Les Rites Misraim et Memphis - Ancient and Primitive Oriental Rite

Transcription

Les Rites Misraim et Memphis - Ancient and Primitive Oriental Rite
 LES RITES MAVONNIQUES
DE
MISRAIM ET MEMPHIS
SI
LA BIBLIOTHEQUE INITIATIQUE
11
GASTONE VENTURA
COLLECTION
LA BIBLIOTI-IEQUE INITIATIQUE
1. La langue sacr~e, par ENEL.
2. L’enfant du Nil, par ENEL.
3. ZOHAR, le livre de la splendeur, traduit par Jean de
Pauly. Tome 1.
4. Tome 2.
5. Tome 3.
6. Tome 4.
7. Tome 5.
8. Tome 6.
9. Les origines de Ia Genese et l’enseignement des temples
de l’ancienne Egypte, par ENEL.
10. Le myst~re de Ia vie et de Ia mort d’apr~s I’enseignement
des temples de I’ancienne Egypte, par ENEL.
11. Les Rites ma~onniques de Misraim et Memphis, par
Gastone VENTURA.
LBS RITES
MA~ONNIQUES
DE
MISRAIM ET MEMPHIS
traduit de 1’italien
par
Gerard GALTIER et Sophie SALBREUX
1986
EDITIONS MAISONNEUVE & LAROSE
15, RUE VICTOR-COUSIN
PARIS
TABLE DES MATIERES
Introduction
11
Premi~re partie.
—
LE RITE MA§ONNIQUE DE MISRAIM
OU D’~GYPTE
15
Chapitre Premier.
Misraim en France: Ragon
et les Bddarride
MisraYm et le Grand Orient
La pers~cution
La ddc]aration de 1889
La scission en deux groupes
17
Chapitre II.
Les Arcana Arcanorwn: Cagliostro et le Chevalier d’Aquino
Les Ma~ons
napolitains
La loge Secret et Harmonie
de Vile de Malte
Les trois grades des Arcana Arcanorum
L’ddit antima~onnique de
Ferdinand de Bourbon
Pallante
Les loges
jacobines
Les Arcana Arcanorum dans les
Pouilles et les iles loniennes
28
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—
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La loi du 11 mars 1957, n’autorisant aux termes des alin6as
2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les copies ou reproductions
strictement r6serv6es ~ l’usage priv6 du copiste et non destin~es ~ une
utilisation collective et d’autre part, que les analyses et courtes citations
dans un but d’exemple et d’illustiations, «toute representation ou
reproduction int~grale, ou partielle, faite sans le consentement de
l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ~ (alin6a 1~’
de l’article 40). Cette representation ou ieproduction, par qucique
proc6d6 que ce soit, constituerait donc une contrefa~on sand ionn6e par
les articles 425 et suivants du Code penal.
Titre original:
I RITI MASSONICI DI MISRAIM E MEN4PHIS
Editions Atan6r, Rome, 1975
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Chap itre HI.
Les sources bistoriq~es de MIsrahn: Les premi~res attestations
La version de Levesque et celle de Clavel
L’histoire l~gendaire de Marc B~darride
Les
imitateiirs de Ragon
Le Rite Adonhiramite
et Ia loge des Illumin~s d’Avignon
Le patriar—
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© G.-P. MAISONNEUVE ET LAROSE, 1986
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ISSN 0767-080X
ISBN 2.7068.0913.2
—
8
che Ananiah et l’initi~ Parenti de Zante
A nouveau Cagliostro
Le Philal~the Abraham
MisraYm ~ Zante et ~ Venise
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—
Chapitre IV.
Misraim apr~s les B~darride, en
Italie et en France: Les Carbonari et l’ind&
pendance italienne
Les Sublimes Maitres
du Grand flEuvre
Misraim ~ Venise en 1848,
en 1865 et sa mise en sommeil de 1867
Le
r~veil de 1945
Les dipl6mes italiens de
Papus
Le Rite R~forrn6 de Misraim de Pessina
La loge Arc en Ciel de Paris
Le Rite
moderne de MisraYm, R~gime de Naples
39
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50
—
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—
Deuxi~me partie.
59
89
Chapitre VIII.
Le Rite Philosophique Italien et
le Rite de Memphis de Palerme: Ferrari et
Fera
Palazzo Giustiniani et Piazza del GesZ~
Edoardo Frosini, le Grand Orient d’Italie
et le Congr~s spiritualiste de Paris
La F~d&
ration Ma~onnique Universelle
La Loge centrale Ausonia du Rite Espagnol et le Rite Philosophique Italien en sept grades
Sa cession
~ Ia Piazza del Gesi~i apr~s Ia Premi~re Guerre
mondiale
Le r~veil i~ Palerme en 1921 de
I’Ordre de Memphis d’Egypte
Le Grand
Expert Adelchi Borzi
Martinistes et Memphisiens
Banti et Allegri
La patente de la
Langue de V~n~tie et Lombardie
109
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—
Chapitre V.
Etienne Marconis et Memphis: La
version de Ragon
L’Hi~rophante et le Sanctuaire de Memphis
Legende et r~alit~
Les 92 grades originels
Memphis, les grades
Ecossais et les grades de Misraim
L’orthodoxie du Rite
Les pri~res ~ la Puissance
Supreme
—
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—
—
LE RITE ORIENTAL ANClEN ET
PRIMITIF DE MEMPHIS
Chapitre VII.
Des PyramJdes ii I’Eglise Gnostiqw.~e: Joseph Garibaldi
La situation des
deux Rites
Leo Taxil et Diana Vaugham
Memphis en Espagne et en Roumanie
Reconnaissance g~n~rale du Memphis d’Egypte
Guarino Troilo et le Rite de Memphis
en 99 degr~s
Le Congr~s spiritualiste de
Paris de 1908
La patente de Reuss ~ Papus
Sa succession: Bricaud et Ambelain
Les chartes de 1909 et 1921 de Mika~l (Lagr~ze)
L’Eglise Gnostique et sa succession
Le
pr~tendu Rite chr~tien de Memphis-Misraim
et le grade de Cons~crateur
Les N~o-Templiers et le clerg~
Le Levitikon et 1’Evangile
apocryphe de Saint Jean
—
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—
9
TABLE DE5 MATI~RES
LES RTES DE MISRAIM ET MEMPHIS
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61
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Chapitre VI.
Les Pyramides de Memphis: Le
Rite Ancien et Primitif
John Yarker et ses
Rites
Leur histoire
La rdduction des
grades ~ Ia nomenclature Ecossaise
Theodor Reuss et l’Ordo Templi Orientis
Memphis ~ Palerme
Le Grand Orient d’Egypte
et la charte de 1876
Le Rite R~form~ de
Memphis de Catane et Giambattista Pessina
La poidmique avec Ia Rivista della Massoneria
Le Congr~s de Milan et les Supr~mes
Conseils de Naples, Palerme et Livourne
Le
Sanctuaire Idgitime d’Italie
—
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—
Troisi~me partie.
—
—
—
MEMPHIS ET MISRAIM APRtS LA
MONDIALE
Chapitre IX.
L’Ordre de Memphis-Misraim: Le
trait~ entre l’Eglise Gnostique de Bricaud et
I’Ordre Martiniste
La succession gnostique
de Bricaud
La filiation Mika~1 issue de Ia
charte de Yarker de 1909
Les convents de
—
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—
SECONDE GUERRE
71
—
—
—
123
10
LES RITES DE MISRAIM ET MEMPHIS
1964/65/66 de 1’Ordre de Memphis-MisraYm
r6veill~ par Robert Arnbelain
La Grande
Loge f~minine de France
L’Ordre moderne
de Memphis de Probst-Biraben
—
—
125
Chapitre X.
Palerme et Milan: Nouveau r~veil ~
Palerme de l’Ordre de Memphis d’Egypte
R~veil du m~me Ordre ~ Londres
Martinistes de Memphis et Martinistes de Misraim et
Memphis
Les prdtentions milanaises
Le
plan de MisraYm et Memphis pour l’unification
135
ma~onnique en Italie
—
—
—
—
INTRODUCTION
—
Chapitre XI.
Le So~verain Grand Sanctuaire
Adriatique: Rdveil de l’Ordre de Misraim de
Venise et son union au Temple Mystique des
Patriarches de Memphis
La Loge-m~re Osiride
Le Souverain Chapitre des Adeptes
d’Orphde
Le Consistoire Nefertum du 9O~
degrd
L’alliance avec le Droit Humain
La prevarication de Philalettes
La R~organisation des Ordres et des Rites
Philalettes
et les Fran~ais
Philalettes et les Italiens
La calomnie contre le d~funt Grand Hidro142
phante Artephius
Philalettes d~masqu~
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Conclusion
155
Addenda ~ Ia deuxl~me ddition Itallenne
161
Annexe ii I’ddition fran9alse: Grades de divers Rites
183
Bibliographie
195
Un grand nombre d’~crivains ma9onniques et antima~onniques ont ~crit sur les Rites de Misraim et
Memphis, mais toujours d’une mani~re br~ve et superficielle, sans jamais les prdsenter clairement, soit parce
qu’ils ne possddaient pas de documentation, soit parce
qu’ils n’avaient pas obtenu 1’autorisation de la publier,
soit encore pour d’autres raisons qui apparaitront clairement ~ celui qui aura la patience de lire et de r~fkcbir.
Cela est dfi aussi ~ la r~serve dans laquelle ces deux
Rites se sont maintenus ~ la suite des pers~cutions des
pouvoirs civils et des ca lomnies Fr~quentes auxquelles
us furent et sont encore soumis de la part des organisations ma~onniques plus puissantes numdriquement et de
tendances radicales et mat~rialistes.
Quelques dcrivains ma~onniques, presque toujours de
tr~s hauts dignitaires des deux Rites, comme par exemple
B~darride, Vernhes, Malinger pour le Rite de Misraim,
Marconis, Yarker, Bricaud, Frosini, Mac Bean pour le
Rite de Memphis (pour n’en citer que quelques-uns, en
exceptant Ragon pour des raisons ~videntes qui seront
expliqu~es dans le texte) ont tent~ de mettre en avant
quelques dates historiques (presque toujours l~gendaires
ou tout ~ fait fantaisistes) sans y r~ussir, et en g~n~ral
avec le but secret, apr~s avoir tents de d~montrer l’anciennets du Rite, d’en profiter pour eux-m~mes, sans se
rendre compte que, lorsqu’on se r~f~re i~ 1’anciennet~ des
Rites ma~onniques et i~ l’origine de la Ma~onnerie sp~culative, les dates sont tr~s r~centes et que le Rite le plus
12
LES RITES DE MISRAIM ET MEMPHIS
connu et le plus important num~riquement, c’est-~-dire
le Rite Ecossais Ancien et Accept~, remonte i~ 1801, et
que Memphis est plus recent et Misraim sans doute ~
peine plus ancien. Ainsi que le faisait remarquer tr~s
justement le Marquis Savalette de Lange dans un petit
opuscule publi~ en 1777 par les soins de la Respectable
Loge des Amis R~unis ~ l’Orient de Paris (la Loge si
c~l~bre des Prnlal~thes) Les pr~tentions d’anciennet~ ne
servent ~ rien: «Renon~ant donc absolument ~ toute
pr~tention ~ l’antiquit& notre ~poque est fixde i~ l’~tablissement dans cette Loge des Commissaires aux Grades et
aux Archives en 1775 (...) Les Amis R~unis se dedommageront par une longue et paisible existence dans la
post~rit~ de l’aveu modeste qu’ils ne rougissent pas de
faire de leur moderne origine.
Quant ~ moi, sous l’influence de quelques amis du
Centre international des ~tudes traditionnelles, j ‘ai entrepris la recherche de documents sur les deux Rites, sans
attacher la moindre importance ~ leur origine plus ou
moms ancienne, parce qu’~ mon avis, ce n’est pas la
date de Ia fondation d’un Ordre ma~onnique qui l’ennoblit et fait apparaitre son orthodoxie et son authenticit~,
mais bien son exactitude dans l’enseignement des doctrines ma~onniques et son respect de leur esprit.
