Leurs ambitions chinoises

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Leurs ambitions chinoises
Le Magazine de la Chambre de commerce et d’industrie française en Chine | 中国法国工商会季刊
w w w.ccifc.org
N.71
AUTOMNE | 秋
Entrepreneurs
Leurs ambitions chinoises
Interview exclusive - Jean-François Roubaud : « Renforcer la compétitivité des PME »
Éditorial
Chine, l’accessible étoile
« L’eldorado chinois », « l’usine du monde », « le géant
prometteur »… Formules devenues clichés ? Peut-être. 13 ans
après son entrée à l’OMC, le géant d’Asie continue plus que
Cédric
BARRIER
Pharos Education
jamais à attirer les investisseurs étrangers et entrepreneurs
de tous horizons mais n’est plus tout à fait un marché
émergent. Il s’est « normalisé ».
Pour beaucoup néanmoins, cette Chine reste un mythe…
accessible. Et tous ceux qui ont gouté à cette aventure sont
unanimes : dès les premières visites, les premiers séjours
prolongés, la Chine s’impose comme une évidence et très vite
Benjamin
BILTERYST
Noeli Gallery
comme un objectif persistant. Ce qui souvent relève d’une
simple aspiration semble tout à coup possible et surtout
terriblement tentant.
En
Chine,
le
désir
d’entreprendre
se
fait
fort…
Tout y est favorable : la taille du marché, les opportunités
(encore pléthores) et un climat général propice aux affaires.
En témoignent les nombreuses success-stories à la française.
Gilles
COLLIN
PCS
Passer à l’acte n’est pourtant pas si simple ; le pays pouvant
s’avérer être un piège terrible pour qui n’est pas mûr à vivre
cette expérience entrepreneuriale hors du commun. Et même
si « l’échec est mère de la réussite » (失败乃成功之母),
comme dit le proverbe, une préparation méticuleuse et une
rigoureuse prudence – aujourd’hui toujours – s’imposent
donc.
Entrepreneurs et membres élus de la CCIFC
Vincent
GIUGE
Maison Délice
中国,触手可及的恒星
“中国黄金国”,
“世界工厂”,
“前程似锦的巨人”…… 这
Vaizoue
HUYNH
Plus Events
Consulting
些已成为老生常谈?可能吧。自它加入世贸组织13年后,这个亚
洲巨人前所未有地吸引着外国投资者和各个领域的企业家,却
不再完全是个新兴市场了。它已经“常态化”了。
然而,对于很多人来说,中国依然是个传奇,一个可以参与
其中的传奇。所有在中国有过冒险经历的人都认为:从初来乍
到,然后将首次逗留期一延再延,中国自然而然的迅速成为其
长期的目标。曾经的幻想似乎瞬间成为可能,并有着非凡的诱惑
Alexandre
LEVY
Chinexpansion
力。
在中国,干一番事业的愿望十分强烈……
一切都很有利:市场规模,商机(仍然过剩)和良好的商务
环境。许多法国企业家的成功也证明了这一点。
然而,付诸行动并不容易;对于那些没有足够经验在中国这
个与众不同的环境中试水的人来说,这个国家就像一个可怕的陷
阱。虽说“失败乃成功之母”,但精心准备和严格谨慎如今依然
Éric
TARCHOUNE
Dragonfly Group
是必要的。
中国法国工商会理事会成员,法国在华企业家
connexions
AUTOMNE 2014
3
Comité de Patronage
Le magazine de la Chambre de commerce
et d’industrie française en Chine
中国法国工商会季刊
Numéro 71, automne 2014
Direction de la publication
Michael Amouyal & Laila TAYEBI
Rédacteur en chef
Pierre TIESSEN
Graphiste
XIE Bin
Ont collaboré à ce numéro
Raphaël BALENIERI, Edgar DASOR,
Renaud de SPENS, Françoise BLÉVOT, HE Feng.
Traducteur
Beijing Kyowa Translation Co., Ltd.
Comité de relecture :
Commission communication de la CCIFC
Couverture
© Imagine China
Publicités
CHINE DU SUD :
Michaël Bouchut
[email protected]
Pékin :
Yin Yan GAO
[email protected]
Félix FEI
[email protected]
SHANGHAI & CORPORATE :
Morgan LEFEVRE
[email protected]
Connexions est édité par la CCIFC
C/O CCI France International
46 Av. de la Grande Armée. CS50071
75858 PARIS Cedex 17
Tél. +(33)1 40 69 37 60
Imprimé par
Beijing Haoxin Advertisement Co., Ltd.
北京昊鑫广告制作有限公司
« Dépôt légal » : avril 2011
Numéro ISSN : 2116-3707
Toute reproduction même partielle des textes et
docu- ments parus dans ce numéro est soumise à
l’autorisation préalable de la rédaction. La CCIFC
décline toute responsabilité quant aux documents qui
lui auraient été fournis, ou aux erreurs qui auraient
pu échapper à son attention. Les propos tenus dans
les articles n’engagent que la responsabilité de leurs
auteurs.
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N.71 | AUTOMNE | 秋
EntrEprEnEurs
DR
Leurs ambitions chinoises
12
« La Chine n’a rien d’un eldorado. S’y implanter s’avère
en effet extrêmement difficile, exige d’apprendre très
rapidement la langue et nécessite beaucoup d’énergie »,
prévenait il y a quelques années le sinologue Jean-Luc
Domenach1. Le constat depuis n’a guère changé :
la destination chine — pour un entrepreneur qui la
découvre et l’appréhende — s’avère souvent semée
d’embûches. Il n’est pourtant pas de pays au monde
qui offre encore autant d’opportunités pour qui sait
« oser entreprendre ». e-commerce, biotechnologies,
agroalimentaire, services à la personne…
autant de secteurs à saisir. À condition d’éviter les
pièges et d’être bien accompagné.
1. CA l’occasion de la 12 Université des CCI, à Paris (2006)
e
16
Imagine China
Imagine China
Dossier spécial
L'ActualitÉ business EN CHINE
L’actualité Business EN Chine 8
Grande Interview :
Jean-François Roubaud
« Renforcer la compétitivité des PME »12
DOSSIER
Numéro spécial
Entrepreneurs, leurs ambitions chinoises 16
Analyse
Thomas Chen, Les contraintes de
« l’eldorado chinois » pour
les nouveaux entrepreneurs
24
Interview croisée
Paroles d’entrepreneurs
26
FOCUS
S’implanter en Chine
Quelle structure juridique adopter ?
30
« Pack français »
Entreprendre, c’est (aussi) être accompagné 32
PAROLE à Philippe Bardol :
« Il faut également viser la Chine de l’intérieur ! »32
CCIFC
Trois questions à…
Michaël Amouyal32
Chengdu : Étape PME
34
46
MOQ Wines : Le vin en poupe
52
Enquête Ifop :
Les entrepreneurs français
dans un marché dynamique 54
5 Questions à 15 Entrepreneurs 36
ABÉCéDAIRE56
Analyse
Stéphane Grand,
Fiscalité des entreprises
Transparence et anticipation
ActualitÉS DE LA CHAMBRE
41
Analyse
L’initiative en Chine
44
DÉCRYPTAGE
RETOURS D'EXPÉRIENCE 5 PME françaises
Eplus more : « Un pays extrêmement
compliqué »
46
AS Architecture :
Au pays de la folie immobilière
AS Architecture-Studio sait garder
la tête froide
48
DePack : Hong Kong ,
Paradis des entrepreneurs ?
49
Accord IBC : Le « Pavillon français » de Qingdao - Nouvel
incubateur pour PME tricolores ?
CCIFC 58
Business Services 60
Antennes 61
Membres 68
Une des médias Clichés Livres 70
72
74
联结
来中国创业
聚焦法国中小企业特刊76
会员企业简讯78
50
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AUTOMNE 2014
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L’actualité
business en Chine
Nucléaire
17 200
Les ambitions du
Imagine China
made in China
Imagine China
à l’international
L’homme
Jean Nouvel
L’architecte français (69 ans) - lauréat du prix
Pritzker en 2008 – est chargé de concevoir
le « Musée des Arts de la Chine » (Namoc) à
Pékin, un des plus grands projets muséaux
dans le monde. Réalisé avec le Beijing Institute
Architecture Design (Biad), le futur musée sera
construit, précise l’AFP, à proximité du stade
« Nid d'oiseau », sur un axe nord-sud allant de
la Cité interdite au site olympique. Par sa taille
et son étendue (225 mètres de long, 130 000 m2
de superficie totale) et par la richesse de ses collections
– quelque 100 000 pièces de l’ère de la dynastie des
Ming à nos jours –, il sera le plus grand musée jamais
Atelier Jean Nouvel Nouvelle & Biad
Pouvoir d’achat, en
milliards de dollars,
des Chinois de plus
de 60 ans à l’horizon
2050, selon le centre
chinois de recherche
sur le vieillissement. Le
pays sera alors l'un des
plus grands marchés de
services aux personnes
âgées alors que le nombre
de ces seniors devrait
représenter un quart de la
population du pays. « Les
personnes âgées auront
un niveau d'éducation
plus élevé, mais moins
d'enfants. Il y aura plus
de personnes âgées dont
les enfants ont quitté le
foyer familial et plus qui
possèdent au moins deux
appartements », a indiqué
à l’agence Xinhua, Dang
Junwu, directeur adjoint
de ce centre de recherche.
Pékin s’est récemment invité dans le club – déjà
très encombré - des grands vendeurs mondiaux de
centrales. De fait, « après avoir manifesté de l'intérêt
pour le Royaume-Uni, la Chine se tourne aujourd'hui
vers l'Amérique du Sud », notait récemment Le Monde.
Et de rappeler la signature début septembre d’un
accord entre China National Nuclear Corporation
(CNNC) et Nucleoelectrica Argentina (Na-Sa)
prévoyant un financement de 1,5 milliard d'euros
pour la construction d'un quatrième réacteur en
Argentine. Ce pays dépend essentiellement du gaz
naturel et de pétrole pour son énergie ; le nucléaire
ne représentant qu'environ 10 % de la production
d'électricité. Il reste néanmoins « quelques zones
d’ombre », soutient le quotidien français, dans la
politique chinoise d'exportation du nucléaire. Pékin
a soutenu le programme nucléaire civil du Pakistan.
« Il y a même vendu deux nouveaux réacteurs, des
CPA 1000 à 100 % chinois, dont elle financera
l'essentiel du coût, soit 7 milliards de dollars ».
construit en Asie et comptera parmi les plus grandes
institutions muséales de la planète. Jean Nouvel est
actuellement en train de terminer la Philharmonie à
Paris et le Louvre Abu Dhabi qui ouvriront en 2015.
I L S ONT DIT.. .
« Nous devrions éduquer nos citoyens à être plus civilisés lorsqu’ils voyagent à
l'étranger : à ne pas jeter des bouteilles d'eau, à ne pas détruire les récifs de corail.
A manger moins de nouilles instantanées et plus de fruits de mer locaux »
R
D
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connexions
AUTOMNE 2014
Xi Jinping, lors d’une visite aux Maldives en septembre dernier. Le Président chinois a ainsi insisté
pour que soit amélioré le comportement des touristes chinois à l'étranger ; comportement qui, précise
Le Figaro,« a fait l'objet de nombreuses critiques ces dernières années: trop bruyants, s'imposant dans
les files d'attentes, endommageant le patrimoine culturel, ou crachant abondamment ».
L’exil
Imagine China
D’après le dernier rapport du
forum économique mondial
sur la compétitivité, la Chine se
classe à la 28ème position (contre
29ème en 2013)– rang le plus
élevé des BRICS alors que la
Suisse truste la première place
pour la 6ème année consécutive.
Parmi les critères d’évaluation
figurent l'innovation, la taille
du marché, les conditions
des marchés financiers, les
infrastructures, le niveau
de technologie, le niveau
d'éducation etc. Le rapport
note que la compétitivité
de la Chine est, dans une
certaine mesure, due à son
excellent environnement en
matière d’entrepreneuriat et
d’innovation. Singapour et les
Etats-Unis sont respectivement
2ème et 3èmedu classement.
Imagine China
La Chine
en tête des BRICS
L
a vague d’émigration
des riches hommes
d’affaires fait du
bruit en Chine. En
2012 déjà, le quotidien du Sud NanfangZhoumo
dressait le portrait de ceux qu’on
appelle les « businessmen nus »,
« cadres nus » 裸官– ces hauts
fonctionnaires restés seuls en
Chine après avoir envoyé leur
famille et leur argent à l’étranger. Pour cette enquête, le journal était allé à la rencontre de
ces hommes d'affaires d'un
genre particulier, qui ont en
moyenne « 35-45 ans et dont
la fortune s’élève à 10, jusqu’à
40 millions de yuans ». Un phénomène qui touche près de 50 %
de ces riches hommes d’affaires,
selon une étude menée par Barclays Wealth, dont les résultats
ont été publiés cet auromne.
Menée à travers 17 pays sur
2 000 personnes disposant d'un
patrimoine net supérieur à
1,5 million de dollars, cette étude
suggère que 47 % des riches
Chinois (de Chine populaire)
interrogés envisagent d'émigrer
dans les cinq prochaines années.
Mais a priori, pas pour des raisons fiscales. Ces riches Chinois
tentés par le départ seraient en
effet, souligne l’Expansion, principalement à la recherche de
« meilleures conditions éducatives et de meilleures opportunités
d'emplois pour leurs enfants ».
70 000
Nombre de véhicules
électriques actuellement
en circulation en Chine –
chiffre décevant alors que
Pékin s’est fixé pour
objectif d’en écouler
5 millions d’ici à 2020.
Mais depuis cet automne,
les autorités proposent une
exemption de taxe pour
l'achat d'un véhicule
à énergie alternative,
« correspondant à environ
10 % du prix net ».Les
constructeurs étrangers
semblent y croire, notait
la presse spécialisée en
septembre alors que
l’allemand Daimler et
son partenaire chinois
BYD dévoilaient la Denza,
voiture tout électrique
conçue par leur filiale
commune. Renault entend
lui commercialiser son
modèle Fluence électrique
tandis que Nissan propose
déjà la Leaf, une voiture
également électrique.
Imagine China
des grandes
fortunes chinoises
Compétitivité
DR
« Il y a dix ou quinze ans, pour créer 1 million d'emplois, la Chine avait besoin
d'une croissance de son PIB de l'ordre de 1,4 %. Il y a cinq à dix ans, il lui fallait
1 %. Maintenant, elle n'a besoin que de 0,8 % de croissance de son PIB»
Markus Rodlauer, chef de la mission Chine du FMI. La Chine, a-t-il précisé, a
progressé pour devenir une économie stimulée par le secteur tertiaire dans laquelle
une unité donnée de croissance crée davantage d'emplois que par le passé.
connexions
AUTOMNE 2014
9
Tech&web
La Chine développe son propre système
d’exploitation qui viendrait concurrencer Windows
(qui équipe plus de 90 % des ordinateurs de bureau
en Chine), Android ou IOS d’Apple… Baptisé
COS - China Operating System – cet OS chinois
est développé par l'institut du Logiciel au sein
de l'académie chinoise. La Chine souhaite ainsi
s'affranchir du monopole des éditeurs étrangers
et entend protéger, relève le site spécialisé
Clubicpro, son OS grâce à un ensemble de
propriétés intellectuelles. « Mingshu Li, directeur
de l'académie des sciences en Chine, expliquait
qu'Apple entretient une stratégie trop fermée tandis
qu'Ubuntu et Android sont pointés pour leurs
vulnérabilités. Avec COS, la Chine a donc pour
ambition d'obtenir davantage d'autonomie tout en
renforçant ses technologies internes ».
industrielle
Imagine China
connexions
AUTOMNE 2014
Imagine China
TÉ L E X
La production industrielle
en Chine a gonflé de
6,9 % sur un an au sortir de
l’été marquant un brutal
ralentissement, résume
l’AFP, « par rapport aux mois
précédents, selon des chiffres
gouvernementaux publiés
samedi, qui suggèrent un
essoufflement de la deuxième
économie mondiale ».
10
Imagine China
Montant en dollars US
de l’introduction en à la
Bourse de New-York
la capitalisation,
mi-septembre, du géant du
e-commerce Alibaba –
il s’agit de l’introduction
la plus importante jamais
réalisée. L’action a ainsi
clôturé à 93,89 dollars
pour une capitalisation
boursière de 232 milliards
de dollars, au-dessus de
Facebook (202,31 milliards
de dollars) et Amazon
(153,08 milliards).
« Je suis très honoré et
enthousiasmé », a alors
déclaré le fondateur Jack
Ma – qui détient 7,8 %
des parts de Alibaba
et devient avec cette
introduction en Bourse
l’homme le plus riche
de Chine. Grâce à cette
opération, précise l’AFP,
« il est devenu l'homme le
plus riche de Chine avec
une fortune estimée à plus
de 17 milliards de dollars,
d'après le site Forbes ».
(Voir notre chronique
« Une des médias », p. 70)
Imagine China
MiLLIards
COS, nouvel OS…
100 % chinois
Imagine China
25
énergie
La Russie a récemment lancé
la construction du gazoduc
par lequel elle va exporter
du gaz vers la Chine à partir
de 2018. Baptisé « Force
de Sibérie », le chantier est
immense : 4000 km
pour un cout total estimé à
55 milliards de dollars. D'une
capacité de 61 milliards de m3,
le pipeline reliera les
gisements de Sibérie
orientale au réseau gazier
économie
Le gouvernement chinois
a approuvé la création
d'une zone pilote pour la
coopération économique et
culturelle avec les Chinois
d'outre-mer, à Shantou, dans
la province du Guangdong
(sud). La zone pilote couvrira
quelque 36 km2, dont 20 km2
de terre gagnée sur la mer,
selon l’agence Xinhua.
En Chiffres
Réalisé en partenariat avec le Service Économique
Régional de Pékin (ambassade de France)
Téléchargez le bulletin économique mensuel à cette adresse :
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/chine/cadrage-general Croissance du PIB : 7,5 %
+ 5,0 %
ECHANGES COMMERCIAUX :
les importations chinoises de biens
ont augmenté de 5,0 % tandis
que les exportations ont diminué
de 1,8 % en USD et en g.a.(1). au
deuxième trimestre 2014.
+ 2,2 %
INFLATION : l'indice des prix à
la consommation a enregistré une
croissance moyenne de 2,2 % en g.a.(1)
durant le deuxième trimestre 2014.
+ 10 %
Les ventes de détail ont augmenté en moyenne de 12,4 % (en g.a.(1)
et en valeur nominale) durant le deuxième trimestre 2014.
mDs
USD
44 %
pourcentage de paiements entre la
France et la Chine (y compris HongKong) libellés en RMB selon Swift.
A l’occasion du 2ème Dialogue
Economique et Financier de haut
niveau franco-chinois
le 15 septembre, la Bank of China a
été désignée banque de règlement
en RMB à Paris, ouvrant la voie
à la mise en place d’un
système de paiement en RMB
sur la place de Paris.
(1) g. a. : glissement annuel
Consommation : 12,4 %
SALAIRE MOYEN : le salaire
nominal moyen urbain public a
augmenté de 10 % (en g.a.(1)) au
deuxième trimestre 2014.
108
La croissance du PIB chinois s’est établie à 7,5 % au deuxième
trimestre 2014 (en g.a.(1) ).
Valeur des flux d’investissements directs chinois à
l’étranger sur l’année 2013, soit une croissance de 22,8 %
en glissement annuel selon les données officielles
chinoises. Sur cette période, Hong-Kong est de loin la
première destination des IDE chinois (58 %) suivi par
l’Amérique Latine (13 %), le continent européen (5 %),
l’Amérique du Nord (5 %), l’Afrique (3 %) et l’Océanie
(3 %). Dans le sens inverse, les flux d’investissements
directs étrangers en Chine ont représenté 118 Mds
USD en 2013.
50 Mds USD
2
Capital initial de la Nouvelle Banque de Développement créée
par les pays des B.R.I.C.S., dont le siège sera établi à Shanghai.
MdS CNY
Montant de la première émission obligataire en devise
chinoise à Paris réalisée le 8 juillet par la Bank of
China.
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AUTOMNE 2014
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Grande Interview
Jean-François
Roubaud
DR
Président de la CGPME
« Renforcer la
compétitivité des PME »
Le président de la Confédération générale du patronat
des petites et moyennes entreprises (CGPME) analyse
spécialement pour Connexions les opportunités de
croissance en Chine pour les PME tricolores. Entretien.
12
connexions
AUTOMNE 2014
Connexions : « Ne pas venir en Chine,
c’est mourir », estiment de nombreux
entrepreneurs qui ont justement
fait le pari de la deuxième puissance
économique mondial. Partagez-vous ce
même constat ?
Jean-François Roubaud : Le marché
chinois fait rêver les PME françaises et c’est
normal car il est attractif à bien des égards :
une taille gigantesque, une modernisation
extrêmement rapide, un rythme annuel de
croissance toujours élevée, l’émergence
d’une classe moyenne désireuse d’acquérir
des produits de qualité, une culture
millénaire et une cuisine parmi les plus
réputées.Un véritable eldorado ! Mais je ne
pense pas que les PME ont toutes vocation
à travailler sur ce marché. C’est un marché
difficile, du fait de son éloignement, des
différences culturelles, de la langue. C’est
un marché exigeant qui nécessite d’être
bien préparé, de bien identifier sa cible et
de réfléchir à une stratégie gagnante sur
lemoyen terme. Il faut pouvoir y consacrer
des moyens humains et financiers, faire
preuve de rigueur et de professionnalisme
sans quoi c’est l’échec assuré.
Selon vous, comment les Chinois se
représentent-ils le savoir-faire des
PME françaises et quel est leur intérêt
pour ce savoir-faire ?
Les produits français véhiculent une
bonne image ;leur qualité et leur design sont
appréciés. La montée en puissance de la classe
moyenne a fait naître des besoins et des envies
d’accéder à certains produits technologiques
ou de luxe. L’urbanisation rapide a créé des
besoins considérables. Grâce à leur savoirfaire, des entreprises françaisesontété choisies
pour mettre en œuvre des zones prioritaires
dédiées à la protection de l’environnement
et aux économies d’énergie. Le savoir-faire
agro-alimentaire français a permis lasignature
d’un accord pour ouvrirle marché chinois aux
spécialités charcutières françaises ; les vins
français y détiennent la moitié du marché. Pour
la Chine qui ambitionne de monter ses produits
en gamme, ces domaines d’excellence suscitent
des appétences. L’acquisition de vignobles
français par des investisseurs chinois n’est rien
d’autre que l’acquisition de savoir-faire pour
moderniser leur propre production quioccupe
déjà le sixième rang mondial. Notre enjeu est de
limiter tout transfert non volontaire de savoirfaire et d’accroître la capacité de nos entreprises
françaises à renouveler rapidement leur
technologie.
Comment soutenir la croissance
de ces mêmes PME tricolores sur
le marché chinois, marché réputé
particulièrement difficile ?
Travailler sur le marché chinois, mais
c’est également vrai pour tous les marchés à
l’export, ne s’improvise pas. Si les PME veulent
pérenniser leurs flux, augmenter leurs volumes
de ventes, établir une relation de confiance
indispensable, elles doivent être bien préparées,
définir une stratégie sur le long terme, et se faire
accompagner. Les PME ont à leur disposition
bon nombre d’organismes, publics et privés, qui
détiennent une expertise et qui sont à même de
les aider à éviter les chausse-trappes.Surtout,
leur compétitivitédoit être renforcée. Elles ont
besoin d’une politique globale soutenant leur
développement. Une attention particulière doit
être accordée à l’innovation pour encourager la
montée en gamme des produits français.
1/2
Soutenez-vous des aides et dispositifs à
170x125
l’export en faveur des PME ?
Nous recommandons notamment la révision
du crédit d’impôt export pour qu’il réponde
véritablement aux attentes des entreprises.
Cela passe par la prise en compte, au titre des
dépenses éligibles, des salaires et charges liées
à l’embauche d’un salarié dédié à l’export, mais
aussi l’élargissement du champ des entreprises
bénéficiaires pour que les ETI, globalement
« Le marché chinois
est un marché exigeant
qui nécessite d’être bien
préparé, de bien identifier
sa cible et de réfléchir à
une stratégie gagnante
sur le moyen terme. Il
faut pouvoir y consacrer
des moyens humains
et financiers, faire
preuve de rigueur et de
professionnalisme sans
quoi c’est l’échec assuré.»
Le caractère interprofessionnel de la CGPME
lui permet de se positionner sur l’organisation de
rendez-vous BtoB multisectoriels. Cette année,
l’évènement avait une résonnance particulière
compte tenu de la commémoration du 50e
anniversaire des relations diplomatiques entre
la Chine et la France. Plusieurs rencontres
d’entreprises se sont tenues en marge de cette
journée avec différentes provinces chinoises. Le
secteur agroalimentaire a fait l’objet de toutes
les attentions qu’il s’agisse de la transformation
d’aliments (produits laitiers, biscuits) ou de
projets de création de parcs industriels.Nous
prolongeons ces échanges fin octobre pendant la
Grande Foire de l’Ouest à Chengdu (Sichuan) et
du Forum PME initié par Jean-Pierre Raffarin.
J’espère que cette nouvelle opportunité de
rencontres permettra de finaliser les premiers
contacts initiés par les entreprises.J’ai prévu,
de mon côté, de rencontrer les responsables du
MOFCOM-CITEC à Pékin pour approfondir
notre partenariat et faciliter, pour les PME
françaises, l’identification de partenaires
commerciaux sérieux et motivés.
Quid de la présence des investissements
des entreprises chinoises, type
PME, en France ? Faut-il mieux les
accompagner ?
plus exportatrices que les PME, puissent en
bénéficier.Pour les PME qui ont recours à des
VIE, la CGPME suggère d’assurer une transition
entre le statut VIE, totalement exonéré de
charges sociales, et le régime d’un CDI. Une
exonération de charges sociales à hauteur de 50
% pendant les 12 mois qui suivent l’embauche
en CDI permettrait de consolider l’apport de
compétences export dont les PME ont fortement
besoin.Le groupement de PME au sein d’une
même filière doit également être encouragé.
Les structures de moyens existantes telles que
le groupement d’intérêt économique (GIE)
comportent des inconvénients majeurs. Des
réflexions doivent être poursuivies pour rendre
ces groupements attractifs et favoriser leur
reconnaissance par les organismes d’appui au
commerce extérieur.
Cette année, le Congrès annuel de la
CGPME – Planète PME – a accueilli
une délégation chinoise emmenée par
le MOFCOM, délégation avec laquelle
une centaine de rendez-vous d’affaires
ont été organisés. Quelles ont été les
retombées du côté français ?
La Chine participe à Planète PME depuis 2011.
Le niveau des investissements de la Chine
à l‘étranger est encore limité par rapport à sa
placedans le commerce mondial.Mais la crise
économique a fait surgir des perspectives
d’investissementet la Chine ne veut plus être
l’atelier du monde à bas coût. Elle a donc besoin
d’acquérir des technologies. Notre pays semble
faire preuve d’une ouverture nouvelle à l’égard
des investissements chinois qui, selon les propos
récents du Ministre français des finances « sont
créateurs d’emplois et de croissance dans notre
pays ». Certes, les entreprises, en particulier
les PME, ont besoin d’un apport en capital et
ces apports peuvent leur redonner du souffle.
Il faut néanmoins être vigilant et veiller à
conserver notre modèle économique et social.
Jusqu’à présent et de manière informelle,
le gouvernement français s’est réservé la
possibilité de remettre en cause certains
investissements pour des raisons stratégiques.
Peut-êtreserait-il préférable d’opter pour la
mise en place d’un dispositif visant à apprécier,
en toute transparence, l’opportunité de
chaque opération d’investissement et limiter
le transfert involontaire de technologies.
Dans le même temps, l’innovation doit
être placée en tête des priorités françaises.
Innover encore et toujours est la condition
sine qua non pour que les industries
françaises assurent le renouvellement
permanent de leur parc technologique.
Propos recueillis par Pierre Tiessen
connexions
AUTOMNE 2014
13
HR
SERVICES
Recruitment and Training
We know you, we know them
French Chamber
HR services:
A qualified HR team,
whenever you need it
▶ F ind the best talents
▶ Train your staff
Your Chamber team:
WWW.CCIFC.ORG JOB.CCIFC.ORG
BEIJING
Liliane LIANG
[email protected]
Tel: +86 (10) 6 461 0260
SHANGHAI
Noelle WU
wu [email protected] .org
Tel: +86 (21) 6132 710 0
C ANTON
Charlène WU
wu [email protected] .org
Tel: +86 (20) 8186 90 09
SHENZHEN
Yifei LUO
[email protected] .org
Tel: +86 (755) 8632 9726
P U B L I - R E P O R TA G E
“STANDIS
,
accompagnez moi en Chine”
STANDIS a fêté l’an dernier ses vingt premières années d’existence.
mobilier professionnel bois et métal destiné à
la même catégorie de clientèle que celle de
STANDIS ainsi que des articles tels que mannequins, cintres, caddies, articles d’éclairage… et proposant des prestations Tous Corps
d’Etat.
c) une marque commerciale commune ACI
(ART CREATIVE INDUSTRY). Cette entité a
pour objectif d’accompagner les entreprises
européennes clientes de notre Groupe en
Asie. 3 magasins test viennent d’être réalisés
à Pékin, Shanghaï et Singapour pour des
enseignes françaises très connues.
