Changement d`habitudes, changement climatique

Transcription

Changement d`habitudes, changement climatique
Changement d'habitudes,
changement climatique :
Analyse de base
Institut canadien de la santé infantile
Préparé par : Wendy Enright
300-384, rue Bank
Ottawa (Ontario)
K2P 1Y4
CANADA
Tél. : (613) 230-8838
Téléc. : (613) 230-6654
http://www.cich.ca/htmle/menufr.htm
© Institut canadien de la santé infantile
Mars 2001
Financé par le Fonds d'action pour le changement climatique
ISBN no 0-919747-62-0
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
N
os enfants et les générations à venir sont confrontés à
de graves menaces pour leur santé et leur bien-être en
raison des changements climatiques terrestres causés
par l'accumulation de gaz à effet de serre dans
l'atmosphère. Une preuve scientifique impressionnante relie les
interventions humaines aux changements prévus au système
climatique mondial, lesquels auront sans doute des incidences
inacceptables sur toutes les nations. Selon les membres du Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) :
« le changement climatique aura sans aucun doute une vaste
gamme d’incidences, pour la plupart négatives, sur la santé
humaine, y compris d'importantes pertes de vie ». Les enfants
sont particulièrement menacés par l’augmentation prévue de la
fréquence et de la gravité des vagues de chaleur, par
l'accroissement de la présence de polluants atmosphériques, par le
risque accru de maladies transmises par vecteurs et par les
interactions entre ces problèmes et d'autres tendances mondiales,
notamment l'ozone, des problèmes dont certains ne sont pas encore
totalement compris. Les générations à venir seront confrontées à
plusieurs incidences éventuelles sur la santé du changement
climatique, engendrant de graves conséquences sur la santé, sur
l'environnement et sur l'économie.
Déclaration de 1997 des ministres de l'environnement des huit
sur la santé environnementale des enfants
2
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Table des matières
Remerciements
6
Raisonnement
7
Chapitre 1 – Introduction
8
1.1
1.2
1.3
1.4
1.5
1.6
Définition de changement climatique
1.1.1
Climat c. température
1.1.2
Variabilité climatique c. changement climatique
1.1.3
Effet de serre c. réchauffement de la planète c. changement climatique
Le rôle des gaz à effet de serre
Schéma 1.0 L'effet de serre
Encadré 1.0 Sources communes de gaz à effet de serre
Schéma 1.1 Augmentation des émissions de gaz à effet de serre
Points de vue divergeants
Modèles de circulation générale (MCG)
1.4.1
Limitations et incertitudes
Encadré 1.1 Accent sur le CO2
Augmentations des températures
Encadré 1.2 Accent sur la consommation d'énergie
Références
Chapitre 2 –La pollution atmosphérique et
ses répercussions sur la santé
2.1
2.2
2.3
2.4
2.5
Composantes de la pollution atmosphérique et répercussions sur la santé
2.1.1
Ozone
2.1.2
Oxydes d'azote (NOx)
2.1.3
Brumée
2.1.4
Particules (PM10 et PM2,5)
2.1.5
Dioxyde de soufre
Déclencheurs de l'asthme et de la fièvre des foins
Encadré 2.0 Prévalence de l'asthme chez les enfants
L'air à l'intérieur
Mesures d'adaptation
Références
Chapitre 3 – Températures extrêmes – mortalité et morbidité
3.1
3.2
3.3
3.4
Centres urbains
Pauvreté en milieu urbain
Vulnérabilité spéciale des villes canadiennes
Mortalité – vagues de chaleur
3.4.1 Contexte canadien
3.4.2 Adaptation
9
9
10
10
10
12
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37
38
38
39
39
40
3
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
3.5
3.6
3.7
3.8
Santé mentale et désordres psychologiques
Maladies d'origine alimentaire
Mesures d'adaptation
Références
Chapitre 4 – Événements météorologiques extrêmes
4.1
4.2
4.3
4.4
4.5
4.6
Incidences des événements météorologiques extrêmes sur la santé
4.1.1
Décès et blessures
4.1.2
Eau contaminée
4.1.2.1 Cryptosporidiose
4.1.2.2 Toxoplasmose
4.1.2.3 Pesticides et autres substances toxiques
Incendies de forêt
Migration forcée
Incidences psychologiques
Mesures d'adaptation
Encadré 4.0 Le porc et l'ouragan Floyd
Références
Chapitre 5 – Maladies à transmission vectorielle
5.1
5.2
5.3
5.4
5.5
Maladie transmise par les moustiques
5.1.1
Les effets du paludisme sur la santé
5.1.2
Le potentiel du paludisme au Canada
5.1.3
Le paludisme et le voyageur canadien
5.1.4
L'encéphalite
Maladies transmises par des tiques
Utilisation de pesticides
Mesures d'adaptation
Références
Chapitre 6 – Sécheresse et augmentation de l'évaporatio
6.1
6.2
6.3
Qualité de l'eau
Mesures d'adaptation
Références
Chapitre 7 – Disponibilités alimentaires et portée de l'écosystème
7.1
7.2
7.3
7.4
7.5
7.6
7.7
7.8
7.9
Sécurité alimentaire
Agriculture
7.2.1
Saison/secteur de croissance étendu
7.2.2
Bétail
Entreposage alimentaire
Propagation des parasites
7.4.1
Épandage de pesticides
Écosystèmes aquatiques
Rayons ultraviolets et production alimentaire
Adaptation sociale
Mesures d'adaptation
Références
41
42
43
45
51
52
52
52
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54
55
55
56
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68
68
69
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72
72
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80
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85
86
86
87
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88
89
89
90
90
93
4
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Chapitre 8 – Élévation du niveau de la mer
8.1
8.2
Contexte canadien
Références
Chapitre 9 – Appauvrissement de l'ozone stratosphérique –
incidences des rayons ultraviolets sur la santé
9.1
9.2
9.3
9.4
9.5
Cancer de la peau
Affection oculaire
Effets sur le système immunitaire
Mesures d'adaptation
Références
Chapitre 10 – Collectivités autochtones
10.1
10.2
10.3
10.4
Distribution des animaux et des ressources
Connaissances traditionnelles
Incidences alimentaires
Références
Chapitre 11 – Réfugiés environnementaux
11.1
Références
Chapitre 12 – Une perspective historique de la politique
canadienne sur le changement climatique
12.1
12.2
12.3
12.4
Contexte politique
12.1.1 Facteurs externes
12.1.2 Compétence politique
12.1.3 Croissance économique et commerce
12.1.4 Coûts économiques et possibilités
Éléments politiques essentiels du traité de Kyoto
12.2.1 Sixième Conférence des Parties (CdP6) à la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques
Options politiques
Références
Chapitre 13 – Mesures d'adaptation
13.1
13.2
13.3
Incertitude à l'intérieur de l'adaptation
Besoin de comprendre et d'intervenir
Références
Chapitre 14 – Mot de la fin
14.1
Références
97
97
99
101
101
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103
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106
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124
126
128
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5
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Remerciements
N
ous tenons à remercier
chaleureusement les personnes
suivantes pour leur examen de
Changement d'habitudes, changement
climatique : une analyse de base et faisons
remarquer que leurs examens ne constituent pas
un aval des conclusions du rapport :
James Bruce
Catherine Fitzpatrick
John Last
David Pengelly
Dieter Riedel
David Waltner-Toews
Les membres suivants du Comité directeur ont
grandement contribué à l'élaboration du cadre de
l'analyse de base :
David Bates
James Bruce
Catherine Fitzpatrick
Tee Guidotti
Andrew Hamilton
John Last
David Pengelly
Dieter Riedel
David Waltner-Toews
L'équipe de projet de l'Institut canadien de la
santé infantile était composée des membres
suivants :
Dawn Walker, directrice générale
Sandra Schwartz, ex-directrice des programmes
environnementaux
Don Houston, directeur des programmes
environnementaux
Elaine Murkin, coordonnatrice du projet
Conception de la page couverture :
Sylvie Lalonde, administratrice des publications
de l'ICSI / opératrice en éditique
Éditrice et consultante :
Liane Benoit
Benoit et associés
Édition, conception et mise en page :
Kim Tytler
Consultante en opérations commerciales
Pour son appui financier, nous remercions
sincèrement le Fonds d'action pour le
changement climatique.
6
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Raisonnement
E
n juin 1999, l'Institut canadien de la
santé infantile a lancé un projet
intitulé Changement d’habitudes,
changement climatique i. Ce projet a
été mis sur pied en appliquant une approche
par étapes, une composante d'analyse de
base et une stratégie d'information du public.
Ce rapport représente la première
composante de ce projet – l'analyse de baseii.
L'analyse de base vise à fournir des
renseignements généraux sur notre stratégie
d'information du public et à établir une
source d'information crédible et équilibrée,
pratique et accessible à toute la population
canadienne.
Respecter la cible visée par le Canada de
réduire les émissions de gaz à effet de serre
de 6 p. 100 sous les niveaux de 1990
constitue une tâche monumentale qui forcera
un virage fondamental dans la façon dont les
canadiennes et les canadiens utilisent
l'énergie et modifient leur comportement
actuel. Il faudra aussi que plusieurs secteurs
jouent leur rôle de défenseur du
changement, notamment le secteur de la
santé. Il est prévu que la population devra
assumer 25 p. 100 de l'effort de réduction
des gaz à effet de serre. L'Institut canadien
de la santé infantile croit qu'un changement
de cette ampleur demandera un lien direct
aux valeurs fondamentales des Canadiennes
et des Canadiens, c'est à dire leur santé et la
santé de leurs enfants.
Nous savons que sur un plan personnel, les
préoccupations pour l'environnement se
présentent suite aux éventuels risques pour
la santé associés à une exposition à des
dangers environnementaux. Par conséquent,
si on souhaite faire le lien entre le
changement climatique et la santé, il faut
mieux comprendre les avantages des
résultats suite à la prise de mesures sur le
changement climatique. Le changement
climatique rapproche plusieurs dimensions
des problèmes environnementaux et de la
santé. En élevant le niveau de sensibilisation
à l'égard du changement climatique et des
risques subséquents pour la santé, le résultat
optimiste consistera en un engagement plus
significatif et des changements de
comportement plus durables.
i
Financé par le Fonds d'action pour le
changement climatique, une initiative du
gouvernement fédéral mise sur pied en 1998.
ii
Cette analyse se veut une synthèse des
renseignements présentés dans le rapport de la
Fondation David Suzuki intitulé À couper le
souffle: Les effets de la pollution atmosphérique
et des changements climatiques sur la santé, les
travaux de l'Institut Pembina sur le changement
climatique, les travaux du Programme canadien
des changements à l'échelle mondiale, les
données de l'étude pancanadienne sur les impacts
et l'adaptation à la variabilité et au changement
climatique en plus d'autres documents et
renseignements
pertinents
de
recherche
scientifique.
7
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
1
Introduction
C
ompte tenu des connaissances
actuelles sur l'éventuelle ampleur du
réchauffement de la planète et
d'autres scénarios de changement
climatique, les effets sur la santé pourraient
éventuellement être considérables. Ces
effets varieront sans doute grandement d'une
région à l'autre, car il est prévu que le
changement climatique affectera les régions
de façon différente. Certaines régions seront
plus chaudes et plus humides alors que
d'autres seront plus chaudes et plus sèches;
certaines autres régions seront peut-être plus
froides pendant la période de transition.
Puisque le climat nous affecte de différentes
façons et que les détails sur la façon dont le
climat de la planète peut changer sont
incertains, prédire les effets d'un
changement climatique sur la santé est tout
au moins une science inexacte. L'étendue de
l'incidence d'un changement climatique sur
la santé humaine est incertaine puisqu’elle
dépend de multiples variables interreliées et
de la condition de notre infrastructure de
santé publique1. Mais, en raison des
connaissances actuelles sur le climat et la
santé et de l'amplitude du réchauffement de
la planète projeté par les chercheurs
scientifiques, les effets pourraient être
considérables, plus particulièrement chez les
populations les plus vulnérables, notamment
les enfants. Il est reconnu que les groupes
extrêmes du spectrum de l'âge seront plus à
risque en raison de leurs caractéristiques
uniques et de leurs vulnérabilités spéciales;
cependant, aux fins de ce rapport, l'accent
sera mis sur les enfants des milieux urbains
et ruraux du Canada et aux effets du
changement climatique sur leur santé.
Le climat influence plusieurs déterminants
essentiels de la santé : les températures
extrêmes et les violents événements
météorologiques; la portée géographique des
organismes et des vecteurs porteurs de
maladies; la qualité de l'air, des aliments et
de l'eau et la stabilité des écosystèmes sur
lesquels ils dépendent2. Pour des pays
comme le Canada, les risques les plus
importants causés par un changement
climatique peuvent être reliés à des
changements de fréquence, d'intensité et de
durée des événements météorologiques
extrêmes, en particulier des vagues de
chaleur et des tempêtes de très forte
intensité3. Les effets indirects d'un
changement climatique planétaire sur la
santé humaine se produiront dans le contexte
d'autres changements aux écosystèmes.
Les ressources hydriques du sud du Canada
peuvent diminuer, y compris d'éventuelles
réductions de l'ordre de un à deux mètres du
niveau d'eau des Grands Lacs3. De plus, les
désastres associés à la température dans
d'autres régions de la planète peuvent aussi
avoir des répercussions indirectes
importantes par suite de demandes d'aide
internationale, d'activités de maintien de la
paix et d'acceptation de réfugiés
environnementaux3.
Puisque les changements climatiques à venir
peuvent augmenter les risques pour la santé,
il faut limiter de façon rigoureuse les
émissions, par les êtres humains, de CO2, de
méthane et d'autres gaz à effet de serre4.
Le Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat (GIEC), première
autorité mondiale sur le réchauffement de la
planète, a conclu qu'un réchauffement de la
planète non vérifié causera une
augmentation importante de la mortalité
humaine en raison des températures
extrêmes et des maladies infectieuses.
Aucun pays, même une nation industrialisée
comme le Canada, ne pourra échapper à ces
répercussions5.
Les risques suivants d'un changement
climatique pour la santé des Canadiennes et
des Canadiens sont réels, surtout pour les
enfants :
8
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
•
l'ozone des basses couches de
l'atmosphère a été associée à
l'inflammation des voies
respiratoires, à la toux, à
l'oppression thoracique et à
l'irritation des voies respiratoires
supérieures;
les symptômes des voies
respiratoires inférieures, notamment
l'essoufflement, le sifflement et
l'oppression thoracique, sont
fortement associés à des
augmentations du nombre de
particules et de gaz oxydants
comme l'ozone et l'oxyde nitreux;
les résultats de plusieurs études ont
démontré une perte de fonction
respiratoire chez les enfants exposés
à l'ozone;
•
les maladies à transmission vectorielle
peuvent augmenter avec les
changements de précipitation et de
température;
les élévations de température
augmenteront les risques de
maladies tropicales chez la
population canadienne;
•
la qualité et la quantité de l'eau
diminueront sans doute;
•
les sources d'eau pourraient être
menacées par les inondations, par les
sécheresses ou par l'augmentation des
écoulements glaciaires;
•
augmentation du cancer de la peau, de
déficience visuelle et d'autres maladies;
l'activité humaine, y compris
l'industrialisation et le déboisement,
peuvent augmenter la pollution
atmosphérique et affecter un grand
nombre de personnes, surtout celles qui
souffrent d'asthme et d'autres maladies
respiratoires et cardio-vasculaires
chroniques;
les rayons ultraviolets plus intenses
causés par l'amincissement de la couche
d'ozone pourraient mener à une
les résultats d'études montrent un
lien entre l'exposition de la peau aux
rayons ultraviolets (le nombre de
coups de soleil foudroyants subis
durant l'enfance et l'adolescence) et
l'augmentation de l'incidence de
mélanomes chez les adultes;
•
la production et la sécurité des aliments
pourraient être compromises par les
agents polluants et les changements
environnementaux;
•
une augmentation des sécheresses, des
inondations et d'autres désastres naturels
aura une incidence directe ou indirecte
sur la santé physique et psychologique
des enfants.
1.1 Définition de
changement climatique
Dans le but d'évaluer l'état actuel des
connaissances sur le changement climatique
causé par l'être humain, il est extrêmement
important de comprendre ce que signifie le
climat.
1.1.1
Climat c. température
Le climat est en fait la température
moyenne, y compris les extrêmes
saisonniers et les variations de temps chaud
ou froid, humide ou sec, calme ou orageux,
qui peuvent avoir lieu à l’échelle mondiale,
régionale et locale6. Autrement dit, le climat
indique les conditions météorologiques
moyennes pour une période particulière de
l'année, déterminées à partir de plusieurs
années d'observation de renseignements
météorologiques.
Dans un endroit particulier, la température
peut changer très rapidement d'une journée à
l'autre et d'une année à l'autre, même dans
un climat stable. Ces changements sont
influencés par des virages de température,
9
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
de précipitation, de vents et de nuages.
Contrairement à la température, le climat est
généralement influencé par de lents
changements de caractéristiques comme
l'océan, la terre, l'orbite de la terre autour du
soleil et le rendement énergétique du soleil7.
Le climat est le résultat d'échanges d'énergie
et d'humidité à l'intérieur du système terreocéan-atmosphère. Par conséquent, tout ce
qui modifie la distribution d'énergie à
l'intérieur du système ou la quantité
d'énergie entrant ou quittant l'atmosphère
terrestre modifie inévitablement le climat de
la planète. Jusqu'à tout récemment, les
changements climatiques n'ont été causés
que par des processus naturels associés, par
exemple, au changement du rendement
énergétique du soleil ou à de lents
changements dans la circulation des eaux
des océans6. De nos jours, il est clair que les
influences des êtres humains, en particulier
celles qui sont reliées à la consommation
d'énergie et aux modifications de l'utilisation
des terres, peuvent aussi modifier l'équilibre
énergétique et le climat.
1.1.2
Variabilité climatique c.
changement climatique
Les climatologues font une distinction entre
les concepts de variabilité climatique et de
changement climatique. La variabilité
climatique indique généralement des
fluctuations à court et à moyen termes de
l'état climatique moyen sur des échelles
temporelles variant de moins de un an à des
décennies (c.-à-d. 30 ans)8,9. Par exemple,
les événements El Niño ou La Niña, un
réchauffement des eaux équatoriales dans la
partie est de l'océan Pacifique ont causé des
orages et des pluies plus fréquents le long
des côtes du Pérou et de l'Équateur et des
hivers plus doux et plus secs dans la partie
sud du Canada10; ces événements
appartiennent à cette catégorie. Le
changement climatique, d'autre part, indique
un déplacement fondamental de l'état moyen
du climat (c.-à-d. des tendances à long terme
– décennies, siècles)11.
En outre, malgré le fait que les prévisions de
changement climatique à venir sont des
valeurs moyennes, les climatologues nous
préviennent de ne pas présumer que ce genre
de changement se produira de façon
graduelle et réellement linéaire12,13. Ils
prévoient que la variabilité climatique à
court terme et que la fréquence des
événements météorologiques extrêmes
seront modifiés suite aux conséquences
physiques d'un changement climatique à
long terme14.
1.1.3
Effet de serre c. réchauffement
de la planète c. changement
climatique
Un autre point de confusion possible émane
des expressions suivantes : effet de serre,
réchauffement de la planète et changement
climatique, lesquels sont reliés mais
différents. L'effet de serre est une expression
descriptive qui aide à expliquer la façon
dont les gaz à effet de serre comme le gaz
carbonique captent la chaleur dans
l'atmosphère (voir le schéma 1.0)15. Le
réchauffement de la planète indique des
augmentations de températures causées par
la présence plus grande de gaz à effet de
serre dans l'atmosphère. La température est
le principal élément climatique et les
augmentations de températures modifieront
les formes de précipitation, la vitesse et la
direction des vents ainsi que la pression
atmosphérique.
1.2
Le rôle des gaz à effet de serre
Le système terre-océan-atmosphère est
réchauffé par l'absorption des rayons de
courtes longueurs d'onde du soleil, lesquels
sont équilibrés par des rayons de grandes
longueurs d'onde de la surface de la terre
vers l'espace. Certains gaz naturels de
l'atmosphère permettent à la lumière du
soleil d'atteindre la surface de la terre et
d'empêcher une certaine quantité de chaleur
de s'échapper vers l'espace15. Les gaz à effet
de serre remplissent des fonctions critiques
sur le plan écologique, car ils empêchent la
10
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
perte de chaleur de la terre vers l'espace,
élevant par le fait même la température de la
surface de la terre et de l'air environnant. En
raison de cet effet de serre naturel, la
température moyenne de la surface de la
terre (15°C) est environ 33°C plus chaude
qu'elle ne devrait l'être – assez pour faire
une différence entre une planète sur laquelle
il est possible ou non de vivre16.
L'ampleur d'un réchauffement dû à l'effet de
serre dépend des quantités des divers gaz à
effet de serre dans l'atmosphère et de leur
efficacité relative à titre d'absorbants et
d'émetteurs de rayons. Malheureusement, les
gaz libérés par les activités humaines
augmentent l'effet de serre naturel. Les plus
importants gaz à effet de serre sont les
suivants : le gaz carbonique (CO2), le
méthane (CH4), l'ozone (O3), l'oxyde nitreux
(N2O) et la vapeur d'eau. La vapeur d'eau
constitue le gaz le plus abondant et
contribue à environ 21°C du réchauffement
de l'effet de serre naturel. Le gaz
carbonique, bien qu'il soit moins abondant
que la vapeur d'eau, est un absorbant de
rayons beaucoup plus efficace, est
responsable d'un autre 7°C du réchauffement
et est le gaz le plus affecté par les activités
humaines. L'ozone des basses couches de
l'atmosphère, le méthane et l'oxyde nitreux
sont responsables de l'autre 5°C17. Même de
légers changements de concentrations
atmosphériques peuvent avoir de graves
conséquences sur la stabilité de l'écosystème
et sur le bien-être des êtres humains.
En plus des gaz à effet de serre
susmentionnés, trois genres de gaz à effet de
serre cités dans le Protocole de Kyoto,
notamment les hydrofluorocarbones, les
perflurorocarbones et les hexafluorures de
soufre détruisent aussi l'ozone
stratosphérique et, ainsi, augmentent
l'exposition humaine aux rayons ultraviolets.
Par conséquent, ils sont semblables aux CFC
mentionnés dans l’encadré 1.0.
11
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Schéma 1.0 L'effet de serre
Adapté de l'Institut Pembina (1999). Climate Change Awareness and Action: A High School
Education Kit, ISBN 0-921719-26-4. Disponible en direct à l'adresse suivante :
http://www.climatechangesolutions.com/english/science/effect-1.htm
14 juillet 2000.
12
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Encadré 1.0 Sources communes de gaz à effet de serre
Gaz carbonique (CO2)
• Les centrales électriques, les véhicules, les fournaises et les moteurs à combustion brûlent les
combustibles fossiles, notamment le charbon, l'huile et le gaz naturel.
• Les arbres meurent ou sont brûlés.
• L'agriculture et le développement perturbent les sols, causant de l'érosion et une perte de
matières organiques.
Méthane (CH4)
• La désintégration anaérobique se produit dans les sites d'enfouissement, les fosses à fumier et
les étangs d'épuration, les terres humides et les dépôts de tourbes, les marécages et la toundra
arctique.
• Le méthane s'échappe des puits de gaz naturel, des pipelines et des mines de charbon.
• Le méthane est produit de façon naturelle dans le système digestif des termites et des
ruminants (mouton et bétail)
• Le méthane est produit dans les combustibles fossiles, le bois et les déchets qui brûlent.
Chlorofluorocarbones (CFC)
• L'entretien et l’élimination de matériel de réfrigération et de climatisation utilisant des CFC.
• La production et l’élimination de mousses plastiques fabriquées avec des CFC.
• La fabrication de matériel électronique dans lequel les CFC servent de solvant de nettoyage.
Oxyde nitreux (N2O)
• Les combustibles fossiles (surtout le charbon) et le bois qui brûlent.
• Les engrais azotés utilisés en agriculture.
• Les sols sont perturbés par l'érosion, le labourage et d'autres activités.
• Peut être formé par l'azote atmosphérique en présence de la lumière du soleil.
Autres importants gaz à effet de serre
• L'ozone des basses couches de l'atmosphère/la brumée produits suite à l'émission de
combustibles fossiles qui brûlent – réagissant avec la lumière du soleil et la chaleur.
Adapté de : J.H. Kara et Kelly, P.M. (1998). The heat trap : The threat posed by rising levels of
greenhouse gases. Document d'information préparé pour les Friends of the Earth. Londres :
Friends of the Earth – UK. Les Amis de la terre international (1995). Friends of the Earth’s
Climate Change Workshop : Leader’s Guide.
13
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Depuis la révolution industrielle, les
concentrations de gaz à effet de serre dans
l'atmosphère ont considérablement
augmenté en raison de l'augmentation
d'émissions causées par des activités
humaines (schéma 1.1). Ce phénomène a
causé un « effet de serre accru ». Puisque les
concentrations de gaz à effet de serre
continueront d'augmenter, les températures
globales s'élèveront, menant à un
changement climatique à l'échelle de la
planète. Les concentrations de gaz
carbonique ont augmenté de 28 p. 100
depuis le début de la révolution industrielle
et les chercheurs scientifiques estiment que
la concentration atmosphérique de CO2
doublera au début de la deuxième moitié du
siècle18. Le brûlage de combustibles fossiles
constitue la principale source d'émissions de
CO2 reliée à l'être humain, représentant, à ce
jour, 75 p. 100 de l'effet de serre accru16.
14
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Schéma 1.1
Augmentations des émissions de gaz à effet de serre
Adapté de : Hengeveld H. (1995), Understanding Atmospheric Change, 2e éd., Environnement
Canada, p. 51. Cité dans : Pembina (1999). The rise in greenhouse gases concentrations – The
Science. Climate Change Solutions. Disponible en direct :
http://www.climatechangesolutions.com/english/science/rise.htm, le14 juillet 2000.
15
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
1.3
Points de vue divergeants
C’est le GIEC, le comité des Nations Unies
regroupant 2 500 chercheurs scientifiques,
qui a avancé l'énoncé le plus définitif quant
à savoir si les activités des êtres humains
affectent le climat de la planète. Le rapport
de 400 pages préparé par le groupe conclut
que « l'équilibre de la preuve ... suggère une
influence humaine évidente sur le climat de
la planète »18.
Certains chercheurs scientifiques sont en
désaccord avec la conclusion voulant que
l'image climatique porte une « signature
humaine » parce que le climat varie, parfois
de façon dramatique, et qu’il a varié au fil
des ans19. La terre a connu à maintes reprises
des périodes glaciaires et des périodes
douces et les chercheurs scientifiques ne
sont pas certains de la raison de ces
oscillations climatiques. Le climat actuel est
considéré comme un climat interglacial
relativement doux.
Les critiques du GIEC et l'hypothèse du
réchauffement anthropique de la planète
pointent souvent dans la direction de l'écart
apparent entre le léger forçage dû aux gaz à
effet de serre des années 1910 à 1940 et du
réchauffement rapide de la planète survenu
durant cette période6. Il est vrai que ce
réchauffement s'est produit trop rapidement
pour qu'il soit attribué uniquement à un
forçage anthropique. Cependant, lorsque les
effets de la variabilité et du forçage solaire
générés à l'interne seront pris en compte, il
n'existera pas d'écart important.
La situation d'un changement climatique
anthropique vient du phénomène suivant.
Depuis la fin des années 1800, la
concentration atmosphérique des gaz à effet
de serre et le chargement atmosphérique
d'aérosols de sulfate ont augmenté de façon
considérable, en très grande partie en raison
d'activités humaines. Au même moment, la
température moyenne de la surface de la
terre s'est réchauffée d'environ 0,7°C20. Une
preuve solide montre que les deux sont
reliés : lorsque les effets d'un forçage
radiatif des gaz à effet de serre et des
augmentations des aérosols sont examinés
de concert avec les effets causés par le
changement estimé dans la production
solaire, les prédictions d'un modèle de
température mondiale moyenne et d'un
changement observé montrent un accord
exceptionnel6.
1.4
Modèles de circulation
générale (MCG)
Il existe plusieurs débats quant aux
répercussions régionales et le taux de
changement climatique. Il y a cependant peu
de débats à l'effet qu'un changement
climatique se produit. La plupart des
chercheurs scientifiques s'entendent sur le
fait que les températures augmentent. La
plupart des débats sont centrés autour de la
mesure dans laquelle l'augmentation est
causée par une croissance d'émissions de
gaz à effet de serre et quel est l’impact de
cette hausse de température. Par exemple, de
quelle façon les changements de
concentration des gaz à effet de serre
affectent les régimes climatiques,
notamment la température, les
précipitations, la couverture nuageuse, la
glace marine, le manteau nival, les vents et
les courants atmosphériques et océaniques?
Les prédictions de changement climatique
sont calculées au moyen de modèles
informatiques ou de modèles de circulation
générale (MCG) qui stimulent de façon
mathématique les interactions terrestres,
maritimes et aériennes, lesquelles
déterminent ensemble le climat terrestre.
Ces modèles aident à prédire les
changements climatiques à l'aide de divers
scénarios21. La confiance en la capacité de
ces modèles à prédire plusieurs
caractéristiques à grande échelle repose en
grande partie sur leur fondement de lois
physiques acceptées, leur capacité de décrire
avec exactitude plusieurs aspects du climat
actuel et leur habileté à reproduire certaines
importantes caractéristiques des climats
16
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
passés7. Les modèles ne visent pas à prédire
les événements météorologiques et la
résolution est trop générale pour représenter
les effets de caractéristiques géographiques
locales comme les montagnes qui peuvent
influencer le climat régional. Ils constituent
cependant des outils pratiques pour
examiner les tendances et les régimes
climatiques à long terme et les réactions à
d'importants changements.
Presque toutes nos connaissances actuelles
de l'éventuel impact climatique du
réchauffement dû à l'effet de serre vient
d'expériences avec des climats présentant un
« doublement du gaz carbonique » (y
compris plusieurs modèles cités par le
GIEC). Ces expériences stimulent le climat
produit lorsque l'atmosphère du modèle a
une concentration de gaz carbonique
stabilisée à environ 560 ppmv (parties par
million en volume) ou deux fois la
concentration préindustrielle (en tenant
compte du gaz carbonique équivalent à tous
les gaz à effet de serre)16. Les modèles
informatiques fondés sur cette hypothèse
prédisent constamment des températures
moyennes supérieures. Un doublement du
gaz carbonique peut, en bout de ligne,
causer une augmentation moyenne de la
température de la surface de la planète de
l'ordre de 1,5 à 4,5°C par rapport à la
période préindustrielle. Cependant, puisque
d'autres gaz à effet de serre augmentent
également, un effet réchauffant équivalent à
un doublement se produira bien avant que le
gaz carbonique n'atteigne le point de
doublement de 560 ppmv16.
Le MCG canadien montre un réchauffement
de l'ordre de 4,8°C dans le sud du Canada et
peu de changement entre saisons. Plus au
nord, le réchauffement est amplifié à 8 à
12°C en hiver et un réchauffement plus
modeste de l'ordre de 0 à 6°C en été.
