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Programme des Nations-Unies pour le Développement en Union des Comores
Programme Environnement/ Réduction des risques et des catastrophes
EVALUATION DE VULNERABILITE AUX RISQUES
D’INONDATION EN UNION DES COMORES
ANWADHUI Mansourou
Août 2012
Remerciements
A l’issu de ce travail, je tiens à exprimer mes sentiments de gratitude au Programme des Nations Unies
pour le Développement (PNUD) en Union des Comores, plus particulièrement au Programme
Environnement/ Réduction de risques de catastrophes dans l’engagement d’accompagner le pays à la
gestion des crises, au relèvement et l’appui institutionnel, de m’avoir confier cette étude durant mon
stage professionnel dans la structure et de l’avoir financé pour mieux cerner l’analyse descriptive de
l’aléa inondation dans les îles comoriennes.
Mes premiers remerciements vont à l’ensemble du personnel associé au Programme et plus
particulièrement à :
-
Madame Anliyat MZE AHMED ABDALLAH, Chargée du Programme Réduction de Risques et
de Catastrophes
Monsieur Karim Ali Ahmed, Associé au Programme Environnement
M. Youssouf Mbechezi, Assistant du Représentant Résident
-
M. Abdou Salam SAADI, Analyste de programme/ Unité Gouvernance
-
Dalila Ahamed, Programme Associate UNDP
M. Maturafi K.Mabaé, Associé au Programme (Programme Manager Support Unit)
-
Madame Raichat MOHAMED, Associée aux Ressources Humaines
-
M. Ali Soumail, Spécialiste des opérations PNUD
-
M. Darkaoui SAID HALIDI, Assistant aux finances
-
M. Abdillah Ahmad, Assistant au registry PNUD
-
M. Abdallah Mzé, chauffeur au PNUD
-
Qui dès mes premiers pas de la vie professionnelle, m’ont accueillis, conseillés, soutenus et
accompagnés avec confiance jusqu’aujourd’hui. C’est avec votre encouragement que j’ai pu réaliser
cette étude.
Les mêmes sentiments de reconnaissance s’adressent également à la Direction Générale de la
Sécurité Civile (DGSC), la Direction Générale de la météo, l’Observatoire du Volcan Karthala (OVK),
ainsi que les CROSEP dans les îles d’avoir facilitées les visites de terrain.
Trouve ici, toutes mes reconnaissances, M. Ibrahim Kassim pour votre assistance à la cartographie.
i
Résumé
L’étude de vulnérabilité sur les inondations en Union des Comores est un document qui :
- est centré sur une analyse du risque inondation qui prend en compte la probabilité d’occurrence,
la cinétique et la gravité des impacts potentiels suivant une méthodologie qu’elle explicite,
- cartographie les zones à haut risque d’inondation,
- précise les risques auxquels l’aléa inondation peut exposer les vies humaines, la santé,
l’environnement, l’agriculture et les enjeux socioéconomique de Comores en cas d’occurrence,
directement ou indirectement, que la cause soit naturelle ou anthropique,
- évalue la vulnérabilité des communautés aux épisodes d’inondation dans chaque île,
- définit et justifie les mesures propres à réduire la vulnérabilité aux inondations et si possible la
probabilité d’occurrence.
L'Objectif de cette étude est d'évaluer la vulnérabilité des communautés affectées par les inondations
en Union des Comores.
Méthodologie : Une étude transversale, descriptive et analytique auprès des acteurs de gestion de
risques de catastrophes et des communautés affectées par les inondations a été réalisée dans les
localités de trois îles comoriennes (Anjouan, Mohéli et Grand- Comore). Au total, 30 localités ont été
interviewées à l’aide d’un questionnaire. Les données collectées ont été saisies et traitées à l’aide du
logiciel MAPINFO et Microsoft Excel 2007.
Critères de l’étude
- La récurrence : période de retour
- La submersion : profondeur, durée et étendue
Sur les 30 localités identifiées comme vulnérables aux inondations, 23 présentent une forte probabilité
d’occurrence sur les trois îles, 9 ont déjà été sensibilisées à l’aléa inondation. Ceci indique que malgré
la présence des institutions spécialisées de l’état, beaucoup d’efforts restent à faire puisque les 2/3 de
localités n’ont reçu aucun niveau d’instruction à l’aléa inondation. Une liaison statistiquement
significative peut être mise en évidence entre la méconnaissance sur l’aléa inondation et les dégâts
constatés sur le terrain.
Cette étude a permis de conclure que les facteurs qui entrainent la forte vulnérabilité des
communautés, sont surtout la méconnaissance et la non application d’une directive d’urbanisation dans
les zones à haut risque. Une approche de communication pour un changement de comportement
pourrait renverser la tendance.
Mot-clefs
Risques, Catastrophes climatique, Inondation, bassin versant, Vulnérabilité, Aléa, Capacité, Plan
d’urgence, Adaptation, Prévention.
ii
Abstract
The vulnerability assessment on floods in Comoros is a document that:
- Focuses on an analysis of flood risk taking into account the probability of occurrence, the kinetics and
severity of potential impacts following a methodology that explicitly
- Mapping areas at high risk of flooding,
- Specifies the flood hazard risks may expose human lives, health, environment, agriculture and socioeconomic issues in the event of occurrence Comoros, directly or indirectly, the cause is natural or
anthropogenic
- Assesses the vulnerability of communities to flooding episodes in each island
- Defines and justifies measures to reduce vulnerability to flooding and if possible the probability of
occurrence.
Objective of this study is to assess the vulnerability of flood-affected communities in the Union of
Comoros study.
Methodology: A cross-sectional, descriptive and analytical survey of actors in disaster risk management
and affected communities was conducted in the communities of three Comorian islands (Anjouan,
Moheli and Grand comore). A total of 30 communities were interviewed using a questionnaire. The
collected data were entered and processed using MapInfo software and Excel 2007.
Study criteria
- Recurrence: return period
- Submersion: depth, duration and scope
Of the 30 communities identified as vulnerable to flooding, 23 have a high probability of occurrence of
the three islands, 09 have already been aware of the flood risk. This indicates that despite the presence
of the specialized agencies of the state, much remains to be done, since two thirds received no
education in flood hazard. A statistically significant correlation can be found between the breach of the
flood hazard and damage observed in the field.
This study concluded that the factors leading to the high vulnerability of communities, mostly ignorance
and non-implementation of a Directive of urbanization in high-risk areas. A communication approach to
behavior change could reverse the trend.
Key-words
Risks, climate disasters, Flood, Watershed, Vulnerability, Hazard, Capacity, Emergency Plan,
Adaptation,Prevention.
iii
Liste des acronymes et abréviations utilisés
-
ANACM : Agence National de l’Aviation Civile et de la Météorologie
BTP : Bureau de Travaux Publics
CC : Changements Climatiques
COSEP : Centre des Opérations de Secours et de la Protection Civile
CRF : Croix – Rouge Française
CRCo : Croissant Rouge Comorien
CROSEP : Centre Régional des Opérations de Secours et de la Protection Civile
DD : Développement Durable
DGSC : Direction Générale de la Sécurité Civile
DMN : Direction de la Météorologie Nationale
DPC : Direction de la Protection Civile
OCHA : Office de Coordination des Affaires Humanitaires
OMM : Organisation Météorologique Mondiale
ONG : Organisation non Gouvernementale
OVK : Observatoire du Volcan Karthala
PNC : Plan National de Contingence
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PSSC : Plan de Secours Spécialisé Cyclone
UNDAC : United Nation Desaster Assessment Coordination
UNISDR : UN/Office de la Stratégie Internationale pour la Réduction de Risques de
Catastrophes
UNSIPC : UN/ Stratégie Internationale de Prévention de Catastrophes
iv
Table des matières
Remerciements ..........................................................................................................................................i
Résumé .................................................................................................................................................... ii
Abstract.................................................................................................................................................... iii
Key-words ................................................................................................................................................ iii
Risks, climate disasters, Flood, Watershed, Vulnerability, Hazard, Capacity, Emergency Plan,
Adaptation,Prevention.Liste des acronymes et abréviations utilisés ........................................................ iii
Table des matières .................................................................................................................................. 1
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................................. 3
I.
Contexte géographique et géologique............................................................................................. 4
1.1.
Contexte géographique............................................................................................................... 4
1.1.1. Population .............................................................................................................................. 4
1.1.2. Situation économique ............................................................................................................. 4
1.1.3. Climat ..................................................................................................................................... 4
1.1.4. Contexte géologique .............................................................................................................. 5
1.1.5. Contexte pétrographique ........................................................................................................ 5
1.2.
Hydrologie................................................................................................................................... 5
1.3.
Hydrogéologie ............................................................................................................................. 5
1.4.
Définitions et terminologies opératoires ...................................................................................... 6
1.5.
Analyse descriptive de l'aléa inondation ................................................................................. 7
1.5.1. Types d'inondation aux Comores ........................................................................................... 7
1.5.2. La probabilité d'occurrence et la cinétique des inondations .................................................... 8
1.6.
2.
Les causes des inondations aux Comores ............................................................................... 10
Etat des lieux des réseaux hydrographiques dans les zones à haut risque d’inondation .............. 11
2.1.
La pluviométrie ......................................................................................................................... 11
2.1.1.2. La surface et la pente de bassin versant .......................................................................... 16
2.1.1.3.
La surface .................................................................................................................... 16
2.1.1.4. Pente ................................................................................................................................ 17
2.1.2. Cartographie des zones à haut risque d'inondation aux Comores ........................................... 18
2.1.2.1. Les conséquences dommageables des inondations aux Comores .................................. 21
2.1.2.2. Les dommages consécutifs liés aux inondations sont occasionnés par ........................... 22
2.1.2.3. Les impacts directs........................................................................................................... 22
2.1.2.4. Les dommages à l’environnement.................................................................................... 23
III. Evaluation de la vulnérabilité des inondations aux Comores ........................................................... 26
3.1. Les facteurs de vulnérabilité ....................................................................................................... 26
1
3.2.1. L´eau ....................................................................................................................................... 26
3.2.2. Education ............................................................................................................................ 26
3.3.
A Mohéli ............................................................................................................................... 28
3.3.1. Les secteurs sociaux........................................................................................................ 28
3.3.2. Les infrastructures............................................................................................................ 30
3.3.3. Les moyens de transport .................................................................................................. 30
3.3.4. Secteurs économiques ..................................................................................................... 31
3.3.4.1.
L’agriculture ................................................................................................................. 31
3.3.4.2.
L’élevage ..................................................................................................................... 31
3.3.5. Les effets globaux des dommages ................................................................................... 31
3.3.5.1.
Les effets sur l’environnement ..................................................................................... 31
3.4. A Anjouan ................................................................................................................................... 32
3.4.1. Les secteurs sociaux........................................................................................................ 33
3.4.2. Les infrastructures............................................................................................................ 33
3.4.3. Les moyens de transport .................................................................................................. 34
3.4.4. Secteurs économiques ..................................................................................................... 34
3.4.4.1.
L’agriculture ................................................................................................................. 34
3.4.4.2.
L’élevage ..................................................................................................................... 34
3.4.5. Les effets globaux des dommages................................................................................... 35
3.4.5.1.
Les effets sur l’environnement ..................................................................................... 35
3.5. A la Grande-Comore................................................................................................................... 36
3.5.1. Secteurs sociaux .............................................................................................................. 36
3.5.2. Les infrastructures............................................................................................................ 38
3.5.3. Les moyens de transport .................................................................................................. 39
3.5.4. Secteurs économiques ..................................................................................................... 39
3.5.4.1.
L’agriculture ................................................................................................................. 39
3.5.4.2.
L’élevage ..................................................................................................................... 40
3.5.6. Les effets globaux des dommages ................................................................................... 40
3.5.6.1.
