Editorial, par Didier Copin, Président de La maison des Himalayas

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Editorial, par Didier Copin, Président de La maison des Himalayas
Bulletin d’information
Février 2015
Siège social : Chemin de Peenacker - 59270 Berthen
Email : [email protected]
Site internet : www.maisondeshimalayas.org
Editorial, par Didier Copin,
Président de La maison des Himalayas
« Les voyages forment la jeunesse » et tout au long de notre vie également ils contribuent à notre enrichissement culturel et
humain. Tissés de découvertes et de rencontres, ils nous permettent de déceler nos limites et de les repousser dans l’acceptation de
nous-mêmes et des autres. La magie du voyage en Himalaya n’échappe pas à cette belle aventure. Cela est encore plus vrai lorsque
nous partons avec ce réel désir d’ouvrir nos sens, notre intellect et notre cœur au service d’un projet communautaire : tous les
bénévoles ayant participé à l’un de nos programmes, au Népal ou en Inde, reviennent forts de ce sentiment d’avoir non seulement
été utiles mais également d’avoir avancé dans la connaissance d’eux-mêmes grâce au contact, même passager, avec un monde
inconnu : « l’autre ».
Et « l’autre », c’est sûrement ce qui nous fait le plus défaut dans notre société devenue, par écrans interposés, un réseau
immédiatement et virtuellement accessible. Lorsque nous nous réveillons, dans la terreur, nous réalisons combien le monde partagé
avec « l’autre » reste un élément négatif ou positif, mais toujours déterminant de notre vie et de notre avenir.
Nous avions placé cette année 2014 sous le signe du voyage, par le biais de nos actions en Himalaya mais aussi par le biais de
témoignages artistiques dont ont pu nous régaler le pianiste Alain Kremski et le dessinateur Philippe Bichon. C’est ce panorama que
nous vous proposons humblement dans ce nouveau bulletin annuel : un résumé de douze mois d’engagement à vos côtés,
entremêlé aux notes de voyage de Didier et Véronique Copin dans l’Himalaya indien en juillet dernier.
Que l’année 2015, commencée dans la douleur et les interrogations et pour nous le décès de notre secrétaire Josette Denis, nous
donne l’occasion de continuer notre chemin ensemble dans l’esprit que nous avons développé depuis plus de vingt ans : la
solidarité, l’écoute et le partage, la détermination pour mener à bien toute action permettant à chacun, près ou loin de nous,
malgré les différences, d’accéder à une vie meilleure. Vous êtes nombreux à nous suivre sur ce terrain et grâce à votre soutien des
centaines de familles dans l’Himalaya envisagent l’avenir de manière beaucoup plus positive et sereine. Nous souhaitons à nouveau
vous en remercier par le biais de ce journal, que nous dédicaçons tout particulièrement aujourd’hui à Jos Denis avec également des
pensées pour Marie-Dominique Sergent, en espérant qu’elle puisse à nouveau continuer ce beau chemin avec nous.
Dominique Dufau, Vice-Présidente / Didier Copin, Président
Hommage à Josette Denis, notre secrétaire
Début janvier, Josette Denis nous a quittés brutalement. Dès les premières années d’existence de La maison
des Himalayas, Jos avait rejoint le bureau de l’association pour assurer le poste de secrétaire, qu’elle a
occupé jusqu’à sa disparition, et pour initier avec Gérard, son compagnon, des projets qui ont permis
d’engager notre association de manière importante dans le soutien aux communautés de l’Himalaya.
Parmi les nombreux projets que Jos et Gérard ont menés à
bien toutes ces années avec énergie, passion et aussi
détermination face parfois à des situations complexes à
résoudre, en mobilisant au-delà de l’association des
partenaires décisifs pour aboutir, le Dairy Goat Project lié au
développement du fromage de chèvre au Népal est certainement le plus
représentatif. Car quelle énergie n’a-t-il pas fallu pour mener à bien ce projet en
mobilisant la communauté de la vallée de Chitlang et aussi les autorités népalaises et
françaises pour aboutir à un projet durable et aujourd’hui pleinement autogéré par
une coopérative sur place !
(lire l’interview de Jos et Gérard paru dans notre bulletin no. 38 de novembre 2008
disponible sur le site de l’association :
http://www.maisondeshimalayas.org/bulletin/Bulletin_Mdh_nov_2008.pdf ).
Josette, c’était aussi une passion pour le Tibet depuis de nombreuses années avec en 1998 une idée extraordinaire sortie d’une
soirée de début d’année : réaliser dans un délai de quatre mois le plus grand drapeau du monde (tibétain) pour la journée
européenne du Tibet à Paris… Pas une mince affaire mais Jos, Gérard, Jean Marc ainsi que notre regretté Francis ont réussi à
rassembler de nombreux bénévoles et associations pour arriver finalement à tenir le pari du drapeau. Record battu au Guiness en
juin 1998. Voici ce qu’en disait Jos à l’époque : « Quand Jean-Marc, Francis et moi-même avons pris cette décision folle, nous étions
complètement inconscients, ça il faut le reconnaître ! Première chose : aller voir les dimensions du drapeau du précédent record :
86m x 123m (houps!), record détenu par Taïwan depuis 1989 ! Ca faisait déjà plus d'un hectare et il allait falloir faire mieux ! Prises
de dimensions du drapeau tibétain que j'avais à la maison : 90cm x 125cm : en multipliant les dimensions par 100 on était bon, on
battait le record… » (Voir article sur notre site).
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Merci Jos également pour le projet de Kuch qui a permis de redonner l’électricité à ce petit village dans cette vallée de l’Ouest du
Népal. Merci Jos pour l’appui apporté au projet de l’école de Bhaktapur aux côtés de Francis et Geneviève et de tous ceux qui y ont
contribué.
Merci Jos pour ta véritable vocation au sein de l’association et toute cette passion que tu as exprimée au long de ces années. Nous
continuerons à poursuivre nos actions avec certainement d’une autre manière ta présence quelque part à nos côtés. Didier Copin
Témoignages
« Jos, la première rencontre avec toi s'est faite lors de la préparation d'un séjour au Népal puis du voyage dans la vallée de
Kathmandou, en Himachal Pradesh, au Lahaul et au Spiti. Tu étais accompagnée de Gérard ton mari, de Blandine Catteau, Giuseppe,
Lucie et Arnaud. Vous êtes arrivés le 31 juillet 1993 à Kathmandou.
Le 3 août, nous avions accueilli la famille tibétaine d'Amala au Tibet Rest House à
Kathmandou. Ses deux enfants venaient du Tibet ou ils avaient quitté des membres de leur
famille sous répression chinoise. Ils ont vécu une traversée du Tibet vers la frontière du
Népal particulièrement difficile car ils ont eu les pieds gelés. Nous les avions guidés en
direction de l'Himachal Pradesh en Inde du Nord dans les conditions d'une mousson forte.
Nous avons pu vivre à leur côté durant 7 jours et porter sur le dos Migmar âgé de 6 ans et
demi mais aussi Lhakpa âgé de 8 ans, quand la rivière débordait. Jos, tu étais là pour les
encourager à partir vers le gouvernement tibétain en exil, leur famille spirituelle.
