LAST Mag #18

Transcription

LAST Mag #18
LifeSTyle / Musique / Art / Glisse
Edito
Super pouvoir
n’est rien sans
Super vouloir
Nous tairons l’identité des
membres de l’équipe LAST
Mag qui, enfants, faisaient
régner la justice en scred
pendant que les adultes
étaient affairés à leurs
tristes responsabilités.
D’une part, car les super héros
ont toujours eu cette volonté de se
mélanger avec les simples mortels
dans l’anonymat le plus pur.
Une façon de ne pas totalement
vivre en marge de leur réalité
si insipide, eux qui ne savent ni
voler, ni faire exploser les super
méchants à grands coups de lattes
hypersoniques.
D’autre part pour ne pas attirer
trop de galéjades faciles sur les
membres en question.
(C’est la raison principale)
Prenez le temps d’admirer tout le
bonheur, toute la fierté, toute la
puissance maîtrisée miroitant dans
le fond de ces petits yeux malicieux.
Avec ce même regard, ils ont
concocté ce numéro parfumé au
Super.
Et qui sait, peut-être leur arrive t’il,
de temps à autre, de reprendre du
service à l’ombre des regards. Ce
n’est pas une raison pour dormir
tranquilles, braves gens.
Le Monde a besoin de toutes vos
initiatives et de tous vos talents.
Super pouvoir n’est rien
sans Super vouloir.
C’est bien beau tout ça, vous seriez
en droit de me dire :
« Ouais, super chéri...»
Je vous répondrai :
« Non, pas de supercheries ici...»
BG
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Sommaire
06 News
10 T’entends ? T’as vu ? T’as lu ?
12 24 fenêtres, chronique d’images en mouvements
13 Tu lis quoi ? C’est bien ? T’en es où ?
14 BD
15 Enfant du Rap
16 Les cauchemars du Fléau
18 Le monologue pour camisole pour couple
19 Freestylo
20 Carte blanche à Marko
22 Carte blanche à Elroy Vs Neopren
24 Carte blanche à Taling
26 Passage au festival international du court métrage
27 Live Pic #1 /// Yarah Bravo
28 Les Enfants 2la Basse
29 Rhésus
30 Emergencefilm
33 LAST Shop / Abonnement
34 3 artistes + 1 marque = …
36 Aiguisé comme une lame...
38 Around the World with Vinyl & Co.
40 Voyage-Voyage Hong Kong
46 Salade de papaye Astromisée !
48 LAST games
49 FIRST games
50 Agenda
<< couv by Marko
http://www.marko-93.com
LifeSTyle / Musique / Art / Glisse
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<News>
Jouets pour adulte
Une sélection de toys par Michael Lau qui nous ont... eh bien qui nous ont troué le cul.
Les Project After Dark par Michael Lau et Prodip et les Future & Womax - Maharishi Version /// Dispos sur Artoyz.com
A l’ancienne
Simple, efficace, oldschool pour la Mavrk de la nouvelle collection Flashbacks Nike 6.0. C’est bon ça ! Dispo cet été.
J’aurai voulu être un skateuuuur !
Il n’est jamais trop tard, vous pouvez
participer aux camps d’été MUC Skateboard / Boarder Gang 2007 avec
au programme : Cours de skate avec
renforcement des bases le matin en
présence de pros, visite de Montpellier ou baignade sur les plages du
sud de la France l’aprèm. Sessions
libres et best tricks sur les meilleurs
skateparks de la région 34 (Poussan,
Clapiers, Sète, La Paillade, Frontignan, Grammont) le soir.
Contest en fin de semaine et une
vidéo de fin de stage après une initiation au montage.
A partir du 1er juillet, pour plus d’infos www.muc-skateboard.com
ou 04 99 58 80 48
Awake Studio, ne nous laissons pas uniformiser !
Peintre, illustrateur, graphiste, Bruno Leyval fonde le Awake Studio en
2002 avec pour objectif de tisser un lien entre les arts et les cultures
alternatives. Après plusieurs projets avortés, l’idée de créer un magazine sur internet lui sembla la méthode la plus appropriée pour diffuser
le projet. En 2004 le Awake Studio Magazine est publié online et, en
moins d’un an, devient un site référence français consacré à l’art, au
post-graffiti, au rap et aux cultures urbaines. Après deux années de
travail acharné, diverses collaborations et une centaine d’interviews
d’artistes parmis les plus influents de leurs générations (Tabas, Space
Invader, 777Run, Koa, JR, Keny Arkana, Rocca, 123Klan, Will-e, …)
Bruno reprend ses pinceaux et le magazine cesse temporairement
sa publication. Fort de cette expérience journalistique et humaine et
des connections qu’elle à entraînée, il transforme Awake en studio
de création spécialisée dans la communication visuelle, les arts graphiques et l’organisation d’expositions collective. En 2006, HukOne
(Peintre, illustrateur, graphiste designer et musicien) rejoint Awake
Studio. Le studio à déjà organisé deux expositions avec la participation de Dan23 et les projets s’enchaînent. L’aventure ne fait que
commencer ! http://www.awakestudio.com
www.rzostore.com
De plus en plus de site vendent des
produits collectors, Rzostore.com se
démarque avec ce site qui est l’extension d’une vraie boutique située à
Strasbourg. Le site existe depuis un
an et propose des toys, sneakers et
wear en série limitées et autres accessoires. De nouvelles références
s’ajoutent régulièrement comme le
R.A.D.A.R. by DELTA et ce n’est que
le début.
Bonne Année pour Arthur Longo
L’année 2007 commence bien pour le jeune freestyler
français Arthur Longo qui accumule les belles prestations
sur les gros contests internationaux. En effet, il a commencé par défier la hiérarchie lors du O’neill Evolution,
compétition de haut rang du TTR à Davos.
Dans l’épreuve de quarter pipe, il a, du haut de ses 18
ans, surclassé tous les concurrents durant les qualifications avec un backside air à plus de 7m au dessus du
coping. En finale, malgré de très beaux runs, il ne parvient
pas à garder la tête du classement mais termine tout de
même à une belle 7e place. Il devance néanmoins des
riders tels que Travis Rice, Markku Koski, Mathieu Crepel
et même Terje Haakonsen. “He absolutely killed it both in
the pipe and on the quarter. Challenging Terje on height
on every run”, dixit Drew Stevenson, the Boss du circuit
TTR. Quelques semaines plus tard, il confirme son talent
à Avoriaz pour le Oneill’ Pro Freestyle, sur le quarter de
face, où il était nettement au dessus du lot avec des tricks
ultra smooth. Il remporte ainsi ce contest, bluffant tout le
public présent lors de la finale nocturne. Celui qui était
encore considéré comme un rookie vient de passer le cap
et il semblerait qu’il n’ait pas fini de jouer dans la cour des
grands. Il aura d’ailleurs une nouvelle fois l’occasion de
chatouiller, ou même de regarder de haut, l’élite mondiale
du snowboard à Oslo (Norvège) sur l’un des contests les
plus mythique, à savoir l’Artic Challenge organisé par Terje
Haakonsen himself.
Et vous savez quoi ? On l’a surpris aux 2 Alpes en mode
chilling dans une chaise longue du snowpark en train de
lire le LAST Mag #17 entre deux cabs 540° sur le slopestyle. La preuve en image...
The Zoo
Murone Clothing a offert à 12 artistes
la possibilité de s’exprimer sur une
casquette de la marque et une boite
qui va accueillir un tee au nom de
l’expo. Elr°y, Geraldine, ilk, Jewels,
Mezzoforte, Motte, Pier, Ques, Tenas, Tetsouille et Veuch ont pu s’exposer dans 5 lieux : de San Sebastian
à Paris en passant par Bayonne,
Toulouse et Lyon. Visible jusqu’au 27
Mars chez Aimecube (Paris).
Vous pourrez également retrouver à
la vente les 12 packs customisés sur
www.murone-clothing.com
www.last-mag.com / / www.last-mag.com
Yannick et les mini-toyz
Le pro freerideur Yannick Amevet qui
nous régale chaque année de somptueuses part dans les vidéos Absinthe, s’est
laissé séduire par le shop Kid Robot lors
d’un passage à New York. Depuis, ces
deux pro-shops Billabong localisés à
Annecy & aux 2 Alpes dénombrent de
nombreux tozs en vente et en déco.
Concours ? Concours ? J’arrive !
Shils organise un concours photo sur le thème «Coïncidence de l’improbable». Les meilleurs photos seront exposées dans
la galerie et les auteurs des deux plus belles gagneront des t-shirt collectors et des sets de badges. Envoyez vos photos à
[email protected] ou au pire, allez visiter le site: www.shils.net.
The Zoo
Pour les fans de FIRST Games JOYSTICK JUNKIES vous a préparé une collection de tee et de
hoodies à la hauteur de votre nostalgie. www.joystickjunkies.com
Tchad Unpoe
Beaucoup d’actus pour cet éternel activiste hip hop Toulousain à la plume acérée : tout d’abord, la réédition d’ «Emcique Furilla» (son premier album) en vinyle, prévue pour le mois d’avril. Puis viendront, en
juin le maxi «le poids d’une ombre», et si tout se passe bien, son nouvel album pour Novembre prochain.
Emcique Furilla (2005) et Musique de France (2006) sont toujours en téléhargement gratuit depuis son
site : www.tchad-unpoe.net
Le V7 Teenage Tour est de retour !
A suivre, les étapes près de chez vous sur www.v7distribution.com
Une guitare Gibson à gagner !
Et aussi un contrat de sponsoring avec Mada pour ton groupe. Pour participer a ce jeu concours envois une démo 2 titres de
ton groupe si on ne vous a pas encore vu à la télé ! Plus d’info sur www.will-rock-4-clothes.com
Apple on Campus : Banco !
Ne vous y méprenez pas, il ne s’agit pas
d’une énième campagne visant à encourager nos étudiants à manger des pommes.
De nos souvenirs lointains, à l’université,
le fruit défendu était pleinement dégusté et
pas que pendant les soirées du jeudi. Il ne
s’agit pas non plus d’un concours, façon «
Ze Scientifique Star », visant à dénicher la
relève du fameux Isaac. Bon je vous l’accorde, des histoires autour de la pomme
ce n’est pas ce qui manquent donc je
vous fais le serment que c’est la dernière.
En fait, Apple On Campus n’est ni plus ni
moins la célèbre marque, ayant popularisé
de nombreux concepts dont certains ont
révolutionné l’informatique, qui investit quelques universités de France et de Navarre
pour le bien des étudiants. L’objectif de ce
programme est donc de proposer à tous ces
étudiants une gamme complète de matériels, de logiciels, de périphériques et autre
petits joujoux technologiques de la marque
à un tarif vraiment préférentiel. Jusqu’à 12
% de différence du prix public conseillé,
ce qui n’est pas dérisoire pour l’achat par
exemple d’un MacBook ou d’un Mac Pro.
Grosso modo, ça représente une économie de 200 €. Et Dieu sait (et moi aussi
d’ailleurs), ce qu’un étudiant peut faire avec
cette somme ! Une bonne initiative donc
pour notre jeunesse avide de savoir. Si vous
faites partie des intéressés, plus d’infos sur
www.apple.com/fr/aoc
Altertoys
En quelques mois ce forum français, créé à l’initiative d’un des plus gros
collectionneurs de Qee, TacTac, est devenu une référence pour les passionnés de toys. Et surtout le lieu idéal pour vendre ou échanger ses
jouets. Depuis sa création, le 24 mai 2006, les jouets les plus rares et
recherchés ont été proposés par ses 450 membres. Cette nouvelle plateforme d’échange permet aux collectionneurs de partager leurs bons plans
pour se procurer les dernières sorties sans tabou puisque ce forum n’est
rallié à aucun site ou shop marchand. Des échanges riches et frais à partager en communaute. /// www.altertoys.com
Street act
Le 10 février dernier, l’art urbain était à l’honneur à la salle Pétrarque de Montpellier. Organisé par l’association du même nom,
le temps d’une journée, performance graffiti, installation et expo de HEAT, ZEST, ZORG, EACK, PYRE, SHINE, PHONE, The
WIZARD, FABULOUS, DEZEM ,Loli, étaient à découvrir. Un lieu adapté, des performances réussies, tous les ingrédients
étaient réunis pour un bel événement. Un seul regret : cette expo n’a duré qu’un seul jour... Suivez de prêt les projets de cet
association qui nous réserve de belles choses pour la suite. /// www.myspace.com/streetact
Soviet qui peut !
A l’initiative de Voets et Hazy, le Graphic Syndicate, c’est un collectif de kamarades
baignant dans l’univers graphique sous toutes ses formes, et qui applique le principe
de la démocratie participative artistique. Pour être clair, le concept de type ouvert
invitera tous les interessés à réaliser des fresques collectives, peu importe les talents
et savoir faire de chacun, l’importance réside dans la collaboration, la participation et
l’échange. Pour vous inscrire et en savoir plus : www.graphicsyndicate.com
ou encore www.myspace.com/graphic_syndicate
</News>
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T’entends ?
T’as vu ?