Les effets sur l’environnement ..................................................................................... 40
IV. Les mesures définis et justifiées pour réduire les effets des inondations et si possible la fréquence
dans le contexte Comorien .................................................................................................................... 41
CONCLUSION GENERALE................................................................................................................... 43
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................... 44
Liste des figures ..................................................................................................................................... 45
Liste des tableaux .................................................................................................................................. 45
2
INTRODUCTION GENERALE
Les catastrophes naturelles se sont multipliées ces dernières années dans le monde avec de plus en
plus de victimes et des dégâts énormes sur l’environnement, l’économie et la vie sociale. Si leur impact
est instantané, la reconstruction et la réhabilitation ne s’envisagent qu’à moyen et long terme. Les pays
insulaires en développement connaissent une situation plus critique, au regard de leur géographie et de
leur faible moyens de réaction tel est le cas des îles du Sud- Ouest de l’Océan Indien (COI) qui paient
une lourde conséquence liée aux catastrophes naturelles, rappelé par l’actualité régionale de 2012.
L’Archipel des Comores à titre d’exemple fait face à des risques hydro-météorologiques tels que les
inondations, les montées de marées et les tempêtes tropicales (cyclones) ainsi que des risques
géologiques (éruptions volcaniques, tremblement de terre et des glissements de terrain).
Les inondations touchent les trois îles de l’archipel avec des fréquences et des gravités variables, avec
la pression anthropique et le changement climatique global. Les zones les plus touchées par ces
inondations dans l’archipel sont à Mohéli (Fomboni, Mbatsé, Hoani, Miringoni, Wallah et Hamavouna),
à Anjouan (Saandani, Maraharé, Assimpao, Vassy, Salamani, Vouani, Pomoni, Moya et Ongoni) et
Ngazidja la région de Bambao (Vouvouni, Boueni et Nioumadzaha), la région de Hambou (Mitsoudjé,
Salimani, Bangoua, Chouani, Djoumoichongo et Mdjoièzi), la région de Domba (Bandamadji et Pidjani),
la région de Dimani (Fumbudzivouni, Idjinkoundzi, Maoueni et Rehamani) et Malé dans la région de
Mbadjini. Au total 30 localités sont identifiées comme vulnérables aux inondations et ne subissent pas
ce désastre à la même fréquence, 23 présentent une forte probabilité d’occurrence sur les trois îles, 09
ont déjà été sensibilisées à l’aléa inondation.
Ceci qui indique que malgré les progrès enregistrés sur le plan institutionnel ces dernières années,
beaucoup d’efforts restent à faire puisque 75% de localités affectées n’ont reçu aucun niveau
d’instruction à l’aléa inondation. Une liaison peut être mise en évidence entre la méconnaissance sur
l’aléa inondation et les dégâts constatés sur le terrain.
En estimant 3 petites inondations locales avant une inondation catastrophique tous les dix ans, la
probabilité d’observer au moins une inondation dans les cinq (5) prochaines années est 1/10*5= 0.5 (p
au moins 1)= 1- p (k=0) = 1-0.6065= 0.3935 soit 39,35% et la probabilité de n’observer qu’une seule
inondation dans les cinquante (50) prochaines années est de 1/10*50= 5 p (k=0) = 0,67. Si le risque
n’est pas pris en compte au niveau macro-économique, 95.02% des aléas naturels qui toucheraient les
Comores seront des inondations dans les cinquante (50) prochaines années.
3
I. Contexte géographique et géologique
L’union des Comores est un archipel de quatre îles situé au sud-ouest de l’Océan Indien, à l’entrée
Nord du Canal de Mozambique entre le Nord Est de Madagascar et la Côte Orientale de l’Afrique. Elle a
une superficie totale de 2.034 km2 (Ngazidja 1025Km2, Ndzuani 424Km2, Mwali 211 km2 et Maoré 374
km2).
1.1.
Contexte géographique
1.1.1. Population
La population comorienne est inégalement répartie entre les iles soit 752 438 habitants. L’ile avec la
densité la plus élevée est Anjouan ; de 320,7 habitants au km2 en 1980 à 445,6 en 1991, elle était de
574,8 habitants au km2 en 2003 alors que la densité moyenne du pays est de 310 au km2. La
répartition spatiale de la population est déséquilibrée par les situations géographiques dans chaque île.
En effet, cette population vit essentiellement en milieu rural avec 72,1% au RGPH de 2003. Une autre
caractéristique majeure de la population comorienne est son extrême jeunesse : plus de la moitié (53%)
de la population sont âgées de moins de 20 ans et les moins de 15 ans représentent 42% de la
population totale.
1.1.2. Situation économique
L’économie comorienne est dominée par l’agriculture. Elle est très peu diversifiée et tire ses principales
ressources de l’exportation de trois produits de rente agricoles suivants: Vanille, Ylang - Ylang et
Girofle.
A eux seuls, ils représentent 90% des exportations totales. L’économie comorienne n’a pas subi de
l’industrialisation durant ces dernières années. Le secteur primaire demeure dominant depuis plusieurs
décennies. A partir des années 80, avec le développement du commerce des produits importés, le
tertiaire dépasse parfois le secteur primaire. Ainsi en 1999, le tertiaire arrive en tête avec 48% contre
41% pour le primaire (6).
Les produits vivriers (bananes, maniocs, riz, …etc.) et maraichères (tomates, salades, carottes, … etc.)
sont consommés au niveau national, régional et local.
Il apparaît donc que l’économie comorienne est très sensible aux impacts des aléas naturels d’origine
hydrométéorologique tel est le cas des cyclones de 1950 et 1982, des inondations de 1996, 1998,
1999, 2002, 2007, 2009 et 2012).
1.1.3. Climat
Le climat comorien est de type tropical avec des influences maritimes caractérisé par deux grandes
saisons : une saison chaude et humide de novembre à avril et une saison sèche et fraîche de mai à
octobre. La saison chaude et humide a une pluviométrie maximale entre janvier et mars avec des
4
températures moyennes variant entre 24 et 27,8°C. Des vents de mousson venant du Nord et Nord-Est
nommés « kashkazi » soufflent de façon variable et faible selon les régions dans chaque île mais plus
fort en Janvier et Février.
Pendant l’hiver austral, de mai à octobre, la saison est sèche et plus fraîche avec des températures
variant entre 23,2°C et 27°C, minimale entre 14 et 15° C sur les hauteurs. Les vents qui soufflent du
Sud- Est vers le Nord - Est (alizés), nommés « kussi », sont renforcés entre le mois Mai et Août (mois
les plus frais).
1.1.4. Contexte géologique
Les Comores sont constituées par un ensemble d’îles volcaniques, résultant d’une fissure crustale due
à un point chaud. Ce dernier a favorisé la formation du fossé d'effondrement (rift) qui a séparé
Madagascar de l'Afrique au Paléozoïque. Ces îles sont alignées suivant un axe orienté Sud-Est, Nord –
Ouest. Elles présentent une morphologie et une dynamique variable, correspondant à des stades
d’évolution différents : Mayotte est la plus ancienne très érodée, Anjouan la plus accidenté, Mohéli la
plus petite et la Grande Comore la plus récente, avec un volcanisme encore actif.
1.1.5. Contexte pétrographique
Les caractères pétrographiques et pédologiques sont variables d’une île à une autre, conséquences de
leur formation géologique différente mais semblable entre Anjouan et Mohéli avec une dominance
sédimentaire. Ces deux dernières sont marquées par un relief accidenté, désagrégé par l’érosion
intense accélérée par la déforestation. A la Grande Comore, le relief est monotone, et surtout dominée
par des roches basaltiques très poreuses. Le volcan Karthala culminant à 2361 m occupe toute la
partie centrale et le Sud de l’île. Le volcanisme est toujours actif avec une fréquence de 11 ans en
moyenne ; la dernière éruption en date de janvier 2007.
1.2.
Hydrologie
Le problème de l’eau ne se pose pas avec le même degré dans l’ensemble des îles comores. Le
réseau hydrographique est bien développé, permanent à Mohéli et à Anjouan alors qu’en Grande
Comore, il est faible du fait de perméabilité élevée de son sol volcanique, et à des fissures importantes
de la roche mère. A l’origine, ce réseau était très dense à Anjouan et à Mohéli toutefois le débit de
nombreuses rivières a fortement diminué au cours de ces quinze dernières années.
1.3.
Hydrogéologie
Les Comores disposent une potentialité en eaux souterraines constituant des nappes phréatiques qui
affleurent dans certaines régions des îles tel est le cas à Miringoni et Barakani à Mohéli, Vouvouni à la
Grande Comore et Vouani à Anjouan.
Ces réservoirs souterrains sont plus concentrés dans les zones côtières et de moins en moins
importants vers les hauteurs.
5
1.4.
Définitions et terminologies opératoires
Aléa : Un phénomène dangereux, activité humaine ou condition pouvant causer des pertes de vies
humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages aux biens, des pertes de
moyens de subsistance et des services, des perturbations socio-économiques, ou des dommages à
l’environnement.
Aléa naturels : Processus ou phénomène naturel qui peut causer des pertes de vies humaines, des
blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages aux biens, la perte de moyens de subsistance
et de services, des perturbations socio-économiques, ou des dommages à l’environnement.
Aléa hydrométéorologique : Processus ou phénomènes de nature atmosphérique, hydrologique ou
océanographique susceptibles de provoquer des pertes en vies humaines, des blessures ou autre
impact sur la santé, des dégâts matériels, la perte des moyens de subsistance et des services, des
perturbations sociales et économiques ou une dégradation environnementale.
Danger : C’est la propriété intrinsèque d'une situation physique ou d'une substance dangereuse de
pouvoir provoquer des dommages pour la santé humaine et/ou l'environnement.
Risque : C’est la combinaison de la probabilité d’occurrence et du niveau d’effet de gravité spécifique
se produisant dans une période donnée ou dans des circonstances déterminées.
Aléa (plus moins fort) + enjeux (plus ou moins vulnérables) = Risque (plus ou moins critique)
Vulnérabilité : Mesure dans laquelle une personne ou un groupe des personnes est sensible – ou
incapable de faire face – aux effets défavorables des phénomènes extrêmes ou internes.
Capacité : Combinaison des forces et des ressources disponibles dans une communauté, une société
ou une organisation, pouvant permettre la réduction du niveau de risque ou les effets d’un désastre.
Catastrophe : Un évènement soudain ou progressif, d’origine naturelle ou anthropique (résultant de
l’action de l’homme ou fait par lui), déstabilisant une collectivité ou une société donnée, causant des
pertes élevées en vie humaine, des dégâts matériels ou économiques sérieux, ou des pertes
environnementales majeures, qui dépassent les capacités de cette collectivité, ou société, à répondre à
cet évènement par ses propres moyens.
Catastrophe = aléa * vulnérabilité
Capacité
Bassin versant : Un bassin versant est un domaine spatial dans lequel se déroule le cycle de l’eau. Il
est en un moment donnée définit par :
-
Sa structure
6
-
Sa capacité à stocker et à conduire l’eau
-
Les quantités d’eau qui s’y écoule
1.5. Analyse descriptive de l'aléa inondation
L’étude de l’aléa inondation se fait par une analyse descriptive et scientifique de différents phénomènes
associés ayant touchés les îles Comores pour mieux comprendre la probabilité d’occurrence, la
cinétique, la gravité et son étendu au niveau national en général et en particulier dans les zones
affectées.
Définition
Inondation : Une inondation est une submersion plus ou moins rapide, d'une zone habituellement hors
d’eau, avec des hauteurs d'eau variables. Elle est due à une augmentation du débit d'eau provoquée
par des pluies importantes et durables. Elle correspond au débordement des eaux lors d'une crue. Lors
d’une inondation par débordement indirecte. L’eau qui s’écoule en temps normal dans son lit mineur
occupe également son lit majeur, partie intégrante du cours d’eau qui est constitué par les zones
basses de part et d’autre du cours d’eau. La présence des habitations et des zones de culture dans le lit
majeur, explique donc le risque d’être inondée. La gravité des effets est accentuée par la déforestation
et les dépôts sédimentaires intenses dans les lits mineurs de rivières, tel est le cas à Mohéli et à
Anjouan.
