette fraternité.»
4
ACTUALITÉ
LE POPULAIRE N°436
Vite dit...
Le japon offre 92
milliards de FG pour
réparer la conduite
d’eau de Kissosso
Le gouvernement japonais a
accordé une subvention de
1milliard 319 millions de yens
soit environ 92 milliards de FG
à notre pays pour la réparation
de la conduite d’eau d’EntaSangoyah.
La signature du projet a eu lieu
ce lundi 1er décembre 2014, au
ministère de la Coopération à
Conakry.
Ce montant vient s’ajouter au
don hors projet de 600 millions
de yens signé le 24 juillet 2014.
Il permettra notamment de
remplacer la conduite d’eau
(DN1100mm) en fibre de verre
où des défaillances sont
actuellement notées par la
fonte ductile entre SangoyahEnta sur une distance de 3,5 km.
Selon l’ambassadeur du Japon
SE Naotsugu Nakano, «ces
aménagements de base des
conditions de vie des habitants
sont en effet, un des soubassements qui conditionnent le
développement d’un pays».
«L’accès à l’eau en fait partie au
premier rang, puisqu’il ne
saurait y avoir de vie décente
sans eau potable et de qualité»,
poursuit le diplomate.
Cette subvention dénote des
interventions du gouvernement
japonais dans les secteurs
prioritaires en Guinée tels que
l’éducation, la santé, l’hydraulique rurale et urbaine, l’agriculture et la pêche. Et constitue
un appui aux efforts du gouvernement dans la mise en œuvre
de «sa stratégie de réduction
de la pauvreté et la réalisation
des Objectifs du millénaire pour
le développement (OMD) »,
affirme, pour sa part, le ministre
en charge de la Coopération,
Moustapha Koutoubou Sano.
UE-Guinée: Le 11ème
FED signé
Après le déblocage intégral du
10è Fonds européen de
Développement (FED) fin 2013,
l’Union européenne a signé le
11ème FED avec la Guinée
samedi 6 décembre à Conakry.
La cérémonie de signature a
été officiée par le ministre
Mohamed Diaré en charge de
l’Economie et des finances et,
Neven Mimica, commissaire
européen pour la Coopération
internationale et le développement (sur la photo). Il s’agit d’un
fonds de 244 millions d’euros
destiné à la Consolidation de
l’Etat de droit, la promotion
d’une administra-tion efficace
au service des citoyens et du
développement pour 92
millions
d’euros,
à
l’assainissement urbain: 84
millions d’euros, à la santé: 40
millions d’euros, au transports
routiers 20 millions d’euros, et
8 millions d’euros pour l’appui
à l’Ordonnateur national du FED
et la facilité technique de
coopération.
Abdoul Malick Diallo
DU 8 DÉCEMBRE 2014
Un grand observateur sonne l’alerte
En Guinée, l’année électorale
2015 inquiète les Américains
Peter Pham Directeur du
Centre de l’Afrique au
sein de l’Atlantic Council
, dans un article publié sur
le site internet (The Hill)
qui est l’une des destinations privilégiées des
parlementaires américains et la maison blanche, alerte les décideurs
américains et notamment
la Maison Blanche sur le
danger que court la Guinée à l’approche des différentes échéances électorales
A
lors que Washington
reste préoccupé par
les résultats et les con
séquences de sa propre élection de mi-mandat, les
décideurs américains pourraient être excusés de ne pas
avoir assez réfléchi récemment
sur des scrutins qui se tiendront ailleurs. L’Afrique, que
l’administration Obama a décrit
dans les documents de stratégie comme étant «plus que jamais importante pour la sécurité et la prospérité » des EtatsUnis, sera le théâtre de près
d’une douzaine d’élections nationales dans les 12 prochains
mois, dont les résultats pourraient avoir des implications importantes sur la politique américaine et sur la communauté internationale dans son ensemble. Cela est encore plus vrai
dans le cas de la Guinée .
La Guinée reçoit rarement
beaucoup d’attention à
Washington, sauf lorsqu’une
crise éclate, comme récemment lorsque le pays est devenu l’épicentre de l’épidémie
d’Ebola. Alors que La Guinée
était un rempart de stabilité relative au moment où ses voisins incluant la Côte d’Ivoire
souffraient de guerres civiles
dans les années 1990 et au
début des années 2000, elle ne
sera peut-être pas aussi chanceuse dans sa marche vers des
élections locales prévues dans
les mois à venir et la prochaine
élection présidentielle.
Récemment, les allégations ont
indiqué publiquement que la
victoire électorale du président
Alpha Condé a été truquée avec
la complicité des services secrets sud-africains. Cela survient dans un contexte où des
propriétaires actuels du projet
de Simandou –un grand projet
de minerai de fer- revendiquent
que leurs droits de propriété ont
été expropriés pour récompenser des alliés politiquement
connectés.
Au moment où la Guinée se prépare pour les élections locales
ainsi que la présidentielle de
l’année prochaine, la situation
risque de devenir instable précisément à cause du manque
de progrès social et économique du pays qui est directement
liée à ses politiques dysfonctionnelles.
Au moment de l’indépendance
en 1958, le premier président
Peter Pham, directeur du Centre de l’Afrique au sein de l’Atlantic
Council
du pays, Ahmed Sékou Touré, a
rompu ses relations avec la
France et s’est aligné avec
l’Union soviétique, en poursuivant un programme marxiste révolutionnaire qui a détruit l’économie tout en réprimant brutalement toute opposition.
Pendant le règne du dictateur,
des dizaines de milliers de personnes ont disparu dans le
goulag africain du régime, y
compris l’archevêque catholique de Conakry (la capitale),
Raymond-Marie Tchdimbo, qui
a passé près d’une décennie
dans le tristement célèbre camp
de concentration Boiro. Après la
mort de Sékou Touré en 1984 –
ironiquement, tout en recevant
un traitement pour une maladie
cardiaque à la clinique privée de
Cleveland -, Lansana Conté, a
pris le pouvoir au cours d’un
coup d’Etat militaire. Conté a
abandonné l’expérience socialiste de son prédécesseur, et au
fil du temps, a ouvert à contrecœur l’espace politique dans
le pays. Son propre quart de siècle de règne au pouvoir (il est
mort en 2008) n’a apporté que
peu de soulagement à l’extrême
pauvreté qui était le lot de la
grande majorité des Guinéens.
Des élections ont finalement eu
lieu en 2010, qui ont porté le président actuel, Alpha Condé, au
pouvoir. Les élections, entachées par des retards, les divisions ethniques et diverses
controverses, ont été acceptées par une communauté internationale lasse.
Condé, le vainqueur au second
tour, avait remporté seulement
18 pour cent des voix au premier tour, par rapport à 44 pour
cent pour Cellou Dalein Diallo,
un ancien premier ministre qui
est issu du plus grand groupe
ethnique de la Guinée et qui avait
un pacte électoral avec le troisième, un membre du troisième plus grand groupe ethnique.
Un « outsider » politique, Condé
est arrivé au pouvoir avec peu
d’expérience. Il a vécu la plupart
de son temps en dehors de la
Guinée, principalement à Paris,
où il a donné des conférences
universitaires sur des sujets
comme «africain engagé» (le titre d’un de ses livres) et «le
néo-colonialisme américain»
(le sous-titre d’une autre de ses
œuvres). Alors qu’il a parlé de
«une nouvelle ère» dans la po-
litique guinéenne, la composition de son cabinet comprend
plusieurs personnalités controversées d’anciennes juntes.
Peu de temps après son élection, Condé s’est tourné vers le
financier milliardaire George
Soros pour l’aider à réécrire les
lois minières du pays, mais cela
a conduit à un cercle vicieux de
retards dans l’exploitation des
ressources naturelles extraordinaires du pays – entre autres
choses. La guinée détient deuxtiers des plus grandes réserves
mondiales de bauxite et d’énormes quantités d’or, de diamants, de minerai de fer, de graphite, de manganèse et
d’autres ressources minérales
qui font que la Guinée est potentiellement l’un des pays les
plus riches en Afrique – pour
relancer son développement et
créer des projets prêts à démarrer afin de créer des emplois et
stimuler la croissance économique.
La situation depuis l’élection de
Condé n’a pas inspiré confiance. Des membres d’anciennes juntes ont été accueillis. Les
élections législatives, qui devaient se tenir dans les six mois
de l’inauguration en Décembre
2010, ont été reportées à plusieurs reprises. Et maintenant
Condé est confronté à une
poursuite de plusieurs millions
de dollars devant un tribunal fédéral américain qui cherche à
exécuter une décision de la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage, la plus haute juridiction
sur le droit commercial d’un organisme régional de l’Afrique
composée de 16 membres dont
la Guinée est membre. Selon la
poursuite le régime a illégalement annulé un contrat de gestion du port avec la compagnie
de fret français Getma international.
Pour être juste, Condé a hérité
d’une situation macro-économique lamentable. Tant la fonction
publique et les militaires ont
reçu des augmentations salariales multiples – les déficits
budgétaires résultants ont été
financés en grande partie par la
banque centrale ayant pour effet d’augmenter la masse monétaire, complétant ainsi le cercle vicieux.
Après un si long malaise, la
Guinée a désespérément besoin d’investissements importants et une croissance éco-
nomique soutenue. Tout cela
prépare la scène pour 2015,
lorsque le président Condé devra briguer un second et son
dernier mandat. Non seulement
il devra faire face à des adversaires déterminés et bien organisés pour un match retour de
l’élection précédente qui était
serrée, mais il le fera avec de
moins bons résultats économiques – ni en termes de croissance globale du produit intérieur brut, ni en termes de réduction de la pauvreté (indices
de la pauvreté urbaine et rurale
ont en fait augmenté pendant le
mandat du président , selon le
rapport de son propre ministère
des finances qui a été transmis
au Fonds monétaire international) – que les dictateurs qui l’ont
précédé, l’exposant à une réelle
possibilité de la défaite malgré
les avantages de la titularisation. Ainsi la bataille sera âprement disputée et, si le scrutin
n’est pas juste ou si le gagnant
ne parvient pas à tenir ses promesses de développement qui
ont longtemps été différées, la
situation sera de plus en plus
désastreuse non seulement
pour la Guinée, où les tensions
ethniques sont déjà attisées,
mais aussi pour une région dont
les frontières ont récemment
montré leurs extrêmes porosités au cours de propagation rapide du virus Ebola. (Les chercheurs considèrent que L’épidémie, il convient de rappeler, a
commencé dans la préfecture
de Guéckédou, dans le sud-est
de la Guinée, il y a exactement
un an.)