Le 11 août, nous étions 18 français dont ton frère Jean Marc prêts à visiter Dharamsala et
Mac Leod Ganj, le lieu du gouvernement tibétain en exil. Nous faisions connaissance avec
« la grande famille tibétaine et le Dalai Lama » que venaient de rencontrer Amala, Migmar et Lhakpa. Début août, nous avons visité
la vallée de Kathmandou. Jos, tu es tombée sous le charme, l'accueil et le sourire des népalais. Depuis lors, tu as participé à de
nombreux projets au Népal : mise sur pied de l'école de Bhaktapur, projet agricole d'implantation de fromage de chèvres à Chitlang,
aide à l'école de Bakunde Besi, projet d'électricité à Kuch. Ta vie était imprégnée du souci des échanges et de la solidarité entre les
peuples. »
Geneviève Dhainne
Chère Jos, tant que nous vivrons nous ne t'oublierons pas. Au même titre que Francis, tu resteras dans nos esprits et je crois que ce
sera le cas aussi pour beaucoup de personnes, là-bas, au Népal. La Maison des Himalayas te doit beaucoup et elle restera TA maison.
Gérard et Jean-Marc, nous partageons votre peine.
Wangmo & Max
« Jos tu nous as quittés trop tôt et tu nous manque
déjà. Mais ton esprit est libre d’aller où il veut et je
l’imagine bien survolant les Himalayas chers à ton
cœur. Ton dynamisme et ton énergie
accompagnée de Gérard pour porter les projets
ont contribué à donner vie à notre association.
Nous te portons dans notre cœur. »
Véronique Copin
« Je n'ai malheureusement pas eu le temps de vraiment bien connaître Jos,
mais j'en garderai le souvenir de quelqu'un de très investi dans tous ses
projets, et j'ai bien eu l'impression qu'il y en avait un certain nombre !
Chaleureuse et communicative, elle a certainement mené tambour battant
ses actions comme sa vie... sa vie trop courte pour étancher son énergie.
Elle va nous manquer et nous manque déjà. Aux nouveaux, comme moi par
exemple, d'assurer maintenant la relève avec le même enthousiasme ! »
Aline Duvicq
« Dès le début de mon implication au sein de La maison des Himalaya, Jos a été un véritable modèle pour moi : son cœur, sa
générosité, son pragmatisme et son sens de la méthode m’ont permis de comprendre les rouages d’un projet et la nécessité de fixer
des objectifs de manière raisonnée, en visant une prise d’autonomie par les bénéficiaires sur place. Quelques jours avant sa
disparition, elle partageait encore avec moi son bonheur d’avoir pu faire vivre des expériences de vie riches aux divers bénévoles
qu’elle a pu piloter sur les projets au Népal : des expériences dont ils se sont sentis eux-mêmes grandis. Car dans le cadre de nos
projets nous rencontrons des jeunes formidables, qui à leur tour témoignent de leur altruisme et de leur implication au profit de ces
communautés totalement étrangères pour eux – pour Jos, c’était un grand message d’espoir. »
Dominique Dufau
Les Compagnons scouts de Lille à l’école de Bhaktapur :
une expérience inoubliable (été 2014)
L'école Saraswoti Pathshala de Bhaktapur a changé de nom : elle est devenue l'école
Saras Pathshala depuis ce printemps 2014. Indra, le principal de l'école, a le projet
d'agrandir l'école pour accueillir des élèves de collège. Il souhaite recruter des
familles plus aisées qui participeront financièrement au fonctionnement de l'école
en vue d'une future forme d'autonomie et pour la pérennité de l'école. Il négocie ce
projet avec la mairie de Bhaktapur.
Cet été 2014, j’ai renouvelé le projet de partenariat des scouts et guides de France
avec l’école primaire Saras Pathshala de Bhaktapur. Ce projet comporte une
dimension solidaire d’aide à la construction de toilettes pour les enfants de l’école.
Ces toilettes seront déplacées car la chaussée devant l’école sera élargie en vue
d’une voie rapide qui reliera Kathmandou puis Bhaktapur….à la frontière chinoise.
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Cependant, la partie la plus importante de l’intervention des scouts a consisté à
faire de l’animation pédagogique et établir un échange culturel entre les
enseignants népalais, les scouts et les élèves lors de visites d’étude à Bhaktapur et
à Panauti. Très vite, les enfants établissent un contact chaleureux et enthousiaste
avec Marie Feugères, Clément Bonnet, Benjamin Pellegrini, Victorin Barthez,
Pauline Thave, Marc Michau, Jean Michallant, et Solène Lavorel.
Les activités pédagogiques telles que la poterie, le dessin de situation, l’expression
écrite, l’anglais, les jeux sportifs, le chant, la danse requièrent toute l’attention des
élèves et des enseignants népalais. De réels échanges se créent avec les scouts.
Nous faisons des compte-rendus de nos visites notamment celle de Bhaktapur,
ancienne ville royale avec le superbe palais du roi et les temples hindouistes dont
le célèbre Nyatapola à 5 toits.
Nous visitons l’école de mécanique en compagnie de Jyoti, professeur de l’école
qui parle le français avec beaucoup d’aisance. Cette école est à l’initiative de Mr le
Foll, député français résidant à Crégy les Meaux. Il a accueilli Jyoti qui a reçu une
formation en France au lycée de mécanique automobile de Coulommiers. L’école
de mécanique de Panauti fut inaugurée en 1997 en présence de Mr Le Foll et de
volontaires qui ont parcouru Paris-Kathmandou par la route dans le but d’équiper
l’école en matériel (moteurs, équipement divers).
Le 11 août, la ville de Bhaktapur a fêté le Gai Jyatra. Cette fête commémore le
souvenir de personnes décédées dans l’année qui vient de s’écouler. A l’attention
d’un membre défunt dans une famille, un totem est réalisé à son intention. C’est
une fête colorée par des totems, des costumes de toute beauté, des chants, des
danses ; bref, un long défilé évoquant une cavalcade. Cette fête rassemble une
foule innombrable de népalais.
Geneviève
Contact MdH : Geneviève Dhainne, tél. 03.21.52.66.59 – e-mail : [email protected]
Le projet KED des étudiants de l’Ecole Centrale de Nantes
Le projet KED (Kathmandu Education Development) est un projet mené depuis 2012 par des étudiants de l’Ecole
Centrale de Nantes. Cette année, deux équipes ont été « coachées » depuis la France par Jos Denis avant sa maladie :
la première équipe (4 étudiants) a réalisé une mission à l’école de Bhaktapur, la seconde (7 étudiants) à l’école de
Bakunde Besi. Voici le résumé de ces deux missions. Grand merci à tous !