Ainsi nous nous affirmons comme l’une des
entreprises à capitaux français du secteur
susceptible de répondre à l’attente particulière et à la réalisation de la satisfaction des
besoins des firmes qui lui font confiance non
seulement sur le territoire hexagonal mais
aussi de leurs extensions d’activité à l’international dans deux régions du globe à fort
développement économique : l’Est de l’Europe et l’Asie du Sud-Est.
Les deux derniers salons dédiés à l’aménagement des points de vente, EuroShop à
Düsseldorf et Marketing Point de Vente à
Paris Porte de Versailles, ont permis à STANDIS et EZIDONE de faire cette année une
belle opération marketing sur le même stand
en communiquant sur ACI qui se positionne
maintenant comme le spécialiste incontournable de l’accompagnement des enseignes
dans leur déploiement international.
Magasin réalisé à Shanghaï
Une entreprise européenne
Elle est localisée en France avec son siège
social à Salbris au cœur de la Sologne, berceau historique de ses activités de fabricant
de meubles d’entreprise, ainsi qu’à Paris et à
proximité de Wroclaw près de la frontière Est
de l’Allemagne, de la République Tchèque et
de la Slovaquie.
Aujourd’hui les PECO (Pays de l’Europe Centrale et Orientale) génèrent plus de 25% du
chiffre d’affaires annuel du Groupe.
Siège social à Salbris (41)
Le spécialiste
de l’aménagement de vos
espaces commerciaux
STANDIS intervient de la conception à l’installation sur site de votre mobilier professionnel ainsi que de vos articles de PLV (Publicité sur le Lieu de Vente) le tout bénéficiant
d’un savoir-faire maîtrisé grâce à la détention
d’un outil industriel performant : 15 000 m²
d’ateliers, plus de 250 salariés hautement
qualifiés et un parc de machines-outils
moderne.
STANDIS c’est aussi une entreprise de maîtrise de prestations de second oeuvre capable de piloter les dossiers de l’élaboration des
concepts et la relation avec les autorités
administratives jusqu’à la réception définitive
des travaux.
STANDIS ce sont des références pérennes
dans le secteur du prêt-à-porter avec des
enseignes de premier standing en France
(CELIO, JENNYFER, BEAUMANOIR, ERAM,
ERIC BOMPARD…), en Pologne (HOUSE,
MOHITO, RESERVED, CROOP…), en Russie
(OODJI…).
STANDIS
■ C’est près de 20 millions d’€ de
chiffre d’affaires annuel,
■ C’est environ 300 000 heures de
production globale par an,
■ C’est environ 95 000 m² de surfaces
de vente équipées correspondant à
680 magasins,
■ C’est environ 100 postes de travail.
Contacts
FRANCE :
M. Christophe BAZIN
e-mail : [email protected]
Equipe d’ACI au salon EuroShop 2014 à Düsseldorf
STANDIS recherche en permanence
des partenariats :
SHOP EXPERT VALLEY, un pôle de professionnels au savoir-faire varié dans tout ce qui
concerne l’aménagement de points de vente
(c’est-à-dire aussi les enseignes, l’éclairage,
la sécurité, l’affichage dynamique…),
VALDELIA créée par les fabricants de mobiliers professionnels pour répondre à la règlementation environnementale.
L’objectif CHINE
■ Pourquoi ?
L’avenir de STANDIS est lié à la satisfaction
des besoins du secteur de la distribution en
général et de celle du vêtement et articles
assimilés en particulier dans la création de
magasins physiques.
Aujourd’hui on observe une attirance des
enseignes commerciales nationales vers l’Asie et en particulier vers la Chine, un énorme
vivier de consommateurs de plus de 1,3
milliard de personnes dans cette partie du
monde.
L’urbanisation de la population s’accroît. Le
niveau de vie augmente. Le modèle économique de la distribution européenne s’implante. La mode française est recherchée.
■ Comment ?
L’implantation de boutiques en Chine non
seulement ne s’improvise pas mais nécessite
une assistance conséquente.
STANDIS a consacré ces derniers mois à
créer l’infrastructure adaptée pour mettre à la
disposition du marché l’ensemble des outils
et services indispensables à la création d’un
réseau de points de vente dans le Sud-Est
asiatique :
a) un délégué français à Shanghaï, professionnel anglophone parlant chinois, salarié
de notre Groupe à la disposition de nos
clients pour les assister dans l’ensemble de
leurs démarches d’implantation sur site :
conseil juridique, merchandising, géolocalisation, services bancaires, fournisseurs d’aménagements de magasins quels qu’ils soient.
b) un partenaire industriel associé exclusif de
taille identique, EZIDONE, disposant de plusieurs ateliers dans la région de Shanghaï
d’une surface globale de 25 000 m²
employant plus de 200 salariés, fabriquant du
STANDIS SAS
Technoparc - ZI des Cousseaux
41300 SALBRIS - FRANCE
Tél : 0 (033) 2 54 94 67 67
Fax : 0 (033) 2 54 94 67 68
POLOGNE :
M. Wojciech DOROCIAK
e-mail : [email protected]
STANDIS SP z.o.o
Ul. Rybacka 5
55200 OLAWA k/WROCLAWIAPOLOGNE
Tél : (+48) (71) 313 58 10
Fax : (+48) (71) 303 29 82
CHINE :
M. Amine SINI
e-mail : [email protected]
ACI (ART CREATIVE INDUSTRY)
2/F Mayfair Tower, 83 Fu Min Road
SHANGHAÏ, 200040, PRC
Tél : + 86 21613 27 122 Ext 122
Fax : + 86 216 13 27 198
Mobile : + 86 139 17 00 19 53
Sites internet
STANDIS : www.standis.com
EZIDONE : www.ezidonegroup.com
Entrepreneurs
Leurs ambitions chinoises
« La Chine n’a rien d’un eldorado. S’y implanter s’avère
en effet extrêmement difficile, exige d’apprendre très
rapidement la langue et nécessite beaucoup d’énergie »,
prévenait il y a quelques années le sinologue Jean-Luc
Domenach1. Le constat depuis n’a guère changé :
la destination Chine — pour un entrepreneur qui la
découvre et l’appréhende — s’avère souvent semée
d’embûches. Il n’est pourtant pas de pays au monde
qui offre encore autant d’opportunités pour qui sait
« oser entreprendre ». E-commerce, biotechnologies,
agroalimentaire, services à la personne…
Autant de secteurs à saisir. À condition d’éviter les
pièges et d’être bien accompagné.
1
À l’occasion de la 12e Université des CCI, à Paris (2006)
Dossier spécial
DR
P ar o l e d ' e n t r e pr e n e u r
E ri c TA RC H O U N E
Fondateur, Directeur général et Coach
Dragonfly Group
Qu’est ce qui nous motive à vouloir
prendre des risques, nous jeter à l’eau,
surnager puis nager plus vite, plus loin,
ne pas compter ses heures, voir sa vie
personnelle intimement envahie par la
pression du quotidien professionnel,
définir, tester et constamment améliorer son business model voire radicalement le changer suivant l’évolution
rapide du marché chinois, créer une
culture d’entreprise dans un contexte
interculturel, différer sa rémunération
en réinvestissant dans son entreprise ?
Quand nos amis chinois nous disent
« qu’entreprendre en Chine est difficile
pour les chinois alors pour les étrangers… »,
quel est ce grain de folie ou de génie, qui
nous pousse à explorer l’ambiguïté de
l’inconnu et apprendre de nos erreurs ?
Peut-être une envie tripale d’avoir la sensation d’être l’Acteur de sa destinée, de
matérialiser ses idées en leur donnant
vie et de les partager avec un groupe
de personnes qui ont confiance dans le
projet ? « La seule véritable entreprise de
l’homme est de se réinventer lui-même »
dixit Fernando Savater, philosophe espagnol. Chacun trouvera la réponse qui lui
convient…
Page précédente : Imagine China
C’
est souvent une histoire de
hasard ; un goût prononcé
pour l’aventure ou une
opportunité professionnelle
qui les ont poussés jusqu’ici.
Dans cette Chine – véritable
terre de conquête entrepreneuriale – si envoutante
et si tentante… « Eux », ces entrepreneurs français –
à la tête de TPE/PME transformées pour certaines
en florissantes ETI – tous piqués par le « virus
Chine ». Ils y sont installés depuis 2, 5 ou 15 ans, à
Pékin, à Shanghai, à Canton ou « dans les terres »…
Ils y vivent un quotidien de patron, souvent difficile
et stressant ; d’aucuns ont subi de lourds revers
dans leur parcours Chine, d’autres une ascension
fulgurante mais tous saluent « la dynamique » que
18
Connexions
Automne 2014
leur offre ce pays dans lequel « oser entreprendre »
est encore possible. « Il m'arrive de me demander
pourquoi j'ai fait tout cela puis de m'en inquiéter,
et enfin je pense aux tours de La Défense à Paris
et je comprends à nouveau {mon parcours} »,
sourit par exemple Matthieu DAVID, diplômé de
l’université de Pékin (Beida), à la tête depuis 2011
du cabinet Daxue Consulting, spécialisé dans les
études de marché et marketing et qui embauche
aujourd’hui pas moins de 12 personnes entre Pékin
et Shanghai. « J'ai la chance de travailler avec une
excellente équipe. Je suis vraiment chanceux »,
relève ce jeune serial entrepreneur, qui revendait
en 2011 sa première structure (Elysée - 盒请盒
礼), alors positionnée dans la commercialisation
de coffrets cadeaux. « Contrairement à ce que l'on
pourrait penser, vendre n'est pas si difficile en Chine.
Construire l'équipe est sans nul doute une difficulté
bien plus grande ». Un défi humain sur lequel insiste
nombre de ces chefs d’équipes français. En Chine,
« la confiance se gagne sur une longue durée et peut
se perdre brutalement. Confiance entre employeur
et employés, confiance entre prestataires et clients
(sur les délais de paiement par exemple), etc. ». « Il
faut en effet savoir s'entourer et retenir les meilleurs
talents, femmes et hommes », note pour sa part
Jérémy FAIN, co-fondateur de Verteego, agence de
services de reporting extra-financier qui a ouvert
cette année une filiale en Chine. Et de souligner
qu’au quotidien, une des difficultés est également
de « savoir dire 'non'. A des demandes de clients, de
partenaires, de salariés. Faire du bon travail, c'est
Repères
CCIFC
Nombre de membres
1546
1300
850
500
187
1995
2000
2005
2010
2014
Imagine China
avant toute chose rester concentré sur ses objectifs
donc apprendre à dire 'non' ».
L’aventure chinoise
Apprendre à dire non mais aussi apprendre à
construire pas à pas son projet, avec dès le départ
une vision claire et une fine – très fine –
connaissance du marché. Fini le temps en effet
où l’on débarquait à Pékin avec un sac à dos et
le plein d’idées pour y créer sa PME. « Tout était
possible », se souvient un industriel européen
présent sur place depuis 2005. « Aujourd’hui,
le marché s’est resserré. La concurrence est plus
féroce ». La rançon du succès. Et même si « rien
n’est impossible, il suffit de créer des solutions
à tout moment », insiste Lili REN, general
manager de Parishine, une des premières agences
francophones en Chine d’études de marché/
outils marketing et e-media (avec la création
de l’agence Boway en 2010), rien n’est vraiment
simple non plus pour tout (néo)entrepreneur
qui découvre aujourd’hui le marché chinois.
Et cette pékinoise d’origine d’ajouter :
« Je relèverais deux sources de difficultés : trouver
des talents créatifs expérimentés et de middle
management de bon niveau. Les jeunes sont pour
la plupart ambitieux, pressés, et fragiles parfois.
Ils leur manquent des visions à long terme ».
Une chose est sure : les obstacles en Chine sont
pléthores. Julien URBAIN – fondateur de L2D
(Licence 2 Dream), PME spécialisée dans la
commercialisation de licences pour le marché
chinois – d’énumérer d’autres difficultés :
« La langue et l’imprécision des traductions
(staff, traducteurs, etc.), l’absence de source
d’information fiable que ça soit du gouvernement
ou autre, les changements constants des
fournisseurs, des clients chinois, l’absence de
middle management, le turnover du staff ».
Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que
le marché de l’empire du Milieu soit considéré
de beaucoup d’entrepreneurs globe-trotters
comme l’un des plus difficiles au monde.
Immersion
Du courage, de la persévérance, une pincée
de folie, de rêve aussi. Et, dès le début, le pari de
la réussite. « J'ai décidé d'entreprendre après un
Connexions
Automne 2014
19
DR
P ar o l e à
Al exan dre L EVY
Fondateur Directeur
ChinExpansion
Une des difficultés de l’entreprenariat, est
de jauger les opportunités en tachant de «
garder le cap ». Or en Chine, en tout cas c’est
mon cas depuis 12 ans, les opportunités d’affaires se présentent de manière quasi-quotidienne ; la forte croissance économique
du pays et le dynamisme insatiable de nos
amis chinois y étant pour beaucoup. Pour
l’entrepreneur, c’est un réel challenge de
résister à sa nature et continuer à avancer
avec abnégation.
Imagine China
calcul simple », se souvient Matthieu DAVID.
« Un pari ‘à la Pascal’, soit je réussissais en Chine
et je gagnais tout, soit j'échouais et alors j'aurais
appris une langue et une autre culture - ce qui
n'aurait pas été le cas en France. Dans tous les cas,
je gagnais en entreprenant, comme Pascal gagnait
en croyant. Et puis, qui me reprocherait d'avoir
échoué en Chine ? » Dans un pays si prometteur
et si singulier aussi dans ses pratiques des affaires.
« La culture chinoise est très riche, de passé comme
de présent ; ne cédez pas à la tentation de rester entre
occidentaux »,
e
ConE n t r e
se p
r
n
d
en
re
ils
Chine
pr
de
conseille ainsi Hugo GARCIA-COTTE, de Five
Doors, entreprise tricolore installée à Shenzhen
et spécialisée dans les services d'outsourcing et
de consulting IT aux entreprises françaises. En
d’autres termes : « Laissez vos grosses chaussures
à l'entrée. Il est important de venir ici avec l'esprit
ouvert ... ainsi qu'une certaine humilité. Partez
à la découverte du pays, de ses habitants » Une
immersion absolument nécessaire. Afin de
« ne porter aucun jugement sur rien car nos yeux
d'occidentaux ne nous permettent pas de tout voir ni
de tout comprendre », renchérit Jérémy FAIN.
L’union fait la force
Mais la clé du succès est également ailleurs, dans
une forme de détermination et d’ambition qui se
doit d’être à toute épreuve. Car la Chine s’avère
souvent éprouvante. « Il faut y aller à fond et s’investir
à 200 % », insiste Laurent GINIOUX, shanghaien
d’adoption – ville dans laquelle il a atterri il y a 13
ans, « avec un sac à dos pour tout bagage ». Il y est
depuis – et après un riche parcours – à la tête de
Creastyle, PME de 15 personnes, spécialisée dans le
design et de production de la collection d’uniformes
d’hôtellerie. « Ce qui est difficile c’est sans doute
os
« Je conseille de passer
un an dans le pays avant
d'entreprendre quoi que ce soit et
avoir un bon budget d'investissement. On ne
monte pas une société a moitié pour voir, il faut y
aller a fond ou pas du tout. »
Stéphanie CAREZ-DURIEZ (MusicMatic)
« Ce n'est pas forcément une évidence pour un entrepreneur
français, mais même en ayant le dessus hiérarchique, il ne
faut jamais ouvertement quereller et faire perdre la face à
un collaborateur chinois. Dans un autre registre, si vous
souhaitez attaquer le marché chinois, faites-le avec
un associé local. Ne partez jamais du principe que
vous connaissez ce marché. »
Hugo GARCIA-COTTE
(Five Doors)
« Prévoyez le budget
pour votre projet. Refaites
le plusieurs fois. Une fois que vous en
êtes sur….. Multipliez-le par 5 ou par 10 par
ce que c’est ce dont vous aurez réellement besoin !
La Chine a beau être un pays ou la vie n’est pas cher
y lancer une entreprise - en tant qu’étranger en tout cas
- y coute très cher, et pour ceux qui veulent prendre un
raccourci, gare aux prête-noms. »
Julien URBAIN (L2D)
« Ayez une stratégie claire et soyez souple dans sa mise
en œuvre, sachez vous adapter aux réalités du terrain
en sachant que l’entrepreneuriat en Chine est une
course d’endurance. Enfin, soyez pédagogue avec
vos collaborateurs, vos fournisseurs, et vos
clients. »
Lili REN (Parishine)
20
Connexions
Automne 2014
Focus
Aden Services
Aden Services
L’entrepreneuriat XXL
T
out a commencé
il
y a 20 ans, en 1993
précisément. « L’Europe
m’ offrait des perspectives
limitées et l’Asie – la Chine en
particulier – on en parlait peu »,
se souvient Joachim Poylo, président
d’une entreprise devenue en moins de
deux décennies, un mastodonte de plus
de 20.000 personnes. « Mes premiers pas
en Chine ont commencé en proposant de
la restauration pour une école américaine
à Shanghai pour le compte de Sodexho »,
précise le Français qui avait alors
25 ans à peine. « J’ai eu très envie de
proposer plus que de la restauration et
j’ai alors créé ADEN Services en 1997. »
D’abord au Vietnam. « Mais avec la crise
asiatique, tous nos clients ont quitté
le pays en quelques mois. Nous avons
heureusement décroché un contrat de
maintenance et de nettoyage dans la
première tour de Hô-Chi-Minh-Ville ». Un
contrat qui permet à la jeune pousse de
« En Chine,
il faut y aller par
étapes et surtout, dépenser, par
étapes. Trop d'entrepreneurs "crament" leur
investissement avant de connaitre le marché. Pour
comprendre ce concept, lire The four steps to Epiphany
de Steve Blank.{…} Il faut aussi accepter l'imperfection.
La Chine est bureaucratique et l'entrepreneur est innovant.
L'entrepreneur rentre difficilement dans des cases administratives
et il faut accepter cette partie d'inconnue a gérer avec l'administration.
Les règles ne sont pas toujours très claires. Cela est un vrai stress. »
Matthieu DAVID (Daxue Consulting)
« Créer sa société demande une bonne préparation au niveau
juridique et il peut être assez difficile de naviguer à travers les
arcanes de l’administration chinoise et d’accepter l’amour des
fonctionnaires pour l’encre rouge et les tampons {…}. Il est
préférable d’obtenir des soutiens locaux. Les spécificités du
marché local de la culture d’entreprise et de la façon de
faire des affaires en Chine nécessitent toujours un
certain niveau d’adaptation du business model
et des attentes en matière de résultat. »
Corentin JEGOU (CityWise
Property solutions)
rester à flot, relate aujourd’hui Joachim
Poylo qui ouvre très vite un deuxième
bureau à Hanoï. « Mais le vrai marché,
c’était la Chine. Un marché « sans limite »,
dixit. « Toutefois nous sommes montés
en puissance doucement. Le plus dur en
fait, ce sont les équipes ; les hommes et les
femmes qui font et forment l’entreprise. Il
faut que tout le monde se sente impliqué
dans le projet de l’entreprise ». ADEN
Services est aujourd’hui présent en
Chine sur une cinquantaine de villes.
Et son président de faire remarquer
que « chaque responsable d’antenne est
chinois. C’est très important pour nous ».
Les conseils de Joachim Poylo pour
performer dans la première économie
mondiale ? « Il faut avoir une forte présence
sur place et la capacité à tenir bon dans la
durée, car il faut beaucoup de temps pour
mettre sur pied une plate forme solide en
Chine ». D’où la nécessité d’apporter «
quelque chose de différent. Il faut adapter
son offre par rapport au marché et être très
structuré. Dans le même temps, il faut investir
dans les systèmes et les équipes, pour avoir à
la fois une taille critique, des procédures aux
standards internationaux, et les ressources
indispensables pour avoir une croissance à
la mesure du premier marché mondial» Voir
loin et grand, tel est définitivement le credo
de ce patron audacieux.
P. Ti.
« Ce n'est pas difficile
d'entreprendre en Chine ;
il suffit finalement de faire de
bonnes choses au bon moment. Avec
le développement économique du pays et
l'enrichissement de certaines couches sociales,
les nouveaux consommateurs chinois recherchent
la qualité. Et la France jouit d’une bonne réputation –
le made in France est synonyme de luxe, gastronomie,
créativité, etc. et haut de gamme dans des secteurs
traditionnels. La Chine est encore un marché ayant
un grand potentiel et une grande marge réservée
aux entrepreneurs français. »
SUN Mingjun (Consultant et
conseiller CCIFC)
Connexions
Automne 2014
21
l’incertitude que l’on éprouve au moment de monter le
projet d’entreprise », témoigne cet entrepreneur qui
aujourd’hui fournit certains des plus grands hôtels
de Shanghai. « On ne sait pas toujours où l’on va –
c’est la découverte du marché en temps réel souvent ».
Alors ce qui fait (parfois) la différence, c’est une
rencontre, un partenariat. « C’est la rencontre avec
mon associé – déjà entrepreneur – qui m’a amenée
en Chine », témoigne ainsi Stéphanie CAREZDURIEZ, general manager de MusicMatic,
entreprise positionnée dans les solutions digitales
audio, vidéo et mobile pour les réseaux de point
de vente, créée il y a 12 ans et présent en Chine
depuis 2011. « Dans ce type de projet, il est essentiel
d'être au moins deux avec des compétences très
différentes mais complémentaires lorsqu'on monte
un business », confie-t-elle. « Il est très difficile d'être
à la fois créatif, business-developer et financier ».
Constat partagé par Eugénie DELEPIERRE,
à la tête de Precinterior, société d’achat pour
les entreprises occidentales, basée à Canton.
« J’ai tout monté toute seule et c’est la dernière chose
que je conseillerais à un entrepreneur qui désire
s’implanter en Chine. J’ai cherché un partenaire
pendant 2 ans… Aujourd’hui encore, avoir un
partenaire local pourrait m’aider pour une
activité d’import en Chine ».
22
Connexions
Automne 2014
Sous-capitalisation
Entreprendre en Chine, c’est aussi bénéficier
de l’image – généralement positive – de
l’Hexagone et des méthodes de management
à la française – « plutôt appréciées de nos
collaborateurs chinois qui y voient une voie de
progression vers plus d’autonomie, plus liberté
d’expression, plus de contacts humain », relève
Lili REN. La France jouit en effet d'une image
de créativité, de qualité et de "savoir faire".
« Cela aide dans l'approche commerciale mais Il
faut faire attention car parfois mettre en avant
ses origines européennes peut être un frein »,
précise la responsable de MusicMatic. Est-ce
pour autant suffisant pour permettre à toutes
ces entreprises qui ont fait le choix de la Chine
de grandir et de grossir « normalement » ?
Car nombreuses sont les structures sous
capitalisées qui ont difficilement accès aux
prêts bancaires. et autres aides au financement.
Dès lors, leur stratégie de croissance est freinée.
« Aujourd’hui, c’est devenu très dur pour les PME »,
commente Eugénie DELEPIERRE, qui a connu
l’empire du Milieu à la fin des années 1990.
« C’était alors une forme d’Eldorado… On a du
travail, mais l’argent facile n’existe plus en Chine.
Je travaille beaucoup plus qu’en France… »
Et si c’était à refaire ? « Je le referais sans
hésiter, mais avec une préparation moins
théorique et un peu plus pratique », tranche
Corentin
JEGOU,
managing
director
de CityWise Property solutions, agence
immobilière spécialisée dans la relocation des
expatriés à Pékin. « Avoir un projet sur papier
c’est bien, le mettre en application c’est autre
chose. J’ai parfois sous-estimé la difficulté de
la mise en pratique ce qui m’a amené à prendre
des décisions qui n’étaient peut-être pas les
meilleures ou à me focaliser sur des choses qui
n’étais pas aussi importante que je l’imaginais.
Mais je pense que c’est une part intégrante
de l’apprentissage de tout entrepreneur ». Et
même si les pérégrinations d’un entrepreneur
français en Chine ne sont généralement pas
de tout repos – le milieu d’affaires français sur
place réclamant de longue date une meilleure
protection de leurs intérêts –, la plupart de
ceux qui ont tenté (et tentent aujourd’hui)
l’aventure ne regrettent rien de leur choix
premier. Mieux, la plupart en redemandent !
Ce numéro « spécial Entrepreneurs » de
Connexions leur donne la parole.
Pierre Tiessen
DR
A retenir
50 ans
L’
50 entrepreneurs
français en Chine
idée de ce livre, soutenu par les Conseillers du
Commerce Extérieur de Chine, et qui vient après
un premier ouvrage consacré aux entrepreneurs
français en Asie du Sud-Est2, est de mettre en
valeur le rôle de la diaspora entrepreneuriale française, tout
en stimulant l’esprit d’entreprise.
Ce livre rend hommage à la personne qui entreprend et
répond à des questions clés : pourquoi crée-t-on une entreprise ?
en Chine? Quels défis? Quelles qualités pour réussir?
Les secteurs reflètent la diversité du génie français. Les
chiffres d’affaires varient de centaines de milliers d’euros
à plus de 140 millions d’euros. Le nombre d’employés d’un
stagiaire à 21 000 personnes.
Pourquoi entreprendre ?
Pour créer son job, exprimer ses talents, vivre une aventure,
mener le style de vie qu’on aime, rendre service, développer
une action à laquelle on croit, innover, concrétiser un rêve,
travailler avec les gens qu’on aime, être son propre chef et …
ne pas s’ennuyer. Faire fortune ? Oui mais ce n’est pas la
seule motivation.
Pourquoi en Chine ?
Coup de cœur ou choix raisonné, il y a la volonté de
rester en Asie et d’entreprendre dans un pays dynamique,
essentiel dans les années qui viennent, ouvert aux jeunes
entrepreneurs et qui donne la possibilité de se réinventer.
Les entrepreneurs ont envie de contribuer au développement
du pays et, malgré les difficultés, ressentent une liberté,
www.france-chine50.com
1
le sentiment d’être à un carrefour du monde. Inspirés par
l’efficacité et le pragmatisme de Hong Kong, ils voient dans la
Chine une plateforme pour se développer.
Les difficultés ?
En Chine continentale, trouver un statut légal dans un
contexte où l’état de droit n’est pas systématiquement
appliqué et où des « arnaques » en tous genres existent.
Posent aussi problème la pollution croissante, l’insécurité
pour l’entreprise, la méfiance de certains Chinois à l’égard
des étrangers, les visas, les financements, la concurrence, les
relations employeurs employés, le côté clanique, le décodage
des messages, la perpétuelle course contre la montre, la
fatigue, la montée des coûts et le risque du sans filet.
Les qualités pour réussir ?
Opiniâtreté, empathie, sens de la communication, pouvoir
de conviction, ouverture, curiosité et tolérance. Il faut savoir
saisir ses chances, être multitâches, prendre des risques et
accepter d’être remis en question, être créatif voire visionnaire, écouter son intuition, être pragmatique, avoir une
grosse capacité de travail, une dextérité avec les chiffres,
être patient en restant optimiste, constructif et tourné vers
le futur.
1. Edition Pearson, 25 euros
2. 40 Français qui entreprennent en Asie du Sud est
http://issuu.com/magazineasies/docs/40_francais_qui_entreprennent
Anne Garrigue
Connexions
Automne 2014
23
Thomas Chen
Associé en charge de
l’accompagnement
des entreprises et
l’externalisation
comptable, Mazars
Les contraintes de
« l’eldorado chinois » pour
les nouveaux
entrepreneurs
Depuis l’ouverture de la Chine à l’économie de marché en janvier 1995,
le nombre d’entreprises privées ne cesse de croître et les nouveaux
entrepreneurs de l’époque sont aujourd’hui dans le classement Forbes des
plus grandes fortunes mondiales. L’entrepreneuriat en Chine n’est pas
réservé qu’aux entrepreneurs chinois, les étrangers – dont les Français occupent également une place importante dans ce paysage prometteur.
Pourtant, si la Chine peut être encore un eldorado pour les nouveaux
entrepreneurs, elle ne présente pas moins certaines difficultés. Pistes de
réflexion avant de lancer un projet.
24
Connexions
Automne 2014
Le business plan et l’environnement
chinois
Réussir en Chine ne peut se réaliser
sans une compréhension approfondie de
l’environnement chinois dans lequel le
business model doit s’intégrer. La Chine
est un pays-continent riche de complexité
par sa multitude culturelle et ses modes de
consommation. Cette étape, que beaucoup de
jeunes entrepreneurs négligent à tort, permet
non seulement de structurer son projet mais
également de préparer le plan d’action en se
posant les questions suivantes :
- Quel est le marché / la taille du marché ?
- Quels sont les acteurs déjà présents sur le
marché ?
- Quel est le business model ? Quelle est sa
rentabilité ?
