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Dernières publications sur le Pays châtelleraudais :
G. SIMMAT, Châtellerault, histoire illustrée de la ville aux XIXe et XXe siècles,
éditions Equinoxe, 2001
A. FROGER , Anecdotes du pays châtelleraudais, Public Media Editions, 2004
J. GAGNAIRE & C. PAULY, Le marquis de Pérusse des Cars, un seigneur en Poitou,
éditions Monthoiron Patrimoine, 2004
Y. MARÉCHAL, Châtellerault d’hier à aujourd’hui, Société des Sciences de Châtellerault 2004
M-C. ALBERT, Châtellerault sous l’Occupation, Geste éditions, 2005
G. MURPHY, Petite histoire de Châtellerault, Geste éditions, 2006
C. PAULY avec la collaboration de J-P. DUBOUT, Châtellerault et son pays, d’églises en châteaux, éditions Sutton, 2006
F. GLAIN, Histoire des Acadiens en Poitou racontée par Papy Théo, T.D.O. éditions, 2007
C. PAULY avec la collaboration de J-P. DUBOUT, Châtellerault et son pays, au fil de l’eau, éditions Sutton, 2007
C. BELSER & J-F MILLET, Châtellerault il y a 100 ans, Patrimoines et Médias, 2008
M. MABILLE & J-L LAMOURAUX, Thuré, histoire d’une mémoire, Geste éditions, 2008
G. MURPHY, Châtellerault d'une rive à l'autre, Geste éditions, 2008
C. PAULY, Châtellerault de A à Z, éditions Sutton, 2008
www.tourisme-chatellerault.fr
Contact :
Communauté d’agglomération du Pays Châtelleraudais,
Hôtel de ville, BP 90619, 86106 CHÂTELLERAULT Cedex
Tel : 05.49.20.30.86 - Fax : 05.49.20.30.05
Prix de vente conseillé : 2,50 €
,l Ar t de Vivre
en Pays Châtelleraudais
1 Musée Auto Moto Vélo
3 Piste cyclable Châtellerault-Loudun
(ligne verte)
3
4 Mini-Port
5 Théâtre gallo-romain
15
1
2
6 Site 732 Moussais la Bataille
16 14
12 16
7 Réserve naturelle de Pinail
8 Ecologia
9 Itinéraire des lieux de mémoire
acadiens
10 Musée et ligne acadienne
4
11 Abbaye de l’Étoile
9
12 Parc Aven’Thuré
13 Parc de loisirs de Crémault
5
14 Parc de loisirs des Petites Minaudières
8
15 Ferme découverte
6
16 Paintball
7
13
10
11
le Pays Châtelleraudais
2 Parcours architectural
Sommaire
p. 2-9
p. 10-13
p. 14-17
p. 18-19
p. 20-23
Direction de publication : J.-P. Abelin
Rédaction : Communauté d’agglomération
du Pays Châtelleraudais,
Service tourisme-patrimoine
Textes : Claudine Pauly.
Tirage : 3000 exemplaires - juin 2009
Conception graphique : T. Montassier
Aquarelles : T. Montassier
Impression : Ouest Impressions Europe
Iconographie :
Musées et Archives de Châtellerault
Cartes postales anciennes :
Jean-Paul Dubout / Claudine Pauly
Photos : clichés Claudine Pauly / Yves-Pierre Veracruz
Pixaile.com
à la Découver te du Châtelleraudais
u n Terroir Gourmand
des Lieux de Rencontres
u n Terri toire de Talents
Talents d , hier e t d , aujourd ,hui
p. 24-27
u n Pays de Légendes e t de Tradi ti ons
p. 28-29
u n Di manche en Pays Châte lleraudais
p. 30-35
le Temps des Jeux
p. 36-37
Notes
Photographies couverture : Arc-en-ciel à Monthoiron cliché Claudine Pauly - Sur le Pinail cliché C. P. - Souvenir de la batellerie cliché Yves-Pierre Veracruz
Dans la campagne châtelleraudaise cliché C. P. - Concert de rue à Châtellerault cliché Y.-P.V.
à la Découver te du Châtelleraudais
Un pays au Charme Incomparable
L’étang de la Petite Aubue à Vouneuil
coll. privée
Le Châtelleraudais est placé entre la Touraine et l’Océan Atlantique et si l’on en croit nos souvenirs
d’écoliers entre les bassins parisien et aquitain. Ici, pas de châteaux grandioses, un environnement peu
spectaculaire, des communes de petite importance, une gastronomie de terroir, des manifestations pour
la plupart méconnues… Comme si le Châtelleraudais n’était qu’une zone de passage où la vie ne s’est
pas fixée.
Pourtant, si vous saviez !
Ce pays est riche.
Riche de paysages et de patrimoine pour qui veut les découvrir.
Riche d’une gastronomie authentique pour qui veut la déguster.
Riche de festivités pour qui veut les fréquenter.
Riche des savoir-faire de ses artisans et de ses artistes.
Riche de ses souvenirs pour qui veut s’y plonger.
Un pays qui, au cours des siècles, a su accueillir jacquets et mariniers et retenir gens du sud et gens de l’est.
Un pays où l’art de vivre se décline avec sagesse et simplicité.
Le clocher de l’église
de Saint-Sauveur
cliché C.P.
Nos forêts offrent, aux amoureux de la nature,
des promenades fort agréables.
Savez-vous que la forêt de Moulière doit son nom aux pierres meulières extraites de son sol argileux
jusqu’au XIXe ? Pénétrez sous les grands chênes et les résineux, marchez à travers les hautes fougères
et laissez-vous imprégner de légendes. Au bord du gouffre du Grand Soubis vous verrez probablement
apparaître un beau cheval noir sans cavalier dont la queue balaie le sol et les naseaux jettent des flammes.
Il vous invitera à monter en selle. Malheur si vous vous laissez prendre : on n’entend plus jamais parler
du cavalier !
Non loin du gouffre, vous découvrirez la tombe de l’enfant. Une légende dramatique raconte que c’est
là que fut enterré un petit berger abattu par un châtelain furieux de ne pas avoir tué de gibier dans sa journée. Mais prenez aussi le temps de l’observation ; la flore extrêmement variée et une vie animale bien
présente sauront vous charmer.
En vous promenant dans la forêt domaniale de Châtellerault, vous serez de suite surpris par le chant des
fauvettes, mésanges et autres sittelles (mais chut, ça se mérite !) Avec un peu de patience, vous verrez
peut-être, dans la haute futaie quelque pic noir et, gîtant dans les noisetiers et les fragons, le turbulent
troglodyte et le placide rouge-gorge. Au printemps, vous admirerez les asphodèles au long cou alors que
les roitelets se laisseront apercevoir dans les résineux. Vous ne pourrez sortir de la forêt sans avoir entendu
chanter les chardonnerets et les bouvreuils.
Le lac vous offrira le spectacle de ses martins-pêcheurs, poules d’eau et bergeronnettes et vous serez surpris, à n’en pas douter, par la présence majestueuse des cygnes se laissant glisser au fil de l’eau.
La Ligue pour la Protection des oiseaux a recensé pas moins de 45 espèces dans cet environnement.
Un pic
coll. privée
Paysage châtelleraudais cliché C. P.
Un concert à Châtellerault cliché Y-P. V.
Le lac de Châtellerault cliché C.P.
2
Le Pinail Pixaile
à la Découver te du Châtelleraudais
3
Anjou
Un terroir au carrefour du Poitou, de la Touraine et de l’Anjou
Touraine
Les paysages et leurs ressources.
Une maison troglodytique cliché C.P.
Province riche, lieu privilégié de passage, le Poitou en général et le Châtelleraudais en particulier n’ont pas
fourni une contribution importante à la gastronomie nationale. Pourtant, dès le XVIe siècle, sa prospérité
frappait les voyageurs, la fertilité du sol permettant aussi bien la polyculture que l’élevage. Au nord, s’élèvent les collines modelées dans le tuffeau, cette craie d’un vert clair lorsqu’elle sort de la carrière qui
devient blanche en séchant. Elle donne des terres d’“aubues” d’un blanc éclatant sous le soleil, couvertes
de cultures avec, çà et là, les vignes du Haut-Poitou. Creusées dans la roche, quelques habitations troglodytiques subsistent encore. Ces collines sont éventrées par les vallées de la Vienne et de l’Envigne où les
cultures maraichères prospèrent de façon remarquable.
Au centre, les larges vallées de la Vienne et du Clain offrent des sols fertiles exploités en céréales.
Quelques belles forêts constituent une incomparable parure à nos paysages. Elles sont assez giboyeuses
pour permettre à la vénerie de s’adonner à ses exploits cynégétiques. Rivières, lacs et étangs attirent, entre
autres, les pêcheurs de truites, brochets, sandres et carpes.
Région de tuffeau
Poitou
Une maison
acadienne
En forêt de Moulière cliché C.P.
Des terres de brande à Vouneuil cliché C.P.
Le val de l’Envigne cliché C.P.
4
La vallée de la Vienne photo Pixaile.com
Des terres de tuffeau à Saint-Sauveur cliché C.P.
entre Vienne
et Clain
Région de brande
L’église de Bonneuil-Matours
T. Montassier
à la Découver te du Châtelleraudais
5
Le Jardin du Directeur (détail)
et la Vienne à Châtellerault
photo pixaile.com
Les jardins et les parcs de la ville
Blottie dans son écrin de verdure, la ville vous offre
quelques lieux enchanteurs.
