FONDATION « SAINT LOUIS

Transcription

FONDATION « SAINT LOUIS
« L'homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort
de la bouche de Dieu. »
Matthieu 4-4
« HARMONIE CHRÉTIENNE »
L'ART AU SERVICE
DE DIEU
« L'Art est l'expression naturelle
de notre Foi en Jésus-Christ,
le plus bel enfant des hommes ! »
Projet de FONDATION
« SAINT LOUIS-MARIE »
POUR L'ÉVANGÉLISATION
PAR L'ART
Plaidoyer pour l'artiste chrétien, témoignage,
projet etc...écris par Carlito, artiste chrétien
Et j'espère avec l'aide du Saint-Esprit
Carlito,
chef d'œuvre de Dieu
et de mes parents
« La pastorale de la beauté est une mission
authentiquement missionnaire ».
Cardinal Paul POUPARD mars 2006
« Eh bien soit ! Les artistes chrétiens sont alors
de véritables missionnaires ! »
CARLITO février 1987
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19 MARS 2010
JE CONFIE CE PROJET
ENTRE LES MAINS
DU GRAND SAINT JOSEPH
QUE DIEU SEUL EN SOIT GLORIFIE
3
Saint Louis-Marie GRIGNION de Montfort
1673-1716
« Il fut un homme, un missionnaire, exposé à la contradiction, aux ricanements de ses ennemis, à la méchanceté et aux intrigues de toutes sortes,
fut souvent trahi et soumis à la lâcheté de ses amis. Mais le Seigneur
l'avait doté d'un secret qui le rendait plus fort que toutes ces tracasseries,
qui étaient devenues pour lui comme du bois mort pour alimenter le feu
qui brûlait en son cœur et qu'il ne pouvait plus contenir. »
Son secret fut « le secret de Marie »
« A JÉSUS PAR MARIE ! »
s’écria t-il, durant sa courte vie.
Mais l'écho de sa voix retentit encore aujourd’hui !
4
Photo : Original du Cantique n°1 sur l'utilité des cantiques
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Extrait du cantique de saint Louis-Marie GRIGNION de Montfort
1. L'utilité des cantiques
1/
Chantons, ma chère âme, chantons,
Faisons, retentir nos chansons
D'une très sainte mélodie,
Le ciel et tout nous y convie.
….......7/
Chantons, mais chantons comme il faut
Pour chanter dans les cieux plus haut,
Chantons, âme prédestinée,
Chantons pour être couronnée.
10/
Comme Il est toujours Bienheureux,
Il veut des serviteurs joyeux.
Le trouble Le chasse d'une âme
Et la tristesse éteint la flamme.
…........16/
Chantons donc, mais avec ferveur :
Chantons, nous plairons au Seigneur :
Chantons, nous lui donnerons gloire
Chantons, nous chanterons victoire.
18
Lorsque le cœur est abattu
Le cantique porte vertu,
Chantez, malgré votre tristesse,
Et vous recevrez l'allégresse.
…........30/
Loin de moi, chantres de Bacchus
Loin de moi, chantres de Vénus,
Loin de moi, fin suppôts du diable,
Dont le malheur est déplorable.
34/
Amis de mon Dieu, tenons bon
Contre le monde et le démon,
Leur air est beau, leur voix est tendre,
Mais gardons-nous de les entendre.
2/
Notre grand Dieu toujours joyeux
Nous écoute du haut des Cieux,
Il aime beaucoup les cantiques,
Ce sont ses concerts angéliques.
…......9/
Dieu veut que ses bons serviteurs
Chantent jour et nuit ses grandeurs.
Quand son Eglise chante
Il triomphe à sa voix victorieuse.
….....12/
Il trouve un très parfait honneur
Dans leurs chants, s'ils partent du cœur.
Il veut qu'au plus lugubre office
On lui fasse ce sacrifice
17/
Sachez qu'un cantique sacré
Rend notre esprit plus éclairé,
Chasse du cœur toute humeur noire
Et met Dieu dans notre mémoire.
19/
Le chant, ainsi qu'il est écrit,
Ouvre le cœur au Saint-Esprit,
Dieu descend dans un cœur qui chante
Et lui donne grâce abondante.
…....33/
Va, cloaque de saleté,
Vomir ailleurs l'impureté
Des chansons de tes amourettes,
De tes paroles de fleurettes.
35/
Chantons en l'honneur de Jésus
L'excellence de ses vertus,
Pour les mettre en notre mémoire
Et les pratiquer avec gloire.
36/
Faisons retentir l'univers
De nos chansons et de nos vers,
Afin que Dieu s'y glorifie,
Que le prochain s'en édifie.
Dieu Seul
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« HARMONIE CHRÉTIENNE »
L'ART AU SERVICE DE DIEU
Projet écrit et réalisé par Carlito, artiste chrétien
Carlito BEXIGA
[email protected]
Site Internet: http://saintlouismarie.fr/
21 quartier fontaine du salut 64800 COARRAZE
Tel : 06 01 80 72 29
“La pastorale de la beauté est une mission
authentiquement missionnaire”.
Cardinal Paul POUPARD mars 2006
 INTRODUCTION1 et résumé......................................................................................... 8
 AVANT PROPOS.............................................................................................................. 10
QUI SUIS-JE ?
20 ANNÉES D'UNE SAINTE GALÈRE À CHANTER DANS LES ÉGLISES........................................................
Rencontre avec les prêtres et les curés
Illumination artistique …................................................................................................................................
POURQUOI UNE FONDATION ? ................................................................................................................................
Conscience artistique chrétienne......................................................................................................................
Artiste ou « cabotin » ?......................................................................................................................................
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26 27 28
 I/ BUT DE LA FONDATION.......................................................................................... 29 30 31
DÉFINITION D’UNE FONDATION, BUT
 II/ PHILOSOPHIE........................................................................................................... 32
LA CULTURE CHRÉTIENNE AU SERVICE DE LA SAGESSE DIVINE :
ÉVANGÉLISATION : « VOYEZ COMME ILS S’AIMENT ! »................................................................................. 33
PAS DE BEAUTÉ ARTISTIQUE SANS BEAUTÉ MORALE .................................................................................. 34
SANS COMPASSION ENVERS LES PLUS PAUVRES.
RÉPONDRE AU FANATISME ET A LA MALICE DU LAÏCISME : ......................................................................
35
 III/ RÉFLEXION SUR L'ART ET LA FOI................................................................... 38
INTRO
39
UN PEU D'HISTOIRE ....................................................................................................................................................
SOURCE DE L’ART CHRÉTIEN .................................................................................................................................. 43
1 L'Église, l'Eucharistie :..................................................................................................................................
2 « L’affaire iconoclaste » …..............................................................................................................................
3 Jésus, les saints et la bible …...........................................................................................................................
4 Art Sacré et Art profane ….............................................................................................................................
FONDEMENT MYSTIQUE ..........................................................................................................................................
La Charité, la Foi et l'Espérance …................................................................................................................
UNIVERSALITÉ DE L'ART CHRÉTIEN « Allez dans le monde entier ! » …..........................................................
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45 46
47 48
49 50 51 52
 IV CŒUR ET NOYAU .................................................................................................... 53
LES MECENES
LIBERTÉ VIS À VIS DE L'ARGENT ........................................................................................................... 54
DISTINCTION ENTRE UN PRODUCTEUR .............................................................................................. 56
Le producteur .................................................................................................................................. 56 57
le mécène.............................................................................................................................................. 58 59
LES ARTISTES ............................................................................................................................................................... 60
TENTATION DE L'ARTISTE
L'ÉGLISE ......................................................................................................................................................................... 63 64 65 66
CONCLUSION ............................................................................................................................................................... 67
 V RÉALISATION CONCRÈTE ..................................................................................... 68
INTRODUCTION
PROJET CONCRET ......................................................................................................................................................
CRÉER UN GROUPE D’ARTISTES AUTOUR DE CARLITO .................................................................................
COÛT ET FINANCEMENT ...........................................................................................................................................
VISION IDÉALE : LA PAROISSE ................................................................................................................................
69
70 71 72
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74
 CONCLUSION FINALE.................................................................................................. 77
SCHEMA……………………………………………………………………………………………………..........……. 80
lITANIES DE SAINT LOUIS-MARIE……………………………………………………………………………...… 81
Dernières NOTES…………………………………………………………………………………………………….... 82
7
INTRODUCTION et résumé :
Table
Je m'appelle Carlito, je suis un artiste chrétien, catholique. Tout en m'adressant à tout un chacun, je
voudrais interpeller particulièrement les chrétiens catholiques pour les engager avec moi dans le projet que
je porte depuis bien des années. Je veux créer une Fondation artistique, une Association pour
promouvoir l'Evangile à travers l'art. C'est pourquoi j'ai besoin de l'Eglise pour l'enraciner
profondément dans le Cœur de Dieu. Si j'insiste sur mon identité catholique, c'est que je suis convaincu
que les racines culturelles et spirituelles profondément intériorisées sont une chance pour l'enrichissement
commun et une bonne convivialité entre tous. Je suis convaincu que plus je suis mûr dans ma foi catholique,
plus je suis ouvert et capable d'un vrai échange dans le dialogue avec ceux qui ne partagent pas ma foi. Loin
de moi donc un esprit d'exclusivité ou d'exclusion, dit « communautariste ».
Ma musique est simple, belle, riche et profonde, malgré les moyens pauvres à ma disposition, elle ne
manque pas de charme et d'intérêt. Ma musique est toute spirituelle, consacrée à l'Amour de Dieu,
manifestée en Jésus-Christ. En effet je suis un artiste chrétien, catholique et j'ai la chance d'avoir comme
ami et parolier, un être exceptionnel comme saint Louis-Marie GRIGNION de Montfort.
Cela fait plus de 20 ans que je mets en musique ses beaux cantiques spirituels et que je les chante dans
les églises de France. Il a écrit plus de 24 000 vers en l'honneur de Jésus et Marie, il a vécu dans la fin du
17° et début du 18°siècle. Je suis aussi guitariste classique de formation. J’aurais pu devenir un virtuose
et concertiste mais j’ai choisi une autre voie, celle que je décris tout au long de ce document.
Pour moi, c'est d'abord un chemin spirituel dans les pas de ce géant de la sainteté plutôt qu'une
carrière artistique. Mais hélas, je n'intéresse aucun producteur pour m'aider dans cette direction, trouvant
mes chansons et ma musique pas assez commerciales. Dois-je m'en affliger ou bien remercier le Ciel ? En
tous les cas, loin de m'apitoyer sur mon sort maudit d'artiste chrétien « décalé », j'en ai profité pour
approfondir et aiguiser ma vocation.
Aujourd'hui, j'ai bien compris que ce n'est pas d'une « maison de production » dont j'ai besoin mais bien
plus, c'est d'une Fondation artistique profondément chrétienne pour prendre en charge et respecter
l'intégralité de la vocation artistique d'autant plus, si elle est chrétienne. Car une Fondation aura plus le souci
d'intégrer ses actions ou ses œuvres dans le sillon Évangélique que commerciale.
Je n'ai jamais cherché à devenir une "star ou vedette catho", ou vendre à tout prix des milliers d'albums.
Durant ces 20 ans, comme je l'ai dit, je me suis engagé dans un chemin spirituel avec saint Louis-Marie.
Mais en même temps, j’ai découvert mon âme artistique, chanteur, compositeur et interprète de musique
classique. C'est au fil des ans que je découvrais la complicité inouïe entre la beauté artistique et la
beauté spirituelle, je découvrais que la musique dite "classique" possède une force spirituelle et une
richesse culturelle que nos pères ont su marier avec un génie éblouissant. C'est ce que j'essaie de faire
modestement avec les poèmes de saint Louis-Marie, qui n'ont aucune prétention mal placée, mais servent
l'Evangile avant tout, avec une profonde richesse spirituelle.
Aussi, fort de l'exemple de ces artistes souvent chrétiens qui ont sculpté notre culture, je voudrais
mettre mes pas dans cet héritage du génie artistique chrétien. Reprendre ce patrimoine artistique
pour le mettre en valeur et s’en inspirer, est une voie sûre pour redonner à l'artiste chrétien, une
inspiration solide et un souffle nouveau. Mais comme dis Jésus « on ne met pas le vin nouveau dans de
vielles outres », ainsi la vision de cette Fondation est comme une « nouvelle outre », une nouvelle structure
pour une nouvelle génération d’artistes chrétiens : il faut donc réviser et la notion de maison de
production et la manière de diffusion de la culture chrétienne pour l’immerger dans la culture
contemporaine. Mais pour cela il faut une vision claire, précise sur le sens et le rôle de l’art chrétien
véritable et des agents culturels qui soient compétents et éclairés.
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Aujourd'hui, je suis là devant vous à visage découvert et ce n'est pas par hasard que vous m'écoutez à
travers cette lettre, car c'est la Très Sainte Vierge Marie qui vous a menés jusqu'à moi. Alors écoutez-moi et
répondez favorablement à ma requête. Pour l'Amour de Dieu !
Je sais ce que je veux, je cherche un mécène, deux, trois, quatre et plus, en fait, j’aimerais créer un
réseau de mécènes pour me soutenir dans ce projet. Une structure qui n'existe pas encore dans l’Eglise, une
organisation, une Fondation qui accueillerait les artistes comme moi qui veulent consacrer leurs talents au
service de l'Oeuvre de Jésus-Christ, en union profonde avec l'Eglise catholique, car elle est la gardienne de
cette source intarissable de Sagesse et d'inspiration artistique.
Pour l'Amour de Dieu, de Jésus et de Son Royaume, je vous en conjure, aimons la beauté, aimons l'art et
les artistes. J’aimerais que vous deveniez mécène de ce projet avec moi, pour que cette source artistique
puisée au cœur de notre Foi, puisse de nouveau jaillir au sein de l’Eglise, de manière abondante et
surabondante. Il faudrait des artistes amoureux de Jésus et de Son Royaume, des artistes qui soient de
véritables missionnaires tant dans leurs créations que dans leurs représentations. Des artistes qui
soient formés autant artistiquement que spirituellement, il ne faut pas de demi mesure, il faut
conjuguer la "plénitude artistique avec la grâce" parce que « Jésus est le plus beau des enfants des
hommes plein de grâce et de beauté » : C'est à dire la sainteté. Développons ensemble une culture de
la sainteté où la grâce de Dieu n'est pas mise aux dernières loges. Il faut une culture qui réjouisse
d'abord les anges et le Cœur de Dieu et après celui des hommes, soutenue par une véritable fraternité
vécue dans le Seigneur!
Les artistes chrétiens sont souvent livrés à eux-mêmes et maudits par un monde sécularisé à outrance. Mais
il y a pire encore et c'est ce qui me fait crier vers Dieu et m'insurger: ils sont souvent mal accueillis dans
l'Eglise parce que mal compris. Je ne veux pas me révolter contre qui que ce soit, mais je ne me résignerai
pas pour autant à cette apparente fatalité. Je crois en la force et la liberté intérieure que l'Esprit Saint
communique à ceux qui sont fidèles à la grâce. Et c'est pour cela que je me présente à vous librement. Je ne
cherche pas à vous séduire pour mes affaires personnelles, même si je veux y trouver mon compte, mais
pour ce projet de Fondation artistique. Plus que votre amitié, c'est votre fraternité au nom de Jésus que
j’attends. Plus que votre aide financière nécessaire, c'est de votre enthousiasme fraternel dont j'ai
besoin pour élaborer ce projet.
Alors n'hésitez pas à vous engager avec moi dans ce projet artistique, car les artistes ne doivent pas être
seuls à supporter ce défi.
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AVANT PROPOS
Table
Avant tout, ce document n'est absolument pas un traité sur l'Art chrétien mais une réflexion sur mon propre
témoignage, mon expérience d'artiste compositeur et chanteur chrétien depuis plus de 20 années dans
l'Eglise. J'en garde une émotion assez contrastée et perplexe, avec des joies certaines et inoubliables mais
aussi un sentiment de désillusion effarante. J'ai rencontré beaucoup de curés qui m'ont accueillis
fraternellement et m'ont fait partager leur joie d'être au service de l'Amour de Dieu, merci Seigneur! Cela
reste gravé profondément en mon cœur. Je l'ai vécu comme une réelle expérience de fraternité ecclésiale qui
s'enracine profondément dans l'Espérance. Mais hélas j'en ai aussi rencontrés qui avaient un comportement
très ambigu et me rejetaient sans jamais savoir pourquoi ou pour des raisons injustifiables etc...Là mon cœur
de jeune artiste chrétien fut broyé et passé au crible de l'épreuve. Me tournant vers le Seigneur, je Lui criais
« pourquoi Seigneur? » Et c'est de cette blessure assumée que ce projet de Fondation artistique pour
l'Evangélisation, a commencé à s'aiguiser et à me tourmenter, jour et nuit! Donc ce document, je ne sais pas
comment le qualifier: « traité sur la pastorale artistique ? Lien entre la Foi et l'Art? » C’est sûrement un
plaidoyer pour l’artiste chrétien ..En tout les cas ce que je recherche avec ce document, son unique but
est de vous donner des réflexions qui partent de mon expérience personnelle pour vous convaincre de
l'opportunité de ce projet de Fondation artistique chrétienne « SAINT LOUIS-MARIE » et trouver en
vous des alliés.
ATTENTION: Avant toute chose, je voudrais dire que toutes les critiques que je fais dans ce
documents, sur les chrétiens ou l'Eglise, n'est pas pour moi une attaque pour détruire ou même
assouvir un désir blessé mal guéri mais une réflexion et une interpellation à un sursaut de conscience.
Je vous demande pardon si des fois mon propos trahit cette bonne intention ! Je veux défendre la
vocation de l'artiste chrétien face à une attitude mesquine, affectée d'incompréhensions et de tabous,
au sein de notre communauté ecclésiale et d'ouvrir ainsi un dialogue et non un règlement de compte
absurde et pueril.
QUI SUIS-JE ?
Table
Bonjour, avant tout je tiens à dire que je ne suis pas un grand écrivain, ayant fini mon cursus scolaire vers
l'age de 15 ans. Mais advienne que pourra, j'ose écrire et je m'en excuse, j'espère aussi que vous aurez assez
de condescendance pour tolérer l'indigence de mon écriture et de sa forme. De plus, les idées s'entrechoquent
et s'interpénètrent, faisant beaucoup de répétions, même si cela peut paraître un peu confus, malgré tout cela
se tient. J'ai essayé d'organiser un peu ma pensée comme je pouvais. Je compte sur votre grande indulgence
et magnanimité. Ceci dit, je tiens à préciser que je n'en suis absolument pas pour autant; complexé, car je suis
fier et heureux de vous présenter ce projet artistique qui j'espère vous enthousiasmera et vous décidera à vous
engager avec moi dans cette belle vocation. Oui c'est de beauté que je vais vous parler mais d'une beauté qui
vient du Cœur de Dieu, celle de Jésus, le plus beau des enfants des hommes.
Je ne suis ni un historien ni un spécialiste de l'histoire de la musique mais ma formation et la longue
succession de concerts durant plus de 20 années dans les églises de France, me confère une certaine
expérience qui s'affermit de jour en jour. Je ne suis ni un grand génie, ni hélas, un saint mais j'ai une sacrée
dose de volonté à vouloir créer ce projet artistique. Inspiré, orgueilleux, obstiné, têtu, fantaisiste, rêveur ou
je ne sais quoi ? Choisissez ce qui vous semblera le mieux, moi je dis sûrement tout à la fois !
Ce document est le fruit de mes 20 années de cheminement devant le Seigneur dans l'Eglise,
accompagné et accueilli fraternellement par quelques serviteurs de Dieu. Des amis prêtres m'ont
accueilli tel que j'étais, paumé mais très assoiffé de Dieu. Toute ma vie est une recherche acharnée de Dieu et
devant un monde qui veut faire abstraction de cette recherche spirituelle, pas étonnant que je fusse si
désœuvré. Dès l'age de 15 ans je rejetais tout en bloc, l'école et tout ce que l'on essayait de m'inculquer,
j'étais devenu un « marginal », une épave, un « parasite » comme on me disait mais intuitivement je me
réfugiais dans la musique classique et la recherche spirituelle, découvrant l’Evangile, l’Eglise au fil des ans.
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Répondant à mon désir de travailler pour Lui, très vite, le Seigneur me mit dans les mains, grâce à l'Abbé
COUSTY, les 24 000 vers de saint Louis-Marie, que je dévorais et qui deviendrons la base de mon
inspiration artistique. L’Abbé COUSTY m’accompagna spirituellement durant des années afin de
discerner en moi la Volonté de Dieu. Accueilli aussi par L'Abbé Dominique YOU, très vite, je pris une
chambre à l’aumônerie de BRIVE en CORRÈZE et durant 5, 6 ans, nous avons cohabités ensemble.
J’ai pu découvrir auprès de lui ce qu’était la présence de Dieu dans l’Eucharistie quotidienne et l’adoration,
la prière. Moi, adolescent épave, je me retrouvais au milieu de tous ces jeunes ne sachant que faire de ma vie.
L’Abbé YOU possédait une certaine bibliothèque où il y avait quelques trésors dont la Bible, beaucoup de
vies de saints et la somme théologique de saint Thomas D’AQUIN. Sur le moment je ne réalisais pas la
chance que j’avais, mais lorsque ce « cocon » disparut, je pris conscience que Dieu m’avait donné tout ce
dont j’avais besoin pour construire ma vie avec Lui. Le père YOU partit pour le Brésil, ce ne fut pas l’envie
qui me manqua de le suivre mais le Seigneur avait allumé en moi un feu qui me dévorait de l’intérieur, celui
de chanter son Amour dans les paroisses de France, à la suite et l'exemple de saint Louis-Marie.
La figure de la Très Sainte Vierge Marie m'attirait de manière inflexible et la personne de Jésus me
bouleversait profondément. J'ai travaillé comme un véritable passionné la guitare classique et parallèlement
je recherchais Dieu de manière aussi acharnée. J'ai lu l'histoire de l'Eglise et celle de la musique. J'y ai
découvert beaucoup de belles choses et de moins bonnes mais ce qui m'a interpellé, c'est ce lien intrinsèque
qu'il y a entre l’Art et la Foi, entre la culture et la vie de l'Eglise, c’est un lien évident et nécessaire.
Donc vers l'age de 20 ans je découvrais les cantiques de saint Louis-Marie GRIGNION de Montfort.
Grâce à ce personnage hors du commun, j'ai pu y découvrir beaucoup de belles choses concernant la
recherche de Dieu. D'abord son amour absolu de Dieu, sa grande dévotion à Marie et son engagement radical
auprès des plus pauvres, son témoignage de vie, m'ont profondément ému. Puis au fil des mois, rapidement,
je mis en musique ses cantiques et commençai à les chanter dans les églises de France sans jamais
m'interrompre depuis maintenant plus de 20 ans. Il a écrit plus de 24 000 vers qui constituent un véritable
catéchisme et qui ne sont pas dénués de charmes et d’intérêts. Plus qu'un parcours artistique, ce fut un
long mûrissement et cheminement spirituel en compagnie avec ce saint missionnaire que fut LouisMarie. Je l'ai vécu comme un long pèlerinage en quête de Dieu et de sa Présence.
Ma vie dans la Foi en Jésus a commencé très tôt, j'ai été touché vers l'âge de 5 ans par une grâce mariale
assez singulière, à Fatima au Portugal. Cette grâce se traduisait dans mon cœur par un amour très fort de la
sainte Vierge Marie. Même si je n'étais pas beaucoup aidé par mes parents, ils ne sont jamais opposés à ma
foi particulière. J'étais le croyant de la famille. Et durant toute mon enfance et adolescence, cette grâce
mariale faisait son chemin jusqu'à la rencontre vers l'âge de 15 ans de la réalité de l'Eglise à travers le Père
YOU et l'Abbé COUSTY qui m'ont accueilli comme de vrais pères dans la Foi ! Ils m'ont enfantés dans la
grâce.
Ensuite ma rencontre spirituelle dans la communion des saints, avec saint Louis-Marie GRIGNION de
MONTFORT, fut déterminante et confirma en moi cette grâce singulière de ma dévotion mariale. Je compris
enfin que mon amour de Marie n'était pas une simple dévotion sentimentale mais un appel à accueillir Jésus
par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie! Que loin d'être un obstacle à l'union avec Jésus, au contraire
cette « vraie dévotion » décrite par saint Louis-Marie, est un chemin « court, facile et aisé » pour l'accomplir
parfaitement! Marie est la Mère de toutes les grâces, qui va faire grandir en nous, « notre grâce baptismale. »
Je compris rapidement que ma vie a été touchée et guidée par Marie! Je compris aussi que ma rencontre
avec ce saint n'est pas du tout fortuite mais providentiel. Malgré mes faiblesses évidentes et mon péché, je
suis fier d'être un enfant de Marie pour la plus grande gloire de Dieu ! Même si je suis le plus moche des
« esclaves » de Marie, je suis fier d'être son enfant !
Je n'ai aucun attrait personnel pour ce monde, ma vie personnelle a déjà trépassée et son seul moteur est le
Beau Visage de Jésus-Christ. Oui je suis une sorte « d'autiste de la vie » mais je demande à Dieu de me
soutenir dans cette torpeur, et Il me guérit chaque jour de mon péché en me communiquant petit à petit Son
regard sur le monde! Là j'arrive à sortir de mon « autisme »! Je suis mort aux choses qui n'ont pas Dieu pour
finalité ! Rien ne m'intéresse s'il n'a pas la bonne odeur de Jésus-Christ !
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Quelle étrange maladie, n'est ce pas? Est ce grave docteur? Mais surtout ne priez pas pour ma guérison car
ma maladie a quelque chose de bon et me stimule et Jésus est mon médecin personnel attitré. C'est le plus
grand des psychologues! Donc soyez rassuré.
20 ANNÉES D'UNE SAINTE GALÈRE À CHANTER DANS LES ÉGLISES

Table
Rencontre avec les prêtres et les curés
Cette période ininterrompue de concerts durant plus de 20 années, fut pour moi une grâce et un chemin
heureux. Merci Seigneur! Je suis prêt à continuer 50 ans de plus !
J'ai beaucoup rencontrés de prêtres et curés de paroisses. De bons prêtres et d'autres moins réceptifs à ma
personnalité et à ma vocation artistique. J'ai vraiment rencontré des personnalités peu banales. Toute ma vie
je me souviendrais d'un curé près du Mont Saint MICHEL où j'allais donner une tournée de quelques
concerts dans la région et qui nous avait invité à rester durant quelques jours dans son grand presbytère, mes
compagnons et moi. Quelle fraternité simple et joyeuse, nous avons vécue! C'est là que j'ai découvert le bon
cidre de Bretagne et de Normandie! Quelle bonté de sa part! Que Dieu le bénisse!
Il y eu des prêtres plus réservés mais avec une profondeur et une fraternité au Nom de Jésus, réellement
exquise! Mais aussi d'autres prêtres souffrants de solitude et de lassitude, avec qui j'ai partagé des moments
de vérités humaines et moments intenses! Enfin les autres carrément bêtes et méchants mais ils ne valent pas
la peine de m'attarder trop sur eux ! Il y eu des comportements tellement dures et odieux de la part de certains
que j'en fut très blessé à un point que j'en été arrivé à ne plus les supporter en tant que tel et je m'en prenais
même à Jésus et à l'Esprit-Saint, leur disant, c'est ça Ton Eglise ? Et bien bravo...Pauvre Jésus, Il s'en est vue
avec moi. Bref il c'était installé un vrai malaise entre eux et moi.
Un jour je décidais d'aller à Lourdes pour m'en confesser et je rencontrais un évêque étranger qui parlait très
bien le français, je lui racontais mon problème et mon malaise avec les prêtres, lui était assis près de moi et
lorsque j'eus fini ma tirade de mes souffrances, il se mit à genoux et me dit qu'il avait une Parole de la part de
Jésus à me confier. D'abord je fus troublé par sa posture et sa parole, et je le lui dis « mais relevez-vous ! »
mais il insista, et je lui dis d'accord. Alors il me dit d'un air peiné « Jésus te demande pardon pour tout le mal
et les blessures occasionnées par Ses prêtres ! » Là je fut vraiment troublé et bouleversé à la fois ! Sanglotant,
je lui dit mais.....mais c'est moi qui lui demande pardon pour..... » Et l'Evêque m'interrompant; « Jésus attend
ta réponse ! » « Mais bien sûr, y a pas de problème, oui oui Oui mais je ne peux pas dire à Jésus que je Lui
pardonne, Lui ne m'a rien fait de mal! » Et je fondis en larme ! Je compris que là j'avais vécu une vraie
conversion intérieure, et mon amour filial envers les prêtres s'est renouvelé.
Merci Seigneur pour tes prêtres et serviteurs, bénis sois-tu !
C'est pourquoi jamais je ne permettrais à quiconque de soupçonner en moi un quelconque mépris ou dédain
envers ces vénérables serviteurs de Dieu que je respecte profondément et auxquels je communie totalement et
dont je voudrais apporter mon soutien sans faille à leur ministère. En Jésus-Christ ce sont mes frères et Pères!
Je voudrais faire mienne cette vision de Saint François d'ASSISE : « Le Seigneur m'a donné et me donne
encore, à cause de leur caractère sacerdotal, une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la règle de la
sainte Eglise romaine, que, même s'ils me persécutaient, c'est à eux malgré tout que je veux avoir recours. Si
j'avais autant de sagesse que Salomon, et s'il m'arrivait de rencontrer de pauvres petits prêtres vivant dans le
péché, je ne veux pas prêcher dans leurs paroisses s'ils m'en refusent l'autorisation. Eux et tous les autres, je
veux les respecter, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer en eux le péché ;
car c'est le Fils de Dieu que je discerne en eux, et ils sont réellement mes seigneurs. Si je fais cela, c'est
parce que, du très haut Fils de Dieu, je ne vois rien de sensible en ce monde, si ce n'est son Corps et son
Sang très saints, que les prêtres reçoivent et dont ils sont les seuls ministres ».
Cela ne m'empêche pas de rester libre en critiques et triste devant des comportements « bizarres », de
certains prêtres, mais c'est toujours dans la charité chrétienne que je le fais et non plus en victime! Je compris
qu'eux aussi étaient des hommes de chair, avec des sentiments et qu'eux aussi étaient victimes du péché et
étaient des êtres blessés comme moi, qu'ils méritaient autant de compassion sinon plus que tout un chacun.
12
Parce que leur ministère est particulièrement dur et difficile dans notre monde sécularisé à outrance ! Il faut
les entourer de notre affection filiale le plus possible même s'ils ne sont pas parfaits et ne sont pas de grands
saints? Parce que Jésus les aime d'un amour particulier, nous avons le devoir de respecter cet Amour sacré,
et considérer aussi que nous ne sommes pas meilleurs chrétiens qu'eux ! Vlan, prenons ça dans les dents !
Le bilan est pour moi assez positif même si je reste assez perplexe de certaines rencontres qui m'ont
profondément blessées mais la tentation de quitter l'Eglise n'a jamais germé en moi, et pourtant les tentations
de changer d'église, de confession m'ont été proposées: « mais tu sais, nous aussi on aime Jésus! » Je n'en
doute pas mais la réalité de Jésus-Christ et de Son Évangile, me font accepter et communier totalement au
Mystère de l'Eglise catholique! Pour moi, l'Eglise et Jésus sont tout un, inséparable. Je reconnais et confesse
que dans l'Eglise catholique, réside la plénitude de grâce dont le Christ l'a dotée puisqu'Il est Lui-même la
« pierre angulaire » de celle-ci! Et comment renierais-je ma dévotion mariale, la vénération efficace et bonne
des saints et par dessus tout; comment renierais-je l'Eucharistie ? Pas possible, inconcevable, n'y pensez
même pas ! Allez circulez !
 Illumination artistique
Table
En fait ces 20 années de concerts à travers toute la France fut pour moi, un chemin spirituel en
compagnie de saint Louis-Marie, plus qu'une démarche artistique. Car mon souci premier a toujours été
de comprendre ma vocation artistique dans l'Eglise que de faire une carrière artistique. Me pavaner devant un
public ou remplir les salles de concert ne provoque en moi qu'indifférence car ce n'est pas un but en soi. Par
contre chanter l'amour de Jésus me rend dingo, me donne des ailes, je ne rêve que d'avoir un avion pour aller
partout en France, en Belgique et en Suisse. Je pense que c'est l'Esprit-Saint qui mit en moi cette réflexion qui
me tourmente profondément : «Qu'est ce qu'un artiste chrétien? » Un jour je compris et j'ai décidé de faire les
choses sérieusement ! Mais c'est là que les choses se sont compliquées, parce qu'il fallait reprendre et
recadrer mon travail plus profondément et plus sérieusement.
J'aurais pu continuer à faire mes « cantinous » sans me soucier de la qualité artistique, j'aurai pu avoir mon
public et me satisfaire de cela. Mais le problème c'est que j'ai une bonne formation musicale de guitariste
classique et les « règles de l'Art » je les connais alors je ne pouvais plus les ignorer! Je décidais de reprendre
la guitare classique que j'avais abandonnée et de me replonger dans cet univers merveilleux de la musique
classique.
Ensuite je commençais à composer les orchestrations de mes « cantinous » et là je m'apercevais, ouah, que
cela passait un cran au-dessus, de simples cantiques mes chansons devenez de véritables « œuvres
artistiques » honorables qui ne manquaient pas de richesses artistiques. Là je compris que cette richesse
artistique était tout à fait à sa place avec les poèmes de saint Louis-Marie. Surtout, ses poèmes prenaient
tout le relief, la force spirituel qu’ils leur sont propres. Mais très vite j'allais me confronter à un sérieux
problème de taille.
Et comme fait exprès, un sérieux problème en engendre d'autres, mon « super manager, partener », mon ami
François qui m'accompagnait durant près de 15 ans, arrêta de travailler avec moi, pour différentes raisons
personnelles. Je continuais seul mais je m'épuisais à tout faire. Le problème se résume très simplement: je
suis seul à tout faire, c'est à dire, à ne rien faire jusqu'au bout, ou faire chaque chose à peu près de
manière acceptable mais jamais jusqu'au bout comme il devrait se faire.
Je suis compositeur, je compose sur mon ordinateur note à note, l'orchestration pour chaque chanson, puis
je dois prendre la casquette du technicien du son, j'enregistre et fait la maquette de mon nouvel Album, ah
oui de plus comme j'écris certains de mes chants accompagné d'un chœur, j'enregistre moi même chaque
partie du chœur: Basses, Barytons, Ténors, Alties et même sopranies ! Tenez, je suis éditeur, j'édite moi
même les jaquettes de mes CD, avec les paroles à l'intérieure, s'il vous plait, puis je les découpe et les plis et
enfin je les duplique moi même sur mon ordi. Vous en voulez encore ? Je suis mon propre manager, je
contacte et me déplace pour organiser mes concerts dans les paroisses, je fais les affiches, les tracts etc...J'ai
créé mon propre site et je me suis découvert un penchant pour le travail de « Webmaster ». Enfin, je suis
guitariste classique, j'essaie malgré tout de jouer de la guitare au moins une heure et demi par jour. Je n'ai
pas le temps de faire les partitions de mes orchestrations et faire la promotion de ma musique, de m'occuper
de mon site Internet et le faire connaître etc........etc........etc..........oh excusez-moi, je m'étais assoupi un peu !
13
Tellement de boulot pour un seul homme, c'est pas normale tout cela ! Bon sens de bon soir, quelqu'un
n'aurait-il pas pitié de moi ? Puisque Dieu est vieux et dure d'oreille forcément, non ? Ah ! Vlan ! Qu'est ce
que cela fait du bien ! Avec tout le respect du à Sa grande Majesté, bien sûr !
Bref je fais beaucoup de chose à la fois sans pouvoir les faire réellement. Alors quand j'entends la sagesse
des hommes me dire: « Tu devrais faire ça, dans tes loisirs et travailler à côté ! » Ah bon, je n'y avais pas
pensé ! Bon sang! Je crois qu'ils sont loin, loin de la réalité du travail d'un artiste de mon style. Alors s'il vous
plait, tous vos bons conseils moralistes, gardez-les pour vous car en fait c'est toujours le même problème, ce
comportement révèle, une « incapacité » à ne pas vouloir aider l'artiste dans sa réalité propre, par préjugés ou
raisons ambigus hypocrites ! Sagesse ou moralisme de leur part ?
Malgré tous ces problèmes, voyons le bon côté des choses, j'ai acquis un certain savoir faire dans la manière
de prendre en charge un artiste. J'en connais les besoins réels car j'en ai acquis une réelle expérience.
Ces 20 années de concerts dans l'Eglise m'ont surtout apporté une vraie expérience spirituelle
ecclésiale mais aussi une opportunité d'approfondir la réalité de la « pastorale artistique » de manière
concrète et non intellectuelle ou théorique.
Soyons honnêtes, je le dis avec tristesse :
Pourquoi un artiste chrétien, comme moi, se retrouve seul, dans son « ermitage », dans son trou,
paralysé par l'immensité de son travail, incapable de se produire? « Fais autre chose, le Seigneur ne te
demande pas de faire ça ! » « Oh excusez le, il s'est invité sans mon autorisation! Laissez-moi lui répondre :
Oui, oui d'accord, on t'as entendu ! Bon reprenons! »
J'en connais parfaitement les raisons et c'est pourquoi, je voudrais les exposer dans ce livre pour vous
convaincre de la nécessité de la création d'une Fondation artistique chrétienne pour l'Evangélisation.
Je bénis le Seigneur, de cette « sainte galère » que je vis car sans elle, jamais je n'aurais eu conscience
de la gravité et la dignité de la belle vocation d'artiste chrétien au service de la Sagesse évangélique! Je
préfère mille fois vivre ma situation précaire qu'une carrière artistique euphorique vécue dans l'ignorance des
choses acquises par la souffrance de mon état de gueux mais « gueux de Notre Dame », nuance !
 POURQUOI UNE FONDATION ?
Table
J'ai pu ainsi rencontrer beaucoup de curés, et d'autres personnes engagées dans l'Eglise, j'ai rencontré
beaucoup de paroisses et communautés diverses etc... Donc permettez-moi la prétention d'avoir acquis une
réelle expérience ecclésiale et d'avoir un certain point de vue sur la pastorale artistique dans l'Eglise de
France. J'ai aussi rencontré beaucoup d'artistes chrétiens, enfin ceux qui ont estimé que je pouvais leur
adresser la parole. Malheureusement la fraternité entre artistes chrétiens est presque nulle, du moins
selon mon expérience ! Je reste comme un fiancé, désabusé et trahi par sa bien-aimée! Un sentiment profond
de désillusion!
QUELLE HORREUR ! QUEL CONTRE TÉMOIGNAGE ! QUELLE HONTE !!!
Cela m'interroge profondément !!!
