SDJ Les JEUNES se font La Halle

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Reflets
JUIN 2011 // numéro 50
LE MAGAZINE DE LA VILLE DE MARTIGUES
SDJ
Les JEUNES
se font La Halle
Intercommunalité
Dix bougies pour la Capm
VILLE // page 9
Gastronomie
Le miroir aux papilles
DOSSIER // page 32
Prosper Gnidzaz
Monsieur Cinéma
PRENONS LE TEMPS // page 42
PRENONS LE TEMPS // page 44
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SOMMAIRE
REFLETS LE MAGAZINE DE LA VILLE DE MARTIGUES
MENSUEL
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
GABY CHARROUX
DIRECTEUR ADJOINT DE LA PUBLICATION
DIDIER CERBONI
MAQUETTE
VIRGINIE PALAZY
GESTION ADMINISTRATIVE
MICHÈLE SIMONETTI
© SERVICE COMMUNICATION
VILLE DE MARTIGUES – B.P. 60 101
13 692 MARTIGUES CEDEX – Tél : 0442443492
Tous droits de reproduction réservés,
sauf autorisation expresse du directeur
de la publication.
EVENE
QUARTIERS
AU QUOTIDIEN
QUOT
24
CONCEPTION
MARTIGUES COMMUNICATION SA
LE BATEAU BLANC BT C – CH. DE PARADIS
B.P. 10 158 – 13 694 MARTIGUES CEDEX
Tél : 04 42 41 36 04 fax : 04 42 41 36 05
[email protected]
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION
THIERRY DEBARD
RÉDACTEUR EN CHEF
DIDIER GESUALDI
RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT
MICHEL MAISONNEUVE
RÉDACTION
SOAZIC ANDRÉ,
BENOIT BRAGONI,
SORAYA HAMDAN,
CAROLINE LIPS,
GWLADYS SAUCEROTTE
ÉVÉNEMENT
4
VILLE
VIVRE
ENSEMBLE
ENSEM
8
DOSSIER
DOSSIER
CARRO La police à proximité L’ÎLE
Festivités : le casse-tête des riverains
PARADIS SAINT-ROCH Surtension au C3
SAINT-JULIEN Sur la route avec le boulanger // Sur les traces de Rodin
CARRO Les hirondelles désertent le ciel
INTER-QUARTIERS À vos marques, prêts,
propreté ! // Une fête de quartier tout
en couleur INTER-QUARTIERS Pleins gaz
pour quatre jours
TERROIR
32
© F.D.
38
SOUVENIR Le Targo Un héritage médiéval GROS PLAN La place Desnos RENCONTRE Prosper Gnidzaz Monsieur
Cinéma SALON DES JEUNES Événement
Les jeunes se font La Halle SPORT Côte
Bleue La vague fait sensation PORTFOLIO
Nostalgie Les « belles » de SaintJulien
PRENONS
PRENO
LE
TEMPS
© F.D.
AGEND
AGENDA
PHOTOGRAPHES
FRANÇOIS DÉLÉNA,
FRÉDÉRIC MUNOS
PUBLICITÉ MARTIGUES COMMUNICATION
RÉGIE PUBLICITAIRE Tél : 04 42 41 36 00
MONTAGE PUBLICITÉS FRANÇOISE BOREL
DIRECTION ARTISTIQUE
AGENCE ANATOME
IMPRESSION IMPRIMERIE CCI
13342 MARSEILLE CX 15 / Tél : 0491031830
DÉPOT LÉGAL ISSN 0981-3195
Ce numéro a été tiré à 23 500 exemplaires
INTERCOMMUNALITÉ Dix bougies pour la
Capm VOUS Marie-Claude // Brune
SERVICES PUBLICS Y’a olus marqué La Poste
DITES-NOUS Nicole Girard VOUS Guilhem
// Fatia VIDÉO SURVEILLANCE Dix-huit
caméras dans la ville ÉCONOMIE Petite
année dans les TPE EMPLOIS SAISONNIERS
Travailler pour la Ville TRIBUNES CHANTIERS
Viaduc Des travaux faramineux LA VILLA
SAINT-ROCH L’alternative à la détention
NAVIRES Le vrac de Caronte MARTIGUES LA
SPORTIVE Vivre Hand’semble
© F.M.
PERMANENCES // ÉTAT CIVIL
50
En couverture :
© François Déléna
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Après des mois de travaux, le chantier de rénovation de la piscine est achevé. Elle sera inaugurée le 17 juin,
le samedi 18 une grande journée portes ouvertes est programmée. Tous à vos maillots!
BAIGNADE AUTORISÉE!
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LA CHRONIQUE
DE GABY CHARROUX
CHRONIQUE
D’ANNIVERSAIRE
EN ANNIVERSAIRE
«
Notre communauté d’agglomération du Pays de Martigues fête cette année
ses 10 ans. Que de chemin parcouru depuis le 16 janvier 2001, date à laquelle
se réunissait pour la première fois les élus de celle qui s’appelait à l’époque
la C.A.O.E.B, Communauté d’Agglomération de l’Ouest de l’Étang de Berre.
10 ans de travail, de concertations et d’ambitions dans l’intérêt des populations de ce territoire. 10 ans d’engagement pour garantir notre autonomie de
décision et de gestion, pour promouvoir le service public garant de qualité au
meilleur coût pour les usagers. « 10 ans de service et toujours plus avec vous »
est d’ailleurs le thème de la campagne de communication lancée pour l’occasion.
Et dans 10 ans?… La nouvelle loi des collectivités territoriales votée en décembre 2010 a pour conséquences de mettre à mal la démocratie de proximité,
la décentralisation et de bouleverser notre schéma territorial. Vous avez été
près de 14000 à signer à l’automne dernier une carte pétition pour défendre
l’avenir de Martigues. Un sondage a confirmé que 90 % des martégaux étaient
opposés à l’absorption de notre Ville dans le « grand Marseille ».
Notre mobilisation et celles d’autres communes un peu partout dans les Bouchesdu-Rhône ont influé sur les prescriptions faites fin avril par Monsieur le Préfet.
On ne peut évidemment que se satisfaire du rejet de l’idée d’une grande métropole marseillaise mais pour autant la « fusion » qui a été proposée entre le SAN
et la C.A.P.M, n’est pas aujourd’hui la forme qui nous convient pour développer les coopérations avec nos voisins. Nous pourrons échanger sur cette importante question en réunions publiques, notamment dans les conseils de quartier.
D’autres anniversaires nous attendent. En septembre prochain nous ferons un
gros plan sur les 50 ans de la Semivim qui participe depuis tout ce temps à
l’aventure urbaine et humaine de Martigues. Mais peut être que dans quelques
jours, nous suivrons ensemble les « Traces et chemins » proposés pour les
30 ans de notre école de danse. Cette invitation artistique marquera aussi les prémices de la future réunion des deux conservatoires – musique et danse – sur le
site de Picasso où les travaux démarreront en octobre. L’équipe de Reflets a voulu
titiller vos papilles en ce mois de juin avec un dossier sur les spécialités du ter-
»
roir martégal. Vous verrez que la gastronomie et que les grands chefs ne sont
pas seulement dans les restaurants mais aussi un peu partout dans nos quartiers derrière leurs fourneaux. Juin, c’est aussi et surtout le mois de la convivia-
lité avec les « fêtes de quartier » où j’espère vous retrouver nombreux à l’occasion
© Frédéric Munos
d’un spectacle, d’un repas ou autour du verre de l’amitié.
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Du 24 au 26 juin, le festival « Traces et chemins » célèbre la future réunion des deux conservatoires
sur le site Picasso. Au menu : trois jours de spectacle ambulant dans tous les quartiers de la ville !
MUSIQUE ET DANSE FONT LEUR SHOW
©Thierry Pierras
Le festival « Traces et chemins » s'achèvera en beauté avec le final à la pointe de L'Île. De nombreuses surprises visuelles et sonores sont à découvrir le 26 juin.
CONSERVATOIRE DE DANSE
HENRI SAUGET : 04 42 07 32 41
CONSERVATOIRE DE MUSIQUE :
04 42 42 18 80
BON À SAVOIR
L’école de danse compte
actuellement 700 élèves,
avec la création du site Picasso
sur l’ancien collège du même
nom ce seront 1200 élèves
qui travailleront dans un même
et seul lieu. Le début
des travaux est prévu
pour l’automne prochain.
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Un festival, deux écoles
N
ul besoin de réserver sa place ou
d’acheter un billet pour assister au spectacle. Du 24 au 26 juin, les danseurs et
musiciens des deux conservatoires feront leur
show partout en ville à l’occasion du festival
Traces et chemins. L’événement célèbrera à la
fois les trente ans de l’école de danse et la future
réunion des deux conservatoires sur le site
Picasso. Le début des travaux est prévu pour
la rentrée prochaine, l’occasion pour les acteurs
des deux écoles d’inaugurer un avenir désormais commun. « Ce festival est déjà une manière
de nous réunir et de créer ensemble, explique
Magali Cozzolino, directrice du conservatoire
Henri Sauguet. Pour cela, nous avons remué le
passé pour nous pencher sur notre histoire et tout
ce qui a fait la renommée artistique de la ville. »
L’événement est ainsi un clin d’œil aux années
1980, époque culturellement très riche pour
Martigues. C’est durant cette période que
l’artiste Ernest Pignon-Ernest s’est rendu à
deux reprises dans notre Venise Provençale.
Avec ses œuvres éphémères qu’il dispersait
partout en ville, le plasticien a marqué l’esprit
de ceux qui l’ont connu. « Nous avons voulu
nous inspirer de sa philosophie de l’art dans la ville
pour imaginer le festival, commente Jean-Marc
Zanaroli, chargé de recherche. Celle de faire sortir les artistes des musées ou salles de spectacle pour
faire vivre l’espace urbain. »
Sur les traces du conservatoire
Et comment retracer l’histoire culturelle de la
ville sans évoquer le succès du Festival populaire dans les années 1980 ? L’événement par
son aspect avant-gardiste rassemblait chaque
été la population dans son ensemble et de nombreux touristes. « Cela reflète bien la politique
de la Ville, confie Mireille Jouanaud, ancienne
directrice de l’école de danse. Depuis toujours
l’idée est de rendre accessible la culture au plus
grand nombre. L’école de danse est d’ailleurs née
dans les Maisons de quartiers, aujourd’hui, la pratique artistique y est développée avec la même
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ÉVÉNEMENT
exigence qu’au conservatoire. » Le rapprochement
des deux écoles ne date pas d’hier. « Nous avons
commencé à travailler la transversalité au début des
années 2000, poursuit Mireille Jouanaud, en développant les ateliers d’éveil musical et corporels dans
les quartiers, en créant des troncs d’enseignements
communs et ponctuellement en organisant des
événements ensemble. » Ainsi, pour l’ensemble
des acteurs des deux conservatoires, la réunion
des deux structures était une évidence.
Chrystelle Monereau, 38 ans, est élève à l’école
de danse. Elle se produira à Saint-Roch pour le
festival accompagnée d’un groupe de jazz du
conservatoire de musique. « Pour moi, danser
avec des musiciens est à chaque fois un événement,
mais c’est en même temps naturel. Danse et musique
ne vont pas l’un sans l’autre. Un corps qui danse,
c’est finalement un instrument qui se met en mouvement. » Alors que la Ville postule actuellement
pour le label « Ville d’art et d’histoire », c’est le
passé et le futur à la fois que célébreront les
Martégaux lors du festival Traces et chemins.
© François Déléna
Les danseurs du conservatoire en pleine répétition du final du festival « Traces et chemins ».
// SORAYA HAMDAN
MAIS AUSSI
MAIS AUSSI
«
Programme du festival « Traces et chemins »
Vendredi 24 juin
◗ 20 h, Mas-de-Pouane, place centrale – « Quand j’étais adulte »
Danse, musique et chanson française
Samedi 25 juin
◗ 11 h, Saint-Roch, place du Coteau – « Le swing de l’architecte »
Déambulation chorégraphique, musicale et théâtrale
◗ 14 h, Chapelle Notre-Dame des Marins – « De clochers à clochers »
Danse classique, concert de flûtes traversières
◗ 17 h, Notre-Dame des Marins, place centrale « Et je danse »
Spectacle chorégraphique et musical
◗ 19 h, le bal, place Mirabeau
◗ 20 h, soirée Milonga, place de la Libération
© Frédéric Munos
Dimanche 26 juin
Quartier de L’Île – « D’un bout à l’autre »
◗ 11 h, place Mirabeau, concert et danse jazz
◗ 14 h, église de la Madeleine, musique et danse baroque
◗ 14 h 40, parcours de la rue des Cordonniers
jusqu’au conservatoire, danse jazz et performance
◗ 16 h, cour du conservatoire de musique, danse contemporaine
et atelier percussion
◗ 18 h 30, rendez-vous place de la mairie, grand final à la pointe de L’Île
»
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VILLE
VIVRE ENSEMBLE
ENSEMBLE
Intercommunalité Dix bougies pour la Capm page 9 Portraits Marie-Claude et Brune page 10 Services
publics Y’a plus marqué La Poste page 10 Dites-nous Nicole Girard page 11 Portraits Guilhem et Fatia
page 12 Vidéosurveillance 18 caméras dans la ville page 12 Économie Petite année dans les TPE page 13
Emplois saisonniers Travailler pour la Ville page 14 Tribunes page 15 Chantiers Viaduc Des travaux faramineux vont débuter ! page 16 Reportages La Villa Saint-Roch L’alternative à la détention page 18
Navires Le vrac de Caronte page 20 Martigues la sportive Vivre Hand’semble page 22
Ça roule !
Petits et grands, débutants et confirmés
se sont réunis, le 15 mai dernier,
pour sillonner la ville à roller.
La randonnée organisée par le club
martégal a connu un succès renversant
© Frédéric Munos
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LA VILLE
Intercommunalité
DIX BOUGIES POUR LA CAPM
La Communauté d'agglomération fête son dixième anniversaire, l'occasion
d'un bilan du travail commun effectué par Martigues, Port-de-Bouc
et Saint-Mitre-les-Remparts et d'évoquer l'avenir de l'intercommunalité
« Dix ans qu'on vous conduit et toujours transportés, dix ans qu'on vous
sert de l'eau et toujours sur le pont »,
c'est avec ces slogans que Gaby
Charroux a débuté mi-mai la cérémonie anniversaire. La gestion de
l'eau et des transports publics, voilà
deux exemples de compétences
transférées par Martigues, Port-deBouc et Saint-Mitre à l'Agglomération. Les trois communes mènent
en son sein une politique de services publics à la pointe : les tarifs
d'un ticket sur les Bus du Soleil et
le prix du mètre cube d'eau figurent parmi les plus bas de France.
L'eau, les transports, des secteurs
gérés en régie publique, c'est une
volonté politique.
Des succès que Christian Beuillard,
le maire de Saint-Mitre, attribue « au
résultat de la loyauté et du sens de
l'intérêt général qui ont présidé toutes
ces années ». Gaby Charroux, le président du pays de Martigues complète : « Nos coopérations ont pour
seuls objectifs de garantir l’égalité du
service rendu à la population et de mettre en place des politiques tarifaires
avantageuses pour les habitants ».
En dix ans, le Pays de Martigues a
© Frédéric Munos
fait avancer ses dossiers, à Portde-Bouc, Valentoulin, l'ancienne
décharge a fermé ses portes en 2009
pour laisser la place au centre de traitement des déchets haute qualité du
Vallon du Fou à Martigues. Un vrai
courage politique pour cette gestion
quand d'autres communes allaient
chercher ailleurs que sur leur territoire ce type d'installations.
© F.M.
unos
Perspectives
Sur le territoire de la Capm, les
70 000 habitants ne payent pas de
taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Pour Patricia Fernandez
Pédinielli, la maire de Port-de-Bouc,
« les actions du Pays de Martigues sont
essentielles à de meilleures conditions
de vie sur le territoire ». Transports,
eau, développement économique
voilà autant de secteurs gérés désormais par le Pays de Martigues, dont
les compétences devraient encore
s'étoffer dans les prochaines années.
Le 22 avril, le Préfet de Région a présenté son schéma départemental de
coopération intercommunale qui
remodèle la carte des intercommunalités. Hugues Parant a écarté la
création d'une Métropole marseillaise dont personne ne voulait, mais
propose au Pays de Martigues et au
San Ouest Provence de fusionner.
Passé la satisfaction de ne pas être
intégré à un éventuel « Grand
Marseille », les élus de la Capm ont
affiné leurs positions. Pour Gaby
Charroux, la coopération avec
d'autres intercommunalités du
département doit se poursuivre sur
des dossiers précis.
« La Capm, poursuit le président,
doit également continuer son travail
avec le San Ouest Provence sur des
sujets qui prennent en compte l’identité
géographique, historique, économique
et sociale de chacun de nos territoires,
de chacune de nos communes », sans
pour autant fusionner. Les conseillers municipaux des communes et
communautaires seront consultés
au mois de juin. La réflexion sur
l'avenir de l'intercommunalité est
engagée, le préfet a demandé des
réponses pour fin juillet.
// DIDIER GESUALDI
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VIVRE ENSEMBLE
Marie-Claude Bonal
Proviseur dans l’âme
Elle a pris les rênes du lycée Jean Lurçat
en septembre dernier. Un poste à responsabilité que Marie-Claude Bonal
occupe avec passion et conviction. « Le
lycée Lurçat est un établissement complexe
à gérer car il y a trois structures en une. Un
lycée d’enseignement général et technologique, un lycée professionnel et une unité
de formation des apprentis (UFA). L’objectif
est de rendre compatible la présence des trois
dans les mêmes locaux avec des publics différents, des examens différents, des orientations différentes, et même des structures juri© Frédéric Munos
diques différentes. »
Un challenge de taille, que cette originaire du Cantal ne devrait toutefois
pas avoir de mal à relever. Institutrice, conseillère principale d’éducation
et assurant des fonctions de proviseur adjoint à Vichy, principale de collège en Savoie puis dans le Gard, c’est avec une expérience certaine que
Marie-Claude Bonal a investi le bureau du proviseur de Lurçat. « C’est
un rôle très enrichissant, qui requiert, bien entendu, des qualités d’adaptation,
mais aussi de la disponibilité. Je ne compte pas mes heures. » Heures qu’elle
met au service du corps enseignant, mais pas seulement. « J’ai envie
d’apporter aux élèves ce que l’école m’a apporté. Que chacun puisse tirer de
l’école un soutien pour explorer son potentiel. » De l’autorité, une capacité
d’écoute et un brin d’humilité, Marie-Claude Bonal a, résolument, l’étoffe
d’un grand proviseur. // G.S.