Considérant que Washington
est récemment enclin à mettre
la priorité sur l’amélioration des
relations économiques et
sécuritaires avec une Afrique de
plus en plus importante sur le
plan géopolitique, les décideurs
doivent accorder plus d’attention à l’état de la primauté du
droit et les perspectives d’élections démocratiques libres et
équitables dans un état régional comme la Guinée qui constitue un pivot – ça ou se préparer pour les conséquences si
l’une de ces conditions de
gouvernance de base fait défaut
Peter Pham,
Directeur du Centre de
l’Afrique au sein de l’Atlantic
Council
*Atlantic Council est un groupe
de réflexion influent dans le domaine des affaires internationales. Fondé en 1961, le Conseil
fournit un forum pour la politique internationale, les affaires
et les leaders intellectuels. Il
gère dix centres régionaux et des
programmes fonctionnels liés à
la sécurité internationale et la
prospérité économique mondiale. Il a son siège à Washington. Le Vice-Président américain, Joe Biden a clôturé ce
mois-ci le sommet de l’Atlantic
Council. Cet article a été publié
sur le site internet (the hill),
l’une des destinations privilégiées des parlementaires américains et s’adressent en premier
lieu aux décideurs américains
notamment la Maison Blanche.
http://lejour.info
LE POPULAIRE N°436
ACTUALITÉ
DU 8 DÉCEMBRE 2014
5
Office guinéen des chargeurs
À quoi sert la société béninoise ATPMS ? Brèves
Une situation administrative confuse et absurde
perdure au ministère des
Transports entre l’Office
guinéen des chargeurs,
un établissement public à
caractère administratif
(EPA) de droit guinéen, et
ATPMS, une société
privée de droit béninois.
La première travaille, la
seconde empoche le
magot.
U
n décret du 19 décembre 2011 a instauré
l’« International Cargo
Tracking Note For ISPS
Code » et autorisé la société
privée béninoise ATPMS à
exercer une activité de service
public, à savoir le bordereau de
suivi des cargaisons (BSC)
déjà concédé à l’Office guinéen
des chargeurs. Non seulement
la société béninoise ne fait
aucune prestation spéciale,
mais elle touche à elle seule
40 pour cent des redevances
perçues sur les cargaisons,
contre 40 pour cent pour le
Trésor public guinéen, 10 pour
cent pour la Marine marchande
et 10 pour cent pour l’Office
guinéen des chargeurs.
À l’évidence, pour gagner de
l’argent facile en Guinée, la
société béninoise a trompé la
vigilance du chef de l’État pour
l’amener à lui concéder un
service qui n’a aucun sens.
Dans le projet de décret
qu’ATPMS a introduit en 2011,
la supercherie vient de la
liaison fallacieuse qu’elle a
réussi à faire entre sa soidisant activité (en fait, le service
BSC déjà exercé par l’Office
guinéen des chargeurs) et le
code ISPS, qui est un code de
conformité à des normes de
sûreté internationale déjà
parfaitement remplies par les
ports de Conakry et de Kamsar
ainsi que par les navires qui y
accostent. Ces deux ports n’ont
aucun souci par rapport au
code ISPS, leur travail est
internationalement certifié ISO.
En tout état de cause, ce n’est
pas l’activité de la société
béninoise ATPMS qui les rend
conformes aux normes de
sûreté internationale.
D’ailleurs, dans un aucun pays
au monde, ni même au Bénin,
l’« International Cargo Tracking
Note For ISPS Code » n’est
pratiqué. Cette escroquerie a
été inventée par la société
béninoise, qui se moque de
l’intelligence des Guinéens.
Aucune société ne peut, en
effet, donner une certification de
sûreté à un port ou à un navire
au plan international si elle
n’est d’abord reconnue par
l’Organisation
maritime
internationale (OMI). Or, non
seulement l’OMI ne reconnaît
pas l’existence d’ATPMS, mais
elle condamne le fait que cette
société utilise le code ISPS
dans ses activités à caractère
commercial.
En clair, il faut retenir trois
choses. Primo, l’activité
appelée « Cargo Tracking
Note » de la société béninoise
est la traduction anglaise du
Bordereau de Suivi des
Cargaisons déjà concédé à
l’Office guinéen des chargeurs.
Secundo, cette société privée
ne fournit aucune prestation
publique en Guinée et perçoit
pourtant des redevances
énormes (à égalité avec le
Trésor public guinéen et deux
fois plus que l’OGC et la Marine
marchande réunies). Tertio,
elle trompe l’État guinéen et
s’enrichit sur son dos en
établissant une fausse relation
entre sa prétendue activité et un
code (ISPS) qu’elle n’est pas
habilitée à utiliser. Pour ces
trois raisons, il serait judicieux
que le chef de l’État rapporte le
décret instituant « l’International
Cargo Tracking Note For ISPS
Code », un machinchouette
inutile, et permette à l’Office
guinéen des chargeurs d’exercer pleinement sa mission
d’établissement public à
caractère administratif (EPA).
La société privée béninoise
ATPMS a ramassé trop
d’argent en Guinée, il est temps
qu’elle s’en aille !
Le bordereau de suivi des
cargaisons est un instrument
de l’OGC qui renseigne sur la
valeur
réelle
de
la
marchandise,
assure
la
traçabilité de la cargaison,
contribue à la simplification
des procédures et à la célérité
des formalités douanières et
administratives. Les frais liés
à l’émission de ce bordereau
permettent à l’Office guinéen
des chargeurs d’informer,
conseiller, encadrer, former et
assister les importateurs, les
exportateurs, les transitaires,
les transporteurs routiers et les
auxiliaires
du
transport
maritime dans leur travail.
Ces frais permettent de
construire des entrepôts sous
douanes pour soulager les
importateurs des surestaries et
de la congestion du port. Ils
permettent également de
construire en rase campagne
des aires de repos pour les
conducteurs de poids lourd.
Le bordereau de suivi des
cargaisons
doit
donc
entièrement revenir à l’Office
guinéen des chargeurs. C’est
une question de bon sens,
d’équité et de souveraineté
nationale.
Genèse de l’Office guinéen
des chargeurs
Le directeur général Sékou
Camara est le principal
géniteur de l’Office guinéen des
chargeurs. Il a une capacité
managériale avérée, il est le
technicien incontournable de
l’Office depuis le temps de
l’ancien directeur général
Cheick Mohammed Fofana. Il
est aujourd’hui le seul à
pouvoir faire le boulot dans cet
établissement.
Sékou Camara a décroché
deux diplômes dans les
prestigieuses
universités
canadiennes UQÀR (Université
du Québec à Rimouski) et
UQÀM (Université du Québec à
Montréal).
L’un en gestion des ressources
maritimes et l’autre en gestion,
organisation portuaire et
administration publique pour
gestionnaires, dont chacun
équivaut à un diplôme bac+5
français.
Il a également un certificat en
gestion
et
organisation
portuaire de la faculté Saint
Ignace d’Anvers (Belgique). En
Guinée, il a d’abord été titulaire
d’une maîtrise en biologie et
ensuite d’un diplôme de
l’Institut supérieur des sciences
de l’éducation de Manéah.
Sékou Camara et un des rares
Guinéens qui connaissent le
fonctionnement
d’un
organisme de chargeurs, l’outil
incontournable
dans
la
facilitation des échanges
commerciaux.
En 2006, l’Union des conseils
des chargeurs africains (UCCA)
demande à la Guinée de mettre
en place son organisme des
chargeurs, à l’instar des 16
autres pays de l’Afrique de
l’Ouest et de l’Afrique centrale.
Cheick Mohamed Fofana, à
l’époque directeur général de
Jean Codo, le boss d’ATPMS
la Marine marchande, confie la
tâche à Sékou Camara. Celuici propose alors le premier
exposé des motifs devant
permettre au gouvernement
guinéen d’accéder à la requête
de l’UCCA. Il fait le gros œuvre.
Il élabore un projet de statuts et
tous les documents qui doivent
aboutir à la création de l’Office
guinéen des chargeurs. À cet
effet, il a dû faire ses propres
recherches, faute de supports
papier en la matière.
Le dossier évolue tant bien que
mal jusqu’en 2008, année où
Non seulement la société béninoise ne fait aucune prestation
spéciale, mais elle touche à elle seule 40%des redevances
perçues sur les cargaisons, contre 40% pour le Trésor public
guinéen, 10% pour la Marine marchande et 10%pour l’Office
guinéen des chargeurs.
l’on fait figurer l’Office guinéen
des chargeurs (OGC) dans les
attributions du ministère des
Transports.
Dans la précipitation, Cheick
Mohamed Fofana est nommé
directeur général de ce service
avant même sa création
effective par un acte juridique
quelconque. De 2008 à 2010,
l’homme se tourne les pouces.
Le service ne fonctionne pas,
l’OGC est comme un enfant
reconnu par son père mais qui
n’a toujours pas un certificat de
naissance. Il faut encore Sékou
Camara pour élaborer un projet
de décret portant sa création.
Le décret est publié en juillet
2010, l’Office guinéen des
chargeurs prend corps.
En reconnaissance de son
expertise et de ses efforts
louables, ce jeune et brillant
cadre est nommé directeur
général adjoint par le ministre
des Transports, le général
Mathurin Bangoura. Cheick
Mohamed Fofana est confirmé
comme directeur général. Les
deux
hommes
doivent
maintenant diriger ensemble
un service passé du virtuel au
réel. Mais le chef, défavorisé par
l’âge, se rabat constamment
sur le jeune Sékou Camara qui
domine son sujet et finit par
devenir la cheville ouvrière du
service. Dans ce genre de
rapports, comme il est de
coutume dans l’administration
guinéenne, le chef prend
facilement ombrage de son
jeune adjoint et applique à
l’Office la politique du diviser
pour régner.
Les chefs de département,
favorisés par le directeur
général, taillent des croupières
à Sékou Camara. Alors qu’ils
sont ses subalternes, ils ont la
préséance dans le bureau du
chef. Le jeune directeur général
adjoint endure rivalités et
vexations. Il est confiné dans
son cagibi, on lui refuse même
l’accréditation de sa signature
pour les comptes bancaires de
l’Office.