Maiheureusement la raret~ des renseignements sur les
deux Rites laisse les mains libres aux profiteurs et aux
faux proph~tes> et, de ce fait, les filiations des nombreux groupes qui se r~clament de Misraim ou de Memphis, ou des deux, sont assez incertaines et m~me souvent
fausses. Ceux qui de temps en temps r~veillent Misraim
ou Memphis, ou se d~clarent possesseurs plus ou moms
l~gitimes d’un droit de r~veil, «oublient > certains
statuts et certains rituels, soit parce qu’ils ne poss~dent
pas L’ensemble des statuts et des rituels originels, soit
pour d’autres motifs; quand ils ne substituent pas ddib~r~ment aux rituels authentiques les rituels d’un autre
Rite plus commun ou plus connu (qui selon eux respectent la tradition) ou n’inventent pas de pseudo-rituels
“6gyptiens ou «orientaux des trois premiers degr~s
ceci contre toute r~gle ma~onnique, car les rituels
—
INTRODUCTION
13
des trois premiers degr~s de tous les Rites sont les m~mes,
sauf queLques petites et insignifiantes variantes, pour tous
les Ma~ons du Monde.
Dans l’~laboration de la pr~sente ~tude, je m’en suis
tenu, en ce qui concerne Les sources, i~ une m~thode
fondamentale pour quelqu’un qui «pretend ~ et se plait
i~ faire de l’histoire; cette m~thode, gage de s~rieux et
de precision, consiste en la prise en consid~ration de
trois axes de recherches: 10 la documentation existant
dans les archives publiques et priv~es des Ordres et
Rites, ainsi que celle provenant d’ouvrages de caract~re
historique; 20 Ia documentation fournie par les papiers
privds appartenant aux Rites (correspondance, notes,
etc.) et l’examen des jugements qui peuvent subsister dans
cette documentation;
l’analyse des diverses interpr&
tations et des diffdrents r~cits et indications historiques.
Pour chacune de mes sources, je me suis pr~occup~
de fournir l’origine et les dates pr~cises ~ ma disposition,
afin que chacun, s’il le desire, puisse contester l’exactitude de la citation. Par souci d’objectivit~, j’ai en outre
cit~ de nombreux auteurs oppos~s aux deux Rites, qui
ont essay~ de les discr~diter; et leurs citations servent
largement aussi ~ ddmontrer le peu de s6rieux et les
contradictions de leurs dcrits.
Naturellement il serait absurde et ridicule de pretendre
avoir recueilli et examin~ toutes les informations existantes mais assur~ment nous avons pr~sent6 celles qui
dans le cadre g6n~ral d’une s~rieuse recherche historique
permettent de d~gager l’origine, l’~volution (et l’involution) ainsi que l’actuelle position des deux Rites, du
brouillard ~pais dans lequel, jusqu’~ aujourd7hui, us
~taient pIong~s pour les raisons d~j~ mentionn~es. Nous
pensons ainsi ouvrir les yeux sur les speculations de
certains “Grands Maitres > et sur Ia r~gularit~ de divers
groupes qui, en toute bonne foi, se r~cIament des Rites
de MisraYm ou de Memphis, ou de tous les deux ensemble,
sans avoir d’eux aucune documentation r~elle, ni avec
eux aucun lien historique et initiatique.
Je me sens le devoir de remercier tous ceux qui m ‘ont
assist~ dans mes recherches et m’ont donn~ Is possibilit~
30
~1
14
LES RITES DE MISRAIM ET MEMPHIS
d’acc~der ~ des documents rarissimes et compl~tement
inddits et particu1i~rement le Grand Secretariat des Rites
Unis de Misraim et Memphis, le Grand Hi~rophante
g~n6ral du Rite de MisraYm Regime de Naples» ou
Arcana Arcanorum, le Grand Maitre de I ‘Ordre Martiniste, la Grande Chancellerie de l’Ordre du Temple, le
Conservateur des archives de la loge Concordia Veneta
~ l’Orient de Venise du Rite ma~onnique mixte du Droit
Huma in et les importants Ma~ons des autres Rites, qui
ont permis mes recherches en mettant ~ ma disposition
des textes rares, des lettres originales, des d~crets, des
chartes et ainsi de suite.
Je dois conclure en d~clarant que si dans le texte qui
suit j ‘arrive quelquefois ~ des conclusions, elles sont
enti~rement d~pendantes de l’examen des documents cites
ou rapport~s, sans que l’on puisse penser qu’elles tirent
leur origine d’int~r~ts particuliers de caract~re ma~onnique. C’est-~-dire, qu’il s’agit de conclusions historiques
qui, en tant que telles, ont une importance fondamentale.
PREMIERE PARTIE
LE RITE MA~ONNIQUE
DE MISRAIM OU D’EGYPTE
Venise, janvier 1975
G.
VENTURA
55
CEIAPITRE PREMIER
MISRAIM EN FRANCE
“Ce fut le 21 mai 1814
~crit Jean-Marie Ragon,
auteur sacr~ de la Ma~onnerie fran~aise, particuli~rement
vdn&6 au Grand Orient de France — que des Ma~ons,
venant d’Italie, nomm~s B~darride fr~res, n~gociants
(ils passaient pour des Juifs portugais), dtablirent, dans
leur domicile, rue des Bons-Enfants, n0 27, un Grand
Chapitre du Rite de Misraim, dont nous donnons plus
loin le tuileur complet ~.»
Ragon raconte ses contacts avec les B~darride qui,
selon ce qu’il ~crivait, lui “vant~rent la sub1imit~ de leur
Rite, sans vouloir entrer dans aucun ddtail. Je leur
objectai qu’ayant lu leur nomenclature, j ‘en connaissais
les 68 premiers degrds, et je les priai de me dire l’esprit
et le but des 22 derniers grades. Leur rdponse fut un
balbutiement que je pris pour de la r~serve et que j ‘attnbuai aussi ~ la difficu1t~ de s’exprimer en fran~ais qu’ils
baragouinaient alors avec peine
—
S
>.
1. J.-M. RAGON. — Tuileur gdn~ral de La Franc-Ma9onnerie ou
Manuel de l’Initis contenant l’origine identique de l’Ecossisme
et de Misrdim, Paris, 1861, p. 236.
2. Ii n’est pas exact que les fr~res B~darnide, Marc, Joseph
et Michel, ne connaissalent pas le fran~ais. Marc, auteur de l’Ordre
ma~onnique de MisraYm, publi~ ~ Paris en 1845, I’~crivit en tr~s
bon fran~ais. D’ailleurs Marc dtait officier d’dtat-major dans
1’arm~e d’Italie et ~tait nd en France, et de ce fait le fran~ais
~tait sa langue. En consequence, 1’opinion de RAGON selon 1eq~ie1
18
19
LE RITE DE MISRAIM
MISRAIM EN FRANCE
Le r~cit de Ragon laisse percevoir sous son apparente
objectivit~ et son style quelque peu ironique, tine certaine
rancceur contre les B~darride et le Rite de MisraYm qu’en
ddfinitive ii condamne parce qu’iI “reprdsente l’autocratie: Un seul, sous le titre de Souverain Grand Maitre
absolu, gouverne les ateliers, il est irresponsable. Cette
anomalie toute profane rappelle le droit divin. Ce r~gime,
qui n’a de ma~onnique, que ses emprunts aux collections
et aux Rites connus, n’est pas meme ma~onnique dans
ses formes ». Mais cependant ii manifestait de l’intdr~t
pour ce Rite qui le fascinait malgr~ son mdpris ext~rieur
pour les hauts-grades et il fit une tentative, sur laquelle
il y aurait beaucoup ~ dire, de le faire reconnaitre par le
Grand Orient de France.
Dans tine autre de ses ceuvres, Orthodoxie ma~onnique,
Ragon, reparlant de Misraim, ~crit: “Le Rite des Fr~res
B~darride n’est depuis le premier jusqu’au 66’ degr~ inclusivement, qu’un pillage fait dans le Rite informe dit
Ancien et Accepts de 33 degr~s, et dans diverses collections de grades invent~es en France et ailleurs depuis
1730. Ce Rite ne commence donc r~ellement qu’au 67’ degr~ et ne roule plus que sur des sujets bibliques, ofi Ia
vraie Ma~onnerie n a rien ~ faire ni ~ voir, et sur des
sujets relatifs ~ l’isra~lisme, ce qui n’a aucun rapport
avec 1’ Egypte, qui est bien ant~rieure ~ tout cela. Voiin
pourquoi nous 1’appelons Rite judaique.>
A part les contradictions dans lesquelles tombe Ragon
et ses affirmations p~remptoires sur le manque absolu
de liens entre la Ma~onnerie (la vraie, selon lui) et la
Bible’, il demeure qu’il se delecte d’ ~gyptianisme
apr~s avoir d~couvert que les quatre derniers grades de
MisraYm du R~gime B~darride (grades, qu’il qualifie de
ils ~taient portugais n’a plus de raison d’&re. D’apr~s 1’Histoire
pittoresque de la Franc-Ma9onnerie de F.T.B. CLAVEL (p. 214),
Marc Bddarride aurait ~
en 1811 un des signataires (avec le 770
degr~) d’un dipl6me du Rite misraYmite, d~livr~ par le Chapitre
la Concorde existant alors dans les Abruzzes, au commissaire
des guerres fran~ais B. Clavel, parent de 1’auteur.
3. L’anomalie dtait, au contraire, dans le ddmocratisme que
1’on voulait attribuer ~ la Ma~onnerie, ddmocratisme dont elle
avait ~ rev~tue par le Grand Orient de France, d~s apr~s la
Rdvolution, avec les loges jacobines, et gui s’est ensuite propagd
sur la base des ~ principes immortels ~>. Ii est de fait, au contraire,
sans se perdre en divagations inutiles, que la definition de Souverain dont on use et abuse dans les grades ma~onniques, a Ia
signification precise de celui qui est au-dessus des autres et qui
poss~de Ia souverainet~, c’est-~-dire la totalitd de l’Etat; ce Pouvoir suprdme est Ia facu1t~ d’imposer ses ordres aussi bien que
de r~g1er et diriger 1’action de chacun d’une mani~re absolue
(VANNI — Lezioni di filosofia del diritto, Bologne, 1908).
4. RAGON — 1861, p. 234.
“
cabalistiques)
peuvent ~tre
remplacds par quatre autres
appel~s Arcana Arcano rum (Myst~res des Myst~res), Scala
di Napoli ou <‘R~gime de Naples ». En fait, dans un de
ses r~cits sur les rapports existant entre les B~darride et
d’autres Ma~ons dii Rite de Misraim’, ii affirme que:
“En 1816, onze Freres appartenant au Rite, fort m~contents e t scandalis~s du trafic que des importateurs osaient
faire de cette Ma~onnerie, et dans le but louable et d~sint6ress~ d’y mettre un terme, r~solurent de purifier l’arche
et de crder une nouvelle Supreme Puissance du Rite: ils
form~rent un Supreme Conseil, 90’ degr~. Les membres
charg~s de remplir les offices furent les Fr~res: Ragon,
chef de bureau, v~n~rable fondateur de la loge imp~trante
des Trinosophes; Gaborria, Souverain Grand Maitre
absolu au 90’ et dernier degrd, Valide de Naple; D~col1et,
chef ~ l’administration des Monnaies et M~dailles; M~allet, secrdtaire de la Soci~td acad~mique des Sciences;
sous la pr~sidence du Fr~re Joly, autoris~ ~ cr~er, ~tablir
et constituer en France le Rite de Misraim dans ses quatre
series et dans tous les degr~s qui les composent en vertu
des pouvoirs qui lui avaient ~ d~l~gu~s ~ Naples, en
1813, par la Puissance ~tablie en cette capitale
~.>
5. La 1~gende d’Hiram (qui est en rdalitd celle d’Osiris) provient d’un sujet biblique lui aussi alt~rd; les paroles sacrdes et
les mots de passe des trois premiers degr~s sont des paroles
h~braYques provenant de la Bible et ainsi de suite. Ce que Ragon
paralt avoir ~trangement oub1i~.