Brune Coustellier
Une fille du puisatier
Elle a campé le rôle de Léonore, l’une
des sept filles du puisatier dans le
dernier film de Daniel Auteuil, sorti
sur grand écran en avril, qui revisite l’univers de Marcel Pagnol. « Un
petit rôle », insiste Brune Coustellier.
Car si l’on peut l’apercevoir tout au
long du film, la jeune Martégale de
©Frédéric Munos
17 ans n’a pas eu à restituer de texte,
uniquement des émotions. « Je n’ai pas vraiment travaillé mon personnage.
Tout était dans le visage, raconte-t-elle. Jouer, ça se fait naturellement, avec
l’ambiance du plateau. C’est très agréable de rentrer dans la peau d’un autre. »
Surtout que pour un premier gros film, Brune a fait ses armes auprès de
monstres du cinéma comme Sabine Azéma, Kad Merad, ou Daniel
Auteuil, qui interprète le puisatier dans son propre film. « Il est très simple et très sympathique, mais il sait ce qu’il veut. Et la capacité qu’il a de se
transformer, c’est ce qui m’a le plus marqué. »
Pour participer au tournage, qui s’est déroulé dans toute la Provence,
Brune Coustellier a passé deux castings, dont l’un devant le réalisateur.
Un casting proposé par l’agence de mannequinat dont elle fait partie
depuis trois ans. « C’est sûr que ça me donne envie d’en faire mon métier »,
confie la petite sœur des frères Coustellier, nos champions martégaux
de VTT Trial. Marchera-t-elle sur les traces de ces aînés ? L’avenir nous le
dira. En attendant, Brune prépare son Bac de français dans l’objectif, si
le cinéma ne lui réussit pas, de devenir sage-femme. // C.L.
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Services publics
Y’A PLUS MARQUÉ LA POSTE
Fermetures inopinées, réduction des horaires et suppression de boîtes
aux lettres, La Poste de Lavéra pose problème aux habitants
© François Déléna
Les boîtes à lettres extérieures seraient-elles une espèce en voie de disparition ?
Une pétition, lancée par six associations et ayant recueilli 385 signatures, leur a permis de faire entendre leur voix, vendredi 13 mai, lors
d'un entretien avec Annie Alcaraz,
responsable des bureaux de CroixSainte, La Couronne, Jonquières et
Lavéra. C'est soutenus par Henri
Cambessédès, premier adjoint
au Maire, que les représentants
d'associations ont donc exprimé leur
crainte de voir le service postal de
proximité se dégrader au profit d’une
logique de rentabilité. Une réunion
qui s'est conclue par la réponse de la
représentante de La Poste : les travaux de rénovation du bureau de
Lavéra seront bientôt terminés, celuici sera ouvert en juillet-août, mais le
matin seulement, et des efforts de
remplacement des agents seront
faits. « Pour une bonne nouvelle, c'est
une bonne nouvelle ! ». Mais il n'est
pas certain que ces menues concessions suffisent à rassurer ceux qui
ont le sentiment que l'évolution du
service postal ne leur est pas profitable. L'enseigne, pour clarifier
son action auprès du public, ne
manque pourtant pas d’arguments:
« Nous avons déjà investi plus de
48 millions d'euros pour moderniser
nos établissements des Bouches-duRhône et 40 millions de plus seront
dédiés à ce projet. Dans ces bureaux
jusqu'à 90 % des clients sont servis
en moins de cinq minutes et ils ont
un accès plus facile à nos produits »,
assène David Faye, directeur de la
communication dans la région,
sans s'étendre sur la réduction du
nombre de guichets ouverts et le
remplacement des agents par des
automates.
Clients ou usagers ?
Depuis le changement de statut de
La Poste et l'ouverture de son capital, doit-on se considérer comme
bénéficiaires d'un service public ou
cibles d'une entreprise privée ?
À cette question David Faye répond :
« Pour ce qui concerne les quatre
obligations de service postal universel
(voir encadré), nous avons affaire à
des usagers, pour tout le reste ce sont
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LA VILLE
vite dit
Dites-nous...
des clients. » Et c'est là que le bât
blesse. Si la livraison du courrier
reste un service public, comment
expliquer qu'il obéisse aussi aux
règles du commerce? Pourquoi avoir
supprimé des boîtes de dépôt du
courrier dans les zones rurales sinon
parce qu'elles n'étaient pas assez
rentables ? « Nous adaptons le service
à la demande et au nombre de clients,
il s'agit de concentrer nos moyens sur
les sites où le trafic est important »,
explique David Faye. Logique. Sauf
si « se concentrer sur certains sites »
signifie « en délaisser d'autres ».
Pour un réseau homogène
a
Le dynamisme d'une zone géographique dépend de la performance
de ses réseaux de transport et de communication. C'est pour cela qu'une
politique postale communautaire
veille à ce que « tous les citoyens de
l’Union européenne puissent disposer
sur tout le territoire de celle-ci de services postaux efficaces, fiables et de
bonne qualité et ce, à des prix abordables. » Ainsi, pour être certain que
personne ne se méprenne sur les
intentions du groupe, le responsable régional de la communication
de La Poste précise : « Nous n'avons
pas prévu de fermeture de bureau à
Martigues. Les adaptations d'horaires
sur certains sites correspondent à une
baisse de leur fréquentation. Nous
regrettons cette baisse d'activité. »
Et les habitants de ces quartiers,
l'époque ou les notions de service
public et d'intérêt commun avaient
encore un sens. On avait tous à y
gagner. // BENOIT BRAGONI
NICOLE GIRARD
© M.M.
Antiraciste
Du monde le 6 mai à la salle
du Grès, à l’appel du Réseau
éducation sans frontières pour
une soirée musicale de solidarité.
En vedette Gari Greu, l’un
des Massilia Sound System, qui a
emporté le public, après les groupes
Naïas et Les petits d’homme.
Une soirée dédiée à la lutte contre
le racisme et à la régularisation
des sans-papiers.
© F.M.
Fête du 1er Mai
Muguet ou pas, le Parti
Communiste et les principaux
syndicats de travailleurs ont fêté
le 1er Mai dignement. Defilé
dans les rues de Martigues, concert
de rock au jardin du Prieuré
et bien entendu apéritif étaient
au programme de cette journée
de fête du travail, largement suivie.
© F.M.
SERVICE POSTAL
Bol de promo
Les quatre obligations
de La Poste :
Succès retentissant pour
la 2e édition du bal de Promo.
Ouverte aux élèves de terminale
des trois lycées de Martigues,
cette soirée est l’occasion pour
chacun de revêtir ses plus beaux
habits et de danser toute la nuit.
Et bien sûr en toute sécurité,
puisque l’alcool est proscrit.
◗ Distribution de courrier 6 j / 7,
◗ Présence postale à moins
de 7 km et 20 mn en voiture,
◗ Octroi d'un service bancaire
quelle que soit sa situation,
◗ Distribution de la presse
à domicile.
Auteur de l’ouvrage
« Une aventure urbaine »,
50 ans de la Société
d’économie mixte
immobilière de la Ville
de Martigues
© M.M.
Propos recueillis
par Soraya Hamdan
Qu’est-ce que
la Semivim?
La Semivim, Société d’économie
mixte immobilière de Martigues
est le premier bailleur social.
Elle intervient sous contrôle
de la ville dans les domaines
de l’habitat, de l’aménagement
et du développement
économique. Créée en 1961,
elle fêtera au mois de septembre
son demi-siècle. À cette occasion,
je raconte dans l’ouvrage
l’histoire de la modernisation
de Martigues et le rôle
de la Semivim
pour accompagner ce processus.
En 1973, la municipalité décide
de la création de la Semavim,
la société d’économie mixte
d’aménagement de la Ville
de Martigues pour accompagner
les grands travaux d’urbanisme
de l’époque. En 1998, les deux
sociétés fusionnent.
Aujourd’hui, la Semivim
gère 2 500 logements
sur les 6 000 que compte le parc
social martégal. Elle loge ainsi
plus d’un Martégal sur dix.
De quelle manière
la Semivim a-t-elle
contribué
au développement
urbain de la ville ?
Véritable outil d’aménagement
et de développement
économique, elle est intervenue
depuis sa création sur la plupart
des opérations d’aménagement
du territoire à la demande
de la municipalité. On se rend
compte, en prenant une carte
de la ville, qu’une grande partie
des zones de développement
urbain est le fait de la Semivim.
C’est le cas pour la réhabilitation
des quartiers anciens comme
celui de L’Île, mais aussi
pour l’aménagement
des parcs d’activités, la Maison
du tourisme ou encore La Halle
de Martigues. Elle a aussi
participé à la création
des quartiers de Canto-Perdrix,
l’Escaillon et les Plaines
de Figuerolles. La Semivim,
depuis sa création, a été
un acteur omniprésent
dans la transformation du visage
martégal. Elle a participé
à son extension alors que la ville
est passée de 15 000 habitants
en 1960 à 47 000 aujourd’hui.
Quel avenir
pour la Semivim?
La diversification immobilière.
On a commencé
par les logements sociaux
comme aux Capucins
ou au Mas-de-Pouane,
aujourd’hui d’autres projets
sont en cours comme celui
de la Zac de la Route blanche.
La particularité de la société
d’économie mixte de la Ville
de Martigues, c’est sans doute
la continuité de ses actions
dans le temps. En cinquante
ans, elle a pu mener à bien
ses projets en poursuivant
les mêmes objectifs.
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VIVRE ENSEMBLE
Guilhem Duvergé
Un artiste sportif
Guilhem est un jeune aux multiples
talents. Depuis tout petit, il nourrit une
passion pour le roller. « C’est mon père
qui nous a initiés mon frère jumeau et moi
aux sports de glisse en général dès notre
plus jeune âge. Personnellement j’étais particulièrement attiré par le roller, pour jouer
au hockey, en skate parc ou simplement en
balade. » L’an dernier, Guilhem décide
de pratiquer sa passion en club et rejoint
alors le Roller skating martégal. Les 26
et 27 mars dernier à Nîmes, il participe
© Frédéric Munos
à sa première compétition de roller acrobatique et repart avec une médaille d’or en saut en hauteur et une médaille
de bronze en slalom figure. Il se découvre alors une véritable vocation.
« J’aime le côté artistique et créatif du roller en slalom. Il s’agit de réaliser des
figures sur une musique que l’on choisit et de travailler les enchaînements afin
que le tout soit fluide, un peu comme une chorégraphie. »
Car à seulement 16 ans, Guilhem est un sportif accompli mais pas seulement. C’est aussi un jeune artiste passionné par les arts plastiques et
le dessin. Il ne quitte jamais son carnet où il crée des personnages de
bandes dessinées. En avril dernier, il a réalisé le visuel de l’affiche du
concert humanitaire de Lurçat. Aujourd’hui, ses objectifs sont de progresser en roller et pourquoi pas de faire carrière dans la création. // S.H.
Fatia Kourichi
Le cœur sur la main
C’est durant un congé parental que Fatia Kourichi découvre
sa vocation : l’humanitaire.
« Après mon troisième enfant, j’ai
senti le besoin de donner du temps
aux autres, confie-t-elle. J’ai tout
de suite pensé à devenir bénévole
pour la Croix-Rouge. Quand je
travaillais dans le commerce, mes
© Soraya Hamdan
collègues m’appelaient déjà Mère
Teresa car je me souciais toujours des autres. » Du tri du linge à
l’encadrement des équipes et la recherche de partenaires dans le commerce, Fatia se voit confier de plus en plus de responsabilités.
Après cinq ans de bénévolat, elle est aujourd’hui responsable
du secteur social de la Croix-Rouge à Martigues et Marignane.
« Malheureusement, la demande est en constante augmentation, on reçoit des
femmes seules avec enfants et de plus en plus de retraités. » Tolérance et
humanisme sont ses maîtres mots. « Un soir en rentrant chez moi, j’ai croisé
un sans domicile fixe qui refusait qu’on lui vienne en aide. J’ai insisté pour
lui apporter un kit de survie et de la nourriture. Cela aurait été inacceptable
pour moi de repartir sans ne rien faire. » Sa plus belle récompense ? « Voir
les bénéficiaires repartir du centre avec le sourire. » // S.H.
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Vidéosurveillance
18 CAMÉRAS DANS LA VILLE
D’ici fin 2011 dix-huit lieux, en particulier des parkings,
certaines avenues et rues commerçantes, seront équipés
© Frédéric Munos
Un des secteurs qui sera vraisemblablement placé sous l’œil de la caméra.
L’une des questions examinées
durant la séance du 15 avril du
Conseil municipal portait sur
l’installation dans la ville d’équipements de vidéosurveillance, ou
vidéoprotection, suivant la façon dont
on considère la chose. Les Martégaux
le savent, le maire Gaby Charroux a
dit à plusieurs reprises que les caméras dans la ville ne sont pas un outil
adapté pour répondre aux problèmes
de sécurité. D’autant que, comme
devait le rappeler le 1er adjoint, Henri
Cambessedès avant le Conseil municipal : « Cet outil vient en déduction
du déploiement d’effectifs. Il a des effets
pervers, notamment la réduction des
moyens pour la police de proximité. »
Les syndicats de policiers dénoncent d’ailleurs la révision des
politiques publiques qui amène la
diminution de 4 000 postes de policiers entre 2010 et 2012. Au total, ce
sont près de 10100 postes qui auront
été supprimés entre 2004 et 2012.
C’est donc sous certaines conditions
que dix-huit caméras vont équiper
Martigues : on en verra place Jean
Jaurès, bd Turcan, parking Leclerc
et dans les rues commerçantes.
Il n’y aura pas de visionnage direct,
mais sur enregistrement. Le coût
de cet investissement se porte à
environ 700 000 euros. On en est
au stade de l’étude technique,
l’installation se fera dans le courant
de l’année. // MICHEL MAISONNEUVE
vite dit
Extension du musée Ziem
De 1 000 m2 à l’heure actuelle, le musée Ziem va voir sa superficie passer
à près de 3 000 m2, d’ici à 2014. La petite maison jouxtant le bâtiment,
rachetée par la Ville, sera détruite et la crèche du boulevard du 14 Juillet
réaménagée pour accueillir les collections du musée. La crèche La Navale,
à Ferrières, prendra le relais, passant de 45 à 80 lits. La municipalité
envisage aussi la possibilité de rajouter un étage au musée. Coût estimé
du projet : 14 millions d’euros. Les travaux ne commenceront pas avant fin
2012, mais le sondage archéologique préalable débutera en juin 2011.
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LA VILLE
Économie
PETITE ANNÉE POUR LES TPE
Moins de très petites entreprises financées en 2010 et des projets moins originaux
« Avec dix-huit dossiers financés, 2010
est une année mitigée pour la création
des TPE, même si cela représente
vingt-six emplois », constate Richard
Louviot, président de la plateforme
Ouest étang de Berre initiative.
La faute à la conjoncture économique, mais aussi au statut d’auto
entrepreneur que la plateforme ne
traite pas. Si l’année 2011 s’annonce
meilleure, la vigilance reste de mise.
« Nous avons déjà financé sept projets.
Mais 2010 aussi avait eu un fort
démarrage. » Autre constat établi, le
manque d’originalité des porteurs
de projet. « Beaucoup sont liés aux
métiers de bouche, notamment la
restauration rapide, car on pense que
c’est facile. Une mauvaise préparation
c’est bien souvent le piège. »
Avant de se lancer, mieux vaut donc
analyser les paramètres. C’est ce
qu’on fait Joëlle et Danielle, deux
entrepreneuses qui ont ouvert leur
crémerie à Jonquières. « Entre l’idée
et sa concrétisation, un an s’est écoulé,
précise Joëlle. Créer sa boîte n’est pas
vite dit
© F.D.
Festival de Martigues
© Gwladys Saucerotte
simple. Il a fallu trouver un local, se
former au métier de fromagère, chercher des producteurs que nous voulions
de qualité, rencontrer les banquiers. »
À ces démarches s’ajoutent les
aléas, les imprévus.
« Lorsque nous avons trouvé le local,
nous avions prévu trois mois de travaux et 12 000 euros de budget.
Au final, c’était six mois de travaux
et 50 000 euros de frais. » Et si côté
gestion, Joëlle et Danielle s’en sortent plutôt bien grâce à leurs expériences respectives, dans la plupart
des cas c’est là que le bât blesse.
« Les entrepreneurs sont souvent
des techniciens, poursuit Richard
Louviot, des personnes qui connaissent leur métier, mais sont moins bien
armés concernant la gestion. » Un
domaine dans lequel il faut encore
travailler. // GWLADYS SAUCEROTTE
Du 18 au 26 juillet, le festival
revient sur le canal Saint Sébastien.
Cette année, le parrain est
le Maestro Rafaël Zamarropa,
directeur du Ballet folklorico
de Colima et le premier spectacle
sera assuré par Gilberto Gil, grand
nom de la musique brésilienne.
Le programme en détail
dans le supplément été.
Zac de la Route blanche,
Le 14 juin, se tiendra en mairie
à 18 h, une réunion publique sur
la mise en œuvre de la première
tranche de logements de la Zac
de la Route blanche. Un rendez-vous
pour les Martégaux qui ont effectué
des démarches d'accession
à la propriété en collectif.
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VIVRE ENSEMBLE
Emplois saisonniers
vite dit
TRAVAILLER POUR LA VILLE
Du mois de mai au mois de septembre 346 jeunes travailleront pour la municipalité
© Frédéric Munos
Comme chaque année, la mairie de
Martigues et la Capm emploient des
centaines de jeunes durant la période
estivale. Entretien des écoles, surveillance du littoral, travaux de jardinage
ou maintenance des équipements
sportifs, les domaines sont variés et
permettent aux jeunes de découvrir
des métiers qu’ils n’auraient peutêtre pas envisagés. C’est aux archives
que l’on pouvait croiser Charly,
20 ans. Il fait partie des 23 jeunes à
avoir travaillé comme agent saison-
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nier pour la municipalité durant le
mois de mai. « Au début, je souhaitais
travailler en extérieur, avoue-t-il, à
l’entretien des plages ou aux espaces
verts. Ici, j’ai finalement découvert un
métier très riche. On reçoit des documents d’histoire que j’apprends à archiver. C’est une expérience intéressante
à inscrire sur mon CV. » Ambiance
radicalement différente aux serres
municipales de Figuerolles. C’est
dans ce décor coloré qu’ont travaillé
Fabien, 20 ans, et Mélinda, 19 ans.