Malgré l’hostilité ambiante, le
chef de l’État, le Pr Alpha Condé,
le nomme en juin 2014
directeur général de l’Office
guinéen des chargeurs en
reconnaissance de son mérite
personnel. Cheick Mohamed
Fofana est muté au ministère
des Transports. À son nouveau
poste, Sékou Camara se
retrouve cependant entouré de
collaborateurs directs qui
brillent par leur impéritie et par
leurs intrigues. En quelques
mois, ils créent à l’Office un
univers kafkaïen et réussissent
à l’entortiller. On l’accuse de
toutes sortes de maux et un
audit est finalement ordonné.
Pourtant, il est le technicien par
excellence de l’établissement.
Mais nul n’est prophète en son
pays.
Grâce à ses compétences, il est
parvenu à bâtir de solides
relations professionnelles au
plan régional et international. Il
est tout le temps appelé par
l’extérieur. Il manque à ses
pairs dans leurs réguliers
brainstormings, car il est
consigné jusqu’à la fin de
l’audit.
Parallèlement à ses fonctions
de directeur général de l’Office
guinéen des chargeurs, Sékou
Camara enseigne la gestion et
le
management
des
ressources humaines dans
plusieurs
universités
guinéennes.
El Béchir Diallo
Labé : Une femme interpellée avec 32 sacs
de viande interdite
La commerçante interpellé à
Labé avec 32 sacs de viande
de brousse venait de la frontière malienne. Selon la dame,
elle a été acheté le sac sac à
20.000 FG pour le revendre à
Nzérékoré à 50.000 FG.
Ebola: Des jeunes de
Matoto empêchent la pose
de la première pierre d’un
centre de traitement
Plusieurs centaines de
jeunes surexcités ont protesté
jeudi 4 décembre contre la
pose de la première pierre
d’un centre de traitement
d’Ebola dans leur quartier
Yimbaya Bougie dans la
commune de Matoto.
‘‘On ne veut pas d’Ebola ici’’.
‘‘Allez ailleurs’’. ‘‘Nous
n’accepterons jamais Ebola
dans notre stade’’. ‘‘Ce projet
devrait être réalisé à Kapororails. Mais pourquoi ici
maintenant ?’’Ce sont là entre
autres slogans lancés par les
protestataires.
Le gouverneur de Conakry,
Soriba Sorel Camara tente de
calmer les ardeurs des
manifestants. Il annonce
l’annulation de la pose de la
première pierre. Une réunion
d’urgence est convoquée
entre lui, le président de la
délégation spéciale de Matoto,
Mohamed Koumandian Keita,
les responsables des quartiers et les manifestants.En
vain.
Conviés à cette cérémonie,
les ambassadeurs Alexander
Laskaris des Etats-Unis et
Bertrand Cochery de France
désapprouvent la démarche
des autorités d’implanter le
centre sur un espace qui abrite
non seulement un terrain de
football, mais également un
des grands marchés de la
commune.
‘‘Nous venons d’inaugurer un
centre de traitement à
Macenta qui est censé être un
des épicentres de la maladie.
Si réellement l’information et
la sensibilisation étaient
passées, pourquoi ces
populations
vont-elles
s’acharner contre un bien
commun ?’’, s’est interrogé
Bertrand Cochery.
Le Premier ministre Saïd
Fofana qui devrait représenter
le président ne s’y est pas
rendu finalement.
Sous la direction de
Abdoul Malick Diallo
Ont collaboré à cette édition
Aboubacar Condé et Aissatou Diallo
6
FRANCOPHONIE Michaëlle Jean ou « la
Francophonie des possibles»
F
ille d’un opposant politique
haïtien réfugié au Québec,
la nouvelle secrétaire générale
de l'Organisation internationale
de la Francophonie (OIF) a
connu l’exil, la privation avant de
s'imposer dans son pays
d'adoption en tant que journaliste vedette et femme
politique de premier plan. C’est
le président français François
Hollande qui a attiré l'attention
de ses pairs francophones sur
les qualités de sa candidature,
après avoir proposé le poste à
Blaise Compaoré, qui l’avait
refusé peu avant sa destitution.
Avec Michaëlle Jean, c’est une
figure aux antipodes de celle de
l'ancien homme fort de
Ouagadougou qui accède aux
manettes de la Francophonie
institutionnelle.
« Je mesure la tâche qui
m’attend et je veillerai à prendre
grand soin de l’héritage que
nous lègue le président Diouf.
J’entends répondre aux
besoins et aux attentes des
Etats et gouvernements membres de l’OIF tout en donnant
une nouvelle impulsion à la
Francophonie…» C’est avec
Michaëlle Jean.
ces mots que la Canadienne
Michaëlle Jean a accueilli, le 30
novembre, l’annonce de sa
nomination à la tête de la
Francophonie. Poste prestigieux que la candidate d’Ottawa
et de Montréal a remporté de
haute lutte, bataillant ferme
contre ses concurrents et
plaidant pour une « francophonie moderne et tournée vers
l’avenir ». La nouvelle élue, 57
ans, d’origine haïtienne,
incarnera désormais la voix et
le visage de la Francophonie.
Hommage à Nelson Mandela:
Déclaration du secrétaire d'Etat
américain John Kerry
John Kerry, secrétaire d'Etat
américain.
N
elson Mandela nous a
quittés il y a aujourd’hui
un an, et nous saluons
la fin d’une vie exceptionnelle en même temps
qu’un héritage qui continue de
nous motiver tous.
Il serait extrêmement difficile de
trouver quelqu’un qui a touché
autant de personnes que
Nelson Mandela à l’échelle
internationale. Il a exercé un
ascendant considérable sur
mon épouse Teresa, alors
jeune étudiante en Afrique du
La Fondation Binta Ann affronte les mutilations
génitales et les mariages précoces
Par Tirthankar Chanda
(RFI)
Sud, et son exemple les a
incités, elle et ses camarades
de cours, à manifester sur le
campus contre l’apartheid. Il a
contribué à éveiller et à faire
grandir chez ma fille Vanessa
son intérêt pour l’Afrique et la
santé mondiale. Son influence
a été transcendante et
profonde.
Teresa et moi-même avons eu
l’honneur de passer les fêtes
de Thanksgiving avec Mandela
en 2007. Sa chaleur, son
ouverture d’esprit et sa sérénité
m’ont frappé. Je me suis
demandé comment cet homme
avait pu dire non à l’hostilité et
su voir si clairement où résidait
l’intérêt suprême de son pays.
Mandela a laissé aux SudAfricains – et au monde – un
incroyable
héritage
de
réconciliation, de liberté et
d’égalité. Peuple d’Afrique du
Sud, nous vous remercions
d’avoir partagé Madiba avec le
reste du monde. Nos pensées
vous accompagnent alors que
vous saluez la mémoire de ce
grand homme qui espérait
laisser le souvenir non d’un
saint, mais d’un être humain,
d’une personne bien réelle
ayant eu à faire des choix
difficiles – ce qui le rend
d’autant plus honorable, pas
moins.
L
a Fondation Binta Ann pour
les enfants et les femmes
(Fonbale) a procédé lundi 1er
décembre (notre photo) au
lancement d’un projet axé sur
la communication et l’habilitation des communautés et
secteurs intervenant dans le
domaine de la prévention des
mutilations génitales féminines
et mariages précoces dans la
commune de Ratoma.
Ce projet intersectoriel qui
s’étend sur un an, regroupe des
cadres issus de la sécurité, de
la justice, de l’éducation, de la
santé et des religieux, avec
pour objectif de réhabiliter et
mobiliser ces différents acteurs
pour lutter contre ces pratiques
ancestrales.
‘‘Nous sommes convaincus
que les jeunes filles qui sont
les femmes de demain, pièces
maitresses de l’avenir de notre
nation, méritent une attention
particulière. Notre engagement
ne s’inscrit pas dans une
logique de victimisation, mais
dans une approche de
préservation des droits, de la
dignité, de l’égalité et du respect
de la personne humaine’’, a
indiqué la présidente de la
fondation, Binta Ann dans son
discours introductif.
Le représentant le Fonds des
Nations unies pour l’enfance
(Unicef) a émis son inquiétude
quant à l’attitude à adopter par
les acteurs professionnels et
sociaux en vue de l’interdiction
de ces pratiques coutumières
et ancestrales. Tout de même,
M. Fassou Isidore Lamah a
Assemblée nationale guinéenne
Baldé Abdallah préside le Réseau des journalistes parlementaires
Il existe désormais un Réseau
des journalistes parlementaires en Guinée.
Son Bureau exécutif a été
installé le 15 novembre dernier
en présence de députés, de
membres du gouvernement et
de partenaires au développement de la Guinée.
Le réseau est présidé par
Baldé Abdallah, directeur de
publication d’Aminata.com.
Baldé et ses collègues se
donnent pour mission de
relayer en temps réel les informations issues des activités de
Baldé Abdallah, président du
Réseau des journalistes parlementaires guinéens.
l’Assemblée nationale pour
ainsi contribuer au renforcement de la démocratie en
Guinée. Ce qui leur permettra à
coup sûr d’apporter leur pierre
à l’édification d’une Guinée
aspirant aussi bien à la paix, au
développement socioéconomique qu’au renforcement de la
cohésion sociale.
Avec pour devise «Indépendance, équité et honnêteté», le
réseau compte se tailler une
place de référence en Guinée
et dans la sous-région.
déclaré oser croire que ce
projet aidera à renforcer
davantage les capacités et
connaissances afin que les
uns et les autres puissent être
des vecteurs de changement
au sein de leurs communautés
et entités administratives
respectives.
Présente à la rencontre, Mme
Olive Sawyer a, au nom de
l’ambassade des Etats-Unis,
salué la participation des
religieux à ce projet avant de
leur intimer une entière
implication dans le processus
à travers la sensibilisation,
l’éducation et la ‘‘franche’’
bénédiction.
Pour sa part, la directrice
nationale adjointe de la
promotion féminine et de
l’enfance, du ministère de
l’Action sociale, représentant la
ministre de l’Action sociale, a
mesuré toute la complexité du
chantier que s’ouvre la
Fonbale.
Le poids des pesanteurs
socioculturelles n’est pas à
minimiser dans cette lutte que
décide de mener la Fondation
Binta Ann sur le terrain. Et la
directrice nationale adjointe de
la promotion féminine et de
l’enfance en est persuadée.
C’est pourquoi Mme Keita
Batouly Kaba a invité les
responsables de la Fondation
à serrer la ceinture. Car, dit-elle,
‘‘quand on entreprend une
tâche, c’est déjà un début de
réussite.