1.5.1. Types d'inondation aux Comores
Les inondations connues aux Comores sont de deux types :
 Inondation terrestre (par crue, ruissellement ou remontée de la nappe) ;
 Inondation marine (submersion marine).
Elles peuvent se manifester sous diverses formes:
 Des inondations de plaines: la rivière sort de son lit mineur pour inonder son lit majeur après avoir
occupée son lit moyen. Exemple : les inondations d’avril 2002 à Hoani et Mbatsé, Mohéli
 Des crues torrentielles, Mohéli 2009
 Une submersion marine. Exemple : les inondations de à Wallah- Mohéli, Bangoi-Kouni et
Mtsamudu- Ngazidja et la partie Nord d’Anjouan en 2007.
 Un ruissellement en secteur urbain suite à de violents orages auxquels peuvent être associées des
coulées de boue. Cette dernière est renforcée par l’imperméabilisation des sols, l’urbanisation et
les pratiques de culturales limitant l’infiltration des précipitations. Exemple : les inondations de
2007 Ngazidja et 2002 à Fomboni, Mohéli.
NB : une remontée de la nappe phréatique est un autre type d’inondation qui se manifeste lorsque le
sol est saturé d’eau et que la nappe apparait en surface (une inondation spontanée).
7
L’intensité et la durée de précipitation, la surface et la pente du bassin versant, la couverture végétale et
la capacité d’absorption du sol ainsi que la présence d’obstacles à la circulation des eaux sont les
facteurs qui expliquent l’ampleur des inondations aux Comores, soit l’un d’entre eux soit par la
conjugaison et/ou superposition.
1.5.2. La probabilité d'occurrence et la cinétique des inondations
La chronologie des événements significatifs de ces dernières années est suivie pour mieux comprendre
le phénomène.
Une analyse documentaire a permis de tracer chronologiquement les différents aléas ayant affectés les
Comores ces dernières années en précisant la datation, la localisation et l’étendu.
Certains événements semblent plus dévastateurs que d’autres dans le temps et dans l’espace alors
que les effets des inondations augmentent à chaque nouvel épisode.
Par cette démarche, des calculs statistiques ont pu ressortir l’ampleur et les tendances des inondations
dans les années avenirs.
Certaines régions sont plus affectées que d’autres dans le pays (Bambao, Hambou et Dimani) à la
Grand- Comore, (Moimbassa, Moimbao, Djando et partiellement Fomboni) à Mohéli puis à (Sima, Moya
et Ongoni) à Anjouan. Ces régions sont essentiellement concernées par les inondations de plaines,
torrentielles, et d’autres sont plutôt affectées par de ruissellement en secteur urbain et ruraux, de
submersion marine ou en fin la remontée de la nappe phréatique (seules à Miringoni Mohéli et à Vouani
à Anjouan, la remontée des nappes phréatiques est constatée) de 2002 à 2012.
Toutefois certains événements peuvent ne pas figurer dans la liste car aucune base de données
homogène sur les risques naturels n’est disponible à l’échelle nationale.
Tableau 1: risques naturels aux Comores, 2000 à 2012
Année
Risques/catastrophes
Etendue
2001
Tremblement de terre
Mohéli
04/ 2002
Tempête et inondations
Nationale
03/ - 2004
Tremblement de terre et cyclone
GAFILO
Nationale
16/04-25/11/2005
Eruptions volcaniques
Grande Comore
28/05/- 2006
Eruption et inondations
Grande Comore
Cyclone GAMED
Grande Comore
Tremblement de terre
Grande Comore
13/01 - Eruption volcanique
Grande Comore
Inondations
Nationale
2007
8
20/04/2009
Inondations
Nationale
20-26/04/ 2012
Inondations
Nationale
Tableau 2: Occurrence des inondations 200 à 2012
occurrence
2002
2006
2007
2009
2012
Inondation
Etendu
Mohéli
Sud - Est de Ngazidja
Anjouan et Grande-Comore
national
National
Tableau 3:fréquence des inondations 2000 à 2012 aux Comores
La fréquence des aléas sur le dix dernières années
Type de risque
Occurrence Fréquence
Inondation
Eruption volcanique
Tremblement de terre
Cyclone
Total
5
3
3
2
13
0,385
0,231
0,231
0,154
1,000
Pourcentage (%)
38,46
23,08
23,08
15,38
100,00
Analyse de tableaux
En estimant 3 petites inondations locales avant une inondation catastrophique tous les dix ans aux
Comores, la probabilité d’observer au moins une inondation dans les cinq prochaines années est
1/10*5= 0.5 (p au moins 1)= 1- p (k=0) = 1-0.6065= 0.3935 soit 39,35% et la probabilité de n’observer
qu’une seule inondation dans les cinquante (50) prochaines années est de 1/10*50= 5 p (k=0) = soit
0,67%. Si le risque n’est pas pris en compte au niveau macro-économique, 95.02% des aléas naturels
qui toucheraient les Comores seront des inondations dans les cinquante prochaines années.
Tableau 4:hiérarchisation des aléas avec la probabilité d’occurrence et l’étendu
Hièrarchisation des
risques
Type d’aléa
Fréquence
Probabilité
d’occurrence
1
Inondation
Annuelle
Forte
2
Eruption volcanique
Décenale
Très forte
3
Cylône
Décenale
Forte
Sources : CRF/PNUD, 2009.
Ce tableau montre que les aléas naturels les plus probables aux Comores sont:
-
l’éruption volcanique;
9
Etendu
Nationale
Centre de la
Grande Comores
Nationale
-
les inondations;
- les cyclones et tempêtes tropicales;
L’inondation est l’aléa qui occupe le deuxième niveau hiérarchique des aléas naturels dans le contexte
comorien avec une fréquence d’occurrence annuelle. Elle a une étendue nationale et une probabilité
d’occurrence forte. Cette situation fait que cet aléa soit pris en considération dans la mesure où il fait le
plus des conséquences dommageables de personnes (pertes de vie humaine), des biens socioéconomiques (agricoles, des infrastructures routières, des écoles, des hôpitaux et des maisons) et
environnementaux par rapport aux autres aléas pendant les dix dernières années. De plus elles
semblent être les plus fréquentes ces dix dernières années et dans les trente années à venir.
Tableau 5: zones à risque d’inondation
Type d’inondation
Plaine
Submersion marine
Torrentiel et Ruissellement
Bassin versant
Ile
Hoani, Mbatsé, Fomboni, Miringoni
Mohéli
Avril 2002
Hoani, Hamavouna, Wallah,
Saandani, Moya, Vassy, Pomoni
Hoani, Hamavouna, Vouvouni, Boueni, Mitsoudjé,
Pomoni, Moya et Ongoni
Nord/Sud) ;
Bangoi-Kouni ;
Wallah, Djoiezi et Hoani.
Wallah I,
Saandani, Maraharé, Pomoni
Malé, Vouvouni
Vouvouni, Mitsoudjé, Bouéni, Salimani,
Nioumadzaha, Bangua, Bandamadji,
Idjinkoundzi, Djoumoichongo, Malé
Mohéli et
Anjouan
Avril 2009
Nationale
Anjouan
Ngazidja
Mohéli
Mohéli,
Anjouan
Ngazidja
Mai 2012
Ngazidja
Les zones à fort risque d'inondation sont identifiées et connues à travers une analyse bibliographique,
les rencontres avec les institutions de gestion de risques et catastrophes des Comores puis d’une
descente sur le terrain dans les trois îles avec les types d’inondation et les bassins versants les plus
touchés.
1.6.
Les causes des inondations aux Comores
Les inondations comme tout autre aléa naturel prévisible peuvent avoir plusieurs causes naturelles ou
anthropiques directes et/ou indirectes. Cette analyse relève une augmentation spontanée du niveau des
cours d’eau pendant les précipitations et une absence de systèmes de drainage bien développé ou un
blocage de système d’évacuation des eaux dans les milieux ruraux et urbains affectés.
On distingue trois sortes de cause :
Les causes naturelles liées aux aléas climatiques suite à l’évolution des phénomènes
météorologiques tels que les précipitations et les températures, et d’autres événements naturels
10
Année
2007
Avril 2009
Mai 2012
pouvant impacter les systèmes de drainage initial (exemple les retombées de centres volcaniques
à Ngazidja, les glissements de terrain à Mohéli et à Anjouan);
Les causes humaines directes par certaines pratiques agricoles à Anjouan puis à Mohéli et une
urbanisation non maitrisée qui peuvent accélérer le ruissellement de la masse d’eau en limitant
l’infiltration à cause de la déforestation et de la dégradation des sols;
Les causes humaines indirectes liées au changement global du climat par les émissions de gaz à
effets de serre (GES) qui provoquent l’élévation des températures, la fonte de glaces et des
sécheresses. Ces causes sont à l’origine de l’augmentation du niveau de la mer et des
phénomènes extrêmes.
A ces trois causes qui expliquent les inondations aux Comores, huit facteurs identifiés localement
augmentent l’ampleur du phénomène.
Il s’agit de :








Défaillance de systèmes hydrographiques particulièrement à Ngazidja ;
Pentes orographiques, variables d’une île à l’autre;
Pentes topographiques, variables pour chaque bassin versant;
Pentes hydrographiques ;
Retards de débits proportionnels aux rivières ;
Rivières presque vidées après la saison pluvieuse;
L’affaissement des sols associé à des écoulements hypodermiques ;
Et le retombé de cendre qui a affecté toutes la région du centre (Est et Ouest) et la partie sud de
Ngazidja.
2. Etat des lieux des réseaux hydrographiques dans les zones à haut risque
d’inondation
Cette partie fait le portrait des Comores des critères de bassins versants à haut risque d'inondation.
2.1.
La pluviométrie
La pluviométrie étant la mesure de pluie en fonction de la hauteur enregistrée et de la durée, est l’un
des principaux facteurs qui varie suite aux précipitations enregistrées ces dernières années aux
Comores. La hauteur moyenne mensuelle des pluies la plus élevée est enregistrée au mois de janvier
avec de hauteurs d’eau variable dans chaque île (534,4mm à Bandar Esalam, 390 mm à la station
d’Ouani et 341.0 mm à celle de Moroni) depuis 1961 à 2012. Cet outil de prévention et de prévision n’a
été effectif au niveau national avant 2009. A partir de cette année 2009, la météo nationale a implanté
88 pluviomètres dans les bassins versant des localités plus touchées par les inondations dont 45
pluviomètres à Ngazidja, 15 pluviomètres à Mohéli et 28 pluviomètres à Anjouan. Les inondations qui
se manifestaient de mois de janvier à avril en général se sont légèrement déplacées au mois d’avril
11
depuis les l’année 2000 sur l’ensemble du territoire national (avril 2002, avril 2009 et mai 2012 dans le
territoire national).
Source: Direction nationale de la météorologie
Figure 1: données mensuelles des précipitations aux Comores d'avant 2000
Ces données sont encore globales car elles proviennent d’une seule station pour chaque île. Elles
donnent donc un indicatif à des situations normales et non des estimations dans chaque bassin versant.
Il est aussi à retenir qu’il y a une discontinuité des données entre 1990 à 2012 pour la station de Bandar
Esalam de Mohéli, de 1997 à 2012 à la station d’Ouani à Anjouan et de 2000 à 2012 à la station de
Moroni à Ngazidja.
Il reste d’identifier les caractéristiques d’emplacement de pluviomètres dans chaque localité et si
nécessaire à les compléter par des pluviomètres d’enregistrement automatique.