Le monument à la gloire de la Révolution - Jardin Public
cliché Y.P.V.
Le Petit Poisson et le Pêcheur
Petit poisson deviendra grand,
Pourvu que Dieu lui prête vie ;
Mais le lâcher en attendant,
Je tiens pour moi que c'est folie :
Car de le rattraper il n'est pas trop certain.
Un Carpeau, qui n'était encore que fretin,
Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière.
“Tout fait nombre, dit l'homme en voyant son butin ;
Voilà commencement de chère et de festin :
Mettons-le en notre gibecière.”
Le pauvre Carpillon lui dit en sa manière :
“Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir
Au plus qu'une demi-bouchée.
Laissez-moi carpe devenir :
Je serai par vous repêchée ;
Quelque gros partisan m'achètera bien cher :
Au lieu qu'il vous en faut chercher
Peut-être encore cent de ma taille
Pour faire un plat : quel plat ? croyez-moi, rien qui vaille.
Rien qui vaille ? Eh bien ! soit, repartit le Pêcheur :
Poisson, mon bel ami, qui faites le prêcheur,
Vous irez dans la poêle ; et vous avez beau dire,
Dès ce soir on vous fera frire.”
Le square Gambetta est très caractéristique des jardins publics du
XIXe siècle. Magnolias, séquoias, cèdres, platanes, ginkgo nous offrent la richesse de leurs formes et de leurs couleurs.
Dans la partie ouest, se trouve la pittoresque maison du jardinier, appelée aussi maison du garde, ancienne métairie de style néo-gothique. Elle fut entièrement rénovée en 1898, à l’aide d’une façade
à pans de bois du XVIe siècle provenant d’une maison de la rue
Noire toute proche.
La maison du garde coll. J.-P. Dubout
Dans la partie est, se dresse un monument assez rare pour qu’il soit signalé. En effet, c’est un des rares
monuments de France, inauguré le 14 juillet 1890, commémorant la Révolution de 1789. L’allégorie de
la République créée par Gustave Michel représente une femme guerrière, gardienne de la loi. Elle est placée sur une ancienne réserve d’eau dont on a conservé le grand escalier. A ses pieds, le monument commémoratif de la première guerre mondiale, sculpté en 1926 par Aimé Octobre, est inspiré de l’Antique.
Le parc du Verger, à la sortie ouest de la ville, doit se mériter ! Vous ne le découvrirez qu’après avoir
franchi une épaisse allée de lauriers et de buis. Le château s’offre alors à vos yeux et devant sa façade
s’étale, au milieu de parterres fleuris, le bassin des cygnes qui font la joie des promeneurs.
De très belles allées arborées de chênes, d’ormes, d’érables… vous permettent une balade
agréable dans un cadre privilégié. D’après la tradition
orale, Jean de la Fontaine aurait écrit “Le pêcheur et le
petit poisson” dans ce parc.
Le jardin du Directeur est situé dans l’enceinte de l’ancienne manufacture. Comme
son nom l’indique, il était réservé à l’usage du directeur de l’usine. Idéalement situé au
confluent de la Vienne et de l’Envigne et en bordure d’un petit canal, il est arboré d’arbres
remarquables comme le magnolia, le charme, le sapin d’Espagne...
Le mûrier noir, appartenant à la famille des moracées, est une espèce d'arbre fruitier originaire d'Asie occidentale et d'Amérique du
nord. Il a été introduit et cultivé dans tout le bassin méditerranéen depuis l'Antiquité pour ses fruits, les mûres, qui sont plutôt
délaissés de nos jours.
Le séquoia géant est un conifère de la famille des Taxodiaceae. Son nom, “séquoia”, viendrait du chef indien Sequoyah, inventeur
de l'alphabet cherokee.
Le sophora du Japon, de la famille des légumineuses, se distingue de l'espèce type par son développement beaucoup plus réduit
et surtout son port irrégulier et pleureur qui lui confère beaucoup de charme. Le feuillage est vert foncé brillant.
Les arbres remarquables du Pays Châtelleraudais
Hors de ces jardins et de ces parcs, quelques arbres remarquables attireront votre attention. Nous ne vous
en citerons que quelques uns pour vous laisser le plaisir de la découverte.
Ainsi, à Châtellerault, à l’angle de la rue des Minimes et de l’avenue des Mimosas, un très vieux mûrier
noir, usé par le temps, laisse malgré tout entrevoir sa splendeur passée.
Le séquoia d’Antoigné occupe une grande partie de la place de l’église. Ses dimensions sont surprenantes
: une circonférence de plus de 8 mètres et une hauteur qui atteignait, il y a quelques années, 34 mètres !
Un géant en quelque sorte qui se vante d’avoir plus de
150 ans…
A Colombiers, vous pourrez admirer un superbe sophora pleureur face au porche d’entrée de l’église.
Un Tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l'auras :
L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
Jean de la Fontaine
6
Le château du Verger
cliché C.P.
Les Sophoras pleureurs de Colombiers
Photo C. P.
7
Randonnées découvertes
du Pays châtelleraudais.
Toutes les communes du Châtelleraudais vous proposent des sentiers de randonnées, soit 400 kilomètres
de sentiers pédestres balisés.
Les jardins ouvriers voient le jour en 1936, à l’initiative des Ouvriers Ozanam (du nom d’un disciple
de Saint-Vincent-de-Paul). Destinés à l’origine, aux familles modestes, ils font encore de nos jours le plaisir de ceux qui veulent avoir un petit lopin de paradis pour y promouvoir les valeurs du bien cultiver et
du bien manger : un rêve pour beaucoup de citadins. Pour 75 euros par an, 210 jardiniers respectueux de
Les jardins ouvriers de Piffoux
cliché C.P.
Sur les chemins de randonnée
Sur la réserve du Pinail cliché C.P.
S’il est une région qui peut s’enorgueillir de ses chemins, c’est bien le Châtelleraudais. Chaque commune
propose un ou plusieurs itinéraires soigneusement choisis et ce ne sont pas moins de 350 kilomètres balisés qui sont mis à votre disposition pour découvrir la ville et la campagne de la meilleure manière qui soit.
Cheminez le long de nos rivières, Vienne, Clain, Ozon et Envigne pour entrevoir ce que fut, naguère, la
vie intense de leurs rives. Parcourez les forêts aux senteurs de mousse et de résine ; enfoncez-vous dans
les sous-bois qui explosent du rouge des houx, du jaune des genêts ou du violet des bruyères. Dévalez
les multiples chemins creux et contournez quelque étang, havre de tranquillité. Evadez-vous sur le Pinail,
terre de brande, où l’extraction de la pierre meulière a creusé des milliers de trous transformés en mares
grouillantes d’une vie secrète mais intense.
Attardez-vous devant un vieux four à pain, un pigeonnier, un lavoir, prenez le temps de bavarder, au détour d’un chemin, avec un cheval qui n’attend que votre présence. Et surtout n’oubliez pas de contempler
abbaye, églises, châteaux et belles demeures témoins de l’Histoire de notre pays.
l’environnement se partagent des jardins situés sur les sites de la Bergerie et de Piffoux.
Piffoux que nous vous proposons de découvrir. Ici 80 parcelles de 200 à 400 m2 font la joie des retraités.
En mars, tout est prêt pour accueillir échalotes, petits pois, épinards… alors que les derniers légumes d’hiver se meurent. Les jonquilles et autres narcisses illuminent le paysage. Et si l’on bêche, plante et sème,
on prend aussi le temps de s’arrêter, de se saluer et de discuter avec les collègues et les visiteurs.
GR 10
GR Saint-Jacques
de Compostelle
GR de la Roche-Posay
à l'Atlantique
GRP De Charles Martel
aux Meules du Pinail
GRP de Porche en Porche
Un chemin creux à Availles cliché C.P.
A votre disposition dans les offices de tourisme :
1 carte IGN, 1 topoguide des plus beaux circuits
pédestres :
4 circuits vélos à faire en famille (La Vienne à Vélo, de
Cenon-sur-Vienne à Bonneuil-Matours, La Ligne verte,
Châtellerault - Thuré),
1 carte IGN avec des circuits vélos dans toutes les communes.
Au détour d’un chemin à Senillé
cliché C.P.
Le moulin de Chitré cliché C.P.
8
à la Découver te du Châtelleraudais
9
u nTerroir Gourmand
Le Bombyx du mûrier
Passage d’une rive à l’autre par
le barrage hydroélectrique.
10
La Cataudière
Des innovateurs
La dernière porteuse de lait de Châtellerault
Dans notre région comme dans beaucoup d’autres, les mutations agricoles se
traduisent par une reprise des défrichements, vers 1760, puis par l’apparition
timide de prairies artificielles. Le besoin de terres nouvelles, pour une population rurale en croissance
démographique, encourage le défrichement des terres qui ne sont plus cultivées depuis des générations.
Ces terres de brande sont en fait une lande où croit une épaisse végétation de genêt, d’ajonc, de bruyère
et de fougère pouvant atteindre 3 mètres de haut ! Une rude tâche à laquelle s’attelle le seigneur de Monthoiron, Louis Nicolas de Pérusse des Cars.