Parce
qu’en
l’entreprenant, on le fait avec
des objectifs qu’on s’assigne.
Et nul n’entreprend une chose
pour prétendre échouer dans la
mise en œuvre de celle-ci’’, a-telle fat remarquer.
A noter que cette formation s’est
tenue du lundi 1er au samedi 6
décembre, autour des thèmes
dont entres la présentation de
la situation des mutilations
génitales féminines et enfance
en Guinée, les mutilations
génitales féminines et tradition,
mutilations génitales féminines
et santé et mutilations génitales féminines et droit de l’homme, facilités par d’éminents
formateurs.
Mady Bangoura
Lecture
LE POPULAIRE N°436 DU 8 DÉCEMBRE 2014
75
9
tous azimuts
1
Une rubrique mensuelle
de Marie Paule Huet
Directrice littéraire des éditions Ganndal
Tél: (+224) 655 432 943
Courriel: [email protected]
Une jeune lectrice à Montreuil
Montreuil 2014 : Un salon du livre
de Jeunesse ouvert sur l’Afrique.
C
ette année, le Salon du livre et
de la presse jeunesse de
Montreuil en Seine Saint Denis
fête ses 30 ans. Un bel âge pour
un salon du livre.
Ce salon accueillait 223 exposants. Une
quinzaine d’éditeurs africains étaient
regroupés sur le stand de l’association
Afrilivres ou sur celui du diffuseur
français L’Oiseau Indigo au sein d’un
grand espace « le Marché du monde »
où l’on pouvait découvrir des éditeurs du
monde entier.
Pendant 6 journées au gré des rencontres, des dédicaces, des conférences,
plus de 160 000 visiteurs étaient attendus. Le plus remarquable est probablement le public des enfants : de toutes
origines, sociales, culturelles ou géographiques - Montreuil est considérée
comme la deuxième ville malienne
après Bamako. Les écoles travaillent
toute l’année avec le Salon du livre.
La ville de Montreuil et le Conseil général
de Seine Saint Denis (93) sont partenaires du salon et soutiennent son
action auprès des jeunes en offrant des
chèques livres aux élèves.
Les enseignants avaient préparé des
jeux pour amener les élèves à découvrir
les livres sur le stand Afrilivres. Le Mouton
de Modibo de A. Pellel Diallo des
éditions Ganndal a été mis à l’honneur.
Et nous avons vu les enfants se presser
devant les stands pour choisir des livres
correspondant à leurs goûts et à leur
budget.
Nous nous sommes intéressés particulièrement à Afrilivres et à l’Oiseau Indigo
qui représentaient la littérature de
jeunesse africaine.
Marie Michèle Razafintsalama, directrice des éditions Jeunes malgaches, a
assumé la présidence d’Afrilivres pendant 4 ans et a préparé activement la
participation de l’association à ce salon
du livre.
Le salon a donné un tarif préférentiel à
l’association «de façon à ce que la
participation d’Afrilivres au salon soit
pérenne». Cette pérennisation s’inscrit
dans la diversité culturelle que le salon
désire développer. Pour Afrilivres, « il faut
participer plusieurs années avant d’être
vraiment repéré. Une participation
ponctuelle n’apporte rien» (...) Les
maisons d’édition pour la jeunesse sont
les plus actives en Afrique. Il y a une
bonne production annuelle dans ce
secteur qu’il est important de rendre
visible. Sur 17 éditeurs publiant en
jeunesse, 7 sont diffusés en France par
l’Alliance et 4 par l’Oiseau Indigo, les
autres ont besoin, eux aussi, de visibilité.
Ceux qui sont diffusés voient leur ventes
augmenter d’année en année.
On constate qu’il y a un réel besoin de la
diaspora africaine en France. Les
bibliothèques constituent aussi des
fonds de littérature africaine, ce sont des
opportunités à saisir. Deux éditrices ont
été chargées du stand : l’une qui avait
l’expérience du salon, et l’autre qui était
nouvelle pour qu’il y ait échange
d’expérience entre les deux. Toutes les
maisons ont envoyé leurs livres.
Fidèle Diomandé des éditions Valesse
de Cote d’Ivoire, participait donc pour la
première fois à un salon comme exposante en France et avait pris en charge
le stand d’Afrilivres. Elle est enthousiaste:
«c’est super bien organisé. C’est un
salon chaleureux. Les gens s’intéressent à notre production, ils sont curieux».
Elle poursuit en soulignant l’originalité
de la production. «Parmi les livres
présentés, il y a des titres en langues
nationales qui intéressent beaucoup le
public (...) des gens originaires du pays
ou qui ont un conjoint qui pratique cette
langue ou veut la découvrir», dit-elle.
C’est la première fois qu’elle voyait des
enfants arriver avec des chèques-livres.
Les chèques livres apprennent aux
enfants à gérer : ils disposent de 8
euros, et ils sont obligés de faire des
choix en fonction de leur budget. Ce n’est
plus les parents qui choisissent, ce sont
les enfants et c’est très enrichissant
pour eux.
Les éditions Valesse datent de 2006.
Une des stratégies de Valesse a été de
faire proposer par les éditeurs ivoiriens
au Ministère de l’éducation des romans
correspondant aux thèmes étudiés dans
les différentes classes. Le ministère
choisit les titres et propose ainsi la
lecture d’ouvrages récents aux élèves.
Une façon indirecte mais efficace de
soutenir l’édition jeunesse du pays. Ces
livres parlent de thèmes importants
comme la guerre, la démocratie, le SIDA.
«On a de belles plumes découvertes
grâce à notre concours Les Manuscrits
d’or ». Fidèle découvre le salon, elle est
ravie d’être sur le stand avec Béatrice
Lalinon Gbado des éditions Ruisseaux
d’Afrique. Celle-ci a une longue
expérience du livre jeunesse qu’elle
partage volontiers.
Béatrice Lalinon Gbado participe au
salon depuis 10 ans. C’est une vitrine
incontournable pour elle. Elle a fidélisé
une clientèle qui ne manque pas de lui
rendre visite chaque année en quête de
nouveautés. Son catalogue compte plus
de 150 titres jeunesse. Béatrice fait
ressortir l’intérêt, la diversité et l’originalité de cette littérature. Le public est de
plus en plus pressant et intéressé
désireux de rencontrer et connaître
l’autre. Elle met l’accent sur l’importance
des échanges nord-sud et sud-nord. Elle
vient «pour rencontrer les enfants africains, qui ont besoin de se ressourcer
aux racines culturelles, mais aussi pour
rencontrer tous les enfants qui veulent
découvrir la culture de l’autre afin de
contribuer à l’édification d’un monde plus
universel. Un monde où on ne se craint
plus, où on ne s’agresse plus parce
qu’on ne se connaît pas. Il faut porter la
diversité culturelle qu’il y a au cœur de
nos sociétés et que les éditeurs d’Afrilivres laissent transparaître dans leurs
publications et, en même temps, participer à cette rencontre interculturelle».
Elle trouve que chaque éditeur africain a
sa spécificité. Selon les pays, la culture
n’est pas présentée de la même façon :
les grandes figures historiques au Mali
chez Donnya ou Cauris-livres, la société
et la vie quotidienne chez Ganndal, en
Guinée, etc.
Pour Ruisseaux d’Afrique, « l’objectif est
d’accompagner l’enfant dans son
« nourrissement » de la maternelle à la
fin du collège. Il faut que les enfants se
retrouvent dans leur environnement
culturel. Une fois nourris de leur sève
culturelle, il faut que ces enfants soient fiers
d’eux et capables de rencontrer l’autre dans
une relation d’égalité ». Elle regrette la
perte de la mémoire véhiculée dans les
soirées de contes et s’attache à la restituer
dans ses livres. Avec Afrilivres, elle veut
porter en avant la diversité de ces regards
croisés dans le livre pour enfants.
Elle participe comme les éditions Ganndal
à un autre réseau : l’Alliance internationale
des éditeurs indépendants. Quand on lui
demande si ça ne fait pas doublon, elle
rétorque sans hésiter : «La spécificité
d’Afrilivres c’est la distribution des ouvrages
en Afrique».
Dans l’Alliance Internationale des Editeurs
indépendants, c’est un engagement
identitaire. Garder son autonomie par
rapport à sa décision éditoriale. «Faire
remonter vers l’universel le capital créatif
et culturel de chez moi» ensemble on
travaille à produire des livres avant de
vendre. Montage de projets qui permettent
de réduire les coûts et de faire de l’édition
équitable. Le même livre n’est pas vendu
au même prix en Europe, au Maghreb et au
sud du Sahara. Les éditeurs sont d’accord
pour que l’éditeur du nord paye plus cher
que l’éditeur du sud afin que tout le monde
ait accès au livre à un prix abordable.
La diffusion en France se fait donc par
l’Alliance et une nouvelle structure l’Oiseau
Indigo Diffusion.
Nous avons rencontré Isabelle Grémillet,
directrice de l’OID. Elle nous explique son
travail, en ces termes: «Nous existons
depuis 5 ans. Notre but est de trouver un
moyen pérenne de distribuer les éditeurs
africains en Europe pour rééquilibrer la
circulation des livres entre les mondes
arabe et africain et l’Europe sachant que
ces livres étaient presque absents des
librairies françaises. Nous faisons un gros
travail de promotion auprès du public et
organisons un Festival (le Festival Indigo
auquel a participé Cheick Oumar Kanté des
éditions Ganndal en 2013). Nous
représentons 31 maisons d’édition dont
des éditeurs du Mali, du Sénégal, de la Côte
d’Ivoire et de la Guinée (Ganndal).
Maintenant que notre catalogue jeunesse
est important, nous participons au Salon
de Montreuil. C’est le lieu de rendez-vous
non seulement du public, mais de tous les
professionnels. La plus belle récompense
est d’avoir eu 2 ouvrages sélectionnés
parmi les ouvrages en compétition au prix
des White Ravens : Bibi n’aime pas le
guérisseur de Muriel Diallo chez les
classiques ivoiriens et Aimé Césaire : le
poète prophète de Kidi Bebey chez Caurislivres. Ils figurent parmi les 200 albums
repérés dans la production mondiale et
présentés au salon du livre de Francfort».
Kidi Bebey se réjouit que la littérature
africaine soit représentée.