- Quel est l’investissement de départ nécessaire ?
- Quel type de structure juridique ?
Le financement du projet
L’estimation du besoin en fonds de
roulement sur fonds propres est vitale dans la
préparation du projet, beaucoup ne pouvant
être menés à terme faute de fonds propres
suffisants. Outre l’apport personnel, il est
possible de faire appel à d’autres sources de
financement : l’emprunt auprès d’une banque
étrangère ou chinoise à condition de fournir
les garanties nécessaires ; ou des Business
Angels chinois ou étrangers, désireux de
financer des projets innovants.
Il est donc essentiel de constituer un dossier
d’investissement dans lequel les éléments
suivants doivent figurer :
- Le business model
- L’étude de marché
- Le business plan
- Les besoins en fonds de roulement, et notamment le tableau de flux prévisionnels de
trésorerie
- La structure organisationnelle de la société,
notamment le management
Le partenaire chinois
Il est fréquent d’associer création
d’entreprise ou installation en Chine avec
intégration d’un partenaire chinois car ce
dernier détient le « guanxi » (réseau en
chinois) et/ou les licences nécessaires. Cette
intégration peut prendre la forme d’une
joint-venture et/ou d’un contrat commercial.
Le partenaire chinois reste nécessaire dans
certaines activités pour lesquelles il existe
encore des restrictions (cf. le catalogue
Imagine China
DR
Analyse
« Réussir en Chine ne
peut se réaliser sans
une compréhension
approfondie de
l’environnement
chinois dans lequel
le business model
doit s’intégrer. La
Chine est un payscontinent riche de
complexité par sa
multitude culturelle
et ses modes de
consommation.»
d’orientation des investissements étrangers).
La localisation
La localisation est clé pour tout projet ! Il
est impératif de définir le lieu d’implantation
en fonction de la nature du projet et non de
la fiscalité ou des contacts ou connaissances.
Le choix de la localisation est stratégique et
doit prendre en comptes tous les facteurs :
proximité avec les fournisseurs, clients et
talents, qualité des infrastructures, coût de la
location des locaux, etc.
L’administration
La gestion d’une société passe également
par une bonne organisation administrative :
d’une part, cela limitera les risques de
problèmes avec les autorités et d’autre part,
si la société est amenée à faire entrer de
nouveaux investisseurs, la bonne tenue de la
comptabilité, fiscalité, ressources humaines,
etc. ne pourra qu’être appréciée et jouera
en faveur de la société durant la phase de
négociation.
La complexité administrative liée au
contrôle des changes
Les transferts de fonds de l’étranger vers la
Chine et vice versa sont soumis au contrôle
des changes. Les démarches administratives
pour chaque transfert de fonds peuvent être
complexes et varient en fonction de la nature
du transfert.
Pour les transferts de l’étranger vers la
Chine :
- Transfert de capital : les versements ne peuvent
se faire que sur le compte bancaire capital et chaque
versement doit être accompagné des documents
administratifs correspondant.
- Prêts provenant de la maison-mère : le montant
de l’emprunt est limité à la différence entre le
total investissement (montant théorique) et le
capital enregistré. Le contrat d’emprunt doit
faire l’objet d’un dépôt auprès de la SAFE (State
Administration of Foreign Exchange) au préalable.
- Paiement de marchandises : le paiement doit
pouvoir être réconcilié avec les documents d’export
et de vente afin de débloquer les fonds auprès de la
banque.
- Paiement de prestation de services : le contrat
de prestation et la facture sont nécessaires afin de
justifier et débloquer les fonds auprès de la banque.
Pour les transferts de la Chine vers
l’étranger :
- Paiement de marchandises importées :
les documents douaniers et la facture sont
nécessaires pour débloquer les fonds auprès
de la banque.
- Paiement de prestation de services et
conseils : le contrat de prestation ainsi que
le quitus fiscal correspondant au paiement
de la taxe de la retenue à la source doivent
être présentés à la banque pour procéder au
transfert.
- Dividendes : le rapport d’audit, le procès-
verbal de distribution de dividendes ainsi
que l’acquittement de la taxe de la retenue à
la source sont nécessaires afin de procéder au
versement.
L’immigration
Détenir un visa et permis de travail est
obligatoire en Chine. Les réglementations sur
l’immigration peuvent être assez contraignantes
et il est fortement recommandé de se renseigner
auprès des autorités compétentes. Il est
notamment plus difficile d’obtenir un visa de
travail pour les professionnels justifiant de
moins de deux ans d’expérience à moins qu’ils
créent leur propre société et en soient les
représentants légaux.
L’anticipation et la bonne compréhension
du marché sont essentielles à la réussite du
projet. La Chine peut être encore un eldorado
pour les entrepreneurs mais le prix du ticket
d’entrée ne cesse de croître et le parcours
n’est pas sans embûche. Être entrepreneur,
c’est avant tout avoir du courage, prendre
des risques, surmonter les difficultés
mais également bien s’entourer. La Chine
encourage l’esprit entrepreneurial et offre
des chances égales de réussite à tout jeune
entrepreneur talentueux.
Cet article ne doit en aucun cas être considérééré comme un substitut
au conseil d’un professionnel, ou comme soutien à la prise de décision.
Veuillez contacter l’auteur pour plus d’information.
Thomas Chen
Connexions
Automne 2014
25
Int e r v i e w c r o i s é e
Trois patrons français - Benjamin Devos (Comptoirs de France),
Gilles Collin (Pendragon Consulting) et
Jean-Charles Viancin (Super Silicone) – décryptent pour
Connexions leur « parcours Chine » et analysent les atouts – mais
aussi les points faibles – de l’entrepreneuriat made in France.
PAROLES
Comptoirs de France
Gilles Collin
Pendragon Consulting
DR
Benjamin Devos
DR
DR
D’ENTREPRENEURS
Jean-Charles
Viancin
Super Silicone
26
Connexions
Automne 2014
DR
« Ma principale
difficulté au
quotidien est de faire
comprendre à mes
collaborateurs et
employés la vision
globale que j’ai pour
cette entreprise. Je
pense également
que la différence de
culture peut poser
un problème. C’est à
nous de nous adapter
à la Chine et non
pas l’inverse ».
Benjamin Devos,
Comptoirs de France
Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre en Chine ?
Benjamin Devos : Je suis venu en Chine
en 2004 pour un stage dans l’hôtellerie.
C’est à cette époque que j’ai compris qu’il
y avait une opportunité à saisir en créant
une chaine de boulangerie qui offrirait de
bon produits français aux particuliers mais
aussi aux entreprises. Venant d’une famille
d’entrepreneurs, je ne me voyais pas faire
autre chose que de monter mon entreprise et
pourquoi pas en Chine…
Gilles Collin : Je suis arrivé en Chine en 2005.
J’ai occupé le poste de Directeur Administratif
et Financier dans différentes structures (PME
et grande société). Une même fonction au
cœur de secteurs très différents (IT, trading,
service). Après 7 ans à ce poste, et auparavant
6 ans au sein d’un cabinet d’expertise comptable
en France, je me suis dit qu’il serait bon de
partager mes expériences de terrain. J’ai donc
créé un cabinet comptable afin d’accompagner
les entreprises étrangères déjà présentes en
Chine ou qui souhaitent s’implanter. Nous
exerçons sur Shanghai, Hong Kong, Suzhou,
Hangzhou et Nanjing.
Jean-Charles Viancin : A 18 ans, j’ai créé
ma PME en France… Deux ans plus tard, je
gérais une vingtaine d’employés, finalement
j’ai dû jeter l’éponge : trop de pression, trop de
croissance, trop vite et pas assez de maturité,
« S’adapter aux
pratiques et à la
culture chinoise
n’a pas été chose
facile. Je l’ai appris
à mes dépends : que
ce soit au niveau
de l’espionnage
industriel ou de la
loyauté du personnel
qui est toute relative...
Ce ne sont pas des
phénomènes propres
uniquement à la
Chine, mais je les
ai appréhendés
dans ce qu’ils ont
de spécifiques
à ce pays ».
Jean-Charles
Viancin,
Super Silicone
j’ai décidé alors de partir en Chine, porté par
la vague de « l’eldorado Chinois » qui régnait
alors dans l’Hexagone.
Quelles principales difficultés devezvous affronter dans votre quotidien de
« patron » ?
B. D : Ma principale difficulté au quotidien
est de faire comprendre à mes collaborateurs
et employés la vision globale que j’ai pour
cette entreprise. Je pense également que la
différence de culture peut poser un problème.
C’est à nous de nous adapter à la Chine et non
pas l’inverse. Evidemment, la langue est une
barrière qu’il faut essayer de surmonter le
plus vite possible. Il faut rapidement arriver
à comprendre l’essence de la conversation
qui vous entoure afin d’éviter des surprises de
traductions.
J-C. V : Dans notre secteur industriel, c’est
incontestablement le manque de personnels
qualifiés qui nous pose le plus de problèmes.
Ceci a un grand impact sur la maîtrise de la
qualité et la recherche et le développement
de nouveaux produits. Il est très difficile de
trouver du personnel compétent, quelle que
soit la fonction, dans les zones industrielles,
car les bons profils ne souhaitent pas travailler
dans les usines de production et préfèrent
rester dans les grandes villes. Par ailleurs,
s’adapter aux pratiques et à la culture chinoise
n’a pas été chose facile. Je l’ai appris à mes
Connexions
Automne 2014
27
dépends : que ce soit au niveau de l’espionnage
industriel ou de la loyauté du personnel qui est
toute relative... Ce ne sont pas des phénomènes
propres uniquement à la Chine, mais je les ai
appréhendés dans ce qu’ils ont de spécifiques à
ce pays. J’ai dû m’adapter car rien ne s’est passé
comme je l’avais imaginé ou pressenti !
G. C : Je navigue en permanence entre l’Administration chinoise et les chefs d’entreprise.
Nous passons énormément de temps à expliquer à nos clients les procédures administratives ou règles à suivre en Chine. Il nous faut
également souvent faire face à une concurrence très agressive qui ne respecte pas forcément les règles. Je crois que ce sentiment
est partagé par l’ensemble des entrepreneurs
étrangers.
La Chine de 2014… toujours un eldorado ?
J-C. V : Il est difficile de parler d’eldorado, tout
dépend de l’activité choisie, et de la volonté
de ses dirigeants à mener l’entreprise au plus
haut niveau. Il est certain que la force de
travail des ouvriers chinois impose le respect.
Tout reste possible ici. La Chine est devenue
incontestablement la principale usine du
monde et on y fabrique à peu près tout : que
ce soit des produits de bonne ou de mauvaise
qualité, des produits de haute ou de basse
technologie. Il n’y a qu’en Chine que l’on peut
produire de manière aussi diverse. Cependant,
je dois reconnaître que ce n’est plus aussi
intéressant qu’avant. Depuis le début de
Super Silicone en Chine, j'ai vu les coûts de
production augmenter de manière assez
spectaculaire : salaires, énergie, matériaux… :
de 30 à 50% en 5 ans ! Les salaires des ouvriers
sont ainsi passés de 2 000 à 5 500 yuans
mensuels avec les heures supplémentaires.
Ces augmentations sont relatives au contexte
chinois mais pèsent lourds à la fin du mois pour
les entreprises, car en parallèle la productivité
est restée la même. Même si les salaires
français sont encore quatre fois supérieurs aux
salaires chinois, l’écart s’amenuise de plus en
plus.
B. D : Cela dépend de votre définition de
l’eldorado. Si celle-ci est d’être dans un pays
où l’argent et les affaires sont faciles alors pour
moi, la Chine ne l’a jamais été. C’est un pays
difficile car en plus de la barrière de la langue,
les codes et les coutumes ne sont pas toujours
compréhensibles au premier abord. De plus, ici
tout va très vite et il faut apprendre à s’adapter
constamment. Si en revanche, votre définition
correspond à une forte énergie d’entreprendre,
une vraie facilité à monter sa structure et
développer son business alors oui cela est
toujours le cas même si le pays est bien plus
structure qu’il y a dix ans.
G. C : La Chine à mon sens n’a jamais été un
eldorado sauf peut-être pour les activités de
28
Connexions
Automne 2014
« Nous passons
énormément de temps
à expliquer à nos
clients les procédures
administratives ou
règles à suivre en Chine.
Il nous faut également
souvent faire face à une
concurrence très agressive
qui ne respecte pas
forcément les règles. Je
crois que ce sentiment est
partagé par l’ensemble des
entrepreneurs étrangers ».
Gilles Collin,
Pendragon Consulting
trading. Mais même dans ce domaine, il devient
compliqué de faire fortune (prix de revient à la
hausse, morosité des marches occidentaux,
ventes sans intermédiaire, etc.). Le service
semble devenir un secteur intéressant (dans les
grandes villes). Les entrepreneurs français ont
selon moi, une belle carte à jouer à condition
de bien maitriser son sujet. Le facteur prix est
tellement important que votre client trouvera
toujours un autre prestataire deux fois moins
cher. Viser la qualité et la proximité !
Quels selon vous les atouts – et les points
faibles – en Chine de l’entrepreneuriat « à
la française » ?
B. D : Un entrepreneur, quel que soit sa
nationalité reste un entrepreneur et pour
moi ses qualités doivent être : persévérance,
optimisme et patiente. Globalement, la France
bénéficie tout de même d’une bonne image
auprès des Chinois et cela aide dans nos
relations business. Nous sommes également
des personnes assez imaginatives ce qui est
une vertu pour trouver les solutions à des
problèmes qui ont l’air parfois insoluble. Nous
partageons aussi le gout des affaires faites
autour d’un bon repas ce qui est essentiel avec
nos amis chinois. Nous devons en revanche
mettre plus l’accent sur l’entraide et le
développement de réseaux entre Français.
G. C : Les Chinois nous perçoivent comme
très bons dans certains secteurs (luxe,
agroalimentaire, design, etc.). En revanche,
j’ai souvent la réflexion que nous prenons les
décisions lentement et manquons de rigueur.
Nous jouissons également d’une certaine
« arrogance » ou « fierté » dans la façon de voir
nos produits intégrer le marché chinois. Ce
n’est pas parce qu’un produit se vend bien en
Europe qu’il sera facile de le vendre en Chine.
Enfin, un dernier point, le plus important,
nous ne travaillons pas assez entre Français
(contrairement aux Allemands).
J-C. V : D’un point de vue extérieur, le
savoir-faire français, et la force de travail
chinoise est un mix qui fait sens. La France
est un pays très apprécié dans le monde
entier. Les produits français sont très
recherchés sur les salons internationaux.
Nous avons la chance d’avoir cette réputation
que beaucoup d’autres pays n’ont pas. D’un
point de vue intérieur, le point faible en serait
notre ignorance de la culture locale et notre
prétention sur la façon de réaliser une tache.
Quels conseils donneriez-vous à un « néoentrepreneur » français qui s’installe en
Chine ?
B. D : Entrepreneurs arrivant en Chine, il
vous faudra vous armer d’énormément de
patiente, vertu qui paraît-il est chinoise. Il
vous faudra également savoir vous focaliser
sur un seul et unique projet. En effet, on vous
proposera régulièrement de merveilleuses
opportunités, qu’il faudra vous forcer à
mettre de côté pour vous concentrer sur
votre objectif principal. Rêvez en grand mais
gardez la tête froide !
G. C : Il est important de se faire entourer
(avocats, comptables,…) et de discuter
avec d’autres entrepreneurs (rejoindre par
exemple le club entrepreneur de la CCIFC
que je co-anime avec Nicolas Milonas). Après
il convient de faire le tri des informations et
de bien analyser son propre cas. Je rencontre
souvent des entrepreneurs qui me disent
« oui on peut faire cela car M. Y a une
société et il fait comme cela depuis x ans
». Information à prendre avec une grande
réserve. Car souvent chaque cas est unique
et une mauvaise orientation peut être très
couteuse. Beaucoup fraudent en Chine sans
le savoir… Derniers conseils : être patient
et savoir adapter son offre. Il faut souvent
réorienter la stratégie commerciale, voire
modifier le produit ou le service afin de
pouvoir réellement attaquer le marché
chinois. L’expérience paie.
J-C. V : Chaque entrepreneur sait qu’il n’y
a pas de victoires sans souffrance et ce, peu
importe le pays. C’est donc bien la capacité
à s’adapter à son environnement qui prime.
Il faut un équilibre personnel et de la
sérénité professionnelle, deux conditions
fondamentales pour réussir dans ce pays.
Propos recueillis par Pierre Tiessen
Connexions
Automne 2014
29
DR
FOCUS
Agnès de
L’ESTOILECAMPI
Imagine China
Associée
CMS Bureau
Francis Lefebvre
DR
S’implanter en Chine
Nicolas Zhu
Associé
CMS China
L
es entreprises françaises doivent
prendre en compte les points
clés des différentes formes
d’implantation pour déterminer
laquelle correspond à leurs projets
d’investissement en Chine.
Le bureau de représentation
Un bureau de représentation est une
implantation
légère.
Cependant,
la
réglementation
régissant
des
bureaux
de représentation s’avère plus rigide, le
gouvernement chinois encourage plutôt la
création des filiales locales. En règle générale,
un bureau de représentation ne peut exercer
que des activités auxiliaires et préparatoires et
ne peut mener les activités commerciales.
Contrairement aux sociétés, un bureau de
représentation est toujours soumis à un examen
annuel de l’administration de l’industrie et du
commerce qui doit être effectué entre mars et
juin de l’année suivante, sous peine de sanction.
Au plan fiscal, un bureau de représentation est
soumis à l’impôt (impôt sur les sociétés, business
30
Connexions
Automne 2014
Quelle structure juridique adopter ?
Le choix de la structure juridique est la première des questions à se poser lorsqu’un projet
entrepreneurial en Chine est envisagé. L’évolution de la loi chinoise ainsi que celle du
marché chinois rend souvent cette question plus complexe. Le choix de la forme juridique à
adopter dépend non seulement de la réglementation en vigueur mais aussi d’autres aspects,
notamment de la stratégie commerciale, du secteur d’activité ou encore de la propriété
intellectuelle, etc. Tour d’horizon.
tax, etc.) à un taux total d’environ 12 % sur le
montant des dépenses encourues.
WFOE ou JV
Une entreprise étrangère peut créer, en Chine,
une société à participation 100% étrangère
(autrement dit « WFOE », « wholly foreign
owned enterprise ») ou une joint venture
(« JV »).
Il est primordial que l’entreprise étrangère
vérifie, en premier lieu, si son investissement
en Chine est encouragé, restreint ou interdit
conformément au « catalogue d’orientation
des investissements étrangers ». Ce catalogue
impose parfois la création d’une JV ou limite
le pourcentage des parts détenues par une
entreprise étrangère.
La révision de la Loi sur les sociétés en date
du 1 mars 2014 apporte des changements
importants, notamment concernant le montant
minimal du capital et le délai de libération
du capital. La circulaire du Ministère du
Commerce en date du 17 juin 2014 a confirmé
que cette révision est également applicable
aux entreprises à participation étrangère.
Ces changements assouplissent de façon
significative la procédure d’investissement par
des entreprises étrangères en Chine. A partir du
17 juin 2014, les investisseurs français peuvent
librement définir leur capital social et fixer
le délai de libération selon leurs statuts sauf
exigence réglementaire particulière.
En dépit des dispositions précédentes qui sont
applicable à la fois aux WFOEs et JVs, ces deux
structures ont des particularités distinctes :
1. WFOE
Contrairement aux JVs dont le conseil
d’administration est l’autorité suprême,
l’assemblé d’actionnaires est l’autorité suprême
d’une WFOE qui permet donc à l’actionnaire un
contrôle direct en total.
Contrairement aux JVs où certaines décisions
doivent être prises à l’unanimité du conseil
d’administration (telles qu’augmentation ou
réduction du capital, amendement des statuts,
fusion et scission), la WFOE peut prendre
toutes les décisions à la majorité simple. Un
administrateur exécutif, en lieu et place d’un
conseil d’administration composé d’au moins 3
administrateurs, peut être choisi pour faciliter
la gestion.
Cette structure est également avantageuse
en matière de la protection des propriétés
intellectuelles pour des raisons évidentes.
Il est également plus facile de mettre en place
des flux intra groupe (redevances, frais de
prestation de services ou management) avec
une WFOE. Par ailleurs, il peut être optimisant
fiscalement d’organiser les flux chinois entre
deux WFOE tout en limitant les flux Chine/
France soumis aux prix de transfert.
2. Joint Venture (JV)
- Raisons réglementaires
Une JV est obligatoirement requise en
application de la loi chinoise ou des exigences
des autorités locales, dans certains secteurs
comme l’automobile, l’aviation, la formation,
les études du marché, etc. En pratique, on
observe parfois que les partenaires chinois sont
dormants et sont présents uniquement afin de
répondre aux besoins réglementaires;
Une JV peut être également nécessaire dans
certains domaines industriels (par exemple,
construction), car une WFOE peut se voir
limiter dans le champ de ses projets en Chine.
De même, dans le domaine pharmaceutique,
afin de pouvoir transférer la licence d’un produit
pharmaceutique générique de son partenaire
chinois, la création d’une JV peut être bonne
solution.
Raisons commerciales
Une JV est souvent nécessaire dans les
infrastructures, telle que l’industrie ferroviaire.
Les appels d’offres exigent souvent que seules
des JV constituées avec un partenaire local
peuvent y répondre. Une JV est également
souvent adaptée pour acquérir un réseau de
distribution sur le marché chinois ou obtenir
plus de support administratif ou commercial
en misant sur les relations du partenaire
chinois. Les entreprises chinoises ont de plus
en plus d’expériences dans la collaboration
avec des entreprises étrangères notamment
sur la technologie, qui est de leur point de vue
un élément essentiel.
Société holding hongkongaise
La réduction du taux de la retenue à la source
prévue par la nouvelle convention fiscale entre la
France et la Chine du 26 novembre 2013 (qui n’a
pas encore été ratifiée) pourrait avoir un impact
sur l’opportunité de détenir une filiale chinoise
au travers d’une holding de Hong Kong.
Selon la nouvelle convention fiscale francochinoise, le taux de la retenue à la source
applicable à la distribution des dividendes d’une
filiale chinoise à sa société mère française et
à la plus-value en cas de cession des parts de
La révision de la
Loi sur les sociétés
en date du 1 mars
2014 apporte des
changements
importants,
notamment
concernant le
montant minimal
du capital et le délai
de libération du
capital. La circulaire
du Ministère du
Commerce en date
du 17 juin 2014
a confirmé que
cette révision est
également applicable
aux entreprises
à participation
étrangère.
participation par une société française dans sa
filiale chinoise est comme suit :
Société française
Retenue à la source Impôt sur la plus-value
Parts de participation
dans la JV
(plus de 25%)
5%
10%
Parts de participation
dans la JV
(moins de 25%)
10%
0
Si l’investissement se passe via une structure
holding à Hong Kong, l’implication fiscale est
comme suit :
Retenue à la source
Société hongkongaise
Parts de participation
dans la JV
(plus de 25%)
Parts de participation
dans la JV
(moins de 25%)
Impôt sur la
Substance
Défaut de
plus-value
économique à
substance
Hong Kong économique à
Hong Kong
5%
10%
10%
10%
10%
0
Cependant, le taux de la retenue à la source
applicable aux redevances et intérêts demeure
inchangé dans la nouvelle convention fiscale.
L’impact fiscal porte donc essentiellement sur
la baisse du taux de la retenue à la source pour la
distribution des dividendes.
L’opportunité de créer une société
hongkongaise reste donc toujours d’actualité
compte tenu de sa flexibilité juridique, la
facilité de sortie (via la cession des parts de la
société hongkongaise), le bénéfice d’un taux
d’imposition avantageux, l’environnement
international et la proximité avec la Chine
continentale.
Cependant, il faut prendre garde aux
dispositions anti abus de la loi fiscale chinoise
qui peut aboutir à faire abstraction de la société
hongkongaise notamment pour imposer en
Chine la plus value de cession des actions de la
société hongkongaise dans la mesure où cette
dernière n’a pas de substance économique à
Hong Kong. De même, il faut également tenir
compte des dispositions anti abus françaises
(article 209 B du CGI) qui vise ) réimposer
en France les profits réalisés par des sociétés
détenues à au moins 50% par des entreprises
françaises lorsqu’ils ont été soumis à un régime
fiscal privilégié.
N ic o l a s Zh u et A g n è s d e l’ E s t o i l e - Ca m p i
Connexions
Automne 2014
31
DR
P ar o l e à
Phil i ppe Ba rdo l
Directeur Chine de Ubifrance
« Il faut également viser
la Chine de l’intérieur ! »
Entreprendre en Chine, implique une
préparation minutieuse et une capacité
d’adaptation rapide au marché local. Les PME
françaises qui partent à l’assaut du marché
chinois doivent par ailleurs pouvoir se
projeter dans la durée. Ainsi, les partenaires
et les relais locaux sont pour elles absolument
essentiels. De surcroit, nous constatons
aujourd’hui que ces PME – qui venaient en
Chine il y a une dizaine d’années, davantage,
sur ce qu’on pouvait appeler une « impulsion »
- sont aujourd’hui de mieux en mieux
préparées. Elles sont nombreuses désormais
à viser la Chine dite de l’intérieur, car c’est
exactement là que se trouve la nouvelle classe
moyenne chinoise émergeante. En termes
d’opportunités et de besoins, nous voyons
là-bas s’imposer une sorte de « deuxième
Chine », très équivalente à ce qu’était la
Chine côtière d’il y a 20 ans. Ubifrance, en
collaboration avec l’ensemble des acteurs
institutionnels (Coface, BPIFrance, CCIFC,
etc.), a pour mission d’aider les entreprises
française à mieux comprendre ces nouveaux
marchés. Ainsi, nous organisons en 2014
à leur intention, près de 40 opérations
collectives représentant 70 sessions dans
13 villes chinoises, desservant bien sûr les
« grandes » destinations de Pékin, Shanghai,
Canton mais aussi celles de Wuhan, Chengdu,
Shenzhen, Qingdao ou encore Shenyang…
S’IMPLANTER EN CHINE
une offre sur mesure
ACCÉLÉREZ VOTRE
EXPANSION À L’INTERNATIONAL
AMORÇAGE DÉVELOPPEMENT IMPLANTATION
« Pack français »
Imagine China
ENTREPRENDRE C’EST (AUSSI)
ÊTRE ACCOMPAGNÉ
CCIFC, Ubifrance, Ambassade de France en Chine, BPIFrance, Coface… Tous les acteurs institutionnels
qui forment « l’équipe France » en Chine accompagnent et conseillent au quotidien les entreprises qui
visent le deuxième marché mondial.
L
a Chine, qu’on se le dise,
est assurément un marché
difficile. La Banque mondiale
classe ainsi la deuxième
économie du globe au 86e
rang sur 189 pays « en termes
de facilités et d’accès au business », précise
le centre européen PME (voir ci-contre).
Cette même étude de la Banque mondiale
montre cependant « un certain nombre
d'améliorations par rapport à 2005,
d’ordres administratifs pour démarrer une
entreprise, ou pour obtenir des permis de
construction, des crédit et payer des impôts ».
EXPORTATION
> STRATÉGIE D’ENTRÉE SUR LE MARCHÉ
> DÉVELOPPEMENT DE RÉSEAUX COMMERCIAUX
> RECHERCHE DE FOURNISSEURS
DOMICILIATION
> HÉBERGEMENT DE PERSONNEL CLÉS EN MAIN
> RECRUTEMENT & GESTION DE PERSONNEL
> PLATEFORME EXPORT / REPRÉSENTATION
IMPLANTATION & ACQUISITION
> CRÉATION & GESTION DE FILIALE
> FUSION & ACQUISITION
> IMPLANTATION INDUSTRIELLE
PLAN D’ACCÉLÉRATION À L’INTERNATIONAL
> OPTIMISATION DE LA STRATÉGIE INTERNATIONALE
> INGÉNIERIE DES FINANCEMENTS EXPORT
> DÉPLOIEMENT INTERNATIONAL SUR MESURE
WWW.ALTIOS-INTERNATIONAL.COM
WWW.ALTIOS-INTERNATIONAL.COM
[email protected]
32
Connexions
Automne 2014
ALTIOS C
CHINA
HINA SHANGHAI PUDONG
ALTIOS
ALTIOS
ONGRK
ONG
526
LAOSHHAN
OAD
, PUDONG
T.HANGHAI
(+86) 21
I
S
T. 6886
(+86) 8852
21 6886
8852I
ALTIOS
ALTIOSFRANCE
FRANCE
3939RUE
DEDE
COURCELLES
RUE
COURCELLES
PARIS
T.T.(+33)
PARIS
(+33)1 15383
53838921
8921
Pour tout renseignement à la CCIFC :
[email protected]
P. Ti
DR
Pourtant, les problèmes réglementaires, le
manque de transparence et les obstacles
culturels sont autant de défis que doivent
relever tout entrepreneur français qui fait
le pari de la Chine.
