ECHO 2ème trimestre retouché bon

Transcription

ECHO 2ème trimestre retouché bon
Au service
des peuples
et des nations
les Echos du PNUD du 2ème trimestre 2014
RÉGION AFRIQUE
LANCEMENT DU RAPPORT
SUR LE DÉVELOPPEMENT
HUMAIN 2014
FOCUS
Rapport sur le
Développement
Humain 2014
DOSSIER
LUCARNE
ZOOM
Jordan et
le Programme
YALI
Point sur
le Développement
Durable
PNUD
en action
CÉRÉMONIE DE LANCEMENT DU RAPPORT SUR
LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2014.
Au service
des peuples
et des nations
les Echos du PNUD du 2ème trimestre 2014
SOMMAIRE
RÉGION AFRIQUE
LANCEMENT DU RAPPORT
SUR LE DÉVELOPPEMENT
HUMAIN 2014
EDITORIAL:.....................................................................
.3
P
FOCUS:
RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2014................. P.4
Cérémonie de lancement ............................................................. P.4
Présentation du rapport................................................................ P.12
Audience du Directeur Afrique du PNUD avec le Président
DIRECTEUR DE PUBLICATION
M. Babacar Cissé
Coordonnateur Résident des Activités
Opérationnelles du Système des Nations
Unies & Représentant Résident du
PNUD en Côte d’Ivoire
de la République .......................................................................... P.19
DOSSIER:
JORDAN ET LE PROGRAMME YALI............................................ P.20
RÉDACTEUR EN CHEF
Luc Joël Gregoire, Directeur Pays
EDITORIALISTE
Youssouf DIARRA,
Analyste en communication
COMITÉ DE RÉDACTION
ET DE RELECTURE :
DIAKALIA OUATTARA, IBRAHIM
COULIBALY, DR ABOUA GUSTAVE,
RAPHAEL NOUGBOU, EL ALLASSANE
BAGUIA, MASSARAN SANOGOH, FATIMA
SILUE, CHRISTINE AGBONON,
ABRAHAM GRASS SESSAY, JORDAN
SERA, YOUSSOUF DIARRA
LUCARNE:
POINT SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE............................. P.22
Ville et developpement durable: problématique des villes
durables en Côte d’Ivoire ............................................................. P.22
Attribution de la direction du developpement durable................... P.25
ZOOM:
PNUD en action ........................................................................... P.26
L’ADDR et le PNUD réhabilitent et équipent l’école primaire de N’zikro
à Aboisso grâce à l’appui du Royaume de Belgique................... P.30
ENVIRONNEMENT
CONCEPTION & IMPRESSION
2
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
.............................................. P.27
Concours photos l’homme et la nature.......................................... P.31
EDITORIAL
"Si les tigres asiatiques et certains pays latino-américains ont
su profiter du dividende démographique pour sortir de la
pauvreté, l’Afrique pourrait en faire autant", disais-je lors du
lancement à Abidjan pour la Région Afrique du Rapport 2014
sur le Développement Humain. Bien plus qu’un concept
théorique savant, le paradigme du développement humain et
les orientations de politiques qu’il génère s’imposent aujourd’hui
comme des instruments essentiels pour assurer aux Etats en
général et aux pays en développement en particulier, un
progrès socio-économique harmonieux. Cette approche met
en avant le potentiel humain comme capital de production de
richesse et de réduction de la pauvreté et des inégalités.
C’est pour cette raison que la Côte d’Ivoire, pays qui a connu
une croissance économique remarquable ces trois dernières
années, après une décennie de crise, saluée par les institutions
de Brettons Wood et les partenaires au développement, a été
choisie pour le lancement pour la Région Afrique de cette 23e
édition du Rapport sur le Développement Humain 2014. Les
progrès de l’Afrique donnent aujourd’hui espoir, avec une
croissance annuelle soutenue de l’ordre de 5%, donc supérieure
à celle des autres continents, à l’exception de l’Asie. Mais
notre région a besoin que sa croissance se traduise par une
réduction de la pauvreté, des inégalités et du sous emploi.
M. Babacar CISSÉ
Coordonnateur Résident des Nations Unies
et Représentant Résident du PNUD
en Côte d’Ivoire.
Ainsi comme l’a rappelé fort justement M. Abdoulaye Mar
Dieye, Directeur du Bureau du PNUD pour l’Afrique « c’est la
première fois que l’on analyse les différentes formes de
vulnérabilité dite humaine, en déclinant ce concept en
deux types de vulnérabilité: la vulnérabilité systémique,
c’est-à-dire celle relative aux personnes exposées à plus
de fragilité (enfants, femmes, adolescents) et la
vulnérabilité structurelle qui est celle, liée à la faiblesse
des institutions et des politiques ».
L’on retiendra du RDH 2014 qu’il est impératif que les pays
Africains mettent en place des politiques publiques et des
stratégies ambitieuses et appropriées qui permettent d’assurer
que cette croissance soit durable, inclusive et mieux partagée.
Nous retiendrons également que les plus hautes autorités de
l’Etat ont suggéré qu’un Rapport National puisse être consacré
à la réduction des vulnérabilités et au renforcement de la
résilience en Côte d’Ivoire.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
3
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
CÉRÉMONIE DE LANCEMENT DU RAPPORT SUR
LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2014.
L
e Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) a procédé au Lancement
Afrique du Rapport sur le Développement Humain
2014, le Lundi 04 Août 2014 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
Cette importance activité, placée sous la présence de son
Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la
République de Côte d’Ivoire a réuni environs 200 participants
issus de tous les secteurs de la vie publique nationale et
internationale à savoir les institutions de la République, le
gouvernement, l’administration publique, les partenaires au
4
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
développement, les partenaires technique et financier, les
Ambassades et chancelleries, les partis et groupements
politiques, la chefferie traditionnelle, les Chefs religieux, le
secteur privé, les organisations de la société civile et la
presse.
Cette cérémonie de lancement pour la région Afrique du
Rapport sur le développement 2014, intitulé « Pérenniser le
progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la
résilience s’est déroulée en trois temps.
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
CÉRÉMONIE D’OUVERTURE
Cette partie solennelle rehaussée par la présence de M. Amadou Gon COULIBALY,
Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence, représentant
le Chef de l’Etat a été essentiellement marquée par une série d’allocutions :
Mot du Représentant
Résident du PNUD,
Coordonnateur Résident
du Système des Nations Unies
Monsieur Babacar CISSE
P
renant le premier la parole,
Monsieur Babacar CISSE, dans son
adresse
a d’abord salué et
remercié le Président de la
République ainsi que les membres de son
gouvernement qui en autorisant la tenue de
cette rencontre à Abidjan traduit sa
conviction profonde aux valeurs et idéaux
partagés par le système des Nations Unies
en général et le PNUD en particulier.
Ensuite, il a présenté le caractère
éminemment important du Rapport sur le
Développement Humain qui est selon lui,
une production intellectuelle du PNUD sur
des problématiques et thématiques qui
interpellent les sociétés. Car ce rapport
2014 contribue aux débats sur les enjeux
de sociétés et une esquisse de pistes de
solutions. Il a soutenu que le thème retenu
cette année est d’actualité en Afrique
subsaharienne et en Côte d’ivoire. En effet
la première citée, a connu des années
“
Les économies
africaines ont connu une
croissance remarquable.
Cependant cette croissance
n’a pas contribué à réduire
la pauvreté, le sous emploi,
l’emploi précaire et le
chômage des jeunes.
”
successives
de
crise
alimentaire
occasionnée par des aléas climatiques
dont la recherche de solution l’a amené à
adopter une stratégie de résilience avec
l’appui des partenaires au développement.
Tandis que pour la Côte d’Ivoire qui a
connu une série d’inondations aux
conséquences dramatiques pour un pan
de sa population, il a salué les efforts du
gouvernement et mis en exergue la
solidarité communautaire qui participe à la
résilience des populations victimes.
Poursuivant ses propos, il a relevé que les
économies africaines ont connu une
croissance remarquable. Cependant, cette
croissance n’a pas contribué à réduire la
pauvreté, le sous emploi, l’emploi précaire
et le chômage des jeunes. Alors il a
préconisé que les pays africains mettent en
place des politiques publiques et des
stratégies ambitieuses susceptibles de
faire en sorte que cette croissance soit
inclusive et mieux partagée. Le rapport
selon lui, note aussi que les crise et
catastrophes naturelles ont réduits
drastiquement les gains en matière de
développement des pays les ayant vécus,
augmentant de facto la vulnérabilité de
certaines populations déjà démunies et leur
capacité de résilience. La progression du
sous-emploi et de l’emploi précaire a été
observée dans certains pays. Il en est de
même pour les difficultés d’accès aux
services sociaux de base pour les
populations les plus vulnérables. Par
conséquent, il a suggéré que les
investissements dans l’éducation, la santé
et la nutrition ainsi que la priorité accordée
à l’emploi des jeunes constituent une
nécessité absolue pour réduire les
vulnérabilités et renforcer la résilience des
populations face aux chocs actuels ou à
venir. Enfin, pour clore son intervention,
M. Cissé a évoqué l’importance du
dividende démographique des pays en
transition qui reste une problématique à
approfondir et à prendre en compte dans le
développement humain.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
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FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
Discours de Monsieur Babacar Cissé
Coordonnateur Résident des Nations Unies Représentant Résident du PNUD
Excellence Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement,
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la
République,
Monsieur le Maire de la Commune de Cocody,
Monsieur le Directeur Régional du PNUD Afrique
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations
Internationales,
Mesdames et Messieurs les Représentants des élus,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations de la
Société Civile et du Secteur Privé,
Chers Collègues du Système des Nations Unies,
Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord de remercier le Chef de l’Etat, qui
malgré un agenda fort chargé, nous fait l’honneur de procéder au
lancement, en Afrique, du Rapport Mondial sur le Développement
Humain 2014.
Le Rapport Mondial sur le Développement Humain est une
production intellectuelle annuelle du PNUD qui porte sur des
problématiques et thématiques qui interpellent nos sociétés. Ce
rapport constitue une contribution aux débats sur les enjeux de
sociétés et esquisse quelques pistes de solutions.
Le thème du rapport de cette année « Pérenniser le progrès humain
: Réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience » est d’actualité
pour l’Afrique subsaharienne et pour le Sahel et la Corne de
l’Afrique en particulier.
En effet, ces deux sous régions ont connu des années successives
de crise alimentaire due aux aléas climatiques. Les pays affectés
ont dû mettre en place des stratégies de résilience avec l’appui de
leurs partenaires au développement.
Le thème du rapport est aussi d’actualité pour la Côte d’Ivoire qui
vient de connaitre une série d’inondations qui ont affecté un large
pan de sa population. C’est le lieu de saluer les efforts du
gouvernement mais aussi la solidarité communautaire qui participe
à la résilience des populations victimes.
Aujourd’hui le pays dispose d’une Stratégie de Réduction des
Risques et Catastrophes, conformément au Cadre d’Action de
Hyōgo.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Les économies africaines ont connu une croissance remarquable
6
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
au cours de la dernière décennie. Mais comme cela a été très
souvent rappelé, cette croissance ne s’est pas toujours traduite par
une réduction de la pauvreté.
Il est donc impératif que nos pays mettent en place des politiques
publiques et des stratégies ambitieuses et appropriées qui
permettent d’assurer que cette croissance soit inclusive et mieux
partagée.
Le Rapport de cette année rappelle aussi que les pays ayant
traversé des crises ou catastrophes naturelles, ont vu leurs gains en
matière de développement érodés. Dans ce même contexte, la
vulnérabilité de certaines populations déjà démunies s’est accrue et
leur capacité de résilience s’est estompée.
Dans un certain nombre de pays, une progression du sous-emploi
et de l’emploi précaire est même observée ainsi que des difficultés
en matière d’accessibilité des plus vulnérables aux services sociaux
de base.
Les investissements dans les secteurs sociaux, notamment dans
l’éducation, la santé et la nutrition ainsi que la priorité donnée à
l’emploi des jeunes constituent par conséquent des impératifs de
premier plan, pour réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience
des populations face aux chocs auxquels elles font face ou qu’elles
seront appelées à surmonter.