Sean « Puffy » Combs : Press Play (Bad Boy/Warner)
Le nouveau P.Diddy est fidèle à son auteur : grandiloquent, glamour et décadent Comme en 1997, Puffy fait du radio friendly qui tape dans
la pop et flirte avec le r’n’b. Et en 2006, ça donne une explosion dansante et franchement jouissive au milieu de laquelle, fidèle à lui-même, il
enchaîne les phases vantardes comme autant de signes extérieurs de richesse. Un peu raide, il demeure quand même meilleur dans les fameux
slogans qu’il crie en intro ou en backs, que dans les couplets qu’on lui écrit. D’où la différence majeure avec 1997 : sans protégé affamé à faire
rapper pour relever le niveau, sans Mase, Jadakiss, Black Rob ou même Loon ( !), Puffy seul n’est pas assez convaincant pour nous convertir à
sa philosophie matérialiste. A défaut, il se contente de livrer un très bon album, dans lequel, il danse, chante et s’éclate comme un dingue. Mais
un peu tout seul quand même. (PS : « Everything I Love », avec son orgue étrange, ses scratches énervés et son couplet fumant de Nas est le
joyau oublié de l’année 2006. Ca y est, c’est dit) Yacine_
DJ Vadim - Soundcatcher (BBE Records)
La maison de disque anglaise qui aura flatté nos oreilles avec les aspects plutôt personnel de producteurs à succès (Pete Rock sans CL ni une
pléthore d’invités plus ou moins utile, Will.I.Am avant son trop plein de succès ou encore feu Jay Dilla) nous propose d’entrer dans le studio
du plus russe des producteur américains: DJ Vadim, excusez du peu. Après 10 ans d’activisme dans tous les domaines du hiphop moderne
(créateur de maison de disque, présentateur radio, peintre de rue, directeur artistique, DJ ou producteur de RAP espagnol...) le fondateur de
Jazz Fudge nous pond une nouvelle poupée russe aux multiples contenus et au qualités fluctuantes mais au kiff bien présent. Beaucoup de
choses sont critiquables dans cet album (la durée de certains morceaux que l’on apprécie pas, par exemple) mais le plaisir certain avec lequel il
a été réalisé, apporte un autre aspect aux morceaux. The soundcatcher est un album de beatmaker, un disque que Vadim Peare a dû apprécier
réaliser. Bref un album dont l’inégalité est légitime et qui mérite un peu plus qu’un jeté d’oreille Seyr
Mafia K’1fry – Jusqu’à la mort (Wagram)
« Je suis Mafia K’1fry ! ». Et vous aussi, d’ailleurs. C’est bien là la force du groupe qui réussit à rendre son histoire accessible à tous, sans
pour autant perdre sa spécificité. Au contraire, avec le temps, les têtes brûlées du Val-de-Marne sont devenues des patriarches du ghetto qui
n’ont plus besoin de hausser le ton pour se faire entendre. Ils en profitent même pour s’amuser et se réapproprient par exemple l’énergie de
la drum’n’bass ou du crunk sans jamais les décalquer. Cela donne des morceaux d’extra-terrestres tels que le tachycardique « La Pillule » ou
encore l’électrisant « K’1fry Club » qui, sans couplet ni refrain, se limite à une suite d’imprécations fêtardes déclamées avec ferveur. Pour le reste
les rappeurs sont à la hauteur : Mista Flo montre qu’on peut-être mélodieux et rentre-dedans, Dry change de flow toutes les deux mesures, la
rédemption artistique de Kery James est impressionnante, Rim’K a définitivement le sens de la formule, et surtout Manu Key donne avec classe
dans le conseil d’ami à connotation politique (« Touche pas à mon pote/Encore moins à ma go »). Qui dit mieux ? Un album à écouter dans le
métro, pour ne pas se laisser marcher sur les pieds en cas d’affluence. Yacine_
iLiKETRAiNS – Progress Reform ( Fierce Panda 2006 )
On a beau faire tout son possible pour être à l’affût de la moindre nouveauté et ainsi ne rien rater d’essentiel dans l’actualité musicale, il faut
tout de même reconnaître que l’on passe à coté de beaucoup de choses… Fort heureusement il n’est jamais trop tard ! Retour en Juin 2006,
iLiKETRAiNS sort le très brillant « Progress Reform » qu’on pourrait aisément présenter comme le résultat d’une nuit d’amour entre Sigur Ros
et Interpol. Les compositions du groupe sont plutôt directes ( pour du post-rock ) et les puissantes envolées de morceaux tels que Terra nova,
A rook house for bobby ou Stainless steel vous emmèneront loin, très loin au point de ne plus toucher terre. En reprenant connaissance, il est
fort probable que vous vous disiez : « heureusement que je ne suis pas passé(e) à coté ! ». La réflexion suivante sera : « mais comment ça doit
cartonner en live !!! » et c’est bien là le problème, pas de nouvelles dates prévues en France pour l’instant… restez vigilant, car s’il devait y en
avoir une, ça serait vraiment fâcheux de la rater. Diegbass
THE LONGCUT – A Call and Response ( Deltasonic 2006 )
Après une insoutenable attente, The Longcut nous livre enfin son premier album : « A Call and Response ». Les premières démos on ne peut
plus prometteuses laissaient entrevoir un habile mélange d’indie rock progressif et de dance. Un mélange relativement classique pour des
mancuniens mais plutôt surprenant pour nos pauvres petites oreilles françaises trop peu sensibilisées à ce genre de sonorités. Cette longue
attente aura sans doute permis au groupe de gommer légèrement l’aspect electro ( parfois bourrin ) des démos pour arriver à un album qui,
avouons le, respire cash la maturité. « A Call and Response » figure en très bonne place aux cotés des productions d’autres illustres artistes
de Manchester avec lesquels on trouvera quelques lointaines ressemblances ; The Longcut reste avant tout un groupe atypique, inclassable,
donc à découvrir ! Diegbass
Amon Tobin - Foley Room (Ninja Tune)
6 ans après Supermodified et 2 après un « demi album » en forme de bande originale de jeu vidéo, Amon Tobin revient sur Ninja Tune et (nous)
replonge dans son marasme sonore complexe, univers musical dense et mécanique à la limite de l’oppressant.
Accroc des expérimentations et autres auditions triturées le jeune Americano-brésilien fait la passerelle entre la musique concrète et l’electro
aux beats brisés, une passerelle que l’on ne franchit pas aisément et dont la tribalité effraie l’oreille. À première vue tout ça respire l’hostilité
à grandes narines, mais le sens du sample de l’animal et l’adresse avec laquelle il mène chaque morceau créent un des albums à l’univers le
plus riche de ces derniers temps. Tobin s’éloigne de la sonorité jazzeuse de son premier effort et ce, pour mieux exploiter la « de-structure » de
cette musique maudite. On frôle le bruitisme construit des rythmiques cadencées de Bricolage et l’on se noie dans la technologie métallique de
Supermodified. Le film Foley Room accompagnant l’album est un bon « amuse-oreille » et aborde le processus de création pour le moins original
de cet ingénieux amoureux du son. On y découvre le maître des lieux enregistrant des insectes, des animaux, la mélopée mécanique d’une
usine de gravure de Cds et le Kronos Quartet (ayant travaillé entre autre avec les Tiger Lillies). L’assemblage de tous ces éléments disparates et
la dérangeante cohérence de ce qui en résulte impressionne vraiment. Foley Room est : énergique, épais, violent et très moderne, et l’énorme
morceau Always résume très bien tout ça. Entre un clip de Chris Cunningham et Maverick a Strike de Finlay Quaye, Foley Room est vraiment
une expérience sonore à ne pas rater. Seyr
Coup de coeur
Manimal - Retour aux sources (Gourmets Recordingz) Maxi à pirater légalement sur http://www.myspace.com/manimalhiphop
2007, c’est l’ére de tous les paradoxes, en matière de musique ou autre. Avec «Retour aux sources», nous tenons un cas de figure probant,
ce maxi 8 titres étant éxtremement bien produit, royalement mixé, et GRATUIT. Bien loin de la merde sous celophane à 15 euros qui peuple
souvent les têtes de gondoles des grandes surfaces. En un clic, vous pourrez juger de la qualité de travail opérée par Manimal, MC bilingue qui
multiplie avec talent les phases en français et en anglais, ainsi que par la clique des Gourmets, Tcheep et Bonetrips en tête. La qualité n’a pas
de prix, en voici l’illustration parfaite. TruK
www.last-mag.com / 10
For right or wrong / Prod. : Burton/Mandalay / Style : Chacun fait ce qui lui plait, plait, plait…
« For right or wrong » est un beau documentaire qui s’attache principalement aux parcours croisés de 3 riders. La vie
de Shawn White est rythmée par la compétition et la quête de l’or olympique, c’est une star internationale soumise à la
pression de la victoire, des sponsors et des médias. Jeremy Jones incarne la vie du rail, cherchant ses propres limites
de jibber dans la quasi-clandestinité des spots urbains. De l’Alaska à Hemsedal Nicolas Muller promène son insouciance et son inspiration autour de la planète blanche. 3 riders, 3 témoignages sincères, 3 vies mais un même sport.
(Cette vidéo est en téléchargement gratuit sur : www.burton.com/movie/flash.html) Akwel
« That » / Prod. : Forum / Style : Halfway crooks
Il est indéniable qu’en matière de jib, le team Forum amène le truc à un autre niveau. Travis Kennedy, dans la séquence
introductive, martyrise les mains courantes à tour de bras. Les valeurs sûres du team (Peter Line, Devun Walsh, JP Walker,
Joni Malmi) récitent le répertoire. Bref, c’est moderne, très tech et la post prod est soignée. Mais là où le posse Forum fait
vraiment la différence, c’est sur la sape et l’attitude : bandana, casquette, maillots de baskets, doudounes XXXL… toute la
panoplie y passe. En vrai, les mecs de chez Forum, ils font froids dans le dos…brrr, de vrais gangsters. Mouais… Akwel
More / Prod. : Absinthe / Style : Parfait
Autant le dire tout de suite, cette vidéo est vraiment une réussite, Absinthe propose une vraie alternative aux vidéos Mack Dawg. Plus que des tournicotis ultra tech, on peut apprécier des tricks « simples » (tout est relatif quand même…) mais gros, des spots originaux, de longs travellings au cœur de
l’action comme si on y était, une bande son plutôt soigné (Gangstarr, Dj Shadow…), des riders vraiment stylés (Gigi Ruf, Nicolas Muller, Travis Rice
et… Nico Droz !). C’est une vision ludique du snowboard, le tout dans du backcountry bien poudré. Peut-être la meilleure vidéo de l’hiver. Akwel
Clerks II
Kevin Smith livre une suite au film culte Clerks. 10 ans aprés le premiers Opus, nos deux employés, pas modéle du tout,
Dante et Randal, sont contraints de travailler dans un Fast Food aprés l’incendie de leur historique épicerie/video-club.
Cela ne les empeche pas de continuer à débattre sur la zoophilie, de comparer Georges Lucas, Peter Jackson et Dieu,
de s’acharner sur leur collégue geek fan des transformers ou de remettre en question leur amitié et leurs décisions
maritales. Loin d’être si léger qu’il n’en a l’air, Clerks 2 est un grand Kevin Smith : cynique, décapant, drôle, incorrect et
burlesque. Et comme dirait Dante «You never go as to mouth...» : le film de toute une generation de branleurs ! Seyr
T’as lu ?
« Punisher : Le Tigre » (Ennis/Larosa-Severin)
« Ghost Rider : Enfer & Damnation » (Ennis/Crain)
« 100 Bullets : Parlez Kung Vous » (Azarello/Risso)
Tous disponibles chez Panini Comics
Leroy Grannis / Surf Photography of the 1960s and 1970s
Retrouvez les origines du Surf vu par l’objectif et le talent du photographe
Leroy Grannis, un très bel ouvrage qui retrace le surf vierge, vierge de logo,
des spots vierges de Californie qui sont aujourd’hui devenus incontournables. Un seul objectif, immortaliser la vague parfaite et la vie des acteurs du
surf de l’époque qui en étaient à sa recherche. 29 euros / Taschen
On compare souvent le scénariste irlandais Garth Enis
à Quentin Tarantino... Un peu facile mais c’est vrai qu’ils
partagent un goût sûr pour le blasphème et la violence
graphique, ainsi qu’un talent certain pour les dialogues. Autant
d’ingrédients présents dans « Enfer & Damnation », road movie où un démon obèse, une ange adepte de l’ultra violence
et un motard fantôme se jettent à la poursuite d’une créature
sortie des enfers. Le tout est un brin confus mais les scènes
d’apocalypse peintes par le dessinateur Clayton Crain en
mettent plein la vue. Les lecteurs plus prosaïques préfèreront
« Le Tigre » où Ennis met en scène le Punisher face à cinq
mafieux et un maton néo-nazi dans un règlement de comptes
carcéral qui fait passer « Prison Break » pour « Papa Schultz
». Par ailleurs, puisqu’on parle de vengeance sanglante, le
volume 3 de « 100 Bullets » (écrit par Brian Azarello) est sorti.
Cette anthologie (où un homme mystérieux fournit un flingue à
des ratés pour qu’ils se vengent impunément de la personne
qui a ruiné leur vie) est très agréable, grâce à ses dialogues
elliptiques et son graphisme en clair obscur. Mais pour être
honnête, je n’ai pas compris grand-chose à l’histoire de ce
tome. N’hésitez pas à m’envoyer un mail pour m’expliquer tout
ça si vous y voyez plus clair. Merci d’avance.
LeMush
Yacine_ ([email protected])
ALL GONE
Il existait l’encyclopédie Larousse illustrée, voici le livre qui en a tout l’air
mais pour les collectionneurs de sneakers, toy designers ou autre objets
collectors comme les tees et skates. Cet ouvrage est une très bonne
initiative, avec un classement chronologique où l’on peut découvrir mois
par mois les sorties dans ces domaines sur l’année 2006. Un contenu riche
mais toutefois pas exhaustif. On notera des commentaires et anecdotes, en
anglais, sympas sur chaque produit présenté. Vivement début 2008 pour
feuilleter le 2ème volume ! 30 euros bientôt ou déjà Sold Out bien entendu !
Colette / LaMjc
11 / www.last-mag.com
/// Carnet DVD
24
fenetres
Chronique d’images en mouvements
Par Guillaume Baron, impatient d’en découdre avec 2007.
En gros : un double programme à l’ancienne concocté par deux sales gosses nommés Tarantino & Rodriguez. Les Spartes de Miller racontés par le
réalisateur de l’Armée des Morts. David Fincher de retour aux affaires avec une fresque policière qui reconstitue les 70’s avec précision et virtuosité.
Spider-Man côté obscure de la Force. Harry Potter en mode schyzo. La guerre d’Algérie enfin montrée par le cinéma français. L’excité réal de Narc sort
Alicia Keys de sa poche et compte bien pulvériser nos rétines à coups de flingues rutilants. Samuel Jackson attache Christina Ricci à son radiateur
pour lui jouer du blues. Le nouveau Pixar. Michael Bay qui nous pond une adaptation des Transformers. Et vous savez quoi? Tout ça c’est le premier
semestre de 2007... En attendant, bientôt dans votre salon :
New-York éxhibe depuit 2001 une cicatrice béante, symbole du chaos dormant sous nos fenêtres.
Le Pentagone, centre névralgique du haut commandement militaire U.S et résidence secondaire
de Tom Clancy resta longtemps défiguré par une
attaque invisible. Et 45 passagers, presque tous
américains, reposent en paix, quelque part dans
une forêt de Pennsylvanie. En paix d’après la version officielle. 11 Septembre 2001. Le Vol 93 est
détourné par des terroristes, sans aucun doute
liés à un certain Ben Laden. Passée la panique,
les passagers se révoltent, prennent le temps
d’appeller leurs proches pour leur dire qu’ils ne
seront pas là pour le déjeuner et font échouer le
plan des pirates de l’air (armés de cuters) grâce
à un sacrifice consistant à crasher l’appareil en
pleine forêt. Voilà la version officelle, mise en
scène par Peter Greengrass, l’énervé du bon
Bloody Sunday. Le style se veut docu, tendance
ultra utilisée dans les films hollywoodiens récents
catégorie « fait réel » (Trafic, Syriana). Le ton est
premier degré, enrobé d’un héroïsme très 80’s.
C’est un bon spectacle, mais on appelle ça de
la propagande.
Ah, mais c’est pas grave. Les producteurs ont
bien compris que les hommes ont besoin d’espoir. Tant pis si cet acte, au demeurant honnorable, est biaisé par un système sous influence.
Et quel plus beau symbole que Superman, drapé
de rouge et de bleu, toujours prompt à sauver
notre Monde. Sans même se demander si notre
Monde le vaut bien. Bref, après une période de
receuillement, Supes revient ici bas, pour reprendre le cour de la vie de Clark Kent, sans vraiment
avoir envie d’enfiler le costume de héros. Forcément, Lex Luthor a encore la folie des grandeurs
et hop, on tient là la résurrection du plus grand
héros américain. Vieux pot, vieilles recettes etc...
Les effets spéciaux sont les seuls à bénéficier de
l’air du temps. Pour le reste c’est mou, déjà vu,
bien moins réussi que la rennaissance Batman
Begins. Aussi chiant que Smallville quoi. Superman Returns ? Mais pour quoi faire?