Et la CCIFC de proposer trois types de
services adaptés selon la maturité du projet de
l'entreprise à destination de ces entreprises
qui « entrent en Chine ». La domiciliation
d’abord qui permet – avant de se lancer –
de monter « un premier bureau sur place »,
précise Guillaume Bonadei, directeur du
département appui commercial à la CCIFC.
Un système d’incubation qui permet de faire
des analyses marché et ainsi d’approcher
le pays en douceur. « Avec nos équipes RH,
nous développons également de l’aide au
recrutement », poursuit Guillaume Bonadei
– service-clé qui permet à l’entreprise
d’identifier ses premiers collaborateurs. En
parallèle, la Chambre propose un volet de
formations (près de 100 sessions en 2013
pour 567 candidats formés) ; un dispositif
complété enfin par un service d’appui
commercial ciblé. Approche du marché, mise
en relation avec des partenaires potentiels
et/ou membres de la CCIFC… Autant de
services qui permettent « aux entreprises qui
décident de s’installer en Chine de mettre le
pied à l’étrier ».
Trois questions à…
Mi c haë l Amouya l
Directeur général de la CCIFC
« Encore de très
belles opportunités »
Quels sont les principaux dispositifs d’appui aux entreprises proposés par la CCIFC ?
La CCIFC peut aider les entreprises tout
au long de la chaine de valeur, en partant de
missions de prospections pour des entreprises
cherchant à s’implanter en Chine, jusqu’à l’organisation d’évènement ad hoc pour aider des sociétés bien installées à développer leur affaires,
en passant par des services de mise en relation,
de domiciliation, d’appui au recrutement, de
formation, etc. Nous développons aussi des
services de « sens inverse » pour aider les entreprises chinoises qui veulent se développer en
France, au sein de notre « Chinese Desk »
Quelles informations recherchent en
priorité les entrepreneurs français qui
« entrent » en Chine ?
Les entreprises sont en général sûres qu’elles
trouveront un marché potentiel significatif
en Chine, et se posent peu la question de
l’attractivité. Ce qui les intéresse, c’est le
« road-to-market », c'est-à-dire comprendre
quelles sont les barrières et freins, quels sont les
canaux / produits à privilégier, quels sont les clients
/ contacts / partenaires / investisseurs potentiels,
comment les approcher, etc. En outre, elles se
posent souvent la question si le fait de surmonter
toutes les barrières qui existent leur permettra
malgré tout d’être rentable.
« Oser entreprendre », est-ce encore
possible dans une Chine plus concurrentielle que jamais ?
La Chine est certes concurrentielle, mais
de nombreux secteurs ne sont pas encore
matures et il existe / existera de très belles
opportunités dans ces derniers. Si l’on prend
l’exemple de la construction des éco-quartiers :
les projets sont encore embryonnaires, mais la
Chine ne pourra pas en faire l’économie, et des
sociétés avec des technologies ou processus
innovants pourront clairement se positionner.
L’aventure n’est pas aisée, mais c’est aussi pour
ça que les institutions françaises d’appui aux
entreprises, et notamment la CCIFC, sont là !
Propos recueillis par P. Ti
À retenir
Études économiques et risques pays :
www.tresor.economie.gouv.fr/pays/chine
www.coface.com/fr/Etudeseconomiques-et-risque-pays/Chine
Fonds franco-chinois pour les PME :
www.bpifrance.fr
Le réflexe UE !
Le centre européen PME1 ouvert à Pékin
depuis 2010 est le premier support d’affaires
en ligne de UE à destination des petites et
moyennes structures désireuses de sonder
le marché chinois. Les entrepreneurs
européens peuvent ainsi obtenir le soutien
d’équipes d'experts multilingues du centre
dans les domaines du développement des
affaires, les questions juridiques, les normes
et la conformité, et des ressources humaines.
« Si elles sont à la recherche d'informations
plus vastes sur le marché chinois, notre Centre
de connaissances (Knowledge Center) est
un bon endroit pour commencer », précise
Chris Cheung qui dirige le centre européen
PME (EU SME). « Ce Knowledge Center
comprend plus de 110 rapports sectoriels, des
lignes directrices sur des questions techniques,
juridiques et culturelles et des études de cas sur
des entreprises déjà implantées sur place. Pour
les nouveaux arrivants, notre kit de diagnostic
"Êtes-vous prêt pour la Chine ?" est également
incontournable ». Une référence désormais
disponible en français.
1
EU SME - www.eusmecentre.org.cn
Imagine China
Connexions
Automne 2014
33
Imagine China
Chengdu Étape PME
La mégapole du Sichuan – 12 millions d’habitants – a accueilli fin octobre le 1er forum des PME
France-Chine. Objectif : encourager les échanges entre les PME-ETI des deux pays pour multiplier
les partenariats et les opportunités d’affaires.
L
É vé n e m e n t
e concept : 300 entreprises
françaises et autant de partenaires
chinois potentiels réunis dans
un même lieu et des centaines
de
rendez-vous individuels
personnalisés sous forme de
speed-dating de 45 minutes… Le premier forum
de PME France-Chine – qui s’est tenu du 23 au
26 octobre dans la capitale du Sichuan – a ainsi
permis aux participants venus d’Hexagone
(dont la moitié ne connaissaient pas le marché
chinois) de se transformer en ambassadeurs du
made in France. Une opportunité également
« de leur faire découvrir cet immense marché
et son potentiel », relève Vincent Grosyeux de
la plateforme Futurallia, l’un des partenaires
qui a coordonné l’événement côté français.
Les entreprises inscrites ont reçu le jour de
leur arrivée un programme de rencontres
« B to B » avec des sociétés dont les activités
correspondent globalement à leurs objectifs de
développement. « Nous espérons que chaque
participant a pu générer sur ces deux journées
l’équivalent de deux à trois courants d’affaires
ou liens contractuels avec les entreprises
chinoises qui ont été sélectionnées », précise
l’organisation. Reste aujourd’hui à mesurer les
retombées en termes business de ces rencontres.
34
Connexions
Automne 2014
« Dans notre secteur
en Chine, plus on
vend cher et mieux on
vend. Ce rendez-vous
de Chengdu nous
permet également
de rencontrer nos
compétiteurs et
possibles partenaires
de demain, de
comprendre les
nouvelles tendances
mondiales du
marché »
Jean-Marc Chalot
PDG du groupe
Peters Surgical
Chine, destination incontournable
Cet objectif ambitieux a en tout cas su
séduire ces centaines d’entrepreneurs, dont
certains sont de vieux routiers de la Chine.
« C’est une initiative enrichissante », témoigne
ainsi Jean-Marc Chalot, PDG du groupe
Peters Surgical, spécialisé dans le matériel
chirurgical (200 personnes en France pour un
CA de 60 millions d’euros). « La Chine est le
pays qui globalise les plus grandes ressources
de production au monde, c’est important d’y
aller », souligne cet entrepreneur qui a vécu
5 ans à Shanghai à la fin des années 90. « C’est un
marché réputé difficile et opaque », témoigne-til. Un marché par ailleurs « paradoxal ». « Dans
notre secteur en Chine, plus on vend cher et mieux
on vend. Ce rendez-vous de Chengdu nous permet
également de rencontrer nos compétiteurs et
possibles partenaires de demain, de comprendre
les nouvelles tendances mondiales du marché ».
Lancé à l’initiative de Jean-Pierre
Raffarin, l’événement a été labellisé par le
Comité d’organisation de la Commémoration
du 50e anniversaire de l’établissement des
relations diplomatiques entre la République
Française et la République Populaire de
Chine. « L’avenir de notre monde sera en partie
asiatique », précise l’ancien Premier ministre
français, « Il nous faut connaître cet horizon,
aimer cet avenir.{…}. La Chine est prête à
nous faire partager ses réussites. Présentons
nos entreprises, {…}, fidélisons nos contacts ».
5 Questions à 15 Entrepreneurs
Aur é l ien H ivonnet
Directeur Asiaction Sourcing
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Il fut un temps où l’on pouvait venir en Chine
monter un projet avec pour seuls bagages des
idées, sa volonté et son humour. Ce n’est plus aussi
simple aujourd’hui...
“
“
Il fut un temps où l’on pouvait venir en Chine monter un projet avec
pour seuls bagages des idées, sa volonté et son humour. Ce n’est plus
aussi simple aujourd’hui.
Aurélien Hivonnet
Asiope China
DR
www.asiope-china.com
Bertr and C ristau
PDG
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Oui certainement ! On est en permanence
confronté à des imprévus, c’est ce qui en fait le
charme.
36
Connexions
Automne 2014
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Mon 1er diner à Pékin le 4 Juillet 80. A 18 : 30
tout était déjà fermé, seul un petit restau blafard
vendait des nouilles froides et de la bière dégazée.
Tickets de rationnement, clients effrayés, 2
clientes qui s’arrachent les cheveux. D’un coup
plongé dans un monde si différent, j’ai compris
que j’étais parti pour de nombreuses surprises.
Le pire…
Un client devenu un ami. Cela faisait 5 ans que
nous coopérions dans une confiance totale et
tout d’un coup il nous a plantés de 300K€. Une
trahison dont je me méfie dorénavant même avec
les partenaires les plus fidèles.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Pas qu’elle se développe beaucoup car je me
méfie maintenant de la croissance trop vive, mais
être toujours présent, ce qui n’est jamais acquis…
Et si c’était à refaire ?
Je recommencerais sans hésiter et sans rien
changer, mais les chinois refuseront probablement eux de retourner 30 ans en arrière.
Bernard Controls
www.bernardcontrols.com
DR
DR
www.asiaction.com
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Le plaisir de porter des projets à bien. Partir
de rien, suivre le développement de produits et
être félicité pour le résultat. Les bons souvenirs
sont ces réussites et les rencontres qui les
accompagnent.
Le pire…
C’est de réaliser qu’en Chine un patron ne peut
pas être ami avec ses employés.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
En 2020, notre clientèle sera plus
internationale, et nous maitriserons plus de
gammes de produits.
Et si c’était à refaire ?
Oui sans hésitation. Idéalement 10 ans plus tôt,
à une époque où il y avait encore plus à construire.
GUILLAUM E B E RN ARD
Directeur General des Opérations
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Entreprendre où que ce soit est toujours une
aventure ex-tra-or-di-naire.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Beaucoup de très beaux souvenirs : le
« familly day » organisé tous les ans en janvier
qui voit nos collaborateurs se développer et
agrandir leur famille, les premiers profits après
5 ans d’investissements, la surprise des projets
d’artistes avec les collaborateurs.
Le pire…
La trahison.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Des collaborateurs qui se développent, un
centre de R&D beaucoup plus important, des
acquisitions.
Et si c’était à refaire ?
Plus de capital, plus de management RH, plus
de R&D.
Chocolat C/Cret
www.chocolatccret.com
DR
Asiaction Sourcing
Yann i ck Ravi er
China Managing Director
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
La Chine est le pays de l’harmonie. Donc du
compromis. Mais il y a aussi un certain flou dans
la mise en œuvre de nombreuses règles.
DR
www.five-doors.com
www.flochinternational.com
Jean -M i chel Floch
Président , CEO
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
C’est toujours une aventure de venir travailler
dans un pays etranger bien sûr La Chine restera
«L’aventure»
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Des opportunites multiples et des propositions
d’affaires constantes
Le pire…
Des partenaires Chinois qui ne sont pas fiables.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Croissance des acquisitions chinoises en
Europe et des investisments etrangers en Chine.
Et si c’était à refaire ?
Bien sûr , toujours entreprendre en Chine et en
Asie: c’est l’avenir.
HU G O Ga rcia- Cotte
License 2 dream
www.l2d.asia
Jul i en Urba i n
CEO
Fondateur / PDG
Insigneum
www.insigneum.com
DR
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
La Chine reste un marché difficile. Les barrières
administratives ont laissé place désormais à des
barrières concurrentielles.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Mettre les pieds dans un hackerspace de
Shenzhen. Partout, des boites de composants, des
kits de fabrication de robots, une imprimantes 3D,
un canapé où visiblement plusieurs personnes
avaient dormi la veille... Le paradis, quoi !
Le pire…
La lettre d'invitation pour obtenir un visa de
travail depuis Hong Kong, simple formalité
administrative mais qui se transforme en
cauchemar. Je reste coincé un mois sur place ; le
tout avec des clients qui attendent mon retour...
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Le round B (levee de fond pour plus de
10 millions de dollars), l'IPO ou la revente à
Amazon. Le rêve de tout entrepreneur.
Et si c’était à refaire ?
J'aurais encore moins hésité avant de venir !
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
La satisfaction tient de cette expérience
continuelle de création et d'adaptation, en entités
sociales, en business modèles, en marques et
produits, etc.
Le pire…
Le manque de transparence des règlementations gouvernementales qui vous use à la longue,
surtout quand vous démarrez un projet.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Croitre rapidement pour bénéficier d'une
économie d'échelle, et de là, être plus solide sur le
marché, pour mieux garantir la pérennité à cette
entreprise.
Et si c’était à refaire ?
Nous la referions, avec des moyens financiers
mieux préparés. Car sur ce marche, il faut avoir
des ressources pour saisir au mieux les opportunités.
DR
Five Doors
Floc’h International
Group
DR
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Notre récent lancement d’offre corporate
mooncake. Nous avons déjà des retours très
positifs de présentateurs télé et stars pourtant
déjà très sollicités.
Le pire…
Un fournisseur qui ne vous livre pas dans les
temps, des produits bloqués en douane… Des difficultés qui sont parfois difficiles à gérer sans que
le client ne soit impacté.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Conquérir la Chine… Avoir une implantation
retail en propre avec l’appui de distributeurs bien
implantés localement ou en franchise.
Et si c’était à refaire ?
Définitivement je le referais ! C’est un choix de
vie. L’envie et l’énergie sont des moteurs essentiels.
Zhang Li an
Co-fondateur et directeur général
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Oui, car il y a en Chine un environnement
entrepreneurial unique, en particulier en ce qui
concerne les règlementations administratives, les
pratiques d'affaires, les valeurs de références, etc.
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Totalement ! elle peut être fantastique comme
catastrophique. Mais quoiqu’il arrive elle sera
dure et nécessitera beaucoup de travail et de
courage.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Décrocher les licences Nickelodeon et ELLE
pour l’Asie dans mes catégories produits « sans
avoir une société cotée au CAC40 ».
Le pire…
Des arnaques et retards des usines. Que je
n’aurais d’ailleurs jamais pu résoudre sans mes
AMIS chinois !
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Etre la société détenant, commercialisant le
plus de licences sur le marché chinois et figurer
parmi les trois plus importants fournisseurs
de grandes surfaces et chaine de magasins
spécialisés en produits.
Et si c’était à refaire ?
Evidemment, mais certainement différemment.
Connexions
Automne 2014
37
5 Questions à 15 Entrepreneurs
www.mixel.fr | www.jiaoban-qi-mixel.com
“
Mon souhait : pouvoir continuer à croître et créer des
emplois en Chine, en France et
générer des bénéfices pour nos
actionnaires…
DR
Benjamin Denis
“
Mixel
Directeur Commercial et Vice President de Mixel Beijing
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Entreprendre en Chine comme dans le reste du
monde est je pense toujours une aventure.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
La possibilité de prendre des commandes en
Chine pour notre usine en France et donc d’y
contribuer à maintenir des emplois.
Le pire…
De ne pas pouvoir payer mes employés en fin de
mois plusieurs fois.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
De pouvoir continuer à croitre et de créer
des emplois en Chine, en France et générer des
bénéfices pour nos actionnaires…
Et si c’était à refaire ?
C’est dur mais cela en vaut la peine.
Le pire…
La solitude et la malhonnêteté de certains
responsables d’usines.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Que ma société ne soit plus seulement orientée
dans le sens Chine-Europe mais qu'une forte
activité de la France vers la Chine se soit
développée.
Et si c’était à refaire ?
Je créerais à nouveau ma société mais pas seule.
Pouvoir être au minimum à deux est un gage de
réussite pour affronter les difficultés et prendre
les bonnes décisions.
Fondateur
www.sae-asia.com
DR
DR
www.preciconcept.com
Directrice Générale
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
L'aventure oui toujours, mais définitivement
plus l'eldorado.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Le contact avec les ouvriers chinois et la
possibilité de créer ses propres produits à
moindre coût.
38
Connexions
Automne 2014
www.epermarket.com
M r. Lu
SAE Asia
Preciconcept
Eugenie De l ep ie rre
SEO Epermarket
DR
B enjam in Denis
Le pire…
Honnêtement, pas de mauvais souvenir… mais
des coups de chauds, beaucoup de stress et de
longues journées.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Que nous ayons réussi notre implantation dans
d’autres pays de la zone Asie, dont Singapour et le
Vietnam en particulier.
Et si c’était à refaire ?
Je le referais, sans la moindre hésitation et sans
véritable changement non plus dans la manière
dont les choses se sont faites.
T ea F e r ass e
Directeur Qualité
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
La Chine est un lieu favorable aux entrepreneurs.
Les opportunités y sont nombreuses et les
modalités pour créer une société y sont… flexibles.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Après beaucoup de projets et d’idées non
concrétisées, avoir finalement réussi à me mettre
à mon compte est définitivement mon meilleur
souvenir.
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Nous rencontrons un dynamisme hors
norme en Chine, il y a en effet toujours autant
d’opportunités à saisir.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Les débuts… lors du lancement du site ; la phase
d’incertitude est un moment à la fois stressant et
plein d’adrénaline!
Le pire…
Lorsque l’on doit faire face aux problèmes de
partenariat et à la concurrence déloyale. Ces
problèmes sont évitables à condition d’être bien
préparé.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Être connus à travers toute la Chine, en
respectant nos standards de qualité. Notre
objectif est de faire de notre programme
respectueux de l’environnement, une norme
auprès des consommateurs chinois.
Et si c’était à refaire ?
Je reproduirais un schéma identique, car
c’est avec nos forces et nos faiblesses que nous
progressons !
Sigmaphi
www.elico-corp.com
www.sigmaphi.fr
“
Mon meilleur souvenir ?
Le contact avec les ouvriers
chinois et la possibilité de créer
ses propres produits à moindre
coût.
“
Shanghai Elico Ltd
E ric Cau da l
A r naud Lan celot
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Oui, au delà des grandes villes (Shanghai,
Beijing, etc.). Là, de nombreuses spécificités
chinoises sont souvent sous-estimées et les
erreurs coûteuses en temps et argent.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
Mon premier contrat avec une société
leader mondial sur son secteur. J'ai alors
découvert qu'en Chine tout est possible pour un
entrepreneur jouant bien ses cartes..
Le pire…
Le jour où mon chef de projet m'a lâché la veille
du lancement officiel, pour 50 euros de plus par
mois chez un concurrent...
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Rester leader sur mon secteur de l'ERP
opensource tant sur le marché chinois que celui
des étrangers avec un partenaire Chinois solide.
Et si c’était à refaire ?
Avec l'expérience acquise, j'irais surement
beaucoup plus vite ! J'hésiterais moins à me faire
accompagner ou à m'associer.
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
C’est toujours l’aventure. La Chine, par sa
complexité, agit surtout comme un accélérateur
(de prise d’expérience, d’échec, de succès…)
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
La négociation d’un contrat dans le centre de
recherche nucléaire de Lanzhou dans le Gansu
se finissant autour d’une bouteille de baijiu.
Le pire…
Un contrat fini avec énormément de retard
car nous étions dans l’impossibilité de trouver
la qualité recherchée chez les sous traitants et
fournisseurs.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Un chiffre d’affaire largement développé grâce à
une présence plus importante sur le marché local.
Et si c’était à refaire ?
Je le referais avec un immense plaisir. En
Chine, rien ne se passe comme prévu et la dose de
stress est importante mais on s’en sort toujours…
Le calme et la prise de recul devient une arme de
tous les jours.
C'est toujours " l'aventure" en Chine, au delà des grandes villes
(Shanghai, Beijing, etc.). Là, de nombreuses spécificités chinoises sont
souvent sous-estimées et les erreurs coûteuses en temps et argent.
Eric Caudal
“
“
Wishu
Directeur général
www.wishu-tampons.com
DR
Directeur Général
DR
DR
DR
Eugenie Delepierre
V i rgi ni e P re & Jeremy RIGAU D
Fondatrice et Manager & Fondateur et CEO
Entreprendre en Chine… Est-ce encore
« l’aventure » ?
Entreprendre en Chine, ou ailleurs, c’est
toujours une aventure ! Mais il est vrai qu’en
Chine, l’expérience est aussi bien professionnelle
qu’humaine tant le changement de culture est
marquant.
Votre meilleur souvenir d’entrepreneur
(français en Chine).
L’obtention de notre licence d'abord, puis la
soirée d’ouverture officielle, enfin les témoignages
quotidiens de nos clientes chinoises.
Le pire…
Si peu de mauvais souvenirs… Seulement
quelques incompréhensions et quiproquos dûs
aux différences culturelles auxquels nous avons
su trouver des solutions adaptées.
Votre souhait, à l’horizon 2020, pour votre
entreprise en Chine ?
Pérenniser notre start-up en élargissant notre
gamme Wishu et devenir une référence en
Chine de la distribution, notamment online, des
produits d’hygiène pour la femme.
Et si c’était à refaire ?
Nous changerions quelques détails mais nous
revivrions cette aventure avec beaucoup de
plaisir !
Connexions
Automne 2014
39
DR
Analyse
Imagine China
Stéphane Grand
CEO
Cabinet S.J. GRAND
Fiscalité des entreprises
Transparence et anticipation
« Entrepreneur » est un mot à la mode. C’est l’entrepreneur qui fait tourner l’économie et qui va sauver le monde. A quel
moment passe-t-on d’entrepreneur à patron de PME n’est pas clair, mais quelque subtile que soit la taxonomie en Occident,
l’entrepreneur et le patron de PME étrangère en Chine partagent une caractéristique, celle de travailler sans filet.
Analyse du système fiscal chinois.
E
n dépit d’une fiscalité
française que l’on qualifie
volontiers
d’écrasante
et de décourageante, le
système en général permet
une certaine flexibilité et
prévisibilité avec un système de contrats et
un système judiciaire fiables, et des niveaux
de qualité et de confiance certains. En Chine,
l’entrepreneur et le patron de PME étrangers
ne bénéficient pas de cet environnement
et doivent de ce fait agir avec beaucoup de
précaution, ce qui n’est pas toujours dans leur
nature.
« L’entrepreneur se
doit de se projeter
dans l’avenir, au
risque de rester coincé
dans le passé. »
Si l’entropie générale chinoise peut donner
l’impression que tout est permis, ce n’est
jamais le cas pour l’étranger. La fiscalité, le
droit social et les difficultés notoires d’accès
au financement bancaire sont des carcans
qui limitent la marge de manœuvre dudit
entrepreneur.
Qu’il construise pour la postérité ou pour
une revente de son activité, il doit le faire
avec un but de solidité et de transparence.
Le rebelle au fond de chaque entrepreneur
souffre à l’idée de créer des systèmes et de
mettre en place des contrôles alors qu’il
voudrait consacrer toute son énergie à la
Connexions
Automne 2014
41
création et au développement. Il veut agir
vite, parer au plus pressé et prend quelquefois
des raccourcis qu’il imagine anodins. En fait
l’expérience prouve que tous les raccourcis
sont dangereux, mais il ne s’en rend compte
qu’une fois que l’entreprise a pris son
essor et qu’il est trop tard, trop compliqué
ou trop coûteux de changer les systèmes
fondamentaux.
Penser à long terme
La création de structures inadéquates
basées sur des relations personnelles (telle
la proverbiale société au nom de l’épouse
chinoise), l’évitement de l’investissement
et les économies sur le personnel critique,
l’absence de déclaration des revenus reçus
à l’étranger ne sont que quelques-uns de ces
raccourcis. Il serait dangereux d’imaginer
que les administrations chinoises voient
avec autant de bienveillance les libertés
prises par les étrangers et celles prises par
leurs contreparties locales, ou qu’il est
possible à long terme de passer au travers
des mailles du filet. Le résultat de cette
attitude est un risque permanent, et de ce
fait, la création de structures seulement
utiles à court terme, sans possibilité de
financement, de revente, et d’intégration
à des groupes. L’entrepreneur se doit de se
projeter dans l’avenir, au risque de rester
coincé dans le passé.
Le système fiscal chinois est toujours en
cours de développement et de modernisation.
Ceci crée des incertitudes, mais semble aussi
augurer des changements très positifs pour
les entreprises françaises.
Taxe sur la consommation
Aujourd’hui, la taxe sur la consommation
créée en 1994 a vécu. Affectant les personnes
privées, les administrations et bien sur
les entreprises privées. Cette taxe affecte
non seulement la consommation privée,
mais bien sur les coûts des entreprises. Il
semblerait qu’il y ait une intention au niveau
du gouvernement de faire de la taxe sur la
consommation une taxe locale, alors que
c’était une taxe nationale. Ladite taxe est
lourde, avec des taux qui peuvent s’élever à
45% pour des produits de consommation
relativement courante, et représente avec la
TVA la principale source de revenu pour le
gouvernement central. Il est donc difficile
d’imaginer que cette réforme soit une grande
priorité pour le gouvernement, bien que
le fait de la localiser permettrait d’aider
les gouvernements provinciaux à financer
leurs projets et les forcerait à utiliser leurs
revenus de manière plus sage qu’ils le font
actuellement. L’impact sur les entreprises
industrielles privées se verrait plutôt si
l’effort de réforme venait, comme cela semble
42
Connexions
Automne 2014
« Le système
fiscal chinois est
toujours en cours de
développement et
de modernisation.
Ceci crée des
incertitudes, mais
semble aussi augurer
des changements
très positifs pour
les entreprises
françaises. »
être le cas, à augmenter les taux sur les
produits polluants ou à forte consommation
énergétique. Nos industries nationales
seraient peut-être aussi touchées par une
augmentation des taux sur les produits de
luxe, laquelle augmentation irait dans le sens
des orientations politiques actuelles. En
revanche, la réduction prévue du taux sur
les produits cosmétiques pourrait aider les
entreprises françaises dans le domaine.
Impôt sur le Revenu
C’est dans l’impôt sur le revenu des personnes
que l’on trouve sans doute le seul vestige
notable des avantages qui étaient jusqu’à
récemment octroyés aux entreprises
étrangères en Chine employant des
expatriés. Les étrangers profitent toujours
d’avantages non-intégrés à l’assiette de calcul
de leur revenu privé, comme le loyer d’un
appartement remboursé par l’employeur
ou les frais de scolarité de leurs enfants. Il
faut cependant faire attention aux points
suivants :
• Il semble qu’il y ait un mouvement
d’intégration vers le système applicable
aux employés chinois, sachant qu’il faut
déclarer les remboursements de loyers,
même si ceux-ci ne sont pas encore
imposables.
• Les avantages sont déductibles par
l’entreprise seulement à hauteur de 14%
de la masse salariale.
• D’une manière générale, il convient de
garder la proportion d’avantages à moins
de 40% du salaire total afin d’éviter
d’apparaître suspect à l’administration
fiscale.
Transition de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires
(BT pour « Business Tax ») à la Taxe sur la
Valeur Ajoutée (TVA)
Un programme pilote de transformation
du système de la BT vers un système de
TVA est en cours depuis plusieurs années.
Sous le système de la TVA, certains services
produits en Chine et vendus à l’étranger
pourraient passer à un taux de TVA zéro ou
être exemptés. Une directive (Annonce no.
52 du 13 Septembre 2013) de l’Administration
Fiscale Centrale donne les critères précis
pour bénéficier de ces exemptions. S’ils
demeurent relativement restrictifs, le simple
passage de la BT à la TVA est déjà un progrès
considérable en permettant déduction, ce qui
n’était pas possible sous le système de BT.
Traité contre la double-imposition et
l’évasion fiscale
Un nouvel accord a été signé par la
France et la Chine le 26 Novembre 2013
et demeurant en attente de ratification, il
n’est pas encore entré en vigueur. Cette
incertitude, notamment quant à la façon dont
l’administration fiscale chinoise l’appliquera,
cause une incertitude pénible. Ceci étant,
la réduction du taux d’imposition sur les
dividendes de 10 à 5% aura un impact positif
pour les entreprises dont l’actionnariat est en
France.
Les évolutions du système fiscal chinois
auront un impact positif, sans aucun doute.
Il faut souhaiter que de mêmes évolutions
toucheront celui de l’équilibre en devise
et que les financements locaux seront plus
accessibles aux entreprises étrangères.
Typiquement,
en
Occident,
les
changements d’équipe dirigeante aux plus
hauts niveau de l’Etat s’accompagnent de
libéralisation du crédit, afin d’améliorer la
performance des entreprises. Lors d’une
recherche récente menée avec le Carlson
Center de l’université du Minnesota, nous
avons confirmé que ce n’était pas le cas
en Chine. En dépit du remplacement des
têtes des plus hautes instances, les banques
chinoises continuent à travailler de la même
façon en pratique, n’offrant en général de
financement qu’aux sociétés publiques.
Les sociétés étrangères souffrent encore
plus de leur incapacité à souscrire des
emprunts lorsqu’elles sont de petite taille
ou au début de leur vie et qu’elles ne peuvent
pas bénéficier du soutien d’un groupe. Il
convient alors d’optimiser autant que
possible le besoin en fonds de roulement,
ce qui ne peut se faire que par des mesures
énergiques et cohérentes dans la gestion
quotidienne.