Le Directeur Régional du PNUD reviendra sur les points saillants du
rapport de cette année et la présentation du Directeur Pays du
PNUD-CI fera ressortir l’évolution de l’Indice de Développement
Humain (IDH) de la Côte d’Ivoire.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais pour terminer évoquer l’importance du dividende
démographique notamment dans les pays en transition. Cette
problématique bien que traitée dans le rapport, mérite d’être
approfondie.
Le dividende démographique survient lorsque la baisse du taux de
natalité entraine des changements dans la distribution par âge
d’une population. Cela signifie que moins d’investissements sont
nécessaires pour les besoins des plus jeunes et que les personnes
adultes sont plus nombreuses dans la population active.
Cette situation crée une opportunité de croissance économique et
de développement humain si l’orientation des politiques publiques
promeut une réduction des vulnérabilités et le renforcement des
capacités de la résilience.
Si les tigres asiatiques et certains pays Latino-Américains ont
profité du dividende démographique pour sortir de la pauvreté,
l’Afrique pourrait en faire autant en engageant les réformes
institutionnelles et structurelles nécessaires à son émergence.
Je vous remercie.
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
Il a décliné la vulnérabilité humaine en deux
catégories à savoir la vulnérabilité
systémique et la vulnérabilité structurelle.
Celle dite systémique a trait aux personnes
exposées à plus de fragilités le long de leur
cycle de vie notamment les enfants, les
adolescents, les personnes agées etc.
Allocution du Directeur Afrique du PNUD
Monsieur Abdoulaye Mar DIEYE
“
Il faut renforcer la
capacité individuelle et
collective de résilience pour
s’opposer à la vulnérabilité
dont fait face le monde afin
de pérenniser le progrès
humain.
”
E
mboîtant
le
pas
à
son
prédécesseur, Monsieur Abdoulaye
Mar DIEYE, Directeur Afrique du
PNUD, a exprimé de prime abord
au Président de la République, les
remerciements de Madame Helen CLARK,
Administrateur du PNUD pour avoir
accepté d’abriter le lancement en Afrique
du Rapport 2014. Revenant à son tour sur
l’importance du thème de cette année,
M. Mar Dieye a dit qu’il faut renforcer la
capacité individuelle et collective de
résilience pour s’opposer à la vulnérabilité
dont fait face le monde afin de pérenniser le
progrès humain. Si les rapports précédents
ont relaté l’évolution tendancielle positive
du développement humain dans le monde
depuis 1980, force est de constater
La vulnérabilité structurelle est relative à la
faiblesse des institutions et des politiques
qui éprouvent des difficultés à assurer la
participation effective et l’inclusion sociale
dans le processus de développement.
Pour réduire ces vulnérabilités, le rapport
a-t-il mentionné, propose des principes
généraux, des politiques et des mesures
pratiques pour renforcer la résilience et la
capacité des institutions et des
communautés. Le rapport appelle aussi à
l’action collective et coordonnée tant au
plan mondial que national, pour repondre
aux défis de la sécurité humaine.
Monsieur DIEYE a présenté le contraste
entre la croissance moyenne annuelle des
IDH qui est passé de 1,37 % de 2000 à
2013 contre seulement 0,73% pour la
moyenne mondiale et le plus haut taux de
perte en développement humain due aux
inégalités.
qu’avec la crise financière internationale de
2008-2009, on note une décélération dans
la croissance du développement humain et
l’accentuation des hypothèques sur le
développement humain dues aux déficits
en sécurité humaine, aux inégalités, aux
catastrophes naturelles, aux changements
climatiques, aux troubles socio-politiques
et aux conflits armés. Aussi selon lui, il faut
inscrire dans l’agenda post 2015, les
vulnérabilités qui limitent de façon dirimante
le développement humain afin de les
juguler et construire à tous les niveaux une
résilience robuste, condition sine qua non
pour amoindrir les chocs destructeurs et
éviter une réversibilité des acquis en
matière de développement économique et
social.
Paraphrasant Rabelais, M. Abdoulaye Mar
Dieye a soutenu que la croissance sans
résilience n’est que ruine de l’âme. C’est
pourquoi le PNUD dans son plan
stratégique 2014-2017 a retenu la
résilience parmi les axes prioritaires de son
action. Il a conclu pour dire que c’est à
juste titre que le lancement du rapport en
terre ivoirienne vient à point nommé car la
Côte d’Ivoire expérimente un double
processus d’émergence : émergence
effective d’une situation d’instabilité et
émergence prononcée vers une situation
de croissance accélérée et inclusive.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
7
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
Allocution de M. Abdoulaye Mar DIEYE
Monsieur le Président de la République,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d'abord, Monsieur le
Président de la République, de vous exprimer
les vifs remerciements de Madame Helen Clark,
Administrateur du PNUD, pour avoir accepté
que la Côte d'ivoire abrite le lancement en Afrique
de l'édition 2014 du Rapport Mondial sur le
Développement Humain , et d'avoir bien voulu
honorer de votre présence la cérémonie de
lancement officiel du Rapport.
Le thème de cette année porte sur l'impérative
nécessité de pérennisation du progrès humain,
notamment en réduisant les vulnérabilités dont
fait face aujourd'hui notre monde, et en renforçant
notre capacité individuelle et collective de
résilience.
Vous vous souviendrez que les éditions
précédentes du Rapport ont célébré l'évolution
tendancielle positive du développement humain,
un peu partout dans le monde. En effet, depuis
1980, et de décennie en décennie, la moyenne
mondiale de l'indice de Développement Humain
(IDH) n'a cessé de croitre, avec des phénomènes
d'accélération, d'inflexion positive, et même de
convergence entre pays à revenus faibles et pays
à revenus plus élevés. Toutefois, depuis la crise
financière internationale de 2008-2009, on note
une décélération dans la croissance du
développement humain ; et les hypothèques sur
le développement humain sont accentuées,
presque dans tous les pays, par la persistance
des déficits en sécurité humaine, y compris au
niveau des inégalités, des catastrophes naturelles,
du changement climatique, des troubles
socio-politiques et des conflits armés.
Il est donc capital, qu'au moment où la
communauté des nations, s'apprête à s'accorder
sur le nouvel agenda de développement pour la
période post-2015, que l'on réfléchisse, sur les
vulnérabilités qui limitent de façon dirimante le
développement humain afin de pouvoir les juguler,
; et que l’on construise , à tous les niveaux, une
résilience robuste pour éviter les phénomènes
de réversibilité dans les acquis en matière
développement économique et social , et d'être
en mesure d'absorber les chocs potentiellement
déstabilisateurs , de toute nature.
Tel est, au demeurant, l'objet de la présente
Edition du rapport mondial sur le développement
humain.
Il est inédit en ce sens que c'est la première fois
que l'on analyse les différentes formes de
vulnérabilité dite humaine, en déclinant ce
concept en deux types de vulnérabilité ; la
vulnérabilité systémique c'est à dire celle relative
à certaines catégories de personnes exposées
8
Directeur Régional PNUD du Afrique
à plus de fragilités , le long de leur cycle de vie,
notamment les enfants, les adolescents, les
jeunes , les femmes, les personnes âgées et
celles qui sont toujours dans la trappe à la
pauvreté ; et la vulnérabilité structurelle , c'est à
dire celle liée à la faiblesse des institutions et des
politiques , tant au niveau global, national que
communautaire ; institutions et politiques qui
n'arrivent pas encore à assurer de façon effective
la participation et l'inclusion sociales dans les
processus de développement.
Pour réduire ces vulnérabilités, le rapport propose
des principes généraux , des politiques, et des
mesures pratiques de renforcement de la
résilience, comme par exemple la nécessité d'une
protection sociale universelle ,
la promotion du plein emploi comme objectif
central des politiques macroéconomiques ,
la réduction des inégalités verticales et
horizontales, l'intensification voire la sacralisation
du principe de solidarité nationale et internationale
, et enfin le renforcement des capacités des
institutions et des communautés à surmonter
les crises à court terme, et augmenter leur
résilience quant aux chocs des crises futures.
Le Rapport appelle aussi à l'action collective et
coordonnée, tant au plan mondial que national
pour répondre aux défis que posent les différentes
formes de déficit en sécurité humaine.
Excellence Monsieur le Président de la
République,
Honorables invites,
Mesdames et Messieurs,
Le Rapport 2014 est en parfaite résonnance
avec l'état actuel de développement économique
et social en Afrique ; continent qui aujourd'hui
vit un paradoxe.
En effet depuis le début de la décennie 2000,
l'Afrique engrange, en moyenne, les plus forts
taux de croissance économique, et même de
développement humain; taux de croissance de
développement humain que vous me permettrez
de saluer ; car la croissance moyenne annuelle
étant de 1.37 % de 2000 à 2013, contre
seulement 0.73 % pour la moyenne mondiale,
soit près du double.
Mais l'Afrique enregistre aussi les plus hauts taux
de perte en développement humain dus aux
inégalités, y inclus en genre, les plus forts taux
en termes de travailleurs dans des emplois
précaires, et abrite encore de grandes zones
d'insécurité, de conflits et de vulnérabilité
climatique comme le Sahel, les Grands Lacs,
l'Afrique Centrale, et la Corne de l'Afrique.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
Excellence Monsieur le Président de la
République,
Honorables invites,
Mesdames et Messieurs,
Si Rabelais, vivait encore parmi nous il dirait sans
nul doute que « croissance sans résilience n'est
que ruine de l'âme d'une économie».
Et nous serions d'accord avec lui et avec forte
conviction, surtout à la lecture de l'Edition 2014
du Rapport mondial sur le développement
humain.
C'est au demeurant fort de cette conviction que
le PNUD, dans son nouveau plan stratégique
2014 -2017, a retenu « la résilience » parmi ses
trois domaines de concentration programmatique
prioritaire, en plus des deux autres que sont « la
croissance et le développement inclusif » et « la
gouvernance démocratique et participative ».
C'est aussi armé de cette conviction que le
Bureau du Pnud pour l'Afrique intensifie ses
interventions en matière de résilience.
C'est dans cette perspective que nous mettons
actuellement en oeuvre des initiatives comme
notre Plan d'Action à l'appui de la résilience au
Sahel, en relation avec le Bureau des Nations
Unies pour l'Afrique de l'Ouest, l'Agenda
Résilience dans la Corne de l'Afrique avec l'IGAD,
la stratégie de croissance verte de l'Ethiopie, qui
est l'une des plus ambitieuses du monde, et le
renforcement des capacités des institutions de
résilience au Mozambique , pays qui est
aujourd'hui un leader régional dans la prévention
des catastrophes naturelles.
Nous comptons, suite à la requête des
gouvernements, massifier ces types
d'intervention à partir de nos divers programmes
nationaux et régionaux.
Excellence Monsieur le Président de la
République,
Honorables invites,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, en conclusion dire qu'il n'est pas
fortuit de lancer ce rapport ici en Côte d'Ivoire ;
pays qui expérimente un double processus
d'émergence ; émergence effective d'une
situation d'instabilité de plus d'une décennie
mais aussi émergence prononcée vers une
situation de croissance accélérée et qui se veut
inclusive. Ces deux moments d'émergence, qui
ont en commun la nécessité de réduire toutes
les formes de vulnérabilité, illustrent parfaitement,
la criticalité de la résilience comme assurance
pour une évolution stable, pacifique et inclusive
à chaque étape du processus de développement
économique et social.
Je vous remercie.
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
Intervention du Représentant
du Président de la République de Côte d’Ivoire
Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA
L
’allocution de Monsieur le Président de
la République a été prononcée par son
représentant, Monsieur Amadou Gon
COULIBALY. En effet, il a présenté les
excuses du chef de l’Etat, empêché puis
souhaité au nom du Président de la République
et au nom du peuple ivoirien, la bienvenue aux
hôtes. Il a exprimé la gratitude et les sincères
remerciements du Président de la République
à l’endroit du personnel du PNUD en général
et à l’administrateur du PNUD, Madame Helen
CLARK en particulier pour avoir fait honneur
à la Côte d’Ivoire en la choisissant pour abriter
la cérémonie du lancement africain du rapport
mondial sur le développement humain 2014.