Cependant, les modèles actuels suggèrent
(appuyés par les données récentes) que les
changements de température seront loin
d'être uniformes pour la planète et pour le
territoire canadien, en particulier lorsque les
effets locaux d'un rafraîchissement causés
par les aérosols acidesiii sont incorporés à la
formule16.
1.4.1
Limitations et incertitudes
Limitations et incertitudes des MCG :
•
•
Puisque chaque processus du système
climatique ne peut être pleinement
stimulé, il faut faire des hypothèses,
simplifier le processus et en faire
l'approximation. Par exemple, les
complexités liées à la formation d'un
nuage, à la couverture nuageuse et à
d'autres éléments affectant la
précipitation créent d'importantes
incertitudes dans l'estimation des
changements de précipitation21.
Les modèles de la planète ne possèdent
pas assez de détails pour modéliser avec
plus de certitude les caractéristiques
régionales du climat; caractéristiques
régionales qui ont le plus d'influence sur
les systèmes d'eau naturelle et sur les
activités humaines16.
Des incertitudes plus importantes
(n'émanant pas d'une limitation particulière
dans les régimes climatiques), notamment
les estimés du taux à venir d'émissions de
gaz à effet de serre, limitent la capacité de
prédire avec exactitude la façon dont le
climat changera à l'avenir.
iii
En éparpillant et en reflétant la lumière du
soleil loin de la terre (causant des couchers de
soleil rouge vif), les aérosols acides (petites
particules) ont un effet refroidissant sur la
troposphère.
17
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Encadré 1.1 Accent sur le CO2
Les organismes vivants et les activités humaines (augmentant avec la croissance de la population)
produisent le gaz carbonique (CO2), le principal gaz à effet de serre, plus particulièrement par le
brûlage des combustibles fossiles. En 1996, les activités de la population canadienne ont causé la
libération de 508 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, représentant 75 p. 100 de la
contribution canadienne au réchauffement de la planète.
Le secteur du transport constitue une des principales sources d'émissions de gaz carbonique. Par
exemple, la conception de plusieurs villes exige une forte dépendance à l’usage d'automobiles,
lesquelles contribuent aux émissions de gaz carbonique. La réduction d'émissions de CO2 exige
une modification des décisions personnelles de mode de vie pour améliorer la durabilité
environnementale et économique en plus de l'aspect esthétique et de l'habitabilité de nos
collectivités.
Autrefois, la plupart des émissions de CO2 étaient absorbées par les plantes, le sol et les océans,
collectivement connus comme les « éviers de carbone ». Ces éviers de carbone agissent comme
des réservoirs de CO2, chacun équilibrant l'absorption et la libération de CO2. Cependant, de nos
jours, la production annuelle de CO2 excède la capacité d'absorption des plantes et d'autres
« éviers » naturels où est entreposé le carbone. Par exemple, la destruction massive des forêts au
cours des 50 dernières années a contribué à une diminution de l'absorption du CO2.
Source : J. Last, Trouton, K. et Pengelly, D. (1998). Taking our Breath Away - The Health
Effects of Air Pollution and Climate Change. Vancouver : Fondation David Suzuki.
18
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
1.5
Augmentations des
températures
Selon les MCG, il est prévu que si des
mesures ne sont pas prises pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre reliées aux
activités humaines, la température moyenne
de la surface terrestre augmentera de 1,5 à
4,5°C dans la deuxième moitié du siècle,
soit une augmentation de l'ordre de 0,1°C à
0,5°C par décennie au cours du prochain
siècle, laissant une température moyenne de
la planète supérieure à tous les niveaux des
100 000 dernières années18. Cependant, ce
réchauffement ne serait pas distribué
uniformément sur la planète. Le
réchauffement le plus prononcé se produirait
dans les altitudes les plus élevées en hiver et
les moins élevées dans les régions
tropicales; les régions intérieures
continentales se réchaufferaient davantage
que les océans.
phénomène de réchauffement, il suffit de
constater que les neuf années les plus douces
(pour la planète) ont eu lieu depuis 1980,
c'est à dire 1998, 1997, 1991, 1990, 1989,
1988, 1987, 1983 et 1981. Les températures
enregistrées en 1998 étaient plus
qu'inhabituelles, elles étaient sans précédent.
Après 1997, l'année la plus chaude sur une
moyenne mondiale, 1998 est devenue la
nouvelle référence. En 1998, la température
moyenne de la surface terrestre a été la plus
élevée depuis que l'homme la mesure à l'aide
d'un thermomètre22. De nouveaux records
mensuels de température élevée ont été
établis au cours de chacun des 18 mois
consécutifs se terminant en octobre 1998.
Dans les six premiers mois de 1998, de
grandes sections du Canada ont connu des
températures entre 4 et 7°C au-dessus des
températures normales23. Les températures,
durant l'été 2000, ont été relativement
normales (c.-à-d. 0,2°C au-dessus des
températures normales)24.
La température moyenne de l'air de la
planète a augmenté d'environ 0,7°C au cours
du dernier siècle20. Pour prouver ce
19
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Encadré 1.2 Accent sur la consommation d'énergie
Le Canada est le plus grand consommateur d'énergie par habitant au monde et le deuxième plus
important producteur de gaz à effet de serre parmi les pays industrialisés. Certaines des raisons
expliquant cette consommation élevée d'énergie par habitant au Canada comprennent : le climat
froid, les longues distances entre agglomérations et des industries énergivores comme la fusion
des minéraux, le traitement du gaz naturel, les raffineries de pétrole et la production de pâte et
papier. Les facteurs liés au mode de vie sont néanmoins tout aussi importants – presque 20 p. 100
de la consommation énergétique canadienne se trouve dans le secteur résidentiel. De plus, une
grande partie du (transport, industriel, commercial) sont étroitement liés aux modes de vie
canadiens. Le transport de passagers et les activités résidentielles représentent un quart des
émissions de gaz carbonique au Canada.
En moyenne, un domicile canadien consomme environ 50 000 kWh d'électricité par année. A des
fins de condensation/refroidissement, la production de l kWh d'électricité demande 140 litres
d'eau pour les usines de combustibles fossiles et 205 litres d'eau pour les centrales nucléaires. La
génération d'énergie hydroélectrique est, de nos jours, la principale source d'électricité au Canada,
représentant environ 62 p. 100 de la demande d'électricité. La production et la consommation de
combustibles et d'électricité dans les villes mènent à des stress environnementaux au niveau local
et mondial. En particulier, la combustion de carburants pour l'automobile, le chauffage des
demeures et les entreprises commerciales à très haut niveau de concentration dans les villes
mènent à une pollution atmosphérique locale causée par des émissions d'oxyde nitreux, de
composés organiques volatiles, de dioxyde de soufre et de particules et contribue au
réchauffement de la planète suite à la libération de gaz carbonique.
Source : Last, J., Trouton, K. et Pengelly, D. (1998). Taking our Breath Away - The Health
Effects of Air Pollution and Climate Change. Vancouver : Fondation David Suzuki.
20
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
1.6
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23
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
2
La pollution
atmosphérique et ses
répercussions sur la
santé
L
a combustion de combustibles
fossiles pose un double obstacle. Elle
produit du gaz carbonique et d'autres
gaz, lesquels contribuent non seulement aux
gaz à effet de serre qui réchauffent la
planète, mais aussi à la libération de
minuscules particules dans l'air qui peuvent
rendre les gens malades et endommager
leurs poumons1. Le changement climatique
peut augmenter l'exposition aux polluants
atmosphériques en affectant la température
et en influençant par le fait même la
concentration de la pollution locale et
régionale. Les conditions atmosphériques
locales, y compris la température, les
précipitations, les nuages, la vapeur d'air
atmosphérique, la vitesse du vent et la
direction du vent influencent les réactions
chimiques atmosphériques2. Ces conditions
peuvent aussi avoir des répercussions sur les
processus de transport atmosphérique et sur
le taux d'exportation des polluants des
environnements urbains et régionaux dans
les environnements à l'échelle globale3. Des
canicules estivales plus intenses produiraient
des brumées plus graves et des épisodes
d'ozone. Le changement climatique peut
aussi avoir des répercussions sur les
émissions anthropiques par l'entremise de
réactions adaptatives comprenant des
augmentations de combustion de
combustibles pour la production d'énergie
(p. ex., climatisation). Le changement
climatique peut aussi causer un déplacement
dans la distribution et les genres d'allergènes
dans l'air2.
L'asthme et d'autres problèmes respiratoires
sont à la hausse; le changement climatique
et la pollution atmosphérique peuvent
empirer cette tendance. Bien que les causes
précises de l'augmentation des taux d'asthme
demeurent inconnues, des épisodes aigus
d'asthme ont été liés à la présence de
certaines poussières, du pollen, d'ozone,
d'autres polluants atmosphériques ou d'un
mélange de certains de ces éléments dans
l'air4. En outre, la gravité de l'asthme et des
allergies peut être intensifiée par la chaleur
et l'humidité et peut contribuer aux
difficultés à respirer. En raison de ces
facteurs, la température et le climat peuvent
influer de façon directe sur des désordres
respiratoires comme l'asthme par des baisses
soudaines de température ou de façon
indirecte par une augmentation des niveaux
de polluants5.
Plusieurs effets sur la santé associés aux
répercussions climatiques sur la pollution
atmosphérique dépendent des niveaux de
pollution atmosphérique à venir2. Depuis
1970, les niveaux généraux de polluants de
l'air ambiant ont diminué6. Cependant, la
majorité des polluants atmosphériques
réglementés proviennent de la combustion
de combustibles fossiles7,8 et, par
conséquent, l'augmentation de la
consommation d'énergie et de combustible
continue de contribuer aux augmentations
d'émissions de polluants atmosphériques
sans contrôle supplémentaire sur les
polluants atmosphériques2.
Les résultats de récentes études démontrent
que près de 8 p. 100 de tous les décès non
traumatiques dans les villes canadiennes
sont attribuables à la pollution
atmosphérique causée par la combustion de
combustibles fossiles9. Selon une étude
récente publiée dans Lancet, plus de
700 000 décès par année à l'échelle
mondiale sont causés par une exposition à
des particules de pollution atmosphérique
résultant de la combustion de combustibles
fossiles, laquelle pourrait être évitée par des
politiques efficaces de contrôle climatique10.
Les statistiques démontrent que les enfants
du Canada sont plus susceptibles d'être
hospitalisés pour des problèmes respiratoires
causés par une exposition aux polluants
24
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
atmosphériques que par toute autre cause.
Dans le sud de l'Ontario, les taux
d'admission dans les hôpitaux en raison de
maladies respiratoires ont augmenté de
5 à 6 p. 100 avec l'augmentation des
polluants atmosphériques, et les enfants âgés
de moins de deux ans semblent être les plus
touchés11. Les résultats d'une autre étude
démontrent que 14 p. 100 de toutes les
admissions de nouveau-nés pour maladie
respiratoire sont associées à la pollution
atmosphérique. Ces statistiques sont
alarmantes car il est prévu que la qualité de
l'air continuera de se détériorer avec le
changement climatique.
En raison de leur petite stature et de leurs
habitudes de jeu (ramper et se rouler), les
jeunes enfants sont plus susceptibles d'être
exposés à des polluants ou à des aérosols
plus lourds et plus concentrés dans la zone
de respiration près du sol12. Les enfants
consacrent plus de temps à des activités
vigoureuses à l'extérieur que les adultes et,
par conséquent, les endroits dans lesquels ils
jouent et le niveau d’air qu’ils respirent
augmentent leur risque d'exposition. Par
exemple, les enfants consacrent beaucoup de
temps à jouer activement dans des parcs
urbains et dans des cours d'école, de sorte
qu'ils sont beaucoup plus exposés aux
polluants des véhicules automobiles13.
Les jeunes enfants souffrent aussi d'une plus
grande exposition aux polluants
atmosphériques puisqu’ils ont besoin de plus
d'air par kilogramme de masse corporelle
que les adultes; ils inhalent donc de plus
grandes quantités de polluants
atmosphériques par rapport à leur masse
corporelle. Par exemple, l'air que respire un
nouveau-né au repos est le double de celui
qu’inhale d'un adulte au repos14.
La vulnérabilité psychologique des enfants à
la pollution atmosphérique augmente en
raison du fait que leurs poumons sont en
pleine croissance15. L'irritation causée par
les polluants atmosphériques qui ne
produiraient qu'une légère réaction chez un
adulte peut produire une éventuelle
obstruction importante des voies d’air d'un
jeune enfant. De plus, la durée de
l'exposition à la pollution et la combinaison
des polluants inhalés peuvent avoir des
effets cumulatifs.
Les enfants de familles qui ne sont pas
habitués aux températures chaudes et qui
n'ont pas accès à des immeubles climatisés
sont plus susceptibles de souffrir
davantage16. Lorsque les températures
augmentent, les personnes souffrant de
maladies respiratoires et demeurant dans des
endroits non climatisés sont plus portées à
garder leurs fenêtres ouvertes pour permettre
une meilleure circulation de l'air.
Malheureusement, les niveaux de polluants
atmosphériques sont plus élevés durant les
mois d'été, augmentant par le fait même les
risques que des polluants comme l'ozone
déclenchent des épisodes d'asthme.
2.1
Composantes de la pollution
atmosphérique et
répercussions sur la santé
Le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde
d'azote (NO2), le monoxyde de carbone
(CO), les particules (PM10 et PM2,5) et
l'ozone des basses couches de l'atmosphère
(O3) sont les constituants les plus fréquents
de la pollution atmosphérique urbaine au
Canada et, partant, peuvent affecter de façon
néfaste la majorité des Canadiennes et des
Canadiens. Ces polluants proviennent de la
combustion des combustibles fossiles
servant à la génération d'énergie dans les
processus industriels, le transport, le
chauffage et la climatisation.
Dans les environnements urbains, la
formation de polluants atmosphériques
secondaires, notamment l'ozone des basses
couches de l'atmosphère, augmente à haute
température. Le changement climatique peut
accélérer les réactions chimiques
atmosphériques qui produisent des polluants
atmosphériques secondaires5. À l'exception
du monoxyde de carbone, qui nuit à
25
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
l'absorption de l'oxygène dans la circulation
sanguine, ces substances irritent les yeux et
le système respiratoire.
couche d’ozone de la troposphère pour
éliminer certains rayons ultraviolets du
soleil18.
Les polluants susmentionnés réduisent
l'efficacité des poumons et aggravent les
conditions respiratoires existantes. Ils
peuvent déclencher une toux et une douleur
en respiration profonde et sont
particulièrement dangereux pour les enfants,
les personnes souffrant de désordres
respiratoires chroniques comme l'asthme et
la bronchite et les personnes atteintes de
maladies cardiorespiratoires17. À l'exception
du monoxyde de carbone, chaque polluant
susmentionné fera l'objet d'une étude
individuelle pour ce qui est de ses
répercussions sur la santé.
L'ozone des basses couches de l'atmosphère
endommage les cellules revêtant les voies
respiratoires en causant une irritation, un
brûlement et des difficultés à respirer, y
compris une oppression thoracique et une
douleur à l'inspiration19. Lorsque l'ozone est
inhalé, même à de très bas niveaux, il peut
causer des problèmes respiratoires, aggraver
l'asthme, causer une inflammation des tissus
pulmonaires et nuire au système
immunitaire, rendant les gens plus
susceptibles de souffrir de maladies
respiratoires. Ces symptômes peuvent se
présenter à des concentrations d'ozone aussi
basses que 0,012 ppm – des niveaux
typiques dans plusieurs villes. Par exemple,
plus de la moitié de la population
canadienne demeure dans des régions où
l'ozone des basses couches de l'atmosphère
peut atteindre des niveaux inacceptables
durant les mois d'été20.
2.1.1
Ozone
Les concentrations d'ozone des basses
couches de l'atmosphère dépendent des
conditions météorologiques et sont
habituellement plus élevées durant les mois
d'été chauds et secs17. L'ozone des basses
couches de l'atmosphère est un gaz formé
par l'interaction de la lumière du soleil et des
températures douces avec les oxydes d'azote
(NOx) et les composés organiques volatiles
(COV) (contrairement à la couche d'ozone
stratosphérique qui se trouve beaucoup plus
loin dans l'atmosphère et qui est formée
comme un déchet de l'activité
photosynthétique des plantes vertes5). Les
sources de COV et d'émissions d'azote
comprennent les véhicules routiers, les
usines de fonte et affinage, l'industrie du
nettoyage à sec et les centrales à charbon.
Les niveaux sont plus élevés durant le jour,
en été, sous le vent des routes
congestionnées et des cheminées
industrielles.
L'ozone des basses couches de l'atmosphère
est le principal constituant de la brumée
photochimique qui recouvre plusieurs
régions urbaines, en particulier durant les
mois d'été. Il agit aussi comme gaz à effet de
serre pour réchauffer l'atmosphère et comme
L'ozone des basses couches de l'atmosphère
pose un problème unique pour les enfants
car il est formé pendant les jours ensoleillés,
période au cours de laquelle les enfants sont
actifs et jouent dehors. Les enfants atteints
d'asthme et ceux qui n'ont pas été
diagnostiqués avec des maladies
pulmonaires présentent des effets
respiratoires suite à une exposition à l'ozone
des basses couches de l'atmosphère11. Les
résultats de plusieurs études démontrent une
diminution de la fonction pulmonaire des
enfants suite à une exposition à l'ozone21.
Les résultats d'études indiquent que les
alvéoles des jeunes enfants peuvent être
affectées par l'exposition à l'ozone des
basses couches de l'atmosphère; cette
exposition peut affecter la croissance de
leurs poumons22. Puisque les nouveau-nés
possèdent moins d'alvéoles que les adultes,
ils sont plus susceptibles aux effets des
contaminants23. L'exposition aux
contaminants peut aussi nuire au
26
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
développement des alvéoles et avoir des
conséquences pendant toute leur vie. Une
diminution de la fonction pulmonaire dans la
première année de vie prédit une
augmentation des maladies des voies
respiratoires inférieures plus tard au cours de
la vie. Des études réalisées sur des animaux
exposés à l'ozone des basses couches ont
aussi démontré des déficiences
physiologiques permanentes qui ont
progressé jusqu'à des changements
structurels des poumons24. Une
inflammation aiguë des poumons est
devenue une inflammation chronique, guérie
par un processus connu sous le nom de
fibrose ou une cicatrice qui durcit les
poumons et qui peut les rendre moins
capables d'échanger efficacement les gaz.
polluants qui contribue le plus à la
production d'ozone des basses couches de
l'atmosphère et peut contribuer de façon
importante aux niveaux intérieurs du
contaminant.
Une étude réalisée dans un camp d'été
auprès d'enfants atteints d'asthme a
démontré que la pollution atmosphérique par
l'ozone est considérablement corrélée à une
augmentation de l'utilisation de
médicaments contre l'asthme et de
l'aggravation d'autres symptômes de
l'asthme25. Les enfants étaient 40 p. 100 plus
à risque de souffrir d'attaques d'asthme
durant les jours plus pollués. Une étude
réalisée en Ontario a estimé que 5 p. 100 de
toutes les admissions d'enfants à l'hôpital
étaient attribuables à l'effet de l'ozone durant
les mois d'été des années 1983 à 198811. Cet
effet était linéaire et ne montrait pas un seuil
« sans effet », indiquant qu'il n'existe pas de
niveau d'ozone sans risque. Cette situation
est particulièrement préoccupante si le
changement climatique continue de produire
des étés en moyenne plus chauds ou des
épisodes météorologiques extrêmes, faisant
en sorte que des millions de personnes sont
exposées à des niveaux d'ozone dangereux19.
Les concentrations de brumée sont très
élevées pendant les jours chauds et
ensoleillés, car ses composantes (ozone des
basses couches de l'atmosphère, NOx et
COV) réagissent à la lumière du soleil. Ce
phénomène est dû, en partie, aux
températures plus élevées qui augmentent
l'évaporation de liquides volatiles comme
l'essence et les solvants organiques. En vertu
du doublement du scénario de gaz
carbonique, la fréquence des journées
présentant des températures supérieures à
30°C pourrait passer, dans certaines villes
canadiennes comme Toronto, de la moyenne
actuelle de 10 jours par année à plus de
50 jours par année28. Cette situation risque
d'augmenter le nombre de journées de
brumée, ce qui peut conséquemment mener
à un nombre supérieur d'admissions dans les
hôpitaux29.
2.1.2
Oxydes d'azote (NOx)
L'oxyde d'azote (N2O) et le dioxyde d'azote
(NO2) sont formés par la combustion de
combustibles fossiles. Les sources
comprennent les installations d'énergie et les
véhicules automobiles. Le NO2 est un des
Le NO2 peut irriter les poumons et diminuer
la résistance aux infections respiratoires
comme la grippe26. En présence de NO2, la
muqueuse bronchique peut devenir plus
perméable aux allergènes, diminuant le seuil
de sensibilisation nécessaire et augmentant
l'incidence d'asthme allergène. Une
augmentation de la réactivité des voies
aériennes a aussi été liée à une exposition à
des niveaux élevés de NO2 dans l'air27.
2.1.3
Brumée
La brumée a tendance à se concentrer dans
les régions urbaines où un grand nombre de
personnes sont vulnérables aux effets
néfastes connexes sur la santé30. Cependant,
la brumée n'est pas un phénomène
uniquement urbain – les caractéristiques
topographiques jouent aussi un rôle. Dans la
partie ouest du Canada, des quantités
élevées d'ozone des basses couches de
l'atmosphère se déplacent sur 100
27
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
kilomètres, de Vancouver à la vallée du
Fraser. Dans le centre du Canada, le corridor
de pollution s'étend de Windsor à Québec.
Des niveaux élevés d'ozone des basses
couches de l'atmosphère ont aussi été
remarqués dans les régions agricoles du sudouest de l'Ontario où les dommages à la
récolte et à la végétation se produisent, en
plus du secteur des chalets d'été le long du
Lac Huron. Dans les Maritimes, le corridor
de brumée s'étend du Nouveau-Brunswick
jusqu'à l'ouest de la Nouvelle-Écosse18.
2.1.4
Particules (PM10 & PM2,5)
Les particules sont de petites matières
particulaires qui demeurent suspendues dans
l'air et qui varient en composition chimique
et en origine. Les particules de diamètre
inférieur à 10 µm (PM10 = 2,5 à 10 µm et
PM2,5 <2,5 µm) ont les incidences les plus
néfastes pour la santé28. Les sources
naturelles comprennent le brouillard, la
poussière, la fumée des incendies de forêt et
les volcans. Les sources humaines
comprennent la combustion des
combustibles fossiles provenant des moteurs
diesel et à essence, des foyers et des
fournaises, de la combustion de biomasse,
de la poussière de processus mécaniques
comme l'exploration minière et le
concassage, et la poussière de la route
causée par le déplacement des véhicules.
Les mécanismes par lesquels les particules
inhalées blessent les poumons sont divers,
mais l'inflammation du poumon joue un rôle
important31. Les petites particules ont
tendance à être plus actives sur le plan
chimique en plus d'être plus acides et,
partant, plus dommageables32. Les PM10
sont éliminées dans le système respiratoire
supérieur; cependant, les PM2,5 peuvent
pénétrer dans les alvéoles et se déposer au
plus profond des poumons, où les
mécanismes naturels d'évacuation sont
moins efficaces. Il est établi sans équivoque
que ces particules peuvent endommager les
poumons en pleine croissance et affecter la
santé des enfants.
Une batterie d'études scientifiques a établi
un lien entre les particules, et surtout les
petites particules (seules ou avec d'autres
polluants atmosphériques) et la mort
prématurée, les admissions dans les hôpitaux
découlant de problèmes respiratoires,
l'exacerbation de l'asthme aigu et les
symptômes respiratoires aigus comme la
douleur thoracique grave, la respiration
haletante, la toux aggravée, la bronchite
chronique et la fonction pulmonaire
diminuée33,34. Les niveaux supérieurs de
mortalité infantile ont aussi été associés à
des niveaux élevés de particules. Selon une
étude réalisée aux É.-U. sur les décès de
nouveau-nés dans le premier mois de vie et
la pollution atmosphérique causée par des
particules, les personnes qui vivent dans des
régions de grande exposition au PM10 sont
45 p. 100 plus à risque de mourir que ceux
qui demeurent dans des régions moins
polluées35.
Les augmentations de niveaux de particules
ont été associées à une augmentation de la
toux, des problèmes de fonction respiratoire
et d'hospitalisations chez les enfants en santé
ainsi que chez les enfants souffrant
d'asthme36,37. Cependant, les enfants
souffrant de sifflement, d'asthme, de toux
chronique et de mucosités chroniques sont
plus vulnérables aux répercussions sur la
santé causées par l'inhalation de fines
particules5. De nombreuses études associent
les particules aux changements aigus de la
fonction respiratoire et aux maladies
respiratoires se traduisant par l’absentéisme
scolaire en raison d’infections respiratoires
ou par l'aggravation de conditions
chroniques comme l'asthme et la
bronchite38,39.
2.1.5
Dioxyde de soufre
Le dioxyde de soufre (SO2) est un gaz
irritant qui est très hydrosoluble et qui
provient de la combustion du soufre, du
charbon et de l'huile contenant du soufre. Le
dioxyde de souffre accompagne
habituellement la pollution causée par des
28
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
particulesiv; il est par conséquent souvent
difficile de séparer les répercussions sur la
santé de ces deux polluants.
Les niveaux élevés de SO2 affectent la santé
des enfants et causent une irritation aiguë de
leurs voies respiratoires supérieures et de
leurs yeux40. Dans des concentrations plus
élevées, le SO2 peut causer une constriction
bronchique et, en bout de ligne, une
diminution de la fonction respiratoire chez
les enfants asthmatiques. On estime
qu'environ 1 p. 100 des hospitalisations
d'enfants en Ontario sont le résultat de
niveaux élevés de SO2 dans l'air 11. Les
enfants atteints d'asthme sont plus sensibles
au SO2, surtout en présence de pollution
causée par l'ozone, démontrant que les
polluants atmosphériques ne se produisent
généralement pas en isolation, mais dans des
mélanges complexes qui créent le potentiel
d'effets synergiques entre polluants41,42.
2.2
Déclencheurs de l'asthme et
de la fièvre des foins
Une augmentation du nombre de personnes
atteintes d'asthme, de désordres allergiques
et de maladies cardio-respiratoires pourrait
être le résultat de changements climatiques
dans la formation et la persistance de
pollens, de spores et de certains
polluants46,47,48.La production d'allergènes
provenant des plantes, notamment les
pollens et les spores, très sensibles au climat
et aux températures douces, peut accélérer la
production de pollen ou modifier la
distribution géographique des espèces de
plantes49. Un changement climatique
pourrait, par conséquent, affecter le schéma
de divers désordres allergiques saisonniers
(surtout la fièvre des foins et l'asthme) par
son impact sur la production de ce genre
d'allergènes2. Dans certaines conditions
(p. ex., une augmentation de température et
d'humidité), certains des déclencheurs qui
exacerbent l'asthme sévissent.
Les répercussions de ce genre de
changements sur l'incidence régionale de
l'asthme sont difficiles à prédire. Il est
inconcevable que pour certaines populations
de régions particulières, un changement
d'herbes ou d'espèces d'arbres dominants ou
le déclin d'une espèce moins commune mais
peut-être plus allergène peut mener à une
amélioration au cours de la saison
pollinique50. Au contraire, la confluence de
changements climatiques (longues périodes
sèches ponctuées de fortes pluies) et la
prolifération d'espèces de mauvaises herbes
peut produire une saison pollinique plus
intense.
La littérature comprend bon nombre
d'exemples sur une association entre
l'apparition d'orages, lesquels contribuent à
l'ozone des basses couches de l'atmosphère,
et les périodes intenses d'épisodes d'asthme,
nécessitant une admission en salle
d'urgence50,51. Une prévalence élevée de
patients présentant une sensibilité aux
pollens des plantes herbacées semble être un
facteur particulier remarqué pendant ces
épisodes. On retrouve des indications d'une
libération soudaine de granules d'amidon
provenant du pollen des plantes herbacées
dans les pluies fortes et soudaines, réitérant
de nouveau le rôle joué par les herbes
pendant ces épisodes. Dans les scénarios de
changement climatique, les orages devraient
être plus graves, causant ainsi des poussées
supérieures d'asthme50.
iv
Les fines particules de sulfate proviennent du
SO2.
29
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Encadré 2.0 Prévalence de l'asthme chez les enfants
L'asthme est une maladie respiratoire chronique caractérisée par un rétrécissement soudain et
intermittent des voies aériennes, causant des difficultés à respirer, une oppression thoracique et
une toux. L'asthme est, de nos jours, la maladie chronique des enfants la plus fréquente au Canada
et aux États Unis.
Depuis les années 1970, on a dénombré des augmentations importantes dans la prévalence de
l'asthme, dans la morbidité et la mortalité des enfants des pays industrialisés et en voie de
développement. Une récente étude réalisée par Statistique Canada a confirmé une quadruple
augmentation de l'asthme chez les enfants sur une période de 20 ans; des données d'admission à
l'hôpital révélant cette augmentation43. Le rapport a indiqué qu'en 1994-1995, la prévalence de
l'asthme chez les personnes âgées entre 0 et 14 ans était de l'ordre de 11,2 p. 100 (affectant
environ 672 000 enfants), comparativement à 2,5 p. 100 en 1978-1979. Une récente étude réalisée
par Santé Canada a démontré une incidence encore plus élevée de l'asthme chez les enfants d'âge
scolaire (5 à 19 ans) dans des unités de santé sentinelles un peu partout au Canada44. Bien qu’on
débatte de la question de savoir si cette augmentation est causée par des diagnostics excessifs,
bon nombre d'études internationales suggèrent que les changements environnementaux peuvent
contribuer à l'augmentation43.
Les experts s’entendent généralement pour dire que les augmentations de diagnostics d'asthme
observés à l’échelle internationale ne sont pas le résultat de changements diagnostiques ni
d'importants changements dans les facteurs génétiques reliés à l'asthme44. Cependant, il est
difficile de confirmer avec certitude que l'augmentation de l'incidence d'asthme est due
uniquement à des facteurs environnementaux. Les déterminants environnementaux semblent être
des facteurs importants qui empirent la maladie existante et(ou) exacerbent les symptômes plutôt
qu'une explication des nouveaux cas d'asthme39,45. À ce titre, les enfants asthmatiques
représentent un sous-groupe d'enfants particulièrement sensibles. En plus de l'exacerbation
environnementale de l'asthme, les allergènes biologiques, les virus et les autres organismes
infectieux jouent un important rôle en causant des maladies respiratoires chez les enfants.
30
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
2.3
L'air à l'intérieur
Bien que les incidences sur la santé
associées aux polluants de l'air extérieur
deviennent de plus en plus apparentes, il
importe de reconnaître que la qualité de l'air
intérieur peut aussi affecter à long terme la
santé des enfants. Le changement climatique
peut affecter le nombre d'heures passées à
l'intérieur des individus. Ces derniers
peuvent passer plus de temps dans des
endroits climatisés pour éviter les chaleurs
extrêmes ou consacrer plus de temps aux
activités extérieures si les températures
hivernales sont plus douces, ce qui se traduit
par des changements d'exposition aux
polluants et aux allergènes de l'air intérieur2.