Encore un vieux héros, un gueule fatiguée qui
a passé pas mal de temps à sauver nos fesses. Bruce Willis. Cette fois le vieux Bruce, flic
à l’ancienne de New-York et trop vieux pour ces
conneries, doit amener un témoin clé au tribunale
(le très bon Mos Def). Une mission de routine
concoctée par des flics véreux qui voient en Willis
le dindon de la farce. A-t-on seulement déjà vu
Willis en victime passive ? Les 16 blocs qui le
séparent de son terminus seront une fois de plus
le moyen de nous démontrer que les légendes ne
meurent jamais. Brillant lorsqu’il s’agit de donner
vie à des personnages qui reflètent une partie
cabossée de lui-même, Willis sort ce simple actionner de l’anonymat, consient de ses limites et
visiblement fier de son parcours.
Les bombes atomiques américaines n’ont pas
engendrées que Godzilla. Les radiations ont fait
des dégats jusqu’ au Nouveau Mexique. Les militaires yankee ont inventé de véritables monstres,
bien plus effrayants que le lézard géant nippon.
Alexandra Aja, jeune réalisateur français, force
l’entrée et oppose deux fratries bien différentes,
deux faces d’une même pièce. La métaphore sociale n’est qu’une toile de fond qui ne vient jamais
entraver le récit. La Colline a des Yeux reste un
film d’horreur spectaculaire, tordu et sacrément
efficace. D’un côté, des consanguins radiocatifs
devenus cannibales. Bien emmerdant quand on
habite au milieu du désert et qu’on a une famille
nombreuse à nourrir. De l’autre, une famille de
sitcom en route pour la Californie. Au milieu, une
mise en scène inspirée, brillante, qui transforme
ce remake en western flippant.
Pour beaucoup d’observateurs, les U.S se bouffent de l’intérieur. Comme dans La Colline..., la
cellule familiale sert de symbole, de point de
repère. Sauf que dans cet exceptionnel Devil’s
Reject, on suit la traque du côté des «méchants».
Coupables de meurtres odieux, les Firefly (nom
de notre famille) sont poursuivis par un shériff
sifonné (l’énorme William Forsythe) bien décidé à venger la mort de son frère, tué par nos
psychopathes dans la préquelle La Maison des
1000 morts (moins bon mais aussi timbré). Rob
Zombie est un putain de cinéaste, passez-moi
l’expression, mais c’est indispensable. Il aborde
une multitude de thèmes casse-gueule, prends
le risque d’axer son récit autour de personnalités d’anti-héros crades, violents mais finalement
attachants. Galerie de portraits de rednecks
repoussant, de cul-terreux incultes et de putes
déguisées en princesse Leia, The Devil’s Reject
parcoure une Amérique schyzophrène, omnubilée par la légitimité de la vengeance. Tourné en
30 jours, sans tête d’affiche et avec un budget
serré, The Devil’s Reject ne s’impose aucune liwww.last-mag.com / 12
mite, affiche fièrement sa parenté au cinéma des
70’s et restera comme une oeuvre unique, à ranger entre L’épouventail (de Schatzberg) et Salo
ou les 120 journées de Sodome (de Pasolini).
On peut trouver pire filiation.
Michael Mann est un matérialiste enthropologue.
Il aime étudier les comportements, et s’aide souvent des objets qui entourent ses personnages
pour illustrer ses analyses. Bateaux, avions, horsbord, une Ferrari, lofts, villas, fusils d’assaut, mojitos... Tout cela faisait partie de la mythologie de
sa série culte Miami Vice. Déjà ambitieuse, la série n’en restait pas moins un pur produit formaté
MTV. Mann reprend ses ingrédients, change de
méthode et creuse le sillon du flic infiltré dépressif avec une mélancolie et une maîtrise hors du
commun. La classe de la mise en scène donne
le vertige. Mann magnifie chaque plan, chaque
séquence avec l’ambition de divertir, mais de
divertir comme jamais un blockbuster ne l’avait
fait avant. C’est réaliste, beau, triste et respectueux du spectateur. Privilégiez l’édition collector,
elle offre le film en version cinéma et en version
longue (avec un générique de début à tomber!).
Juste un chef d’oeuvre de plus à l’actif du cinéaste americain le plus précieux du moment.
Série carcérale définitive, oeuvre télevisuelle
unique, Oz peut être considérée comme la mère
(avec NYPD Blue) des séries modernes. Glauque, violente et pertinente, l’oeuvre de Tom Fontana a posé des bases de récits qui se déclinent
désormais dans toutes les bonnes productions
actuelles (The Shield, Prison Break, 24...).
Longtemps ignorée par les distributeurs français
car programmée sur le cable, Oz arrive dans un
coffret DVD à ne surtout pas rater. Pour finit sur
une petite pointe d’humour, le livre Trois de Kaamelott poursuit les aventures du roi Arthur à la
recherche de son Graal. Même si dans le fond ils
sont plus portés sur la bouffe et la boisson que
sur leur mythique quête, Arthur et ses foutraques
de la table ronde propose un show drôle qui ose
le renouvellement, plutôt que de sombrer dans la
formule toute faite.
Voilà pour l’instant. Continuez à ne pas regardez
les séries de TF1, on se retrouve dans deux
mois, si on a pas explosé d’ici là.
Stéphane, 26 ans, fan du seigneur des anneaux et de blogs sur les imprimantes SCSI.
Tu lis quoi ? Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer un auteur New Yorkais qui m’avait déjà impressionné avec Tout
est illuminé. C’est l’histoire d’un garçon de 9 ans, Oskar, pas mal névrosé. Après avoir trouvé une clé mystérieuse cachée dans l’armoire de feu son
père, il décide de partir à la recherche de ce dernier, mort dans les attentats du 11 septembre. Son périple au sein de cette ville blessée, va l’amener
à découvrir, en filigrane, l’histoire de sa famille.
C’est bien ? C’est génial. L’écriture est fine, autant dans le fond que sur la forme, les personnages sont vrais et la poésie omniprésente. On a souvent envie de pleurer, parfois de joie, et les émotions sont vraiment honnêtes. L’humour farfelu des personnages et de certains procédés stylistique
renforce leur justesse et l’on se retrouve dans beaucoup des ressentis du jeune Oskar. Il ya des images et les fautes d’orthographe sont corrigées en
rouge (!). Il y a vraiment beaucoup d’originalité dans ce livre !
T’en es où ? Je l’ai fini. Les dernières pages sont la photo d’un corps tombant du World Trade Center mais à l’envers. En les feuilletant on le voit
remonter…
Richard, 27 ans, spécialiste en surveillance médiatique régionale (à mi-temps seulement)
Tu lis quoi ? « Encore Une Danse » de Katherine Pancol. Les héros sont des bourgeois désoeuvrés qui couchent tous les uns avec les autres, jusqu’à ce qu’ils apprennent qu’une maladie
appelée le Sida existe. Le roman se passe en 1998.
C’est bien ? Ca se veut philosophique mais c’est écrit comme les pages cuisine de Marie-Claire.
Je comprends mieux pourquoi je l’ai trouvé à 1 euro dans une solderie…
T’en es où ? Un passage où une des filles pleure devant un film de Sandrine Bonnaire après s’être
acheté un Wonderbra.
David, 23 ans, monteur/soudeur de clips
vidéo à succès
Tu lis quoi ? Le magazine SVM, consacré
aux nouvelles technologies, d’Internet aux
appareils photos numériques, etc…
C’est bien ? Bah, en fait, je l’ai acheté parce
que je pensais que c’était un magazine de
jeux vidéos… C’est très pointu. Faut s’y
connaître pour apprécier. Quand c’est le
cas, je suppose que c’est intéressant.
T’en es où ? A ces fameuses pages jeux
vidéo, justement !
Sabrina, 32 ans, spécialiste du « comment se faire enculer à sec » (couscous pour tous)
Tu lis quoi ? « La désobéissance civile de Henri David Thoreau, un penseur américain. Dans ce livre écrit en 1849, Thoreau fait part
de son refus de se soumettre aux lois dictées par le gouvernement américain et appelle le lecteur à en faire de même, mais toujours de
manière non-violente. Ce refus des règles se justifie par des principes supérieurs propres à chacun (moraux, spirituels, sociaux).
C’est bien ? Vraiment intéressant. Thoreau a écrit ça il y a plus de 150 ans, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à
financer la guerre contre le Mexique. Dans une époque où le rêve américain était en gestation aux Etats-Unis, ses idées sont vraiment
subversives et se retrouvent aujourd’hui dans certains courants « alter » (un autre monde est possible…). Par la suite, Thoreau est parti
vivre dans la forêt où il a écrit « La vie dans les bois ». Quand dire, c’est faire…. !
T’en es ou ? Aux deux tiers. Le bouquin est petit, 60 pages, donc ça va vite et ça se lit bien.
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COMME UNE ETOILE TOMBEE DU CIEL
Pas le temps pour les regrets et sale temps pour les idoles…. On savait que l’absence renforçait les légendes, mais qu’en est-il des
retours mitigés ? Réponse dans l’étude de cas déprimante ci-dessous, qui nous laisse croire que l’heure n’est plus aux mythes, mais
seulement aux souvenirs et aux êtres humains perfectibles.
Chouette, Superman est revenu. Officiellement, il
était parti dans l’espace pour chercher des traces
de Krypton, sa planète natale. En réalité, la Warner
attendait surtout qu’expire le contrat qui les liait à
Nicolas Cage, sûrement engagé pour le rôle un jour
de cuite ou de premier avril. Mais après le succès de
« Spider-Man » ou « X-Men », des héros plus modernes et plus humains, il était vraiment temps que
le premier et le plus puissant d’entre eux revienne
réclamer son dû au box-office et dans l’imaginaire
des gamins. Pour l’occasion, Cage a donc été remplacé par… un illustre inconnu dont le mérite est de
ressembler vaguement à Christopher Reeve. Arrive
donc « Superman Returns », annoncé comme une
relecture moderne d’un mythe immortel mais qui
n’est en fait qu’un truc bizarre, long et incestueux. A
la fois suite de « Superman II » et remake officieux
de « Superman I » (auquel il emprunte dialogues,
musiques, morceaux d’intrigues, Marlon Brando et
même quelques scènes d’action), le film n’est qu’un
fatigant clin d’œil de 2h25. Plein de références s’enchaînent gratuitement, l’histoire fait du surplace, les
acteurs posent au lieu de jouer et le spectateur n’est
pas au cinéma mais plutôt au musée Grévin. Bref,
voilà ce qu’on retient : Superman est revenu sur
Terre, mais personne ne sait trop pourquoi. En plus,
Brandon Routh ne ressemble même pas tant que ça
à Reeve, tiens.
« I take off the blazer, loosen up the tie, Step inside the booth, SUPERMAN IS ALIVE ! » (Jay-Z,
“Kingdom Come”)
Jay-Z avait réussi l’impossible : atteindre l’immortalité de son vivant pour devenir une sorte de version
happy-end de Biggie & 2pac. Adulé, samplé et cité
à tour de bras par ses pairs, à la fois omniprésent et
impalpable, il frôlait carrément le statut de dieu vivant.
En témoigne son passage au Zénith de Paris où il
avait béni ses fidèles en les reconnaissant dans la
foule. Il aurait alors pu se contenter de faire prospérer son catalogue avec des tournées et des remixes,
comme le Rap-Sinatra qu’il prétendait être. D’ailleurs
ses projets récents (l’album duo avec R-Kelly, le Epconcept avec Linkin Park) avaient tout de disques
posthumes. Mais non, plutôt que d’être idéalisé, JayZ a préféré revenir avec l’album « Kingdom Come
». Truc marrant, c’est aussi le nom d’une BD où un
Superman vieillissant sort de sa retraite pour botter le
cul de jeunes super-héros qui font leur boulot comme
des manches… Mais passons.
Le plus gros défaut de ce film est
surtout de nous faire croire que si
Superman peut fonctionner en tant
que symbole, souvenir ou héros d’un
soap-opéra pour ados diffusé sur M6,
il a définitivement du mal en tant que
personnage à part entière. On le trouve
trop foncièrement gentil, pas assez
torturé… De quoi sérieusement se demander où est passée notre innocence. Alors plutôt que de douter, autant
se replonger dans les quatre films
classiques disponibles en coffret (avec
une version complètement inédite de
« Superman II », sortie des coffres de
Warner). Vestiges de temps plus innocents, eux seuls sont encore capables
de nous faire croire qu’un homme peut
s’envoler après avoir fait exploser les
boutons de sa chemise….
Le problème, c’est que la résurrection divine de JayZ a quelques ratés. Passée la grandiloquente trilogie introductive, parsemée de références bibliques
et super-héroïques, l’album tombe vite dans une
autosatisfaction molle. Content de lui, de son sort («
I Made It ») et de son âge (« Thirty Something »),
Jay-Z ne veut pas se fatiguer à prouver quoique ce
soit. A l’aise dans ses pompes (voire ses pantoufles)
et peu motivé à rapper comme il sait le faire, il survole
ses sujets et oublie qu’il n’a jamais été aussi bon que
dans l’adversité. « Reasonable Doubt » ? Autoproduit
par dépit après les refus des maisons de disque. «
Blueprint » ? Conçu pour rappeler que le player de
« Big Pimpin’ » n’avait pas effacé le hustler torturé
de « Can I Live ». Et l’épuré « Black Album » ? Une
réponse à son « Blueprint II » encombré d’invités…
Mais désormais reconnu par tous comme l’inspirateur d’un rap classieux, adulte et intelligent, Jay-Z est
enfin devenu ce qu’il voulait être. D’où l’absence de
tension de l’album.
Il faut attendre « Beach Chair », à l’ambiance à la fois
lourde et aérienne (fournie par Chris Martin de Coldplay) pour l’entendre prendre conscience de l’inertie
qui le menace, telle un trop beau rêve l’empêchant
de se réveiller. « I’m not afraid of dying, I’m afraid of
not tryin’ », lâche-t-il, groggy mais redevenu lucide et
humain juste à temps pour sauver l’honneur du disque. Au moins, maintenant a-t-il un nouveau défi sur
les épaules : regagner le panthéon
et y rester.
S’il n’est pas porté par un enjeu ou
un conflit, quels qu’ils soient, on
dit qu’un scénario de film ne peut
tout simplement pas exister. Eh
bien, ça a l’air d’être aussi le cas
pour un rappeur qui n’a plus rien à
prouver. Grâce à « Kingdom Come
» Jay-Z a enfin découvert que sa
vraie kryptonite, plus que l’argent,
l’âge ou les autres rappeurs, c’est
l’unanimité.
Yacine_
illustration : Seyr
Références :
Album « Kingdome Come »
(Def Jam/Universal)
DVD « Superman Returns »
et coffret « Superman Ultimate”
(Warner Home Video)
www.last-mag.com / 14
15 / www.last-mag.com
Les cauchemars du Fleau
Texte de Fléau et photos de Seyr
D’après le film « TCHAO PANTIN » de Claude Berry
(Après avoir perdu l’ouïe, comment vivre dans un monde d’images en 4 chapitres)
/// Fabrication \\\
C’était une nuit comme toutes les uniques, ne portant pas de nom, mais un masque, rythmée par le balai urbain,
Les insomnies du crachin redessinent le décor, cette progéniture conçue par le parpaing
Les ruelles concèdent aux suspicions, que la présomption amorce les retours de flammes
Une filature de la filiale d’une filiation ne réverbérant plus dans les flaques d’eaux, pas dans la peau d’âne
Une rencontre, l’angoisse au ventre à ciel couvert entre une jeunesse de façade et une vieillisse docile
Deux époques issues d’un même tant, les pouls se croisent, se creusent, puis se scellent.