6. J.-M. RAGON — Orthodoxie Ma9onnique, Paris, 1853, p. 186.
7. Marc B~DARR1DE soutient au contraire (De l’Ordre ma9onnique de Misrdim, tome II, p. 165) que le Fr~re Joly, 77’ degrd,
recommandd par le Fr~re de Lassalle de Ia ValIde de Naples flit
~1ev~ au 81’ puis au 87’ degrd en 1814. Toujours dans le m&me
tome ~ La page 207, il indique que les Fr~res Richard, Beaurepaire,
Mdallet, Joly et consorts furent expulsds le 15 aoi:it 1818 ~ la suite
de ce qu’ils avaient tentd de faire au prejudice du Rite.
20
LE RITE DE M]SRAIM
En d’autres termes le Rite 6tait valide, magonnique et
r~gu1ier mais
selon Ragon
il devait ~tre mis sous
l’~gide du Grand Orient &ant donn~ que les quatre personnages cit~s, ainsi que leur pr~sident Joly (homme de
paille ainsi que cela sera d~montr6 plus loin) d6clarent,
dans les statuts dressds par eux, au m~pris de Naples et
dii Rite, “ne reconnaitre en France d’autre autorite
magonnique et kgale que le Grand Orient ~.
Cependant, notons que dans son Tuileur gdndral Ragon
raconte une version diff&ente. Etant donn~ que le
16 octobre 1816 les Misraimites vot~rent contre Ia proposition de demande de reconnaissance par le Grand Orient,
Ragon se mit dans une grande col~re, et abandonna,
indign~, la reunion du Grand Chapitre de Misraim Arc
en Ciel. Mais s’~tant apergu que l’Orateur du Chapitre
portait le cordon aurore du Grand Orient, “le lendemain
~crit Ragon
j’allai le trouver et lui fis les plus vifs
reproches de se fourvoyer, lui et son cordon, avec des
gens sans moralit~ qu’il devait bien connaitre. Ii m’avoua
—
—
—
—
ses torts, en m’assurant que l’dmotion g~n~rale ~prouv~e
dans la s~ance d’hier, oti ma sortie rompit les travaux, le
s~parait enti~rement d’eux. II me pria de l’agr&r dans
ma loge, ajoutant que d’autres bons Fr&es viendraient
bient6t solliciter la m~me faveur. Je lui tendis la main,
en le nommant Orateur-adjoint de ma loge. [1 me conta
qu’un pr~t de 300 francs que lui avaient fait ces Magons
de contrebande, qui poss~daient une longue nomenclature
de grades sans rituels, lavait retenu, mais qu’il se croyait
d~gag~ et quitte avec eux, parce que, pour cette somme,
ii avait r6dig~ leurs statuts qui ~taient fort lib&aux, et
que pendant une grave indisposition qui le tint au lit,
us y introduisirent un absolutisme ridicule en lear
faveur’ >~
Dans ce qui est &rit ci-dessus, on voit clairement
Ic s&ieux et l’honn&tet6 de ces deux Ma~ons soi-disant
intransigeants : l’un d’entre eux, qui estimait &re
relev~ de ses serments et de ses dettes parce qu’il aurait
r6dig6 des statuts, passait d’une loge ~i l’autre sans aucune
8. RAGON
—
1861, p. 243.
MISRAIM EN FRANCE
21
crise de conscience; I’autre, le pur, qui accusait d’immoralit~ ceux qui sous sa pression 1’avait d~cor6 du
88’ degr~’, s’indignait uniquement parce que dans un vote
r~gu1ier la proposition de demander la reconnaissance
du Grand Orient avait ~ refus~e. Ils se mirent alors
d’accord pour s’emparer de Misraim (ce qu’ils tent&ent
effectivement). Puis, sans se rendre compte que ce qu’il
~crivait le condamnait, Ragon continuait: “Le lendemain,
dimanche 20 octobre, vinrent chez moi les Fr~res Joly,
Orateur titulaire des Trinosophes, M~allet, Orateur adjoint, et Henkelbein, Premier Maitre des C~r~monies. Ces
deux derniers me pr~sent~rent It Fr~re Ncollet, conservateur des mddailles a l’administration de la Monnaie et le
Fare Pigni&e, chef d’escadron d’artillerie, qui, rompant
avec les &darride, sollicitaient une fonction chez les Tnnosophes. Je nomcnai le Fr&re Ncollet, Secr~taire, et le
Fr&e Pigni~re, Premier Expert. Ces Fr&es fort satisfaits,
me remerci&ent et m’expliqu~rent [ensuite] l’~nigme
de l’unanimit~ des boules noires qui trompa tout le
monde ‘¾>Et il continuait encore: “Le Fr~re Joly &ait
accompagn~ des Fr~res Gaborria et Garcia; ces trois
Fr~res ~taient porteurs de leur patente du 90’ degr~, constatant le pouvoir d’&ablir hors de l’Italie, le Rite de
MisraYm. Ces Fr&es nous propos&ent de former une
Supreme Puissance pour mettre ce Rite sous la protection
9. RAGON rapporte dans son Tuileur gdndral la lettre qu’il
6crivit ~ Bddarride afin d’&tre re~u dans le Rite de Misraim.
Apr~s avoir soulignd qu’aux trente-cinq maitres de son groupe,
s’ajoutaient onze autres, quelques•uns ddtenteurs du 18’ degr6,
d’autres du 300, 31’ et un du 33’ (Rite Ecossais), gui par dquivalence de grade faisaient partie de la 10’ classe, 66’ degr~ de
Misraim, Ragon continuait: “en consdquence, ces Fr~res ddsirent,
s’il est possible, voir 6tablir, dans leur sein, la 14’ classe, 77’ degrd.
Le tuileur de la 3’ s6rie (classes 11 ~ 14) serait communiqu6 k
9 Fits-es; le Fitre Withen de Henkelbein, 87’ degrd, formerait le
10’ membre, nombre prescrit.» Naturellement pouvait-on donner
& Ragon un grade inferieur k celul des membres de sa loge?
Cela aurait dte ridicule. Et effectivement, on lui donna le 88’ degrd.
10. Si, ainsi que l’affirme RAGON, sur 36 boules, 4 seulement
dtaient blanches (Tuileur gdndral, p. 242) comment donc tous
avaient-ils etd trompes? Et comment donc avaient 6t6 trompds
les D6collet, Pigni~re, Gaborria el Garcia, inconnus de Ragon,
s’il affirme que les quatre boules blanches 6taient celles de ses
trois amis plus La sienne?
22
LE RITE DE MISRAIM
du Grand Orient et m’offrirent la dignit~ de Supreme
Grand Chancelier. Nous acc~d~mes tous ~t ce projet qui
r~pondait ~ nos vues”.
La Constitution de cette pr~tendue Supreme Puissance
pour la France, action authentique de trahison envers les
B~darride qiii avajent apport~ et fond~ en France le Rite,
eut lieu le 11 novembre 1816; 1’acte fut sign~ par cc .Joly,
Supreme Grand President 9Qe; Richard 9Qe; Ragon, Supr~me Grand Chancelier 9O~~ M~a11et, Supreme Grand
Inspecteur 90e; Gaborria, Supreme Garde des Sceaiix 9O~;
Pigni~re 9Q0; D~co11et
etc.
Comme on peut le constater tous ces Messieurs s’~taienL
auto-proc1ain~s 9O~ d’iin Rite qui, ~ leur avis, ~tait une
escroqilerie. us le pr~sent~rent aii Grand Orient, mais
cette assembke, apr~s la mascarade organis~e par Ragon
et qu’il explique lui-meme dans les pages 250, 251 et 252
du Tuileur g~n~ral, ne consi&ra pas comme opportun, ni
prudent de 1’admettre.
Ainsi le pr6tendu Misraim de Ragon et cornpagnie
disparut de la circulation mais fut ~ l’origine de La diffamation, de la persecution et des d~nonciations contre
les B~darride et les Misraimites de Ia part des journalistes du Grand Orient parmi lesquels le d~nomm~
Richard, membre de 1’Acad~mie des Sciences. Ce dernier
sous sa robe de Grand Orateur du Grand Orient (ii avait
fait carri~re) jugea opportun, le 24 juin 1822, de rappeler que ce Rite (Misraim), avait d’abord ~ pr~sent~ au
Grand Orient par des Fr~res qui, pr~voyant 1’abus qu’on
se disposait d’en faire, crurent qu’il serait avantageux,
pour 1’autorit~ ma~onnique de 1’adopter ~.Ii s’attira cette
r~ponse, plus que juste, de Ia part du Fr~re Vernhes, de
Montpellier, 870 de Misraim: Nous pouvons vous porter
le d~fi, Fr~re Richard, de produire, ou m~me de citer une
seule d~marche officielle faite par La Puissance Supreme
aupr~s du Grand Orient, pour qu’une semblable fusion
s’op~r~t, ~ moms que cette d~marche ne fr~t 1’ceuvre de
9Q0;
11. Comment donc, tout ~ coup, La reconnaissance du Grand
Orient r~pondait-eIIe aux vues de ceux qul avajent vote contre
deux jours avant?
~KAGON
—
1861, p. 246.
MISRAIM EN FRANCE
23
quelques pariures ou transfuges de votre esp~ce qui, sans
aucune instruction, sans aucun pouvoir, se seraient arrog~s cette mission
Mais 1’on doit aussi souligner un d~tai1: 1’affirmation
que le Fr~re Joly avait autorit~ pour instituer une
Supreme Puissance en France. Ragon ~crit ~ la page 243
de son Tuileur: Le lendemain, dimanche 20 octobre,
vinrent chez moi, les Fr~res Joly, Orateur titulaire des
Trinosophes, M~a11et, Orateur adjoint, etc.
Or, Joiy, en sa qua1it~ d’Orateur titulaire de La loge
fond~e et pr~sid~e par Ragon ~tait, naturellement, bien
connu de lui. Comment alors Ragon s’~tait-iI fait duper
ainsi qu’il le soutient
par les B~darride s’il avait
d~j~t, dans sa loge, et comme Orateur, le 1~gitime repr&
sentant du Rite de Misraim cc autoris~ ~ cr~er, ~tab1ir et
constituer en France le Rite de MisraYm dans ses quatre
series et dans tous les degr~s qui les composent en vertu
des pouvoirs qui lui avajent ~ d~1~gu~s ~ Naples en
1813 ~ ‘~? Et comment Joly, qui voyait son V~n~rab1e
traiter avec les B~darride, faux et profiteurs, aurait-il Pu
rester silencieux pendant tout le temps des tractations
et se r~v~1er en tant que Supreme Grand Conservateur
seulement le 20 octobre 1816?
Myst~res que Ragon n’explique pas, mais qui n’apparaissent pas tr~s difficile ~ comprendre pour un lecteur
attentif (sans compter le d6menti de B~darride concernant 1’initiation de Joly). De plus, ii faut souligner 1’histoire de La cassette que Ragon aurait perdue en mer
pendant son voyage aux Etats-Unis en 1820 et dans
laquelle
h~1as
~taient conserves d’importants documents de Misra~m, parmi lesquels les explications et les
d~ve1oppements des 870, 88~, 890 degr~s du Regime de
Naples (Arcana Arcanorum). Au contraire, les B~darride
poss~daient bien ces grades ainsi que le confirme un
manuscrit conserve ~ Bruxelles et datant de 1817 au plus
tard, comme nous 1’expliquerons plus loin.
Voi1~ 1’histoire de 1’apparition de MisraYm en France,
—
—
13. J.F. VERNEES
Defense de Misra~m, Paris, 1822.
14. RAGON
1853, pp. 185-186.
—
—
-.
-.-
—.
..
a.
-mm--
24
LE RITE DE MISRAIM
MISRAIM EN FRANCE
ob ce genre de choses pouvait avoir une grande publicite
meme apres Ia Restauration, alo rs qu’en Italie tout ce
qui “sentait» la Ma~onnerie devait ewe tenu secret. Histoire que nous avons reconstruite, comme nous l’avons
vu, A partir des d&zla rations de ceux qui avajent diffarne
Misraim apres avoir tentcl de s’en ernparer, alors que
nous aurions pu nous baser uniquernent sur ce qui avait
~tcl &rit par Marc IBcldarride lui-meme.