12
13
Source: Direction nationale de la météorologie
Figure 2: carte de plantation des pluviomètres sur chacune des îles Comores
2.1.1. La couverture végétale et la capacité d’absorption du sol
La couverture végétale des bassins versants joue un rôle primordial dans le déroulement du cycle de
l'eau, souvent complexe et contradictoire. En effet, la régression de la couverture végétale au profit de
la culture des bananiers et cocotiers avait touché une grande partie de ces bassins versants dans
toutes les localités touchées par les inondations aux Comores car ces régions représentent 80% des
zones agricole du pays. En plus un nouveau système de production des huiles d’ylang ylang utilise
plus de bois pour le chauffage en détruisant considérablement la végétation dans les forêts de ces
localités. Cette transformation du sol rend les versants de bassins très vulnérables à l´action érosive du
ruissellement, entraînant des ravinements très fréquents. L´érosion des sols dans les bassins versants
impose des coûts importants à l´économie comorienne en termes de réduction des conséquences à
l´aval qui se manifestent par des inondations parfois catastrophiques.
14
La couverture végétale sur le cycle de l’eau dans les zones à risque
La couverture végétale sur le cycle de l’eau peut agir
 sa biomasse aérienne qui:
- retient plus ou moins une partie des précipitations;
-
capte plus ou moins la rosée;
- protège le sol contre l'évapotranspiration et contre l'érosion hydrique et éolienne;
 sa biomasse souterraine qui:
sa vie propre qui commande sa transpiration, proportionnelle à la biomasse totale;
ses propres déchets, par la litière produite forment l’humus et la matière organique qui
ameublirent les sols lourds et donnent du corps aux sols trop légers.
Cette fonction se différencie selon les formations et les associations végétales et selon l'intervention
des agriculteurs dans chaque ile. Ce dernier est plus alarmant à Anjouan ou elle se développe d’une
manière très rapide.
-
Les Comores présentent des forets très riches en faune et en flore marquées par une diversité végétale
liée à la qualité du sol dans chaque île. Cette diversité floristique explique l’extension de la couverture
végétale de chaque bassin versant et dans chaque localité. Les couvertures végétales se réduisent et
se dégradent par l’intensification de la déforestation (la déforestation de 500 ha/an) et la sous
évaluations des ressources naturelles et environnementales dans le territoire national.
La couverture végétale dans tous les bassins versants se dégrade très considérablement de l’aval vers
l’amont toutefois elle est très intensifié en aval ou se situent la plupart des localités sinistrées, les
activités de production et d’exploitation agricoles. Ces zones enregistrent également une forte
diminution de leur empreinte écologique.
2.1.1.1. Capacité d’absorption de sols
La nature du sol comorien varie selon le contexte géologique et pédologique des chacune des îles. A la
Grande- Comore, les régions à haut risque d’inondation sont dominées par des formations basaltiques
très poreuses et perméables alors qu’à Mohéli et à Anjouan, les formations pédologiques sont de
nature argileuse avec un taux d’absorption très faible. Les îles Comores présentent une structure et une
dynamique pédologique qui évoluent dans le temps et dans l’espace au cours de temps géologiques
malgré ses récentes formations. Les caractères pétrographiques et pédologiques varient selon
l’évolution des formations géologiques, avec la pluviométrie et le degré d’altération des roches de
chaque ile.
A Mohéli et à Anjouan, les bassins versants sont dominées par des formations argileuses, argileuxsableuses, graveleuses ou à sable-argileux, des limons surmontées de galets. Ce contexte
pétrographique et pédologique ainsi que la lithologie des sols, expliquent la faible porosité due à
l’abondance de formations argileuses et par conséquent la faible perméabilité de ces sols à absorber le
15
maximum d’eau pendant les fortes précipitations alors que le sol et le manteau jouent peu de rôle sur le
stockage (la porosité) et le transfert (perméabilité) dans ces deux îles pendant ces événements.
Source: Site CATNAT.net, mardi 24 avril 2012.
Figure 3: Carte d'une partie du bassin versant de Hoani à Mohéli
A la Grand-comore, le relief est monotone, dominé par le volcan Karthala culminant à 2361 m, le
volcanisme est toujours actif avec une probabilité d’occurrence de 11 ans en moyenne. Le réseau
hydrographique permanent dans l’île est très faible à cause d’une perméabilité élevée de son sol
volcanique dominé par les basaltes (roche volcanique très poreux), et une fissuration importante de la
roche mère. Ces réseaux hydrographiques qui se trouvent dans la région de Bambao, Hambou à
l’ouest et de Dimani à l'est en passant par Bandamadji au sud-est de l’île, sont considérablement
perturbés par les retombées de centres de l’éruption de 2005 et 2007. La porosité et perméabilité de
son sol sont considérablement réduites. De ce fait la capacité d’absorption dans ces régions est très
réduite. L’une des causes indirectes des inondations dans les zones Bambao/Hambou.
2.1.1.2. La surface et la pente de bassin versant
La surface et la pente de chaque bassin versant présentent de particularités liées à la pente
orographique, à la pente topographique, à la pente hydrographique et à la pente stratigraphique d’une
île à l’autre en général et en particulier d’un bassin versant à un autre dans la même île. Les surfaces et
les pentes de bassin versant de la Grande- Comore se diffèrent à celles d’Anjouan et de Mohéli.
2.1.1.3. La surface
La situation de la région de Hambou et Bambao peut s’expliquer par la présence d’un nombre important
de torrents très significatifs (le torrent de l’hôpital en haut de Pessini, l’un des affluent de la rivière se
trouvant au collège de la ville de Nioumadzaha et le torrent de Bandani juste après Mitsoudjé) et le
nombre important des escarpements. Ces deux régions semblent être caractérisées par un grand
bassin versant et de sous bassins qui s’étendent en traversant plusieurs villages. Certains de ses
affluant sont ouverts alors que d’autres restent fermés. Les deux principales rivières de deux régions
16
sont caractérisées par de lits majeurs très élargis sur lesquelles se trouvent des habitations, des zones
agricoles très exploitables et productives aussi bien en aval qu’en amont alors que les lits mineurs sont
très restreints. Les rivières de ces bassins ne parviennent plus à contenir la quantité d’eau de pluie
tombée depuis l'année 2006 et plus grave pour le mois de mai 2012. Ce phénomène s’est accentué par
les dépôts de cendre de deux éruptions de 2005 en diminuant la vitesse d’échange entre les rivières et
les nappes dans ces environs. Les bassins versants de la grande île sont des réseaux hydrographiques
échoués qui n’ont pas des lignes de crêtes développées comme celles de deux autres îles. Les rivières
de la Grande- Comore ne réunissent pas les conditions d’un bassin évolué dans le temps et dans
l’espace susceptible de pouvoir contenir de volumes très importants aboutissant à la mer.
Cette situation se différencie des bassins versants de Mohéli et d’Anjouan ou les versants présentent
des systèmes hydrographiques très évolués avec des estuaires bien développés. Les rivières de Mohéli
et d’Anjouan sont susceptibles de contenir autant des volumes d’eau en cas des fortes précipitations
bien qu’elles débordent souvent.
Source: Site de catnet.net; le 12 juillet 2012 à 11 heures.
Figure 4: Embouchure de la rivière de Pessini à Ngazidja
2.1.1.4. Pente
La morphologie de la région centrale de la Grande- Comore est particulière mais reste liée aux
manifestations du volcan Karthala. Cette région se présente sous la forme d’un cône avec trois parties
bien visible, une partie côtière plate jusqu’à 100 mètre d’altitude, une partie intermédiaire caractérisée
par une pente très forte et englobant les zones agricoles et les forêts denses des régions de Bambao et
Hambou à l’ouest. A 2.000 mètres d'altitude suit d’une faible pente qui se termine par le sommet
culminant de l’archipel, le Karthala à 2361 m. Elle est aussi très raide dans certains endroits marqués.
Cette dénivellation très forte est l’un des facteurs explicatif de la forte cinétique lors de ruissellements
pendant ces inondations.
17
Figure 5: Visualisation du débit dans deux rivières, Hoani Mohéli et Dzahadjou Grand Comore
Les obstacles aux circulations des eaux sont très constatés dans la plupart des localités comoriennes.
Ce sont beaucoup plus les espaces de cultures et d’habitations qui font obstacle aux circulations des
eaux dans ces localités en cas des pluies. Ils modifient totalement les systèmes de drainages initiaux
provoquant ainsi de nouveaux systèmes qui font augmenter le risque d’inondation par la réduction de
l’écoulement et de l’infiltration du sol ainsi que les surfaces de circulation. On note en plus un problème
de cadastre qui n’est pas un phénomène nouveau aux Comores. Il est surtout accéléré ces dernières
années par la démographie et la concentration des populations dans les bassins sédimentaire.
2.1.2. Cartographie des bassins versants de zones à haut risque d'inondation aux Comores
Ces cartes des zones à risque d’inondation sont établies à partir d’une analyse de l’existant, des
données pluviométriques recueillies auprès de services météorologiques, de l’historique de l’aléa dans
les localités affectées, des cartes IGN datant de 1994, de la géomorphologie de terrain en traçant les
réseaux hydrographiques de la localité concernée (la rivière principale et ses affluents), et les lignes de
crête (les lignes de partage des eaux).
Cette cartographie a pour objectif général de servir à la gestion du risque inondation aux Comores.
Les objectifs spécifiques :
- servir de carte d’évaluation des zones inondées,
- servir carte de constat détaillé des inondations.
Compte tenu de l’évolution démographique, de phénomènes climatiques extrêmes, des activités
agricoles et de la dégradation des bassins versants, il sera difficile d’avoir les bonnes précisions dans
ces localités.
18
Figure 6: Cartographie des zones à haut risque d’inondation à Mohéli
Deux grands bassins à fort risqué
d’inondation limitée par la même
ligne de crête : le bassin versant de
Hoani et le bassin versant de
Miringoni
Figure 7: la partie la plus exposée aux risques d’inondation sur l'île de Mohéli
19
Figure 8: les rivières dans les zones à haut risque d’inondation sur l'île de la Grande- Comore.
Cette région ne présente pas des
lignes de crête ce qui prouve une
défaillance du système
hydrographique dans la zone.
Figure 9: les régions les plus affectées par les inondations dans l’île, Bambao et Vouvouni
20
Figure 10: les zones à haut risque d’inondation sur l'île d'Anjouan.
Les villages les plus exposés aux risques
d’inondation à Anjouan sont Salamani,
Saandani, Mraraharé, Assimpao, Vassy,
Vouani, Pomoni, Moya et Ongoni.
Figure 11: la région à haut risque d'inondation de l'île
2.1.2.1. Les conséquences dommageables des inondations aux Comores
L’évaluation préliminaire des risques d'inondation (EPRI) qui a pour objectif d'évaluer les impacts
potentiels des inondations sur la santé humaine, l'environnement, l’agriculture et l'activité économique
sur les trois iles, est un outil à développer dans le pays.
21
L'EPRI constitue l’un des premiers états des lieux de l’exposition au risque inondation à réaliser sur
l'ensemble des zones affectées par les inondations. Il s’agit avant tout de partager un diagnostic
commun à l'ensemble du territoire, visant les conséquences potentielles de ce phénomène
extrême qui devient de plus en plus fréquent.
2.1.2.2. Les dommages consécutifs liés aux inondations sont occasionnés par
-
L’érosion du sol associée à des boues est provoquée par la vitesse du courant d’eau lors des
précipitations ayant entrainé les matériaux ;
La submersion dépend de la hauteur d’eau atteinte pendant les inondations, cette eau a affecté
très profondément les matériaux atteints ;
Les mises en pression ont provoqué les déformations des bâtiments et les infiltrations à
l’intérieur des constructions
Sur le terrain, on distingue les impacts directs avec plusieurs types de dommages et les impacts
indirects:
2.1.2.3. Les impacts directs
Les impacts directes sur les vies humaines sont de conséquences touchant les vies de l'homme.