Le Président de la République s’est réjoui de
la tenue de ses assises après celles relatives
au lancement du rapport semestriel du Fond
Monétaire International (FMI) sur les perspectives
économiques régionales en Afrique
subsaharienne et la rencontre des directeurs
régionaux des Agences du système des Nations
Unies. La publication du rapport est une
opportunité de dialogue politique et d’échanges
sur les problématiques du développement.
“
Le classement de la
Côte d’Ivoire au rang de
171ème sur 187 pays au
niveau de l’IDH montre que
des efforts ont été réalisés
certes mais qu’il faut en
faire davantage.
”
Par ailleurs, au moment où les pays s’efforcent
d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour la
Développement, les crises et les catastrophes
tant naturelles qu’humaines sont en passe
d’annihiler tous les progrès acquis. Les chocs
exogènes, l’instabilité financière, la volatilité des
prix des produits alimentaires sont autant de
défis auxquels la planète se trouve confronté.
Cependant l’impact des crises varient en
fonction des ères géographiques. Le rapport
indique que cette différenciation est due aux
politiques et mesures mises en place pour
réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience
des individus et des communautés face aux
crises. La performance de
l’Afrique
subsaharienne en termes d’Indice du
Développement Humain ne saurait être
surprenante car la croissance économique de
l’Afrique mesurée par
l’augmentation du Produit
Intérieur Brut a atteint le seuil
des 5% en moyenne et
supérieur à celle de tous les
continents à l’exception de
l’Asie.
Cela s’explique par les
réformes macro-économiques
et structurelles et au
renforcement de la stabilité
politique et institutionnelle. Les
perspectives indiquent que
l’Afrique subsaharienne offrira
des opportunités réelles
d’investissements pour les
prochaines années qui
pourraient transformer des
pays frontières en pays
émergents. Par conséquent,
l’industrialisation et la
transformation structurelle
sont fondamentales pour la
consolidation
et
la
pérennisation de la forte
croissance enregistrée en
Afrique au cours des dernières
décennies. Pour cela il faut poursuivre la
diversification des économies, accroître les
activités industrielles, renforcer le poids des
exportations de produits manufacturés dans le
commerce mondial et orienter les interventions
sur le marché du travail et de la protection
sociale vers la stimulation d’une croissance
économique inclusive, la création d’emplois
décents et la fourniture des services sociaux
de base. L’Afrique doit par la même occasion
réussir son intégration économique, renforcer
le financement endogène des investissements
nécessaires
à
la
transformation
socio-économique et tirer une meilleure partie
des dividendes démographiques.
Le classement de la Côte d’Ivoire au rang de
171ème sur 187 pays au niveau de l’IDH montre
que des efforts ont été réalisés certes mais qu’il
faut en faire davantage. Plusieurs indicateurs
indiquent que la Côte d’Ivoire poursuit son
repositionnement sur l’échiquier mondial,
reprend sa place de locomotive des économies
de la sous-région et a entrepris des mesures
visant à renforcer la coordination des
interventions
conformément
aux
recommandations de Busan. Au total des
vulnérabilités persistantes menacent le
développement humain et faute d’une approche
systémique par le biais de politiques et
réglementations sociales, les progrès ne seront
jamais équitables et durables. Il a formulé une
note d’espoir au vue de la qualité des
participants que nous aboutirons à des
conclusions et recommandations qui formeront
le corpus des stratégies de résilience de nos
économies dans le nouvel agenda du
développement et déclaré officiellement lancé
pour la région Afrique, le rapport sur le
développement humain 2014 du PNUD.
A la suite de cette allocution du Président de
la République lu in extenso par son représentant,
le Directeur Afrique du PNUD a remis
officiellement le rapport à Monsieur Amadou
Gon COULIBALY afin qu’il le transmette au
destinataire final, en l’occurrence le Chef de
l’Etat. Cette étape marquant la fin du cérémonial
d’ouverture a été sanctionnée par une photo
famille des officiels ivoiriens présents avec ceux
du PNUD, sous l’acclamation chaleureuse du
public.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
9
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
DISCOURS DE S.E.M LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
LU PAR LE MINISTRE D’ETAT, SECRETAIRE GENERAL DE LA PRESIDENCE.
Monsieur le Premier Ministre ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement;
Madame la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations
Unies en Côte d’Ivoire ;
Monsieur l’Administrateur Assistant et Directeur Régional du Bureau
Afrique du PNUD;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions
Internationales ;
Mesdames et Messieurs les représentants des Elus ;
Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs Centraux
et Chefs de service ;
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la
société civile et du secteur privé ;
Honorables invités ;
Mesdames et Messieurs ;
Je voudrais pour commencer, souhaiter au nom du peuple ivoirien et
en mon nom personnel, la bienvenue à Abidjan à nos hôtes, à l’occasion
de cette cérémonie de lancement, pour la région Afrique, du rapport
sur le développement humain 2014 du Programme des Nations Unies
pour le Développement (PNUD).
Aussi voudrais-je exprimer mes remerciements et ma profonde
gratitude à l’endroit des dirigeants du PNUD, d’avoir à nouveau honoré
la Côte d’Ivoire, en la choisissant pour abriter cette importante
rencontre, après que l’Administrateur du PNUD, Madame Hélène
Clark, ait effectué ici, son premier déplacement en septembre 2012.
La Côte d’Ivoire est d’autant plus honorée que cette rencontre intervient
quelques semaines après le lancement du rapport semestriel du
Fonds Monétaire International (FMI) sur les perspectives économiques
régionales en Afrique subsaharienne.
Cette rencontre intervient également après la tenue en mai à Abidjan
de la réunion des directeurs régionaux des Agences du Système des
Nations Unies.
Je saisis cette occasion pour exprimer une fois de plus, les
remerciements du peuple Ivoirien, au Système des Nations Unies
pour l’appui inestimable et multiforme dans les domaines de la
consolidation de la paix, de la sécurité et du développement durable
de la Côte d’Ivoire.
Je voudrais également saluer Monsieur Abdoulaye Mar Dièye,
Administrateur Assistant et Directeur Régional du Bureau Afrique du
PNUD, pour la constance de son amitié et de sa fraternité avec le
peuple de Côte d’Ivoire. Votre présence parmi nous ce matin, vous
permet de vous imprégner à nouveau de nos réalités après votre
excellent mandat ici en tant Représentant spécial adjoint du Secrétaire
Général à l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et
de Coordonnateur résident, Fonctionnaire chargé de la sécurité,
Coordonnateur humanitaire résident du PNUD sur la période
2003-2006.
Excellence
Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez, les enjeux de cette rencontre sont importants
car la publication du rapport sur le développement humain est une
grande opportunité de dialogue politique et d’échanges sur les
problématiques de développement.
Le thème de la 23ème édition intitulé : " Pérenniser le progrès humain
: réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience" est particulièrement
d’actualité. En effet, pendant que les pays accélèrent leurs efforts en
faveur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) avant l’échéance capitale de 2015, les moyens
10
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
d’existence et le développement pourraient être sapés par des crises
et des catastrophes tant naturelles qu’humaines qui éroderaient ainsi
les progrès ardemment acquis.
Le monde aujourd’hui demeure vulnérable aux chocs exogènes, à
l'instabilité financière, à la volatilité des prix des produits alimentaires
et aux différentes crises qui menacent des vies humaines et qui
ralentissent, voir freinent le développement humain.
Par ailleurs, l’impact des crises en termes de développement varie
d’une région à une autre. Le Rapport sur le développement humain
2014 indique à cet égard que cette différenciation tient aux politiques
et aux mesures mises en place pour réduire la vulnérabilité et pour
renforcer la résilience des individus et des communautés face aux
crises.
En particulier, en Afrique Subsaharienne, l’IDH a progressé atteignant
0,502 en 2013 contre 0,488 en 2010. L’Afrique subsaharienne
progresse même plus vite sur la période 2000-2013 (1,37%) que
certaines régions Arabes (0,85%), l'Europe et l'Asie Centrale (0,8%),
l'Amérique latine et les Caraïbes (0,62%). Par contre, cette progression
se réalise mais moins vite que l'Asie du Sud (1,39%).
Cette performance n’est pas surprenante quand on sait qu’au cours
de la dernière décennie, la croissance économique en Afrique, mesurée
par l'augmentation du Produit Intérieur Brut (PIB) en termes réels, est
de 5% en moyenne et qu’elle a été supérieure à celle de tous les
continents à l’exception de l’Asie.
Les bonnes performances économiques enregistrées en Afrique sont
dues aux réformes macro-économiques et structurelles engagées au
cours de la dernière décennie ainsi qu’au renforcement de la stabilité
politique et institutionnelle.
Aujourd’hui, les bonnes perspectives à moyen terme indiquent que
l’Afrique subsaharienne continuera à offrir au cours des prochaines
années, des opportunités réelles d’investissement, qui à terme
permettront de transformer de nombreux "pays frontières" en pays
émergents.
Excellence
Mesdames et Messieurs,
Il est indéniable que l’industrialisation et la transformation structurelle
sont essentielles à la consolidation et à la pérennisation de la forte
croissance enregistrée en Afrique au cours de la dernière décennie.
Pour relever ce défi, il nous faut poursuivre la diversification des
économies et accroître la part des activités industrielles dans nos
pays et renforcer le poids des exportations de produits manufacturés
dans le commerce mondial.
En outre, les politiques macroéconomiques et structurelles, les
interventions sur le marché du travail et la protection sociale doivent
être orientées vers la stimulation d'une croissance économique
inclusive, la création d'emplois décents et productifs et la fourniture
des services sociaux de base.
Ces préoccupations sont justement au centre de la position commune
de l’Afrique sur l’Agenda de développement de l’après 2015 inspirée
de la vision 2063 de l’Union africaine.
Dans ce cadre, le plan d’actions de l’Afrique porte sur l’impératif de
promouvoir l’efficacité de la coopération au développement, la
coopération sud-sud et triangulaire, la mobilisation des ressources
intérieures, le partage des connaissances et le renforcement des
capacités humaines et institutionnelles en vue d’accroître la valeur
ajoutée intra-africaine et le progrès technologique gage d’une
amélioration des moteurs de la croissance inclusive.
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
Cela nécessite, bien entendu, le développement des infrastructures
afin d’améliorer la productivité globale des facteurs, le développement
des compétences et du capital humain ainsi que l’amélioration de
l’environnement des affaires.
L’Afrique devrait, par la même occasion, réussir son intégration
régionale à travers la création de blocs régionaux capables de générer
des forces de traction régionales qui conduiraient à terme à l’amélioration
du commerce intra-régional et à un accès efficace aux marchés
mondiaux.
Dans cette perspective, d’importantes mesures d’uniformisation du
marché communautaire et d’ouverture commerciale ont été prises
par la CEDEAO avec l’adoption le 25 octobre 2013 à Dakar du Tarif
Extérieur Commun (TEC).
De même, les tarifs douaniers et les restrictions au commerce ont été
réduits partout sur le contient grâce à l’avancée de l’intégration
régionale et à la mise en place de grands projets d’infrastructures
régionaux.
Par ailleurs, dans l’optique de renforcer le financement endogène des
investissements nécessaires à la transformation socio-économique,
il convient de renforcer la mobilisation des ressources intérieures avec
une exploitation optimale du potentiel fiscal à travers l’élargissement
des espaces budgétaires de nos pays.
En outre, le chantier des réformes devrait permettre au continent de
tirer le meilleur parti des dividendes démographiques. Pour ce faire,
l’Afrique devrait améliorer de façon substantielle le taux de rétention
des revenus tirés des industries extractives tout en intégrant les
questions de résilience et de mitigation des chocs exogènes dans les
politiques de développement.
Excellence
Mesdames et Messieurs,
La Côte d'Ivoire est classée 171ème parmi 187 pays avec l'IDH qui
est de 0,452 en 2013 contre 0,439 en 2010. Ce qui montre que les
efforts que nous avons accomplis depuis 2011 commencent à porter
leurs fruits.
En effet, le taux de croissance du PIB qui a atteint 9,8% en 2012 est
ressorti à 9,1% en 2013 plaçant la Côte d’Ivoire parmi les pays à fort
taux de croissance en Afrique et dans le monde. L’inflation est restée
modérée en 2013 et les perspectives pour 2014 indiquent un taux
de croissance qui restera vigoureux dans un contexte d’inflation
maîtrisée.