Aide à l’autofinancement de l’école Saraswati Pathshala
(Bhaktapur) – Résumé de Vincent Yameogo
C’est avec le projet Kathmandu Education Développement (KED) dont nous faisons parti à l’Ecole Centrale de Nantes que nous
sommes partis au Népal durant tout le mois de juillet. Le but premier de notre venue était de faire évoluer la situation de l’Ecole
Saraswati Pathshala de Bhaktapur en termes d’autofinancement et d’indépendance, celle-ci étant actuellement financée par
l’association, des sponsors et des dons. Pour cela, nous avons cherché à développer des produits basés sur l’originalité et le
recyclage, et donc dotés d’un pouvoir à la vente important :
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des figurines illusionnistes en papier à l’effigie de dinosaures et de Dieux Hindous pliées
de telle manière qu’on a l’impression qu’elles nous suivent du regard. Leur réalisation
sur du papier Lokta permettra d’ajouter une touche atypique face aux clients touristes,
qui pourraient en acheter du fait de son originalité et son authenticité. Nous avons
réalisé des prototypes en classe, les élèves les plus doués pourront donc en reproduire
et enseigner leur production aux parents qui se chargeront de les vendre ;

des figurines d’animaux réalisées avec des tongs (claquettes), que l’on peut trouver
jonchant les sols et les rivières en masse au Népal. Elles sont constituées d’une sorte de
mousse qu’on a pu réussir (à l’aide d’un sculpteur rencontré par l’intermédiaire
d’Indra), en les assemblant dans un premier temps, à sculpter ensuite pour obtenir des
formes souhaitées. Cependant nous nous sommes rendu compte que ce matériau était
difficile à manipuler de façon propre et nette, et que les parents seraient dans
l’incapacité de produire ces objets sans les outils appropriés d’un sculpteur.
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En plus de ce projet d’autofinancement, nous avons donné des cours de géographie et de sciences aux classes 4, 5, 6 et 7 afin
d’éveiller chez les plus jeunes une curiosité scientifique et d’aborder de nouveaux concepts chez les plus âgés. Il s’en est suivi des
discussions et des échanges sur nos cultures et vies différentes. Cette partie humaine nous a vraiment changés.
Cours de sciences : On nous a demandé de donner à des classes de niveau 6 et 7 (soit 6ème et 5ème dans le système français) des
cours de sciences, en anglais. Nous étions libres sur le sujet et la forme des cours, le but principal étant de leur montrer des
expériences. En effet, l'association déplore que les cours de sciences soient trop théoriques. Pendant l'année scolaire, nous avons
donc préparé les différentes expériences que nous leur avons montrées, chacune suivie d'une explication, dans différents thèmes de
la physique et de la chimie :
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réalisation d'une boussole, lignes de champ avec un aimant et de la limaille de fer pour l'électromagnétisme ;
diverses expériences avec des objets qui flottent et coulent dans l'eau pour la poussée d'Archimède ;
expériences visuelles avec une pièce dans un ballon pour l'optique ;
expériences chimiques avec changements de couleur pour l'oxydo-réduction ;
diverses expériences dont le but était de réaliser des bilans de forces.
Nous avons acheté le matériel dont nous avions besoin à Kathmandu et avons tout laissé sur place. Nous avions tous les jours un
cours d'environ une heure avec chaque classe. Les élèves étaient très réceptifs, mais il était difficile au début de savoir s’ils avaient
ou non compris.
Classes d'anglais : Sur place, la directrice nous a demandé d'effectuer en
plus des classes avec les plus jeunes (classes 4 et 5, âgés de 8 à 12 ans),
dont le but était de converser avec eux en anglais. Les élèves débutent
l'apprentissage de cette langue durant leur classe 3, mais n'ont pas
souvent l'occasion de la pratiquer. Nous avons donc abordé la
géographie, l'hindouisme, les animaux, la famille, les différences
culturelles entre nos pays, etc, le but étant de les faire participer un
maximum.
Aides diverses dans l'école : Dès le premier jour à l'école, nous avons
proposé notre aide car nous avions du temps libre après la fin des cours.
Le dallage de la cour venait d'être refait par le groupe de Strasbourg et il
restait des pierres qui empêchaient les enfants de profiter pleinement de leur nouveau terrain de jeux. La directrice nous a donc
demandé de déplacer ces pierres dans un endroit moins gênant pour les enfants. Ce travail nous a pris beaucoup plus de temps que
nous pensions au départ (une semaine environ).
L'école avait également fait installer des paniers de basket avant notre arrivée. Cependant, aucune personne dans l'école ne savait
jouer! Une fois la cour dégagée, nous avons donc appris les règles aux enfants et organisé un petit tournoi entre les classes.
Enfin, nous avons établi, dans la continuité de ce qui avait été commencé par l’équipe de l’année d’avant, des sondages des familles
dont les enfants sont scolarisés, afin de déterminer lesquelles seraient susceptibles de vouloir travailler, et de déceler celles qui
sont le plus dans le besoin, et suivre les évolutions au fil des années.
Continuation du projet : Nous avons recruté en ce début d'année des EI1 afin de continuer le projet KED. Les cours de sciences
pourront continuer à être donnés. Les projets d'autofinancement sont encore en discussion sur place : cela dépendra aussi
beaucoup de l'investissement des familles. Nous attendons actuellement les retours de nos contacts sur place.
Bilan personnel : En ce qui me concerne, cette expérience humanitaire et
sociale au Népal m'a permis de connaître pour une des premières fois de ma
vie un dépaysement total, de me confronter à une culture différente et par la
même occasion de faire partager la mienne. La soif d’apprendre des enfants à
l’école était frappante, leur curiosité sur l’Europe aussi et ils étaient sans cesse
à la recherche de réponses à des questions qu’ils n’avaient jamais abordées.
J’ai pu à cette occasion me faire une idée personnelle de l’importance de
l’éducation dans les pays moins développés que les nôtres.
Cette expérience m’a ouvert les yeux sur les fréquents problèmes de famille et
de santé que l’on peut trouver dans les pays pauvres. L'enquête avec les
familles de l'école m’a permis de me rendre compte de la situation critique
dans laquelle vit la plupart de la population, en termes de salaire, de logement
et de besoins… et par la même occasion de me remettre en question par
rapport à mes propres besoins. L’impact de ce projet a été très fort et je me
suis senti grandi cette expérience. Nous étions partis pour donner des cours de
sciences et revenons en plus avec une leçon de vie vraiment inoubliable.
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Vincent Yameogo, Alvaro Bernal Perona,
Roberto Xompero, Emmanuelle Camus :
un groupe de jeunes formidables !
Aide à l’école publique de Bhakunde Besi
(juillet 2014)
Mission réalisée par Estelle Stampfli, Hélène Collomb, Fabien Munari, Matthieu Rannou, Simon Delacomptee, Guillaume Renoux
et Manon Debain, voici leur résumé.
Nous nous sommes tous impliqués dans ce projet à peu près pour les même raisons. A notre arrivée à Centrale en première année,
l’année dernière, nous voulions tous nous engager dans une mission humanitaire. Centrale en propose plusieurs mais nous étions
tous très intéressés par la culture asiatique et le fait que KED proposait majoritairement des projets dans des écoles. C’est pourquoi
nous nous sommes naturellement tournés vers une mission au Népal. Les équipes se sont ensuite créées naturellement en fonction
des désirs de chacun.