Les inondations peuvent avoir différents impacts aux populations sur la santé humaine. Les décès des
personnes en représentent la forme la plus dramatique. Les noyades sont d’autant plus fréquentes que
les hauteurs et les vitesses de submersion sont importantes et que les phénomènes se produisent
rapidement dans un environnement où les personnes ne disposent pas d'espace refuge identifié et
connu par la population. Un décès a été engendrés par des accidents liés à la situation de crise
(chutes, électrocution, …etc.), l’exemple de Mitsoudjé. Les inondations ont
entrainé des
dysfonctionnements des services publics dans les zones affectées tel est la distribution d'eau potable
dans tous villages approvisionnés par le réseau d’adduction de Vouvouni. Certains hôpitaux sont
partiellement affectés. Ce phénomène avait potentiellement impacter la santé humaine dans les
régions sinistrées.
Quelques exemples :
o Mort par noyade, exemple la mort d’un enfant transporté par un cours d’eau cas de Fomboni à
Mohéli en 2010
o Mort par électrocution cas de Mitsoudjé à Ngazidja en 2012
o Des personnes sont blessées, sans abris et d’autres ont été déplacées
Enfin, en post-crise, à la suite d'un événement majeur, des épidémies peuvent se déclarer, notamment
à cause de l'accumulation boues non traitées, la prolifération des phytoplanctons, de cadavres
d'animaux qui n'auraient pu être traités à temps ou de problèmes d'assainissement.
Les dommages liés aux ouvrages
22
o des ponts et des routes, des murs de soutènement, des citernes d’eau, des tuyaux d’adduction
sont détruits totalement ou partiellement; des maisons complètement ou partiellement détruites.
Figure 12: destruction des infrastructures routières par les inondations en 2010 à Hoani et 2012 à Mitsoudjé
2.1.2.4. Les dommages à l’environnement
Ce sont les conséquences sur les écosystèmes naturels pendant les catastrophes naturelles.
o Dépôts de boues de toutes sortes, des déchets et des débris susceptibles de provoquer des
maladies dans le futur en l’absence de désinfections ;
o Un déséquilibre des écosystèmes par étouffement de la faune et de la flore du aux eaux chargées,
c’est ce qui s’est produit à Vouvouni ;
Figure 13: Erosion et destruction des écosystèmes par les inondations en 2012
Les dommages des biens et services impactant les économies du pays
o Les zones de culture sont détruites par les eaux de ruissellements ou torrentiels dont la hauteur et
le débit de l’eau variaient dans chaque localité des îles, ou sont asphyxiées;
o Paralysie de certains services publics tels que :
23
 les hôpitaux (centre de santé de Mitsoudjé, service d’anesthésie d’El Maarouf, …etc.),
 certaines écoles,
 les transports routiers dans la région de Vouvouni à Kafoni et de Hambou à pessini,
 la communication téléphonique pour certaines régions du pays était perturbée,
o La perte d’exploitation des entreprises et des commerces tels que la station des hydrocarbures de
Kafouni suite à l’endommagement par enfouissement des matériels et du bâtiment;
o L’existence des risques d’érosion des sols suite à la formation des fentes de dessiccation des
argiles et des limons déposés après les inondations;
o La détérioration des murs de certaines maisons due à la durée d’immersion, la boue et surtout les
eaux chargées lors des inondations à Vouvouni et Nioumadzaha surtout;
Pertes de bétails directement ou indirectement au niveau national.
Les effets indirects
Ces effets peuvent porter atteint sur la santé de l'environnement dans les zones souvent affectées.
o La pollution entrainée par les inondations après avoir mélangées les eaux usées provenant des
égouts dans tous les villages sinistrés, les eaux chargées des sédiments et les hydrocarbures
déversés (cas de Vouvouni) , d’autres produits chimiques plus dangereux non identifiés et par les
ordures et les déchets ;
o Des maladies telles que la diarrhée, la typhoïde, le paludisme et la malnutrition peuvent se
manifester dans les mois avenir si les populations ne sont ni vaccinées ni sensibilisées sur les
conduites à tenir ;
o Possible risque technologique suite aux destructions de stations de stockage de gaz liquéfiés ;
o Le chômage partiel par la destruction de la station des hydrocarbures (cas de Vouvouni
également).
Tableau 6: dommages et pertes causés par les inondations ces dix dernières années.
Année
Avril 2002
Avril 2009
Pertes humaines et effets socioVilles, villages et
économiques/environnementale
région
2.400 personnes affectées
5 maisons entièrement détruites, 2 puits pollués et un pont Hoani, Mbatsé et
fracturé,
Wallah
Tarissement de rivières vers l’aval des sédiments et perte de
couverture végétale
Terres agricoles inondées à 80%, glissement de terrain,
Dépôt intense de boues dans les bassins côtiers.
125 familles affectées, 1 blessé grave
Hoani,
Miringoni,
27 maisons détruites
Wallah I, Hamavouna,
Système d’adduction d’eau détruit dans 6 villages
Fomboni et Mbatsé
4 écoles endommagées
Tarissement des rivières et fort dépôt des boues dans les bassins
côtiers
24
Ile
Mohéli
Mai 2012
Avril 2009
Mai 2012
2006
Avril 2009
Mai 2012
17.592 affectées, 4 blessés, 180 déplacées,
39 maisons détruites, 1 école primaire détruite,
2 Km de route nationale détruit, adduction d’eau 6 village
Erosion, glissement de terrain,
Entrainement vers l’aval des sédiments sur les cours d’eau et
perte de couverture végétale, dépôt des boues dans les bassins
côtiers
1 mort, 43 familles affectées et 1 village entièrement évacué
77 maisons affectées, 3 ponts détruits, certaines routes coupées
Hoani,
Mbatsé,
Fomboni,
Hamavouna, Wallah I,
Miringoni
Nord et l Sud-ouest
22.859 affectées, 120 déplacées ;
20 maisons détruites et 2Km de route nationale totalement
détruits ;
Erosion, glissement de terrain, déstabilisation des sols, de la
couverture végétale et des habitats ;
Tarissement des rivières et dépôt des boues dans les bassins
côtiers
Sima
(Sandani, Anjouan
Assympao, Maraharé,
Pomoni et Moya),
Domoni (Ongoni,)
5 morts et deux personnes blessées ;
10 maisons et un pont détruits.
Sud-est
59 familles affectées et 2 blessées graves,
50 maisons en tôle détruites, routes détruites ;
Bambao, Dimani et
Des citernes polluées et des latrines bouchées ;
Domba (Pidjani)
Terres agricoles inondées à 80% de zones, effets nocifs sur la
santé due aux boues déposées dans ces localités.
17.232 affectées, 3 décédées (2femmes et 1 enfant),
82personnes blessées, 1.318 déplacées,
Centre de santé totalement inondé à Mitsoudjé ;
500 maisons détruites et 18 Km de route nationale détruite ;
Erosion et déstabilisation des sols, constitution des barrages
naturels, contaminations de sols dues aux vidanges des
hydrocarbures et au débordement des eaux usées et des produits
chimiques ;
Effets sur la vie des animaux et de végétaux et perte de la
couverture végétale et de l’habitat,
Fort tarissement des cours d’eau et fort entrainement des
sédiments vers l’aval.
25
Bambao (Vouvounini,
Boueni),
Hambou
(Mitsoudjé, Salimani,
Bangoi), et Domba
(Bandamadji)
Grande
Comore
III. Evaluation de la vulnérabilité des inondations aux Comores
Certaines précautions peuvent être prises en compte pour réduire les conséquences dommageables
sur les vies humaines et les biens socio-économiques ainsi que la gêne liés aux inondations dans les
zones affectées aux Comores. Encore faut-il connaître précisément les situations locales de l’aléa
inondation et les points plus sensibles des enjeux. C’est le rôle de l’évaluation de vulnérabilité que
propose cette étude, une démarche qui peut répondre aux préoccupations des populations dans les
zones sinistrés mais aussi être le point de départ d’un programme d’action aux inondations ou encore
servir de document de référence pour des travaux avenir.
Certains enjeux ou activités non délocalisables sont situés en zone inondable mais ne subissent pas
l’inondation de la même façon: selon leur conception, leurs matériaux, leurs équipements, certains
seront plus touchés que d’autres.
3.1. Les facteurs de vulnérabilité
La pauvreté affecte fortement les îles Comores, elle est caractérisée par un faible taux de scolarité et
des infrastructures peu développées, une économie peu diversifiée et reposant essentiellement sur le
secteur primaire, dont les principales productions sont de rentes, de subsistances et de pêche. Les
facteurs d´instabilité sociale et politique, constatés sur plusieurs années ont relativement affecté le
pays.
Les Comores en matière de santé, subit encore les conséquences de la destruction d’une grande
partie du nombre limité d’infrastructures, lors des aléas naturels et anthropiques. Ainsi, l´accès aux
services de santé de qualité est limitée par l´insuffisance d’équipements et un manque de ressources
humaines tant au plan qualitatif que quantitatif.
3.2.1. L´eau
L’eau est un facteur déterminant dans l´évaluation de la qualité des prestations de services de santé.
Elle est pratiquement hors de portée pour la grande majorité de la population comorienne surtout à
Mohéli et à Anjouan. Avec un système d’assainissement défaillant, lors de fortes précipitations,
l’approvisionnement en eau cause un sérieux problème. Les installations sanitaires ne sont pas
connectées à des réseaux d´égouts ou à des fosses septiques adéquates.
3.2.2. Education
Dans l'enseignement primaire, il convient de souligner que des progrès importants ont été réalisés,
notamment en termes de taux de couverture scolaire, qui a augmenté la capacité d’accueil ces
dernières années et le taux d’alphabétisation des jeunes filles.
La vulnérabilité comorienne aux inondations, est favorisée par les quatre facteurs suivants : les facteurs
physiques ou structurels, le facteur social, le facteur économique et le facteur environnemental, détaillé
dans le tableau ci-dessous.
26
Tableau 7: Types de vulnérabilités aux Comores.
Type de vulnérabilité
Physique ou structurel
Sociale
Economique
Environnementale
Facteurs de vulnérabilité
-
Relief, contexte géologique et les réseaux hydrographiques,
-
Norme de construction et site de construction, matériaux de construction,
-
Démographie dans la zone et la densité,
-
La méconnaissance sur l’aléa inondation et la faible sensibilisation,
-
Infrastructures sanitaires faiblement opérationnelles
-
Agriculture (rente, vivrière et maraichère) exposée aux aléas
-
Infrastructures (routières, eau et assainissement, communication, … etc.)
exposés aux aléas
-
Gestion des ressources environnementales (eau, biodiversité,
déforestation, extraction de sables et graviers, destruction de récifs, …
etc.)
L'étude de vulnérabilité analyse les facteurs de vulnérabilité suivant les secteurs définis dans le tableau
en dessous dans chaque île selon le degré d’exposition et le degré de menace de l’aléa inondation.
Tableau 8: Secteurs touchés par les inondations
Secteurs sociaux
Les infrastructures
Secteurs économiques
Population touchée
L’eau et l’assainissement
L’agriculture
Types de
exposés
Les effets globaux des
dommages
Les effets sur
l’environnement
logements
Les moyens de transport
L’élevage
Education
Santé
L’aléa inondation est caractérisé de trois paramètres qui varient selon le type d’inondation d’une part et
d’une île d’autre part.
Les paramètres sont :
1- La hauteur de l’eau qui peut être évaluée de manière très fiable par rapport aux autres paramètres
en cas de crue par débordement de plaine;
2- La durée d’immersion qui explique la dégradation de la ténacité de matériaux et des ouvrages;
3- Et la vitesse de courant de l’eau qui dépend fortement des spécificités locales. La force du courant
induit la destruction des enjeux socio-économiques par l’action dynamique de l’écoulement et du
choc avec les lourds objets entrainés par le courant.