Dans certaines situations, ces
environnements internes peuvent être plus
dangereux que les conditions ambiantes2. Le
US Environmental Protection Agency
précise que les niveaux intérieurs de certains
polluants comme les COV peuvent être entre
deux à cinq fois supérieurs aux niveaux
extérieurs52. Le Agency’s Science Advisory
Board ajoute que la pollution de l'air
intérieur constitue un des cinq principaux
dangers environnementaux pour la santé
humaine.
Les enfants canadiens consacrent
actuellement presque 90 p. 100 de leur
temps dans des environnements intérieurs
comme la maison, les garderies de jour ou
les écoles, les patinoires intérieures et les
centres d'achat. Compte tenu du fait que les
enfants consacrent autant de temps à
l'intérieur, il est inquiétant de remarquer que
le Canada ne possède actuellement aucun
règlement ciblant la qualité de l'air dans ces
endroits13. Le nombre de plaintes liées à la
qualité de l'air intérieur a augmenté au cours
des dernières décennies et on remarque une
tendance vers des immeubles plus
hermétiques et des mesures de conservation
d'énergie53. De nos jours, les immeubles et
les maisons mal ventilés peuvent être la
cause de problèmes d'air intérieur.
Il existe six principales catégories de
pollution de l'air intérieur : les particules
respirables, le NO2, les COV, les composés
organiques semi-volatiles, les agents
infectieux et les allergènes (c.-à-d. la
moisissure et les champignons) et le
monoxyde de carbone13,53. Les sources
communes de ces polluants internes
comprennent les matériaux des immeubles
(c.-à-d. les panneaux de particule et
l'isolation), le rembourrage, les tapis, les
rideaux, les décorations murales, la
combustion de combustibles fossiles dans
les poêles et les fournaises, les colles, les
agents de nettoyage, les peintures, les
adhésifs et la fumée du tabac.
Les sources de pollution de l'air extérieur
adjacent (les émissions des moteurs de
véhicules dans les garages, les quais de
chargement, la poussière de la rue s'infiltrant
dans les entrées d'air, etc.) font aussi partie
des problèmes de qualité de l'air intérieur53.
Une détérioration supplémentaire de la
qualité de l'air intérieur, laquelle dépend de
la qualité de l'air extérieur et de la force des
émissions des sources intérieures, constitue
un nouveau problème. La qualité de l'air
extérieur devrait se détériorer lors d'un
changement climatique et les émissions
intérieures devraient augmenter en raison
d'une mauvaise ventilation, de l'utilisation
accrue des poêles à bois et des chaufferettes
au kérosène et de l'introduction de nouveaux
produits chimiques et de contaminants dans
les produits de consommation et dans les
matériaux de construction.
Plusieurs de ces polluants intérieurs sont
désormais reconnus pour causer l'asthme ou
comme déclencheurs de la maladie. Une
étude récente réalisée par Statistique Canada
a confirmé une quadruple augmentation du
nombre d'enfants atteints d'asthme sur une
période de 20 ans43. Cette augmentation est
peut-être due à une augmentation de
l'exposition à des allergènes et à des produits
toxiques résultant des circonstances des
modes de vie modernes. Au cours des
31
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
dernières années, des efforts bien
intentionnés visant la conservation d'énergie
ont mené à une réduction des niveaux d'air
frais dans les immeubles. Jumelés aux
nouveaux produits de nettoyage et de
contrôle des parasites et des animaux
nuisibles et aux matériaux de construction et
mobiliers synthétiques, les immeubles trop
étanches ont peut-être créé des
environnements intérieurs malsains.
d'enfants présentant des problèmes
respiratoires préexistants devraient être très
sensibles à l'indice quotidien de pollution de
l'air puisque leurs enfants représentent une
population particulièrement vulnérable.
Une réduction des émissions de
combustibles fossiles aiderait à mener à une
diminution des effets néfastes sur la santé.
Une cause probable et imprévue des
préoccupations concernant l'air intérieur est
survenue au cours de la tempête de verglas
qui a frappé l'est de l'Ontario et l'ouest du
Québec en 1998. Les gens ont tenté de se
garder au chaud dans leurs maisons à l'aide
de générateurs à gaz et de barbecues au
charbon gardés à l’intérieur des maisons. Le
résultat : une augmentation du nombre de
personnes soufrant d'empoisonnement au
monoxyde de carbone et nécessitant un
traitement dans une chambre hyperbare54.
Entre le 5 janvier et le 31 janvier 1998,
70 patients souffrant d'empoisonnement au
monoxyde de carbone ont eu recours à la
seule chambre hyperbare du Québec –
l'équivalent du nombre de patients traités
entre 1993 et 1997.
Étant donné la vulnérabilité des enfants aux
effets des contaminants environnementaux
et aux éventuels risques pour la santé
associés aux environnements intérieurs, il
faut faire un effort concerté pour pousser la
recherche et l'action politique en vue de
réduire l'exposition aux polluants.
2.4
Mesures d'adaptation
Les systèmes d'avertissement fondé sur le
climat et les prévisions météorologiques
peuvent être mis en place pour prévenir la
population d'une augmentation d'un danger
particulier et de la nécessité d'adapter son
comportement en conséquence. Par
exemple, pendant les jours de brumée
intense, des avis de qualité de l'air devraient
être émis pour alerter les gens à restreindre
leurs activités extérieures. Les parents
32
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
2.5
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36
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
3
Températures extrêmes –
mortalité et morbidité
L
es régimes de changement climatique
suggèrent qu'il y aura une
augmentation marquée de la
fréquence, de l'intensité et de la durée des
vagues de chaleur sur une période
relativement courte1. Les chercheurs croient
que les vagues de chaleur causées par un
changement climatique présentent les
incidences les plus directes sur la santé, y
compris les décès et les maladies liées à la
chaleur2. Au cours de l'été 1995, 1 100 décès
ont été attribués aux excès de chaleur dans
les villes du nord des É.-U., dont 465 à
Chicago3. L'Organisation mondiale de la
santé prédit que, d'ici 2050, une
augmentation de plusieurs milliers de décès
liés à la chaleur se produira dans les
principaux centres urbains de la planète, en
raison du changement climatique4.
Une augmentation de la fréquence et de la
gravité des vagues de chaleur peut mener à
un accroissement du nombre de maladies et
de décès chez le groupe le plus vulnérable,
les enfants5,6,7,8,9. Par exemple, les
températures plus élevées du corps humain
ont été associées à un plus grand nombre de
décès périnataux et de naissances
prématurées10. En plus, les vagues de
chaleur n'affecteront pas seulement les
personnes atteintes de problèmes
respiratoires et cardio-vasculaires, mais
exacerberont aussi les personnes souffrant
d'autres conditions médicales existantes. Les
vagues de chaleur ont aussi été liées à des
poussées de violence et d'autres
comportements antisociaux. Bien que
l'adaptationv puisse à l'avenir réduire
certains effets reliés à la chaleur et prévus,
v
Le processus d'adaptation physiologique par
lequel un organisme s'adapte mieux pour exister
dans un environnement différent du sien (p. ex.,
changements de luminosité, de température,
d'altitude).
ce processus peut se produire à un rythme
plus lent que le taux de changement de
température ambiante.
L'air stagnant, le taux élevé d'humidité, les
niveaux élevés de pollution atmosphérique
et les rayons solaires intenses amplifient les
effets de la chaleur11. Ces facteurs devraient
aussi s'accentuer avec le changement
climatique. Par exemple, au cours du présent
siècle, l'évaporation des surfaces chaudes de
l'océan a augmenté la quantité de vapeur
d'eau dans l'atmosphère, se traduisant par
des niveaux supérieurs d'humidité12. Puisque
le changement climatique pourrait être
combiné à des épisodes de vagues de
chaleur et d'humidité élevée, les prochaines
vagues de chaleur pourraient être
particulièrement dangereuses car l'humidité
nuit au processus de rafraîchissement du
corps humain par évaporation de la
transpiration13.
3.1
Centres urbains
Les centres urbains ont habituellement une
faible qualité de l'air inférieur et les excès de
chaleur sont plus susceptibles de se
produire14. Les populations urbaines sont
plus vulnérables aux excès de chaleur que
les populations rurales étant donné qu'elles
connaissent des températures plus élevées
causées par « l'effet de l'îlot de chaleur »
urbainvi,15. En outre, les gens sont plus
vulnérables aux excès de chaleur dans des
logements mal conçus, sans climatisation ou
dans des immeubles plus frais. Il est bon de
répéter que ces facteurs seront sans doute
plus présents dans les centres urbains que
dans les régions rurales.
Certaines populations urbaines sont plus
vulnérables que d'autres aux vagues de
chaleur. Elles montrent un seuil précis de
vi
Effet selon lequel les régions plus populeuses
semblent considérablement plus chaudes que les
secteurs avoisinants en raison des propriétés
d'absorption de chaleur des immeubles, du
ciment, de l'asphalte, etc., et d'une diminution du
rafraîchissement par évaporation.
37
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
mortalité quotidienne supérieure lorsque les
températures critiques sont surpassées; les
populations urbaines ne montrent cependant
pas toutes cet effet de seuil15. Le seuil de
température de la population indique qu'il
existe peut-être une charge cruciale d'excès
de chaleur au-dessus de laquelle les
mécanismes physiologiques ne fonctionnent
plus adéquatement7. Le seuil de température
pour un endroit particulier dépend des
températures moyennes locales et de la
fréquence des températures extrêmes16.
3.2
Pauvreté en milieu urbain
La situation socio-économique peut influer
sur les rapports température/mortalité17. Par
exemple, il a été démontré que les personnes
habitant les quartiers centraux urbains
présentent un grand nombre de décès durant
des vagues de chaleur. Ce phénomène est
inquiétant puisqu’un enfant canadien sur
cinq vit dans la pauvreté18. Ces enfants sont
peut-être exposés à des conditions
médiocres de logement (p. ex.,
inaccessibilité à des immeubles climatisés)
et à l'effet de l'îlot de chaleur urbain19. En
outre, l'approvisionnement alimentaire peut
être désorganisé et les abris et
l'infrastructure de la ville, sur lesquels
repose la pauvreté en milieu urbain, peuvent
s'avérer inadéquats en présence de
conditions météorologiques changeantes et
volatiles20.
La plupart des gens victimes de pauvreté en
milieu urbain canadien vivent dans des
habitations construites de brique foncée, de
toits en goudron noir et de fenêtres sur deux
côtés, selon le modèle de maisons en
rangée17. Quand les conditions sont très
chaudes, on remarque dans ces logements
une mauvaise ventilation et une plus grande
absorption de rayons, contrairement aux
logements à faible revenu du sud des
États-Unis, qui sont généralement de couleur
plus pâle et dotés de toits de métal
réfléchissant et bien ventilés avec des
fenêtres et des portes sur les quatre côtés.
Les changements d'infrastructure seront sans
doute long et dispendieux.
3.3
Vulnérabilité spéciale des
villes canadiennes
Le seuil inférieur de température pour
l'excès de chaleur se produit plus
fréquemment dans les latitudes du nord
comme le Canada que dans le sud des ÉtatsUnis où les périodes chaudes ne sont pas
aussi prononcées en raison du peu de
variation de la moyenne17. Cette situation
semble jouer un rôle pour diminuer
l'incidence d'un épisode très chaud sur la
mortalité humaine.
Les niveaux supérieurs de mortalité causés
par des excès de chaleur se produisent dans
des régions où les températures chaudes sont
inhabituelles et se présentent souvent au tout
début de l'été (indiquant qu'il est possible de
s'adapter). Généralement, dans les villes
[canadiennes], les journées ou les épisodes
très chauds se produisent entre des périodes
de température plus fraîche17. Par
conséquent, « l'effet traumatique »
physiologique et comportemental d'une
température très élevée est très profond. Les
taux élevés de mortalité surviennent la
plupart du temps durant les journées très
chaudes du début de l'été.
Le premier ou le deuxième épisode de
chaleur de juin ou du début juillet semble
plus critique que les épisodes comparatifs du
mois d'août17. Les membres de la société les
plus faibles et les plus sensibles meurent
durant les premières vagues de chaleur de
l'été, diminuant par le fait même le nombre
de personnes sensibles qui seraient mortes
au cours des vagues de chaleur
subséquentes. Ceux qui ont survécu aux
premières vagues de chaleur deviennent
quelque peu adaptés et peuvent ainsi
composer plus efficacement avec les vagues
de chaleur21.
38
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
3.4
Mortalité – vagues de chaleur
Les résultats de récentes études sur les
vagues de chaleur réalisées à New York et à
Chicago démontrent que la mortalité
excessive au cours des vagues de chaleur
surpasse grandement la diminution de la
mortalité suivant l'événement22. Tel que
prédit par les scénarios de changement
climatique, s'il y a une augmentation des
vagues de chaleur, il y aura sans doute une
augmentation de la mortalité causée par la
chaleur, tout au moins dans les centres
urbains du monde entier. L'augmentation de
la fréquence et de la gravité des vagues de
chaleur peut mener non seulement à une
augmentation des décès, mais aussi à des
maladies, particulièrement chez les
personnes vulnérables comme les
enfants11,23,24.
L'effet des vagues de chaleur sur la mortalité
est diffus. Il affecte toutes les causes de
décès et non seulement celles qui sont liées
aux systèmes respiratoires et cardiovasculaires10,24,25. Plusieurs études ont
démontré que la plupart des décès en
surnombre survenus durant les périodes de
chaleur intense n'étaient pas attribués à des
causes traditionnellement considérées
comme liées à la température (p. ex., les
coups de chaleur), mais plutôt à une vaste
gamme de maladies, d'accidents et d'effets
néfastes des agents médicauxvii,26,27. Il a été
démontré que les complications durant la
grossesse, la cardiopathie ischémique et
diverses blessures augmentent au cours des
périodes de chaleur intense27. En raison de
cette diversité de facteurs de mortalité, le
nombre de décès liés à la chaleur est
considéré comme le nombre de décès
excédant le nombre prévu pour une
population en l’absence d'une vague de
chaleur7.
vii
Certains médicaments, notamment les
principaux tranquillisants, les antidépresseurs et
l'alcool, empêchent le corps de réguler sa
température.
Les chercheurs ont constaté des
augmentations de mortalité infantile au
cours des vagues de chaleur28,29. Les
nouveau-nés et les enfants semblent affectés
de façon disproportionnée par les
températures extrêmes, sans doute en raison
de l'immaturité de leurs systèmes de
régulation, les empêchant de faire face sur le
plan physiologique30. Par conséquent, il est
extrêmement important que les parents et les
fournisseurs de soins protègent les enfants
aux expositions à des chaleurs extrêmes
(c.-à-d. ne pas les laisser seuls dans
l'automobile si les températures peuvent
augmenter rapidement et causer une
insolation et peut-être la mort31).
3.4.1
Contexte canadien
Selon des régimes de changement
climatique, le nombre de décès liés à la
chaleur au Canada pourrait augmenter en
raison des températures élevées durant l'été.
Toronto, Montréal et Ottawa, connus pour
leurs masses d'air chaud et humide en été,
seraient les villes les plus affectées32. Une
étude empirique détaillée où on a examiné
les incidences possibles d'un changement
climatique sur la mortalité humaine liée à la
chaleur dans dix villes canadiennes a
démontré que si les températures se
réchauffent comme prévu selon le modèle
actuel de doublement du gaz carbonique, les
régions urbaines du sud-est de l'Ontario et
du sud du Québec seraient affectées24. Par
exemple, un été « moyen » à Montréal en
2050 pourrait compter entre 240 et 1 140
décès supplémentaires par année causés par
la chaleur, 230 à 1 220 à Toronto et 80 à 500
à Ottawa, en présumant qu'il n'y aura aucune
adaptation à la hausse des températures.
Montréal et Toronto montrent des signes
d'adaptation possible aux conditions de
réchauffement de la planète, mais ce n'est
pas le cas pour Ottawa7,24.
D'autre part, un hiver moins froid, la raison
principale actuelle des décès liés à la
température au Canada, pourrait diminuer le
nombre de pertes de vie33. Le climat actuel
39
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
du Canada est caractérisé par des hivers
longs et froids. Les statistiques actuelles de
mortalité au Canada montrent un schéma
saisonnier prononcé, avec des taux plus
élevés en hiver et inférieurs en été34.
Cependant, les résultats du modèle de
circulation générale suggèrent un
réchauffement plus prononcé en hiver qu'en
été dans les régions de latitude moyenne et
élevée.
Fondé uniquement sur des variations de
température, un changement climatique
pourrait être associé à une plus importante
réduction de la mortalité hivernale en
présence d'hivers plus doux, contrebalançant
peut-être l'augmentation prévue de mortalité
estivale liée à la chaleur34. Cependant, le
rapport entre la température hivernale et la
mortalité est difficile à interpréter35. Par
exemple, plusieurs décès hivernaux sont
causés par des infections respiratoires
comme la grippe et il n'est pas clairement
établi que des températures hivernales plus
douces affecteraient la transmission des
virus34,35. En outre, des études indiquent un
lien entre l'enneigement et les crises
cardiaques fatales (précipitation hivernale
plutôt que températures froides)36,37. Les
avantages d'une diminution d'excès de temps
froid en hiver peuvent être contrebalancés
par une augmentation du nombre de
blessures et de décès causés par la glace des
pluies verglaçantes et par les fontes locales
et régionales partielles et répétées ainsi que
par un plus grand nombre de tempêtes de
verglas. L'effet net des changements
climatiques sur la mortalité hivernale est
incertain et l'équilibre général entre les
changements dans le nombre de décès liés à
la température en été et en hiver est
inconnu35.
3.4.2
Adaptation
La capacité de s'adapter aux changements de
température sera essentielle. Par exemple,
les personnes vivant dans des régions
chaudes comme le sud des États-Unis font
face à des chaleurs excessives en adaptant
leurs modes de vie, leur système
physiologique et en adoptant une approche
mentale particulière38,39. Les ajustements
culturels ou sociaux, notamment la
conception des maisons pour des conditions
de chaleur persistante, peuvent aussi
expliquer la raison pour laquelle les taux de
mortalité dans les régions chaudes
demeurent stables16. Dans des régions
tempérées comme le Canada, les périodes de
chaleur excessive surviennent moins souvent
et les populations disposent d’un moins
grand nombre de moyens comportementaux,
sociaux et techniques.
Si le changement climatique augmente
graduellement de plusieurs degrés par
rapport à la température moyenne, sur
plusieurs décennies, il est possible que le
nombre de décès liés à la chaleur demeure
relativement stable, l'augmentation graduelle
de la chaleur accordant plus de temps pour
les ajustements sociaux et
physiologiques16,17. Cependant, des
variations extrêmes et des changements
rapides des conditions thermiques (c.-à-d.
vagues de chaleur) résultant d'une
température chaotique peuvent facilement se
produire avant que les résidents urbains
puissent s'adapter physiologiquement1.
Le taux de changement climatique
constituera un des principaux facteurs de
l'intensité des effets et de l'efficacité des
réactions d'adaptation et des mesures
d'amélioration. Une certaine adaptation
physiologique aux excès de chaleur peut se
produire sur une période de plusieurs jours,
mais une adaptation complète à un
environnement thermique peut prendre
plusieurs années40,41. L'adaptation à un
climat toujours chaud peut demander
l'activation d'un plus fort pourcentage de
glandes sudoripares que dans le cas d'un
climat modéré42.
Certains changements comportementaux
peuvent se produire rapidement alors que
des changements structurels peuvent exiger
plus de temps17. Par exemple, les
40
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
changements dans le genre de vêtements
peuvent constituer une réaction rapide au
stress climatique; les changements
architecturaux des logements, en particulier
les structures existantes, peuvent prendre
beaucoup plus de temps43.
On a élaboré dans une étude de nouveaux
estimés sur le nombre de décès causés par
l'excès de chaleur pour la moitié du
XXIe siècle, présentant des résultats très
différents des estimés non adaptés17. Plutôt
que la septuple augmentation élaborée pour
le modèle non adapté, moins que le double
d'augmentation se produirait en tenant
compte de l'adaptationviii. Par conséquent,
l'adaptation de la population doit être
considérée dans l'évaluation des
répercussions d'un changement climatique
sur la mortalité à venir, car elle peut réduire
les prédictions de morbidité et de mortalité
liées à la chaleur24.
3.5
Santé mentale et désordres
psychologiques
Les vagues de chaleur sont associées à des
poussées occasionnelles de comportements
violents et antisociaux. Les signes précoces
de comportement suite à des excès de
chaleur prolongés comprennent une
intolérance sociale, un comportement
agressif, une irritabilité et des accidents
industriels30. La fréquence d'agitation civile,
de crimes violents, des taux de suicide et
d'homicide et de diminution du rendement
humain semblent augmenter pendant les
périodes de température très chaudes44,45,46.
Les températures chaudes augmentent les
agressions dans plusieurs contextes. Des
études ont démontré que les villes
américaines où les températures sont plus
chaudes possèdent des taux plus élevés de
crimes violents que les villes de même taille
mais de température plus fraîche, même si
divers facteurs sociaux et culturels (taux de
pauvreté) sont statistiquement contrôlés47,48.
Les taux d'assauts sont constamment plus
élevés au cours des mois d'été que pendant
le reste de l'année49.
Une étude a révélé que les années plus
chaudes aux États-Unis avaient présenté des
taux plus élevés d'assauts et de meurtres que
les années plus fraîches50. Ce résultat s'est
avéré véridique même lorsqu'une variété de
variables de contrôle statistique et social a
été ajoutée au modèle. Les années comptant
plus de journées chaudes ont produit une
plus importante augmentation estivale des
crimes violents que les années comptant
moins de journées chaudes49. Un important
problème pratique émanant de ces
conclusions concerne l’incidence possible
d'un réchauffement de la planète et son effet
sur les taux de crimes violents.
Les gens sont plus aptes à se protéger de
l'inconfort du froid (plusieurs couches de
vêtement, des immeubles chauffés) qu'ils ne
le sont pour la chaleur49. Étant donné
l’augmentation de l'utilisation de la
climatisation moderne, la différence de
capacité à échapper aux températures
chaudes par rapport aux températures
froides peut être grandement réduite51. Cette
possibilité suggère que les gens puissent être
en mesure de diminuer de façon
considérable l'agression dans certains
contextes en fournissant un meilleur
contrôle des températures. Dans les écoles,
où la violence est un problème croissant, la
climatisation pourrait de façon réaliste
réduire une partie du problème49.
viii
Ces estimés d'adaptation ne représentent que
des
ajustements
physiologiques
et
comportementaux à court terme et non des
changements d'infrastructure. Cependant, ils
peuvent indiquer des estimés plus réalistes, alors
que les ajustements culturels et sociologiques
peuvent apparaître beaucoup plus tard après les
ajustements physiologiques du corps humain.
La recherche a aussi démontré que le stress
thermique peut avoir des effets significatifs
sur l'attention et le jugement52,53. Par
exemple, les capacités d'attention diminuent
en présence d'excès de chaleur, tout comme
la qualité du jugement49. Des facteurs
41
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
indirects affectant le jugement de la
personne peuvent ressortir de l'influence
négative sur les habitudes de sommeil parce
qu'il est difficile de dormir pendant les
périodes de température élevées30.
3.6
Maladies d'origine alimentaire
Bien que la réfrigération des aliments soit
adéquate dans la plupart des pays
industrialisés, les maladies d'origine
alimentaire continuent d'être affectées par
les fluctuations de température ambiante16.
L'incidence des maladies les plus communes
et les plus graves varie selon les saisons et
elles sont plus fréquentes pendant les mois
d'été. Une étude réalisée au Royaume-Uni
sur les maladies d'origine alimentaire a
démontré que le nombre de cas de maladies
d'origine alimentaire peut augmenter de
5 à 20 p. 100 d'ici 2050 en raison du
réchauffement de la planète54.
Le lien entre l'augmentation des maladies
d'origine alimentaire et la température
ambiante a souvent été attribué au
comportement du consommateur et au bris
de la chaîne du froid par le consommateur.
Par exemple, les gens se servent des
barbecues et manipulent des viandes crues
lorsque la température est plus chaude. Des
mets comme la salade de pommes de terre
sont souvent préparés en grande quantité
pour les pique-niques et laissés à l'extérieur
lorsque la température ambiante est douce.
Cependant, l'étude réalisée au R.-U. a fait
ressortir un rapport particulièrement évident
entre les taux de maladies d'origine
alimentaire et la température au cours du
mois précédant la maladie – mais non entre
les taux de maladies d'origine alimentaire et
la température pour le mois dans lequel la
maladie s'est produite54. Les interactions
entre l'augmentation de la centralisation et
de l'industrialisation du système alimentaire,
lequel augmente le mélange bactérien d'une
variété de sources, avec un réchauffement de
la planète, lequel augmente la probabilité de
croissance bactérienne dans les aliments,
causeront sans doute des éclosions plus
importantes que celles vécues à travers
l’histoire55.
Les maladies d'origine alimentaire se
produisent plus fréquemment chez les jeunes
enfants que chez les adultes. De loin, les
taux élevés de salmonellose, par exemple, se
retrouvent chez les enfants âgés de moins de
six mois et 40 p. 100 se produisent chez les
enfants âgés de moins de cinq ans56. Cette
situation peut être attribuée à des systèmes
immunitaires moins développés et à la
microflore intestinale des enfants en plus de
la tendance des enfants à explorer
l'environnement avec leurs mains,
contrairement aux adultes. De toute façon,
les effets d'un réchauffement de la planète
connus grâce au système alimentaire
peuvent prédire une incidence différentielle
sur les enfants.
Les symptômes des maladies d'origine
alimentaire comprennent, selon l'agent
d'infection, une douleur gastrique, des
nausées, des vomissements, une diarrhée,
des maux de tête, de la fièvre et une variété
de signes neurologiques56. Chez les adultes
les plus en santé, les symptômes cliniques se
limitent à quelques jours ou à quelques
semaines. Il n'existe cependant aucune
preuve que des séquelles chroniques comme
l'arthrite rhumatoïde, les maladies
inflammatoires de l'intestin, les problèmes
rénaux, les désordres neurologiques et les
maladies cardio-vasculaires affectent entre
1 et 3 p. 100 des personnes atteintes de
maladies d'origine alimentaire57. Certaines
des séquelles les plus graves, notamment la
défaillance rénale associée à une infection
causée par le E.coli 0157:H7, se produisent
chez les enfants58.
Les maladies d'origine alimentaire ont aussi
été attribuées à la consommation du poisson
et des crustacés contenant des biotoxines
provenant d'une alimentation à certains
types de phytoplanctons. Certaines espèces
de phytoplancton produisent des toxines
puissantes qui se fraient un chemin le long
de la chaîne alimentaire jusqu'aux êtres
42
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
humains, leur causant une variété de
maladies (intoxication par phycotoxine
paralysante)16. Le réchauffement des océans
peut augmenter la densité de certaines
espèces nocives de phytoplancton, car
l'augmentation de la remontée d'eau à la côte
a le potentiel d'augmenter
l'approvisionnement de nutriments dans les
couches supérieures de l'océan. Puisque le
phytoplancton possède une courte période
de génération (quelques heures), il peut
réagir très rapidement aux changements de
l'environnement. Les changements dans les
environnements maritimes mènent aussi à la
détection de maladies dans des endroits
jusque-là épargnés. L'acide domoïque, une
toxine produite par une diatomée et qui
cause une intoxication par phycotoxine
amnestique, a été retrouvé pour la première
fois à l'Île-du-Prince-Édouard en 198716. Les
variations dans la composition des espèces
de phytoplancton et l'apparition de fleurs
algaires (associées à une augmentation de la
température de l'eau) peuvent augmenter le
risque de maladies d'origine alimentaire
suite à une consommation de poissons et de
crustacés contenant des biotoxines.
3.7
Mesures d'adaptation
La climatisation aide à réduire les incidences
physiologiques et psychologiques des
vagues de chaleur. Malheureusement, la
climatisation, à titre de mesure d'adaptation
ou d'augmentation des niveaux de confort,
ne constitue pas une mesure durable, compte
tenu de l'état actuel des sources d'énergie. À
moins de modifier les sources d'énergie, la
climatisation ne sert qu'à empirer les
problèmes de pollution atmosphérique et de
changement climatique. Il faut effectuer
encore plus de recherches sur des sources
d'énergie autres que la combustion des
combustibles fossiles.
Actuellement, les vagues de chaleur
nécessitent au recours à beaucoup de
services publics et de services essentiels. Il
faut mettre en place des stratégies d'urgence
pour les situations météorologiques
extrêmes en vue de redresser des scénarios
comme l'obscurcissement à New York en
1999 durant une vague de chaleur causée par
une centrale électrique surchargée. Les gens
ont été obligés de dormir le long des rues
dans la partie supérieure de l'Île de
Manhattan parce que l'obscurcissement les
empêchait la ventilation de leurs
appartements. Ce problème a aussi causé
une situation de pénurie alimentaire
possible, car la viande et le lait ne pouvaient
être réfrigérés59. Cette situation illustre le
besoin de mesures d'adaptation pour inclure
l'élaboration de plans d'urgence
communautaires en cas de chaleur, de
systèmes améliorés d'avertissement et de
meilleurs plans de gestion des maladies liées
à la chaleur35.
Une autre mesure d’adaptation possible aux
systèmes de climatisation des maisons est de
convaincre les gens de se déplacer vers un
grand espace central climatisé comme un
centre d'achat ou un centre communautaire.
Les centres climatisés, de plus en plus
nombreux dans les grands centres urbains,
permettent aussi aux gens d'échapper à la
chaleur, même si les personnes âgées ont
peur de quitter leur demeure en raison du
pillage59.
D'autres moyens d'adaptation nécessitant
moins d'énergie pour rendre les domiciles et
les lieux de travail plus confortables peuvent
être mis en place dans la planification des
infrastructures. Cette solution peut donner
lieu à l’implantation d’arbres dans les villes
et au choix de matériaux réfléchissants pour
les routes et les stationnements, afin de
réduire l'effet de « l'îlot de chaleur » urbain.
Isoler les immeubles et appliquer d'autres
caractéristiques de conception comme des
vérandas et des auvents naturels aident aussi
à réduire la chaleur. Les arbres font plus
qu'augmenter le confort personnel en
ombrant les rues et les trottoirs, ils servent
d'habitat pour les oiseaux et d'autres
animaux; ils aident à purifier l'air en
éliminant une variété de toxines et d'autres
polluants et ils bloquent le bruit et réduisent
43
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
les répercussions causées par les fortes
pluies et l'érosion qui s'en suit.
Une adaptation à long terme comprendrait
un raccourcissement de la chaîne alimentaire
afin de produire et de consommer plus
d'aliments au niveau local, diminuant par le
fait même le temps d'entreposage et de
transport des aliments. Cette situation
demanderait de modifier les primes et les
subventions économiques pour encourager
une production plus locale.
Il faudra peut-être aussi modifier les
activités quotidiennes selon le changement
climatique. En présence d'un nombre
croissant de vagues de chaleur, il importe de
se rappeler augmenter l'hydratation et les
niveaux d'ingestion de minéraux pendant les
périodes météorologiques extrêmement
chaudes. Pour faire face à l'augmentation
des excès de chaleur, il sera peut-être
nécessaire de mettre en œuvre des
calendriers de travail souples pour les
travailleurs extérieurs et pour les athlètes qui
s'entraînent afin d'éviter les températures les
plus chaudes durant le jour.