Défricher, certes, mais dans de bonnes conditions, avec des gens compétents, des bâtiments fonctionnels,
du matériel performant et des chevaux pour faciliter les labours.
Cultiver ensuite et de façon raisonnée : développer les prairies artificielles, augmenter la production de
céréales, de légumes de fruits, particulièrement de la vigne sur les coteaux de Targé et améliorer les
terres si pauvres par le marnage et le chaulage.
M. de Pérusse consacrera une grande partie de sa vie à ses établissements agricoles.
Grâce à la crème qu’il génère, le lait de vache frais est très apprécié des personnes qui aiment cuisiner
et pâtisser. Mais savez-vous que depuis 1898, les Châtelleraudais peuvent se voir porter à domicile ce
précieux aliment ?
Après deux générations, Francette est la dernière porteuse de lait (on disait autrefois laitière) de la ville.
Deux fois par semaine, elle est attendue de sa clientèle, qui, hélas, n’a plus 20 ans. Quand, pour signaler
son arrivée, elle appuie vigoureusement sur le klaxon, chacun sait qu’elle va leur apporter un rayon de
soleil qui égaiera leur journée.
A 8 h 30 précises, le fourgon chargé de bidons de lait, de fromages, d’œufs et de volailles quitte la ferme
du Paradis. Au loin le quartier d’Ozon s’éveille. La tournée de Francette commence par le “Champ des
Oiseaux” et se termine par Ozon après avoir sillonné entre autres le quartier des Minimes et Antoigné.
A chaque arrêt, un contact chaleureux se poursuit : beaucoup de clients connaissent Francette depuis
près de 35 ans et certains sont devenus ses amis. On prend des nouvelles de la santé, des enfants et petits-enfants, du chien, du jardinage. On discute avec ce monsieur qui fait des jours d’Angles ou avec
cette jeune femme turque qui habite la Plaine depuis sept ans déjà…
Et puis, presqu’accessoirement, Francette, vend ses produits. Mais on sent bien que par
delà la vente c’est le partage avec les autres qui l’intéresse. Quand notre porteuse accepte un petit café, le fourgon reste souvent ouvert et la caisse bien en vue !
12 h 30, la tournée s’achève. La journée n’est pas finie : il faut ranger les invendus, laver le matériel, prendre le temps de déjeuner, faire les comptes… La vie
d’une laitière n’est pas un long fleuve tranquille. Pourtant quand elle repense
à ces longues journées, le visage de Francette s’illumine et elle avoue très simplement : “Qu’est-ce-que j’aime ce métier !”
C’est cela aussi l’art de vivre en Châtelleraudais : le sens de l’accueil et la richesse
des moments partagés.
En 1835, François Millet, sa femme Cora Millet-Robinet et le frère de cette dernière, Stéphane Robinet
chimiste distingué, établirent une magnanerie à la Cataudière, commune d’Availles. Cet élevage de vers
à soie était une innovation. L'exploitation obtint des résultats exceptionnels, Au fil des rapports, la Cataudière est présentée comme la magnanerie modèle de la Vienne. Mme Cora Millet, prit une part active
à l'exploitation. Elle créa même une race “Cora” de son prénom.
Elle fut l’auteur, entre autres, de la “Maison rustique des femmes”. Membre honoraire de la Société
d’Agriculture, Sciences et Arts de Poitiers, en digne émule de Jean-Jacques Rousseau, elle était très attachée à la terre et ne voyait l’émancipation des jeunes femmes que dans l’enseignement agricole :
“Puisse la confiance que les jeunes femmes veulent bien m’accorder
développer en elles le goût des occoll. J.-P. D.
cupations domestiques, si utiles au bien-être, et les détourner du penchant qui les conduit, d’une manière
si fatale pour la paix des familles, vers un goût de luxe et de toilette qui est un des travers de notre époque
et qui entraîne après lui de si fâcheuses conséquences.” écrivait-elle dans son ouvrage paru en 1873.
La porteuse de lait clichés C.P.
coll. J.-P. D.
u n Terroir Gourmand
11
coll. privée
La soupe à l’oseille
Lavez et hachez grossièrement deux bonnes poignées
d’oseille.
Faites doucement revenir
avec du beurre ou du saindoux (gros comme un œuf)
pendant un quart d’heure
environ.
Mouillez avec un litre et
demi d’eau chaude.
Salez.
Ajoutez cinq ou six belles
pommes de terre coupées
en morceaux.
Laissez bouillotter une
bonne demi-heure environ.
Au moment de servir,
liez avec un jaune d’œuf.
Les crêpes dures
Une gastronomie
qualifiée
de “plantureuse”
Elles sont très nombreuses
ces recettes qui, malgré leur
simplicité, ne manquent ni
d’odeur, ni de saveur.
Goûtez donc le pâté de
Pâques, la sauce aux lumas
(entendez escargots !), les
œufs farcis, l’omelette aux
pissenlits, le boudin noir, le
chevreau à l’ail vert, le clafoutis aux cerises, l’incontournable broyé du Poitou,
et ces quelques recettes que
nous vous proposons.
Les fromages du Pays châtelleraudais
Le vignoble du Haut-Poitou
Comme Châtellerault n’est qu’à quelques encablures de la Touraine
coll. J.-P. D.
(Sainte-Maure est à 30 kilomètres), on y produit aussi un excellent fromage
de chèvre. La tradition orale raconte que les Arabes seraient à l’origine du secret de la fabrication de notre
chabichou : chabi viendrait du mot chabli qui signifie chèvre en Arabe !
Mais l’originalité est bien, dans le Châtelleraudais, la fabrication artisanale du fromage de vache. Un des
producteurs a bien voulu nous en confier la recette.
Dans du lait chaud à 25°, on ajoute de la présure et du petit lait. Le mélange doit attendre trente six
heures, surtout sans remuer. Il présente alors une texture assez ferme que l’on verse “à la louche” dans
des moules. Le lendemain, le fromage est retourné, puis salé avec de la cendre. Il doit sécher douze jours
avant d’être emballé, étiqueté puis vendu dans las magasins et sur les marchés.
Il ne vous reste plus qu’à déguster cette spécialité trop peu connue : “la bûchette”.
Et pour accompagner ces fromages ?
A une quinzaine de kilomètres de Châtellerault, on entre dans l’aire d’appellation des vins du
Haut-Poitou. L'histoire de ce vignoble remonte à l'époque gallo-romaine, mais sa renommée commence vraiment au Moyen-âge. Au XIIe siècle, Guillaume, moine de l’abbaye de Vaux, écrivait :
“ Autour de Châtellerault, entre autres choses, il y en a une remarquable, qui peut faire envie aux villes
et aux cités : un cru qu’on peut estimer plus précieux que le vin de Campanie en Italie, avec un goût exquis
et un bouquet délicieux !...”
A la fin du XVIIe siècle, les vins du Haut-Poitou sont paraît-il servis à la Cour d’Angleterre. Excusez du peu !
Malheureusement, en 1880, les vignes sont anéanties par le phylloxera. Petit à petit, le vignoble renaît
de ses cendres. Vin Délimité de Qualité Supérieure, le vin du Haut Poitou s'exporte désormais dans de
nombreux pays du monde. Ce terroir vous offre des vins légers, souples et fruités. Les blancs sont issus
des cépages chardonnay et sauvignon, les rouges et rosés des pinots noir, gamay, cabernet franc et sauvignon.
Le lapin à l’ail
Coupez un arrière de lapin
en morceaux ;
piquez chaque morceau
avec des pointes d’ail.
Mettez dans un plat creux,
puis salez, poivrez et arrosez de vinaigre.
Laissez mariner 24 heures.
Dans une cocotte,
faites dorer les morceaux
de lapin dans du beurre,
puis versez la marinade.
Laissez cuire doucement
pendant une heure
en ajoutant un peu d’eau.
Dans la fromagerie clichés C.P.
12
Un vignoble à Beaumont cliché C.P.
De l’or
dans la Cuisine
De nombreux noyers permettent la production d’huile de
noix : une huile aux qualités
gustatives et alimentaires excellentes.
Depuis trois générations, à
Availles-en-Châtellerault, on
fabrique de l’huile de noix
comme il y a 50 ans. Vous
pourrez assister chez eux à la
transformation de la noix en
huile, produit naturel, sans
aucun additif. Une particularité fort sympathique : de décembre à avril, les gens de la
région apportent ici leurs noix
décortiquées, assistent à la
transformation, et repartent
avec leur huile ! Goûtez cette
huile et vous serez conquis par
ce produit du terroir à la saveur unique.
Dans une terrine, mélangez
une livre de farine, deux
verres de lait tiède, 75
grammes de beurre, une pincée de sel, deux œufs. Ajoutez peu à peu encore une livre
de farine. Etendez la pâte au
rouleau sur un demi-centimètre d’épaisseur. Recouvrez de
copeaux de beurre et repliez.
Recommencez cela deux ou
trois fois, en laissant reposer
la pâte 1/4 d’heure chaque
fois. La dernière fois étendez
la pâte très mince et découpez en carrés, en losanges,
en cercles (en utilisant un
verre renversé). Recouvrez
d’un linge et laissez encore
reposer 1/4 d’heure. Plongez
les crêpes dans l’huile bouillante et laissez gonfler. Mangez chaud, bien sucré.