«C’est un véritable trésor comme le dirait
Viviana Quinones1, que cette diversité soit
là, qu’avec ces stands africains, on arrive à
s’ouvrir sur des univers qu’on ne connaît
pas forcément, sur des personnages, des
modes de pensée, des traditions et des
cultures. Le livre de Jeunesse propose à
la fois de la fiction et du documentaire. C’est
très enrichissant pour tout le monde».
Journaliste et romancière, Kidi Bebey a écrit
pour Cauris-livres (Mali) 2 albums dédiés
à Aimé Césaire et à Myriam Makéba la
chanteuse sud-africaine, sujets rarement
traités pour les enfants.
Elle souhaite, dit-elle, «faire un pont entre
l’Afrique et ses descendants américains
ou antillais et le reste du monde».
Elle poursuit: «La production africaine se
2
Le stand d'Afrilivres avec Fidèle
Diomandé (Ed. Valesse. Côte
d’ivoire)
professionnalise. Le public grandit et
son intérêt aussi. Lire aide à se
construire en tant qu’individu, ça
ouvre des portes. Même une histoire
qui n’apporte pas des informations,
permet à l’enfant de se reconnaître,
d’aller à la rencontre de ses propres
sentiments. C’est tellement riche que
personne ne peut dire comment un
livre fait écho dans la tête d’un enfant,
mais ce qu’on sait, c’est que
beaucoup d’adultes ont en mémoire
un livre ou des livres qui les ont
touchés lorsqu’ils étaient enfants.
Les livres leur ont apporté de quoi
grandir ».
Nous avons terminé notre tour du
salon avec Dramane Bouaré,
directeur des Classiques ivoiriens et
diffuseur. Il est membre d’Afrilivres et
compte parmi ses auteurs Muriel
Diallo qui a reçu le prix Saint Exupéry
pour sa série « Bibi n’aime pas... ».
Il est conscient comme ses collègues que les livres africains ne sont
pas suffisamment diffusés sur le
continent. Il rentre de Dakar où il
participait à la rencontre des éditeurs
et des libraires africains organisée
par le BIEF (Bureau International de
l’Édition française) en marge du
sommet de la francophonie. Leur
souci était de permettre aux livres
africains de mieux être diffusés en
Afrique et en Europe ; et il nous
assure que ça avance.
Le jour où l’on verra les livres de
Ruisseaux d’Afrique à Conakry et les
romans de Ganndal ou de Valesse
au Congo, la bataille du livre en
Afrique aura bien avancé.
(Footnotes)___________________
1 Viviana Quinones est spé cialiste
de la litté rature africaine
francophone au Centre national de
la littérature pour la jeunesse de la
Bibliothèque Nationale de France,
responsable de la bibliographie sur
la littérature africaine dans la revue
en ligne Takam Tikou
http://takamtikou.bnf.fr
3
Kidi Bebey en signature sur le stand
de l'Oiseau Indigo. En 2013 avec les
éditions Ganndal, elle est venue faire
une formation des auteurs jeunesse
en Guinée.
8
S O C I É T É
LE POPULAIRE N°436
DU 8 DÉCEMBRE 2014
Les magistrats menacent de suspendre leurs activités
Brèves Vont-ils oser faire ça ce lundi ?
Ebola : LL’éssai
’éssai sur
l'antiviral japonais
démarre !
C’est ce mois de décembre
que devrait débuter en Guinée
«l'essai pour tester l'efficacité
du médicament antiviral japonais faviripavir (Avigan) sur les
malades d'Ebola». Les premiers résultats sont attendus
vers la fin du premier trimestre
2015, a indiqué jeudi à l'AFP le
Pr Jean-François Delfraissy.
Cet essai vise initialement à
tester l'efficacité du médicament produit par Toyama
Chemical, filiale de Fujifilm
Holdings, pour réduire la mortalité des personnes contaminées et limiter la quantité de
virus dans leur corps.
Les premières données de cet
essai devraient être disponibles à partir de "la fin du premier trimestre 2015".
Depuis 6 mois, le gouvernement réchigne à donner
un feu vert à l’application du statut particulier des
magistrats. Mercredi, au cours de leur assemblée
générale, les hommes en robe ont décidé de fermer
portes et fenêtres des cours et tribunaux à partir de
ce lundi 8 décembre. Vont-ils oser le faire? C’est que
les observateurs attendent de voir cette semaine.
R
ien n’est moins sûr.
Les magistrats requérant l’application du
Statut particulier, sont
aujourd’hui forts du soutien de
leur ministère de tutelle. Qui leur
a exprimé toute sa solidarité
dans leur démarche plutôt
légitime.
Selon le responsable de la
Communication du ministère
de la Justice, Garde des
sceaux, le problème ne se
trouve pas au niveau des
décideurs politiques. Me
Ibrahima Béavogui estime que
le blocage se situe au niveau
des cadres de la Fonction
publique et du ministère en
charge du Budget qu’il accuse
de bloquer la procédure.
Depuis juillet 2014, soit 6 mois,
le gouvernement rechigne à
donner un feu vert à l’application du Statut particulier des
magistrats guinéens.
Au cours de leur assemblée
générale de ce mercredi 3
décembre, les hommes en
robe ont décidé de fermer
Corruption en 2014
Et Baïdy devient
Secrétaire exécutif
de l’UFR!
L’Alliance des forces d’avenir
de Guinée (AFAG) de Baïdy
Aribot vient de fusionner avec
l’UFR de Sidya Touré. Du coup,
Baidy Aribot est nommé Secrétaire exécutif avec pour attribution de coordonner les
actions et activités de l’UFR.
Un poste pas des moindres
dont le secrétaire général de
la Jeunesse, le député Saïkou
Yaya Barry justifie l’octroi par
le fait que le nouveau promu
vient avec un background, pour
avoir présidé aux destinées de
l’AFAG. Il ajoute également que
son homologue député a une
population électorale, et que le
parti a besoin de rajeunir ses
instances.
Les détracteurs de l’enfant
prodige de Kaloum soutiennent déjà que sa fusion avec
l’Ufr a été monnayée avec le
poste qui lui est octroyé. Une
idée que M. Saïkou Yaya Barry
balaie du revers de la main en
concluant que Baïdy Aribot, en
créant son parti, a été objectif.
‘‘Il songeait à briguer la
magistrature suprême du
pays. Je ne vois donc pas en
quoi, il peut renoncer à cela au
profit d’un poste de secrétaire
exécutif’’, conclut-il.
Pour Baidy Aribot, cette fusion
s’inscrit dans la volonté d’avoir
des bases politiques solides.
‘‘On veut aller de l’avant pour
construire de grands ensembles politiques’’, a-t-il indiqué
mercredi 3 décembre, ajoutant
que l’émiettement n’arrange
pas les partis. ‘‘Il faut qu’on
mette à l’évidence qu’aujourd’hui, ce sont les grands
ensembles politiques qui peuvent conduire à l’alternance
politique’’.
Mady Bangoura
La Guinée 35e sur
47 pays africains
Déclaration du 3 décembre 2014 de l’Association
Guinéenne pour la Transparence (AGT), contact national de Transparency International en Guinée à propos du classement de la Guinée dans l’Indice de
Perception de la Corruption (IPC) 2014.
C
e 03 décembre 2014,
Transparency International a publié son
Indice annuel de
Perception de la Corruption
(IPC 2014), indicateur de la
perception qu’ont les milieux
d’affaires et les experts
nationaux du niveau de
corruption dans le secteur
public de différents pays du
monde.
Avec une note de 25/100 (0 =
très corrompu et 100 = très
intègre), la Guinée occupe le
rang de 145/174 (29ème) dans
le monde, de 35/47 (12ème) en
Afrique et le 2/16 en Afrique de
l’ouest. En 2013, elle était 150/
175 (25ème) dans le monde,
37/48 (11ème) en Afrique.
Combattant pour que la Guinée
soit un pays de tolérance zéro
contre la corruption attractif,
sécurisant pour les investisseurs et dont les biens sont
gérés au profit de tous les
citoyens dans un cadre de
bonne gouvernance participative, l’AGT :
•
Demande
au
Président de la République de
faire respecter l’article 36 de
la Constitution sur la
déclaration des biens et de
prendre les mesures urgentes
pour la mise en place de la
Cour des Comptes;
•
Encourage
le
Président de la République à
renforcer
la
bonne
gouvernance et la lutte contre
la corruption par la création
d’un département ministériel
dédié à cet effet et chargé de
mettre fin à la multiplicité et/ou
dualité des organes de lutte
contre la corruption en
clarifiant leurs domaines de
compétence respectifs ;
•
Demande
au
Président de la République de
faire l’état d’avancement des
audits publiés, de réaliser
l’audit
de
la
gestion
gouvernementale de 2010 à
maintenant et d’établir la
responsabilité et la redevabilité
de ceux qui ont signé des
conventions
minières
défavorables aux intérêts de la
Guinée;
•
Invite l’Assemblée
Nationale à inscrire, parmi ses
priorités, l’élaboration et
l’adoption de la Loi Organique
sur la Cour Constitutionnelle
prévoyant les sanctions à
l’encontre de ceux qui violent
l’article 36 de la Constitution ;
•
Demande
au
gouvernement
et
à
l’assemblée nationale la
présentation et l’adoption
d’une loi anti – corruption ;
•
Invite le gouvernement
à l’élaboration et à l’adoption
des textes d’application du
code des marchés publics ;
•
Appelle toutes les
composantes de la société
civile à se mobiliser pour
accroitre le contrôle citoyen sur
les actes de ceux qui nous
gouvernent.
Combattons la corruption car,
ne rien faire, c’est laisser faire
Pour l’AGT,le Président
Mamadou Taran Diallo
La salle d’audience de la Cour
d’Appel de Conakry (archives).
portes et fenêtres des Cours et
Tribunaux à partir de ce lundi 8
décembre. Et ce, tant que le
document signé n’entre pas en
vigueur.
Les Huissiers croisent
le fer avec l’Etat
Au même moment, l’horizon se
noircit entre Huissiers de
justice et l’État. Depuis lundi 1er
décembre 2014, ces auxiliaires
de justice ne servent plus les
actes d’instance. Ils protestent
contre la non application des
décisions de justice. Par
conséquent, ils envisagent de
prendre d’autres décisions
coercitives au cours d’une
assemblée générale prévue
pour bientôt afin d’exiger un
certain nombre de réclamations.