“Le Grand Orient de France — ecrit un auteur moderne
tres documente, l’avocat Jean Malinger
battit en ce
dornaine [celui de la persdcution] toas les records de La
mdchancet6 allant jusqu’A denoncer le Rite de Misraim
au pouvoir politique, A provoquer des perquisitions et des
poursuites contre le Rite de Misraim, afin de rendre A ce
dernier toute existence impossible.» Malinger cite les
Acta Latomorum de Thory, tome II, mais ii suffit de se
tourner vers Ragon et son Tuileur gdndral ott, A la note
de La page 248 (dans laquelie ii presente natureflement
[a persecution comme La consequence logique d’on ne
sail quels actes contraires aux lois commis par les Misraimites) ii signale La circulaire du 22 juin 1818 du Supreme Conseil des Pays-Bas interdisant le Rite de MisraYm’5, Ia fermeture de Ia loge Bonne Fol de Montauban
en 1821 et l’irruption de Ia police dans Ia loge misraimite
de Tarare le 1” octobre 1822.
II en fat ainsi, en France, pendant environ 74 ans,
jusqu’A ce que le Rite de Misraim, reduit d6sormais A un
lumignon, renonce A ses prerogatives et A son orthodoxie,
de [a bouche ineme de son Grand Secrdtaire Chailloux,
dans un discours dont ii parait opportun de rapporter
—
15. J. MALLINGER — “Les Rites cUts Egyptiens de la Ma9onnerie Inconnues, n 12, Lausanne, 1956.
16. Quand cela peut &tie utile k ses objectils personnels,
~,
ne craint pas de s’appuyer sur Ic Rite Ecossais, qu’il a
toujours diffamd, ainsi qu’il eat facile de le constater clans ses
ruvres. Cependant II faut dire que Ic Rite Ecossais ne pouvait
pas Faire moms qu’interdire Misraim dtant dome que ses statuts
ddfendent aux Mavons de son Rite de faire partie d’autres Rites,
sous peine d’expulsion. Misralin, au contraize, adinet les Ma~ons
de tous les Rites (art. 2, 3, 4 de ses statuts).
RAGON
25
quelques extraits”: «Mais vient 1’instant ott ii Iui est
permis enfin de disposer de ses forces vives pour les
mettre au service des idees de progks; cette institution
est amende par La force des choses A se transformer, A
evoluer dans un sens progressif. Chez nous, La reorganisation a commence par Ia refonte des rituels. Ces rituels
on t ete mis en harinonie non seulernent avec les principes
ma§onniques et ddmocratiques’5, mais avec les donndes
scientifiques les plus modernes (...) En supprimant completement tout ce qui, de pres ott de loin, pouvait rappeler
le caractere Si religieux de ce grade A son origine, La
Ma§onnerie n’ayant et ne devant avoir rien de commun
avec Ia religion (...) Si on peut tire dans notre Ddclaration
de principe, imprinide en 1885: Base fondarnentale et
immuable, l’existence de l’Stre Supr&me, l’immortalitd de
l’Ame, l’amour du prochain; aujourd’hui on peut lire
dans notre Constitution rdformde: Autonomie de La per~
sonne humaine, justice, altruisme’5.»
Une telle prise de position qui violait les statuts et
lea declarations de principe de l’Ordre, etant donne qu’il
ne s’agissail plus du metre Rite, provoqua une scission
entre ceux qui dtaient fideles A l’orthodoxie de Misraim
qui suivirent le Frere Osselin, et les autres, sensibilisds
par lea innovations ddmocratiques et opposes au Grand
Architecte de 1’Univers et A 1’imrnortalitd de 1’Ame, qui
saivirent le Frere Chailloux.
Lea Fran~ais, qui s’etaient battus pendant trois quarts
17. Discoura du docteur Chailloux du 4 aoiit 1889 h Paris pendant la fete de I’Ordre de Mismim, citt par 3. MALLINGER dana
son article (1956).
18. La Mavonnerie si elle eat, comme cUe 1’affirme, tine societe
initiatique ne peut etre ddmocratique. Albert LANTOINE, historien
et speci~iste des questions ma~onniques, affinne (Zes Socidtds
secretes actuelles en Europe et en Ani&ique, Paris, 1940, page 23):
cc Une societe qul, initiatique, entend soumettre sea ems A tine
discipline morale et intellectuelle, ne peut s’agreger que ceux qui
sont ausceptibles do recevoir son enseignement. Choisissant Yes
aristes lea rneilleurs — elle eat, de cc fait m&me, aristocratique.
Ne l’aurait-elle pas ete, du moms en partie, par Ia qualitd sociale
de sea membres, la Franc-Mavonnerie l’dtait dejA par son essence
m~me.’>
19. En abolissant Ia fondamentale et immuable base du Rite,
A savoir l’existence du Grand Architecte de l’Univcrs, Chailloux
et consorts a’en excluaicnt par eux-m&mcs.
—
I
26
LE RITE DE MISRAIM
MISRAIM EN FRANCE
de si~c1e, auraient mieux fait d’imiter leurs Fr~res italiens
qui s’~taient mis en sonimeil ~ la fin de 1867 et qui ne
pouvaient de ce fait s’int~resser aux r~apparitions b~tardes de certaines pr~tendues Puissances misraimites, privies de rituels et de toute tradition et r~diiites ~ copier
le Rite Ecossais et ~ adopter des statuts <progressistes
Tout cela sera expose bri~vement par la suite.
Maintenant notre int~r~t est de faire un retour en
arri~re pour ~claircir Ia question du ~ Regime de Naples~>
et des Arcana Arcanorum dont d’apr~s Ragon (qui en
aurait perdu tous les documents pendant sa travers~e
vers les Eta ts-Unis) la pr6rogative aurait ~ donn~e au
fr~re Joly tandis que les B~darride se seraient invent~s
le tuileur des quatre derniers grades dii Rite.
Nous soutenons que le tuileur des quatre derniers
degr~s expos~ par B~darride, ~tait un tuileur a1t~r~ artificieusement car les Arcana Arcanorum, en tant que tels,
sont myst~res, et donc secrets. Cette affirmation est
~tab1ie par le fait qu’aiijourd’hui encore ce tuileur et son
explication sont ngoureusement caches et par le fait qu’~
Bruxelles, oii le Rite fut introduit en 1817, existe encore
une partie de ses archives qui inclut les statuts parus le
5 avril 1818, plusieurs dipl6mes et un tuileur manuscrit
sur parchemin contenant notamment les Arcana Arcanorum, avec une ~criture identique ~ un document plus
ancien, remontant au moms ~ 1780-85 ~.
Le fameux Thory, ensuite, dans ses Acta Latomorurn
~crivait ~ propos de MisraYni
Cette institution ~tait
tr~s en vigueur ~ Venise et dans les iles loniennes, avant
la r~vo1ution fran~aise de 1789. Ii existait aussi plusieurs
Chapitres de MisraYm dans les Abruzzes et dans Ia
Poiiille (...) Tous ces grades, except~ les 88e, 89e et 9O~, ont
des noms diff~rents. A 1’~gard de ces trois derniers, nous
n’en connaissons pas Ia denomination: on les a indiqu~s
‘.
20. Dans son ouvrage (tome II, p. 125), Marc B~DARRIDE signale
qu’en 1’ann~e 5786 (correspondant 1782) 1’initi~ Parenti, 66 degr~
de la loge de Zante, se rendit en Belgique. En Ce qui conceme
les rituels, B~DAkRIDE affirme que Lacoste, et non Joly, avait tous
les pouvoirs et manuscrits des divers grades (pp. 160-161).
27
comme voil~s dans le manuscrit qui nous a ~ communiqu~
Remarquons ~ partir de ce qu’~crivait le plus c~bre
historien ma~onnique, que si les trois derniers degr~s du
Rite ~taient < voi1~s ~ pour lui, ~crivain, us 1’~taient parce
qu’on en craignait la divulgation.
~‘.
21. THORY
—
1815, pp. 327-328.
29
LES ARCANA ARCANORUM
CHAPITRE II
GrAce ~ un protecteur de cette distinction, les Pehlegrini
firent ~ Naples une rentree assez brillante (...) Le Marquis
Pellegrini, collaborateur intime du Chevalier d’Aquino, ne
rappelait en rien l’obscur dessinateur A la plume. Ii se
prdsentait aux Napohitains comme un adepte merveilheusement instruit de physique, de chimie, d’anatomie, de
botanique, sans parler des sciences occultes. A 1’ecole du
Chevalier, ii avait acquis un maintien et un langage qui
ne sentait presque plus les bouges de Palerme
C’dtait en 1775 et les choses alhaient A merveihie pour
Ic futur Comte de Caghiostro qui enseignait la cabahe, hes
sciences occultes et quehques rudiments de mddecine;
sinon que brusquement, ainsi que l’dcrit Photiades, cc tout
est dnigme et mystere (...) Riche de l’argent que hui rapportaient ses le~ons de cabahe et d’ahchimie, energiquement soutenu par he Chevalier d’Aquino, pourquoi donc
Balsamo-Pellegrini ne se fixait-il pas A Naples? (...) Toujours est-il qu’avant la fin de 1775 Balsamo s’embarquait
A Naples pour Toulon, trainant apres liii Lorenza et he
trop johi beau-frere Francesco Puis de lA, us rejoignirent
Marseille.
Ni Photiades, pourtant attentif et documentd, ni aucun
autre biographe de Caghiostro, ne se sont donnes ha peine
de chercher qui etait effectivement he Prince de Caramanico, frere du Chevalier d’Aquino: ils auraient constatd
qu’il etait Grand Maitre national de ha Ma~onnerie du
Royaume de Naples et que son cousin, he prince Raimondo
di Sangro di San Severo (titre qui passa ensuite A la
famille d’Aquino) avait aussi ete vers 1750 Grand Maitre
de ha Ma~onnerie napolitaine ~.
Balsamo avait appris ha cabahe et lea autres branches
i.»
LES ARCANA ARCANORUM
En se basant sur le tdrnoignage de Gcethe contenu dans
son Italienische Reise (Palerme, 13 et 14 avril 1787), Constantin Photiades mentionne dans les Vies du Comte de
Cagliostro le voyage ~ Malte en 1775 de Joseph Balsamo
et Lorenza Feliciani, qui termmna it la deuxieme mdsaventure de Palerme du celebre magicien, et ii ecrit: “Autant
sa premiere escale ~ Malte, chez le Grand Maitre Pinto
d’Alfonseca’, paraissait probidinatique, autant celle.ci
comptait et marqiiait dans Ia carriere de Balsamo. Pendant son sejour ~ La Valette, un trirnes tre environ, il eut
le bonheur de se her avec he frere puind du Prince de
Caramanico, qui allah devenir Vice-Roi de Sicile. Or, le
Chevalier d’Aquino2 passait ~ juste titre pour un modele
de courtoisie, d’humanite et de sagesse. Son amitie etait
une recommandation pr6cieuse aupres des honnetes gens.
1. Le premier voyage de Balsamo ~ Malte auralt eu lieu en
1766, selon cc qu’il cUt dana son Memoire, et ii y aurait alors
connu le Chevalier d’Aquino. Mais il cat probable qu’iI n’a jamais
parld du second voyage du fait du nom de Pellegrini qu’iI portait
alors.
2. D’Aquino cli Caramanico: une des sept grandes maisons du
royaume de NaVIes, apparentee aux anciens rois. Saint Thomas
d’Aquin en faisait partie. Elle jouit de trois titres princiers (Cara-
manico, San Severo, Castelfranco), deux titres de ducs, deux de
marquis, un de comte et differents titres patriciens et nobles.
‘>.
3. A cette epoque, scion leurs biographes lea plus valables,
Joseph Balsamo et sa femme avaient pris le nom et le titre de
Marquis Pellegrini.
4.PHOTXAD~S — 1932, pp. 123-124.
5. La Ma~onnerie napolitaine ~tait protegec et aussi frequentee
par la Reine Marie Caroline, sceur de Joseph II de HabsbourgLorraine, Franc-Ma~on notoire. A Naples Ia loge Eguaglianza etait
presidee par le Duc de San Demetrio, celle de Ia Pace par le
Prince de Ferolito, celle de l’Amicizia par le Duc Antonio Maresca
di Serracapriola; une loge fdminine avail pour Maitresse la Princease d’Ottaiano.