Le miget (ou migée)
Autrefois à la campagne, par
les grandes chaleurs et surtout au moment des battages, tout le monde
appréciait le miget préparé
par la fermière qui le servait
vers 16 h quand tout le
monde se rassemblait pour
faire “une petite collation”.
Dans un saladier, mettez de
l’eau, quelques morceaux de
sucre et du pain rassis coupé
en morceaux. Laissez tremper au frais. Au moment de
servir, ajoutez 3/4 de litre de
vin rouge bien glacé. Mélangez et servez dans des bols.
Si les jeunes ne connaissent
plus guère cette boisson, les
personnes d’un certain âge
continuent à déguster le
miget par un bel après-midi
d’été.
u n Terroir Gourmand
13
LES DATES
DE MARCHÉS
des Lieux de Rencontres
Bonneuil Ma
tours /
Les marchés
Les halles vers 1890 coll. J.-P. D.
Comptine du petit jardinier
Quand vient l’été
Je voudrais mettre
Dans ma brouette
Beaucoup de fraises
Beaucoup de cerises
Quelques salades
Quelques radis
Mais pas d’épinards
Et pas de courgette
Quand vient l’été
Je voudrais mettre
Dans ma brouette
Beaucoup de pêches
Beaucoup de framboises
Quelques tomates
Quelques carottes
Mais pas de concombre
Et pas de navet
Quand vient l’été
Je voudrais mettre
Dans ma brouette…
14
samedi mati
n
Châtellerault
/
mardi, merc
redi, Jeudi,
samedi
Naintré / d
imanche m
atin
Vouneuil s
ur Vienne
/ jeudi ma
tin
Archigny / ème
3 mardi
du mois
Il est dans la nature des gens de ce pays d’aimer se rencontrer, discuter,
se séparer pour mieux se retrouver.
Fréquentez nos marchés et vous verrez ! Châtellerault accueille
chaque semaine trois marchés, un place des Halles, un à Ozon, un
à Châteauneuf et le jeudi le traditionnel marché sur les promenades Blossac. Les commerçants vous y proposent leurs meilleurs produits et seront toujours
ravis de vous parler de la vie châtelle-raudaise, avec le sourire, bien sûr !
Quelques villages ne sont pas en reste qui proposent aussi leurs rencontres chaleureuses et leurs produits
“vrais” : Archigny, Bonneuil-Matours, Naintré, Thuré, Vouneuil-sur-Vienne. Vouneuil qui, justement,
vous invite à découvrir...
Un marché à l’ancienne
Tous les derniers vendredis du mois, en juin, juillet et août, à la tombée du soleil, la place de la République
de Vouneuil s’anime. Les exposants étalent leurs spécialités régionales ; un repas en plein air vous est
proposé à un prix défiant toute concurrence avec, cerise sur le gâteau, un spectacle musical qui ravit le
public toujours très nombreux.
Mais cette commune a une autre particularité. Rappelez-vous… 732 :
Charles Martel bat les Arabes près de Moussais, hameau proche de
Vouneuil. Selon la tradition, les Arabes avaient dans leurs poches des
noyaux d’abricots. Ils seraient ainsi à l’origine de l’arrivée de l’abricotier dans notre région ! Plus sérieusement, l’alberge de Montgamé
est apparu vers 1765. Il donne des fruits parfumés, très recherchés pour
les confitures. Jadis chaque petit propriétaire faisait pousser des abricotiers sur son lopin de terre. Des charrettes à âne prenaient livraison de
cageots pour les expédier à Poitiers ou à Châtellerault. Au mois d’août se tenait une grande assemblée où,
de toute la région, on venait déguster les fameux abricots. Aujourd’hui, si la fête a disparu, un producteur
de fruits offre toujours à la vente les abricots de Montgamé.
Gravissez donc les coteaux du village au mois d’avril quand les fleurs habillent les vergers. Un plaisir
pour les yeux en attendant celui des papilles.
Les foires
A Naintré, quand le printemps pointe son nez, c’est la
foire au boudin... et ce, depuis 37 ans ! Haute en couleurs, elle fait partie
des incontournables rendez-vous châtelleraudais (entre 10000 et 15000 visiteurs).
Commencée dès le samedi matin avec de nombreuses animations, elle se termine
le dimanche, tard dans la soirée. Plus de 120 stands accueillent les visiteurs.
Mais le clou du week-end, c’est assurément le concours du plus rapide dévoreur
de boudin sous l’œil du cochon, maître des lieux qui daigne parfois tourner son regard vers le vôtre…
En mai, sous le regard de l’église Saint-Ambroise de Monthoiron, depuis 1980, les producteurs de nombreuses régions viticoles, Haut-Poitou, Muscadet, Bordelais, Pays de Loire, Champagne, Cognac, Bourgogne, Roussillon… vous accueillent avec beaucoup de compétence et de cordialité. Le week-end est
marqué par quelques intronisations et le concours du plus gros mangeur d’huîtres. Il est dans la coutume
de préciser que cette foire est toujours “bien arrosée” puisqu’accompagnée, très régulièrement, d’averses
qui ne font pas oublier que la convivialité est toujours au rendez-vous.
Chaque 15 août, la foire aux ânes d'Availles-en-Châtellerault reçoit un nombre impressionnant d’exposants et de visiteurs. La journée débute avec la foire aux ânes suivie du très joyeux baptême des ânons.
L’après-midi, vous ne manquerez pas de miser sur les différentes courses : montées, sulkies, obstacles
et courses féminines. Ces joyeuses équipées font la joie des spectateurs tant il est difficile de tenir en selle.
Depuis 32 ans, le succès ne s’est jamais démenti.
Il ne vous faut, sous aucun prétexte, manquer “la foire internationale” de l’ail à Targé, le premier dimanche d’octobre. L’ail, presqu’un symbole : quand il est mûr, on le fête, quand il est vert, on lui fait la
fête. Sur la butte, depuis 24 ans, on célèbre l’ail et ses vertus. Sous les stands, se prélassent oignons
rouges, jaunes et blancs, ails violets et roses, échalotes… en tresse, en vrac… Les odeurs de charcuterie
et de fromages se mêlent à celles des marrons grillés et des chichis. De quoi flatter vos papilles jusqu’à
l’année prochaine.
La foire aux ânes cliché C.P.
Le Baudet du Poitou
Originaire de l’ouest de la France, l’âne du Poitou, dont le
mâle est appelé baudet et le petit, fedon, est de un animal
de grande taille, qui pèse environ 400 kg. Ce qui retient
assurément l’attention la couleur de la robe, sa longueur
et la fourrure constituée de longs poils bruns frisés et cotonneux. Le baudet du Poitou est la plus ancienne race
d'âne de France puisque des traces formelles existent dès
le Moyen Age. Cette race fut surtout utilisée pour la production de mulets, par croisement avec la jument mulassière poitevine. Mais cette activité qui fut florissante
jusqu'au XIXe siècle a quasiment disparu. Le baudet du
Poitou a failli disparaître de son berceau d'origine après
le Seconde Guerre mondiale. Fort heureusement, vers
1980 un plan de sauvegarde a été mis en œuvre.
Intronisation par la confrérie
des “Tire-Douzils”
coll. privée
des Lieux de Rencontres
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Quelques manifestations
Jazzellerault cliché Y-P. V.
Elles sont très nombreuses tout au long de l’année, tant à Châtellerault que dans les communes de l’agglomération : Eté châtelleraudais, Festival de jazz, Déliriades, Petit Tintamarre d’Archigny, Eco-festival
de Senillé, Automne musical, Marché de Noël…
L’Eté châtelleraudais présente, de juin à septembre, spectacles, expositions, visites, conférences, concerts
dans toutes les communes de l’agglomération. C’est à coup sûr le point fort des animations du Châtellerault, à déguster “sans modération”.
Le festival Jazzellerault, est le rendez-vous phare de la ville. Au mois de juin, depuis seize ans, il accueille une palette d’artistes de renommée internationale : Richard Galliano, Michel Petrucciani, Dee Dee
Bridgewater, Didier Lockwood pour ne citer qu’eux. Pendant une semaine le Châtelleraudais vit au rythme du jazz et nous ne pouvons que vous inviter à venir dans notre pays “Quand le jazz est là” !
Les Fous volants organisent en juillet les Déliriades, une manifestation populaire, avec une course de
voitures à pédales ! Vous pouvez construire vous-même votre voiture, si possible la plus “délirante” et
même participer à la course. La fanfare burlesque des nouveaux bigophoneux accompagne cette journée
placée sous le signe du rire et de la fête.
Chaque dernier week-end de juillet, c’est la fête à Domine. Ah, vous ne connaissez pas Domine… c’est
un charmant petit hameau, dépendant de Naintré. Niché dans la verdure, il fut le berceau de la coutellerie
châtelleraudaise au XIXe siècle. Ses assemblées étaient renommées et l’on venait de loin pour boire un
petit verre dans les auberges. Aujourd’hui, concours de pêche, vélos fleuris et surtout concours de peintres
sur les rives du Clain animent pour quelques heures ce calme village naguère si fréquenté.
Le 15 août, depuis 25 ans, les Cousins Acadiens honorent la fête nationale des Acadiens en organisant
leur petit tintamarre, à Archigny : le matin, la messe mariale à l’abbaye de l’Etoile puis, près du musée,
le pique-nique. Après ce moment on ne peut plus sympathique c’est l’heure de la kermesse et du concert.