La pénombre jalouse le jour et se rassoit, étanche sa soif, comme d’habitude, comme un épilogue sans lecteur,
Car l’autre a la maison de ses moyens, les murs de ses voisins, les secrets de ses besoins, la carence de cette chaleur.
/// Soliloque \\\
Les promesses des Bookmakers n’engagent que leurs clients depuis que leurs dividendes devisent,
Le money time monnaie terre brûlée et séquelles prémonitoires en vue de faire communiquer les vases.
Le crépuscule guette, hébété, sachant pertinemment que rien ne viendra plus, si ce n’est cette gorge sèche…
…Le même fond de bouteille qui s’efface, le même décor qui s’enfonce, les mêmes gestes et vide qui s’affaisse, puis lâche.
Un peu de caféine dans la routine, du tabac froid pour la rétine, a jeun pour un bilan sans gains,
C’est la cour des contes, l’accoutumance du déjà-vu, le labyrinthe des plans B aussi lézardé que vain.
Quand on oublie de tirer sur les ambulances, elles finissent par arriver… Par erreur, par conviction du miroir,
Durant un petit mensonge entre amis, une bouche et une oreille ne sont pas faites pour réfléchir.
/// Scénographie \\\
L’habit ne fait pas le moine, ni l’aumône, les états d’âmes cautionnent les Abymes car l’alibi est une femme,
L’Homme hait une arme, l’homme est une arme, l’arme éteint l’Homme pour que l’homme entende l’arme.
Les pleurs incessants de ses matins maussades… une flamme, une bouffée, un répit, une expulsion en bonne et due forme,
Le souffle, lancinant, reprend son cycle, s’arrête, se tait, questionne, poursuit son boulevard de croix, jalousant ses larmes.
« Tous les taudis se ressemblent et se rassemblent comme pour tromper leur ennui ou survivre à celle qui suivra »
La main, lourde, tambourine à la porte, un tribunal public à domicile, sans un silencieux, un silence, des aveux, puis il tira.
La vengeance serait-elle un meurtre, quand on l’exécute sous les yeux de l’innocence maquillée, seul le destinataire de la justice importe…
Sans foi ni loi, on trouve le libre-arbitre de sein, l’otage de litige entre morale et les lettres mortes.
/// Happy end \\\
Le jour se lève… Encore… Parfois… Mais, il se surprend à l’attendre comme pour la première fois,
Les héros ont la gueule de leur récit, le sommeil que leur préconise l’insomnie, les errances que prescrivent leurs choix.
Une visite conjugale à même la couche, un parloir à l’horizontale, où l’on s’excuse de sa nature, à titre honorifique.
Il n’y a plus rien à raconter, quand on connaît déjà l’histoire depuis toujours, mais chut, rien n’est arrivé, ni l’église, ni les flics.
Il y a des réveils où l’on veut croire, où l’on peut vouloir, pas de caféine ni de tabac ce matin, alors on s’ignore et l’on s’imagine,
En se disant secrètement que crever du temps qui passe, c’est une sortie de secours qui vaut bien les coulisses des suicides sans origines.
Certains se quittent pour se trouver, l’absence est une clef, ce sera peut être une belle nuit, ce soir, ébloui, il se perd dans la lueur, hum, naïvement.
La rédemption réclame du sang alors l’histoire se sample, avec une vie banale on ne peut que disparaître bêtement.
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99.3 FM (69)
Rythme(s) & Mécanisme(s)
(hiphop-soul-jazz-blues-triphop-chanson française-hiphop)
Tous les jours de 19 h à 20 h 30
La Blackline
Dimanche de 21 h à minuit.
…RDV aux points de fuite des perspectives…
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LAST Mag et le conseil de la salle des fêtes de le Monastier sur gazeille (alt. 950 m) en association avec l’amicale bouliste de Monaco et
sous la supervision des droits d’auteurs de Pierre Bachelet sont fiers de vous présenter :
« Le monologue pour camisole pour couple »
(Du sang bleu est requis pour lire cet extrait de pensée universal)
...j’apporterai ma prière à l’idiot fils, du progrès en podcastant mon suis-Cid, puisque l’on ne peut toujours pas accompagner la mort de ceux que l’on chérit, mais pourquoi ne pas en dialoguer, au débat participatif, la mort est un projet
de société fédérateur car elle nous concerne tous, Le Débat particifactice ou l’hégémonie du dialogue de sourds, c’est le
projet d’échange d’idées que proposent les périodes électorales aux actionnaires du conseil d’administration, vous, nous,
nous avons le choix d’appartenir à un ensemble de réflexions sur des problématiques explicitées par les faits d’hiver et
de début de printemps, tu a le choix d’avoir un avis et d’y participer ou de te taire en étant un mauvais citoyen Français ou un jeune déclinologue de banlieue, le débat par essence et particifactice, par pragmatisme communiquant, initie
une nouvelle ère, la dictature du débat que l’on peut standardiser par besoin de rien, envie de quoi ? comme jamais
envie de personne, des dialogues évoluent, celui qui est le plus opérant est certainement cet échange qui lie un homme et
un meuble, éduque par sa télécommande, il analyse des tranches de vie, par exemple ce futur film de Patrice Lecompte,
les bronzés vont voter, Hé chérie, ils ont l’air heureux ces gens là, ai-je pu entendre dans le tramway ce matin, une
vision, une version, une caméra, Segolène quand à elle à été au niveau de la précédente visite instrumentalisante de
Nicolas Sarkozy, dans la symbolique, mais cette fois-ci, symbolique des plus populistes, exit aimé Césaire ou autre
penseur de la Caraïbe, Lilian Thuram (un sportif à lunette) et Marie José Perec (post cotorep) étaient les fers de lance
de l’argumentation de la royaliste, en parlant de Marie Jo et Lilian, elle proclame : « ils sont à l’image du peuple
Guadeloupéen et du peuple Français dans son entier, avec ses qualités de travail, d’endurance, de confiance, de gaîté,
de victoires arrachées », premièrement, pourquoi sont ils à l’image du peuple Guadeloupéen et du peuple Français dans
son entier, et pas simplement à l’image de la France, je pense que les Guadeloupéens présents savaient ou ils habitaient,
et de 2, les qualités proposées ressemblaient plus à celles d’un entraînement quelconque et petit 3 ou sont passées ces
personnes d’origines contrôlées, avocats médecins, bouchers, profs, mères au foyer, techniciens de surface, ha oui, ils ne
passent pas à la tété. Mais on nous dit que l’on a le choix, toi, oui, toi, c’est bien à toi que je parle, pour la somme
modique de l’abandon total de réflexion de fond, tu peux avoir le choix, tu peux accéder au culte du choix, le choix de
vivre, de mourir, de fumer ou non dans un espace public, de voter par sms pour la staracademy ou ton président de
la république, c’est le choix souverain à portée de tes lèvres, tu peux à la fois être de gauche et t’acheter une berline
allemande consommant 100 litres au sang, le contenance totale d’un trou dans la couche d’ozone, mais dans le même
temps, tu peux te doucher avec le gel Ushuaia, la conscience tranquille, en refusant de boire du Coca Cola, mais en
possédant la collection complète des 10 saisons de Friends en série limitée, tu a le choix, et le devoir du choix, d’être
pour les pensées d’Alain Finkielkraut tout en te masturbant sur Adriana Karembeu, tu as le choix de l’ignorance devant te télévision tout en réclamant des hausse de budget de l’éducation nationale, tu as le choix de la démocratie même
si tu ne saurai pas quoi en faire, peu importe car nous avons la mémoire courte, entre une histoire sans message et
une parodie de justice, quel aurait été le meilleur, premièrement d’en avoir un, en second d’avoir à défaut du statut de
dépositaire, celui de légataire universel des meurtrissures de la ségrégation à la française du 20ème siècle, le malheur
serait d’avoir besoin d’un film ou d’un téléfilm qui retraceraient la réalité tout en restant dans la logique de production
culturelle, les arts ne peuvent se substituer à l’histoire, et le divertissement, quel qu’il soit, au savoir et à la connaissance, et le balai médiatique de reprendre sa scénographie, en se focalisant sur les conséquence, pour ou contre la légion
d’honneur dans le cercueil du pompier pyromane de Paris, les causes sont plus complexes à démontrer, surtout quand
ont tient le silence journalistique depuis plus de 40 ans ? faut croire que l’histoire n’aime que les Pepol (sans village)
de son temps, de son ton, de son teint, trouver des possibilités de s’oublier, Empathie de l’amour ou amour de l’empathie,
pourquoi trouver de lésion à la passion et comment prouver les liaisons de la raison, L’amour à bon dos où abandonne
fonction de la posture du quidam, depuis que les gens et leur sentiments s’assimilent aux choses et à leur positions,
l’échiquier croit au monochrome dans un dialogue monocorde pour une religion monothéiste l’empathie, la solution à tout
le dilemme, à moins de définir l’amour comme un problème, n’obtenir qu’une synthèse idyllique d’un réseau de nuances,
donne une légitimité à la cause du pourquoi s’engager, prendre un risque, se découvrir, s’ouvrir, souffrir, à défaut de
trouver des réponses dans un éditorial de 5 min, trouvons plutôt le qui ? qui a tué l’amour comme doivent se le dire
les adolescentes avec un poney tatoué sur le dos écoutant les hymnes au bonheur du r’nb contemporain, le coupable est
Cupidon, l’eunuque et frustré avec son arc playskool, premier âge, réponse à l’industrie du bonheur sous cellophane et
code barre pour 14 février et plus si affinité et fellation réponse B, l’un des fils de Phillipe De Villiers lorsqu’il a touché son frère, réponse en tout bien tout honneur au nom de la patrie de l’hétérosexualité et des bonnes mœurs, C ou toi
et tes excès de rien pour un tout qui n’existe pas, précèdent tes aigreurs de l’autre qui n’existe plus réponse D, enfin
bref,, chacun à son niveau a abandonné son libre arbitre au profit de satellites totalitaires vendant de la démocratie
liberticide, on dénonce les erreurs de la machine à mirage plus que le terrain des idées que l’on a déserté, qu’importe
les exportateurs ou les marchandises, le huis clos de l’individualisme n’inclut pas, ou plus, la pensée, mais uniquement
ses dépendances économiques (la survivance) et égocentrique (l’existence), entre les deux il y avait la vie et l’avis, nous
les retrouveront peut-être à la fin du viager sociétaire et sociétal, demandez à votre boite crânienne et non à vos yeux,
vos oreilles, rendez-vous dans cinq années...
Sylvain de la Sanction Divine
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Freestylo
Pyramide
des ages
Au jardin des plantes, deux sensibilisées s’observent avec prudence, avec méfiance, à travers
les mots employés par les uns par les autres le ressenti n’est pas le même
.Ci-dessous, une litanie employée par deux générations.
72 ans
Jeunesse,
Vieillesse,
Sécurité, Malignité,
Intensité, Obscurité,
Mollesse, Paresse,
Maladresse,
Sagesse,
Indignité,
Grossesse, Finesse,
Emancipé,
Dextérité, Responsabilité, Passion,
Passion,
Passion,
Rédemption,
Ambition,
Fonction, Erosion, Américanisation, Présomption,
Exécution, Finition,
Reconversion, Acclimatation,
Lamentation,
Émotion,
Actualisation,
Gestation,
Acceptation, Mécanisation,
Addition, Soustraction,
Capitalisation,
Commisération,
Action, Fusion,
Alimentation,
Socialisation, Dévotion,
Sensation,
Constellation,
Section,
Amputation,
Définition,
Motion,
26 ans.
Vieux.
Jeune.
Je suis.
Je suis jeune.
Je suis jeune pour certains, et vieux pour d’autres.
Je suis le témoin du temps.
Je suis le temps qui passe sur moi comme sur les autres.
Je n’accepte plus ce temps qui passe sur les autres.
Je suis la vieillesse qui aime aveuglément, la sagesse des anciens qui se répètent.
J’observe avec sagesse, la jeunesse de ses poings qui frappent sur la table des débats faciles.
J’ai honte de ces poings qui frappent irrespectueusement sur la table des débats faciles.
Est-ce qu’être vieux c’est supporter cette impétueuse jeunesse et ses irrévérences ?
J’observe avec jeunesse ces vieux qui ne veulent pas me comprendre.
J’observe avec jeunesse ces jeunes qui ne veulent pas me comprendre.
J’observe avec jeunesse ces jeunes que je ne veux pas comprendre.
Je suis heureux.
Je ne veux pas comprendre ces idées d’un autre temps.
Est-ce qu’être jeune, c’est refuser de comprendre que la passion ne se perd pas ?
Est-ce qu’être jeune c’est comprendre que la passion ne change pas.
Je n’aime pas avoir tort.
Qui aime avoir tort ?
J’ai tort.
J’ai peur de la mort des autres.
J’ai peur de ma propre mort.
Ils ne mourront jamais.
La vie est longue.
La vie est courte.
La vie s’achève.
La vie est si belle.
Je n’arrive pas à exprimer mon amour.
Je n’arrive pas à trop exprimer mon amour.
Je n’arrive pas à exprimer mon respect.
Je n’arrive pas à dire merci.
Je suis philosophe.
Je suis heureux.
Je suis fatigué.
Je suis triste.
Vieux jeu.
Je suis.
Vieux.
…
Merci
Au jardin d’acclimatation, deux cages se font face. Les enfants se promenant dans les allées du parc
contemplent les pensionnaires : « Ce serait magnifique d’ouvrir la cage aux oiseaux » se disent-ils,
« De leur donner la liberté de s’aimer, ils l’ont bien mérité ». Père, Fils : C’est la même matrice !
« On a toujours du mal, à voir ses guides devenir guidés… »
Victor & Stéphane Krzywoglowy
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/// Passage au festival international du court metrage
Trois jours a Clermont-Ferrand
« - La vache, elle est vachement longue, cette bande-annonce !
- C’est pas une bande-annonce, Nabil, c’est un court métrage. »
(un cinéma parisien du 18e arrondissement en juin 2006, juste avant la projection du film « Dans La Peau de Jacques Chirac »)
Objet obscur, mal défini sans format (il peut durer
entre 1 seconde et 59 minutes), ni réelle valeur
économique, le court métrage est un genre de film
bien incongru pour le grand public. C’est pourtant
à cette cause perdue que l’association « Sauve
Qui Peut Le Court » consacre un festival depuis
maintenant 29 ans.
« Mais à quoi ça sert ? »
Rejeté des circuits traditionnels (les exploitants
préfèrent diffuser des publicités De Fursac avant
les films qu’ils projettent), le court métrage se veut
autant un espace d’expérimentation qu’une carte
de visite des réalisateurs voulant faire du long
métrage. Le Festival de Clermont permet d’en voir
un échantillon plus ou moins représentatif. Au programme, 500 films, classés par origines (les films
français et les autres) ou par genre (expérimental,
clip…). De quoi se faire une idée et ainsi constater
que beaucoup de réalisateurs français déclarent
forfait devant le défi de raconter une histoire complète dans ce format. A la place, on a droit à de
l’épure contemplative sur fond de récit minimaliste. Il est souvent question d’un personnage principal qu’on suit seul, qui est filmé en plan fixe dans
son environnement et qui n’est pas très expressif
ni même très actif. Ce qui donne des passages
qui tiennent autant du cinéma que de la projection
de carte postale. Autant, dans ce cas, mettre des
photos bout à bout. Ce qui réussit très bien à « Ma
Mère, Histoire d’Immigration » de Farida Hamak &
Felipa Cannales qui nous raconte trente ans de la
vie à Paris d’une famille d’algériens, simplement à
l’aide d’une voix-off et de photos en noir & blanc.