Les entrepreneurs bénéficieront grandement de s’imaginer déjà à la tête de grands
groupes et d’utiliser des méthodes de gestion
strictes. Le risque demeure alors présent,
mais il peut être réduit.
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Il existe deux
limites liées à la
tradition, celle de
la copie parfaite
avant de dépasser le
maitre, qui limite la
capacité à inventer
à partir d’une page
blanche, ainsi que
celle d’une absence
de culture de la
contre-proposition
que pratiquent en
revanche beaucoup
les Français.
Imagine China
Analyse
L’initiative en Chine
Ce que des dirigeants
français en disent
À l’heure où la question se pose d’une Chine, futur laboratoire du monde (cf. Connexions
70,), une critique récurrente persiste sur le manque de prise d’initiatives des équipes
chinoises. Comment expliquer ce paradoxe entre une économie dynamique et pleine
d’initiatives et des comportements de collaborateurs plus passifs qu’en Europe ?
ingt dirigeants français
représentants des sociétés
européennes1 ont répondu
à un questionnaire pour
tenter d’explorer plus
en profondeur ce sujet
complexe.
Une première découverte est le besoin
urgent des dirigeants de se réinventer et de
développer l’initiative dans les équipes
afin de faire face à leurs ambitions de
croissance, de profitabilité et/ou de part
44
Connexions
Automne 2014
de marché. La deuxième évidence est
leur immense frustration : ils sont prêts
à déléguer, mais sont confrontés à des
équipes qui préfèrent obéir.
Ils ont eu la possibilité d’évaluer de 1 à 10
les principales qualités des collaborateurs
chinois et des managers français ; le
diagramme ci-dessus est sans équivoque (1
est la note la plus faible et 10 la plus élevée):
Pourtant une partie d’entre eux étaient
enthousiastes :
« Il y a 2 ans et demi, il n’y avait pas de
budget innovation en Chine, maintenant
c’est 10% du budget mondial » ;
« L’initiative est plus développée qu’en
Europe ; il y a un esprit d’entrepreneur qui
aide à la développer … De nombreux salariés
qui montent leur entreprises » ;
Quel est alors le secret ?
« La Chine est frappante d’initiatives
dans son cadre et ses propres règles », a
confié un des interviewés. L’idée clé ici
est que l’initiative n’a pas la même forme
qu’en Europe, elle est en général plus
pragmatique, mise en œuvre pour régler
un problème, elle est moins structurée et
souvent moins communiquée.
•Le premier secret est donc d’accepter cette
différence, cette forme d’invisibilité pour
les yeux européens, afin de reconnaitre
l’initiative à la chinoise et la développer.
Bien sûr, il y a encore beaucoup à faire :
pour les dirigeants interrogés l’initiative
en Chine c’est trop ou trop peu.
« Trop », car les Chinois vont vite et les
idées affluent sans être triées :
« Ils ont une impatience absolue et une
capacité à voir extrêmement loin, mais pas
entre les deux » ;
« Un sens aigu de l’opportunité, ils sont
hyper réactifs »
« Ils peuvent être trop court-termiste dans
leurs idées ».
« Pas assez », car pour les logiques
hiérarchiques confucéennes respectant la
face du chef, s’ils ont des idées, ils vont peutêtre les garder pour eux, d’autant qu’il n’y a
pas de volonté de briller individuellement :
« Prudence et silence vis-à-vis de la
hiérarchie », 枪打出头鸟qiang da chu
tou niao, dit le proverbe. Il ne faut
pas être le premier oisillon à sortir
la tête du nid, sinon on est le premier
sacrifié !
Il existe deux autres limites liées à
la tradition, celle de la copie parfaite
avant de dépasser le maitre, qui limite
la capacité à inventer à partir d’une page
blanche, ainsi que celle d’une absence
de culture de la contre-proposition que
pratiquent en revanche beaucoup les
français.
•L e deuxième secret consiste à
accepter ces limites culturelles et à
être à la fois persévérant et attentif
pour mieux développer les talents des
équipes et les cadrer quand nécessaire.
Comment concrètement faire en Chine ?
Cinq axes essentiels peuvent être engagés pour
développer l’initiative, avec l’aide de certaines
racines de la culture chinoise.
•Affirmer et répéter le droit à l’erreur ;
失败是成功之母 L’échec est la mère du succès.
•Réinventer et réannoncer le rapport à la
hiérarchie
人至察则无徒 Un élève ne peut rien apprendre
d’un professeur rigide et sévère.
授 人 以 鱼 , 不 如 授 之 以 渔 Mieux vaut
apprendre à pêcher que donner du poisson
•Reconnaitre et valoriser le pragmatisme et le
rapport au concret.
•Favoriser les rôles dans le groupe et le
fonctionnement d’équipe qui protègent des
risques de l’individualisme.
•Donner de l’air et du temps, grâce à la culture
de l’organisation, soutenir le management
dans le changement en cours.
À noter, avoir des idées et aller en parler, audelà de la culture du pays, est également lié à la
personnalité, à la motivation, au fonctionnement
des équipes et à la culture de l’entreprise.
L'initiative dans l'entreprise vue par 20 dirigeants français
9
8
7
6
5
4
3
2
Sens d
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Porter uens de la créa
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C o n c ré
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Accueil
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1
0
Collaborateur chinois
1 est la note la plus faible, 10 la plus forte
Manager français
Comme dans tous les pays, développer
l’initiative, c’est intégrer cette complexité et
s’assurer que la culture d’entreprise et le style
managérial vont valider le changement attendu.
C’est une véritable politique d’accompagnement
du changement qui favorisera la transformation
souhaitée.
Le premier pilier du changement c’est le style
managérial ; c’est aussi le plus fragile puisqu’il
s’appuie sur des êtres humains qui ont chacun
leurs habitudes et leurs préférences.
Un outil baptisé «l’escalier de l’initiative© »
permet de former des managers en Chine
qui souhaite développer cette compétence
dans leurs équipes. C’est une méthodologie
opérationnelle,
qui donne des clés
comportementales aux dirigeants ou managers
de proximité. L’objectif est de développer un
style managérial favorisant une confiance
et une prise d’initiative progressive par les
collaborateurs. L’essentiel en Chine est une
évolution, étapes par étapes «一步步做, yi bu bu
zuo ».
La première marche de l’escalier valorise
déjà la remontée d’informations, de
problèmes. Il s’agit d’encourager l’expression
du collaborateur, même s’il n’apporte qu’un
problème sans solution pour le résoudre. En
Europe, un collaborateur qui identifie un
problème est conscient qu’il doit proposer
une solution ; en Chine, comme la culture est
différente, l’effort d’adaptation doit être partagé
par les deux parties, managers et collaborateurs.
Du fait de la diversité des personnes, l’escalier
est plus ou moins long et difficile à monter pour
atteindre le plus haut niveau, celui de l’initiative
en toute autonomie et pertinence stratégique.
Les différentes étapes sont donc conçues pour
permettre une évolution adaptée et progressive
vers la prise d’initiatives des collaborateurs.
Les conclusions de l’étude démontrent
également que lorsque des intervenants
extérieurs accompagnent le développement
de la créativité et de nouvelles pratiques qui
favorisent l’initiative, ils devront avoir un
style d’animation adapté à la culture chinoise,
plus informel, plus ludique. Capitalisant sur
la culture et les proverbes chinois, l’objectif
sera de développer une logique locale, tout en
élargissant le cadre de référence et en métissant
les deux approches.
1. Liste des entreprises qui ont participé à l’étude : Air Liquide,
Arkema, Bohler Welding Group, Cache-Cache, Crédit agricole,
Gefco, Métro, Michelin, Modern Media, Nestlé, Open, Pramet,
Puma, Roquette, Saint Gobain, Shanghai Lihai Consulting, Schneider, Volvo, Yanfeng Johnson Controls, Benoît et associés.
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Connexions
Automne 2014
45
RETOURS D'EXPÉRIENCE - 5 PME françaises
FOCUS PME
Imagine China
Eplus more
Dates-clés
1993
Emmanuel Paget
Kellner commence
sa carrière dans le
monde du digital après
un MBA à l’Institut
européen d’Administration
des Affaires.
2004
Arrivée en Chine.
Lancement de
F-Emotion, société
évènementielle
rachetée plus tard par
Publicis Events.
2010
Retour dans le
numérique. Emmanuel
Paget Kellner
pilote le développement
commercial en Chine
de Nurun, société
canadienne de conseil en
communication digitale..
2013
Lancement à Shanghai,
en juin, de la société
eplusmore.
2014
La PME facture, en janvier,
son premier client payant.
46
Connexions
Automne 2014
« Un pays
extrêmement
compliqué »
Pas facile de monter sa société en
Chine, même quand on y vit depuis dix
ans… Emmanuel Paget Kellner,
entrepreneur et fondateur de la société
eplusmore, témoigne pour Connexions.
J’essaie d’être le Google Analytics
du offline. » Elle a beau être un
peu jargonneuse, la phrase résume
parfaitement l’activité d’Emmanuel
Paget Kellner, fondateur de la
société eplusmore. Lancée en juin 2013,
cette PME française basée à Shanghai
vend un service qui rappelle, à une grosse
différence près, celui offert par le célèbre
moteur de recherche américain.
Installé en Chine depuis dix ans, Emmanuel
Paget Kellner ne mesure pas le nombre de
« visiteurs uniques » ou le nombre de « clics »
sur un site Internet, mais bien le va-et-vient
réel des personnes physiques devant et autour
d’un emplacement fixe, par exemple une
boutique de vêtements. Son produit phare
s’appelle ShoppAnalytics™ et il a déjà conquis
plusieurs marques internationales, dont Yves
Rocher. Implanté en Chine dans 28 points de
vente, le distributeur français de produits de
beauté a craqué pour cette technologie qui lui
permet d'analyser finement le passage devant
ses enseignes.
« Le marché est loin
d’être uniforme et
les démarches ne
sont pas faciles pour
les étrangers »
D’apparence complexe, ShoppAnalytics™
ressemble en fait à un petit boitier : une fois
installé dans le magasin, il capte, comme
une antenne, le passage des chalands en
géolocalisant leurs téléphones portables.
« En Chine, les propriétaires des centres
commerciaux utilisent encore des chiffres
aléatoires et pas rationnels. Ils donnent
souvent aux potentiels locataires des chiffres
basés simplement sur le nombre d’employés
qui travaillent dans les tours à proximité »
explique ce Français de 46 ans. Tout en
restant anonyme, ShoppAnalytics™, au
contraire, permet de compter très exactement
le nombre de consommateurs qui passent
devant tel ou tel magasin. De quoi séduire
les grands noms de la mode et du luxe dans
un pays où l’augmentation du prix du mètre
carré, combinée à la profusion des surfaces
commerciales, pousse nécessairement à faire
des choix.
Le big-data, une nouveauté
Entrepreneur aguerri, Emmanuel Paget Kellner
connait bien l’Asie et notamment la Corée du
Sud où il avait monté en 2004 la filiale d’un
de ses précédents employeurs. La Chine, en
revanche, s’est révélée être une autre paire de
manches. « C’est extrêmement compliqué. Le
marché est loin d’être uniforme et les démarches
ne sont pas faciles pour les étrangers. » Il procède
d’abord au rachat d’une société chinoise détenue
par une holding hongkongaise. Transaction qui
lui permet d’obtenir une structure existante et
de sauter les étapes. « En Chine, il faut environ
six mois pour monter une entreprise, entre le
début des démarches et l’émission des premières
factures. Avec eplusmore, cela ne m’a pris que
deux mois. »
Aujourd’hui, cette start-up compte quatre
associés. Leur mission désormais : lever les
freins psychologiques pour gagner davantage
de clients chinois, encore dans des logiques
de croissance. « Le big data est quelque chose
de vraiment neuf en Chine. Je me heurte à
une incompréhension de l’outil » poursuit le
fondateur. Malgré cela, la deuxième économie
mondiale reste incontournable : « les
opportunités sont là et elles sont réelles. »
Raphaël Balenieri
Connexions
Automne 2014
47
Olivier Marceny
AS Architecture
Au pays de la folie immobilière
FOCUS PME
AS Architecture
P
AS Architecture-Studio
sait garder la tête froide
La Chine est assurément un eldorado pour les architectes
occidentaux mais le chemin n’est pas sans embûche.
ourvue d’agences permanentes
à Shanghai et à Pékin, au total
composées de plus de 60
employés, AS ArchitectureStudio [AS] est devenu
en
Chine
un
cabinet
d’envergure.
L’ampleur de ses projets est significative :
Centre régional culturel de Jinan livré
en 2013 (380 000 m 2 pour un coût de
construction de 240 millions d’euros),
Musée des sciences et technologies
de Lhassa (32 000 m 2 de surface bâtie
pour 48 millions d’euros) ou encore le
complexe de la gare sud de Taiyuan , tous
deux livrés cette année.
« La Chine est devenue d’autant plus
cruciale pour nous que ce genre de projets
est plus rare en Occident, explique Li
Shuwen, directrice de l’agence pékinoise
L’année charnière
reste 2001, quand
AS est retenu pour la
conception du
« Master Plan » [le
plan d’ensemble]
de l’Exposition
universelle de
Shanghai de 2010,
un projet de prestige
qui lui ouvre de
nombreuses portes
en Empire du milieu.
d’AS. Mais notre réussite n’est pas le fruit
du hasard. Nous sommes ici depuis plus de
20 ans. »
Fondé en 1973 à Paris, c’est en effet dès
1992 qu’AS fait ses premiers pas en Chine.
« Nous faisions partie des premiers
cabinets occidentaux du pays », raconte
Mme Li.
Mais l’année charnière reste 2001,
quand AS est retenu pour la conception
du « Master Plan » [le plan d’ensemble]
de l’Exposition universelle de Shanghai
de 2010, un projet de prestige qui lui
ouvre de nombreuses portes en Empire
du milieu.
Projets d’avenir
Aujourd’hui, les clients d’AS sont pour la
plupart des collectivités territoriales ou des
sociétés privées pourvues de fonds publics.
Un mélange typique du capitalisme d’Etat
Dates-clés
48
1973
1987
2001
2013
Création à Paris d’AS.
Architecture-Studio
Inauguration de l’Institut
du Monde Arabe, dont AS,
Jean Nouvel, G. Lezenes et P.
Soria sont co-concepteurs
« Master Plan » proposé
par AS retenu pour
l’Exposition Universelle
de Shanghai de 2010
Livraison de la première
phase du Centre culturel
régional de Jinan
Connexions
Automne 2014
FOCUS PME
DePack
Ceva
à la chinoise, que l’agence a mis du temps à
appréhender.
Désormais, l’écologie est devenue en
Chine un « enjeu d'avenir », fait-on savoir
chez AS. « Un virage écologique parfois
compliqué à mettre en œuvre mais dont
le processus est en marche ». Témoin la
multiplication de projets développés
autour de la construction de "quartiers
durables", lesquels permettent aux
promotteurs de justifiers des prix
immobiliers élevés et aux cabinets
comme AS de déployer tout leur savoirfaire. A Caidian, dans la banlieue de
Wuhan, première ville durable francochinoise, c’est justement l’expertise
française qui a été sollicitée. AS participe
à cette réflexion et interviendra les 30-31
octobre durant le séminaire sur la ville
durable, organisé par la municipalité de
Wuhan et le Consulat général de France
à Wuhan.
Preuve enfin de son sérieux et de sa
reconnaissance institutionnelle, cruciale
en Chine, AS organise, sous l’égide du 50ème
anniversaire des relations diplomatiques
franco-chinoises, l’exposition « Habiter
le monde autrement. La ville écologique ».
Le but : à travers 50 projets,
« promouvoir l’urbanisme intelligent ».
Rendez-vous du 28 octobre au 9 novembre
prochain à l’Institut Français de
Pékin.
Edgar Dasor
Octobre 2014
Organisation de l’exposition
« Habiter le monde autrement.
La ville écologique »
à l’Institut Français de Pékin
Hong kong
Paradis des
entrepreneurs ?
La région administrative spéciale est particulièrement favorable à la
création d’entreprise. C’est ici que la société française Depack Design
s’est installée, en 2011, pour aborder en douceur le marché chinois.
À
seulement
27
ans,
Guilhem Uberti est
déjà responsable d’une
équipe
franco-chinoise
de
cinq
personnes.
Basé à Hong Kong, ce
jeune diplômé arrive dans l’ancienne colonie
britannique en 2011 pour lancer la filiale locale
de Depack Design, une agence de création née
à Bordeaux 22 ans plus tôt et spécialisée dans
la réalisation de stands commerciaux pour
les salons professionnels et la conception de
boutiques pérennes dans le secteur du retail.
Arrivé d’abord en VIE puis embauché, le
jeune Français se félicite aujourd’hui du chemin
parcouru. Devenu directeur de la filiale, il vient
de terminer une grosse commande : la réalisation
de 39 stands sur-mesure, soit 1700 mètres carrés,
pour le salon international Vinexpo. Une étape
de plus pour la société tricolore, déjà remarquée
en 2009 pour le corner de Fauchon qu’elle avait
réalisé pour la célèbre enseigne de la place de
la Madeleine dans l’aéroport de Hong Kong.
Avant de mettre le cap à l’étranger, Depack
Design (4,7 millions d’euros de chiffres d’affaire
global en 2013, dont 700 000 euros à Hong
Kong) s’est longtemps concentrée sur ses clients
historiques du Bordelais. Faute de ressources
en interne, la PME confie pendant dix ans ses
projets chinois à une entreprise hongkongaise
via un accord de licence. « Il y avait assez peu
de valeur ajoutée. Ce n’était que du traitement
« C’est une ville
très facile pour
les entrepreneurs.
On arrive avec un
passeport et un
compte bancaire
et c’est fait dans la
journée », explique
le jeune manager.
Connexions
Automne 2014
49
de projet. La société locale avait sa propre
marque et n’avait donc pas intérêt à développer
la nôtre » se souvient Guilhem Uberti.
Hong Kong : destination business
Le tournant arrive en 2010, lorsque Depack
Design monte une structure en propre dans la
grande mégalopole cantonaise. « C’est une ville
très facile pour les entrepreneurs. On arrive avec
un passeport et un compte bancaire et c’est fait
dans la journée » explique le jeune manager. Les
opérations commencent véritablement en octobre
de l’année suivante et c’est tout naturellement
que la société se tourne vers ses clients, acquis
en France, dans l’industrie des alcools et du luxe.
Depack Design commence ensuite à vendre
ses services en Chine continentale, tout en
maintenant toutefois son ancrage opérationnel
dans la région administrative spéciale.
« Hong Kong, c’est une bonne base. C’est très facile
pour le business mais pour construire quelque
chose de durable, c’est plus compliqué », témoigne
Guilhem Uberti. Aujourd’hui il est également
contacté par des clients chinois (Shanghai Tang
notamment) qui souhaitent participer à des
salons professionnels en Europe ou ouvrir des
points de vente pérennes sur le Vieux Continent.
Guilhem Uberti ne prévoit pas cependant
d’ouvrir une filiale en Chine continentale, même si
ses fournisseurs sont quasiment tous de l’autre côté
de la frontière. « Hong Kong reste très porteur, on
n’en a pas encore fait le tour. » En revanche, il développe
un réseau de partenaires à Pékin, Shanghai et
Canton et s’y rend, bien évidemment, dès qu’un
client lui demande de l’accompagner sur place.
FOCUS PME
Accord IBC
Raphaël Balenieri
chiffres clés
4,7
Chiffre d’affaire global, en million d’euros,
réalisé en 2013 par Depack. Design.
L’activité « stand » pèse pour 60 % des
ventes de la société.
5
Nombre d’employés à Hong Kong. Depack
Design y emploie, outre le directeur
de la filiale, deux chefs de projet, une
coordinatrice, une designer et un stagiaire.
Le « Pavillon français » de Qingdao
39
Nouvel
incubateur pour
PME tricolores ?
Nombre de stands réalisés en mai à
l’occasion du salon Vinexpo à Hong Kong.
Vinexpo est un partenaire historique de la
société qu’elle accompagne depuis 1992.
250
Prix minimum, en euro et au mètre carré,
pour un stand conçu par Depack Design.
Les stands les plus élaborés peuvent coûter
jusqu’à 1500 euros au mètre carré.
700
Chiffre d’affaire, en milliers d’euros,
réalisés par la filiale hongkongais de
Depack Design en 2013.
50
Connexions
Automne 2014
Conçu comme un pôle culturel, économique et commercial dédié à la France, ce projet
mené par Accord IBC vise à faciliter l’implantation des PME qui peinent encore à
s’affirmer en Chine.
Le pavillon se situe
au cœur du centre
économique de
cette cité balnéaire,
dans le HNA
Center, propriété
de la compagnie
aérienne étatique
Hainan Airlines.
autour du 20 octobre à Qingdao. Le concept
est innovant : sur 2400 mètres carrés, le site
va concentrer plusieurs dizaines de points
de vente de PME (de coutellerie, linge,
gastronomie…), toutes hexagonales et dument
sélectionnées. Moins esseulées, ces dernières
profiteront aussi d’une implantation à
bas coût, tout en déléguant la gestion du
personnel… en échange d’une commission de
32 % sur les ventes.
Enfin, le pavillon se situe au cœur du centre
économique de cette cité balnéaire, dans
le HNA Center, propriété de la compagnie
aérienne étatique Hainan Airlines [HNA].
Ouvert à partir de 2012, ce complexe haut de
gamme regroupe une tour de bureau et une
résidence, respectivement de 51 et 30 étages,
reliées par un centre commercial.
Imagine China
L
e Made in France peut-il
rayonner en Chine au-delà
des inévitables Louis-Vuitton,
Cartier et autres Lancôme ?
« Le problème est connu.
Certes, les grandes enseignes
disposent d’une force de frappe importante
jusqu’en Chine, reconnait Marc Lacharme,
directeur général adjoint de la société de
conseil Accord IBC, une « WFOE » (entité
à capitaux étrangers) basée à Qingdao et
fondée entre 2010 et 2011. Mais nos PME, en
dépit de la qualité de leurs produits, peinent,
elles, à se développer dans un environnement
qui manque de synergie. »
C’est précisément ce verrou qu’entend
faire lever Accord IBC, grâce au « Pavillon
Français », sa réalisation la plus ambitieuse à
ce jour et dont le coût d’environ 12 millions de
rmb a nécessité la recapitalisation du groupe
en 2013. L’inauguration devrait survenir
Implantation en Chine à bas coût
La première rencontre avec HNA remonte
à 2010. « Après l’Expo de Shanghai, nous
réfléchissions à réimplanter des pavillons
nationaux dans des grandes villes de Chine,
une idée qui intéressait notamment Qingdao, se
souvient Olivier Baleix, directeur général
d’Accord IBC. Conseiller une seule entreprise à la
fois ne nous suffisait plus, nous voulions créer un
espace doté d’une synergie susceptible de profiter
à de multiples acteurs en même temps. HNA, pour
sa part, voulait donner à son centre commercial de
Qingdao une ‘French Touch’ afin de se démarquer
des concurrents. Nos idées se sont rencontrées. »
Pour le grand lever de rideau, le Pavillon
Français sera opérationnel, sans pour autant
fonctionner à plein régime. À peine plus d’une
vingtaine de PME ont signé, quand la structure
pourrait en accueillir près d’une quarantaine.
« Mais nous sommes confiants, assure M.
Baleix. D’ailleurs, des pourparlers ont lieu
avec une entreprise intéressée pour un espace
de 300 mètres carrés ». Signe supplémentaire
d’optimisme : Accord IBC prévoit d’ores et déjà
de dupliquer le concept du Pavillon Français
dans d’autres villes chinoises, dont Pékin.
Edgar Dasor
Connexions
Automne 2014
51
MOQ Wines
FOCUS PME
MOQ Wines
MOQ Wines
Le vin en poupe
Jean-Michel Weiss a fondé sa société en 2006.
Huit ans plus tard, cet Alsacien est devenu le quatrième
importateur de vin français en Chine. Témoignage..
L
a Chine n’a presque plus de
secret
pour
Jean-Michel
Weiss : cet entrepreneur y fait
des affaires depuis plus de trente
ans. D’abord trader à Hong Kong
pour la grande distribution
française, il arrive à Shenzhen « le 1er mai
1982, à 14 heures » pour visiter ce qui n’était, à
l’époque, qu’un tout petit village de pêcheurs.
« Il y avait des vélos partout. Les Chinois
étaient habillés intégralement en gris, ou en
vert » se souvient aujourd’hui cet Alsacien de
56 ans.
Pendant des années il multiplie les allers
retours entre la France et la Chine. Puis il
tombe amoureux et décide de s’y installer
pour de bon après la période de glaciation
post-Tiananmen. Il travaille, dans un
premier temps, pour de grands comptes
tricolores avant de lancer, en 2006, sa propre
entreprise : MOQ Wines, spécialisée dans
52
Connexions
Automne 2014
« Le choix de
Shenzhen ne s’est
même pas posé. Tous
nos réseaux, nos amis
et nos guanxi sont
ici » explique JeanMichel Weiss.
« La société a été créée
en trois jours. Quand
on a des relations,
c’est très facile. »
l’importation de vins français. « Le choix de
Shenzhen ne s’est même pas posé. Tous nos
réseaux, nos amis et nos guanxi sont ici »
explique-t-il. « La société a été créée en trois
jours. Quand on a des relations, c’est très
facile. »
Huit ans plus tard, cette PME réalise un
chiffre d’affaires global de 9 millions d’euros.
Elle importe des vins français (de 120 à 900
yuans, selon la bouteille) qu’elle distribue à
ses clients (hôtels, restaurants, grossistes)
via ses 40 points de vente à travers la Chine.
« Gérer un tel réseau ne pose aucun défi
particulier. Je n’ai fermé aucune boutique »
rappelle fièrement le fondateur, à la
tête désormais d’une petite équipe de
25 personnes dans la grande mégalopole
cantonaise.
Outre la société de Shenzhen, Jean-Michel
Weiss a également ouvert une branche à
Hong Kong qui lui permet de réexporter
plus facilement, vers le Sud-est asiatique,
les vins arrivés en Chine en provenance de
l’Hexagone. L’ancienne colonie britannique
n’applique en effet aucune taxe sur les vins
contenant moins de 30 % de volume d’alcool,
alors que la Chine continentale, en revanche,
pénalise tous les alcools et spiritueux avec
une taxe de 48,2 %.
500 000 bouteilles entreposées
Aujourd’hui, l’entrepreneur mise particulièrement sur la Thaïlande et le Vietnam, un
pays « qui sera, dans dix ans, ce que la Chine
MOQ Wines
A retenir
DR
est aujourd’hui. » Mais pour l’instant c’est en
Chine que le gros du marché se trouve. « Ce
qui nous sauve, c’est le nombre d’habitants. Si
on perd un client, on peut rapidement en gagner un autre » remarque-t-il.
Fils d’un exploitant viticole, Jean-Michel
Weiss retourne chaque année en France
pour choisir personnellement les vins
« pas trop sucrés, ni trop secs » susceptibles
de plaire aux Chinois. Il lui faut désormais
7 jours pour rassembler les vins, puis trente
jours de shipping par bateau et enfin 3 à
7 jours pour le dédouanement. Une fois
réceptionnés, les vins sont ensuite stockés
dans son entrepôt de Shenzhen, véritable
caverne d’Ali Baba avec ses 500 000 bouteilles.
Parmi elles, celle qui plait le plus à
ses clients chinois est justement un vin
d’Alsace, « Le Gentil », à 373 yuans l’unité.
Composé à 50 % de Gewurztraminer, avec
quelques touches de muscat et de pinot
gris, ce vin blanc figure en bonne place dans
son catalogue. À côté d’un autre vin, du
Bordelais cette fois, que Jean-Michel Weiss
a sobrement appelé : « Le Romantique ».
Le festival ICWFF
Du 13 au 17 novembre, la gastronomie
européenne sera à l’honneur à Shenzhen.
Lancé par Jean-Michel Weiss, en
partenariat avec China Merchants
Group, l’International Culture Wine
and Food Festival (IWCFF) ambitionne
d’ouvrir les portes du marché chinois
aux meilleures marques gastronomiques
(vins et haute cuisine) du Vieux
Continent. Pendant 5 jours et sur
86 000 mètres carrés d’exposition, les
professionnels du secteur pourront
montrer l’étendue de leur savoir-faire.
Entre 300 000 et 500 000 visiteurs sont
attendus.
Raphaël Balenieri
Connexions
Automne 2014
53
Enquête Ifop
Les entrepreneurs
français
dans un
marché
dynamique
Les entrepreneurs « tricolores » considèrent
toujours l’environnement des affaires en Chine
comme dynamique. Ils vivent une pleine
passion pour ce marché. Cependant, beaucoup
affrontent aussi des difficultés : le système
administratif très complexe, les barrières à
l’obtention de prêts bancaires, l’augmentation
du coût des ressources humaines, etc.