La hauteur et la vitesse de courant créeraient une vulnérabilité assez élevée chez les populations
comoriennes dans les localités souvent affectées.
27
La classification de la vulnérabilité sur les secteurs sociaux, économique, les infrastructures et les
dommages sur l’environnement dans les trois îles varie en fonction de trois paramètres et de types
d’inondations identifiés.
Tableau 9: Scenario probable des inondations
Scenario plus probable 1 Scénario plus probable 2 dans les trois îles
dans les trois îles
Ordre de vulnérabilité en
fonction de trois paramètres
avec le type d’inondation
Type d’inondation
Torrent
Ruissellement
Plaine
Vitesse
Vitesse
Hauteur
1
Hauteur
Hauteur
Durée
2
Durée
Durée
Vitesse
3
Ce tableau résume les scenari plus probables dans les zones à haut risque d’inondation aux Comores.
3.3. A Mohéli
Mohéli est la plus petite des îles Comores par sa superficie et sa population. Son relief très accidenté
comme l’île d’Anjouan oriente les populations à s’installer dans les bassins sédimentaires côtiers à forte
concentration de réseau hydrographique (les bassins versants). La pluviométrie est très élevée dans
l’île surtout dans la région de Moimbao ou se concentre la forêt dense.
Les caractères pédologiques (sol de nature argileuse) et hydrographiques (fort réseau hydrographique),
surtout géomorphologique, et la forte lacune en maîtrise d’outils de gestion de l’environnement et du
développement sont les facteurs pris en compte dans cette évaluation.
3.3.1. Les secteurs sociaux
Les localités les plus touchés par ces épisodes des inondations dans l'île de Mohéli sont :
-
Fomboni, la capitale de l’île ;
Hoani et Mbatsé dans la région de Moimbassa ;
-
Miringoni et Wallah I dans la région de Moimbao ;
-
Et Hamavouna dans la région de Djando.
28
La population touchée dans ces localités est de 25.250 habitants représentant 47% de la population de
l’île y compris les enfants de moins de 10 ans et les vieux de plus de 70 ans.
Les types de logements exposés
Dans l’île, les logements construits sont quatre types (en dure, en terre battue, en paille et en tôle) mais
ne subissent pas la même sensibilité aux inondations. Les plus affectées sont celles en paille suivi de
terre battue puis en tôle. Toutefois, on remarque une forte concentration des habitations près de rivières
et surtout tout autour du lit majeur sans aucune directive qui les empêche.
Source: Site CATNAT, avril 2012
Figure 14: les estuaires de Miringoni et de Hoani à Mohéli
L’éducation
Les écoles de toutes les localités affectées par ces inondations sont construites à 90% dans le lit
majeur de rivières (Hoani, Mbatsé, Wallah I, Hamavouna, Fomboni et Miringoni). Ce sont surtout des
écoles primaires (pour les enfants de 6 à 14 ans). En cas des inondations de pleine ces écoles sont
fortement affectées (à Hoani et Mbatsé en 2002, Wallah I et Hamavouna en 2009) et les
enseignements sont abandonnés puis repris après le retrait des eaux.
Une seule école a été partiellement détruite à Hamavouna dans toute l’île pendant les inondations
d’avril 2012.
A Fomboni ou une école est construite à moins d’un mètre de la rivière sans aucune mesure de
protection, la plupart des écoles sont localisées dans des zones d'extrême vulnérabilité.
La santé
Les localités affectées dans l’île ne disposent pas des hôpitaux fonctionnels à part Fomboni (Centre
Hospitalier Régionale), Miringoni (poste médical) et Hoani (poste médical).
La situation sanitaire de Wallah I semble être précaire en cas des inondations car la localité serait
isolée par deux rivières et le Centre de santé le plus proche se trouve à Nioumachoua (10Km). La
29
situation est similaire pour Hamavouna ou les crues isolent les deux quartiers du village et Centre de
santé plus proche est à 10 Km dans la localité (Wanani).
A Miringoni, le poste de santé est soumis à la fois aux inondations de pleines et des submersions
marine malgré la courte digue construite.
Mbasté se trouve entouré du poste de santé de Hoani à 4Km et du Centre Hospitalier régional de
Fomboni (6Km) sans aucun risque d’isolement du village.
3.3.2. Les infrastructures
L’eau et assainissement
Le secteur de l’eau et de l’assainissement est fortement touché durant une à deux semaines ou un
mois (de fois) en cas de fortes pluies en générale et en cas des inondations en particulier dans toutes
les localités de Mohéli (à part le plateau de Djando approvisionné par des eaux souterraines à partir des
puits). Ceci est dû au fait que les localités sont approvisionnées directement depuis les rivières sans
aucun traitement préalable. Cette situation fait l’objet d’une attention particulière ayant permis la remise
en état partielle ou totale de certaines infrastructures hydrauliques et sanitaires car les tuyaux sont
emportés et détruits. Toutefois, beaucoup reste à faire, car plusieurs infrastructures sont encore hors
d’usage et celles qui fonctionnent restes plus vulnérables aux inondations et fortes précipitations.
Figure 15: tuyau souvent emporté en cas de crues, cas de Hoani à Mohéli.
3.3.3. Les moyens de transport
Les routes sont dans un état très précaire dans la région de Mlédjelé (la route de Wanani à
Nioumachoua), la route de Moimbao (soumise à des glissements de terrain qui isole de fois Miringoni et
le tronçon de 10 Km non goudronné entre Wallah I et Miringoni). Cette situation n’est générée par les
inondations mais plutôt par les fortes précipitations dans les régions. Ces dernières provoquent des
érosions et glissements de terrain répétitifs sur les routes qui facilitent la dégradation des infrastructures
routiers.
30
3.3.4. Secteurs économiques
L’économie des localités de l’île de Mohéli, soumise aux inondations est basée sur l’agriculture, la
pêche et le petit commerce.
3.3.4.1. L’agriculture
L’agriculture par sa diversification interne représente la grande source de revenus marquée par la rente.
Elle est composée de trois types :
-
La rente (vanille, girofle, ylang-ylang) moins soumise aux inondations ;
Les vivrières (bananes, maniocs, patates, …etc.) trop affectées par les inondations
-
Les maraichères sont plus affectées soit directement ou indirectement par étouffement car
pratiqués soit dans les lits majeurs de rivières soit dans les zones à forte ruissellement.
3.3.4.2. L’élevage
L’élevage constitue la deuxième activité économique dans l’île après l’agriculture. Toutefois ce secteur
subit des fortes conséquences dans la mesure où les vaches, les cabris et les volailles ne sont pas
protégés contre les froids pendant les fortes précipitations et en cas des inondations sont souvent
emportés car ils sont pratiqués dans les zones bien drainées par des réseaux hydrographiques.
3.3.5. Les effets globaux des dommages
3.3.5.1. Les effets sur l’environnement
Malgré les efforts consentis par le gouvernement central et local, le cadre juridique et institutionnel de la
gestion et la protection de l’environnement est encore assez fragile dans l’île. L’Etat reste global dans
les phases de négociation des Accords Multilatéraux Environnementaux (AME) et dans la mise en
œuvre de ces accords.
Les Organisations Intergouvernementales (OIG) assistent les Etats dans cette mise en œuvre par une
aide technique, financière ou juridique.
Les acteurs publics de la gestion et de la protection de l’environnement sont moins ressentis au niveau
local par rapport aux acteurs privés marqué par leur rôle opérationnel sur le terrain.
Une forte méconnaissance des outils (la statistique environnementale et la géomatique pour les
ressources environnementale et la gestion de catastrophes telles que les inondations) de gestion et de
protection de l’environnement dans les localités de l’île constitue également une vulnérabilité pour la
bonne gestion environnementale.
Cette situation fragilise les efforts fournis par les localités en matière de gestion et de protection de
l’environnement et génère une détérioration de l’environnement (déboisement des bassins versant,
31
déforestation, extraction de sables et graviers, braconnage des espèces animales telles sont les tortues
marines vertes, …etc.).
C’est d’une part la décentralisation des services (appelée aussi décentralisation fonctionnelle) qui
permet soit à l’Etat soit aux autorités territoriales de créer des établissements publics. La forme nouvelle
constatée dans les îles est assez propre à l’environnement : c’est la gestion de l’environnement par des
communautés dites locales ou autochtones, exemple les aires protégées.
Tableau 10: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île de Mohéli
très fort
fort
moyen
faible
très faible
Degré de vulnérabilité aux inondations
Localités
Wallah I
Hamavouna
Hoani
Miringoni
Fomboni
Mbasté
3.4. A Anjouan
L’île d’Anjouan est la plus densément peuplée des îles Comores. La répartition spatiale de la population
est déséquilibrée par les situations géographiques très accidentée.
Son relief très marqué par des fortes montagnes aux flancs très pointus et aux falaises très escarpées,
l’île d’Anjouan est drainée par des grands bassins hydrographiques qui marquent sa potentialité en
eau. Sa structure pédologique est caractérisée par un sol à dominance argileuses, argiles-sableuses,
sables, sables argileux et des limons.
Les localités soumises aux épisodes des inondations sont en grande majorité côtière et souvent situées
près des estuaires. Ces inondations provoquées par des pluies diluviennes entre le mois de janvier et
d’avril, se manifestent par de débordement de pleines, torrentiels, des ruissellements ou une remontée
de la nappe phréatique comme celle de Vouani. Cette dernière présente la plus forte pluviométrie de
l’île ce qui justifie la forte humidité du sol dans la région.
32
Les caractères pédologiques (sol de nature argileuse à forte humidité) et hydrographiques (fort réseau
hydrographique dans la région), géomorphologique et la forte lacune en maîtrise d’outils de gestion de
l’environnement et du développement sont les facteurs pris en compte dans cette évaluation.
3.4.1. Les secteurs sociaux
Les localités les plus touchés par ces épisodes des inondations sont : Saandani, Maraharé, Assimpao,
Salamani, Vassy, Vouani, Pomoni, Moya et Ongoni. La population exposée aux désastres est estimée à
27.122 habitans y compris les enfants de moins de 10 ans.
Les types de logements exposés
Les habitations construites dans ces localités sont assez vulnérables du fait de types de matériaux.
Celles construites en paille et en terre battue sont les plus exposé aux inondations car elles se trouvent
tout prêt de lits majeurs des rivières pas loin de lits moyens. Celles construites en dure sont plutôt à un
niveau moins élevé (moins de 0.50m). C’est pourquoi les inondations qui atteignent une faible hauteur
affectent significativement les habitations dans ces localités. Comme à Mohéli, aucune directive n’est
appliquée pour empêcher les installations au tour des zones inondables.
L’éducation
Les écoles les plus exposés aux épisodes des inondations sont surtout les écoles primaires. Elles
accueillent des enfants de moins de 14 ans qui n’ont bénéficiés aucune information sur l’aléa
inondation. Pendant la période des inondations de pleine, torrentielles ou de ruissellement, ces écoles
sont fortement affectées (Vassy et Vouani en 2009) et les enseignements sont aussi abandonnés pour
une nouvelle reprise comme à Mohéli. Le village de Saandani serait le plus touché car il ne dispose pas
une école primaire.
La santé
Les localités les plus affectées dans l’île ne disposent pas des infrastructures hospitalières en bon état
fonctionnel à part les postes médicaux de Vassy, Pomoni et Moya pour les consultations, les soins et
les achats des médicaments.
La situation sanitaire des autres localités sans infrastructures hospitalières présente une forte
vulnérabilité dans ce domaine, tel est cas à Saandani ou le centre de santé plus proche se trouve à
Bandrani (à trois Km) et Ongoni ou le centre de santé plus proche se trouve à Domoni.
3.4.2. Les infrastructures
L’eau et assainissement
Le secteur de l’eau et de l’assainissement est fortement touché en cas des inondations dans toutes les
localités soumises aux inondations dans l’île. Dans ces localités, le système d’approvisionnement en
eau est directement pris aux surfaces des rivières sans aucun traitement préalable comme à Mohéli.