Le film reste collé à son sujet, les mots sont bien
choisis et petit à petit, les visages semblent s’animer à l’écran grâce à la voix de la narratrice qui
transmet son émotion discrète au spectateur.
Mais ce sont surtout les films étrangers qui ont
retenu l’attention, justement par leur envie de
raconter le plus d’histoire possible en quelques
petites minutes. Que ce soit celle du « Petit Voleur
», mettant en scène un gamin coréen avec une
tâche de naissance à l’œil qui cambriole toujours
le même appartement. Ou « Kokos », à la fois film
burlesque, comédie musicale et faux documentaire sur la fabrication de gâteaux à la noix de coco.
Sans parler des quelques curiosité projetées dans
le cadre du programme « Super Héros » : « New
Superman Asiate : la Reconstruction de la Nation
» qui aurait pu être écrit par Descartes (oui, carrément) ou « The Raftman’s Razor » film envoûtant
autour d’un héros de BD triste donc l’inaction fait
le bonheur de deux geeks de 15 ans.
www.last-mag.com / 26
Et surtout, il y a eu « The Tricko » (de Hossein
Martin Fazeli) ovni slovaque, qui montre en temps
réel comment une discussion fort courtoise sur le
base ball peut dégénérer, spécialement quand
l’épicier porte un t-shirt qui ne plaît pas à un de
ses clients. Théologique, vif et nerveux comme un
coup de batte derrière la nuque « The Tricko » est
tout ça à la fois. Ce n’est donc pas pour rien qu’il
obtenu les applaudissements les plus forts et les
plus sincères que j’aie pu entendre de tout mon
passage au Festival, essentiellement marqué par
mon errance dans Clermont-Ferrand à la recherche de la salle de cinéma indiquée sur mon plan
(cela dit, les habitants de Clermont ont été très
gentils avec moi).
A force de me perdre, j’ai fini par trouver refuge
à la « Jetée », centre de visionnage des archives
du festival. J’ai notamment pu y voir « Cache ta
Joie », film français sur la vie fort ordinaire d’un
adolescent plus ou moins atteint d’une tumeur
au cerveau. A ma grande surprise (imaginez-moi
bouche bée), le film était l’œuvre de Jean-Baptiste
Laubier alias … Para One du groupe TTC. Comme le monde est petit. Et après, on me reproche
de tout le temps parler de rap….
Entre l’énergie de Roxanne Shante et l’indépendance de Apani B Fly Emcee : Yarah Bravo représente One Self et le hip hop. Accompagnée de DJ Vadim, ce petit bout de femme plein de bonne vibes fait bouger les têtes et battre les coeurs hiphop... Un soleil brûlant qui
enflamme les yeux des Backpapers et autre BBoys toujours aussi heureux de voir enfin le sexe, pas si faible que ça, représenter !
Yacine_
27 / www.last-mag.com
/// Musique
Enfants 2la basse
/// Musique
Rhesus
Après avoir chroniqué amoureusement leur premier album dans le précédent numéro, il est temps de mettre un coup de projecteur plus
appuyé sur les Enfants 2la Basse, des mecs qui font grave exploser le caisson...
Fin 2006, le périscope tour faisait étape à Montpellier, Rhésus, Kaolin, et Maczde Carpate se partageaient la scène de la salle victoire 2 et
on en a profité pour poser quelques questions à Laura, Aurélien, et Simon du groupe Rhésus :
Présente nous le projet Enfants 2la Basse.
Les Enfants 2la Basse, c’est un projet qui réunit
4 artistes d’horizons proches mais quand même
différents : nous avons Mc Kopat qui vient de la
drum’n’bass, Yanneck-B, du milieu electro, Dj
Stamiff du milieu hip hop et Lord-J du reggae.
Ca donne un son hybride et métissé dans lequel
chacun peut trouver son compte. Au début, c’est
parti de l’idée de monter un live, j’entends par là
un vrai live à une époque où les configurations de
scène pour ce genre de musique se réduisent souvent au minimum. Et puis de fil en aiguille, E2LB
s’est formé sur cette base. En 2005, on a crée les
morceaux, on s’est bien pris la tête pour se mettre
d’accord, autant sur les textes que sur la musique.
En 2006, j’ai monté des dossiers, j’ai fait des demandes de financements pour lancer le projet, et
on les a obtenus ! Du coup on a produit l’album,
trouvé un distributeur, on prépare un spectacle...
Ca avance !
Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas
encore, comment présenteriez-vous Rhésus ?
Aurélien : On est un trio pop-rock français, on
existe depuis 5 ans, on a déjà sorti deux maxis
en autoprod’ et on a un album qui est sorti en
octobre 2005.
Simon : C’est un gros indépendant, en fait ils n’ont
pas la culture du single comme dans les grosses
majors où il faut à tout prix un single bien commercial.
Aurélien : Ils n’ont pas un discours de major de
toute façon.
On entend parler de vous depuis quelques années mais bizarrement SAD DISCO n’est que
votre premier album ?
Aurélien : Jusqu’à cet album, on était sur un petit
label indépendant Grenoblois. A cette période, on
a préfèré sortir des maxis et puis faire nos armes
en concert, histoire de trouver notre son. On a
sorti notre album quand on a senti qu’on avait les
moyens d’aller dans un vrai studio , c’est ce qui est
arrivé après notre signature chez PIAS.
Simon : On n’avait peut être pas encore la maturité
artistique nécessaire.
Un trio basse / guitare / batterie, dans 90% des
cas ça donne de la power pop. D’où vient votre
approche que je qualifierai de pop tout court ?
Aurélien : Il y a une différence entre le studio et la
scène. Quand on joue tous les trois, on a tendance
à rendre les morceaux plus rock parce qu’il y a
moins de couches. Mais à la base les morceaux
sont assez pop, bien léchés, dans le sens où c’est
vraiment des chansons, ça part pas d’un riff.
Simon : On ne se préoccupe pas de savoir si c’est
power ou pas, ce qui compte c’est d’avoir une
bonne mélodie. C’est incisif ou plus retenu mais
ça nous ferait chier qu’on nous décrive comme un
groupe de power pop, on a des morceaux hyper
fragiles qui tiennent sur 3 bouts de fil et aussi des
morceaux plus rentre-dedans.
Parle-nous de votre premier album. Qui compose ? Qui écrit ? Alors, c’est Yanneck qui compose et Mc Kopat qui écrit, mais l’un a toujours
une influence sur l’autre, ils partagent les idées. A
la base, ils étaient à deux sur ce projet, et au moment de monter le live, ils ont fait appel à Stamiff
et Lord-J, donc le collectif tend de plus en plus à
travailler à quatre plutôt qu’à deux comme c’était
le cas au début. C’est ce qui explique que Kopat
soit vocalement très présent sur cet album, mais
les prochains morceaux seront plus partagés.
Vos influences sont très variées ? Peux-tu
nous en dire plus ? C’est dû à différentes choses. Déjà, on aime quand un set bouge, que ce
n’est pas trop statique, et rester tout le temps dans
le même style, ça nous emmerde un peu... Et j’ai
l’impression que le public aussi ! Du coup on a
opté pour un crossover des styles, tout en gardant
la même couleur electro. Souvent, tu achètes un
album, tout se ressemble, et il y a 2 ou 3 morceaux
sur 17 qui sont vraiment bons. Nous, on a essayé
d’aborder des standards de chaque style en les
bossant bien chacun. Et puis, cette pluralité des
styles nous permet de toucher un public varié et
éclectique...
instruments et c’est vachement branché punk en
fait, nous c’est pas trop ça. Sayag, pleins d’instruments aussi et très jazz, comme son nom
l’indique, donc non plus. Je dirai un mélange des
Svink en ce qui concerne l’humour et le travail de
scène (les Svink qui ont un show terrible, on les a
vu sur scéne à Lille l’année passée, c’est vraiment
bon !), et de TTC pour le côté Electro. Après je
pense qu’on a notre propre identité, je connais
pas beaucoup de groupe en France qui jouent ce
qu’on joue.
Un message ou un coup de gueule à faire
passer ? Ouais : j’ai de la peine quand je vois les
«artistes» de la starac sur qui les boites de disques misent des millions, c’est jalousant, ça montre bien que le système de la musique en France
est devenu rentier, ils investissent plus comme
avant en prenant des risques, tu comprends, si
300.000 jeunes envoient chacun un texto pour
voter pour Houcine ou Nolwenn, bah ils sont sur
que ça va se vendre... Pendant que des tas de
vrais artistes galèrent, poussent des caisses ou
bossent sur les plates formes téléphoniques, c’est
rageant. J’invite tous les lecteurs de LAST Mag à
venir à nos concerts, qu’ils voient que les Enfants
2la Basse essaient de leur donner un son neuf et
frais, et qu’on a besoin de tout leur soutien pour
imposer une musique que bon nombre d’entre
eux réclament et aimeraient voir un peu plus démocratisée.
Antoine Sing-Paul pour E2LB
Propos recueillis par Goloom.
« Le système de la
musique en France
est devenu rentier »
5 ans, c’est quand même allé assez vite !
Simon : Oui c’est cool, on a eu de la chance mais
on peut même ramener l’histoire sur une période
de 3 ans en fait !
« Sur Sad Disco on
avait mis beaucoup
de déo, beaucoup
de parfum, et là le
second album aura
plus notre odeur »
Aujourd’hui en France les directeurs artistiques (pour la plupart) ne veulent pas signer
des groupes qui chantent en anglais, il faut au
moins un single en français. Comment avez
vous coupé à cela ?
Aurélien : On a eu la chance de gagner un
concours pour les Inrocks, qui sont très branchés
pop anglaise et notre maison de disque (PIAS)
l’est aussi. C’est quasi la seule maison de disque
à signer des groupes, pas pour leur nationalité ou
la langue dans laquelle ils chantent, mais pour la
musique qu’ils jouent.
Vous sentez plus près des collectifs hip hop
style Svinkels ou TTC ou bien des groupes
type Sayag Jazz Machine et la Phaze ? Difficile
à dire... parce que la Phaze, c’est avec batterie,
www.last-mag.com / 28
L’avenir du groupe, 2ème album ?
Laura : Là on arrive en fin de tournée, le projet
immédiat c’est effectivement l’enregistrement
du deuxième album. Le coté sympa, c’est qu’on
va enchaîner directement sur le studio. On veut
retrouver sur disque ce qu’on peut donner en
concert, on va pouvoir conserver l’énergie et la
dynamique de la tournée pour avoir un son qui
nous est plus fidèle.
Simon : En fait sur SAD DISCO, on avait mis
beaucoup de déo, beaucoup de parfum et là le
second album aura plus notre odeur.
Quelle question qu’on ne vous a t’on jamais
posée et à laquelle vous souhaiteriez répondre ?
Aurélien : Je vais retourner ta question, il y a une
question qu’on nous pose à chaque fois, c’est
« pourquoi vous vous appelez Rhésus ?» et on en
a un peu marre (rires)
Au final, c’est très difficile de définir le style
Rhésus, donc je vous laisse le soin de le faire
vous-même...
Aurélien : Je dirais très anglo-saxon, sinon pour
le non-définir, je dirais qu’on n’est pas comme
certains groupes qui ont vraiment UN son, genre
Editors. Disons que quand on a une chanson calme, on va aller à fond dans cette optique là sans
se dire qu’il va falloir que ça s’énerve sur la fin et
quand on a un gros riff c’est pareil. On ne cherche
pas à appliquer un schéma commun à toutes nos
chansons, mais c’est très dur de se définir ( rires)
Vous écoutez quoi en ce moment ?
Aurélien : Je me suis remis les Doves et puis
Creed aussi
Laura : Joy division en vinyle, Killing Joke.
Artistiquement vous vous sentez proche de
quels groupe :
Simon : Des groupes belges comme Sharko ou
Deus, scandinaves comme Kent, ce genre de
groupes. Nada Surf aussi…
Propos recueillis par Diegbass
Vous êtes allés enregistrer en Belgique, c’était
un choix pratique ou artistique ?
Simon : C’est le hasard total, notre label a des réseaux en Belgique donc ça s’est fait comme ça...
On était très content d’aller enregistrer là bas.
Sur scène vous présentez un vrai show. Ca fait
partie du concept ? Exact ! Le concept c’est de
fournir du live, du vrai live, donc au programme
de notre show, le public pourra retrouver un live
electro, un show lumière, un show de turn-tablism,
de la mise en scène, de l’humour, du costume, un
vrai spectacle vivant histoire que la personne qui
connait pas spécialement le genre musical qu’on
aborde retienne quand même ce qu’il a vu sur
scène. C’est super important de donner du show
car les gens voient qu’il y a du taf, que c’est attractif, on se fout pas de leur gueule, comme nous
on aime quand un artiste nous donne du show et
qu’on sent qu’on n’a pas payé la place pour juste
réécouter son album sur scène.
re Cali ou Miossec. On y est sensible mais c’est un
univers fondamentalement différent du notre.
Le mix de l’album place le chant en avant, et
en tant que songwriter, on peut supposer que
tu as des choses à dire. Ma question c’est «
La langue anglaise n’est-elle pas une sorte
de masque pour éviter de trop se dévoiler ?
A moins que cela ne soit juste parce que ça
sonne bien ? »
Aurélien : Derrière chaque texte il y a une petite
histoire, et l’anglais est une façon assez visuelle
de s’exprimer, c’est un peu comme des polaroids.
Tu peux donner de belles images qui sonneraient
super « cul » en français, mais c’est une question
de ressenti, moi je le sens mieux en anglais. Ca
correspond plus à ma sensibilité et puis il je trouve
que phonétiquement ça sonne mieux.
Simon : Ca serait super dur de chanter en français
sur notre musique. Dans les groupes qui chantent
en Français, tu as ceux issus de l’école Brel/Noir
Désir, et les autres qui ont un chant plus parlé gen29 / www.last-mag.com
Je vous laisse le mot de la fin :
Aurélien : On se languie de préparer notre second
album, en éspérant pouvoir le faire sortir au printemps 2007 !
Simon : Et puis il faut quand même qu’on dise
qu’on est super contents d’être dans un tour bus !
/// Urban
Emergencefilm
Un univers graphique abouti, un DVD dans les bacs, une approche non usuelle de la planche à roulette, des flots d’initiatives...
Tout ceci fait partie de l’univers d’Emergencefilm.
beN Ries, répond à nos questions, car au croisement de tout cela, deux pages dans LAST Mag c’est le strict minimum...