Bon, le constat est très subjectif mais j'avoue directement et sans emballage hypocrite que si le Seigneur
Lui-même ne m'avait pas révélé que Son Eglise était Son Epouse, Son divin plan pour sauver l'humanité, et
sans le témoignage de ces grands saints comme saint Louis-Marie et ceux de prêtres et religieux et laïcs
engagés de manière totale, j'aurais tout simplement quitté et méprisé cette église. Mais intérieurement
j'entendais l'Esprit Saint me parler et me convaincre de supporter. La phrase de Jésus aux apôtres : « Voulezvous partir, vous aussi ? » J'avoue que cette phrase de Jésus m’émeut au plus profond. Bien sûr que NON, et
comme saint Pierre, je Lui réponds : « Enfin je sais que tu as les paroles de la vie éternelle, vers qui irais-je?
Et toi qui sais tout, tu sais que sans Toi, ma vie est totalement vide et sans intérêt. Enfin voyons ! »
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Alors je n'eus aucun doute, il fallait supporter, comme l'a fait saint Louis-Marie, cette Eglise de France que
je trouve si pauvre, si mièvre, si timorée, si….« Oh cela suffit, me dit mon ange gardien, tu as raison, mais te
crois-tu meilleur qu’eux ? ». Je lui répondis «En vérité non ! Mais alors on est mal barré ! lui répliquais-je.»
Ah, je veux toujours avoir le dernier mot ! Il faut que j'en rajoute toujours, peut-être un trait de mon, beurk,
sal caractère de me...non; quand même pas ? Restons sobre!
 Conscience artistique chrétienne
Table
Mais tout cela serait exagéré si tout de même il n'y avait pas quelques signes positifs. Le Seigneur me fit
découvrir et puiser au fond du mystère de l'Eglise, j'y découvrais un potentiel d'Espérance inouïe. Et comme
je l'ai déjà souligné, c'est justement là que le Seigneur me fit mettre le doigt. J’ai pris conscience de
l'opportunité d'éveiller une culture chrétienne digne de ce nom et là mon cœur a commencé à jubiler, et à
s'élargir vers des horizons humains où la culture des hommes œuvrerait avec la grâce de Dieu pour le plus
grand bonheur des hommes et la joie des anges qui servent Dieu jour et nuit en chantant ce Cantique
Nouveau, que nous devons sans cesse réactualiser.
En fait, les agents de la « culture chrétienne » digne de ce nom, doivent avoir la même vision que les
prédicateurs, les confesseurs voire les martyrs, de l'Evangile pour que celle-ci puisse porter un fruit agréable
à Dieu et puisse ravir le chœur des anges. Quand Dieu est content des hommes, les anges chantent et dansent
devant Sa Gloire, quelque fois leurs louanges débordent jusqu'à nous et c'est là que l'artiste devient un
instrument de choix selon son génie créateur, pour éveiller une riche et belle culture.
Extrait de la deuxième prédication de carême du P. Raniero Cantalamessa, OFM Cap, prédicateur de
la Maison pontificale. Prononcée en présence du pape et de la curie romaine
ROME, Vendredi 29
février 2008 (ZENIT.org) « Il y a deux manières de préparer une prédication ou toute annonce de foi orale ou écrite. Je peux d'abord
m'asseoir à mon bureau et choisir moi-même la parole à annoncer et le thème à développer, en me basant
sur mes connaissances, mes préférences, etc. puis, une fois le discours préparé, me mettre à genou pour
demander instamment à Dieu de bénir ce que j'ai écrit et rendre mes paroles efficaces. C'est déjà une bonne
chose mais ce n'est pas la voie prophétique. Il faut plutôt faire le contraire. D'abord se mettre à genou et
demander à Dieu quelle est la parole qu'il veut dire; ensuite, s'asseoir à son bureau et utiliser ses
connaissances pour donner du corps à cette parole. Cela change tout car de cette manière, ce n'est pas Dieu
qui doit faire sienne ma parole mais c'est moi qui fait mienne sa parole.
Il faut partir de la certitude de foi que, en toute circonstance, le Seigneur ressuscité a dans le cœur une
parole qu'il souhaite transmettre à son peuple. C'est celle qui change les choses et c'est celle qu'il faut
découvrir. Et il ne manque pas de la révéler à son ministre, si celui-ci la lui demande humblement et avec
insistance. Au début il s'agit d'un mouvement presque imperceptible du cœur : une petite lumière qui
s'allume dans l'esprit, une parole de la Bible qui commence à attirer notre attention et qui éclaire une
situation.
C'est véritablement « la plus petite de toutes les graines » mais ensuite, on se rend compte qu'à l'intérieur,
il y avait tout ; il y avait un coup de tonnerre capable de foudroyer les cèdres du Liban. Ensuite, on se met à
son bureau, on ouvre ses livres, on consulte ses notes, les Pères de l'Eglise, les maîtres, les poètes.... Mais
désormais, c'est tout autre chose. Ce n'est plus la parole de Dieu au service de notre culture, mais notre
culture au service de la parole de Dieu ».
Cette dernière phrase est particulièrement intense et vraie, exigeante mais si lumineuse.
« Ce n'est plus la Parole de Dieu au service de notre culture, mais notre culture
au service de la Parole de Dieu ».
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Oui il existe bien une culture chrétienne qui plaît à Dieu, et une autre, dite chrétienne qui n'en
possède que l'apparence. L’une célèbre et rend gloire à Dieu, l’autre « se glorifie et idolâtre ses
virtuoses et vedettes ».
C'est pour cela qu'un artiste chrétien doit veiller que sa démarche artistique soit en phase avec
« l’Esprit de la parole de Dieu ». Pour cela il a besoin du regard de ses frères et sœurs en Jésus-Christ,
il a besoin viscéralement de l'Eglise sous peine de tomber irréductiblement dans l'aveuglement, dans la
suffisance, et une certaine attitude hautaine envers les autres qui ne sont pas de son bord ou de son club.
(Oui le « clubisme » est une véritable plaie de tout rassemblement chrétien et communauté s’ils n’y prennent
garde !)
Les artistes chrétiens ont besoin d'une Fondation artistique pour les défendre et les protéger contre
toutes sortes de contradictions et faire face à des incohérences qui existent dans la complexité des
rouages de la culture. L'incompréhension, l'incompétence des animateurs et agents culturels et les préjugés
qui pèsent sur l'artiste sont un réel obstacle sur son chemin, d'autant plus pour les artistes chrétiens qui
œuvrent pour l'Evangile. Devant ce monde rétif à tout ce qui touche à la spiritualité chrétienne, l'artiste
chrétien est souvent désœuvré surtout lorsque ce regard ambigu et gêné vient de la communauté ecclésiale,
elle-même. Là, c'est une véritable disgrâce et aberration totale ! C'est bien la preuve que l'Eglise a perdue de
sa verdeur, de son onction, que l'Esprit-Saint est trop souvent contrarié. On troque trop souvent son
influence par celui de nos basses idéologies. Ah, voilà encore que je critique, mais faite-moi taire !
Par exemple, j'avais demandé à un diacre qui aidait des artisans à s'installer à leur compte, il me dit que
leur association diocésaine avait entre autre, aidé un menuisier, financièrement, en lui achetant des machines
et tout ce qu'il lui fallait pour se mettre à son compte, on trouve cela bien et normale et c'est juste. Alors je
lui demande si leur association pourrait m'aider à acheter du matériel de sonorisation, il m'a répondu assez
vivement, « Ah non on n'aide que les personnes du monde du travail ! ». Tout est dit! Sa réponse résume
assez bien le regard très mesquin qu'ont les gens en majorité, sur l'artiste ! Dans la tête de la majorité des
gens, l'artiste est celui qui a du sucés, donc financièrement parlant, il est aisé et du coup reconnu. Dois-je
tout simplement rappeler qu'un des plus grand génie du christianisme qu'est Mozart, fut incompris, rejeté et
lors de sa mort fut mis à la fosse commune comme un parfait inconnu et misérable ? Cela devrait nous
interroger un peu et sortir de ce schéma mondain artificiel trop répandu, de l'artiste idolâtré et « starisé »! Un
prêtre très instruit, me dit un jour « mais qu'est ce que tu espère à ton âge, devenir une vedette ? Mais c'est
trop tard pour toi ! » J'ai été abasourdi de sa réflexion, si peu perspicace ! Je lui ai répondu que l'Art ne se
résume pas aux stars et aux vedettes ! Ni aux génies, je rajouterais !
Cela s'explique par le fait que l'artiste n'est pas un artisan du « nécessaire », il ne rend pas un service public
matériel, indispensable à priori, il ne vient pas combler un besoin immédiat mais il est un artisan du reflet de
la beauté intérieure de l'âme humaine. Il ne rend pas un service public mais spirituel et culturel ou du
moins, cela devrait être reconnu par l'Eglise comme un réel service à l'homme. Imaginez que grâce à
cette Fondation Saint Louis-Marie, nous prenions 4, 5 artistes et nous amenons le suc, le nec plus
extra de notre richesse artistique chrétienne, et l'étalons dans vos églises, même dans le plus pauvre
des Doyennés et cela grâce à nos mécènes ? Quelle joie, quelle merveille, quelle belle mission !!!
« Allez, arrête de rêver et va bosser comme tout le monde ! » Ouais, encore un illuminé ! » « Merci, merci,
mais je me soigne, rassurez-vous! »
Bref, s'il existe une structure sociale pour aider un artisan menuisier, pourquoi n'en existerait-il pas
pour soutenir l'artiste chrétien au sein de l'Eglise catholique ? C'est parce qu'on pense très
maladroitement que cela est superflu. En soi, cela est une aberration scandaleuse quand on sait combien
la contribution des chrétiens dans l'Art a été prépondérante dans le passé. Aujourd'hui, c'est très
symptomatique et déprimant car ce désintérêt pour l'Art chrétien, révèle un affadissement réel de la Foi en
l'Amour de Jésus. Le Pape Jean Paul II l'a bien exprimé en écrivant ceci: «Une foi qui ne devient pas culture
est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue.» Or ce symptôme, je
le constate trop souvent hélas, auprès de beaucoup de chrétiens, du simple fidèle jusqu'au pasteur !
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C'est pourquoi, une des composantes fondamentales de cette Fondation sera de promouvoir une
« conscience artistique chrétienne » dans l'Eglise. Parce que l'Art, loin d'être une réalité banale, est
vraiment un des signes forts de notre « oui » à la transcendance éminente de la Sagesse de Jésus! Ce qui me
fait dire et sans exagérer que si l'on méprise l'Art dans l'expression de notre Foi, quelque part, on méprise,
ou du moins, on résiste à la grâce de Dieu qui veut opérer dans les cœurs! A force de nous asséner que la Foi
est une donnée personnelle et privée, on en est venu à assainir les énergies et le dynamisme culturel chrétien
jusqu'à un certain essoufflement, j'en suis navré et consterné.
L'artiste chrétien en vérité, endosse la Foi de l'Eglise, il est là justement pour élever les cœurs au-dessus
de toutes les réalités terrestres et apprendre, à relativiser les soucis de ce monde pour une vision plus
spirituelle, un peu plus eschatologique. Il se doit de répondre à une mise en garde de Jésus, à une vérité
fondamentale de notre humanité :
Mathieu 4,4 « L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche du
Seigneur. »
L'artiste est le révélateur et doit être le témoin de ce mystère, de cette vérité. Par son art et son talent,
il doit tendre les cœurs vers Dieu et respecter sa Présence : sanctifier son Nom !
L'Art, collaborateur avec la grâce, subit le même sort qu'elle, face à l'homme contemporain, aux chrétiens
tentés par l'affadissement de la Foi. Il est en bute à un rejet massif et systématique de la religion, due à une
sécularisation laïciste, belliqueuse et matérialiste, il s'étiole et tend à disparaître de la sphère religieuse. C'est
un processus normal et compréhensif en soi mais pas du tout fataliste et irrémédiable ! Il suffit de prendre
notre place en tant que chrétien et cesser de croire que notre Foi doit être vécue en privé et secouer notre
« léthargie ou paralysie spirituelle » et vivre heureux, joyeux et libre comme enfant de Dieu. Nous
possédons le plus beau message que le cœur humain ait connu, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ! « N'ayez
pas peur ! » DUC IN ALTUM, allez dans les profondeurs et les rivages de ce monde qui appartient à Dieu !
Le témoignage de saint Louis-Marie fait de lui, une figure éminente du parfait disciple de Jésus-Christ, du
parfait missionnaire authentique, prototype éminemment excellent et model pour notre temps. Il est un
antidote à cette sécularisation matérialiste qui nous retranche trop souvent dans une religiosité et une foi
mièvre, fade et timorée. Il est un « aiguillon de la ferveur » de notre Foi, un vrai maître des chemins de la
sainteté, de la liberté des enfants de Dieu. Lui, est un vrai héros et Hérault de la Foi, nous, nous sommes des
petits enfants, à côté, dans l'ordre de la grâce. Ce saint voudrait nous communiquer son secret merveilleux
pour nous éveiller aux « plaisirs » de la Mission et à cette paix que rien ni personne ne pourra nous ravir!
Mais comme de son vivant, Louis-Marie, malgré sa canonisation, sa personnalité, révèle un véritable
paradoxe dans la tête de beaucoup de personnes! Tellement son charisme est puissant, soit nous le vénérons
et reconnaissons en lui, un parfait disciple et missionnaire de Jésus-Christ ou bien, on le persécute et
s'oppose à lui de mille façons. Bref, soit on le vénère ou on le méprise! Il a toujours suscité une vive
réaction, soit de sympathie ou de rejet incompréhensible faisant autour de lui deux camps, les amis
inconditionnels et des ennemis irréductibles ! En tous les cas l'Eglise a tranché, le père de Montfort est
reconnu saint, donc du côté de Dieu ! Je peux vous assurer que si vous cherchez Dieu, ce saint vous y
conduira sûrement et promptement ! Saint Louis-Marie durant toute sa vie, a rappelé cette maxime de Jésus:
«« L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute Parole qui sort de la bouche du Seigneur. »
Voilà pourquoi la création d'une telle Fondation ne procède pas d'un besoin matériel commerciale
mais s'appuie sur une valeur évangélique fondamentale, manifester une cohérence entre la Foi et sa
proclamation, une réponse fidèle à la Mission de Jésus: Marc-9 15 « Allez par tout le monde et prêchez
l'Evangile à toute la création. » Même si l'artiste exprime sa foi personnelle ou son expérience, il est
solidaire est lié à la catholicité de la Mission de toute l'Eglise. De plus, cette vision facilite la communion
entre tous les chrétiens, mais elle est souvent en bute à un esprit matérialiste rampant. Trop souvent,
on préfère laisser l'artiste, seul, face à son destin ou aux mains d'un producteur qui veillera à ce que
son talent soit rentable, sous peine de le congédier. Quel misérabilisme ! C'est pourquoi la notion de
« producteurs » n'a pas sa place dans l'Eglise.
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L'artiste chrétien ne doit pas être le produit d'un certain « showbizz catho », du « star système »
mais le serviteur d'une vraie « pastorale artistique évangélique! » De plus les communautés ecclésiales
surtout la paroisse, doivent être ouverte à cette dimension de l’Art et de la Mission évangélique, sinon,
elles ne sont pas entièrement fidèles à cette catholicité de l’Eglise: le Baptême nous incorpore dans
l’Eglise, “Corps du Christ” et non dans une paroisse ou communauté particulière. Alors soyons
vigilants et lucides, élevons nos cœurs et nos esprits. Je crois sincèrement que le pire obstacle au
christianisme, ne sont pas les « autres » mais cette tentation matérialiste qui dévoie tout et contamine
la substance même de notre cœur, les rendant rampants et stériles en « fruits abondants » de la grâce
divine, remplaçant le Royaume de Dieu, la sainteté par une religiosité ou spiritualité humaine et un
humanisme idéologique qui amenuise la grâce de la « communion » et contrarie l'Esprit-Saint !
Seigneur, ne nous laisse pas succomber à la tentation!
Face à tous ces défis, comment voulez qu'un artiste chrétien seul, puisse émerger et se produire? Quelle
chance a t-il de s'accomplir dans sa vocation ?
AUCUNE !
Le péché brouille les esprits et disperse les énergies créatrices des beautés spirituelles, c'est pourquoi, une
Fondation comme celle que je voudrais, est vraiment providentielle pour les artistes. Elle veut être au
service des artistes qui consacrent leur talent à Dieu, en défendant et en promouvant leur vocation
artistique au cœur de l'Eglise ! En ce sens, elle se veut au service de la « Pastorale de la culture » pour
que chaque diocèse puisse avoir les moyens d'accueillir la mission irremplaçable de la vocation
artistique.
De toute manière comme je l'expliquerais plus bas, c'est une structure qui est juste et la seule valable pour
soutenir et aider les artistes chrétiens car leur Art est éminemment de l'ordre de la grâce et non de l'ordre du
commerciale ou de l'industrie, il est au service de « l’intemporel ». C'est pourquoi, les artistes chrétiens
n'ont pas besoin de « producteurs » proprement dit mais de « producteurs chrétiens, respectant la
nature de l'Art chrétien », ils ont plus besoin d'un « regard de mécène », inspiré de la Sagesse
évangélique, car leur travail doit toucher le cœur des hommes et doit révéler la beauté ineffable de Dieu et
non comptabiliser le nombre d'albums vendus! Ah, toujours à critiquer ce Carlito! C'est plus fort que moi,
excusez-moi!
Matthieu:
4 1 Alors Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. 2 Après avoir jeûné
quarante jours et quarante nuits, il eut faim. 3 Et le tentateur, s'approchant, lui dit: " Si vous êtes fils de
Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains. " 4 Il lui répondit: " Il est écrit: L'homme ne vit pas
seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. "
Jésus ne s'est pas incarné pour créer la plus grande « ONG » ou association caritative du monde. Il n'avait
pas besoin de le faire pour nous rappeler la justice envers les pauvres, même s'Il nous le rappelle de manière
significative, sa venue sur terre en son incarnation a une motivation bien plus élevée car il ne suffit de
donner à manger à celui qui a faim pour faire œuvre de charité :
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Jean 18-37 Pilate lui dit: "Tu es donc roi?" Jésus répondit: "Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu
dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité: quiconque est de la vérité écoute ma voix."
Jésus est venu pour nous mettre en relation avec la Parole de Dieu en toute vérité et dans la grâce, nous
confronter à celle-ci ! La réalité de cette Vérité dépasse largement l'énoncé intellectuel du contenu de
notre Foi, il ne suffit pas de l'annoncer dans les prédications, les homélies, de manières précises et détaillées
mais il faut aussi mettre l'auditeur en « présence » de cette réalité divine. L'Art justement, est un « beau
moyen naturel, culturel » pour remplir cette fonction sous l'action de l'Esprit-Saint, ainsi la Liturgie
dans son ostentation, s'appuie sur des gestes « artistiques », d'un déploiement artistique riche qui
manifeste le Mystère. L'artiste est donc ce serviteur qui comme Jésus, loin de négliger ou d'ignorer la
justice sociale, étend cette vertu royale de la Charité vers son sens le plus profond et le plus élevé, celui de
« rendre témoignage à la Vérité ». Il va donc s'employer à élever les cœurs, les rapprochant et les mettre en
vis à vis avec cette Vérité qu'est Jésus Lui-même. Car depuis l'Avènement de Jésus-Christ sur notre
terre, la Vérité est une Personne et non uniquement un concept philosophique! C'est pourquoi
l'Evangile est la plus grande révolution de toute l'histoire humaine et provoque de toute manière de
vives réactions. Saint Louis-Marie est une « icône » de ce combat spirituel qui se vit au cœur du monde
mais aussi au cœur de l'Eglise. Sa vie nous révèle une « offrande » de sa personne sans faille aux hommes et
à Dieu, dans une parfaite charité, elle nous révèle la présence de Jésus au milieu de nous ! Chez ce saint, en
lisant ses biographies, nous voyons et touchons de près l'œuvre de la grâce de Dieu à l'action ! La grâce de
ce saint révèle cette joie, cette paix évangélique que rien ni personne ne peut nous procurer ni nous ôter.
L'Art chrétien est de l'ordre de la proclamation de la vérité et plonge ses racines dans ce beau
mystère, qu'est la vertu de l'Espérance !
L'Art chrétien s'il se veut authentique doit nous faciliter cette proximité au Mystère de la Présence de Dieu
dans nos vie ! L'Art est en fait, le prolongement de cette conscience profonde et mystique. Ainsi la Foi;
quand elle est bien comprise, bien pensée, bien accueillie, aboutit naturellement à une expression
artistique. Et c'est ce « naturel » de l'Art qu'il faut opposer à cette « perplexité trop facilement
naturelle » aussi chez beaucoup de chrétiens, face aux artistes. Car il n'est pas naturel de mépriser,
« bouder », ou délaisser un artiste chrétien si on se dit soi-même chrétien ! C'est une attitude absurde,
antinomique, contraire au bon sens, c'est un manque de charité, un manque d'amour pour Jésus qui a
besoin de cet artiste pour toucher le cœur de son public etc...Bref, c'est un comportement scélérat vis à
vis de la grâce de Dieu !
Les raisons donc, pour la création de cette Fondation sont nombreuses et profondes, sont évidentes.
Mais le pire obstacle à sa réalisation, comme je l'ai souligné, est le manque de fraternité réelle et concrète
entre les chrétiens ! J'avoue que ce constat est pour moi une véritable plaie dans mon cœur, un cri vers le
Seigneur ! Mais heureusement il y a une raison profonde et relevée, qui me transporte de joie et qui
contrebalance tout, elle réside dans son charisme prophétique, le socle de sa création, celui d'annoncer
au monde la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ! On ne doit jamais le perdre de vue. C'est pour cela que la
seule manière valable d'aider l'artiste chrétien est l'esprit du mécène chrétien ayant ce regard
évangélique, du « protecteur ». Celui qui le protègera de lui-même, d'une vaine gloire miroitée par le
regard fantasmé, superficiel, d'un certain public, qui ne comprend pas toujours la profondeur et la haute
dignité de la vocation artistique chrétienne ou le contraire a tendance à mépriser une « carrière artistique »
humble, d'un « échec » apparent qui peut porter du fruit dans l'ordre de la grâce. « Ouah, je trouve cela pas
mal du tout ! » Ce mécène là, aidera l'artiste à aiguiser son Art pour qu'il touche à son but propre : la
gloire de Dieu et non l'idolâtrie, la sanctification de Son Nom et notre salut contre notre mégalomanie
et notre suffisance ! Il est donc normale de rectifier ce regard vicié de certains producteurs catholiques qui
ne promeuvent les artistes qu'à la manière du « Showbizness » que ceux qui ont un potentiel commerciale;
rectifier l'esprit tordu que je retrouve même chez certains pasteurs qui manquent cruellement de
discernement en la matière.
Mais quel orgueil de ma part de dire des choses pareilles ! Eh bien oui et oui, je suis orgueilleux mais je
ne vais pas attendre de ne pas l'être pour ouvrir ma gu....oh pardon, ma bouche pour en discuter !
« Bon, venez, on n'a plus besoin de l'écouter tellement c'est délirant, ils nous prend vraiment pour des nuls,
allez venez, allons-nous en ! » « C'est ça tirez-vous et que Dieu vous bénisse ! Ouf enfin un peu de paix ! »
19
 Artiste ou « cabotin » ?
Table
Je voudrais dire aussi la même chose, mon amitié profonde, comme je l'ai dit pour les prêtres, à mes frères
et sœurs artistes que je vais critiquer assez vertement, je l'avoue. Mais cela est nécessaire, ce n'est pas pour
les blesser mais les interpeller, leur faire prendre conscience de leur comportement scélérat, leur absence de
charité fraternelle, ou leur grande et chaleureuse fraternité hypocrite ! Je mets cela sur le compte de
l'immaturité spirituelle ou tout simplement la connerie pure, bref le péché. Pardon pour mon manque de
mansuétude.
Allez, on y va, c'est parti !
Je suis content de constater que ce mouvement « artistique », entamé depuis les années 1950 et 60 dont le
père DUVAL en est l'emblème et le pionnier, s'essouffle et périclite, tout simplement parce qu'il ont créés un
système qui n'est pas évangélique mais basé sur l'élitisme, le mercantilisme, basé sur le « star système », qui
ne prend pas en compte toute la Sagesse avec laquelle ils doivent œuvrer. En effet quel artiste ne rêve t-il pas
à un grand succès, avoir un public immense et une reconnaissance la plus large ? Mais souvent ces
« artistes » ont une attitude opportuniste, par conséquent, incapables d'entrer en vrai dialogue avec les autres
car trop engoncés dans ce système merdique qui les rend souvent hautains et incapables d'une rencontre
humaine simple et sereine. Ils sont mis à part ou se mettent à part et ne se rencontrent qu'entre gens du
même rang, de la même classe ! Bah, je les plaints plus qu'autre chose. Attention je n’ai pas connu le père
Duval, qu'il me pardonne d'utiliser son nom comme emblème, mais je dénonce l'attitude de certains que j'ai
pu approcher providentiellement. Je critique le système de « showbiz » dans lequel, ils se rendent complices
et en sont les fondateurs !
..Pourquoi suis-je aussi critique envers, eux ? Tout d'abord, je ne les méprises pas, contrairement à eux, Dieu
m'est témoin, parce qu'ils font ce qu'ils peuvent mais puisqu'ils ne m'ont laissés qu'une indifférence
fraternelle, je ne me gênerais pas pour le faire et cela sans hypocrisie aucune comme ils ont l'habitude de le
faire. C'est surtout pour cette raison: quel héritage laisse t-il ?
Même si je reconnais qu’ils ont su apporter une réelle richesse spirituelle, un certain style artistique et aussi
un certain témoignage, sincère et honnête, je ne veux pas enlever la place originale qui est la leur, je loue le
Seigneur pour leur témoignage, très sincèrement. Mais il n'empêche que cela reste insuffisant et leur
travail tombe trop souvent dans le conformisme, trop souvent dans la mièvrerie car ce ne sont tout
simplement pas des artistes mais des « artisans » et encore ? Ce qui n'est pas la même chose. Un bon artiste
chrétien ne peut être seulement quelqu'un qui crée des œuvres artistiques mais celui qui sera fécond en
fraternité, qui aura le souci de l'essentiel, de la charité fraternelle car il est là le but de l'Art. Car si son art
n'est pas l'expression de l'Amour de Jésus, qu'il soit « anathème » comme disaient nos pères au Moyen Age !
Si tous ces « troubadours de l'Evangile » n'ont pas de fécondité, c'est tout simplement, soit, ils sont enfermés
dans leur système de merde, leur suffisance ou tout simplement, je pencherais pour cela, ce ne sont pas de
vrais artistes chrétiens et ne peuvent donc accéder à cette illumination, à cette fécondité. Ils sont stériles à
cause de leur état d'usurpateur, d'hypocrite ! Hum, c'est presque méchant de ma part ! Mais je discute car il
le faut, pour un meilleur discernement et avenir de l'artiste chrétien.
Faire des chansons est à la portée de tous, il n'est pas obligatoire d'être musicien et grand compositeur, pour
cela. Mais le faire dans les règles de l'Art, cela est autrement différent et beaucoup plus exigent, il faut de
réelles compétences et une vraie expérience de ce « métier ».
Par exemple Franz GRUBER ce jeune instituteur allemand, organiste non professionnel, composa en 1818,
Stille Nacht ou Douce Nuit, ce chant de noël, très célèbre, quelques heures avant la Messe de minuit, parce
que l'orgue était tombé en panne. Il le chanta à la guitare mais l'année suivante la paroisse l'interpréta à
l'orgue et à quatre voix et là, son succès fut générale et fulgurant, dépassa même la frontière des générations
car ce chant est d'une beauté inouïe! Pourtant la mélodie est très simple mais lorsqu'elle est chantée par une
assemblée ou un chœur, elle possède une force émotionnelle puissante. S'il était resté à l'accompagnement
seul de la guitare, jamais ce chant n'aurait eu le succès qu'on lui connaît; sûrement même serait-il resté
inconnu !
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Aussi je connais des personnes n'ayant aucune notion ou formation musicale et qui sont capables de créer
des mélodies belles et honnêtes etc...Mais la part de génie qui revient à l'artiste c'est qu'il va réussir selon les
règles de l'Art, à l'embellir, la façonner et la développer pour en faire une véritable œuvre d'Art. Par exemple
l'apport des airs populaires dans les cantates de Bach est significatif mais son génie de compositeur en fait
de grands et beaux chefs d'œuvres. Sa fameuse cantate 147 connue sous le nom de « Jésus que ma joie
demeure » est d'une mélodie « scandaleusement simple » mais avec l'accompagnement très célèbre de celleci, rend cette mélodie « scandaleusement » belle et majestueuse !
Tout cela pour dire qu'il faut avoir de la retenue dans la qualification d'artiste chrétien envers tous ceux qui
chantent et se produisent dans les églises. Beaucoup de ceux qui brillent aujourd'hui devraient se poser la
question déjà cité plus bas: suis-je vraiment un artiste ou tout simplement un cabotin, allez pour ne pas être
trop sévère au mieux, un « artisan chanteur »? Ce qu'il faudrait dire, tout simplement c'est que ce sont des
chanteurs, rien d'autres. Ou alors disons-le franchement, je suis un artiste raté, aveuglé par ma jalousie ! En
fait il n'y aurait que des artistes et ce mot de cabotin serait proféré par des êtres ignobles comme moi,
devenu trop méchant par ma jalousie maladive ? Hum, hum, on est mal barré si on commence à faire ce
genre de boulette psychologique ou de sentiments blessés.
Quelques fois ces « artisans chanteurs » chrétiens ont des chansons valables, paroles et mélodie. Mais cela
ne fait pas d'eux des artistes ou des compositeurs pour autant ! Ce qui me désole, c'est qu'on les prend pour
des artistes, d'ailleurs, certains le reconnaissent, alors que les vrais artistes, eux, sont les grands absents, ou
sont enfermés dans leur tour parfaitement hermétique ! Quelle grande comédie ! Quelle désolation ! Il
n'empêche que le système de « production » qu'ils ont engendré, reste trop mercantile, pèche gravement par
manque de « catholicité », de Sagesse qui ne prend absolument pas en compte toute la profondeur de la
réalité artistique chrétienne. Il en résulte souvent une confusion extrême, on préfère ne rien dire et fermer sa
conscience en nivelant la culture chrétienne vers le « bas » au lieu de viser vers le « haut »!
Ils devraient dans leur âme et conscience, se dire sincèrement, suis-je un artiste ou tout simplement un
« cabotin? Que penser de la production des chansons catholique de cette dernière génération ? Je crois que je
n'ai jamais entendu de chants aussi nunuches et musiques aussi niaises que dans la chanson catholique
d'aujourd'hui. Ce n'est pas méchant de ma part puisque je ne fais que dire la vérité, mais plus qu'être
méchant, cela m'attriste et me désole. Le pire, c'est que moi-même suis tombé dans le panneau, et fais
comme eux à mes débuts, mais assez vite je commençais à ressentir une gêne salutaire.
Souvent ils infantilisent leur «public» par les paroles de leur chants, avec une poésie trop systématiquement
stéréotypée, déprimante à la longue. Le pire c'est que je suis obligé de chanter leur chant pour faire comme
tout le monde et me rendant complice de ce désastre par manque de fermeté, de courage, jusqu'au jour où
j'en ai eu réellement marre et là, j'ai dit stop ! Quand on vient me chercher pour animer une messe, et que je
vois un chant nunuche, alors je mens, en disant que je ne connais pas ce chant ou que je n'ai pas la partition,
cela marche presque à chaque fois, mais bon ! Là n'est pas la question. Oh, vilain petit canard ce Carlito !
Mais ce que je leur reproche fondamentalement: Quel héritage laissent-ils? Pas grand chose, en tous les
cas, aucune structure efficace pour accueillir et promouvoir les artistes que le Seigneur appelle à se
manifester. Aucun souci des autres artistes, laissés sur la touche, bref aucune vraie fraternité !
Le plus qui me scandalise c'est leur manque d'accueil et de charité envers les autres artistes, j'en ai
rencontrés certains, des plus connus et contactés d'autres pour partager et leur demander de l'aide. Quelle
réponse ai-je obtenue ? Quelle vis à vis ai-je reçue ? NADA, néant, le trou noir, j'aime bien leur expression,
« union de prière », c'est à dire, « dégage, c'est tout ce que tu obtiendras de moi ! » Ben voilà je suis pris en
flagrant délit, jamais satisfait, trop gourmand, trop pas gêné, trop con, trop.......! Mystère des contacts
humains ????????? Le néant le plus absolue; rien, aucune réciprocité, aucune attention. C'est un
comportement scélérat que je veux dénoncer. Pendant qu'eux brillent dans les médias catho, leur frère artiste
qui est là, proche d'eux, vit dans une grande précarité, une grande solitude, un grand désarroi, alors qu'un
petit coup de pouce ferait germer, un nouveau talent dans le paysage artistique chrétien. Un vrai artiste
chrétien comme je l'ai dis, au contraire aura le souci des autres artistes qui comme lui, travaillent à
manifester la Sagesse évangélique et sera très heureux d'accueillir les autres.
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Alors d'où vient ce manque d'amour fraternel si ce n'est qu'ils ne puisent pas à la source de l'Amour de
Dieu ? D'où vient ce misérabilisme, ce manque de vision missionnaire, si ce n'est d'une mauvaise
compréhension de leur vocation artistique ? Ah je les entend discourir sur l'Art et la beauté, mais jamais sur
un projet réel et audacieux pour aider concrètement les artistes parce qu'ils restent à un niveau purement
intellectuel, affectif et expérimental, ce qui démontre une conscience de leur vocation artistique, très pauvre
et très opportuniste, qui n'a absolument pas le souci du Royaume de Dieu. Ah là, je suis presque méchant,
mais tempi, il faut le dire car je parle aussi pour moi !
L'un d'eux m'a dit que si je n’avais pas les moyens, c'est que Dieu voulait que je fasse autre chose ! Tient
donc, depuis quand Dieu mépriserait les pauvres ? Depuis quand Dieu serait du côté des repus ? Un autre
m'a dit de travailler et faire « ça » durant mes loisirs! Quelle grande sagesse et grande vue d'esprit ! En face
de tous ces sarcasmes et mesquineries de toute sortes, quelle attitude dois-je avoir ? Mais parmi eux, pas un
ne lui viendrait l'idée : et si je l'aidais, ah cela certainement pas car cela n'est pas chrétien d'aider les
artistes ! Ils n'ont qu'à sortir de leurs rêves ! Là ce serait pour moi une vraie révolution, un vrai scandale
car cela irait à l'encontre de cet esprit mondain qui ferait que les pauvres devraient fermer leur gueule et que
de toute manière ils n'ont rien à dire et à apporter à la société car ce sont de vrais irresponsables s'il sont dans
leur état, n'est ce pas ? Ben voyons ! Et pour les plus couillons des détracteurs, on m'a dit que si j'avais un
réelle talent, il y a longtemps que j'aurais réussi. Lui, j'ai envie de le prendre dans mes bras comme saint
François d'ASSISE qui embrassa le lépreux sur sa route par compassion ! Enfin, soyons sérieux !
En fait je vais vous expliquer pourquoi, la populace, les gens en générale ont ce regard mesquin envers
l'artiste. Tout d'abord cela procède d'une trop grande vénération idolâtrique envers l'artiste qui a réussi: c'est
une star, une grande vedette, donc en l'acclamant comme tel, on est au même diapason qu'un grand nombre,
cela rassure, on se valorise à ses propres yeux et ceux des autres. Cela abouti donc à un regard gêné,
inconfortable et mesquin envers l'artiste qui galère, cela engendre beaucoup d'instabilités intérieures et
d'interrogations: A t-il vraiment du talent ? Si ça ne marche pas, il n'a qu'à faire autre chose ? Moi aussi je
n'ai qu'à suivre mes rêves etc....Ce pauvre artiste tombe sous le couperet d'un jugement moraliste, et des
sarcasmes innombrables d'une populace dure de cœur et prompt à le lapider dès qu'il n'assouvit pas nos
fantasmes inconscients du potentiel sentimental idolâtrique qui est en chacun de nous ! Poum, prenez ça
dans les dents ! Vous l'avez cherché, alors cessez vos sarcasmes !
L'artiste chrétien ne doit pas être en pâture à tous ces mauvais esprits qui ne sont pas mus par
l'Esprit-Saint ! C'est pourquoi la Fondation « Saint Louis-Marie » prendra en compte toute la
dimension de sa vocation artistique. L'artiste chrétien n'est pas là pour assouvir nos fantasmes mais
pour éduquer à la Sagesse divine. C'est pourquoi l'esprit du mécène n'est pas une simple option mais
l'unique manière de l'aider, le mécène est providentiel, il est voulu par Dieu ! Il est constitutif de l'Art
chrétien ! « A la porte les producteurs ! OUST ! Touche pas à mon Art ! A bas les producteurs......! »
Il est bien connu qu'il n'y a que ceux qui ont les moyens qui font et agissent dans la société bien pensante !
De toute manière cette vision mondaine de tous ces bien-pensants et repus, va à l'encontre de cette maxime
de l'Evangile, le Seigneur nous invite à la liberté, à l'abandon de nos soucis purement terrestres et de
rechercher, entre nous son Royaume et non notre suffisance, d'élever notre regard, de mettre entre nous
l'amitié spirituelle contre nos compromis coupables:
Mathieu 4-
33
« Cherchez premièrement le royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus »
Cela m'interroge, par exemple à Lourdes, je distribuai des tracts pour mon concert, deux prêtres, que je
connaissais et que j'avais rencontré, l'un dominicain, l'autre montfortain, ont changé de trottoir pour ne pas
me rencontrer alors que je m'apprêtais joyeusement à les saluer. Et aussi que penser de mes demandes
répétées de contacts d'artistes très connus, illustres, de grande renommée et dont j'attends toujours une
réponse etc...Moi, j'attends des prêtres leurs bénédictions et la reconnaissance de la part des autres artistes
parce que nous avons tous besoin de la fraternité des uns et des autres ! Sans cette saveur tout le reste n'est
que comédie et supercherie ! Sans cette onction, on contriste l'Esprit-Saint et on continue à crucifier Jésus !
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Le malheur pour un chrétien est de troquer l'âme de l'Evangile avec son « idéologie psychologique ». Le
malheur pour un curé est de faire de sa paroisse, son club. Le malheur pour un évêque est de faire de son
diocèse, son entreprise. Le malheur pour un fondateur de mouvement est de noyer son intuition dans les
soucis secondaires. Le malheur pour un artiste chrétien est de croire qu'il a réussi sa vocation parce qu'il a
du succès ou le contraire, de croire qu'il l'a ratée par qu'il n'a pas un grand succès ! Alors que notre seul
tourment, est de veiller à la qualité de notre communion dans l'amour de Jésus et de Son Royaume et tout le
reste viendra naturellement comme le dit Jésus. Le seul remède à tous ces comportements bizarres et
mesquins, est l'amour fraternel au Nom de Jésus !
Jésus ne nous recommande pas de nous entre aimer, mais Il nous le COMMANDE, ce qui n'est pas
la même chose ! Car l'amitié au Nom de Jésus doit être au dessus de nos conflits d'intérêts de toutes
sortes !