44
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
3.8
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Événements
météorologiques
extrêmes
L
es prévisions climatiques à venir
comprennent une augmentation de la
variabilité climatique et des
températures extrêmes1. L'augmentation
mondiale des températures causera sans
doute des événements météorologiques plus
fréquents et plus extrêmes, notamment des
ouragans, des tornades, de fortes pluies, des
inondations et des blizzards1,2,3,4. De petits
changements dans le climat moyen – ou
dans la variabilité climatique – peuvent
produire des changements comparativement
importants dans la fréquence des
événements extrêmes5,6. Les modèles
prédisent que pour chaque 1°C
supplémentaire, il y aura une augmentation
de précipitations d'environ 2 p. 1007. En plus
d'une hausse des températures, le
changement climatique affectera aussi la
configuration des courants atmosphériques à
grande vitesse et des courants océaniques8.
Les résultats se feront sentir aux niveaux des
modifications chronologiques, des schémas
régionaux, de l’intensité des événements de
précipitation et du nombre de jours de fortes
précipitations9.
Des études préliminaires précisent une
augmentation des précipitations un peu
partout au Canada, malgré des variations
considérables d'une région à l'autre10,11. Ces
observations appuient la conclusion des
expériences des MCG indiquant une
augmentation de la probabilité de fortes
précipitations et de concentrations
supplémentaires des gaz à effet de serre6,7.
Cependant, étant donné la variabilité
observée des précipitations d'un endroit à
l'autre et d'un siècle à l'autre, il est
impossible de déterminer avec certitude une
tendance de précipitations à l’échelle
mondiale5.
Les modèles de changement climatique
prédisent aussi des schémas
météorologiques instables. Au cours des
dernières décennies, les spécialistes ont
observé une augmentation de la fréquence
des événements météorologiques extrêmes
et du nombre de personnes affectées12,13,14.
Les dernières années ont été marquées par
des anomalies météorologiques dramatiques
et fréquentes, notamment les inondations de
la rivière Rouge au Manitoba en 1997 et la
tempête de verglas dans l'est de l'Ontario et
l'ouest du Québec en 199815.
L'augmentation des précipitations ou les
récents événements météorologiques
extrêmes ne peuvent servir de preuve directe
d'un changement climatique. Les
événements associés répondent toujours à la
variabilité naturelle du climat terrestre et des
événements d'ampleur comparable observés
par le passé16. Le GIEC a conclu qu'il
n'existait pas de preuve précise à l'effet que
des changements durables et mondiaux en
matière de fréquence et d'intensité de ce
genre d'événements ont eu lieu au cours des
dernières décennies malgré le fait qu'il
documente un bon nombre d'augmentations
régionales7. Bien que l'augmentation de la
fréquence des événements météorologiques
inhabituels rencontrés au cours de la
dernière décennie corresponde aux
prédictions des modèles climatiques, il
importe d'examiner les tendances sur une
longue période16,17,18.
Un rapport récent préparé par le Programme
des Nations Unies pour l'Environnement
soutient l'observation selon laquelle les
désastres naturels semblent plus fréquents et
leurs effets plus graves, ajoutant que les
pertes causées par les désastres naturels des
années 1986 à 1995 étaient huit fois
supérieures à ceux vécus au cours des
années 19601. Il peut être dire que ces pertes
sont en partie élevées en raison d'une
augmentation du nombre de peuplements sur
des terres vulnérables. Les gens s'établissent
souvent sur ces terres après un premier
désastre, s'exposant ainsi à des événements
51
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
semblables. Les règlements concernant
l'utilisation des terres pourraient réduire le
nombre de personnes affectées par des
événements comme des inondations en
régulant le développement sur des plaines
d'inondation. Au cours des années 1970, le
Programme fédéral-provincial de réduction
des dommages causés par les inondations a
produit, pour plusieurs municipalités, des
cartes de plaines d'inondation ce qui a créé
des restrictions sur la construction dans ces
secteurs19. Ce programme, un modèle pour
d'autres pays, a réussi à réduire non
seulement les pertes causées par des
inondations, mais aussi à préserver plusieurs
vallées fluviales dans des régions très
peuplées en raison de l'habitat de la faune et
des activités récréatives. Les règlements sur
l'utilisation des terres servent aussi à
examiner les pratiques forestières et
l'aménagement d’autres terrains pour la
possibilité de glissements de terrains et
d'érosion du sol.
4.1
Incidences des événements
météorologiques extrêmes sur
la santé
Les événements météorologiques extrêmes
ont plusieurs conséquences évidentes pour la
santé20. Les incidences des événements
météorologiques extrêmes sur la santé
comme des inondations et des tempêtes
profitent des vulnérabilités de
l'environnement naturel et des populations
locales en plus de leur capacité de
récupérer21. Un niveau de préparation des
communautés influence grandement la
gravité des incidences sur la santé d’un
événement météorologique extrême. Une
hausse extrême de température peut mener à
une plus grande incidence de décès et de
blessures, à une exposition à un
approvisionnement en eau contaminée, à une
migration forcée et à des désordres liés au
stress18,22. Plusieurs incidences sur la santé
d’événements météorologiques extrêmes ont
déjà été observés23.
4.1.1
Décès et blessures
La plupart des décès et des blessures causés
par un événement météorologique extrême
comme une inondation ou une tempête
(verglas, tonnerre, électrique, etc.), se
produisent dans les premières heures de
l'événement7. Seulement une petite portion
des décès se produisent plusieurs heures ou
jours plus tard, y compris les décès résultant
des blessures initiales et ceux qui sont
causés par des poussées de maladies suivant
un bris des services sanitaires ou des
déplacements des populations de vecteurs de
maladies. En 1996, dans la région du
Saguenay (Québec), les inondations
torrentielles ont tué 10 personnes24. Le
rapport décès/maladies a été estimé à 1:625.
4.1.2
Eau contaminée
La destruction ou la contamination de
l'approvisionnement en eau causée par des
événements météorologiques extrêmes
expose éventuellement les populations
humaines à des vecteurs infectieux, car les
fortes tempêtes créent des lieux de
reproduction pour les parasites ou des
conditions favorables pour les rongeurs
porteurs de maladies26. Cette situation
augmente la possibilité d'épidémies,
notamment les maladies diarrhéiques.
Suite à des événements hydrologiques
extrêmes comme de fortes pluies, des
inondations et des ouragans, les quantités
excédentaires d'eaux pluviales peuvent
dépasser la capacité des usines de
traitement, ce qui peut produire des eaux
usées26. Dans les systèmes plus âgés, les
égouts d'eau de pluie et les égouts d'eaux
usées sont souvent combinés. Les eaux
usées peuvent être combinées aux eaux
pluviales lorsque la capacité des égouts
combinés est dépassée. Ce « mélange » est
souvent libéré dans les canaux fluviaux afin
de composer avec le débordement du
système. Le manque de traitement peut
mener à une contamination de
l'approvisionnement en eau des secteurs
52
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
public et privé et causer une flambée de
diverses maladies7,26.
Les enfants sont plus vulnérables aux effets
des contaminants dans l'eau potable parce
qu’ils boivent relativement plus d'eau par
masse corporelle que les adultes. Par
exemple, au cours des six premiers mois de
vie, les enfants boivent sept fois plus d'eau
par livre qu'un adulte28. En outre, les
poumons et la peau en croissance d'un jeune
enfant permettent une plus grande
exposition aux substances inhalées, ingérées
et absorbées par la peau lorsque les enfants
boivent ou se baignent dans de l'eau
contaminée. L'absorption chimique par la
peau des nouveau-nés est supérieure à celle
des enfants plus âgés et des adultes en raison
d'un plus grand rapport superficie/volume.
Ce phénomène indique que pour la même
superficie de peau couverte par un produit
chimique, l'enfant plus jeune peut recevoir
jusqu'à trois fois la dose reçue par un
adulte29. Puisque l'eau potable ne constitue
pas le seul risque pour la santé, les
responsables de la santé recommandent
souvent une injection contre le tétanos pour
les personnes exposées aux eaux de crue30.
Les maladies d'origine hydrique, qui
proviennent des carcasses putréfiantes du
bétail et de la faune noyés lors d'une
inondation peuvent causer un bon nombre de
maladies gastro-intestinales31. Les maladies
diarrhéiques constituent une menace
particulière pour les enfants. Elles sont
directement liées à l'eau potable contaminée
et constituent l’une des principales causes de
décès chez les enfants – particulièrement
dans les pays en voie de développement –
tuant près de quatre millions d'enfants par
année27,32. La déshydratation non traitée
causée par un vomissement ou une diarrhée
grave peut être fatale pour les enfants31.
Le campylobacter jejuni est la cause la plus
commune de maladies d'intoxication
alimentaire en Amérique du Nord33. Comme
le E. coli, il est habituellement considéré
comme un agent entièrement lié aux
intoxications alimentaires. Cependant,
d'importantes poussées de maladies d'origine
hydrique causées par ces organismes ont été
mentionnées – parfois avec des
conséquences tragiques pour les enfants,
comme la poussée de E. coli à Walkerton
(Ontario) en 2000 causée par une
contamination de l'approvisionnement d'eau
de la municipalité34,35. L'interaction entre
l'intensification des activités agricoles, le
manque d’investissement dans
l'infrastructure gouvernementale et
l'augmentation des événements soudains de
pluies en raison du réchauffement de la
planète mènera sans doute à des poussées
semblables.
4.1.2.1 Cryptosporidiose
La cryptosporidiose est une maladie qui
cause une diarrhée grave chez les enfants et
qui peut être fatale chez les personnes dont
le système immunitaire sont affaibli26. Par
exemple, une poussée de cryptosporidiose
en 1991 dans la municipalité régionale de
Waterloo semble avoir été la cause d’un
décès. La cryptosporidiose est une des
maladies hydriques les plus prévalantes au
Canada. La maladie est associée aux fermes
laitières, au bétail domestique et à la
contamination de l'eau par leurs matières
fécales. Les événements naturels
(inondations, tempêtes, fortes pluies, fonte
des neiges et débordement des rivières)
amènent la matière fécale des sources
agricoles diffuses vers les sources d'eau
potable.
L'incidence de la cryptosporidiose peut
augmenter en période de changement
climatique26. Les scénarios de changement
climatique indiquent que les températures
augmenteront dans la plupart des régions,
entraînant ainsi le prolongement de la saison
estivale. Les températures seront plus
chaudes, permettant au parasite
cryptosporidium de persister pendant de plus
longues périodes. Le changement climatique
causera également une augmentation de la
fréquence et de l'intensité des pluies, causant
53
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
par le fait même une augmentation des
débordements. Les débordements des
sources agricoles peuvent être contaminés
par le cryptosporidium, entraînant ensuite à
la contamination des sources d'eau. Le
cryptosporidium semble aussi survivre aux
protocoles actuels de traitement municipal
des eaux; aucun traitement efficace de l'eau
n'ayant été proposé pour combattre ce
microorganisme18. De plus, les personnes
affectées par la maladie ne réagissent pas
bien au traitement36. Néanmoins, la maladie
s’amenuise généralement d'elle-même37.
4.1.2.2 Toxoplasmose
La toxoplasmose est causée par un parasite
portant le nom de Toxoplasma gondii38. Les
personnes sont habituellement infectées par
une exposition aux selles des chats et par
une consommation de viandes crues
infectées ou pas suffisamment cuites. Bien
que les chats soient les hôtes définitifs du
Toxoplasma gondii, il semble que la plupart
des gens sont infectés par la consommation
de viandes pas assez cuites qui sont ellesmêmes infectées par les chats des fermes
utilisant les contenants d'aliment du bétail
comme litières. D'autres sources d'infection
sont, entre autres, le lait de chèvre cru, les
œufs crus et les insectes comme les mouches
et les coquerelles qui ont été en contact avec
des excréments de chats.
Les chats sont souvent infectés par la
toxoplasmose lorsqu'ils mangent un rongeur
ou un oiseau infecté38. Le parasite se
reproduit ensuite dans l'intestin du chat et
une forme du parasite se retrouve alors dans
le sable ou le sol où se trouvent les
excréments du chat. Si des conditions
particulières de température et d'humidité
sont respectées, le parasite peut vivre dans le
sol pendant plus d'un an.
En 1995, des pluies excessives en
Colombie-Britannique ont entraîné un
important débordement qui a causé la
contamination d'un réservoir par le parasite
de la toxoplasmose provenant des
excréments de chats domestiques et
sauvages26. Cet épisode a pour la première
fois démontré que le Toxoplasma gondii
peut être un pathogène hydrique39.
Les experts mentionnent que cet événement
constitue un avertissement en raison de
l'augmentation du nombre de rats
domestiques au Canada18. Ce problème, en
plus du fait que les conditions dans
lesquelles le parasite se reproduit (chaleur et
humidité) augmenteront sans doute dans des
conditions de changement climatique, fait de
la toxoplasmose une cause de préoccupation.
On s’attend aussi à ce que de fortes pluies
accompagnent les conditions de changement
climatique, pouvant ainsi mener à davantage
de poussées de toxoplasmose émanant de
sources hydriques.
La toxoplasmose durant la grossesse peut
causer une fausse couche ou l'accouchement
d'un mort-né38. Les conséquences d'une
toxoplasmose sur un fœtus peuvent être
dévastatrices et comprendre une déficience
visuelle ou une cécité, une surdité, une
arriération mentale et des troubles
d'apprentissage40. Le risque de transmission
in utero est variable, allant d'un taux estimé
de 10 p. 100 dans le premier trimestre à un
taux très élevé de 90 p. 100 à terme41. La
maladie est asymptomatique chez au moins
50 p. 100 des nouveau-nés infectés de façon
congénitale, même si les effets sur la santé
causés par la toxoplasmose peuvent
apparaître plusieurs mois ou années plus
tard. Les médicaments convenables
(pyriméthamine et sulfadiazine) peuvent
aider à prévenir ou à diminuer, chez les
bébés infectés et traités plus tard, les
incapacités associées à la toxoplasmose38.
Il est possible d'effectuer des tests sanguins
pour identifier les personnes infectées. En
Colombie-Britannique, 110 personnes au
total ont été infectées39. Parmi ce groupe,
42 étaient des femmes enceintes et 11, des
nouveau-nés.
54
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
4.1.2.3 Pesticides et autres
substances toxiques
Les polluants dans les sites d'enfouissement
de déchets dangereux peuvent être déplacés
par les inondations et les changements dans
les nappes phréatiques42. Les inondations
peuvent aussi libérer des produits chimiques
dangereux des sites d'entreposage vers les
eaux de crue. Par exemple, en 1976, de
grandes quantités de pesticides ont été
déplacées par des eaux de crue suite à
l'effondrement d'un barrage en Idaho
(É.-U.). Bien que 60 p. 100 des contenants
de pesticides aient été récupérés, des
niveaux élevés de BPC et de DDT, excédant
les niveaux de tolérance américains, ont été
retrouvés dans le poisson pêché dans cette
région43.
En 1999, le manque d'eau potable était la
préoccupation de l’heure suite à l'ouragan
Floyd. L'inondation a emporté au moins
1 000 contenants de matériel explosif et
toxique dans les cours d'eau du New Jersey,
en plus des déchets des fermes porcines. La
consommation d'eau contaminée a créé un
important problème de santé en plus des
dangers immédiats causés par le matériel
inflammable comme l'essence, les solvants
de nettoyage et le gaz propane31. Cette
situation démontre clairement un besoin
d'entreposage sans risque, particulièrement
dans des régions susceptibles d'être
inondées.
Tel que mentionné précédemment, un
changement climatique peut causer une
augmentation du nombre de journées
d'intenses précipitations44. Par conséquent,
le débordement des terres agricoles peut
mener à une augmentation des polluants
agricoles et urbains emportés dans les cours
d'eau et les lacs, en plus de s'infiltrer dans
les sources d'eau souterraine où subsiste une
source éventuelle de contamination des
puits. En 1993, l'inondation du Midwest
américain a causé un dispersement des
micro-organismes et des produits chimiques
des terres agricoles et des sites industriels.
L'exposition humaine à ces types de
polluants peut se produire si l'eau ou les
animaux contaminés sont consommés. Les
régions rurales peuvent être encore plus
exposées, car elles s’approvisionnent
généralement en eau de petits réservoirs
d'eau de surface et de puits peu profonds qui
sont grandement influencés par les activités
agricoles et qui peuvent contenir des
contaminants.
Les produits chimiques peuvent aussi
subsister pendant des périodes plus longues
dans des sols inondés que dans des sols non
inondés45. L'absorption de pesticides peut
être plus grande dans les plantes et les grains
cultivés dans des sols inondés, menant ainsi
à des niveaux accrus d'exposition pour les
humains et les animaux7.
Presque tous les effets sur la santé
susmentionnés indiquent un besoin
d'élaborer des processus efficaces de
traitement des eaux afin de combattre ces
genres de contaminants.
4.2
Incendies de forêt
Des climats plus chauds et des changements
dans la quantité et les périodes de
précipitation augmenteront sans doute le
risque d'incendie dans les forêts boréales du
Canada en raison de plus longues saisons
d'incendies de forêt46,47. Les périodes douces
et sèches qui ont caractérisé de grandes
parties du Canada au cours des années 1980
ont contribué à une importante augmentation
du nombre d'incendies et de superficie
brûlée. Ces mêmes conditions douces et
sèches, jumelées aux augmentations prévues
d'intensité et de fréquence des orages
accompagnant un changement climatique au
Canada, pourraient mener à des incendies
plus fréquents et plus intenses causés par des
foudroiements48. Il faut réévaluer les plans
de gestion des forêts et des incendies selon
l'augmentation de la menace posée par des
facteurs émanant d'un changement
climatique. Si la gestion des incendies n'est
pas modifiée, le nombre et la gravité des
55
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
incendies de forêt dans une région comme
celle du bassin du fleuve Mackenzieix
augmenteront et le nombre moyen d'hectares
brûlés annuellement pourrait doubler49.
4.3
Une augmentation de la fréquence et de
l'intensité des incendies de forêt peut réduire
de façon considérable la variété et le nombre
d'espèces sauvages demeurant dans des sites
traditionnels de chasse et de trappe49.
Certains animaux comme la martre, le
pékan, l'écureuil, le caribou des forêts et le
loup gris se développent dans les forêts
matures et ne retourneront peut-être pas dans
les régions brûlées46,49. Il existe une grande
incertitude sur la capacité d'espèces
particulières à s'adapter aux changements
résultant d'incendies de forêt. Cet effet
devrait varier d'une espèce à l'autre49.
L’augmentation des événements
météorologiques extrêmes, la variation des
précipitations et les changements de période
d'eau de crue printanière forceront sans
doute l'évacuation de collectivités en
bordure des rivières18. Les événements
météorologiques extrêmes comme les
inondations, les sécheresses et les tempêtes
de vent peuvent mettre en danger des vies et
forcer les gens à s'éloigner pour des raisons
de sécurité53. Par exemple, au cours de
l'inondation de la rivière Rouge en 1997, le
Manitoba a évacué 17 000 résidents
demeurant le long de la rivière54.
Les incendies de forêt posent non seulement
un risque pour leur habitat naturel, mais
aussi un risque de blessures et de fatalités
pour les pompiers et les résidents
avoisinants, en plus d'une augmentation
possible du nombre de maladies
respiratoires50. Les incendies de forêt
causent une accumulation de fines particules
dans l'atmosphère, lesquelles ont une
incidence grave sur les maladies
respiratoires, notamment l'asthme et la
bronchopneumopathie chronique obstructive
(BPCO), plus particulièrement chez les
personnes à risque de conditions
respiratoires50,51. La combustion incomplète
du bois est aussi associée à l'émission
d'autres composés qui exacerbent les effets
sur la santé des particules en suspension51.
Ces facteurs ont de graves répercussions sur
la santé chez les groupes vulnérables comme
les nouveau-nés, les enfants et ceux qui
souffrent de problèmes respiratoires
chroniques. Par exemple, la sécheresse de
1997 liée aux incendies de forêt en
Indonésie, desséchée par un événement
El Niño, a produit une augmentation
Un examen des effets de l'inondation
commandé par le Groupe de travail
international sur le Bassin de la rivière
Rouge a permis de découvrir que les
femmes exploitant des entreprises à la
maison (garderies d'enfant) ont souffert de
l'interruption de leurs affaires et du fait
d’avoir dû quitter leurs domiciles, d’abord
parce qu’elles ont dû évacuer et ensuite en
raison des dommages causés à leur
domicile55.
ix
Cette région comprend une partie du Yukon et
des Territoires du Nord-Ouest en plus du nord de
la Colombie-Britannique, de l'Alberta et de la
Saskatchewan.
dramatique des cas de maladies respiratoires
dans les villes de la Malaisie52.
Migration forcée
En plus d'être évacués, les résidents expulsés
de leurs domiciles par les inondations et les
ouragans peuvent aussi souffrir de
problèmes psychologiques, allant de la
dépression au syndrome de stress posttraumatique 56. Dans la situation de la vallée
de la rivière Rouge, l'inondation a
gravement nui aux programmes de violence
familiale. Les programmes ont non
seulement connu une augmentation des
demandes de service avec moins de
ressources organisationnelles qu'avant
l'inondation, mais ils étaient aussi mal
préparés pour protéger les femmes victimes
de violence et leurs enfants pendant et
immédiatement après l'inondation, période
au cours de laquelle les services de
logements étaient interrompus55.
56
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Soixante-cinq pour cent des praticiens
sociaux traitant les mineurs, la famille, la
santé mentale et la gérontologie dans la
région métropolitaine de Grand Forks,
affectée par l'inondation de la rivière Rouge,
ont mentionné que leurs clients étaient
perturbés par l'inondation55. Ceux qui
possédaient le moins de ressources
économiques et personnelles avant
l'événement étaient les plus ébranlés. Les
problèmes financiers et de logement ont
causé aux clients encore plus d'anxiété et de
dépression et les praticiens ont remarqué une
augmentation de la violence familiale, de la
toxicomanie et de problèmes de
comportement chez les jeunes.
Une période d'interruption peut suivre
l'inondation et l'inquiétude entourant
l'inondation à venir peut s’échelonner sur
une longue période57. Les paiements
d'assurance et d'autres formes d'aide
financière peuvent, à long terme, réduire la
gravité du dommage structurel et de la perte,
éliminant par le fait même la perturbation et
le stress. De plus, le réaménagement de
l'infrastructure et du logement peut aider à
minimiser tout dommage causé par des
inondations subséquentes et à réassurer la
population7.
4.4
Incidences psychologiques
Les désastres naturels, notamment les
événements météorologiques extrêmes, ont
plusieurs effets psychologiques sur les
victimes, les sauveteurs, les travailleurs de la
santé et les travailleurs sociaux. Puisque les
événements météorologiques extrêmes
peuvent survenir plus fréquemment et(ou)
s'intensifier suite à un changement
climatique, il faut comprendre ce genre
d’incidences et élaborer des procédures
efficaces de santé publique pour faire face
au problème7. Parmi les facteurs qui
déterminent l'ampleur et la durée des
symptômes psychologiques suite à des
désastres, on retrouve la nature de
l'expérience, l'âge des personnes, la structure
de la collectivité locale affectée et
l’accessibilité aux soins psychologiques.
Pour ce qui est des enfants, les désastres, y
compris les événements météorologiques
extrêmes, sont difficiles à comprendre et à
gérer. Il est difficile pour eux de comprendre
et d'accepter la présence dans leurs vies
d'événements incontrôlables et imprévus.
Les enfants ont souvent peu de
connaissances ou d'expérience dans la
gestion d'expériences terrifiantes comme les
inondations et les perturbations qui
s'ensuivent.
Puisque le cerveau se développe au cours
des premières années de vie, les expériences
vécues pendant cette période ont plus de
risques d'influencer le cerveau – de façon
positive et négative. À la naissance, le
cerveau du nouveau-né possède
100 milliards de cellules nerveuses, ou
neurones58. Les parties du cerveau qui gèrent
la pensée et la mémoire, en plus du
comportement émotionnel et social, ne sont
pas très développées. Le fait que le cerveau
mature dans le monde plutôt que dans
l'utérus affecte les jeunes enfants plus
profondément dans leurs premières
expériences. Ces expériences dans l'enfance
sont la fondation de l'organisation et du
fonctionnement du cerveau tout au long de
la vie.
Il est prouvé que les interventions proactives
aident les personnes traumatisées59. Pour
aider les enfants à composer avec
l'inondation de la rivière Rouge, le ministère
de la Santé du Manitoba, le ministère de
l'Éducation et de la Formation du Manitoba
et le Secrétariat de l'enfance et de la
jeunesse du Manitoba ont publié un livre
intitulé « My Book of the Flood of the
Century »60. Ce livre renferme une
explication du cycle de l'eau et encourage
des activités comme de faire des desseins
pour expliquer Floods make me feel…. Le
contenu du livre visait à aider les enfants à
élaborer et à gérer leur compréhension des
événements entourant l'inondation. Il existe
57
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
aussi des sites Web comme l'organisme
américain Federal Emergency Management
Agency
(http://www.fema.gov/kids/ready.htm) et
Disaster Training International
(http://disastertraining.org) qui prodiguent
des conseils sur la façon d'aider les enfants à
composer avec l'événement et la période
suivant un événement météorologique
extrême.
Il existe peu de renseignements sur les
incidences psychologiques des événements
météorologiques extrêmes sur les enfants.
L'étude pancanadienne sur les incidences et
l'adaptation à la variabilité et au changement
climatique, une étude détaillée sur le
changement climatique, ne comprenait pas
de renseignements sur les incidences sur la
santé mentale suite à des événements
météorologiques extrêmes. Ce phénomène
démontre le besoin de déployer des efforts
pour rendre accessibles les interventions de
soutien psychologique au Canada.
4.5
Mesures d'adaptation
Puisque les événements météorologiques
extrêmes semblent être à la hausse, peut-être
en partie en raison du changement
climatique, il faut améliorer les mesures
d'urgence face à ces événements
météorologiques. Par le passé, la population
canadienne n'a pas été bien préparée pour
composer avec les événements
météorologiques extrêmes résultant des
principaux désastres, notamment
l'inondation de 1996 au Québec ou la
tempête de verglas de 199861.
L'incidence moyenne de nouveaux désastres
naturels plus fréquents et plus graves qui
peuvent se produire à l'échelle régionale en
raison d'un changement climatique peut être
gérée avec clairvoyance et en adoptant des
mesures adaptatives7. L'adaptation
préventive et prudente est plus efficace et
moins coûteuse que l'adaptation d'urgence
forcée et de dernière minute. Étant donné le
nombre et l'ampleur des incertitudes
concernant la prédiction des incidences d'un
changement climatique, les systèmes de
défense les mieux adaptés seront ceux qui
résistent suffisamment à une gamme de
scénarios possibles. Cette situation
nécessitera davantage d’investissements
dans l'infrastructure et les établissements
d'urgence62.
Les stratégies d'intervention pour les
événements météorologiques extrêmes
pourraient comprendre, entre autres, les
éléments suivants :
i) Déployer des efforts pour veiller à ce que
les immeubles et les infrastructures urbaines
et rurales sont construits pour résister aux
événements météorologiques extrêmes.
ii) Assurer une planification de l'utilisation
des terres et un zonage pour maintenir un
contrôle strict sur tout développement dans
des zones à risque élevé et pour décourager
le peuplement humain dans ces zones. Les
citoyens doivent aussi être avisés des
éventuelles pertes et faire des choix éclairés
avant de s'établir dans des zones
vulnérables.
iii) Améliorer les systèmes d'avertissement
et d'urgence pour informer les gens de
l'imminence de conditions météorologiques
stressantes afin de minimiser les pertes de
vie humaine et les dommages à la propriété
et à l'approvisionnement alimentaire lors de
désastres. Les gens ne savent souvent pas
que des conditions météorologiques
dangereuses existent et qu’elles peuvent
contribuer à accroître le taux de mortalité.
iv) Déployer des efforts pour apparenter les
politiques démographiques (par rapport à la
migration, aux règlements, à la planification
familiale) et la capacité industrielle et
agricole à venir.
v) Prévenir une dégradation
environnementale7.
58
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
vi) Créer un plan pour veiller à répondre aux
besoins alimentaires et nutritionnels des
personnes déplacées en raison d’événements
météorologiques extrêmes (consulter
l'Organisation mondiale de la santé (2000).
La gestion de la nutrition dans les
principales situations d'urgence).
59
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Encadré 4.0 Le porc et l'ouragan Floyd
Après l'ouragan Floyd, les eaux de crue du comté de Duplin (Caroline du Nord) ont été
contaminées par des porcs noyés, des déversements et des débordements de bassins de porcs, des
volailles noyées, des eaux usées humaines et d'autres contaminants, de sorte que tout ce qui s'y
baignait était irrécupérable. La plupart des résidents de la région ont opté pour l'eau embouteillée,
craignant une contamination de l'eau souterraine et des rivières les alimentant en eau potable et
qu'il faudrait plusieurs années avant que les conditions ne reviennent à la normale63. « Il faut 20
ans pour filtrer vers l'eau souterraine le débordement et le déversement de déchets d'un bassin de
porcs et un autre 20 ans pour le nettoyage, c'est-à-dire que l'eau sera contaminée pour un autre
40 ans, soit deux générations. »
L'ouragan Floyd a inondé et a détruit plusieurs installations de production porcine en Caroline du
Nord. La destruction a causé des libérations massives de déchets des bassins et d'autres
installations d'entreposage de déchets porcins dans les cours d'eau environnants, contaminant les
approvisionnements locaux d'eau potable et affectant la santé des personnes victimes des crues
d'eau. Une des raisons expliquant la gravité du problème est que l'État de la Caroline du Nord a
permis la construction d'installations porcines sur des terres à bon marché, sur des plaines
d'inondation et des basses terres côtières. Normalement, les nouvelles maisons, écoles et autres
installations ne peuvent pas être construites sur des plaines d'inondation. Puisque le changement
climatique augmente la gravité et la fréquence des tempêtes, il est de plus en plus clair qu'il faut
interdire la construction de structures sur des plaines d'inondation. Le US Environmental Defense
Fund (EDF) exerce une pression pour obtenir une politique musclée de protection contre les
inondations concernant les installations porcines et les autres installations dans lesquelles les
animaux sont concentrés (bétail et poulets)64. La plupart du temps, les inondations et la
contamination des eaux souterraines peuvent être attribuées à l'évacuation des eaux et au
développement des marécages de l'État et à sa résistance aux règlements environnementaux du
commerce agricole. « L'ampleur d'une inondation est un événement entièrement créé par l'être
humain. »
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Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
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3(6).
66
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
5
Maladies à transmission
vectorielle
U
ne des importantes caractéristiques
du réchauffement de la planète
réside dans le fait que les
températures minimales de la nuit
augmentent plus rapidement que les
températures maximales du jour1. Les
données des postes d'observations
météorologiques du monde entier indiquent
que, depuis 1950, les températures
minimales de la nuit ont augmenté deux fois
plus rapidement que les températures
maximales du jour (1,86°C/100 ans contre
0,88°C/100 ans)2. Depuis 1970, le niveau le
plus bas d'observation du gel a grimpé
d'environ 150 mètres dans les chaînes de
montagnes, de 30°N à 30°S, équivalent à un
réchauffement d'environ 1°C2,3. Ce
réchauffement a de vastes répercussions sur
les maladies et la santé humaine,
principalement parce que les températures
nocturnes et hivernales limitaient auparavant
la portée de plusieurs parasites vecteurs1,4.