Aujourd’hui, le CPIA de la Côte d’Ivoire est passé de 2,9 à 3,2.
Le rapport « Doing Business 2014 » quant à lui, indique que la Côte
d’Ivoire fait partie des dix pays les plus réformateurs au monde en
2012/2013.
La Côte d’Ivoire poursuit son repositionnement sur l’échiquier mondial
et reprend sa place de locomotive des économies de la sous-région
tant en termes de croissance inclusive que de gouvernance
économique.
Notre ambition est d’améliorer substantiellement la situation de notre
pays pour faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020.
Pour ce faire, nous continuerons inlassablement nos efforts pour
revenir dans le groupe de tête des pays africains les mieux placés
dans l’indice du Développement Humain du PNUD.
Cela implique la génération d’une croissance robuste, résiliente aux
chocs exogènes et capable de réduire la pauvreté et les inégalités
tant horizontales que verticales et de créer des emplois décents pour
les femmes et les jeunes.
Le chantier de réformes structurelles entreprises, notamment, la
normalisation de la situation sociopolitique et sécuritaire, l’amélioration
du climat des affaires, la bonne gouvernance et la lutte contre la
corruption, l’assainissement continue de la gestion des finances
publiques, l’adoption d’une nouvelle structure des prix aux producteurs
dans les grandes filières agricoles ainsi le développement du secteur
financier et des infrastructures pour faciliter l’approvisionnement des
marchés, contribuent à améliorer la productivité et le bien-être des
populations.
Le Gouvernement s’attèle par la même occasion à renforcer l’intégration
sous régionale avec la mise en oeuvre des grands projets régionaux
contenus dans le programme économique régional de l’UEMOA et
le programme communautaire de développement de la CEDEAO.
Par ailleurs, la Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays a entrepris des
mesures visant à renforcer la coordination des interventions dans la
droite ligne des recommandations de Busan.
Il me plaît à ce stade mon propos, de noter que la transformation
structurelle de l’économie ivoirienne est bien engagée avec la mise
en oeuvre d’une nouvelle stratégie d’industrialisation devant laisser
une large place à la transformation des produits agricoles et au
développement de la PME, ainsi qu’une nouvelle stratégie agricole
basée sur le développement des chaînes de valeur.
Excellence
Mesdames et Messieurs,
Les dernières estimations de l'Indice de pauvreté multidimensionnelle
(IPM) du PNUD révèlent que près de 1,5 milliard de personnes dans
91 pays en développement vivent en
situation de pauvreté marquée par des carences cumulées en matière
de santé, d'éducation et de niveau de vie. De plus, malgré une baisse
d’ensemble, près de 800 millions de personnes risquent encore de
basculer dans la pauvreté en cas de crise financière, naturelle ou
autre.
Au total, des vulnérabilités persistantes menacent le développement
humain et, faute d’une approche systématique par le biais de politiques
et des règlementations sociales, les progrès ne seront jamais équitables
ou durables.
C’est pourquoi, la publication du Rapport sur le développement humain
2014 à un moment clé du débat sur la création d'un nouvel agenda
de développement, après l'échéance des Objectifs du Millénaire pour
le Développement en 2015, me semble une excellente opportunité.
D’ores et déjà, les réflexions menées au niveau de l’Afrique montrent
la nécessité d’adopter des stratégies permettant à terme de transformer
les économies par la création de valeur ajoutée dans les secteurs des
produits de base et la diversification des économies dans des secteurs
créateurs d’emplois à forte productivité, notamment dans les secteurs
agricoles, manufacturiers et les services modernes.
C’est pourquoi l’Afrique réitère son voeu que le programme de
développement de l’après-2015 soit conçu pour stimuler la volonté
politique et l’engagement international en faveur d’un programme
universel axé sur l’éradication de la pauvreté et de l’exclusion sociale
tout autant que les progrès du développement durable.
C’est à cette seule condition que le voeu cher des populations de
voir l’Afrique devenir un continent intégré, prospère et stable, et qui
soit véritablement impliqué sur la scène internationale et dont les
populations vivent en paix et en sécurité ne peut qu’être une réalité.
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Je suis convaincu, au regard de la qualité des participants à cette
rencontre, que nous aboutirons à des conclusions et recommandations
qui formeront le corpus des stratégies de résilience de nos économies
dans le nouvel agenda de développement.
Je voudrais réitérer mes vifs remerciements aux organisateurs pour
toutes les facilités ayant permis la tenue de cette importante rencontre.
Je vous souhaite à toutes et à tous, un excellent séjour en Côte d’Ivoire
et plein succès à vos travaux.
Je ne saurais terminer sans féliciter le PNUD pour ces échanges qu’il
suscite pour nous aider à renforcer les capacités de résilience de nos
peuples et de nos concitoyens en vue d’un monde meilleur pour tous.
Ces sur ces mots que je déclare officiellement lancé, pour la région
Afrique, le rapport sur le développement humain 2014 du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD) tout en vous
remerciant d’avoir massivement participé à cette cérémonie.
Je vous remercie.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
11
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
PRESENTATION DES MESSAGES
CLES DU RDH 2014
Présentation de Monsieur Luc GREGOIRE,
Directeur Pays du PNUD en Côte d’Ivoire
Cette présentation s’est essentiellement
focalisée sur les points saillants du rapport.
Ainsi on peut retenir les points suivants :
AVANCÉES DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET OPPORTUNITÉS
√ Augmentation du
nombre de pays à IDH
très élevé
√ Réduction du nombre
de pays à IDH faible
√ Réduction des
inégalités de revenu entre
pays grâce aux avancées
des pays émergents
Nombre
de pays
12
DH très élevé
DH très élevé
37
DH élevé
DH élevé
45
DH moyen
DH moyen
47
DH faible
DH faible
1990
12
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
2013
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
LES PROGRÈS DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN EN AFRIQUE
Progression de l’IDH* de l'Afrique Subsaharienne
Progression rapide de l’IDH de l'Afrique Subsaharienne sur la période 2000-2013
* Indices de Développement Humains
LES PROGRÈS DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN EN CÔTE D’IVOIRE
La Côte d'Ivoire est:
Classée au 171ème rang parmi 187 pays
2014 IDH est en progrès (même si classement de la Côte d'Ivoire demeure inchangé entre 2008 et 2013)
Avec des taux de croissance équivalent à ceux de 2012-2013
Progression des investissements dans les secteurs sociaux
et productifs
Ciblage des groupes les plus vulnérables
L'IDH de la Côte d'Ivoire
pourrait en moins de 10
ans permettre d’entrer
dans la catégorie des
pays à IDH moyen
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
13
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
LES IDH ET LES INÉGALITÉS DANS LE MONDE
La croissance économique a été inégalitaire et peu inclusive :
•Indice de Gini > 40% dans + de 35 pays
•IDH ajusté aux inégalités > 0,5 dans les Etats Arabes, en Amérique Latine et aux Caraïbes
Le monde est vulnérable aux chocs, aux crises et catastrophes naturelles :
•Chocs et effets difficilement réversibles
•Menaces de vies humaines
•Coûts très élevés pour la reconstruction
•Ralentissement et parfois hypothèque de la dynamique de développement humain durable
Or, les inégalités à l’intérieur des pays sont identifiées comme étant un des principaux
obstacles au développement humain et un frein puissant à l’accomplissement des
Objectifs du Millénaire pour le Développement /Objectifs de Développement Durable.
Le monde est vulnérable aux chocs, aux crises et catastrophes naturelles :
•Chocs et effets difficilement réversibles
•Menaces de vies humaines
•Coûts très élevés pour la reconstruction
•Ralentissement et parfois hypothèque de la dynamique de développement humain durable
C’est pourquoi, pour la première fois, les enjeux majeurs de la Résilience et les facteurs de
vulnérabilité sont examinés conjointement à travers le prisme du développement humain.
LES CONTRAINTES DE PAUVRETÉ
Pauvreté multidimensionnelle
Population (2,5 milliards)
Pauvreté de revenus
1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 $ / j et 1,5
milliard vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle
14
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
LES VULNÉRABILITÉ ET LES DÉFIS SOCIAUX PRIORITAIRES
Absence
de protection sociale
Travail précaire
informel
Privation cumulée
(éducation, santé,
niveau de vie)
Malnutrition
LA GOUVERNANCE EST AFFECTÉE PAR L'ÉVOLUTION
DU NOMBRE DE CONFLITS ARMÉS
Nombre de 60
40
30
20
Internes
10
Non étatiques
10
Interétatiques
0
1950
1960
•+1,5 milliard de personnes
touchées par des conflits,
(1/5 PM)
1970
1980
1990
•Accroissement (x2) du
nombre de conflits internes et
internationalisés depuis 2003
2000
2010
•45 millions de
personnes déplacées
par les conflits
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
15
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
LES DÉFIS DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES JEUNES
200
300
Offre de main d’oeuvre
200
Progrès
160
100
Base
120
2010
Demande de main d’oeuvre
2020
2030
2040
2050
2010
Asie du Sud
2020
2030
2040
2050
Afrique subsaharienne
LES ÉCARTS ENTRE L'OFFRE ET LA DEMANDE DE L'EMPLOIE S'ÉLARGISSENT EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
8 000
LES INITIATIVES
ET OPPORTUNITÉS EN FAVEUR DE LA PROTECTION SOCIALE
7PIB
000
Par habitant
(USD)
6 000
Danemark : Assurance
maladie (1892)
5 000
Costa Rica :
Dépenses SSE (1949)
4 000
3 000
Suède : AM (1891)
2 000
Ghana : Couverture sanitaire
universelle (2004)
1 000
Corée : DSSE (1960)
0
Bangladesh
16
Inde
Népal
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
Pakistan Sri Lanka
FOCUS
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET LES VULNÉRABILITÉ
√ Emissions de dioxyde de
Hectares globaux par habitant
carbone 90/185 > Seuil mondial
Moyenne
6
Biocapacité
Empreinte écologique
√ Empreinte consommation
> Biocapacité mondiale
√ + 25% / Fréquence et intensité
des catastrophes naturelles
Développement
humain faible
3
Développement
humain très élevé
√ Volatilité des prix (30%) et des
productions (11%) / CC
√ 200 millions de victimes des
catastrophes naturelles
√ 800 millions de personnes
vulnérables / trappes de pauvreté
Développement
humain moyen
Développement
humain élevé
LES ORIENTATIONS DE POLITIQUE EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN DURABLE :
Les politiques publiques doivent être pragmatiques et volontaristes, pour relever des défis nouveaux :
o Changement climatique
o Emploi des jeunes
o Transferts de technologie
La diversité des expériences et la spécificité des contextes exclus des prescriptions politiques globales :
il existe autant de chemins menant au développement humain que de conditions historiques, politiques,
et institutionnelles.
Les dynamiques peuvent être vertueuses lorsque les pays s’engagent sur la double voie de la transition :
o Institutions de marché inclusives
o Institutions politiques consensuelles
Les orientations de politique en matière de développement humain durable :
Le progrès et sa durabilité sont possibles :
•Promouvoir des politiques économiques et sociales affinées et inclusives,
•Veiller à des arbitrages sur les allocations des ressources intra et intersectorielles
•Valoriser les initiatives à haut impact environnemental pour la gestion des terres et des ressources
Une gouvernance mondiale redéfinie et des institutions mondiales plus démocratiques pour promouvoir :
•un environnement économique et financier stable et soutenable, à long terme
•la mise en place de règles commerciales et d’investissement équitables et efficaces
•la résilience ou l’adaptation au changement climatique
Le Rapport délivre également un message majeur concernant la nécessité d'accroitre le volume des
financements au profit de la protection sociale et environnementale.
DES SOCLES DE PROTECTION SOCIALE POUR ORIENTER LES INDIVIDUS
ET LES INSTITUTIONS SUR LE LONG TERME ET LORS DES CRISES
L'accès universel à des services sociaux de base doit renforcer la résilience et la cohésion sociale.
Les capacités institutionnelles doivent être promues pour accompagner la demande sociale, réduire
les vulnérabilités et améliorer les normes sociales ainsi que les espaces de dialogue politique, juridique et s.ocial.