« Des noms, des noms ! » Et bien, non, je ne dirais aucun nom car je ne veux pas régler mes comptes avec
qui que ce soit, si j'ai quelque chose à dire à quelqu'un, je préfère le lui dire en face et non par
l'intermédiaire d'un document ou d'un livre! Maintenant s'ils se reconnaissent, c'est leur problème.
Ou bien ceci:
Luc 12-18 Voici, dit-il, ce que je fais faire: j'abattrai mes greniers, et j'en construirai de plus grands, et j'y
ramasserai tout mon blé et mes biens, 19 et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en
réserve pour beaucoup d'années; repose-toi, mange, bois, festoie! " 20 Or Dieu lui dit: " Insensé! Cette nuit
même on va te redemander ton âme; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce? " 21 Ainsi en est-il de celui
qui thésaurise pour lui-même et n'est pas riche en vue de Dieu. "
Je crois fortement que l'on n'est pas sur la même longueur d'onde, que l'on est pas porté par le même
souffle, le même souci et intérêt, comme Jésus le fait remarquer. Je ne crois pas que de laisser de côté un
artiste crouler dans sa solitude et sa précarité, est « riche en vue de Dieu »! Beaucoup me disent que je vis
dans un idéal, une utopie, pour les plus méchants, dans mon délire ! Soit, si croire en l'Amour de Jésus est
idéaliste, utopique et délirant, alors j'accepte volontiers ces qualificatifs. C'est vrai, à plus de 40 ans, marié
avec deux beaux enfants, persister dans une voie perdue d'avance à vue humaine, peut paraître au premier
abord insensée ! Contre mon gré, je fait subir à ma famille, une « certaine précarité » qui n'est pas sans
soucis, mais ce n'est pas la misère, jamais nous avons vécu un manque qui nous lacèrerait le corps et l'esprit.
Mais l'amour et les sentiments qui nous unissent sont plus forts et plus vrais que cette précarité. Mais je
pense qu'il est bon de savoir discerner ce qui est bon pour mes enfants, moi, j'ai décidé de leur donner ce
qu'il y avait de meilleur, c'est à dire l'amour de Dieu entre nous et cela doit nous suffire. Bon on ne part
jamais en vacances de ski ou mes enfants n'ont pas de superbes cadeaux, ils ne sont pas repus comme la plus
part des autres enfants mais cela ne les dérangent pas et moi non plus d'ailleurs. Mais jamais on ne me ferra
croire que j'ai tort de persister car je sais que j'y arriverais ! De toute manière je ne rêve pas d'avoir une
grande maison ou de posséder de grands biens, je ne rêve pas à tous ses fantasmes que la société de grande
consommation nous assène jour après jour, bref je ne rêve pas du model de vie à laquelle cette société, veut
nous enrôler, pour moi ce ne sont que des chimères, pas très sérieux ! L'argent ? Le pouvoir ! La
reconnaissance sociale ! Je les laisse aux fols et aux insensés. En tous les cas au point où j'en suis, je ne
regrette pas d'avoir « perdu ma vie » à cause d'avoir cru en la Parole et en l'Amour de Jésus ! Jésus Lui ne
m'en voudra pas, Il ne dira pas comme tous ces bien pensants, ces gros co....., oh excusez-moi, cela m'a
échappé, qui disent « Tu vis dans ton délire ! » J'aurais du être professeur de guitare classique et concertiste
mais j'ai choisi un autre chemin qui me comble bien plus malgré toute cette sainte galère ! Vous me dites que
je suis fou et je vous réponds sans hésiter, eh alors ? OUI ! Mumh, quelle folie !
Alors je le dis sans animosité ni aucune hargne débile mais je dois faire ce triste constat: tous ces pauvres
chrétiens qui ont une réelle responsabilité de ce marasme artistique chrétien, ne vivent pas leur vocation
chrétienne pour les affaires de Dieu mais les leurs ! Ils thésaurisent pour eux-mêmes mais pas en vue du
Royaume de Dieu ! C'est peut-être dur à dire mais un jour il faut que quelqu'un crève l'abcès. De l'orgueil de
ma part ? Certainement ! Mais cela est nécessaire pour que l'on puisse avancer et préserver la grâce qui doit
être honorée en premier lieu avant notre logistique de « showbiz » catho, de média catho.
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Un jour la responsable d'une communauté très très très connue et célèbre, enfin c'est la même chose, je
crois, m'a dit : « Ton problème, c'est que tu n'es pas de chez nous, alors on ne peut pas t'aider! » Non je ne
vous dirais pas le nom de cette communauté, non n'insistez pas! Alors je lui ai dit mais je suis baptisé
comme vous, pourquoi dites-vous que je ne suis pas de chez vous ! Elle me répondit: « Écoute, Dieu
t'appelle sûrement ailleurs, Dieu te bénisse ! » Bien bien ! Alors j'suis parti ailleurs!!!! Sans commentaire !
Un autre jour un curé me dit ; « Mais tu es envoyé par qui ? Ton problème c'est que l'on ne sait pas trop
d'où tu viens ! » Parce que je lui avait dit que je vivais ma vocation artistique comme une véritable mission
et apostolat. Je lui répondis que c'était le Seigneur qui à travers lui et tous les curés du monde m'envoyait en
mission tous les Dimanches matin à la fin de chaque Messe! Je ne savais pas trop quoi lui dire, j'étais un peu
embarrassé mais il m'a très bien accueilli; merci Seigneur! Et d'autres me disent que c'est pour l'argent que je
chante dans les églises ! Enfin !!!!!!!! « Super, no comments ! »
Je demande tout simplement au Seigneur de ne jamais devenir comme eux. Ce qui m'insurge un peu, je le
constate, c'est que la plupart des chanteurs chrétiens, sont des personnes qui ont eu des circonstances et des
moyens assez conséquent pour « réussir », un privilège mondain et coupable, ce qui constitue une réelle
injustice devant Dieu. Le sentiment profond qui en résulte dans mon cœur, est une double blessure profonde,
personnelle qui me touche directement mais aussi une blessure qui suinte toujours du Cœur de Jésus de voir
ses disciples, ne s'aimer que d'un « amour hypocrite et coupable » et non dans l'Esprit-Saint qui est Amour
totale et Don. Car il en va de notre responsabilité et crédibilité devant le témoignage commun que nous
devons donner à ceux et celles qui sont appelés à faire partis de notre grande Assemblée de Témoin. Il y a
ceux qui ont tout, la superbe bagnole, qui prennent souvent l'avion, qui ont studios d'enregistrements,
techniciens à leur service, audience dans les médiats catho, TV, radio journaux etc...Et d'autres artistes, qui
eux n'ont rien à leur disposition, cela m'interroge un peu tout de même ???????? Où est la carte du club pour
jouir de ces services-là ? Quand, ai-je raté le train ? Est ce cela, que Jésus a voulu dire dans la parabole des
talents ?
Mathieu 25- 29 «... On donnera à celui qui a, quel qu'il soit, et il y aura (pour lui) surabondance; mais à
celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a. 30 Et ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres
extérieures: là il y aura les pleurs et le grincement de dents. »
N'entendez-vous pas mes pleurs et mes grincements de dents ? Suis-je maudit ? C'est à se poser la
question ? Non bien sûr, que je ne suis pas maudit mais plus tôt je subis l'incohérence d'une structure
complètement inadaptée à l'artiste chrétien, je subis de plein fouet l'indifférence de la froide fraternité
catholique. Pendant qu'eux les bénis du Père, se pavanent devant leurs œuvres innombrables et leur
suffisance ahurissante, je crève dans mon trou et ma torpeur! Mais bordel, qui écoutera ma vie et mon cri ?
Toi Seigneur ? Il faut le croire, allons bon !
Pendant qu'eux « font Eglise » selon leur slogan, moi je me sens totalement honni et accueilli comme
un parasite auquel on doit faire l'aumône, bref je me sens exclu de cette église de France.
Beaucoup de curés qui me refusent le plus souvent donnent des arguments fallacieux et m'expédient
rapidement pour se débarrasser de moi sans me donner les vraies raisons. De temps à autres, il y en a qui me
disent franchement : « Ton problème c'est saint Louis-Marie GRIGNION de MONTFORT ! » « Il passe au
dessus de la tête des gens, il est loin de leur souci, c'est un saint qui est trop ancien etc...... » « Puis la guitare
classique personne n'en veut etc....et blablabla c'est toujours la même rengaine! Bouh, c'en est lessivant ! »
Cela en fait des problèmes et des défauts pour un seul homme, n'est ce pas ? Je ne savais pas que la sainteté
et la musique classique était des tares dans l'Eglise ??????????? Mais quelle honte, on ne me la fera pas !
Gueux ne rime pas forcément avec imbécile ! Pour moi ce sont de faux arguments débiles et cons, y a pas
d'autre mots ! Tout d'abord, saint Louis-Marie est un saint, or dans la bouche de ses détracteurs, je n'y vois
pas la marque de vénération due à tous les saints. Rien que cela, me prouve que leur raisonnement est
mondain. Saint Louis-Marie est un missionnaire qui à travers sa vie eu une grande expérience humaine,
proche des gueux de son époque, et est un grand mystique, alors je demande à tous ses détracteurs un peu
plus d'intelligence et de retenue mais surtout un peu d'humilité devant le témoignage d'une vie aussi rempli
d'Amour de Dieu et de son prochain.
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Je dénonce ce pitoyable regard tordu de certains chrétiens qui caricature la vie de ce saint en l'opposant à
d'autres bien plus vénérables selon leur petite cervelle. On m'a même sorti un jour, regarde sainte Thérèse de
l'Enfant Jésus, elle, c'est une grande sainte comparée à ton saint Louis-Marie! Non mais il ne manquerait
plus que cela, faire de la concurrence entre les saints! On verrait sainte Thérèse dire à saint Louis-Marie:
« Vois combien j'ai plus de succès que toi ! » Enfin, cela ne va pas non ?
La vénération des saints est un culte catholique, faisant parti du dépôt de la Foi, je les invite donc à avoir
un regard plus catholique envers tous les saints quel qu'ils soient. Je ne demande pas que tous les chrétiens
vénèrent Saint Louis-Marie mais que l'on respecte sa vie et sa sainteté. Si on a du dédain pour un saint, c'est
une offense que l'on fait à Dieu directement, parce que Lui se réjouit beaucoup en leur compagnie.
Maintenant qu'il faille remettre les choses dans leur contexte, c'est une évidence. Parce que tout ce que fait
un saint, n'est pas forcément parole d'évangile ou exemplaire. Mais avant de les critiquer, bien qu’ils le
soient sur bien des points avec leurs qualités et leurs défauts, il faut leur apporter ce respect parce qu'ils ont
su conjuguer leur vie avec la grâce de Dieu et sont devenus par leur canonisation, nos grands frères et sœurs,
nos témoins de la vie de la grâce en chacun de nous !
Je revendique donc cette catholicité car elle nous oblige à plus d'ouverture aux autres qui ne sont pas
de sa sensibilité, de son bord, de son club, de son idéologie ou que sais-je etc...! Cette plénitude
catholique ne laisse personne sur la touche car elle procède du commandement de l'amour fraternel au Nom
de Jésus ! Elle nous oblige à mettre nos idéologies au placard et à rentrer dans le commandement de l'amour
fraternel avec humilité. Soit, tous ces malheureux chrétiens sont enfermés dans leur système idéologique,
les rendant incapables de s'ouvrir aux autres, ou bien soit; ce sont des opportunistes n'ayant aucune
compétence et conscience de la dignité de l'artiste chrétien. Ils n'ont donc aucune raison d'être «acteurs »
dans l'Eglise de Jésus-Christ car ce n'est pas la véritable culture chrétienne qu'ils promeuvent mais sous
couvert d'une batterie d'apparats chrétiens, c'est bien un scandaleux « showbizz » chrétien qui nuit
profondément à la Mission de l'Eglise, qu'ils construisent. Je le dis sans hésitation, c'est un esprit mondain
qui empêche même l'avènement de la véritable culture chrétienne. Je crois qu'en fait, il y a parmi les
« acteurs culturel » une véritable inimitié entre ceux qui, malheureusement majoritaires, brillent aujourd'hui
mais résistent à cette avènement et ceux qui ne peuvent exister intrinsèquement que dans une vraie culture
artistique chrétienne qui sont exclus, dans l'ombre, sommer de rester sous le boisseau.
On connaît certains artistes chrétiens qui « marchent bien » mais j'en connais autant qui sont laissés sur la
touche parce qu'ils n'ont personnes pour les « produire » ou les considérer. Je constate aussi que ceux qui ont
« réussis » sont les mêmes qui ont reçu de grands privilèges ou bien qu'ils les avaient par état, qui ont les
moyens de vivre l'aventure. Moi, j'ai la chance de n'avoir aucun appui de qui que ce soit, ni grande
connaissance, ni une famille qui en a pour me soutenir etc...et je suis sur la touche. Pourquoi? J'entends dire
dans beaucoup de sermon, le Seigneur aime les pauvres, ce sont ses préférés, et que chacun a sa place dans
l'Eglise, que l'Eglise est une famille etc.. et blablabla......d'accord, d'accord mais j'attends encore qu'on me le
prouve !
Ah pardonnez-moi, de ne pas être très vertueux mais de temps en temps, cela fait du bien !
Cette Fondation « SAINT LOUIS-MARIE » soutiendra l'artiste dans le « combat spirituel » inhérent
à chaque disciple de Jésus, car « le disciple n'est pas au dessus du Maître », mais qui lui incombe tout
particulièrement! « Que le monde et l'enfer grondent » selon l'expression de saint Louis-Marie, dès qu'un
chrétien ose proclamer sa Foi de manière vraie, « libre et ostensible », une réaction vive se fait alors sentir.
Ou bien c'est une réaction agressive, directe, ou bien c'est une indifférence qui peut anéantir l'enthousiasme
et la joie de l'élan missionnaire. C'est normale et cela fait parti du « contrat » entre Dieu et nous. Pour mener
à bien ce « combat spirituel », l'artiste chrétien doit être dégagé du souci « commerciale » de son art, il doit
le remettre entre les mains de la Fondation, c'est pourquoi celle-ci, lui donnera les moyens de vivre
décemment afin qu'il soit rendu libre de se concentrer sur l'unique souci qui lui incombe: une prestation
impeccable dans laquelle une certaine virtuosité et plénitude artistique se mettent au service de la grâce pour
inonder les cœurs !
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Ce que je propose à travers ce projet de Fondation « SAINT LOUIS-MARIE » c'est une réflexion à
tous les niveaux, sans occulter comme ils le font systématiquement, la partie concrète du problème:
celle d'aider les artistes chrétiens ! Tout ce beau monde s'en fou ! Alors qu'il est là le vrai problème,
car si on n'aide pas l'artiste à germer, cela ne sert à rien de discourir sur l'Art et la beauté et tout
leur blablablabalabalabalaba incessant, nous fatigue à la longue !
L'Art c'est avant tout l'affaire des artistes et non des intellectuels.
Même la très belle lettre de Jean-Paul II ne parle pas de l'apport fondamental du mécène. C'est bien beau de
parler de la spiritualité de l'Art chrétien et tout le bataclan mais ignorer le fondement même de ce qui fait
son socle d'existence, est pour moi une interrogation effarante ! Ce n'est pas compliqué, est ce que l'Art
sans l'apport du mécène existerait-il ? Bien évidemment, NON ! Alors d'où vient cette « amnésie »
volontaire ou inconsciente ? Je sais très bien qu'il existe des mécènes et des producteurs chrétiens qui font
des choses très belles, qu'il y a des instituts pour l'Art sacré, mais si cette Art sacré n'est pas porteur de cette
intérêt et ouverture à la Mission, à quoi sert-il vraiment ? A ce faire plaisir, à faire plaisir à une certaine
classe sociale, enfermée comme d'habitude dans ses critères et codes sociaux, enfermés dans sa suffisance
intellectuelle ? J'en arrive à penser que dans l'Eglise c'est comme dans le monde, elle est affectée par l'esprit
« bourgeois » fictif. C'est un peu exagéré mais il y a de cela plus ou moins inconscient. Quand on est repu,
on n'a une certaine mentalité et quand on est oppressé par le besoin, on en a une autre.
D'ailleurs, il est bien convenu que ce sont eux qui font l'histoire ou du moins à dire vrai, leur histoire qu'ils
se crée eux-mêmes. En fait ils ont tellement de fric, de pognon, de pouvoir ou de privilèges que cela n'est
pas leur problème alors ils ne peuvent que « bourgeoiser » entre eux et croient faire œuvre utile à leur
prochain et rendre gloire à Dieu quand ils font l'aumône au pauvre ! Pauvres d'eux ! On se moque de qui là ?
Car aider quelqu'un matériellement c'est accomplir un devoir, une œuvre de justice mais la charité c'est
beaucoup plus que cela, c'est «verser l'aumône dans son sein, dans son cœur », l'accueillir dans tout son être,
parce que l'Amour de Dieu, inonde nos cœurs! Le regard du mécène chrétien aide l'artiste dans toutes
les dimensions de sa vocation parce qu'il sert la cause de Dieu ! Je ne demande pas aux curés d'ouvrir
leurs églises aux artistes sans discernement mais d'accueillir au moins l'artiste chrétien pour ce qu'il est : un
véritable missionnaire ! Je leur demande que nous fassions partis intégrante de leur pastorale et non à côté !
C'est un droit que Dieu nous a octroyé, nous artistes chrétiens !
La dernière rencontre du 21 Novembre 2009 au Vatican entre les artistes et Benoît XVI en est un exemple
parfait. Plus de 260 artistes renommés ont répondu à cette invitation! Bon sens que j'aurais aimé y participer
et y ouvrir ma gueule mais je n'avais pas les critères qu'il fallait pour y aller. Je ne suis ni célèbre et surtout
je n'aurais jamais eu les moyens pour y aller. Prendre l'avion et me payer l'hôtel pour deux jours c'est bien au
dessus de mes moyens ! Enfin j'espère qu'ils ont passé du bon temps à ronronner ensemble ! Bien sûr avec
tout le respect que je leur dois ! En vérité j'aime le Pape Benoît XVI et je le respecte profondément et lui
voue un amour filial sans faille. Mais dans ma position, c'est l'effet que cela produit en moi. Bref je suis un
gueux et je dois rester à ma place sous peine de tomber dans un orgueil démesuré! Mais qu'est ce qu'un
gueux comme moi pourrait-il apporter à l'Art? A l'Art rien mais peut-être que j'intéresse Dieu, Lui, ne rejette
personne. Vous savez chacun raconte son histoire dans le sens qu'il l'arrange le mieux mais lorsque le
Seigneur nous mettra en face de la réalité de l'Histoire selon Ses critères, je pense qu'il y aura un certain
« recadrage » à faire !
26
Benoît XVI extrait de son discours le 21 Novembre 2009 au Vatican aux artistes :
.......... Ma pensée va ensuite au 7 mai 1964, il y a quarante-cinq ans, lorsque, en ce même lieu, se déroula
un événement historique, fortement voulu par le Pape Paul VI pour réaffirmer l'amitié entre l'Eglise et les
arts. Les paroles qu'il prononça en cette circonstance retentissent encore aujourd'hui sous la voûte de cette
Chapelle sixtine, touchant le cœur et l'esprit. « Nous avons besoin de vous - dit-il -. Notre ministère a besoin
de votre collaboration. Car, comme vous le savez, Notre ministère est celui de prêcher et de rendre
accessible et compréhensible, et même émouvant, le monde de l'esprit, de l'invisible, de l'ineffable, de Dieu.
Et dans cette opération... vous êtes des maîtres. C'est votre métier, votre mission ; et votre art est celui de
saisir du ciel de l'esprit ses trésors et de les revêtir de mots, de couleurs, de formes, d'accessibilité »
(Insegnamenti II, [1964], 313). L'estime de Paul VI pour les artistes était si forte qu'elle le poussa à
formuler des expressions vraiment hardies : « Et si votre aide Nous manquait - poursuivait-il -, le ministère
deviendrait balbutiant et incertain et aurait besoin de faire un effort, dirions-nous, de devenir lui-même
artistique, ou mieux de devenir prophétique. Pour s'élever à la force d'expression lyrique de la beauté
intuitive, il aurait besoin de faire coïncider le sacerdoce avec l'art » (ibid., 314). En cette occasion, Paul VI
prit l'engagement de « rétablir l'amitié entre l'Eglise et les artistes », et il leur demanda de faire leur et de
partager cet engagement, en analysant avec sérieux et objectivité les motifs qui avaient troublé cette
relation et en assumant chacun avec courage et passion la responsabilité d'un itinéraire renouvelé et
approfondi de connaissance et de dialogue, en vue d'une authentique « renaissance » de l'art, dans le
contexte d'un nouvel humanisme.
Je retiendrais cette phrase de Paul VI que Benoît XVI reprend à son compte « Nous avons besoin de vous dit-il -. Notre ministère a besoin de votre collaboration. »
Alors comme je suis un gueux et que mon langage n'est pas forcément délicat et raffinée comme celui des
Papes, je leur répond: « Très saint Père, veuillez m'excusez du peu, on ne dirait pas que vous avez besoin de
nous; car le mépris qu'a l'Eglise, les chrétiens, pour les artistes est une évidence, parce qu'un artiste est seul
en face de sa vocation propre, personne, aucune structure pour le soutenir et l'aider ! Où sont aujourd'hui,
nos mécènes chrétiens ? Que penserait en effet un enfant qui entendrait sa mère lui dire, je t'aime, j'ai besoin
de toi, et laisserait la porte de sa maison fermée de telle sorte que l'enfant ne pourrait jamais entrer et ne lui
donnerait à manger que par une fenêtre entre ouverte ? » En vérité cette mère est indigne et scélérate !
Et aussi cette phrase: En cette occasion, Paul VI prit l'engagement de « rétablir l'amitié entre l'Eglise et les
artistes »
A la bonne heure ! Je m'en réjouis, mais que cette amitié soit l'expression d'une « alliance » réelle et
concrète! Permettez-moi cette hardiesse lyrique à mon tour: « Je ne vous demande pas l'aumône mais la
« charité », je ne vous demande pas de m'aider, je vous COMMANDE de soutenir notre vocation artistique
chrétienne qui se veut au service de l'Evangile, de la Sagesse de Jésus-Christ ! Je vous commande de dire à
tous les chrétiens aisés, aux riches, aux repus, de nous aider car il y a beaucoup d'artistes qui sont sur la
touche comme dans la parabole des ouvriers de la dernière heure. Quelle honte mais quelle HONTE !!!!!!!
Le problème fondamentale ne vient pas de ce monde sécularisé mais d'une « non conscience » des
chrétiens pour les bienfaits de l'Art dans la transmission de la Foi. L'emprise culturelle de ce monde est si
forte que la majorité des chrétiens sont devenus timorés lorsqu'il s'agit de s'engager dans la Mission. Je
préfère devenir fou que de me résigner à cette folle léthargie !
Je ne veux pas remettre en cause la sincérité et la hardiesse des paroles des Papes, concernant leur intérêt
pour les artistes, mais je veux montrer l'incohérence entre leurs paroles et la concrétisation de l'amitié entre
l'Eglise et l'artiste chrétien. Les artistes chrétiens doivent faire face à une église institutionnelle qui a choisi
de rester seulement sur le registre de l'esprit concernant la pastorale artistique sans s'engager dans une vraie
stratégie concrète pour accueillir ceux-ci en son sein. De l'autre côté, l'artiste chrétien est seul face à une
montagne de préjugés de la part de la populace qui est complètement inculte sur la vocation de l'artiste
chrétien. Mais alors vers qui dois-je me tourner pour présenter mon CV ? Vers Dieu ? Mais Il compte sur
nous ! Là, je suis mal barré !
27
Maintenant le problème se pose, faisons-nous quelque chose pour entreprendre ce projet ou bien ne
faisons-nous rien ? En tous les cas, moi je ne peux pas ne rien faire, veuillez m'en excuser ! Alors traitezmoi de fou, ce sera un honneur pour moi !
Devant un tel désarroi, devant tellement de défis, un artiste chrétien aujourd'hui doit faire face à une
montagne d'incompréhensions absurdes, il lui faut donc cette aide appropriée concrète et généreuse:
Créons ensemble cette fondation artistique « Saint Louis-Marie » !
Depuis bien des années, je porte en moi cette frustration de ne pas pouvoir, faute de moyens, exprimer cette
plénitude artistique afin d'être réellement un artiste chrétien digne de ce nom. Un artiste chrétien doit
collaborer étroitement avec la grâce de Dieu pour rendre accessible cette « fontaine de grâce » que le
Seigneur veut déverser dans nos cœurs ! Alors, je vous en prie ne nous laissez pas seul face à notre vocation
artistique qui doit être soutenue et assumée par toute la communauté ecclésiale !
Comme je le redirais plus loin : avec l'Eglise, grâce à son autorité morale et sa sollicitation
maternelle, nous pourrons trouver des mécènes, et créer un réseau à travers toute la France. Mais
pour cela il faut un vrai projet artistique. C'est ce que précisément, je propose.
28
BUT, PHILOSOPHIE ET CŒUR DE LA FONDATION
I/ BUT
Table
Définition juridique d’une fondation : Le terme de "Fondation" désigne l’acte par lequel une ou
plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources à
la réalisation d’une œuvre d’intérêt général et à but non lucratif.
À retenir : Dans "fondation", il y a "fonds". Une fondation, quel que soit le type de fondation, quels que
soient ses objectifs, c’est toujours : de l’argent privé mis à disposition d’une cause publique. Pour la
fondation, cet argent n’est pas la priorité. La priorité, ce sont les objectifs que la fondation a fixés. L’argent
est un moyen de réaliser ces objectifs, un moyen parmi d’autres (la formation, la sensibilisation,
l’information). Ces objectifs, ils vont être réalisés soit par la fondation elle même, soit par des particuliers
ou des associations auxquels la fondation va confier des bourses, des subventions, pour réaliser les
objectifs de la fondation.
Copyright fondations.org
Entre nous c’est ce que l’Eglise a toujours fait durant vingt siècles. Donc « rien de nouveau sous le
soleil ». Si l’on veut faire une œuvre avec le Seigneur ou pour Lui, il faut le faire avec d’autres
chrétiens mais dans le partage fraternel et la charité sans cela, il ne faut pas le faire au Nom de Jésus.
La réalité de cette Fondation artistique dans sa totalité, est à deux facettes. La première est d'ordre spirituel
quant à ses motivations profondes, en harmonie avec la Sagesse de l'Eglise. La seconde facette est d'ordre
temporel, matériel; financier quant aux moyens à mettre en œuvre dans ses projets. Dans un premier temps,
je vous introduirai dans une vision spirituelle et philosophique. Et dans un second temps; plus à la fin du
dossier, je vous parlerai des moyens à mettre en œuvre pour la réalisation des premiers projets.
Le but de cette Fondation est de créer un réseau de mécènes, faire prendre conscience
aux chrétiens, du rôle important de l'Art dans l'Evangélisation, de donner à l'Art chrétien, une
nouvelle impulsion pour manifester au monde l’Amour de Dieu, mais enracinée au cœur de l’Eglise
catholique. Les premiers promoteurs de cette impulsion, sont les artistes et les mécènes.
Un des buts concret est de créer autour de Carlito, une communauté d’artistes,
un groupe au service de l’Evangélisation.
Vous l'avez compris, le but spirituel évangélique de ce projet est intrinsèque à la Fondation « Saint LouisMarie ».
Je voudrais ici, apporter une précision et faire une distinction entre les artistes virtuoses, et les amateurs,
les artistes qui n'ont pas de virtuosité dans leur art. Je veux dire par là que je ne veux travailler qu'avec
des musiciens accomplis dans leur art et discipline, au moins qu'ils aient un bon niveau mais sans
exclure pour autant les « bons artisans » qui ont une réelle expérience artistique.
Cela coule de source, si je veux travailler un album de guitare classique ou enregistrer un trio de deux
guitare et flûte, je ne pourrais pas travailler avec de simples amateurs, c'est évident. Ce n'est pas de
l'idéalisme mais du bon sens car si l'on veut faire du bon travail, il faut le faire avec de bons
« ouvriers »; ni plus ni moins. Seule la virtuosité est capable de produire la plénitude artistique qui se cache
au creux de chaque œuvre et ainsi en révéler la beauté qui devient la compagne de la grâce et nous touche au
plus profond.
29
Hélas, trop souvent la chanson chrétienne catholique, française spécialement, se satisfait d'un
misérabilisme, scandaleux, d'un amateurisme, d'un « miévrisme » et j'en passe, sous prétexte que l'on chante
pour Dieu. Cela constitue un vilain défaut et compromis qui a la longue, en devient coupable que l'on doit
dénoncer et surtout éradiquer, Il en va de la crédibilité et de notre saveur d'annoncer au monde la Bonne
mais aussi Belle Nouvelle !
Parce que l'Art est l'expression et le révélateur de la richesse, du dynamisme de notre amour pour le
Seigneur et de Sa grandeur, de sa Beauté. « Voyez comme ils s'aiment ! » dit Jésus et je fais écho en disant
« Voyez comme il est beau et bon de croire en toi Seigneur ! »
Dieu ne méprise pas les pauvres, oh ça c'est sûr, mais Il a envoyé son Fils Unique justement pour nous
sortir de notre misérabilisme. Pourquoi donc ce manque de qualité artistique chez beaucoup « d'artistes
chrétiens ? » A quoi correspond cette pauvreté artistique ? Est-elle vraiment l'expression d'une
richesse spirituelle ? Qu'on me le dise parce que je suis idiot et stupide, ayez pitié de moi, éclairez moi, s'il
vous plait ! Par manque de moyen ? Surtout par manque de conscience artistique ! Comme si Dieu se
satisfaisait de la médiocrité dans tous les domaines sous prétexte qu'Il est riche en miséricorde, quelle sottise
!
L'amour de la pauvreté, d'accord mais pas la pauvreté de nos qualités et vertus. En tous les cas la
grâce artistique, ne peut exister dans cette médiocrité, que ce soit dans la création ou dans
l'interprétation d'une œuvre. Cette satisfaction de la médiocrité, ce compromis, n'est pas évangélique, ni
inspirée de l'Esprit-Saint. Il faut un jour que tous ceux qui chantent dans l'Eglise, le comprennent une fois
pour toute et cesse de nous appauvrir par ce misérabilisme artistique qui a la longue devient un vecteur
institué et complice d'une « dépression culturelle » navrante. Qu'ils se le rappellent, un artiste est un
artisan du beau, s'il n'est pas capable de le transcrire par son talent, c'est qu'il n'en est pas un ou qu'il
prétend l'être ou qu'on le lui octroie à tort. Alors ayons du discernement, du courage et de l'humilité,
en face de la grâce artistique qui demande du sérieux et une grande exigence ! Bon j'ai conscience que
cela peut paraître un peu dur, mais contrairement aux apparences, même si j'ai une forme de colère en moi;
je voudrais tellement que l'on comprenne ce que j'essaie de dire, non pas pour détruire mais remettre
seulement les « pendules à l'heure ! »
Je voudrais ébranler et dénoncer le socle actuel, sur lequel les chanteurs chrétiens s'appuient, qui
n'est pas du tout adapté à l'artiste chrétien.
En vérité, je n’ai rien contre les « artistes » amateurs qui expriment leur foi mais lorsqu'il en a trop et que
les vrais artistes, eux sont absents, il ne peut que régner un marasme artistique desséchant qui me fait réagir.
Ceci est une véritable injustice et supercherie ! Mais pour tempérer ma colère, si un amateur de chant a de
belles mélodies et des paroles tout à fait acceptables, la Fondation « Saint Louis-Marie », lui donnerait un
vrai artiste arrangeur pour les embellir et en faire de très bonnes et belles chansons et non de semblants
orchestrations bidons et mièvres à souhait, qui déprécie la beauté et la richesse de l'Evangile !
Je souffre de cette médiocrité car à chaque fois que j'entends dans les églises de ces chants « nunuches »,
c'est comme si c'était le diable qui ricanait dans la maison de Dieu et flagellait encore Jésus par ses propres
disciples, je le vis comme une véritable imposture, une véritable atteinte ! Il y a comme une véritable
perversion, un dédain pour la beauté, comme si la beauté nous était étrangère. Pardon pour tous ces mots un
peu farouches et dures mais je voudrais mettre en garde ceux qui prétendent chanter l'Amour de Jésus dans
les églises contre ce « flou artistique » qui trouble nos âmes et défie et dénigre notre grande et belle tradition
artistique chrétienne !
Pour moi, et je l'assume cette médiocrité artistique n'est que le reflet d'une médiocrité spirituelle
d'autant plus qu'elle n'est pas suivit du signe qui ne trompe pas de l'amour fraternel au Nom de
Jésus !
30
Dans mes débuts, j'avais fait connaissance avec un ingénieur en électronique et sonorisation, tout à fait par
hasard, il entendit un de mes chants, au bout de quelques minutes, il se mit en colère spontanément, en me
disant que la médiocrité de la musique était en parfaite dissonance avec les paroles qui parlait de Jésus, Lui
qui était si grand et si Beau ! Je lui demandais s'il était croyant, il me dit « Oh non, si c’est pour entendre
toutes ces niaiseries, je préfère mille fois m'enfiler quelques bières plus tôt que d'aller à la Messe le
Dimanche entendre toutes ces conneries ! » Ouah, même si pour moi, ce fut une vraie humiliation, ce fut
pour moi, une vraie illumination, autant artistique que spirituelle. Là je me dis: « Mais bon sens, il a
raison, pourquoi je suis aussi médiocre alors que je peux faire les choses beaucoup mieux et dans les règles
de l'Art ! Je repris alors mes cours d'harmonie, et fait aussi un peu de contrepoint et me revoilà sur mes rails
artistiques. De plus je repris la guitare classique que j'avais lâchement abandonnée et ainsi j'ai pu retrouver
un certain niveau de guitare pas du tout médiocre. Ce qui fait de moi, un artiste de bon niveau, oh pas un
génie, mais grâce à cette longue expérience musicale, je possède une certaine richesse artistique non
négligeable et intéressante dont je n'ai aucun complexe à vous dévoiler, bien au contraire, malgré le manque
cruel des moyens pour une honnête exposition de mon talent.
Ce que je veux créer, c'est une communauté d'artistes conscients de la tradition artistique chrétienne,
de sa richesse et prompts à la défendre en la mettant en évidence dans leurs œuvres. Il en jaillira une
source d'inspiration renouvelée et un soutien spirituel, culturel pour tous les chrétiens. Il en découlera aussi
une reconnaissance de sympathie de tous ceux qui ne sont pas croyants ou « mal croyants ». Cette tradition
artistique séculaire ne doit pas être vu par les chrétiens d'aujourd'hui comme des reliques du passé
mais un dynamisme, un potentiel d’actualisation d'une vraie inspiration artistique et mystique,
insufflée par l'Esprit Saint, une expérience spirituelle profonde, un vrai chemin de vie intérieure.
Ces innombrables œuvres héritées de ces grands artistes qui manifestent la beauté de notre culture, sont
pour les artistes d'aujourd'hui autant de preuves de l'énergie créatrice de l'Art en générale, mais aussi témoin
de l'influence bienfaisante de la Foi chrétienne. A nous aujourd’hui, d'en faire un « ensemble
de matériaux culturels dynamiques » pour renouveler notre enthousiasme à construire une culture chrétienne
digne de ce nom.
Un des buts artistiques de la Fondation, sera de puiser dans ce riche patrimoine artistique et
reprendre ses oeuvres en les exposant à nouveau et pour cela il faut des artistes capables de le faire,
des artistes accomplis.
L'artiste chrétien a besoin de toute la communauté chrétienne pour lui donner un socle culturel où il
pourra s'exprimer. Seul, il en est incapable et complètement désœuvré !
C'est la responsabilité de toute la communauté.
L'un des aspects importants de la Fondation sera la création de « mini festivals chrétien », il sera
développé plus à la fin du document. Ceci dit, pour mon cas, sans mépriser ou mettre de côté les amateurs,
je voudrais travailler avec des virtuoses, des musiciens accomplis. Pour que ensemble nous puisions aux
sources de l'Art chrétien qui fait notre joie et notre orgueil.
Concrètement, le but de la Fondation « Saint Louis-Marie », outre d'inculquer le regard du mécène
chez les chrétiens, est de créer de « mini festivals » chrétiens
où cette communauté d’artistes pourra en toute liberté exprimer sa foi à travers ses œuvres :
créer une structure dans l'Eglise, capable de prendre en charge les artistes
qui veulent mettre leur talent au service de Dieu.
Permettre aux doyennés, aux paroisses, d'accueillir l'élan missionnaire et lui donnait un caractère
culturel authentique.
Ainsi valoriser au cœur de l’Eglise une véritable pastorale artistique
dans tous les doyennés.
31
II/ PHILOSOPHIE
Table
LA CULTURE CHRÉTIENNE AU SERVICE DE LA SAGESSE DIVINE :
Le Christ et Son Eglise sont vraiment l’expression de la plénitude de la Sagesse divine et ce malgré
les scories dues à l’imperfection des hommes qui la constituent. Le Christ est la Lumière du monde et en
Lui nous partageons aussi cette lumière dont nous avons obligation de la porter aux autres. Nous serons
vraiment des portes lumière christique que si nous nous soumettons à Sa Sagesse, dévoilée dans la vie des
saints et promue dans l’Enseignement de Son Eglise. Cette « soumission » est d’ordre filial car le Mystère
de Dieu fait homme, nous surpasse totalement et nous invite à nous mettre en position d’enfant qui reçoit
peu à peu la plénitude de grâce à laquelle Dieu nous appelle. Ainsi cette soumission n'est pas un
« couvercle » pour étouffer notre âme et la rendre rampante mais un socle sur lequel on prend appuie pour
nous élever plus haut. La Foi est donc la juste condition intérieure que nous devons avoir envers Dieu
car Il est le Tout Autre. Même l’Incarnation du Verbe en Jésus, n’efface pas cette distance infinie, Dieu est
Dieu et nous Ses créatures. Cependant Jésus nous ouvre le Chemin véridique pour trouver Dieu et être
comblé par Sa Présence en nos vies. Ainsi, par le Baptême, en Jésus et dans l’Eglise, nous avons un sillon
tracé dans nos cœurs qui nous mène vers Dieu, Notre Père. Il est donc important que notre manière de vivre
et de penser soit en phase avec la Sagesse de l'Amour de Dieu, à ne pas confondre avec nos sentimentalités
qui trop souvent se superposent et sont en conflit avec Celle-ci.
Ce qui diminue la force et le dynamisme de la communion dans la grâce entre tous les témoins.