« Au départ, c’était vraiment local, ensuite c’est
devenu rapidement régional ; puis maintenant on
voyage au-delà des frontières ! »
Emergencefilm, c’est qui ? C’est une association basée en Lorraine. Emergencefilm, c’est un
collectif d’amis, qui réalise la promotion par la
communication, l’audiovisuel et l’événementiel
des sports de glisse, des cultures urbaines et alternatives. En gros, l’association réalise des clips
et des reportages ; organise des rencontres, des
projections, des manifestations sportives et culturelles autour du skateboard, de la musique, de
l’image,… , et créée des objets de communication
(t-shirts, stickers, dvd, …)
Les premières réalisations remontent à 2000,
peux-tu nous résumer le parcours jusqu’à
2007, avec quelques temps forts de votre
aventure ? Metz - 1998 - Quelques amis sirotent
une bière après une bonne session de skate, tous
fatigués mais heureux d’avoir bien ridé aujourd’hui
! Comme souvent après quelques verres, les
conversations vont bon train. « C’est quand même
pas la fête dans l’Est » dit l’un des gars de la bande.
L’éditorial du dernier numéro de Sugar Magazine
le clame haut et fort, et constate la faible activité
du skateboard en France, et particulièrement dans
les régions de l’Est. Ça y est, on attrape l’idée au
vol ! On va montrer qu’on existe ! À cet instant,
l’idée de développer une scène émergente naît
alors dans l’Est ; c’est la naissance de Emergence
qui canalise cette dynamique. Quelques skateurs
motivés se mettent alors au travail, et la vidéo «
Emergence-The East Skateboarding » voit le jour
en 2000. Merci Pascal d’avoir trouvé le nom ! Bien
joué ! Nous avons beaucoup filmé et finalement
fait émerger de jeunes talents, … , en tout cas des
skateurs qui méritent et qui ont peu de possibilités
d’être médiatisés. On y découvre les meilleures
compétitions de l’année à Strasbourg, Nancy,
Metz, Épinal, Troyes, Provins et Reims. Une centaine de cassettes vidéos sont distribuées un peu
partout. Il y aura près de cent quatre-vingt spectateurs à la projection organisée à la Fac à Metz.
En 2002, on remet ça ! À la découverte des
meilleurs spots de Nancy, Metz, Luxembourg,
Reims, Châlons-en-Champagne, Rouen, Nantes,
Paris et Chelles. Cette fois-ci, on paye son apéro
et on projette le film « Emergence 02 - Guess
who’s Back » dans une ancienne abbaye devant
deux cent cinquante personnes. Déjà Bud ou
Skatecrew nous soutiennent dans notre action !
Créer un collectif avec des amis n’est pas une idée
nouvelle, alors ce sont greffés un pote spécialisé
dans l’animation, un autre qui faisait du montage,
un autre qui a décidé de produire la vidéo, … .
Je me sentais à l’aise, et j’ai réussi à fédérer des
gens créatifs pour un projet précis. On a finalement fonctionné comme une petite entreprise…,
et ce fut un sacré challenge. La vidéo fut totalement auto financée, et cela était vraiment très important puisque nous n’avions aucune étiquette,
cela correspondait parfaitement à une envie de
rapprocher les gens entre eux, le temps d’une
session, ou plus si affinités…..
www.last-mag.com / 30
Le concept est tout trouvé, réaliser une vidéo et
réunir des gens pour la regarder ! Un film doit
vivre, et les projections permettent de faire se rencontrer toute ce petit monde. Tout cela a complété
mes compétences et mon savoir-faire (à la base
j’ai fait des études de communication et d’audiovisuel) et j’ai eu des demandes pour réaliser une
vidéo, organiser une démonstration, représenter
les jeunes auprès de la Mairie, monter des projets,
agir et motiver les troupes … . Nous avons ensuite
créé l’association Metz Skate Culture, qui nous a
permis d’organiser plusieurs événements et surtout d’obtenir un bowl couvert et un street park à
Metz (Bravo à Reda et à toute l’équipe de MSC
pour leur motivation)
Quelle est la genèse du projet « Skatez vous
êtes filmés » ? Au départ, c’était vraiment local,
ensuite c’est devenu rapidement régional ; puis
maintenant on voyage au-delà des frontières !
Le troisième volet de « Emergence » a été réalisé pour conclure cette trilogie, nous avons créé
l’association Emergencefilm avec Flo, Mous, Pat,
Rital, Pierlo, Xav, Romain, Reda et Pikat pour réaliser une sorte d’aboutissement ! J’ai obtenu une
Bourse Défi Jeunes du Ministère de la Jeunesse
et des Sports en 2005. Cela a été le déclencheur.
Le magasin Carhartt à Metz m’a donné un sérieux
coup de pouce . J’ai monté un projet autour d’un
vidéo magazine, avec des rubriques (portraits,
clips, courts-métrages, …). Aussi, j’ai rencontré
le photographe Nicolas Malinowski, qui a été une
vraie source d’inspiration ; il m’a présenté plein de
gens (Terence Bougdour, Philippe Leweurs,… ).
« Skatez ! Vous êtes filmés » présente des professionnels connus et reconnus à côté d’amateurs qui le méritent. 25 groupes et musiciens se
sont occupés de la bande son. La musique est
essentielle, et certaines chansons ont été composées spécialement pour le film. Comme pour les
skateurs, tous les styles de musiques, amateurs
et confirmés. Deux ans de travail intensifs pour
un joli coffret avec dvd vidéo de 52 minutes (+30
minutes bonus) et cd avec la bande originale du
film. En plus, il y a du bmx, du surf, et plein de
surprises.
Il y a une forte identité graphique et un superbe travail de montage, comment à été
régie la direction artistique du film pour parvenir à ce résultat (que l’on trouve vraiment
concluant) ? Alors là, c’est le moment de parler
de Mous. Sans lui, Emergencefilm n’en serait pas
là aujourd’hui. Mous, ce n’est pas simplement
un tueur, c’est le meilleur ! C’est un petit génie,
un artiste, un vrai. Il avait dans la tête plein de
choses depuis longtemps, et quand l’idée d’une
Emergence03 est arrivée, il a pu travailler sur ses
idées et établir une charte graphique bien spécifique. Je ne m’en suis pas du tout occupé. Je lui
ai fait entièrement confiance, cela fait tellement
longtemps qu’on se connaît. Les centaines, voire
plutôt les milliers d’heures de travail nous ont
permis à tous les deux de continuer à explorer
l’art du montage, du graphisme. « Skatez ! Vous
êtes filmés » est une véritable carte de visite pour
chacun de nous. Le montage a été fait à 98% par
moi, je me suis éclaté à travailler le rythme et sur
des musiques que nous avions peaufinées avec
les musiciens. Cela a été une véritable révélation.
Il faut citer la troisième personne à avoir travailler
sans compter, c’est Jérémy, l’ingénieur du son
de Emergencefilm. Son travail a été essentiel,
mixer tous ces bruits assourdissants de planches
à roulettes ! Que c’est bon de travailler avec des
passionnés ! Puis il ne faut pas oublier Cyril, qui
est à Londres, et qui a fait un gros boulot pour
le site Internet ! C’est génial de bosser avec des
amis. Nous avons un vrai projet pertinent qui
nous tient à cœur et qui nous pousse à toujours
aller de l’avant.
pas notre dvd, car il n’y a pas la dernière figure
à la mode, ni les skateurs qui sont dans le vent.
J’ai vendu plus de dvd dans les magasins fnac
que dans les skateshops ! Je voulais que le film
soit aussi pour le grand public. Il plait aussi bien
à mes grands parents, aux skateurs, au Maire du
village ou bien aux institutionnels. Tous les jeunes téléchargent les vidéos maintenant ; et même
si tu as Eric Koston ou Jamie Thomas dans ta
vidéo, ça ne se vendra pas. Moi, j’ai ouvert le plus
de portes possibles pour faire découvrir le monde
de l’image, de la musique et des sports urbains.
Comment ça se passe avec les différents
partenaires ? La bourse du Ministère de la Jeunesse et des Sports m’a bien aidé pour filmer
et préparer le film ; et les partenaires Eastpak,
Skatecrew, Trauma et Cell Division ont été présents au moment des projections et sur l’édition
du DVD. Je suis très content de pouvoir promouvoir de petites marques comme Trauma ou
Skatecrew, c’est surtout d’abord un bon feeling.
J’ai été ravi d’avoir Eastpak aussi, cela apporte
un certain poids.
Les prochaines étapes de promotion et de
développement ? Je suis en train d’avoir des
commandes pour des institutions qui veulent des
reportages « un peu jeunes » ; je crierai victoire
quand cela sera signé ! Nous continuons à promouvoir le DVD plus que jamais. Merci Philippe
Leweurs et Fabrice Lecuyer pour leur soutien
tellement gratifiant. L’association Emergencefilm
commence à organiser des événements qui n’ont
rien à voir avec le skateboard, et c’est tout aussi
intéressant, notamment avec
Contrasts. J’ai écrit des articles
sur les cultures urbaines aussi
pour quelques magazines locaux.
Aussi, je réalise maintenant des
clips vidéos musicaux pour des
artistes. J’adore le
rythme et le rapport
image/son. Enfin je
ne m’arrête jamais,
c’est un peu le problème…
Il y a toute une dynamique événementielle
autour des projets vidéo, sous forme de projection, concerts, expos et autres performances… Ce réseau artistique existe depuis la
première heure ou s’est-il greffé avec le temps
et les rencontres ? Avec le temps et les rencontres bien sûr, notre réseau s’est agrandi ! J’aime
penser qu’il faut se provoquer les rencontres,
échanger et se mélanger entre curieux et créatifs. « Skatez ! Vous êtes filmés » promotionne les
musiciens, et nous avons maintenant un réseau
dans le monde de la musique. Les passionnés de
skateboard, de musique, d’image, de vidéo font
partie de notre réseau et cela devient une grande
famille. J’ai emmené quelques groupes avec moi
faire la promo du DVD dans les magasins Fnac.
C’était vraiment excellent ! Nous allons à Troyes
avec l’artiste Barcella le 29 mars ; et aussi nous
organisons une grosse soirée avec X Ray Production le 28 avril au Batofar à Paris.
Es tu satisfait des retours opérés par la presse spé sur vos actions ? Ça vient doucement.
Quelques magazines soutiennent mon initiative et
je les en remercie. Mais nous sommes beaucoup
critiqués par les skateurs. On ne fait pas comme
tout le monde je crois. Je ne veux citer personne,
mais certains shops ou sites spécialisés n’aiment
31 / www.last-mag.com
Que t’évoque la phrase « Agir local, penser
global » ? Je préfère bien plus agir en région
que de vouloir faire trop grand tout de suite. Je
fonctionne étape par étape, et c’est bien plus
concret. Nous faisons bouger la région, et l’offre
culturelle en ressort diversifiée ! Moi j’aime bien
le mot « collectif ».
Qu’est ce qui t’énerve le plus dans le milieu ?
Tout le monde est figé et ça m’énerve un peu. Si
tu veux te faire plaisir, et réaliser ce qui te tient
à cœur, il ne faut pas écouter ce qu’on dit ; et y
aller à l’instinct. Je n’aime pas trop le monde des
skateurs, très macho, très critique. C’est toujours
plus facile de critiquer, surtout quand on ne fait
rien de son côté !
Parlons de l’avenir : qu’est ce qui se trame en
cuisine maintenant ? Je ne m’arrête jamais, je
déborde de motivation. Un prochain clip pour un
groupe de Rock’n Mob Les Johnny’s, quelques
reportages payés (enfin !) ; et puis je ne sais pas
trop, surfer sur la vague, ou le bitume … ? Quelques idées et projets de vidéos à la montagne et
à la mer ! J’en profite pour remercier mon père
qui croit en moi depuis toujours ; le génial Mous,
le trop bon preneur d’images Florent, Pierlo, le
rider le plus cinglé que je connaisse, Pascal the
team manager et surtout Rital, sans qui rien de
tout ça n’aurait été possible. Enfin, tous les musiciens qui croient en moi et en Emergencefilm.
www.emergencefilm.com
www.myspace.com/emergencefilm
Propos recueillis par TruK
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MIST Deck’On #3/3 Disponible !
La 3ème board de Mist, « la violette », complète le premier triptyque Deck’On réalisé en collaboration avec l’artiste que l’on sait pratiquant de planche à roulette !
100 exemplaires ont été édités par modèle, chaque plateau est numéroté sur le top.
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Vous êtes un peu flemmard, vous aimez beaucoup LAST Mag, vous êtes amoureux de votre facteur... Bref, vous désirez ardamment recevoir LAST Mag dans
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accompagnées d’un réglement par chèque de 20 euros à l’ordre de LAST Action
à l’adresse suivante :
LAST Action PIT Pompignane Bat T2, rue de la vieille poste,
34055 Montpellier cedex 1
Pour les 20 premiers :
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accompagné du DVD
« Skatez vous êtes filmés »
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Vous pouvez également vous abonner en ligne sur www.last-mag.com
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33 / www.last-mag.com
/// Zoom sur
3 artistes + 1 marque = …
De plus en plus de marques collaborent avec des artistes, quand ce ne sont pas les artistes eux mêmes qui créent leur propre marque.
Emmanuel Debruères, Chef de Produit de la Division Outerwear chez Billabong Europe, a gentiment répondu à nos questions et nous
présente le projet de la marque intitulé « Expression Series »
Quels sont la démarche et le concept de Billabong pour ses « Expression Series » ? Le
graphisme est un élément clé dans la construction
de la collection Outerwear de Billabong, donc une
association avec des artistes était naturelle pour
développer cette tendance. L’identité visuelle est
l’élément qui différencie la marque dans le marché.
Quelle est l’origine de ce projet, le déclic ?
L’évolution du graphisme en interne au cours
des deux dernières saisons a permis cette saison
de lancer ce projet avec les artistes, c’était une
évolution naturelle. De plus, l’équipe du design
connaissait personnellement les trois artistes, ce
qui a facilité le départ de l’association. Au niveau
du design, un autre élément clé a été le succès
commercial de l’ensemble Oil/Diamond la saison
dernière, l’ensemble «Signature Series» en noir et
blanc dessiné avec Wolle Nyvelt, l’un des nos riders. Le côté bicolore a été développé avec l’ajout
de graphisme Nico Thomas.
Quelles sont les artistes qui ont été retenus
pour la première série ? Et pour les projets
à venir ? Nico Thomas, Supakitch et Koralie.
Pour l’avenir, on envisage de continuer notre
collaboration avec ces trois artistes mais aussi de
trouver de nouveaux talents avec qui travailler, à
l’image de notre politique dans le sport, qui est de
développer les disciplines (surf, snow) au niveau
junior. Comme avec le Billabong World Junior Pro
Leysin.
Quels ont été les critères de sélection pour
retenir les artistes ? Le relationnel, la diversité
du travail de l’artiste et la compatibilité avec notre
univers de marque.
Comment vont s’échelonner les séries ? Toutes les saisons, donc une fois par an.