Dans un monde plus doux, les taux
d'insectes piqueurs augmenteront, de même
que le taux de maturation de leurs microorganismes3,4,5. Une augmentation de la
température accélérerait le métabolisme du
moustique, l'obligeant à s'alimenter plus
souvent6. Un réchauffement peut aussi
augmenter le nombre de parasites, pourvu
que le taux d'humidité soit adéquat, bien
qu'une chaleur excessive puisse diminuer le
temps de survie des micro-organismes et de
leurs hôtesx,3,4.
Les changements climatiques mondiaux
produisent des températures plus douces
dans les climats nordiques et des cycles
météorologiques à court terme, notamment
El Niño, fournissent des possibilités
inhabituelles pour des insectes comme les
moustiques d'étendre leur portée vers le
nord7. Les changements de température et de
précipitation peuvent aider à la survie des
maladies transportées par l'insecte (vecteur),
causant des augmentations ou des invasions
au Canada de maladies comme le paludisme
et la maladie de Lyme8. Il y a déjà, dans
d'autres parties de la planète, des signes de
changement de distribution des maladies
résultant du réchauffement de la planète. On
retrouve actuellement tant les insectes que
les maladies qu’elles transmettent (y
compris le paludisme et la fièvre éphémère)
à de hautes altitudes en Afrique, en Asie et
en Amérique latine2,3,9.
Une augmentation de la température
ambiante moyenne prédite par des modèles
climatiques élargirait sans doute la portée
territoriale et augmenterait l'abondance
d'insectes comme le moustique, lesquels
portent des maladies comme le paludisme, la
fièvre éphémère et plusieurs genres
d'encéphalite virale10. Un des points de vue
sur le sujet veut que l'expansion de ces
maladies n'indique pas nécessairement qu'un
plus grand nombre de personnes tomberont
malades, mais elle indique qu'un plus grand
nombre de personnes seront exposées au
risque de les contracter. Un autre point de
vue est que les populations exposées n'ont
peut-être pas un niveau d'immunité élevé;
par conséquent, les poussées seraient non
seulement plus grandes, mais aussi plus
graves11.
x
Lorsque les températures excèdent 40°C, les
moustiques meurent, tout comme les gens et les
récoltes qui les alimentent. Source : Linden, E.
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may be disease. TIME Magazine, le 8 juillet
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l'adresse suivante :
De tels changements sur l'incidence de la
maladie seront aidés par des processus
http://www.time.com/time/magazine/archive/199
6/dom/960708/environment.html
67
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
biologiques, écologiques, sociologiques et
épidémiologiques qui réagissent
individuellement et entre eux (chaque
processus peut être influencé par un
changement climatique)12. Les maladies,
dans certaines régions, apparaîtront ou non
en raison d'un changement dans la
dynamique de transmission, de distribution
et de résistance des agents de la maladie13.
La température, l'humidité et la pluie
affectent ces variables. Par exemple, la
résistance des gens à la maladie peut être
moindre si des niveaux supérieurs
d'humidité les rendent moins résistants aux
insectes porteurs de maladies. Puisque la
dynamique de l'écologie et de la
transmission de ces infections à transmission
vectorielle sont complexes et que les
facteurs qui influent sur la transmission sont
uniques à chaque maladie, il est impossible
d'avancer de vastes généralisations sur l'effet
climatique sur les maladies à transmission
vectorielle14. Divers effets peuvent se
produire; cependant, l'étendue de leur
apparition est inconnue.
5.1
Maladie transmise par les
moustiques
Le paludisme est transmis par certaines
espèces de moustiques. Le paludisme ne
s'étend généralement qu'à des endroits où les
températures hivernales minimales ne sont
pas inférieures à 16°C3,15,16. Cependant, il
existe des facteurs supplémentaires qui
déterminent la réussite des moustiques et la
transmission subséquente du paludisme17.
Les sites de reproduction des moustiques
dépendent de l'eau et sont influencés par les
nappes phréatiques, la vitesse des rivières,
les fluctuations des niveaux d'eau et les
mouvements des marées, lesquels peuvent
tous être affectés par un changement
climatique18.
Les petites poussées actuellement présentes
au nord et au sud des régions tropicales
respectent les projections du modèle
d'éventuels changements de conditions
propices à une transmission. Le GIEC
prévoit entre 50 et 80 millions de cas
supplémentaires de paludisme si les niveaux
atmosphériques de gaz à effet de serre
atteignent des concentrations équivalentes à
un doublement du CO2 depuis la révolution
industrielle19. Ces tableaux représentent une
augmentation de 30 p. 10020.
5.1.1
Les effets du paludisme
sur la santé
Le paludisme cause une variété de
symptômes, notamment de la fièvre, des
tremblements, des maux de tête, des
douleurs musculaires, de la fatigue, des
nausées, des vomissements et de la
diarrhée21. Certaines espèces de paludisme
peuvent être fatales et sont responsables de
plus d'un million de décès chaque année, en
majorité chez les jeunes enfants africains22.
Le paludisme constitue une menace grave
pour le fœtus des femmes enceintes23. Il peut
augmenter le risque de résultats néfastes
pour la grossesse, dont la mort de la mère et
du nouveau-né, les fausses couches, le mortné et la prématurité23,24. Les femmes
enceintes qui voyagent dans une région à
risque pour le paludisme devraient consulter
un médecin et prendre les ordonnances
recommandées pour prévenir le paludisme23.
Les femmes enceintes ne peuvent prendre
que certains genres de médicaments
antipaludiques pendant la grossesse, car
certains, dont la doxycycline, peuvent avoir
un effet néfaste sur le fœtus.
Les enfants sont particulièrement à risque
pour le paludisme et ils peuvent tomber
malades très rapidement24. Les médicaments
les plus efficaces pour prévenir le paludisme
chimio-résistant ne sont généralement pas
recommandés pour les jeunes enfants. Pour
les enfants, la posologie du médicament
antipaludique dépend de l'âge et du poids de
l'enfant23. Certains médicaments
antipaludiques peuvent causer des effets
secondaires néfastes adverses chez les
enfants (maux de tête, étourdissements,
nausées et vomissements) et plus rarement
68
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
des effets secondaires graves comme des
convulsions21.
5.1.2
Les insectifuges sont souvent recommandés
dans les régions endémiques pour le
paludisme21. Le diéthyltoluamide ou DEET
(nom chimique, N,N-diéthyl-m-toluamide)
est un des insectifuges les plus efficaces;
cependant, les insectifuges contenant du
DEET devraient être administrés avec
précaution et en petite quantité aux enfants,
en raison des rares réactions néfastes
possibles25. Depuis 1961, au moins six cas
de réaction toxique systémique ont été
dénombrés suite à l'administration répétée
de DEET. Dans les six cas en question, les
filles âgées entre 17 mois et 8 ans ont
montré des changements comportementaux,
de l'ataxiexi, une encéphalopathiexii, des
convulsions et(ou) un coma suite à une
exposition répétée au DEET; trois d'entre
elles sont décédées26.
Diverses études ayant recours à des
prévisions d'augmentation de température
moyenne à l'échelle mondiale suggèrent que
le paludisme peut s'étendre vers le nord
jusqu'au Canada en raison d'un
réchauffement de la planète29,30. Deux
genres de paludisme (causés par le
Plasmodium vivax et par le Plasmodium
falciparum) peuvent se produire dans le sud
de l'Ontario en raison des températures
douces requises par le moustique porteur du
parasite17. Le paludisme du genre transmis
localement s'est présenté dans les années
1990 pendant des périodes particulièrement
chaudes et humides à Toronto (Ontario)15.
Les jeunes enfants ont un plus grand risque
de toxicité au DEET en raison de leur plus
grand rapport superficie/volume que les
enfants plus âgés et les adultes27. Ce
phénomène indique que pour la même
superficie de peau couverte par un produit
chimique, l'enfant plus jeune peut recevoir
jusqu'à trois fois la dose reçue par un adulte.
L'application répétée et fréquente augmente
le risque de toxicité. Il faut éviter d'utiliser
les produits très concentrés (plus de
35 p. 100)28. S'il est essentiel d'utiliser le
DEET sur un enfant, il est recommandé de
n'utiliser que des produits de concentration
moyenne (5 à 15 p. 100) et de limiter
l'application aux parties de la peau exposées
et aux vêtements, en n'utilisant le moins
possible d'insectifuge. De plus, les produits
contenant du DEET ne devraient pas être
appliqués sur les mains des enfants
puisqu’ils portent fréquemment les mains à
leur bouche.
xi
Perte de la capacité de coordonner les
mouvements musculaires.
xii
Une des diverses maladies du cerveau.
Le potentiel du paludisme au
Canada
Le paludisme s'est propagé de façon
générale au Canada à la fin du XVIIIe siècle,
lorsque des réfugiés des états du sud se sont
installés en grand nombre dans le nord,
jusqu'au Lac Huron, suite à la guerre
américaine de l'Indépendance31. Le
paludisme s'est étendu encore davantage
avec la construction du Canal Rideau (1826
à 1832)29. Au milieu du XIXe siècle, le
paludisme a été diagnostiqué jusqu'au 50°N
de latitude (équivalent à Winnipeg,
Manitoba)31. En 1837, le grand district de
paludisme de l'ouest de l'Ontario n'était
qu'une fraction d'une grande région
endémique s'étendant entre l'Ontario et l'état
du Michigan. Au Canada, la maladie est
disparue à la fin du XIXe siècle 31,32,33.
On croit que les cas de paludisme sont
graduellement disparus du Canada au début
de ce siècle pour diverses raisons,
notamment la réduction du nombre de cas de
paludisme en Europe, la destruction des sites
de reproduction des Anophèles, l'utilisation
de moustiquaires et le traitement plus rapide
des cas fébriles avant que le parasite du
paludisme atteigne l'étape sexuelle et
infectieuse du moustique34.
Pour d'autres parties du monde, le paludisme
n'a pas été conquis, seulement contrôlé.
69
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Initialement, des mesures de contrôle contre
le paludisme ont été mises en place,
notamment des améliorations
environnementales et l'épandage
d'insecticides. Dès les années 1950, on
remarquait des baisses dramatiques, au
niveau mondial, de l'incidence de la
maladie3. À la fin des années 1970, les
réductions de fonds dans les programmes de
santé publique, la résistance accrue aux
insecticides et les changements
environnementaux, comme la coupe non
sélective des forêts, ont contribué à une
réapparition générale. À la fin des années
1980, les grandes endémies étaient de
nouveau monnaie courante, souvent
associées à des périodes douces et humides.
Après qu'elles aient initialement été
contrôlées, les petites poussées de paludisme
transmis au niveau local se sont produites au
cours de cette décennie – principalement
pendant les périodes chaudes et humides.
Une persistance de conditions climatiques
semblables, combinée à des méthodes de
contrôle inadéquates (ou inefficaces),
pourrait mener à d'autres poussées locales.
Le réchauffement prévu des températures
nocturnes sera crucial à la survie de l'insecte
et permettra à plusieurs vecteurs de maladie
d'étendre leur portée de façon significative.
Par exemple, à la Nouvelle-Orléans, cinq
années de suite sans gel ont permis une forte
flambée de moustiques, de termites et de
coquerelles.
Le système de santé publique devra être
vigilant pour prévenir la propagation de
maladies comme le paludisme. Dans des
pays tempérés comme le Canada,
l'application continue et croissante de
mesures de contrôle, notamment le contrôle
de la maladie et le traitement rapide des cas,
aidera probablement à contrer toute
augmentation de la capacité vectorielle35. La
protection de la santé des Canadiennes et
des Canadiens exigera de nouvelles
dépenses considérables, une augmentation
de la vigilance et de nouvelles méthodes de
contrôle et de surveillance inexistantes ou
désuètes10.
5.1.3
Le paludisme et le voyageur
canadien
Puisque le paludisme se déplace vers des
endroits fréquemment visités par les
Canadiens, les voyageurs d'affaires et les
touristes peuvent ramener la maladie au
pays36. En 1997, 1 036 cas de paludisme ont
été déclarés au Canada34. Ce nombre
représente probablement seulement la moitié
des cas de paludisme affectant les
Canadiennes et les Canadiens. Les autres cas
sont soit non déclarés ou se produisent à
l'étranger. Les Canadiens voyagent de plus
en plus vers des régions exotiques, y
compris plusieurs régions dans lesquelles la
résistance aux antipaludiques augmente
rapidement. Si les voyageurs ramènent au
pays le parasite qui cause le paludisme, un
climat plus doux comme celui qui peut se
produire avec un changement climatique
pourrait favoriser une croissance plus rapide
du parasite et des organismes hôtes,
augmentant par le fait même le risque de
transmission locale37.
Cependant, une infrastructure de santé
canadienne réactive pourra peut-être
prévenir une importante augmentation du
nombre de cas. Cette adaptation
comprendrait un programme d'éducation
plus agressif pour les personnes qui
voyagent dans des régions endémiques.
Une étude récente a été réalisée auprès de
307 « nouveaux voyageurs canadiens »
partant de l'aéroport international Pearson à
Toronto en direction de l'Inde. Les entrevues
visaient à déterminer si les voyageurs
avaient demandé des conseils antipaludiques
avant leur déplacement et l'effet de ces
conseils sur l'intention d'utiliser un
traitement préventif antipaludique34. Bien
que 69 p. 100 des répondants
reconnaissaient que le paludisme était une
maladie modérée à grave, 64 p. 100 ne se
croyaient pas à risque ou n'étaient pas
conscients du risque. Seulement 54 p. 100
avaient obtenu des conseils préventifs
antipaludiques avant le voyage, dont la
70
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
moitié d'un professionnel de la santé. De
ceux qui avaient demandé des conseils,
53 p. 100 avaient l'intention d'utiliser des
antipaludiques; 4 p. 100 de ceux qui ne
l'avaient pas fait avaient l'intention d'utiliser
des antipaludiques. Malgré le fait que
50 p. 100 des personnes interrogées avaient
obtenu des conseils d'un professionnel de la
santé, seulement 24 p. 100 de ceux qui
avaient l'intention d'utiliser des
antipaludiques possédaient une ordonnance
recommandée par Santé Canada, le US
Centers for Disease Control and Prevention
ou l'Organisation mondiale de la santé.
Ces résultats montrent que la connaissance
et la pratique de la prévention du paludisme
dans ce vaste sous-ensemble des voyageurs
canadiens sont inadéquates34. Ils expliquent
l'augmentation de l'incidence du paludisme
au retour au Canada. Cette étude révèle aussi
un manque évident de connaissances sur le
paludisme et sur sa prévention dans la
collectivité des soins de santé du Canada. Il
faut créer de nouvelles stratégies pour
augmenter la proportion des voyageurs qui
sollicitent des conseils, pour augmenter la
conformité aux conseils prodigués et pour
diminuer l'incidence du paludisme chez les
voyageurs canadiens.
5.1.4
L'encéphalite
Les infections transmises par les moustiques
ou par les tiques, notamment l'encéphalite,
seront sans doute aussi affectées par un
réchauffement de la planète31 en raison de
leur étroite association avec les variables
climatiques38. Les changements dans le
courant des vents et des microclimats locaux
sont des résultats plausibles de changement
climatique qui pourraient altérer les modèles
épidémiologiques de la maladie31. En outre,
l'encéphalite inquiète en raison du fait que
l'eau stagnante résiduelle des inondations
constitue un site de reproduction idéal pour
les moustiques39.
infections virales et bactériennes, y compris
les virus transmis par les moustiques40. Les
moustiques deviennent infectés lorsqu'ils
s'alimentent sur des oiseaux infectés par une
forme de virus et le transmettent ensuite en
piquant les êtres humains et les animaux.
Les virus causant l'encéphalite comprennent
le virus de l'encéphalite de Saint-Louis
(ESL), le virus de l'encéphalite équine de
l'Ouest (WEE), le virus de l'encéphalite
équine de l'Est (EEE) et le virus de
l'encéphalite West Nile. Chaque souche du
virus présente une gravité différente de
symptômes et de pronostic. Les symptômes
peuvent comprendre des maux de tête, une
confusion ou une altération d'autres sens,
des nausées, des vomissements, une
paralysie, des réflexes altérés, des
convulsions, un coma et la mort41. Il n'existe
actuellement aucune cure pour cette
maladie.
Il a été suggéré que le WEE, le EEE et le
ESL pourraient étendre leur portée jusqu'au
Canada en réaction à un changement
climatique31. Les trois ont déjà été déclarés
au Canada et dans le nord des ÉtatsUnis42,43,44. En présence de conditions de
réchauffement de la planète, le virus WEE
pourrait disparaître de sa région endémique
actuelle et devenir une infection plus
commune dans le nord des États-Unis et au
Canada45. Le virus WEE dépend beaucoup
du moustique Culex, lequel a récemment
augmenté sa distribution au Canada31. Le
moustique Culex a précédemment été
retrouvé au Manitoba et se trouve
aujourd'hui aussi loin qu'en ColombieBritannique. Une poussée du virus WEE
s'est déjà produite dans la vallée de
l'Okanogan. Avec un changement
climatique, d'autres poussées pourraient se
produire encore plus à l'ouest46.
L'encéphalite est une inflammation du
cerveau qui peut être causée par des
71
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
5.3
5.2
Maladies transmises par des
tiques
Les maladies transmises par des tiques
peuvent aussi étendre leur distribution
géographique en présence d'un changement
climatique. La maladie de Lyme (maladie
transmise par une tique) devrait apparaître
au Canada si les températures continuent
d'augmenter30,31,47. Depuis la fin des années
1980, des cas sporadiques de maladie de
Lyme ont été déclarés chez des être humains
et des animaux48,49. Malgré le fait que des
tiques vecteurs ont été aperçues dans
diverses parties du Canada, les populations
autoreproductrices de tiques infectées ne
semblent se trouver qu'à Long Point
(Ontario)50. Néanmoins, il est établi que des
oiseaux migratoires ramènent chaque année
les tiques larvaires au Canada51. Étant donné
un climat de plus en plus réceptif en raison
des conditions de réchauffement de la
planète, la maladie de Lyme pourrait devenir
endémique dans diverses parties du
Canada31.
Les premiers symptômes de la maladie de
Lyme comprennent une éruption rouge sans
démangeaison qui se trouve habituellement
près de l’endroit où la tique a piqué et des
symptômes de grippe, notamment une
fièvre, des maux de tête et des douleurs
généralisées52. Ces symptômes se
manifestent quelques jours/semaines suivant
la piqûre de la tique. Les symptômes de
formes plus chroniques de la maladie de
Lyme comprennent une paralysie du nerf
facial (signe de Charles Bell), une perte de
mémoire et de l’arthrite aux grosses
articulations, généralement les genoux et les
épaules. Le traitement antibiotique réussit
mieux si la maladie est reconnue dès les
premiers stades. Le traitement de la maladie
chronique de Lyme est toujours efficace,
mais il est plus difficile d'obtenir une
guérison complète.
Utilisation de pesticides
L'épandage intensif pour contrôler les
vecteurs récemment adopté dans des
environnements plus favorables aurait des
conséquences négatives sur l'écologie et sur
la santé; il ne constitue donc pas une
solution pratique53. Les parasites deviennent
rapidement résistants aux agents chimiques;
il est par conséquent crucial de trouver
d'autres solutions que les pesticides
chimiques54.
La poussée, en 1999, d'encéphalite causée
par le virus West-Nile à New Yorkxiii a mené
à un épandage massif de malathion, un
pesticide utilisé couramment dans ses
bourgs 55. Dans cette situation, les avantages
pour la santé publique d'une réduction de la
population de moustiques ont été pesés par
rapport aux risques sur la santé publique de
recourir à des pesticides. Il n'a pas été
prouvé que le malathion cause le cancer ou
des anomalies congénitales chez les
personnes et les animaux de laboratoire,
mais il a causé des problèmes reproductifs
subtils chez les animaux de laboratoire
exposés à des niveaux plus élevés que ceux
utilisés dans l'épandage56. Cependant, après
un récent épandage de malathion en Floride,
certaines personnes ont mentionné éprouver
des problèmes respiratoires, des éruptions
cutanées et des maux de tête57. Pour garder
l'exposition au niveau le plus bas possible,
les autorités ont émis des avertissements de
fermer les fenêtres et les portes et de
demeurer à l'intérieur pendant l'épandage56.
5.4
Mesures d'adaptation
Il sera important d’améliorer le contrôle et la
capacité d’intervention du secteur de la santé
publique, notamment l'élaboration de
vaccins, de meilleurs traitements et un
soutien plus général, à l'échelle mondiale,
xiii
Selon le US Center for Disease Control
(CDC), il s'agit du premier cas d'encéphalite à
virus West Nile sur les côtes américaines.
L'origine précise du virus est inconnue, et on ne
sait pas s’il se propagera.
72
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
pour des mesures de santé publique pour
tenter de limiter la capacité vectorielle de
plusieurs maladies3. Il faudra mettre en
œuvre l'intégration d'une surveillance de la
santé dans le contrôle environnemental. Par
exemple, il serait profitable d'utiliser
davantage la détection à distance et les
prévisions météorologiques pour élaborer
des systèmes de santé d'alerte rapide afin de
prévenir les collectivités des conditions
propices à la poussée de maladies
infectieuses. Maintenir l'intégrité des
écosystèmes, notamment l'habitat forestier et
les terres humides, peut fournir une défense
contre les poussées d'opportunistes
transportant la maladie.
73
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
5.5
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78
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
6
Sécheresse et
augmentation de
l'évaporation
L
a conservation de l'eau pourrait
devenir un bien de première nécessité
de plus en plus précieux puisqu’il est
prévu qu'un changement climatique pourrait
avoir un impact important sur les ressources
hydriques régionales1. Contrairement aux
augmentations prévues des niveaux de mer
et des inondations à grande échelle connexes
de plusieurs régions côtières, des niveaux
inférieurs sont prévus pour diverses régions
du Canada, causés en grande partie par des
taux d'évaporation supérieurs en plus d'une
réduction de pluviosité totale et de périodes
de sécheresse plus fréquentes2,3. Les
résultats d'études indiquent que si les
précipitations demeurent constantes, une
augmentation annuelle moyenne de
température de l'ordre de 1°C pourrait
diminuer les volumes annuels de
ruissellement de 5 à 15 p. 1004.
Les changements climatiques affecteront la
demande en plus de l'approvisionnement en
eau3. Des réductions de précipitation
peuvent causer une baisse du volume des
rivières, des lacs, des nappes et des
manteaux neigeux qui approvisionnent les
villes et les comtés5. De plus, des
augmentations du taux d'évaporation des
lacs, des rivières et des réservoirs qui
approvisionnent une ville peuvent aussi
considérablement diminuer la quantité d'eau
disponible. Cette réduction de volume d'eau
et de ruissellement pourrait augmenter la
fréquence et la durée des pénuries
d'approvisionnement en eau domestique et la
disponibilité de l'eau à des fins industrielles
et agricoles2.
L'utilisation de l'eau pourrait causer des
conflits. Par le passé, la concurrence pour
l'eau s'est produite aux dépens des systèmes
aquatiques3. Les mêmes conflits pourraient
survenir entre l'utilisation de l'eau à des fins
agricoles et municipales. Ces éventuels
conflits démontrent qu'il faut absolument
améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau.
Les lacs et les rivières couvrent 7,6 p. 100
de la superficie du Canada et 9 p. 100 de
l'eau douce déversée dans les océans du
monde entier provient du Canada. Malgré
cette relative abondance, la région
canadienne des prairies et certaines vallées
de l'intérieur de la Colombie-Britannique
possèdent des ressources limitées en eau et
connaissent des pénuries périodiques. Cette
situation pourrait empirer si les prévisions
actuelles d'un changement climatique
s'avèrent exactes2.
Il est aussi prévu qu'un changement
climatique produira des niveaux d'eau
inférieurs et une diminution du flot de tous
les Grands Lacs et du fleuve St.-Laurent2.
En 1999, les niveaux d'eau des cinq Grands
Lacs étaient inférieurs à la normale et les
lacs Michigan et Huron montraient un
niveau de 17 pouces inférieur à celui de
19986. Durant les périodes de manque d'eau
des années 1960, les niveaux d'eau des
Grands Lacs ont baissé d'un mètre ou plus
sous la moyenne des 100 dernières années,
endommageant les plages et les rives des
chalets et affectant de façon néfaste la
navigation de plaisance, la pêche et les
autres activités récréatives7.
Des niveaux extrêmement bas des lacs,
comme ceux des années 1960, pourraient se
produire quatre années sur cinq si les
niveaux d'eau diminuent d'un mètre8. Ce
genre de changement pourrait causer une
augmentation de la fréquence des
sécheresses (surtout dans la partie sud-ouest
du bassin du lac Érié) et une diminution des
approvisionnements en eau souterraine et de
surface, provoquant une détérioration de la
qualité de l'eau en raison de pannes des
systèmes d'eau municipaux le long des
Grands Lacs.
79
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Les prises d'eau et les points de déversement
des eaux usées exposés peuvent mener à une
augmentation de croissance d'algues et de
mauvaises herbes8. Un mauvais
fonctionnement des usines de traitement des
eaux usées et des températures plus chaudes
pourrait produire des changements dans les
micro-organismes, dans les habitats
aquatiques et marécageux et dans les
communautés halieutiques.
Les autres approvisionnements d'eau comme
l'eau souterraine (et en particulier l'eau
fossilexiv) seront menacés par une plus
importante augmentation de l'évaporation
que de la précipitation en raison du fait que
l'eau fossile est utilisée à un taux beaucoup
plus rapide que le permet la réalimentation
naturelle. Il est prévu que cette vaste réserve
sera épuisée dès le début du XXIe siècle9. La
non-disponibilité de cette eau fossile et
l'absence de précipitation convenable pour
remplir les nappes souterraines
exacerberaient les pénuries d'eau9,10. Il y
aura sans doute une augmentation de la
pression politique sur le Canada, lequel
possède d'abondantes ressources en eau
douce, pour détourner l'eau vers les ÉtatsUnis9.
Les résidents ruraux seront peut-être plus
vulnérables aux effets des sécheresses, non
seulement parce que leur subsistance dépend
de l'agriculture, mais aussi en raison de leur
dépendance à l'eau des puits. Les régions
rurales se fient davantage à l'eau souterraine,
car plus de 90 p. 100 de sa population
dépend de l'eau souterraine, pour toute ou
une partie de son approvisionnement en
eau11. La plupart des résidents ruraux
possèdent des puits creusés à une profondeur
minimale requise pour obtenir un
approvisionnement adéquat en eau
souterraine. Cependant, dans des conditions
de changement climatique, une baisse des
niveaux d'eau souterraine pourrait causer
une instabilité de certains puits et une
xiv
Entreposages de l'eau non accumulée dans les
temps modernes et non renflouée par la
percolation de surface.
diminution de la productivité d'autres
puits12. Dans des situations de sécheresse,
les résidents devront peut-être creuser des
puits plus profonds.
6.1
Qualité de l'eau
Les problèmes de qualité de l'eau,
notamment les concentrations élevées de
contaminants, jumelés aux impacts humains
sur les ressources hydriques (p. ex., les
effluents d'eaux usées) seront exacerbés par
une baisse des niveaux d'eau des lacs et des
ruisseaux (causée par un changement
climatique), car leur capacité de diluer les
polluants sera réduite11. Des niveaux d'eau
inférieurs se traduiraient donc par une
augmentation des concentrations de
polluants dans les approvisionnements d'eau.
Les polluants non localisés constituent les
principales sources de contamination d'eau
de surface. Les moyens efficaces pour
freiner plusieurs de ces polluants n'ont
toujours pas été élaborés ou adoptés à une
vaste échelle3. Les menaces futures pour la
qualité de l'eau comprennent aussi les
millions de réservoirs souterrains contenant
des substances dangereuses, les sites
d'enfouissement, les décharges abandonnées,
les bassins à saumure de pétrole et de
carburant et les produits chimiques
appliqués annuellement aux récoltes du
pays. Il est par conséquent important de
réduire ces polluants pour veiller à ne pas
détériorer davantage la qualité de l'eau. Une
réduction de la pollution est avantageuse, en
présence ou non de changements
climatiques à l'échelle de la planète13.
6.2
Mesures d'adaptation
Il existe quatre façons de réduire les coûts
possibles et les éventuels conflits associés à
l'approvisionnement des demandes d'eau à
venir et à l'adaptation à la variabilité
climatique à venir. Il faut établir des
incitations visant l'utilisation, la
conservation et la protection des
approvisionnements d'eau, fournir des
80
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
occasions de transfert d'eau parmi les
utilisations compétitives en réponse aux
conditions changeantes, influencer la façon
dont l'eau est gérée à l'intérieur et entre
bassins et réévaluer l'exploitation de
l'infrastructure existante pour s’adapter au
climat et aux changements climatiques3. À
l’heure actuelle, les Canadiens sont les
deuxièmes plus importants consommateurs
d'eau par personne au monde.
comprennent le recyclage des eaux usées, le
dessalement de l'eau saumâtre et de l'eau de
mer et la gestion de la végétation3. Aucune
de ces solutions n'altérera sans doute pas la
tendance vers des coûts d'eau plus élevés. Ils
sont soit plus dispendieux que les coûts
d'eau traditionnels ou leurs éventuelles
contributions aux approvisionnements sont
trop limitées pour avoir des répercussions
considérables sur les approvisionnements à
long terme.
Les solutions pour augmenter
l'approvisionnement en eau douce
81
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
6.3
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Sectoral Volume. Canada: Environment
Canada.
83
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
7
Disponibilités
alimentaires et portée de
l'écosystème
T
outes les espèces végétales et
animales sont sensibles au climat; par
conséquent, les incidences éventuelles
d'un changement climatique sur l'agriculture
seront reflétées plus directement par la
réaction des récoltes, du bétail, des sols, des
mauvaises herbes, des insectes et des
maladies1,2. Les systèmes agricoles sont
sensibles aux événements climatiques
extrêmes comme les inondations, les
tempêtes de vent, les sécheresses et la
variabilité saisonnière comme les périodes
de gel, les températures froides et les
schémas changeants de précipitation3. Les
changements dans les schémas de
précipitation et de température peuvent
déranger les écosystèmes naturels, causant
ainsi une réorganisation à grande échelle des
collectivités végétales et animales et
pouvant mettre en danger l'agriculture et
modifier l'écologie des maladies
infectieuses. La diversité de l'agriculture
canadienne et la portée d'une variabilité
climatique à l'intérieur des régions et des
provinces font en sorte qu'il est plus difficile
de prévoir précisément l'impact d'un
changement climatique sur l'agriculture4. En
outre, les changements climatiques,
notamment les saisons de croissance plus
chaudes et plus longues, peuvent avoir des
résultats mixtes : des récoltes supérieures et
plus diversifiées, d'une part, et une
possibilité de migrations d'insectes invasifs,
d'autre part.
La plupart des plantes et des animaux se
sont adaptée à une étroite portée climatique5.