30
LE RITE DE MISRAIM
LES ARCANA ARCANORUM
de l’occultisme de celui qii’il d~signe comme son pr~cepteur et maitre, Aithotas que certains cataloguent sans
preuves comme an aventurier grec ou levantin. Pendant
son premier voyage ~ Malte en 1766 ou 1767, Balsamo
aurait ~ re~u Ma~on dans La loge Secret et Harmonie,
fond~e dans 1’ile en 1738 puis reconstitu~e en 1789 par La
patente n0 539 de la Grande Loge d’Angleterre ~.Le Chevalier d’Aquino aurait aussi appartenu ~ cette loge. Les
rituels et r~gIements de la loge aiiraient ~ amends ~
Naples en 1767 et ~ ceux-ci se serajent ensuite ajout~s,
par les soins de D’Aquino et peut-~tre de Balsamo, grace
aiix suggestions d’A]thotas, trois autres degr~s d~nomm~s
Arcana Arcano rum et connus ensuite en France et en
Belgique comme Scala di Napoli ou ~Regime de Naples
A son retour ~ Naples, s’appuyant sur 1’amiti~ de
D’Aquino, Balsamo-Pellegrini aurait fr~quent~ les loges et
en serait devenu un des dignitaires. Maiheureusement, en
avri] 1775, le g~n~ra1-prince Francesco Pignatelli, ayant
appris qu’une loge ma~onnique avait ~ fond~e dans le
bataillon royal des Cadets, avait jug~ opportun et de son
devoir d’en avertir le Roi. Ferdinand de Bourbon en
informa son p~re, Charles 1111, Roi d’Espagne, qui avait
toujours manifest~ de 1’aversion pour la Ma~onnerie, et
ii lul demanda conseil. Le Roi d’Espagne aurait sugg~r~
d’en arr~ter les chefs par surprise. Ferdinand en parla
avec son ministre, le Marquis Taniicci, qui remit en
vigueur un edit promuIgu~ en 1751 par le m~rne
Charles III d’Espagne alors qu’il ~tait encore Roi de
Naples, par lequel la Ma~onnerie ~tait mise ~ 1’index
A cet edit que les Ma~ons, prot~g~s par la Reine, trait~rent
par dessous Ia jambe, le Roi Ferdinand en fit suivre un
autre qui d~c1arait les Francs-Ma~ons ennemis et rebelles.
Mais ce1ui-1~t n’eut pas plus de r~su1tat: les loges continuajent ~ Fonctionner tranquillement tandis que la Reine,
se moquant des d~crets de son 6poux, participait aux
banquets des loges f~minines oji elle se rendait accompagn6e par la Duchesse de Termoli “a. Tanucci, qili ~tait tr~s
~,
‘>.
6. Eliphas L~vi (Histoire de La Magie) divise le norn Aithotas
en trois syllabes AL THOT AS. En lisant la premi~re et Ia troisi~me de droite ~ gauche (cabalistiquement affirme improprement
LevI) 1’on obtient le mot SALA qui selon cet auteur signifie messa~er. Par cons6quent, Aithotas signifierait Messager de Thot, ou
ien de La Sagesse.
7. Voir F.R.
GOULD
—
Histoire abr~g~e de La Franc-Ma~onnerie,
Bruxelles, 1911, p. 417.
8. La date de 1767 est port~e sur un parchemin (Archives des
Ordres de Misraim et Memphis) dont 1’authenticit~ n’est cependant
pas tout ~ fait certaine. Toutefois, cette date coYncide, avec celle
du retour de Balsamo, en Italie, apr~s trois ann~es d’absence;
et sur cette p~riade de sa vie les renseignements manquent. L’on
suppose que ces ann~es ont ~ emp1oy~es ~ voyager au Moyen
Orient et en Egypte.
31
~.
au courant de ce qui se passait, laissa courir pour ~viter
des heurts avec La Reine et de gros scandales dans 1’aristocratie; mais, ii arriva un moment o~i devant les remontrances du Roi ii falkit faire un exemple; aussi apr~s
avoir averti ceux de ses amis qu’il savait ~tre Ma~ons de
rester tranquilles pendant quelque temps, ii ordonna ~
Pallante, chef de la police, d’effectuer une descente surprise dans une loge de peu d’importance. Dans le proc~sverbal ~tab1i par Pallante apr~s 1’arrestation des Ma~ons
surpris ainsi qu’on le disait ~ Naples avec le lard au
COU’ (Ia main dans le sac), on pouvait lire que, dans une
petite pi~ce appe1~e cabinet de r~f1exion on avait trouv~
une lampe ~ huile a1Ium~e, onze figurines de carton noir
tai1]~es en forme de tete et accroch~es au mur, et iine
chemise ensang1ant~e qui pendait sur une chaise en dessous de deux os entrecrois~s; stir La table ii y avait deux
tasses pleines de sang et un morceau de bois avec un
billet sur lequel ~tait inscrit pense & la mart, tremble parce
que lui est mart. On bandait les yeux au neophyte pr~t ~
~tre re~u. Dans La Chambre de Lumi~re se trouvajent des
bureaux pour le chef de la loge et pour le secr~taire,
quatre ceintures de cuir blanc, huit ou dix paires de gants
d’hommes en peaux et d’autres pour les femmes, le cat&
chisme ma~onnique...’
Le proc~s fut d~cid~’: les Ma~ons avajent avou~ et us
ailtajent donc de~ etre condamn~s en raison des edits.
Mais Tanucci tergiversait, cherchant un Ma~on de moyenne importance qui aurait eu quelque affaire en suspens
9. L’~dit avait ~ provoqu~ par I’absence du miracle annuel
de San Gennaro.
10. H. ACTON
I Borboni di Napoli, Milan, 1968, p. 191.
—
32
LE RITE DE MIsRAIM
LES ARCANA ARCANORUM
avec ha justice ou qui ne fat pas tout ~ fait en regle avec
ha hoi, afin de sacrifier aux ordres de Charles III et ~
h’orgueih de Ferdinand. Quehqu’un avait livre he nom d’un
certain Marquis Pellegrini dont he passd ne semblait pas
totahement vierge. Mais h’amitie du Chevalier d’Aquino
ainsi qIi’une pdtition en faveur des prisonniers envoyee
~ ha Reine par he Prince de Caramanico sauverent Pellegrini-Balsamo de h’arrestation. Averti en temps opportun,
he professeur d’occiihtisme, craignant he pire, rassembla
argent et bijoux et, avec sa femme et son jeune beau-frere
Francesco, s’embarqua inopinement pour ha France.
Cependant les grands noms de ha Ma~onnerie napohitame se devaient de faire ce qu’ih fallait pour faire changer
he Roi d’opinion. Le beau-Frere et ha sceur de Marie-Caroline, Duc et Duchesse de Saxe-Teschen, ainsi que d’autres
grands noms de ha noblesse de cour insisterent aupres de
ha Reine pour qu’elIe convainque he Roi de changer son
attitude. Et he Roi se laissa “attendrir On dechara que
Pallante avait eu des hallucinations; en fin de cornpte
ii s’agissait seulement de personnes respectables qui se
reunissaient, ainsi que he Prince de San Severo h’avait
en son ternps declare au Pape, pour s’occuper de bienfai-
hes nobles qul voulaient se montrer ouverts A h’esprit
democratique.
En 1790, un jeune magistrat, frere de ha Marquise de
San Marco, amine intime de la Reine, he Chevalier Luigi
de Medici, de ha lignde des Princes d’Ottaiano, francophile
et reline comme presque tous les membres de sa famille
attic loges ma~onniques, fut nomme cc Regent de ha Grande
Cour de ha Viguerie n, autant dire chef ou mmnistre de la
police. Ce jeune homme, terriblement ambitineux, qui bdndficiait de beaucoup de partisans, convoitait la charge de
mminstre d’Etat et aspirait A supplanter l’Anglais Acton,
qul avait remphace Tanucci apres ha ti-es breve periode
de mmnistere du Marquis sicinhinen de ha Sambuca.
Pendant les annees de ha Revolution fran~aise et de
ha Terreur puis pendant he Dinrectoire, les vicilles hoges
ma~onninques furent largement depassees par toutes celles
dont ha devise etait ccLiberte, Egalitd, Fraternitd ~; cette
forn-ittle, arrivee de France avec hes navires de l’amirah
Latouche-Treville he 12 decembre 1792’5, a ete attribuee
par inauvaise foi A un Ma~on mystique, he noble LouisClaude de Saint-Martin’5.
>.
sance et d’innocents divertissements. Dc sorte que ceux
qui avajent ete arretes furent acquittes’5.
La tourmente etait passee, et les Ma~ons eurent ti-es
vite heur vengeance. A ha suite des pressions de MarieCaroline aupres du Roi Ferdinand, he mmnistre Tanucci
tomba en disgrAce et fut licencid moms d’un an apres;
hes edits contre hes Ma~ons furent oublids et hes Freres))
purent continuer A frequenter les loges. Les reunions,
<‘
toutefois, devenaient beaucoup moms inondaines et plus
ouvertes aux idees neuves et progressistes A ha suite de
h’infihtration de jeunes adeptes aux idees liberahes. On
vit se former de nouveau~c groupes, dont les doctrines
n’dtaient plus tres orthodoxes, qui rassemblajent lea membres pour ainsi dire ccintehlectuels > de ha bourgeoisie et
11. Toute l’histoire des pretendues hallucinations de Pallante
cat racontee dana l’ouvrage d’AcroN, pp. 191-193.
33
12. La flotte de l’amiral Latouche-Treville, envoyee k Naples
pour donner une le~on au Rol Ferdinand, accoata le 12 decembre
1792 et repartit 28 heures api-es pour la Sardaigne, non sans avoir
envahi la cite d’opusculca de propagande sur lea ideca revolutionnaires. Pins dana une tempete l’cscadre dut retourner ~ Naples
ott dc demeura pour faire lea reparations. La 12 janvier 1793
apres un repas offert par 1’amiral sur son navire ~ des sympathisanta jacobins, l’on decida de fonder ~ Naples une Societe des
Amis de la Liberte et de l’Egalite, et la realisation en fut confiec
au pretre napolitain Carlo Lauberg qui, avec le Prince Pignatdlli
di Strongoli et Ettore Carafa, fonda tine nouvelle loge ma~onniquc,
qu’il definnit lul-meme comme cc purement jacobine
13. Dc nombreux auteurs ont atti-ibud ~ Louis-Claude de SaintMartin l’invcntion de La trompeuse devise et son introduction
dans La Ma~onneric avant la Revolution fran~aise. La plus illuatre
est Oswald WinTH qul ecrivit: “C’est ~ ml (S.M.) quc nous
devons la devise Liberte, Egalite, Fraternite, ainsi que le demontre
Louis BLANc dans son Histoire de la Rdvolution au chapitre des
revolutionnaires mystiques. Mais, en fait, ainsi quc l’ecrit Jules
Bouc~mt dens son livre La Symbolique ma~’onnique (p. 344) BLANC
aurait base son affirmation sur le passage suivant de SADUMARTIN: cc La nature indique qu’il n’y a quc troia dimensions dana
les cor~~s; qu’il y a trois divisions possibles dana tout etre etendu;
qu’il n y a que trois figures dana la geometric; qu’fl n)r a que
trois facultes innees dana quelquc etre que cc soit; qu il n’y a
~.
LE RITE DE MISRAIM
34
La doctrine des nouvehies hoges n’etait plus ha doctrine
traditionnelle: l’on n’y etudiait plus he symbolisme, ni
dans, lea grades superietirs ha cabahe, h’ahchimie et les
autres sciences occultes, mais l’on y parhait de politique,
de hiberte, d’abattre hes tyrans et ainsi de suite. Petit It
petit ha Ma~onnerie prit un aspect qui etait 1’antithese du
passe avec pour consequence hogique que tout cc qui
avait ete motif d’interet et d’etudes et aussi si h’on veut
de curiosite pour certains, fut abandonne. La Ma~onnerie
se desorganisait particulierement dans lea hauts-grades et
par consequent les loges ne s’occupaient plus de leurs
temples intericurs; elles ceaaaient d’etre des hoges de
perfection, elles oubhiaient ineme he symbohisme des trois
premiers grades pour redevenir
comme h’on dit bien
des raihleurs
des hoges operatives dans hesquehles h’on
n‘cruvrait plus dans he metier d’ott avait surgi he symbolisine, mais bien pohitiquement, conspirant dana hes unes,
preparant ha reaction dans les autres, comme du tempa
des Puritains, des Chevahiers et des premiers Ma~ons
“acceptes
Dans cc climat, il est bien evident que des grades
coinme ceux des Arcana Arcanorum ne trouvaient plus
>‘.