Ici, on plante, on arrose et l’on rempote. Pour les deux étudiants, travailler comme agent saisonnier est
un bon moyen de gagner un peu
d’argent. « C’est une chance que nous
offre la mairie. Il suffit de déposer sa
candidature à temps et d’avoir au
moins dix-huit ans pour être retenu et
travailler dans une bonne ambiance. »
Car sur les emplois saisonniers,
Fabien en connaît un rayon. Les
week-ends, il travaille comme serveur dans un restaurant de la ville.
Aux serres de Figuerolles, le plus difficile est de prendre le rythme. Levé
à cinq heures du matin pour débuter la journée à six heures.
« Au début c’était difficile, mais la
journée se termine à 13 heures, ce qui
nous laisse l’après-midi pour terminer
la nuit. » La main-d’œuvre est bienvenue alors que les congés se font
nombreux. Du mois de mai au mois
de septembre, ce sont 346 jeunes
qui ont été recrutés par les services
municipaux et la Capm pour renforcer les effectifs. // SORAYA HAMDAN
© F.M.
Une « réa » réactive
Mardi 17 mai, le nouveau service
de réanimation de la ville, déstiné
aux patients dont les défaillances
polyviscérales mettent en jeu
leur pronostic vital, a été
inauguré à l'hôpital des Rayettes.
Dix-huit mois et 1 312 000 euros
ont été nécessaires
pour l'aménagement et la mise
aux normes de cette unité.
Douze chambres individuelles
et une salle de dialyse ont été
créées, pour des conditions
d'accueil et de soin optimales.
Un véritable atout pour Martigues
et ses habitants.
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Tribunes
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Les textes de cette page réservée aux différents groupes du Conseil municipal
sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs.
LA VILLE
Groupe communiste et partenaires
Ce 1er mai a été l’occasion pour les martégales et les martégaux de revendiquer une société qui met l’homme au centre des préoccupations et qui respecte les individus libres
et fraternels. Nous avons manifesté à leurs côtés contre les politiques d’austérité imposées par les états membres de l’union européenne à travers le « Pacte pour l’euro plus »,
véritable destructeur des droits sociaux. Les salaires, les pensions et les prestations sociales deviennent les variables d’ajustement de l’économie européenne à venir. Au parc
du Prieuré, notre maire Gaby Charroux a salué « Martigues terre de résistance » qui a su se mobiliser pour défendre son territoire. Une mobilisation qui n’a pas été vaine
puisque monsieur le préfet déclare avoir choisi le pragmatisme pour ne pas imposer (pour l’instant) la métropole. Même si nous avons été entendus, notre priorité reste la
suppression de cette loi pour continuer sur la voie des coopérations librement choisies. Résistance aussi pour la défense du service public et de notre centre de santé mutualiste. Ce 1er mai a été un rendez-vous essentiel car les raisons de rester vigilants et de résister ne manqueront pas d’ici les futures échéances dont il faudra se servir pour
construire la société à laquelle nous aspirons. Groupe communiste et partenaires – http ://martiguesdialogue.blogspirit.com
Groupe des élus socialistes
À Martigues, trop nombreux sont celles et ceux à la recherche d’un emploi, rencontrant des difficultés pour trouver un logement, bénéficiant des minima sociaux. Quand
le gouvernement dit « vouloir s’attaquer à la principale injustice qui existe dans notre pays à savoir que celui qui bénéficie de ces minima ne perçoive pas plus que celui qui travaille »
en ajoutant que cette situation est le cancer de la société, nous lui répondons que, pour nous élus socialistes, la principale injustice c’est l’écart qui se creuse entre les plus
pauvres et les fortunés, les salariés et les grands patrons. Le cancer c’est le chômage et pas les chômeurs ! Le gouvernement a été incapable de relancer l’emploi, le SMIC
n’a bénéficié d’aucun coup de pouce depuis 4 ans, le pouvoir d’achat a connu une baisse importante. Les premières victimes du chômage sont les jeunes et les seniors. À
l’heure du « travailler plus longtemps » imposé par la réforme des retraites, les plus de 50 ans sont de plus en plus exclus de l’emploi. L’emploi n’est pas une priorité pour
ce gouvernement : destruction d’emplois publics, austérité salariale, absence de relance de la consommation… Nous condamnons cette politique en défaveur de l’emploi
et appelons au changement en travaillant sur un vrai projet de société pour 2012. Sophie Degioanni, Présidente du groupe des élus socialistes
Groupe Énergie nouvelle
Le 30 avril dernier, notre groupe municipal et l’association créée pour le soutenir, l’association ÉNERGIE NOUVELLE, ont inauguré sa nouvelle permanence située 1
avenue Pasteur à Martigues. Dès le soir de la défaite en 2008 aux élections municipales, nous avons décidé de reconstituer une équipe avec pour objectif les élections
de 2014 et la volonté de défendre, plus que jamais, notre vision pour notre ville et nos idées pour améliorer cette dernière. Pendant 3 ans, nous avons mis en place une
organisation, une équipe et des moyens de communication. Nous avons participé à toutes les manifestations et cérémonies de la municipalité, nous avons fait entendre notre voix sur les projets mis en place par la Mairie. Désormais à mi-mandat, c’est la deuxième phase qui commence. C’est le temps de l’ouverture à tous les Martégaux,
pour les écouter, lister leurs doléances et leurs idées pour enrichir le programme que nous leur présenterons en 2014. Cette permanence est l’outil parfait pour cela.
Venez nous voir au 1 avenue Pasteur, suivez notre actualité sur www.petricoul.com ou contactez-nous au 06 28 95 73 12. Donnez-nous votre avis sur Martigues et sur
son évolution ! Groupe Énergie nouvelle
Groupe des indépendants et partenaires pour Martigues
Vérité toute nue
La pyramide des âges, ça ne se contrôle pas. En décidant de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l'État savait bien que des bataillons entiers de
«BABY BOOMERS» seraient concernés par cette mesure. Recrutés à l'age d'or des trente glorieuse ces générations nées dans les années cinquante partent à la retraite.
Ne pas les remplacer c'est la garantie d’économies massives. Probléme: cette logique purement comptable donne des résultats destructeurs cette année 16000 postes
sont supprimés. Cela entraine la suppression de 1500 à 3000 classes de primaire et de maternelle. MARTIGUES n'échappera pas à la régle. Dans le public la démoralisation gagne, les proviseurs s'arrachent les cheveux dans les lycées. Car la fameuse pyramide des ages n'a pas seulement un sommet mais également une base. Chez les
plus jeunes, le nombre d'éleves continue d'augmenter et les deux réalités s'éloignent l'une de l'autre. Ignorer l'éducation c'est insulter l'avenir. Et cette réalité-Là s'impose
avec autant d'évidence que celle des comptables. Jusqu'ici, ces choix budgétaires n'étaient pas aussi voyants. Parce qu'il y avait moins de postes à supprimer alors que que
les réformes ou réformettes occupaient le devant de la scéne. désormais, la vérité apparait toute nue ou plutôt dans son dénuement. Vincent Cheillan et Gaby Granier
Groupe Martigues en marche
Face à la menace d’hégémonie marseillaise les entités « Ouest Provence » et « CAPM » se rapprochent. C’est une évidence, l’union fait la force. On oublie
pourtant que ce mouvement s’était amorcé dans les années 80 et que sans les animosités et l’obstination de personnes (entre l’ancien Maire de Martigues et
le récent Maire d’Istres) ce projet aurait abouti il y a longtemps, mettant ainsi notre ville à l’abri des tentacules du Grand Marseille. Mais l’heure est à la raison
et au dialogue. Pour finaliser ce projet, on doit le construire autour d’actions concrètes comme : établir une intercommunalité opposable à la métropole marseillaise, d’un poids suffisant : il faut rassembler large et réunir toutes les communes qui peuvent peser (Arles, Salon, Aix…) ainsi que leurs intercommunalités. Se mobiliser autour de projets communs comme par exemple la sauvegarde de l’Étang de Berre ou l’activité économique pendant et après le pétrole en
confirmant ou en trouvant d’autres pôles de compétitivités. Alors, il ne restera plus qu’à définir la gouvernance de ces nouvelles organisations et ce n’est pas
ça le plus simple. On peut craindre que l’intérêt des populations reste bien loin derrière les batailles de pouvoir et l’offensive des partis politiques. Pourvu que
Martigues n’y perde pas ses dernières illusions… www.martiguesenmarche.eu
Élu de Ensemble pour Martigues, citoyenne, écologique et solidaire
Étrangers d’ailleurs, ils sont d’ici
« La France se replie sur elle-même. Elle a peur pour son standing, sa tranquillité et même la couleur de sa peau. A y regarder de plus près, il y a dans ce pays deux politiques de l’immigration:
l’une d’intégration pour les « bons », pour ceux qui ont le type européen ; l’autre de ségrégation et de rejet, dans la plus pure tradition du racisme colonial, pour les mauvais, pour
ceux qui viennent principalement du continent africain. Comme il y a deux politiques de la jeunesse : l’une élitiste et l’autre de précarisation et de contrôle social pour le plus grand
nombre, en particulier tous ceux qui sont parqués dans les banlieues-dépotoirs. Les jeunes "immigrés" du sud de la Méditerranée sont, au bout du compte, pris deux fois dans le collimateur. » Ainsi s’exprimait Félix Guattari en 1981 ! À Martigues, comme en France, 30 ans plus tard, ce constat est toujours d’actualité à cause d’un gouvernement qui
encourage plus que jamais toutes les formes de discriminations. C’est pourquoi nous appelons à la vigilance, à la résistance et au soutien de toutes les initiatives qui
appellent à un sursaut citoyen et notamment à Martigues avec le Réseau Éducation Sans Frontières, le collectif d’Ailleurs, Ils sont d’Ici, la Ligue des Droits de l’Homme
et Ensemble Citoyens. Olivier Canonge
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L’ACTU DES CHANTIERS
Viaduc
DES TRAVAUX FARAMINEUX VONT DÉBUTER !
© Soraya Hamdan
Le viaduc de Martigues est sur le point de subir
un énorme lifting, le début des travaux est prévu
pour la fin du mois. Objectif : renforcer l’ouvrage
qui date de 1972. « Le viaduc fêtera bientôt ses
quarante ans et n’a jamais fait l’objet d’importants
travaux de rénovation, explique Denis Borde, directeur adjoint à la DIR Méditerranée en charge de
l’exploitation. Il y a pas mal de fissures qui nécessitent d’être traitées. » L’infrastructure se compose
d’un ouvrage métallique principal à béquilles et
de quatre ponts d’accès en béton précontraint.
Ce sont sur ces derniers ouvrages que porteront
les travaux à la fin du mois. « Nous allons en profiter pour mettre aux normes tout le système antisismique et remplacer tous les appareils d’appui
entre le tablier métallique et les piles, c’est-à-dire
toutes les parties qui encaissent les mouvements »,
précise Denis Borde. Autant dire que pour le
début de l’été, les perturbations devraient êtres
conséquentes pour les 80 000 véhicules qui
franchissent quotidiennement le viaduc. « Nous
allons commencer par couper le sens Marseille-Fos
pour douze mois de travaux, puis nous nous attaquerons au sens inverse », poursuit-il. Les deux
sens de circulation seront maintenus mais les
voies seront reconfigurées et réduites, la vitesse
sera ainsi limitée à 50 km/heures. Une signalisation spécifique sera mise en place pour inciter
les grands transits à passer par l’autoroute A54.
Les travaux généreront une gêne notamment
durant les heures de pointe.
« On peut espérer n’avoir à compter que quelques
minutes pour passer le viaduc mais il n’est pas impossible d’aller jusqu’à une demi-heure », livre le directeur adjoint de la DIR Méditerranée. L’objectif
est de dissuader au maximum les usagers venant
de Marseille de sortir en ville. « Dès qu’il y a un problème sur l’autoroute, les automobilistes ont le réflexe
de sortir au centre mais ce n’est pas la solution, insiste
Marc Pecchi, de la direction de la voirie. La ville
a une capacité d’écoulement moindre que l’autoroute
d’autant qu’elle aussi sera en période de travaux à
divers endroits. » Le coût de ces premiers travaux
s’élève à 10 millions d’euros pour l’État. Un site
Internet et un journal seront édités par la DIR
Méditerranée pour tenir les usagers informés de
l’évolution des travaux. // SORAYA HAMDAN
Monument
À L’ASSAUT DU FORT DE BOUC PAR LA MER
Le débarcadère permettant d’accéder au Fort de
Bouc en bateau est fin prêt à accueillir les visiteurs. Cinq mois de travaux et 700 000 euros
ont été nécessaires pour construire un appontement fixe, de trente mètres de long, bâti sur
des pieux implantés dans la mer. Un débarcadère
relié à la terre ferme par une passerelle conduisant les touristes, par un cheminement piéton,
© F.D.
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jusqu’au pied du monument militaire. « Ils passeront sous le porche pour arriver directement sur
la place d’armes », précise Jean Gontero, adjoint
aux travaux.
Jusqu’à présent, l’Office de tourisme, organisateur des excursions au Fort de Bouc, accompagnait les visiteurs en bus. « Cela les obligeait à
traverser le complexe pétrochimique de Lavéra,
classé en zone Seveso », poursuit l’adjoint aux
travaux. Impossible de s’y rendre seul, avec
son véhicule particulier.
Grâce à la construction de cet appontement,
pouvant accueillir des embarcations jusqu’à
25 mètres de long, les touristes accèderont à la
bâtisse en bateau, au départ du port de Ferrières.
L’occasion de faire une petite balade sur le canal
Galliffet. // CAROLINE LIPS
Renseignements et inscriptions
obligatoires auprès de l’Office de tourisme: 0442423110
vite vu
© F.D.
Nouvelle déchèterie, nouveaux horaires
Deux fois plus grande qu’auparavant, la nouvelle
déchèterie de Croix-Sainte dispose de treize bennes
destinées à recevoir les déchets et d’un sens
de circulation bien établi. Voici ses nouveaux
horaires d’ouverture au public : du lundi au samedi
inclus, de 8 h 30 à 18 h 45, et les dimanches
et jours fériés, de 8 h 30 à 12 h 30.
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VIVRE ENSEMBLE / REPORTAGE
LA VILLA SAINT-ROCH
L’alternative à la détention
La villa Saint-Roch accueille le foyer de la Protection judiciaire
de la jeunesse. Ici, vit une dizaine de jeunes délinquants encadrés
par des éducateurs. L’objectif de l’équipe : remettre les mineurs sur la bonne
voie par un projet de réinsertion et de prévention de la récidive
«
SORAYA HAMDAN //
FRANÇOIS DÉLÉNA
SUR LE VIF
« Assurer le collectif, c’est savoir gérer
les imprévus et agir dans l’urgence. Si
un jeune se fait exclure du jour au
lendemain d’un stage, il faut pouvoir
immédiatement lui trouver une autre
activité. Quand on fait ce travail, on
sait que rien n’est acquis mais qu’il ne
faut jamais baisser les bras. »
Lahouari Ben Said, éducateur PJJ
»
18 REFLETS I JUIN 2011
C’
est au milieu des pins, sur les hauteurs de la
ville, que se cache un établissement peu connu
du grand public : la villa Saint-Roch. Il s’agit
du foyer éducatif de la PJJ, la Protection judiciaire de la
jeunesse. Lorsqu’un mineur commet un acte de délinquance, le rôle de l’administration est de proposer au
juge pour enfant une alternative éducative à la détention. C’est alors sur mandat du magistrat que les éducateurs de la PJJ accueillent les jeunes délinquants à la
villa Saint-Roch. Leur mission : trouver un projet éducatif ou professionnel adapté à chaque mineur.
« Il faut les occuper à tout prix, explique Karim Chergui,
le directeur du foyer. Quand ils arrivent ici, la plupart sont
descolarisés. Notre rôle est de construire avec eux un projet
d’avenir pour qu’au jugement, la peine soit plus clémente.
Pour eux, c’est une vraie chance d’échapper à la détention. »
C’est un travail de tous les instants que mènent les éducateurs du foyer pour réinsérer les mineurs et les remet-
tre sur la bonne voie. « Ce sont des jeunes qui ont perdu tout
repère, même les plus anodins, précise Lahouari Ben Said
éducateur de la PJJ. Il faut leur réapprendre à se lever le
matin, à manger à heures fixes et à s’acquitter de tâches
ménagères. Il y a ensuite un vrai travail de prise de conscience
de l’acte délinquant et de responsabilisation. »
La deuxième chance
Dès leur arrivée à la villa Saint-Roch, les mineurs sont pris
en charge par le dispositif accueil accompagnement (DAA),
une formation interne au foyer. Le programme se compose
de 30 heures de travail par semaine obligatoires où interviennent divers partenaires (Troc de L’Île, la Croix-Rouge,
l’association Graines de soleil…). La PJJ de Martigues a spécialement missionné deux éducateurs à temps plein pour
encadrer les jeunes durant cette première phase de réinsertion. « Pour nous, il s’agit de resocialiser et remobiliser les
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En arrivant à la villa Saint-Roch, les jeunes sont pris en charge par le dispositif accueil accompagnement, une formation de trente heures de travail par semaine.
jeunes, explique Toni Pulé, éducateur PJJ missionné DAA.
On monte des meubles avec l’entreprise Troc de L’Île, on aide les
bénévoles de la Croix-Rouge, on travaille sur des chantiers
d’extérieurs avec Graines de Soleil. Le but est de leur faire
découvrir le monde du travail. » Le programme permet aussi
aux éducateurs de cerner la personnalité des mineurs à leur
arrivée au foyer. Après avoir suivi le dispositif DAA, les
jeunes qui sont prêts peuvent passer au niveau suivant : le
stage en entreprise. « Automobile, restauration, maçonnerie,
coiffure, nous avons des partenaires qui couvrent presque tous
les domaines d’activités, précise Toni Pullé. Une fois le projet
professionnel défini, le jeune peut choisir le domaine d’activité
qui l’intéresse pour effectuer un stage. »
« Le travail, c’est mon socle »
Avant d’arriver à la villa Saint-Roch, Stéphane1, 17 ans,
a connu l’établissement pénitentiaire pour mineurs de La
Valentine puis le foyer de la PJJ d’Aix-en-Provence.
Aujourd’hui, il a trouvé sa voie. À la rentrée prochaine, il préparera un CAP de peinture en bâtiment. En attendant, il
est chargé de la réfection des chambres du foyer. Après avoir
repeint son dortoir, il a impressionné les éducateurs, qui
lui ont proposé de poursuivre le travail. « Le foyer, ça m’a
clairement calmé, confie-t-il. Cela m’a donné des responsabili-
tés et un rythme que j’avais perdu. Malheureusement, je ne suis
pas sûr que ce soit le cas pour tous les jeunes ici. Personnellement,
c’est mon expérience en prison qui m’a fait prendre conscience
de l’opportunité qui m’était donnée. »
Thomas2, 18 ans, est lui aussi un jeune qui revient de loin.