Le traitement des vulnérabilités du cycle de vie doit être mieux appréhendé par les institutions spécialisées :
la planification est importante et les ressources doivent être disponibles là où elles sont le plus nécessaires
Les approches en termes de droit et de liberté humaine sont fondamentales et le dialogue des politiques et la
coordination des actions de développement doivent être encouragés pour une utilisation rationnelle et durable
des ressources.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
17
#rdh2014 ( Rapport sur le développement humain 2014 )
FOCUS
PANEL PRÉSIDÉ
PAR LE MINISTRE D’ETAT,
MINISTRE DU PLAN ET
DU DÉVELOPPEMENT
Le panel était composé du Ministre auprès du
Président de la République chargé de la Défense,
du Directeur Afrique du PNUD, du
Coordonnateur du système des Nations Unies
en Côte d’Ivoire et de l’économiste principal du
PNUD-Côte d’Ivoire. Le modérateur du panel,
le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du
Développement dans une brève intervention
introductive a remercié le PNUD pour son appui
massif à la Côte d’Ivoire. Il s’est félicite de la
convergence de vue sur les défis à relever.
Cependant il a souligné des points à prendre
en compte à savoir : l’évaluation de l’apport du
système mondial et le système de gouvernance
mondiale dans la vulnérabilité systémique ;
l’impossibilité du gouvernement à résoudre seul
tous les problèmes des populations, la
promotion du libéralisme sociale, un partenariat
mondial permettant aux pays surtout du sud de
bénéficier des ressources internes, la faiblesse
de mobilisation des ressources fiscales, un
arbitrage de la redistribution des revenus sont
autant d’éléments en prendre en compte dans
la vulnérabilité structurelle. Il a conclu en
annonçant que le secrétariat Afrique du suivi du
partenariat mondial pour une coopération
efficace au service du développement adopté
à Busan en Corée du Sud sera basé à Abidjan.
Après cette introduction, la parole fut donnée
aux participants pour réagir. Ainsi les questions
et commentaires ont porté sur : la méthodologie
utilisée pour la rédaction du rapport ainsi les
indicateurs, le financement du PND, la question
de sécurité, du genre, de la déperdition des
ressources au niveau de l’Etat, la reforme de la
gouvernance mondiale, l’incompatibilité entre
le libéralisme pure et dure et la promotion du
libéralisme social, la question de l’emploi des
jeunes etc.
Toutes ces préoccupations ont reçu des
réponses appropriées. En effet l’instabilité,
l’harmonisation, la comparabilité, l’IDH,
LA CONFÉRENCE DE PRESSE.
La conférence de presse a été animée conjointement
animé par le Directeur Afrique du PNUD et le
Représentant Résident du PNUD en Côte d’Ivoire. Cette
occasion a été une opportunité offerte à la presse de
s’imprégner des réalités liées au RDH et relatif au
développement humain afin qu’elle relayer l’information
auprès de l’opinion publique nationale et internationale.
Les animateurs se sont prêtés ensuite aux questions des
journalistes présents.
Rédigé par : Monsieur OUATTARA Diakalia
-Secrétaire Adjoint aux Relations Extérieures de la
Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI)
-Point focal du Partenariat des OSC sur l’efficacité
du Développement (POED)
18
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
l’espérance de vie, le revenu par habitant, la
durée de vie à l’école etc. sont autant
d’indicateurs qui sont pris en compte pour la
rédaction du rapport. L’exemple des BRICS a
été un cas illustratif pour expliquer la notion de
libéralisme et la promotion du libéralisme social,
le tout se résumant dans une volonté politique
de décider de l’orientation qui sous-tend la
politique de développement de chaque pays.
Au sujet de la mobilisation des ressources
internes, la Côte d’Ivoire a les moyens de sa
politique a mentionné un paneliste pour assurer
son leadership dans la sous région ouest
africaine. Cependant, il lui faudra un
accompagnement des partenaires.
S’agissant du genre, pour le Ministre de la
Défense Monsieur KOFFI KOFFI Paul, des efforts
énormes ont été consentis par l’Etat ivoirien
notamment l’intégration de la gente féminine
dans l’armée par exemple 20% des admis à
l’Ecole Militaire Préparatoire Technique (EMPT)
sont des filles, école des sous-officiers : 18 filles
sur un effectif de 230, école des officiers :
10 filles sur 85 et l’ouverture en 2015 du
concours de la gendarmerie aux filles en 2015.
Enfin au titre du financement, un paneliste a dit
que 60 milliards de dollars sortent de l’Afrique
dans le cadre du transfert illicite des devises à
l’extérieur. Alors un effort reste à faire dans ce
domaine. Enfin une position commune africaine
a été adoptée pour un meilleur suivi du
partenariat mondial a ajouté le modérateur du
panel avant de conclure.
FOCUS
Audience du Directeur Afrique du PNUD avec le Président de la République
LE DIRECTEUR DU BUREAU AFRIQUE DU PNUD A EU UN ENTRETIEN
AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE.
L
e Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA, s’est
entretenu, ce mardi 05 Août 2014, au Palais de la Présidence de
la République, avec M. Abdoulaye Mar DIEYE, Directeur du Bureau
Afrique du PNUD.
Au terme de l’entretien, M. Abdoulaye Mar DIEYE a indiqué être venu,
au nom de l’Administrateur du PNUD, Mme Helen CLARK, remercier le
Chef de l’Etat pour avoir bien voulu accepter que le Rapport sur le
Développement Humain (RDH), édition 2014, dont le thème est « Pérenniser
le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience »,
soit lancé en Côte d’Ivoire.
M. Abdoulaye Mar DIEYE a également souligné avoir fait, avec le Chef
de l’Etat, un tour d’horizon du partenariat de très grande qualité qui existe
entre le PNUD et la Côte d’Ivoire et décidé de l’intensifier, à travers
notamment un appui à la finalisation des travaux du Recensement Général
de la Population et de l’Habitat 2014.
Pour terminer, le Directeur du Bureau Afrique du PNUD a révélé que le
Président de la République a encouragé son Organisation à renforcer le
‘’partenariat excellent’’ entre le PNUD et la Côte d’Ivoire.
Il a, en outre, souligné avoir profité de l’occasion pour restituer au Président
Alassane OUATTARA les travaux de lancement du Rapport sur le
Développement Humain (RDH).
Le Directeur du Bureau Afrique du PNUD a ajouté avoir convenu avec
le Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement, M. Albert MABRI
TOIKEUSSE, d’aller plus loin dans les réflexions et d’organiser une
Rencontre afin d’obtenir un Rapport national sur les questions de
vulnérabilité et de résilience débattues au cours des travaux de lancement
du RDH.
En outre, M. Abdoulaye Mar DIEYE a révélé avoir échangé avec le
Président de la République sur la question fondamentale de l’émergence
qui est centrale dans la politique de développement de la Côte d’Ivoire.
A cet égard, il a relevé la volonté de son Organisation de s’inspirer de
l’expérience ivoirienne en la matière et d’organiser au début de l’année
prochaine, une Conférence internationale sur l’émergence sous le haut
patronage et la direction du Président Alassane OUATTARA avec la
participation de l’Administrateur du PNUD et d’autres Invités de très haut
niveau.
Par ailleurs, le Directeur du Bureau Afrique du PNUD a salué le rôle
primordial joué par la Côte d’Ivoire à Mexico lors de la Conférence sur
le partenariat mondial et s’est réjoui de la conservation, par ce pays, du
poste de Secrétariat technique de cette Conférence; avant
d’indiquer que le PNUD serait prêt à apporter son appui à la Côte d’Ivoire
dans la gestion de ce Secrétariat.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
19
DOSSIER
PROGRAMME YALI : Young African Leaders Initiative.
Un Volontaire national des Nations Unies a participé
aux USA au Programme du Président Barak Obama
Jordan SERA
Interview réalisée par Youssouf DIARRA
Titulaire d’une Maîtrise en Anglais et d’une Maîtrise Professionnalisée en Santé Publique, Jordan SERA est un jeune activiste
et un entrepreneur social qui travaille sur les questions liés à la participation des jeunes au développement et à l’éducation.
Il est le coordinateur de l’Association « Tous Unis » et volontaire sur les questions de jeunesse à l’Université du réSEAU
ASPnet de l’UNESCO CI. Jordan est engagé dans la promotion de la participation des jeunes dans le processus de prise de
décision au niveau local, régional et international. Jordan SERA travaille également pour l’engagement des jeunes ivoiriens
dans le partenariat mondial pour la Jeunesse dans l’Agenda Post 2015. Volontaire en ligne des nations unies, il vient de
participer au Programme du Gouvernement Américains Young African Leaders Initiative (YALI) Jordan SERA, à travers cette
interview, nous parle du programme YALI, de ses projets et de son engagement dans le volontariat.
1.Depuis quand êtes vous engagés en
qualité de volontaire et en quoi consiste
votre travail ?
Je suis un volontaire en ligne des Nations
Unies depuis Mars 2013. J’ai dans le cadre
de cette mission effectué deux tâches de
traduction pour Plan International Irlande et
pour Youth Service of America avant de me
lancer dans des projets différents : j’ai élaboré
deux propositions de projets sur la santé
sexuelle et reproductive au Cameroun pour
l’Organisation de la Jeunesse Africaine dans
lesquels j’ai contribué à l’élaboration des
projets, la préparation des propositions de
budgets, les stratégies de mobilisation de
ressources et la mise en place d’outil de suivi
et d’évaluation.
L’ensemble de ses activités m’ont permis
d’être le représentant de la jeunesse
20
ivoirienne à des conférences internationales
qui ont été organisées par l’UNESCO, le
PNUD, l’ONU-Habitat, l’Union Africaine et
l’Union Panafricaine de la Jeunesse en
France, au Soudan, au Kenya et en Ethiopie.
2. A l’instar de 500 jeunes africains, vous
venez de participer à Washington, aux
USA, au Programme de Jeunes Leaders
Africains organisés par le Président
Américain. Comment avez-vous été
sélectionné ?
Le Programme de Jeunes Leaders Africain
du Président Américain Barak Obama a
suscité l’intérêt de beaucoup des jeunes sur
le continent africain à telle enseigne que
50 000 jeunes africains ont soumis leur
candidature pour 500 places disponibles
cette année.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
J’ai donc été soumis à un processus de
sélection rigoureux basé sur la pertinence du
profil du candidat, le projet à développer au
retour du programme, un test écrit et une
interview. J’ai finalement été sélectionné avec
11 autres jeunes ivoiriens pour représenter la
Côte d’Ivoire au YALI 2014.
4. En quoi consiste ce programme et que
représente-t-il pour vous ?
Le YALI est une initiative du président
Américain Barak Obama qui a été conçue
pour développer le leadership des jeunes
africains en matière de gestion administrative,
d’entrepreneuriat et de leadership civique. Il
va se dérouler en 3 phases :
La première étape est la formation des jeunes
africains sélectionnés dans 20 prestigieuses
universités américaines.
DOSSIER
PROGRAMME YALI : Young African Leaders Initiative.
En plus, ils vont financer les projets des
participants au Programme, développer des
opportunités de stages en Afrique, de
Mentoring et assister les participants au
Programme dans le développement de leur
carrière professionnelle. A la fin du Sommet
chaque participant a eu un diplôme de
participation signé par le Président Américain
Barack Obama.
La deuxième étape est la participation des
500 jeunes sélectionnés à un Sommet à
Washington qui verra la participation du
Président Obama, des membres du
gouvernement Américain, des chefs des
organisations non gouvernementales et des
entreprises américaines.
La troisième étape est une opportunité de
stage de 8 semaines aux Etats Unis pour 100
des 500 jeunes leaders dans l’administration
publique, les entreprises ou les organisations
non gouvernementales américaines.
Le programme YALI représente un tournant
majeur dans ma carrière car il me permettra
de renforcer mes capacités, de partager mon
expérience d’étendre mes réseaux de
connaissances et de développer de
nouvelles compétences. Mais au-delà, le
YALI me permettra de partager ma vision
avec beaucoup plus de jeunes en Côte
d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. Cette
vision est que le développement ne peut se
faire sans la participation des générations
présentes et futures que représente la
jeunesse.