P
our étudier la perception et les
attentes des entrepreneurs français à l’égard de l’environnement
d’affaires en Chine, l’Ifop a réalisé
quatre entretiens approfondis en
Octobre avec des entrepreneurs
français travaillant localement dans différents
secteurs : les relations publiques, la distribution
de boissons, le développement de marques et
l’équipement de laboratoires.
L’environnement général de l’entreprenariat en Chine
« Dynamique » est l’adjectif couramment utilisé
lorsque nous demandons aux entrepreneurs
français de décrire le marché chinois. Les
Chinois, dont les revenus augmentent, sont de
plus en plus intéressés par les produits français :
parfum, vin, fromage, chocolat, produits de
haute technologie, ainsi que par le mode de
vie français. Ainsi, même les entrepreneurs
entrant dans un marché dit « de niche » peuvent
prospérer grâce au fort potentiel de ce marché.
Mais il n’est pas si facile de se faire une place.
Même si les opportunités sont nombreuses, la
Chine se situe seulement à la 96ème place dans le
classement 2014 de Facilité à faire des affaires,
54
Connexions
Automne 2014
« Même si les opportunités
sont nombreuses, la Chine
se situe seulement à la 96ème
place dans le classement
2014 de Facilité à faire des
affaires, sur 189 pays dans
le monde, d’après une étude
de Banque Mondiale. »
Imagine China
sur 189 pays dans le monde, d’après une étude
de Banque Mondiale. Cet environnement est
particulièrement peu favorable dans certains
domaines qui impactent directement l’activité
des PME : la création d’entreprise (158ème
place), le paiement des impôts (120ème place),
l’obtention de prêts (73ème place), entre autres.
Lancer et gérer son entreprise en Chine n’est
donc pas de tout repos.
Ces difficultés ne semblent néanmoins
pas arrêter de nombreux entrepreneurs. La
promesse d’un « marché dynamique » semble
avoir primé sur d’autres facteurs défavorables.
Comment les entrepreneurs français se
lancent-ils en Chine ?
Les créateurs de PME françaises en Chine
acquièrent souvent une grande expérience
de l’environnement chinois de par leur vie
personnelle et professionnelle avant de
se lancer dans l’entreprenariat. Cyrielle
MOHARA, directrice de Spectrum Events, a
vécu en Chine depuis ses études à l’université.
Elle a travaillé pendant six ans dans le secteur
des relations publiques où elle a construit son
réseau professionnel avant de créer sa propre
agence. Avec ses trois collaborateurs Chinois,
elle dirige avec succès une start-up dont les
fournisseurs et clients sont majoritairement
Chinois.
« L’environnement dynamique et créatif,
basé sur un esprit entrepreneurial, un
environnement multiculturel, et un networking
très efficace » permet aux entrepreneurs de se
développer comme l’explique Julie BRUMENT,
la co-fondatrice de Bio In-Bev, un distributeur
de boissons organiques françaises. Erlab, un
expert de la filtration d'air pour la protection
du personnel de laboratoire, s’est installé
en Chine non seulement pour bénéficier de
ce marché dynamique à fort potentiel mais
considère également la Chine comme point de
développement du marché asiatique en général.
Points forts et difficultés des entrepreneurs français
Pour réussir, Benjamin DUPUY D'ANGEAC
et Nicolas VAN DE CASTEELE ont développé
leur société Asia Retail Partners, une entreprise
de distribution de marques européennes dans
les secteurs de la mode et de la restauration en
Chine, grâce à leurs expériences respectives
en Chine dans le conseil et la distribution.
Julie BRUMENT nous explique que leur
succès vient de leur positionnement unique
– gamme de boissons biologiques françaises
– qui est aujourd’hui un marché de niche sans
compétiteurs directs. Dominique LALOUX,
Directeur Général d’Erlab Chine, insiste sur
l’importance d’investir en permanence pour
renforcer l’image de marque et de leadership, la
meilleure arme contre les copieurs qui sévissent
si facilement en Chine.
Les entrepreneurs français font néanmoins
face à de nombreuses difficultés. La première
est que les PME doivent affronter un système
administratif très compliqué dont les règles
changent régulièrement. Comme dans le cas de
Bio In-Bev, une licence de vente directe n’inclut
pas le droit de vendre sur internet. Ce serait
illégal. Il est uniquement possible de vendre les
produits à une société chinoise qui, elle, pourra
développer la vente en ligne. La complexité du
système administratif, juridique et légal impose
d’être bien entouré et conseillé. L'analyse,
la vision et la pro-activité sont trois qualités
généralement indispensables à un entrepreneur,
mais cela se vérifie encore plus en Chine.
Les attentes des entrepreneurs français
Les entrepreneurs interviewés n’ont pas noté
d’amélioration majeur sur l’environnement des
affaires chinois au cours de la dernière décennie. Cependant, ils mentionnent deux points qui
impactent de plus en plus leur activité entrepreneuriale : la concurrence accrue et l’augmentation du coût des ressources humaines. Par ailleurs, l’appréciation du RMB a particulièrement
impacté l’entreprise exportatrices. Bien gérer
son entreprise, fidéliser les clients et proposer
en permanence des innovations sont les actions
perçues par les entrepreneurs comme les solutions pour réussir.
En termes des attentes, d’après les personnes
interrogées par l’Ifop, les banques chinoises
refusent souvent des prêts aux PME car elles
considèrent celles-ci comme instables. Il s’agit
d’un aspect de l’environnement d’affaires qu’il
est prioritaire d’améliorer selon les entrepreneurs français. Simplifier les procédures administratives et relâcher les restrictions sur les opérations commerciales sont aussi des attentes des
entrepreneurs et des éléments perçus comme
déterminants pour la réussite ou l’échec de leurs
entreprises. Enfin l’accès à l’information est un
enjeu d’autant plus important que l’entreprise
est de petite taille, notamment pour suivre et
comprendre les évolutions de la réglementation
et les changements du niveau des salaires.
Équipe IFOP Asia
Connexions
Automne 2014
55
Abécédaire
CE IM
CLASSE MOYENNE
D’après une récente étude du
cabinet Ernst & Young, plus de
80 millions de ménages Chinois
auront des revenus annuels
supérieurs à 35000 dollars en
2022. Mieux, selon l'OCDE,
10 % des 1,35 milliard de Chinois
appartiennent déjà à la classe
moyenne (dont les revenus se
situent entre 17000 et 35000
dollars). Ceux-là devraient être
40 %, ou 560 millions d’habitants
dans 8 ans. Cette nouvelle classe
moyenne – qui consomme de
nombreux produits importés :
voitures, cosmétiques, produits
alimentaires, etc. - constitue un
vrai enjeu de croissance pour les
entreprises de services implantées
en Chine.
56
Connexions
Automne 2014
E-COMMERCE
Difficile de faire l’impasse sur
le commerce en ligne pour
un entrepreneur qui décide
de partir à la conquête du
marché chinois. Son taux de
pénétration dans le pays est
de 6,3 % selon l’agence iClick
Interactive, contre seulement
5 % aux Etats-Unis. « On estime
désormais que 475 millions de
Chinois ont un pouvoir d’achat
équivalent à un Occidental »
relève
le
site
spécialisé
www.lsa-conso.fr. « Or cette
population, qui est par ailleurs
très connectée (on dénombre 500
millions d’internautes chinois),
ne bénéficie pas d’une offre
commerciale équivalente à celle
des Etats-Unis et de l’Europe ».
IDE
Ou Investissements Directs
Étrangers. Selon le MOFCOM,
au cours des cinq premiers mois
de 2014, la Chine a autorisé
8 744 nouvelles entreprises à
investissements étrangers à
s’installer sur son territoire,
en hausse de 1,6 % par rapport
à la même période l’année
précédente ; le montant des
i nv e s t i s s e m e n t s é t r a n g e r s
effectivement utilisés a atteint
48,9 milliards de dollars (environ
301,1 milliards de yuans), en
hausse de 2,8 %. La France, avec
320 millions de dollars,, fait
partie du Top 10 des pays qui
ont le plus investis durant cette
période (contre 2,33 milliards de
dollars pour Taïwan).
MÉGAPOLES
« Penser Chine » pour un
entrepreneur étranger, c’est devoir
penser pôles urbains gigantesques
en devenir. De fait, la deuxième
puissance économique mondiale
– qui compte déjà 90 villes de
plus de 5 millions d’habitants
– abritera à l’horizon 2025,
quelque 400 millions d’urbains
supplémentaires
comme
le
prédisent nombre de démographes,
soit plus d’un milliard au total de
citadins. Vertigineux ! La gestion
de ces mégapoles sera à n’en pas
douter l’un des enjeux majeurs
de la prochaine décennie et
l’expertise française en matière
d’éco-construction
notamment
sera fortement demandée. A bon
entendeur.
PSVZ
PROCÉDURES
Se lancer en Chine offre
l’avantage d’accéder à un marché
colossal et de profiter d’une
(encore) forte croissance mais
encore faut-il savoir sous quel
régime créer son activité. Il est
nécessaire de bien respecter
les procédures en vigueur pour
éviter les mauvaises surprises.
Et même si la Chine montre
depuis quelques années une
volonté
de
libéralisation
progressive du cadre juridique
des projets à capitaux étrangers,
les procédures d'enregistrement
d'une entreprise ou d'un bureau
de
représentation,
restent
nombreuses
et
requièrent
une maîtrise des arcanes de
l'administration chinoise.
SECTEURS
Entreprendre
en
Chine,
c’est aussi et avant tout bien
comprendre
son
marché
et définir les secteurs dits
stratégiques, tels que définis dans
le Plan quinquennal en cours
(2011 - 2015) et dans lesquels les
investissements étrangers sont
particulièrement
encouragés.
Ils sont au nombre de 7, comme
le rappelait récemment le
quotidien Les Echos : les
véhicules à énergie propre,
les nouveaux matériaux, les
énergies renouvelables (éolien,
solaire, barrages hydrauliques,
etc.), les biotechnologies, les
technologies de l’information
ainsi que l’environnement et les
équipements industriels avancés.
V.I.E
Ou Volontariat International en
Entreprises. Le V.I.E permet aux
entreprises françaises de confier
à un jeune, homme ou femme,
jusqu’à 28 ans, une mission
professionnelle
à
l’étranger
durant une période modulable de
6 à 24 mois, renouvelable une fois
dans cette limite. Commerciales
ou techniques, les missions
sont décidées par l’entreprise :
études de marchés, prospection,
renforcement d’équipes locales,
accompagnement d’un contrat,
d’un
chantier,
participation
à la création d’une structure
locale ou encore animation
d’un réseau de distribution...
Toutes les informations sur
www.ubifrance.fr
ZONES FRANCHES
Viser une zone franche lorsque
l’on s’implante en Chine
peut offrir des avantages non
négligeables. Ces zones sont
au nombre de 3 : à Shanghai,
à Tianjin et à Shenzhen. Les
importations y sont libres de tous
droits de douane et taxes, précise
Planet Expert, à condition
qu'aucune marchandise produite
à l'intérieur de la zone ne soit
revendue sur le marché local.
« Entrepôts sous douane, sociétés
de négoce et production destinée
à l'exportation y sont autorisés.
Il existe 2 autres zones dans les
même régions (Export Processing
Zones) bénéficiant également
d'exemptions de droits de
douane ».
Connexions
Automne 2014
57
Actualités de la Chambre
TROPHÉE DES TALENTS CHINE 2014
L
a Chambre de commerce et
d’industrie française en Chine
(CCIFC), en partenariat avec le
Service de Coopération et d’Action Culturelle – Institut Français de Chine de l’Ambassade de
France en Chine, Decathlon, EDF et Valeo, a
lancé le jeudi 18 septembre 2014, la deuxième
édition du Trophée des Talents 2014, et pour
la première fois à l’échelle nationale, au Sofitel
Guangzhou Sunrich à Canton.
Le Trophée des Talents Chine est un concours
destiné aux étudiants chinois évoluant dans
les filières universitaires d’excellence sinofrançaises, de manière à sensibiliser ces jeunes
générations aux enjeux de demain. Le but
est d’évaluer les compétences commerciales,
techniques et linguistiques des meilleurs
étudiants autour d’une problématique
d’actualité, choisie par les Partenaires Officiels,
et ainsi récompenser les plus innovants et les
plus talentueux d’entre eux.
Le concours comprend dans un premier
temps une série d’épreuves internes aux 40
universités partenaires, au travers 15 différentes
provinces, du 27 juin au 15 août 2014. Le lauréat
de chaque établissement, a été ensuite soumis à
la préparation d’un dossier et d’une soutenance
orale tenue séparément le 27 et 28 août 2014
à Pékin, le 30 août à Canton ainsi que le 4 et 5
septembre 2014 à Shanghai devant un jury.
Ce dernier, composé de managers des
entreprises organisatrices, a évalué et
sélectionné les meilleurs profils selon des
critères précis tels que la maitrise du sujet, la
communication ou encore la culture générale.
Cette année les étudiants ont répondu à la
problématique suivante : « Comment répondre
aux craintes exprimées par les populations vis-àvis des risques industriels en Chine ? »
Cette initiative unique en Chine permet
notamment aux entreprises françaises à la fois
d’identifier les talents chinois de demain et de
58
connexions
automne 2014
valoriser leurs opportunités de carrière au sein de
leurs structures. L’objectif est donc double : mettre
en avant et encourager les sections d’études sinofrançaises, et soutenir les liens entre le monde de
l’entreprise et celui de l’enseignement.
Cette année, la CCIFC et ses partenaires ont
eu l’honneur de féliciter et de récompenser
4 étudiants, puisque deux d’entre eux ont obtenu
les mêmes résultats et sont alors ex-æquo à la 3e
place :
• 1er prix : Mlle FANG Yu de l’Université
Normale de Shanghai, récompensée par une
bourse de 8000 RMB ;
• 2e prix : M. QIU Lu de l’Université
des Minorités Nationales du Guanxi,
récompensé par une bourse de 5000 RMB ;
• 3e prix : Mlle LI Qiwei de l’Université de
Xiamen, récompensée par une bourse de
2500 RMB ;
• 3e prix : Mlle CHEN Kangying, Université
Internationale de Business et d’Économie,
récompensée par une bourse de 2500 RMB.
La remise des prix s’est déroulée lors du
Cocktail Annuel de Rentrée de la CCIFC,
qui a réuni au Sofitel plus de 150 personnes
dont l’ensemble des étudiants et universités
participant au concours, les Partenaires Officiels
ainsi que les décideurs d’entreprises des sphères
d’affaires françaises et chinoises membres de la
Chambre.
Contacts :
Mlle Emeline HESPEL
Responsable Évènementiel et Communication
[email protected]
Tél. : (20) 2916 5531
Port. : 189 2239 6833
WeChat : emelinehespel
DR
Nouveaux collaborateurs...
Arrivée de :
Laila TAYEBI
A rejoint la Chambre le 12 Août dernier au poste de directrice de la communication, après plus de 7 années
dans le même domaine pour divers grands groupes français couvrant le Moyen Orient, l’Afrique et l’Inde. Elle
remplace Marion Sardou que nous remercions pour l’immense travail accompli ces deux dernières années.
Contact : [email protected]
A l’occasion de la visite officielle de Laurent
Fabius en Chine, UBIFRANCE, l’Agence
française pour le développement international
des entreprises, la Chambre de Commerce et
d’Industrie Française en Chine (CCIFC) et
Entreprises Rhône-Alpes International ont
signé, en présence du ministre des Affaires
étrangères et de Jean-Jack Queyranne,
Président de la Région Rhône-Alpes, une lettre
d’intention afin de coordonner leurs actions.
Au terme de ce texte, les trois institutions
s’engagent à établir une charte commune
visant à définir un « parcours à l’export en
Chine » lisible et cohérent à destination des
PME et ETI françaises qui souhaitent exporter
et s’implanter dans le pays. Ces dernières
bénéficieront ainsi dès 2015 d’un catalogue de
services et prestations unifiés pour leur faciliter
la démarche export dans l’Empire du milieu.
L
a Chine offre des potentiels
de marché majeurs pour
l ’o ff r e f r a n ç a i s e . M a i s
l ’e n v i r o n n e m e n t d e s
affaires y est exigeant et
nécessite souvent une
implantation physique de l’entreprise qui
souhaite s’y développer. C’est dans ce sens
qu’UBIFRANCE, la CCIFC et ERAI ont signé
une lettre d’intention tripartite définissant le
cadre d’une coordination de leurs actions et
de leur offre. Le but à terme est de créer une
véritable chaîne de valeur unifiée à chaque
étape du parcours export des entreprises
françaises en Chine.
Les trois opérateurs proposeront très
prochainement un catalogue de services
et de prestations unifié centré sur leurs
expertises respectives ; accompagnement et
orientation des PME, ouverture de nouveaux
marchés, développement de nouveaux
courants d’affaires pour UBIFRANCE Chine ;
proposition de solutions d’implantation
et de services associés pour permettre aux
entreprises de pérenniser leur présence
sur le marché pour CCIFC et Erai. Ce
DR
Accompagnement des PME/ETI en Chine
UBIFRANCE, la CCIFC
et ERAI posent les bases
de « l’Equipe France Chine »
IL A DIT
partenariat, non exclusif dans sa forme,
permettra à tout acteur spécialisé dans le
commerce international, privé ou public,
d’apporter sa contribution.
Ce socle commun de collaboration s’appuiera
également sur des plateformes physiques
d ’a c c u e i l d i s p o s a n t d e f a c i l i t é s
d’hébergement, qui permettront de regrouper
l’offre de services dans un lieu unique dans
les principaux bassins de développement
économique en Chine, notamment à
Shanghai avec l’Espace Rhône-Alpes en
étroite collaboration avec UBIFRANCE et le
Business center local de la CCIFC, mais aussi
à Pékin qui accueillera le regroupement, à
l’initiative de la CCIFC, de plusieurs acteurs
de la présence économique française en
Chine.
Une communication unifiée à travers des
supports communs mis à disposition dans
les bureaux et sur les sites web de chacun
des partenaires permettra d’accroître la
cohérence de ce dispositif.
Les trois partenaires se sont félicités de la
signature de cet accord dont Laurent Fabius
a souligné la nécessité et la valeur d’exemple.
« Notre objectif commun
est la réussite des entreprises
françaises en Chine. Face
à la multitude des services
proposés par les nombreux
operateurs français,
et à la complexité
de l’accès au marché chinois,
il est plus qu’urgent
de coordonner nos efforts
afin d’unifier et de clarifier
notre offre. Nos entreprises
n’ont pas de temps à perdre
à démêler les
dispositifs existants,
elle doivent se concentrer
uniquement sur leur
stratégie de développement
en Chine. »
Michael AMOUYAL
Directeur Général de la CCIFC
connexions
automne 2014
59
Actualités Business Services
DR
Par ailleurs, du fait de notre technologie en bambou, une partie de
notre production se fait en Chine, ce qui simplifierait notre logistique
et la rendrait moins coûteuse en cas de commercialisation locale.
Interview du Fondateur et Directeur
Général de Gla Gla shoes
Karim OUMNIA
Un produit innovant et tendance, un succès
incontestable à l’international et une seule idée en
tête… conquérir le marché chinois. Comment Karim
Oumnia, fondateur et Directeur Général de Gla Gla
shoes, a choisi le Service d’Appui aux Entreprises
de la CCIFC pour faire son entrée en Chine.
Pouvez-vous nous décrire votre activité ?
Nous avons conçu et nous commercialisons une gamme de
chaussures de sport ventilées, ultralégères et lavables en machine.
Grace à plusieurs technologies innovantes dont un intérieur 100 %
en bambou, les chaussures Glagla sont 3 fois plus respirantes que
la moyenne des chaussures sur le marché et sont si légères qu’on
les surnomme communément les « T-shirts du pied ».
Pour une start-up née il y a seulement 4 ans à Nancy, je suis assez
fier de nos résultats : nous employons aujourd’hui 12 personnes
pour un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros, et notre croissance
se poursuit avec une offre disponible dans déjà 40 pays.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé au marché chinois ?
Comment ne pas être intéressé par la Chine ? Il s’agit du second
marché de chaussures au monde, avec aussi la plus forte croissance.
Sa classe moyenne émergente ne demande qu’à consommer et elle
est particulièrement friande de produits français, reflets parfaits de
ce nouveau statut qu’elle souhaite clairement afficher. En plus de
la touche française, nous jouons également la carte de l’innovation.
C’est la combinaison de toutes ces technologies que nous avons
développées qui rend nos chaussures innovantes et donc attrayantes
pour le consommateur chinois. Malgré les challenges réels qu’il
représente, c’est un marché stratégique et prometteur qu’il faut
aborder le plus tôt possible pour s’assurer une pénétration plus facile
et une croissance durable.
60
connexions
automne 2014
Comment la CCIFC vous a-t-elle accompagné dans votre
approche du marché chinois ?
J’avais dans un premier temps contacté la CCI Lorraine, qui m’a
elle-même proposé une mission avec la Chambre de Commerce
et d’Industrie Française en Chine. Il s’agissait d’une mission
personnalisée au cours de laquelle je pouvais rencontrer des
contacts présélectionnés par la CCIFC en fonction de mes
attentes. Cette formule m’a immédiatement séduit car la Chambre
jouit d’une base de données solide au travers de ses membres et
d’une connaissance du marché que je ne maitrise pas encore. Il
est important de pouvoir s’appuyer sur des experts de confiance
lorsqu’on aborde un nouveau marché tel que celui-ci.
J’ai aussi tout de suite compris que pour optimiser ce type de
mission, il fallait un engagement significatif de ma part pour guider
la CCIFC au mieux dans sa prospection de partenaires potentiels.
J’ai donc entrepris de faire le déplacement en Chine en amont pour
rencontrer mes interlocuteurs à la Chambre et leur transmettre un
cahier des charges précis de mes attentes : détail de l’offre, arguments
commerciaux, stratégie d’expansion en Chine, profils souhaités
de partenaires… Nous avons ensuite été en contacts réguliers par
téléphone pour échanger, aiguiller la prospection et la recadrer
si besoin. La mission s’est déroulée sur 4 jours (2 jours à Pékin et
2 jours à Shanghai) en juin dernier et a requis a peu près 4 semaines
de préparation. J’ai été heureux de constater que l’engagement de
l’équipe « Service d’Appui aux Entreprises » a été égal au mien, ayant
investi autant de temps et d’énergie que nécessaire pour garantir
la réussite de la mission. Et pour moi ce fut une réussite : la quasitotalité des prospects étaient au rendez-vous (seul un a manqué à
l’appel), et ils furent tous pertinents et de qualité.
Avez-vous observé des résultats concrets ?
Oui les résultats sont là. J’ai eu deux propositions concrètes de
la part de partenaires potentiels solides et fiables. J’ai même été
convié une seconde fois à Pékin par notre favori, qui m’a ensuite
accompagné à Shanghai à leurs frais, afin de rencontrer le CEO
du groupe et faire le tour des points de ventes où les chaussures
pourraient être exposées. Nous ne sommes pas encore parvenus à
un accord mais cela ne relève plus de la CCIFC…
Recommanderiez-vous à un entrepreneur les services de la
CCIFC ?
Oui, je les recommande vivement car c’est un format parfaitement
adapté aux PME et beaucoup plus rentable qu’un salon par
exemple, pour lequel on mobilise énormément de temps, d’énergie
et de ressources, et sur lequel on rencontre beaucoup de monde
pour finalement repartir avec à peine une poignée de contacts de
qualité… En revanche, je conseille de passer du temps à bien définir
son cahier des charges et à faire le suivi pour garantir un résultat
optimal. La CCIFC ne peut faire de miracle, ses résultats ne seront
que proportionnels à l’engagement du client, et plus on s’investit,
plus la Chambre s’investit en retour, j’en suis témoin !
Propos recueillis par L aila TAY E BI
Actualités des Antennes
Nomination d’Aurore POULAIN au poste
de Responsable du bureau de Chengdu
La CCIFC est heureuse de vous annoncer la nomination d’Aurore POULAIN
au poste de Responsable du bureau de
Chengdu.
Diplômée d’un Master de création d’entreprises et entrepreneuriat, Aurore a développé une
certaine passion pour la culture chinoise qui l’a ame-
née à s’installer dans la province du Sichuan il y a
3 ans.
Elle a travaillé pour Carrefour au poste de manager des
produits importés pendant près de 2 ans. Elle est
également secrétaire générale de l’UFE Chengdu depuis 2012, en parallèle de ses nouvelles fonctions à la
CCIFC qu’elle a rejoint en juillet 2014.
Cocktail de rentrée 2014
le 19 septembre
Le 19 septembre dernier, dans le cadre très élégant de
l’hôtel Ritz Carlton, la CCIFC Chengdu a organisé son
premier« Cocktail de rentrée ». Un moment opportun
pour réunir membres et institutions françaises afin
de présenter la nouvelle Responsable de l’antenne de
Chengdu.
Le Directeur Général, Michael Amouyal, était
présent, de même que Marie Massard, la représentante
de la Chambre à Chengdu.
L’invité d’honneur, Monsieur le Consul Général de
France à Chengdu, Olivier Vaysset, a participé à cet
évènement et a également prononcé un discours
d’encouragement autour du rôle de la Chambre en
Chine et à Chengdu en particulier.
Tous se sont retrouvés autour de délicieux canapés
concoctés par le chef du Ritz-Carlton et ont pu déguster
du vin offert par la plateforme des vins de Montpellier
Agglomération et d’EUPIC, sponsor de la soirée.
CCIFC
成
都
CHENGDU
Inter-Chamber Autumn Mixer 2014
La chambre de commerce et d’industrie française de
Chengdu, ainsi que ses membres, ont cordialement
participé à l’«Inter-Chamber Autumn Mixer 2014 », le
mercredi 3 septembre 2014. Les chambres américaine,
anglaise et européenne ont organisé cet évènement avec
l’aide de son hôte le Crowne Plaza Chengdu City Center.
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automne 2014
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Actualités des Antennes
Cocktail de rentrée
le 22 septembre
CCIFC
Ce sont plus de 300 personnes qui ont participé au
Cocktail de rentrée organisé au DS World Store,
démontrant une fois de plus le dynamisme de la
communauté d’affaires à Shanghai.
Ce cocktail s’est tenu avec la participation exceptionnelle de Mme Martine Aubry, Représentante spéciale
pour la Chine du Ministre français des affaires étrangères, de S.E.M l’Ambassadeur Gourdault-Montagne,
et de M. Emmanuel Lenain, Consul général de France
à Shanghai. La CCIFC Shanghai tient particulièrement à remercier les partenaires de cet événement :
DS, Le Gourmand, la Crêperie, le Grand Mercure
Shanghai Hongqiao et la maison Val d’Orbieu.
CCIFC
上
海
SHANGHAI
Conférence
Une vie d'influence
Dans les coulisses de la Ve
République par Bernard Esambert
CCIFC
le 23 septembre
Conférence
Les nouvelles tendances de
l’industrie du luxe
À l'occasion de la sortie de son livre, Bernard
Esambert nous a fait l'honneur de venir témoigner
de son expérience hors-norme au sein des différents
gouvernements de la Vème République. De De
Gaulle à Hollande, pendant un demi-siècle Bernard
Esambert a été au cœur des secrets de la nation et
a choisi de témoigner de son expérience au sein du
monde clos des puissants.
La CCIFC a organisé une conférence sur les dernières
tendances de l’industrie du luxe en Chine. Plus de 100
personnes ont assisté à cette conférence présentée
par M. Ivan Coste-Manière, Professeur de Marketing
à Skema.
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automne 2014
CCIFC
le 11 septembre
Pascal Chen
Coordinateur
évènementiel et
formation
[email protected]
Principaux événements
à venir DE NOVEMBRE A JANVIER
4e Edition du GMP
Long LIN
Coordinateur
centre d'affaires
[email protected]
Devenez Sponsor du
Gala annuel de la
CCIFC Shanghai
au Shangri La Jingan
le 23 Mai 2015
CCIFC
La CCIFC est heureuse de lancer la 4e édition du GMP au premier
semestre 2015. Formation hautement qualifiante, certifiée par la CCI
Paris Ile-de-France. Les professeurs, issus de l’ESCP Europe, dispensent
les bases du management via 5 thématiques : Motivation d’Equipe,
Management de Stratégie, Comptabilité et Analyse Financières,
Management de Marketing et Leadership & Coaching.
DR
DR
Nouveaux collaborateurs...
Arrivée de :
Formations in-House
(en français, anglais et chinois)
Afin de répondre aux besoins spécifiques des entreprises, la CCIFC
propose des formations intra-entreprises. Grâce à nos formateurs
et coachs professionnels spécialisés dans différents domaines tels
que le Management, les RH, la Finance, la Vente, le Marketing, le
Développement Personnel, etc., nous créons des programmes surmesure adaptés à vos besoins qui peuvent être dispensés au sein de votre
entreprise ou à la CCIFC.
Cours de Chinois Particuliers
La CCIFC, forte de ses professeurs chinois expérimentés et parfaitement
francophones, vous propose des cours de chinois individuels, dispensés
dans votre langue natale, à votre domicile ou sur votre lieu de travail, afin
de vous permettre d’améliorer votre connaissance du chinois.