Quel type de pièces vont être éditées ? La ligne « Expression Series » propose une gamme
de vestes, pantalons, sous-vêtements, accessoires mais aussi du textile (tee-shirts et sweats)
avec une identité visuelle et graphique unique,
qui permet au consommateur d’exprimer son
confort et la résistance à l’eau. Deux pans sont en
noir uni et le troisième est blanc, avec un dessin
unique de Nicolas Thomas. La veste Origami et le
pantalon Fold sont en fait disponibles en quatre
couleurs dont un imprimé mettant en scène l’un de
ses personnages.
style et son individualité :
Pour Supakitch, un artiste de rue originaire de
Montpellier, sa signature est un petit animal appelé Supanimal, un hybride de lion, aigle, chat,
panda et écureuil, son travail s’est fait sur la
collection Femmes, avec deux vestes (Firefly
et Supakitch), un pantalon (Bio), un sac à dos
(Edelweiss) et un sweat (Supa). La Firefly est une
veste haut de gamme avec des standards de respirabilité et étanchéité élevé, dans un imprimé unique développé par Supakitch et mettant en scène
le Supanimal. Des découpes laser en plastique
transparent sur les côtés de la capuche permettent une meilleure visibilité latérale.
la veste
Tag, en blanc uni
est vendue avec un
marqueur pour être
customisée ! Vous pourrez
terminer les logos pré dessinés ou découvrir les
imprimés sur la capuche et la poitrine en reliant
les points de 1 à 100. La Tag sera vendue à
149 Euros (prix public conseillé), visant ainsi un
consommateur jeune qui souhaite avoir un équipement personnalisé.
Pour les collaborations avec Nicolas Thomas, Koralie et Supakitch une ligne de pièces, là encore,
totalement uniques et inédites a été développée.
Nicolas Thomas, skater et snowboarder, membre de la SpaceJunk Gallery est l’un des artistes
les plus reconnus issus de la board culture. Son
travail (déjà connu avec les planches APO) est
caractérisé par un trait fin (influence du dessin
industriel), des couleurs vives et des personnages qui semblent prisonniers d’un monde virtuel.
Il a travaillé sur trois vestes (NT, Origami et
Two Face), 1 pantalon (Fold), 2 tee-shirts (Nico
et Thomas) et un ensemble de sous vêtements
techniques (Birdy et Bowel). La Two-Face est
l’illustration de l’association du graphisme et de la
technicité. C’est une veste haut de gamme avec
des standards de respirabilité et d’étanchéité
très élevés (20 000 mg et 20 000 mm). Elle se
compose de trois pans de vestes, reliés par deux
zips (poitrine et dos), étudiés pour maximiser le
www.last-mag.com / 34
Koralie a également travaillé sur la collection
Filles. Son travail est inspiré de la sensualité et
l’élégance des geishas, ainsi que du style mangas. Son univers est très doux et poétique. Elle
a créé un imprimé que l’on retrouve à l’intérieur
du rabat de poitrine asymétrique de la veste Tiaré,
que l’on peut porter du côté uni ou imprimé (le rabat étant retenu par un aimant). Cet imprimé se
retrouve également sur le tee-shirt Koralie.
Où et quand pourra-t-on se procurer ces produits ? Dans les points de vente Billabong, les
magasins Billabong à enseigne, notamment le
Billabong Store Montpellier, à partir de septembre
2007.
Propos recueillis par Np
35 / www.last-mag.com
/// Internet
Aiguise comme une lame...
...pointu comme un couteau, Guillotine (www.glltn.com) est un site Internet qui nous a emballé par son contenu riche et qualitatif sur la
street culture, on a donc souhaité en savoir plus sur son origine et sur la motivation de ses créateurs pour vous le faire partager, ils nous
dévoilent tout sur ce site sans danger, mais qui tue !
Les Etats-Unis et le Japon représentent également une part très importante
de nos lecteurs. Fondé sur le bouche à oreille, les résultats de Glltn.com sont
pour le moment très encourageants !
Comment expliques-tu le succès de ce site ? On est encore loin de ce
qu’on peut appeler un véritable succès ! Guillotine n’est encore qu’un bébé
sur Internet ! Nous avons un réel désir de présenter au public francophone ce
qui se fait de meilleur dans cette culture. Tout va tellement vite, qu’il est très
difficile de se tenir informé au jour le jour des sorties, des annonces, des dates
d’expositions, etc. De nouvelles marques se créent quasiment chaque jour,
alors imaginez les produits qui sortent et les collaborations ! Guillotine essaie
tant bien que mal de devenir une source fiable et réactive (avec pour l’instant
une moyenne de 130 news par mois) de tout cet univers. J’ai toujours pensé
que si un projet était réalisé avec le cœur, avec toute la passion possible, le
résultat ne pouvait être que positif, l’échec impossible ! Aujourd’hui cela se
confirme avec Guillotine. C’est notre amour pour cette culture qui nous motive.
Je pense que les gens l’ont bien compris… Quand on assiste à d’incroyables
vernissages, ou simplement quand on part à la recherche de news croustillantes sur Internet, tout cela est fait avec une véritable passion.
Pourquoi ce nom ? Bonjour ! Avant de trouver un nom pour notre site, nous
avions déjà une idée très claire de ce que nous voulions. Il était important que
ce soit avant tout un mot français, mais qu’il soit également compréhensible
dans plusieurs langues. C’est en me sectionnant la main en cuisinant que
j’ai eu l’idée de Guillotine. Ce nom a une portée symbolique très forte et on
pense qu’il reste facilement dans les esprits. Il est, bien entendu, synonyme
de révolte, d’insurrection et de changement. Enfin, n’oublions pas que le tricentenaire de la Révolution Française approche à grands pas, on préfère être
d’ors et déjà sur le coup !
Combien de personnes s’occupent du site ? Peux-tu te présenter, ainsi
que les autres membres ? Glltn.com, c’est avant tout une passion commune
entre deux amis (Pointfiz et moi-même, Nicododo) ! Rapidement, le site a dû
s’agrandir pour pouvoir, d’une part, être plus réactif à l’actualité, mais surtout pour tacher d’être présent aux expositions, couvrir les vernissages, les
soirées et autres évènements qu’on a envie de partager avec nos lecteurs.
Aujourd’hui, nous sommes présents en France à Paris, Marseille, Montpellier,
Lille, mais également à l’étranger : Madrid (moi-même), New York, bientôt
en Belgique à Bruxelles et, on l’espère, rapidement au Canada. L’idéal serait
d’être présent dans toutes les grandes villes d’Europe, dans d’autres grandes
villes des Etats-Unis, sans oublier l’Asie… On y travaille !
Es-tu toi-même actif de cet univers, mis à part le fait que tu aies créé
ce site ? Collectionneur de toys ? de sneakers ? Artiste ? On ne pourrait
parler quotidiennement de cet univers si l’on n’était pas profondément attaché
à tout cela ! Je collectionne effectivement certains toys depuis plusieurs années, les baskets aussi. Plus que des hobbies, ce sont de véritables passions,
qui prennent du temps (ce qu’on appelle la « chasse ») et surtout de l’argent.
Tous les membres de glltn.com partagent ces passions à différents niveaux,
certains sont plus sneakers, d’autres passionnés par les arts graphiques, par
exemple. Il était important que chacun des membres ait une spécialité qui lui
tienne à cœur ! Avant d’avoir créé Guillotine, nous avons également créé,
quelques mois plus tôt, Altertoys.com avec Tactac (le seigneur de Montpel-
-lier), le premier forum français indépendant sur la culture toy. Indépendant
car il n’est associé à personne si ce n’est à ses membres, de plus en plus
nombreux (on vient de dépasser les 400 membres à l’heure où j’écris ces
lignes). On peut y échanger, vendre et acheter des toys entre membres, ce
qui constitue pour nous l’un des éléments clé de cette culture qui est très
communautaire et chaleureuse à la fois et où, au fil du temps, tout le monde
finit par se connaître.
Pourquoi ces 4 thèmes : Art, Lifestyle, Sneakers, Toys ? Nous avons créé
ces quatre catégories dès la naissance du site car elles représentent pour
nous les quatre points cardinaux de cette culture ! Il était donc fondamental
que Guillotine en soit une vitrine. Plus que des thèmes, chacun d’entre eux
sont de véritables univers, avec leurs galaxies propres et leurs différents systèmes solaires ! Il est très facile de se perdre tellement ces macrocosmes sont
vastes et le flux d’informations rapide ! Mais au bout du compte, ils finissent
par se croiser et s’entrecroiser, pour ne former plus qu’un : notre Culture ! Michael Lau fait des Mr Shoe, et des Nike SB, tout comme Medicom qui a réalisé
une des SB les plus recherchées. Nike et Adidas font depuis très longtemps
des toys de leurs cotés, tout comme les meilleures marques de streetwear (Il
n’y a qu’à voir le nombre de be@rbricks réalisés en collaboration avec ces
dernières). Les artistes collaborent de plus en plus avec les marques, et ce
n’est que le début !
Depuis quand est ouvert le site ? L’idée a germé durant l’été 2006, et dès la
fin du mois d’Août, on postait notre première news sur Glltn.com!
Combien as-tu de visites par jour ? Les chiffres sur Guillotine sont en
constante augmentation, surtout depuis le début de l’année ! Aujourd’hui on
compte entre 300 et 500 personnes qui se connectent quotidiennement ! C’est
peu et à la fois énorme quand on sait que nous n’avons jamais fait de réelle
promotion du site (même si c’est un passage obligé et on le prépare). La majorité de nos lecteurs sont français, mais, de plus en plus, les pays francophones
commencent à s’intéresser à nous, que ce soit la Belgique ou le Canada. >>
www.last-mag.com / 36
Quelles évolutions vas-tu lui apporter ? Une boutique de vente en ligne ?
Nous avons beaucoup d’idées pour développer Guillotine, mais il est peut-être
encore trop tôt pour en parler...
Comment vois-tu ce site dans 5 ans ? Je rêve de pouvoir créer un Comité
d’Entreprise pour Guillotine SARL qui pourrait proposer des week-ends ski
aux Deux-Alpes. Tous les collaborateurs bénéficieraient de tickets restaurants
à 37,90 € et on installerait nos bureaux dans une montgolfière géante ! Plus
sérieusement on serait très heureux si dans 5 ans, Guillotine pouvait toucher
une plus grande partie de la population, et non juste une niche de connaisseurs. C’est en tout cas notre objectif, et on ne souhaite pas négliger la qualité
pour autant, au contraire !
Quelque chose à rajouter ? Freestyle : On a plusieurs projets assez fous
pour le mois de Mars ! Un concours avec une marque de streetwear qui
commence à beaucoup faire parler d’elle, va bientôt voir le jour sur le site.
On travaille également depuis plusieurs mois sur un projet qui devrait faire
énormément de bruit, puisqu’il met en scène une tonne d’artistes français et
internationaux, ça va vraiment être très intéressant. C’est quelque chose que
j’avais dans la tête depuis longtemps, je suis content que cela puisse enfin
se réaliser grâce à Guillotine même si on ne peut pas en dire plus pour le
moment ! Nos sommes aussi en très bon contact avec nos amis au Canada
et Guillotine va désormais être beaucoup plus présent là bas en y couvrant
les meilleurs évènements qui s’y passent. Nous avons plein de projets dans
la tête, certains vont se réaliser très prochainement et d’autres dans le futur !
Un grand merci à tous nos amis et à LAST Mag de nous avoir proposé cette
interview, vous faites un boulot incroyable !
Propos recueillis par Np
www.glltn.com
www.myspace.com/glltn
[email protected]
(n’hésitez pas à les contacter !)
37 / www.last-mag.com
/// Toys
Around the World with Vinyl & Co.
Qu’est-ce que le toy design ? Une hype de plus ? Un moyen de faire cracher quelques dollars de plus aux nerds des 4 coins du monde ? Des
bouts de plastique destinés à prendre la poussière sur les bureaux de tous les informaticiens de la terre ? Non, c’est évidement bien plus
que ça. Pour comprendre ce que représente ce nouveau média, rencontre avec deux réalisateurs qui ont décidé de traverser le Monde à la
recherche des instigateurs de ce mouvement. Qui, où, quand, comment, pourquoi ? Vous saurez tout quand le documentaire que tournent
actuellement ces deux autodidactes surdoués sera disponible en DVD. De Los Angeles à Tokyo, de Hong-Kong à Londres, le vinyl livrera
une partie de ses secrets grâce à Jaç et Johan. Petit entretien apéritif.
« Est-ce-que le design toy est un nouveau media,
et est-ce-que ce media est amené à perdurer ? »
D’où vient l’idée de Vinyl & Co, documentaire
sur les toys design ?
Jaç : A la base, on est fans de jouet en général.
Johan a mis la main sur des toy design de Jarvis il
y a 4 ans, et on s’est intéressé au support. Après,
on travaillait dans la vidéo, notamment sur un
documentaire sur la troupe de danseurs lyonnais
«Pokemons». Notre passion pour la vidéo et les
jouets nous a amené à l’idée de réaliser un doc
sur le monde du design toys. On a tourné les premières images à Paris, il y’ a 1 an. On a rencontré
Michaël Rouah de chez Artoyz qui nous a tout de
suite conforté dans l’idée que le projet était intéressant. On va aller aux quatre coins du monde
pour rencontrer un maximum de designer, faire le
tour de la question. D’où ça vient, où ça en est
aujourd’hui, où ça va...
C’est un mouvement qui est disséminé à travers le Monde ?
Jaç : C’est une culture qui est née en Asie, principalement à Hong-Kong avec Michaël Lau. Il a
commencé à transformer des jouets comme les
G.I Joe 12 pouces en graffeurs, musiciens etc...
Le jouet n’était plus un produit dérivé mais un
prolongement de l’univers des designers. Les
designers ont mixé tout ce qu’ils aimaient de la
pop-culture occidentale, ciné, music, comics...
Donc des gens aux U.S ont vu les références et
des points de connexions sont apparus.
Johan : c’est un truc de nerd encore ! Le toy design c’est le carrefour de toutes les influences de
ce qu’on a appelé la «street culture» dont les pères pourraient être le BMX, le skate, le graff. C’est
le support sur lequel la musique, les vêtements, le
graffiti convergent. Les mecs qui s’influencent tous
les uns et les autres se retrouvent. Le toy design
a en plus un côté oeuvre d’art. L’autre mouvement
que l’on peut mettre en parallèle c’est les baskets.
On peut les collectionner, mais les baskets ça a
encore ce côté fonctionnel. Et des paires de baskets atteindront difficilement les prix de certains
toy design. Voilà pourquoi aujourd’hui c’est un
mouvement mondial. Des marques comme Chanel ou Christian Lacroix ont designé des jouets.
Quand tu vois qu’Eddie Slimane a designé les
dernières poupées Daft Punk...
de formes différentes. Même le Louvre, pour la
section art contemporain, a acheté des design
toy pour le fond de collection. Une des grandes
questions qu’on pose dans le documentaire c’est
«Est-ce-que le design toy est un nouveau media,
et est-ce-que ce media est amené à perdurer ?»
Le but du doc c’est d’avoir tous les acteurs majeurs du mouvement, dans tous les domaines. Les
artistes, les chefs de productions, les gens qui
sont dans les magasins, les exposants, tous les
gens qui font vivre le truc.
Johan : Tous les artistes qu’on a rencontré ont
une grosse attente sur ce documentaire. On s’intéresse aussi à ce qui se passe avant que le jouet
soit produit. Avant de faire un jouet, le mec a une
idée, un crayon et une feuille. Certains ont fait des
écoles, d’autres pas. On s’intéresse à tout le processus de création.
Propos recueillis par Guillaume Baron
Il y a donc un véritable impact culturel?
Jaç : Le jouet, t’as pas besoin de le traduire. Il a
pas besoin de s’exprimer. Tu rentres dans l’univers du graphiste. Il y a tellement de styles et
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Photos : Gaylord Pedretti & Nico Lafay
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/// Recette
Salade de papaye Astromisee !
proposée par LeMush
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LAST games
FIRST games
Bip Bip Bip… Tiding Tiding.