35
LES ARCANA ARCANORUM
un pays, comme l’Itahie, divise en tellement d’Etats et de
principautes. L’ouragan jacobin qui avait envahi lea hoges
avait aussi provoque ha recrudescence des sanctions et
des excommunicationa hancees contre ha Ma~onnerie et une
vigilance plus attentive. On asaista meme It ha diaparition
de ha tolerance dont faisaient preuve juaqu’alors lea
grands et lea petita princes qul se partageaient he pays,
quand iha voyaient dana heur consentement tacite et sournois It h’exiatence de hoges excommuniecs, une sorte de
demonstration de heur independance via-It-via de ha
papaute.
C’etaient des tempa difficiles pour hes Ma~ona orthodoxes, reflechis et honnetes, qui respectaient he gouvernement de heur pays, et qui, tout en a’interessant It h’occuhflame, alhaient ~ ha messe et croyaient It l’enfer et au
paradis. Il ne heur etait jamais venu It h’esprit, qu’en
frequentant une hoge, iha commettaient un sacrilege et
attentajent aux pouvoirs de l’Etat. Des hommes qui, It
h’ouverture de heurs travaux ma~onniquea, non seuhement
invoquaient ha Divinitd, mais se recueilhaient en prieres
Des hommes d’originea sociales variecs
hommes hibres
‘~.
d’adeptes surtout depuis he depart de Balsamo-Pellegrini
It ha fin de 1775, ha mort du Chevalier d’Aquino en 1783 et
celle du meme Balsarno au chItteau de San Leo di Romagna en 1795.
Ii nous manque lea dates qui permettraient de suivre
avec une certitude absolue he fil d’Ariane dans he habyrinthe des evenements de cette epoque, speciahement dana
14. cc Lea Old Charges anglaises sont formellea: Le premier
devoir d’un Macon est d’etre fid~Ie ~lDieu et & la Sainte Eglise et
de fuir I’hdrdsie et I’erreur (...) Chacun des membres implore
humblemeni de Dieu tout-puissant et de sa mere, la douce Vterge,
la grace d’etre fid~le 1 ses devoirs. (Serge HuTIN
Les FrancMa~ons, 1960, p. 54.)
En 1762, Ic Conseil des Empereurs, Princes du Royal Secret,
que trois mondes temporels; ou trois grades dana la vraie FrancMa~onneric; en tin mot que sous quclque face qu’on envisage lea
chases crddes, II eat impossible d’y Irouver nen au-dessus de
trois (Des erreurs et de La verite, 1782, tome I, p. 125). Il eat clair
qu’il n’y a l~ auctme allusion au fallacicux trin6me. D’autre part,
avant la Revolution fran~aisc, il n’avait janiais ete en usage dana
Ia Maqonnerie, comme l’affirment de nombreux auteurs ma~onniqucs. Ainsi, dana son ouvrage Considerazioni sul rituale deli’
Apprendisia libero Muratore (pp. 32-33), Arturo REGnINI ecrit:
cc Du reste en hommage ~ la verite histonque il importe de reconnaitre que le fameux trin6me Liberte, Egalitd, Fraternitd eat aussi
une innovation fran~aise. Ce sont trois belles paroles qui, avec Je
chant de la Marseillaise, on fait du chemin.D
lea principes vdndrables.’>
—
stir lequel devait ensuite se greffer l’actuel Rite Ecossais Ancien
et Accepte, confirma que: cc Attendu que la religion eat un culte
necessairement rendu It Dieti omnipotent, persorine ne sera initie
dana lea mysteres sacres de cc grade eminent s’il ne s’est pas
soumis aux devoirs de la religion du Pays dont II doit avoir revu
Au Convent de Willielmabad de 1782, auquel participerent d’emi-
nents Maqons, voici le serment prete par lea participants avant
le commencement des travaux: «Nous avons rdsolu de deelarer
comme nous deelarons et protestons (...) que l’unique but de notre
Association eat de Ia rendre, ainsi que chacun de sea inembres,
recommandable et utile It l’Humanite, par l’amour et l’etude de
la verite, par 1’attachement le plus sincere attic dogmes, devoirs
et pratiques de Noire Sainte Religion chrdtienne, par notre sotimission et obdissance aux Souverains et aux lois de nos patries
respectives, par tine bienfaisance eclairee et tiniverselle, dana le
sens le plus dtendu, enfin, par tine pratique constante de toutes
lea vertus religieuses, morales, patriotiques et socialea.~
36
LB RITE DE MISRAIM
et de bonnes mceurs, de ha maniere dont on entendait ahors
le terme “hibre ~ — qui dana leura reunions de loge ne
a’etaient jamais preoccupes du probleme pose par ha
devise cc Liberte, Egalite, Fraternite
Et comment lea
Ma~ona du <~Regime de Naples auraient-iha pu meme
a’intereaaer It cc probleme, eux qui reconnaiasaient h’autorite souveraine de leur Grand Maitre et n’entendaient
absohument pas ha remphacer par ha pretendue aouverainete populaire It laquelle ha Ma~onnerie devait ensuite se
rallier avec l’aberration demagogique de I ‘election du
Venerable Maitre par ha base, c’est-It-dire par lea apprentia
Franca-Ma~ona qui “ne savent ni hire, ni ecrire, mais aeuhement epeler ~?
Lea adeptes des Arcana Arcanorum
c’eat-It-dire de
ces grades que Ragon, pourtant ennemi acharnd des hautagrades et contempteur de Miaraim, affirmait cat egoriquement etre ceux qui ccforment tout he systeme phihosophique du vrai Rite de Miaraim; hequel satisfait l’esprit de
tout Ma~on inatruit
savaient tres bien, ayant etudie
he sujet d’une autre maniere, que lIt ott eat ha liberte il
ne peut y avoir egahite et que lea termes de ha formule
revohutionnaire et mystificatrice importee de France
etaient lea antitheses lea una des autres. Une situation
heureuse d’egalite dans ha richease, dana ha repartition des
biena communa, dans ha jouiasance des phaisirs de ha
nature, y compris ha propriete collective des femmes dont
parle ha Gnoae de Carpocrate’5, eat presentee dans une
comedie fameuse d’Ariatophane; quand arrive un vicil
homme qui vient de loin et eat charme par ce qu’il voit:
tout eat parfait, tout eat magnifique, tout eat tres beau,
un reve authentique. Mais It un certain moment, comme
s’il se rappehait de quelque chose qui n’existe pas dana
cc merveilleux syateme de vie, il demande: “Mais pour
he travail comment faites-vous ? Le travail ?
repondent
lea habitants de cc merveilleux pays, etonnes, vraiment
stupdfaits devant une question qui, pour cux, n’a aucune
raison d’etre Faite, tant ha reponac eat evidente
Et qui
“.
~‘5
—
parle de travail? Cc sont lea cachaves qui y pourvoicnt.
Aujourd’hui, a’il nous cat pci-mis une diversion qui, de
toute fa~on, a son importance dana cette etude etant
donne que lea “Rites Unia de Miarairn et Memphis
continuent It respecter he concept traditionnel et clasaique
de souverainete et lea etudes symbohiques accomphica
sehon lea donnecs de Louis-Claude de Saint-Martin au
sujet de ha triade, aujourd’hui ahors que he trin6mc revohutionnaire et mensonger est entre definitivement dana he
symbohiame ma~onniquc
nous disona bien dana he symbolisme
cchui-ci peut etre interprete de ha inaniere
suivante: “La Liberte n’cxiatc que pour cclui dont
h’accomplissement l’a mene vera d’autres domainca et qui
a au ainsi ac hiberer des scones de ha matiere; h’Egalite
ne peut etre que pour lea inities de meme degre et de
connaissance egale; ha Fraternite enfin ne doit etre consideree quc comme une fratemite initiatique 17 > Aussi pour
montrer ha mauvaise foi de ceux qui avaient enonce he
trin6mc et par suite ha fratemite univeracihe mervcihheuaement belle mais acuhement theoriquc et utopiate, il n’cat
pas inopportun de rappeher It tous lea Ma~ona et de faire
connaitre ~ tous ceux qui ac haissent abuser par ha des information et ha propagande, ha fameuse loi proposee he
14 juin 1791 par Chapehier, It h’Aaacmbhec Conatituante
fran~aisc, qui aupprimait (precisement au nom de ha
Liberte et de ha Fratemite) toutes lea associations y
compria lea assembleca d’Arta et Meticra, et meme l’Academic Fran~aiac.
L’hiatoricn Lantoine, rappehant hui aussi cette decision
(‘fraternelle de ha Conatituante revolutionnaire ajoute
que “ha Franc-Ma~onncric, denoncec par l’abbe Barruch
comme un antre de conapirateura, n’cut plus ha poasibihite
d’exiater. Lea Frerca n’oaei-cnt plus ac i-ennuiEt Audiger rencherit: “Lea paroles, lea aignes, lea
attouchementa paraisaaient aux Jacobina tout autant de
—
‘5.
19
17. AR.TUNA S.I.
cc Liberte, Egalite, Fraternite
Bollettino
de septembre-octobre 1972 de l’Ordre Martiniste d’Italic.
18. A. LAnroIn~ Les Soci~t~s secretes, Paris, 1940, pp. 20-21.
19. M. AUDIGER Souvenirs et anecdotes sur les comit~s rdvolutionnaires, Paris, 1836.
—
—
15. RAGON
1861, p. 307.
16. G. VB1uu1~ Cosmogonie gnostiche, Rome, 1975.
—
—
37
LES ARCANA ARCANORUM
—
~,
38
LE RITE DE MI5RAIM
moycna avec leaquela lea Ma~ona conapiraicnt contre ha
Republiquc.>)
Ensuite lea Jacobina se rendirent maitres des hoges, lea
asservirent It leurs principes revolutionnaires, lan~ant ha
aemence d’oii naitra cc que l’on appelle ha Ma~onnerie
moderne, degeneree et mdconnaiasabhe dana sea atatuts,
sea rituela, sea declarations de principe et ha methode
d’initiation employee.
Il eat clair, avec une telle situation et de teha principes,
que lea Ma~ons qui suivaicnt he cc Regime de Naples))
travaillaicnt avec une beaucoup plus grande prudence que
lea hoges sympathisan tea de ha nouvelle mode qui eta ient
asaureca de ha protection des autorites de police. Aussi,
lea acigneura napolitaina prefererent mettre “en sommcih lea loges exiatant dana lea villes, en lea transferant
dana leurs fiefa de Sicile, de Basihicate et des Pouillea,
ainsi que dana lea ilca de ha mer lonienne aujettes de ha
Republiquc de Venise dana leaquelles beaucoup d’entre
eux poaaedaicnt des terres.
Ii y a une chose certaine, qui co~incide avec ce qu’aff ii-mait Thory: It ha page 125 de l’hiatoirc de MiaraYm de
Bedarride (dont nous nous occuperona dana he prochain
chapitre) l’on certific qu’cn 1782, “l’initie Parenti de ha
loge de Zante se rendit en Belgique ~. A cette epoque, Pile
de Zante dependait du gouvemement venitien et lea galerca de Ia ‘Sereniasimc~ en croisiere vera lea ilca loniennes accoataient dana lea ports des Pouihlea api-es avoir
parcouru l’Adriatique. Cc qui pourrait expliquer comment
Ic cc Regime de Naples)) fut amene It Venise ott, aelon
Thory, ih etait “en vigucur avant Ia Revolution fran~aise
de 1789
)).
CHAPITRE II
LES SOURCES HISTORIQUES
DE MISRAIM
Si h’on examine ha bibliographic conceruant MiaraYm,
on a’apcr~oit qu’ih y a tres peu de choaca et quc ha plus
grande partic cat de peu de vaheur. Lea auteura ac referent
generahement It ceux qui lea ont precedes et a’cn tiennent
bien souvent ~ des versions partiahes en fonction de heur
appartenance It telle ou telle cc fratcmite~; ou bien iha
reprennent lea comptes rendus qu’ila ont It portee de main
ou qui leur ont ete indiques par des tiers.