Au mois de juillet passé, à
l’issue d’un autre bras de fer,
un protocole d’accord avait
pourtant été signé entre les
huissiers de justice et le
gouvernorat de Conakry sur
l’exécution des décisions de
justice dans la capitale.
De manière solennelle, le gouverneur Soriba Sorel Camara
avait appelé les élus locaux et
les services de sécurité à prêter
main forte aux huissiers,
chaque fois que cela s’avère
nécessaire dans l’exécution
des décisions de justice. Ce
qui tarde toujours à se concrétiser dans la pratique. Se
sentent-ils floués, roulés dans
la farine? Tout laisse à le croire.
Face donc à cette situation, les
huissiers semblent ne plus
être disposés à lâcher prise. Ils
ont décidé de ne plus servir les
actes d’instance jusqu’à la
reprise effective de l’exécution
régulière des décisions de
justice tant à Conakry que dans
les provinces.
« Si les décisions de justice ne
peuvent pas être exécutés,
mieux vaut ne pas les rendre »,
martèlent-ils dans un courrier
adressé au ministre de la
Justice, Me Cheick Sako.
Dans ce document, ils mentionnent que l’exécution des décisions de justice n’est plus
régulière depuis plus d’une
année en Guinée.
«Aujourd’hui, tous les services
de parquets, police et gendarmerie refusent mordicus d’assister les huissiers de justice
dans l’exécution des décisions
de justice au motif qu’ils
auraient reçu des instructions
des hautes autorités du
pays», dénoncent les huissiers.
Sur ce ton, la semaine débute
rude. Les deux camps des
robins mettent la pression,
mais aux dernières nouvelles,
le gouvernement semble bien
disposé à baisser la garde.
Mady Bangoura
Ebola en centre-ville de Conakry
L’époux, sa femme
et sa mère décèdent
Depuis qu’un agent de santé, sa femme et sa mère
qui s’occupaient de lui, sont morts d’Ebola après avoir
fui Téminètaye pour une localité de l’intérieur du pays,
les habitants de ce quartier de Conakry ont souscrit
volontiers aux services des équipes anti-Ebola.
U
n agent de santé
contracte Ebola dans
une
famille
à
Téminétaye, un des
quartiers du centre ville de
Kaloum à Conakry.
Dès l’apparition des premiers
signes de la maladie, il demande son transfèrement au centre
de traitement d’Ebola au CHU
de Donka, géré par Médecins
sans frontières. Les membres
de sa famille s’y opposent sous
prétexte qu’il ne s’agit point d’un
cas d’Ebola.
La famille le transporte à l’intérieur du pays où il décède. Son
épouse et sa mère qui s’occupaient de lui, meurent elles
aussi les jours qui ont suivi.
Dans la matinée de ce mercredi
3 décembre, le Premier ministre
Saïd Fofana rend visite à la
famille éplorée. A cette heurelà, le quartier Téminétaye
grouille de monde. Il présente
ses condoléances et en profite
pour sensibiliser le voisinage
qui accepte finalement d’être
suivi par les médecins.
Depuis le passage du Premier
ministre, chaque matin une
équipe médicale passe à
Téminétaye pour une séance
de prise de température de 95
personnes identifiées dans la
zone.
Leçon: la psychose fait que les
hôpitaux sont perçus à tort
comme des mouroirs. C’est
pourquoi la lutte contre la
propagation du virus Ebola
reste confrontée à une réticence fulgurante de certains
citoyens qui refusent que leurs
malades soient transportés,
par les équipes spécialisées,
dans les différents centres de
traitement d’Ebola.
Abdoul Malick Diallo
LE POPULAIRE N°436
É C O N O M I E
DU 8 DÉCEMBRE 2014
Pour avoir été près de 10 ans chez Total Guinée
Les chauffeurs réclament l’embauche !
Le torchon brûle entre un groupe des travailleurs et la
direction générale de la société Total Guinée. Ils
réclament leur embauche.
Les trois chauffeurs ont été recrutés à la suite d’« un concours
de recrutement sur la conduite défensive».
D
epuis 2005, trois
chauffeurs travaillent
sans aucun contrat
d’embauche, même
s’ils déclarent avoir été recrutés
à la suite d’« un concours de
recrutement sur la conduite
défensive ».
« Nous sommes arrivés ici
comme chauffeurs suite à un
concours de recrutement.
Depuis 2005, nous ne sommes
pas embauchés par la direction
de Total Guinée », explique
notre
source
requérant
l’anonymat.
Malgré tout, renchérit-t-elle,
« Total dit que nous les chauffeurs, on ne doit pas être embauchés. On s’est battu, mais
on n’a pas pu emmener la
direction à nous embaucher ».
Joint au téléphone par notre
rédaction, le responsable des
ressources humaines de Total,
M. Sangaré déclare sans faire
de commentaire que « les
chauffeurs ne doivent pas être
embauchés, parce qu’ils ne
sont pas des employés de
Total».
Aussi incroyable que cela
puisse paraître, le directeur
général Alex André, arrivé à la
tête de Total Guinée en septembre 2014, n’est pas de cet avis.
Il soutient mordicus que « tous
les travailleurs (de Total
Guinée) sont embauchés ».
«Nous voulons être embauchés
par Total après avoir fait près
10 ans de travail», exhorte notre
source. Selon elle, les conditions de travail de ces trois
chauffeurs chargés de conduire
le directeur général et le
personnel de la direction de la
société Total Guinée restent
précaires.
En 2011, un problème similaire
avait été porté devant
l’Inspection générale du travail.
A l’époque, le directeur général
Philippe Chevin avait pris
l’engagement d’embaucher
tous les travailleurs y compris
les chauffeurs.
Abdoul Malick Diallo
La Banque mondiale prédit en Guinée et Sierra Leone...
Une récession économique !
La Banque mondiale prédit une récession en Guinée
et Sierra Leone, deux pays déjà gangrenés par la
pauvreté et victimes du virus Ebola. Ils étaient promis
à une solide croissance économique. Mais la Sierra
Leone et la Guinée vont plonger en récession en 2015
à cause de l'épidémie d'Ebola, a indiqué mardi dernier la Banque mondiale.
P
rincipale victime économi
que, la Sierra Leone de
vrait voir son produit intérieur brut se replier de 2,0% tandis que la contraction devrait être
moindre en Guinée (-0,2%), affirme l'institution, la première à
prédire une récession dans ces
deux pays déjà gangrenés par
la pauvreté.
En octobre, la Banque mondiale
prévoyait encore pour 2015 une
croissance robuste en Guinée
(+2,0%) et surtout en Sierra
Leone (+7,7%), qui émerge tout
juste de plusieurs années de
guerre civile.
Mais l'épidémie d'Ebola qui
s'est propagée en Afrique de
l'Ouest depuis août, faisant près
de 6000 morts, a plombé l'activité, freiné les investissements
et assombri les perspectives de
croissance. "Ce rapport souligne pourquoi il faut arriver à l'objectif de zéro cas d'Ebola", a noté
le président la Banque mondiale, Jim Yong Kim, évoquant
dans un communiqué un impact
économique et humain "dévastateur".
Le Liberia s'en sort mieux
En octobre, la Banque mondiale prévoyait encore pour 2015 une
croissance robuste en Guinée (+2,0%) et surtout en Sierra Leone
(+7,7%), qui émerge tout juste de plusieurs années de guerre civile.
Le Liberia, qui déplore le plus
grand nombre de morts (plus de
3100), s'en sort légèrement
mieux que ses voisins au niveau
économique et bénéficie d'une
"forme de regain d'activité", selon la Banque. Aidé par des "progrès" dans la lutte contre l'épidémie, le pays voit ainsi ses
prévisions de croissance revues
à la hausse depuis octobre, de
1,0% à 3,0%, même si ces projections restent nettement inférieures à celles ayant cours
avant le début de l'épidémie
(6,8%), selon le rapport.
Au total, d'après la Banque, le
coût de l'épidémie pour les finances publiques des trois
pays touchés s'élève déjà à près
d'un demi-milliard de dollars et
creuse d'importants "trous"
dans leur budget. Pour faire face
à l'épidémie, ces pays ont par
ailleurs dû réduire leurs investissements publics à hauteur de
160 millions de dollars, "sapant
les perspectives de croissance
futures", assure la Banque
mondiale.
"A mesure que nous accélérons
notre réponse sanitaire, la communauté internationale doit faire
tout ce qu'elle peut pour aider
les pays touchés à reprendre la
route de la reprise et du développement économiques", a
ajouté Jim Yong Kim, dont l'institution a promis un milliard de
dollars pour enrayer Ebola.
Dans son rapport, la Banque
estime que sa précédente estimation d'un coût total de l'épidémie en cas de propagation
dans la région de 32 milliards
de dollars reste "d'actualité".
"L'épidémie n'est toujours pas
sous contrôle", insiste la BM.
Source: Lexpress.fr
11
9
Dans la presse
Le Ministre Oyé
Guilavogui chassé à
Kindia
Le Ministre d’Etat des
télécommunications
en
séjour dans la préfecture de
Kindia, a été chassé ce matin
(vendredi 5 décembre 2014)
par des citoyens de la localité
de Friguiagbé. Selon notre
correspondant basé dans la
région, il conduisait une
mission de sensibilisation
des populations aux mesures
d’hygiène contre Ebola.
http://afriquezoom.info
Ebola: la Belgique
approuve l'envoi d'un
laboratoire mobile en
Guinée
Le conseil des ministres a
approuvé
vendredi
le
déploiement d'un laboratoire
mobile en Guinée pour lutter
contre la propagation du virus
Ebola. Le gouvernement a
reçu de la France les
assurances qu'il attendait
pour assurer la sécurité de
l'équipe belge. Dans le cadre
du dispositif d'aide d'urgence
B-Fast, un laboratoire B-Life
mis au point par la Défense,
l'Université catholique de
Louvain et l'Agence spatiale
européenne sera déployé
pendant six mois. Cette
infrastructure, dotée de
capacités de communication,
permettra d'analyser des
échantillons sanguins au plus
près de la zone touchée par
l'épidémie.
"Jusqu'à présent, les test
sanguins sont envoyés dans
la capitale pour être analysés
et quand les résultats
reviennent, les gens ne sont
plus là", a souligné le ministre
de la Coopération, Alexander
De Croo.
La Belgique organisera le
financement pendant une
durée limitée. Elle cherchera
des partenaires pour assurer
le financement jusqu'au
terme de l'opération, a indiqué
le ministre des Affaires
étrangères, Didier Reynders.