Entre les familles d’accueil, les foyers d’aide sociale à l’enfance
et les EPE*, le jeune homme est en placement depuis son
plus jeune âge. Il a déjà connu une vingtaine de structures
d’accueil différentes. À la villa Saint-Roch depuis le mois
de septembre, Thomas est sur le point de voler de ses propres ailes. Après six mois de stage, il décroche un CDI
comme ouvrier dans le bâtiment. « Son patron, Jean Gonzales,
a tout de suite senti le potentiel de Thomas, livre Toni Pulé. Il
a été plus qu’un partenaire et a toujours été soucieux du devenir de Thomas. » Il est vrai que la complicité entre le jeune
homme et son patron est touchante. « J’ai senti qu’il avait
un bon fond et qu’il était travailleur, insiste Jean Gonzales. Il
m’a raconté son histoire, je lui ai fait la morale, un peu comme
un père, et aujourd’hui je sais qu’il est sur la bonne voie. »
À la fin du mois, Thomas devrait prendre un appartement,
puis son envol avec l’aide de la PJJ. Son rêve ? « Une vie
normale, répond-il, un travail, un appartement et pourquoi
pas une femme à mes côtés. »
QUI SONT-ILS ?
Les mineurs âgées de 15
à 18 ans résident au foyer
éducatif de la villa
Saint-Roch sur une période
variant de 6 mois à un an.
Ils viennent à 60%
de Marseille, 30%
d’Aix-en-Provence, le reste
sont des Martégaux
ou hors département.
* EPE : Établissement de Placement Éducatif
1 & 2 : les prénoms des mineurs ont été changés
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VIVRE ENSEMBLE / REPORTAGE
NAVIRES
Le vrac de Caronte
Créé en 1926 pour les besoins naissants de l’industrie, le port
de Caronte reste très actif aujourd’hui. C’est la société Sea Invest
qui a repris en 2001 cette activité, impulsant un nouveau dynamisme
«
MICHEL MAISONNEUVE //
FRANÇOIS DÉLÉNA
SUR LE VIF
« Le marché du recyclage est en pleine
croissance, notamment pour la ferraille. On manutentionne aussi de
plus en plus de quartz pour l’industrie
du silicone. Ce trafic a tendance à
basculer de la voie routière à la voie
fluviale, qui est encore sous-utilisée.
C’est une bonne chose car elle est intéressante pour l’environnement tout en
restant compétitive. » Matthieu
Corriez, directeur de Sea Invest
Caronte.
»
20 REFLETS I JUIN 2011
L
es énormes mâchoires, deux tonnes d’acier, plongent dans la barge pour happer un chargement de
blé qu’elles déposent ensuite dans la cale d’un
navire. Le blé est français, le bateau est russe, et c’est à
Caronte que le transbordement s’opère. Ce jour-là Michel
Carmona, chef d’exploitation de quais à Sea Invest
Caronte supervise la manœuvre avec l’appui d’une équipe
de dockers spécialisée dans ce type de manutention. Il
faudra 14 heures pour décharger 6 000 tonnes de blé
réparties sur trois barges. Un peu plus loin, un bateau
en partance pour l’Italie est venu chercher une cargaison de ferrailles. La manœuvre, là, est plus bruyante, et
l’on imagine le grutier perché dans sa cabine tout làhaut, concentré sur ses manettes. Au bout des câbles se
balance le lourd godet de la grue, qui avale le métal dans
un puissant crissement.
Un « terminal vraquier » comme on dit dans le jargon,
c’est un quai où s’entassent des tonnes de marchandises, de la ferraille au minerai en passant par le maïs
ou l’orge. Le tout transbordé de navire à la terre ferme
ou le contraire. Ce trafic-là ne nécessite pas des porteurs
lourds, comme c’est le cas pour les conteneurs et le
pétrole ; les navires qui font escale au terminal vraquier
de Caronte n’excèdent pas les 25 000 tonnes. L’atout du
manutentionnaire est la vitesse d’exécution et la proximité de grandes voies de communication, notamment
par fer et par route. Des avantages que possède la zone
de Caronte, ce qui a permis son développement dès le
début du XXe siècle.
250 escales par an
N’oublions pas qu’à Martigues l’industrie est née sur les
rives nord de Caronte, bien que par la suite la croissance
du pôle pétrochimique se soit opérée au sud. Ainsi, en
1926, six ans après l’implantation des usines Verminck
(850 employés à l’époque) spécialisées dans les huiles et
savons, les Établissements maritimes de Caronte (EMC)
voyaient le jour. L’ancêtre de la SNCF, la Compagnie des
chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, en
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Blé, maïs, gravats, ferrailles… le trafic du port de Caronte est remonté à un million de tonnes depuis 2001. Un succès et un bel avenir pour cette activité traditionnelle.
fut le premier actionnaire. Les EMC avaient pour mission
le transbordement de marchandises en vrac : phosphates,
oléagineux, charbon, pour les industries environnantes.
En 1995, la société Carfos qui a repris les EMC et le trafic du vrac sur Fos envisage de fermer le port de Caronte.
Manque d’investissements pour moderniser l’outillage,
recherche de cette éternelle rentabilité financière qui est
cause de plusieurs fermetures d’entreprises, c’est la crise.
Le trafic est passé de 1,5 million de tonnes à 450 000 entre
les années 70 et les années 90. Puis en 2001, en rachetant les actifs du port maritime de Caronte que son détenteur, le groupe Bolloré, laissait dépérir, la société belge
Sea Invest a donné à ce secteur une nouvelle vitalité.
Le transport des « vracs » comme on dit dans le métier,
reste aujourd’hui la raison d’être du port de Caronte :
« Nous sommes manutentionnaires de vrac exclusivement,
explique Matthieu Corriez, directeur de Sea Invest Caronte.
Ce sont des produits très diversifiés : ciment, ferrailles, matières
premières pour les cimenteries Kerneos à Fos, bauxite qui vient
de Chine et de Grèce, on exporte du clinker (ciment brut sorti
du four), on décharge aussi des argiles, du kaolin, du feldspath, des produits de carrière, on réceptionne de l’alumine et
de l’engrais. Les navires qui viennent chez nous transportent
des lots n’excédant pas 25 000 tonnes. »
Il aura fallu la reprise par Sea Invest, qui possède aussi
la filiale Carfos (zone de Fos) pour remonter l’activité
du port de Caronte aux alentours du million de tonnes/an,
pour une rotation de 250 escales annuelles. Un second
souffle ? Sans doute, d’autant que la voie fluviale semble être remise au goût du jour, pollution et prix du carburant obligent…
EN CHIFFRES
Sur les 650 m de quais qui
existent à Caronte, Sea Invest
Caronte a créé plus
de 20 000 m2 d’aire de stockage
bétonnée en bord à quai.
À cela s’ajoutent 5 000 m2
de stockage couvert, plus
30 000 m3 de capacité en silos
d’acier toujours en bord à quai.
Le trafic y est d’un million
de tonnes/an. Trois catégories
de personnel y travaillent :
10 personnes pour
la maintenance, environ dix
de plus pour l’encadrement
et l’administratif,
et une quarantaine de dockers
intermittents y interviennent
suivant le trafic.
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VIVRE ENSEMBLE
MARTIGUES LA SPORTIVE !
VIVRE HAND’SEMBLE
C'est mercredi 18 mai que la 5e édition du Tournoi Tous Hand'Semble s'est déroulée
au stade de rugby des Salins, sous un soleil radieux et dans une ambiance conviviale
Les écoliers et lycéens, âgés de 7 à
14 ans, qui ont fait le déplacement
pour cette demi-journée consacrée
à la pratique du handball n'ont pas
été déçus car les conditions climatiques et d'organisations étaient
idéales. L'initiative, soutenue par
la Ville et le Conseil Général, a rassemblé cette année plus de 300 participants. Membres du Martigues
handball ou non, c'est pieds nus
sur le gazon que les joueurs ont pu
rivaliser d'adresse et révéler leurs
qualités sportives sur les six terrains
aménagés pour l'occasion. Dans
la cinquantaine d'équipes formées,
il n'y avait pas uniquement des
Martégaux. En effet, la nouveauté
cette année était d'élargir, au-delà
des frontières de la ville, l'accès à
la manifestation, et c'est ainsi que
trois collèges de Sausset-les-Pins,
Port-de-Bouc et Fos-sur-Mer ont
été conviés à la fête.
« Ce genre d'événement permet à des
jeunes qui ne sont pas licenciés de découvrir le handball », explique Christian
Delwarde, Président du club martégal et désireux de faire partager sa
passion. À en croire les sourires sur
les visages des handballeurs en
© François Déléna
herbe, ce jour-là l'objectif a été atteint.
« C'est pas vraiment du handball
mais plutôt du sand-ball, précise un
animateur sportif en charge de
l'organisation, sauf que c'est sur de
l'herbe et non pas dans le sable. On
peut appeler ça du green-ball. ».
S'ils ne se souviennent pas du nom,
les enfants se rappelleront sans
doute de l'ambiance qui régnait sur
le stade ce mercredi après-midi et
le tee-shirt qu'ils ont chacun reçu
en récompense, lors du goûter, les
y aidera. « Nous sommes le septième
club du département en nombre de
licenciés permanents et le premier en
terme de « licences événementielles »,
c'est-à-dire d'inscrits lors de nos
rencontres ponctuelles », souligne
le président pour témoigner du
dynamisme de sa structure. « L’effet
Coupe du monde » et l'engouement
soudain pour le handball, sport
peu médiatisé, devraient amener
de nouvelles recrues pour la saison prochaine. Pour l'instant, les
jeunes du club jouent en « Comité
de Provence » mais Christian
Delwarde aimerait les voir intégrer le classement régional afin
que « l'écart avec l'équipe fanion se
réduise ». // BENOIT BRAGONI
PRATIQUE
Entraînements ouverts à tous pour détection au gymnase Picasso :
◗ Catégories « Moins de 16 ans » et « Moins de 18 ans »
Garçons : le mardi et vendredi de 18 h 45 à 20 h et le mercredi
de 17 h 30 à 18 h 45 – Filles : le lundi de 18 h 45 à 20 h 15.
© F.D.
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SPORT
UN STAGE POUR SE JETER À L’EAU
EN BREF
Durant 3 jours, les enfants d’Eugénie Cotton ont suivi un stage de sauvetage
Les dangers de la mer n’ont plus de
secret pour eux. Du 20 au 22 avril
dernier, une trentaine d’enfants de
la Maison Eugénie Cotton a participé à un stage de secourisme en
mer à la plage du Verdon. Durant
trois jours, des sauveteurs professionnels de l’association AMSA ont
initié les plus jeunes aux risques de
l’environnement marin. « L’objectif
est d’inculquer aux enfants une certaine culture du sauvetage, explique
Jean-Baptiste Gimié, le directeur de
l’association. Il s’agit à 90 % de prévention, on leur apprend à se tenir sur
une planche, à utiliser une bouée pour
ramener une victime à la rive. »
Les enfants ont suivi des ateliers
sportifs comme le beachflag pour
tester leur rapidité d’intervention
mais aussi des séances de sensibilisation à l’environnement aquatique,
à la faune marine ou encore à la
pollution de l’eau. Que faire après
avoir été piqué par une méduse ?
© F.D.
FCM, le rendez-vous
des anciens
© DR
Comment reconnaître une personne
inconsciente ? Comment savoir si
elle respire ? Autant de questions
auxquelles les enfants ont pu répondre avec leur moniteur.
« Après avoir été sensibilisés aux
dangers domestiques il était intéressant qu’ils connaissent l’environnement
marin. Beaucoup d’entre eux y passeront leurs vacances », explique
Agnès Gabriele, coordinatrice du
secteur enfance. Un stage qui a
rencontré un énorme succès chez
les enfants. « On apprend à sauver
des vies et on rigole, c’est génial », livre
Fanta, 11 ans. Qui sait, parmi les
enfants de la Maison Eugénie
Cotton, se trouve peut-être un futur
sauveteur professionnel ?
// SORAYA HAMDAN
TWIRLING : UNE MÉDAILLE D’ARGENT
Les seniors du club ont remporté la deuxième place des championnats d’Europe
© DR
« C’était gigantesque ! Tout simplement sublime », se réjouit Christiane
Hanoyan, la présidente du Twirling
club martégal en se remémorant
l’événement. Elles ont entre 16 et 32
ans et ont remporté le 24 avril dernier le titre de vice-championnes
d’Europe de Twirling en République
Tchèque, une première en France
pour un groupe senior.
« On était parti pour la première place,
nuance Christiane Hanoyant, mais
c’est tout de même pas mal, d’autant
que nos adversaires étaient de taille ! »
30 ans après, les anciens du quart
de finale de Coupe de France
et de la victoire en Coupe
de Provence se sont retrouvés
sur la pelouse de Turcan. L'occasion
rêvée de retrouver les vieilles gloires
Sang et or toujours en forme!
Un bien chouette anniversaire.
En trois jours, les douze sportives
ont affronté onze pays sur le thème
des quatre saisons. « Elles ont hyper
bien travaillé, poursuit la présidente.
Elles se sont entraînées tous les weekends. » La discipline est à la fois sportive et artistique. Stéphanie, Sabrina,
Marina et Nicole ont impressionné
le jury en jonglant avec quatre bâtons.
Les filles ont été jugées sur leur grâce,
leur technique et les costumes
confectionnés par les membres du
club martégal. Prochaine étape : les
championnats du monde l’année
prochaine en Suisse. Mais pour cela,
il faudra se sélectionner au Bâton
d’Or à Brest en février. Les plus
grandes seront soutenues par les
poussins-minimes qui elles, ont été
sélectionnées à Bordeaux pour les
championnats de France. // S.H.
© DR
Minots Hand’Folie
C'est le nom d'un grand
rendez-vous festif, le mercredi 8
juin sur la pelouse de Francis
Turcan. 1 200 jeunes handballeurs
de la région vont pratiquer
du handball. À l'organisation,
la ligue de Provence, le Martigues
handball et la Ville de Martigues.
© F.D.
Défi martégal 5e !
La finale du Défi rame aura lieu
le samedi 25 Juin. Langevin
et Lurçat, les deux lycées, ont
sélectionné leurs candidats
lors des demi-finales au Salon
des Jeunes. Des jeunes invités
à souquer ferme en aviron
pour leurs couleurs !
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QUARTIERS
AU QUOTIDIEN
QUOTIDIEN
Carro La police à proximité page 25 L’Île Festivités : le casse-tête des riverains page 26 Paradis Saint-Roch
Surtension au C3 page 27 Saint-Julien Sur la route avec le boulanger // Sur les traces de Rodin page 28 Carro
Les hirondelles désertent le ciel page 29 Inter-quartiers À vos marques, prêts, propreté ! // Une fête de quartier tout en couleur page 30 Inter-quartiers Pleins gaz pour quatre jours page 31
Carro vide son grenier
Rendez-vous de printemps
pour les chineurs amateurs,
le vide grenier carroséen
a rassemblé les familles
© François Déléna
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CARRO
Antonin Brest
Président du Conseil
de quartier de Carro
LA POLICE À PROXIMITÉ
Le poste de police municipale de Carro est ouvert à l’année depuis peu.
Un service et une présence dissuasive dans les quartiers Sud de la ville
Son adresse ne s’invente pas ! C’est
au numéro 22 de l’Avenue de Carro
que se trouve le poste de police
municipale. Un lieu que les habitants avaient l’habitude de trouver
portes et fenêtres closes durant
l’hiver, qui servait de local technique
et d’arrière-base aux hommes en
bleu pendant la période estivale.
Ce poste est désormais, et depuis
le mois de mai, ouvert toute l’année,
de 8h30 à 12 h, et de 13h30 à 17h30.
« C’était un véritable souhait de la
population, estime Antonin Brest,
élu du quartier de Carro. Une nécessité dans un secteur de la ville en pleine
expansion. » Après la création d’une
annexe de la police municipale
à Ferrières, le secteur Sud de
Martigues a lui aussi droit à son
poste. Celui de Carro gère aussi
les quartiers de La Couronne, Les
Laurons, Saint-Julien et Saint-Pierre.
« J’espère que cette présence portera ses
fruits, confie une habitante. J’ai eu
des mauvaises expériences par le passé,
pour lesquelles j’aurais bien eu besoin
des policiers. Mais c’est vrai que c’est
plus pratique d’avoir un poste à côté de
chez soi, plutôt que de faire des allersretours jusqu’à Martigues. »
Pour leurs soucis quotidiens, les
habitants peuvent rencontrer tous
les jours le chef de poste et son secrétariat. « Pour des actions ponctuelles,
© François Déléna
C’est au numéro 22 de l’avenue de Carro que se trouve le poste de police municipale, désormais ouvert toute l’année.
comme la récente mise en place de
contrôles de vitesse dans les secteurs
accidentogènes, ces effectifs sont renforcés par d’autres agents », explique
le directeur de la police municipale, Michel Tassin. En attendant,
à terme, l’affection définitive de
personnel supplémentaire.
Infractions au code de la route, au
code de l’urbanisme, flagrants
délits… mais aussi prévention, le
poste de Carro ne prend pas les
plaintes et n’est pas non plus compétent en matière d’investigations judiciaires. « Nous pouvons néanmoins
récolter rapidement des informations
pour les transmettre à la police nationale », poursuit le directeur.
Une collaboration nécessaire, dans
un contexte de réduction des effectifs de la police nationale, qui doit
gérer une zone d’intervention
toujours aussi étendue. « Elle n’a
pas les moyens d’envoyer des hommes
quotidiennement dans les quartiers Sud
de Martigues », étaye Michel Tassin.
La Ville prend le relais de l’État en
déployant une police de proximité.
« Nos agents connaissent bien les lieux,
les habitants et leurs difficultés particulières. Ils sont attentifs aux problèmes soulevés pendant les conseils
de quartier », précise-t-il.
À cela s’ajoute la présence plus
visible, dissuasive, des hommes en
bleu. // CAROLINE LIPS
CELLULE DE VEILLE DU LITTORAL
RASSEMBLANT les polices nationale et municipale,
les pompiers, les bailleurs, les services municipaux, le comité de feux
de forêts, la gendarmerie et les élus locaux, la cellule de veille du littoral
est à nouveau activée jusqu’à la fin du mois d’août. Son rôle : renforcer
la lutte et la prévention de la délinquance, et trouver des solutions
rapides aux problèmes rencontrés par les habitants et les vacanciers.