Du niveau débutant au niveau avancé, les cours particuliers vous
garantissent un apprentissage sur mesure correspondant à vos attentes.
Vous souhaitez vous concentrer sur l’écrit, l’oral, sur le chinois de la vie
quotidienne ou de la vie professionnelle, nos professeurs s’adaptent à
vos besoins.
Contact : Anthony LOPEZ, [email protected]
86 (21) 61327120
connexions
automne 2014
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Actualités des Antennes
北
京
PEKIN
Arrivée de Yin Yan GAO
DR
Contact : Yin Yan GAO | [email protected]
86 (10) 6461 0260 ext 15
CCIFC
Yinyan a rejoint la CCIFC en tant que
Directrice de l’Événementiel et du
Sponsoring au mois d’août dernier. Elle
a la responsabilité de l’organisation des
évènements et de la vente de publicité
au sein de l’antenne de Pékin avec son
équipe : Félix FEI (Responsable Événementiel ) et
Célia CUI (Assistante Événementiel).
Yin Yan a plus de 12 ans d’expérience en relations
publiques et communication dans plusieurs entreprises françaises telles que Pernod Ricard, Schneider
Electric, Prisma Presse et Sopexa. Elle est diplômée
de l’Université des Langues de Pékin et possède un
master en gestion des entreprises de l’IAE Grenoble
et un master en marketing et communication de
l’Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse.
CCIFC
Directrice évènementiel
et sponsoring Pékin
Cocktail de rentrée
le 9 septembre
Ce traditionnel rendez-vous CCIFC de la rentrée
s’est tenu à Pékin le 9 septembre dernier au Novotel
Sanyuan. L’Ambassadeur de France en Chine,
M. Maurice Gourdault-Montagne, nous a fait
l’honneur de sa présence et s’est adressé aux plus de 180
représentants de la communauté d’affaires française
réunis autour d’un cocktail convivial. Plusieurs
membres de la CCIFC situés hors de Pékin avaient fait
le déplacement, et cette rencontre a été l’occasion pour
tous de faire connaissance avec les nouveaux arrivants.
L’équipe de la Chambre s’est également présentée à
cette occasion.
Dîner Réseaux Chine
le 23 septembre
CCIFC
La 4ème rencontre Réseaux Chine à Pékin a eu lieu à l’hôtel Aman, dans la magnifique enceinte du Palais d’Eté.
Le cocktail et le dîner ont permis de fructueux échanges entre CEO français et chinois.
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connexions
automne 2014
de gauche à droite :
Mme Claire ZHANG
directrice des Relations
Gouvernementales de la
CCIFC,
Mme Yanling NIE,
déléguée générale de la
CCI Paris-Ile de France,
M. LI Lu, vice-président
de l’ACFIC,
M. Olivier Guibert,
président de la CCIFC,
Mme LIU Chun,
secrétaire générale de la
CCCME,
Mme Lucia LI,
vice-présidente du
CCPIT Beijing,
et M. YANG Yihang, DGA
de la CIPA du MOFCOM.
Devenez sponsor et joignez-vous à la soirée de
Gala de la CCIFC à Pékin !
CCIFC
le 22 novembre
CCIFC
Le thème de cette année, 2014-2064, nous projette
dans le futur des 50 prochaines années : que sera le
monde, quel progrès et innovations verront le jour,
saisissez cette excellente opportunité de vitrine pour
tous vos produits!
CCIFC
Le Gala de la CCIFC est un temps fort incontournable
qui réunit chaque année plus de 600 membres
de la communauté d’affaires franco-chinoise :
associez-vous à cette magnifique soirée en invitant
vos clients, partenaires et collaborateurs.
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automne 2014
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Actualités des Antennes
中
国
南
部
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automne 2014
canton
SHENZHEN
1ère session du club
Entrepreneur
le 11 septembre
DR
La première session du Club entrepreneur de Shenzhen a eu lieu
le 11 septembre 2014 dans le cadre très français du restaurant
L’Epicerie. Le coordinateur Sébastien Druvent (CEO Imaze) a
invité Serge Darrieumerlou (DG France Somfy) à se joindre à
l’événement pour partager son expérience sur l’innovation. Serge D.
fut en effet à l’initiative de la plateforme innovation de Décathlon et
de ses marques Sport, où il avait travaillé pendant plusieurs années.
La première séance fut donc orienté sur l’innovation et permis à
de jeunes entrepreneurs tel que Prynt dont la start-up a intégré
l’incubateur HXLR8R, de se rencontrer et échanger avec des
personnes d’expériences.
Club R&D : visite de
Sanofi Pasteur
DR
le 24 septembre
Cocktail de rentrée
Le cocktail de rentrée de la CCIFC Shenzhen s’est tenu dans le
premier et seul antiquaire Français de Shenzhen se situant à OCT
Harbour. Les nouveaux membres ont pu rencontrer les ‘Anciens’
ainsi que Dominique Perdreau, Membre Elu en Chine du Sud entre
des mobiliers uniques datant pour certains de l’époque Louis XIV
et pour d’autres plus récents. La remise de prix a permis à Maxime
Fabre de remporter un lot « gourmet européen » sponsorisé par Carrefour et à Sébastien Bourgeois et Vivian Liu de remporter un diner
pour deux dans le restaurant du Hilton Shekou.
Le 24 septembre a eu lieu la visite des locaux de Sanofi Pasteur dans
le cadre du Club R&D. Cet événement a permis à ses participants de
découvrir le processus de production et la sécurité nécessaire qu’a mis
en place Sanofi Aventis pour éviter tous risque lors de la création de
vaccins.
La visite a été suivie par une conférence sur le sujet de la coopération
entre entreprises multinationales et institutions académiques chinoises
tenue par Ms Ulrike Tagscherer, spécialiste à l’Institut Fraunhofer de
Pékin.
GT Merchandising &
Manufacturing
Un nouveaux groupe de travail va apparaitre durant le mois
d’Octobre : le GT Merchandising & Manufacturing. Cette première séance
sera orientée sur la logistique en Chine du Sud grâce à une conférence
par PWC.
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automne 2014
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Actualités des Membres
Euralis démarre une filière complète de production de
Foie Gras en Chine
Pierre Couderc Directeur Général d’Euralis, Guy de Saint Laurent Directeur de Rougié Chine et
Alain Rougié descendant du fondateur de la marque ont inauguré le 17 septembre 2014 le site de
transformation de canards gras à Lianyungang (province de Jiangsu). Euralis démarre ainsi une
filière complète comprenant une ferme de reproduction et d’élevage, une unité de transformation
et une organisation commerciale permettant à terme de faire de Rougié le premier fournisseur de
foie gras de la restauration gastronomique Chinoise.
Produire en Chine pour être consommé en Chine. La marque s’adapte aux interdictions sanitaires d’exporter du foie gras cru vers la Chine. « Notre
nouveau projet à Lianyungang est approprié aux attentes du marché chinois : une nouvelle
ferme avec les normes internationales les plus élevées en termes de processus de sélection et
de bien-être animal. Un contrôle total sur la traçabilité et la sécurité alimentaire est mise en
œuvre à chaque niveau de la production, garantissant l’authenticité du savoir-faire de Rougié et
les exigences de sécurité de la production alimentaire moderne. Nous investissons 14 millions
d’euros car nous croyons très fortement au développement de ce marché » précise Pierre
Couderc, Directeur Général d’Euralis.
Le foie gras des grands chefs
Rougié est implanté en Chine depuis 2007, mais en décembre 2012 l’ensemble de la ferme
d’élevage a été détruite par une tempête de neige. Produire sur place permet à la marque de
fournir les grands chefs des hôtels et restaurants de luxe. « Rougié est présent en Asie depuis
plusieurs décennies, la marque est reconnue pour sa qualité, son savoir-faire. C’est un marché qui
connait une forte croissance. En Chine, le foie gras apparait de plus en plus dans la restauration
gastronomique, nous croyons fermement que le foie gras deviendra un ingrédient de la cuisine
Chinoise » détaille Guy de Saint Laurent, Directeur Rougié Chine et GM Asie pacific.
Naidao ouvre sa première unité de
recherche en Chine continentale
Le Centre de recherche Naidao (Hong
Kong) a pour vocation de réaliser de la
recherche action sur quatre thématiques
: économie rurale, urbanisation durable, vieillissement de la population,
amélioration des modes de vie.
Le centre vise à offrir une plateforme pour que des étudiants de niveau
master à post doctorat puissent réaliser des travaux terrain de qualité, ancrés
dans la réalité chinoise. Notre objectif est de promouvoir l'excellence de la
recherche française afin de se placer de manière stratégique en Chine, au
travers de partenariats avec des entreprises et universités françaises.
Nous sommes heureux d'annoncer l'ouverture de la première unité de
recherche en Chine continentale : l'unité Huatacun. Située sur le district
Changping à Pékin, l'unité se trouve sur un site exceptionnel ouvert aux
visiteurs, qui peuvent prendre une part active dans les systèmes mis en place
pour le développement local.
En jetant des ponts entre monde professionnel et universitaire et en
amenant la recherche au public, nous souhaitons activement participer à la
valorisation du savoir faire de la recherche française en Chine, et préparer
de jeunes chercheurs à une carrière en Chine par une spécialisation
sur le terrain. Vous trouverez nos programmes et projets sur notre site :
www.naidao.org
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automne 2014
Grand Paris, la France avance !
L’aménagement de la Région Parisienne est
un chantier très important pour la France.
Même si le développement est moins
rapide qu’en Chine, de grands projets sortent de Terre. Deux exemples en
construction :
• Rénovation de l’entrepôt Macdonald : Ancien entrepôt de stockage
d’automobiles construit en 1970, le bâtiment mesure 670 m de long
(plus que l’ile de la Cité) pour une surface de 5.5 hectares. Il est situé dans
le Nord du 19ème arrondissement, le long du Boulevard Macdonald. La
construction a été utilisée comme socle pour un nouveau quartier qui
ouvrira en 2014-2015. Il accueillera des bureaux, un hôtel, un collègelycée et des centaines de logements.
• Village Nature - Marne-la-Vallée : Ce nouveau projet de parc à thème,
collaboration entre Disney et Pierre & Vacances, ouvrira ses portes
en 2016. Bulle de nature proche de Paris, il offrira 1700 cottages et
appartements à la location pour de courts séjours. Le projet créera
4500 emplois. La clientèle ciblée sera autant les habitants de la région
parisienne que les millions de touristes visitant Paris.
Il s’agit de deux très belles opportunités d’investissement dans l’immobilier
en France.
Bureau Veritas reconnu
officiellement comme Organisation de Contrôle pour
le Règlement du Bois Européen
Récemment, Bureau Veritas
a été officiellement reconnu
comme Organisation de Surveillance pour le Règlement Européen du Bois (n ° 995/2010)
pour tous les 28 États Membres
de l’Union Européenne.
Bureau Veritas a une longue histoire dans la certification du bois
et de la chaîne de l’approvisionnement du bois. Il a abordé de
front ce nouveau défi par le développement de son propre système de diligence raisonnable.
Les experts de Bureau Veritas
ont créé un système complet
pour aider les importateurs et les
exportateurs à prouver, et suivre,
la légalité de leur bois sans interruptions coûteuses dans leur
commerce.
La Solution de Diligence Raisonnable est basée sur des rigoureuses procédures d’évaluation
du risque et des facteurs clairs
affectant la légalité du bois. Ce
procédé robuste a été reconnu
par la Commission Européenne
pour soutenir les Sociétés Européennes à importer des produits
à base de bois.
Les importateurs européens
peuvent déléguer l’ensemble du
procédé de diligence raisonnable
à Bureau Veritas qui utilise un
procédé normalisé pour vérifier
les fournisseurs et est équipé de
la connaissance des conditions
commerciales locales. De même,
les fournisseurs des Sociétés
Européennes peuvent être vérifiés par Bureau Veritas afin de
démontrer que leurs produits
sont aptes à entrer sur le Marché
Européen.
Les soins médicaux à la disposition des étrangers de
Chine
Plus de 600 000 étrangers
sont présents en Chine, dont
250 000 sont titulaires d’un
permis de travail.
Même si l’on trouve des cliniques dans la plupart des
villes, de nombreux établissements en milieu rural, restent
à la traîne. Les frais médicaux
y sont peu onéreux mais leur
qualité varie.
Il existe beaucoup de cliniques
privées, où les médecins
traitent les patients selon les
normes occidentales. Ainsi il
est conseillé de se renseigner
quant à l’assurance médicale la
plus adaptée avant toute hospitalisation dans ces hôpitaux.
Les étrangers peuvent se
rendre dans les hôpitaux publics chinois où les tarifs sont
beaucoup plus attractifs. Au
sein de certains établissement,
un service « VIP » prend en
charge les étrangers souhaitant bénéficier d’un niveau de
technologie médicale avancé.
En Chine, les étrangers
peuvent se couvrir d’une assurance médicale, et depuis
2011 les titulaires du permis de
travail peuvent bénéficier de la
couverture médicale chinoise.
En parallèle, les entreprises
d’accueil complètent avec une
assurance santé pour les expatriés, qui couvrent tous les frais
sur le territoire et en dehors.
ICBC-AXA est une compagnie
d'assurance,
joint-venture
entre ICBC China, le groupe
Anheng AXA et China Minmetals. ICBC-AXA fournit un
plan d'assurance complet
« vivre en Chine » ainsi qu’un
programme d'assurance médicale mondiale.
Pacific Prime finaliste au
« Courtier de l’année »
Pacific Prime est fier et heureux d'annoncer que l’entreprise vient d'être sélectionnée comme finaliste dans
la catégorie «Courtier de
l'année» pour la 18e édition
de l’Asia Insurance Industry Awards (AIIA). La participation de Pacific Prime
au concours pour le prix
du « Courtier de l’année »
a été acceptée et mise en
avant par le célèbre media
régional de l’industrie de
l’assurance, Asia Insurance
Review (AIR). AIR a été lancé en janvier 1991 pour répondre aux besoins d'information des spécialistes de
l'assurance dans le monde et
particulièrement en Asie.
Pacific Prime est l’un des
leaders du courtage en assurance, offrant un service de
haute qualité et des contrats
d’assurance compétitifs
pour particuliers, familles,
sociétés internationales et
PME. Nos bureaux à Shanghai, Hong Kong, Singapour
et Dubaï, nous permettent
d’assurer à nos clients le
soutien dévoué dont ils ont
besoin, appuyé en cela par
notre Département Remboursement et Administratif
interne. De l’assurance santé
(haut de gamme et couverture complémentaire), aux
contrats commerciaux, assurances habitation, voyage
et accidents corporels, nos
équipes d’experts sont présents pour simplifier tous
les aspects de l'assurance et
répondre au mieux à votre
budget, vos besoins, vos activités.
L’OAK Racing a remporté
des victoires au Mans à la
faveur de TOTAL
Avec un grand enthousiasme se
déroule l’Asian Le Mans Series
2014 où l’ OAK Racing Team
Total a obtenu avec succès les
premières places des deux circuits terminés et a par conséquent plus de chance à gagner le
championnat pour la deuxième
fois.
Elle est la première équipe
composée entièrement de
ressortissants chinois. L’assistance du géant de l’or noir
portée à l’équipe représente
son soutien aux pilotes chinois
pour faire concurrence aux
adversaires du premier rang
planétaire. La société a financé également la célébration
du 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-françaises,
ce qui a donné à la coopération entre les deux côtés d'une
plus profonde signification.
En effet, leur première association peut remonter à 2013
où l’équipe chinoise a participé au premier Asian Le Mans
Series à la faveur de la société
française et a déniché la couronne du laurier en ayant ainsi
accès au 24 Heures du Mans.
En 2014, TOTAL a préparé
minutieusement pour assister l’OAK Racing durant
les 82e 24 heures du Mans
et 2e Asian Le Mans Series.
L’équipe s’est classée onzième
pour le score total et septième au groupe LMP2 dans
la compétition de l’Hexagone,
et a battu le record chinois.
On est convaincu qu’elle
gagnera le circuit de Shanghai et prendra les devants jusqu’à la finale.
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automne 2014
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Décryptage | Une des médias
REN AU D DE SP E NS
Alibaba ?
Le 19 septembre 2014, le groupe chinois
Alibaba a réalisé l’introduction en bourse la
plus importante de l’histoire de la bourse de
New York, levant près de 25 milliards de dollars
(20 milliards d’euros), et devenant ainsi la 3e
entreprise internet du monde, derrière Google et
Facebook. 35 ans après le débuts des réformes de
Deng Xiaoping, près de 15 ans après l’accession
de la Chine à l’Organisation Mondiale du
Commerce (et la création d’Alibaba), un
pur produit du “socialisme de marché aux
caractéristiques chinoises”, immatriculé aux
Iles Caïmans, dépasse les records d’Amazon
et d’Ebay et devient l’hégémon du jour dans le
grand temple du capitalisme mondial. Parmi
les 800 investisseurs patientant dans une queue
de 40 minutes devant les ascenseurs du WaldorfAstoria pour aller écouter Ma Yun (马云, Jack
Ma), le patron-fondateur du groupe, certains ont
dû penser que le “siècle chinois”, prophétisé dès le
début de la croissance fulgurante de “l’atelier du
monde”, était en train de prendre forme.
70
connexions
automne 2014
L
Imagine China
Jusqu'où
montera
a presse internationale a largement
traité le sujet, mais a dû plus
souvent se contenter de présenter
l’entreprise - inconnue ou presque
dans l’opinion publique occidentale -, que se
risquer à des analyses. Pour la presse chinoise,
pas de surprise non plus, la plupart des articles
sont restés des florilèges de chiffres, tandis
que les plus techniques expliquaient aux
boursicoteurs passionnés qu’il était difficile
pour les Chinois de participer à l’opération (en
dollars uniquement) mais pas complètement
impossible via un certains nombres de
procurations plus ou moins rusées. Les
meilleurs magazines économiques de la
Chine continentale ont cependant produit
des papiers qui dressent un tableau bien plus
nuancé que celui des manchettes euphoriques.
Dans son discours du 8 septembre à New
York, le sémillant MA Yun a laissé entrevoir
que son triomphe avait le goût de la revanche.
Une étude d’Harvard d’il y a quelques
années, a t-il exulté devant une salle comble,
avait prédit qu’Alibaba allait s’effondrer au
profit de ses concurrents ! Le très sérieux
bimensuel économique Caixinraconte qu’une
photographie d’enfant où l’on reconnaît bien
le visage carré du dirigeant circule sur Weibo,
faisant les délices des nombreux internautes
chinois amateurs de physiognomonie. « C’est
fou de penser qu’un gamin avec une tête aussi
bizarre est aujourd’hui devenu l’homme le plus
riche de Chine », résument ingénument de
nombreux commentateurs, qui constatent
cependant que ses traits n’ont pas beaucoup
changé.
Il est intéressant de constater que la
plupart des analystes cités dans les colonnes
de la presse chinoise demandent à rester
anonymes quand ils acceptent de tenter
d’anticiper les perspectives économiques
du groupe Alibaba. Ils s’affirment en
général plutôt confiants sur le court terme.
Cependant, la baisse continue des profits
en Chine dans le secteur du commerce aux
particuliers, au cœur de l’activité d’Alibaba,
conjuguée aux incertitudes que fait peser la
structure très particulière du groupe, « entité
à intérêt variable » ou VIE (en pratique, les
actionnaires n’ont pas autant de pouvoir que
Le record de l’introduction
publique d’Alibaba à la
bourse de New York montre
l’aboutissement d’une
logique d’investissement
qui fait confiance à la doxa
officielle chinoise. {…}Les
investisseurs internationaux
soutiennent désormais les
orientations économiques
du gouvernement chinois,
qui parie d’abord sur
le potentiel du marché
intérieur pour maintenir
la croissance du pays et sa
prospérité économique Alibaba est encore moins
tourné vers le développement
à l’international que ses
concurrents domestiques.
d’actions, et la direction est donc protégée
des risques d’éviction).
Le magazine Vista (看天下) se demande
« Qui peut contrôler Alibaba », et, après
une analyse détaillée de ses principaux
actionnaires historiques (Yahoo et le
japonais Softbank), explique que ces
grands groupes, en accord complet avec
la stratégie de l’entreprise, ont laissé Ma
Yun se verrouiller la direction de l’entité.
L’introduction publique à la bourse de New
York a permis de ramasser du capital sans
pour autant remettre en cause ce contrôle.
Les actions vendues viennent pour l’essentiel
des anciennes parts de Yahoo et de Softbank,
permettant de remercier ces deux structures
de leur soutien en leur faisant empocher un
bénéfice substantiel. Mais si Alibaba a choisi la
bourse de New York et non celle de Hong Kong,
c’est que la première permet, au contraire
de la seconde, un arrangement spécial qui
fait que la direction du groupe (et les bonus
alloués aux dirigeants) n’est pas soumise au
vote des actionnaires mais seulement à celui
d’une minorité d’entre eux, appartenant à des
catégories privilégiées et fermées (comme les
“fondateurs” par exemple, qui comprennent
18 personnes que Ma Yun a sélectionné en
2010). Cela rassure la majorité de la presse
chinoise, Alibaba ne pourra donc pas être
contrôlé par des intérêts étrangers.
Vers une maximisation des profits ?
Cependant, les titres les plus économiques
comme Caixin et Caijing font un écho discret
aux craintes des analystes occidentaux : dans
une Chine où l’économie est fortement soumise
au politique et où celle-ci tourne selon des vents
arbitraires, la structure particulière du groupe
constitue un risque pour les actionnaires, qui
n’ont aucun moyen statutaire pour contribuer
à infléchir si besoin était la stratégie de
l’entreprise ; et surtout, on peut aussi craindre
que la structure ne soit un peu trop orientée
vers l’opacité et la maximisation à outrance
des profits de ses dirigeants, ce qui constitue
également un risque politique dans la Chine de
Xi Jinping appliquée à démanteler cartels et
factions qui peuvent lui disputer le monopole du
pouvoir.
D’autant que, comme le remarquent de
nombreux analystes interrogés par les
magazines chinois, le secteur du commerce
en ligne est en train de subir de profonds
changements. L’écosystème d’Alibaba générait
ses plus grands profits sur l’achat de services
de mots clef et de positionnement sur les
sites Taobao (commerces à particuliers et
particuliers à particuliers) et Tmall (marques à
particuliers), et ses meilleures perspectives de
développement venaient de l’intégration à ses
services de son système de paiement Alipay.
Or, la hausse continue des coûts d’exploitation
des commerces et la baisse de leurs profits liés
à la massification de la vente en ligne, font que
ceux-ci diminuent leur budget marketing, qui est
d’ailleurs âprement disputé par la concurrence.
Et non seulement le moteur de recherche Baidu
est en position dominante sur ce segment face
à Alibaba, mais le groupe n’a pour l’instant
pratiquement pas pris pied non plus dans les
nouvelles applications de téléphonie mobile
comme Weixin, qui représentent sans doute le
réservoir de croissance le plus intéressant pour
les micro-paiements.
Marché intérieur
Mais surtout, plus qu’un pari sur l’avenir du
groupe et de l’économie chinoise, le record
de l’introduction publique d’Alibaba à la
bourse de New York montre l’aboutissement
d’une logique d’investissement qui fait
confiance à la doxa officielle chinoise. Après
s’être largement enrichis en finançant
un développement chinois fondé sur un
modèle industriel d’exportation permis
par l’intégration du pays dans l’OMC, les
investisseurs internationaux soutiennent
désormais les orientations économiques
du gouvernement chinois, qui parie d’abord
sur le potentiel du marché intérieur pour
maintenir la croissance du pays et sa
prospérité économique - Alibaba est encore
moins tourné vers le développement
à l’international que ses concurrents
domestiques. D’une certaine manière, cela
traduit aussi l'extrême difficulté du pays à
désormais faire croître d’autres avantages
comparatifs que celui des économies
d’échelles liées à sa simple masse
démographique. Cependant, même si ce
modèle réussissait, il n’est pas sûr que cela
profiterait pleinement à ceux qui ont investi
dans l’action Alibaba. Pour un analyste
cité par Caixin, « le plus gros potentiel de
profits futurs pour Alibaba est dans le micropaiement, or cette partie n’a pas été incluse
dans l’entité concernée par cette introduction
publique en bourse. C’est pourquoi on
gagnera sans doute à rester réservé sur cette
opération. »
R E N AUD D E S P E N S
connexions
automne 2014
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Décryptage | Clichés
patrimoine fran ç ais
Le regard de
Maia Flore
28 clichés de la jeune et talentueuse
photographe françcaise sont proposés
au public à l'Institut frnçais de Pékin,
du 3 au 24 novembre. A ne pas manquer.
A
Maia Flore
Maia Flore
72
connexions
automne 2014
tout
France,
l'agence
de
développement touristique de
la France et l'Institut français,
l'opérateur du ministère des
Affaires
étrangères
et
du
Développement
international
pour l'action culturelle extérieure de la France,
en partenariat avec l'agence VU', proposeront du
3 au 24 novembre prochain, à l'Institut français de
Pékin, l'exposition « Imagine France » de la jeune
et talentueuse photographe française Maia Flore.
Diplômée de l'école des Gobelins à Paris en
2010, Maia Flore a été présentée aux Rencontres
d'Arles dès 2011. Depuis, elle développe un
univers singulier, en axant son travail autour de la
recherche des coïncidences entre le réel et son
imagination, afin de faire naître des photographies
narratives émouvantes et envoutantes. Tour à
tour spectatrice ou actrice, les photographies de
Maia Flore se situent souvent à la frontière de la
réalité et l'artiste aime évoluer dans des paysages
fantastiques.
L'exposition « Imagine France », véritable voyage
onirique à travers vingt-cinq sites patrimoniaux
Maia Flore
Maia Flore
Maia Flore
français, présente une série de vingt-huit
photographies
poétiques,
mystérieuses
et
aériennes de châteaux, musées, églises, grottes
et jardins. Durant soixante-six jours, entre
juillet et septembre 2013, l'artistes Maia Flore
a effectué un tour de France avec son appareil
photo et son ordinateur afin de jeter un regard
original et décalé sur le patrimoine culturel
français. Photographe de la nouvelle génération,
Maia Flore utilise le numérique pour jouer
avec les décors et les réenchanter. Le travail
de retouche est aussi important dans sa
démarche artistique que la prise de vue en
elle-même. Décidée à poser un regard différent sur son pays au riche passé culturel mais
également à la scène artistique contemporaine
vibrante, Maia Flore a cherché à offrir à chaque
lieu une histoire et aux spectateurs une rencontre inattendue. Grâce à un important travail de mise en scène
sont nées des photos magiques et légères où le patrimoine
culturel français est mis à l'honneur, qu'il s'agisse du Pont
du Gard, du château du Clos-Lucé, du Mont Dore en
Auvergne ou de la gare Saint Sauveur à Lille.
Projet artistique résolument original, cette
exposition sera présentée dans le monde entier pendant
trois ans. Elle offrira ainsi aux touristes internationaux
un regard inédit et élégant sur le patrimoine français.
Cette série photographique est une véritable invitation
au voyage. En découvrant les symboles de l'histoire de
France, chaque visiteur réalise une promenade fantastique et féérique. Les photographies, en sublimant le
patrimoine français, ont un véritable pouvoir d'attraction et font rêver celui qui les observe.
Cette exposition, présentée à l'occasion des
célébrations du cinquantième anniversaire de
l'établissement des relations diplomatiques entre
la République française et la République populaire de Chine, s'inscrit également dans le cadre
de la diplomatie d'influence de la France et plus
spécifiquement de son attractivité touristique,
élément essentiel de son développement économique. En effet, le secteur du tourisme représente
7 % du produit intérieur brut de la France et
deux millions d'emplois sur son territoire. L'offre
touristique française, ce sont trente-huit sites classés au patrimoine de l'UNESCO, huit mille musées et plus de quarante-cinq mille monuments
historiques. Pour renforcer l'attractivité de notre
territoire, il est important de promouvoir en
Chine la richesse et la diversité de l'offre culturelle
française mais également, d'offrir une image
renouvelée et attrayante de notre territoire et
de son patrimoine.
Fabrice Rousseau, conseiller adjoint de coopération et d'action culturelle, directeur adjoint de l'Institut français de Chine
connexions
automne 2014
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Décryptage | Livres
L’ÉTERNITÉ N’EST PAS DE TROP…
DR
Par Françoise BLÉVOT
Puyi
Le dernier empereur
de Chine
Danielle Elisseeff
Éditions Perrin
296 pages – 22 €
EMPEREUR DE PAPIER
Pour avoir vu « Le dernier
Empereur » de Bertolucci,
on pensait avoir fait le tour
de ce personnage au destin
extraordinaire, mais au
caractère faible et pâlot.