La philosophie de la Fondation est très simple: vivre en authentique disciple de Jésus-Christ et
promouvoir à travers l’Art, un mouvement culturel chrétien capable de rivaliser avec les cultures
actuelles : capable de contribuer en tant qu'acteur artistique, à la construction d’une « nouvelle
évangélisation », d'une « civilisation de l'amour » et être en mesure de dialoguer avec ceux qui ne partagent
pas notre foi, et ainsi développer avec tous, un véritable « humanisme chrétien » mais sans
compromission coupable qui trahit trop souvent cette identité !
Pour moi la réalité de Dieu ou de Sa Sagesse, est plus concrète, bien plus ancrée dans « l’aujourd’hui
de nos vies », que toutes nos réalités « fantasmées », inventées, souvent caduques et prisonnières de
notre individualisme. La Sagesse divine nous invite à l’Espérance, nous tourne vers l’éternité, nous
épanouit tandis que la sagesse mondaine, nous somme et nous contraint à jouir dans l’immédiateté de
nos instincts, aboutissant souvent à la sècheresse de nos âmes.
Il est donc hors de question qu'un artiste chrétien ou une œuvre chrétienne, puisse heurter, blesser la Foi de
l'Eglise ou oublier le devoir de charité en diminuant ainsi par son orgueil, l'Espérance dans le cœur des
hommes. Dans ses œuvres, l'artiste ou un groupe, ne devra jamais remettre en question la Foi des chrétiens,
que ce soit les dogmes, la discipline, la morale chrétienne promulgués par le Magistère de l'Eglise
catholique. Car l'Eglise est notre Mère et l'Instrument de choix que le Christ s'est appropriée pour
créer et continuer Son Œuvre de salut pour toute l'humanité. Alors ce n'est pas un petit artiste
belliqueux et arrogant qui doit nous enseigner mieux qu'Elle où est la voie du salut. Sinon il devra le faire en
dehors du soutien des catholiques associés à cette Fondation. C'est pourquoi une grande attention leur sera
apportée pour garantir que leurs œuvres soient en parfaite harmonie avec la Sagesse divine. L'artiste
chrétien se doit de rester dans l'humilité et l'obéissance de la Foi, non pour être un gentil « toutou » ou
un agneau sans voix mais un vrai disciple de Jésus-Christ, porteur de la lumière du monde.
32
ÉVANGÉLISATION : « Voyez comme ils s’aiment ! »
Table
Alors n’ayons pas peur, comme le disait notre bon Pape Jean-Paul II, parlons de Jésus à temps et à contre
temps car nous possédons un trésor immense bien gardé mais prodigué à profusion dans le sein de celui qui
a soif et faim de connaître la vérité sur l’homme et sa destinée.
Évangéliser, n’est pas et ne sera jamais du prosélytisme car celui-ci n’en est que sa caricature. Mais
souvent évangéliser produit des « vagues de réactions » et souvent engage un combat, le refuser est
irréaliste. Car souvent la Sagesse divine contrarie nos plans insensés. Mais vivre notre foi ancrée
profondément dans la connaissance, la compréhension de ce qui a fait et continue de faire notre
culture chrétienne, ouverte à toutes les dimensions humaines, projetée vers tous les horizons, apporte
souplesse et tolérance dans nos relations aux autres. Mais non des compromis coupables. Évangéliser
par l'Art est un moyen, beau, bon et doux, pour témoigner de l'Amour de Dieu. Par la beauté et la
grâce de l'Art, toute personne est rassurée et mis dans une posture intérieure agréable et favorable
pour accueillir la grâce de la Foi. Jésus n'est pas venu conquérir le monde mais nos cœurs, pour nous
apprendre par Son exemple, à acquérir son amitié et cultiver en nous les trésors de la grâce.
L'Art est vraiment un vecteur de communion spirituelle, tant pour les croyants que pour les « mal
croyants », je ne parle pas des athées victimes de cette idéologie néfaste. Il élargit notre cœur et le rend
plus réceptif à la grâce de Dieu ! Donc investir dans les artistes chrétiens est une œuvre que la divine
Providence souhaite réaliser concrètement pour porter la Bonne Nouvelle de manière belle et bonne.
Pour moi être catholique est bien plus que de croire aux dogmes ou pratiquer une religion, certes, mais
surtout c’est accomplir, avec humilité, un véritable chemin spirituel pour que tout notre être soit plongé dans
le mystère de la Présence de Dieu, dès ici-bas et porter des fruits de bontés inconditionnelles, dignes des
enfants de Dieu.
Mais le grand défi pour l’Eglise ce n’est pas tant de se défendre d’un monde sécularisé à outrance mais
plutôt de créer en son sein, non des clubs, mais des communautés authentiquement fraternelles,
capables d’accueillir et de susciter en son sein, des vocations chrétiennes pour continuer à porter
l’Oeuvre bienfaitrice du Christ. N’ayons pas peur car ce monde, Dieu l’a créé et il Lui appartient, ainsi la
victoire est assurée. On n’est pas chrétien pour être des surhommes et pour se considérer supérieurs aux
autres, nous ne sommes pas chrétiens pour gagner ou perdre les batailles contre ce monde mais pour
TÉMOIGNER ! Si beaucoup aiment à se faire servir et que peu, comme le Christ prennent le tablier de
service, gardons quand même ferme notre foi, notre amour pour Jésus. Ceux qui prennent ce tablier de
service, font grandir en eux la vertu royale du baptême et seront rois dans les Cieux.
Oui hélas! Le constat de Jésus est valable pour tous les temps : « La moisson est abondante mais les
ouvriers peu nombreux. » Mais c’est ce qui rend l’aventure attrayante car ce que propose le Christ est
sérieux, où la fadeur et la mièvrerie sont exclues. Il y a ceux qui « consomment » la religion et ceux qui
« traumatisés » par la grâce de l'Evangile, sont obsédés par Dieu jusqu'à donner leur vie pour « sanctifier
Son Nom! » Saint Louis-Marie fut l'un d'eux ! Oui on vous aime chers Évêques de France même si je vous
trouve trop intellos, trop sages à mon goût. C'est l'image que j'en ai, sûrement excessive et fausse, mais que
j'aimerais qu'il y ait parmi vous des « fols de l'Evangile » où le feu de l'Amour de Jésus brûlerait non enfoui
ou caché en vous par une fade et fausse pudeur mais déborderait de vos yeux, de vos mains, de votre bouche
et qui nous éclabousserait pour nous rafraîchir un peu de cette apostasie latente et parfois étouffante, de cette
léthargie, de cette apathie qui mine notre enthousiasme ! Je ne vous en veux pas du tout de ne pas « péter le
feu de Dieu » car vous faites ce que vous pouvez et je bénis le Seigneur de vous avoir. Mais bon sens que ce
serait bon qu'une seule âme parmi vous, nous transmettre ce feu de Dieu ! Allez un effort, venez à notre
secours ! Dieu attend vos âmes pour se livrer aux actions de Son Esprit, et nous renouveler, nous raviver,
vous qui avez le pouvoir de nous Le transmettre par le sacrement de confirmation. La grâce du Témoignage
va bien au delà du concept intellectuel, elle est donnée par l'action éminente de l'Esprit-Saint aux âmes
généreuses ! Oh, chers Pères Évêques, ayez pitié de nous ! Nous avons soif ! Nous croulons sous le poids de
nos misères !
33
Table
PAS DE BEAUTÉ ARTISTIQUE SANS BEAUTÉ MORALE, SANS COMPASSION POUR LES
PLUS PAUVRES.
L’esprit évangélique dans lequel cette Fondation s’émancipe, nous pousse à nous ouvrir à une
dimension dramatique et profonde : celle de la compassion envers les plus pauvres. Car comment
manifester la beauté de Dieu si de manière tranquille, nous ignorons la situation de millions et millions de
personnes vivant dans une misère scandaleuse qui défigure souvent l’image de Dieu dans le cœur non
seulement des pauvres et miséreux, mais surtout dans ceux qui n’ont pas ou plus la force d’aller vers leurs
frères humains. La beauté artistique est une vraie bénédiction lorsqu'elle révèle la beauté de « l'image
de Dieu » en chacun de nous. Nous ne pouvons qu'avoir une réaction vive et prompte lorsque cette
« image » est reniée ou défigurée par tant d'ignominies. Dieu est Beau parce qu'Il est Bon ! La vraie
beauté est toujours bonne, toute autre beauté est une prostituée, une injure à la Beauté de Dieu. Tout autre
beauté, si elle ne conduit pas à l'amour, à la bonté, est une supercherie, une imposture, une scélérate qu'il
faut dénoncer et combattre farouchement.
La culture chrétienne est marquée profondément dans toute son histoire depuis ses origines, par le
regard pertinent que le Christ porte sur la valeur de la personne. N'est-il pas scandaleux mais beau ce
regard que porte Jésus vers celui que l'Eglise appelle « le bon larron »? Voyez ce condamné à mort, ce
malfaiteur, faisant sa profession de Foi et la réponse de Jésus: « Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu
seras avec moi dans le paradis ! » Quel parfait scandale! L'Amour de Dieu est vraiment subversif à sa
manière, il bouscule souvent notre sagesse humaine et notre raison. Il est fascinant de contempler le
regard que porte Jésus sur chacun de nous, de voir combien chaque personne est unique à ses yeux et
combien digne de l’amour de Dieu. Nous pouvons le contempler de la crèche jusqu’à la Croix ! Ce
mouvement envers les plus pauvres, auquel Jésus nous commande, n’est pas un mouvement de
solidarité seulement mais bien plus, celui de nous reconnaître tous pauvres et solidaires, pécheurs
relevés et aimés par Dieu, Notre Père ! Le péché Lui coûte très cher, mais son Amour le submerge et
en est bien plus précieux!
Le Christ en mourant sur la Croix pousse ce cri dramatique mais merveilleux et qui retentit encore
aujourd’hui : « J’ai soif ». J’ai soif de votre amour, de votre offrande, de vos vies, de votre bonheur. Par ce
cri, Jésus nous révèle la grande dignité à laquelle chaque homme est appelé à cultiver : « l’image de Dieu ».
La culture chrétienne digne de ce nom, devra porter en son sein la marque de ce regard compatissant
de Dieu envers la condition misérable de l’homme pécheur, tout particulièrement les plus pauvres. Le
regard de Jésus nous invite à dépasser les œuvres de justice en entrant dans la vertu royale de la Charité, à
son exemple. La charité chrétienne est une attitude belle et bonne pour toute l'humanité mais elle doit rester
prophétique, elle est liée au salut, au service de toute la réalité de l'homme, sociale et eschatologique.
Dans ses œuvres, cette Fondation favorisera cette dimension prophétique que sont les œuvres
caritatives mais dans son sens total. Car, donner à celui qui est dans le besoin, n’est pas d’abord une
œuvre de justice sociale, c’est une vision étriquée que de le croire, mais une œuvre prophétique, parce que
tout homme possède en lui une égale dignité, l'Amour de Dieu. J’aime beaucoup ce que l’Eglise enseigne :
Dieu veut sauver l’homme mais tout l’homme, dans sa dimension sociale mais aussi spirituelle. « L’homme
ne vit pas seulement de pain mais aussi de toute Parole qui sort de la bouche Dieu » nous dit Jésus-Christ.
La solidarité, oui, mais la « charité » par dessus tout ! Ainsi la Fondation aura soin de proposer son aide à un
missionnaire ou association qui œuvre pour les plus pauvres, pour la justice, qui manifeste la charité de
Jésus pour les plus petits. Car l'Art qu'elle promeut est un Art qui manifeste l'Amour de Dieu.
Le service de Dieu par dessus tout, ensuite le service du monde! Ce n'est donc pas l'Art pour l'Art ! Les
artistes chrétiens de cette Fondation, ne sont pas les serviteurs d'une tradition artistique aussi riche soit-elle,
mais bien les serviteurs de la Beauté de la Sagesse de Dieu qui est Jésus-Christ ! Ce qui donne à l'artiste
chrétien, son caractère prophétique. Il doit être un véritable disciple de Jésus-Christ, répondre à l'invitation
de Celui-ci “Venez et voyez”, et resté dans une contemplation permanente, se gaver de la richesse de sa
Présence, faire les choses en Jésus par Jésus avec Jésus et pour Jésus. Ainsi, il pourra se laisser inspirer et se
laisser toucher par la largesse, la hauteur de Son Amour, de Sa Sagesse. Ainsi l'artiste comprend que l'Art
chrétien est plus une grâce d'inspiration contemplative que l'exaltation d'un talent aussi génial soit-il !
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RAPPEL
Table
ATTENTION: Avant toute chose, je voudrais dire que toutes les critiques que je fais dans ce
documents, sur les chrétiens ou l'Eglise, n'est pas pour moi une attaque pour détruire ou même
assouvir un désir blessé mal guéri. Mais une réflexion et une interpellation à un sursaut de conscience.
Je vous demande pardon si des fois mon propos trahit cette bonne intention ! Je veux défendre la
vocation de l'artiste chrétien face à une attitude mesquine, affectée d'incompréhensions et de tabous,
au sein de notre communauté ecclésiale et d'ouvrir ainsi un dialogue et non un règlement de compte
absurde et pueril.
RÉPONDRE AU FANATISME ET A LA MALICE DU LAÏCISME :
Je voudrais répondre à deux pensées insensées qui s’imposent et imprègnent trop souvent la pensée de
beaucoup de chrétiens :
1. La première pensée insinuerait que vouloir valoriser une identité, spécialement religieuse,
serait automatiquement signe de repliement identitaire ou «communautariste» et donc
forcément aboutirait à une intolérance. Il est impératif que la foi religieuse s’exprime
uniquement dans le privée ! (Dogme laïciste, exception française)
C'est une absurdité absolue et un dogme laïciste déplorable, contraire au bon sens qui a la longue aboutira à
la destruction de l'identité profonde et spirituelle de la France car celle-ci possède une âme chrétienne
profondément enracinée dans sa culture. Ce n'est pas une vue restrictive et exclusive que de le reconnaître,
bien au contraire ! Ne pas accepter cette donnée fondamentale, est faire preuve de cynisme en professant
une philosophie impie.
Je pense qu’au contraire, une identité catholique bien comprise, intériorisée, est une richesse pour la
personne croyante mais aussi pour toutes les autres. Loin d’être exclusif, ce chrétien-là est autant capable
que n’importe qui d’autre, d’accueillir, d’écouter les autres qui ne partagent pas son chemin de vie. Alors
prenons la liberté de vivre notre Foi, tant dans le privé que dans sa dimension publique. Un catholique est
tout à fait apte à participer au dialogue républicain et laïc quand celui-ci est basé sur l'honnêteté
intellectuelle.
Aucun système de pensée, politique, culturelle ou idéologique ne peut et n'a le droit d'interdire ou réduire
l'expression de notre Foi sur la place publique. Le fait religieux loin d’être une option, est au contraire une
donnée fondamentale de notre identité humaine au-delà de tout système idéologique et politique voire
culturel. Particulièrement l’Evénement qui fut à l’origine de notre religion chrétienne, la proclamation du
Christ mort et ressuscité, a contribué à créer une conscience chrétienne riche et profonde, donnant naissance
progressivement à l’avènement du christianisme qui a marqué profondément nos cultures et l’histoire de
l’homme.
Donc j'ai le droit de croire et le droit de dire ma Foi publiquement sans que je sois automatiquement bafoué
et réduit au silence. J'invite les chrétiens à travers cette Fondation à proclamer ouvertement leur Foi et d'en
témoigner, de faire front à cette « chape culturelle » qui voudrait confiner la Foi au seul espace privé. Erreur
contre nature, grossière et très maladroite, inacceptable !
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Il faut que ces « laïquards » comprennent leur erreur, que la Foi, loin de provoquer une récession cérébrale
au contraire stimule notre raison et cultive l'intelligence. Que des chrétiens vivent dans des milieux
« laïques » sans décliner leur appartenance chrétienne est un choix que je respecte mais ce que je n'accepte
pas c'est que ces mêmes catholiques prennent leur choix comme « la norme raisonnable et unique » d'être
chrétien dans ce monde ! NON, NON et NON, mes chers frères et sœurs ! « On peut très bien être chrétien
sans le dire » me diriez-vous, et bien NON, NON et NON ! C'est FAUX, FAUX et FAUX ! Vous vous
trompez ÉNORMÉMENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! En fait c'est une attitude très confortable qui
n'engage à rien en vue du Royaume et qui pu l'apostasie à plein nez ! Alors votre « communautarisme » à la
noix, vous pouvez vous le f...en suppositoire ! » Ah voilà vous me faites sortir de mes gonds ! Me
pardonnerez-vous ? Mais je me contre fou de votre pardon car cette attitude est une injure à ma Foi, alors je
n'ai que faire de votre condescendance.
LUC 9 26 Celui qui aura eu honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, lorsqu'il
viendra dans sa gloire et celle du Père et des saints anges.
Alors gardez votre sagesse mondaine pour vos ouailles moi, je n'en suis pas, je suis un disciple de JésusChrist qui s'est fait crucifier parce qu'Il a révélé et proclamé l'Amour de Dieu aux hommes mais surtout son
origine divine !
2. La deuxième pensée voudrait nous faire croire que le christianisme s’essouffle et va
disparaître.
Je crois qu’ils sont vraiment à côté de la plaque et prennent leurs rêves pour la réalité. Car c’est mal
connaître la puissance de l’Evangile et de l’Oeuvre que le Christ est venu créer, c'est-à-dire l’Eglise. Sa
capacité à reconnaître les erreurs de ses enfants et l'infidélité de beaucoup envers l'Evangile, sa capacité
aussi à s’adapter, à s’insérer dans chaque culture est impressionnante, mais surtout sa capacité à se recentrer
sur l'essentiel est signe d'une grande Sagesse et ouverture d'esprit. Mais ce qui dérange le plus, c'est que le
Christ l'a dotée d'une autorité qui lui vient de Dieu, alors c'est sûr que pour notre esprit individualiste
exacerbé et encombré de relativisme, c'est assez dur à accepter, à tolérer. Mais il faut leur apprendre à tous
ces mécréants la « tolérance » !
Bien sûr il y a des choses qui ne sont pas belles chez les chrétiens, dans l’histoire de l’Eglise. Mais on
mélange tout et selon son penchant, on en tire des conclusions: soit c’est bon, soit c’est mauvais. Mais c’est
un peu court comme vision, trop manichéen. Pour moi, rejeter le christianisme tout en bloc sans
reconnaître tout ce qu’il a apporté et qu’il apporte toujours, est vraiment injuste et intolérable, cela
manifeste une pensée opiniâtre, perverse et insensée. Comme le dit le proverbe éternel, « ils regardent
mais ne voient rien, ils écoutent mais n’entendent rien. » et d’autres c’est pire « ils se bouchent exprès les
yeux et les oreilles, pour certains ne pas voir et pour d’autres ne pas entendre ». Et il y a une autre manière
aussi perverse qui est la manière contemporaine, plus subtile: celle d’accueillir l’autre aimablement mais en
limitant au maximum sa liberté afin de contrôler et limiter au maximum son influence sur les autres.
Il y a aussi cette idée que tolérer tout et accepter tout c’est être universel, ceci est grotesque et fourbe.
Pour être un « être universel », il faut en posséder toutes les caractéristiques et seul Jésus, Dieu fait homme
les possède en plénitude. Il est le Verbe en qui tout a été fait et en qui tout doit être achevé ! Il est la « pierre
philosophale » que les scientifiques recherchent, Il est le Maître spirituel que toutes les religions devraient
écouter, il est la Sagesse éternelle que tous les philosophes recherchent, Il le Roc sur lequel l’Univers entier
a son assise, Il es l’Alpha et l’Oméga de toute l’histoire humaine. Donc plus nous nous approchons de Lui,
en nous mettant à son école, plus notre esprit devient universel et compatissant et non tolérant, ce qui n’est
pas la même chose. C’est pourquoi Jésus a doté Son Eglise de tous les moyens pour manifester Sa Sagesse
et la déployer. Plus nous serons « Catholique » plus nous serons universels !
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La catholicité de notre Foi nous invite à appréhender l’homme dans toutes ses dimensions: sociales,
morales, spirituelles et culturelles. Le mouvement universel n’est pas l’éclatement de notre être vers les
quatre horizons mais au contraire, fondée sur le point central qu’est le Christ, notre âme pourra se
dilater à la dimension de l’univers. Il faut le crier haut et fort, Jésus est un bon et grand Capitaine
pour naviguer sur les mers de nos vies ! Il ne faut pas avoir honte de le dire clairement car tous les
hommes sont dignes de le connaître ! Cela est la vraie charité universelle ! Le Christ ouvre en nous
des valeurs vraiment universelles.
Ah oui j'ai oublié de vous dire que je ne suis pas français mais portugais, j'avoue humblement que la
« laïcité à la française » me dérange profondément et m'empêche de me naturaliser français ! Je la trouve
agressive et belliqueuse, pernicieuse vis à vis de l'histoire chrétienne. Malheureusement depuis plus de 40
ans je vis en France et l'expérience de ma Foi chrétienne a rencontrée beaucoup d'animosités et de
crispations de toutes sortes, de la part des citoyens français, au nom de cette foutue « laïcité à la française ».
Mais je refuse d'en être oppressé, je préfère l'affronter de face que de ressembler à un serpentin ! J'en
reconnais certains bienfaits, mais je refuse certaines incohérences intolérables, citées ci-dessus par
exemple ! Vouloir limiter l'influence de l'Eglise sur « la place publique », s'est premièrement, lui
reconnaître une autorité de paroles réelle et en second point injuste, intolérable et contraire à la liberté
d'expression ! On nous donne le droit de s'exprimer mais si cette parole devient pertinente et prépondérante,
alors, il faut l'étouffer, l'a restreindre. Comme on ne peut empêcher l'Eglise de s'exprimer, alors on
commente sa parole, en la tournant en dérision ou en lui donnant un sens erroné et biaisé. C'est une
technique de « contre communication » négative et intolérable, indigne d'une saine laïcité ! J'y reconnais la
marque typique de l'esprit des lumières.
Ceci dit malgré tout, j'aime la France pour sa riche histoire, sa culture et son identité chrétienne. Si
vous êtes disciples de Jésus-Christ et si vous affirmez que cette laïcité française ne vous dérange pas, alors
je peux vous dire que vivez dans un doux rêve et un pieux mensonge ou simplement vous êtes un grand naïf
ou tout simplement que votre foi ne dérange personne ! Là je me remettrais en question à votre place !
Il faut assumer le monde dans lequel on vit mais dans la Charité et la vérité et non dans nos fantasmes ! Au
lieu de vivre comme un imbécile heureux, je préfère vivre en vérité et libre. De toute manière depuis la
révolution française, l'Eglise et la république française, ont un dialogue, houleux, tantôt mielleux, tantôt
agressif. Il faut l'assumer ! La « laïcité à la française » est un leurre, une hérésie de la raison, une idéologie
« maniaco-paranoïaque », qui enferme les gens dans une vision sectaire des choses et de l'histoire, sous
couvert de neutralité et d'universalisme. A d'autres !
En tous les cas, moi, c'est négatif, je n'y adhère pas du tout ! La laïcité, oui, mais pas le laïcisme ! Même si
le peuple y adhère en majorité, cela reste un vrai totalitarisme populaire et institutionnel ! Pour moi, il est
très clair que la « laïcité à la française », est l'expression d'une haine sournoise réelle, déguisé en tolérance et
un déni de la Sagesse évangélique. Même si les ténors de cette laïcité disent le contraire, je peux témoigner
de par mon expérience propre, par le nombre de fois que j'ai été rabroué et bafoué dans ma liberté et mes
droits parce que je suis catholique, que le venin de cette scélérate est bien distillé dans le cœur de beaucoup
de citoyens français ! Cela est très dommageable.
Soyons convaincus donc que le christianisme a été et est toujours une bénédiction pour l’humanité :
c’est sa vocation assurée. J’ai conscience aussi que le terme « évangélisation » provoque beaucoup de
complexes et est aujourd’hui très marginalisé même au sein de l’Eglise, qu'il est souvent mal perçu ou mal
employé. Beaucoup y projettent leurs propres fantasmes que ce soit chez les opposants ou chez ceux qui
s’en font les protagonistes, mélangeant souvent sagesse et idéologie ou mystique et illuminisme.
Le but idéal auquel cette Fondation devra tendre, sera de révéler une culture de bénédictions pour
tout homme mais certainement pas mièvre, un humanisme chrétien capable en toute liberté de
coopérer et se rallier avec discernement, sans réserve, avec tout ce qui est digne mais aussi de dire non
à toute compromission dévalorisante et contraire à la Sagesse de l’Evangile. Mais sa contribution ira
d'abord à soutenir la Mission de l'Eglise !
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III/ RÉFLEXION SUR L'ART ET LA FOI
Table
RAPPEL
ATTENTION: Avant toute chose, je voudrais dire que toutes les critiques que je fais dans ce
documents, sur les chrétiens ou l'Eglise, n'est pas pour moi une attaque pour détruire ou même
assouvir un désir blessé mal guéri. Mais une réflexion et une interpellation à un sursaut de conscience.
Je vous demande pardon si des fois mon propos trahit cette bonne intention ! Je veux défendre la
vocation de l'artiste chrétien face à une attitude mesquine, affectée d'incompréhensions et de tabous,
au sein de notre communauté ecclésiale et d'ouvrir ainsi un dialogue et non un règlement de compte
absurde et pueril.
INTRODUCTION
Depuis Pie XII jusqu’à nos jours les papes ne cessent de nous avertir : Jean-Paul II disait : « Une foi qui
ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement
vécue ». Ceci résume assez bien le fond du problème. Le Seigneur aussi nous prévient que si « le sel
s’affadit, il n’est juste bon qu’à être foulé au sol par les païens » et c’est ce qui se passe dans une certaine
mesure.
Permettez-moi d'être franc et incisif. Je sais que je vais heurter la susceptibilité de beaucoup, mais je
tiens à rappeler que de ma part cela n'est pas méchant ou revendicatif, je ne veux blesser personne
mais je cherche un sursaut de conscience de votre part. Mon langage est constructif et non offensif.
Quand je vais à la messe le dimanche matin, j'y vais comme si j'allais vivre un “chemin de croix”. Quand
mes enfants se plaignent de s’ennuyer et me demandent quand je ne les obligerai plus à aller à la messe ?
Cela m'interroge profondément. Attristé le Seigneur me dit un jour : « Veux-tu partir, toi aussi ? » et je Lui
répondis : « Mais où irais-je Seigneur? Je n'ai d'autre horizon que Ton beau Visage ! S'ils t'abandonnent, moi
je reste près de Toi mon Dieu ! »
Interrogeons-nous, pourquoi tant de médiocrité, tant de goût pour la mièvrerie ? Pourquoi se satisfaire de
ce marasme ? Pourquoi nous l’impose-t-on ? Pourquoi si peu de fraternité dans nos paroisses ? Pourquoi si
peu d'enthousiasme à participer à la célébration de l’Eucharistie etc...? Pourquoi si peu d'artistes féconds ?
Combien d'artistes, artisans de la beauté ont été ignorés, bafoués par les chrétiens ? Et je compris que le
Seigneur permet que je sois humilié dans Sa Maison, non pas pour me révolter mais pour que je comprenne
le problème de Son Eglise en France dans son rapport à l'Art. J'ai reçu un don de Dieu, un certain talent que
j'aimerais faire fructifier mais je me retrouve devant une Eglise française timorée. Pourquoi ?
Pourquoi un artiste qui veut consacrer son talent à Jésus, se heurte devant une montagne
d'incompréhensions et une certaine incapacité à l'accompagner, l'intégrer dans la grande Assemblée de
témoins ? Pourquoi tant d'indifférence fraternelle envers les artistes ? Tant de talents inutilisés ? Pour éviter
cet « électrochoc », sensibles à la beauté, les artistes, pour les moins affermis dans leur foi, préfèrent « se
reposer le dimanche matin » plutôt que d’affronter ce « misérabilisme joyeux et naïf » de beaucoup de nos
célébrations où paradoxalement, nous sommes sensés manifester le « grand et bel Amour » de Dieu envers
l’humanité. Ils préfèrent naturellement et intuitivement « démissionner » que de se rendre complices
de cette situation. Ils ont raison, mille fois raison mais moi devant cette injustice, ce « super gracieux
gâchis », je suis un chien qui aboie, aboie, aboie jusqu’à extinction de voix ! Attention saint Louis-Marie n’a
jamais eu d’extinction de voix car malgré l’indigence et la misère qui lui rongeaient le corps, ses cordes
vocales ne se sont tues, que lorsque son cœur a cessé de battre.
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Permettez-moi de citer un extrait du document de l’Assemblée plénière 2006 du Conseil Pontifical de la
Culture, au Vatican : III.3 La beauté du Christ, modèle et prototype de la sainteté chrétienne. C) La
beauté de la Liturgie.
“...La superficialité, et parfois même la banalité, voire la négligence de certaines célébrations liturgiques,
non seulement n’aident pas le croyant à avancer dans son cheminement de foi, mais surtout heurtent
ceux qui reviennent aux célébrations chrétiennes et, en particulier, à l’Eucharistie dominicale. Ces
dernières décennies, certains en sont venus à accorder une importance excessive à la dimension
pédagogique et à la volonté de rendre la liturgie compréhensible même aux observateurs extérieurs, et
ont minimisé sa fonction première : nous introduire de tout notre être dans un mystère qui nous dépasse
totalement...”
C'est pourquoi l'Art est destiné à tenir en « extase »cette tension entre le Mystère et notre capacité à
l'approfondir et en découvrir tous les bienfaits, en goûtant à une joie indicible, immortelle !
Je sais que l'Art à lui seul n'est pas le remède absolu de l'oubli de Dieu mais lorsque l'Art religieux est bien
fait, il contribue beaucoup à aider les âmes à s'enraciner et à persévérer dans la foi. C'est donc une donnée
fondamentale que l'on a grand tord de négliger. Quand une Messe est mal célébrée ou bâclée, cela fait
remonter en nous des ressentiments qui laissent un dégoût et un désarroi. Mais lorsqu'elle est bien célébrée,
c'est alors que remontent en nous des sentiments agréables et la Messe devient une véritable « oasis » de
fraîcheur et un moment d'une vraie retraite spirituelle devant Notre Seigneur !
Saint Louis-Marie disait que si on ne se hasarde pas à faire quelque chose pour Dieu on ne fait rien. C’est
pourquoi je veux construire ce projet plutôt que de me résigner devant cette fatalité apparente. Les
objections peuvent être nombreuses pour ne rien faire mais les raisons et les motivations pour réaliser
ce projet, sont beaucoup plus nombreuses et gratifiantes. Le Seigneur a besoin de vous, comme croyant,
l'Église a besoin de vous comme missionnaire, les artistes ont besoin de vous comme mécènes. S'il vous
plait, pour l'amour de Jésus, écoutez mon cri ! Mais vous aussi vous avez besoin des artistes. Car la beauté
divine révélée en Jésus-Christ, est une beauté qui établit les cœurs dans la vérité et la bonté
. L’Art n’est pas une option facultative et encore moins un luxe mais témoigne de la vitalité d'une
conscience éveillée de notre Foi. Ce qui répond en partie à la critique de Jean-Paul II « Une foi qui ne
devient pas culture, est une foi qui n’est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue ».
Alors soyons des chrétiens prompts à œuvrer pour le Royaume de Dieu. Allons, levons-nous ! Manifestons
dans nos vies et dans la cité, une culture chrétienne digne de ce nom ! Braquons la Lumière de l’Evangile
sur ce siècle de lumières si obscures.
UN PEU D’HISTOIRE
Table
L'ART a sa place originale dans le concert de chaque culture, il exprime avec les sciences et les lettres,
tout ce qu'il y a de vrais et de meilleur ou de pire chez chacune d'elle. L'Art exprime l'âme de chaque
peuple. Il est en quelque sorte le témoin privilégié de la mystique de chacun d'eux.
Le christianisme a su le développer et l'amener à un haut degré de noblesse et de grandeur. Mais dans
l'expression de la Foi chrétienne particulièrement, l'Art subit une véritable révélation, une véritable
naissance qui le place à part dans l'histoire des arts.
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Dès le 6° siècle avec Boèce un scientifique, philosophe chrétien qui démontra la grande Sagesse qui réside dans
le domaine artistique. Sa pensée fut très étudiée influençant un grand nombre de personnes qui joueront un rôle
prépondérant à l’élaboration de l’Art chrétien. Donnant à l’Art sa touche de noblesse à la fois scientifique que
philosophique. Il va s’efforcer de nous démontrer que puisque Dieu a créé l’univers de manière intelligente et
harmonieuse alors l’Art, la musique par exemple, doit l’être aussi. Il doit mettre l’homme en concordance avec
l’univers et son Créateur, dans la louange et l’adoration.
Pour ne parler que de la musique, les moines vont jouer un rôle fondamentale en créant un cadre
liturgique dans lequel va s’élaborer l’Art de la voix., du chant sacré qui durant des siècles aboutira
progressivement à la « polyphonie », chant à plusieurs voix !
Au début du 7°siècle: le Pape Grégoire le Grand eut une grande influence dans la diffusion de la musique
liturgique, on a attribué son nom à cette grande tradition du « chant grégorien ». Il a contribué à son expansion
dans tout l'Occident chrétien, créant de véritables écoles de musique, érigeant celle-ci comme une véritable
discipline artistique.
A partir du 10° siècle: dans l’antre de l’Art Sacré où s’élaborent les « drames liturgiques », comme Pâque, les
« cycles de Noël » etc..., va surgir et s’élaborer en parallèle l’Art profane qui va donner une place plus
prépondérante aux instruments de musique, interdits dans l’Eglise durant des siècles. On peut citer vers le 13°
siècle le chant des Troubadours et des Trouvers, les Mystères et Miracles, vies des saints etc... Ainsi désormais
deux grandes Traditions artistique vont s’affronter, se concurrencer, rivaliser mais aussi se respecter comme deux
frères rivaux de toujours.
Aux 12° et 13° siècles: la tradition du chant des Troubadours et Trouvers, va être le creuset d’une
formidable créativité qui débouchera vers une expression Lyrique de plus en plus élaborée. L’Art profane, frère
ennemi de l’Art Sacré ? Pas si sûr, car l’Art profane, revendiquant à juste titre, son indépendance par rapport au
« carcan » rigoriste de la Liturgie, va puiser aussi dans l’inspiration biblique ou profondément religieuse. On en a
un bel exemple avec les poèmes chantés et l’invention de la fameuse crèche vivante par saint François d’Assise.
Celui-ci va beaucoup contribuer à apaiser la rivalité obsessionnelle des deux camps. Il aura un regard très noble
et digne de l’Art profane.
Au 14°siècle: le personnage le plus significatif dans l’excellence du chant profane, reste sûrement le grand et
géniale Guillaume De MACHAUT clerc à Reims vers (1300-1377) qui va prouver par son inspiration immense
que l’Art profane est digne et d'un grand intérêt pour l’homme. Il va lui donner ses notes de noblesses évidentes
par son travail considérable avec plus de 400 œuvres restantes, dominant ainsi presque tout le 14° siècle autant
dans le domaine du sacré que profane. Pour lui il n’existe aucune rivalité entre le Sacré et le profane.
Jusqu’à présent les centres de cultures étaient surtout concentrés autour du monastère, dorénavant, celui-ci
n’aura plus le monopole de la richesse de l’Art. En effet autour des villes et de ses grandes transformations, vers
la fin du 13° siècles, l’épopée des cathédrales, va engendrer une extraordinaire explosion de la création
artistique. Avec l’avancée et l’approfondissement de la « polyphonie » les chœurs vont enchanter les cathédrales.
La création du Motet, de ces grands chœurs monumentaux va complètement déborder du cadre sacré et
Liturgique et devenir un style propre de l’Art profane.
Au 15°siècle: un autre clerc Guillaume DUFAY (vers 1400-1474) chanoine à CAMBRAI va continuer sur la
même lancée que son grand prédécesseur Guillaume de MACHAUT mais en mettant l'accent sur la composition
de plusieurs Messes et comme lui, va écrire aussi des chansons, des Motets, des ballades du répertoire profane.
Au 16°siècle: Une effervescence musicale envahit toute l’Europe, les mécènes de tout bord engagent des
musiciens de tout bord aussi. Ainsi les musiciens populaires non clercs ni savants ou bourgeois, sont embauchés
pour rivaliser dans le faste des villages ou cours voisines pour fêter telles occasions. La musique populaire
commence à influencer les grands et les savants.
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Même la musique Sacré commence à se laisser influencer par l’apport des instruments, ainsi ceux-ci arrivent
timidement mais de manière irréversible dans le monde de l’Art musicale. Il n’est pas rare que des chœurs soient
accompagnés d’instruments savamment joués bien sûr. On voit de véritables écoles de musique se créer un
peu partout: le fait musicale n’est plus l’apanage des sages et des savants ou de grands maîtres ou
professionnels mais de tous. Ainsi rois, Papes et autres personnalités veulent exercer leur passion musicale sans
autre but que le plaisir de s’adonner à cette merveilleuse discipline. C’est à cette époque ci que le Luth et la
guitare vont devenir les rois de l’accompagnent musicale. Citons François I grand amateur de musique et
musiciens lui-même, le Pape Léon X joueur de luth, chanteur et même compositeur! Citons de grand compositeur
comme Josquin DES PRES, Roland DE LASSUS, JANEQUIN, PALESTRINA, John DOWLAND etc....
Au 17°siècle: après cette effervescence musicale, la musique instrumentale va acquérir ses véritables notes de
noblesses et de reconnaissances, donnant naissance à de grands mouvements musicaux comme la « vague
déferlante » de la musique Baroque. Soutenue par tout le monde, du Pape , aux rois et jusqu’au peuple. De plus en
plus on assume le fait de passer du bon temps pour le plaisir d'écouter de la musique, ainsi beaucoup de lieux de
concerts et spectacles sont créés pour la seule manifestation musicale et théâtrale. Avec l’invention de multiples
styles musicaux comme l’opéra avec MONTEVERDI, le concerto, la sonate, le perfectionnement du Madrigal,
l’Oratorio etc..., l’évolution des instruments et de ses techniques, vont créer une culture très riche et très élaborée.
Si l’influence des Papes est évidente dans le mouvement baroque, celui du roi Louis XIV fut admirable et très
impliqué personnellement en ayant sous sa « protection » une pépinière de grands artistes Lully, Molière, les
COUPERIN, etc…ce règne marqua profondément cette période. C’est aussi l’époque des grands génies comme
Heinrich SCHÜTZ, PURCEL, BUXTEHUDE, BÖHM, BACH, PACHELBEL, BIBER, KRIEGER etc....
Au 18°siècle: C’est l’essor d’un art bourgeois qui reprend à son compte tous les genres musicaux et créant ses
propres lieux de concerts et spectacles. Mais les goûts de ceux-ci ne sont pas aussi raffinés que ceux de
l’aristocratie, un art moins sérieux, plus populaires et des fois de mauvais goûts. On va rechercher à surprendre
par la virtuosité des artistes, par l’étrange ou l’originalité etc...Cela va attirer un public moins instruit et trop
souvent superficiel. Va se développer, l’opéra comique avec des sujets moins sérieux comparé à l’opéra de cour.