Pendant deux mois au maximum, la Belgique pourvoira à
l'occupation du personnel de
cette équipe qui comptera
quatre collaborateurs pour le
laboratoire et quatre membres de B-Fast, trois étant
issus de la Défense et un de
la protection civile.
Rtbf
Sagesses
1
2
La vie elle-même est
essentiellement
appropriation, agression,
assujettissement de ce
qui est étranger et plus
faible, oppression,
dureté, imposition de
ses propres forces,
incorporation, et, tout au
moins, exploitation.
Friedrich Nietzsche
(Par-delà le bien et le
mal)
Soit réservé sans
ostentation pour éviter de
t'attirer
l'incompréhension
haineuse des ignorants.
Pythagore (Vers dorés)
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LE POPULAIRE N°436
A N N O N C E
DU 8 DÉCEMBRE 2014
LE POPULAIRE N°436
A N N O N C E
DU 8 DÉCEMBRE 2014
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Une distinction au plan mondial
Classée à deux reprises première université de Conakry, l’UNC s’est résolue à conquérir ses lettres de noblesse à l’échelle internationale.
Ce qui n’a pas tardé, car elle vient de s’illustrer remarquablement à travers le concours organisé par ACE au compte de BNP Paribas.
Première en Guinée, l’équipe de lauréats de l’UNC a pris la sixième place dans la sous-région et s’est classée 834ème au rang mondial.
C’est la preuve éloquente que notre pays est en marche pour le rendez-vous de la mondialisation et de la globalisation.
Et dans cette dynamique, au cours de l’année académique 2014-2015, l’UNC innove encore par la mise à disposition de laboratoires de
dernière génération en génie info et en télécommunication, ainsi qu’une bibliothèque numérique.
Avec le système LMD, de solides partenaires comme l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Park University de Kansas des USA
entre autres, l’UNC repose sur une bonne réputation au-delà de nos frontières.
Composé de professeurs agrégés du CAMES, l’encadrement pédagogique de l’UNC défie toute concurrence et fait sienne cette maxime
de Pierre Meirie : « Pour que le savoir vive en celui qui l’apprend, il faut qu’il vive en celui qui le transmet ».
Etudiants, étudiantes, plus besoin d’aller voir ailleurs !
Parents d’élèves, choisir l’UNC, c’est le meilleur gage d’assurance pour leur réussite.
A l’UNC, nous offrons la science, façonnons les consciences et en prime, nous délivrons les clés du marché de l’emploi.
www.uncgn.com
Quartier Nongo- Conteyah,
Commune de Ratoma, Conakry
Tél: 669 03-70-13
664 84-39-13
622 27-53-64
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S P O R T
LE POPULAIRE N°436
DU 8 DÉCEMBRE 2014
CAN 2015
Sportivement Calendrier de la Coupe
CAN 2015:Résultat du tirage au sort
Groupe A : Guinée
équatoriale, Burkina faso,
Gabon, Congo
Groupe B : Zambie,
Tunisie, Cap Vert, RD
Congo
Groupe C : Ghana, Algérie,
Afrique du Sud, Sénégal
Groupe D : Côte d’ivoire,
Mali, Cameroun, Guinée
d'Afrique
La 30e Coupe d’Afrique des nations de football se déroule du 17
janvier au 8 février 2015 en Guinée équatoriale. Voici le calendrier
de la phase finale de la CAN 2015 publié grâce à RFI.
Et maintenant?
La Confédération africaine
de football (CAF) a procédé
au tirage au sort de la CAN
2015, ce 3 décembre 2014 à Sipopo. Les 16 équipes qualifiées
pour la CAN 2015 sont désormais fixées sur leur sort. Le tirage
au sort de la compétition a été effectué ce mercredi à Malabo en
Guinée équatoriale. Pour ouvrir le bal le 17 février 2015, à Bata,
le pays hôte sera face au Congo. C’est Teodoro Obiang, président
du pays qui a procédé à ce tirage. Le Burkina Faso et le Gabon
complètent donc ce groupe A.
Dans le groupe B, la Zambie, championne d’Afrique en 2012
sera face à la Tunisie, au Cap Vert (révélation de la dernière
édition avec une place de quarts de finaliste) et la RD Congo,
meilleur troisième à l’issue des éliminatoires.
Comme à chaque compétition, le groupe C se révèle celui de la
mort de la CAN 2015. Le Ghana sera face à l’équipe du moment
sur le continent l’Algérie. L’Afrique du Sud qui a entamé sa mue
depuis l’intronisation de Shakes Mashaba et le Sénégal d’Alain
Giresse figurent également dans ce groupe.
Le groupe D est celui de la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Mali et
notre pays, la Guinée. Le groupe A sera basé dans la ville de
Bata, le groupe B à Mongomo, le groupe C à Ebebiyin et le groupe
D à Malabo. Une aubaine pour la communauté guinéenne vivant
dans ce pays à venir supporter notre Onze national.
Boubacar Condé
Siège: Immeuble Baldé Zaïre, Manquepas,Kaloum, Conakry
Récépissé N°797/PR/TPI/C
Modifié par le N°65/PR/TPI/C du 18 /01/02
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LE POPULAIRE N°436
É T R A N G E R
DU 8 DÉCEMBRE 2014
Elu président de l’UMP
Les cinq chantiers de Sarkozy
C
RASSEMBLER
Première mission pour M.
Sarkozy: « montrer les signes
de rassemblement (...) L'UMP
a un chef, il est incontestable,
et en même temps, il y a
Brèves
Ebola : le président
de la Gambie YYahya
ahya
Jammeh fustige
«l’ingratitude »
d’Alpha Condé
Après son élection à la
présidence de l'UMP, le
plus dur reste à faire pour
Nicolas Sarkozy. Les
chantiers ne manquent
pas: rassembler, remettre à flot financièrement
ou encore préparer la primaire pour 2017 .
omment transformer
l'UMP, endettée et à
l'image froissée par la
guerre Fillon-Copé de 2012?
C'est à cette tâche que va
désormais s'atteler l'ancien
chef de l'Etat, face aux
socialistes en difficulté mais en
place au moins jusqu'à 2017,
un centre pour une part rétif à
sa personnalité, et surtout un
Front national en pleine
expansion, qui vient de réélire
sa présidente Marine Le Pen.
Après sa victoire, avec près des
deux tiers des voix (64,5%), un
score moins élevé qu'espéré,
Nicolas Sarkoy s'exprimera
dimanche soir au JT de TF1.
Puis dès lundi, il rencontrera les
principaux dirigeants du parti
avec comme objectif affiché de
réunir les « conditions du
rassemblement le plus large ».
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Les sympathisants de droite pensent que Sarkozy est mieux à même de gagner en 2017.
beaucoup de voix à l'UMP qui
doivent absolument s'exprimer
», a résumé dimanche Eric
Woerth sur iTélé.
Grâce à ses 30% lors de
l'élection à la présidence de
l'UMP, Bruno Le Maire, devenu
incontournable, est la première
de ces voix. Nicolas Sarkozy l'a
compris, il le rencontrera dès
lundi à 9h.
La guerre Coppé-Fillon a laissé
des traces profondes à l'UMP.
Nicolas Sarkozy va devoir se
positionner en rassembleur, en
homme de consensus et non
de clivage; un vrai challenge
pour lui et son tempérament. Il
devra aussi faire le tri parmi ses
amis ou anciens amis, comme
Remerciements
Lt Colonel Himy Camara
n’est plus !
Les Familles Camara, Touré, Sylla, Kéita, Bangoura, Diallo,
Sall parents, amis et alliés remercient tous ceux qui de près
ou de loin ont compati à leur douleur lors du décès de leur
regretté époux, frère, neveu, cousin, grand-père et ami,
Henti Guaino qui n'aime rien
tant que mettre de lhuile sur le
feu. Comme en témoigne sa
dernièe saillie sur Bruno Le
Maire qui selon lui ne mérite
pas de place privilégiée à l'UMP,
puisqu'il a perdu.
REDÉFINIR L'IDÉOLOGIE
DU PARTI
Nicolas Sarkozy, qui n'a pas
proposé d'idées nouvelles
depuis son come-back en
septembre, va devoir redéfinir
l'idéologie du parti, entre ses
ailes libérale et conservatrice
d'une part, gaullo-centriste
d'autre part. Mais où placer le
curseur? S'il se déplace trop
vers le centre, quid de la frange
la plus droitière des militants,
radicalisés depuis 2012?
« J'ai le sentiment que la droite
va prendre un nouveau visage
qui va le rapprocher de
l'extrême droite », a asséné le
secrétaire d'Etat PS, Thierry
Mandon, dimanche sur Radio
J.
Quid aussi de la très
symbolique
loi
Taubira.
Personnellement, l'ancien chef
de l'État n'est pas contre, mais
pour satisfaire la branche
traditionnaliste de la droite, il n'a
pas hésité durant la campagne
à affirmer qu'il l'abrogerait.
RÉTABLIR LES FINANCES
EXSANGUES
Lt Colonel Himy Camara
Gendarme à la retraite, ex consul, Attaché Militaire à Lagos
(Nigéria). Décès survenu le 21 octobre 2014 à Kindia des suites
de maladie.
Elles leur informent par ailleurs que les cérémonies du sacrifice
du 40ème jour aura lieu le 7 décembre 2014 à Foulayah ( Kindia).
Qu’en soient informés, son Excellence, Monsieur Louceny Fall,
Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens
de l’extérieur, Colonel Dourah Mamby Koita, Attaché
Diplomatique, officier de liaison Afrique de la promotion 1965 de
la Gendarmerie Nationale, Les Amazones de Guinée, ses
enfants, sa femme au Canada et aux Etat-Unis.
Pour tout renseignement, appeler aux numéros suivants :
631 21 21 59 / 656 84 43 22/ 628 54 94 34
Sarkozy va également devoir
s'atteler à rétablir les finances
du parti, qui accuse un déficit
de plus de 74 millions d'euros
(dont 43 toutefois correspondent à l'achat du siège), après
l'affaire Bygmalion et le
système supposé de fausses
factures au détriment de l'UMP
pour financer sa propre
campagne présidentielle.
Bygmalion est l'une des
affaires dans lesquelles le nom
de Nicolas Sarkozy est cité. Mis
en examen pour corruption, ces
affaires, si elles n'ont pas
empêché son retour en politique, pourraient contrarier ses
ambitions.