Le projet : Avant notre départ nous avons travaillé sur deux projets distincts pendant l’année: le premier consistait à aménager un
laboratoire scientifique dans une école de Bakunde-Besi, un village à environ 50km de la capitale, Kathmandu, et la deuxième
mission concernait la construction d’une bibliothèque dans un petit village népalais : Kuch. Le projet à Kuch n’a pas pu se faire cette
année du fait de l’indisponibilité de fonds, malgré nos diverses démarches pour déposer des bourses d’aide à projet, mais ce n’est
que partie remise pour l’année prochaine.
Nous nous sommes donc concentrés sur le projet à Bakunde Besi. Le but de cette mission était d’aménager et ravitailler le
laboratoire de sciences de l’école afin de montrer des expériences aux élèves.
Pour réaliser ce projet et bien comprendre les besoins de l’école de Bakunde Besi nous avions un contact au Népal, M. Bharat Dahal.
C’est un Népalais qui a fait ses études dans l’école de Bakunde Besi. Il a une affaire d’exportation à Kathmandu mais il continue à
être investi dans le développement de son village, et en particulier de l’école. Bharat nous a énormément aidés durant notre séjour,
il nous a initiés à la culture népalaise et a facilité notre travail sur place, en nous aidant au niveau de la communication et des
problèmes que nous avons pu avoir.
Présentation du village et de l'école : Bakunde-Besi est une ville assez conséquente du Népal, située à une cinquantaine de
kilomètres à l’est de la capitale (Kathmandu), à une altitude de 1300 mètres. On y trouve tous les commerces de première nécessité.
Elle possède plusieurs écoles dont celle de Shree Janak dans laquelle nous avons réalisé notre projet. C’est une école publique qui
accueille des élèves âgés d’environ 3 ans à 20 ans. Les élèves sont répartis en différentes classes : de la classe 1 à la classe 12 et il
existe même parfois plusieurs classes du même niveau. Le corps enseignant est composé d’un directeur, d’un conseiller et d’une
quinzaine de professeurs (dont un de sciences et un d’anglais). En plus des bâtiments qui regroupent les salles de classe, le
laboratoire scientifique, la salle de réunion et les bureaux des professeurs, l’école possède une vaste cours de récréation ainsi que
des toilettes.
Le laboratoire : A l’origine, le but de notre projet sur place était donc d’aménager un
laboratoire scientifique dans l’école de Shree Janak à Bakunde-Besi. Le professeur de sciences
nous a expliqué qu’il manquait de matériel pour réaliser certaines expériences devant les
élèves. Nous avons donc débuté en inventoriant tout le matériel présent dans le laboratoire.
Nous nous attendions ensuite à ce qu’il nous fasse la liste du matériel dont il avait besoin pour
réaliser ses expériences. Toutefois, lui s’attendait à ce que nous réalisions cette liste à partir
des livres de sciences des différentes classes (qui étaient en népalais). Nous lui avons donc fait
comprendre qu’il serait difficile pour nous de faire cette liste en raison du problème de la
langue mais aussi de notre ignorance concernant les acquis des élèves. Finalement, nous avons
réalisé cette liste ensemble. Le professeur nous montrait les expériences qui l’intéressaient
dans les exercices des livres et nous tentions de voir si cela était réalisable et avec quel
matériel. Ensuite, nous avons comparé les listes du matériel inventorié et du matériel
nécessaire pour réaliser la liste de courses et évaluer le coût que nous devions communiquer à
La Maison des Himalayas, puis nous nous sommes rendus à Kathmandu pour acheter le
matériel manquant.
Par la suite, nous aurions dû réaliser nous même des expériences devant les élèves de l’école
mais nous avons eu de gros problèmes de délai concernant la réception du matériel.
Finalement, la grande majorité du matériel a été obtenu tardivement et il nous manquait
encore de nombreuses choses pour pouvoir réaliser les expériences prévues. Nous avons donc
été contraints d’abandonner cette partie du projet.
Néanmoins, nous ne sommes pas contentés de déposer le matériel neuf dans le laboratoire.
Nous avons nettoyé le laboratoire et trié tout le matériel. Nous avons jeté le matériel cassé ou
inutilisable puis avons rangé le matériel restant dans des armoires (dont l’une avait été
commandée par nos soins). Nous l’avons trié par catégorie (biologie, optique, électricité…) tout
en précisant sur des étiquettes ce que contenait chaque étagère de façon à ce que le
professeur de sciences puisse trouver rapidement ce dont il avait besoin.
-5-
Le laboratoire, avant et après !
La « rénovation » des salles : Toutefois, nous ne pouvions rester inactifs en attendant la réception du matériel, et avons donc
cherché à apporter notre aide d’une autre façon à l’école. Nous avons interrogé les enseignants pour savoir ce que nous aurions pu
apporter ou améliorer. Mais ils n’avaient pas vraiment d’idée car ils ne voyaient pas ce qui manquait à leur école. Nous avons donc
décidé de prendre des initiatives en proposant des projets comme la construction de cage de football dans la cour de récréation
mais ils s’y sont opposés.
Finalement, nous avons proposé de peindre une fresque dans l’une des salles des petits, idée à laquelle ils ne se sont pas opposés.
Nous avons d’abord voulu nettoyer le mur pour réaliser un travail propre. Or, il se trouve qu’avec de l’eau, de la lessive et une
brosse le changement était assez radical : les murs apparaissaient bien plus propres. Nous en avons donc profité pour nettoyer tous
les murs de la classe ainsi que ceux d’une autre classe de petits.
Concernant la fresque, nous souhaitions faire participer les enfants. Nous avons décidé de les faire déposer les traces de leurs mains
à la peinture sur le mur. Cela nous a amenés à mettre au point une organisation rigoureuse pour éviter que les enfants ne fassent
des traces partout dans l’école avec la peinture ou qu’il ne l’ingère. L’un de nous appliquait donc la peinture sur la main des enfants
puis leur faisait déposer leur trace sur le mur. Deux autres lavaient immédiatement la main de l’enfant tandis qu’un dernier gérait la
file d’attente des enfants et les empêchaient de s’approcher quand ce n’était pas leur tour. Les enfants semblaient assez fiers et le
lendemain ils essayaient de retrouver leur trace sur le mur. Pour compléter la fresque, nous avons peint un arbre et des plantes au
centre. Les professeurs semblaient assez satisfaits du résultat.
Les cours : En plus de notre action dans le laboratoire, nous avons donné des cours aux élèves de l’école. Au cours de notre séjour,
nous avons donc enseigné à des classes de tous niveau les sciences, les mathématiques, la géographie, le français et l’anglais. Alors
que le niveau d’anglais est bon des les petites classes, celui de géographie est relativement mauvais même dans les grandes classes.
Nous avons de plus réalisé avec le professeur de science quelques expériences basiques de chimie en lien avec notre action dans le
laboratoire. De plus, pendant le temps où nous ne travaillions pas au laboratoire, nous avons passé beaucoup de temps avec les
“petits” - les classes II et III. Les cours que nous leur donnions étaient bien sûr moins scolaires et plus basés sur le jeu.