Cet été : priorité à la lutte contre le stationnement anarchique.
© François Déléna
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léna
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L’ÎLE
Maryse Virmes
Présidente du Conseil
de quartier de L’Île
FESTIVITÉS : LE CASSE-TÊTE DES RIVERAINS
Une rencontre sur les manifestations dans le quartier était organisée entre élus et habitants de L’Île
© Fra
©François Déléna
L’Île, ses canaux, ses bateaux et ses
nombreuses animations ! Si la
carte postale fait rêver de nombreux touristes, pour certains habitants les festivités sont plutôt
synonymes de nuits blanches, de
problèmes de stationnement et de
circulation dans le quartier.
C’est donc à la demande des riverains que s’est tenue le 27 avril
dernier une permanence sur les
animations dans L’Île. L’objectif
de la concertation : améliorer la
qualité de vie des habitants et trouver des réponses aux désagréments
«
induits par les animations. Pour
cela, élus et habitants ont fait le
point sur la situation. Le quartier
de L’Île accueille de mai à décembre vingt et une manifestations
sur 96 jours au total.
En comptant le temps de montage
et de démontage des différents
équipements, le quartier est occupé
136 jours par an. Les principales
doléances concernent le bruit occasionné par certains événements,
notamment les soirées « Danses au
Miroir » tous les mardis du 20 juin
au 30 août. « C’est difficilement
supportable pour les gens qui vivent à
proximité, s’exclame une habitante
du quai Marceau. Même avec mes
doubles vitrages et les fenêtres bien fermées, je n’entends même plus la télévision et ne peux m’endormir avant une
heure du matin. C’est devenu dur de
travailler l’été ! » Autre gêne majeure
pour les habitants : les places de
parking et la circulation dans le quartier. Pour la foire aux livres par exemple, une centaine de place de parking
a été neutralisée. « C’est beaucoup
trop » pour les habitants. Pour Alain
Salducci, adjoint délégué au tourisme, il faut tout mettre en œuvre
pour limiter le nombre de véhicules
entrant dans L’Île, et cela tout au long
de l’année. « Beaucoup de véhicules
n’ont rien à y faire. Les Martégaux qui
viennent occasionnellement dans le
quartier ne doivent pas hésiter à se garer
à Ferrières ou Jonquières et marcher
un peu. » La solution pourrait être la
création d’une navette qui desservirait le quartier régulièrement.
« Je défends depuis longtemps l’idée qui
éviterait aux Martégaux de prendre
systématiquement leur voiture », ajoute
Alain Salducci. Du 1er mai au 30 septembre, la place de la Libération sera
occupée par les terrasses de café et
les animations dansantes. Et cela
devrait se poursuivre avec dès le mois
d’octobre le début de la réfection du
lieu et de la fontaine. Allez, un peu
d’exercice n’a jamais fait de mal à
personne, en attendant peut-être la
future navette ? // SORAYA HAMDAN
BON À SAVOIR
Les habitants de L’Île peuvent obtenir un laissez-passer pour
les jours où le quartier est interdit à la circulation. Les vignettes
sont à récupérer au poste de police de Ferrières. Munissez-vous
d’une carte grise et d’un justificatif de domicile.
Festivités
SUR LE VIF
◗ Soirées « Milonga au Miroir » et Tango dans L’Île : les samedis du 18 juin
« PENDANT la guerre, lorsque les ponts étaient détruits, les pêcheurs
»
nous emmenaient sur leurs bateaux pour aller de L’Île à Jonquières
au 3 septembre sauf le 23 juillet, place de la Libération
Interdiction de stationnement : du 18 juin au 3 septembre de 20 h à 1 h
◗ Soirées « Danses au Miroir » : tous les mardis du 21 juin au 30 août
et Ferrières. La navette maritime peut être une bonne solution et puis les plus
sauf les 19 et 26 juillet, place de la Libération
courageux n’ont qu’à marcher un peu ! » Une habitante du quartier.
Interdiction de stationnement : du 18 juin au 3 septembre de 20 h à 1 h
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◗ Fête de la mer et de la Saint-Pierre : les 25 et 26 juin, Cours Aristide Briand
et place de la Libération. Interdiction de stationnement : place de la Libération
et quai des Anglais côté canal Galliffet du 25/04 à 14 h au 26/04 à minuit
◗ Les 30 ans du conservatoire de danse : le 26 juin de 11 h à 18 h 30 dans L’Île.
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SAINT-ROCH
Florian Salazar-Martin
Président du Conseil
de quartier de Saint-Roch
SURTENSION AU C3
Suite à un brusque pic de voltage, les appareils électriques ont été détruits dans dix-sept logements
©Frédéric Munos
Le mercredi 11 mai, le maire Gaby Charroux est venu se rendre compte sur place.
« J’étais dans ma salle à manger, et
d’un coup la télé s’est mise à flamber,
toutes les prises de courant ont explosé,
il y avait de la fumée partout. Je suis
sorti de chez moi, tous les voisins étaient
dans l’escalier, il s’était passé la même
chose chez eux. » C’est le témoignage
de Robert Geraci, un monsieur handicapé, qui vit au bâtiment C3. Une
brusque surtension survenue dans
l’après-midi du 8 mai est cause de
cet accident qui, heureusement, n’a
fait aucun blessé. De 220, la tension
est passée à 380 volts, grillant tous
les appareils électriques de 17 logements. La Ville est rapidement intervenue pour faire porter des repas
aux personnes qui n’avaient plus la
possibilité d’en préparer, ou qui
étaient dépendantes.
Le maire Gaby Charroux s’est rendu
sur les lieux le mercredi 11 mai pour
rencontrer les habitants. Le bailleur,
la Semivim, a contacté ERDF
(Electricité réseau distribution
France) ce qui semble n’avoir pas été
une mince affaire, et a fini par obtenir qu’une équipe de techniciens
vienne rétablir le courant. Que va
faire à présent ERDF qui porte la responsabilité de cette situation ?
Réfrigérateurs, machines à laver et
autres équipements électriques sont
hors d’usage. « Ce matin, un expert
d’Erdf est venu, précise M. Geraci, il
a pris note des dommages, a reconnu la
responsabilité d’Erdf et s’est engagé à
nous indemniser. »
Les habitants se sont adressé à UFC
Que Choisir pour faire valoir leurs
droits. Quant aux indemnisations,
on ne sait rien pour l’instant sur les
délais. Il faudra déterminer les
causes d’un tel incident, qui n’est pas
si rare que cela. Le quartier des
Gargouilles à Istres a, en effet, connu
les mêmes déboires dans la nuit
du 28 décembre dernier, frappant
15 familles. Ces habitants ont monté
un collectif affilié à l’association de
défense des consommateurs Confédération Syndicale du Cadre de Vie.
Plusieurs d’entre eux n’ont toujours
pas obtenu gain de cause : « L’expert
d’Erdf a fait jouer la vétusté des appareils détruits, et fait des retenues importantes sur les indemnisations, ce qui ne
nous satisfait pas » explique Michel
Rubio, l’une de ces victimes.
Aujourd’hui ces personnes se lancent dans une autre stratégie pour
faire payer le responsable.
// MICHEL MAISONNEUVE
et aussi...
© F.D.
Adieu la fresque!
Le 7 mai dernier à la Maison
de Saint-Roch : photo « de famille »
avec des habitants qui ont
participé à l’élaboration
de la fresque, en 1992. Un dernier
salut avant transformation.
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SAINT-JULIEN
Jean Gontéro
Président du Conseil
de quartier de Saint-Julien
SUR LA ROUTE AVEC LE BOULANGER
Depuis des années, le pain, les viennoiseries et les pizzas sont portés aux domiciles des Saint-Julianais
© François Déléna
Robert Cavin assure la tournée au volant de sa camionnette jaune.
Chaque matin, c’est un spectacle
tout droit sorti des films de Pagnol
qui se trame du côté de SaintJulien. Au volant de sa camionnette jaune, le boulanger pâtissier
Robert Cavin fait sa tournée. Une
tradition qui perdure, depuis des
générations. « Mon père la faisait
avant moi. Cette année sera ma dernière. Cette tournée, c’est un plaisir. »
Une course bien rodée, avec ses
codes et ses habitudes. « Une pierre
posée à côté du sac signifie que le
client ne veut rien. »
Dans d’autres cas, le client, devenu
au fil du temps un ami, a simplement oublié de préciser ce qu’il veut.
La complicité opère alors. « Je sais
ce que chacun prend. Une baguette
par ici, un restaurant par là… »
Isabelle ou Evelyne, les vendeuses,
posent alors dans le sac ou la boîte
les pains et autres viennoiseries. Et
de temps en temps une surprise se
glisse dans cette tournée réglée
comme une horloge. Un panier de
cerises attend le boulanger et sa
vendeuse ! « C’est pour ces petites
attentions que je continue. Et puis il
y a des personnes âgées qui ne peuvent
pas se déplacer. Les clients se font rares,
mais je continue parce que ça me
plaît. » Pourtant ce jour-là, une nouvelle habitante se rue sur la camionnette et dévalise le stock de pizza
et de pain. « Avec les nouveaux clients
ce qui est difficile c’est le manque de
régularité. » Régularité sur laquelle
M. Cavin met un point d’honneur.
« On a connu les inondations, le feu,
la neige… à chaque fois, nous sommes
venus. » Et les habitués ne s’en plaignent pas. « Cela fait des années que
j’achète le pain, confie Denise, une
cliente. Cette tournée est importante
ici parce que c’est la seule. Avant il y
avait le poissonnier, le boucher et une
superette. Maintenant il n’y a plus
rien. » Avec un nouveau boulanger,
la tournée, en tout cas, n’est pas
près de s’arrêter !
// GWLADYS SAUCEROTTE
SUR LES TRACES DE RODIN
Apprendre à sculpter, simple comme un jeu d’enfant
Ça sculpte dur à la Maison de quartier de Saint-Julien. Trois fois par
semaine, la céramiste Nathalie
Encinas prodigue ses précieux
conseils aux adultes et enfants.
« C’est un loisir, chacun vient avec
son idée que l’on essaie de mettre en
forme. » Pour Pierrette ce sera un
cache-pot en forme de poule, tandis que Claude Anne émaille son
dessous-de-plat. « La poterie est très
facile, annonce une participante.
Si l’on a déjà fait de la pâte à modeler, c’est la même chose. Avec cet avantage de pouvoir recommencer si l’objet
ne convient pas. »
Un atelier de céramique et modelage où chacun peut trouver ses
marques et où convivialité rime avec
créativité. « On crée l’objet de A à Z,
poursuit la céramiste. De la création
jusqu’à la cuisson, en passant par
la peinture. Le tout en respectant
le niveau de chacun. » Sur place,
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un simple coup d’œil suffit pour
repérer les débutant des habitués.
« C’est ma première année, explique
une participante. J’ai acheté 10 kg de
terre, avec ça, j’en ai pour l’année
entière. Pour les outils, un couteau suffit. » À côté de cette participante,
l’arsenal d’une autre « sculptrice »
est impressionnant.
« Cela fait 5 ans, que je viens. Alors
au fur et à mesure, je m’équipe. Là je
travaille l’engobe. » Une technique
qui consiste à répartir de la poudre de terre de couleur sur l’objet
créé. En attendant le début des prochains ateliers en octobre, une
exposition sera organisée lors de
la fête de quartier le 17 septembre.
// GWLADYS SAUCEROTTE
Tous les lundis de 14 h à 16 h 30
et de 17 h à 19 h 30. Jeudi de 9 h à 11 h 30.
Atelier enfant le mercredi de 10 h à 12 h.
© François Déléna
Fabienne Moine Thomann
Elle a officiellement pris les rênes
de la Maison de quartier depuis
le mois de mars et entend poursuivre
les actions menées par son prédécesseur. « On va continuer de travailler
avec les associations. J’envisage
© F.D.
de développer les animations
avec les adolescents. » Pour cela, plusieurs projets sont déjà dans les cartons ;
la création d’un jardin potager, des soirées avec le club Astro 13, ainsi que
des ateliers autour de l’addiction à Internet « pour les adultes et les jeunes ».
Des projets ambitieux pour cette Maison qui compte près de 620 adhérents.
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CARRO
Antonin Brest
Président du Conseil
de quartier de Carro
LES HIRONDELLES DÉSERTENT LE CIEL
Après comptage, il n’y en a plus à La Couronne. Il reste trois nids à Carro
© Frédéric Munos
« On a vu beaucoup d’oiseaux, mais
pas d’hirondelle. » Le constat de
Thomas, 12 ans, est sans appel.
Sensibilisés pendant les vacances
scolaires à la protection des espèces
rencontrées chez nous (martinets,
hirondelles rustiques ou de fenêtre),
les enfants du centre aéré de La
Couronne sont revenus bredouilles
de leur première journée de comptage. Munis de questionnaires, ils
ont mené l’enquête auprès des habi-
tants du village. À Carro, même tendance. Sur les huit nids qui avaient
été repérés lors du dernier comptage, seul trois ont survécu. Au
niveau national, 50 à 70 % de la
population s’est évaporée.
Pour André Blasco, membre de
la Ligue de Protection des Oiseaux
et co-fondateur de l’association
Sensibilisation Protection Nature et
Environnement, les raisons sont
multiples. « On pense que c’est dû
à la disparition du plancton aérien,
dont se nourrissent les hirondelles,
malmené par les démoustications
successives, avance l’ornithologue.
L’utilisation massive de pesticides
dans les pays d’Afrique occidentale,
où elles partent après avoir niché,
pourrait aussi avoir des effets sur la
fécondité des hirondelles. »
Sans oublier l’architecture moderne
qui offre peu de possibilités aux
oiseaux d’y nicher. Et leur destruction par l’homme, lors des réfections
de façades ou plus volontairement,
quand il est importuné par les excréments des oiseaux. Il existe pourtant
des solutions, comme les nichoirs
artificiels, pour s’en prémunir.
La LPO tire la sonnette d’alarme.
« Dès qu’on perd une espèce, c’est irréparable, martèle André Blasco. Tous
les maillons de l’écosystème ont une utilité. » Car en plus de porter bonheur
en Provence, les hirondelles nous
débarrassent des moustiques et
égayent de leurs cris nos nuits d’été.
et aussi...
Expo vélo
Le 10/06, les Maisons de Carro
et Lavéra organisent une randonnée familiale à vélo, ouverte à tous
à partir de 8 ans. Départ à 17h30,
restaurant Les pieds dans l’eau
aux Laurons, et arrivée à Lavéra.
Sur le parcours, d’environ
une heure, les cyclistes pourront
admirer des reproductions
des œuvres de Picabia, Dufy
et Pourcel. À 19h, un bus sera
mis à disposition pour ramener
les participants à Carro.
Fête de quartier
Elle sera inaugurée le 16 juin
à 19 h, par le vernissage
de l’exposition des ateliers d’arts
plastiques et de mosaïque. Le 18,
à 10h : grande chasse au trésor
familiale, ouverte aux non
adhérents. Dimanche : repas
de la fraternité à 12 h 30, suivi
de son balèti. Inscriptions
jusqu’au 10 juin. Tarifs : 15 euros,
5 euros pour les moins de 12 ans
et gratuit pour les moins de 4 ans.
// CAROLINE LIPS
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INTER-QUARTIERS
À VOS MARQUES, PRÊTS, PROPRETÉ !
Un rallye Santé et hygiène était organisé le 6 mai dernier dans le quartier
de Mas-de-Pouane. 270 enfants ont participé à la course
© Frédéric Munos
Initier petits et grands aux gestes
citoyens et au vivre ensemble, tel
était l’objectif du « Rallye santé et
hygiène » organisé le 6 mai dernier
à l’initiative de la Maison Jacques
Méli et de l’école Henri Tranchier.
Toute la journée, 270 enfants du CP
au CM2 ont participé à un parcours
ludique autour du respect de soi et
des autres. « Nous comptons beaucoup sur les enfants pour être les vecteurs de l’information, explique Roger
Barnès, le directeur de l’école. La
formation du futur citoyen commence
dès le plus jeune âge. » Tri sélectif,
recyclage des piles, protection de la
nature, hygiène buco-dentaire et
équilibre alimentaire, l’ensemble
des acteurs de la sensibilisation
étaient mobilisés pour inculquer aux
plus jeunes les gestes de bases.
Les enfants ont bien retenu la leçon
et sont repartis avec de bonnes
résolutions. « J’ai appris qu’il faut
prendre de soin de soi et de sa ville,
livre Mohamed, 10 ans. Pour cela, il
est important de ramasser les déchets
et de faire attention à son alimentation. » À dix ans, Jean s’inquiète déjà
de son avenir. « Il faut trier, recycler,
c’est important pour la planète et le
futur de nos enfants. » La journée
« Rallye santé » est l’aboutissement
d’un travail mené depuis deux ans
par la Maison Jacques Méli autour
des gestes citoyens et de la sensibilisation à l’environnement. La population du Mas-de-Pouane a également
largement participé à l’événement
par la création d’une affiche, de plaquettes et d’un slogan : « La propreté,
vivons-la ensemble! » // SORAYA HAMDAN
et aussi...
Mairies annexes rénovées
Celle de La Couronne est en plein
chantier. Après la salle de mariage,
les bureaux administratifs font
l’objet d’une rénovation.
Peintures, faux plafonds,
menuiseries, des travaux
d’entretien qui devraient être
terminés en juillet. Au mois
d’août, ce sera le tour de la mairie
annexe de Croix-Sainte,
avec la réfection des salles
de mariage et de réunion.
Montant total des deux opérations :
70 000 euros.
Les accueils restent ouverts
pendant la durée des travaux.
C’est la fête !
Les 17 et 18 juin prochains,
le Mas-de-Pouane fêtera
son quartier sous le signe
de la tolérance et du vivre
ensemble. Spectacles de danses,
de musique, kermesse et soirée
dansante seront animés par un DJ.
UNE FÊTE DE QUARTIER TOUT EN COULEUR
Les peintres de la Maison de Croix-Sainte exposeront quelques toiles pour l’événement
Certains sont amateurs, d’autres plus
confirmés mais tous sont de véritables mordus de peinture ! Chaque
mardi, ils sont une dizaine à se
retrouver dans la salle de la Maison
de Croix-Sainte pour s’adonner à leur
passion commune. Concentrée,
Anne-Marie badigeonne sa palette
de couleurs pour déposer délicatement les teintes sur une toile.
