ORIGINE DE L`INSIGNE DE LA CRS N° 16 L

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ORIGINE DE L`INSIGNE DE LA CRS N° 16 L
ORIGINE DE L'INSIGNE DE LA CRS N° 16
L'insigne de l'unité présente en son centre une lionne d'argent lampassée, aux
griffes acérées sur fond de sable. Copiée sur le blason de Flandre.
Les comtes de Flandres prirent pour armes d'or au lion de sable armé et lampassé
de gueules.
Origines :
Hypothèse n°1 :
Il serait issu du parti pris par les comtes de Flandres pour l'Empire (symbolisé par
un lion).
Hypothèse n°2 :
Le Comte de Flandre Thierry d'Alsace aurait ramené le lion de la Croisade en
1168.
Hypothèse n°3 (la plus probable):
C’est Philippe d’Alsace qui aurait pris les armes de Nobilion d'Abilènependant
la Troisième croisade. C'est lui qui utilisera pour la première fois le lion de Flandre dans ses
sceaux.
PROCLAMATION
Ces vingt cinq années d'existence des Compagnies Républicaines de Sécurité
qui viennent d'être évoquées peu d'entre vous les ont entièrement vécues et plus rares
encore sont ceux qui les ont totalement passées à la C.R.S. N°16. En effet, plus de mille
Officiers, Gradés et Gardiens figurent sur le contrôle nominatif de l'unité.
La circonstance me parait donc favorable pour retracer très brièvement
l'histoire de cette Compagnie qui, créée le 8 Janvier 1945, est actuellement la vôtre.
Formée à LILLE la C.R.S. N°16 s'implante à ARRAS, le 21 Janvier 1945, dans
la Caserne des Gardes Mobiles occupée depuis la Libération de la ville par les troupes
britanniques. Un officier en assume provisoirement le commandement jusqu'à l'arrivée du
Commandant COMPERE qui, libéré après cinq années de captivité, prend ses fonctions le
16 Août 1945.
L'implantation de la compagnie à ARRAS n'est que de courte durée, le retour ces
Gardes Mobiles, en mission d'occupation en ALLEMAGNE, oblige à la recherche d'un
nouveau casernement. Des possibilités sont offertes au Commandant COMPERE dont le
choix se porte sur les casernes d'Albret et de De-La-Barre à Saint-Omer où l'installation
officielle de l'unité a lieu le 26 Janvier 1946.
L'année 1946, calme dans l'ensemble, permet à l'unité de se souder, de s'instruire, et
d'entreprendre les grands travaux que nécessitent les casernements dont le moins que l'on
puisse dire est qu'ils sont délabrés et inconfortables. L'appoint de prisonniers allemands, le
concours de quelques bonnes volontés Audomaroises, et surtout l'effort consenti par le
personnel permet de mener à bien une tâche rendue difficile par le manque d'outillage et de
matériaux.
A partir de 1947, la situation générale se dégrade peu à peu des conflits de tous
genres naissent çà et là, aussi la compagnie est-elle appelée à exécuter les missions pour
lesquelles les C.R.S. ont été créées. Elle participe notamment à de nombreux services d'ordre
ainsi qu'à des opérations de maintien et de rétablissement de l'ordre qui l'astreignent à de
fréquents déplacements tant dans la 2ème région qu'en dehors de celle-ci.
C'est ainsi qu'au cours des années 1947 à 1950, elle participe au maintien se l'ordre
dans le Bassin Minier du Pas de Calais, particulièrement le 20 Octobre 1948, à BETHUNE.
Au cours de l'une de ses actions, elle dénombre dans ses rangs plus d'une vingtaine de blessés
plus ou moins atteints. C'est aussi la période pendant laquelle elle assure la garde des Camps
de surplus américains à COURCY, au HAVRE, et participe à de nombreux services d'ordre et
d'honneur à l'occasion de déplacements de personnalités.
Les années 1950 à 1954, relativement plus calmes, entraînent l'unité loin de sa
résidence vers l'Est, à BOUZONVILLE, à STRASBOURG où elle assure la surveillance
des frontières. Entre temps, elle est encore appelée à concourir au maintien de l'ordre
public dans la région (BETHUNE - BOULOGNE - DUNKERQUE - ARRAS ) et dans le
centre (NIORT). Cependant, pour la première fois, des postes de circulation sont mis en
place sur les principaux axes routiers du Département, et l'unité, avec son peloton
motocycliste, créé le 1er Octobre 1953, prend une part très active à cette nouvelle mission.