Un changement climatique causerait un
déplacement des frontières des écosystèmes
naturels, dont certaines de façon
considérable, plus la terre se réchauffe.
Plusieurs espèces végétales et animales qui
sont incapables de s'adapter assez
rapidement à leur environnement changeant
disparaîtront1. Les chercheurs scientifiques
prédisent qu'un tiers à la moitié de la
végétation de la planète sera altérée par un
changement climatique6. Le taux de
changement est cependant incertain. Ces
changements pourraient se produire très
rapidement, accordant peu de temps pour
s'adapter aux nouvelles conditions ou pour
élaborer des contre-mesures en vue de
ralentir ou d’inverser le cours des
événements5.
Certaines régions de la planète pourraient
connaître une baisse de productivité
alimentaire et halieutique et, partant, des
incidences néfastes sur l'état nutritionnel des
populations. Les aliments et les fibres sont
essentiels pour assurer la subsistance et pour
améliorer le bien-être humain; par
conséquent, l'agriculture a été le principal
point de mire des débats récents et continus
sur les effets d'un changement climatique3.
Bien qu'elles ne soient pas applicables au
Canada, les réductions dans la production
alimentaire pourraient accroître la
malnutrition et la faim et avoir des
conséquences à long terme sur la santé, en
particulier chez les enfants 7.
7.1
Sécurité alimentaire
Le Canada est privilégié du fait que, pour
assurer sa propre sécurité alimentaire, il n'a
pas à effectuer de changements majeurs dans
ses systèmes de distribution agricole et
alimentaire8. Étant donné le temps et les
ressources requises pour s'adapter, le
Canada sera sans doute capable d'alimenter
sa population; il existera cependant des
variations régionales3. Une diminution de la
production agricole causée par un
changement climatique nécessitera peut-être
que le Canada importe des denrées
alimentaires autrement cultivées sur place8.
Le Canada est aussi privilégié en raison de
sa frontière paisible avec les États-Unis, son
principal partenaire commercial et
fournisseur de denrées alimentaires
manquantes. Le rapport commercial de
84
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
longue date entre le Canada et les États-Unis
isolera sans doute le Canada des éventuelles
pénuries alimentaires causées par un
changement, et ce, malgré le fait que les
Américains seront aussi exposés à plusieurs
des mêmes effets associés à un changement
climatique.
Malgré cela, compte tenu du temps, des
ressources et de la volonté politique, le
Canada continuera sans doute de pouvoir
s'alimenter. Cependant, comme notre
approvisionnement alimentaire se
mondialise, les répercussions d'un
changement climatique dans d'autres pays, y
compris les États-Unis, affecteront le prix et
la disponibilité de certains aliments, surtout
en hiver. Puisque nous devons importer des
fruits et des légumes frais durant l'hiver, les
augmentations des prix liés à l'interaction
d'un changement climatique et des forces du
marché peuvent avoir des répercussions
négatives sur certains groupes vulnérables
(p. ex., les femmes enceintes et les enfants
vivant dans la pauvreté) du Canada.
7.2
Agriculture
Les liens entre l'agriculture et le climat sont
très prononcés, souvent complexes et pas
toujours bien compris; par conséquent,
prédire les répercussions d'un changement
climatique sur les productions agricoles et
du bétail constitue une tâche de modélisation
complexe3,9. La production agricole est
sensible aux effets directs du climat sur la
température, le flot des eaux, la composition
atmosphérique et les événements
météorologiques extrêmes9. Elle est aussi
sensible aux effets indirects du climat sur la
qualité du sol, l'incidence des maladies
affectant la végétation et sur les populations
de mauvaises herbes et d'insectes.
Comprendre les rapports biophysiques entre
le climat et les récoltes présente un défi3.
Des facteurs comme les précipitations et la
température peuvent agir de façon
synergétique ou antagoniste avec d'autres
facteurs comme les conditions du sol et la
matière organique pour déterminer les
conditions d'humidité du sol et les
productions agricoles. Par exemple, une
augmentation des concentrations
atmosphériques de CO2 peut être profitable à
la production agricole, mais des
changements de température et de
précipitation peuvent produire des résultats
mixtes.
La combinaison de ces effets de changement
climatique pourrait mener à une production
agricole réduite et moins prévisible et à des
pénuries alimentaires possibles en Amérique
du Nord10,11. Par exemple, les déplacements
saisonniers des schémas annuels de
précipitation peuvent survenir, affectant
l'humidité du sol durant la saison de
croissance et nuisant peut-être à plusieurs
récoltes9. Des augmentations du niveau de
précipitation, le temps et la variabilité
peuvent avantager des régions semi-arides et
d'autres secteurs pauvres en eau en
augmentant l'humidité du sol, mais
pourraient aggraver les problèmes dans les
régions déjà très humides3. Ce dernier
phénomène serait sans doute l'exception,
compte tenu que la plupart des modèles
prédisent une baisse de l'humidité du sol,
même en présence d'une précipitation
annuelle accrue en raison d'une
augmentation de l'évaporation annuelle5.
L'évaporation se produirait sur une période
saisonnière prolongée, menant à une
augmentation de la fréquence et de la gravité
des sécheresses12.
Les hausses de température peuvent avoir
des effets positifs et négatifs sur la
production agricole, et la différence dépend,
en partie, de l'emplacement et de l'ampleur
de la hausse3. Les observations suggèrent
des effets positifs sur la production agricole
pour des augmentations de température
légères à modérées de l'ordre de 2°C à 3°C.
Cependant, aussitôt que les températures
moyennes de la planète augmenteront de
4°C, la production agricole commencera à
diminuer.
85
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
La région des Prairies est une des régions les
plus vulnérables du Canada. Lorsque les
prairies sont plus chaudes, elles perdent
presque tout leur contenu d'humidité et
deviennent encore plus chaudes et moins
productives13. L'effet auto-correcteur de la
végétation sur les microclimats est perdu. En
bout de ligne, ces régions pourraient devenir
sèches et arides, la majorité de la terre
végétale disparaissant dans des tempêtes de
poussière13,14.
Néanmoins, la productivité de certaines
céréales et denrées alimentaires agricoles
devrait augmenter15. Les effets d'une hausse
des températures et de l'aridité pourrait peutêtre augmenter la productivité de plusieurs
récoltes en raison d'une plus grande
disponibilité de gaz carbonique14. Par
exemple, la production de récoltes comme le
soja et le blé devraient augmenter en
moyenne entre 15 et 30 p. 100 en réaction à
un doublement de la concentration de CO2
car le blé et le soja appartiennent à une
classe phytologique qui réagit bien à une
augmentation des niveaux de CO22,3. En
outre, le blé est plus robuste, possède des
variations assez génétiques pour rendre les
récoltes de blé moins vulnérables aux
prévisions climatiques et aux changements
météorologiques16. Cependant, ce genre
d'effets positifs associés à une production
supplémentaire de CO2 sur la croissance
végétale peut être contrecarrée par une
détérioration d'autres importants facteurs,
notamment une diminution des ressources
hydriques et une augmentation de la
désertification3,17. L'ampleur d'une réaction
positive sera très variable et dépendra de la
disponibilité des nutriments végétaux, de la
température et des précipitations2. Un autre
facteur à tenir compte est que la maturation
accélérée du blé en présence de températures
plus élevées diminue le temps de croissance
des grains du blé – et par le fait même leur
taille finale9.
7.2.1
Saison/secteur de croissance
étendu
Au Canada, un réchauffement de la planète
peut prolonger l'éventuelle saison de
croissance en permettant une semence plus
hâtive au printemps, une maturation et une
récolte plus rapide et la possibilité de
compléter deux cycles de production ou plus
au cours de chaque saison4. Cette situation
réduirait le risque de dommages à la récolte
puisque le grain semé tôt au printemps
pourrait facilement être récolté jusqu'à trois
semaines plus tôt dans chaque région. Bien
qu'un prolongement de saison sans gel prévu
de trois à cinq semaines profiterait
considérablement à l'agriculture
commerciale de l'Ontario, du Québec et des
Prairies, il est aussi prévu que les conditions
de sol sec s'intensifieront et mèneront à une
réduction nette de la production agricole
dans plusieurs régions18.
Suite à un réchauffement climatique, les
régions de production agricole pourraient
s'étendre vers le nord2,4. Par exemple, les
secteurs propices à la culture des fruits et
des légumes pourraient s'étendre au-delà des
régions actuelles du sud du Québec, de
l'Ontario et de la Colombie-Britannique4.
Bien que la migration de productions
agricoles vers de nouveaux secteurs plus
convenables puisse être possible dans
certaines situations, d'autres conditions
peuvent aussi l'empêcher. Par exemple, la
migration vers le nord de la culture du blé
pourrait être limitée à des sols moins fertiles
dans les régions plus au nord19.
7.2.2
Bétail
Le bétail de pâturage ou nourri au grain est
aussi affecté par le climat et peut être
vulnérable au changement climatique3,9. Le
bétail peut être affecté de deux façons : par
la qualité de la production fourragère des
prairies et par d'autres genres d'alimentation
(p. ex., le maïs) et par les effets directs des
hausses de température et la présence plus
fréquente de températures extrêmes3.
86
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Pour ce qui est des hausses de températures,
si la durée et l'intensité des périodes froides
des régions tempérées sont réduites par un
réchauffement, les besoins alimentaires
pourraient diminuer, le taux de survie des
jeunes animaux pourrait être plus élevé et
les coûts énergétiques pour chauffer les
endroits où vivent les animaux pourraient
être réduits4,9. Cependant, la chaleur extrême
causant un excès de chaleur, par exemple,
présente une variété d'effets nuisibles sur le
bétail en plus d'effets significatifs sur la
production laitière et sur la reproduction des
vaches laitières9. Il a de plus été remarqué
que les jeunes animaux semblent beaucoup
moins tolérants à la variation de température
que les animaux adultes.
attaquent le bétail et leurs incidences sur la
maladie3,9. L'incidence de maladies
protozoaires sur le bétail et sur d'autres
animaux, par exemple la trypanosomiase, la
theilériose et la babésiose, seront sans doute
affectées par un changement climatique
puisque la plupart sont transmises par des
vecteurs comme les tiques et les mouches –
leurs stades de croissance dépendent souvent
fortement de la température9. Le US EPA a
cerné plusieurs maladies infectieuses –
notamment celle causée par la mouche des
cornes dans les troupeaux de bœufs et de
vaches laitières et l'anaplasmose bovine chez
les moutons et le bétail – dont l'incidence
augmenterait suite à un changement
climatique20.
Dans [quelques-unes] des études traitant des
effets d'un changement climatique sur le
bétail, les températures estivales plus douces
semblent supprimer l'appétit du bétail,
menant à un gain de poids moins important3.
Dans certaines régions américaines, une
augmentation de température de l'ordre de
5°C représente une baisse de production du
bétail de 10 p. 100 dans l'exploitation
quotidienne des vaches/veaux. Pour un
réchauffement de 1,5°C, la perte de
production a été estimée à 1 p. 100.
7.3
Le changement climatique a aussi des
répercussions néfastes sur la production du
bétail en raison d'un déclin dans la qualité de
la production fourragère3. Si la qualité ou
l'approvisionnement d'herbes et de grains
servant à l'alimentation du bétail est altérée,
la production de bétail peut être davantage
affectée par le changement associé aux prix
du pâturage et du grain que les effets directs
des hausses de température.
Plusieurs maladies affectent le bétail sur une
base saisonnière et semblent s'accentuer en
période de fluctuation de températures
extrêmes, comme prévu dans plusieurs
scénarios de changement climatique. Le
changement climatique pourrait aussi
affecter le bétail par un changement dans la
prévalence et la distribution des insectes qui
Entreposage alimentaire
L'entreposage et la distribution alimentaire
peuvent aussi être affectés par un
changement climatique et, par la suite,
influencer tout l'approvisionnement
alimentaire et toute la valeur nutritionnelle21.
La sécheresse, les insectes ou les plantes
affectés par la température sont plus
susceptibles aux infestations de
champignons producteurs de mycotoxines.
De plus, des conditions douces et plus
humides peuvent améliorer la croissance de
bactéries et de moisissure et leurs produits
toxiquesxv,9,22. Deux toxines produites par la
moisissure – l'aflatoxine et la fumonisine –
sont présentes à l'échelle mondiale, y
compris aux États-Unis, dans le blé d'inde,
les arachides et d'autres aliments.
L'ingestion d'aliments contaminés par ces
mycotoxines est associée au cancer du foie
et, chez les enfants, à une suppression du
système immunitaire. Par conséquent, la
présence croissante de cette moisissure dans
les pays qui exportent au Canada, ou au
Canada même, a de graves répercussions sur
xv
Les aflatoxines appartiennent au groupe de
composés toxiques produits par certaines formes
de moisissure qui contaminent les aliments
entreposés, notamment les aliments du bétail et
les arachides. À certains niveaux, elles sont
carcinogènes.
87
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
les maladies affectant les enfants et sur
l'efficacité des programmes de vaccination
des enfants23.
7.4
Propagation des parasites
La propagation de certains ravageurs de
récoltes et de prédateurs constitue une autre
importante menace pour l'agriculture20. Un
réchauffement peut affecter la portée des
espèces de parasites, car des événements
météorologiques extrêmes fournissent des
conditions propices aux infestations de
parasites 24, causant peut-être ainsi des
maladies aux grains, aux fruits et aux
légumes13.
L'affectation spéciale de terres à des fins de
monoculture, c'est à dire à des cultures
uniques et une diversité génétique et
spécifique restreinte rend les plantes plus
vulnérables à la maladie25. Les systèmes
simplifiés sont aussi plus susceptibles aux
climats extrêmes et aux poussées de
parasites et, en diminuant la monoculture,
serviront aussi à diminuer la dépendance sur
les produits chimiques pour le contrôle des
ravageurs.
Les inondations favorisent la croissance des
champignons, alors que la sécheresse
encourage les Aleyrodidae, les pucerons, les
locustes et les rongeurs24. En outre, des
températures hivernales plus douces peuvent
permettre aux larves d'hiverner dans
certaines régions actuellement trop froides,
causant ainsi une plus importante infestation
au cours de la saison de culture suivante2.
Les êtres humains peuvent être exposés à
une toute nouvelle gamme de ravageurs et
de maladies par les récoltes domestiques et
importées. Plusieurs des effets d'un
changement climatique sur la nutrition
canadienne seront sans doute associés aux
effets sur les aliments importés26. Cette
situation est particulièrement pertinente car
les Canadiens consomment plus de fruits, de
légumes et de poissons frais importés en
raison de préoccupations personnelles de
santé27,28. Les importations d'aliments seront
aussi susceptibles aux effets
météorologiques imprévisibles et seront sans
doute associées à une augmentation des
poussées de certaines maladies virales,
parasitaires et bactériennes26.
7.4.1
Épandage de pesticides
La température et l'humidité, deux
paramètres pouvant être affectés par un
changement climatique, contrôlent souvent
l'efficacité des herbicides et des pesticides
appliqués aux cultures21. Elles peuvent avoir
des répercussions sur la santé et sur
l'environnement lorsqu'il faut utiliser des
quantités plus importantes et des types de
pesticides plus toxiques.
Aller de l'avant et utiliser inutilement des
pesticides sans connaître leurs répercussions
sur les écosystèmes et sur la santé humaine
comportent ses propres conséquences sur la
santé29. Par exemple, une utilisation plus
importante de pesticides en présence d'un
changement climatique produit par une
augmentation d'intensité des précipitations
menace l'agriculture, l'environnement et les
êtres humains, car les fortes pluies sont
principalement responsables du lessivage et
du ruissellement des produits chimiques
agricoles dans les cours d'eau3.
Les augmentations possibles d'infestations
de ravageurs causées par une plus grande
utilisation de pesticides de contrôle
chimique présentent une situation qui
exigera l’élaboration et l’application de
nouvelles techniques de gestion intégrée des
parasites (GIP)2. La gestion intégrée des
parasites est une méthode générale qui
utilise toutes les mesures de contrôle
convenables pour réduire à un niveau
acceptable les pertes liées aux parasites et
qui vise à respecter la biodiversité et à
diminuer les risques pour les écosystèmes et
pour la santé humaine5.
88
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
7.5
Écosystèmes aquatiques
Les écosystèmes aquatiques seront
influencés par un changement climatique en
raison d'une altération des températures de
l'eau, des régimes de flot et des niveaux
d'eau, affectant par le fait même la
distribution géographique et les schémas de
migration des principales espèces de la
pêche commerciale4. Un changement
climatique affectera aussi le volume et la
qualité de l'eau, lesquels auront peut-être
d'importantes répercussions sur l'habitat du
poisson30. Les niveaux plus bas des lacs et
les écoulements fluviaux réduits peuvent
diminuer le nombre d'habitats des poissons,
alors qu'il est prévu que des températures
plus chaudes auront un impact sur la portée
des espèces.
L'effet d'un changement climatique
dépendra de pertinence de l'habitat altéré
pour chaque espèce30. La capacité de tolérer
des changements environnementaux varie
selon le niveau de tolérance de chaque
espèce de poisson. Par exemple, certaines
espèces, notamment la truite et le saumon du
Pacifique, ne peuvent pas tolérer les
températures douces de l'eau et les
concentrations réduites d'oxygène dissout
qui les accompagnentxvi et seraient affectés
de façon néfaste par un changement
climatique. Par exemple, le saumon du
Pacifique modifie son parcours migratoire le
long des côtes de la C.-B. selon les hausses
de températures de l'océan4. Les espèces
préférant l'eau froide, notamment la truite,
sont très sensibles à la chaleur et quitteraient
– ou périraient – dans des eaux plus chaudes
que leur niveau de tolérance.
Contrairement aux températures plus
chaudes associées souvent à un changement
climatique, dans la région de l'Atlantique du
Canada, les courants froids du Labrador
xvi
Une augmentation de la température des eaux
des ruisseaux et des rivières diminue la solubilité
de l'oxygène et augmente les taux de respiration
biologique et peut causer une réduction des
concentrations d'oxygène dissout.
s'étendront sans doute plus au sud en raison
de la fonte de la calotte glaciaire du
Groenland, fournissant plus d'eau froide et
fraîche à la Baie de Baffin31. Comme ce
courant domine le climat régional, un
réchauffement de la planète produit
actuellement un rafraîchissement local dans
la région de l’Atlantique du Canada32. Les
températures d'eau plus basses de la région
de l'Atlantique du Canada enregistrées au
cours des dernières années sont peut-être en
partie le résultat de ce processus et ont été
liées par certains à un effondrement (ou un
manque de récupération) des stocks de
morue de l'Atlantique.
Un changement dans les écosystèmes des
poissons produirait un changement dans les
récoltes durables des populations de
poissons33. Bien que plus d'espèces tolérant
la chaleur pourraient se déplacer vers des
eaux plus chaudes, elles ne seraient peut-être
pas propices à la consommation et à des fins
commerciales. Cette situation pourrait avoir
des répercussions socio-économiques et
culturelles considérables sur ceux qui
dépendent traditionnellement de certaines
espèces de poisson, comme les pêcheurs et
les autochtones.
7.6
Rayons ultraviolets et
production alimentaire
Les effets néfastes d'une augmentation des
rayons ultraviolets sur la photosynthèse,
suite à un appauvrissement de l'ozone
stratosphérique, pourraient aussi affecter la
production alimentaire9. Le nombre de
certaines espèces de poisson peut diminuer
si un réchauffement de la planète dérange la
chaîne alimentaire maritime en affectant la
survie des phytoplanctons (au bas de la
chaîne alimentaire)4.
La production de phytoplanctons, lesquels
forment la base de la chaîne alimentaire
aquatique, pourrait être affectée de façon
négative, menant à des déplacements de
distribution, de migration et de productivité
de plusieurs espèces de poisson34. De plus,
89
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
la sensibilité du zooplancton aux rayons
ultraviolets pourrait indiquer que
l'appauvrissement de l'ozone stratosphérique
contribue à affaiblir davantage la chaîne
alimentaire aquatique9. Contrairement au
phytoplancton sur lequel il s'alimente, le
zooplancton n'est pas protégé des rayons
ultraviolets par la chlorophylle. Si les stocks
diminuent en raison de ces changements, les
populations d'oiseaux marins et de
mammifères marins diminueront
également35.
7.7
Adaptation sociale
L'agriculture s'est adaptée à plusieurs
changements économiques et
technologiques. Néanmoins, ces ajustements
ont parfois été douloureux et désorganisant
pour les fermiers et leurs collectivités3. Les
nouveaux modèles météorologiques
fluctuants pourraient avoir un solide impact
négatif sur l'activité économique, en
particulier dans le secteur des ressources
naturelles.
Bien que ses éventuels effets écologiques ne
puissent être négligés, un changement
climatique peut présenter un problème social
tout aussi important – notamment dans la
façon de fournir une équité sociale dans la
distribution des gains et des pertes5. Les
personnes qui dépendent grandement de
l'agriculture, de la pêche et de l'exploitation
forestière pourraient voir leur subsistance
détruite par une réduction des précipitations
de pluie, une dégradation des sols et un
appauvrissement des forêts et des sites de
pêche36. Par exemple, les fermiers pourraient
être obligés de s'adapter en semant
différentes cultures ou en poursuivant leur
exploitation agricole ailleurs. Les
collectivités qui se fient à la pêche
commerciale peuvent aussi être affectées par
des changements dans certaines populations
de poissons en raison du niveau d'eau et des
fluctuations des températures. Ce genre
d'adaptation aura sans doute des
répercussions psychologiques et sociales.
Une importante question est de savoir si ces
changements constituent une adaptation
acceptable ou la destruction de la culture et
de la subsistance3. Les plus petites fermes
familiales ne possèdent souvent pas les
ressources financières pour compenser les
pertes liées au climat local; par conséquent,
ces fermes pourraient devoir déclarer faillite
ou être achetées ou absorbées par de plus
grandes fermes, souvent des entreprises.
Bien qu'il s'agisse d'une solution à court
terme au problème de production, ce
phénomène pourrait faire en sorte que les
problèmes seront plus graves à long terme,
car ces plus grandes fermes dépendent
souvent plus d'une importante utilisation de
combustibles fossiles à titre de substitut à la
main-d'œuvre. Une augmentation de
l'utilisation des combustibles contribuera
davantage à un changement climatique. Les
fermes commerciales répondent aussi aux
besoins de la collectivité locale de façon
différente des petites fermes familiales.
Dans les collectivités qui dépendent de la
pêche comme principale industrie, une
réduction des stocks de poissons peut forcer
plusieurs pêcheurs à chercher du travail dans
d'autres régions géographiques. Les
déménagements dérangent beaucoup la
structure familiale et enlèvent souvent un
accès facile à l'ensemble de la famille. Les
enfants sont souvent victimes de stress
particulier lors d’une réorganisation
familiale.
7.8
Mesures d'adaptation
Les fermiers doivent subvenir aux besoins
de leurs familles et continuer de produire
des aliments et des fibres2. En s'adaptant
maintenant au changement climatique,
l'agriculture pourra compter sur des
avantages immédiats du climat prévu tout en
minimisant les coûts. L'adaptation a bien
réussi dans le domaine de l'agriculture de
plusieurs façons au cours de son évolution
au Canada. Les fermiers ont bien adapté
leurs pratiques de production et de gestion à
une variété de changements, notamment la
90
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
technologie, la politique et la température;
cependant, les techniques d'adaptation ne
sont pas toutes durables ou réussies. Il faut
effectuer une recherche particulière sur le
climat qui met l’accent sur les incidences
dans chaque région agricole du Canada.
Les adaptations viseront principalement une
réduction de l'impact des conditions prévues
de sol plus aride et de sécheresse et
profiteront de saisons de culture
prolongées18. Le fait de changer la période
des tâches aratoires et les dates des récoltes
pour tenir compte des changements de
schémas de précipitations, de faire la
rotation des cultures et de sélectionner les
cultures et leurs variétés afin de conserver
l'humidité et les nutriments du sol et de
réduire le ruissellement et l'érosion du sol
aideraient à diminuer la perte d'humidité.
L'introduction de systèmes d'irrigation ou
l'amélioration des systèmes en place peut
être possible si les ressources hydriques sont
convenables3,18. Ces stratégies d'adaptation
peuvent atténuer la possibilité de pertes de
production causées par un changement
climatique dans les régions où un
changement climatique a des effets
bénéfiques3.
Les mesures pour contrecarrer l'impact d'un
changement climatique sur le bétail
pourraient comprendre une meilleure gestion
du bétail, l'adoption de nouvelles races dans
les régions de changement climatique
modéré et l'introduction d'espèces
différentes dans des régions de changement
climatique extrême9.
La science agricole jouera aussi un rôle dans
l'élaboration de variétés améliorées qui
conviennent mieux à des conditions
changeantes18. Dans l'élaboration et
l'utilisation de nouvelles variétés de cultures
qui offrent des avantages dans un climat
modifié, il serait avantageux d'investir dans
de nouvelles infrastructures d'irrigation à
titre d'assurance contre l'éventualité d'une
réduction des précipitations3. Cependant,
bien que certains chercheurs tendent vers
l'élaboration d'espèces végétales adaptées au
climat à l'aide du génie génétique comme
moyen de s'adapter à un changement
climatique, le génie génétique devrait être
abordé avec précaution. Les organismes
génétiquement modifiés (OGM) ne sont pas
produits de façon naturelle et pourraient
avoir des effets inconnus sur les
écosystèmes. Il reste à savoir si les OGM
constituent une pratique durable ou solide
sur le plan environnemental et ils ont
récemment fait l'objet d'une étude, tout
comme les éventuels risques pour la santé
humaine qu'ils posent.
L'étendue avec laquelle les possibilités
d'adaptation sont réalisées dépend d'une
variété de facteurs comme le flot
d'information, l'accès au capital et la
souplesse des programmes et des politiques
gouvernementaux3. Les fermiers et la
collectivité agricole doivent tenir compte de
stratégies qui sont viables sur les plans
économique et environnemental par rapport
à l'incertitude sur le cours d'un changement
climatique. Si le taux de l'ampleur du
changement est beaucoup plus important
que prévu, l'adaptation pourrait être plus
difficile et les répercussions pourraient être
plus grandes que celles prévues à l’heure
actuelle.
Pour ce qui est de l'industrie de la pêche, il
faut effectuer davantage de recherches sur
les types d'espèces de poissons capables de
cohabiter et de tolérer des écosystèmes
marins et d'eau douce changeants. Par
exemple, il est prévu que la pêche marine du
Pacifique connaîtra une récolte inférieure et
plus variable des populations de saumon du
sud et une récolte supérieure et plus
constante des populations de saumon du
nord37. Les récoltes commerciales et
durables des espèces de l'Arctique seront
aussi affectées. Les récoltes durables des
espèces de poissons de l'Arctique
augmenteront sans doute en raison d'une
augmentation du recyclage des nutriments
lors de la fonte de la couche de glace;
cependant, les populations de phoques et
91
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
d'ours polaires subiront un impact négatif en
raison du déplacement de la couche de glace
saisonnière et permanente. Les résidents de
l'Arctique devront apprendre à s'adapter aux
changements des espèces prédatrices
disponibles.
92
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
7.9
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96
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
8
Élévation du niveau de la
mer
L
e changement climatique mène à la
dilatation thermique des océans, à la
désintégration de la couche glaciaire
polaire et à la fonte des glaciers et des
couches de glace, en plus d'une élévation
conséquente du niveau moyen de la
mer1,2,3,4. Il est prévu qu'un réchauffement de
la planète continu pourrait causer, à l'échelle
mondiale, une élévation du niveau moyen de
la mer à un taux de 1 à 11 cm par décennie
au cours du prochain siècle5. Depuis le début
des années 1890, l'élévation moyenne du
niveau de mer, à l'échelle mondiale, a été de
1 à 2 mm par année ou de 10 à 20 cm pour
le siècle6. Bien qu'il soit difficile de prédire
les changements avec exactitude, les
mesures prises récemment par satellite
montrent une élévation moyenne plus
importante de 3,9 mm par année en 1993 et
en 19947. Ce genre d'élévation pourrait
refléter des variations à court terme de la
température de la surface de la mer et
l'influence à long terme d'un réchauffement
de la planète2. Il faut toujours corriger les
écarts entre les données, les documents de
contrôle inadéquats et les inexactitudes dans
la lecture des instruments4. Cependant, le
temps et d'autres analyses serviront à
confirmer ou à réfuter si ces changements
sont directement liés à l'intensification de
l'effet de serre.
Puisque plus de 25 p. 100 de la population
de la planète vit dans des régions côtières,
une élévation du niveau de la mer pourrait
avoir de graves répercussions sur les villes
côtières8. Des marées de tempête plus
fréquentes et plus dommageables, l'intrusion
d'eau salée provenant de la mer dans les
approvisionnements d'eau souterraine,
l'inondation des systèmes de distribution
d'eau causée par une hausse de la nappe (et
une éventuelle contamination par des
produits chimiques et des organismes
pathogéniques) et l'inondation des usines de
traitement des eaux par des eaux
contaminées pourraient affecter plusieurs
des plus importantes villes de la planète9.
Les communautés côtières devront
composer avec les répercussions d'une
hausse du niveau de la mer en plus d'une
gamme croissante de stress naturels et
provoqués par l'homme (p. ex., érosion,
tempêtes, pertes des marécages, etc.),
auxquels ils sont confrontés même en
l’absence d'un changement climatique3. Les
facteurs locaux et régionaux importants qui
affectent la vulnérabilité comprennent des
variations dans les caractéristiques
physiques des régions côtières, les taux de
croissance et d'investissement
démographiques prévus et les politiques et
les pratiques de gestion. Ces différences
influenceront par la suite l'étendue des
répercussions d'une hausse du niveau de la
mer sur les régions côtières.
8.1
Contexte canadien
Le Canada compte un important
pourcentage des eaux douces de la planète,
possède une des plus longues côtes du
monde et comprend plusieurs importantes
régions métropolitaines au niveau ou près de
la mer10. L'élévation du niveau de la mer, les
marées importantes et les ondes de tempête
peuvent accentuer l'érosion côtière et
l'inondation des terres basses, menaçant par
le fait même certains des plus grands centres
économiques du Canada, notamment
Vancouver, Halifax et Charlottetown2,11.
Certaines régions côtières connaîtront
cependant une élévation négligeable du
niveau de la mer, en raison d'effets
compensatoires, dont un déplacement local
vers le haut de l'écorce terrestre causé par un
relèvement post-glaciaire2. Le Canada
central, par exemple, s'élève graduellement
depuis la fin de la dernière période glaciaire
en raison du fardeau causé par le
déplacement de couches glaciaires massives,
réduisant ainsi l'effet de la hausse globale
moyenne du niveau de la mer2,12. Dans
97
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
certaines régions, un relèvement postglaciaire pourrait survenir plus lentement
que l'élévation du niveau de la mer. Dans
d'autres régions (p. ex., la côte est du
Canada et le Delta du Fraser en ColombieBritannique), les terres sont plus faibles et
les problèmes d'inondations s'aggraveront
sans doute2.