Nous ne sommes pas en etat de donner ici une bibliographic complete aur cc aujet, et il acrait abaurde d’y
pretendre. Toutefois nous eatimona pouvoir donner un
aper~u des ecrita qui sont lea plus proches biatoriquement
de l’apparition de Miaraim et qu en consequence, on peut
conaiderer comme de premiere main. Lea ecrita poate-
ricura, ainsi quc nous h’avona indique, ne peuvent rien
apporter de nouveau et ne font que reutiliser lea renacignemcnta precedents en lea modifiant souvent en raison
de mauvaisca traductiona des ceuvrea originahes ou d’intereta aectairca.
Dana cette investigation, il aera necessaire de tenir pour
acquis lea informations qui se repetent et de faire attention, pour chaquc auteur, aux indications nouvelles ou
aux evenements
dej~
connus qui sont presentes sous un
autre aspect ou avec quchques pet its details ignores aupai-avant. Il faudra ac souvenir quc cet examen doit avoir
40
LES SOURCES DE MI5RAIM
LE RITE DE MI5RAIM
pour but he contr6lc de h’cxactitude des renacignements
de caractere hiatoriquc donnes par he propagateur de
h’Ordrc en France, Marc Bedarride, dana son ouvi-age De
l’Ordre ma~onnique de MisraYm, de son antiquite, de ses
luttes et de ses progres (1845).
Le premier ecrit consacre It Miaraim
tout au moms
en h’etat actuch des recherches — aurait ete un in quarto
paru It Londres en 1805, qui cat signale dana une brochure
d’un certain Bretch, intitulec Reponse ~ un libelle et
pubhiec It Bruxelles en aofit 1818. Mallicureusement, h’on
n’a aucun autre renseignement concernant cet in quarto.
Puis suit h’ouvrage monumental de Thory dejIt cite pluaicura fois, et tout de suite apres — autant quc h’on
sache
l’Aper~u general et historique des sectes maconniques de J. Ph. Leveaquc (1821) qui, It Ia page 105, ecrivait: ccli y a, je crola, cinq ou six ana que cc Rite cat
venu a’etabhir It Paris. 11 venait du midi de h’Itahic et
—
—
joulasait de quclquca considerations dana lea iles loniennes et stir lea borda du golfe Adriatiquc (...) Il a pris
naissance en Egyptc.~
L’on arrive ainsi It 1822 avec he livrc de Veruhes,
Defense de MisraYm et quelques aper~us sur les divers
Rites ma~onniques en France, puis It 1843, quand Clavel,
dana son Histoire pittoresque de la Franc-Ma~onnerie,
ecrivait It propos de MiaraYm: “C’cst en 1805, quc phuaieura Frerca de mceura decrieca, n’ayant pu etre admia
dana ha composition du Supreme Conacil Ecoasais, qui
a’etait fonde en cette annec It Milan, imaginerent he regime MiaraYh~iite. Un Frere Lechangetir fut charge d’en
recueilhir les elements, de lea classer, de lea coordonner et
de rediger tin projet de atatuta generaux. Dans ces
commencements, lea poatulanta ne pouvaient arriver quc
juaqu’au 87e degre, lea trois autres qui completaient he
syateme etaient reserves It des Superieurs inconnus; et
hes noma memes de ces degres etaient caches aux Freres des grades infericura. C’eat avec cette organisation
que he Rite de MiaraYm ac repandit dana lea royatimes
d’Itahie et de Naples. Il fiat adopte notamment par tin
chapitre de Rose-Croix, appehe la Concorde, qui avait
son siege dana lea Abruzzes. Au baa d’un bref, ou dipl6-
41
dehivre en 1811, par cc chapitre, au Frere B. Chavel,
commiasaire des guerres, figure ha signature d’un des
chefs actuels du Rite, he Frere Marc Bedarride, qui
n’avait alora que he 77e degre.~ Cc passage cat partime,
culierement important malgre son ton diffammatoire
(Freres de mceurs decriees, etc.), It cause de certaina
renscignementa intereasanta et de ha confirmation quc
Bedarride poasedait en 1811 he 77’ degre du Rite.
Nous arrivona peu apres en 1845 It ha parution du hivrc
de Marc Bedarride aur Miaraim et lea originca de ha
Ma~onncrie qu’ih fait remonter It Adam, affirmant quc
c‘eat Dicti lum-meme qui donna he nom de MisraYm ~ cette
institution. Par ha suite, he deuxieme des quatre fiha de
Chain fut adopte par l’Ordrc des sa naissance et il fut
hui-memc appehe Misraim (p. 40); puis ih a’inatahha en
Egypte dont il devint souverain et dont il rcmpla~a
derechef l’ancien nom de Semia par MisraYm (p. 41). C’cat
cc MiaraYm, roi de MiaraYm’, qui fut adore comme tin
dicu sous lea noma d’Oairia, Adonis ou Seraphis et quc
h’hiatoire profane designe du nom de Menes (pp. 42-43).
Par consequent, c’cat de 1’Egyptc et des Egyptiens que
deacendrait ha tradition secrete de I ‘esoteriame.
Huit anneca apres l’ouvrage de Bedarride, aurvient ha
premiere “rephiquc~ de Ragon avec son Orthodoxie
ma~onnique (1853); puis vient ha aeconde en 1861 avec he
Tuileur general dejIt cite. Par La suite, ha plupart des
ecrivamna ma~onniquea se sont referes It ces ceuvi-es ou
a’cn sont inspires; ainsi par exemple, J.-G. Findel affirme
dana son Histoire de la Franc-Ma~onnerie (1866): “L’Ordre de MiaraYm, monstruosite ma~onnique de 90 grades,
afficha ha pretention de diriger tous lea Rites, ceux-ci
n’etant tous, tant en general qu’cn particulier, que des
branches eparses dont MiaraYm etait ha souche. Ce Rite
cat absolument autocratiquc, ha direction en appartient It
tin acul, qui regit toutes lea loges en quahite de Souverain
Grand Maitre absohu et consequemment irreaponsable.
Le Rite, communement appele egyptien, et qu’avec plus
1. En hebreu, Mitsra7m signifie cc l’Egypte ~. Notons que ce mot
a tine forme de pluriel duel qui provient peut-etre de cc qu’il y
avait dana la haute Antiquitd, deux royaumes en Egypte. (N.D.T.)
42
43
LE RITE DE MISRAIM
LES SOURCES DE MISRAIM
de raison he F.~. Ragon a qualifie de Ma~onnerie jtuve,
eat divise en quatre series et dix-sept classes (...) Lea chefs
et fondateurs de cette Ma~onnerie postiche furent hes
freres Michel et Marc Bedarride, negociants d’Avignon,
et un homme de hettres nomme A. Meahlet, qui doit etre
niquca It Ravenne, Veniac, Trieste, Turin, Vienne et en
considere comme l’organisateur de cc systeme, de meme
qu’il eat aussi h’auteur des premiers atatuts dates dia
10 mars 1816. Ils erigerent It Paris un Grand Chapitre du
Rite.~ (L’auteur resume ensuite cc que Ragon ecrit dana
son Orthodoxie et son Tuileur.)
Cela dit par souci d’objectivite, il eat particuhierement
fructucux de rassembler lea elements concernant Misraim
qu’on petit tirer de l’ouvrage de Bedarride De l’Ordre
ma~onnique de Misraim. Ii a’agit dana ha partie qui traite
de ] ‘hiatoire pretendue de ha Ma~onnerie jusqu’au xviii’
siecle, d’une ceuvre fantaisiate et apologetique qui n’a rien
de sericux. Toutefois, dana ha partie qui traite de ha
periode historique de ha Ma~onnerie speculative, Bedarride expose certains points fort intdreasants que nous
soulignons dana lea notes que nous reproduisons.
Bedarride commence pratiquement son” H istoire ‘ avec
cette dtonnante introduction: “La Ma~onnerie de Misraim n’est point, comme he pensent beaucoup de personnes, une institution humaine (...) il suffit d’y etre initie
et de h’etudier avec quehque attention, pour reconnaitre
aussit6t qu’ehle ne peut etre que l’ouvrage du ToutPuissant.))
Dana he premier tome de l’ouvrage h’auteur retrace ha
hegende du Rite, dont he premier Grand Conservateur (ou
Souverain Grand Maitre general absolu) aurait ete Adam.
En 4720 de h’annee de ha Vraie Lumiere (cc qui correspond
selon he calendrier de Misraim It 716 de l’ere chretienne
mais il y a une imprecision qui peut varier d’un It quatre
ans et puis ih faudrait aussi tenir compte des mois egyptiens) un descendant d’Adam que h’auteur identifie comme
son ancetre, he patriarche Balaam, occultiste d’une grande
vaheur, un des Grands Conservateurs de h’Ordre de ha
Vallee de Beheyde, se serait etabhi en Etrurie, dana Ia ville
de Florence. Son fiha Samuel, Grand Maitre de ha Puissance
Supreme pour l’Etrurie, aurait fonde des ateliers macon—
Allemagne II eat fait allusion ensuite It ha participation
~ ha premiere Croisade de quelques Miaraimites et puis
au retour de ces croisda. Le deuxieme tome debute en
racontant que dana l’an du Monde 5166 (1162), un descendant de Samuel, Majoragio, initie de ha Vallee de Milan,
apres ha destruction de cette ville par Frederic i” Barberousse, ac refugia aur lea bords de ha mer Adriatique;
hIt, il aurait ete accucilhi It Veniac, rejoignant ensuite
Palerme d’o~i il se aerait embarque pour l’Egypte. A cette
meme epoque quciquca croises auraient ete inities au
Rite Adonhiramite’. Ii eat question ensuite d’une visite
effectuec It ha grotte du prophete Ehie sur he mont Camel
pres de Jdrusalem, de ha rencontre entre Majoragio et
Saladin, et de son retour en Europe, en compagnie d’un
croise initie au Rite Adonhiramite que l’on doit pratiquer
comme he Tres Sage Salomon l’avait institue.
Apres d’autres divertissements du meme genre qui
2
2. L’ingdnuitd des affirmations de B~DARaIDE, demontre quelle
dtalt, It cette epoque, l’ignorance de la plus grande partie des
gens y compris lea dcrivains.
3. Sur le Rite Adonhiramite, cite plusicurs fois dana l’ouvrage
de B~DARRIDE qui le falt remonter It Salomon, nous n’avons que
peu de renseignements. Scion RAGON il s’agit d’une invention du
baron de TacHouDy, ddcritc dana son livrc Recueil pr&ieux de la
Ma~onnerie Adonhiramite, publid en 1787; cc qui laisse supposer
qu’il ne s’agit pas de cette Ma~onncric, dtant donnd que Gad
Bddarride y aurait dtd initid en 1771. Il cat plus probable, dtant
donnd la ressemblance de certains rituels et le falt quc B~DARRIDE
indique comme siege du Rite la ville d’Avignon, qu’il avait l’intcntion de ddsigncr la secte des Illuminds d’Avignon du bdnddictin
Dom Pcrndty, Ma~onncrie en six grades, aux pratiqucs mysticohcrmdtiqucs selon lea theories theurgiqucs de Swcdcnborg. Ce
Rite fut fondd aux alentours de 1765 et modifid ensuite dans
l’Academie des Vrais Ma~ons de Montpcllier avec la meme
nomenclature: 1)Vral Ma~on; 2) Vral Ma~on dana Ia Voic droite;
3) Chevalier de la Clef d’Or; 4) Chevalier de l’Iris; 5) Chevalier
des Argonautes; 6) Chevalier de la Toison d’Or. Tous ces grades
provenalent de la Mere Loge de Marseille (1750), ccntre d’un
important Rite Philosophique en 18 grades. Une partic du rituel
des Elluminds d’Avignon cat rapportee par Robert AMBELA[N dana
son Iivre le Martinisme (1946). Voici lea grades de la Ma~onncrie
Adonhiramite: 1 It 3) grades universels; 4) Ancien Maitre; 5) Elti
des Neuf; 6) Elu de Pdrignan; 7) Elu des Quinze; 8) Petit Architecte; 9) Grand Architecte; 10) Maitre Ecossals; 11) Chevalier
d’Oricnt; 12) Rose-Croix; 13) Noachite. (Voir: RAGON
1853 ci
1861; MAnuzzi
1972; SORo
1921; Htrnn — 1961.)