Le 24 Octobre 1955, le Commandant COMPERE, après dix années de
Commandement, laisse la place au Commandant ROUMY à qui succède le ler Août 1958
le Commandant DARCHY. Ici débute une période très difficile et dangereuse au cours de
laquelle la C.R.S. N° 16, jusqu'en 1962, effectue de longs et fréquents déplacements :
-EN ALGERIE :

dans L'Oranais du 21 Juillet au16 Octobre 1955 L'Algérois du 26 Février au 1er
Juin 1956
 dans le Constantinois du 24 Juin au 8 Octobre 1957
 à ALGER du 10 Décembre 1960 au 14 Janvier 1961
et du 27 Décembre 1961 au 10 Mars 1962.
-EN METROPOLE- (PARIS - LILLE - DOUAI- VALENCIENNES ) (ROUEN - NANTES SAINT-NAZAIRE).
A partir de 1962 et mis à part les évènements de MAI et JUIN 1968 à PARIS,
l'activité de l'unité, placée sous mon commandement le 1er Juin 1964, s'étend à tous les
domaines que son emploi intensif en maintien de l'ordre lui interdisait jusqu'alors. C'est
ainsi que :
 elle participe à la surveillance des frontières terrestres, aériennes et
maritimes dans le Pas de Calais et la région : au TOUQUET, à
BOULOGNE-CALAIS-' DUNKERQUE-BRAY-DUNES-MAUBEUGE.
 elle assure la surveillance des plages échelonnées sur le littoral du Pas-de
Calais et du Nord entre BERCK et MALO LES BAINS,
 elle concourt à la, sécurité publique dans les villes balnéaires et y assure des
services d'ordre et de circulation à BERCK - LE TOUQUET - BOULOGNECALAIS.
 elle protège les jeunes et prévient l'enfance délinquante par l'installation d'une
brigade de mineurs à DIEPPE.
 enfin elle participe en permanence à la surveillance de la circulation routière aux
principaux carrefours de la circonscription et sur les grands axes routiers du
département, ceci en coordination avec les Services de Police et de Gendarmerie.
Comme vous pouvez le constater, l'unité a vécu la plupart des grands évènements
qui, trop souvent, ont déchiré notre pays parce qu'ils soulevaient des problèmes de
conscience. Chaque fois cependant que les circonstances le lui ont permis, elle a apporté son
concours complet à l'exécution des missions plus pacifiques d'utilité publique.
Grâce à leur calme, à leur sang froid, à leur discipline et à leur abnégation tous !
Officiers, Gradés, Gardiens et Agents de service ont poursuivi le chemin qui était celui du
Devoir et de l'Honneur mais ce ne fut jamais sans difficultés.
Difficultés dans l'exécution des taches de maintien de l'ordre, dans un climat
souvent passionné et hostile mais aussi difficultés d'ordre moral engendrées par l'absence
pour les fonctionnaires ce toute vie familiale.
Je tiens à rendre hommage ici aux épouses de ces derniers, qui ont su, dans les
moments difficiles, suppléer l'absence de leurs maris et qui ont dû se priver de maintes joies
familiales qu'elles étaient cependant en droit d'attendre.
Dans une profession où les conditions de vie sont rudes et le danger permanent, la
C.R.S. N°16, tout comme les autres unités, a eu sa part de malheurs. Outre la disparition pour
cause de maladie de six gradés et gardiens :
- MATHOURAIS Victor 39 ans - ROUSSELLE Jean 24 ans - DUPONT Marcel 44 ans HARLAY Jules 47 ans DEBAECKER Charles 33 ans - JOAN Henri 44 ans .
Elle a eu à déplorer la mort en service commandé de quatre autres fonctionnaires
frappés tous en pleine jeunesse :
GAUDFROY Eustache - 28 ans, décédé accidentellement le 17 Janvier 1950
CHEYERE Paul - 28 ans Victime d'un attentat terroriste à ALGER le 19 Février
1962.
MARTIN Robert - 34 ans , de la section motocycliste, tué à SALLAUMINES le 18
Décembre 1962, alors qu'il assurait une mission de surveillance de la circulation.
FRUCHART Gilles - 30 ans , de la section motocycliste, blessé mortellement le 9
Mai 1967 lors d'une mission de police de la circulation.
C'est vers eux qu'en ce jour du Souvenir ira notre pensée. A leurs familles à
Madame FRUCHART ici présente, je puis affirmer que nous ne les oublions-pas car c'est
dans le culte du souvenir que se forge le meilleur esprit d'entraide et les sentiments de
profonde et sincère amitié.
Notre pensée ira également vers le Colonel COMPERE décédé cette année à la
suite d'une longue maladie qui fut, il faut bien le dire, le fondateur et l'âme de cette compagnie
pendant dix années.