5. Qu’avez vous fait exactement au
Mandela Washington Fellowship For
Young African Leaders
Du 15 Juin au 31 Juillet 2014, j’ai eu le
privilège de participer au Mandela
Washington Fellowship For Young African
Leaders aux Etats Unis.
Les différentes filières de formation sont la
gestion des affaires publiques, le business et
l’entrepreneuriat et le leadership civique. Les
participants au Programme ont donc été
repartis par groupe de 25 dans 20 universités
américaines pour des formations dans leurs
filières respectives.
Dans le cadre de cette formation, j’ai été
placé à l’Université du Delaware, à Newark
dans l’Etat du Delaware avec 24 autres
jeunes provenant de 19 pays africains.
L’essentiel du programme s’est articulé
autour de la formation en leadership, en
management des organisations, gestion des
médias et des médias sociaux en relation
avec la société civile et des ONG africaines
du continent.
Aussi, avons-nous dans le cadre du
Programme
entrepris
des
visites
hebdomadaires dans les entreprises ou des
organisations non-gouvernementales de
l’Etat tels que AIDS Delaware, Easter Seals,
TeenSharp, Delaware Center for Justice,
Center for Community Justice, Henrietta
Johnson Medical Center et West Center pour
apprendre de l’expérience américaine en
matière de gestion des Organisations à but
non lucratifs et des entreprises sociales.
En outre, nous avons eu l’opportunité
d’échanger avec les Autorités politiques de
l’Etat du Delaware que sont le Gouverneur
Jack Markell, le Senateur Christ Coons et le
Représentant de l’Etat au Congrès John
Carney sur les relations entre les Etats Unis
et l’Afrique et le développement du
leadership des jeunes africains.
Par ailleurs, la participation à des activités
culturelles comme la fête de l’Indépendance
Américaine, le Festival Annuel de Newark à
Maine Street, et les visites à New York, New
Jersey, Baltimore et Philadelphie, nous ont
exposés à l’histoire et à la vie quotidienne des
américains.
Après cette formation de 6 semaines, es 500
participants aux programmes ce sont
retrouvés à Washington D.C. pour le Sommet
Présidentiel avec le Président Américain
Barack Obama, John Kerry, Michelle Obama
et les membres de l’administration
américaine.
Au cours de ce Sommet, les échanges ce
sont articulés autour de l’intérêt des Etats
Unies pour l’Afrique et sa jeunesse et les
moyens de pérenniser cette initiative pour les
jeunes africains à leur retour sur le continent.
Les Etats Unis prévoient à cet effet, de
développer quatre centres régionaux au
Sénégal, au Ghana, au Kenya et en Afrique
du Sud et 3 incubateurs en Côte d’ivoire, au
Zimbabwe et en Afrique du Sud.
6.Quelles sont vos perspectives
J’ai également eu l’opportunité d’avoir
été sélectionné par le Bureau de la
Première Dame Michelle Obama pour
promouvoir son initiative en faveur de
l’Education de la Jeune fille en Afrique.
Mon objectif après ma participation à un
programme si enrichissant est de partager
les connaissances et les compétences
acquises avec d’autres jeunes ivoiriens en
vue de renforcer leur leadership et de
promouvoir la contribution des jeunes
ivoiriens au développement social du pays.
7.Quel message avez-vous à
transmettre aux jeunes ivoiriens
et africains de votre âge ?
Le message que je veux transmettre à la
jeunesse est simple : il faut toujours travailler
sans se relâcher, être patient et croire en
notre potentiel et le mettre au service de nos
communautés. C’est ainsi que nous
parviendrons à être des acteurs
incontournables du développement de notre
pays et de tout le continent africain.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
21
Développement Durable
LUCARNE :
VILLE ET DEVELOPPEMENT DURABLE :
PROBLEMATIQUE DES VILLES DURABLES EN COTE D’IVOIRE
S
elon l’ONU, une ville est définie comme
une unité urbaine (un « établissement
humain ») étendue et fortement peuplée
dont les habitations à forte densité, sont à moins
de 200 m chacune, par opposition aux villages.
Elle concentre la plupart des activités humaines :
habitat, commerce, industrie, éducation, politique,
culture.
Les principes qui gouvernent la structure et
l'organisation de la ville sont étudiés par la
sociologie urbaine, l'urbanisme ou encore
l'économie urbaine.
Ainsi, la ville se caractérise par les fonctions
urbaines qui regroupent l'ensemble des activités
administratives, industrielles et commerciales
exercées à l'intérieur de l'agglomération et sur
les espaces qu'elle polarise.
L’établissement du profil de la ville est divers,
selon chaque pays, en fonction des
caractéristiques de la taille et des fonctions
diverses. En Côte d’Ivoire, il est définit comme
ville, tous chefs lieux de départements, tous chefs
lieux de sous préfectures avec une population
ayant 50% d’activités non agricoles.
L'ONU estime que 2008 fut l'année où pour la
première fois dans l’histoire de l'humanité, plus
de la moitié des humains résident dorénavant
dans une ville. Cette étude montre d’une part,
l’intérêt que représentent les villes aujourd’hui
pour les populations et d’autre part, les menaces
qui planent sur celles-ci à savoir ; le chômage, la
pauvreté, l’insécurité alimentaire, l’insalubrité et
la dégradation de l’environnement, l’inadéquation
des infrastructures préexistantes (hôpitaux, écoles,
lmarchés) et des services fondamentaux (accès
à l’électricité, l’eau potable, l’assainissement…)
Il faut donc repenser la structure et l’organisation
de la ville avec l’aide de nouvelles technologies
capable d’assurer sa durabilité, tant dans le temps
que dans ses fonctions urbaines.
C’est à cet effet qu’il est opportun de parler de
ville verte ou de ville durable en Côte d’Ivoire,
appelée à être émergente à l’horizon 2020.
Qu’est ce qu’une ville verte
ou une ville durable ?
Si la ville verte se définit comme une ville qui met
l’accent sur la préservation de l’environnement,
la ville durable est une antité à vocation encore
plus large puisqu’elle ira au-delà de l’aspect
écologique pour associer l’aspect politique, social,
économique et culturel.
La ville durable, selon la FNAU, est une ville
qui a quatre dimensions suivantes.
22
Dr Gustave ABOUA
Elle doit être compacte, économe, sécurisée et
nature. D’autres définitions de la ville durable,
comme celle de C. Emelianoff (2005) s’appuie
sur les principes suivants : La ville durable est
une « ville capable de se maintenir dans le temps
» grâce à une distance critique par rapport au
présent. C’est-à-dire la capacité de la ville à se
redéfinir ; la ville durable est une ville qui offre une
qualité de vie en tous lieux et des différentiels
moins forts entre les cadres de vie. L’un des
principes de constitution de cette ville est la mixité
fonctionnelle (contre la séparation des fonctions
prônée par l’urbanisme des années 1960),
l’émergence de nouvelles proximités et la
diminution de la mobilité contrainte ; la ville durable
est une ville qui se réapproprie un projet politique
collectif.
En un mot, la ville durable est une ville qui met
en jeu un projet environnemental, économique
et social. On retrouve là les trois piliers du
développement durable. Mais l’organisation de
la vie urbaine introduit également une dimension
politique non négligeable, puisque la gouvernance
locale fait également partie des enjeux de la ville
durable.
neutralité ou de durabilité écologique ou
environnementale. La ville est dite « neutre »
lorsqu’elle est sans impact négatif, (ou avec des
impacts remboursés en termes de bilan global)
sur son environnement local et mondial. C'est
un enjeu et objectif majeur dans un quartier (ou
ville) durable. Il concerne la consommation
d'énergie, mais aussi tous les domaines ayant
un impact sur les ressources naturelles ou
humaines. Pour cela, il faut avoir des objectifs
énergétiques et environnementaux précis.
La préservation de l’équilibre et de la résilience
des écosystèmes est primordiale dans la durabilité
ou la neutralité environnementale.
Au niveau de la durabilité environnementale, on
peut envisager plusieurs objectifs notamment :
Les objectifs énergétiques
-Privilégier la Sobriété énergétique
Par exemple en France, en un an, un Français
consomme en moyenne 3 tonnes équivalent
pétrole d'énergie. Pourtant, des gestes simples
et quotidiens permettraient de réduire cette
consommation de moitié.
L'éclairage représente en moyenne 15 % d'une
facture d'électricité. Pour en diminuer sa charge,
il faut profiter au maximum de la lumière du jour,
éteindre les lumières dans les pièces vides, et
utiliser des lampes à basse consommation (des
La mise en place d’une ville durable doit
ampoules économiques).
s’appuyer sur le trinôme
Pour les ménages dont le chauffage électrique
environnement-social-économie.
est l'un des principaux postes de consommation
d'énergie, il faudrait :
a- Au niveau environnemental
•utiliser des appareils ménagers de classe A. Des
normes ont été établies pour classer les appareils
Une ville durable doit adopter le principe de selon une échelle de A à F : la catégorie A
Comment mettre en œuvre
une ville durable ?
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
Développement Durable
LUCARNE :
représente ceux qui ont une faible consommation,
et la F ceux qui ont la plus forte consommation ;
•éteindre les appareils ménagers plutôt que de
les laisser en veille. En effet, les appareils en veille
représentent quasiment 10 % de la consommation
d'électricité tout confondu ;
•utiliser les programmes « éco » des lave-linge
ou lave-vaisselle ;
•utiliser des protections solaires comme les volets,
les pare-soleils, les humidificateurs…
Dans un quartier durable, les maisons doivent
être capables d’assumer elles-mêmes leurs
consommations d’énergies, ou en tout cas une
partie de leurs consommations. Pour se faire,
elles sont construites de façon à s’autoalimenter
en énergie : des panneaux solaires sont installés
sur les toits ou sur les façades, les eaux de pluies
sont récupérées au maximum, l’isolation est
améliorée pour ne pas perdre de chauffage et
donc ne pas gaspiller. Les équipements fournis
sont de type économiques, de catégorie A. Les
matériaux de construction sont non polluants et
recyclables…
hydroélectrique, l’énergie solaire, la biomasse...
Ces énergies sont généralement celles les plus
utilisées à travers les pays et les moins onéreuses.
De plus, elles sont aussi les mieux maîtrisées.
Une énergie renouvelable est une source d'énergie
qui se renouvelle assez rapidement pour être
considérée comme inépuisable à l'échelle de
l'homme. Les énergies renouvelables sont issues
de phénomènes naturels réguliers ou constants
provoqués par les astres, principalement le Soleil
(rayonnement), mais aussi la Lune et la Terre
(énergie géothermique). La notion d'énergie
renouvelable est souvent confondue avec celle
d'énergie propre.
Cependant, même si une énergie peut être à la
fois renouvelable et propre, quelques-unes ne
peuvent être classées que dans une seule de ces
catégories. Par exemple, le solaire photovoltaïque
est renouvelable mais produit des déchets
contenant des métaux lourds tandis que la
production d'électricité à partir de charbon avec
séquestration du CO2 s'approche d'une énergie
propre mais n'est pas renouvelable.
- Réduire ou supprimer les besoins en
énergies fossiles
Les énergies fossiles correspondent aux énergies
que l’on produit à partir de roches issues de la
fossilisation des êtres vivants : pétrole, gaz naturel,
et charbon.
Ces énergies sont en quantité limitée, elles sont
donc épuisables. Pourtant, la consommation de
ces énergies ne cesse de croître. Par exemple,
par suite de la diminution des réserves de pétrole
l’exploitation devient de plus en plus difficile et
chère, et cela se ressent sur l’économie : le prix
du baril de pétrole a explosé de 2003 à 2008,
lors du troisième choc pétrolier. L'approche du
pic pétrolier mondial et la perspective de la
déplétion du pétrole vont rendre urgente la
recherche de solutions pour réduire notre
dépendance au pétrole.
De plus, les combustibles fossiles contribuent
massivement au réchauffement climatique par le
phénomène de « l’effet de serre » à cause du
dioxyde de carbone (CO2) que leur combustion
rejette dans l'atmosphère tout en la polluant. Ces
sources d'énergie présentent des risques de
catastrophes majeures : marées noires, explosions
de gazoducs…etc.