Rencontre avec les enfants de l’orphelinat : En donnant des cours à l’école, nous
avons rencontré des enfants qui habitaient dans l’orphelinat Children’s Home situé
juste à côté de la Guest House où nous étions logés. Ils nous ont demandé d’y passer
après les cours comme l’avaient fait des équipes avant nous. Nous avons pu
rencontrer ceux qui les encadraient (notamment celui qui avait fondé l’orphelinat en
collaboration avec une équipe américaine qui parraine les enfants y habitant) et puis
faire plus ample connaissance avec les enfants, jouer de la musique, jouer au foot et
au basket avec eux. Nous leur avons, un soir, fait de la cuisine française et en retour
ils nous ont invités pour manger népalais et assister à un petit spectacle qu’ils nous
avaient préparé. Cette rencontre, qui n’avait pas été prévue à l’avance a donc plutôt
été une heureuse surprise. Enfin, les enfants nous ont orientés sur un nouveau
projet susceptible de nous intéresser pour l’année prochaine.
Nous avons également pu identifier de nouveaux projets à mener en accord avec la population locale :

à la fin de notre séjour au village, Bharat a évoqué deux projets qu’il souhaiterait réaliser dans l’école : l’aménagement d’un
système pour amener l’eau potable (actuellement stockée dans de grosses cuves, ce qui pose un problème d’hygiène), et
un projet de fermeture de l’école avec une barrière;

nos visites à l’orphelinat nous ont permis de discuter avec son gérant, qui nous a signalé que plusieurs écoles dans la vallée
avaient grandement besoin d’aide, notamment une école nécessitant d’être protégée des crues de la rivière voisine.
Conclusion : La mission qu’on nous avait confiée, à savoir de rénover le laboratoire
de sciences de l’école publique de Bakunde, s’est bien déroulée, grâce au soutien
financier de La maison des Himalayas que nous remercions de nous avoir permis de
la réaliser, en accord avec la demande des professeurs de l’école. Ils ont d’ailleurs
manifesté leur approbation en nous remettant un diplôme nous remerciant d’avoir
bénévolement aidé leur école, au cours d’une cérémonie où tous les élèves étaient
présents et nous ont également remerciés. D’autre part, les initiatives conjointes
que nous avons prises, en nous occupant des classes des plus petits notamment,
ont été plutôt bien accueillies par l’équipe enseignante. Cela nous laisse donc
penser que de nombreux autres projets peuvent être organisés pour améliorer la
vie de l’école et qu’ils seraient bien accueillis. Cette école est publique et les
enfants qui y sont scolarisés sont beaucoup plus pauvres que ceux des écoles
privées. Nous voudrions donc leur donner autant de chances qu’à ceux des écoles
privées en envoyant de nouvelles équipes l’an prochain qui continueraient ce
projet.
-6-
Cérémonie de départ
avec les professeurs de l’école
Juillet 2014 : trois semaines riches de rencontres
en Himalaya indien
Ce mois de juillet 2014 aura été pour Véronique et moi l’occasion d’un tour complet de nos projets en Inde du Nord, voyage
organisé avec l’appui de Dominique Dufau, notre Vice Présidente, qui aura été une guide très précieuse. Merci Domi. De Manali au
Spiti et au Ladakh avant de revenir à Dharamsala en passant par le Cachemire, ce voyage très riche en rencontres et en échanges fût
une superbe occasion de faire le point sur les actions menées avec le soutien de notre association tout en étant à l’écoute de
nouveaux projets possibles.
Ces quelques lignes vous donnent un petit aperçu de notre parcours qui, plus encore que nos précédents séjours, nous a donné
l’envie d’approfondir cette sérénité de la vie himalayenne tout particulièrement au Spiti, ce petit royaume préservé de l’Himalaya
où le temps est comme suspendu dans la plénitude de l’instant présent, porté par la brise qui fait onduler les drapeaux de prière des
gompas, ces monastères pour certains plus que millénaires du toit du monde.
Séjours à Manali puis au Spiti :
Mardi 8 juillet : le matin se lève sur la vallée des dieux et nous arrivons à Manali, grand bourg au pied des contreforts de l’Himalaya,
heureux de retrouver Dominique et notre ami Raju le fondateur de la Manali Model School. Raju nous fait découvrir les travaux
achevés d’agrandissement de l’école et la boutique qu’il vient également d’ouvrir. Le mercredi, à Kullu, en aval de Manali, nous
partageons le travail réalisé par l’équipe soignante et les bénévoles avec les jeunes enfants accueillis au centre Handimachal.
Petite visite au centre Handimachal
Classe des enfants de la communauté rajasthanie
La Manali Model school
Dès le vendredi 11 juillet nous prenons la route du royaume du Spiti et c’est l’ascension du Rotang Pass sur une route toujours aussi
chaotique avec ces camions et bus qui frôlent le ravin à chaque détour de virage en épingle à cheveu, avec ces traversées de
torrents et de passages enneigés à flanc de montagne. De longues heures de route et le col du Kunzum La à 4551 m nous ouvre au
Spiti que nous découvrons, émerveillés par les maisons d’architecture tibétaine. Séjour de trois jours avec hébergement à Kaza,
capitale du Spiti.
Magnifiques monastères ou gompas avec leurs fresques bouddhistes de plus de 1000 ans, anciens sites d’ermitages et gompa de
Tabo en forme de mandala à 35 km de la frontière tibétaine, village de Lahlung et son vieux temple avec une statuaire
impressionnante reprenant l’ensemble du panthéon bouddhiste, échanges sur la méditation avec un vieux moine.. Le Spiti est
véritablement unique. Dankar, avec son ancienne forteresse et son gompa accroché à flanc de falaise nous fait découvrir une vue
plongeante sur les deux vallées des rivières Spiti et Pin qui se rejoignent en ce lieu extraordinaire, faisant alterner paysages arides et
fonds de vallées aux cultures maraichères. Le 14 juillet nous prenons la route de Kibber, gros village situé à 4200 m, puis engageons
à pied la redescente vertigineuse dans la falaise jusqu’au gompa de Kye, où nous dégustons du thé avec les moines, dans la cuisine
du monastère, d’un autre âge. Trois jours au Spiti d’une saveur inégalée et nous reprenons notre route vers cette fois le Ladakh.
Vendeur de shilajit
Dorje et ses amis au col du Kunzum la
Maisons traditionnelles au Spiti
Une surprise nous attend en haut du col du Kunzum où un grand rassemblement a été organisé par les villageois pour l’accueil de
Lochen Tulku, Rimpoche tutélaire de la vallée du Spiti et réincarnation du grand traducteur Rinchen Zangpo. C’est l’occasion pour
nous de faire connaissance avec Dorje et son épouse tibétaine, couple d’enseignants amis de Dominique. Dorje nous présente son
projet d’école au Spiti, école qui permettra de dispenser aux enfants un enseignement traditionnel et porteur de valeurs. Un
nouveau projet possible à étudier par notre association.
-7-
Après une nuit à Keylong, bourg d’étape dans une vallée très encaissée, nous sommes sur cette route de tous les possibles vers le
Ladakh, avec ses successions de cols dépassant les 5000 m : enfin, le col du Taglang La (5328 m) nous fait déboucher sur le royaume
minéral du Ladakh. Au fil de cette route se succèdent camps de nomades, étapes sous tentes parachutes… Avec de nombreuses
rencontres, la plus surprenante étant celle d’un commerçant appartenant à la communauté rajasthanie dont nous scolarisons les
enfants à Manali. Il s’agit d’un vendeur de shilajit, une sorte poussière de charbon agglomérée mais de quoi s’agit-il exactement ?