Mais l’on prend de plus en plus conscience que la musique est vraiment un Art à part entière qu’elle n’est pas
forcément au service de la Liturgie ou du roi. Deux tendances vont caractériser ce siècles, « l’opéra-seria »,
noble, dramatique, sérieux et « l’opéra-buffa », comique, populaire moins sérieux mais aussi moins raffiné. Les
conservatoires vont se multiplier et beaucoup de gens font de la musique en simple amateur. L’Art musicale
devient un art de vivre à part entière. Parallèlement on verra se développer la musique de cour et la musique
sacré. A côté de ce phénomène euphorique, de grands génies vont être à leur apogée comme BACH,
TELEMANN, MOZART, HAYDN, VIVALDI, SCARLATTI, HAENDEL, PERGOLESE, RAMEAU, GLUCK,
etc...
Vers la fin du siècle, MOZART et HAYDN vont faire entrer la musique dans l’air du “classicisme” une musique
moins rigoriste, moins définit que celle du Baroque. Sous la pulsion de la révolution la musique va servir la
cause politique et nationale, va naître ainsi de grands orchestres et de grandes chorales.
A partir de là, le patronage de l’Eglise s’estompe et va céder la place aux institutions et aux mécènes
bourgeois, de plus l’influence de la Révolution française va accentuer cette indépendance vis à vis du Roi et
de l’Eglise.
Au 19°siècle: Nous arrivons ainsi progressivement à la création des grands opéras et de grandes symphonies
sous la plume du géniale BEETHOVEN, puis viendront WEBER, CHERUBINI, SPONTINI, ROSSINI,
BERLIOZ, VERDI, WAGNER etc...Mais à côté de ces grands maîtres, existent aussi de grands compositeurs
plus intimistes comme SHUBERT et CHOPIN. Avec eux tout doucement la musique romantique va s’installer
relayé par LISZT, SCHUMANN etc...
Les théâtres explosent, il faut citer à Vienne la grande influence des STRAUSS, valses et opérettes etc.... les
grands musiciens abondent BRAHMS, BRUCKNER etc.... En France, il y a GOUNOD OFFENBACH, BIZET
etc....La musique russe avec MOUSSORGSKI, RIMSKI-KORSAKOV, TCHAÏKOVSKI, etc... Aussi la
diffusion de la musique se fait de plus en plus de manière organisée et professionnelle, ce qui a pour
conséquence d’apporter aux musiciens une plus grande indépendance vis à vis des mécènes. Toute une
structure commerciale se met en place, les imprésarios se répandent de plus en plus.
41
A cheval du 19°et 20° siècles de nouvelles formes musicales apparaissent comme le poème symphonique.
Nous allons terminer notre exposé avec de grands compositeurs, citons MAHLER, SIBELIUS, DEBUSSY,
SAINT-SAËNS, FAURE, RAVEL etc... Il faudrait parler de la musique espagnole avec DE FALLA, ALBENIZ,
GRANADOS, TURINO ET RODRIGO mais mon but n’est pas de faire une histoire de la musique mais
seulement montrer l’évolution et la place que joue l’Eglise dans cette fantastique épopée de l’histoire de l’Art en
Europe. Il faudrait aussi parler de la musique contemporaine mais j'arrête là car mon but n'est pas de faire une
histoire exhaustive de la musique mais un résumé succinct pour montrer combien les chrétiens ont été à la source
de l’histoire de l’Art dans notre civilisation.
Au milieu du 20° siècle : Un fait marquant dans l’histoire de la musique va changer fondamentalement la donne
de l’Art musical. L’arrivée des instruments médiatique comme le micro, la radio et la télévision vont bouleverser
profondément le paysage artiste mondiale. La culture populaire va s’engouffrer dans ce tournis du
bouillonnement culturel plus ou moins chaotique et anarchique et devenir la norme presque absolue de la manière
d’être un artiste. L’industrie de l’Art est né et va envahir la totalité du monde artistique. Dorénavant ce ne sont
plus les mécènes qui soutiennent les artistes mais les « majors », de grosses entreprises à l’échelle planétaire ou
nationales qui vont faire régner les « goûts et les couleurs » du public et même vont jusqu’à fabriquer un public
pour chaque artiste etc... Alors on assiste à l'iniquité, une monstruosité effarante de mégalomanies et de fantaisies
les plus débiles suivit par un public qui devient plus des consommateurs « fanatisés » et éblouis par les
« paillettes et les feux de la rampe » que des êtres qui sont en recherche d’une certaine richesse culturelle.
Au milieu de tout de ce « brouhaha » de déferlante médiatique, l’Art y a t-il vraiment une place à jouer,
et plus précisément, l’Art chrétien ? Je doute fort !
Je pense que l'Art ne peux pas réellement s'adapter ou être adapté aux normes de cette industrie commerciale qui
nous place dans une position trop artificielle et superficielle. Les moyens de l'industrie comme la télévision, la
radio, le Cd ou DVD sont plus des moyens de « publicité » que de véritable support de diffusion de l'Art. Par
contre ce n'est pas le cas de la culture populaire, la variété qui y a trouvé son socle de diffusion par excellence.
C'est pourquoi l'Art doit retrouver son véritable soutien, le regard du mécène, du « protecteur ». Il ne peut
y en avoir d'autre car l'Art est l'expression de sentiments humains profonds que seule la machine de l'industrie ne
peut assumer. Je pense que c'est de là, entre autre, que vient ce grand désintérêt pour l'Art, car nous avons été
comme désabusés et dépossédés par les faux artifices médiatique inadaptés qui à la longue ont dévoyé le sens
profond de celui-ci et surtout pour l'Art chrétien qui s’en est trouvé encore plus isolé et marginalisé. Lier les
intérêts et impératifs de l’industrie avec l’Évangélisation, j’en doute fort. Dans ce cas, cette compromission
relève plus d’une culture généraliste humaniste, teintée d’apparats chrétiens que d’une véritable société
chrétienne d’Évangélisation.
C’est précisément ce que je reproche aux « producteurs » catholiques qui sont trop influencés par cet esprit
mondain commerciale qui contrarie la divine Providence. Que font-ils pour promouvoir l’Art chrétien ? Il faudrait
qu’ils comprennent qu’il ne suffit pas d’exploiter un créneau chrétien pour donner toute la place à l’Art chrétien
et surtout aux artistes chrétiens qui en sont les premières victimes. Je leur reproche de créer une culture élitiste et
non fondée sur la fraternité au Nom de Jésus, qui est fondée sur l’amour de la personne et non sur ce qu’elle peut
apporter à leur commerce. Je leur reproche de fonder leurs sociétés d'Évangélisation plus sur le mercantilisme que
sur l’abandon à la Providence. Je leur reproche leur manque de clarté et d’audace pour la Mission, leur manque
de charité fraternelle.
Alors je le dis et proclame haut et fort: Où sont nos mécènes ? Où sont nos protecteurs ? Qui jadis ont construit
et soutenaient les artistes chrétiens qui consacraient leur talent à Dieu par amour pour l’Art certes mais par amour
pour Dieu Seul ?
En conclusion je dirais simplement que le talent de l'artiste et de l'œuvre ne suffise pas à eux seuls à traduire
toute la puissance artistique mais le socle et la manière de l'exposer sont aussi très important. Seul la virtuosité et
la proximité vivante de l'artiste et de son auditoire sont en mesure de transmettre la grâce de l'Art. En ce sens, le
philosophe BOECE avait raison, le cadre où doit se manifester l'Art, est aussi important que l'œuvre elle-même
car c’est lui qui aide les auditeurs à se mettre en état de réceptivité, surtout quand on connaît la richesse inouïe de
l'Art chrétien. On aurait grand tord à négliger cet aspect de la problématique de l'Art.
42
SOURCE de L’ART CHRÉTIEN :
Table
1 L'Église, l'Eucharistie:
L'Église a toujours été protagoniste dans tous les arts et les artistes n’ont jamais manqués.
En tant que artiste et inspirateur de cette Fondation, je reste subjugué devant le passé de l’Art dit chrétien qui a
sculpté et marqué notre culture occidentale de manière durable et si profonde.
L'Église a toujours été le berceau de la culture chrétienne, elle est un lieu propice à l’éclosion d’une
culture artistique. Elle a su créer des lieux, des sources d’inspirations intarissables où peuvent s’exposer et
diffuser à profusion des beautés éternelles. Et cela doit et peut le rester encore. Manifester la Beauté
transcendante de Dieu est une source d’inspiration infinie et une valeur fondamentale de toute culture
artistique.
Les églises de pierres, souvent, sont de véritables œuvres d’art en soi, par conséquent, constituent des lieux
privilégiés pour manifester l’Art chrétien, de manière digne, en cohérence avec la consécration du bâtiment et
l’esprit dans lequel il a été érigé.
La source de notre culture chrétienne se trouve dans la célébration du culte que nous rendons à Dieu,
c'est-à-dire la liturgie, plus précisément dans la célébration de l’Eucharistie qui en est l'origine et la
finalité. En effet, c'est du « trop plein » de signes, de la surabondance de grâces dont regorge l'Eucharistie,
que l'Art a jailli du sein de l'Eglise. Et de cette proximité permanente, celle-ci reçoit la « plénitude de
grâce » qui émane du Cœur de Jésus ! Les artistes chrétiens sont les serviteurs de cette effusion artistique
dont l'Esprit-Saint est l'Inspirateur et le chef d'orchestre !
Tout commence et converge vers la célébration eucharistique. Car c’est le Christ, avec tout Son peuple qui nous
associe à Lui et s'offre au Père par la puissance de l’Esprit Saint ! Les premiers chrétiens ont naturellement offert
à Dieu tout ce qu’ils avaient de meilleur pour dire leur joie de Le célébrer. C’est ainsi qu’au fil des siècles, s’est
développée une culture très riche, vraiment belle et raffinée. Je ne veux pas en faire un exposé car cela dépasserait
le cadre de ce document mais je veux simplement attirer l’attention sur la merveille que fut cette culture
chrétienne.
Tout le monde connaît Jean-Sébastien BACH, HANDEL, MOZART, BEETHOVEN, PALESTRINA,
DEBUSSY, COUPERIN etc….On s’émerveille devant leur génie créateur, devant tant de merveilles qu’ils ont
créées et c’est avec raison qu’on loue le Seigneur pour tant d’artistes chrétiens. Soyons honnêtes et reconnaissons
le, l’influence directe de l’Eglise sur les artistes, sur la musique a été très significatif pour la culture tout court !
Il faudrait parler aussi des peintres et sculpteurs, que dire de ce merveilleux mouvement qui rassemblait tous les
arts que fut les cathédrales etc…Pour moi, tous ces trésors culturels ne sont pas des « reliques du passé » qui
souffriraient de l’usure du temps mais révèlent un véritable témoignage de Foi, une valeur réelle pour
aujourd’hui. Ils ont en comme eux comme un bourgeon éternelle qu’il faut simplement recueillir et replanter
dans notre culture actuelle. Des millions de partitions de musique attendent que des artistes viennent les cueillir
pour les refaire germer sur des terres nouvelles et produire ainsi leur fruit. Le Seigneur nous a comblé de tant de
merveilles de créations artistiques, sachons L’en remercier en renouvelant notre manière d’être artiste chrétien en
offrant au monde à profusion, les bons fruits de notre sainte culture.
Ne laissons pas les incroyants incultes et areligieux s’en emparer et la dénaturer mais redonnons lui son
véritable socle et son véritable sens : la louange de Dieu ! Croyez-vous que sans l’apport de la musique
élaborée par les moines sous le patronage de l’Eglise, tous ces grands génies cités ci-dessus auraient existé ?
Évidemment que NON ! Sans la Musique Sacrée il n’y aurait pas de grande musique profane. Ce n'est pas
du chauvinisme que dire cela car c'est une réalité, et pour nous chrétiens, et surtout artistes, cela a un sens, et nous
procure une grande fierté. Que les non-croyants s'approprient cette Art chrétien, ne me dérange pas en soi c'est
même très bien mais que la communauté chrétienne le boude et en oubli son caractère missionnaire, est pour moi
intolérable !
43
Par exemple, quel sens aurait la représentation de la PASSION selon SAINT JEAN de Jean-Sébastien BACH,
dans un lieu autre qu'une église ? Dans un lieu purement mondain ? Où la raison commerciale seule serait
recherchée avec la vénération des artistes, où la louange à Dieu ne serait absolument pas recherchée, alors que
cette œuvre Lui est consacrée ? Quelle aberration ! De toute évidence cela pu l’usurpation !
Combien de chrétiens s’en rendent-ils complices ? Hélas ! Cela est une véritable profanation !
J’avais assisté à une représentation de cette œuvre dans une collégiale, outre l’irrévérence des chrétiens envers
Jésus présent dans le tabernacle au fond de l'église, j’ai entendu les merci qui revenaient à tous ceux qui avaient
permis cette « célébration de la beauté » : merci à monsieur le curé, merci à la municipalité, merci au chef
d’orchestre et aux solistes etc.…longue liste, bien. Mais aucun merci à l’Auteur, l’Inspirateur et le maître des
lieux qu’est Notre Seigneur Jésus-Christ. Personne n’a eu l’idée de Le remercier. Alors j’ai pris la peine de rester
quelques instants devant Jésus afin de me consoler de cet affront, inconscient de la part de tous ces chrétiens. Y
était présent pourtant l’Evêque du diocèse ! Cela se passe de commentaire.
Voilà les conséquences d’une culture chrétienne laïcisée à outrance. Des exemples de ce type croyez-moi il y en
a et ce n’est nullement une exception.
2 « l’affaire iconoclaste »
Table
Je voudrais attirer l’attention sur un fait historique capital et décisif dans le développement de l’Art
chrétien en général, « l’affaire iconoclaste » : entre les chrétiens qui ne voulaient pas que l’on représentât
Dieu et ses saints et ceux qui en vertu de l’Incarnation s’autorisaient de Le faire. Il a fallu le deuxième
Concile de NICÉE en 787 pour trancher en faveur de l’autorisation de la représentation.
Pour moi c’est le signe d’une grande Sagesse de la part de l’Eglise que d’avoir tenu tête aux iconoclastes et
ceci malgré l’interdiction de toute représentation divine dans l’Ancien Testament car désormais Dieu Luimême avait « transgressé » la frontière qui nous séparait de Lui en se faisant Homme en Jésus-Christ.
L’INCARNATION restera toujours une vraie révolution dans la Révélation du Dieu Unique, folie pour les
uns et scandale pour d’autres tandis que pour les chrétiens, c’est une grande joie et Bonne Nouvelle. En
autorisant la représentation divine dans l’Art, l’Eglise a ouvert les vannes d’une abondante énergie artistique
inouïe et dans aucune religion, il n’y a eu autant d’artistes et de fécondité artistique. Merci Seigneur pour la
grande Sagesse de Ton Eglise ! Imaginons un peu si l'Eglise avait interdit l'Art et son épanouissement en son
sein ! Quel aurait était le développement de celui-ci ? Certainement pas le même que celui que nous
connaissons ! Je n’ose même pas l'imaginer! Et après cela on ose nous faire croire que l'Eglise est
« castratrice » de toutes les évolutions ? A d'autres !
Ce commandement d'interdiction de toute image pour représenter Dieu de l'Ancien Testament, non
seulement est préservé mais renforcé, car l'iconographie nous focalise sur le Visage de Jésus et soumet
toutes les autres représentations de saints et saintes à Celui-ci qui est « vrai Dieu et Vrai Homme ! ». Ainsi
l'adoration envers Dieu est parfaitement consolidé. Donc remettre en cause les « images », c'est aussi
remettre en cause l'Incarnation du Fils Bien Aimé du Père ! C'est bien de cette surabondance de la
Révélation chrétienne que l'Art sourdit comme une fontaine de beautés de toutes sortes.
44
3 Jésus, les saints et la Bible
Table
Jésus Lui-même avait en Lui une capacité artistique réelle, même s’Il ne l’a pas utilisée en tant que
telle. Lorsqu'Il disait ses paraboles, Il devait y mettre toute la technique qu’il fallait pour bien se faire
entendre et pour captiver son auditoire. Il devait y mettre tous les accents possibles comme un vrai «acteur».
Il devait littéralement les déclamer car son inspiration Lui venait du plus profond de son être et devait le
faire en vibrant de toute sa sensibilité; son auditoire devait aussi répondre avec une émotion réelle !
Saint Louis-Marie aussi mettait tellement de sentiment et de conviction dans ses prédications, qu'il
soulevait le cœur de son auditoire, souvent il faisait des mis en scènes spectaculaires dans ses missions
paroissiales. Que penser du fameux « calvaire de PONTCHÂTEAU où saint Louis-Marie déploiera une
énergie artistique et spirituelle phénoménale ? Durant 14 mois, il va organiser au jour le jour l'aménagement
d'un immense terrain vague près de PONTCHÂTEAU en Bretagne, pour y construire des monuments, les
stations d'un chemin de croix et le calvaire pour illustrer la Passion de Jésus. Toute cette « mis en scène » n'a
qu'un seul but: inculquer l'amour de Jésus dans le cœur des pèlerins. Il va faire travailler les artistes
sculpteurs de la région et en moyenne 500 personnes par jour, employant des pauvres et paysans du coin. Il
trouvera bien sûr l'argent nécessaire pour tout ce travail, lui qui était pourtant un « gueux de Notre Dame ».
Le monument le plus illustre est bien entendu, le fameux « calvaire » grandiose, immense posé sur une
colline aménagée ! Saint Louis-Marie était réellement un grand artiste, un « producteur » et organisateur
hors norme de « spectacles » ! Je lui demande de me donner son audace, son génie d'organisateur et en tant
que artiste chrétien de créer cette Fondation « SAINT LOUIS-MARIE » pour un Art au service de
l'évangélisation.
Nous devrions aussi citer certains prophètes qui jouaient et mimaient en mettant en scène le message
qu’ils voulaient transmettre au peuple. Enfin toute la Bible est une preuve et témoin que l’Art a toujours
été intrinsèquement lié à la proclamation de la parole de Dieu. Les psaumes et d’autres poèmes sont la
preuve de toute cette « symphonie » artistique qui accompagne les sentiments religieux de tout le
peuple de Dieu.
4 Art Sacré et Art profane
Table
Tout d’abord, il est claire qu’il n’existe en vérité aucune rivalité ou incompatibilité de nature entre
l’Art Sacré et l’Art profane car tous deux sont les deux branches naturelles, d’un même élan
artistique né au cœur de notre culture chrétienne. Il faut les distinguer certes mais les respecter chacun
dans leur domaine propre. Tous deux rendent un réel service à la « cause de Dieu ». L'Église a toujours été
protagoniste dans tous les arts et les artistes n’ont jamais manqués. Cités ci-dessus d’illustres clercs, comme
MACHAUT, DUFAY et plus tard d’autres comme BACH, ont autant exalté leur talent dans les deux camps
et ont prouvé que l’on pouvait servir Dieu et l’homme tout en restant dans la mouvance de l’esprit artistique
et la sainteté. Le plus grand préjudice à l’Art n’est pas dans le style mais dans la médiocrité et le
dévoiement de celui-ci dans son rapport à la Sagesse chrétienne.
L'Art Sacré et l'Art profane sont les deux faces du même mouvement artistique insufflé par l'EspritSaint à l'Eglise pour manifester Sa beauté, Sa bonté et Sa Vérité. Pour moi, il n’y a donc pas
d’opposition entre l’Art sacré et l’Art profane, car tous deux sont à leur manière, collaborateurs de
l’œuvre de la grâce dans les cœurs. L’un est consacré et soumis à l’esprit de la Liturgie, à l’adoration
tandis que l’autre est particulièrement ouvert à la Mission, tourné vers le monde, vers l’apostolat.
Certes, il existe une tension naturelle que l’on doit considérer et peut tout à fait être surmonté avec
un peu de discernement, celle-ci diminue et même disparaît si tous les deux sont soumis à la Sagesse
divine :
45
L’Art Sacré, exclusivement consacré au service de la Liturgie, au service de l'Alliance entre
Dieu et l'homme, nous subjugue par son génie créateur. Il nous transporte en élevant nos âmes vers
Dieu par les splendeurs de ses beautés, spécialement dans la liturgie où il nous captive et nous aide à
puiser la nourriture spirituelle pour nos âmes, faisant grandir en nous la charité. Il nous plonge dans
le mystère de la Présence de Dieu et nous porte à Le rechercher inlassablement, faisant grandir en
nous la Charité. Il nous invite à garder « la perle précieuse » de la Sagesse divine déposée en nos
cœurs lors de notre Baptême!
Mais sa faiblesse se trouve dans sa trop grande dépendance de la dimension sociale et culturelle. L'Art
Sacré a tendance à se refermer sur lui-même et au bout du compte à n'être qu'une expérience artistique et
culturelle assez restreinte quand à son publique. Cela m'interroge ? Il faut tellement de moyens et de
personnes pour sa réalisation, sa manifestation que souvent cela reste à un niveau purement culturel et
« passéiste » parce que, ceux qui détiennent ces moyens là ne sont tout simplement pas chrétiens. Ils ne
peuvent pas comprendre toute la portée et le sens de ces œuvres. De plus cela reste souvent ponctuel et très
local, ce qui fait que l'Art Sacré reste trop souvent confiné et prisonnier d'une certaine classe sociale. Ce sont
toujours les mêmes qui profitent de sa richesse. Ou bien lorsque ce sont des artistes chrétiens qui ont les
moyens de l'exploiter, souvent sont enfermés, repliés sur eux-mêmes comme dans une tour imprenable,
imperméable manque trop souvent d'ouverture aux autres mais surtout leur manque l'essentiel, le souci du
Royaume de Dieu. Ce qui est un véritable paradoxe scandaleux car l'Amour de Jésus est fondamentalement
missionnaire !
L’Art profane, dans son sens positif, « d'œuvre laïque », tourné vers le monde et pour lui, pas
forcément explicitement religieux, tirant souvent partie du génie créateur de l’Art Sacré, nous
divertit, apaise nos âmes tourmentées; nous fait réfléchir, contempler les merveilles du monde à
travers ses spectacles, ses prestations, en unifiant nos sens dans le « beau, le bien et la vérité »,
faisant grandir en nous la vertu de l'Espérance. Il nous invite à aller « au large » et partager la « perle
précieuse » de l'Evangile ou comme « le levain dans la pâte », il nous dispose à la grâce.
Laissez-moi vous donnez ma vision de l'art profane. Pour moi; il n'est pas question de « profaner » l'Art
Sacré ou encore moins la Liturgie mais remettre à sa place ce qui n'est pas sacré et mettre ce qui est sacré à
sa place. Je veux bousculer et remettre en question cette vision de l'Art Sacré trop figé dans sa
« tour d'ivoire » et en oubli sa responsabilité dans la Mission. Je voudrais « profaner » cette sagesse humaine
qui emprisonne la grâce de Dieu dans ses égoïsmes.
Je voudrais « profaner » ces musiciens qui enfermés dans leur « chaire » de « maître de chapelle » obstruent
l'élan missionnaire. Je leur reproche leur satisfaction d'eux-mêmes, leur attachement à « leur fan club » et
leur tradition et le mépris qu'ils ont de l'art profane. L'art profane est avant tout missionnaire mais il ne doit
pas l'être en opposition à l'Art Sacré qui trop souvent l'a rejeté. Voilà pour moi, l'Art profane est digne et
voulu par Dieu. Mais dans quel délire ce pauvre Carlito se trouve ? Il a besoin que l'on prie pour lui car
son délire est profond ! « Non surtout pas laissez-moi dans mon délire ! »
Souvent, dans leurs expressions respectives, la frontière s'amenuise et les couleurs sentimentales produites
par ces deux « rivaux », se confondent. Beaucoup d'œuvres sacrées peuvent être utilisées en dehors de leur
fonction propre comme beaucoup d'œuvres profanes peuvent être utilisées dans le cadre liturgique, durant la
célébration Eucharistique. C'est pourquoi, il devrait y avoir un lien profond entre les artistes du « sacré » et
ceux de l'art profane, ce qui n'est souvent pas le cas, hélas ! Souvent par manque d'ouverture chez les artistes
du « sacré » et un manque de compétence à appréhender la richesse du « sacré » chez les artistes du
« profanes », fait que ce lien est très difficile.
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Puissions-nous tous comprendre que la véritable source d'inspiration de notre Sagesse, réside en
amont de notre propre culture, de notre propre ressentir, elle nous vient directement de Dieu.
L’inspiration en est donnée par les anges mais notre génie vient de la capacité à retranscrire ce qui
nous vient de la surabondance intérieure. C'est pourquoi, il faut une grande humilité en face de la
Sagesse divine. Il doit en découler une structure ecclésiale capable d'appréhender dans sa totalité la
belle vocation artistique et donner ainsi à l'artiste chrétien la place qui lui revient. L'artiste chrétien
est comme la sentinelle de la transcendance de Dieu, son travail se fait en collaboration étroite avec les
anges. « Non mais franchement, vous êtes toujours là, à l'écouter ? Eh bien je vous plains ! Non mais
relisez ce qu'il dit, c'est du délire pure ! »
FONDEMENT MYSTIQUE de L’ART CHRÉTIEN :
Table
La charité, la Foi et l'Espérance :
“Vous êtes le sel de la terre” dit Jésus ! Le croyons nous ? En tous les cas moi je n’oserais pas le contredire,
oui je le crois ! Tel est notre gloire et notre orgueil, mais cela demande une grande exigence de vie. Par cette
interpellation, cette provocation, Jésus nous révèle la grande dignité à laquelle Dieu nous appelle et par là,
au développement d’une culture chrétienne adéquate, riche, belle et bienfaisante, en phase avec Sa
Sagesse, en phase avec Son Amour. Loin de moi cette culture qui idolâtre ses « ténors et ses virtuoses »
et s'émeut devant des beautés mondaines qui souvent met dans les oubliettes la louange due à Dieu.
Si un art n'a pas la bonne odeur de Jésus-Christ, je reste totalement indifférent à ses charmes, je
m'en détourne.
S'enracinant dans les trois vertus théologales que sont la Foi, la Charité et l'Espérance, tout oeuvre
qui se dit chrétienne se doit de veiller à l'harmonie de ces trois vertus dans sa réalisation, pour donner à la
grâce de Dieu, la possibilité d'œuvrer dans les cœurs. C'est bien dans ce dynamisme vertueux que je veux
travailler à la réalisation de cette Fondation et manifester cette joie d’offrir à Dieu une « offrande
culturelle » agréable qui Le réjouit et fait danser les Anges !
En reprenant les deux phrases de ces serviteurs de Dieu que j'ai déjà citées dans ce document, je voudrais
résumer ma vision chrétienne sur l'Art qui se veut au service de Dieu : l'une celle du Pape Jean-Paul
II : «Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et
fidèlement vécue » et l'autre du cardinal POUPARD, « La pastorale de la beauté est une mission
authentiquement missionnaire ».
Avec la réflexion de Jean-Paul II, nous devinons au delà de son sens premier, c'est à dire que la Foi doit
nous permettre de dialoguer dans la culture contemporaine mais par conséquence, on comprend aussi par
exemple que la Charité ne suffit pas à elle seule, à exprimer la plénitude de l'Amour de Dieu. En fait ces
trois vertus prises séparément « s'automutilent », disparaissent, se diluent.
Les œuvres caritatives ne se suffisent pas à elles seules à traduire tout le sens de la vertu
théologale de la Charité car elles s'épuiseraient si elles ne s'enracinaient pas dans la Foi et
l'Espérance. Elles seraient trop vite dévoyées par des actes égoïstes teintés de charité. Cette grande
vertu de la Charité est bien plus que « faire œuvre de solidarité ou de justice » mais enracinée dans
la Sagesse divine : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimé !» C’est ce
« COMME » qui est le plus important dans cette sagesse d’aimer son prochain. Loin de moi de
dénigrer les œuvres caritatives mais de mettre en garde de l'illusion d'une certaine satisfaction qui
obstrue la grâce.
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Dois-je rappeler ici la fameuse parole de saint Paul ? 1Cor« 13 1 Quand je parlerais les langues
des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui
retentit. 2 Quand j'aurais le don de prophétie, que je connaîtrais tous les mystères, et que je
posséderais toute science; quand j'aurais même toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si
je n'ai pas la charité, je ne suis rien. 3 Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des
pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de
rien ».
La Foi comme je l’ai déjà dit est l’attitude, la réponse juste envers Dieu mais la Foi est un Don et
non le résultat d’une recherche intellectuelle ou spirituelle, même si celle-ci est nécessaire. Nous en
avons une illustration dans la conversion de Saint Paul sur la route de Damas où Jésus le terrasse et
Lui fait don de la Foi. Car le Mystère de l’Incarnation est une réalité divine qui nous dépasse
largement. Ainsi la Foi nous commande à agir pour Dieu et Son Royaume, en union avec Lui et
Son Eglise, car elle en est la Mandataire et la Propagatrice, Son instrument de choix !
Donc dire que l’on a la Foi et rejeter l’Eglise est un non sens absolu, c’est être un insensé. La
Foi sans l’accomplissement dans la charité serait un leurre, une hypocrisie scandaleuse, cela va de
soi puisque tout le mouvement du Christ est de nous rejoindre jusqu’en notre misère et nous en
sortir pour réaliser en nous Son Œuvre de rédemption.
Quant à la vertu de l'Espérance sans la soumission à la Foi, serait une pure chimère ou pire un
délire, remplaçant la Révélation par ses propres sensations, au lieu d'adorer Dieu qui se révèle,
nous fabriquerions très vite Dieu ou nos dieux à notre propre image, colorée de nos propres
fantasmes etc...L’Espérance chrétienne nous invite à regarder vers notre vrai destin d’enfant de
Dieu, nous vivons ici-bas comme des voyageurs mais nous savons pertinemment que notre
demeure réelle est dans le Paradis en Présence de Dieu. Nous sommes invités à tendre et organiser
toute notre vie en vue du Royaume de Dieu.
Permettez-moi de vous confier l'image que j'ai au fond de moi concernant l'Art au cœur de notre foi.
L'image d'une source, abondante, jaillissante comme une belle fontaine bien protégée par d'innombrables
anges pour en garder toute la pureté. Des serviteurs appellent les hommes à s'y abreuver pour qu'ils
goûtent aux joies et bienfaits de cette eau jaillissante. Il y en a qui s'y abreuvent en abondance et d'autres
s'y désaltèrent; d'autres s'y purifient et d'autres curieux, attirés par l'éclat de cette fontaine, s'approchent,
mais d'autres aveuglés par le chant de tant de vilaines sirènes, s'en détournent, s'en éloignent pour certains
jusqu'au mépris, allant jusqu'à haïr l'existence même de cette fontaine et de sa source.
48
UNIVERSALITÉ DE L'ART CHRÉTIEN. « Allez dans le monde entier ! »
Table
Un jour un « artiste » chrétien me dit qu'il doutait qu'un art chrétien existe en tant que tel. Cela m'a intrigué
durant des années, ne comprenant pas sa réflexion ! Ah bon? Intuitivement et un peu outré, je lui dit que oui,
il existe bel et bien un Art spécifiquement chrétien. Et lui de me répondre, « tu enlèves les paroles de la
Passion selon saint Jean de BACH, cela reste de la musique tout simplement ! » Je n'ai pas su quoi lui
répondre, sur le moment mais après coup, je me dis, mais c'est absurde puisque la musique est inspirée des
paroles et de la réalité dramatique de l'événement pascal, je ne crois pas que la musique aurait été la même
sur d'autres paroles.
Oui il existe bel et bien un Art spécifiquement chrétien et même une manière chrétienne de l'exercer.
L'Art authentiquement chrétien veillera à ce que dans toutes ses œuvres soient bien fondées sur ces trois
piliers que sont les vertus théologales. C'est pourquoi l'Art chrétien, est le plus pertinent des actes
culturels, la plus haute expression de notre Foi, de notre Espérance. Dans le domaine de la
communication, de la culture, l'Art en est « l'aiguillon ». Je le répète l'Art n'est pas un luxe ou une option
mais le signe d'une véritable vitalité et la meilleure façon de proclamer notre foi, de communiquer
l'Espérance qui nous habite. L'Art est un élément essentiel de la Mission évangélique. Captivant nos sens
par tous ses artifices, l'Art, aidé par la grâce, nous provoque, nous interpelle, nous mène avec force et
douceur vers la seule contemplation qui doit nous préoccuper, celle du Beau Visage de Jésus-Christ, vrai
Dieu et vrai Homme. La beauté de la grâce de Jésus crucifié, n'est pas anéantie par les horreurs du péché.
Bien au contraire, tandis que les œuvres du péché sont crucifiées avec Lui en perdant de leur force et de
leur fatalisme, la grâce a surabondé pour que la Vie et ses œuvres puissent triompher ! Et de cette Beauté
pascale, procèdent la Vérité et la Bonté, car pour moi, la vraie beauté est celle qui est au service de
« l'image de Dieu » gravée en chaque être humain. Refuser cette dimension artistique de notre Foi, c'est
s'exposer à la mièvrerie, à une certaine pauvreté et incohérence qui contrarient et défigure la plénitude de
grâce présente dans le mystère de Jésus-Christ ! La dignité de chaque être humain révélée dans « l'image
de Dieu », est le socle et la voûte d'une vraie culture universelle, catholique.
D'ailleurs ceux qui s'en éloignent, pour les extrémistes, ne reconnaissent plus dans l’Art, un quelconque
critère à la beauté. C'est pourquoi beaucoup d'artistes contemporains, ont un art infecte, dévoyé et répulsif,
élitiste qui heurte la sensibilité simple et ouverte à la manifestation de la beauté universelle que tous peuvent
reconnaître ! En fait ce n'est tout simplement pas de l'Art, mais un mouvement idéologique qui utilisent des
matériaux artistiques pour distiller leur idéologie. Ces extrémistes n'ont qu'à gronder et s’enrager, c'est leur
expression propre, ils ne peuvent pas faire autrement, c'est pathologique ! N’ayons donc aucune retenu ou
complexes à les critiquer et à les rejeter !
Des expériences ont été faites auprès des hommes vivant dans les forêts loin de notre civilisation, et qui
n'ont jamais entendu jouer de la musique classique et lorsqu'ils entendirent un pianiste jouer quelques pièces
de BACH, ils dirent simplement, que c'était « apaisant, que cela leur procurait de la joie, que c'était beau »!
Dans la musique dite classique, il y a une valeur réellement universelle, car elle est inspirée par Dieu,
Créateur de tous les hommes, Ses enfants, elle est inspirée et inscrite profondément dans notre nature !
Moi-même lorsqu'en février 2009, je suis allé en Amazonie, au Brésil à Conceição do Araguaia, j'eus un
échange culturel et artistique très beau avec des êtres qui sont à mille lieux de notre culture européennes,
pensais-je. Ils ont été tout fiers de me présenter leur petite école de musique classique dirigée par un grand
musicien monsieur et l'un d'eux m'a présenté des recueils de guitare classique de J.S.BACH et de musique
baroque. J'ai été très agréablement surpris que même au cœur de l'Amazonie, ils sont très demandeur de la
musique classique. Cela prouve bien que celle-ci est porteuse de valeurs universelles. L'Art, la beauté est
vraiment un vecteur de communication entre les peuples et les générations.
Attention, je ne suis pas contre un art contemporain pourvu qu'il ne se fasse pas en opposition à l'Art hérité
de nos pères, je veux juste le remettre à sa place. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais rencontré une œuvre
contemporaine qui m'ait subjuguée, qui m'ait bouleversée autant que celles du « passé ».
49
Par contre, beaucoup d'œuvres contemporaines me mettent dans un sentiment très perplexe. La production
de l'Art du « passé », nous bouleverse encore par la force et la lumière qui émane de la beauté de ses
œuvres. Alors oui, pour l'art contemporain, il est légitime, mais que ses artistes fassent aussi bien que les
artistes du passé, qu'ils ne se gênent surtout pas! Ce que je leur demande, c'est de ne pas nous « flageller »
par leur idéologie « avant gardiste », (berk que c'est moche comme slogan), mais de rester dans l'humilité et
la tempérance. La question que je pose est : est ce que l'Art contemporain est une vraie évolution de l'Art ou
bien une révolution et régression et agression ?
Par conséquent, il ne faut pas avoir peur de proposer notre riche culture chrétienne à tout homme
car le message profond de Jésus est vraiment adressé à tout homme. Si beaucoup Le crucifient à
nouveau et Le rejettent, ne nous en effrayons pas et témoignons jusqu'au bout de notre joie de vivre en vrai
chrétien, disciple de Jésus ! Car l'adversité est bonne et voulue par Dieu; sinon nous aurions à lutter contre
notre propre suffisance et notre conformisme desséchant, ce qui est, pour moi, plus difficile à accepter !
C'est la raison pour laquelle Jésus nous invite à bénir ceux qui nous maudissent et nous haïssent !
Ils nous rendent un grand service car le combat nous fortifie et nous stimule, à lutter contre notre propre
égoïsme, nous sommes les serviteurs de l'Amour universelle de Dieu et pour cela nous devons vraiment
devenir des êtres universels, nous obligeant à sortir de nous-mêmes:
Jean 3 « 16 En effet, Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque
croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. 17 Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour
juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ».
Si l'Art est l'apanage et l’orgueil des riches, des bourgeois et des repus, nous ne pouvons que les en féliciter
et leur devons une reconnaissance sincère et respectueuse mais il n'en est pas moins leur propriété exclusive
et absolue car si Dieu le leur a confié c'est pour le protéger, le développer et le propager au plus grand
nombre. En effet, l'Art chrétien est un bienfait que Dieu a destiné à l'humanité toute entière pour que,
subjuguer par sa beauté, elle puisse entrevoir le reflet des beautés éternelles qui émanent du Visage de Jésus.
Quand l'Art est bien « chaussé », il collabore étroitement avec la grâce de Dieu, il édifie le cœur de
chaque personne ayant le privilège de goûter à ses délices, le préparant ainsi à recevoir grâces
abondantes et entrer dans la « communion et le banquet éternelle »!
Voilà pourquoi, l'Art chrétien authentique, ne peut exister que dans un cadre saint et évangélique, s'il veut
porter beaucoup de fruits agréables à Dieu, s'il veut que ces « artisans » puissent construire dans leur vie la
beauté et transmettre la paix de Dieu : la sainteté, car celle-ci est belle, vraie et bonne pour tout être sur
terre ! C'est pourquoi, je pense qu'il est normal de « protéger » le talent de l'artiste chrétien mais aussi
veiller à sa manière de l'exposer. Car aujourd'hui, trop de sociétés catholiques et chrétiennes sont trop
idéologiques, sélectives, élitistes et n'accèdent pas à cette vision culturelle pleinement évangélique et
nuisent malheureusement à la longue, à la catholicité de l'Annonce de l'Evangile.