Ces énergies coûtent cher, polluent, sont
épuisables, et sont dangereuses pour la santé.
C’est pourquoi il faut en réduire la consommation
le plus tôt possible.
Les enjeux pour la Côte d’Ivoire
-S’orienter vers les énergies propres et
renouvelables.
Une énergie propre ou énergie verte est une
source d'énergie qui ne produit pas de polluants.
Le concept d'énergie propre est distinct de celui
d'énergie renouvelable: le fait qu'une énergie se
reconstitue, n'implique pas que les déchets
d'exploitation de cette énergie disparaissent, ni
le contraire. Les sources d'énergie généralement
citées comme énergie propre sont les énergies
géothermiques, l’énergie éolienne, l’énergie
En Côte d’Ivoire l’ambition du Président de la
République et du Gouvernement est d’accélérer
la transition énergétique vers les énergies
renouvelables (EnR). En effet, la Côte d’Ivoire
dispose d’un important potentiel en matière d’EnR
notamment avec le solaire, la biomasse et l’énergie
hydraulique à petite échelle qui se traduit par :
•un réseau hydrographique dense et permanent
;•une pluviométrie abondante couvrant toute
l’étendue du territoire national;
•une biomasse importante représentant la source
d’énergie la plus utilisée avec 73% de la
consommation totale d'énergie domestique ;
•un ensoleillement qui s’étend pratiquement sur
toute l’année et partout dans le pays.
Les raisons de la transition vers les énergies
renouvelables sont multiples :
•réduction des externalités écologiques négatives
du système énergétique actuel (gaz à effet de
serre, pollution du sol et des eaux,..) ;
•fourniture d’électricité dans des régions éloignées
ou non reliées au réseau national ou en cas de
défaillance (coupure ou délestage) comme
système de secours ;
•exploitation de l’important gisement des
ressources renouvelables jusqu’à présent très
peu exploité;
•possibilité de mobiliser des investissements
privés de petite envergure pour la production
décentralisée d’électricité ;
•baisse des prix mondiaux de l’énergie dans un
contexte d’augmentation rapide de la demande
mondiale d’énergie du fait de l’accroissement de
la production d’énergie de source renouvelable ;
•création de possibilités d’emploi (une
préoccupation essentielle des pouvoirs publics)
due à l’accroissement des investissements dans
les énergies renouvelables.
•Le développement des énergies renouvelables
permet d’assurer la sécurité climatique,
énergétique et alimentaire pour toutes les
populations notamment les plus vulnérables et
donc de lutter contre la pauvreté.
De ce qui précède, le secteur des énergies
renouvelables bénéficie actuellement, en Côte
d’Ivoire, d’une réelle volonté politique dont le
cadre institutionnel et réglementaire est en pleine
mutation.
Les objectifs
environnementaux
-Recycler les déchets
Une gestion rationnelle des déchets fonée sur le
tri sélectif implique des coûts supplémentaires
Dr Gustave ABOUA
Directeur Général du Développement Durable
au Ministère de l’Environnement, de la Salubrité
Urbaine et du Développement Durable de Côte
d’Ivoire. Enseignant-chercheur à l’université
NANGUI ABROGUA (ex université
Abobo-Adjamé)
Dr ABOUA Gustave est titulaire d’un Doctorat
(PhD) en Sociologie de l’Environnement à
l’Université LAVAL du Québec, Canada, en
1999.
En 2000, il obtient le diplôme d’Etudes
Supérieures Spécialisées (DESS) en
Management Public de l’Environnement et du
Développement Durable à l’école
d’Administration Publique (ENAP) de Montréal
après y avoir complété un Certificat en
Management Public.
Dr ABOUA a été consultant sur plusieurs
projets des organisations des Nations Unies,
de la BAD, de la Banque mondiale en gestion
de l’Environnement et du développement
Durable.
Depuis Avril 2012, Dr ABOUA Gustave a été
nommé Directeur Général du Développement
Durable au Ministère de l’Environnement, de
la salubrité Urbaine et du Développement
Durable de la Côte d’Ivoire.
Dr ABOUA est Membre de plusieurs réseaux
mondiaux pour la promotion du
Développement Durable et l’élaboration de
l’Agenda Post-2015.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
23
Développement Durable
LUCARNE :
dus à la complexification des étapes de la collecte
et du traitement. Pourtant, dans la plupart des
cas, les communes peuvent réussir à tirer un bilan
financièrement positif grâce à la valorisation des
déchets recyclables. Le tri des déchets est un
point positif dans la protection de l’environnement
: il permet de le préserver, en utilisant les matériaux
recyclés, au lieu d’aller chercher ces mêmes
matériaux dans la nature. Le troisième point positif
du tri sélectif est enfin la responsabilisation du
citoyen, qui a là un moyen simple de contribuer
à la bonne gestion de la collectivité et à la
préservation de l’environnement, en prenant
conscience qu'un geste individuel, aussi simple,
peut avoir des retombées globales. Des bacs à
différents compartiments encouragent le tri des
déchets qui ne peuvent être compostés dans les
jardins, de même que des aires d’apports
volontaires créées à proximité.
besoins des familles et de mixité sociale vise
généralement une offre diversifiée en logement
(taille, localisation, accessibilité aux handicapés
et personnes âgées, propriété privée,
communautaire ou location..), tout en visant à
concilier les meilleures conditions de vie avec les
avantages d'un milieu urbain, pour produire les
conditions d'un bien-être social et de l'ascension
sociale. C’est pourquoi, il faut promouvoir les
logements sociaux. Ce ne sont pas des « ghettos.
» ils doivent être protégés par des conditions de
plafonds et de ressources en fonction de la
composition des ménages, pour aider les
personnes en difficultés financières ou sociales
réelles. La ville durable est un lieu d'innovation
urbaine et de lutte contre l'exclusion ; Les plus
modestes côtoient les plus aisés, bénéficiant du
même cadre de vie, des mêmes accès à la culture
et aux loisirs.
Restaurer, protéger et gérer la biodiversité
La ville durable cherche à diminuer son taux
d'imperméabilisation et à augmenter la naturalité
de la ville en restaurant une trame verte qui relie
entre eux des espaces verts. Elle accueille pour
cela largement une flore et une faune naturelles,
pour des raisons microclimatiques, de qualité
de l'air et écologiques. Les arbres, buissons,
haies, clôture végétales, noues, les espaces verts,
mais aussi les murs et terrasses ou toitures
‘‘végétalisées’’ y jouent un rôle majeur ; Ils
embellissent la ville, et s'ils sont suffisants, aident
à compenser les émissions de CO2, pour une
ville « neutre » en termes de bilan carbone, plus
respirable et plus « inoffensive » pour l'atmosphère
terrestre.
L'éducation à l'environnement peut y contribuer,
ainsi que le développement d'une quinzième cible
Hygiène Qualité Environnementale.
La culture et les loisirs
b- Au niveau social
Éducation aux loisirs
durables
La ville durable suppose des citoyens
éco-responsables et éclairés, vivant dans un
contexte épanouissant et favorisant une bonne
santé. Une politique culturelle et une culture éco
citoyenne du développement durable en sont un
des éléments, via un appui, notamment financier,
aux institutions culturelles, favorisant ainsi leur
rayonnement. Elle vise à éveiller dès l'école les
enfants à l'art et à la culture, dans le respect du
développement durable. La culture et l'offre en
loisirs peuvent rendre la ville plus attractive, mais
le concept classique d'attractivité peut lui-même
être mis en cause (pour des raisons d'empreinte
écologique et d'impact en termes de
périurbanisation) au profit d'un rayonnement plus
immatériel, passant par l'internet par exemple,
comme support de culture. L'accès à toutes ces
Cet objectif de « neutralité » (énergétique et activités est gratuit ou payant, en fonction des
environnementale) implique un aménagement activités et des revenus de chacun, rendant la
particulier du territoire.
culture et les loisirs accessibles à tous.
La ville durable vise une haute qualité de vie pour
tous et partout. Le social (réduction de la pauvreté,
création d’emploi) et l'accès aux services
(éducation, culture, loisirs, santé, vie associative,
et surtout logement) y ont donc une place
fondamentale, dans une perspective de mixité
sociale. Un effort éthique et de solidarité doit être
accompli pour favoriser l’accès au logement, aux
loisirs et à la culture des personnes à revenus
modestes, aux handicapés ou aux personnes
âgées.
Au niveau du logement
Accroître et diversifier l'offre de logements ; La
démographie est une contrainte difficile à anticiper
et gérer pour les systèmes de gouvernance, mais
la ville durable pour des raisons de réponse aux
24
La santé, l'enrichissement intellectuel et la qualité
de vie sont améliorés par des infrastructures
culturelles et sportives (Haute Qualité
Environnementale) tels que des centres culturels
incluant bibliothèques, médiathèques, accès à
l'Internet et à une Nature de proximité, celle-ci
étant intégrée dans une trame verte tels que des
supports de découverte et d'éducation à
l'environnement. Des lieux de spectacles et
d'exposition contribuent à l'enrichissement de la
culture de tous et chacun ainsi qu'à la promotion
de talents locaux ou d'artistes indépendants. Des
complexe sportifs (piscine, terrains et lieux de
sports, dont de proximité et de nature) complètent
ces infrastructures.
Dans ce cadre, les activités renoncent aux
pratiques de confrontation, de compétition, et de
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
dénigrement au profit de logiques d'échanges,
collaboratives et de reconnaissance des autres
et de leurs valeurs. Ce sont des loisirs basés sur
les rencontres, les échanges constructifs fondés
sur le respect d’autrui et sur l’apport des
différences qui est enseigné dès l'école pour tous
(les enfants, riches, pauvres ou à mobilité réduite
doivent tous pouvoir y avoir accès). Les rencontres
développent l’émulation dans un esprit de
solidarité, et le sentiment non sectaire et
non-communautariste d’appartenance à une
communauté dans le monde, ce qui est
fondamental pour la durabilité sociale.
Vie associative et coopérative
Elle est souvent très développée et encouragée
dans les projets de ville durable, pour une harmonie
entre toutes les populations et acteurs de la ville.
De nombreux éco-villages et éco-quartiers ont
d'ailleurs - en amont - une origine associative.
Associations et solidarité : Le principe de
solidarité est structurel dans la ville durable qui
implique une entraide entre les générations et
entre les gens de différents horizons ethniques.
Dans des structures réservées à cet effet, les
habitants de la ville se retrouvent, pour y partager
leur savoir- faire, leurs opinions et en certains cas
s'entraident, par exemple: les personnes âgées
peuvent partager leur savoir-faire en cuisine ou
en couture et les plus jeunes les guider en
informatique.
Associations et culture : Pour implanter la
politique culturelle de la ville durable, il faut mettre
en place des structures spéciales, chargées de
réunir les enfants, les personnes âgées, les
personnes à mobilité réduite, dans une démarche
commune au sein de ces lieux d’échanges. Ces
associations culturelles organisent des
manifestations, tel que des concerts, des
représentations théâtrales ou des expositions,
favorisant l'ouverture aux autres avec, par
exemple: des expositions d'art primitif africain
associé au cinéma d'auteurs étrangers.
Regroupant ainsi tous les citoyens et faisant de
tous des acteurs de la vie associative.
c-Au plan économique
Dans une ville durable, différents objectifs
économiques peuvent être recherchés :
•assurer la viabilité sur le long terme des
entreprises locales ;
•développer les filières vertes : agriculture durable,
entreprises d'éco-matériaux locaux… ;
•privilégier l'installation d'entreprises s'inscrivant
dans un développement durable (respect de
l'environnement, objectifs sociaux…). Cet objectif
peut, par exemple se traduire par la certification
des entreprises, mais aussi par leur engagement
dans la réinsertion sociale ;
•favoriser un commerce équitable, qui assure un
revenu correct et un développement personnel
Développement Durable
LUCARNE :
(éducation, culture…) à l'ensemble des acteurs
de la filière et réduit les marges excessives de
certains intermédiaires.
En urbanisme et en architecture, le pilier
économique du développement durable conduit
à penser le projet en termes de coût global :
diminuer les ressources (énergie, matériaux, eau,
sol…) nécessaires au projet durant toute la durée
de vie du projet, tout en optimisant le budget de
façon à ce que les coûts ne deviennent pas
excessifs et en conservant un objectif de haute
qualité.