Récolté dans le creux des roches de l’Himalaya le shilajit est une substance issue de la décomposition de minéraux et végétaux qui a
des propriétés anti-oxydantes importantes. C’est un remède de la médecine traditionnelle ayurvédique…
17, 18 et 19 juillet : séjour au Ladakh
Le 17 est consacré à la visite de Leh, capitale du Ladakh, de ses ruelles pittoresques très riches en commerçants et artisans, de son
fort superbement restauré. Pour autant cette ancienne ville caravanière est aujourd’hui en pleine transformation avec une
ouverture accélérée au monde moderne, ses voitures et sa frénésie d’activités qui sont autant de risques à maitriser pour préserver
les écosystèmes fragiles du Ladakh… Sujet sur lequel nous échangerons avec notre ami Jigmed Namgyal, héritier de l’ancienne
famille royale du Ladakh, que nous retrouvons dans son palais de Stok. Même si sa fonction est aujourd’hui honorifique, Jigmed
contribue par son action à préserver le patrimoine architectural et artistique du Ladakh. Les traditions et l’environnement de ce
petit royaume sont rudement mis à l’épreuve de la modernité : par exemple, la culture des nomades d’altitude est en voie
d’extinction du fait de leur sédentarisation. Il est vrai que les conditions hivernales au Ladakh sont particulièrement précaires mais
entre le confort moderne et les contraintes associées de la vie urbaine, et la liberté de la vie nomade sur les hauts plateaux, le choix
est vraiment difficile.
Depuis le col de Taglang La
Palais royal de Stok
Mr Subhan et Dominique à Leh
Le soir même nous sommes accueillis par Mr Subhan, instituteur de l’école de Dah aujourd’hui en retraite, mais qui continue avec
conviction à gérer les parrainages des enfants de Dah. Visite des grands gompas d’Hemis, de Thikse puis d’Alchi. Sérénité de ces
lieux de méditation où nous nous sentons vraiment dans l’instant présent. Rencontre également avec Alex Lebeuan, fondateur
d’une agence de trek qui s’est bien développée au Ladakh. Alex nous fait visiter la grande maison du collecteur d’impôts qu’il est en
train de rénover à Nimu, et nous donne l’occasion d’échanger avec plusieurs représentants d’associations, dont la Fondation Good
Planet, sur la nécessité de tout faire pour préserver les éco systèmes du Ladakh, car ce pays si rude est en même temps très fragile
et ressent déjà les effet du changement climatique. Nous avons tous en mémoire la catastrophe qui s’est produite il y a maintenant
deux ans au Ladakh avec des torrents de boues qui ont dévasté en quelques minutes une partie importante de la vallée de Leh.
Lamayuru
Hemis
Nouvelles de nos amis les Dardes
Dimanche 20 Juillet : après la visite le matin du gompa de Lamayuru,
nous entrons en pays darde avec l’heureuse surprise d’arriver à Lastang
en plein festival et de découvrir les danses, musiques et surtout les
costumes toujours aussi colorés de nos amis dardes.
En fin d’après midi nous sommes accueillis au village de Dah à la
guesthouse (auberge) tenue par Lundup, Thundup et son épouse. De
surprise en surprise nous y trouvons aussi Jean-Louis Taillefer, auteur
d’un guide très documenté sur le Zanskar et le Ladakh, et Olivier
Falquevert, ethnologue ; l’occasion d’une soirée mémorable où est
évoquée l’histoire de Dah et de son fort où se réfugiaient encore les
familles dans les années 1900.
-8-
Petit étal darde à Leh
Lundup nous parle de son projet de créer un éco musée pour sauvegarder les traditions du village et nous fait visiter le lendemain
matin une vieille maison où il a commencé à rassembler des objets de la cuisine traditionnelle darde. Lundup nous parlera aussi des
confitures d’abricot de Dah qu’il continue de fabriquer avec près de 1.000 pots chaque année vendus dans les restaurants de Leh.
Un tout nouveau four électrique étant arrivé à la guesthouse, nous en profitons pour cuisiner la première tarte aux abricots de
l’auberge… Joli village que celui de Dah, situé dans une oasis de jardins et d’abricotiers en aplomb de l’Indus. Lundi matin nous
visitons la classe de maternelle de Dah et échangeons avec l’institutrice dont le salaire est financé par notre association.
Ancien fort de Dah (maintenant disparu)
Lundup nous parle de son projet d’éco musée
Classe de l’école de Dah
Vers Srinagar puis Dharamsala
Nous prenons la route du Cachemire en changeant littéralement de paysages et de pays pour rentrer dans un monde de culture
musulmane. Mardi 22, découverte de Srinagar qui nous émerveille par ses vieilles maisons en bois, son Dal Lake et ses fameux
« house boats » littéralement « maisons flottantes », un souvenir des Anglais. Peu de touristes encore au Cachemire suite aux
années de tensions qui avaient occasionné un repli des étrangers. De fait nous sommes très convoités par les marchands ambulants
qui sont près à nous vendre des valises de tapis, étoles, et babioles de toutes sortes.
House boat
Dans les ruelles de Srinagar
Maison en bois et briques typique de Srinagar
Visite des jardins moghols et des mosquées. Promenade rafraichissante en barque au fil de l’eau, des oiseaux, des nénuphars et
ème
lotus … Découverte du vieux musée d’histoire de Srinagar où nous replongeons littéralement dans la peau d’un visiteur du 19
siècle avec des collections d’un muséum à la naphtaline, mais très intéressantes, collections qui seront bientôt remises en valeur
dans le nouveau musée en cours de construction.
Jeudi 24 juillet : nous reprenons la route vers Pathankot pour sortir de l’Etat du
Cachemire et rentrer le 25 juillet dans l’Etat d’Himachal Pradesh, avec quelques
difficultés pour notre chauffeur qui a dû lourdement négocier son passage à la frontière
car il ne disposait pas de permis pour rouler en Himachal… Après règlement d’une taxe
démesurée par notre chauffeur, nous reprenons soulagés la route pour arriver vers midi
le 25 juillet à Dharamsala et plus précisément à McLeod Ganj où vit depuis 1959 la
communauté tibétaine qui a suivi le Dalaï Lama en exil. Nous retrouvons cette petite
colline toujours aussi cosmopolite et bruyante littéralement envahie par les 4x4 et les
touristes. Nous faisons un crochet par le bureau de notre ami Pema Tsering du Home
Department pour réaliser un point sur les parrainages d’enfants.
Atelier de couture à McLeod Ganj
Samedi 26 juillet : après une halte au Nyingtob Ling Center qui accueille une école
spécialisée pour handicapés où les jeunes apprennent différentes techniques de
fabrication d’objets artisanaux (c’est ici d’ailleurs que notre jeune darde Spalzes aidée
depuis son enfance par notre association est accueillie et apprend justement l’art des
tangkas), nous arrivons à Chauntra où nous sommes reçus très chaleureusement par
Tenzin Rabga, responsable du bureau de la communauté tibétaine, son équipe et une
partie des familles du village, tous très heureux de notre visite. S’ensuit une avalanche
de katas, écharpes blanches de bienvenue. Un moment très fort de notre voyage,
l’occasion de mesurer l’importance de l’appui apporté par notre association à cette
petite communauté tibétaine.