Un concert toujours très attendu avec la participation de musiciens canadiens, québécois. Il faut savoir
que chaque année près de 3000 personnes se retrouvent en ce lieu historique.
Concours de peinture coll. privée
A Senillé, l'éco-festival de La Garenne est organisé fin août. Une belle idée au carrefour du patrimoine
et de l’écologie : patrimoine puisque l’association organisatrice a restauré un puits et un four à pain,
vedette de la fête… Ecologie puisque de nombreux produits liés au respect de l’environnement et au
développement durable y sont présentés. Le pique-nique de midi vous permettra de déjeuner “bio” avec
des produits achetés sur place.
Amateurs de musique classique et baroque, ne boudez pas votre plaisir quand l’automne se fait musical !
Pendant plusieurs jours, dans des lieux publics ou privés, des artistes, quelquefois très jeunes, vous proposent des récitals de musique et de chant d’une qualité exceptionnelle. Châtellerault, ville qui vit naître
Clément Janequin, cultive toujours l’amour du Beau.
Autour du four coll. privée
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Les Bigophoneux cliché P.-Y. V.
SEPTEMBRE
• Foire Exposition
• Fête des vieux métiers
à Thuré
OCTOBRE
• Foire à l'ail de Targé
• Festival du chocolat
à Châtellerault
Si vous souhaitez rencontrer le Père Noël, n’hésitez pas à vous rendre à Châtellerault où depuis plusieurs
années, des chalets en bois, présentant le savoir-faire artisanal, investissent l’esplanade François Mitterrand. Dans le cœur de la cité, les boutiques offrent leurs plus belles vitrines. Quelques jours de fête
appréciés des petits et des grands.
La fête des Acadiens coll. privée
ALMANACH
MARS
• Foire aux boudins
à Naintré
MAI
• Foire aux vins
à Monthoiron
JUIN
• Rêve de Jardins
à Châtellerault
• Jazzellerault
JUILLET-AOÛT
• Été châtellerdauais
• Eco-festival
à Senillé,
(dernier week end)
AOÛT
• Foire aux ânes à
Availles-en-Châtellerault
• Le petit tintamarre des
Acadiens à Archigny
• Festival des Claviers
à Bonneuil-Matours
NOVEMBRE
• Automne Musical
Graines de cacao
DÉCEMBRE
• La magie de Noël
à Châtellerault
• Salon des
Métiers d'Art
des Lieux de Rencontres
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Les savoir-faire d’hier
u nTerri toire de Talents
Des hommes de lettres,
Bien sûr, il y a René Descartes qui, étant enfant, passait ses vacances chez ses grands-parents châtelleraudais, dans leur maison située rue Bourbon. C’était bien avant “Le discours de la méthode” !
Inauguration du musée Descartes
en 1930
© Archives municipales de Châtellerault
Aimé Octobre devant ses œuvres
cliché de Ch. Arambourou A.M.C.
Mais il y a aussi Maurice Fombeure qui a vécu à Bonneuil-Matours où il est enterré. Ce romancier-poète
a toujours revendiqué son appartenance provinciale. Ses écrits, hauts en couleur, sont souvent ancrés dans
le terroir.
“L’église n’est séparée de la rivière que par l’étroit jardin du curé. Elle trempe dans l’eau. Elle s’étire
jusqu’à l’écluse ; en aval, on voit tourner l’ombre de ses hirondelles. Puis elles s’engouffrent à grands
cris dans le clocher et l’église reste seule sur l’eau, blanche et grise de l’aube à midi, puis rose, puis grise,
puis noire. Les poissons nagent à l’ombre des cloches. Caresses des carpes sur les harpes d’eau. Plus
bas, la roue à aubes du moulin déchire des fils d’eau et de soleil.” (extrait de “La rivière aux oies ”)
Et il y a encore Maurice Bedel, romancier, essayiste et journaliste, qui choisit de terminer sa vie, dans
“ sa maison des champs” de la Génauraie, à Thuré. Deux essais “Géographie de mille hectares” et “Histoire de mille hectares” sont de véritables petits chefs-d‘œuvre où il chante le pays châtelleraudais.
“Le forgeron de mon village est un poète. Aujourd'hui éloigné par les ans de son enclume et de son marteau, il habite les restes d'une ancienne abbaye dont on retrouve de beaux morceaux de voûte et des arcs
d'ogive. Il y coule une existence partagée entre la culture de son potager et le commerce des Muses...
Mais son talent se fixe surtout dans la poésie. Je le trouve souvent assis dans son jardin, sous une gloriette
fleurie de capucines et de volubilis. Un crayon à la main, un papier sur les genoux, il écrit.” (extrait de
“La Touraine”).
Des artistes,
Après une brève carrière de peintre, Rodolphe Salis, né dans la rue GaudeauLerpinière, fonde “ Le Cabaret du Chat Noir”, à Montmartre. Puis il organise
des tournées où il présente son théâtre d’ombre. Après une vie trépidante, il se
retire, en 1892, dans son château de la Tour de Naintré.
Sculpteur né en 1868 à Angles-sur-l’Anglin, Aimé Octobre est pourvu tout au
long de sa carrière de commandes officielles. Les musées de Tours et de Châtellerault conservent plusieurs de ses peintures et sculptures.
Maurice Bedel coll. privée
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Henri Doucet dessinateur-peintre né à Pleumartin en 1883, est issu d’une famille d’ouvriers et de paysans. Il montre très tôt un don
certain pour le dessin et se fait remarquer, à
Paris, par le peintre Gérôme qui l’admet dans
son atelier. Pour régulariser sa situation, il doit
passer le concours d’entrée de l’École. Sa
place de second lui vaut une bourse de la ville
de Châtellerault. Plusieurs de ses tableaux se
trouvent au musée de la ville.
Né à Châtellerault, Ernest Génault est le fils d’un mercier. Après avoir été élève du collège de la ville,
il suit les cours d’une école de commerce. Devenu dessinateur vers 1911, il part à Paris puis revient, en
1941, résider rue des Trois-Pigeons. Il est surtout connu pour ses caricatures.
Clément Janequin nait à Châtellerault, vers 1485. On trouve une preuve de son appartenance à cette
ville dans un acte du 20 août 1549, conservé aux archives du Châtelet de Paris. D’abord choriste à la
maîtrise de la ville, il entre ensuite au service de Louis de Ronsard, père du célèbre poète, avec lequel
il aurait pris part à la bataille de Marignan inspiratrice d'une de ses plus célèbres chansons.
Charles Arambourou, fils de réfugiés basques, est recensé à Châtellerault en 1881. Il a, dit-on, photographié “tous les habitants de la ville et des environs.” A partir de 1905, il s’intéresse davantage aux
évènements : fêtes, courses, scènes de la vie quotidienne… Il se déplace alors
en carriole ou à vélo. C’est un précurseur et l’arrivée du cinéma ne peut le laisser indifférent. Tout d’abord projectionniste, il devient ensuite cinéaste et
filme “La terrasse du café Blanchard” et “La crue de la Vienne à Châteauneuf”. Après sa mort en 1919, son fils Eugène lui succède et maintient pendant de longues années, la qualité de la maison Arambourou.
Maurice Thomas, né à Châtellerault en 1881, s’intéresse également à la photographie. Il a pris, en amateur, de nombreux clichés sur la vie quotidienne à
Châtellerault et dans les environs, ce qui lui a valu d’être honoré, en 1933,
d’une médaille de bronze décernée par la ville de Châtellerault.
dessin d’Ernest Génault
© AMC
Dès le XIe siècle, les meuniers s’activent dans les
moulins à eau pour produire une farine qui, si elle
n’a pas la pureté de celle d’aujourd’hui, permet
malgré tout la subsistance des habitants.
A la fin du XIXe siècle, de nombreux moulins se
reconvertissent en coutelleries et la compétence
des ouvriers couteliers est reconnue. C’est d’ailleurs l’une des raisons du choix de Châtellerault
pour y installer une manufacture d’armes dès
1819.
Savez-vous que les horlogers “maîtres-orfèvres”,
souvent protestants, ont dû quitter la ville après la
révocation de l’Edit de Nantes et sont allés exercer
leur art à l’étranger ? Grâce à nos rivières, un nombre impressionnant de métiers se développe. Dans
les quartiers du port de Châtellerault, vit une importante communauté de mariniers (ô combien habile !) jusqu’à la fin du XIXe siècle, époque à
laquelle la Vienne cesse d’être navigable. Les tanneurs sont nombreux en amont du pont Henri IV :
huit tanneries sont
recensées en 1830.
Sur les rives de
l’Envigne, entre Colombiers et Thuré, la
culture du lin et du
chanvre, très développée, cesse vers
1940.