33
Toutefois à Saandani la situation reste toujours très critique dans la mesure où les tuyaux
approvisionnant de deux citernes publiques sont souvent emportés. A Pomoni, la situation fait l’objet
d’une forte attention car depuis le cholera de 2002 affectant la source de Lingoni, plus 25% de la
population ne boit plus cette eau. Le traitement n’est encore entrepris dans toutes ces localités. C’est
ainsi que beaucoup reste à faire, car plusieurs infrastructures sont toujours soumises aux inondations
et fortes précipitations et en font de ces localités très vulnérables.
3.4.3. Les moyens de transport
Dans l’île d’Anjouan, l’état de routes de localités affectées est assez dégradé par les inondations et les
fortes précipitations annuelles. Ces routes sont de fois barées par des glissements de terrain par
éboulements (exemple de Vassy). Le tronçon de Moya reste la plus détruite, environ 500m emporté
par les inondations d’avril 2012. C’est la rivière de l’entrée de Moya qui a fait plus de dégâts sur la route
nationale en provenance de Pomoni. Les effets sont similaires à ceux de Kafoune à la Grande-Comore.
La reconstruction de cette route exige une évaluation environnementale stratégique pour éviter de telles
conséquences à ces infrastructures très couteuses pour l’état comorien.
3.4.4. Secteurs économiques
Dans l’île, l’économie des localités subissant les inondations, est surtout basée sur l’agriculture avec
des produits de rente (girofles, l’ylang-ylang et la vanille), des produits vivriers et les produits
maraichères, et de l’élevage avec les vaches laitiers.
3.4.4.1. L’agriculture
L’agriculture de rente constitue la première source de revu dans la région de Sima ou se situe la plupart
des villages inondables. Après les rentes, on trouve les produits vivriers qui sont arrachés et emportés
pendant les inondations dans les champs.
Toutefois la situation ne reste pas la même dans tous les villages, à Ongoni l’’agriculture maraichère
constituant la première source de revenu est fortement affectée directement ou indirectement pendant
les inondations.
3.4.4.2. L’élevage
L’élevage est une des activités économique pour les citoyens dans l’île après l’agriculture. Ce secteur
semble bien organiser par rapport aux autres îles et subis moins de conséquences du fait que certains
animaux sont domestiques. C’est donc une pratique qui permet d’éviter les plus de dégâts par rapports
aux autres îles.
34
3.4.5. Les effets globaux des dommages
3.4.5.1. Les effets sur l’environnement
Auparavant, la disparition naturelle des espèces avait un rythme lent, aujourd’hui le rythme est
accéléré, première extinction d’origine humaine.
La Biodiversité est trop affectée dans l’île avec ces trois sous-ensembles:
-
diversité génétique (entre individus au sein d’une même espèce),
-
diversité spécifique (c’est-à-dire entre espèces),
- diversité éco-systémique.
Ex: la forêt, a perdu environ 50% des espèces animales et végétales. Une érosion difficile à mesurer.
Le rôle des hommes est déterminant bien que l’incertitude scientifique sur les causes précises est
encore claire.
Malgré les efforts du gouvernement central, insulaire et local, le cadre juridique et institutionnel de la
gestion et la protection de l’environnement dans l’île est encore assez fragile.
Les acteurs publics de la gestion et de la protection de l’environnement sont moins ressentis au niveau
local aux acteurs privés marqué par leur rôle opérationnel sur le terrain.
Source : Google, juillet, 2012
Figure 16: vue de l'état de dégradation à l'aval de la rivière d’Ongoni à Anjouan
35
Tableau 11: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île d’Anjouan
très fort
fort
moyen
faible
très faible
Degré de vulnérabilité aux inondations
Localité affectée
Salamani
Vassy
Moya
Saandani
Assimpao
Maraharé
Vouani
Pomoni
Ongoni
3.5. A la Grande-Comore
La Grande-Comore est la plus grande île des îles Comores par sa superficie. Son relief très jeune par
rapport aux autres îles marqué par son volcanisme encore actif. Ce phénomène affecte toute la partie
centrale et le Sud de l’île en cas d’éruption. Sa partie Nord semble être la plus stable de l’île.
La géologie de l’île est dominée par des roches basaltiques très poreuses et perméables. Son réseau
hydrographique est fermé par ses rivières non permanentes qui n’aboutissent toutes à la mer.
Les inondations sont donc relativement fréquentes sur l’île ces dix dernières années par sa pluviométrie
très abondante et les cendres volcaniques de dernières éruptions de 2005 ayant directement diminués
la perméabilité de son sol à infiltrer les eaux de surface. Pendant la saison pluvieuse les ruissellements
se dirigent vers la mer, en empruntant par endroit des torrents et des escarpements dans la région de
Vouvouni et de Hambou, formant des cours d’eau qui débordent de lits moyens et inondent les villages
les plus proches de ces rivières.
3.5.1. Secteurs sociaux
Les localités les plus touchés par les inondations dans l’île de la Grande- Comore sont répartie en
quatre régions :
36
-
Bambao (vouvouni, Boueni et Nioumadzaha)
-
Hambou (Salimani, Mitsoudjé, Bangoua, Mdjoièzi, Chouani et Djomoichongo)
Domba (Bandamadji et Pidjani)
- Dimani (Fouboudzivouni et Idjinkoundzi).
La population totale affectée directement par les épisodes des inondations est estimée de 103.799
habitants dans toutes les localités de la Grande- Comore. Toutefois les effets des inondations peuvent
indirectement touchées d’autres localités y compris la capitale de l’île, Moroni ce qui peut augmenter ce
nombre.
Les effets sont semblables dans les deux premières régions. D’autres localités sont parfois touchées
mais les inondations remontent des années 1990, tel est le cas pour Rehemani, Maoueni et Malé. La
population touchée dans ces localités est de 25.250 habitants représentant de la population de l’île y
compris les enfants de moins de 10 ans et les vieux de plus de 70 ans.
Les types de logements exposés aux inondations à la Grande Comore sont de trois types.
Trois types des habitations sont construits dans l’île de la Grande- comore (en dure, en tôle et en paille)
mais ne subissent pas la même sensibilité aux inondations selon les emplacements et les régions. Les
plus affectées sont celles en tôle souvent détruites par les matériaux mobilisés par les eaux de
ruissellement en fonction de la vitesse et de la hauteur d’immersion. En plus de deux facteurs, il
convient à dire que la majorité des habitations sont dans les zones empruntées par les eaux en cas de
crue ou de ruissellements et ont des soubassements inférieur d’un mètre alors que les inondations
atteignent de fois plus de 1m 50 de hauteur en moyenne. Dans certaines localités des maisons se
trouvent sur le lit majeur qui était autre fois un lit moyen soit par méconnaissance soit par une manque
de prise en compte du risque dans la politique du développement. Ce phénomène se constate dans
beaucoup de localités soumises à l’aléa inondation (exemple : Nioumadzaha, Kafoni, Salimani,
Bangoua, Vouvouni et Mitsoudjé).
L’éducation
Les écoles ne sont pas affectées de la même manière car dans certains villages les ruissellements ne
traversent pas les habitations mais plutôt aux extrémités. Pour d’autres, les ruissellements traversent
les établissements éducatifs et causent des dommages (exemple de Mitsoudjé, Bandamadji, Salimani,
Vouvouni, … etc). Dans ces villages, ce sont surtout des écoles maternelles ou primaires qui sont
directement affectées en cas des inondations.
Quarante-sept écoles sont partiellement détruites et six sont totalement détruites. De fois même,
certaines sont évacuées ou déplacées pour les abriter dans des endroits plus ou moins sûr, exemple de
Salimani ou les enseignements sont abandonnés temporairement avant la reprise.
La santé
37
Les régions soumises aux inondations à la Grande-comore disposent des infrastructures sanitaires
publiques ou privées dans une de ses localités. Ces infrastructures sont soient directement ou
indirectement affectées par les inondations du fait qu’elles se trouvent tout prêt d’un réseau
hydrographique à haut risque d’inondation comme à Mitsoudjé et Bandamadji.
Cinq infrastructures sanitaires ont été partiellement détruites dans l’île par les inondations d’avril 2012.
Ces infrastructures manquent souvent des équipements appropriés pouvant répondre aux besoins en
cas de risques d’inondation. De plus certaines sont situées dans des localités pouvant être isolées en
cas de fortes inondations comme celle de 2012, exemple l’hôpital de Mitsoudjé.
Dans d’autres localités en l’absence des infrastructures sanitaires publiques, la communauté se paye
certains équipements comme des ambulances pouvant servir aux évacuations vers les hôpitaux les
plus proche (exemple : à Nioumadzaha et Mjoièzi).
3.5.2. Les infrastructures
L’eau et assainissement
A la Grande-Comore, les populations sont approvisionnées par les eaux souterraines et les eaux des
précipitations (soit par des citernes collectives ou individuelles). Le secteur de l’eau et de
l’assainissement est fortement touché pendant les inondations d’avril 2012, dans le site de Vouvouni,
l'eau est montée de 7 mètres en 24 heures. Durant 25 jours toute la population approvisionnée
directement par la station était en stress hydrique. Ce phénomène est provoqué par des écoulements
épidermiques ayant couvert les centres de pompage (quatre mètres de hauteur dans la station). Ceci
est dû au fait que le site d’approvisionnement n’était jusque-là protégé contre les inondations
directement. Cette situation fait l’objet d’une forte attention ayant permis la remise en état partielle au
site de Vouvouni. De murs de protections sont entrepris par une société Turque et les travaux sont en
cours.
Figure 17: état de pénurie d'eau pendant les inondations de 2012 à Moroni, la capitale nationale
38
Toutefois, d’autres localités ont profitées de ces précipitations pour le stockage d’eau
d’approvisionnement.
Beaucoup reste à faire dans la grande île car plusieurs infrastructures sont encore hors d’usage et
celles qui fonctionnent restes plus vulnérables aux inondations et aux fortes précipitations.
3.5.3. Les moyens de transport
En Grande- Comore, les routes sont dans un état très fragile dans la région de Bamabao, Hambou et
Domba ou 18 Km sont directement détruites par les inondations d’avril 2012.
Dans certains endroits la route était enfouie par les matériaux sédimentaires mobilisés (les roches
volcaniques de toute taille, les galets, les sables, les graviers, …etc.) lors de ruissellements, ce qui
caractérise la forte vitesse des eaux pendant le désastre.
Malgré les efforts fournis par le gouvernement et les partenaires au développement, la situation reste
inquiétante dans la mesure où les populations extraient du sable et du gravier. Ces activités réaffectent
l’état de cette route déjà très vulnérable.
La réhabilitation ou la reconstruction de cette route exige une évaluation environnementale stratégique
pour minimiser les futurs dommages dans ces travaux de grand investissement.
3.5.4. Secteurs économiques
L’économie insulaire plus développée dans le secteur agricole est soumise aux inondations. Cette
économie est basée sur l’agriculture, la pêche et le petit commerce local. Toutefois pour certaines
localités soit l’agriculture (Vouvouni, Boueni, Djoumoichongo, Maoueni, Idjinkoundzi, …etc.) soit la
pêche (Bangua, Bandamadji et Pidjani) constitue la première source de revenus.
3.5.4.1. L’agriculture
La diversification locale de l’agriculture représente la grande source de revenus marquée par les
produits vivriers. Le secteur de la rente est moins développé par rapport aux autres îles (seul secteur de
la vanille est plus développé dans l’île).
Il est composé de trois types :
-
La rente (vanille, ylang-ylang et moins de girofle dans l’île) moins soumise aux inondations ;
Les vivrières (bananes, maniocs, patates, …etc.) trop affectées par les inondations
-
Les maraichères sont plus affectées soit directement ou indirectement par étouffement car
pratiqués soit dans les lits majeurs de rivières soit dans les zones à forte ruissellement.