« Du blanc, du jaune et une pointe
de rouge pour peindre le sable »
conseille Éliane, le professeur. C’est
qu’il faut s’appliquer car si le résultat satisfait les artistes en herbe,
certains tableaux seront peut-être
exposés du 14 au 19 juin pour
célébrer la fête de quartier. Une
quarantaine de toiles, soit deux par
personne seront présentées durant
30 REFLETS I JUIN 2011
la semaine. Anne-Marie, elle, a
déjà choisi l’une d’elles qu’elle a
intitulée Arômes. « Peindre, c’est
pour moi un vrai moment de détente.
Un de ces instants où l’on oublie tous
les soucis pour se concentrer uniquement sur le présent », confie-t-elle.
Et puis exposer, ça fait du bien à
l’ego ! » Ce jour-ci, les paysages de
bord de mer sont à l’honneur, et
pour la première fois les jeunes
artistes s’exercent à la technique
de la peinture au couteau. Les bleus
se dégradent pour rendre des
vagues aux agitations plus ou moins
variées d’une toile à l’autre. Celle
d’Hakim est la reproduction d’une
photo de l’île de Porquerolles.
« Ça me change de mon univers
habituel, avoue-t-il. D’ordinaire,
© Frédéric Munos
j’aime peindre des portraits, en particulier des célébrités. » Si l’artiste
est un brin modeste, ses camarades ne tarissent pas d’éloges à
son sujet. « Il a plus de 400 portraits à son actif, il a un véritable
talent », livre Anne-Marie. La fête
de quartier sera l’aboutissement
d’une année de travail pour tous les
jeunes artistes, l’occasion pour certains d’exposer pour la première
fois. // SORAYA HAMDAN
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INTER-QUARTIERS
PLEINS GAZ POUR QUATRE JOURS
Lavéra va vivre au rythme de sa fête traditionnelle à partir du 10 juin
© Frédéric Munos
Le Comité des fêtes et la Maison de quartier se décarcassent pour cette belle fête.
Ça va flamber à Lavéra du vendredi
10 au lundi 13 juin ! Mais ce qu’on
va distiller durant quatre jours,
c’est le plaisir de la fête.
Le premier jour à 17 h : nouvelle
animation : le circuit VTT organisé par la Maison de quartier.
À 21 h 30 la retraite aux flambeaux,
toujours aussi craquante, accompagnée par la fanfare Pena de
Martigues. C’est l’orchestre Haute
Tension qui ouvrira le bal à 22 h
sur le square Gilabert. Redémarrage
avec le tournoi de foot de l’amitié
samedi à 9 h 15, stade de SaintPierre. Match d’ouverture avec
les enfants du quartier. À 15 h, on
pointe, et l’on tire aussi pour le
concours de pétanque. À 17 h, course
pédestre réservée aux moins de 11
ans, puis à 18h30 apéro-concert avec
le chanteur François Parra. À 21 h,
bal animé cette fois par le groupe
Contact Émoi. Dimanche matin,
c’est la kermesse. On se retrouve à
midi pour le mot du maire, qui préludera à un lâcher de pigeons
concocté par l’Éclair colombophile,
et à l’apéro offert par la Ville.
À 13 h 30 : gardianne de taureau
(réserver avant le 9 juin à la
Maison de quartier ou à la boulangerie). Les activités de ladite
Maison seront présentées dans
l’après-midi, et le soir nouveau bal
avec l’orchestre Terry Dagil. Enfin,
lundi à 16 h, enfants et adultes
pourront participer à un concours
de tir, avant l’école des Fans ouverte
à tous, et l’on conclura dans l’amitié
avec un repas où chacun pourra
amener son pique-nique, et le
groupe Tous en scène pour terminer en musique.
N’oublions pas que ces festivités
ont été préparées par le Comité
des fêtes avec le concours de la
Maison de Lavéra : 04 42 81 11 11.
et aussi...
Concert
L’organiste de renommée
internationale Thierry Escaich,
dont le concert d’avril avait été
reporté, donnera finalement
sa prestation le samedi 18 juin
à l'église de la Madeleine,
à 20 h 30. Ce concert est organisé
par l'association les Amitiés
Musiciennes Henri Sauguet.
Pas de réservation : il faut
se présenter une demi-heure
avant le début du concert.
Tarif 15 euros et tarifs réduits
habituels
Contacts : Office de tourisme,
[email protected]
et site de l’association :
www.amitiesmusiciennes-henrisauguet.org
Conseils de quartier
Celui de Carro se tiendra
le mercredi 8 juin à partir de 17 h 30
à la Maison de Carro.
Celui du quartier de Saint-pierre
se déroulera le jeudi 9 juin.
Pour y assiter, rendez-vous
à la Maison pour tous à 17 h 30.
// MICHEL MAISONNEUVE
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Gastronomie
Le miroir
aux papilles
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DOSSIER
TERROIR
CAROLINE LIPS // GWLADYS SAUCEROTTE
FRANÇOIS DÉLÉNA // FRÉDÉRIC MUNOS
Existe-t-il une gastronomie,
un terroir martégal ? Au-delà
de l’incontournable poutargue,
quelles sont les recettes, parfois
oubliées, qui portent la marque
de fabrique de la ville ?
Que ce soit dans les cuisines
de nos restaurateurs,
dans les Maisons de quartier
ou sur les fourneaux de tout
un chacun, rencontre avec
les fines papilles qui font vivre
les traditions culinaires, ou
au contraire, les révolutionnent.
De quoi mettre l’eau à la bouche!
I
© François Déléna
ci la langouste tend ses griffes, le muge frétille par là. Le
muge, bétail marin, trésor des Martégaux qui traient les
œufs dont il est plein et les confisent en caviar. Et dans leurs
jours de fête et de joute, ils s’en régalent. » Frédéric Mistral,
dans ce chant issu de son œuvre poétique Calendal, ne s’y
était pas trompé. Si gastronomie martégale il y a, elle est
incontestablement liée aux produits de notre terroir. Et ici,
le terroir se situe plutôt côté mer.
Impossible de faire l’impasse sur la fameuse poutargue,
le « caviar martégal », œufs de muges salés, pressés puis
mis à sécher, fournis par la pêche au calen. Produit typique,
fabriqué artisanalement, que les touristes ramènent volontiers dans leur panier de souvenirs, comme ils ramèneraient du nougat d’une escapade à Montélimar. Mais comme
pour tous les best-sellers, il y a la vraie poutargue martégale, devenue quasi introuvable, et ses copies.
Le muge, ou mulet, on le retrouve dans ces recettes, dont
seules nos grands-mères détiennent encore la mémoire,
et le secret. « La bouillabaisse de muges est un plat typique de
chez nous », avance Pascale Aversano, restauratrice dans
le quartier de L’Île et descendante d’une longue lignée de
cuisinières. Cette fameuse bouillabaisse, plat provençal
par excellence, librement réinterprété dans notre ville.
« À Martigues, on ne fait rien comme ailleurs », peut-on lire
dans le recueil de Calixtine Chano-Bullier « Vieilles recettes
de cuisine provençale ». Ainsi les tranches de la bouillabaisse
n’ont jamais la couleur dorée de la marseillaise (…) Les
Martégaux ajoutent de petites seiches et des « muscadins »
auxquels ils n’enlèvent pas le sépia. Cela donne une saveur
particulière qui est excellente, un bouillon épais et foncé
qui justifie le nom de bouillabaisse noire qu’on lui donne. »
Un patrimoine à conserver
Celle qui en connaît un rayon sur les recettes martégales,
et plus largement provençales, c’est Laurette Durand, de
La Capouliero. Elle organise des ateliers de cuisine, une
fois par mois, où chaque participant, à tour de rôle, partage sa recette et ses techniques. Dans sa collection
de 162 livres et 600 revues de cuisine, elle a retrouvé : le
catigot d’anguilles.
« Un plat martégal, dit-elle, qui ressemble à une matelote. Le
problème, c’est qu’aujourd’hui on ne trouve plus d’anguilles,
elles sont toutes exportées vers la Hollande. Beaucoup de plats
provençaux disparaissent car les mets sont de plus en plus rares,
de plus en plus difficiles à trouver. C’est le cas des fèves, par
exemple, que les paysans ne cultivent plus. Il faut perpétuer
cette tradition culinaire. Comme la danse, la langue, elle fait
partie d’un patrimoine que nous devons conserver et faire
aimer. » Encore faut-il pouvoir trouver à côté de chez soi
les produits qui font notre terroir. Martigues, ville de
pêcheurs, vient de voir sa dernière poissonnerie de centre-ville encore en activité, place Gérard Tenque, mettre la
clé sous la porte après celle des Valittuti, boulevard du
14 Juillet. La faute aux consommateurs qui se détournent
des produits de la mer, ou préfèrent les poissons découpés et les filets que l’on trouve dans les grandes surfaces.
Ou la faute aux prix de ces denrées rares et inaccessibles
aux bourses moyennes.
Laurette, militante de la gastronomie provençale, cite encore
le mélet de Martigues, cette pâte d’anchois aromatisée au
poivre et au fenouil, ou encore la soupe tartanesque, que
l’on dégustait sur les tartanes, à base de riz, de pommes
de terre, de tomates et d’ail. « Un plat très consistant », précise-t-elle. Des recettes plein la mémoire, que l’on peut
accompagner des vins, ou encore de l’huile d’olive, produits sur notre commune. Un terroir « côté terre », situé
sur le domaine du Mas Blanc à Plan Fossan ou dans le coin
de Saint-Julien, où près de 200 petits vignerons choient
les vignes de la Venise Provençale.
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DOSSIER
TERROIR
À savoir
// 335 calories
La poutargue, « caviar
martégal », aurait
les mêmes apports
nutritionnels que la gelée
royale. Concentré
de protéines, elle est
composée à près de 15 %
de matières grasses
essentielles que l’on
trouve dans le poisson
(comme les oméga 3)
et fournit 335
calories, pour 100 g
consommés. On lui prête
aussi des vertus
aphrodisiaques…
Les dessous de la poutargue
Rares sont les fabricants à afficher clairement la provenance
de leurs œufs de poissons. Éclairage avec des producteurs locaux
C
ueillir les muges, pendant la saison qui s’étale de
mai à août, récupérer les poches d’œufs, ôter les
veines, vider le sang, saler, sécher. Depuis des millénaires (nos antiques Romains et Grecs en étaient déjà
friands), que ce soit dans la petite baraque des derniers
pêcheurs au calen de Martigues, ou en Mauritanie, l’un
des principaux pays producteurs, la technique est sensiblement la même… À quelques détails près, jalousement
gardés secrets. Ces détails qui font toute la différence
d’une poutargue à l’autre et entretiennent le mystère
autour de sa fabrication et de son prix.
« C’est un marché confidentiel », concède Gilbert Lepra, l’un
des trois pêcheurs, avec les frères Ortiz, qui officient dans
le canal Galliffet, à Martigues. Presque un marché parallèle, qu’il compare même, non sans humour, à celui des
stupéfiants : « La poutargue, c’est un peu comme une drogue.
La première fois qu’on la goûte, on a peu de chance de l’aimer »,
référence à son goût iodé puissant. « Mais après on devient
vite accro. » Les vrais amateurs attendraient la première poutargue de Martigues, comme on attend la première récolte.
Et pour cause, le véritable « caviar martégal », dont la ville
s’enorgueillit au-delà de ses frontières, se fait très rare sur
les étals des poissonneries et dans les rayons des supermarchés. Un comble dans la capitale de la poutargue ! « Nous
produisons en très petite quantité, explique Gilbert Lepra. Nous
nous partageons le fruit de notre travail et chacun écoule sa part
de la marchandise de son côté, très rapidement. La vente fonctionne surtout par le bouche-à-oreille. En ce qui me concerne,
j’en donne beaucoup à mes amis. »
De 90 à 180 euros le kilo
Une production artisanale, perpétuée depuis des générations, qui explique le prix de la poutargue « made in
Martigues » : 180 euros le kilo. Un prix qui peut descendre jusqu’à 90 euros, selon la provenance des œufs de
muges ou de mulets, le pendant du même poisson côté
Atlantique. « Les nôtres proviennent à 99 % du Brésil. Nous
les recevons crus et congelés, emballés individuellement sous
vide, avant de les transformer, à la main, en poutargue », précise Annie De Cesare, l’une des deux gérantes de la société
Lou Mujou à Port-de-Bouc. Une entreprise spécialisée
dans la salaison des œufs de poissons, mais dont l’activité
tourne essentiellement autour de la préparation de mélets,
crème à base d’anchois. « On joue la carte de la transparence, ajoute la gérante. On ne raconte pas que nos œufs sont
issus de la pêche locale. Si on devait comparer notre poutargue
à celle, fabriquée à Martigues, je dirais qu’eux font des RollsRoyce, nous des BMW. »
Les poutargues préparées à base d’œufs de muges ou de
mulets du Brésil, de Floride, de Mauritanie voire du Sénégal
inondent le marché, et pas tout le temps en toute transparence, après lecture des étiquettes. Les fabricants de
poutargue en Europe se comptent sur les doigts d’une
main. Annie De Cesare tient à mettre en garde les consommateurs : « Il faut se méfier des poutargues conditionnées
sous parafine, que les commerçants nous vendent comme étant
un produit local et qui sont plus lourdes, donc plus chères au
kilo. D’autant que la cire, coulée à chaud, a tendance à cuire
les œufs et à leur faire perdre leur goût. Il existe aussi un marché noir, alimenté par des gens qui fabriquent la poutargue
dans leur garage pour la vendre dans les bars de la région. »
Consommateurs, vous voilà avisés !
Technique ancestrale. Les détails de fabrication de la poutargue sont jalousement gardés secrets.
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DOSSIER
TERROIR
Les conseils de vos restaurateurs
Serge Fabre
Les spécialités martégales revisitées
C’est en toute simplicité que Serge Fabre partage ses astuces gourmandes.
« Mon conseil, c’est de n’utiliser que des produits frais et locaux. » Le chef se fournit
à la dernière poissonnerie de Martigues et n’utilise que du poisson sauvage.
Les spécialités locales ? « Martigues c’est la poutargue et le mélet » répond le chef.
Et Serge Fabre a une manière bien a lui de les réinterpréter. En entrée, il imagine
des profiteroles de poutargue. À la place de la glace, les choux sont fourrés de beurre
de poutargue et nappés d’une sauce salée. Autre spécialité : la terrine de brousse
aux mélets de Martigues. Pour la préparation, il faut faire macérer le poisson frais
dans des jattes de terre cuite avec du poivre et des graines de fenouil concassées pendant 15 jours. Pour la terrine, Serge Fabre retravaille
le mélet avec de l’échalote, de l’huile d’olive et du persil et place le tout au frais. Il ne reste plus qu’à déguster !
Pascale Aversano
Le poisson à l’état brut
« Pour cuisiner un poisson, il faut juste savoir le nettoyer et le cuire. Un bon poisson « al dente »
doit être légèrement rosé. On le grille dix minutes de chaque côté, à feu doux, en l’arrosant
d’huile d’olive dans laquelle on a fait macérer du fenouil et des herbes de Provence.
La bouillabaisse de muges et la bourride sont des plats typiquement martégaux. Pour la rouille,
une astuce : on écrase une pomme-de-terre cuite dans la bouillabaisse dans un mortier, on ajoute
un petit piment rouge de Cayenne, un peu d’huile d’olive, d’ail et de persil. Pour trouver la bonne
texture, on y verse un peu de soupe de poissons. Le secret d’une bonne bouillabaisse,
c’est d’abord de se lever de bon matin pour avoir du poisson frais. Mais la véritable recette
de ma grand-mère, je ne la dévoilerai pas. J’aurais l’impression de trahir un secret de famille. »
Luc Thomann
La cuisson, primordiale pour préserver les saveurs
Il est le cuisinier de la Ville, amoureux de son métier, il l’exerce depuis près de 30 ans. Pour lui,
pas de secret, tout tient dans la cuisson. « À Martigues, il y a bien sûr le poisson, mais surtout beaucoup
d’aromates. Pour faire ressortir les saveurs, rien de mieux que de cuire la viande ou le poisson dans une croûte
de sel. » Un procédé qui permet de cuire les aliments à l’étouffée pour les imprégner
de toutes les senteurs. « Pour les légumes frais, je préconise une cuisson à l’Anglaise. Les plonger
dans l’eau bouillante, puis dans une bain d’eau froide pour qu’ils gardent leurs vitamines, leur couleurs
et leur croquant. » Pour un plein de vitamines et de saveurs, la recette idéale : la soupe au pistou.
« Parce qu’on garde le bouillon de cuisson qui contient toutes les vitamines et les légumes. » Enfin, un autre
mode de cuisson révélateur de saveurs, la friture. « C’est l’idéal pour les tomates et les aubergines.
Fabien Morreale
Des produits de saison
« Mes recettes, je les trouve en fonction des produits provençaux, et de saison, dont dispose
le maraîcher avec lequel je travaille. C’est quasiment lui qui élabore le menu. En cuisinant
des fruits et légumes locaux, non seulement on fait des économies, mais on est proche
de là où les gens vivent. La cuisine provençale est une cuisine d’été. Je favorise le thym,
la sarriette, le romarin, l’ail, la tomate et l’huile d’olive. Il y a beaucoup de poissons
aussi, la daurade et le loup sont les plus abordables. Les vieux plats de nos grands-mères
nécessitaient une cuisson longue. Aujourd’hui, la cuisine provençale est moins riche,
on préfère la plancha à l’huile d’olive. Et alors qu’avant les légumes se mangeaient bien
cuits, on les déguste davantage croquants aujourd’hui, notamment dans le Sud. Cela conserve le goût et donne une texture intéressante. Un menu
typique de Martigues serait forcément à base de poutargue. On peut en faire du beurre, ou une mayonnaise, l’on accompagne de crudités. »
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DOSSIER
TERROIR
Une recette de mamounette
dans les assiettes
Un carton, un succès, les noms
diffèrent, mais les faits sont là, le livre
de recette de cuisine écrit par
les « mamounettes » fait un tabac.