Danielle Elisseeff cependant
n’a pas trop de 296 pages pour
raconter en détails précis et
minutieux le contexte dans
lequel cette vie exceptionnelle
s’est déroulée (l’historienne
a eu accès à des documents
récemment déclassés), pour
brosser un portrait sans
concessions de Puyi, mais non
sans parfois lui accorder les
circonstances atténuantes, et
allant par moments jusqu’à
laisser passer entre les lignes
un peu de compassion pour
cet homme qui fut un temps le
jouet des Japonais… (Il tombait
à pic semblait-il pour servir
leurs ambitions hégémoniques),
avant de devenir un simple
citoyen de la République
populaire de Chine. Subtil et
passionnant.
74
connexions
automne 2014
Pour savourer ces poèmes et le
paradoxe qu’ils expriment en
parlant presque exclusivement
d’impermanence, des perpétuelles
mutations cycliques des êtres et de
la nature, des transformations, de
tout ce qui change tout le temps en
nous et autour de nous, alors qu’ils
ont traversé les siècles, pour trouver
à jamais semble-t-il leur demeure
dans le cœur des Chinois, lieu qu’ils
désignent pour parler de la mémoire,
tandis que, dans le même cas, nous
désignons notre tête !
Merveilleux travail de sélection,
de documentation et de traduction.
Nous retrouvons les plus grands
noms, de moins connus aussi. Chaque
auteur est présenté au moyen d’une
biographie détaillée comportant ses
itinéraires créatifs.
Comparant la poésie classique
chinoise avec la musique classique
occidentale, Guilhem Fabre en utilise
les clés communes qui permettent
la variété d’interprétations,
de correspondances, d’images
évocatrices. Quel bonheur !
Instants éternels
Cent et quelques poèmes
connus par cœur en
Chine
Guilhem Fabre
Éditions La Différence
286 pages – 30 €
REGARD SUR LA CHINE
CHOSES
CROQUÉES
Pékin et Shanghaï ont inspiré trois artistes qui livrent ici leurs
impressions.
Nathalie Man offre seule une description de Pékin et de sa vie
dans la capitale du nord, partagée entre la séduction que la ville
exerce sur elle et la fatigue et les inconvénients que lui inspire le
fait d’y vivre au quotidien.
Shanghaï Zen, petit livre plein du charme des croquis d’une
précision surprenante d’Evgeny Bondarenko, séduit aussi par les
jolis textes de Geneviève Flaven, bilingues français-anglais, et
comme tapés sur la vieille Remington portative de Papa.
Impressions de
Pékin
Shanghaï Zen
Éditions Les Xérographes
67 pages – 10 € chacun
ET AUSSI...
PORTRAITS « CRASHÉS »
BRRR !
Onze villes servent de toiles de fond
devant lesquelles onze « expats »
(plus quelques autres qui leur tiennent
compagnie) vont balader leur spleen, leur
enthousiasme, leurs désenchantements,
leurs ambitions, leurs désillusions,
leurs audaces, leurs transgressions,
leur curiosité, leurs étonnements, face
à ce « Far East » modernisé si vite, si
étrangement parfois… C’est si déroutant
d’être confronté à une interprétation
« exotique » de sa propre évolution !
Et puis, être loin de chez soi, si cela peut
abolir le passé, cela peut aussi le faire
remonter à la surface et jouer de bien
drôles de tours…
On croise du beau linge et des gens
louches dans des décors chinois,
certes, et pour cause, mais peu
éloignés de ceux qui servirent
de cadre aux méfaits de Jack
l’Eventreur… Paul French reprend
l’histoire d’un crime mystérieux qui
a bien eu lieu à Pékin en 1937 et qui
ne fut jamais élucidé totalement.
L’occasion est donnée au lecteur
d’entrer de plain-pied dans une
époque historiquement complexe,
et de voir de près les agissements
d’une faune européenne
« échouée » en Extrême-Orient,
dans des buts inavouables la plupart
du temps…
Villes chinoises
Virginie Bouyx
Éditions Gallimard
222 pages – 18,90 €
Minuit à Pékin
Paul French
Traduit de l’anglais par
Samuel Sfez
Éditions Belfond
312 pages – 21,50 €
ARBRE GÉNÉALOGIQUE
Tels des pionniers, partis bâtir les
fondations d’un pays nouveau «
colonisé »
par le Japon, pauvres et déracinés,
deux jeunes Japonais décident
d’unir leurs deux vies misérables au
Mandchoukouo. Revenus au Japon
après la défaite, ils ne gardent de
leur rencontre et de leur expérience
qu’un souvenir honteux enfoui
comme un secret, sur lequel se
fondera une famille dont chaque
membre exprimera d’une manière
différente la douleur non dite,
l’absence de racines.
Les générations que l’on voit se
succéder symbolisent, par leurs
transformations, une adaptation
tout à fait spécifique à la modernité
japonaise.
La Maison dans
l’arbre
Mitsuyo Kakuta
Traduit du japonais par
Isabelle Sakaï
Éditions Actes Sud
342 pages – 23,50 €
AU X G R A N D E S M A R Q U E S L E S
GRANDS REMÉDES
La jeune femme qui était laissée
débutante en galanteries à la fin
de la « Promesse de Shanghaï »
est-elle cette Ai Guo cynique et
prodigue qui a fait son chemin
« à l’horizontale » comme l’on
disait autrefois, pour parler des
courtisanes de la fin du dixneuvième siècle ?
Rien n’est trop beau pour
satisfaire sa fièvre acheteuse
et son besoin d’arborer un luxe
ostentatoire, mais ne suffit jamais
à lui faire oublier d’où elle vient…
De la saturation au vide il n’y a
qu’un pas… De quelle manière
va-t-elle le franchir du haut de ses
talons aiguilles ??
Une Chinoise
ordinaire
Stéphane Fière
Éditions Métaillié
284 pages – 18 €
Investissements chinois en France
Camille-Yihua Chen
Mythes et réalités. 2014
Bien que les investissements chinois
en France n'arrivent pas encore au
tiers des investissements français en
Chine, ils augmentent continuellement.
Camille-Yihua Chen, ancienne
journaliste de Chine Plus, est la
première a essayer d'en dresser un long
tableau détaillé. Malgré un parti-pris
un peu trop démonstratif et qui fait
parfois plus penser à une brochure
d'une mission économique qu'à du
journalisme d'investigation, l'auteur
donne aussi dans la nuance : il n'est pas
facile pour les Chinois d'investir en
France, et malgré l'empressement de
certains à essayer d'attirer des capitaux
de Chine Populaire, les difficultés
inter-culturelles et les différences
d'approche stratégique font que les
franches réussites dans ce domaine
restent encore exceptionnelles. Quatre
chapitres présentent l'immobilier de
luxe, le vin, le lait et l'industrie. Si la
partie chinois bling-bling n'apprend
rien de très nouveau (mais au contraire
de l'auteur, on aura facilement tendance
à rêver de protectionnisme à la lecture
de son florilège), en revanche les
études de cas dans le lait et l'industrie
sont extrêmement intéressantes.
Les partenariats intelligents et bien
négociés fonctionnent, à condition que
les investissements soient faits pour le
long terme. Bref, un peu comme pour
les entreprises françaises en Chine...
Renaud de Spens
connexions
automne 2014
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联结 N.71|2014 秋
来中国创业
EntrEprEnEurs
聚焦法国中小企业
Leurs ambitions chinoises
来中国创业往往是因为机缘巧合:冒险的天性,或者一个珍贵的
« La Chine n’a rien d’un eldorado. S’y implanter s’avère
en effet extrêmement difficile, exige d’apprendre très
rapidement la langue et nécessite beaucoup d’énergie »,
prévenait il y a quelques années le sinologue Jean-Luc
Domenach1. Le constat depuis n’a guère changé :
la destination chine — pour un entrepreneur qui la
découvre et l’appréhende — s’avère souvent semée
d’embûches. Il n’est pourtant pas de pays au monde
qui offre encore autant d’opportunités pour qui sait
« oser entreprendre ». e-commerce, biotechnologies,
agroalimentaire, services à la personne…
autant de secteurs à saisir. À condition d’éviter les
pièges et d’être bien accompagné.
职业机遇,把这些企业家们带到了中国。今天的中国充满诱惑和
挑战。他们往往从小企业做起,渐渐扩大,不轻言放弃,好像感
染了极具传染力的《中国病毒》一样。他们分布在北京,上海,
广州等大城市,来到中国的年份不等。他们过着老板的日常生
得巨大成功的,还是尚在挣扎中的,他们一致认为中国给他们提
供了创业的机会,就这一点已经弥足珍贵。
1. CA l’occasion de la 12 Université des CCI, à Paris (2006)
e
Eplusmore:
《 我 们 就 是 离 线 的 谷 歌 分 析 》 创 始 人 Emmanuel Paget Kellner的这句话尽管听起来
过于行话,但是精准的概括了Eplusmore的核心
业务。Emmanuel Paget Kellne从93年开始就
进入了数码领域,2004年来到中国,首先在庆
典组织行业工作了几年,2010年的时候回归数
码界。2013年在上海创立了Eplusmore.
公司的核心产品是一个貌不惊人的小盒
子,冠名为ShoppAnalytics™。把它安装到店
铺中,它通过定位顾客的手机,向天线一样扫
描和记录消费者的数据,由此掌握店铺准确的
消费群体的数量。对于大的品牌,特别是大众
时尚品牌来讲,由于北京的购物面积的不断扩
充,连锁经营的品牌需要对经营的地段做出分
析和取舍,Eplusmore的产品满足了他们对精准
分析数据的需求,因此得到了青睐。
今天,这家小公司有4位合伙人,他们的
目标很清晰,用大数据来招揽更多的中国客
户。《对中国客户而言,大数据还是一个他们
没有领会的工具,我们的机遇就在眼前。》
Emmanuel Paget Kellner如是总结。
AS建筑工作室:
2001年,当上海世博会决定采用AS工作
室设计的总规划图时,后者在中国的地位和发
展前景得到了肯定。今天,AS建筑工作室在北
京和上海都设有办公室,员工总数超过60人,
颇具规模。
AS旗下有众多的在建项目,包括济南文化
中心、拉萨科技博物馆、太原南站综合体,等
等;这些项目无论从体量来讲,还是从总投资
额来讲,都具有重大意义。
76
connexions
automne 2014
Dossier spécial
Imagine China
活,紧张而忙碌,然而没有人后悔最初的选择,因为无论是已获
今天,环保是中国面临的重大挑战,也是
建筑领域新的风向标,为工作室未来的发展带
来了新的促动。在武汉蔡甸的中法生态示范城
表明法国在环保领域的经验深受中国城市规划
界的器重。
值中法建交50周年之际,AS牵头组织的
《另一种角度—可持续城市》展览又是一个亮
点,也是对工作室出色工作和认真努力的充分
肯定。
Depack Design
做为会展展位设计公司,在开拓海外之
前,Depack Design在波尔多创立后,很长时间
以来都一直把精力投注在发展当地的客户。
2010年,当Depack Design决定在香港开
立子公司,成为了公司历史上结构性转变的重
要一刻。
今天,中国大陆的客户也寻求Depack Design的帮助,设计在他们在欧洲专业会展的展
位,为进入欧洲市场打开出路。
但是,香港子公司的负责人Guilhem Uberti表示不急于在大陆设点,对他而言,香港是
个好的基地,便于辐射罗湖的那一边。《香港
还有待我们进一步发掘!》与此同时,公司稳
步地扩展在北京,上海和广州的客户群,为未
来的发展做好准备。
Accord IBC
Accord IBC是一家外资咨询公司,位于
青岛,成立于2010-2011年间。公司的创始人
Marc Lacharme是这样解释创业的初衷的: “法国制造能不能跨越路易·威登、卡地亚和
兰蔻?法国的创造力是否仅限于这些大的国际
知名品牌?法国中小企业的创造力如何能被释
放出来?”这样的疑问由来已久,在他看来,
法国中小企业要想闯出一片天地,除了优质产
品,还需要抱团发展。
由此,Accord IBC产生了发展法国会馆项
目的念头。法国会馆总投资额一千两百万人民
币,集团为此在2013年再融资,已于今年10月
20日在青岛揭幕。这是个极具新意的项目:在
2400平米的面积上,10多家通过精心挑选和搭
配的法国中小企业集中进行展览和销售,同时
为了减少每个小企业的运行成本,人员由法国
会馆统一管理,会馆则提取销售额的32%做为
回报。
会馆位于海滨城市青岛的市中心的海航大
厦。Olivier Baleix回忆和海航的首次接触: “那是在上海世博会上,我们有意把法国厅的
模式移植到多个中国城市,做为公司顾问,我
们希望能够同时为多家企业工作,青岛市对我
们的想法很感兴趣,而海航希望他们的大厦更
具法国风情,这个项目由此落地。”
MOQ Wine
Jean-Michel Weiss于2006年设立了这间公
司,8年的时光飞逝,这位来自阿尔萨斯的法
国人已摇身成为在中国的第四大红酒进口商。
对他来说,中国已经不再是一个神秘的国
度,因为他在这里做买卖已有30年的时间了。
起初,他在香港做交易员,1982年当他来到深
圳的时候,深圳还只是个小渔村。之后他开始
了两地穿梭的生活,在90年代后,他决定定居
中国。
现在,MOQ Wine年营业额达到了九百万
欧元。通过遍布全中国的40多个分销点,各类
档次的法国红酒供应着酒店,餐厅和批发商。
《我的经营一帆风顺,没有关过一家店。》
Jean-Michel Weiss说起来一脸自豪。
在深圳的分公司之后,Jean-Michel Weiss
又在香港注册了一家公司,为东南亚供应红酒。
值得一提的是,11月13号到17号,在深
圳将举办由Jean-Michel Weiss发起的欧洲美食
节,为欧洲更多的美食品牌和集团进入中国提
供了便利。
在中国创业的困难
在一个法治不完善和诚信不坚实的国度,
如何用法律的武器保护自己?环境问题对生活
质量的影响?行政手续、融资困境、不合理
竞争、人与人之间的紧张关系、忙碌的生活节
奏、生活成本的日益增加、等.......《联结》通
过对企业家和专家的访谈,综合百家言,提出
了一长串在中国创业需要面对和解决的问题。
在中国创业所需的品质
《50年间的50位创业者》一书的作者
Anne Garrigue如是总结道:坚持、富于理
解、善于沟通和说服、开放的心态、好奇心和
容忍力。
法国制造能不能跨
越路易威登,卡地
亚和兰蔻?法国的
创造力是否仅限于
这些大的国际知名
品牌?法国中小
企业的创造力如何
能被释放出来?”
这样的疑问由来已
久,法国中小企业
要想闯出一片天
地,除了优质产
品,还需要抱团发
展。
Comptoir de France的Benjamin Devos认
为:创业者无论国籍和文化,首先是创业者。
他们必须要懂得坚持,保持乐观,充满耐心。
法国创业模式的优势和不足
Super Silicone的Jean-Charles Viancin认为:
一方面,法国的技能和中国的劳动力是一对良
好的组合。法国的技术和产品在国际上享有很
高的认可,这是我们的幸运,也有助于我们在
中国开展业务。我们这些创业者脑筋很活,总
能找到解决问题的办法,而且我们喜欢丰盛的
工作餐,这和我们的中国朋友的餐桌文化很接
近;另一方面,我们开拓的领域过于局限,并
且决策的速度太慢,这限制了我们在新兴市场
的发展。其次,我们在文化上会不自觉的表现
出了一种优越感。再次,在中国的法国社群之
间联系还不够密切,需要加强互帮互助。
给后来者的忠告
- MusicMatic的Stéphanie CAREZ-DURIEZ:
我建议创业之前先来中国生活一年,其次,准
备好一大笔投资也很重要。要知道一旦启动创
业,就要一路高歌前行,不能走走停停。
- Five Doors的Hugo GARCIA-COTTE:身为
法国老板,即使拥有行政管理权,也一定要避
免和中国同事公开的争辩,避免使他们感到丢
了面子;要进入中国市场,必须找到一个当地
的合伙人,要知道你才是外来的。
- L2D的Julien URBAIN:准备好你想要实现
的项目所需的预算,这方面一定要慎思稠密,
计算的时候要留有余量,以备万一。虽然中国
的生活消费水平不高,但是身为外国人在中国
创业,成本却是极高的。
- 博立信的任丽莉:要保持头脑清晰,有
战略目标,但也有灵活适应国情和当地现状,
在中国创业很考验耐力,要和你的合作伙伴把
意图和想法充分解释清楚。
- Daxue Consulting的Matthieu David:进
入中国要分阶段走,花钱要有计划。我知道很
多人一开始就大手脚把钱烧光了。其次,要接
受不完美的现实,中国的官僚风盛行,但是企
业家很有创新能力,创业处处收到行政部门的
制约,这是实情,必须接受。
- CityWise Property Solutions的Corentin
Jegou:要想管理好公司,必须具备有相当的
法律知识的储备,政府部门行事隐晦,公务员
喜欢红头文件和公章......最好能在当地找到支
持。不同的商业文化和企业文化都意味着我们
需要付出很大的努力来调整自身。
- 中国法国工商会顾问孙明君:在中国创
业并不难,只需要在好的时机做好的选择。
随着中国经济的发展和某些阶层的富裕,新
的消费者寻求高质的产品,法国产品正享有
这样良好的声誉。法国制造意味着奢侈,
美食,创意,和高端的传统手艺,等等。对
法国企业家来说,中国市场具有很大潜力。
何枫
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automne 2014
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会员企业简讯
露杰中国在江苏省连云港市经济技术开发区举行了盛大的
开幕仪式
9月17日,露杰中国在江苏省连云港市经济技术开发区举行了盛大的开幕仪式。法国欧立斯集
团总裁皮埃尔·科多(Pierre Couderc)先生,露杰品牌中国区总裁盖·圣罗兰(Guy de SaintLaurent)先生,以及露杰在亚太地区的高级管理人员均出席了此次开幕仪式。
这一盛会的圆满举办标志着露杰品牌在中国的全新开始。2012年11月,暴风雪袭击了当时坐落
在延庆(近北京)的露杰农场。这场未曾预料的灾害直接导致了露杰自2013年初开始,就不再能够
正常供应肥肝给国内市场了。
意识到肥肝产品在中国市场所具有的强劲增长潜力,露杰决定在中国投资1400万欧元设立包括
养殖农场和加工工厂的完整生产设备流程,并同时建立专业的营销团队及完善的行政管理结构。
露杰在中国的商业策略展现了露杰品牌的经营宗旨,即为世界各地的厨师提供肥肝产品,并保
证其卓越品质始终如一。
露杰在中国采用了最先进的生产设施,旨在将品牌打造为国内领先的,专为高端餐饮服务的肥
肝供应商。2012年,以鸭胸和鸭腿为食材制作的菜肴首次在法国国内夺得了法国人民最喜欢的一道
菜的称号,露杰也希望将这股新的热潮引入中国。对于露杰来说,如何在中国成功推广法式鸭胸和
鸭腿(油浸)产品将会是一次全新的挑战。
鉴于国内市场出于食品安全的考虑而禁止生/加工的肥肝制品进口中国的情况,在境内设立农场
工厂直接进行肥肝生产,使得露杰为国内的高端酒店和餐厅厨师提供优质肥肝产品的愿望最终得以
实现。
耐道研究中心在中国大陆建立第一个
研究点
耐道研究中心(香港)进行行动项目
研究在四个方面:农村经济、可持续城
市化、老龄化、审美生活方式。
该中心旨在为学生提供一个平台从硕士到博士后做质量领域工
作,植根于现实中国。我们的目标是促进法国的卓越研究将自己定位
在中国战略与公司和法国大学建立合作伙伴关系。
我们很高兴宣布开幕在中国大陆的第一个研究点:花塔村研究
点。位于北京昌平区,它是一个特殊的网站对游客开放可以积极参
与系统设置为当地发展。
通过建立业务和学术世界之间的桥梁,允许公众访问的研究项
目,我们要积极参与提高法国的知识在中国的研究。
您会发现我们的计划和项目在我们的网站:www.naidao.org
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automne 2014
大巴黎,法国向前进!
巴黎大区的整新规划对法国来说是
一项非常重要的工程。尽管其发展的速
度落后于中国,但众多项目都已开始破
土而出。例如以下两个工程建设:
Macdonald仓库的翻新:原本这座汽车仓库建成于1970年,
占地5.5公顷,长约670米(它的长度比西岱岛还长)。该建筑位于
19区北部的Macdonald大街上。如今新的街区正围绕着这座建筑
为基础进行建设,并将于2014至2015年间建成开放。 届时这个新
街区将会迎来办公楼,酒店,中学以及住宅楼的入驻。
自然生态小镇-Marne-la-Vallée:这个由迪士尼与Pierre
&
Vacances联合兴建的新主题公园项目将于2016年开门迎客。这座
位于巴黎附近的自然生态小镇将配备1700套别墅及公寓以供游客们
短期住宿。并且这个项目将新增4500个职位。而它不仅仅把目标顾
客局限于所有居住在巴黎地区的人,同时还希望能吸引到数以万计
的巴黎游客。
这将是在法国投资不动产的两个好机会。
必维被欧盟正式认可成
为欧盟木材法规监督机
构
近日,必维国际检验
集团(Bureau Veritas,
以下简称“必维”)被欧
盟正式认可成为欧盟木材
法规监督机构。
尽职调查解决方案
必维在森林认证方面
有着丰富的经验,并通过
开发自己的尽职调查系统
解决了这一新的挑战。必
维的专家已经创建了一个
完整的系统,以帮助进口
商和出口商证明及跟踪木
材的合法来源,避免了中
断贸易引起的高额损失。
尽职调查的解决方案
主要基于严格的风险评估
程序和影响木材合法性的
关键因素。这个尽职调查
过程已经被欧盟委员认可
用于帮助欧洲市场的木制
品进口商。
欧洲进口商可以将整
个尽职调查过程委托给掌
握当地贸易条件的必维团
队,必维将使用一个标准
化的程序来验证供应商。
同样,欧洲企业的供应商
也可以通过必维团队来进
行验证,以证明他们的产
品适合进入欧洲市场。
必维尽职调查体解决
方案已经服务于中国、东
南亚、刚果盆地以及俄罗
斯等关键地区的100多家
供应商。
外国人在中国的健康医
疗保险
加入WTO后中国经济
快速的发展,大量的外资
及外企涌入中国,绝大多
数世界500强的企业已在
中国设有分支。据统计,
现中国已拥有约60万外籍
人士,持外国人就业证在
华工作的外国人约有25万
人。
中国的医疗体系覆盖
很广, 大部分乡村都有诊
所, 公立医院的费用也较
低。一些大城市中,设有
符合西方标准的先进医疗
设施和国际医护人员,而
这些外资医院的收费是公
立医院的十倍。在华外国
人也可选择收费便宜的公
立医院,部分公立医院特
设“贵宾”或“外国人”
病房,设施先进。选择在
外资医院就诊之前,最好
确认有购买适用的医疗保
险。
2011年起,在中国
工作的外国人也被纳入中
国社保的覆盖范围内,此
外,一般公司还会为外籍
人士购买一定的商业保
险,这类医疗保险涵盖了
在中国境内及境外发生
的所有医疗费用。ICBCAXA是由中国工商银
行、AXA安盛集团及中国
五矿集团合资的人寿保险
公司,我们提供的“宜居
中国”保险计划和全球医
疗保险方案,帮助在中国
工作的外籍人士解决在中
国的医疗保障问题。
寰宇保险在第十八届亚
洲保险行业大奖会上入
围年度最佳保险经纪人
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我们怀着非常自豪和
激动的心情告诉大家,寰
宇保险在第十八届亚洲保
险行业大奖会上,入围年
度最佳保险经纪人的获奖
名单。此项殊荣已经被地
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道达尔鼎立支持OAK
Racing车队,三战勒
芒赛捷报频传
目前,第二届亚洲勒
芒系列锦标赛正在如火如
荼地进行,OAK道达尔车
队顺利斩获两分赛冠军,
卫冕之势愈见清晰。
OAK道达尔车队是
首支由全华人车手组成的
车队,道达尔赞助OAK
道达尔车队征战勒芒赛,
正是为了支持更多的华人
车手征战世界顶级赛车运
动。2014年正值中法建交
50周年,而道达尔是周年
系列庆典活动的主要赞助
商之一,这便赋予了双方
合作的更深层意义。
早在2013年道达尔
就助力OAK道达尔车队参
加首届亚洲勒芒系列锦标
赛,并夺得总冠军,顺利
晋级2014法国24小时勒芒
赛。
2014年,道达尔炮
火全开,全力助战OAK道
达尔车队参加第82届法国
24小时勒芒耐力赛及第二
届亚洲勒芒系列锦标赛。
在2014法国24小时勒芒赛
上,这支车队创造了华人
赛车史上最好的成绩——
总成绩第11名,LMP2组
第7名。
在即将迎来的第二届
亚洲勒芒系列锦标赛上海
站分赛中,相信OAK道达
尔车队能够拿下第三个分
赛冠军乃至2014亚洲勒芒
赛年度总冠军。
connexions
automne 2014
79
Ils arrivent
CDP
Chinese Business Club - (Non profit/Administration), Harold Parisot Conseils - (Immobilier/
Banque)
PEKIN
AIA Architectural Design Consulting (Beijing)
Co., Ltd. - (Architecture), Amandine - (Agroalimentaire/Loisirs Restauration), Aurora (Dalian)
Yachts Co., Ltd. - (Industrie Manufacturière),
Bayard Presse SA - (Enseignement/Média), Brasserie FLO - (Loisirs Restauration), Catherine
de France Hair & Beauty Salon - (Produits de
Beauté/Santé), Centuria Capital - (Finance/Immobilier), Claas-Jinyee - (Industrie Manufacturière), Comptoirs de France Bakery (Beijing) Co.,
Ltd. - (Biens de Consommation/Agroalimentaire),
CSDH - (Conseil/Immobilier), Doriane - (Logiciels/Biotechnologie), Entertainment Creative
Interface Hongkong Ltd. - (Communication, Publicité, RP), FJA & Partners - (Conseil/Finance), In
Vino Cultura - (Enseignement/Vins et Spiritueux),
Interactif SAS - (Enseignement), M&I Research
Ltd. - (Conseil/Banque), MAF Roda Machinery
(Yantai) Co., Ltd. - (Agroalimentaire/Industrie
lourde), Montsalvy Consulting - (Conseil), Naidao Research Center - (Enseignement), Pays de
la Loire - (Administration), Poujoulat - (Envi-
ronnement/Industrie), PRCP - (Coneil), Rushan
Fasun Industrial Process and Equipment Co., Ltd.
- (Industrie lourde), Shangri-La Hotel, Qingdao
- (Voyages et Hôtellerie/Loisirs Restauration),
Signature Group - (Industrie Manufacturière/
Conseil), Sunrise Kempinski Hotel, Beijing &Yanqi
Island - (Voyages et Hôtellerie), Weggener Edstrom Communication - (Communication, Publicité,
RP)..
Canton
CREA-D hong Kong - (Distribution/Import-export), Guangzhou Artovino Co,.
Ltd. - (Retail/Import-export), Plateno Ho tels Group - (Hotel/Restaurant/ Tourism),
Guangzhou Allioss Machinery Company –
(Consumer Goods), Génia Hong Kong Ltd.
– (Industry/ Healthcare), Esmod Education –
(Art & Design), Laboratoires Pourquery (HK)
Ltd. – (Other Professional Services), Larcher
Oliver Jacques – (Individual member), Schmidt Suofeiya Kitchen Co., Ltd. – (Consumer
Goods), Bordeaux Wine Team – (Wine & Spirits), Prevor China – (Chemicals).
SHANGHAI
ALTIMA (Autres Services Professionnels),
Baccarat (shanghai) Trading Co., Ltd (Commerce de détail), Carole Property Shanghai
(Immobiliers), CCI Paris Consulting (Education); VALANCE Aurelien (Vins et Spiritueux),
ROGER Chloé (Avocats), Chocolats C/CRET
(Commerce de détail), Flavors of France (Agroalimentaire), KEOLIS (Environnement), Mar
Vivo Studio (Communication, Publicité, RP),
MOREL Philip (Architecture), THIERRY
Gilles (Biens de Consommation), O'SHENG
(Conseil); Octopus Innovation (Architecture),
ONTONOMIA (Recruiting), PRESENCE
(Conseil); Sediver Insulators (shanghai) Co.,
Ltd. (Industrie), Shanghai Sailang Solutions
International Trading Co., Ltd. (Vins et Spiritueux), Spectrum Events (Communication,
Publicité, RP), TONGJI University SIMBA
(Education), Yves Saint Laurent (Commerce
de détail), D&J Associates (Recrutement),
Nateosante (Industrie), BURDIGALA (Entertainment Restaurant), IT Consultis (Technologie), Opera (China) Co., Ltd. (Santé), KPMG
Advisory (China) Limited (Comptabilité).
SHENZHEN
Falernia Wines – (Wine and Spirits), Five
– (Consulting / Software), L’epicerie –
(Entertainment Restaurants), Pacteam – (Industry/ Manufacturing), Prynt – (Consumer
Goods), Supersilicone – (Industry/ Manufacturing), The OCT Harbour Shenzhen Marriott Executive apartments – (Tourism), TTF
Haute Joaillerie – (Art & Design/ Manufacturing).
doors
800.988.6683
80
connexions
PRINTEMPS 2014

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