Pour d'autres raisons, quand je pense au nombre de paroisses et de Doyennés, au potentiel du « parc
d'accueil » que possède l'Eglise en France et au nombre rikiki d'artistes, je suis stupéfait de la monstruosité
de cette réalité absurde qui est, je n'arrive pas à trouver les mots, sans être grossier, « bordel ! » oh excusezmoi, mon Dieu, c’est déjà mieux, cette réalité absurde est SCANDALEUSEMENT !!!!!!!!!!!
ABERRANTE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!AHAHAHAHAAHAH!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
AHAHAHAHA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!AHAH!!!!!!!!!!!!!AH!!!!!! Bon, je m'arrête là ! Pardonnez-moi, mais cela
m'a fait du bien de hurler un peu! Cela vous fait rire mais bientôt, on aura des livres parlant, et sonores.
Ainsi vous pourrez entendre mon cri. Bon reprenons, notre discussion. Nous disions, hum !..........
50
La phrase du cardinal POUPARD « La pastorale de la beauté est une mission authentiquement
missionnaire »,.vient tout simplement confirmer tout mon propos. Si la pastorale de la beauté est
authentiquement missionnaire, alors par conséquent les artistes en sont les véritables artisans, de
véritables missionnaires, de par leur vocation propre. Ils sont appelés à manifester la Foi de l’Eglise.
Donc, il ne convient pas de les bouder ou de les mépriser en les accablant de toutes sortes de paroles très
maladroites et mesquines qui ne révèlent qu'une grande incapacité à comprendre la richesse de la vocation
artistique trop infestée de préjugés tous plus ou moins contradictoires les uns des autres. Ne leur dite pas que
ce sont des rêveurs, car c'est le propre de leur charisme, ou bien « c'est un artiste, il est sur son petit
nuage », « il n'a qu'à aller travailler », alors que souvent ils sont enfermés dans leur atelier jours et nuits
pour enfanter leur talent ! Alors cessons toutes ces mesquineries enfantines et recentrons-nous sur la
Mission ! La puissance et l'énergie que l'acte artistique déploie doivent être canalisées non par l'artiste seul
mais par toute la communauté chrétienne car le but n'est pas l'exaltation de celui-ci mais la gloire de Dieu !
Souvent on manque de tempérance, soit on idolâtre l'artiste célèbre soit on le méprise à cause de son « non
succès ! » L'une et l'autre sont d'une bassesse d'esprit navrante. Ce que je préconise, c'est un regard de
mécène chrétien qui accompagne l'artiste dans son témoignage chrétien et sa mission universelle car
un artiste chrétien ne doit pas être original ou pour lui-même mais pour les autres, son art est
viscéralement altruiste et non individualiste.
C'est pour cela que c'est l'affaire de toute l'Eglise.
Voilà tout ce baratin pour aboutir à une chose aussi évidente que cela !
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi nous as-tu abandonnés ? »
Alors qu'arrive-t-il à notre Eglise, aux chrétiens, pourquoi tant d'indifférences envers le message
évangélique, pourquoi de moins en moins de gens viennent-ils à la messe, pourquoi si peu de vocation
sacerdotale ou diaconale, pourquoi tant d'indifférences entre les artistes chrétiens etc...? La liste serait trop
longue........quand je vois tant de forces contre l'Eglise et tant d'infidélités de la part de beaucoup de
chrétiens, tant de communautés repliées sur elles-mêmes, tant de mièvreries, d'hypocrisies, tant de délires
mystiques et dérives de toutes sortes, tant de tiédeurs, je serais tenté d'abandonner et de m’enfermer dans
ma tristesse, dans ma morosité ! Mais, me tournant vers Jésus, je Lui dis dans ma prière, « c’est ça Ton
Eglise ? Vois, ma propre misère, à quoi je pourrais Te servir ? » L'Église n'a pas besoin d'ennemis pour
l'anéantir, il y a assez de misérables chrétiens à l'intérieur pour faire ce sale boulot ! Mais le Seigneur
veille ! Jésus me souriant me répond sans hésitation « Oui, c'est mon Eglise, mon Épouse et bien plus ! Si tu
la trouves moche, alors embellis-la par ta vie, ta sainteté, elle en sera plus belle ! » A votre avis qu'est ce
que je Lui ai répondu ? « Bon ! D’accord mais avec Ton soutien ». « D'accord mais on ferra les choses à ma
manière !» me répondit-Il, en souriant ! « J'vous l'avez dit ce pauvre Carlito, vit dans un délire ! » « Bouh,
mauvaise langue ! »
Oui le Seigneur veille ! Malgré toutes ces imperfections, l'Eglise a traversée deux millénaires, c'est bien la
preuve qu'elle possède une force extraordinaire de vie impressionnante, qu'elle possède une dimension
vraiment universelle, catholique ! Alors les petits esprits qui voudraient la détruire ou la rabaisser par leurs
petites idéologies mesquines et animales, n'ont qu'à aller se « rhabiller » ! Les rois et les empereurs, les
mégalos et les dictateurs de toutes sortes, les dérives et les courants de pensées pernicieux, les hérétiques,
les traîtres, le péché des chrétiens etc...n'ont pas réussis à la détruire, ni même à l'affaiblir ! Par contre eux,
ont trépassés les uns après les autres et l'Eglise, elle, est toujours là avec son Pape et ses prêtres et ses
chrétiens, ses saintes et saints, ses grenouilles de bénitiers, ses sympathisants etc.... Ouah, rien que cela,
chapeau bas mesdames et messieurs ! Alors si le Mystère de l'Eglise produit en vous une « bouse
intellectuelle », je vous laisse vous en démerder ! Bien sûr soyez assurez de ma prière.
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Tout près de chez moi au sanctuaire de BETHARRAM, a vécu un prêtre saint Michel GARICOÏTS et sa
devise était « ME VOICI ! » A mon tour je le dis aussi « Me voici Seigneur pour faire Ta volonté ! » Cela
fait 20 années maintenant que je l'ai prononcé dans mon cœur et jamais je ne l'ai renié ou oublié.
Ainsi se résume ma pauvre et misérable vocation chrétienne et artistique.
Voilà vous savez tout, je suis devenu catholique par amour pour Jésus et de sa Sagesse, je fais partie de
votre bercail car Jésus se donne à l'humanité à travers l'Eglise à travers les chrétiens. Je ne recherche pas
votre sympathie et encore moins votre pitié mais la fraternité, une communion profonde au Nom de Jésus et
de Son Amour!
C'est pourquoi je ne considèrerai jamais l'Eglise comme un « club privé » ou une association de
1901 ou de 7577 mais une Assemblée de témoins de l'Amour de Dieu pour l'humanité.
C'est pourquoi, et ce n'est pas de la naïveté de ma part, je crois qu'au sein de l'Eglise, je trouverai assez de
frères et sœurs en Jésus-Christ pour que ensemble nous construisions ce projet de Fondation artistique pour
honorer le Beau Nom de Jésus sur notre terre. Il ne faut surtout pas voir ce projet comme une œuvre de
plus à créer mais un « plus être », une manière plus belle d'être présent à ce monde, afin d'atteindre
la plénitude de notre Témoignage ! Chacun à sa place, particulièrement dans les paroisses, peut contribuer
en devenant mécène certes, mais un aussi «acteur relais», un associé, un partenaire pour l'organisation
d'un concert par exemple. Donc cette Fondation n'apportera pas un élément de plus à la vie paroissiale mais
par son soutien, renforcera et donnera plus de cohérence à la manifestation d‘une culture chrétienne au
cœur de notre monde d'aujourd'hui. Puisque la paroisse est au cœur de la cité et de la vie des hommes,
donnons-lui les moyens d'œuvrer à l'élaboration d'une vraie « épiphanie artistique » en son sein. Vous
voyez c'est très simple, n'hésitez pas à prendre le temps de méditer sur ce que j’écris et ainsi vous me
connaîtrez mieux. Invitez-moi chez vous, dans votre paroisse pour un concert et un exposé de ce
projet, par exemple.
Je peux vous assurer que là où règne l’amour fraternel et une vraie beauté liturgique, nos âmes sont revi gorées malgré nous, nous pousse à nous porter mutuellement vers la joie et le don de soi. Oui l’amour fraternel et la beauté de la liturgie ne sont pas des attributs optionnels ou superflus mais bien les perles précieuses de toute communauté chrétienne digne de ce nom ! La tentation de l'artiste chrétien est non seulement celui de dévoyer son charisme en gloriole mais aussi d'abandonner ou de mettre son talent au service
d'autres œuvres que celles de Jésus-Christ, du Royaume de Dieu, prémices de la civilisation de l'Amour !
C'est pourquoi je serais toujours scandalisé de voir tant d'artistes chrétiens aujourd'hui, renfermés dans leur
« tour d'ivoire », entourés de leur « fan club » sans tenir compte de l'artiste chrétien qui est là et qui aurait
besoin de son soutien. Que le Seigneur me préserve de cette cécité ! QUELLE HORREUR !
Si l'Art chrétien est universel; c'est bien parce qu'il exprime la bonté universelle de Dieu à tout
homme et à toute l'humanité. C'est la raison pour laquelle, toute la communauté ecclésiale est appelée
à donner la place qui revient aux artistes chrétiens ! Il ne peut y avoir aucun doute là dessus !
Jésus a besoin de vous, les artistes ont besoin de vous !
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IV/ CŒUR et NOYAU DE LA FONDATION
Table
Jésus nous révèle la grande dignité à laquelle Dieu nous appelle et par là, au développement d’une culture
chrétienne adéquate, riche, belle et bienfaisante, en harmonie avec Sa Sagesse, en harmonie avec Son
Amour. Loin de moi cette culture qui idolâtre ses « ténors, ses virtuoses » et s'émeut devant des
beautés mondaines qui souvent met aux oubliettes la louange due à Dieu. Si un art n'a pas la bonne
odeur de Jésus-Christ, je reste totalement indifférent à ses charmes et m'en détourne aisément !
Le cœur de cette Fondation aura une communauté fraternelle de base constituée des mécènes, des
artistes, et de l’Église institutionnelle : Pape; Évêques, prêtres, diacres, religieux, aumôniers etc... Tous
les trois à leur manière constituent l’identité de la Fondation et son entité mécénique, contribuant
concrètement à ses œuvres dans une transparence la plus totale et respectueuse de la diversité de leur
vocation.
LES MÉCÈNES : traditionnellement, le mécène est une personne riche ou aisée qui prend en
charge un ou plusieurs artistes. Aujourd’hui nous avons le « mécénat d’entreprise »mais qui est
plus du sponsor que du mécénat et qui très souvent exclue totalement les œuvres à caractère
religieux, laïcité oblige, si ce n’est celles qui ont un but fondamentalement social ou caritatif.
Mais pour moi je verrais plutôt un mouvement de mécénat spécialement pour
l’Evangélisation par l'Art, dans son sens le plus profond : proclamer que Jésus-Christ est
vivant au milieu de nous et y déceler Sa Présence, en y discernant les semences du Verbe dans la
culture d’aujourd’hui. Je veux un mécénat chrétien pour soutenir les œuvres et la communauté
d'artistes de la Fondation, un mécénat mûr et conscient de la vocation artistique chrétienne.
Je voudrais inculquer chez les chrétiens le même esprit qui a toujours soutenu les artistes
durant des siècles, en devenant des « protecteurs », des mécènes pour les artistes chrétiens.
Mais le mécénat que je souhaite, est un mécénat conscient non seulement du talent de l'artiste
mais surtout protagoniste de l'Amour de Jésus et de Son Royaume, d'un Art consacré au
service de Dieu ! Et je doute fort que ce genre de mécénat existe dans les structures des
Fondations et du mécénat actuel, qu'il soit privé ou bien publique ou dans le mécénat
d'entreprise ? Le mécénat artistique existe toujours mais plus beaucoup et quasiment plus dans
l'Eglise catholique. C'est une véritable « hérésie culturelle » puisque durant des siècles,
l'Eglise a été la protagoniste du mécénat. Elle a toujours fourni des mécènes aux artistes
chrétiens. Que s'est-il passé ? Quelle est la cause réelle de ce désintérêt ? Oh, c'est un sujet
grave et très délicat, mais je dois le rappeler : sûrement un affadissement générale de notre
Foi, à une « mauvaise orientation pastorale » qui a fini par tarir la fontaine de grâce de l'Art.
Pendant que les païens et les incroyants ont une armée de mécènes, nous les artistes
chrétiens sommes en face d'un désert et d'une « maison » vide de mécènes. Mais où sont-ils
nos mécènes ? Pourquoi si peu d'intérêt pour l'Art chrétien et sa belle vocation ? N’est ce pas le
signe d’un repliement sur soi, d’une foi vécue seulement dans le privé ?
Je vais vous décrire l'état d'esprit où se trouve un artiste chrétien dans le contexte culturel
actuel dans ces extrêmes et incohérences. En Septembre 2007 à IBIZA dans une ancienne église
désaffectée, un artiste hollandais sculpteur contemporain fit une exposition de ses excréments, et
de toutes ces « choses artistiques » et j'en passe mais surtout il exposait une sculpture de notre
vénérable Pape Jean-Paul II se faisant sodomiser ! Quelle Horreur ! L'Évêque d'IBIZA a réagi
mais n'a rien pu faire si ce n'est, faire déplacer « l'œuvre » car la municipalité n'y trouvait rien à
redire ! Bien, moi je me dis « bon sens ces païens-là, ces mécréants ont trouvé les moyens pour
exposer leurs immondices et nous artistes chrétiens ne trouverions personne pour nous
soutenir ? » Quelle horreur aussi, vous ne trouvez pas ? J'oserais dire que notre péché est pire
que le leur car ces païens sont au moins cohérents avec leurs convictions, tandis que nous,
chrétiens, le sommes nous ? Répondons nous vraiment à notre belle, bonne et sainte vocation
chrétienne ? Ne sommes nous pas complices de cette sécularisation ambiante et omni présente ?
« Vous êtes le sel de la terre ! » Le croyons-nous vraiment ?
53
Il y a un mécénat pour la télévision catholique KTO et les radios diocésaines etc...allez un
petit effort pour le mécénat d'artistes chrétiens. Ne nous laissez pas pour des « laissés pour
compte » ou ces « ouvriers de la dernière heure », le Seigneur a besoin aussi des artisans de
la beauté, des artistes serviteurs de sa Sagesse.
Je voudrais un mécénat conscient de cette « communion » profonde qui existe entre tous
les disciples de Jésus-Christ, pour laquelle Il s'est incarnée ! Il ne s'est pas incarné pour
que nous ayons notre nom inscrit au registre du Baptême seulement, mais pour réaliser
avec nous Son Œuvre d'Amour pour toute l'humanité et pour chacun d'entre nous.
Conscient de mon identité baptismale, je sais qu’il y a assez de chrétiens aujourd’hui pour
relever ce défi, assez de chrétiens capables d'embrasser cet esprit de « protecteur », de mécène.
En me répétant : pour l’amour de Dieu et de Son Royaume, créer une Fondation artistique
chrétienne, défricher et affermir des lieux où des artistes pourront en toute liberté
exprimer leur foi à travers leurs œuvres, est une opportunité providentielle.
Créons une structure capable de les prendre en charge surtout ceux qui veulent mettre
leur talent au service de Dieu. Valorisons ainsi au cœur de l’Eglise, une véritable
« pastorale artistique » et que cet apostolat de l'Art soit enfin une réalité et non un vague
sentiment idéologique ou un rassemblement d'artistes nantis qui ont plus de souci pour
leurs affaires que de la Mission de l'Eglise !
Ainsi tous ceux qui se sentent concernés, ayant le souci du Royaume de Dieu et ayant même un
petit revenu peuvent devenir de véritables mécènes; acteurs de cette Fondation car donner 250
euros par an, est à la portée de beaucoup de portefeuilles, il suffit d’être convaincu de
l’opportunité d'une telle Fondation. C’est pourquoi tout le monde et ensemble, nous pouvons
devenir mécènes de ce projet et comme le dit ce petit adage « de petits ruisseaux faisant de
grands fleuves ».
La Fondation (ou L'Association Saint Louis-Marie) aura en son sein tout d'abord des
mécènes : l'on devient mécène en donnant au moins 300€/an ou 25€/mois en s'engageant pour
une durée minimum d'un an. Pour ceux qui ne peuvent pas donner cette somme mais qui
veulent être associer à ce projet en le faisant connaître et en nous aidant concrètement comme
l'organisation de concerts par exemple ou autre, seront nos « mécènes d'honneurs ». ils
recevront tous deux le bulletin d'information et de liaison. Enfin il y aura les collaborateurs et
les partenaires parmi les agents culturel qui aideront la Fondation dans ses œuvres : par
exemple ceux qui organiseront un concert dans leur paroisse ou qui mettront à disposition leur
compétence pour promouvoir les œuvres de la Fondation, comme un webmestre qui rendra
service sur Internet, un journaliste, un animateur radio etc...
LIBERTÉ VIS À VIS DE L'ARGENT.
Table
Permettez-moi de détrôner le mythe de l'argent qui ramollit le cœur de bien des chrétiens. Je voudrais
rappeler la mise en garde de Jésus sur l'attraction puissant, le souci ou l'amour des richesses sur nos âmes.
C'est un piège très subtil et sournois qui retient le cœur prisonnier par ses liens :
Matthieu 6 « 24 Nul ne peut servir deux maîtres: car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à
l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse. »
On ne peut être plus clair que cela, mais si quelqu'un n'est pas convaincu je l'invite à lire et méditer les
béatitudes et les « malheurtitudes » pour s'en convaincre, enfin il y aura toujours quelqu'un qui aura à redire
quelque chose: « Non, il faut l'interpréter comme ci, comme cela... » C'est ça, à d'autre ! Blablabla ! Jésus
est très clair ! Il nous exhorte à nous recentrer sur l'essentiel : Son Royaume, à élever nos cœurs vers les
biens qui ne périssent pas. Prenons garde que nos cœurs ne soient pas trop englués par ce fléau de l'amour
de l'argent qui nous fait oublier la sagesse et la supériorité de la divine Providence sur tous nos plans.
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Saint Louis-Marie a brassé et récolté beaucoup d'argent mais toujours il allait sans bourse et sans un
pécule sur lui, il mendiait tous les jours son pain et son gîte ! Alors beaucoup de ses confrères empotés dans
leurs suffisances, le traitaient de fou et d'hypocrite qui jouait au saint etc.... Ses détracteurs se trompaient bel
et bien ! Comme saint Dominique ou saint François, il avait mis son cœur dans les biens éternelles et
léger comme un oiseau, il volait très haut dans la Sagesse de son Seigneur, il avait découvert la « perle
précieuse » dont parle Jésus et avait tout donné pour ne posséder que celle-ci: l'Amour de Dieu brûlait dans
son cœur jour et nuit et le déversait sur son prochain particulièrement les gueux, les pauvres parmi les
pauvres. Il avait trouvé la vraie liberté ! Il contrariait et inversait les valeurs sociales établies par la
convenance naturelle, il considérait les pauvres et les miséreux comme ces « seigneurs » et les riches et les
repus, comme ces « fermiers et serviteurs. » Oh scandale irrévérencieux ! « Mais faites-le taire, bon sang ! »
« Trop tard, désolé! La Sainte Eglise catholique l'a canonisé et tant mieux, ne vous en déplaise ! »
La vie de ce saint est pour moi, une image du parfait disciple et serviteur de l'Amour de Jésus pour les
hommes, c'est la raison pour laquelle je l'ai choisi comme Patron secondaire de cette Fondation qui porte son
nom car le premier est le grand Saint Joseph, le père « adoptif » de Jésus et l'époux de Marie ! Oh quelle
vocation !
Demandons-lui et prions-le de nous donner les richesses de la pauvreté, la vraie liberté des enfants de
Dieu ! J'ai rencontré des riches qui avaient conscience de cette Sagesse évangélique et aussi de « faux
pauvres » qui avaient un amour coupable des richesses ! Comme quoi les apparences peuvent tromper !
Alors ne venez pas nous emm...oh pardon, nous embêter avec votre lutte bidon des classes, c'est une ânerie
absolue !
Maintenant j'invite les chrétiens à se décrisper concernant l'Argent et à trouver une vraie liberté par rapport
à lui. Jésus nous invite à nous détacher des biens de ce monde qui passe. Dès que l'on parle d'argent, il
s'installe comme une gêne et une crispation assez mesquine. Pourtant l'argent n'est qu'un moyen comme un
autre de communiquer entre nous et renforcer nos liens.
Ne tombons pas dans ce piège si facile de garder précieusement notre « fortune » seulement pour nous,
alors que le Seigneur nous commande de la gérer en vue de Son Royaume. N'oublions pas, que nous ne
possédons rien en propre en ce monde mais c'est Dieu qui nous a confié Ses biens. Alors c'est très
simple si nous avons beaucoup, il est normal que le Seigneur nous bouscule et nous sollicite à donner
surtout pour des œuvres qui construisent Son Royaume. Ne soyons pas de ces pauvres chrétiens qui,
lorsqu'on leur demande de l'argent, prennent un air presque vexé ou un air gêné, rougissants parfois comme
si on les avait déshabillés, de ces gens qui se vexent parce que l'on ose demander de l'argent ! Je les plains !
Préférons la liberté vis a vis de l'argent que cette mesquinerie peu vertueuse. C’est très clair, si la Sainte
Providence nous a comblés au delà de nos besoins, nous sommes dans le devoir de donner à celui qui nous
demande, surtout pour une juste cause. Si Elle nous a bien comblés, n'hésitons pas à donner, mais si nous
sommes peu fortunés, donnons ce que nous pouvons mais toujours dans la joie et une vraie charité
fraternelle. Jésus nous a prévenu de l'attrait puissant de celui-ci sur nos cœurs. Soyons donc libre vis à vis
de l'argent et joyeux de donner pour une œuvre qui sanctifie le Nom de Dieu, Notre Père à tous !
Dans un groupe de prière, de sympathiques chrétiens louaient et chantaient la gloire de Dieu, puis vient le
temps de la moisson, une des personnes Germaine, décéda. Elle eu de beaux obsèques. Les jours passèrent
mais une des personnes du groupe dit aux autres, une pensée qui la dérangeait profondément, éclata en
disant: « Quoi, notre sœur Germaine est partie vers le Seigneur en laissant derrière elle des millions
d’euros sur son compte bancaire ?» et là un silence profond se fit au milieu d’eux et commença à naître un
malaise profond. Un autre dit tout haut, « Je sais que Germaine était gentille, serviable mais pourquoi alors
donnait-elle peu de son argent ?» Un autre dit « Quand nous avions voulu faire une bonne œuvre pour le
Seigneur, pourquoi, donnait-elle si peu ? » Et voilà qu’ils se mirent à débattre sur les richesses, sur l’avoir
et ses pièges. «On ne peut servir Dieu et l’argent » nous a pourtant dit le Seigneur, nous mettant en garde.
Oh non cette bonne Germaine n’était pas mauvaise et j’espère que le Seigneur l'accueillit en Son Royaume.
Mais tout de même c’est lamentable tout cet argent resté là, dans l’ombre de son coffre car elle y avait
enfermé son cœur, ne s’était pas libérée des richesses de ce monde faute peut être, de ne pas avoir trouvé
une vraie et profonde fraternité au Nom de Jésus.
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DISTINCTION ENTRE UN PRODUCTEUR ET UN MÉCÈNE
Table
Une remarque me tient à cœur : Je voudrais vous montrer la distinction entre l'esprit d'un mécène et celui
d'un producteur. Sans trop caricaturer même si la réalité dépasse parfois mon propos.
Le producteur:
Le producteur investit son argent dans l'art pour en tirer un profit, le plus possible : les
conséquences pour l'artiste sont souvent désastreuses et le plongent dans une forme de « précarité
morale malheureuse », une sorte d’esclavage coupable. Car dès que l'artiste ne rapporte plus le profit
attendu, il est tout simplement abandonné ou mis à l'écart malgré son talent. Tant que l'artiste rapporte au
producteur beaucoup de profit, le producteur et l'artiste sont les « meilleurs amis » mais dès que la tendance
s'inverse, cela se passe de commentaire. Il en résulte souvent une culture vidée de sa substance, déviant
souvent l'esprit du public vers l'idolâtrie.
D'ailleurs il n'y a qu'à écouter leur langage, il parle de lui même: « T'as vu cet artiste a vendu plus de 50
000, 70 000, 1 000 000 d'albums, il remplit les églises, les stades etc.... » Langage qui montre bien où est
leur but et le pire c'est que le « public » est d'accord avec cette vue des choses puisque eux aussi rêvent au
mirage du capitalisme ! Oui, vous allez me dire, que je suis jaloux parce que j'ai raté ma vie d'artiste !
Eh bien non, vous vous mettez le doigt dans l'œil, bon l'image n'est pas joli mais bon ! Je loue le Seigneur
de la « sainte galère » que je vis au cœur de Son Eglise, je loue le Seigneur de m'avoir donné la force de
tenir le coup en face d'une réalité en apparence fataliste vis à vis des artistes chrétiens. Non je n'ai pas raté
ma vocation artistique car comment aurais-je pu comprendre tout le problème de la condition et de la
vocation artistique dans l'Eglise d'aujourd'hui ? Je plains tous ces « producteurs chrétiens » qui travaillent
pour l'Evangélisation sans comprendre le véritable sens de la vocation artistique chrétienne. Ils se trompent
bel et bien et trompent tout le monde car ce ne sont pas de producteurs que les artistes chrétiens ont
besoin mais de mécènes !
Ne baser la production artistique que sur le modèle capitaliste et un fond commercial qui soutient l'édifice,
est plus qu'insuffisant, voire nuisible parce qu'il n'est pas en phase avec la réalité de l'Art ! Faire de celui-ci
une valeur marchande, est vraiment un leurre. Les conséquences sont souvent injustes pour les artistes qui
en sont les premières victimes ! C'est une réalité que je trouve immorale et dégradante, C'est une réalité que
je trouve immorale et dégradante, une injure à la sainte Providence. Les producteurs sont en majorité
coupables de ce marasme culturel actuel, une culture populiste écrasante et souvent de mauvais goût : une
industrie culturelle où le conformisme est souvent de rigueur ! Cela aboutit à une sous culture oppressante
où l’argent est Roi et si l'artiste ne satisfait pas ce monarque, il est jeté hors de son royaume ! Alors j'invite
tout simplement les producteurs chrétiens à se convertir et de faire de leurs sociétés ou entreprises, une
œuvre plus évangélique, plus au service de l'Evangélisation ! J’invite les producteurs chrétiens a devenir
plus des mécènes que des agents commerciaux ! Focalisons-nous sur le réel talent de l’artiste et de la
sainteté de son œuvre et non sur le potentiel commercial.
« Allez des noms, des noms... » « Mais non bon sens ! Cela devient énervant à la longue ! »
Le plus comique ou tragique dans tout cela c'est que la perspective de la Fondation Saint Louis-Marie est
plus productive commercialement parlant mais surtout dans le domaine artistique ! Car comme l'a dit notre
divin Sauveur: « Chercher d'abord le Royaume des Cieux et tout le reste vous sera donné par surcroît ! » Ce
que je reproche à ces producteurs, c'est leur manque de courage et de sainteté dans leurs entreprises, ils
n'agissent que comme des opportunistes suivant les goûts et les tendances, alors que l'Art est au service de
l'être. Je trouve que d'asseoir une entreprise dédiée à l'Evangélisation, trop sur le critère « marketing » est
trompeur et sournoisement faux ! On se trompe et on trompe les autres ! Réfléchissons sérieusement, ne
serait -il tout simplement pas un « manque de Foi » en la Sagesse et la Parole de Jésus ? Un manque certain
de confiance en la fraternité chrétienne. « Oh ça va, c'était juste une question, pas besoin de s'énerver ! »
56
On m'a déjà dit: « Enfin tu es trop idéaliste, on ne nuit pas à l'Evangile en faisant des affaires ! » Justement
il est là le problème, tous ces producteurs catholiques tout en faisant leurs affaires, nous font croire qu'ils
travaillent pour répandre l'Evangile mais n'y a t-il pas un risque à un certain moment, de placer les affaires
au-dessus de celui-ci ? C'est si facile d'afficher l'étiquette catholique quand les affaires vont bon train. Et ce
n'est pas être scrupuleux que de se poser vraiment la question. Car j'ai rencontré tellement de personnes
engagées dans leur entreprise d'évangélisation mais dont l'esprit des affaires passait avant tout et quand
gentiment je le leur faisais remarquer, ils me disaient que j'étais trop idéaliste ! Ben, voyons !
Mais, je voudrais le contraire, d'abords qu'en allant les trouver, je rencontre des disciples de Jésus-Christ
heureux d'accueillir ce que le Seigneur accompli chez d'autres chrétiens. Plus tôt que de me laisser sur le
seuil de leur porte et content de s'être débarrassé de moi quand la porte s'est refermée ! Un jour je suis monté
à Paris, non je ne vous dirais pas de nom, j'ai osé insisté de manière correcte afin d'avoir un « vis à vis »
pour proposer ma collaboration en tant qu'artiste, c'est tout juste s'il ne m'ont pas mis à la porte car ils me
trouvaient effronté d'insister. Alors qu'ils avaient été très clairs, ils ne voulaient rien savoir de ma proposition
et que de toute façon, ici à Paris, ils avaient les meilleurs artistes; les plus grandes stars du monde artistique
donc qu'ils n'avaient absolument pas besoin de moi ! Mais j'ai réussi à leur dire, peut-être avaient ils tout
cela mais ils n'avaient pas Carlito car ce que je fais, Mozart ou Tartempion ne l'ont pas fait !
Je leur ai dit que chaque artiste avait son originalité et qu'il fallait l'honorer non sur son succès ou son grand
génie mais sur son réel talent. Malheureusement, ils n'avaient rien compris, ils étaient trop enfermés en euxmêmes ! « Que le Seigneur me préserve de cet mentalité ! »
« Des noms, des noms ! » « Ah bon sens vous me fatiguez avec votre curiosité mal placée ! » La seule
chose que je peux vous dire c'est que le principal interlocuteur était un prêtre haut placé dans la hiérarchie !
Cela promet pour la suite ! Quel dommage !
Il faut leur faire comprendre à tous ces producteurs chrétiens que le succès d'un artiste est aléatoire et très
fluctuant. Le problème du succès est très complexe mais ne peut se résumer ainsi: « celui-là a plus de talent
que l'autre parce qu'il brille plus ou vend plus d'albums etc...! » Non ! Il faut prendre le problème à la racine,
discerner quel réel talent possède l'artiste et trouver l'accès à son public car chacun possède son originalité
propre. Seule une structure basée sur l'esprit du mécénat chrétien est légitime, non seulement il respecte
l'artiste mais est capable de trouver comment présenter et exposer le talent de tel l'artiste pour qu'il porte de
bon fruits qui plaira à Dieu et aux hommes ! Le problème se trouve en amont et en aval du talent de
l'artiste, dans la manière de l'accueillir : en amont ce sera le regard du mécène qui va le prendre en
charge pour qu'il se prépare et aiguise au mieux son talent, en créant de belles œuvres; et en aval sur
les lieux de sa prestation, c'est à dire dans les paroisses, dans la manière de l'intégrer dans la
pastorale. Donc la qualité de la préparation artistique de l'artiste et l'accueil du curé, de la
communauté paroissiale sont très importantes et fondamentaux pour un vrai succès. Même s'il n'y a
pas un grand et euphorique succès, cela n'enlève rien à la légitimité de la prestation car le succès n'est
pas à rechercher pour lui-même. En règle générale les « affaires de Dieu » ne sont pas à se qualifier
sur les critères commerciaux ou de rentabilité mais tout en recherchant une légitime « efficacité »,
elles relèvent de l'ordre du « Royaume de Dieu », de l'eschatologie, « qui sème dans les larmes,
moissonne en chantant ! »
Cette Fondation « Saint Louis-Marie » aura donc pour mission d'abords de jouer son rôle de mécène
auprès de l'artiste en l'aidant à créer et proposer de beaux spectacles. Puis elle aura à soutenir et
veiller que tout soit bien organisé pour un bon accueil de l'artiste et de l'évènement artistique dans le
lieu de la prestation.
57
Le mécène
Table
Le mécène, au contraire aime le bel Art et par conséquent aime, respecte profondément le talent de
l'artiste et offre son argent pour promouvoir celui-ci de manière désintéressée. Parce que le vrai mécène
connaît la valeur de la beauté artistique, offre à tout homme la chance de côtoyer ses bienfaits.. En ce sens le
mécène accomplit la volonté de Dieu et collabore avec Lui pour manifester la Beauté éternelle qui
édifie les âmes dans la paix et la joie. Il en résulte une culture riche qui embellit le cœur de l'homme et
réjouit celui des anges. C'est une réalité qui est en harmonie avec la réalité de l’Art et avec la divine
Providence. Cela a aboutit à une haute et riche culture, dite « classique » qui a façonné notre culture
Occidentale de manière extraordinaire.
Je me suis épuisé à rencontrer les quelques « producteurs » catholiques parisiens pour trouver auprès d'eux
soutien et compréhension. Ce fut une grande désillusion et déception profonde, c'est ce qui m'a motivé à
réagir dans l'amour de Dieu. J'ai aussi rencontré des chrétiens nantis qui voulaient « m'aider » mais étaient
incapables de respecter mon intuition et inspiration pour cette Fondation artistique. Saint Louis-Marie m'a
appris une chose fondamentale, c'est que si une personne ne veut pas t'aider par amour de Jésus-Christ alors
il vaut mieux décliner son aide si elle n'est pas fondée en Lui. Car si au Nom de Jésus cela ne lui suffit pas
c'est que son cœur n'est pas mu par l'Esprit-Saint qui veut que l'on aime son prochain de manière
« catholique », universelle, désintéressée. Si son aide procède d'un autre intérêt, sa collaboration avec toi,
sera rempli d'ambiguïtés sournoises et de mesquineries incessantes qui n'aboutira pas à une saine fraternité
chrétienne. Il faut se méfier donc de ces « producteurs » chrétiens qui accepteraient de nous aider mais qui
par leur idéologie insensée ou leur incompétence, dénatureraient la vocation artistique chrétienne à laquelle
l'artiste chrétien est appelé. Je crois le dire avec raison et objectivité, beaucoup ont troqué le souci de
faire grandir le Royaume de Dieu par celui de leurs affaires, certainement. Quel dommage !
Certains me l'ont dit clairement : « Tu comprends, on a des employés à faire vivre aussi! », « il faut faire
tourner la boutique ! » etc....Tout cela est légitime certes mais que l'on ne s'arroge pas le droit de dire que
c'est une entreprise évangélique, car on se trompe de perspective. Ils ne peuvent donc avoir ce regard
catholique, capable d'intégrer l'autre dans son « entreprise », tellement ils sont guindés, empêtrés,
compassés dans leur idéologie ou le souci des affaires.
Certains « artistes chrétiens se sont regroupés pour se rencontrer et collaborer entre eux, ils appellent cela
« la Famille ». Je constate facilement que ceux qui collaborent ensemble, sont ceux qui brillent le plus au
sein de l'Eglise, ceux qui vendent le plus d'albums. Quand à ceux qui ont du mal à percer, c'est curieux, ne
rentrent pas dans cette collaboration, curieux quand même, non ? Mais non, ne soyons pas méchants ! Enfin,
j'ai rencontré quelques uns de ces grands artistes troubadour du Seigneur, pensant naïvement qu'un jour on
m'inviterait à faire parti de cette grande « Famille » des troubadours de l'Evangile mais je dois avoir une
odeur qui pu à leur goût, qui ne rentre pas dans leur critère familial ! Mince quel dommage ! Pour qui ?
Certainement pour eux ! Je leur en ai voulu longtemps mais le Seigneur a transformé cette blessure en
bénédictions. Quelle chance ! Merci Seigneur ! J'en ai plus que marre de leur indifférence fraternelle
inconséquente, marre de leur condescendance hypocrite et de leur comportement hautain qui n'a jamais
abouti à une vraie relation fraternelle, qui n'a jamais abouti à une relation tout court.
Il y a même eu un jour, un Évêque qui m'a pris dans ses bras pour me consoler et m'a dit: « Le Seigneur
t'aime ! » j'avais envie de lui dire et « toi m'aimes-tu au Nom de Jésus ? » Alors je lui ai demandé de
m'aider, il m'a répondu qu'il ne pouvait rien faire pour moi, qu'il fallait que je voie avec les curés, bref, il
s'en foutait complet ! C'est facile de proclamer l'Evangile mais c'est autre chose que de le vivre réellement,
je le dis aussi pour moi car c'est le grand défi de tout chrétien. C'est pourquoi nous devons être très vigilants
et très humbles devant la Mission qui nous incombe mais surtout sans fausse retenue.
Pour moi, il est donc évident et urgent d'inculquer chez les chrétiens, l'esprit du mécène, de leur
faire comprendre qu'il est beaucoup plus adéquat pour la culture chrétienne. Sans idéaliser, je crois
profondément que c'est l'unique manière d'aborder le sens d'une véritable culture. Le commerce, oui,
mais à sa juste place. Le souci du Royaume avant le souci des affaires.
58
Car si un artiste chrétien ne peut et ne doit exister qu'à travers ses profits, c'est qu'il ne se situe plus dans une
optique ecclésiale : soit par mégalomanie ou par l'inconscience des chrétiens qui ne sont plus capables de
l'accueillir dans l'Eglise et l’obligent ainsi à se retrancher vers le seul schéma capitaliste et le « clubisme »,
permettez-moi l’expression. Chacun est obligé de se retrancher vers « le chacun pour soi » en introduisant
forcément la notion de concurrence. Alors que le mécénat préserve et fait grandir la communion entre
les chrétiens et renforce le témoignage d'une vraie communauté ecclésiale.
Posons-nous la question et sans crainte de me répéter: cette incapacité des chrétiens à créer une
structure artistique provient-elle d'une « paralysie culturelle » due à des courants rétifs à notre
propre histoire ou est ce que, tellement repliés sur eux-mêmes, les chrétiens ne sont même plus
capables d'avoir des projets artistiques, manquant d'audace pour construire le Royaume de Dieu
etc...? La gravité de cette réflexion, renvoie chacun à sa propre relation avec le Christ: suis-je chrétien pour
vivre ma petite foi, pour mon propre bonheur ou bien pour moi et les autres, ou seulement pour ma
communauté ou mon association ou mon mouvement ? Entrons dans une Foi mûre et solide : une Foi
ecclésiale ! A l’image de ces cathédrales où jusqu’à l’extérieur, l’Art a laissé dégouliner une avalanche
d'œuvres qui interpellent le passant extérieur, et témoignent d’une grande créativité, intériorité du génie de
la Foi.
L’artiste aujourd’hui livré à lui-même ou dans les mains d’un producteur, aura tendance à se refermer sur
lui-même et sur ses acquis commerciaux. Il n’aura pas la liberté lorsqu’il rencontrera un autre artiste comme
lui, de nouer un lien fraternel sauf si celui-ci possède son propre créneau, sa propre réussite mais si cet
artiste rencontré est pauvre, a des difficultés, bonjour la relation, il s’éloignera de lui mais surtout l’ignorera
« en changeant de trottoir » quand ce n’est pas des reproches qu’il lui fera. Les artistes qui ont « réussis »
dans l’Eglise aujourd'hui, souvent s’enferment dans leur créneau de peur de perdre à l’échange, cela crée en
eux comme un trouble qu’ils ne parviennent pas à surmonter. Il en résulte une relation fraternelle
complètement nulle ou sclérosée.