La coutelière
cliché de C. Arambourou
© coll. André Chêne A.M.C.
u n Terri toire de Talents
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,
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Talents d hier e t d aujourd hui
A la fin du XIXe siècle, le vélocipède se diffuse rapidement en France et, à Châtellerault, son succès ne s’est jamais démenti. Un premier vélodrome est bâti en 1896. Un cycliste châtelleraudais, Edouard Gemelh s’y fait rapidement remarquer. La “petite reine” conquiert toute une population d’ouvriers, surtout ceux de la manu. Certains mécaniciens de
formation industrielle pointue se décident à ouvrir des ateliers indépendants spécialisés dans la création et le montage
de cycles : c’est le cas d’Auguste Sutter dont la première bicyclette sort des ateliers de Châteauneuf en 1897.
des Chercheurs,
Les savoir-faire d’hier
suite
Il faudrait aussi citer l’excellent travail des plumeuses d’oies qui ont fait,
un temps, la renommée de
la ville célèbre pour ses
houppettes en “plumes de
cygne”…
les scieurs
et les ébénistes…
les couturières,
les brodeuses
et les dentelières…
et nous n’aurions pas encore fini tant le savoir-faire
châtelleraudais, reconnu
depuis fort longtemps, est
impressionnant.
Camille Guérin, médecin-vétérinaire et biologiste
est né à Poitiers en 1872. Il passe une grande partie
de son enfance à Châtellerault et fréquente le collège de la ville. Il est surtout connu pour être co-inventeur avec Albert Calmette de la méthode de
vaccination préventive contre la tuberculose par le
BCG, Pendant ses vacances, il séjourne dans sa
maison de Chabonne, à Vouneuil. Le professeur
Guérin est mort à Paris en 1961.
Luc Montagnier passe une partie de son enfance à
Châtellerault, ses parents habitant dans le quartier
de la gare. C’est un surdoué : il obtient une dispense
d’âge pour entrer au collège René Descartes. Il suit
ensuite des études de médecine à Poitiers, puis à
Paris en 1953. Après des études brillantes, il travaille à l’Institut Pasteur. Devenu médecin virologiste, Luc Montagnier et son équipe isolent, en
1983, le VIH-1. À compter de cette découverte, il
choisit de se consacrer entièrement à la recherche
sur le sida.
Les frères Georget
© Musées de Châtellerault
Des cyclistes.
Certains coureurs ne vont pas tarder à connaître la gloire..
Camille Guérin coll. privée
Une des pages des livres d’or
de la ville de Châtellerault
© A.M.C.
Réception d’Emile Georget
à la gare de Châtellerault
en 1912
© coll. André Chêne A.M.C.
Les Georget… un trio de coureurs cyclistes, un trio de champions châtelleraudais !
Léon Georget, né en 1879, est le héros du Bol d’Or. Dans cette épreuve cycliste sur piste, il fallait parcourir le maximum de kilomètres en 24 heures. Entre 1903 et 1919, Léon finit onze fois vainqueur ; il
dépasse régulièrement les 900 km par course ! Un de ses meilleurs souvenirs est probablement, lors du
Tour de France 1906, lorsqu’il finit huitième et son frère cinquième : Émile et Léon étant alors les premiers frères à terminer le Tour.
Emile, son frère, né en 1881, a aussi un palmarès impressionnant ; champion de France sur route, deux
fois vainqueur de Bordeaux-Paris en 1910 et 1912, vainqueur de neuf étapes du Tour de France… En
1911, il termine troisième du classement général et surtout premier vainqueur du col du Galibier. Emile
est également redoutable sur piste. Il remporte notamment les six jours de Toulouse avec son frère Léon.
Quant à Pierre, fils de Léon, spécialiste de la piste, il est médaille d’argent de vitesse, sur 1000 mètres,
aux Jeux Olympiques de Berlin et médaille de bronze de tandem. Deuxième des championnats du monde
à Copenhague, il est également vainqueur trois fois au Vel d’Hiv en 1936.
Et si les frères Georget avaient trouvé leurs successeurs ? Sylvain Chavanel est né en 1979 à
Châtellerault. Depuis 2000, le palmarès de “Mimosa” (surnom de Sylvain dans le monde du cyclisme) est assez étonnant. Il a été porteur du
maillot à pois lors de sa participation au Tour de
France 2007 et s’est payé le luxe d’une victoire
d’étape dans le tour de France 2008.
Son frère cadet Sébastien, châtelleraudais luiaussi, est également coureur. Si son palmarès est
moins étoffé que celui de son ainé, on devine
pourtant déjà un profil de vainqueur.
Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire du vélo, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller visiter
le musée Auto Moto Vélo. Là, les plus beaux exemplaires vous seront dévoilés.
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Talents d hier e t d aujourd hui
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Des artistes
Jean Chaintrier,
dans son atelier
cliché © Gérard Barrin
Aujourd’hui encore, quelques professionnels châtelleraudais proposent des expositions de très haute
qualité. Jean Chaintrier, formé à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs à Paris, fait partie de
ces peintres incontournables qui réussissent à créer “un univers étrange et énigmatique où la peinture devient une poésie du visible”. Sa dernière exposition, à Châtellerault, a permis de découvrir ses dernières
œuvres d’une épure totale.
Des sculpteurs connaissent actuellement une grande notoriété. Francis Guyot après avoir créé d’étranges
personnages de bois, soigneusement rabotés, colorés, cirés, s’est plongé dans le colossal projet de “La
Main Jaune” une œuvre de 25 mètres de haut et 6 mètres de diamètre.
Jacques Brouail s’est consacré au dessin et à la peinture avant de se passionner pour le travail du fer au
Moyen-âge. Il recherche alors à retracer avec son marteau et son enclume l'art de la ferronnerie. Ce cheminement le conduit vers la sculpture en tôle d'acier colorée à la flamme et fusion de cuivre, à qui il donne
toutes formes, tout en lui gardant élan et pureté.
Jacques Brouail est également médailleur de la Monnaie de Paris.
On ne peut citer tous les prix obtenus par le pianiste Jean-Claude Pennetier tant ils sont nombreux. En
2004, les Pennetier père, mère et fils furent réunis pour la première fois en concert. Après des tournées
aux Etats-Unis, les Pennetier se sont produit, dans leur ville, pendant l’Automne Musical, en 2006.
Des artisans d’art
Atelier du vitrail “au chant du diamant”
Isabelle CONSTANT de l’Atelier du Vitrail propose au public : la création de vitraux personnalisés,
la restauration et l’intégration des anciens vitraux, la création d’objets personnalisés, de cadeaux et de
trophées, le relookage de mobilier, la vente et la découpe de verre, des stages d’initiation au vitrail.
Atelier les Métives
Françoise PARE-DAVIAUD, artisan Encadreur, Ornemaniste
Dans l’atelier Les Métives œuvre un artisan au service de l’art à la recherche constante de l’harmonie
entre la rigueur de l’encadreur et la légèreté d’exécution de l’aquarelliste. Françoise Paré-Daviaud crée
des pièces uniques autour des sujets qui lui sont confiés : gravures, dessins, textiles, …
Coutelier d’Art
Monsieur Richard exerce un des plus vieux métiers du monde. La fabrication de ses couteaux “léopard”, fabriqués entièrement à la main, Couteaux “Léopard” sont en corne, en os, en bois… Possibilité
de fabrication en lame de damas sur commande. Les étuis sont en cuir naturel, teintés à la demande et
la couture est entièrement réalisée manuellement.
Jacques Brouail présente
sa dernière création
cliché C.P.
Une des pages du livre d’or
de la ville de Châtellerault
© A.M.C.
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Talents d hier e t d aujourd hui
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u n pays de Légendes e t de Tradi ti ons
La Vierge de l’Assomption
à Monthoiron
cliché C.P.
Légendes et merveilleux
Sur la colline de la Grande-Narbonne à Senillé, se trouvent les restes du dolmen de Puy-Livert. Il se raconte
qu’un jour, un nommé Sanson, personnage de taille gigantesque, s’amusait à jouer au palet au-dessus du
petit ruisseau avec une autre personne tout aussi phénoménale. Les énormes palets jetés ne tardèrent pas à
composer ce mégalithe. Ces joueurs de palet, ne peuvent manquer de faire penser à Gargantua.
Extrait de la brochure “Senillé au fil des ans”
Près de la source
Saint-Pissou, à Cenon
cliché C.P.
Le souterrain-refuge le mieux conservé du département serpente sous le hameau de Prinçay, dans la
commune d’Availles en Châtellerault Autrefois, les villageois descendaient dans le souterrain et se regroupaient dans la “salle des veillées” pour y passer les soirées d’hiver.
Un soir… “Marinette racontait l’aventure arrivée à quelqu’un de sa connaissance. Tout à coup un bruit
terrifiant retentit, les chandelles s’éteignirent, des miaulements sinistres se firent entendre. A moitié
morts de peur, les gens s’étaient blottis les uns contre les autres et n’osaient bouger. Revenue de sa stupeur, Marinette ralluma son lumignon et vit près de la galerie venant de la seconde salle, dans une niche,
un nain affreux, noir et grimaçant qui la fixait, les yeux pleins de rage. Elle se redressa, fit face au monstre et traça sur lui un grand signe de croix. Immédiatement, en poussant un cri affreux, le fadet disparut
par une cheminée d’aération, laissant derrière lui une abominable odeur de soufre. Tout le monde quitta
les lieux précipitamment, mais les hommes retournèrent au souterrain armés jusqu’aux dents. Ils ne trouvèrent point de fadets. Seule persistait l’odeur du soufre, comme si Satan était passé par là !”