Il est prévu que les plus importantes
inondations au Canada se produiront dans le
Delta du fleuve Fraser en ColombieBritannique, le Delta du fleuve Mackenzie
dans les Territoires du Nord-Ouest,
l'intérieur de la mer de Beaufort, la Baie
d'Hudson et la Baie James et dans des villes
côtières comme Charlottetown (Î.-P.-É.) et
Richmond (C.-B.)12. La recherche
canadienne suggère que les niveaux de la
mer de la côte atlantique de la NouvelleÉcosse devraient augmenter de 70 cm d'ici
2100. En 2050, les niveaux de la mer auront
augmenté de 30 cm sur la côte nord de la
Colombie-Britannique et de 50 cm sur la
côte nord du Yukon. Les effets secondaires
d'une élévation du niveau de la mer
pourraient aussi être observés en amont sur
le fleuve Saint-Laurent, notamment à
Québec et à Montréal et dans des villes
longeant la baie de Fundy11.
planification et la réglementation du
développement12.
Suite à un changement climatique, un bon
nombre de communautés côtières devront
peut-être ériger ou prolonger des barrières
de défense côtière ou entreprendre d'autres
dispendieux projets de construction,
notamment la réinstallation de points
d'entrées d'eau douce et de points de rejet2.
Les modèles climatiques et océaniques
prédisent une élévation du niveau de la mer
d'environ 0,5 m d'ici 210013; cette élévation
pourrait causer une salinisation des eaux
d'estuaires, les rendant impropres à la
consommation. L'intrusion d'eau salée dans
les aquifères côtiers peut compromettre
l'approvisionnement en eau douce des villes
côtières, y compris certains puits12,14,15. Par
conséquent, une grande partie de l'Amérique
du Nord pourrait connaître une pénurie d'eau
douce16.
La stabilité côtière pourrait être menacée
dans plusieurs parties de la région et une
érosion générale s'en suivrait. Les pertes
personnelles pourraient être importantes si
ce danger n'est pas reconnu dans la
98
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
8.2
Références
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100
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
9
Appauvrissement de
l'ozone stratosphérique –
incidences des rayons
ultraviolets sur la santé
L
es gens sont souvent confus quant
aux causes et aux effets d'un
appauvrissement de l'ozone et d'un
changement climatique planétaire. Cette
confusion est accentuée par le fait que
certains produits chimiques détruisent
l'ozone et contribuent à un changement
climatique1. Par exemple, les gaz à effet de
serre gardent plus de chaleur dans la
troposphère, faisant en sorte que la
stratosphère se refroidit. Un refroidissement
stratosphérique affecte la couche d'ozone,
car les agents de destruction de la couche
d'ozone sont plus efficaces en présence de
températures plus froides2. On s’attend à ce
que ce refroidissement augmente et
contribue au retard de réparation du trou
d'ozone stratosphérique3.
L'appauvrissement de l'ozone
stratosphérique fait référence aux
diminutions de la couche d'ozone protectrice
entre 15 et 50 km au-dessus de la surface de
la terre4. Plus de 90 p. 100 des rayons
ultraviolets du soleil sont filtrés par l'ozone
stratosphérique, protégeant la terre d'un
excédant de rayons solaires5.
L'amincissement graduel de la couche
d'ozone produira une augmentation un
nombre accru de rayons ultraviolets
atteignant la surface de la terre6. Les
chercheurs scientifiques ont découvert pour
la première fois un appauvrissement de la
couche d'ozone dans les années 1970, même
s’ils n'ont pu prouver ce phénomène avant
19854,5.
Les molécules d'ozone de la stratosphère se
détruisent à des niveaux plus importants
qu'ils ne se créent, expliquant cet
appauvrissement de l'ozone1. La couche
d'ozone stratosphérique s'amincit à un taux
de 3 à 4 p. 100 par décennie dans les
latitudes moyennes7. Les observations de
surface montrent que les rayons ultraviolets
atteignant le sud du Canada se sont
amplifiés dans les 20 dernières années5.
Au-dessus du Canada, la couche d'ozone est
aujourd'hui, en moyenne, 8 p. 100 plus
mince qu'en 19607.
Cet appauvrissement est en grande partie
causé par des composés anthropiques de
chlore et de bromure8. Un bon nombre de
produits chimiques industriels à des fins
domestiques contiennent du chlore, du
bromure et du fluor, lesquels dispersent les
molécules d'ozone dans la stratosphère7. Les
substances d'appauvrissement d'ozone les
mieux connues sont les chlorofluorocarbures
(CFC) utilisés de façon générale à titre de
réfrigérant dans les réfrigérateurs et les
climatiseurs.
Une exposition aux rayons ultraviolets
durant l'enfance peut mener à une morbidité
importante et même à la mortalité plus tard
dans la vie9. Même la petite quantité de
rayons ultraviolets qui traverse
« normalement » la couche d'ozone cause
des brûlures, vieillit la peau et endommage
les yeux. Une surexposition à des doses
élevées peut causer un cancer de la peau, des
cataractes et peut même affaiblir le système
immunitaire7,10,11. Par conséquent, même
une faible augmentation des rayons
ultraviolets aura sans doute d'importantes
conséquences sur la santé humaine6.
9.1
Cancer de la peau
En règle générale, les gens n'associent pas le
cancer de la peau aux enfants parce qu’il
existe habituellement un période d'attente de
10 à 30 ans entre l'exposition et une
apparence clinique de cancer de la peau12.
Quatre-vingt pour cent de tous les
dommages cutanés se produisent dans les
18 premières années de la vie13, et un enfant
sur sept sera atteint d'un cancer de la peau au
cours de sa vie5.
101
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Une exposition à la lumière du soleil et de
graves coups de soleil durant l’enfance
peuvent être plus intenses pendant cette
période que plus tard en raison des
comportements des enfants et des
adolescents9. Par exemple, les enfants
incapables de marcher ou de se traîner
seront exposés davantage au soleil, car ils ne
peuvent pas se déplacer pour éviter une
exposition excessive, produisant souvent de
graves coups de soleil. Un jeune enfant est
ainsi gravement brûlé en raison de son
incapacité de s’éloigner de l’exposition au
soleil14. Le risque de cancer de la peau est
plus étroitement lié à la quantité de
dommages à la peau causés par le soleil au
cours des 18 premières années de la vie15.
Il est prouvé qu'un seul coup de soleil grave
durant l'enfance joue un rôle important dans
la progression d'un cancer de la peau plus
tard dans la vie4. Des études de cas
suggèrent un risque supérieur de mélanomes
malins liés à quelques épisodes de coups de
soleil aigus durant l'enfance qu'à une
exposition prolongée à de bas niveaux
associés au bronzage16,17,18.
Les chercheurs croient qu'une diminution
soutenue de l'ozone stratosphérique de
l'ordre de 1 p. 100 produira une
augmentation des cas de cancers de la peau
communs de l'ordre de 2 p. 1006,7. Ainsi,
une diminution soutenue de la concentration
moyenne d'ozone de l'ordre de 10 p. 100
mènerait à environ 250 000 autres cas de
cancer de la peau avec mélanome bénin par
année6. Étant donné qu'il faut généralement
entre 10 et 30 ans pour développer toute
forme de cancer de la peau, les nouveaux
cas ne seront connus qu’au cours du
XXIe siècle5. Si le schéma actuel
d'appauvrissement de l'ozone se poursuit,
l'incidence du cancer de la peau continuera
sans doute d'augmenter au moins jusqu'à
2050 et peut-être au-delà7.
été causés par une exposition au soleil
pendant les années 1970 et 1980 (avant
l'amincissement remarquable de la couche
d'ozone) et une augmentation de la
popularité des bains de soleil et des
vêtements d'été plus courts. Un
appauvrissement continu de l'ozone
exacerbera sans doute ce problème à moins
que les gens adoptent de meilleures
habitudes de protection solaire et observent
des politiques et des règlements efficaces en
matière de changement climatique.
9.2
Affection oculaire
Les nouveau-nés et les enfants âgés de
moins de 10 ans ont peut-être des risques
supérieurs de blessure rétinienne, car la
transmissibilité de la lentille à la lumière
bleue et aux rayons ultraviolets
dommageables est supérieure pendant cette
période4. Les chercheurs estiment qu'une
diminution de l'ozone stratosphérique de
l'ordre de 10 p. 100 mènerait à une
augmentation des risques de cataractes pour
la population de l'ordre de 5 p. 100 par
année (entre 1,60 et 1,75 millions de cas de
cataractes supplémentaires par année à
l'échelle mondiale)4,20.
Une augmentation des rayons ultraviolets
peut endommager les yeux et en particulier
mener à une incidence plus marquée de
cataractes. La formation de cataractes
semble être positivement corrélée à une
diminution de latitude, à une augmentation
des rayons ultraviolets et à une exposition
complète au soleil21. Cependant, plusieurs
autres facteurs contribuent au risque de
formation de cataractes. Il faut évaluer plus
soigneusement les risques pour déterminer si
ces effets sont directement causés par des
rayons ultraviolets ou par les effets
combinés de la lumière du soleil, de la
chaleur et de la poussière20.
En 1998, on comptait environ
67 000 nouveaux cas de cancer de la peau au
Canada seulement19. Ces cas ont sans doute
102
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
9.3
Effets sur le système
immunitaire
La peau est considérée comme la première
ligne de défense du système immunitaire
humain22. On présume que le rayonnement
non ionisant du spectre des rayons
ultraviolets altère les fonctions de défense de
la peau. Des études réalisées auprès
d'animaux ont démontré que les rayons
ultraviolets peuvent endommager la fonction
d'une cellule immunitaire particulière, soit la
cellule T suppressive4,23. Les chercheurs
pensent que ce genre de suppression
immunitaire joue un rôle important dans le
développement du cancer de la peau, dans la
progression de certaines infections et dans la
réaction aux vaccins4.
Certaines études suggèrent que les écrans
solaires ne protègent pas contre les effets
immunosuppresseurs du soleil4. En outre, les
chercheurs croient que l'immunosuppression
est indépendante de la pigmentation cutanée;
par conséquent, toute la population est à
risque d'éventuels effets néfastes sur le
système immunitaire. Ces effets néfastes
comprennent une augmentation de
l'incidence et de la gravité des maladies
infectieuses et une hausse des risques de
changements malins20. Toute réduction des
défenses immunitaires aura sans doute une
incidence dévastatrice sur la santé humaine6.
Par exemple, compte tenu du potentiel des
maladies infectieuses en présence d'une
modélisation de changement climatique, les
enfants pourraient faire face à des risques
accrus de maladies. Si les températures
augmentent et si la couche d'ozone continue
de s'amincir et de permettre l'entrée de plus
de rayons ultraviolets, les pathogènes
virulents deviendront peut-être plus forts et
les réactions immunitaires humaines plus
faibles24.
9.4
l'exposition aux rayons ultraviolets et de
prévenir les effets néfastes sur la santé
humaine. En raison des effets à long terme
d'une exposition au soleil, il est essentiel de
bien protéger la peau des enfants. Il est aussi
très important d'aider les enfants à
comprendre la nécessité, sur une base
quotidienne, de se protéger à long terme
contre le soleil. Les mesures de protection
comprennent le fait de minimiser
l'exposition au soleil, en particulier durant
les heures de pointe lorsque les rayons du
soleil sont très puissants, chercher l'ombre,
se couvrir, porter des vêtements de
protection et des lunettes solaires et
appliquer des écrans solaires. Ces
modifications de comportement sont vitales,
qu’il y ait ou non un changement climatique,
afin d'aider à freiner la tendance croissante
déjà remarquée des effets susmentionnés sur
la santé.
Mesures d'adaptation
Chaque personne, et en particulier les
enfants, devrait adopter des mesures de
protection contre le soleil afin de réduire
103
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
9.5
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105
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
10
Collectivités autochtones
P
artout au Canada, les effets d'un
changement climatique posent une
menace particulière sur la santé et le
bien-être des peuples autochtones1.
Les autochtones du Nord, un des segments
les plus vulnérables de la société
canadienne, sont déjà affectés de façon
néfaste par un changement climatique. Les
collectivités autochtones se sont adaptées au
changement à plusieurs reprises par le passé,
mais la prévisibilité de l'étendue, de la durée
et de la vitesse des changements ont rendu
cette adaptation possible2. Les collectivités
autochtones seront à risque si les
changements affectant la faune sont rapides,
dramatiques et imprévisibles.
Les répercussions possibles d'un
changement climatique sur l'économie du
nord sont peu connues3. D'une part, le
changement environnemental est intégré aux
vies quotidiennes des gens du Nord et la
capacité de s'adapter au changement fait
partie de leurs modes de subsistance. D'autre
part, les événements et les fluctuations
extrêmes créent des dangers pour la sécurité
de même que des problèmes d'adaptation et
on connaît peu de choses sur leurs limites
culturelles, sociales et économiques
d'adaptabilité. Par exemple, la fonte du
pergélisol convertit la terre solide en
marécage, causant un effondrement des rives
et des dommages aux infrastructures,
notamment les routes, les immeubles, les
égouts et les pipelines. L'accès à diverses
sources alimentaires (p. ex., chasse, pêche et
plantes) peut aussi être restreint.
Les types de changement qui devraient
accompagner un changement climatique
mettront sans doute gravement au défi la
capacité d'adaptation de plusieurs sociétés
de subsistance. Un changement climatique
affectera sans doute la distribution des
animaux et d'autres ressources sur lesquels
leur économie de subsistance est fondée3.
Les changements dans la distribution des
animaux servant de sources alimentaires
peuvent aussi avoir une incidence sur la
santé des populations nordiques en limitant
l’entrée de certains aliments sources
d'importants nutriments. Le recours aux
connaissances traditionnelles et aux
adaptations locales ne s'appliquera peut-être
plus en présence de certaines conditions
changeantes (p. ex., schémas d'écoulement
glaciaire). Ces changements coïncideront
avec les augmentations de température,
l'élévation du niveau de la mer et
l'augmentation du nombre d'événements
météorologiques extrêmes qui affectent le
reste du Canada. Par exemple, il est prévu
que les communautés côtières de
Tuktoyaktuk et de Inuvik auront des risques
d'inondation si la hausse anticipée du niveau
de la mer se produit2. Si les collectivités sont
prévenues et qu'elles ont le temps de
changer, elles pourront se déplacer. Les
coûts associés à ce déplacement seront
cependant supérieurs aux ressources des
collectivités et peut-être aux dépens de leur
mode de vie traditionnel.
10.1
Distribution des animaux et
des ressources
Un changement climatique peut affecter la
distribution des animaux et d'autres
ressources sur lesquels la subsistance et les
économies rattachées aux ressources
naturelles sont structurées. En présence des
conditions prévues de réchauffement
climatique, il est anticipé que la glace de
plusieurs années et les importantes régions à
pergélisol discontinu disparaîtront, que les
précipitations augmenteront de
20 à 30 p 100 et que la durée de la période
annuelle exempte de gel se prolongera.
Une réduction de la glace marine de
l'Arctique causée par une augmentation des
températures peut mener à des extinctions
régionales d'espèces comme l'ours polaire et
le morse4. Une pénurie de glace marine
106
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
pendant les mois d'été et tôt à l'automne
forcerait les ours polaires à se déplacer sur
les terres où ils devraient jeûner jusqu'à la
prochaine formation de glace marine plus
tard à l'automne. En présence d'une
modélisation de changement climatique, la
température augmentera entre 0,2 et 0,7°C
par décennie. De telles augmentations de
température produiront inévitablement une
plus longue période exempte de glace,
causant ainsi une perte d'habitat pour l'ours
polaire. La perte de l'ours polaire aurait des
répercussions sur les communautés
nordiques qui en dépendent pour leurs
vêtements et pour l'économie.
Les mammifères terrestres, aquatiques et
marins des régions arctiques et sub-arctique
qui vivent dans des environnements
physiques de soutien marginal en seraient
aussi affectés. Par exemple, la perte des
populations de sauvagines et de poissons
aurait de graves répercussions sur
l'économie de subsistance en raison du fait
que ces ressources ne seraient sans doute pas
remplacées par d'autres sources alimentaires
sauvages. Un changement climatique et sa
probabilité d'altérer l'abondance de la faune,
des poissons et de la végétation pourraient
compromettre l'approvisionnement
alimentaire, les moyens économiques de
subsistance et les traditions culturelles de
plusieurs peuples autochtones5, posant ainsi
une menace considérable sur la vie de leurs
enfants. Un mode de vie qui a survécu
pendant des siècles pourrait éventuellement
disparaître2. Il est par conséquent essentiel
de prendre les mesures nécessaires pour
protéger les ressources culturelles.
10.2
Connaissances traditionnelles
Les peuples autochtones du Nord peuvent
être affectés par les déplacements
d'écosystèmes qui sont actuellement hors
des limites de l'expérience historique3. Un
changement climatique peut affecter la
validité des connaissances traditionnelles et
des adaptations locales. Le mode de vie
traditionnel dépend en grande partie de la
pêche, de la chasse et du trappage et tout
changement, y compris un changement
climatique – qui a un effet sur ces ressources
naturelles – affectera aussi les moyens de
subsistance de ces personnes2. Plusieurs
collectivités autochtones ont conservé des
liens étroits avec la terre et la mer. La
nourriture « traditionnelle » – la chasse
locale, les oiseaux sauvages, le poisson et
les plantes sauvages acquis par la capture à
des fins de subsistance6- constitue une
importante part de l'alimentation et de la
culture des peuples autochtones et est
essentielle à leur bien-être7. La collecte de
nourriture traditionnelle et sa distribution
constituent la base de l'activité sociale et
maintiennent les liens sociaux8,9. Les succès
de la recherche de nourriture traditionnelle
par les chasseurs, les pêcheurs et les
trappeurs dépendent de connaissances
locales complètes sur la distribution et sur le
comportement des animaux et des schémas
climatiques qui dictent l'enneigement et la
période de gel et de dégel des glaces4. Le
fait de se fier aux aliments nourritures
traditionnelles par des générations de
peuples autochtones a bâti une réserve
culturelle de connaissances et de croyances
au sujet de la terre, ce qui guide leur
recherche d'aliments traditionnels10. Au
cours des dernières années, ce genre de
connaissances a été gravement mis à
l'épreuve par des conditions climatiques sans
précédent. Et un autre changement
climatique mettrait sans doute encore plus à
l'épreuve l'applicabilité de ce genre de
connaissances.
Le botulisme, une intoxication alimentaire
qui cause une paralysie, est plusieurs
centaines de fois plus courante chez les
peuples autochtones du nord du Canada que
chez le reste de la population; le taux de
fatalité parmi ceux qui sont malades étant
environ neuf fois supérieur à la
moyenne11,12. Clostridium botulinum de
type E, l'organisme responsable, est présent
de façon générale dans les régions du Nord.
La plupart des cas de botulisme chez les
peuples autochtones du Nord sont associés à
107
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
des aliments traditionnels, notamment les
têtes de poisson fermentées ou la viande de
baleine, de phoque ou de morse. Ces
aliments étaient traditionnellement
fermentés lentement, dans le sol, à basses
températures; les poussées de maladies
surviennent lorsque les aliments sont
fermentés à ciel ouvert et à des températures
supérieures. Cette situation révèle une perte
de connaissances concernant la préparation
des aliments et une augmentation de la
température ambiante. De telles interactions
augmenteront sans doute en présence d'un
changement climatique global.
Un changement climatique soulève donc des
questions sociales pour les populations du
Nord, étant donné qu'il peut affecter
l'équilibre entre l'économie basée sur les
salaires et l'économie traditionnelle nonsalariale2. Au cours des dernières décennies,
l'emploi dans le Nord a changé et continue
d'évoluer. Dans les régions où la faune a
disparu, certains Autochtones ont opté pour
des emplois rémunérés. L'effet d'un
changement climatique sur les emplois dans
ces régions devrait être mixte. Par exemple,
en présence d'un changement climatique, un
réchauffement graduel pourrait mener à de
nouveaux emplois rémunérés dans les
domaines de l'agriculture et des projets de
réserves pétrolières marines. D’un autre côté
cependant, un changement climatique pose
des risques, altérant peut-être de façon
significative les conditions de chasse, de
trappage et de pêche. Si un changement
climatique diminue les chances des
Autochtones de pouvoir vivre en fonction de
moyens traditionnels, un mode de vie qui a
survécu pendant des siècles disparaîtra
éventuellement.
10.3
désordres de carence vitaminique3.
Autrefois, comme la consommation de
viandes fraîches a diminué, les nutriments
anciennement fournis par ces aliments n'ont
pas été remplacés par les nouveaux choix
alimentaires. Cette situation est considérée
comme le principal facteur expliquant la
prévalence élevée d'obésité, de désordres
cardio-vasculaires et de diabète sucré parmi
les Autochtones. La poursuite de capture à
des fins de subsistance nécessite un niveau
élevé de conditionnement physique.
L'incapacité de chasser et de pêcher ne mène
plus à la famine. Les membres de sociétés
de subsistance sont plutôt à la merci des
maladies modernes et, par conséquent,
moins aptes à chasser les animaux sauvages
qui contribuent au bien-être de leur famille.
Être en mesure d'obtenir des aliments
traditionnels est aussi très important pour le
bien-être social de plusieurs collectivités du
Nord13. L'identité culturelle de plusieurs
collectivités est conservée grâce à la capture,
au partage, à la transformation et à la
consommation d'aliments traditionnels. Ces
pratiques permettent le partage et le transfert
de connaissances et d'une sagesse
traditionnelles avec les générations plus
jeunes et l'enseignement de l'importance du
partage d'aliments avec ceux qui ne peuvent
pas capturer leurs propres aliments. Les
distributions changeantes et les extinctions
de certaines espèces de mammifères et de
poissons causées par un changement
climatique auraient des incidences graves
sur le bien-être de plusieurs collectivités du
Nord.
Incidences alimentaires
La possibilité d'un changement climatique et
son interférence sur les captures sauvages
peut causer des problèmes d'ordre
alimentaire et des coûts médicaux élevés en
raison des augmentations des désordres
cardio-vasculaires, de diabète et des
108
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
10.4
Références
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13. Indian and Northern Affairs Canada
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Canada. Ottawa, ON.
109
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
11
Réfugiés
environnementaux
L
e Canada est, depuis plusieurs années,
une destination de choix pour les
immigrants et un paradis pour les
réfugiés1. Puisque le Canada est vaste et peu
peuplé, il constitue un choix invitant pour
l'immigration. Plusieurs immigrants
proviennent de régions où un changement
général a déjà affecté directement leur vie.
Récemment, les schémas d'immigration ont
changé et on remarque davantage de
réfugiés environnementaux. Ils viennent de
pays qui connaissent le stress d'une
surpopulation, de méthodes agricoles non
convenables et de conflits précipités par un
stress environnemental2. Un changement
climatique mènerait sans doute à une
augmentation du nombre de réfugiés
environnementaux3.
L'expression « réfugié environnemental » se
définit comme suit : « une personne forcée à
quitter son habitat traditionnel,
temporairement ou de façon permanente, en
raison d'un dérangement environnemental
notable (naturel et(ou) engendré par
l'homme) qui a compromis son existence
et(ou) gravement affecté sa qualité de vie »3
[traduction]. À moins que des facteurs
environnementaux soient liés à une loi
traditionnelle sur les droits de l'homme dans
l'arène internationale, il est peu probable que
le Canada modifie sa politique en matière
d'immigration pour inclure les réfugiés
environnementaux.
Les réfugiés environnementaux se déplacent
lorsque leur terre est saccagée et rendue
impropre à l'habitation humaine par une
dégradation environnementale ou un
événement météorologique catastrophique
(ou causé par l'homme)3. Un changement
climatique peut contribuer à ces conditions
de la façon suivante : i) une élévation des
niveaux de la mer provoquant un
déplacement des gens; ii) des changements
dans les schémas de précipitation causant
des sécheresses et des inondations; iii) des
augmentations dans les secteurs de vecteurs
de maladies; iv) des augmentations dans le
nombre d'événements météorologiques
extrêmes (p. ex., tempêtes graves et
cyclones); v) des diminutions de la
production agricole menant à la famine.
L'effet d'un changement climatique sur les
réfugiés environnementaux venant au
Canada est inconnu4. On estime que le
nombre de réfugiés provoqués par des
changements prévus dans la portée
climatique atteindra 150 millions de
personnes, même si seulement les plus aptes
à se déplacer parviendront jusqu'au Canada.
Cette augmentation du nombre de réfugiés
internationaux ajouterait un fardeau sans
précédent aux mécanismes canadiens
d'assimilation des réfugiés3.
Puisque l'immigration est une mesure de
dernier recours, limitée à des conditions si
graves que la vie même est en danger
imminent, le nombre croissant de réfugiés
environnementaux devrait être perçu comme
un important indicateur de l'étendue et de la
gravité de la détérioration environnementale
à l'échelle de la planète5. Ce genre
d'indicateurs aidera à inciter le Canada et
d'autres pays industrialisés à élaborer des
réactions politiques face à la possibilité de
réfugiés environnementaux, notamment
l'incorporation, dans une protection
environnementale, de toute aide financière
internationale aux réfugiés
environnementaux à titre de composante
obligatoire de l'aide3. Cette aide pourrait
servir à contrebalancer ou à réparer les
conditions environnementales ayant
originalement provoqué les réfugiés.
Le niveau accru de réfugiés admissibles
mettra à l’épreuve les ressources physiques
locales (p. ex., l'utilisation de l'eau, la
consommation des aliments, le logement et
les services sanitaires), les ressources
affectées aux soins de santé et à l'économie
(p. ex., les possibilités d'emploi et les
110
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
avantages sociaux)3. Le niveau de stress sur
ces ressources variera directement selon le
nombre de réfugiés acceptés.
111
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
11.1
Références
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and Adaptation, Volume VIII, National
Cross-Cutting Issues Volume.
112
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
12
Une perspective
historique de la politique
canadienne sur le
changement climatique
E
n 1990, en réaction à une
accumulation de preuves scientifiques
de mise en garde sur les éventuelles
conséquences graves d'un changement
climatique, le Canada a annoncé son
engagement à intervenir pour stabiliser les
émissions de CO2 et d'autres gaz au niveau
de l'année en question (601 mégatonnesxvii)
jusqu'en 20001. Malgré l'opposition des
producteurs de combustibles fossiles2, cet
engagement a ensuite été confirmé en 1992
dans le cadre de la Conférence des Nations
sur l'environnement et le développement
(CNUED) organisée à Rio. Dans le cadre de
cette conférence, le Canada s'est rallié à
d'autres pays industrialisés pour enchâsser
l'objectif de maintenir les niveaux
d'émission de 1990 à titre « d'objectif »
formel de la Convention-cadre des NationsUnies sur les changements climatiques3. Dès
janvier 1996, 151 pays, dont le Canada,
avaient ratifié la Convention des NationsUnies sur les changements climatiques 4.
En 1993, l'année suivant la CNUED, les
gouvernements fédéral et provinciaux
canadiens ont mis sur pied un processus
national de consultation des parties
intéressées composées de représentants du
gouvernement, de l'industrie et de groupes
d'intérêt ayant pour objectif de déterminer
les mesures que le Canada pourrait prendre
pour respecter son engagement de
stabilisation. Ce processus d'une durée de
18 mois a donné lieu à une liste de
88 recommandations en matière de
recherche particulière, d'éducation et de
mesures législatives en vue d’aider le
Canada à respecter son objectif de
stabilisation avancé en 19903. On a estimé
xvii
Mégatonne = million de tonnes
qu'en l’absence d'intervention politique, les
émissions de gaz à effet de serre du Canada
surpasseraient, en 2000, de 74 mégatonnes
le niveau de 19905. Même si elles étaient
mises en œuvre de façon complète et
agressive, il était prévu que les mesures
recommandées aux ministres n'atteindraient
qu'une réduction maximale de
54 mégatonnes, 20 mégatonnes de moins
que le niveau ciblé en 1990.
En 1995, un an après avoir reçu les
88 recommandations politiques, les
ministres ont annoncé la création du
« Programme d'action national concernant
les changements climatiques du Canada »
(PANCC). Ce programme présentait une
gamme de mesures en grande partie
volontaires et d'orientations stratégiques à
suivre par les gouvernements afin de limiter
les émissions et suggérait d'autres mesures à
prendre au-delà de l'an 20006. Le
programme comprenait des Mesures
volontaires et Registre (MVR), un de ses
principaux éléments, et un programme
québécois distinct, mais semblable, le
programme EcoGESte. Ces programmes
invitaient les entreprises et les organisations
canadiennes à élaborer et à suivre des plans
d'action en vue de limiter les émissions
nettes de gaz à effet de serre et de déclarer
leurs quantités totales d'émissions dans la
première année et dans les années de
déclaration subséquentes. Cent vingt autres
programmes d'efficacité énergétique et
d'énergie de remplacement ont été élaborés
pour les gouvernements fédéral, provinciaux
et territoriaux, notamment le Programme de
recherche et de développement énergétiques
(PRDE), administré par Ressources
naturelles Canada, visant à encourager la
recherche et le développement dans le
domaine des batteries pour véhicules
automobiles, les systèmes de chauffage et de
climatisation très énergétiques et efficaces,
les véhicules à faible émission et les estimés
de capture de carbone par les océans4. En
général, le PANCC comprenait cependant
peu d'engagements envers la mise en œuvre
de mesures particulières et il a été reconnu
113
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
que ce programme ne réaliserait pas les
réductions d'émissions nécessaires pour
respecter la stabilisation ciblée3. En février
1995, les ministres de l'Environnement et de
l'Énergie du Canada ont approuvé le plan,
lequel a été déposé dans le cadre de la
première Conférence des parties à la
Convention sur les changements climatiques
organisée à Berlin en avril 19956.
moyens les plus économiques possibles en
vue de respecter leurs cibles, notamment des
mécanismes comme l'investissement dans
des activités d'entreposage du carbone
(réservoirs), l'accumulation et l'échange des
droits d'émissions et la mise en œuvre
conjointe de projets dans les pays en voie de
développement servant à diminuer, de façon
générale, les niveaux mondiaux7.
En décembre 1997, les représentants de
160 nations se sont rencontrés pour négocier
un traité mondial visant à limiter la
production de gaz à effet de serre à l'échelle
mondiale. Après 48 heures de négociations
ininterrompues, les membres du congrès
sont arrivés à un consensus sur
l'établissement d'un accord. Contrairement
aux anciens accords engageant les nations
envers des niveaux et des mesures
volontaires, le « Protocole de Kyoto pour la
Convention-cadre des Nations-Unies sur les
changements climatiques (Protocole de
Kyoto) constitue un document juridiquement
valable. Les mesures de conformité devront
être confirmées à une date ultérieure7. Les
modalités du protocole ne s'appliquent
qu'aux 38 nations industrialisées et aux pays
européens en transition et, malgré le fait que
chaque nation a des cibles différentes, la
cible générale établie pour la réduction de
six gaz à effet de serrexviii déterminés par le
Protocole est de l'ordre de 5,2 p. 100 sous
les niveaux de 1990. L'engagement du
Canada est établi à 563 Mt2. Plutôt que de
n’arrêter qu’une seule année comme date
limite, le traité de Kyoto permet aux pays de
faire la moyenne de leurs émissions sur une
période de cinq ans (2008 à 2012) afin de
tenir compte des variations en matière de
température, de la croissance économique et
d'autres facteurs. Le traité renferme aussi un
bon nombre de « dispositions de souplesse »
pour permettre aux pays de trouver les
Immédiatement après la conférence de
Kyoto, les premiers ministres se sont réunis
au Canada pour discuter du protocole de
Kyoto. Ils se sont entendus sur l'importance
de la question du changement climatique et
sur le fait que le Canada doit faire sa part
pour aborder ce problème, mais que les
mesures devraient être prises de façon à
assurer qu'aucune région ne doive assumer
un fardeau déraisonnable des coûts8. Les
premiers ministres ont aussi accepté de
mettre sur pied un processus, avant la
ratification du protocole par le Canada, en
vue d’examiner les conséquences de Kyoto
et d'assurer la pleine participation des
gouvernements fédéral, provinciaux et
territoriaux dans toute mise en œuvre et
gestion du protocole9.
xviii Le protocole de Kyoto a déterminé qu'il fallait
réduire les gaz suivants : le gaz carbonique, l'oxyde
nitreux, le méthane, les halocarbones, les
perfluorocarbones et l'hexafluorure de soufre.