CHANGER DE NOM
En septembre dernier, alors
qu'il faisait son retour sur le
devant de la scène politique,
Nicolas Sarkozy avait annoncé
qu'il souhaitait changer le nom
de l'UMP. Une façon de tourner
la page.
ORGANISER LA PRIMAIRE
Enfin, et ce n'est pas le plus
simple, Nicolas Sarkozy devra
organiser la « primaire ouverte
» de 2016 qu'il a promise à ses
futurs concurrents, Alain Juppé
en tête. Il aurait souhaiter s'en
passer mais son score de
samedi, l'oblige à s'y soustraire. S'il est lui-même candidat à
cette primaire, il devra
abandonner la présidence de
l'UMP « au plus tard quinze
jours avant la date fixée pour le
dépôt des déclarations de
candidature », stipule l'article
35 des statuts du parti.
Encore faudra-t-il que lui et les
autres (outre Juppé, François
Fillon, Xavier Bertrand, peut être
Bruno Le Maire), s'entendent
sur la définition du « centre »,
invité ou non à y prendre
part.Nicolas Sarkozy a déjà
donné sa réponse: « un centre
qui serait avec nous matin, midi
et soir ». « C'est un peu facile
de se faire élire maire de sa
ville en rassemblant sur son
nom une partie de l'électorat de
droite exaspéré et le soir de
faire élire François Hollande.
Voilà une alliance dont nous ne
voulons pas! », a-t-il martelé
pendant ses meetings.Exit
donc François Bayrou, le
président du MoDem, qui avait
choisi de donner sa voix à
François Hollande en 2012.
L'UDI, autre parti centriste, dira
en 2016, si elle participe à la
primaire UMP, selon son
président, Jean-Christophe
Lagarde.Mais Juppé, seul ténor
de l'UMP à avoir soutenu le
maire de Pau lors des
municipales au printemps
dernier, et que Sarkozy a laissé
se faire siffler parce qu'il avait
appelé à une alliance avec le
centre, n'a pas l'intention de
lâcher prise.Plus la primaire
sera ouverte, meilleur ce sera
pour le maire de Bordeaux, qui
ne cesse de grimper dans les
sondages
auprès
des
Français.
Toutefois, les sympathisants de
droite continuent de penser que
l'ex-chef de l'Etat est mieux à
même de gagner en 2017 que
lui, selon un sondage Ifop.
Ouest-france.fr
(Intellivoire.net) - Le président
Yahya Jammeh de la Gambie
a accusé le gouvernement
guinéen d’être ingrat, et d’agir
d’une manière étrange pour le
manque de remerciement à
l’égard de la Gambie qui aurait
fait un don de 500 000 dollars
(environ 250 millions de FCFA)
pour appuyer la bataille contre
l’épidémie Ebola. Dans un
communiqué lu à la télévision
d’Etat, M. Jammeh a déclaré
que le don, qui a été fait en
Septembre de cette année, a
été fait dans l’esprit de
solidarité africaine et le
manque de remerciement
des autorités guinéennes est
bizarre,
regrettable
et
malheureux.
«Les fonds ont été transférés
sur un compte prévu par la
Banque centrale de Guinée,
qui a depuis accusé de réception de l’argent avec gratitude, mais le gouvernement
guinéen n’a pas encore
envoyé par voies diplomatiques régulières un accusé de
réception de la somme» a
déclaré le président Gambien
«Cette attitude bizarre du
gouvernement guinéen est
malheureux et regrettable.» Il
a rappelé que les Gambiens
ont fait un don similaire au
Gouvernement de la Sierra
Leone qui a depuis accusé
réception de la somme avec
gratitude.
Ebola: Abdou Dieng
nouveu Monsieur
Ebola de Guinée
Le Sénégalais Abdou Dieng a
été nommé responsable de la
gestion de la crise d’Ebola en
Guinée. Il remplace à ce poste
le Rwandais Rudasingwa
Marcel, décédé récemment à
Conakry.
Avec la Guinée-Bissau,
les frontières s’ouvrent
ce 9 décembre 2014
La Guinée-Bissau a annoncé
qu’elle va rouvrir le 9 décembre
ses frontières avec la Guinée,
fermées depuis le 12 août en
raison de l'épidémie d'Ebola,
a annoncé le gouvernement
jeudi passé à Bissau.
Cyan Magenta Jaune Noir
Les PME internationales ne reconnaissent pas le potentiel de croissance de l’Afrique
• Les PME préfèrent les échanges commerciaux avec d’autres économies émergentes
• Les PME devraient générer jusqu’à 50 % de leur chiffre d’affaires à l’international d’ici 2019
Le 26 novembre 2014 : D’après une étude approfondie réalisée par l’Economist Intelligence Unit (EIU) pour le compte de DHL Express, près de 40 % des
petites et moyennes entreprises (PME) mondiales ne voient pas l’Afrique comme une opportunité de croissance, malgré les nombreux exemples de croissance
économique positive et le développement de la classe moyenne dans cette région.
Ce rapport révèle que, tandis que de nombreuses multinationales et entreprises publiques profitent activement des opportunités qu’offre l’Afrique, les PME
continuent d’avoir une certaine appréhension vis-à-vis du continent et préfèrent se tourner vers d’autres marchés émergents.
Charles Brewer, directeur général de DHL Express Afrique subsaharienne, explique que malgré les difficultés actuelles pour attirer les PME mondiales, les
conclusions de l’étude mettent en avant le potentiel inexploité de ce continent.
« Le fait que les PME prévoient de générer jusqu’à 50 % de leur chiffre d’affaires à l’international d’ici 2019 est un point extrêmement positif qui souligne les
nombreuses opportunités pour l’Afrique en termes d’investissement et de création d’emplois. »
D’après Brewer, il ressort de cette étude, menée auprès de 480 chefs de PME et experts appartenant à des groupes de pression du monde des affaires, que
les PME sont découragées par la faiblesse de la consommation moyenne des ménages africains, les défis culturels et le manque d’infrastructure ainsi que par
la corruption et l’instabilité politique de la région.
Il explique que le plus grand défi consiste à surmonter des environnements de marché différents. La mauvaise qualité de l’infrastructure du marché cible,
l’instabilité politique, les dépenses administratives nécessaires pour établir une présence locale et les différences culturelles dans la manière de faire des
affaires ont toutes été citées par les chefs d’entreprise interrogés comme étant des facteurs qui les ont dissuadés d’entrer sur de nouveaux marchés.
« La méconnaissance des marchés étrangers a reçu une attention particulière. En effet, 84 % des personnes interrogées ont décrit la compréhension de la
culture ou de la langue d’un marché cible comme importante ou très importante pour déterminer son attractivité. Cela explique également pourquoi la plupart
des PME se développent souvent dans des marchés qui ressemblent au leur.
« Ce phénomène est manifeste en Afrique où les entreprises qui souhaitent se développer sur le continent utilisent souvent une approche uniforme. En raison
des différentes cultures, langues et traditions qui cohabitent sur le continent, il est essentiel de faire des recherches poussées dans chaque région. De plus,
les services et produits doivent être adaptés à chaque pays. L’Afrique n’est pas un seul pays », souligne Brewer.
En termes de stratégie de croissance, l’enquête montre que les partenariats jouent un rôle important pour les PME. Elle a identifié plusieurs approches
innovantes dans ce domaine, comme le fait de profiter du réseau de distribution existant d’une autre entreprise pour entrer sur le marché de l’Afrique subsaharienne.
« Plusieurs multinationales et entreprises ont eu beaucoup de succès en Afrique, à l’image de DHL. La bonne nouvelle pour les PME, c’est qu’elles ont
l’avantage d’être plus souples et de pouvoir s’adapter et exploiter rapidement les opportunités qui se présentent à elles. L’esprit d’entreprise est la clé du succès
d’une petite entreprise. DHL a débuté comme une PME en 1969. Nous connaissons la suite... Nous nous sommes concentrés sur les partenariats en Afrique
et aujourd’hui nous disposons de plus de 3 500 points de vente à travers le continent.
« Nous travaillons avec plusieurs milliers de PME dans toute l’Afrique et nous avons vu comment ces entreprises ont réussi à installer leur présence dans la
région. Grâce au soutien des bons partenaires, une chaîne d’approvisionnement bien conçue, une bonne compréhension de leurs atouts concurrentiels et un
bon état d’esprit, les PME peuvent franchir n’importe quelle frontière et faire du monde leur marché », conclut Brewer.
Le rapport d’EIU et DHL Express, Breaking borders: From Canada to China, barriers overshadow growth for expanding SMEs (« Franchir les frontières : Du
Canada à la Chine, des barrières freinent la croissance des PME en plein essor »), est disponible dans son intégralité sur http://www.economistinsights.com/
countries-trade-investment/analysis/breaking-borders.
Note à la rédaction :
L’in dice GCI con tien t 140 profils de pays et des cartes spécifiques représen tan t les flux commerciaux par pays. Il compren d égalemen t des visualisation s in édites
des flux mon diaux, élaborées avec des experts du Georgia Institute of Technology.
Le rapport et des in formation s gén érales complémen taires peuven t être téléchargés à l’adresse suivan te : www.dhl.com/GCI.
Con tact médias :
Megan Collin icos. Respon sable : Publicité et relation s publiques, Afrique subsaharien n e
DHL Express
Tél. : +27 21 409 3613 ; tél. portable : +27 76 411 8570
megan .collin [email protected]
DHL – Le Groupe de Tran sport et Logistique Mon dial
Leader mon dial du secteur de la logistique et des tran sports, DHL est « Le Groupe de Tran sport et Logistique Mon dial ». Le groupe DHL met au service de ses clien ts
ses compéten ces dan s le domain e du courrier in tern ation al, de la livraison de paquets n ation aux et in tern ation aux, du fret aérien et maritime ain si que du
tran sport routier et ferroviaire. Il leur propose égalemen t des solution s con tractuelles et de commerce électron ique d’un bout à l’autre de la chaîn e
d’approvision n emen t. DHL bén éficie d’un réseau mon dial couvran t plus de 220 pays et territoires et emploie près de 315 000 person n es à travers le mon de, ce qui
lui permet de proposer à ses clien ts un e qualité de service supérieure et un e con n aissan ce du marché local, afin de satisfaire leurs exigen ces en matière
d’expédition et de chaîn e d’approvision n emen t. DHL accepte sa respon sabilité sociale en souten an t la protection de l’en viron n emen t, la gestion des catastrophes
et l’éducation .