« Nous avons dû le réediter, explique
Annie Cambra, directrice du foyer
de l’Herminier. Et malgré cela, nous
sommes en rupture de stock. » Et pour
cause, dans cet ouvrage, des recettes
de grands-mères, originaire des quatre
coins de France et du reste du monde,
qui mettent l’eau à la bouche. Parmi
elles, Suzanne, une mamounette
venue de Nancy. « Chacune a apporté
des recettes de sa région. Moi c’était les râpés de pommes de terre de Lorraine. »
Une recette mitonnée avec amour que cette cuisinière hors pair à appris
toute seule. « La cuisine, je m’y suis mise petit à petit. Il est vrai que je travaille
essentiellement les ingrédients de ma région. Le porc, la volaille, le veau,
et bien entendu tout est fait au beurre. » Et quand on évoque la cuisine provençale,
la mamounette confesse l’adorer mais ne pas s’être encore habituée à l’huile
d’olive. « Je la trouve trop forte, il faut que je la coupe avec une autre huile. »
La cuisine du monde se met à table
Échange de culture, de secret. D’un pays à l’autre les coutumes culinaires
diffèrent. À la maison de Boudème on a fait de cette différence une occasion de réunir les habitants originaires d’ici ou d’ailleurs. Dans la Maison
de quartier, les épices et l’huile d’olive embaument la pièce. Les saveurs du
monde se mélangent. Fatima et Charifa, toutes deux originaires des Comores
s’attèlent à la fabrication de samossas à la viande, tandis que Jeanine et Irène
farcissent les olives. À la fin de l’atelier, chacune repartira avec les spécialités pour les faire goûter à sa famille.
« Il existe un autre atelier de cuisine qui s’appelle cuisine du monde, explique le
directeur de la structure. La différence est qu’à la fin nous partageons le repas
ensemble. » Dans tous les cas, la convivialité et la bonne humeur priment.
« Dans ces ateliers, confie Charifa, on découvre les secrets des cuisines du monde.
Aux Comores on travaille beaucoup avec les épices. Ici c’est différent. J’adore la
cuisine provençale. J’ai appris à faire la ratatouille. Nous avons même organisé
un repas provençal avec au menu vol-au-vent, tapenade, muge. C’était délicieux.
Maintenant ce que je voudrais apprendre à faire c’est la bouillabaisse. »
Recette
// Les croquants de Marie-France
Mélanger 2 œufs, une pincée de sel et 2 verres de sucre. Ajouter
2 verres d’amandes entières, puis 3 verres de farine. Il faut obtenir une pâte
que l’on puisse rouler en boudins, avec les mains farinées, de la largeur d’un pouce.
Poser les boudins sur une plaque beurrée, farinée. Cuire 15 min à 210°, Th. 7.
Sortir les croquants du four, les décoller. Quand ils sont fermes, les découper
en biais sur une planche en bois. Les remettre en vrac 5 min dans le four.
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DOSSIER
TERROIR
Entrée, plat, dessert, menu complet à Lavéra
Ça sent bon le poisson grillé et les tomates fraîchement coupées. À la Maison de quartier de Lavéra, la gastronomie a toute sa place. Sous la houlette de la chef Sylvie Streiff,
on coupe, on émince, on grille, on épépine… bref on mitonne et uniquement des produits de saison. « Ce que j’aime c’est la couleur, les textures, les épices… confie la chef. La
cuisine que j’essaie de montrer aux autres est axée sur les saveurs du soleil. » Dans les assiettes
des élèves et de leurs invités, on retrouve donc de la tomate, du poisson, mais aussi de
la dinde Tandoori, des médaillons de polenta et un fraisier en dessert. « On fait tout
nous-mêmes, et c’est ce qui est agréable, confessent Yamna et Geneviève. On apprend les
ficelles du métier, ensuite on refait la même chose à la maison. Et puis c’est un moment très
agréable et très convivial. » Une cuisine simple et fédératrice qui attire chaque année
davantage de Martégaux. « Je travaille uniquement avec des produits frais, conclut la chef.
Je n’ai pas encore essayé de cuisiner les spécialités martégales comme la poutargue, mais j’y
songe. À Martigues il y a ce qu’il faut pour réaliser de bons plats aussi bien l’hiver que l’été. »
Et de quoi faire frétiller les papilles toute l’année.
© Frédéric Munos
Cuisine et molécule
Georgiana
Elle a longtemps été la chef au sein de la Villa
Khariessa, aujourd’hui elle revient sur le sol martégal
avec des recettes plein les poches que les amateurs
de cuisine pourront reproduire chez eux. « J’aime
réaliser des recettes simples tout en y ajoutant une petite
touche personnelle », confie-t-elle le sourire éclatant.
C‘est ainsi que dans son ouvrage Ma cuisine
de Marseille, on retrouve la célèbre bouillabaisse façon
Georgiana ou encore la traditionnelle ratatouille
agrémentée d’une touche de sucre glace. « J’ai
travaillé les produits de Provence, le thym, les fèves,
l’huile d’olive, même le pastis. Et des ingrédients
que j’ajoute au feeling. » Un peu de gingembre par ci,
quelques gouttes de citronnelle par là, pour, au final,
des recettes classiques au goût d’inédit.
Crémeux à la mangue sur sablé et son suprême à la vanille, on sait se faire plaisir à l’atelier
de cuisine des Maisons de Saint-Julien et Notre-Dame des Marins. Pourtant, si le nom de
ce dessert est alléchant, les ingrédients, eux, sont plutôt surprenants. De l’eau, une touche
de citrate de sodium, une dose d’alginate et une once de chlorure de sodium, le tout avec
de la purée de mangue. Une recette typique de cuisine moléculaire. « Cet atelier, que nous
avons mis en place pour le Salon des jeunes, permet de cuisiner une même recette de deux manières
différentes », confie Laurence, animatrice à la Maison de Saint-Julien. En effet, d’un côté
les « traditionnels » armés de fouet, de farine et d’œufs, de l’autre « les moléculaires » et
leurs ustensiles aux allures d’outils de laboratoire. Tandis que les uns étalent la pâte sablée
au rouleau à pâtisserie, les autres s’attellent à la purée de mangue ou plutôt au ravioli sphérique à la mangue. Le principe est simple, il suffit de prendre une dose de purée de mangue,
la tremper dans un mélange de citrate, d’eau et d’alginate pour faire « cuire » la bille, la
rincer à l’eau claire et déguster. « C’est très étrange, constate un élève de l’atelier. Il y a une
pellicule autour, et une fois dans la bouche la bille explose pour libérer ses saveurs. C’est inattendu. » Et dans l’inattendu, la cuisine moléculaire tient le haut de l’affiche.
« La plus célèbre recette, c’est la meringue du dragon, explique Luc, le cuisinier. Lorsqu’on la
mange, de la fumée ressort par le nez et la bouche. » Si la cuisine moléculaire vous tente, notez
toutefois que pour se procurer les ingrédients, mieux vaut se rendre en pharmacie qu’au
marché. Le mot est passé !
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PRENONS
LE TEMPS
TEMPS
Souvenir
Gros plan La place Desnos page 40 Rencontre Prosper
Gnidzaz Monsieur Cinéma page 42 Salon des jeunes Événement Les jeunes se font La Halle page 44 Sport
Côte Bleue La vague fait sensation page 46 Portfolio Nostalgie Les « belles » de Saint-Julien page 48 // Permanences
La Targo Un héritage médiéval page 39
État civil page 50
La daurade a la pêche
Le poisson au mois d’avril remonte
les courants de l’étang pour rejoindre
la mer. Le long du canal Galliffet,
ils sont nombreux à rêver
d’une pêche miraculeuse
© Frédéric Munos
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SOUVENIR
LA
TARGO
UN HÉRITAGE MÉDIÉVAL
La coupe de France de joutes provençales se déroulant bientôt à Martigues,
c’est l’occasion de revenir sur l’histoire de cette pratique qui n’est pas née d’hier
MICHEL MAISONNEUVE // ARCHIVES // FRÉDÉRIC MUNOS
L
es origines des joutes nautiques se perdent dans le temps. Le nom même de
celle pratiquée en Provence est un vestige : la Targo. Le mot « targe » désignait un
petit bouclier beaucoup plus maniable que le
lourd « écu », qui pouvait être utilisé offensivement. Sa maniabilité en avait fait une arme particulièrement adaptée à la joute. Le chroniqueur
médiéval Jean Froissart qui a vécu au
XIVe siècle utilise abondamment ce terme dans
le volume III de ses chroniques où il décrit un
tournoi. Deux lances, deux « targes », un
affrontement… le principe reste le même si l’on
remplace le destrier par une embarcation. Voilà
donc les racines de la joute nautique qui s’est
divisée en cinq branches : deux au Sud, deux du
côté de Lyon et une à Paris.
La Givordine et la Lyonnaise ne diffèrent que
par le fait que l’une fait croiser les barques par
bâbord et l’autre par tribord. La lance peut
atteindre 7 mètres, donc elle est tenue à deux
mains. Et la plateforme où se tient le jouteur (la
tintaine pour les connaisseurs) est basse. Il n’y
a pas de choc de la lance sur le bouclier, mais un
appui et une poussée. Les Parisiens se contentent d’un coussinet plaqué sur le cœur, la lance
qui vient s’y appuyer a un bout plat. Au sud,
deux grandes formes de joutes maintiennent
la tradition : la Languedocienne, (à Sète en particulier), et la Targo (provençale). Le jouteur languedocien porte le bouclier au poing, il se
penche pour que son corps offre moins de
prise, (donc la tintaine est longue pour une
telle posture) ; le jouteur provençal (ou targaïre) a un plastron fixé sur le torse, il doit rester droit jusqu’au moment du choc (tintaine
plus courte), et sa main gauche est enfermée
dans une boîte pour qu’on soit sûr qu’elle
n’empoignera pas la lance de l’adversaire.
D’aussi loin qu’on s’en souvienne, ce sont toujours la barque des Bleus qui affronte celle des
Rouges, quelle que soit la méthode.
Les « fraïres » et l’accolade
Le plus ancien texte connu faisant état de joutes
nautiques se trouve dans le Livre Rouge cartulaire municipal de Toulon. On y mentionne,
pour l’année 1410, une coutume qui voulait que
le 2e jour de Pâques on apprête des tartanes
pour les joutes. Autre trace écrite : les archives
de la ville d’Agde en font état pour les fêtes de la
Pentecôte en l’année 1599. Tout comme le tournoi médiéval, la joute nautique est donc liée à
des grands événements festifs. Cela le restera
longtemps, et de nombreux témoignages photographiques nous montrent des Martégaux
rassemblés sur les quais et sur des embarcations pour assister aux épreuves. Les dames ont
des ombrelles et des crinolines, un marchand
embarqué vend des boissons, on joue de la flûte
et du tambourin, et la fiesta dure deux ou trois
jours. Le matin un tambour fait le tour de la ville
pour annoncer le programme, s’inscrit qui veut
pour les épreuves de l’après-midi, et qu’on
perde ou qu’on gagne, on arrose ça le soir.
Ce qui n’empêche pas les champions d’entrer
dans la légende : dans les années 50 il y avait
Fabre dit « le Canonnier », il y avait « Bœuf »
et Albert Pignatel… Celui qui en envoyait trois à
l’eau devenait un « fraïre », si les deux tombaient à la baille, ils se donnaient ensuite
l’accolade ; il y avait l’adversaire héréditaire, les
Marseillais de l’Estaque, la rencontre prenait
parfois des tournures homériques.
En 1971 la Fédération française a créé une
coupe de France dans chaque style de joute nautique. Martigues s’y taille chaque fois une place
de choix. En 1953, la Joyeuse lance martégale
devenue la Jeune lance martégale porte haut les
couleurs de la ville. Le 17 du mois prochain, la
coupe de France se déroulera à Martigues. ■
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nos
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PRENONS LE TEMPS
«
SUR LE VIF
»
« Ils ont aménagé un parking provisoire là où il y avait un petit terrain de boules
pour la durée du chantier. On pourrait en faire un parking définitif et vouer l’espace
attenant au terrain de basket aux boulistes, je crois que ça ne leur déplairait pas
et ça nous ferait plus de stationnement. » Jean-Paul Vaudo, habitant.
GROS PLAN
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GROS PLAN
LA PLACE DESNOS
Nichée au cœur de Canto-Perdrix, la place vit une mutation.
Mais c’est pour la bonne cause : embellissement, éclairage,
sécurisation piétonne. Tout devrait être prêt au début de l’été
MICHEL MAISONNEUVE // FRÉDÉRIC MUNOS
P
as d’immeuble vraiment haut, des cheminements piétons entre les massifs
végétaux, beaucoup d’arbres, ce coin de
Canto-Perdrix n’offre pas l’image du tout béton
qu’ont souvent les zones d’habitat collectif. De
la terrasse de son appartement, Patrice Langlois
voit des bâtiments disséminés dans une pinède
et, au loin, l’étang. « J’apprécie ça, je peux voir la
Sainte-Victoire par beau temps. C’est un quartier
très vert. » Un atout mis en avant aussi par
Gérard Cardon, un autre locataire de la Logirem
qui, toutefois, ne bénéficie pas du même panorama que son voisin : « Moi, j’ai vue sur le parking et il y a pas mal de bruit, klaxons, démarrages
et freinages intempestifs ».
Un troisième habitant, Jean-Paul Vaudo, fait
remarquer : « Puis il faudrait mettre des cassevitesse dans la rue Desnos qui est en pente ». Un
chemin piétonnier mène à la Maison Pistoun,
quelque 300 mètres en contrebas. L’école est
tout près, il y a un terrain voué aux boulistes et
des parkings, bien sûr : « Il en faudrait plus,
affirme Patrice Langlois. Il n’y a plus assez de
places. » Et Jean-Paul Vaudo de répondre : « Il
faut quand même laisser des espaces sans bitume,
car sinon les eaux de pluie ruissellent. Il faut que
l’eau entre dans la terre, ça fait du bien. »
Un parvis et des tonnelles
Sophie Mesnard, qui vit à la Pastorale, pense
que ce problème n’a pas de solution : « Des parkings, plus on en fait, plus il en faut. On a la chance
d’avoir un joli cadre, gardons-le, c’est important. »
Ces quatre habitants ont pris des photos de la
place avant et pendant les travaux. Cela fait partie d’un projet lancé par la Ville qui, depuis le
début du chantier, favorise le dialogue avec la
population concernée. Ce qu’explique Joëlle
Campo-Piscione du service Développement des
quartiers : « Le chantier a démarré en février et
devrait se terminer en juillet, il modifie complètement la place : on crée un parvis d’entrée avec des
tonnelles, des espaces arborés et abrités avec tables et
chaises, une sécurisation du passage des piétons.
Nous avons tenu une réunion publique, il y a des
visites de chantier avec les habitants. Lors de
l’inauguration, en septembre, une exposition des
photos prises par les riverains est prévue. »
Est-ce que pour autant tous les concernés
savent exactement ce qui va se faire ?
« Dommage qu’il n’y ait pas plus de participants à
ces réunions », regrette Patrice Langlois qui, lui,
n’en rate aucune. Idem pour Sophie Mesnard :
« Si on veut donner son avis il faut participer. »
Gérard Cardon craint que les tables et les
chaises n’attirent plus de noctambules qui, déjà,
font assez de bruit le soir. Mais il n’avait pas
posé ce point dans la réunion, comme le lui fait
remarquer son voisin M. Langlois.
Le quartier n’est pas toujours calme, en effet. En
2006, une évaluation des bailleurs a montré
que 40 % de la population du quartier avait
moins de 24 ans. Il s’y pose donc les mêmes
problèmes que dans les autres cités d’habitat
collectif en terme de cohabitation. « Il y a
quelques soucis, c’est vrai, précise Sophie
Mesnard, mais on peut arriver à résoudre des
tensions en discutant avec les aînés, c’est ce qu’a
fait mon mari. » Tout le monde attend impatiemment le départ des engins pour voir ce
que sera la place et comment les gens vivront
cette nouvelle configuration. ■
INAUGURATION
Elle aura lieu en septembre, date à préciser.
Une exposition des photos prises par les habitants
est prévue. Attention : visite du chantier
avec les habitants, le 23 juin prochain à 11 h.
Notez aussi, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait,
le numéro d’Alexandra Sintoni agent d’écoute
et de proximité pour le suivi du chantier :
04 42 44 35 41. Service Développement
des quartiers : 04 42 44 34 00.
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PROSPER
GNIDZAZ
MONSIEUR CINÉMA
Fernandel et Bourvil ont dormi sur son canapé. Les frères Lumière ont utilisé
les projecteurs qui trônent dans son salon, et désormais toute sa collection
de bobines et de machines est ouverte au public. Prosper Gnidzaz est
un passionné de cinéma comme il en existe peu. Retour sur une vie en technicolor
GWLADYS SAUCEROTTE // FRANÇOIS DÉLÉNA // ARCHIVES
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RENCONTRE
Dans son immense collection de bobines de films et d’appareils de projection,Prosper Gnidzaz garde précieusement ceux utilisés par les frères Lumière.
C’
est dans le cinéma, aujourd’hui disparu, du quartier de L’Île que commence la fabuleuse histoire de
Prosper Gnidzaz. Un amoureux du septième
art à la tête d’une collection vertigineuse de
bobines et appareils de projection. « Plus que
l’écran, ce qui me passionnait, c’était les faisceaux
lumineux qui traversaient la salle. Il y avait deux
appareils. À force d’embêter les opérateurs, j’ai fini
par entrer dans la cabine. J’étais émerveillé. Je
tournais la manivelle pour passer le film à l’envers.
Je me souviens de l’odeur de la pellicule. Souvent,
on me donnait les morceaux qui étaient coupés. »
Grâce à une boîte à chaussures et un verre de
lunette, le jeune et ingénieux Prosper se crée
son propre projecteur et y passe les bouts de
pellicules amassés. « Je me faisais mon propre
cinéma. » Et c’est ainsi que démarra la collection Prosper Gnidzaz. Aujourd’hui, du haut de
ses 80 ans, le monsieur cinéma de Martigues
est fier de ce patrimoine qu’il a minutieusement constitué au fil des ans. Plus de 900
bobines, 800 scopitones et quelque 60 appareils de projection tous en état de marche.
« J’en ai un qui date de 1885. C’est un appareil à
pétrole inventé par le père des frères Lumière. Un
autre de 1910 a servi aux frères Lumière. »
Chaque machine a son histoire, Prosper
Gnidzaz les connaît toutes et les fera bientôt
partager au public. Et si le récit des périples des
machines de projection ne suffit pas, Prosper
en a des tonnes d’autres en mémoire. Comme
sa rencontre avec Rellys ou encore les siestes de
Fernandel et Bourvil dans son salon. « Lors du
tournage de la Cuisine au beurre. Les acteurs
venaient chez moi pour se reposer, pour échapper
un peu à la foule. Mon meilleur souvenir reste la
chanson Adieu Venise Provençale, que nous
avons chantée en chœur avec le comédien et réalisateur Rellys à la salle des conférences de la mairie. »
Pâtisserie et cinéma
Un artiste dont Prosper se sent particulièrement proche. « C’est normal, on faisait le même
métier. » Pâtissier, chocolatier. L’un est devenu
acteur de cinéma, tandis que Prosper, lui,
excellait dans sa discipline. « C’est un métier que
j’adorais. J’avais une boutique rue de la
Libération. Je me faisais interpeller par les policiers
parce qu’en vitrine je projetais des films, cela créait
un attroupement. » Un moyen pour Prosper de
joindre l’utile à l’agréable.