Accueil chaleureux à Chauntra
-9-
Ces merveilleuses rencontres au fil de notre boucle de trois semaines en Himalaya nous aurons redonné un plein d’énergie, à
partager avec vous tous au sein de notre association, pour poursuivre dans les prochains mois nos actions et notre appui aux projets
en cours ou nouveaux proposés par nos amis de l’Himalaya.
Didier Copin, Président – Tél : 03.28.49.48.97 - e-mail : [email protected]
Handimachal : au coeur de la communauté
(Himachal Pradesh, Inde)
En début d’année 2014, nous vous parlions de notre difficulté à embaucher un orthophoniste indien afin de compléter les services
offerts aux enfants handicapés au sein de l’Unité Handimachal à Kullu. Nous avons été chanceux ! Le jeune Maitrey, originaire
d’Orissa, a rejoint notre équipe début avril : il n’a pratiquement pas d’expérience professionnelle mais possède quand même de
bonnes connaissances théoriques… Mais c’est le seul orthophoniste dans les zones rurales du Nord de l’Himachal Pradesh ! Il nous a
donc fallu compter sur ses capacités d’adaptation, quelque peu mises à rude épreuve par un contexte culturel très différent. A
l’heure où nous publions ce bulletin, cependant, nous avons appris que Maitrey a démissionné pour se rapprocher de sa famille – il
nous faut donc repartir à zéro.
L’équipe permanente indienne, pilotée depuis cet été par Shruti, notre ergothérapeute, s’est
renforcée d’une kinésithérapeute locale, Rekha Thakur, originaire d’un petit village de la
vallée et qui était sans emploi. Nous avons par contre dû nous séparer de Mayur,
kinésithérapeute au sein du programme depuis trois ans, suite à de sérieux problèmes de
professionnalisme et de comportement au sein de l’équipe.
Comme lors des années précédentes, nous avons eu la chance et le plaisir d’accueillir
plusieurs ergothérapeutes bénévoles extraordinaires : Tina Gericke (Grande-Bretagne), Wai
Ming Leong (Singapour) et Jenny Parkes (Australie), tous trois très expérimentés, qui ont su
s’adapter à ces conditions de travail inhabituelles et souvent difficiles, organiser des ateliers
de formation pour notre équipe tout en participant de manière didactique aux séances de
prise en charge des enfants. Nous avons également pu bénéficier de la présence de deux
bénévoles APA françaises, Maïva Nawabi et Floriane Livet, avec un programme d’activités
physiques adaptées dont les résultats ne sont plus à prouver avec tous ces enfants.
Floriane Livet avec les enfants du centre
d’éducation spécialisée de la Day Star
School à Manali, à l’issue d’un jeu de
piste. Merci Floriane !
Pendant la journée de plein air organisée par Shruti et des bénévoles locaux à Solang, pour les enfants de l’Unité Handimachal :
beaucoup de joie et d’excitation pour tout le monde ! photo centrale : Wei Ming Long (avec la casquette),
photo de droite : Meitrey (orthophoniste) et un éducateur spécialisé de la Day Star School
Le nombre de prises en charges a connu une réelle progression en 2014 et bon nombre de parents ont compris la nécessité d’une
régularité dans les séances. Pour d’autres familles, la vie est plus compliquée et nous avons dû, pour le jeune Prakash Thapa, mettre
en place un soutien financier pour sa mère afin qu’elle puisse quitter son travail et accompagner Prakash à l’Unité Handimachal trois
fois par semaine – cet adolescent a maintenant retrouvé un minimum de dignité et semble avoir repris goût à la vie. Pour un autre,
nous remboursons chaque course en bus du domicile à Kullu, la mère ne recevant aucune aide de la part de sa belle-famille.
Notre présence au sein de la communauté locale s’est fortement renforcée :
(1)
l’équipe de thérapeutes a investi et aménagé une salle mise à disposition au sein de l’école Day Star School (notre
partenaire) à Manali, salle équipée en partie avec du matériel de kinésithérapie donné par une association locale. Tous les
jeudis, les enfants « à besoins spécifiques » de l’école et des environs bénéficient à Manali de toute la panoplie de soins
offertes par notre équipe : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, éducation spécialisée et bien sûr activités physiques
adaptées ;
(2)
sous l’impulsion de Tina Gericke, un programme « CBR » (Community-based rehabilitation : rééducation à base
communautaire) a été mis en place à partir du mois de mai : un programme de formation spécifique sur les différents types
de handicap, leur origine et leur prise en charge a été conçu (principalement par Tina, Shruti et Shakuntla, notre éducatrice
spécialisée), cette formation a été dispensée pendant tout un mois à plusieurs jeunes femmes locales dont trois ont été
sélectionnées à l’issue de la formation pour travailler avec l’équipe Handimachal.
- 10 -
Depuis plusieurs mois, nos trois « agents CBR », Savitri, Manisha et Kaushalya, ont chacune la mission de sillonner un
secteur géographique à l’intérieur du district de Kullu afin de rencontrer des familles, des enseignants, identifier les enfants
ayant besoin de soins, les orienter vers l’Unité Handimachal pour cerner les besoins réels, et enfin proposer un programme
de rééducation à domicile, défini par les thérapeutes de l’Unité, gratuitement. Ces trois « agents CBR » reçoivent un minisalaire couvrant leurs frais de déplacement et font un travail remarquable. Les premiers retours reçus des familles sont très
positifs, même si les barrières socio-religieuses très fortes dans la vallée constituent encore un frein dans certains villages.
Nous avons prévu une durée initiale de douze mois pour ce programme très prometteur, qui sera probablement redéfini en
avril prochain, au vu des résultats récoltés et des propositions faites par l’équipe Handimachal ;
Toute la documentation est prête pour la
formation des futures « agents CBR » (mai 2014)
(3)
Remise du diplôme à Kaushalya
par Shruti et Tina
Kaushalya pendant une de ses visites dans une
famille locale
enfin, autre signe très positif, un certain nombre de parents ont décidé de
se fédérer en association afin de faire pression sur les autorités locales pour
obtenir plus de moyens pour leurs enfants et soutenir les efforts de l’équipe
Handimachal.
Tout projet connaît ses bonnes et mauvaises nouvelles… La mauvaise, c’est
l’expatriation début novembre aux Etats-Unis de notre coordinateur local, Benoni,
dans le cadre d’un contrat de recherche en matière d’éducation spécialisée pour une
durée d’un an – une offre qui ne peut se refuser mais qui ne facilite pas du tout la vie
quotidienne du projet ni sa progression vers l’autonomie. La bonne nouvelle, c’est la
mise en place toute récente (enfin !) d’une collaboration avec un médecin
généraliste de l’hôpital de la Mission à Manali, pour le suivi médical des enfants.