Tandis que dans le contexte d’un vrai mécénat chrétien, l’artiste n’a aucun souci commercial à promouvoir
ou de créneau à défendre puisqu’il n’est porté que par le souci de créer de belles œuvres pour la gloire de
Dieu et le salut du monde. C’est la raison pour laquelle la Fondation « Saint Louis-Marie » veut réunir en
son sein des mécènes chrétiens pour la Mission. Ainsi pouvoir donner au monde un témoignage de notre
fraternité au Nom de Jésus.
Malheureusement aujourd'hui les artistes chrétiens sont souvent seuls devant leur vocation
et les obstacles de toutes sortes les accablent.
QUEL DOMMAGE !!!
IL FAUT QUE CELA CHANGE !!!
C'est la raison pour laquelle je vous invite à devenir mécène chrétien, à une ouverture d'esprit vraiment
catholique. Je vous invite à devenir mécène non pas d'un artiste mais d'un projet artistique chrétien et ainsi
nous dépasseront tout particularisme qui est contraire à l'Amour universelle, catholique, de Dieu ! En d'autre
termes: j'aide un tel parce qu'il me plait, bien, mais surtout pas « cet artiste je ne veux pas l'aider parce que
je n'aime pas ce qu'il fait, il n'est pas à mon goût. » Je vous invite à être des mécènes chrétiens mûrs et
conscients de la Mission !
59
Table
LES ARTISTES: l'artiste chrétien n'est pas celui qui créé des œuvres chrétiennes mais, est
avant tout, un disciple de Jésus-Christ. Car pour Dieu, il importe plus que l'artiste soit
chrétien que ses œuvres.
Être artiste en soi est très difficile, fruit d’un long processus, car la personne est comme
« obsédée », « possédée » par son besoin de créer, alors quand les affaires vont bon train, c’est
rassurant pour l’entourage mais très souvent cela n’est pas le cas. De plus confronté à une
certaine vision élitiste de l’Art, l’artiste est comme obligée de devenir un génie ou un être
exceptionnel, sinon il est tout simplement banni du soutien admiratif des hommes. Il faut réfuter
et condamner cette vision mondaine trop simpliste de l’artiste. Je vous demande de dépasser vos
susceptibilités personnels face à mes critiques et de vous concentrer sur l’enjeu de la vocation
artistique chrétienne, car elle est « comme en danger », sclérosée par un monde trop
sécularisé qui influence trop l’esprit et la pensée de beaucoup de chrétiens. Mais surtout
c’est un réel manque pour la « proclamation de l’Evangile et une infidélité à la divine
Providence » qui a tracé la route à suivre concernant l’Art et la Foi durant des siècles.
Les artistes chrétiens aussi, doivent être mécènes, en acquérir l'esprit en prenant sous son
compagnonnage d'autres artistes. En plus d'apporter la matière première à cette grande
entreprise, en fournissant des œuvres et la conception des concerts et spectacles, diffusent leurs
œuvres, et s'engagent dans la Mission. Ils mettront tout leur talent pour servir la gloire de Dieu
et honorer Son Nom parmi les hommes. Le contenu des œuvres peut être religieux ou bien
profane qui amènent les hommes au seuil de la foi.
Comme je l’ai dit, il n’y a pas d’opposition entre le sacré et le profane, s’ils sont mus par la
même Sagesse divine. Cela découle du bon sens, le sacré et le profane sont complémentaires,
ou bien de manière opiniâtre et idéologique, on peut les opposer et créer des tensions culturelles
inutiles et nuisibles à l’un comme à l’autre. Donc pas d’opposition mais une saine et mûre
distinction. Les artistes du sacré ne doivent pas nier l’importance de l’art profane et tous ses
bienfaits, car la diffusion de l’Evangile ne se fait pas exclusivement par eux. De même les
artistes de l’art profane ne doivent pas mépriser, ignorer ou créer des cloisons entre eux et les
artistes du sacré.
Nous devons œuvrer pour une saine et bonne collaboration.
Tous les chrétiens devraient se mobiliser pour les artistes et leur créer un espace adéquat
au sein de l'Eglise. Ce n'est pas aux artistes seuls d'endosser toute la responsabilité de
l'aménagement de cet espace, comme ce n'est pas non plus aux curés et aux paroisses de le faire.
J’entends par « espace » toute la logistique pour accueillir comme il se doit des artistes et leur
prestation: l’accueil, la publicité, l’organisation et les divers frais.
C'est pour quoi nous, artistes chrétiens, avons besoin d'une structure, d'une Fondation
pour nous intégrer dans la pastorale de l'Eglise afin que notre voix soit claire, belle et
surtout libre ! Sans elle nous ne pouvons pas faire grand chose. « Pauvres de nous ! »
TENTATION DE L'ARTISTE
La tentation la plus grave de l'artiste chrétien, est celle de « dénaturer », dévoyer sa vocation
artistique en faisant une mascarade ou parodie de l'Art chrétien et c'est valable pour tout chrétien
d'ailleurs. L'artiste chrétien doit se poser la question, est ce que je suis vraiment au service
de la Sagesse évangélique ou bien est ce que je me fais plaisir à faire du chrétien parce qu'il
y a un créneau à prendre? Enfin c'est très subtil mais il faut se la poser tout de même, car
beaucoup de comportements de la part de chrétiens relèveraient de cette supercherie. « Ma main
à couper ! Non ça va pas, je suis guitariste, alors il faudrait couper autre chose ! »
60
Table
Je plains tous ces artistes enfermés en eux-mêmes par un système qui les sur valorise et les
place comme des dieux ou demi-dieu, faisant le jeu de leur propre idolâtrie. Quel gâchis !
Même chez des artistes chrétiens la tentation est grande de se croire grands et bons quand le
succès les submerge. Ou d'autres enfermés dans leur « tour imprenable et intouchable » sont
incapables de partager leur expérience avec d'autres artistes qui auraient besoin d'eux. Et au lieu
d'être féconds, de « surabonder »dans leur mission, au delà de leur propre réussite, préfèrent
créer leur propre club et s’auto glorifier entre amis. Quel gâchis ! Je ne leur en veux pas trop
mais je ne les envie pas non plus. Bien sûr je ne citerai aucun nom par charité, mais je tiens à
leur dire que aussi belle, riche soit leurs œuvres, l'artiste ne doit jamais oublier que l'œuvre réelle
qu'il est en train de réaliser, se trouve à l'intérieur de lui-même : sa propre sanctification; son
véritable chef d'œuvre créé en collaboration étroite avec son Créateur. Car ses propres créations
ne lui seront en rien utiles s'il néglige ce travail intérieur fondamental.
Le pire destin d'un artiste chrétien n'est pas son « insuccès » car il peut s'en accommoder
mais sa propre glorification en envoyant aux oubliettes la louange due à Dieu Seul ! Ce
n'est pas de créer de belles œuvres qui sanctifie mais la charité avec laquelle l'artiste les
aura façonnées. Toute œuvre aussi sublime soit-elle, si elle n'émane pas de la Charité ou
imbibée de son odeur, est comme un bouquet de fleur en plastique qui n'a aucun charme naturel,
aucune odeur agréable devant Dieu.
J'aimerais dénoncer aussi cette vénération mondaine du génie artistique qui en soi n'a aucun
sens devant Dieu s'il n'est pas accompagné des vertus qui glorifient la Sagesse évangélique. C'est
pourquoi, il faut que le vrai artiste apprenne le mépris de la vénération de son public, non par
fausse modestie mais par prudence et sagesse. Je respecte profondément le génie de tel artiste
mais si c'est pour me rappeler que moi je suis nul à côté, cela est très con et imbécile car ce n'est
pas vrai !
Autre chose : Lorsque j'étais dans le besoin, j'ai demandé à plus d'une vingtaine d'artistes
chrétiens de m'aider. Seulement six m'ont répondu avec plus ou moins d'amabilité mais
seulement un m'a vraiment aidé. Est-ce normal ? Je ne crois pas. Pire un m'a répondu que j'étais
dans l'illusion et que j'étais trop idéaliste, que même dans l'Eglise c'était chacun pour soi ! Que
c'était la réalité, et qu'il fallait que j'arrête de rêver et blablabla et blablabla etc...
« Mais enfin cela fait 20 ans que tu chantes dans l'Eglise, tu devrais le savoir mieux que
personne », l'un m'a dit ! Oui c'est vrai, mais je ne veux pas m'arrêter à cela! Et de toute manière,
malgré les apparences, l'amour fraternel au Nom de Jésus, est plus qu'un simple sentiment, c'est
une vocation à participer à la plénitude de l'Amour de Dieu pour le monde: c'est un
commandement ! Quoi d'étonnant qu'il soit crucifiant, donc pascal menant jusqu'à la lumière de
la Résurrection. Alors gardons nos cœurs dans la paix et soyons heureux « béatitudiennement »,
selon les vertus des béatitudes. « Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés! » Je
crois en ta Parole, Seigneur ! « Mais très curieux, ton bonheur ? Oh ça va, je rigole !?! »
« L'indifférence des frères et sœurs en Jésus-Christ te fait mal et te fait pleurer ? Et bien soit,
pleure, mais ne permets pas que ton cœur se refroidisse ! » C'est ce qu'a expérimenté saint
François, la joie parfaite, non ? Bon Dieu, quelle joie exquise !?!
Le signe d'une bonne collaboration entre la grâce et le travail artistique, est la fécondité,
la charité d'une communauté artistique qui sait transmettre cette expérience spirituelle et
mystique en la partageant à d'autres artistes émergents, dans la joie et heureux de
travailler ensembles.
61
Je le répète, il est hors de question qu'un artiste chrétien ou une œuvre chrétienne puisse
heurter, elle peut interpeller, interroger mais jamais, blesser la Foi de l'Eglise ou oublier le devoir
de charité et diminuer ainsi l'Espérance dans le cœur des hommes. Jean Paul II écrit : « une foi
qui ne devient pas culture... » Pour qu'elle devienne culture, cela veut dire que par notre foi,
nous devons être capable de proposer une « épiphanie artistique » que chacun pourra
s'approprier, déchiffrer et en contempler les merveilles, merveilles du trésor évangélique et
s'en enrichir. L'Art est donc un support excellent pour proposer, exposer notre foi aux quatre
coins du monde et dans tous les milieux.
Une des règles importantes que je voudrais inculquer à cette Fondation et que les artistes
devraient tenir compte, est la suivante : une œuvre artistique ne cherchera pas à être
absolument trop originale, sous peine d’être trop élitiste, déconnectée du « bon goût
populaire », et finalement d'être indéchiffrable et incomprise. Ou bien le contraire, une
œuvre artistique ne cherchera pas à être à tout prix à la mode pour plaire à un large
public, sous peine de tomber dans un conformisme artistique décevant et desséchant. C'est
un équilibre à chercher constamment.
Un artiste ne devrait jamais se satisfaire de la médiocrité, de la mièvrerie, du simplisme, du
conformisme, en tombant dans une uniformité décevante dans la création ou dans la
manifestation de son œuvre. Hélas je le vois trop souvent chez les artistes chrétiens. « J'ai
fait cela pour l'alimentaire », jamais un artiste chrétien ne devrait avoir à prononcer cette
phrase, sous peine de falsifier sa vocation et de rabaisser son talent à ces contre valeurs.
C'est bien le signe et le cri d'une grande précarité mais en même temps un appel à toute la
communauté chrétienne. Au contraire, soutenu par celle-ci, il devra rechercher et
manifester le plus possible, la plénitude artistique dans son œuvre. Pour cela la Fondation
devra lui fournir tout ce dont il a besoin pour atteindre ce but.
En fait il faut séparer la motivation de la création d'une œuvre, de son potentiel commercial.
Car promouvoir seulement les artistes qui « marchent », les « vedettes ou stars », est signe d'un
opportunisme évident qui à la longue, ne produira qu'un marasme culturel desséchant et
profondément décevant, mais surtout plongera des générations entières vers une désespérance
déprimante. On tombe très vite dans une culture « élitiste » mondaine avec ses réflexes
mondains et mesquins, non conforme à l'esprit de l'Evangile, non conforme à un esprit de
communion et de charité fraternelle. Il ne manquerait plus que cela à ces artistes chrétiens repus
par leur succès, jouissant d'une notoriété et se comporteraient comme des intouchables, des
individualistes finis. Ces artistes là sont vraiment de scélérats chrétiens qui n'honorent pas le
beau Nom de Jésus tout sublime soit leur œuvre ! Soit l'artiste chrétien est au service et soumis à
l'Amour de Dieu soit il sacrifie son talent au « veau d'or » !
NON, NON et NON !
Un artiste ne se mesure pas au potentiel commercial de ses œuvres,
mais à la véritable richesse artistique et spirituelle,
au potentiel culturel de son talent et de son œuvre.
L'artiste chrétien est comme saint jean Baptiste: « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le
péché du monde », il annonce Celui qui est là, au milieu des siens même si beaucoup ne Le
connaissent pas. L'Art chrétien doit aider à révéler cette présence de Jésus, cachée mais
réelle qui doit se manifester entre nous en d'innombrables gestes de fraternité et
d'attentions mutuelles. Car si notre appartenance à l'Eglise ne manifeste pas l'amour de
Dieu pour le monde c'est que notre Foi est fade, vaine, hypocrite et creuse sans grâce ni
légitimité. C'est pourquoi, le vrai artiste devant Dieu, n'est pas celui qui brillera par son
génie mais celui qui aura de la fécondité dans l'amitié avec les autres artistes. Il ne peut se
soustraire, à la recherche et la fidélité de son attachement à Jésus dans la communion avec
tous ses frères au delà tout attachement personnel ou particularisme! L'Art sans l'Amour
est fade, sans lumière, il n'est ni beau, ni bon, il trahie sa source, le beau visage de Dieu, la
bonté inouïe de la Très Sainte Trinité !
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L'esprit du mécène chrétien est gardien de cet esprit, oh ! J'avais oublié qu'aujourd'hui on dit
« éthique », donc gardien de l'éthique artistique et culturelle mais une morale fondée dans
l'Amour de Dieu et non dans nos idéologies belliqueuses et mesquines qui trop souvent manque
de saveur évangélique !
C'est pourquoi il ne faut jamais mépriser ou négliger l'accueil que nous devons avoir envers un
artiste chrétien particulièrement. Si Dieu l'a doté d'un vrai talent, il revient à la communauté
chrétienne de l'accueillir et de le promouvoir. Sans cela, c'est un manque regrettable pour
l'édification du Royaume de Dieu parmi les hommes et un réel désintérêt et mépris de la Sainte
Providence, qui veut que chacun puisse prendre sa place dans l'Evangélisation.
Ne nous trompons pas de but, c’est bien celui d’aider des artistes chrétiens talentueux et
non le potentiel commercial de cette entreprise. Car tout doit être basé sur l'esprit du
mécénat et la communion fraternelle : celui qui « réussit » aide celui qui « marche moins
bien » etc. Car tout artiste a droit à son « public ». Il y a des artistes qui se produisent
devant de grandes scènes, devant des milliers de personnes et d'autres dans de petites
salles de concert mais pour Jésus c'est le même intérêt et la même attention qu'on doit leur
porter. Le succès devant un large public n'est absolument pas un critère de réussite sous
l'angle de la grâce prophétique de l'artiste chrétien !
L'artiste chrétien doit bien se préparer et affûter son talent pour proclamer les merveilles
de Dieu à travers son art. Mais il revient à la communauté chrétienne tout entière de
l'accueillir et de le proposer au monde !
Table
L'ÉGLISE : Quand on voit l’histoire de la musique particulièrement, il serait
arbitraire et dommageable pour la culture d’aujourd’hui d’occulter l’influence évidente de
l’Eglise, des chrétiens, dans le développement de l'Art durant ces 20 derniers siècles.
Il est évident que le lien avec l'Eglise est plus que indispensable, il est vital. Cela n’est pas une
simple option ou un privilège, mais une réalité évidente. Car pour Jésus-Christ, l’Eglise est Son
Œuvre et son but est de rassembler tous les enfants de Dieu en elle. Si pour les autres c'est moins
évident, en revanche pour les chrétiens, c’est une vérité, une nécessité car l’Église est la
dispensatrice de la grâce qui s’est manifestée depuis l’Avènement du Christ sur la terre. Qui
écarte l’Eglise de ses projets d’évangélisation est un insensé et un fou qui n’a rien compris
à Jésus et est aveuglé par un autre esprit que le Sien. Car comme l’a si bien dit sainte Jeanne
d’Arc : « M'est avis que Le Christ et l’Eglise, c’est tout un ». Même si au sein de celle-ci,
existent des tensions et des contre témoignages abondants, cela hélas, est chose normale car faite
d'hommes et de femmes pécheurs. Donc rien d’étonnant ! Ce scandaliser de cela est insensé !
Mais pour autant il ne faut pas la rejeter car en son sein résident aussi des hommes, des femmes
de bonne volonté et des saints qui font la gloire de cette Assemblée de témoins. Quoi d’étonnant
de trouver en son sein beaucoup de pécheurs, le scandale du péché, puisque le rôle fondamental
du Christ est d’ôter le péché du monde et de nous en guérir ! Alors ne soyons pas manichéens,
l’Eglise n’est pas toute noire ou toute blanche, mais en vérité nous proclamons sa Sainteté et son
Unité malgré les ravages du péché des chrétiens car sa fondation est centrée sur le Christ Luimême et sur l’action de l’Esprit Saint et nous appellent à glorifier Dieu, Notre Père, en nous
entraimant !
Je voudrais dénoncer un esprit chez beaucoup de pasteurs, qui me laisse très perplexe. Pris par
un certain souci d'ouverture au monde, ils font beaucoup appellent à des artistes qui ne sont pas
particulièrement chrétiens, c'est une chose bonne et juste en soi. Mais dans le contexte actuel des
choses et vu la grande précarité des artistes chrétiens, ne serait-il pas plus évangélique, plus
logique d'aider d'abords ceux qui sont du bercail ?
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Je dirais même que chez certains pasteurs, ils préfèreront aller vers les artistes incroyants, c'est
leur droit mais je pense tout simplement qu'ils se sont fait avoir par l'idéologie ambiante, pour
montrer aux autres qu'ils ne font pas du « communautarisme »dans l'Eglise ! Bouh, quel vilain
mot ! Mais qui est l'imbécile qui l'a inventé ?
Je crois que l'on a trop introduit dans la Pastorale en générale des aspects idéologiques
contraires à l'Esprit évangélique, qui dispersent et troublent les esprits. Au lieu de favoriser une
pastorale qui enracine dans la Foi reçue des Apôtres qui fait augmenter la vertu théologale de la
Foi, contribue au contraire à la sécularisation ambiante. En voulant trop se « rapprocher du
monde », on en a oublié notre identité profonde, nous sommes disciples de Jésus-Christ, porteur
d'une Sagesse qui ne vient pas de ce monde mais de Dieu Lui-même ! Mais en même temps on
doit être capable de rejoindre ce monde sur de bonnes valeurs.
Nous ne sommes pas des hommes et des femmes comme les autres, nous avons une
mission particulière à assumer en tant que disciples de Jésus-Christ. Oh j'entends les esprits
scandalisés par cette « prétention » mais je leur réponds que nous ne sommes pas non plus pour
autant des êtres supérieurs mais des serviteurs de cette Sagesse, de cette « Vérité ». Le Verbe de
Dieu s'est incarné pour nous communiquer cette Sagesse qui est porteur de valeurs éternelles,
impérissables et inéchangeables ou inaliénables comme la dignité de chaque être humain, la
conscience de lutter pour la Vie et lutter contre toute forme de mal etc... « Vous êtes le sel de la
terre ! Vous êtes la lumière du monde !» nous dit Jésus ! Qui oserait Le contredire ?
En avons-nous conscience ? Peut-être pas tous, mais cette Sagesse incombe à tous les chrétiens
sans exception de Témoigner pour ou contre sa venue dans notre monde d'hommes et de femmes
appelés à la découvrir et y fondée toute notre vie ! La fécondité de notre vocation chrétienne
dépend de notre relation personnelle à Jésus et par Lui à la Sainte Trinité ! C'est cette vocation
chrétienne qui est supérieure et bien plus grande que celle de saint Jean-Baptiste ou que Moïse et
tous les prophètes réunis ! Si l'on connaissait réellement la dignité dans laquelle notre Baptême
nous plonge, nous ne nous contenterions pas de vivre cette grâce comme un simple culte
religieux parmi tant d'autres mais comme un « trop plein d'être, trop plein d'âme, trop plein
d'humanité ...qui déborderait de notre vie ! »
Bref, lorsque Jésus part chercher la brebis perdue, il ne dit pas pour autant de négliger les
autres ! Paf, prenez ça ! Attention, je peux devenir violent ! Mais je ne frappe pas fort car j'ai
trop peur de me faire mal aux mains, je suis guitariste !
Très chers pères Évêques, je préfère passer pour un orgueilleux ou un taré de chrétien qu'un
chrétien trop « réfléchi » et trop sage qui fait tout pour ne pas importuner les esprits brillants de
ce monde, ce pauvre monde ou les esprits très délicats! Nous avons une Sagesse tellement
supérieure au mysticisme républicain à la française, alors pourquoi tant de complexes en face de
leurs injonctions et leurs remarques désobligeantes dont ils vous assènent. Allons mettons-nous
debout car notre Espérance est grande, belle et bonne pour tout homme ! Recréez autour de vous
une vraie communauté de croyants, autour de Jésus, ainsi les vocations de toutes sortes
rejailliront de vos diocèses car sans cette fécondité partagée dans la fraternité, vos diocèses se
dilueront et disparaîtront. Cela n'est pas du « communautarisme » laissez tomber ce gros mot et
fondez de vrais communautés vivantes et missionnaires !
Ce que je demande à L'Église en tant que Hiérarchie fondatrice est de nous accueillir,
nous, artistes chrétiens par vocation, comme elle a su si bien le faire durant tous les siècles
passés et nous octroyer la double bénédiction d’Abraham, tant spirituelle que matérielle.
Qu’elle nous procure les mécènes dont on a besoin. Le lien entre L'Église et les artistes est
si fort que l'on ne peut le nier sans porter atteinte gravement à l'expression de notre Foi.
Que serait en effet la théologie sans les Dogmes ? Ainsi l'Art est un des caractères naturels
de la Foi. Mais ce lien doit être réel, soutenu et concret car pour les artistes, l'Eglise est leur
milieu naturel et sans elle, ils sont dispersés, fragiles et isolés. Je lui demande de nous aider
à créer cette Fondation artistique d’en être la gardienne afin de préserver le bon esprit
évangélique au cœur de celle-ci.
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. Nous voulons collaborer avec Elle et nous intégrer parfaitement dans sa Pastorale, celle de
l’annonce de la Bonne Nouvelle afin de faire croître en chacun, la joie d'être de véritables
disciples de Jésus-Christ !
Comme je le dis à la fin de l'avant propos : avec l'Eglise, grâce à son autorité morale et sa
sollicitation maternelle, nous pourrons trouver des mécènes et créer tout un réseau à
travers toute la France. Mais pour cela il faut un vrai projet artistique. C'est ce que
précisément, je propose.
Je m'interroge effectivement, créer des radios, une télévision catholique, plusieurs médias
catholiques, est indispensable aujourd'hui, pour transmettre et diffuser largement le message
évangélique. Personne ne remet cela en cause, mais pourquoi, manque t-il une FONDATION, un
Institut pour les artistes ? Je dis concrètement que tout Doyenné peut tout à fait être capable
d'accueillir un « mini festival chrétien » mais aidé par cette Fondation, pour ce qui concerne
la logistique. Car c'est un vrai travail en soi, il faut des personnes compétentes, les curés ne sont
pas des organisateurs de spectacles, ils ont assez à faire avec leur ministère.
C'est aux laïcs de prendre cela en charge. La charge des curés, est d'accueillir ce festival
chrétien en unissant les esprits pour cette mission communautaire ! « Voyez comme ils
s'aiment » C'est à lui de veiller à cette esprit fraternel non pas pour son bon plaisir mais
pour un vrai Témoignage commun !
Il existe bien une quête nationale pour les œuvres caritatives, pourquoi n’en n’existerait-il pas
une, pour une Fondation artistique ? Les chrétiens devraient comprendre que ce projet n’est pas
une œuvre de plus à assumer mais « un plus être chrétien dans notre monde », une marque
d’un vrai dynamisme spirituel dont toute l'Eglise bénéficiera ! Ainsi le témoignage de notre Foi;
acquerra une « plénitude »culturelle ». Mais je crois qu’il va falloir du chemin pour intégrer ce
projet au cœur de l’Eglise. Alors commençons à créer une simple Association et réunir petit à
petit, les personnes qui contribueront à créer cette Fondation artistique.
Je ne cherche pas à apporter une révolution dans l'Eglise, je ne cherche pas à être original mais
tout simplement créer ce qui devrait être naturel, bon sang ! Créer un organisme capable de
donner à tous les Doyennés, même aux plus pauvres, la possibilité d'accueillir des artistes et
spectacles, au cœur de leur cité. Ainsi la culture chrétienne pourra retrouver sa force et sa
grandeur et briller aux yeux de tous ! Ainsi nous répondrons à l'appel du Seigneur et suivrons
son conseil:
Marc 4-21 Et il leur disait : " Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau ou sous le
lit? N'est-ce pas pour la mettre sur le chandelier? 22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être
manifesté, et rien n'est demeuré secret qui ne doive venir au jour. 23 Si quelqu'un a des oreilles
pour entendre, qu'il entende ! "
Oh; j'entends bien Seigneur, mais combien de talents cachés et d'artistes « mis sous le
boisseau » à cause de l'inconscience des chrétiens à commencer par les pasteurs ?
J'en ai marre de rester « sous le lit » pendant que mes frères et sœurs, sautent de joie dessus en
m'écrasant ! Lorsque le Pape Jean-Paul II en 2004 est venu à Lourdes, j'ai demandé aux
organisateurs de pouvoir chanter une chanson de saint Louis-Marie car le saint Père aimait
beaucoup ce saint, ils m'ont tout simplement ignoraient, en disant: « on vous rappellera ». Oh
quelle politesse hypocrite chrétienne, trop classique hélas, parce que j'attends toujours leur
réponse. quelle stupidités et bassesses ! Ils ont oublié une chose fondamentale, ce n'est pas leur
pape mais le Pape de tous les chrétiens!
65
Je louais une salle tout près des sanctuaires et j'y faisais des concerts, non seulement ils ont
enlevé mon affiche ce qui a contribué à tarir « mon public » mais ils m'ont éjectés pur et simple,
du revers de leur main puissante ! « Place, le gueux, dégage d'ici, on n'a pas besoin de toi ! » Je
résume mais la réalité est plus abrupte et stupide. Alors je me suis retourné vers le Seigneur et
Lui ai dit: « Bon, on se calme, Seigneur, dis-moi, franchement, le Pape Jean-Paul II qu'en
penserait-il de savoir que l'on méprise un artiste chrétien, à causse de lui, certes un gueux mais
artiste tout de même ? » Là, j'étais assez étonné, Jésus, Lui-même est resté silencieux alors je me
tourne vers Marie, pareil. » J'ai compris que devant une telle mascarade et une telle injustice, le
mieux était d'attendre en silence comment réagir et comment se « venger » de cet affront !
Financièrement, j'ai totalement coulé et humainement cela a été une dure épreuve !
Donc quelques temps plus tard, ma vengeance fut terrible et terrifiante ! Je décidais de me
convertir et de changer. En face d'un tel échec et d'un tel affront, la seule vengeance acceptable
pour Jésus et Marie, était un élan d'amour encore plus profond et plus fort encore, ils
acquiescèrent et ont retrouvés le sourire !
Le fer de lance de ma vengeance sera la création de cette Fondation « Saint Louis-Marie ». La
venue du Pape Jean-Paul II a coûtée 1 million et demi d'euros pour qu'un homme vienne en
pèlerinage 24 heures à Lourdes. Que l'on me donne la même somme et je créé cette Fondation
pour renouveler le « parc artistique chrétien » en France, non pas pour 24 heures mais pour
longtemps !
L'Église doit écouter la voix des artistes chrétiens pour qu'elle facilite notre intégration en son
sein, nous ses partenaires dans la proclamation de l'Evangile. Qu'elle cesse donc de nous ignorer
et cesse de nous bouder ou mépriser. Nous avons besoin d'elle, de sa Sagesse, de sa tendresse
maternelle pour nous nourrir, nous éduquer et nous soutenir en nous accompagnant dans notre
vocation artistique. Trop d'artistes sont sous le boisseau et se meurent dans l'obscurité, écrasés
par l'indifférence des chrétiens et des pasteurs ou tout simplement n'osent pas offrir leur talent à
Jésus car ne sachant vers qui se tourner. Alors qu'il suffirait d'un petit sursaut de conscience pour
retrouver l'audace lumineuse de la Mission irremplaçable des artistes.
Rallumons dans nos paroisses, dans nos églises, un feu qui ne se consume pas car la
beauté de l'amour de Dieu peut se manifeste aussi dans de beaux concerts et spectacles
vécu dans une communion de Foi, fervente et joyeuse. C'est tout cela que l'Art chrétien peut
apporter mais toutes ces beautés artistiques aussi grandes et belles soient-elles, ne valent rien ou
peu si elles n’ont pas « l’odeur de l’Amour de Jésus! » Je voudrais par cette Fondation « Saint
Louis-Marie » travailler et regrouper les personnes qui seraient enthousiasmés par un beau
projet artistique comme celui décrit dans ce document.
Je voudrais que l'Eglise nous accompagne dans notre manière nouvelle d'accueillir la grâce
d'un Art au service de Dieu ! Je voudrais à travers cette Fondation, offrir à l'Eglise les moyens
d'accomplir cette apostolat artistique pour la plus grande gloire de Dieu et de Son divin plan
pour sauver l'humanité ! Je voudrais, malgré mon orgueil, renouveler la manière d'être artiste
chrétien au sein de l'Eglise et renouveler aussi toute la structure promotionnelle de l'Art au sein
de celle-ci !
Si vous dites que je suis fou, je ne vous contredirais pas mais je vous répondrais certainement
que oui, fou, mais de l'Amour de Dieu. Le Seigneur a allumé en moi depuis bien longtemps, un
feu qui ne tarit pas et qui me tourmente sans cesse, jour et nuit, seul, le beau Visage de Jésus
m'apaise et me fait reposer en paix. Comme l'a dit Jean-Paul II: « N'ayez pas peur d'ouvrir
grandes vos portes à Jésus-Christ! », moi; je lui retourne cette exhortation et dis aux pasteurs de
l'Eglise : « N'ayez pas peur d'accueillir les artistes en votre sein! » surtout ceux qui veulent
consacrer leur talent à Dieu.
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« L'amour n'est pas aimé » chantait saint François, moi, je lui fais écho, la Beauté n'est pas aimé !
L'Art est méprisé et jetée par l'Eglise aux pourceaux, laissé aux lions et aux loups ! Beaucoup de cabotins et
de faux esprits, de mégalomanes se sont emparés de l'Art pour s'auto glorifier ! Seigneur jusqu'à quand vais-je
supporter ce sacrilège ? Ne suis-je pas ta douce colombe au creux du rocher ? Alors pourquoi me laisser
encore sous le boisseau, je ne suis pas fait pour rester ermite toute ma vie dans ce trou ! Seigneur, j'aurais
préféré être sourd et aveugle plu tôt que de voir tout ce carnage qui se vit au cœur de ton Eglise ! J'aurais
presque préféré être mécréant athée que de voir tant d'incohérences au sein de Ta maison ! Seigneur prend
pitié de moi, je suis pécheur mais j'aime ton Beau Visage et je souffre de voir tes enfants Te souffleter et Te
postillonner au visage lorsqu'ils te parlent !
Rajout de dernière minute : Voici que le Magistère vient à ma rescousse ! Merci Seigneur !
ROME, Lundi 8 février 2010 (ZENIT.org) - extrait de l'intervention du cardinal Stanislaw Rylko,
président du Conseil pontifical pour les laïcs, le 26 janvier dernier, au cinquième colloque de Rome organisé
par la Communauté de l'Emmanuel sur le thème "prêtres et laïcs dans la mission".
Les pasteurs doivent éviter à tout prix le piège insidieux des préjugés et des méfiances découlant de l'absence
d'une connaissance approfondie de ces réalités ou d'expériences individuelles négatives que l'on généralise à
tort. Les projets pastoraux paroissiaux et diocésains doivent aujourd'hui accorder un plus large espace aux
mouvements ecclésiaux, et cela dans le plein respect de la spécificité de leurs charismes. En effet, pour servir
la mission de l'Eglise et pour se développer, chaque charisme a besoin d'un espace de liberté nécessaire,
sous peine d'asphyxie. Il faut, en particulier, éviter de se laisser entraîner, ce qui est hélas trop souvent le
cas, dans une vision réductrice de la communion ecclésiale. Communion ecclésiale ne signifie pas
uniformité, mais plutôt unité organique dans la diversité. A ce propos, celui qui était alors le cardinal
Ratzinger, a eu des paroles très fortes : « Il faut aussi que l'on dise clairement aux Églises locales, et même
aux évêques, qu'il ne leur est pas permis de prétendre de quelque manière à l'uniformité absolue dans
l'organisation et les programmes pastoraux. Ils ne devraient pas mettre leurs propres projets pastoraux à
un niveau supérieur à celui des œuvres de l'Esprit Saint : devant de simples projets humains, il peut arriver
que les Églises se rendent impénétrables à l'Esprit de Dieu, énergie qui les fait vivre. Il n'est pas légitime de
prétendre que tout doit s'insérer dans une organisation unique : il vaut mieux moins d'organisation et plus
d'Esprit Saint ! ».22 Devenu pape, Benoît XVI a demandé expressément aux évêques « d'aller à la rencontre
des mouvements avec beaucoup d'amour. Ici et là -disait-il- [ceux-ci] doivent se montrer corrects, s'insérer
dans l'ensemble de la paroisse et du diocèse. Mais nous devons respecter le caractère spécifique de leurs
charismes et nous réjouir que naissent des formes communautaires de foi dans lesquelles la Parole de Dieu
devient vie ».23 ....................................................................................
Aux chrétiens fatigués et découragés et aux nombreuses communautés chrétiennes désormais trop « autoréférentielles » et repliées sur elles-mêmes, les mouvements lancent le défi d'une Eglise qui se projette
courageusement vers de nouvelles frontières. Ils aident la pastorale paroissiale et diocésaine à récupérer la
combativité prophétique et l'élan missionnaire, en donnant vie à de nouvelles générations de laïcs et de
prêtres qui se dépensent avec passion pour l'Evangile, soutenus mutuellement par le "nouveau style" de
collaboration que les nouvelles réalités associatives contribuent à susciter et alimenter parmi eux. « Voici que
je vais faire une chose nouvelle : déjà, elle pointe, ne la reconnaissez-vous pas ? » (Is 43, 19). A notre époque,
l'Eglise a vraiment besoin de s'ouvrir à cette nouveauté générée par l'Esprit.
Table
CONCLUSION :
Qu'est ce réellement un artiste chrétien ? Il est clair que c'est d'abord un chrétien, disciple de Jésus-Christ et
non un simple croyant. C'est un chrétien conscient de sa mission et de sa vocation artistique parfaitement
intégré dans l'ensemble de la communion ecclésiale. Donc ce ne peut être un opportuniste, un artiste qui
entreverrait un créneau chrétien mais un artiste qui consacrerait son talent et son être à Jésus et à Son royaume.
C'est pourquoi sans le soutien concret et réel de la Hiérarchie, Pape, Évêques, prêtres, diacres, religieux et
laïcs engagés, le don et le charisme de l'artiste chrétien ne peut s'épanouir et se développer sereinement et ne
peux s'enraciner dans la vertu de l'Espérance. L'artiste chrétien doit « goûter à cette joie immortelle », comme
dit saint Louis-Marie, de l'Amour de Dieu pour pouvoir l’épancher dans la culture contemporaine, à travers ses
œuvres, sans ce soutien fraternel, il ne peut pas faire grand chose.
67
V/ RÉALISATION CONCRÈTE
Table
INTRODUCTION
Avant tout, quelle que soit notre expérience ecclésiale ou d'évangélisation ou pastorale, qu'elle soit positive
ou négative, nous n'avons pas le droit de baisser les bras par lassitude ou désespoir. Le Seigneur a
besoin de nous, jusqu'à la fin du monde. De plus, comme le dit Jésus : « Vous êtes le sel de la terre ! » Oui
nous sommes porteurs d'une Sagesse, riche, belle et capable de donner un sens à notre vie d'une manière
profonde. Alors réjouissons-nous car si nous sommes croyants, ce n'est pas pour nous seulement mais
c'est pour transmettre l’Evangile aux autres. Si nous jouissons de l'Amour infini de Jésus, ce n'est pas
pour satisfaire nos cœurs seulement, d'ailleurs cet Amour n'atteindrait pas son but, sa maturité, sa justesse,
son authenticité, sa plénitude s'il n'était communiqué aux autres, à ceux qui ne savent s'ils sont croyants ou
pas et qui au fond de leur cœur attendent Celui qui répondra à toutes leurs questions ou aspirations de leur
cœur.
Après avoir parlé de mon propre témoignage, de la philosophie, du bien fondé de ce projet de la Fondation
« Saint Louis-Marie », je veux vous exposer une vision réaliste et concrète de sa réalisation.
Si vous pensez que le problème de l'Art chrétien est financier, je le dis directement, c'est que vous n'êtes
pas assez chrétien ou ne croyez pas en la Parole de Jésus ! « Cherchez d'abords, le Royaume et sa justice et
tout le reste vous sera donné par surcroît ! » C'est une question de Foi ! J'espère que vous en êtes
maintenant convaincus, c'est un problème plutôt moral, un problème lié à une conscience artistique éveillée
et partagée. « Une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas pleinement accueillie,
entièrement pensée et fidèlement vécue » ... écrivait Jean-Paul II »
Ce qu’il faut trouver pour faire front à ce marasme culturel dans l'Église, c’est une organisation intelligente
et forte pour attirer les talents artistiques, les fortifier, les promouvoir dans les manifestations ecclésiales de
toutes sortes. Une Fondation est tout à fait adéquate pour rassembler les énergies nécessaires à cette belle
entreprise. Il faudra créer et susciter dans chaque Diocèse une filiale de la Fondation. Il faut s'appuyer
sur les structures déjà existantes comme les radios, les journaux etc... et la conscience missionnaire de
chacun, pour promouvoir un « festival chrétien » afin que les personnes cheminant vers le Seigneur,
arrivent elles aussi, à puiser aux sources vives de la grâce artistique chrétienne! Ainsi, chacun pourra goûter
à cette harmonie entre une Foi vécue et proclamée sans incohérences, ni misérabilisme qui, à la longue usent
notre bonne volonté à cheminer dans une Assemblée, faites de pécheurs mais rachetés par ce sublime Amour
de Dieu qui nous pousse vers le beau, le bien et le vrai !