Et quand on lui demande pourquoi il n’a pas
fait carrière dans le cinéma, la réponse est sans
appel : « Le cinéma c’est un plaisir. Faire carrière,
j’aurais pu, mais je suis avant tout un collection-
neur, je touchais de la pellicule uniquement pour
me détendre. J’ai quand même tourné dans
quelques films lorsque j’étais enfant. »
Aujourd’hui, les films, Prosper les regarde, en
famille ou entre amis, dans le confort de son
salon qu’il a transformé en salle de projection.
« J’ai une cabine, un grand écran, je tourne les
fauteuils et le salon devient un cinéma. » Avec
cette particularité, de servir à ses spectateurs
l’apéro ! « On regarde de tout. Mes films préférés
restent les Pagnol, les Fernandel et les René Clair. »
Qui font bien entendu partie de sa collection.
« Les Fernandel sont les plus rares. Donc les plus
chers. Il devient très difficile de collectionner les
bobines, depuis 1978 les films ne sont plus recopiés
en 16 mm. Qui sont des bobines plus petites et plus
légères à transporter. » Une raréfaction qui
n’empêche pas Prosper Gnidzaz de courir les
salons à travers la France entière.
« On se rencontre avec d’autres collectionneurs, on
échange, on discute les prix. J’essaie d’éviter les
films en couleur car ils s’abîment avec le temps.
Sauf ceux en technicolor. » Une passion dévorante, qui aujourd’hui encore lui colle à la
peau. « Le cinéma actuel est magnifique. La 3D ?
C’est extraordinaire ! Même si le premier film en
3D que j’ai vu c’était dans les années 50. La seule
chose que je regrette dans les salles, c’est de ne plus
entendre le bruit des projecteurs. » Clap de fin. ■
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ÉVÉNEMENT
LES JEUNES SE FONT LA HALLE
Il a attiré les jeunes de tout le pourtour de l’étang. Le 12e Salon des jeunes
à su se faire aimer grâce à ses nombreuses animations et démonstrations.
Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour 2013
GWLADYS SAUCEROTTE // FRANÇOIS DÉLÉNA
L
Le saut à vélo, un stand qui a remporté un vif succès. Les jeunes étaient nombreux à tenter des saltos.
La musique, un élément important de ce Salon, durant lequel les jeunes ont pu s’essayer à la guitare, la batterie…
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es portes d’entrée à peine franchies,
l’appel de la jeunesse se fait sentir.
L’espace de quatre jours, durant le mois
de mai, La Halle a revêtu ses habits d’adolescente et a offert ses murs au bisannuel Salon
des jeunes. Au programme de ces journées
dédiées au thème de la paix et la fraternité,
des animations, des démonstrations, des
soirées et des spectacles, le tout à la sauce
12-18 ans. « C’est une bonne initiative, se
réjouit Alice. J’ai surtout apprécié les stands
gastronomiques. Ça nous a permis de découvrir
plein de saveurs différentes. » Pour Marc et
Tiphany, ce salon était parfaitement adapté à
leurs besoins et leurs attentes. « Tout correspond aux préoccupations des adolescents. Le
sport et les loisirs, les études et l’emploi, mais aussi
les associations et la culture. »
En effet, parmi les différents stands présents
dans La Halle comme à l’extérieur, de quoi
satisfaire la curiosité de tous. On pouvait ainsi
tester l’escrime ou le beach soccer, faire des
tonneaux dans la voiture du Conseil Général,
déambuler dans l’expo photos choc de
l’association Yaya, entrer dans le monde mystérieux d’Alice au pays des merveilles du secteur de
la petite enfance ou encore découvrir l’univers
des médias sur l’estrade de Maritima.
Autant de sujets qui ont su attirer, en journée,
les jeunes de Martigues comme d’ailleurs.
Les soirs, le salon offrait là aussi son lot
d’animations. Plus de mille personnes étaient
présentes lors de la soirée « à corps parfait ».
Une manifestation où se sont alternées les
démonstrations sportive, la danse et les numéros de cirque. Le tout conduit dans l’humour
et la bonne humeur. Samedi, le concert du
groupe Magic System a aussi suscité l’engouement de la jeunesse. « C’était une soirée grandiose où il était difficile de ne pas se mettre à
danser », a confié au micro de Maritima radio
l’adjointe à la jeunesse Linda Bouchicha. Enfin,
mention spéciale au flash mob de la prévention
routière. « C’était très émouvant, poursuit
l’adjointe. Très beau à voir. » Vif succès donc
pour ce salon qui rouvrira ses portes en 2013. ■
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SALON DES JEUNES
Moment festif et de partage, ce Salon a permis à la jeunesse martégale et d’ailleurs de découvrir la gastronomie et de s’initier à différents sports comme le beach volley.
Sécurité routière, petite enfance, parcours de l’eau, au Salon des jeunes il y en avait pour tous les goûts. Chacun s’est prêté aux diverses activités avec curiosité.
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CÔTE
BLEUE
LA VAGUE FAIT SENSATION
Surf, funboard, kitesurf, et désormais, le nouveau sport de glisse à la mode :
le stand-up paddle. À chacun son spot sur la Côte Bleue. Car si les Arnettes,
à Carro, ont accueilli les plus grandes compétitions dans les années 80,
elles restent l’un des endroits les plus convoités en Méditerranée
CAROLINE LIPS // FRANÇOIS DÉLÉNA
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SPORT
© Jean Souville
© Pascal Lebeau
Eh oui, on trouve des vagues sur la Côte Bleue. Ce n’est pas l’Atlantique, mais quand c’est la période et que les conditions météo sont réunies, les « riders » se régalent.
L
a houle agite la Grande Bleue, à la pointe
du petit village de pêcheurs. Pas l’ombre
d’une voile sur l’eau. C’est jour de chance
pour Frédéric, un Marseillais passionné de
funboard depuis 25 ans. Il est en train de gréer
son matériel et va pouvoir profiter, en toute
tranquillité, de ce qu’il qualifie de « meilleur
spot de Méditerranée ». « Les Arnettes ? C’est le
plus venté, là où il y a le plus de vagues. Il est connu
dans toute l’Europe, des Italiens, des Allemands.
Au début il était peu fréquenté, et petit à petit
Carro s’est fait envahir. »
Différents courants qui s’affrontent, une falaise
naturelle sous l’eau et une plaque constituant
un haut fond, sur lequel la houle vient taper. Un
décor naturel qui, combiné aux conditions climatiques, crée le terrain de jeu idéal pour les
amateurs de vagues. La paternité de la découverte de ce paradis des riders, dans les années
80, certains l’attribuent aux frères Bracar, venus
de Marseille. Pour Michel Léali, enfant du village et président de Lou martegue surf club,
c’est une histoire de copains.
« En 1986, on a créé l’Arnettes fun club. Au départ,
on pratiquait la planche à voile. On était deux ou
trois à naviguer sur le spot. Puis le funboard est
arrivé, une planche qui flotte moins sur l’eau, qui
ricoche », explique le président.
L’année suivante, ils organisent leur première
compétition. Le début d’une longue série.
Pendant vingt ans, Carro voit défiler les plus
grands noms de la glisse internationale, des
Robby Naish aux Anders Bringdal, qui fréquente encore aujourd’hui les Arnettes. Sur un
week-end, le petit village voyait défiler jusqu’à
5 000 personnes, des marques prestigieuses
sponsorisaient les événements.
Un mythe
La grande époque. « Il y avait beaucoup de photos dans les magazines spécialisés, se souvient
Raphaël Filippi, un ancien compétiteur professionnel, installé depuis près de dix ans à Carro.
Cela a rapidement créé le mythe. »
Victimes de leur succès, Les Arnettes attirent
des visiteurs de toute l’Europe. « On compte parfois jusqu’à 80 planches sur l’eau », note Michel
Léali. Aujourd’hui encore, une étape du championnat de France de windsurf a lieu chaque
année à Carro. L’épreuve reine, celle des vagues.
Mais à en croire le propriétaire du Marin, le surfshop des Arnettes, les grandes marques de
glisse boudent le spot martégal. « On a plus de
sponsor, plus de visibilité pour attirer les compétitions », estime Nicolas Tillet. Il n’empêche que
Les Arnettes continuent à faire le bonheur des
amateurs de funboard. Quand il n’y a pas de
vent, des surfeurs, et depuis quelques années,
de ceux qui pratiquent le « stand up paddle ».
Une grande planche de 2,5 mètres, sur laquelle
on se tient debout avec une pagaie, et qui permet
de randonner sur l’eau, ou de surfer sur les
vagues, pour les plus aguerris. « Le paddle prend
le relais du funboard. C’est tendance et beaucoup
plus abordable financièrement. Il est accessible à
tous, quel que soit le niveau », détaille Nicolas
Tillet. Si tant est qu’on dispose d’un minimum
d’équilibre. La plage du Verdon, les Arnettes
ou Bonnieu sont les spots les plus prisés par
les amateurs de stand up. Mais il est possible
de suivre toute la côte en randonnant tranquillement. « Les surfeurs préfèrent l’Arquet, La
Couronne vieille ou encore Ponteau, et sa célèbre
vague en tube », lâche le président du club de
surf martégal. Nous n’en saurons pas plus.
Comme pour les champignons, on ne livre pas
ses meilleurs coins. Quelques indiscrétions
laissent entendre que la calanque des Tamaris
offrirait des vagues de rêve. « Ce n’est pas l’océan,
mais de septembre à février, on a de bonnes conditions », indique Michel Léali. Créée en 2009,
son association, qui regroupe cinquante adhérents, vise à promouvoir la pratique du surf en
Méditerranée. Les enfants suivent des cours le
mercredi et le samedi, les parents peuvent
aussi s’essayer à la planche. « Aujourd’hui mes
enfants sont fondus de surf », livre une maman.
Quand on a goûté à la glisse… ■
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PRENONS LE TEMPS
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PORTFOLIO
NOSTALGIE
LES « BELLES » DE SAINT-JULIEN
C’était le week end du 1er mai : le club de foot AS Martigues Sud avait
décidé de créer l’événement en invitant divers collectionneurs de ces « belles
d’antan » qui continuent à faire rêver. Sur l’esplanade de la Maison
de Saint-Julien, les amateurs étaient au rendez-vous. Et pas seulement
pour l’esthétique : les moteurs ronronnent encore, ils en ont profité
MICHEL MAISONNEUVE // FRÉDÉRIC MUNOS
REFLETS I JUIN 2011
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PERMANENCES
ÉLUS MUNICIPAUX
M. GABY CHARROUX
Maire de Martigues, Conseiller
général, Président de la Capm
Sur rendez-vous en mairie
04 42 44 34 80
M. HENRI CAMBESSÉDÈS
1er Adjoint au maire délégué
à l’administration générale,
au personnel et aux nouvelles
technologies de l’information
et de la communication,
à la participation des citoyens
à la vie locale
Sur rendez-vous en mairie
04 42 44 30 96
MME ÉLIANE ISIDORE
Adjointe aux sports
sur rendez-vous en mairie
04 42 44 32 10
M. JEAN-PIERRE RÉGIS
Adjoint à l’urbanisme
sur rendez-vous en mairie
04 42 44 34 58
M. JEAN GONTÉRO
Adjoint aux travaux
et marchés publics
Les 2e et 4e jeudis du mois
de 16 h à 18 h en mairie
et sur rendez-vous
04 42 44 30 88
M. ALAIN SALDUCCI
Adjoint au tourisme, animations,
commerce, artisanat
Sur rendez-vous
04 42 44 30 85
MME ANNIE KINAS
Adjointe à l’enfance
et à l’enseignement
Sur rendez-vous en mairie
04 42 44 30 20
MME SOPHIE DEGIOANNI
Adjointe à l’environnement
et au développement durable
Sur rendez-vous
04 42 44 34 58
MME FRANÇOISE EYNAUD
Adjointe aux affaires sociales,
à la solidarité
sur rendez-vous
04 42 44 32 02
M. FLORIAN SALAZAR-MARTIN
Adjoint à la culture
Sur rendez-vous en mairie
tous les mercredis après-midi
04 42 44 31 33
MME LINDA BOUCHICHA
Adjointe à la jeunesse,
Sur rendez-vous en mairie
04 42 41 63 77
MME FRANÇOISE PERNIN
Adjointe à la prévention
et à la sécurité civile
sur rendez-vous en mairie
04 42 44 34 58
M. VINCENT THÉRON
Adjoint au logement
Sur rendez-vous, en mairie
04 42 44 34 36
50 REFLETS I JUIN 2011
MME MARGUERITE GOSSET
Conseillère municipale déléguée
à la petite enfance
Sur rendez-vous en mairie
04 42 44 34 50
ADJOINTS DE QUARTIER
M. ANTONIN BREST
La Couronne-Carro
sur rendez-vous
04 42 80 72 69
MME JOSETTE PERPINAN
Lavéra
M. CHRISTIAN AGNEL
Croix-Sainte, Saint-Jean
CONSEIL MUNICIPAL
Séance publique
le vendredi 24 juin
à 17 h 45 en mairie
PRÉSIDENT(E)S DE CONSEIL
DE QUARTIER
MME JOSETTE PERPINAN
Lavéra, sur rendez-vous
04 42 44 34 50
M. CHRISTIAN AGNEL
Croix-Sainte, sur rendez-vous
les 1er et 3e vendredis du mois
de 15 h à 17 h en mairie
annexe de Croix-Sainte
04 42 80 13 87
M. ALAIN SALDUCCI
Les Vallons, sur rendez-vous
04 42 44 30 85
MME FRANÇOISE EYNAUD
Notre-Dame des Marins, dernier
mardi du mois à la Maison
de quartier à partir de 17 h
04 42 44 32 02
M. JEAN GONTÉRO
Saint-Julien, le 1er jeudi
du mois à 17 h 30, à la Maison
pour tous sur rendez-vous
0442443088
M. ALAIN LOPEZ et
MME SANDRINE FIGUIÉ
Ne tiendront pas leur permanence
le 1er mercredi de juillet et d’août
M. HENRI CAMBESSÉDÈS
Saint-Pierre et Les Laurons,
sur rendez-vous
au 04 42 44 30 96
MME SANDRINE SCOGNAMIGLIO
Saint-Jean et Mas de Pouane,
sur rendez-vous
au 04 42 44 34 50
M. DANIEL MONCHO
Ferrières nord, sur rendez-vous
au 04 42 44 30 85
M. ROGER CAMOIN
Hôtel de Ville, sur rendez-vous
au 04 42 44 34 58
ÉTAT CIVIL
AVRIL 2011
MME MARYSE VIRMES
L’Île, sur rendez-vous
au 04 42 44 34 50
MME SOPHIE DEGIOANNI
Jonquières est, sur rendez-vous
au 04 42 44 34 58
M. VINCENT THÉRON
Touret de Vallier et Figuerolles,
sur rendez-vous
au 04 42 44 34 36
© F.D.
M. JEAN-PIERRE RÉGIS
Jonquières ouest, sur rendezvous au 04 42 44 34 58
M. PAUL LOMBARD
Jonquières centre, sur rendezvous au 04 42 44 35 49
MME FRANÇOISE PERNIN
Jonquières centre, sur rendezvous au 04 42 44 34 58
MME LINDA BOUCHICHA
Boudème-Les deux portes,
sur rendez-vous
au 04 42 44 32 67
MME CHARLETTE BÉNARD
Barboussade-Escaillon, sur
rendez-vous au 04 42 44 34 50
MME NADINE SAN NICOLAS
La Couronne, le 1er jeudi
du mois à partir de 16 h 30
en mairie sur rendez-vous
au 04 42 44 34 50
MME NATHALIE LEFEBVRE
Canto-Perdrix et Les quatre vents,
Renseignements
au 04 42 44 31 55
M. FLORIAN SALAZAR-MARTIN
Paradis Saint-Roch,
Renseignements
au 04 42 44 34 35
BONJOUR LES BÉBÉS
Assma BAKHOUCHE
Harlan JAMES
Giuliana RUVIO
Maxime VALERO
Ahron HAROUCHE
Djibril AZZOUG
Eva AYMARD
Delenn CANTIÉ
Laurent GIRAUD
Amaury DENYS
Maéva GREGOIRE
Elisa RODRIGUEZ
Lilly PREVIDI
Anna D’ELLENA MERMOZ
Rose MERIA
Aaron SCHOLLER
Léo ROMAIN
Nizar NASRALLI
Mehdi RAHMAOUI
Loan DAILLAN BENONY
Alessio DI MARIA
Manon MAGNANON
Capucine RESSEGUIER
Juan-José SANTIAGO
Noah ROIG
Chiara BERKANI
Léo DE VITA
Isaure BROUSSOU
Dereck DUBOIS
Mathis CORTES
Livia GIORGI
Enora BIDET
Mickaëlla MORATA
Yacine MOUMEN
Naïm ATOUT
Nejwa CHALOUCHI
Kamil LAMALEM
Djanyl PIROLO
Ninon CHAROUSSET
Juan FLORES
Noémie FLORES
Naël ARRAYES
Wido REY
Sarah HOCINI
Nahil SAHRAOUI
Jade BILLO
Reflets s’associe
à la joie des heureux parents.
ILS S’AIMENT
Michelle GALAND
et Joël BUDET
Geneviève ADRIANO
et Christian OZIOL
Sandrine BRAND
et Louis GLAENZER
Shima EL SAID MOSTAFA
et Nacer BOUGUERRA
Reflets adresse
toutes ses félicitations
aux nouveaux mariés.
ILS NOUS ONT
QUITTÉS
Marc DOUGUET
Marguerite ALONSO
née DOMINGO
Henri CHOURRAU
Yvette ROUBIEU
née SALLETTE
Eugénie ALCOCER
née SANCHEZ
Henri LEFÈVRE
Roger FAUCHER
Antoinette ROIG
née BELMONTE
François BELZUNCES
Emma ARCEGA ANSON
née GRUBE
Jean-Marie LE ROUX
Isabelle ESCOFFIER
née GARCIA
Yves WARANSKI
Reflets présente
ses sincères condoléances
aux familles.