1989, la Game Boy (ou « Le » Game Boy, Nintendo soutenant que ce nom quasiment devenu commun, est masculin) se faufile entre
nos mains. L’autisme se propage, quitte les écrans télé de chambre et autres salons pour infiltrer le métro, le restau ou encore la salle
d’attente du toubib. La Game Boy a ce caractère attractif limite fétichiste, avec ses deux petits boutons rouges et sa grosse croix bien
noire. Elle déclenche l’envie de la tripoter et, très vite, de s’exciter sur ses aspérités fonctionnelles.
C’est certainement pourquoi les garçons aiment parler d’Elle... au féminin.
Histoire
Si vous suivez avec assiduité les chroniques Last Games, vous devez vous rappeler que dans le n°16, nous vous avions parlé des adaptations vidéos ludiques de
longs métrages. Si le 7ème art est une source d’inspiration pour les éditeurs, vous allez découvrir que le 9ème art, autrement dit l’univers des Bandes Dessinées,
l’est également. Et comme le sujet est vaste et que nous avons un petit penchant pour les comics books, vous comprendrez que notre sélection s’oriente vers la
modélisation, pour nos consoles, de supers-héros issus de ce véritable phénomène d’édition né aux Etats-Unis.
Spiderman : Bataille pour New York
Editeur : Activision // Supports : GBA – DS
Spiderman étant l’un des personnages les plus populaires de l’univers des comics, nous tenions à vous
présenter la dernière adaptation vidéo ludique qui lui
est consacrée. Dans ce titre exclusif aux consoles
portables de Nintendo, vous enfilerez alternativement
le costume de « L’Homme-Araignée » ou celui du
Bouffon Vert, qui soit dit en passant, a été un peu trop
nourri à la créatine par les développeurs. Comprenez
donc qu’il n’appartiendra qu’à vous de sauver la ville
ou de la mettre sens dessus-dessous. On peut ainsi
se demander si, de l’autre côté de l’Atlantique, Norman
Osborn qui se cache sous l’apparence du Bouffon Vert
s’apparente en quelque sorte à un terroriste. Reste à
savoir si DobleU se prend pour l’autre. Petite parenthèse, pour venir en aide aux habitants de New York
City, Spidey ne fait pas dans la demie-mesure, et tel
un super héros, il affiche fièrement ses supers pouvoirs et dispose d’un panel de mouvements qui donneront du fil à retorde à ceux qui ont décidé de jouer
les méchants ! Ne vous aventurez pas à délaisser un
citoyen de Big Apple car il vous faudra immédiatement
recommencer votre mission. Ainsi, pour vous aider, un
petit symbole vous indiquera les civils en détresse…
Sans doute une idée de Bernardo ! Petit bémol, l’utilisation de la toile n’est pas infinie et il faut attendre que
la jauge soit remplie pour vous balancer d’immeubles
en immeubles. Dans la série « bien dommage », on regrette aussi le fait d’avoir à utiliser par moment l’écran
tactile avec le stylet sur DS, car au-delà de casser le
rythme du jeu, c’est tout simplement superflu. Malgré
tout, le jeu est doté d’un bon gameplay, d’un réalisme
intéressant, d’un bon rendu graphique, d’une très bonne utilisation des deux écrans de la DS et de pages
des comics qui font bien plaisir. Les fans apprécieront.
A ce sujet, on peut d’ores et déjà vous annoncer que
la sortie de Spiderman 3 sur grand écran mai prochain
s’accompagnera d’une adaptation sur PC, Xbox 360,
PS3, Wii, PS2 et DS.
Superman returns
Éditeur : Electronic Arts // Supports : PS2 – NGC
– Xbox – Xbox 360 – GBA – DS – PSP
Evoquer les comics dans les jeux vidéos, sans consacrer le moindre aparté à Superman, serait inopportun.
Est-il nécessaire de vous rappeler que l’Homme
d’Acier est le premier de la longue descendance des
super-héros ? Le daron en quelque sorte ! Déjà plus
de 70 ans d’histoire derrière lui et notre super héros
doté de super-pouvoirs venus d’ailleurs ne semble
pas avoir pris une ride. Du moins dans nos cœurs
car dans ce dernier volet de la saga Superman, se retrouver dans la peau du super-héros qui aura marqué
notre jeunesse, ne s’avère pas très palpitant. Inspiré
du film plutôt médiocre, le jeu s’éloigne quelque peu
du scénario principal, ce qui n’est pas une mauvaise
chose au premier abord. Pour le reste… En effet, sur
papier, on nous propose d’incarner ce défenseur des
justes causes avec tout l’attirail qui va avec, à savoir
super-force, super-vitesse, super-souffle, super-ouïe,
vision à rayons X, thermovision, possibilité de voler…
Ni une ni deux, on se dit « Metropolis, I’m coming ! ».
D’autant que le jeu vous plonge dans pas moins de
20.000 hectares virtuels. Manette en main, c’est une
autre histoire. Le graphisme et le game-play sont décevants, bien loin d’être à la hauteur de la Xbox 360,
dans le cas de notre mise à l’épreuve. Si le scénario et
les 3 modes de jeux peuvent s’avérer non déplaisants,
la durée de vie reste très limitée. The Man of Steel
manque de punch et paraît « pataud ». Le manque
d’action est flagrant… et patati et patata. Avec ce titre,
un mythe pourrait bien s’effondrer…
Héros de la ligue des justiciers
Editeur : Warner Bros. Interactive Entertainment //
Supports : PS2 – PSP – DS – GBA
Vous regardez trop la télévision, bonsoir. Et si vous
zappiez de temps en temps sur le JT, vous auriez
remarqué que le monde va mal et qu’il est menacé.
Dans ce jeu, c’est la même sauf que le réchauffement
de la planète n’est pas la cause d’une éventuelle fin du
monde mais ce sont les projets de destruction totale
de Brainiac, ainsi que des forces démoniaques qui menacent l’univers tout entier. La solution trouvée pour
sauver la planète de ce triste sort : réunir la crème des
crèmes des super-héros de DC Comics. Toujours sur
le pied de guerre quand il s’agit de combattre de dangereux ennemis, Batman, Superman, Green Lantern,
Flash, Wonder Woman, Zatanna & Martian Manhunter
répondent à l’appel. Et pour contrer le stratagème de
Brainiac et de ses vils acolytes, il est possible de la
jouer solo ou en équipe (uniquement sur PS2). Le
concept est vraiment intéressant, d’autant plus lorsque
l’on est fan de comics. Ce soft réserve son lot de surprises qui raviront le gamer comic’s addicted que vous
êtes. En effet, à force de parties, vous pourrez débloquer de nouveaux personnages (Aquaman, Hawkgirl,
Huntress, Green Arrow…), de nouveaux costumes,
booster les pouvoirs de votre dream team… La durée
de vie est malgré tout limitée mais le travail graphique
sur les décors, le gameplay, la diversité des environnements et des ennemis, le scénario propre à l’univers
des comics, en font un titre à ne pas contourner. Les
fans seront conquis, les novices séduits.
Marvel Ultimate Alliance
Editeur : Activision // Supports : PC – PS2 – PS3 – Wii
– Xbox – Xbox 360 – GBA – DS - PSP
Après vous avoir présenté le jeu où les super-héros de
DC comics faisaient coalition contre la fin du monde,
c’est au tour des Marvel de se retrouver pour vaincre
les forces du mal. Ça sonne un peu comme « Qui veut
la peau de mon crew ? » mais l’objectif de telles retrouwww.last-mag.com / 48
vailles est bien de contrecarrer le sinistre Dr Fatalis
et les Maîtres du Mal qui sont sur le point de mettre
la main sur un pouvoir qui pourrait mettre en péril
l’univers tout entier ! Mais dans quel monde vit-on ?
Fort heureusement, à la rescousse il y a du people
au portillon. Jugez plutôt : Spiderman, Daredevil, Iron
Man, les X-Men, Wolverine, Blade, Captain America
et Jean Noubli. Il vous faudra composer une équipe
de 4 pour vous lancer dans l’aventure qui ressemble
à un bon hack’n’slash comme on les aime. Vous pourrez accroître la réputation de votre groupe à mesure
que vos coéquipiers progresseront dans l’aventure.
Vous aurez le choix de faire évoluer chaque personnage individuellement ou de former un groupe afin de
conserver un certain équilibre. Un détail qui a son petit
effet, la possibilité de donner un nom à votre équipe,
lui attribuer un logo et même créer votre propre véhicule. Ce titre regorge de bonus, qui en plus de ravir
les fans du genre, offrent une durée de vie intéressante. Au-delà de la pléthore de super-héros qu’il est
possible d’incarner, vous allez croiser en chemin une
ribambelle de personnages de BD célèbres de l’univers Marvel (petit clin d’œil aux fans qui sont encore
septiques). On apprécie particulièrement, le mélange
subtil d’Action/RPG, le graphisme, le gameplay riche
et intense, les différents modes et notamment le mode
multijoueurs et le mode online. S’il faut retenir des
points négatifs, on regrette que le jeu n’aie été traduit
et surtout les sous-titres. Il est malgré tout, difficile de
faire comme si Marvel Ultimate Alliance n’était pas le
chouchou de cette chronique. Après tout, on a aussi
le droit d’être fan.
Son papa, c’est Gunpei Yokoi, une sorte d’employé du mois de Nintendo sur 25 ans. Ce mec
est à l’origine des Game & Watch (en 1980) vous
savez, ces petits jeux de poche avec un écran
LCD monochrome qui font le bonheur des collectionneurs et autres nostalgiques. L’histoire de la
Game Boy lui est intimement liée, et c’est l’occasion où jamais de rappeler son parcours, de 1970
où il intègre Nintendo, multiplie les succès avec
des projets hautement plébiscités (les consoles
que l’on vient de citer, le développement de jeux
tels que Metroïd ou Kid Icarus, l’adaptation de
Super Mario, Mario Paint sur Famicom…) pour
finir sur un échec commercial : le Virtual Boy qui
demeure le plus gros plantage de Nintendo, en
1995. Il ne quitte pas l’univers du jeu vidéo, malgré cet échec cuisant qui ternit sa passion limite
maladive. Gunpei Yokoi, passionné et à tendance
suicidaire, n’aura jamais le profil du mec fauché…
si ce n’est par une voiture le 4 octobre 1997. Il
nous quitte à l’âge de 56 ans, après avoir fait rêver des générations de joueurs, tapi dans l’ombre
des labos de recherche et développement. En
bref, la Game boy c’est 118 millions d’exemplaires écoulés (la plus vendue de l’histoire), une
qualité graphique relativement moyenne mais
une grande autonomie, un super catalogue de
jeux et un prix aussi réduit que sa taille… Elle
sort en 1989, arrive en France à l’automne 1990,
et connaîtra de nombreuses évolutions
avant de céder sa place à la
DS, en 2004.
Accessoires
Une multitude d’accessoires vont être développés, du plus inutile au plus intéressant. Dans ce
dernier postulat, on retrouve le fameux « Cable
Link », qui permet de relier deux Game Boy et
de partir dans de folles sessions multijoueurs ou
tout simplement d’échanger des données. Revenons également sur le « Light Max », une loupe
couplée à deux petites ampoules, le tout clipsé
au dessus de l’écran, ayant pour vocation d’en
améliorer la lisibilité. Pas du luxe, avouons le. Le
« Radio Game Boy » s’inscrit aussi dans cette
catégorie de produits à l’usage sympathique :
branché sur le port Link, il transforme la mini
console en radio portative. Puis, dans le délire
accessoire nazes, j’ai l’honneur de vous présenter le « Camera Game Boy » (sorti sur le tard,
en 1997) qui s’insère dans le slot cartouche et
permet de prendre et stocker une quarantaine de
photos en quatre niveaux de gris. Super. Et s’il
vous paraissait intéressant de shooter des photos
minables avec une Game Boy, il ne vous restait
qu’à vous munir du « Game Boy Printer » pour
les imprimer sur papier et décorer votre chambre avec de sinistres petites images de merde.
Grande classe.
Les super-héros des comics books n’ont jamais rechigné à se retrouver dans les cartouches ou CD de
consoles. De Batman, en passant par les 4 fantastiques, Hulk, sans oublier les X-Men et Daredevil,
et même Thor et Captain America sur Megadrive,
l’aventure comics sur nos consoles ne devrait pas
s’arrêter en si bon chemin. En effet, Konami annonce
Marvel Trading card games sur PC, PSP & DS pour
avril prochain. Si vous avez bien suivi, vous aurez noté
que Spiderman fait son come-back en mai avec Spiderman 3. Take 2 annonce pour juin 2007, la sortie de
« Fantastic 4 : Rise Of The Silver Surfer », adaptation du film éponyme qui sortira sur les écrans à cette
même période. Enfin, l’adaptation cinématographique
d’Iron Man qui sortira dans les salles obscures mai
2008 donnera aussi le jour à un jeu officiel sur consoles next-gen. C’est Sega qui nous réserve l’occasion
d’incarner ce super-héros technologique dont l’esprit
est capable de concevoir les armes les plus étonnantes. Wonder Woman aura-t-elle droit à son quart
d’heure de gloire en solo sur nos consoles ?
Jeux
La plupart des succès made in Nintendo ont été
déclinés sur la console portable : Super Mario
Land, The Castlevania adventure, The legend of
Zelda... Mais, tel que l’a signifié MiD dans son
illustration ci-dessous, le jeu qui fera le succès
de la Game Boy n’est autre que la première cartouche proposée en 1989 : le légendaire Tetris.
Wikipedia nous rapporte l’anecdote fort sympathique qui avance que Tetris fut peut-être « la
plus efficace des armes de guerre de l’URSS tant
il avait fait perdre de temps et de productivité au
bloc de l’ouest pendant les dernières heures de
la guerre froide ». Inutile de revenir sur le principe du jeu, on se contentera de saluer Alexei
Pajitnov, son concepteur original, qui a lâché ses
briques sur le monde dès 1985 et consacre toujours sa vie à l’élaboration de jeux de type puzzle.
Le second boom viendra en 1996, avec les Pocket Monsters, abrégés et connus sous le nom
de Pokemon. Avant de devenir ambassadeurs
du breakdance français, les Pokemon sont des
petits monstres un peu cons qui ne savent pas
dire autre chose que leur propre nom (mis à part
ce sacré Maw) mais qui ont beaucoup parlé aux
enfants du monde entier : selon les statistiques
officielles de Nintendo du 19 décembre 2005, les
jeux Pokemon se sont vendus à environ 143 millions d’exemplaires, soit le plus grand succès de
l’histoire du jeu vidéo. Le plus génial dans l’histoire, c’est qu’ils arrivent à se mettre à dos des
grands pontes du Christianisme, du Judaïsme et
de l’Islam... Car ils ont une vie de démons que
l’on invoque pour les premiers, affichent des
caractères Nazi pour les seconds (les Manji,
historiquement ce sont des symboles de bonne
fortune bouddhistes qui ont la gueule de croix
gammées), ou font de la propagande subliminale des seconds pour les troisièmes...
Vous arrivez à suivre ? Bref, la Game
Boy a ouvert la voie aux consoles
portables à cartouches.
Eh oui jeune, il y avait une vie
avant la PSP...
TruK
Illustration : MiD (www.latong.net)
Gaylord Pedretti
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