Jadis, dans l’église Saint-Pierre de Cenon, se trouvaient les statues des saints Côme et Damien. Lors de
la Terreur, un individu aurait brisé à ces saints ce qui fait la gloire du Mannekenpiss ! Ceux-ci se vengèrent à leur façon et condamnèrent le vandale à pisser au lit toute sa vie. Pour remédier à cette infirmité,
l’homme eut recours à la source, située dans le port proche de l’église, car celle-ci, disait-on, guérissait
de l’incontinence. Vous comprenez pourquoi elle est connue sous le nom de “Saint-Pissou” !
Dans la salle des Fadets,
à Prinçay
cliché C.P.
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On conserve dans la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Ambroise, à Monthoiron une statue, souvenir de l’ancienne église de Fressineau.
“En 1793, pour sauver cette statue, les paroissiens eurent l’idée de la cacher
dans une fontaine entre Monthoiron et Fressineau. La tranquillité revenue, les
paroissiens d’Archigny réclamèrent la statue. Les Monthoironnais ne manquèrent pas de contester mais durent s’incliner. Donc un matin, les gens d’Archigny vinrent en procession chercher la statue. Le cortège suivait la bannière,
puis venaient quatre bœufs blancs qui tiraient un char. Les paroissiens firent
un arrêt à la croix de la “Vigne Gelée” pour y chanter des cantiques. En arrivant à la fontaine, ils ne furent pas étonnés d’y trouver ceux de Monthoiron.
L’accueil fut loin d’être aimable ! Après avoir chargé la statue sur leur char,
ils se préparaient à repartir. Mais ce fut en vain. Les bœufs semblaient cloués
au sol. Les paroissiens de Monthoiron s’écrièrent alors :
“Vous voyez, la Vierge de chez nous, elle ne veut pas aller à Archigny ! Faisons
l’essai inverse et mettons-la vers Monthoiron.
Ce qui fut dit fut fait, et aussitôt, librement et docilement, les bœufs grimpèrent le coteau...”
Par la suite, la statue fut installée dans l’église de Monthoiron où vous pouvez, aujourd’hui encore, l’admirer.
Sur la commune d’Archigny,
se trouve l’ancienne abbaye
cistercienne de l’Etoile. A l’intérieur d’une chapelle se trouve
une statue de l’Immaculée
Conception. Les villageois
l’avaient baptisée Sainte Laurence sans doute en souvenir
d’un petit autel jadis dédié a
Saint-Laurent. Les gens des
environs venaient l’invoquer
au sujet des maux de dents, et
semble-t-il, repartaient sans la
moindre douleur…
La chapelle de l’abbaye
de l’Etoile, à Archigny
cliché C.P.
Au moyen-âge, le “feu de Saint-Antoine” sévissait ; c’était comme un feu intérieur qui brûlait les malades, particulièrement les membres qui devenaient noirs et ne tardaient pas à se détacher du corps. Le
recours au surnaturel suppléait aux moyens réduits de la médecine et l’on implorait Saint-Antoine, qui
aurait eu à souffrir de douleurs semblables, pour obtenir la guérison. A partir du XVIIIe siècle, on découvrit que cette maladie était provoquée par la consommation de pain contenant un champignon qui était
un poison violent. En 1349, Adam de Soissons et son épouse firent construire la commanderie de SaintSauveur-la-Foucaudière destinée à accueillir les malades atteints du “feu sacré”.
coll. J.-P. D.
u n Pays de légendes e t de Tradi ti ons
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La langue
de chez nous
Le bouquet du président
coll. privée
L’avlo des battages, à Availles
cliché C.P.
Traditions
De nombreuses traditions n’existent plus que
dans les souvenirs. Ainsi…
Les fêtes des Bachelleries de Naintré, duraient plusieurs jours et comportaient des jeux
et des chansons. On appelait bacheliers et bachelières, les jeunes gens et jeunes filles célibataires qui animaient la fête sur la place de l’église.
Un feu de Saint-Jean cliché C.P.
Battages à Monthoiron
dans les années 1920 coll. Privée
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A Monthoiron, le jour de la Saint-Jean, la maîtresse de maison emportait un tison enflammé et l’éteignait
avec de l’eau bénite. Elle le déposait ensuite sur le ciel de lit pour préserver la maison de la foudre.
A Colombiers, dans les années 1930, toujours pour la Saint-Jean, chacun apportait son fagot ou sa brindille devant l’église. C’était le plus jeune de l’assemblée qui allumait le feu, puis le doyen prenait la tête
de la ronde et entonnait le chant d’ouverture “Voici la Saint-Jean…” qui était repris en chœur. Ensuite,
on tournait neuf fois autour du feu tout en faisant des vœux. Et puis venait le temps des chants et de la
danse qui se prolongeaient tard dans la nuit. De nombreuses communes, voire de hameaux ou de quartiers
organisent encore “le Feu de Saint-Jean”. C’est l’occasion de se retrouver entre amis pour partager le
repas, chanter et sauter à travers les flammes.
Quelques coutumes subsistent, en ce début du XXIe siècle, de façon plus folklorique grâce à ceux qui ne
veulent pas oublier.
Temps fort de la vie campagnarde, les battages rassemblaient chaque année, autour de la "machine", puis
autour de copieux repas, toute la communauté villageoise. Moment de convivialité, mais aussi de travail
intense, dans la poussière et la chaleur de l'été.
Grâce à la volonté d’une personne, l’avlo des battages rassemble, chaque année, à Availles-enChâtellerault, une foule impressionnante.
Moins gigantesque, mais tout aussi sympathique, l’énoisage réunit autour de grandes tables quelques
amis pendant une veillée où l'on casse les noix et où l'on extirpe le cerneau de sa coquille. Cette coutume
a, pendant longtemps, constitué l'un des actes importants de la vie rurale. A Naintré, on organise chaque
année ce type de soirée et comme “dans l'temps”, on y déguste, après le travail, les mojettes aux boudins,
accompagnées de pain cuit au four communal.
Plus rarement aujourd’hui, les jeunes mariés allument un feu de joie à la sortie de l’église : c’est alors le
gage d’un bonheur assuré…
“Le lait de mai” ! Il y a bien longtemps que cette tradition existe. Dans de nombreux poèmes du moyen
âge, on retrouve cette habitude de s'en aller, de bon matin, goûter le lait chaud et crémeux, sur l'herbe
nouvelle, si possible en joyeuse compagnie.
A Targé, la coutume est conservée (ou presque !) le
1er mai. On y célèbre la naissance des chevreaux, le
lait et le renouveau de l'ail en ce début de printemps.
Un copieux casse-croûte, avec du fromage frais de
chèvre accompagné d’ail vert, est de rigueur.
Les mariages sont toujours l’occasion d’une grande
fête qui réunit parents et amis. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : les repas sont beaucoup moins copieux qu’autrefois, d’autant plus qu’on déjeunait et…
Un mariage à Monthoiron vers 1910 coll. C.P.
dinait.
Plus rarement, de nos jours, les jeunes mariés allument un feu de joie à la sortie de l’église : c’est alors
le gage d’un bonheur assuré…
Placée sous la protection de Saint-Blaise, “la fête des laboureurs” se déroule en février-mars. Le président se doit d’inviter le plus grand nombre de personnes. Le jour du banquet, il porte un aiguillon et
un bouquet aux couleurs de la Patrie, pas naturel, évidemment en cette saison ! Après le repas, long, très
long, et le bal, à l’heure de minuit, c’est la passation de pouvoir qui s’opère par la remise de l’aiguillon au vice-président. Si cette fête, aujourd’hui, est devenue :
“fête des laboureurs et artisans”, “fête des travailleurs réunis”, elle perdure
à Archigny, Availles, Bonneuil-Matours, Colombiers, Naintré-Montgamé.
Si les vieux parlers ont la saveur
et le bouquet des terroirs, ils sont
malheureusement devenus très
rares. Voici, rien que pour se
souvenir, quelques anciennes
expressions du pays.
- Les louis d’or se ramassent
à l’aigail (rosée) :
la fortune vient
à qui se lève tôt.
- Châ p’tit va loin :
qui va lentement va loin.
- Tu t’tins comme un arceau
de bourolle (sorte de panier) :
tu as le dos voûté.
- T’es bin mal engoulé :
tu parles mal.
- I pisse dans ses chausses
(bas de laine) :
il retombe en enfance.
Menu de mariage
extraits de “Senillé au fil des ans”
Un mariage à Monthoiron, en 2001
coll. privée
Le vitrail de Saint-Blaise
dans l’église de Monthoiron
cliché C.P.
u n Pays de légendes e t de Tradi ti ons
27
u n Di manche en Pays Châtelleraudais
Il est de coutume, quand reviennent les beaux jours d’organiser quelques journées au
grand air, des journées de détente en famille ou avec des amis. Et l’on y pense
longtemps avant, tant il est nécessaire de faire plaisir à tous, petits et grands.
Balade à Châtellerault ►
depuis l’hôtel Alamand
jusqu’au pont Henri IV.
La tarte aux fraises
de Mamy
Préparez une pâte brisée
que vous disposez dans un moule.
Pique-nique
au bord de la Vienne.
►
Pêche et jeux
pour les enfants.
►
Coupez les fraises en deux
et disposez-les sur la pâte en la
recouvrant complètement.
Saupoudrez de sucre (plus ou
moins selon acidité des fraises).