En mai 1997, le Canada a aussi participé à
une rencontre internationale des pays du G-7
et de la Russie (« les huit »), organisée en
vue de discuter des aspects internationaux de
la santé environnementale des enfants. Ce
sommet a abouti à la « Déclaration de 1997
des ministres de l'environnement des huit
sur la santé environnementale des
enfants »10. La déclaration couvre une vaste
gamme de menaces environnementales pour
les enfants, notamment une section
particulière sur la menace posée par la
qualité de l'air et le changement climatique,
qui se lit comme suit :
« Qualité de l'air : La qualité de l'air est
particulièrement importante pour les
nouveau-nés et les enfants, tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur. L'asthme chez les enfants et
d'autres maladies respiratoires pédiatriques
augmentent de façon dramatique dans nos
114
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
pays et sont considérablement exacerbés par
des polluants environnementaux dans l'air, y
compris des émissions de combustion
provenant de combustibles fossiles et
d'autres sources. Malgré la réalisation, dans
certains pays, d'une recherche sur
l'exposition des enfants à certains polluants
atmosphériques, il est primordial de
poursuivre la recherche sur le sujet10. »
[traduction]
« Incidences d'un changement climatique à
l'échelle mondiale sur la santé des enfants :
Les responsables doivent prendre, au niveau
international, des mesures concrètes pour
affronter le problème du réchauffement de la
planète, notamment à Kyoto. Nos enfants et
les générations à venir sont confrontés à de
graves menaces pour leur santé et leur bienêtre en raison des changements climatiques
de la planète causés par une accumulation de
gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Une
preuve scientifique accablante relie les
interventions humaines aux changements
prévus dans les systèmes climatiques
mondiaux, lesquels produiront sans doute
des répercussions inacceptables pour toutes
les nations. Selon le groupe de discussion
intergouvernemental sur le changement
climatique : « Le changement climatique
aura sans doute de vastes et généralement
néfastes incidences sur la santé humaine,
sans compter de nombreuses pertes de vie. »
[traduction] Les enfants seront les plus
affectés par les vagues de chaleur très
prononcées, la pollution atmosphérique plus
intense et la propagation de maladies
infectieuses et nous commençons à peine à
comprendre les interactions entre ces
problèmes et d'autres tendances mondiales,
comme l'appauvrissement de la couche
d'ozone. Les générations à venir seront
confrontées aux nombreuses répercussions
éventuelles d'un changement climatique
ayant de graves conséquences sur la santé,
l'environnement et l'économie10.
Le Canada a ratifié la Déclaration10.
Le gouvernement fédéral a annoncé dans
son budget de 1998/1999 l'établissement
d'un Fonds d'action pour le changement
climatique (FACC) de l'ordre de
150 millions de dollars. En décembre 1999,
le gouvernement avait consacré environ
8 millions de dollars dans 59 projets
approuvés en vertu du FACC et un autre
13 millions de dollars selon un arrangement
de financement entre partenaires. Le FACC
compte quatre composantes : Mesures
d'action hâtives en matière de technologie
(TEAM); Science, impacts et adaptations;
Éducation et sensibilisation du public; et
Analyse de base. Grâce à ce programme, le
gouvernement a l'intention de prendre des
mesures concrètes pour faire participer la
population canadienne, les organisations non
gouvernementales, le monde des affaires, les
collectivités et les gouvernements à des
partenariats menant à une compréhension
plus approfondie de la question du
changement climatique en plus de lancer des
interventions précoces et significatives sur
les initiatives concernant les gaz à effet de
serre.
Le 24 avril 1998, un comité conjoint
composé de représentants des ministères de
l'Énergie et de l'Environnement a approuvé
la publication d'un document intitulé
« Processus national canadien de mise en
œuvre sur le changement climatique post
Kyoto ». Le processus a mis sur pied
plusieurs comités intergouvernementaux de
haut niveau chargés de formuler la réponse
du Canada au changement climatique et a
présenté des principes directeurs pour le
processus et les mécanismes de
participation, y compris un leadership
gouvernemental en matière de collaboration
et de partage des responsabilités, l’inclusion
des parties intéressées, la transparence et
l’atteinte de résultats8. Les ministres de
l'Énergie et de l'Environnement ont aussi
formé 16 tables de concertation et groupes
de travail, coprésidés par des représentants
gouvernementaux et des participants non
gouvernementaux, en vue de fournir aux
parties intéressées expertes et profanes un
115
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
mécanisme pour conseiller le gouvernement
et pour participer au processus. Au bout du
compte, 450 membres provenant de tous les
paliers gouvernementaux, de l'industrie, du
monde des affaires, d’universités, de
groupes environnementaux, de groupes de
travailleurs et d’autochtones, ont participé
au processus. Les tables de concertation ont
été organisées autour des thèmes et des
sujets suivants : analyse et modélisation,
crédit pour l'intervention hâtive, électricité,
mécanismes de Kyoto, éducation et
sensibilisation du public, réservoirs,
technologie, transport, agriculture et
agroalimentaire, immeubles, intervention
volontaire accrue, foresterie, industrie,
municipalités, science et adaptation et
permis échangeables. L'information
recueillie dans le cadre de ces séances
servira à l'élaboration d'une Stratégie
nationale de mise en œuvre par les ministres
(fédéral, provinciaux et territoriaux) de
l'Énergie et de l'Environnement.
12.1
Contexte politique
12.1.1 Facteurs externes
Un bon nombre de facteurs influencent le
profil canadien de la politique sur l'effet de
serre et sa capacité de réduire les émissions.
Le Canada est le deuxième plus grand pays
du monde en terme de superficie (7 p. 100
de la masse continentale mondiale). Cette
situation résulte en une importante demande
pour le transport de marchandises et les
déplacements sur de longues distances,
contribuant à des émissions élevées de gaz à
effet de serre provoqués par les automobiles
et les camions11. En effet, le secteur du
transport constitue la plus importante source
de gaz à effet de serre au Canada,
contribuant 25 p 100 des émissions totales.
Si elles ne sont pas contrôlées, il est prévu
qu'en 2010, les émissions surpasseront de
32 p. 100 les niveaux de 199012.
Le Canada est aussi un pays dans lequel on
retrouve des températures extrêmes. Les
hivers longs et froids et les étés chauds se
traduisent par une forte demande de
chauffage et de climatisation. En 1996,
61 p. 100 de la demande résidentielle et
53 p. 100 de la demande commerciale était
réservée au chauffage des locaux11. Le
Canada est relativement peu peuplé mais
connaît la deuxième plus importante
croissance démographique des pays
membres de l'OCDE, avec 30,7 millions de
personnes en 2000 qui devrait atteindre
36,2 millions en 2026, principalement en
raison de l'immigration13. La croissance
démographique augmente la demande de
biens et de services commerciaux, en plus
des infrastructures (p. ex., logements,
véhicules, routes, etc.), lesquels contribuent
à une plus grande demande d'énergie et, par
conséquent, d'émissions de gaz à effet de
serre14.
12.1.2 Compétence politique
La compétence politique à l'égard
d'interventions en matière de changement
climatique est partagée entre les
gouvernements fédéral, provinciaux,
territoriaux et municipaux. La Constitution
canadienne ne confère pas de responsabilité
pour la protection de l'environnement à un
palier gouvernemental particulier14. Selon la
Constitution, les provinces sont chargées de
la gestion des ressources naturelles et du
contrôle de sujets principalement de « nature
locale ». Le gouvernement fédéral est
responsable de réglementer les questions
environnementales au niveau national, mais
uniquement lorsque cette participation
n'entrave pas ou n'enfreint pas de droits de
compétence provinciale et territoriale. Le
gouvernement fédéral a aussi le devoir de
négocier les traités internationaux, mais il ne
possède généralement pas le pouvoir
constitutionnel de la pleine mise en œuvre
de ces ententes. Par conséquent, une
collaboration intergouvernementale est
essentielle pour veiller à ce que le Canada
respecte ses engagements environnementaux
et qu'il réalise des progrès significatifs à
l’égard de ses principales priorités
environnementales internes11.
116
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Les gouvernements municipaux, lesquels
relèvent des gouvernements provinciaux ont,
au cours des dernières années, participé de
plus en plus aux activités de réduction des
émissions. Cependant, la mise en oeuvre
efficace et efficiente d'une stratégie
nationale ne peut se produire sans la
collaboration de tous les paliers de
gouvernement, lesquels doivent jumeler
leurs forces, leurs ressources et leur autorité
pour soutenir des engagements
d'intervention de niveau national ou
international 14.
12.1.3 Croissance économique et
commerce
Les Canadiens disposent d’un produit
intérieur brut (PIB) par personne élevé,
montrant des augmentations de 25 p. 100
entre 1990 et 2000 et une prévision de
croissance continue de l'ordre de 94 p. 100
d'ici 202011. L'économie canadienne compte
une forte proportion d'industries de produits
nécessitant beaucoup d'énergie et six d'entre
elles – les pâtes et papiers, le fer et l'acier, la
fonte et l'affinage, les produits chimiques, la
raffinerie de pétrole et le ciment –
représentent 60 p. 100 de la demande
industrielle d'énergie. L'économie
canadienne se fie aussi grandement sur le
commercer étranger, en exportant 40 p. 100
de ses produits à l'étranger. Quarante pour
cent des exportations du Canada sont des
produits de grande consommation d'énergie
fondées sur des ressources qui engendrent
plus d'émissions à la production qu’au
raffinage et à la transformation. L’accent
national et international accru sur la qualité
de l'air, la production accrue de gaz naturel
canadien, une combustible qui brûle plus
proprement, a connu une croissance rapide.
La grande majorité de cette production est
cependant expédiée aux États-Unis,
avantageant le profil d'émissions
atmosphériques de ce pays, alors que les
émissions plus élevées engendrées par sa
production demeurent au Canada,
contribuant à une augmentation rapide de la
production de gaz à effet de serre au
Canada15.
Le Canada se fie grandement sur les
États-Unis à titre de partenaire commercial;
la part des exportations canadiennes aux
États-Unis ayant atteint 78 p. 100 en 199711.
En raison de cette relation, l'approche
américaine envers le changement climatique
est particulièrement importante pour la
stratégie nationale du Canada. Le fait que le
Canada se fie grandement sur ses
exportations pour sa croissance économique
souligne le besoin du pays de demeurer
concurrentiel au niveau international, une
considération clé dans l'élaboration d'une
stratégie nationale de mise en oeuvre sur le
changement climatique14.
12.1.4 Coûts économiques et
possibilités
Même s'il faut toujours poursuivre la
recherche et la modélisation, une analyse
préliminaire du coût pour l'économie
canadienne associé à l'atteinte des objectifs
fixés suite à Kyoto a été offerte par plusieurs
organisations et instituts renommés. Une
étude réalisée par le Conference Board du
Canada sur le modèle macro-économique a
conclu que l’objectif de Kyoto ralentira la
croissance économique canadienne de 1,3 à
2,3 p. 100 d'ici 2010, soit une perte de 18 à
28 milliards de dollars pour l'économie
canadienne15. Janet Yellen, présidente du
Council of Economic Advisors pour le
président Clinton, a prédit que les coûts
nécessaires en vue de respecter les
engagements américains envers Kyoto
obligeraient les consommateurs à débourser
un autre 3 à 10 p. 100 pour l'énergie en
2008-2012 selon l'efficacité du système de
permis échangeable de droits d’émissions
globales. La population canadienne peut
prévoir des augmentations de coûts
semblables.
Sur une note plus positive, un bon nombre
de possibilités s'offrent au Canada à l'égard
des technologies en matière de changement
117
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
climatique. Avec des ventes annuelles de
l'ordre de 14 milliards de dollars, l'industrie
des technologies environnementales est un
des secteurs qui connaît la croissance la plus
rapide du pays. Le marché international des
technologies et des processus
environnementaux se situe actuellement, à
l'échelle mondiale, à 240 milliards de dollars
par année et une croissance rapide est
prévue au cours du prochain siècle14.
L'investissement dans l'énergie renouvelable
et dans l'efficacité énergétique aura des
avantages secondaires pour le Canada. La
conversion à des énergies de rechange
devrait procurer quatre fois plus d'emplois
que des investissements équivalents dans de
nouvelles sources d'énergie2. Une réduction
du niveau de brumée et de polluants réduira
de façon significative les coûts des soins de
santé et aidera à sauver des vies, réduisant
par le fait même la mortalité pour environ
16 000 Canadiens qui meurent actuellement
de façon prématurée en raison des niveaux
actuels de pollution atmosphérique16. En
œuvrant pour prévenir les éventuelles
répercussions d'un changement climatique,
le pays réduirait aussi les coûts associés aux
violents événements météorologiques, aux
pertes de récoltes, aux dommages
écologiques, à la dislocation sociale et au
remplacement et à l'amélioration de
l'infrastructure2. Plusieurs études suggèrent
qu'il existe plusieurs mesures « sans
reproche » pour lesquels les avantages
économiques pour la santé et les
combustibles excéderaient les coûts17.
12.2
compensatoires afin d'atteindre son objectif
ou son « équilibre ».15. Pour permettre aux
nations de trouver les options de coût les
plus rentables en vue d’atteindre leurs
objectifs, le traité de Kyoto offre une gamme
de mécanismes selon lesquels les nations
peuvent mettre en valeur leurs efforts
internes et compenser pour les
augmentations d'émissions. Ces mécanismes
comprennent le Mécanisme de
développement propre (CDM), la Mise en
œuvre conjointe d'initiatives (JI) et
l'Échange de droits d'émission (ET)18.
•
Mécanisme de développement propre :
ce mécanisme incite les pays
industrialisés à investir dans des
initiatives de réduction nette de leurs
émissions de gaz à effet de serre. En
vertu du CDM, ces économies
d'émissions seront enregistrées à titre de
crédits partagés entre les parties
intéressées par la transaction.
Généralement, les investissements des
pays industrialisés offrent une réduction
plus importante d'émissions de gaz à
effet de serre par dollar que les pays
industrialisés dans lesquels les niveaux
d'efficacité élevés ont déjà été atteints15.
•
Mise en oeuvre conjointe d'initiatives :
ce mécanisme englobe les projets
réalisés par des pays industrialisés et les
« économies en transition » de l'Europe
centrale et de l’Est. Lorsque le transfert
de technologie et l'aide apportée par un
pays industrialisé comme le Canada à un
pays en transition comme la Russie
mène à une réduction des émissions de
la Russie, le Canada serait alors crédité
pour son rôle15.
•
Échange de droits d'émission : l'entente
permet l'achat et la vente de réductions
d'émissions entre pays. Le genre de
méthode d'évaluation applicable à ce
genre de transactions et l'identification
d'une entité de contrôle et de
réglementation du commerce seront
établis lors des négociations à venir.
Éléments politiques essentiels
du traité de Kyoto
Malgré le fait que les éléments essentiels de
l'entente de Kyoto ont été déterminés, il
importe de souligner que les négociations
internationales se poursuivent18. Une
approche fondée sur le marché sera adoptée,
selon laquelle chaque pays possédera un
« compte bancaire » de gaz à effet de serre
et la capacité d'acheter, d'échanger et de
vendre des crédits d'émission et des effets
118
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
Certains échanges ont cependant déjà eu
lieu avant le programme. En mars 1998,
Suncor du Canada a annoncé l'achat de
100 000 crédits de gaz à effet de serre de
la Niagara Mohawk Power of Syracuse,
N.Y. et une option d'acheter un autre
10 millions de crédits au cours des dix
prochaines années, à une valeur possible
de 10 millions de dollars15.
En plus de réduire la création de gaz à effet
de serre, les pays peuvent aussi recevoir des
crédits pour le développement de « puits »
de carbone. Ce mécanisme comprend la
création ou l'amélioration d'écosystèmes
comme les forêts, les océans et les sols qui
retirent et emmagasinent le carbone de
l'atmosphère15.
12.2.1 Sixième Conférence des
Parties (CdP6) à la
Convention-cadre des
Nations-Unies sur les
changements climatiques
Cette rencontre, tenue à La Haye (Pays-Bas)
en novembre 2000, visait à finaliser les
détails opérationnels des engagements
envers les réductions d'émissions des gaz à
effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto
de 199719. Après deux semaines de
négociations, aucune entente n'a été ratifiée.
Les questions non résolues comprennent : a)
les activités supplémentaires (p. ex., la
revégétation) et l'utilisation de puits de
carbone dans le CDM, b) les règles et les
procédures d'exploitation des mécanismes
du Protocole de Kyoto (p. ex., l'admissibilité
au projet du CDM), c) les sources de
financement, d) les questions de conformité
(p. ex., les conséquences d'application). Un
important écart a été remarqué entre le
groupe de coordination (une alliance libre de
parties comprenant les États-Unis, le
Canada, l'Australie, le Japon, la Norvège, la
Fédération russe, l'Ukraine et la NouvelleZélande) et les pays de l'Union orientale et
la Chine/G77 (une coalition de pays en voie
de développement membres des Nations-
Unies). Les pourparlers devraient reprendre
au printemps 2001.
12.3
Options politiques
Les rapports et les recommandations des
tables de concertation présentés aux
ministres de l'Énergie et de l'Environnement
à l’appui de l'élaboration d'une stratégie
nationale pour atteindre les objectifs de
Kyoto, ainsi que les travaux de certains
experts et organisations environnementaux
indépendants ont déterminé d'éventuelles
options politiques qui permettraient au
Canada de réaliser son objectif d'émissions
fixé suite à Kyoto. Les options politiques
dans le secteur du transport comprennent,
entre autres :
•
établissement d'un objectif harmonisé
avec les États-Unis pour réaliser, d'ici
2010, une réduction des émissions de
gaz à effet de serre de l'ordre de
25 p. 100 provoquées par les nouveaux
véhicules et camions12;
•
meilleures normes obligatoires
d'économie de carburant pour tous les
véhicules2;
•
hausses progressives des taxes sur
l'essence et le diesel15;
•
interventions pour augmenter
l'utilisation de modes de transport de
rechange2;
•
contenu d'énergie renouvelable
obligatoire de l'ordre de 5 p. 100 dans
l'essence2,15;
•
application plus stricte des réductions
des limites de vitesse2,15;
•
réduction ou exonération fiscale des
frais de transport en commun12;
•
augmentation des dépenses pour le
transport en commun et d'autres modes
de transport12;
119
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
•
promotion des programmes de travail à
distance et de covoiturage15;
•
crédits fiscaux pour l'achat de véhicules
à très haut rendement énergétique15;
•
avantages fiscaux pour les employeurs
offrant des avantages pour le transport
en commun12;
•
utilisation de systèmes intelligents pour
le transport et de feux de circulation
synchronisés pour améliorer la
circulation routière12;
•
mise en valeur des cours de formation
sur la conduite automobile pour
augmenter les pratiques de conduite
éconergétique12;
•
codes de pratique, formation et pratiques
de fonctionnement améliorés pour les
camionneurs12;
•
meilleures routes de vol et opérations au
sol12;
•
code de pratique pour les traversiers en
vue d’améliorer l'efficacité
d'exploitation12.
120
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
12.4
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122
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
13
Mesures d'adaptation
N
otre climat change. Un certain
réchauffement et d'autres
changements connexes se sont déjà
produits et, peu importe le scénario à venir
concernant les émissions anthropiques de
gaz à effet de serre, le climat continuera de
changer dans un avenir rapproché, car il
n'existe aucun scénario plausible de
stabilisation immédiate des concentrations
de gaz à effet de serre1. Cependant, il
demeure primordial de ralentir le taux de
changement pour nous accorder plus de
temps d'adaptation à notre environnement
changeant et pour adopter de nouvelles
stratégies d'atténuation2.
Le fait d’améliorer notre capacité
d'adaptation réduit notre vulnérabilité aux
effets d'un changement climatique, élément
important en raison de la portée des
répercussions2. La question ne devrait pas
être de savoir si les prévisions de
changement climatique seront justes, mais
bien si l'humanité est prête à composer avec
les conséquences des changements
climatiques3. Si des stratégies d'adaptation
convenables sont établies et mises en oeuvre
à temps, il est possible de réduire la
vulnérabilité générale à un changement
climatique4. Ce point est particulièrement
important pour les enfants qui sont plus
vulnérables à certains événements liés à un
changement climatique (p. ex., périodes
prolongées de chaleur extrême).
L'adaptation est un processus de réactions
aux effets d'un changement climatique. Elle
réfère à tout ajustement qui peut être
entrepris pour améliorer les effets néfastes
prévus ou actuels d'un changement
climatique4. La réussite de l'adaptation
dépend d'un bon nombre de facteurs,
notamment de meilleures prévisions
climatiques possibles, un accès à
l'information et une technologie convenable.
La disponibilité d'un financement de soutien
aux mesures d'adaptation sera aussi une
question importante2. La croyance générale
veut qu'une adaptation préventive ou
prudente soit plus efficace et moins coûteuse
qu'une adaptation forcée et de dernière
minute5.
Les approches préventives et prudentes
reconnaissent que l'incertitude, la surprise, la
complexité et le changement sont
d'importantes composantes du processus de
planification et de gestion et qu'il faut faire
preuve d’une certaine souplesse6. Les
options d'adaptation peuvent aussi être
classées comme « adaptation préventive »
ou « adaptation réactive ». Bien que
l'adaptation préventive soit généralement
plus populaire, les répercussions imprévues
mènent généralement à une adaptation
réactive. L'adaptation peut sembler facile;
cependant, elle est difficile en raison des
incertitudes inhérentes à un changement
climatique. Étant donné l’incertitude par
rapport à ce qu'il faut préparer, l'adaptation
indique de revoir nos vies – nos systèmes de
transport, d'énergie, d'aliments, d'eau et de
soins de santé, nos économies, nos racines –
en visant une plus grande tolérance et plus
de souplesse1. L'approche d'adaptation vise à
assurer que le système (économique, social,
de santé, etc.) demeure robuste et assez
souple pour composer avec un changement
climatique7. Avec l'incorporation d'une
variabilité climatique et d'un changement de
planification à long terme, les générations à
venir pourront gérer plus facilement le
changement.
Un des pièges des mesures ou des stratégies
adaptatives réside dans le fait qu'elles
offrent des quantités variées et souvent
limitées de protection pour la santé et
qu'elles peuvent être temporaires. Par
exemple, à l'égard d'une intervention en cas
de catastrophe, les programmes préalables
des catastrophes doivent répondre à des
besoins fondamentaux à court terme;
pourtant, il n'est possible de gérer la
vulnérabilité fondamentale des populations à
risque élevé qu'à l'aide de programmes de
123
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
développement à long terme qui renforcent
l'infrastructure de la collectivité. Compte
tenu des carences des mesures adaptatives,
les gouvernements devraient se concentrer
sur des options préventives et prudentes de
réduction des émissions de gaz à effet de
serre.
Plusieurs mesures préventives devraient être
perçues comme souhaitables du point de vue
de la santé publique, peu importe le
changement climatique8.
Par exemple, réduire la pollution
atmosphérique présente évidemment des
avantages à court et à long termes pour la
santé de la population. Un meilleur transport
en commun, une plus grande diversité de
sources énergétiques renouvelables, des
immeubles plus éconergétiques, moins de
mitage, - ces initiatives et plusieurs autres
initiatives de réduction des gaz à effet de
serre sont toutes dignes d’être poursuivies,
peu importe les préoccupations relatives au
changement climatique1.
13.1
Incertitude à l'intérieur de
l'adaptation
Il n'existe aucun consensus sur l'efficacité de
différentes approches de prise en charge et
d'adaptation pour faire face à d'éventuels
changements climatiques9. Le changement
climatique peut être plus rapide et prononcé
que ce que ne le suggèrent les estimés
actuels et les surprises imprévues sont
possibles5. Une opinion veut qu'il ne faut pas
trop en faire maintenant parce que les
changements climatiques sont très
incertains, qu'ils se manifesteront lentement
et qu'ils seront inondés par les nombreux
changements démographiques, économiques
et sociaux qui se produiront pendant la
même période9. Cette opinion maintient
aussi qu'une grande variété d'outils sont
actuellement disponibles pour gérer le risque
et l'incertitude et que ces outils s'avéreront
suffisants pour composer avec les
répercussions plausibles de changements
climatiques à venir10. Cette position est bien
fondée; cependant, des risques peut-être plus
grands accompagnent les nombreuses
incertitudes à éclaircir sur les détails d'un
changement climatique. Il existe toujours
des incertitudes quant à savoir si certains
changements climatiques seront rapides ou
si d'autres seront d'une telle ampleur qu'ils
submergeront les systèmes existants avant
que les approches de gestion existantes ne
puissent réagir.
13.2
Besoin de comprendre et
d'intervenir
« L'énormité du défi et le niveau
d'incertitude ne doivent pas être vus comme
un motif de désespoir et d'inaction. »
« Nous possédons déjà assez d'information
pour démontrer le besoin d'intervenir et les
solutions initiales sont évidentes et
appliquées de façon simple. Ce qui manque
toujours est la volonté d'agir ». [traduction]
Société royale du Canada
(1993)
Il reste encore à répondre à certaines
questions sur les causes exactes du
changement climatique et sur la gravité des
menaces pour la santé humaine. On en sait
assez pour exiger une intervention
immédiate. Cette politique « sans reproche »
signifie aucun reproche maintenant – et
aucun pour les enfants à l'avenir. La qualité
de vie des enfants dépendra des mesures que
nous prenons maintenant11.
Bien que les nouvelles technologies qui
améliorent les ressources et l'efficacité
énergétique d'activités individuelles sont très
utiles, il faut adopter de nouvelles attitudes
pour mettre en évidence des choix moins
stressants pour l'environnement. Les
programmes d'éducation et les changements
comportementaux de la population vont de
pair. Grâce à une sensibilisation aux
incidences sur la santé liées à un
changement climatique, les conséquences
d'un changement climatique deviennent de
124
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
mieux en mieux connues. Il est prévu que
cette situation accélérera un changement de
comportement et encouragera les personnes
à penser aux conséquences de leurs actions
sur la planète.
et électeurs, doivent essayer d'influencer la
société.
Il est difficile de comprendre ce qui motive
les gens. Étant donné les horizons lointains
associés aux évaluations des changements
climatiques et aux incertitudes concernant le
taux de changement climatique, il est
difficile de prédire avec exactitude les
adaptations des gens12. L'adaptation à une
variabilité et à un changement climatique en
tant que « processus comportemental » n'est
pas bien comprise ou appréciée13. Quels
facteurs personnels et sociaux influencent
l'adaptation, particulièrement un
changement de comportement à long terme?
Est-ce qu'une communication plus exacte et
plus efficace des renseignements sur la
possibilité et les répercussions de
températures extrêmes amélioreront
l'adaptation ou est-ce que les gens seront
plutôt influencés par les températures
extrêmes les plus récentes?
Bien que les conséquences d'un changement
climatique sont de mieux en mieux connues
et ne sont plus uniquement associées à une
hausse de température14, le besoin d'une
sensibilisation aux incidences sur la santé
associés à un changement climatique
demeure un défi. Les gens doivent
comprendre la façon dont un changement
climatique, un appauvrissement de l'ozone et
d'autres dégradations environnementales
mondiales peuvent menacer leur santé et les
vies de leurs enfants. Cette compréhension
devrait encourager les gens à modifier leurs
comportements personnels et à être motivés
pour soutenir les politiques visant à protéger
l'environnement mondial15. Le fardeau ne
repose cependant pas uniquement sur la
personne. Il est primordial que les sociétés et
les gouvernements déploient un effort
concerté pour incorporer la durabilité
environnementale dans leur prise de
décision. Les personnes, en tant que
consommateurs, travailleurs, contribuables
125
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
13.3
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126
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127
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
commentaires associés aux nuages, aux
océans, à la glace marine et à la
végétation afin d'améliorer les
projections de taux et de modèles
régionaux de changement climatique.
14
Mot de la fin
I
l est possible de faire des projections sur
l'étendue et l'orientation de certaines
incidences éventuelles du changement
climatique sur la santé, mais il existe
toujours bon nombre d'incertitude1. Prédire,
au niveau mondial, régional et local, les
effets d'un climat plus doux est une
opération complexe en raison de plusieurs
incertitudes, notamment l'étendue du
réchauffement et les sensibilités des espèces
et des écosystèmes à ce réchauffement1,2.
Plusieurs interactions ou mécanismes
indirects ou directs existent et ont une portée
sur tous les aspects d'un changement
climatique3. Des facteurs supplémentaires
comme la densité de la population, le niveau
de développement économique et
technologique, les conditions
environnementales locales, l'état de santé
préexistant, la qualité et la disponibilité des
soins de santé et l'infrastructure de santé
publique affectent la vulnérabilité d'une
population à un risque pour la santé1. Par
conséquent, il faut comprendre les
problèmes et élaborer des solutions pour les
gérer collectivement4.
Il existe toujours plusieurs incertitudes et
facteurs qui limitent actuellement notre
capacité de prédire et de déceler un
changement climatique à venir. En
particulier, pour minimiser les incertitudes,
il faut effectuer davantage de travaux sur les
sujets prioritaires suivants5 :
•
estimation des émissions et du cycle
biogéochimique à venir (y compris les
sources et les réservoirs) des gaz à effet
de serre, des aérosols et des précurseurs
d'aérosol et des projections de
concentrations et de propriétés
radiatives à venir;
•
représentation des processus climatiques
en modèles, tout particulièrement des
Malgré les incertitudes qui existent quant à
la prédiction des répercussions d'un
changement climatique, il faut aller de
l'avant pour plusieurs raisons impérieuses,
notamment :
•
il existe un fort consensus chez les
chercheurs scientifiques à l'effet que la
température de la terre augmente6;
•
la réalité des événements
météorologiques et d'autres phénomènes
naturels confirme de plus en plus les
prédictions des modèles de prédiction
mathématique6;
•
le fondement des préoccupations sur le
changement climatique est
scientifiquement solide6;
•
les dangers sont réels et considérables7;
•
l'interférence humaine auprès des
systèmes climatiques semble déjà bien
en évidence7;
•
malgré les incertitudes qui restent, il
semble justifié de prendre des mesures
de précaution pour réduire ces risques, à
l'aide de mesures adaptatives et de
réductions des émissions de gaz à effet
de serre7.
128
Changement d'habitudes, changement climatique : Analyse de base
14.1
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