Enfin, je tiens à remercier tous les généreux donateurs permettant le financement de
ce programme à peu près unique en Inde. Une mention spéciale pour une ancienne
bénévole, Tori North, qui a réussi à rassembler plus de 1.000 euros au cours d’une
marche solidaire organisée en Grande-Bretagne, ainsi que pour les bénévoles
apportant leur concours dans le développement du programme Handimachal.
Photo de groupe à l’issue de la première réunion
en vue de la création de l’association de parents.
Contact : Dominique Dufau (Tél : 06.79.11.02.23, email : [email protected])
Association Handimachal, 19 rue Roger Bacon, 75017 Paris
Ecole saisonnière des enfants rajasthanis : bientôt la fin
(Himachal Pradesh, Inde)
Dix ans après sa création, le programme de scolarisation des enfants issus de la communauté
nomade rajasthanie, installée à Manali pendant les mois d’été, commence clairement à
porter ses fruits : depuis l’an passé, le processus d’intégration des enfants dans des écoles
locales est en marche, sous l’impulsion de M. Hem Raj Thakur, fondateur de l’école Manali
Model School qui accueille notre programme depuis plusieurs années. Seuls quelques enfants
fréquentent maintenant ce programme, que nous envisageons de clore en 2015 ou 2016,
profitant du mouvement engagé par un certain nombre de familles. Les cours de scolarisation
donnés sous deux tentes du camp seront limités strictement aux jeunes filles et femmes de
cette communauté (hors enfants) afin de ne pas dévier de l’objectif d’intégration des enfants
dans le cursus scolaire national, initialement visé par le programme.
Un grand merci au jeune Calixte Faucon qui a consacré ses quatre mois « d’expérience »
(dans le cadre de ses études d’ingénieur) à la fois aux écoliers de notre programme saisonnier
et à ceux de la Manali Model School.
L’école sous la tente, une tentation
de facilité qui va à l’encontre de
l’intégration.
Contact : Dominique Dufau (Tél : 09.51.70.25.76 ou 06.79.11.02.23, email : [email protected])
Parrainages pour la Manali Model School : Aline Duvicq (Tél : 06.82.56.06.97, email : [email protected] )
- 11 -
Des orphelins dans la tourmente (Himachal Pradesh, Inde)
Dans le cadre des parrainages d’enfants organisés à Manali et dans la vallée de Kullu, nous soutenons plusieurs enfants accueillis
dans des « orphelinats » locaux : la maison pour enfants gérée par une association de commerçants, à Vashisht, et le « children’s
home » de Sudharshana Thakur (association Radha), en aval de Manali. Au mois d’avril, ces deux institutions, ainsi que deux autres
dans le district, ont subi de plein fouet la décision du Gouvernement Indien de faire fermer les institutions incapables de répondre
aux exigences de confort imposées par le Juvenile Justice Act, une loi imposant un certain nombre de critères légaux et matériels
très élevés que la plupart des orphelinats gouvernementaux eux-mêmes sont loin d’atteindre…
La situation n’a pas été simple pour les enfants de moins de 8 ans, qui ont été amenés par les forces de police pour être placés dans
les orphelinats gouvernementaux de la région, à côté de Kullu pour les garçons et à côté de Kangra pour les filles. Il faut savoir que la
plupart de ces enfants ne sont pas réellement orphelins, ils sont souvent placés dans ces « maisons » par un parent en situation de
veuvage ou parce que les parents se séparent et recommencent une nouvelle vie… L’intervention de certaines familles, qui ont signé
des « certificats de placement » officiels en faveur des deux institutions, a permis de rapatrier à Manali la plupart des enfants pour
qu’ils puissent reprendre le cours normal de leur vie. Dans d’autres cas, les enfants ont été réintégrés dans leurs foyers familiaux
respectifs. A l’heure où sont écrites ces lignes, nous apprenons que la petite Kashish, une enfant d’origine népalaise très brillante,
parrainée par notre association, est en route pour Manali : son père, qui n’avait pas donné de nouvelles depuis deux ans, a pu être
contacté à Goa et est de retour dans la vallée.
Nous continuons à accompagner les enfants parrainés dans ces deux « children’s homes », afin de les aider de notre mieux dans la
poursuite de leurs études et dans leur développement, en fonction des contraintes nouvelles imposées.
Contact : Dominique Dufau (Tél : 09.51.70.25.76 ou 06.79.11.02.23, email : [email protected])
Parrainages : Aline Duvicq (Tél : 06.82.56.06.97, email : [email protected] )
Dans notre agenda cette année
27 mars à 20h au Centre d’accueil de Berthen :
Conférence débat avec Indra Prasad - Ecole de Bhaktapur et Népal
Pour connaître le programme de rencontres avec Indra Prasad ailleurs en France :
Tel : 03.21.52.66.59 Geneviève Dhainne, ou sur notre blog : http://maisondeshimalayas.over-blog.com/
11 avril à 18h au siège social à Berthen :
Assemblée Générale
13 et 14 juin à Vincennes :
Participation au Festival culturel du Tibet et de l’Himalaya (à confirmer)
23 août au siège social à Berthen :
Journée de vente d’artisanat
Fin septembre – début octobre :
Soirée Himalaya dans un estaminet en Flandre
Fin novembre à Saint-Jans-Cappel :
Marché de Noël
Gestionnaires de parrainages : nouvelles coordonnées
Kollegal et Monastère de Sera
(parrainages tibétains du Sud de l’Inde) :
Agnès Barbier
[email protected]
4, rue F. d'Arlandes - 62126 Wimille
Tél : 03 21 87 05 96
Villages de Chauntra et Bir, Dharamsala
(parrainages tibétains du Nord de l’Inde):
Chantal et André Poiré
[email protected]
311, route de Godewaersvelde - 59270 Flêtre
Tél : 03 28 40 19 69
Vallées de Kullu-Manali, Lahaul-Spiti, Kinnaur
Zanskar (Himachal Pradesh et Jammu-etCachemire, Inde du Nord) :
Aline Duvicq - [email protected]
Appt. 9, Résidence Molière, 101 boulevard Tourasse,
64000 Pau - Tel : 06 82 56 06 97
Dominique Dufau - [email protected]
19 rue Roger Bacon – 75017 Paris
Tel : 09 51 70 25 76 - 06 79 11 02 23
Villages du peuple Darde au Ladakh
Parrainages et projets
(Jammu-et-Cachemire, Inde du Nord) :
Nelly Gest - [email protected]
20 quai Andrieux - 62100 Calais
Tél : 06 88 58 68 11
Martine Bouteille - [email protected]
167 rue Gambetta - 62100 Calais
Tél / fax : 03 21 97 39 19
Bhaktapur (Népal) : Nouveau gestionnaire :
Pour les parrainages :
Alain Pruvost - [email protected]
41 rue de Valmy – 59100 Roubaix
Tél : 03 20 73 66 06 - 06 15 89 55 29
Pour les projets :
Geneviève Dhainne - [email protected]
43, rue de la Gare - 62840 Laventie
Tél : 03 21 52 66 59 – 06 51 86 65 82
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également utiliser pour faire un don en soutien à l’un de nos projets.
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