Enfournez pour 25 minutes
de cuisson.
Les fraises cuites, c’est délicieux !
28
Passage incontournable ►
chez papy, mamy.
10 h : Sur les pas des pèlerins se rendant à Compostelle
Venant de Tours, les pèlerins arrivaient à Ingrandes. Très nombreux étaient ceux qui faisaient étape à
Châtellerault, lieu de recueillement entre Saint-Martin de Tours et Saint-Hilaire et Sainte-Radegonde de
Poitiers. Dans notre ville, ils passaient la nuit, se ravitaillaient, se soignaient et allaient se recueillir dans
l’église Saint-Jacques devant la statue en bois polychrome qui représente le Saint dans le costume traditionnel du pèlerin. Puis, au petit matin, passant la Vienne, ils reprenaient la route qui les conduisait par
l’ancienne voie romaine jusqu’à Poitiers.
12 h : La pointe de Fort-Clan, à Cenon Sur Vienne
Idéalement située à la confluence de la Vienne et du Clain, cet endroit est idéal pour passer un moment
de détente. Dans cet espace boisé par l’O.N.F., vous trouverez un parcours de santé, des tables et des jeux
pour les enfants. En ce lieu, dans les années soixante, des fouilleurs ont découvert un nombre important
de fosses circulaires contenant des charbons de bois, des débris romains mais aussi des restes médiévaux
du plus grand intérêt.
14 h : La pêche en Châtelleraudais
Les amoureux de la pêche trouveront leur bonheur dans notre pays. De nombreux plans d’eau et quatre
rivières permettent de pratiquer plusieurs types de pêche. De nombreuses espèces de poissons, particulièrement des migrateurs comme l’alose, le saumon, la lamproie, attendent les amateurs. Il est même
possible de taquiner la carpe, de nuit, dans certains étangs de la région.
17 h : Visite du jardin et probablement cueillette de fruits et de légumes d’autant plus que, quelquefois,
les enfants ont participé aux plantations et aux semis. Mais le bonheur absolu, ce sera d’aider Mamy à
préparer la traditionnelle tarte aux fraises que l’on dégustera probablement avant de partir.
21 h : Retour à Châtellerault, les bras chargés de fleurs des champs.
Salut Victor,
On ne s’est pas vus depuis notre colo à La Tranche-sur-Mer ; ça fait
longtemps !
Mais mes parents m’ont dit que vous viendrez bientôt découvrir le Châtelleraudais. Je connais bien la région et je vais te donner quelques petits trucs
pour que tu y passes un super séjour.
Tu peux aller, par exemple, autour de l’étang d’Archigny ou au parc de loisirs des Petites Minaudières,
à Saint-Sauveur : le pédalo, c’est trop ! Mais il y
a aussi la base de loisirs de Crémault, à BonneuilMatours. Là, tu trouves tout (ou presque !) : des jeux
aménagés par les grands bien sûr, mais tu peux également
jouer au foot, au volley, aux boules… Tu trouves toujours des copains. Tu as même le droit de pêcher et de
te baigner. Si tu es un fana de natation, le centre aquatique
de Châtellerault t’attend et si tu te prends pour Brian
Joubert, tu peux toujours aller à la patinoire.
Moi, j’aime bien le cheval… C’est tellement chouette quand on peut se balader,
le soir, en calèche dans les rues de la ville ! Mais il y a dans le Pays châtelleraudais beaucoup d’endroits où tu peux apprendre à monter.
Ah ! Autre chose… Je suppose que, comme moi, tu
aimes grimper dans les arbres. Eh bien, à côté de
Thuré, il y a un truc extra : ça s’appelle Aven’Thuré
(T’as compris le jeu de mots ?) Il y a plein de choses
incroyables : un pont de singe, des tyroliennes, des lianes de Bornéo, un saut de
Tarzan, des poutres égyptiennes, un filet de
pirates, un pont indien : c’est l’aventure, quoi !
Ce que j’adore, c’est aller me promener sur le Pinail, à
Vouneuil Sur Vienne. Je prends mon sac à dos, mes jumelles, ma boussole
(j’ai pas encore bien compris comment ça marche !) et surtout mon appareil photos.
J’espère toujours prendre une droséra, tu sais, cette drôle de plante qui mange des
insectes… Pas de chance, jusqu’à maintenant je n’ai photographié que des rainettes !
Mais pour moi, le top du top, c’est le musée de l’Auto. J’espère bien que tu
pourras y aller. Là, tu découvres des voitures et des vélos très anciens mais
surtout, surtout… Il y a plein de jeux ; tu peux chercher les erreurs du code
de la route sur une grande maquette, reconnaître des bruits de moteurs, t’asseoir
dans un siège et essayer de piloter comme un grand. C’est un peu comme la
D.S. Je parle du jeu, pas de la voiture, tu t’en doutes ! Quelquefois même,
tu peux te mettre au volant d’une petite voiture. C’est génial. Mes parents
me disent que je ressemble à Alonso.
Voilà. J’espère que tu profiteras bien de ta venue dans le Pays châtelleraudais.
À très bientôt , ton copain,
Nathan
à la Découver te du Châtelleraudais
29
le Temps des Jeux
CHERCHE L’INTRUS
3 intrus se sont glissés parmi ces animaux. A toi de les retrouver et de les entourer. Dis pourquoi ce sont des intrus.
Mots croisés
1- Boisson poitevine faite avec du vin.
6- Son lait sert à faire des fromages.
2- Capitale du Pays châtelleraudais.
7- On les fête à Availles-en-Châtellerault.
3- Il a sa foire à Naintré.
8- Rivière du Pays châtelleraudais.
4- Festival de jazz.
9- Sa forêt est magnifique.
5- Il se fait admirer sur le lac de Châtellerault.
10- On en fait avec les noix.
QUE SUIS-JE ?
à Archigny :
à Senillé :
à Colombiers :
à Thuré :
LA BOITE A TRESORS
Quand tu te promènes à Châtellerault ou dans les communes environnantes, ramasse quelques objets qui te
rappelleront ton passage dans notre pays : de la brande du Pinail, un peu de sable de la plage de Crémault
à Bonneuil-Matours, une plume de cygne dans le parc du château du Verger à Châtellerault…
Mais n’oublie jamais que la Nature est un bien précieux et qu’il faut la respecter et la protéger.
30
le Temps des Jeux
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SOUVENIRS DU PAYS CHATELLERAUDAIS
Prends quelques photos (tu peux aussi te faire prendre en photo). Essaie d’avoir la même vue que sur la carte postale ancienne.
Sous le porche de l’église de Saint-Sauveur
32
Près d’une tour du pont Henri IV, à Châtellerault
A l’entrée du pont de Bonneuil-Matours
Devant l’église de Colombiers
le Temps des Jeux
33
braiement
jument
jars
clapissement
lapine
porc
bêlement
pigeonne
bouc
hennissement
vache
lapin
meuglement
chèvre
âne
grognement
truie
pigeon
cacardement
VACHE
ANES
OZON
MOULIERE
HUILE
MOTS CROISÉS
CHERCHE L’INTRUS
La grenouille- la papillon- l’abeille- le coq
(qui ne sont pas des mammifères)
à Archigny
CHARADES
1 MONTHOIRON (mon toit rond)
2 RANDONNE (ran-do-nez)
3 GARGANTUA (gare-gant-tua)
4 ARAMBOUROU (a-rang-bout-roux)
QUE SUIS-JE ?
à Thuré
à Senillé
à Colombiers
un pigeonnier
un four à pain
une habitation
troglodytique
un lavoir
4) Mon premier est une voyelle,
On se met en mon deuxième pour entrer en classe,
Mon troisième est une fin,
Mon quatrième n’est pas brun,
Mon tout est un célèbre photographe châtelleraudais.
678910 -
Je suis
MIGET
CHATALLERAULT
BOUDIN
JAZZELLERAULT
CYGNE
premier se tape sur un tambour,
deuxième est une note de musique,
troisième permet de respirer.
tout se pratique sur les chemins châtelleraudais
-
2) Mon
Mon
Mon
Mon
1
2
3
4
5
Je suis
9 a
10 b
taureau
premier accueille les trains,
deuxième couvre ma main,
troisième est le verbe tuer conjugué,
tout est un village du Pays châtelleraudais
tout est un personnage de légende.
c
b
c
c
oie
3) Mon
Mon
Mon
Mon
Mon
5
6
7
8
roucoulement
QUIZZ
1 a
2 b
3 c
4 a
cheval
Cri
ânesse
Je suis
Mâle
Cri
LES ANIMAUX DU CARNET
Mâle
Femelle
Femelle
premier est élevé,
deuxième couvre une maison,
troisième n’est pas carré.
tout est un village du Pays châtelleraudais
SOLUTION DES JEUX
braiement
cacardement
hennissement
clapissement
roucoulement
meuglement
bêlement
grognement
1) Mon
Mon
Mon
Mon
Relie les éléments qui vont ensemble.
âne
jars
cheval
lapin
pigeon
taureau
bouc
porc
LES ANIMAUX DU CARNET
ânesse
oie
jument
lapine
pigeonne
vache
chèvre
truie
CHARADES
Je suis
Dudulle,
roi de la fête du boudin
à Naintré
cliché C.P.
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le Temps des Jeux
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Notes
36
Notes
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