La localité de Malé est plutôt marquée par une insuffisance alimentaire.
39
3.5.4.2. L’élevage
L’élevage est l’un des secteurs économique de régions de Dimani, de Bambao, de Domba et Hambou.
Ces régions sont les plus arrosées pendant les périodes pluvieuses dans la Grande île. Ce secteur de
l’élevage subit des fortes conséquences dans la mesure où les vaches, les cabris et les volailles sont
souvent dans les champs hors des villages. Pendant les fortes précipitations ou des inondations, les
espèces élevées sont souvent emportées et tuées.
3.5.6. Les effets globaux des dommages
3.5.6.1. Les effets sur l’environnement
La dimension culturelle (Nature / Société) n’est pas de véritable nature vierge dans les îles comores en
général et en particulier en Grand- comore. L’environnement est un construit social, mais les
interdépendances entre les échelles reste un problématique en cours de construction: écosystèmes
emboîtés du local à l’écosphère. L’environnement est un univers très controversé marqué par :
La fragilité croissante d’une société technicienne et la fragilité aux déchets ménagers: risques
naturels plus risques d’origine anthropique ;
- Un modèle de croissance depuis des années => un changement radical de mode de vie ;
- Une mutation profonde à gérer au plan national et local: qui va en bénéficier, qui a à y perdre?
Qui soulève des questions
-
-
Peut-on traiter un problème isolément?
-
Le faire sans toucher à la structure de l’économie globale?
- Comment articuler les échelles?
Quel sort spécifique réservé pour l’île et le pays ?
Tableau 12: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île de la Grande-Comore
très fort
fort
moyen
faible
très faible
Degré de vulnérabilité aux inondations
Localité affectée
Vouvouni
Boueni
Nioumadzaha
Salimani
Mitsoudjé
40
Bangua
Mdjoièzi
Chouani
Djoumoichongo
Bandamadji
Pidjani
Fouboudzivouni
idjinkoundzi
Rehemani
Maoueni
Malé
IV. Les mesures définis et justifiées pour réduire les effets des inondations et si
possible la fréquence dans le contexte Comorien
La réduction de risques et catastrophes aux inondations se fait par deux types de mesures : les
mesures d’anticipation et les mesures de protections.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de politique transversal car la prévention des risques
naturels est à la fois interdisciplinaire (regroupement de plusieurs intervenants ayant une formation,
une compétence et une expérience spécifique qui travaillent ensemble à la compréhension globale,
commune et unifié d’une personne en vue d’une intervention concertée à l’intérieur d’un partage
complémentaire des taches) et muti-disciplinaires parce qu’elle regroupe différentes institutions dans
lesquelles on trouve différentes professions.
Mesures de prévention
 Sensibiliser les populations affectées par les inondations sur la nature des risques qu’elles
peuvent encourir ainsi que la conduite à tenir;
 Elaborer un plan d’urgence local pour protéger et secourir les populations, un plan qui doit être
testé régulièrement;
 Renforcer le système de prévision et de surveillance à la météo nationale en fournissant des outils
et techniques pour la réaction aux prochaines épisodes de fortes pluies;
 Renforcer en précisant les responsabilités et les missions des différentes autorités locales et des
acteurs dans la gestion des risques d’inondation dans les communautés cibles.
 Maîtriser de l’urbanisation autour des zones susceptibles d’être inondées;
41
Mesures de protection
 lutter contre les érosions, qui doit se faire à travers un programme d’aménagement des bassins
versants dans les zones affectées et qui a pour objectif :
 Maitriser le ruissellement de l’eau selon la topographie de creux et des crêtes dans les zones
sensibles aux inondations ;
 Limiter l’érosion par les actions d’une gestion durable des terres qui permettra une restauration des
sols dégradés et lessivés;
 Augmenter la production agricole dans la zone.
 considérer les meilleures méthodes de drainages ruraux et urbains dans l’optique d’une réduction







des impacts aux inondations;
Mettre en place des ouvrages transversaux qui permettront de dévier certain volume de l’eau dans
les plus grandes rivières dans chaque ile pour :
diminuer les surfaces inondées,
réduire la fréquence de crue et la durée de pics de crues.
Mettre en place des équipements linéaires pour augmenter la capacité d’évacuation des eaux en
cas des crues avec des travaux tels que :
Elargir le lit mineur des rivières par recalibrage dans les villages les plus vulnérables;
Approfondir le lit mineur des rivières dans les villages trop affectés, par dragage dans les trois iles;
Mettre en place des enrochements dans certaines rivières et routes potentiellement menaçantes.
Ces équipements permettront d’augmenter la hauteur des berges, d’influencer la vitesse d’écoulement,
de réduire les surfaces inondables, d’augmenter la capacité maximale d’évacuation des eaux en cas de
crues et de protéger les routes dans les zones les plus sensibles.
42
CONCLUSION GENERALE
Les inondations touchent les trois îles comoriennes avec une fréquence d’occurrence annuelle et une
probabilité d’occurrence forte. Elles peuvent survenir subitement sans aucune anticipation (prévision)
préalable en causant de conséquences dommageables assez importantes sur les vies humaines, les
enjeux sanitaires, l’eau et l’assainissement, l’agriculture et l’environnement. Ces inondations reviennent
tous les dix ans en moyenne.
Les dernières inondations d’avril 2012 témoignent la forte vulnérabilité qui expose les populations et les
enjeux socio-économiques du pays.
L’ étude de vulnérabilité aux inondations a permis d’identifier les causes de risques majeurs dans le
pays, les zones à risque potentiel et de cartographier ces zones d’une part et d’autre part de définir des
actions prioritaires à mener pour réduire la gravité et mieux répondre au relèvement et à la
reconstruction en cas d’occurrence. De plus elle fait ressortir que la Grand- Comore présente une forte
vulnérabilité du fait de son réseau hydrographique échoué et de la réduction des échanges entre les
ruissellements de surface et les nappes.
Outre cela, cette étude servira d’un outil d’aide à la décision qui permettra d’éviter non seulement les
graves effets sur les vies humaines, les infrastructures (routières, sanitaires, éducatifs, …etc.), sur la
production agricole, sur l’environnement mais aussi de prévoir et de minimiser les risques liés aux
inondations. Ainsi l’atteinte de ces objectifs passe par un certain nombre de recommandations :
 La promotion d’une approche associant les communautés, les scientifiques, les secteurs
spécialisés de l’état, pourrait renforcer le système de gestion du risque inondation.
 Une gestion de risques naturels qui intègre aussi l’aménagement du territoire appuyé par une
directive en s’appliquant à chaque périmètre défini.
 De même une gestion concertée de risques partagés entre les citoyens d’une communauté
pourrait diminuer les effets néfastes.
 Un soutien aux communautés résidentes dans les zones à risque pour renforcer leur
organisation et améliorer leur connaissance sur les risques qu’elles peuvent encourir et les
conduites à tenir à fin de réduire le coût de dommage et raccourcir le temps de réponse.
 Une gestion des risques par les institutions spécialisées de l’Etat plus déconcentrées pour une
appropriation des collectivités ou des communautés.
 Une étude de vulnérabilité plus fine qui nécessite un modèle numérique de terrain (MNT), une
photogrammétrie aérienne et des images satellites des zones affectées pour mieux évaluer les
dommages agricoles.
 Une exploitation comparée des images aéroportées et spatiales pour la caractérisation d’un
épisode d’inondation dans les trois îles.
43
BIBLIOGRAPHIE
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Union des Comores, 2011, 106p.
Béziers, (2006). Réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens aux inondations, risques
naturels majeurs, 44 p.
Lahadji, F. A. (2011). Déterminants de la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes : cas
de district sanitaire de M’rémani (un des districts d’intervention de l’UNFPA aux Comores), "Mémoire"
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CHARLEUX-DEMARGNE, J. (2001). Qualité de Modèles Numériques de Terrain pour l’Hydrologie.
Application à la Caractérisation du Régime de Crues des Bassins Versant, 350 p.
COMMISSION ÉCONOMIQUE POUR L'AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES CEPALC, Manuel
pratique d’évaluation des effets socio-économiques des catastrophes, 418 p.
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risques et catastrophes aux Comores, Rapport, 14 p.
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réduction de la vulnérabilité collective et individuelle, rapport de synthèse. 30 p.
L’Association internationale de développement, (2008). Gérer les risques naturels, réduire les
risques liés au développement, 10 p.
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préparation à la réponse aux catastrophes en Union des Comores, rapport. 72 p.
Ministère chargé de la protection civile des Comores, (2010). Plan national de contingence.76 p.
Centre des Opérations de secours et de la Protection civile des Comores, (2011). Plan de secours
spécialisé Cyclone. 57 pages
Plan PLUIES: http://environnement.wallonie.be/de/dcenn/plan_pluies/index.htm, consulté le
17/07/2012.
44
Liste des figures
Figure 1: données mensuelles des précipitations aux Comores d'avant 2000 ........................................................................ 12
Figure 2: carte de plantation des pluviomètres sur chacune des îles Comores ....................................................................... 14
Figure 3: Carte d'une partie du bassin versant de Hoani à Mohéli .......................................................................................... 16
Figure 4: Embouchure de la rivière de Pessini à Ngazidja ...................................................................................................... 17
Figure 5: Visualisation du débit dans deux rivières, Hoani Mohéli et Dzahadjou Grand Comore ............................................ 18
Figure 6: Cartographie des zones à haut risque d’inondation à Mohéli .................................................................................. 19
Figure 7: la partie la plus exposée aux risques d’inondation sur l'île de Mohéli...................................................................... 19
Figure 8: les rivières dans les zones à haut risque d’inondation sur l'île de la Grande- Comore............................................ 20
Figure 9: les régions les plus affectées par les inondations dans l’île, Bambao et Vouvouni .................................................. 20
Figure 10: les zones à haut risque d’inondation sur l'île d'Anjouan. ........................................................................................ 21
Figure 11: la région à haut risque d'inondation de l'île ............................................................................................................. 21
Figure 12: destruction des infrastructures routières par les inondations en 2010 à Hoani et 2012 à Mitsoudjé ...................... 23
Figure 13: Erosion et destruction des écosystèmes par les inondations en 2012 ................................................................... 23
Figure 14: les estuaires de Miringoni et de Hoani à Mohéli ..................................................................................................... 29
Figure 15: tuyau souvent emporté en cas de crues, cas de Hoani à Mohéli. .......................................................................... 30
Figure 16: vue de l'état de dégradation à l'aval de la rivière d’Ongoni à Anjouan ................................................................... 35
Figure 17: état de pénurie d'eau pendant les inondations de 2012 à Moroni, la capitale nationale......................................... 38
Liste des tableaux
Tableau 1: risques naturels aux Comores, 2000 à 2012 ........................................................................................................... 8
Tableau 2: Occurrence des inondations 200 à 2012 ................................................................................................................. 9
Tableau 3:fréquence des inondations 2000 à 2012 aux Comores ............................................................................................. 9
Tableau 4:hiérarchisation des aléas avec la probabilité d’occurrence et l’étendu ..................................................................... 9
Tableau 5: zones à risque d’inondation ................................................................................................................................... 10
Tableau 6: dommages et pertes causés par les inondations ces dix dernières années. ......................................................... 24
Tableau 7: Types de vulnérabilités aux Comores. ................................................................................................................... 27
Tableau 8: Secteurs touchés par les inondations .................................................................................................................... 27
Tableau 9: Scenario probable des inondations ........................................................................................................................ 28
Tableau 10: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île de Mohéli ............................................................................. 32
Tableau 11: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île d’Anjouan ............................................................................ 36
Tableau 12: Résumé de vulnérabilité aux inondations dans l’île de la Grande-Comore ......................................................... 40
45

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