La concrétisation de cette entreprise est fondée sur deux aspects très différents l'un de l'autre mais
absolument complémentaires et solidaires qui ne peuvent pas s'ignorer sans léser l'autre.
L'aspect artistique est évident et complexe en lui-même, c'est tout le travail qui incombe à l'artiste de
produire une œuvre aussi belle puisse t-elle être ! Et c'est à la Fondation de lui fournir toute la liberté qu'il
faudra pour cela !
Je voudrais ici, apporter une précision et faire une distinction entre les artistes, ou les musiciens, entre les
virtuoses, et les artisans, les amateurs qui n'ont pas de virtuosité dans leur art. Je veux dire par là que la
Fondation travaillera avec des musiciens accomplis dans leur art et discipline, au moins qu'ils aient
un très bon niveau mais sans exclure pour autant les “ bons artisans ” qui ont une réelle expérience
artistique. Car le but est de puiser aux sources de l’Art “classique” dont seuls les virtuoses et les bons
artistes sont capables de puiser à la plénitude artistique et ainsi en révéler la beauté qui devient la
compagne de la grâce et nous touche au plus profond. Si l'on veut faire du bon travail, il faut le faire
avec de bons « ouvriers », ni plus ni moins, des artistes accomplis dans leur discipline.
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Le second aspect c'est la logistique de l'organisation et l'intégration la plus adéquate d'un « mini
festival » chrétien au sein d'un Doyenné. Car mieux sera la préparation, mieux l'accueil de celui-ci sera
porteur d'une vraie joie à manifester une vraie « épiphanie de la beauté » ! Ainsi et seulement ainsi le monde
sera plus curieux de ce que les chrétiens vivent dans leur communauté ! Et là on est loin du
communautarisme à la noix des sages de ce monde ! « Bouh, excusez-moi mais cela m'échappe de temps à
autre ! »
PROJET CONCRET
Table
Le but de cette Fondation est de créer un réseau de mécénat ou de mécènes, faire prendre conscience aux
chrétiens, du rôle important de l'Art dans l’Évangélisation, de donner à l'Art chrétien, une nouvelle
impulsion pour manifester au monde l’Amour de Dieu, mais enracinée au cœur de l’Église catholique.
Les premiers promoteurs de cette impulsion,
sont les artistes et les mécènes.
Concrètement, le but de la Fondation « Saint Louis-Marie »,
outre d'inculquer le regard du mécène chez les chrétiens,
EN PREMIER LIEU,
est de créer autour de Carlito,
une petite communauté d'artiste
qui incarnera toute la réalité de ce projet.
EN SECOND LIEU
ce sera de créer de
MINI FESTIVALS CHRÉTIENS
du vendredi au dimanche soir par exemple ou plus,
du mercredi au dimanche,
où cette communauté d’artistes pourra en toute liberté
exprimer sa Foi à travers ses œuvres :
créer une structure dans l’Église, capable de prendre en charge les artistes
qui veulent mettre leur talent au service de Dieu.
Le but est de créer des « épiphanies de la beauté »
créer un évènement chrétien culturel porté
par toute la communauté.
Permettre aux doyennés, aux paroisses,
d'accueillir l'élan missionnaire et lui donnait un caractère culturel authentique.
Ainsi valoriser au cœur de l’Église une véritable « pastorale artistique »
dans tous les doyennés.
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Sur le plan de la pastorale artistique, la Fondation veut créer un mouvement chrétien qui puissent réunir
toute la richesse de l’expression artistique de notre Foi : Musique, théâtre, peinture etc...Surtout elle se
voudrait au service de la communion entre les artistes chrétiens.
Ce que je veux créer, c'est une communauté d'artistes conscients de la tradition artistique chrétienne,
de sa richesse et prompts à la défendre en la mettant en évidence dans leurs œuvres. Il en jaillira une
source d'inspiration renouvelée et un soutien spirituel, culturel pour tous les chrétiens. Il en découlera aussi
une reconnaissance de sympathie de tous ceux qui ne sont pas croyants ou « mal croyants ». Cette tradition
artistique séculaire ne doit pas être vu par les chrétiens d'aujourd'hui comme un mouvement du passé
mais un dynamisme, un potentiel d’actualisation d'une vraie inspiration artistique et mystique,
insufflée par l'Esprit Saint, une expérience spirituelle profonde, un vrai chemin de vie intérieure qui
touche tout être au plus profond.
Ces innombrables œuvres héritées de ces grands artistes qui manifestent la beauté de notre culture, sont
pour les artistes d'aujourd'hui autant de preuves de l'énergie créatrice de l'Art en générale, mais aussi témoin
de l'influence bienfaisante de la Foi chrétienne. A nous aujourd’hui, d'en faire un « ensemble
de matériaux culturels dynamiques » pour renouveler notre enthousiasme à construire une culture
chrétienne digne de ce nom.
CRÉER UN GROUPE D’ARTISTES AUTOUR DE CARLITO
TABLE
Dans ma vision personnelle des choses c'est plutôt créer de petits spectacles très mobiles, avec un
petit groupe d'artistes, trouver assez de « mécènes » pour les prendre en charge et les produire. Cela
peut aller d'un groupe de 4-6 personnes par spectacle, par projet artistique. Le but n'est pas de
réaliser un grand groupe mais une communauté d’artistes où chacun sera respecté et reconnu dans
son talent, soutenu et accueilli dans l'Eglise comme un véritable missionnaire.
Pour commencer, ce que je propose est de créer autour de ce projet artistique, un petit noyau
d’artistes : un acteur, un organiste, un guitariste et un violoniste (et flûtiste) plus moi, ce qui fait 5
artistes.
Je voudrais ici, apporter une précision et oser faire une distinction entre les artistes, les musiciens, entre les
virtuoses, et les artisans, les amateurs qui n'ont pas de virtuosité dans leur art. Je veux dire par là que la
Fondation travaillera avec des musiciens accomplis dans leur art et discipline, au moins qu'ils aient un très
bon niveau mais sans exclure pour autant les “ bons artisans ” qui ont une réelle expérience artistique. Car le
but est de puiser aux sources de l’Art “classique” dont seuls les virtuoses et les bons artistes sont capables de
puiser à la plénitude artistique et ainsi en révéler la beauté qui devient la compagne de la grâce et nous
touche au plus profond. Si l'on veut faire du bon travail, il faut le faire avec de bons « ouvriers », ni plus ni
moins. Une petite communauté d’artistes : Qui dit communauté dit mis en commun de certaines réalités:
outre la réalité artistique, la recherche et l’approfondissement de notre Foi commune en Jésus-Christ reste le
socle de la communauté. Cependant c’est une communauté de travail et non une communauté de vie car
chacun peut avoir sa propre communauté familiale! Même si les membres ne vivent pas ensembles, ils
partagent cependant une « unité d’esprit » puisque le but de celle-ci est de mettre son talent au service de
l’Évangile.
Cette communauté aura en son sein des artistes, capables de collaborer ensemble pour des projets
artistiques, capables de mettre tout en œuvre pour s’entraider et se stimuler dans l’amour
fraternel afin de constituer une véritable communauté chrétienne et artistique, capables de devenir de
véritables missionnaires ! C'est d’abord une communauté de chrétiens qui prient autour de Jésus,
approfondissant chaque jour leur engagement à consacrer leur talent au service de Évangile et de sa
Sagesse. Chaque membre et ensemble prendront le temps de prier, soit par l’adoration Eucharistique, la
Messe quotidienne ou le chapelet etc...
70
Il reviendra à Carlito d’inviter, de proposer et discerner quel artiste pourra ou pas faire parti de la
communauté d’artistes chrétiens. Nous recherchons des artistes accomplis dans leur talent et discipline.
Mais avant tout, le critère principale c’est que celui-ci soit profondément chrétien, plaçant la sainteté avant
la recherche de sa propre gloire. C’est évident que le « virtuose » est le bien venu s’il accepte l’esprit et le
but de la communauté. En d’autres termes, le plus talentueux artiste, possédant une grande virtuosité, ne
suffira pas à accepter sa candidature s’il est médiocre dans sa recherche et son amour pour Jésus. En
revanche, un bon artiste, sans être un grand virtuose, s’il possède un réel souci d'honorer Jésus dans sa vie,
sera plus apte à rejoindre la communauté. Nous recherchons plus de véritables témoins de Jésus-Christ
que d’illustres et « grandissimes » artistes, aussi vénérable soit-il. Le but de la communauté n’est pas de
créer de grandes vedettes ou « stars » d’un pitoyable show-bizz catho mais aider ses artistes à devenir de
vrais disciples de Jésus-Christ qui ne craignent pas de mettre la vertu de piété aux premières loges des
spectacles et concerts.
Le but est d’inculquer chez l’artiste chrétien, non un désir stupide de paraître aux yeux du monde comme
un grand artistique, adulé et reconnu, mais de recevoir par la prière le don d’un véritable zèle pour la
Mission!
C’est fondamentalement une communauté d’artistes missionnaires qu’il s’agit de créer. Intuition que
nous partageons avec le Magistère de l’Église, particulièrement avec le
Cardinal Paul POUPARD qui a dit en mars 2006 :
“La pastorale de la beauté est une mission
authentiquement missionnaire”.
C’est bien dans l’esprit de la pastorale de l’Église que cette communauté veut évoluer !
Cette petite communauté d’artistes aura pour mission de mettre en exergue les différentes inspirations
artistiques issues de la culture chrétienne comme le service liturgique, l’Art sacré, la musique, l’art théâtral
etc... Le choix de ces artistes ci-dessous n’est pas aléatoire puisque grâce à leur discipline diversifiée, et un
travail commun, l’on peut créer des événements artistiques très variés comme décrits ci-dessous.
Pourquoi, un organiste? Parce qu’il est le roi des instruments liturgique qui durant des siècles, a fait ses
preuves de la magnificence de son charisme. C’est un instrument qui est consacré à la louange de Dieu
dans Sa demeure. Mais son charisme ne se cantonne pas seulement à l’Art sacré car il est capable de ravir
les cœurs lorsqu’il joue en soliste ou avec un soliste comme un violoniste ou un trompettiste. Merci Seigneur
pour ce bel instrument que tu nous as donné !
Un violoniste : car le violon est un instrument soliste capables d’une variété de nuances très large.
Capable de nous subjuguer tant en soliste qu’accompagné avec n’importe quel instrument mais conjugué
avec l’orgue, cela devient sublime!
Un guitariste classique : étant moi-même un guitariste classique de formation, j’en connais la richesse et la
grâce de sa présence. C’est un instrument intimiste qui s’adresse à l’âme, au cœur.
Malgré son manque de sonorité imposante, il s’impose par sa sonorité tranquille et douce, intime mais avec
son large répertoire riche et merveilleux, il nous émerveille et nous surprend. Il convient parfaitement à la
culture chrétienne qui invite à une intériorité mystique fondamentale pour la recherche de Dieu. Unis
avec le violon, nous pouvons former de beaux duos, voir trio avec deux guitares et violons etc...
Un acteur : capable de réaliser de beaux spectacles sur la vie du Christ, de Son Évangile ou raconter
une histoire ou mettre en scène une réflexion sur un sujet chrétien édifiant. Il est soutenu et accompagné par
les musiciens. Exemple d’un spectacle que j’ai réalisé qui s’intitule « RETRAITE » que vous pouvez
consulter sur son site Internet : constitué de 14 tableaux illustrant la richesse de la Messe, et entrecoupés par
la sublime musique de François COUPERIN « Messe pour les paroisses » soit à l’Orgue ou par un trio de
deux guitares et violon ou flûte traversière. Un acteur, deux scènes ....
71
Avec l’acteur et les trois musiciens, l’on pourrait mettre au point tellement de spectacles et concerts
divers ! On pourrait proposer un spectacle théâtral, un récital, un duo ou trio, un concert de chants
etc...
Le but est que ce groupe d'artistes soit pris en charge (salaire et production) par la Fondation. Pour
ainsi se mettre plus facilement au service des paroisses ou communautés ecclésiales qui n'auraient
jamais les moyens de faire venir des artistes chez eux. Ainsi l'on pourra proposer des concerts et
spectacles de qualité sans demander un prix exorbitant qui empêcherait beaucoup de paroisses
d'avoir des spectacles de grande valeur.
Si ces objectifs sont atteints, alors seulement là, l'Art chrétien pourra atteindre sa plénitude
culturelle, capable de subjuguer le cœur de l'homme et de dialoguer avec tout un chacun sans
compromis coupables ou handicapes culturels. Plénitude spirituelle, plénitude artistique, plénitude
culturelle sont les trois piliers d'une véritable Évangélisation.
Alors les artistes chrétiens sont de véritables missionnaires, c'est pourquoi, je demande à l'Eglise
de nous « protéger », de nous aider à promouvoir notre charisme.
On aurait presque envie de dire AMEN, n'est ce pas ?
72
COÛT ET FINANCEMENT ( Exemple concret, aproximatif mais réaliste)
Pour parler concret :
Coût du salaire des 5 ARTISTES
Le salaire net d'un artiste apprenti missionnaire,
je l'estime à :…….1 300 €………Donc…..............…… 1 300 X 12 mois =
15 600 €/an
Charges: approximativement elles s'élèvent à environ 80% du salaire
ce qui fait environ:1 000 €
Les charges s'élèvent donc pour l'année…....… ….....……1 000 X 12 mois =
12 000 €/an
Le salaire brut s'élève donc à :………………........…...15 600 + 12 000 =
27 600 €/an
Maintenant multiplions ce chiffre par 5
et on obtient cette honorable nombre de :.............................27 600 X 5 =
138 000 €/an
Il faut rajouter les frais de productions qui s'élèveraient environ à 20 000 €
( affiches, CD, DVD, organisation enregistrement etc... Ce qui fait la coquette
somme de 138 000 € + 20 000€ = 158 000 € à trouver chaque année pour donner
à l’Église et au monde un petit groupe de 5 artistes chrétiens missionnaires.
Ne vous laissez pas impressionner par ce chiffre de 158 000 € mais plutôt par ceci
Dans l'esprit du mécénat, je propose de diviser ce chiffre de 158 000 € par un autre chiffre symbolique qui
correspond au nombre de « mécènes »: celui de 1 000
Cela fait : 158 € à donner par mécène chaque année pour faire vivre ce groupe de 5 artistes.
Il faudrait trouver 1 000 personnes qui deviennent mécènes de ce groupe artistique et en avant la
musique.........(Ce chiffre est aléatoire car quelques personnes donneront plus que 158 € Imaginons que 200
personnes donnent chaque année plus de 1000 € etc... )
Comment trouver ces milles personnes ? En France il y a environ 100 diocèses, divisons 1 000 par 100 ce qui fait
environ 10 personnes à trouver dans chaque diocèse. En faisant le tour de France, dans tous les diocèses et à raison
de 4 à 6 concerts par diocèse, il faudrait convaincre 2 à 3 personnes par concert à devenir nos mécènes.
Il faudrait parler aussi du partenariat des radios chrétiennes, de la chaîne TV KTO et les journaux chrétiens, sur
lesquels j'irai exposer ce projet etc..
Les stratégies a adopter sont diverses et variées pour atteindre ce but mais le schéma un peu simpliste ci-dessus
nous prouve que cela est tout à fait réaliste. Bien sûr la réalité peut-être tout autre car au mieux du top, un seul
mécène pourrait nous donner cette somme et nous produire et nous aider à la construction de la Fondation « Saint
Louis-Marie ».
Au vu de ce calcul et de ce chiffre, je propose de mettre la somme de base à :
« 160 € par an » ou plus ce qui fait 12€/mois pour devenir MÉCÈNE de ce projet.
Table
73
VISION IDÉALE à laquelle nous devons tendre.

LA PAROISSE : « Voyez, comme ils s'aiment »
Table
Ce que j’aime dans la paroisse c’est qu’elle est le lieu par excellence de la visibilité de l'Église au cœur de
la cité ! C’est aussi le lieu où est célébrée l’Eucharistie, là où la présence de Jésus se fait signe, là où toute la
communauté chrétienne est appelée à se réunir autour du Seigneur ! C'est pourquoi la paroisse est le lieu
propice pour cette « épiphanie de la beauté » pour révéler et manifester Celui qui est là au milieu de nous,
invisible, caché mais réellement présent. Comme dans son milieu naturel, l’Art et la diversité de son
expression pourront s'y développer sans entraves insurmontables.
Puisant à la source de notre vie chrétienne, nous trouverons l’inspiration suffisante à l’éclosion d’une vraie
culture chrétienne qui nous plonge dans les abîmes de l’Amour de Dieu ! Mais cet idéal ne peut exister que
dans le témoignage réel d’une fraternité au Nom de Jésus et d'une célébration joyeuse ! Reconnaissons ou
rappelons-le que la célébration liturgique regorge d'un dynamisme artistique, d'un « souffle artistique », qui
nous subjugue et nous interpelle ! Témoin, l'Art Sacré ! Car nous célébrons le Mystère le plus extraordinaire
de l'univers: la Présence du Dieu Vivant ! La richesse de cette Célébration ne s'épuise pas seulement dans la
Liturgie mais aussi dans ce qu'elle provoque, la MISSION qui dégouline et déborde du trop plein de cette Vie
divine qui suinte du Cœur ouvert de Jésus-Christ !
C'est donc au service de cette Mission que je voudrais me mettre, vers un Art plus « profane », sûrement
pas en opposition à l'Art Sacré mais comme son prolongement, une branche de sa surabondance !
La place des artistes au cœur de l'Église n’est donc pas un privilège mais un « service », un véritable
ministère ! On le comprend facilement pour les organistes ou les compositeurs de musiques liturgiques mais
on doit l’étendre aussi pour les artistes chrétiens qui comme moi, sont appelés vers une manifestation autre
que liturgique ! Car proposer un spectacle ou un concert au cœur de la paroisse n'est pas moins important
dans l'ordre de l'évangélisation. Mais toujours dans le respect de la dignité propre de la Liturgie. Le
problème c'est que souvent la Liturgie est profanée par des « artistes » et des œuvres qui dénaturent
gravement sa richesse et ne peut que provoquer de la confusion et de la gêne profonde et persistante.
Tout cela du à une mauvaise compréhension de la Liturgie et de son influence sur les êtres, ce qui est grave
pour le prêtre, responsable de cette profanation et dommageable pour toute l'Assemblée.
Jamais la primauté de l'Art Sacré ne doit être occulté et seul un Art beau, digne doit être son allié. C'est vrai
que le grand Art est l'apanage des gens « repus ou bourgeois », de la « haute société » mais il n'empêche qu'il
doit être au service de toute la communauté chrétienne quand il se déploie dans la Liturgie. Mais le délaisser
ou le rejeter à cause d'une certaine gène à leur égard, à cause de leur hautaineté naturelle, ne doit pas nous
empêcher de se l'approprier. Je pense que ce mouvement contestataire des années 60, fruit de l'idéologie de la
lutte des classes, a beaucoup influencé l'esprit de beaucoup de pasteurs dans l'éradication de l'Art dit
« supérieur » comme ils aiment à le dire pour mieux « noyer le poisson ». Le problème n'est pas dans cette
lutte débile des classes car en le remplaçant par un art dit plus « populaire », on en est arrivé à noyer le
« bébé dans son bain », on dénature la vraie richesse de l'Art chrétien authentique et on en oublie son origine
que la sainte Providence a édifiée: louer Dieu !
Le vrai problème de l'Art est plus dans la manière de l'intégrer à la Liturgie que dans sa substance
qui est intrinsèquement bonne, c'est un instrument de choix pour coopérer avec la grâce divine. C'est
un don de Dieu, un héritage que l'on doit garder, cultiver et promouvoir. Les pasteurs, les curés en
devraient être les premiers défenseurs et « protecteurs » car il est un allié puissant de la divine Liturgie
dans les mains d'un artiste éclairé !
74
Ainsi l'Église devient ce qu’elle est, une « source de vie cultuelle et culturelle ». La paroisse ne doit pas
être repliée sur son « rituel ». Au contraire, elle doit être aussi le lieu, le socle de la manifestation d’un Art au
service de la surabondance de grâce ! C’est pourquoi les curés et les responsables pastoraux doivent être
accueillants et bienveillants envers les artistes chrétiens qui frappent à leurs portes. (Souvent le manque
de structure, de coordination, fait que l'on est chacun dans sa bulle, dans sa mission, avec ses amis, bref son
club et on oublie le soucie des autres, que tous, nous œuvrons pour l'unique Mission ! ) Mais cela serait
beaucoup plus facile s'il existait une structure pour aider les artistes à trouver leur place dans la Pastorale de
l’Église ! C'est pourquoi l'existence de cette Fondation artistique pourrait aider aussi les paroisses à organiser
ces manifestations artistiques, et trouver des personnes relais dans chaque Doyenné pour constituer une
commission artistique et faciliter toute la logistique à mettre en place ! Grâce à cette Fondation
artistique, je pourrais proposer à toutes les paroisses sans distinction et pas seulement à celles qui « marchent
ou qui ont un potentiel financier », une formule d’intégration artistique adaptée !
Exemple on pourrait parfaitement coordonner toutes les paroisses d’un Doyenné, environ une trentaine
d’églises, choisir deux ou trois églises pour y programmer un « mini festival » de notre culture chrétienne du
vendredi au dimanche après soir ! L'idéal serait que dans chaque DOYENNE, il puisse y avoir au moins deux
manifestation par ans. L'Église deviendrait un véritable vivier d'artistes de toutes sortes et espèces, la
fontaine de la beauté jamais ne se tarirait et produirait des fruits abondants en grâce de toutes sortes mais il
faut un vrai discernement, y a t-il un seul pasteur qui oserait ou serait capable de le faire avec moi ? Un
seul pasteur assez fou pour croire en la beauté de l'Evangile qui irradie nos cœurs et nos sens et conscient de
la richesse de l'Art et de son apport réel et concret dans la vie de la grâce ?
Mais pour que cela soit cohérent, il faut des artistes avec une réelle conscience artistique ! Pas de l'àpeu-près ! Il faut bannir, la mièvrerie et le conformisme culturel qui dessèche la source de la beauté et
le dynamisme de la mission !
Ainsi grâce à cette fraternité de mécènes et la « protection » de l’Église, nous pourrons proposer et
organiser dans tous les doyennés et les paroisses, des plus pauvres au plus riches, un mini festival chrétien, à
peu de frais. Grâce à la communion et au talent des artistes, nous pourrons proposer une manifestation
de grande qualité artistique et spirituelle.
Mini festival chrétien, se déroulant du Mercredi au Dimanche après midi :
Nous pourrions par exemple,
Le mercredi soir, faire une veillée de chants chrétiens,
Le jeudi soir un concert de musique classique orgue et violon,
Le vendredi un spectacle théâtral du style « RETRAITE »,
Le samedi soir animation de la Messe suivit d’un petit repas fraternel et à 20h30 conférence sur l’Art et
la Foi, illustrée par de la musique, afin d’éveiller les cœurs au bienfaits de l’acte du mécène.
Le dimanche, animations de la Messe, suivit d’un verre de l’amitié et au revoir !
Autre configuration : en collaboration avec un missionnaire chrétien.
Un mini festival pour aider un missionnaire: par exemple mon ami Dom Dominique YOU Évêque de
CONCÉCAO Do ARAGUAIA, état du PARA dans le sud de l’AMAZONIE au Brésil
Le mercredi soir, faire une concert de musique classique orgue et violon,
Le jeudi soir un spectacle théâtral du style « RETRAITE »,
Le vendredi un veillée de chants chrétiens, et de chants brésiliens,
Le samedi soir animation de la Messe, suivit d’un petit repas fraternel et à 20h30 conférence
témoignage de Dom Dominique.
Le dimanche, animations de la Messe, suivit d’un verre de l’amitié et au revoir !
75
La communauté d’artistes est l’ossature du festival mais rien n’empêche d’inviter d’autres artistes ou
groupes pour enrichir ce festival chrétien ! Par exemple inviter un peintre pour une exposition, un écrivain
chrétien pour présenter son livre, une chorale locale etc...
Dans chaque Diocèse il faut créer une filiale de la Fondation pour mettre en place toute la logistique :
elle possèdera le matériel de sonorisation et lumière et prendra en charge un technicien responsable pour tous
les concerts dans le diocèse. Enfin elle organisera avec le Doyenné, l'accueil sur place des artistes :
hébergement et nourriture. La Fondation rémunère les artistes. La vente des CD et DVD ou autres articles
servent à couvrirent les frais de déplacements etc...Enfin une panière sert à payer les frais liés à l'église où se
passe la manifestation !
La Fondation prendrait en charge, grâce aux dons des mécènes, regroupés en comité, la rémunération des
artistes et l'organisation logistiques, affiches et publicité des « mini festivals ». Ce qui permettrait au
« pauvres paroisses » qui n'auraient pas les moyens financiers, d'accueillir une telle manifestation artistique.
Cette formule est juste et réaliste tout le monde s'y retrouve ! Alors n'hésitons plus, créons ensemble cette
Fondation artistique « Saint Louis-Marie ».
Mais je répète tout cela est possible à condition de se fonder dans une entente fraternelle
par amour pour Jésus et de sa Mission !
Est-ce assez suffisant pour vous?
« Voyez, comme ils s'aiment »
76
CONCLUSION FINALE
Table
La création d'une telle Fondation ne s'appuie pas sur des objectifs commerciaux mais sur la manière de
manifester notre Foi en cohérence avec la Sagesse de l’Évangile, capable de donner une réponse fidèle à la
Mission de Jésus : Marc-915 « Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile à toute les nations. » Même si
l'artiste exprime sa foi personnelle ou son expérience, il est solidaire est lié à la catholicité de la Mission de toute
l'Eglise. De plus, cette catholicité facilite la cohérence dans la communion entre tous les chrétiens, mais elle
est souvent en bute à un esprit matérialiste rampant. Trop souvent, on préfère laisser l'artiste, seul, face à son
destin ou aux mains d'un producteur qui veillera à ce que son talent soit rentable, sous peine de le congédier. Quel
misérabilisme! C'est pourquoi la notion de « producteurs » n'a pas sa place dans l'Eglise.
L'artiste chrétien ne doit pas être le produit d'un certain « showbizz catho », du « star système » mais le
serviteur d'une vraie « pastorale artistique évangélique! » De plus les communautés ecclésiales surtout la
paroisse, doivent être ouverte à cette dimension de l’Art et de la Mission évangélique, sinon, elles ne sont pas
entièrement fidèles à cette catholicité de l’Eglise: le Baptême nous incorpore dans l’Eglise, “Corps du
Christ” et non dans une paroisse ou communauté particulière. Même si nous sommes profondément
enracinés dans un diocèse, il ne faut jamais oublier la dimension de la "catholicité" de notre Foi!
Alors soyons vigilants et lucides. Je crois sincèrement que le pire obstacle au christianisme, ne sont pas les
« autres » mais cette tentation matérialiste qui dévoie tout et falsifie la substance même de notre cœur, les rendant
rampants et stériles en « fruits abondants » de la grâce divine, remplaçant le Royaume de Dieu, la sainteté par une
religiosité ou spiritualité humaine et un humanisme idéologique qui étouffe la grâce de la « communion » et
contrarie l'Esprit-Saint !
Seigneur, ne nous laisse pas succomber à la tentation!
Face à tous ces défis, comment voulez qu'un artiste chrétien seul, puisse émerger et se produire? Quelle chance a til de s'accomplir dans sa vocation ?
Vous allez me dire mais pour qui se prend-il, ce gueux ? Eh bien, pas moins et pas plus qu’un disciple de JésusChrist ! Je suis prêtre par mon baptême, je prie le Seigneur chaque jour pour que Son Nom soit sanctifié et que
Son royaume arrive! Je suis prophète par mon baptême, j’annonce que Jésus est vraiment Vivant au milieu de nous
! Je suis roi par mon baptême, par ma vie, je me mets au service de Son Amour pour toute l’humanité ! Et par
dessus tout je demande pardon au Seigneur pour mes nombreuses infidélités !
Je propose qu'autour de mon travail et de ce projet artistique, nous créions pour commencer, l'Association
« Saint Louis-Marie » pour donner un cadre, un espace de rencontre pour toutes les personnes qui seraient
enthousiasmées par un tel projet. Invitez-moi chez vous dans votre région pour un ou deux concerts avec une
rencontre même chez vous ou dans la paroisse pour parler de ce projet artistique même si au départ il n'y a que
deux ou trois personnes pour mettre en place un plan d'action pour sensibiliser d'autres chrétiens, dans votre
région.
N'hésitez pas à prendre contact avec moi par tous les moyens même par télépathie si vous pouvez ! Car tout mon
être brûle d'impatience, c'est comme un feu dévorant que j'ai du mal à maîtriser, alors aidez-moi à l'apaiser.
77
Ce que je propose est une vision juste, réaliste et concrète d'une organisation qui raviverait au sein de l'Église
une approche culturelle dynamique, une proposition de l'expression de la foi dans toute sa diversité, une vraie
pastorale artistique prise dans sa totalité. Plus il y aura d'artistes et de mécènes au cœur de l'Église, plus la
cohérence de ce projet artistique se dessinera. Je reviens sur une donnée fondamentale, l'importance capitale du
soutien concret et total des évêques, des prêtres etc..., pour la bonne réalisation d'un tel projet. C'est sûr que
moi, gueux de Notre Dame, petit et sans charme, sans génie artistique, je n'attirerais pas beaucoup de «mécènes»
à ce projet, mais en attendant le soutien concret de l'Eglise, je suis un peu comme saint Jean-Baptiste, je cri dans
le désert culturel chrétien actuel pour faire entendre ma drôle de voix.
En fait je voudrais que ce projet artistique ne soit pas « mon projet » même si je dois le défendre contre de
nombreux détracteurs ou falsificateurs, de plus à cause de ma grande indigence, je n'ai aucunement les moyens
financiers de créer cette Fondation. Mais je voudrais que les chrétiens et les artistes construisent cette Fondation
pour l'Amour de Dieu et non pour l'amour d'un grand artiste, aussi sublime soit-il dans son génie. Je pense que
c'est mieux ainsi, qu'un pauvre comme moi suscite un tel organisme, que les hommes et les femmes qui
deviennent mécènes le fassent non par fascination mal placée de tel artiste mais par la sainteté et le bien fondé de
cette œuvre pour la construction et l'amour du Royaume de Dieu Seul. Ce n'est pas parce qu'un artiste est célèbre
et reconnu qu'il a l'intuition réel d'un Art au service de Dieu. Il n'a que l'expérience d'un certain Art capitaliste
mais pas forcément dans une vraie illumination artistique chrétienne.
Être artiste est une chose mais vouloir le mettre au service de Dieu est autre chose et cela aussi est un
« art » à part entière. J'ai des fois rencontré des personnalités artistiques qui me donnaient de très bon conseils
mais nous étions sur des mondes très différents eux visant la « réussite » moi le service ! J'ai rencontré aussi et
travaillé avec de « grands artistes » de grands virtuoses mais pareillement, eux visaient leur prestige et leur gloire
et lorsque je leur parler de se mettre au service de Dieu, ils m'ont vomi de leur monde.
Au delà de nos goûts ou idéologies, nous devrions être capable d'accueillir un artiste missionnaire chrétien
et promouvoir son talent seulement par amour pour le Royaume de Dieu. Il faut donc élargir nos cœurs à une
dimension vraiment catholique car tout artiste talentueux et vouant son art au Seigneur, mérite notre soutien
fraternel et a droit à son public.
Je reste serein et dans la paix quand à la réalisation de ce projet car c'est le Seigneur qui le réalisera même si j'en
suis indigne, je suis tout à fait conscient de mon indigence. Mais mon statut de gueux, me confère finalement une
posture assez confortable car je glisse et vole plus facilement sur des cieux orageux que si j'étais alourdi par
d'innombrables soucis et faux problèmes. Le fait d'être pauvre nous fait voir les choses plus en profondeur car
moins prisonnier de notre orgueil et de notre suffisance !
78
Oui je suis un gueux mais un gueux de notre Dame, nuance,
car cette appartenance et cette dépendance à Marie en fait toute la différence !
L'Art a toujours été fondé sur le mécénat.
Devenons mécènes de ce projet : « nos pères et nos ancêtres ont bâtis des cathédrales.
Nous, construisons une culture aussi élevée et belle que la leur,
en glorifiant Dieu et en élevant l'homme ! »
Quelle prétention diriez-vous ? Et bien Oui, mais ayons au moins
la même vision et audace qu'eux pour la construction non d'une cathédrale de pierre,
mais de « l’image de Dieu » dans le cœur de tout homme,
culture de vie qui jaillit du Cœur ouvert de Jésus-Christ !
J’en suis témoin !
Permettez-moi de vous renvoyer à votre propre attachement envers Jésus !
Est-ce que l’Amour de Jésus envers l’humanité a du prix à vos yeux ?
Est-ce que la construction et l’intérêt pour le Royaume de Dieu mobilisent en vous
assez d’énergies pour y répondre ?
Vous allez me dire mais pour qui se prend-il, ce gueux ? Eh bien, pas moins et pas plus qu’un disciple de JésusChrist ! Je suis prêtre par mon baptême, je prie le Seigneur chaque jour pour que Son Nom soit sanctifié et que
Son royaume arrive! Je suis prophète par mon baptême, j’annonce que Jésus est vraiment Vivant au milieu de
nous ! Je suis roi par mon baptême, par ma vie, je me mets au service de Son Amour pour toute l’humanité particulièrement envers les plus pauvres ! Mais par dessus tout je demande pardon au Seigneur pour mes innombrables infidélités !
« Y a t-il un seul pasteur qui oserait ou serait capable de le faire avec moi ?
Un seul pasteur assez fou pour croire en la beauté de l'Evangile
qui irradie nos cœurs et nos sens et qui serait conscient de la richesse de l'Art,
de son apport réel et concret dans la vie de la grâce ? »
Donne Seigneur à ton Eglise des artistes qui soient le reflet authentique de Ta Beauté pour guérir nos cœurs
meurtris et desséchés par une culture qui souvent s’oppose à Ton Esprit. Qu’ils soient de véritables missionnaires
au service de la Sagesse de Ton Évangile et fassent jaillir au cœur de la culture d’aujourd’hui une véritable
« épiphanie de la Beauté de Ton Visage ! » Que Marie, la Mère du Bel Amour, soit la Mécène, la Protectrice de
tous les artistes chrétiens pour honorer ici-bas le saint Nom de Jésus et glorifier le Père dans l’unité de l’EspritSaint ! AMEN !
Table
Dieu Seul
79
SCHÉMA DU FONCTIONNEMENT DE LA FONDATION « SAINT LOUIS-MARIE »
Lire le schéma de bas en haut
Que Dieu, le plus grand des artistes vous bénisse et vous révèle
la splendeur de Son Visage !
Table
80
Litanies de Saint Louis-Marie GRIGNION de MONTFORT
Table
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous,
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous,
Sainte-Marie, priez pour nous,
Médiatrice de toutes les Grâces, priez pour nous,
Reine des cœurs, priez pour nous,
Saint Louis-Marie de Montfort, priez pour nous,
Fidèle imitateur de Jésus-Christ, priez pour nous,
Prédicateur éloquent de la Croix, priez pour nous,
Chantre du Sacré-Cœur, priez pour nous,
Dévot esclave de Jésus en Marie, priez pour nous,
Apôtre du très Saint Rosaire, priez pour nous,
Homme d'oraison, priez pour nous,
Prodige de mortification, priez pour nous,
Amant passionné de la pauvreté, priez pour nous,
Champion intrépide de la vérité, priez pour nous,
Défenseur ardent de la Foi catholique, priez pour nous,
Zélateur infatigable de la Gloire de Dieu et du salut des âmes, priez pour nous,
Restaurateur des temples du Seigneur, priez pour nous,
Père des pauvres, priez pour nous,
Secours des infirmes et des malades, priez pour nous,
Instituteur de l'enfance et de la jeunesse, priez pour nous,
Fondateur de congrégations religieuses, priez pour nous,
Modèle des prêtres et des missionnaires, priez pour nous.
Saint Louis Marie
Obtenez-nous la véritable sagesse, Saint Louis-Marie , intercédez pour nous,
l'esprit de Foi, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
l'esprit de prière, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
l'esprit d'humilité, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
l'amour de la Croix, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre vraie dévotion à Marie, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre amour pour l'Église, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre dévouement au Vicaire de Jésus-Christ, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre obéissance filiale au Pape infaillible, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre courage dans les épreuves, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre amour de la vie cachée, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
votre zèle pour la conversion des pécheurs, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
la persévérance dans le bien, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
la Grâce d'une bonne mort, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous,
le Règne de Jésus par Marie, Saint Louis-Marie, intercédez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Prions
Ô Dieu, qui avez fait de Saint Louis-Marie un prédicateur éminent du Règne de Votre Fils Unique, et par Lui avez suscité dans Votre
Église une double famille religieuse, daignez nous accorder, selon son enseignement et à son exemple, la Grâce de servir toujours
sous le joug suave de la Bienheureuse Vierge Mère, ce même Fils Bien-aimé qui vit et règne avec Vous en l'unité du Saint-Esprit,
dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
81
Table
Dernières NOTES :
Voilà si vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout, c'est que vous avez sûrement trouvé quelques intérêts
Je suis prêt à recevoir toutes vos suggestions et critiques, je suis prêt à me remettre en question, surtout dans les
critiques que je fais aux autres. Je vous demande encore une fois de ne pas prendre toutes ces critiques comme
des attaques méchantes mais j'ai osé dire à ma manière les choses qui m'interrogent le plus. Je vous invite donc à
dépasser mon style et dégager de ce document le fond de ma pensée qui se résume en ceci :
Le charisme artistique est un véritable ministère, dont les artistes et les mécènes en sont les artisans, que
toute la communauté chrétienne devrait prendre en compte.
Si vous trouvez juste ce projet de Fondation artistique, je vous invite à prendre contact avec moi, afin de grandir
la cohorte de notre « croisade » contre une mauvaise culture chrétienne qui dénature le « sel de la terre » et faiblit
notre capacité à saisir la « lumière du monde ».
Proposons une culture riche et belle en phase avec la richesse de l'Evangile nous en avons tous les « matériaux.
A la « plénitude de grâce » qui réside en Jésus doit correspondre, une « plénitude artistique et culturelle »
qui doit Lui faire honneur ! Mais sans votre aide cette plénitude artistique ne peut ni subsister, ni toucher à son
but : la proclamation de la Belle-Bonne Nouvelle de Jésus-Christ !
Voilà je vous attends !
82
Le charisme artistique est un véritable ministère,
dont les artistes et les mécènes sont les piliers et artisans,
que toute la communauté chrétienne devrait prendre en compte.
Dieu Seul