Aussi, dans la perspective des villes durables,
certains facteurs sont à prendre en compte :
Un meilleur aménagement
La concentration d'une même activité dans un
secteur ou quartier (quartier d’affaires, commercial,
d’habitations, de loisirs..) est généralement refusée
ou limitée pour éviter les sectorisations générant
des flux périodiques, brutaux et importants (ex.
: migrations pendulaires et embouteillages
associés, avec saturations aux heures de pointes,
et plages horaires vides aux heures creuses). Une
bonne implantation des logements et des activités
économiques et de service dans un même
environnement (mixité fonctionnelle) limite ces
problèmes. Elle permet aux employés de gagner
facilement et rapidement leur travail, à pied, à
vélo ou via les transports en commun, en évitant
de trop centraliser les flux sur quelques axes
principaux. Il faut multiplier et diversifier les axes
au sein d'une ville pour éviter ainsi toute
congestion. Plusieurs axes de taille moyenne sont
Le modèle de la « ville durable » privilégie la densité donc préférables à un grand axe.
urbaine dans un souci d'économie de l'espace
et de limitation des déplacements.
Cette conception s’appuie sur des notions de
ville « courtes distances » ou « ville compacte ».
Aucune densité urbaine « idéale » n’a aujourd’hui
été définie, mais les chercheurs et les exemples
Ces flux sont nombreux et pour partie inévitables.
de quartiers durables aujourd’hui déjà réalisés,
La ville durable cherche à limiter leurs impacts,
tablent pour une densité relativement élevée. Les
par exemple par une disposition cohérente des
constructions sont soit des immeubles d’une
centres nodaux, des axes de déplacements et
hauteur raisonnable (entre 3 et 5 étages), soit des
par une offre équilibrée de services de proximité
maisons petites, mitoyennes, avec un petit jardin.
et de transports en commun ainsi qu'en
Cette forte densité permet une plus grande développant les nouvelles technologies de
mobilité ainsi qu’une meilleure accessibilité aux l'information ou NTIC comme alternative quand
services. Une personne ne disposant pas de cela est possible (le télétravail et les nouvelles
voiture dans une ville ou dans un quartier compact, technologies de communication n’ayant toutefois
pourra accéder à un nombre de services bien pas permis à ce jour de remplacer significativement
plus importants que dans une ville à faible densité. et efficacement la concentration physique des
Cela ne veut pas dire non plus une surenchère individus). Certaines « villes durables » ne remettent
de l’occupation des sols, qui se traduirait par une pas en cause ces flux, signe de la bonne santé
suppression des places communes ou des économique et socioculturelle d’une ville, et
espaces relativement vastes, non construits, qui n’entendent pas les supprimer. Elles cherchent
permettent de « respirer », de ne pas se sentir à les anticiper et organiser sans les limiter, les
diversifier ou les étaler dans le temps pour les
étouffé par les constructions.
La recherche d’une densité
urbaine raisonnée et
contrôlée
Flux de circulation :
phénomène inévitable ?
rendre plus fluide et éviter toute saturation.
La question des flux de circulation et de la densité
urbaine, est un critère déterminant dans
l’aménagement des territoires. Pour pouvoir
convaincre les populations de l’utilité et de la
nécessité de prendre les transports en communs,
cela passe par une réelle politique d’aménagement
du territoire, étudiée spécialement pour
l’amélioration du temps de trajet et de l’efficacité
des transports en communs.
Conclusion
Dans la notion de ville durable, l’environnement
n’est plus dissocié des projets d’urbanisme, ni
des orientations économiques, culturelles ou
sociales de la ville. Ce souci d’intégration prend
en compte le développement sur le long terme
et dans une perspective globale. La ville pensée
comme environnement humain se substitue
progressivement aux préjugés anti-urbains des
premières approches écologiques. Ainsi, à la lutte
contre les nuisances s’ajoutent des thèmes plus
transversaux : reconquête d’espaces publics,
mobilités douces, maîtrise de la péri-urbanisation,
participation citoyenne…etc.
En définitive, la ville durable, c’est l’harmonie entre
l’habitat, l’emploi, le transport et le loisir. Toutes
ces dimensions doivent être intégrées afin de
développer de façon durable la ville. Cela implique
la participation de tous et naturellement des
différentes couches de la population.
La Côte d’Ivoire recèle des potentialités pour la
réalisation de villes durable. Nous avons la chance
d’avoir la volonté politique affichée au plus haut
niveau par le Président de la République, son
Excellence Alassane Ouattara. Les institutions
existent également. Nous devons nous engager
à concrétiser les projets de développement urbain
qui garantissent la sécurité alimentaire, l’emploi
et des revenus décents, un environnement propre
et une bonne gouvernance pour tous les habitants.
La ville durable, est l’affaire de tous.
ATTRIBUTION DE LA DIRECTION DU DEVELOPPEMENT DURABLE
La Direction Générale du Développement Durable
est chargée de:
•Coordonner les activités des Directions
d’Administration Centrale placées sous son
autorité (DPS, DEVRS, DNPDD) ;
•Veiller à l’intégration des principes du
Développement Durable dans les politiques
sectorielles et d’en faire le suivi ;
•Contribuer à l’élaboration des stratégies de
développement durable, de changements
climatiques, de sauvegarde de la biodiversité, de
protection des ressources en eau pour une
meilleure qualité de vie des citoyens ;
• Promouvoir l’économie verte ainsi que les modes
de consommation et de production responsables
;
• Développer l’efficacité énergétique et promouvoir
les énergies renouvelables ;
• Promouvoir la culture du Développement Durable
à travers la sensibilisation et la formation des
différentes couches de la population sur les vertus
du Développement Durable.
•Veiller au respect des engagements
internationaux à travers la participation de la Côte
d’Ivoire aux rencontres et processus en matière
de Développement Durable au niveau international
;
• Veiller à la promotion des normes et labels relatifs
au Développement Durable ;
• Faire de la RSE (responsabilité sociétale des
entreprises) un vecteur clé de Développement
Durable pour une économie performante, une
société équitable et un environnement sain.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
25
PARD OMD
ZOOM SUR LES ACTIVITÉS
L’ADDR ET LE PNUD REHABILITENT ET EQUIPENT L’ECOLE
PRIMAIRE DE N’ZIKRO A ABOISSO GRACE A L’APPUI DU
ROYAUME DE BELGIQUE
N
’zikro, le 21 juin 2014, cinq bâtiments
du primaire entièrement réhabilités, et
une école maternelle de 3 classes,
entièrement construite et équipée à N’zikro,
dans le département d’Aboisso, ont été remis
aux autorités locales et administratives, au
cours d’une cérémonie officielle. Comme l’a
mentionné le porte-parole des communautés,
Dr Koné, « la réhabilitation de l’école construite
depuis 1963, et qui n’avait jamais fait l’objet
de travaux de réhabilitation, viendra améliorer
les conditions de travail des enseignants, et
renforcer la dynamique d’excellence au sein
de l’école ». Il a à ce titre rappelé les résultats
des élèves du CM2 sur 2 années consécutives,
évalués à 100% de réussite, et félicité et
remercié tout le corps pédagogique. Situé à
une trentaine de kilomètres d’Aboisso, le village
de N’zikro, vu sa proximité avec un site de
réintégration de 56 ex-combattants
démobilisés, a été choisi en vue d’apporter un
appui aux communautés d’accueil de ces
ex-combattants. Cette démarche qui s’inscrit
dans l’approche stratégique retenue par
l’Autorité pour le Désarmement, Démobilisation,
et Réintégration (ADDR), et qui consiste à faire
de la présence d’ex-combattants dans une
localité, la condition sine qua non à la réalisation
26
d’activités de réhabilitation d’infrastructures
communautaires, a été rappelée par le
représentant du Directeur de l’ADDR. L’école
réhabilitée et la maternelle construite et
entièrement équipée ont été réalisées par
l’ADDR, dans le cadre de son partenariat avec
le PNUD, pour la réhabilitation communautaire
au profit de leurs communautés d’accueil,
grâce au financement des fonds ivoiro-belge
de développement. La participation des
communautés a été matérialisée par
l’implication de 45 jeunes de N’zikro dans les
travaux de réhabilitation. Cette implication a
facilité le processus d’appropriation du projet
par les communautés, et aidé au renforcement
de la cohésion sociale entre ex-combattants
et lesdites communautés d’accueil.
L’œuvre a été réalisée avec un montant de
plus de 64 millions de FCFA, dont 59 millions
pour les travaux de réhabilitation et de
construction, et 7 millions pour l’équipement.
Ainsi, la maternelle nouvellement construite a
été équipée de tables, chaises, et meubles de
rangement. Les salles de classe du primaire
ont été également équipées de tables-bancs,
de tableaux, et de bureaux pour les
enseignants. Enfin, la bibliothèque de l’école
a également été équipée en ouvrages pour les
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
différents niveaux, puisqu’elle n’existait que de
nom.
Afin de lier l’amélioration des conditions de
travail à la promotion de l’hygiène, 12 latrines
ont été construites au sein de l’école. Ceci
contribuera à mieux inculquer aux enfants, les
règles et pratiques nécessaires au maintien de
la santé et de la propreté corporelle et
environnementale.
Le représentant du PNUD a rappelé que « ce
partenariat avec l’ADDR a démarré en janvier
2013, pour un financement de plus de 2 millions
de dollars, ayant permis la réintégration effective
de 475 ex-combattants démobilisés, la
confirmation des profils socioéconomiques de
plus de 30.000 ex-combattants, et la
réhabilitation de 15 infrastructures
communautaires au profit des communautés
d’accueil ».
Cette cérémonie de remise officielle a été placée
sous la présidence du secrétaire général de la
préfecture, et a vu la participation du
sous-préfet d’Adaou, du Ministère de
l’éducation nationale et de l’enseignement
technique, du Conseil régional, et de la mairie
d’Aboisso.
ENVIRONNEMENT
CONCOURS PHOTOS L’HOMME ET LA NATURE
M
éconnus pour plusieurs et
impénétrables pour certains, les
parcs et réserves de Côte d’Ivoire
sont des patrimoines étatiques regroupant de
nombreuses espèces végétales et animales en
vue de leur préservation.
C’est dans cette optique que sous le
parrainage du Dr. Allah Kouadio Remi Ministre
de l’environnement, de la Salubrité Urbaine et
du Développement durable, VISUALIS
COMMUNICATION en collaboration avec
l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR)
ont organisé la première édition du festival
nature nègre les 18 et 19 juillet 2014 au Centre
National de Floristique (CNF) sis à l’Université
Felix Houphouët Boigny de COCODY.
L’objectif premier de ce festival est de donner
toute son importance à la biodiversité qui est
une richesse considérable à intégrer dans le
développement durable mais surtout que
chaque citoyen voit en la nature une source
d’avenir. Ainsi, il vise à réconcilier l’homme et
la nature à travers des expositions photos, des
projections de films documentaires, des
conférences sur la diversité de la faune et de la
flore en Côte d’Ivoire et surtout un grand
concours Photos mettant en exergue
l’originalité et la spécificité de la nature sauvage
dans les parcs et réserves de Côte d’Ivoire.
Ce concours s’est soldé par un lot d’une valeur
de 2 millions, offert par l’un des partenaires du
festival en l’occurrence le PNUD. La cérémonie
de remise de lots s’est déroulée dans les locaux
même du PNUD Côte d’Ivoire avec la
participation d’organismes nationaux et
internationaux, d’imminents professeurs et de
tous les partenaires au festival.
Les Echos du PNUD 2ème trimestre 2014
27
PNUD
tenir
Post 2015
opportunités
les promesses
gestion
durabilité
réussites aide
pauvreté
transparence
élimination
initiateur
long terme
réalisations
investissements
pays
accomplissements
partenariats
stratégique
plaidoyer appui
OMD
développement
prévention
impact
démocratique
promotion
responsabilité
ressources
relèvement
civil
défis
concerté
économique
paıx
adaptabilité
gouvernance
crıse
monde
changement
mesurable
Programme des Nations Unies pour le Développement.
Au service
des peuples
et des nations
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