—
—
—
—
44
—
—
—
——
—
—
LE5 SOURCE5 DE MIaRAIM
LB RITE DE MISRAIM
45
temoignent en faveur de la fantaisie de Bedarride mais
non certes de son aericux (par exemple, ha rencontre
It ha loge de Palerme entre he fameux Arnaud de Villeneuve et he Grand Conservateur Giotto), on arrive en
5775 (1771) quand, scion l’auteur, he Duc de Luxembourg
crea he Grand Orient de France en remplacement de
ha Grande Loge’. A ha page 124, il eat affirme que ha
meme annee he Patriarche Gad Bedarride (II a’agit du
pere de Marc) cc re~ut ha lumiere It ]a vahhee d’Avignon par l’entremise de 1’initid Israel Cohen aurnomind
Caroaae% et It ha page 125 que pendant l’annee 5786
(1782)’ dc savant Patriarche Ananiah, Grand Conservateur Egyptien, vint It ha Vallee de Cavaih1on~ oti il fut
accucihli par Gad Bddarride qul fiat initie par lui It certaina
hauta-grades de Misraim. “A cette epoque, l’initie Parenti
de ha Vallee de Zante, 66’ de h’Ordre, ac rendit en Belgique (...) puis It Lyon o~ il fut re~u dana Ic Rite Martiniate.x’
A ha page 126, il eat dit qu’ cc en cc tempa, he nommd
Caghiostro, Sicihien qui avait acquis en Egypte quehquea
degres ma~onniquea, lea altera et en forma un aoi-disant
Rite Egyptien selon son bon plaisir; ii vint en France
ob il cut un grand nombre de disciples, mais en 5790
(1786) il fut oblige de quitter Paris. Ii parcourut diveraca
autres Valleca et c’eat It ha grande cite de Rome, qu’en
5793 (1789) il fut arrete et mis au fort de Saint-Ange ob
ii auccomba. Nous gardona
pouratilt Bedarride — he
silence stir tous lea faits de cc magicien; h’histoire profane
en dit aaaez ~. A la page 127, l’on apprend que Gad Bedarride fut nomme capitaine d’artihlerie dana l’armee d’Itahie
et cc cree’ 87’ degre de MiaraYm. Puis il traversa lea
Abruzzes It ha suite du general Championnet et atteignit
Naples oti he Patriarche Pahambola Grand Conservateur
et Doyen de l’Ordre dana cette region, he re~ut et he prochama Grand Maitre 90’. Mais Gad allait bientOt mourir,
de retour cc dana sea foyers ~. Dana lea pages suivantes, il
eat raconte ha naissance de Marc Bedarride It Cavaillon en
1776, sa nomination comme officier des troupes republicainca de Naples (1799), son admission au 70’ degre de
MiaraYm, sea voyages en Sicile puis It Florence oti il rencontre he Frere Tassoni’ ambassadeur du Royaume d’Italie de Milan aupres de ha cour des Bourbons d’Etrurie (qui
~eta~t un initie parfait, l’un des Grands Maitres de notre
Ordre ~), puis son passage ti Livourne oti ii eat l’hbte du
Frere Mathieti de Lessepa, consul general de France’. Il
prend part ensuite It l’expedi tion de Joachim Murat contre
la Sicile, et ~ son retour It Naples ii eat eleve au 90’ degrd.
Ii ac rend ensuite It Milan et lIt, il eat decore de ha grande
Etoile de Miaraim, nomme Grand Conservateur et membre
d’honneur de ha Puissance Supreme de MisraYm de cette
capitale par he Patriarche Theodoric Cerbes” Souverain
Grand Conservateur Egyptien pour he Royatime d’Italie.
En rentrant en France en 1814 des brigands Ic depouillent
de sea bagages. Puis suivent des recita concernant Ia constitution It Paris du Supreme Grand Conseil, lea luttes avec
le Grand Orient de France, lea tracasserics et pcrquisitiona It cause des ddnonciationa de cclui.ci, et ha victoire
finale. Lea biographies des plus ihlustres Misraimites sont
4. Le Grand Orient de France fut fondd en 1773. II ne parait pas
effectivement de hautes charges maqonniqucs It Naples. Son neveti,
Alessandro Palombo. occupa Iui aussi d’importantcs chargea
maqonniqucs ati Supr6mc Conscil 33’ de Naples ati siecle pasad
(voir B. BELLOMO — La Massoneria, Milan, 1960).
—
possible quc B~DARRIDE se soit trompd aur tine date tellement
connuc en fixant la constitution du GA 02. en 1771. 11 cat probable
quc Ic calendrier misraimite qui devait prdvoir tine difference de
4004 ans avec le calendrier vulgaire ne soit pas exact oti qu’alors
ii y ait eti tine er-cur de calcul.
5. Lea archives communales de Cavaillon revelent qu% cette
epoque, l’un des principaux dirigeants de la communaute juive
locale etait le rabbin Israel Cohen. (N.D.T.)
6. Selon toute probabiite, II y a aussi tine er-cur dana cette
date en consdqucncc de la precedente aur la constitution du Grand
Orient.
~,
aussi
presentees.
Lea observations que l’on peut tirer des confrontations
7. Il s’agit probablement du Frere Palombo dont B~DARRIDE
a dcrit Ic nom d’unc maniere erronec, qul A cette dpoquc occupait
8. Le Baron Tassoni figure stir Ia Hate des Grands Commandeurs
de 1’Ordre des Chevaliers ddfcnscurs de la Mavonncric, Ordrc
rattachd It celui de Misraim. (Voir Ldo TAJCIL Le Culte du Grand
Architecte, 1886, p p. 407408).
9. Le Comtc M~thieu de Lesseps (pere de Ferdinand quf ouvrit
le canal de Suez) figure aussi sur la hate des Commandeurs.
10. Le Comtc Thdodoric Cerbes se trouve lui aussi parmi lea
Grands Commandeurs (voir note 8).
—
46
47
LE RITE DE MISRAIM
LES SOURCES DE MISRAIM
de cette histoire, touffue et aux trois quarts fantaisiste et
constitution du Grand Orient de France), le Comte de
ingenue, avec les rares r~cits rapport~s dans les encyclop~dies ma~onniques de cette ~poque qui s’&end de 1805
~ 1866 (c’est-~-dire sur plus d’un demi-si&le) sont peu
Cagliostro (alias Joseph Balsamo, Marquis d’Anna, Marquis Pellegrini, Comte de Ph~nix, Comte Harat, Acharat,
etc.) traverse le midi de la France pour s’embarquer,
probablement ~ Marseille ou Toulon, en direction de
Naples oii ii va rendre visite ~ son bienfaiteur et fraternel
ami le Chevalier d’Aquino, gravement malade ~ Mais
d’Aquino et Balsamo-Cagliostro-Pellegrini avajent amend
de Malte ~ Naples les quatre grades des Arcana Arcano.
rum. Et Gad a ~ initi~ a Naples au 900 degr~; auparavant
ii n’~tait que 8T. Marc, lui aussi, a ~ initi~ au 900 degr~
a Naples. En outre, Cagliostro est passe plusieurs fois ~
Marseille en 1770 et ii s’y arr~tera aussi en 1783 lors de
nombreuses mais extr~mement int&essantes, nous tenons
~ le souligner.
D’abord, les rap pels au “Rite Adonhirami te’ dans
diff~rentes parties du texte de B~darride ont une grande
importance, ce qui d~montre qu’il tient cette initiation
peu connue en grande consideration: le Rite Adonhiramite se pratique comme au temps de son institution par
le Tr~s Sage Salomon, affirmation qui n’est pas avanc&
pour le Rite de Misra~m m~me si l’on d~c1are qu’il descend
d ‘Adam; quelques crois~s aurajent ~ initi~s ~ ce Rite
mais non au Rite Misraimite; Majoragio rencontre un
crois~ religieux adonhiramite. Par ailleurs, le patriarche
Gad re~oit la lumi~re ma~onnique ~ Avignon, patrie du
Rite des Illumines d’Avignon que Marc &darride a sans
aucun doute confondu avec le Rite Adonhiramite du baron
de Tschoudy. Donc le Rite Adonhiramite, ou mieux celui
des 111umin~s d’Avignon d~riv~ de Ia Mere Loge de Marseille, est important pour le Rite de MisraYm et ii est
probable qu’une grande partie des grades, rituels, mots
de passe et tuileurs de ce dernier en proviennent.
En 1782 (5786) Gad rencont re le savant Patriarche
Ananiah, Grand Conservateur Egyptien qui 1’initie ~
Misrafm; ii est dit qu’~ la m~me ~poque, alors que
l’initi~ Parenti va en Belgique puis ~ Lyon pour ~tre re~u
dans le Martinisme, le Sicilien Cagliostro arrive en France.
Marc &darride fait alors un commentaire parfaitement
injustifi~ sur les degr~s ma~onniques qu’il aurait acquis
en Egypte et qu’il aurait modifies selon sa fantaisie (pro-
bablement par 1’introduction de pri&es catholiques) et ii
conclut en disant: ~nous gardons le silence sur tous les
faits de ce magicien
Pourquoi? Apr~s avoir fait cette
disgression tout fait inutile dans son histoire, ii aurait
~t6 n~cessaire au contraire que B~darride en explique les
motifs. Mais effectivement juste ((en ce temps
en
“.
a
“,
juin 1783 (ii y a une diff~rence de date, c’est vrai, mais
nous avons d~j~ constat~ une erreur dans la date de la
son retour de Naples en France. Le Rite Egyptien de
Cagliostro a plusieurs choses en commun aussi bien avec
le ~R~gime de Naples’> qu’avec les Ellumin~s d’Avignon
(oii Gad a re~u la lurni~re ma~onnique) et Ia Mere Loge
de Marseille. Et comme par hasard (ii s’agit ~videmment
d’un hasard mais pour certaines choses les hasards ont
une particularit~ que l’on ne peut ignorer) les “Statuts
et r~glements de Ia Loge-rn~re d’adoption de Ia Haute
Ma~onnerie Egyptienne fond~e par le Grand Cophte ~
l’Orient de Paris ~ se trouvent d~pos~s a la biblioth~que
du mus~e Calvet d’Avignon (manuscrit n0 3067).
Autre observation: Thory et Levesque affirment que
Misraim vient d’Italie et &ait connu a Venise et le long
des c6tes de l’Adriatique. Et B~darride precise qu’en 1782
(5786) l’initi~ Parenti de la loge de Zante se rendit en
Belgique puis ~ Lyon oii ii fut re~u dans I’Ordre Martiniste. Cela d~truit les theses de Findel et de Clavel dont
le premier affirme que le Rite fut invent~ par &darride
et le second par un inconnu appeI~ Lechangeur et autres
Fr~res de mceurs d~cri~es D’autre part le secret entourant les trois derniers grades du syst~me misrafmite qui
“
n’auraient ~
“.
confi~s qu’a des Sup~rieurs inconnus (secret
11. CAGLIOSTRO ~crit dans son Mdmoire: ~Lorsque je re~us une
letire du Chevalier d’Aquino par laquelle ii me marquoit qu’il
~toit dangereusement malade. Je partis sur le champ; mais, quelque diligence que je pus faire, je n’arrivai ~ Naples que pour y
recevoir les derniers soupirs de mon maiheureux ami.
48
LB RITE DE MISRAIM
mentionne par Thory et Clavel puls exploite par Ragon
pour calomnier lea Bedarride et faire absorber Ic Rite
par he Grand Orient) pourrait aussi etre en relation avec
]c voyage de Parenti de Zante It Lyon pour etre rc~u dana
he Martiniame ~,.
Stir un cahier de seize pages dactyhographieca, intitule
Nomenclature, paroles, signes, decorations (etc.) des
Loges, Chapitres, Conseils, Senats (etc.) des Rites de MisraYm et Memphis il cat ecrit apres une courte preface:
~ Le Rite Oriental Ancien et Primitif de MisraYm et Memphis est le resultat de la collaboration intime entre le
Rite de MisraYm ou Egyptien, apparu & Venise en 1801
grdce & l’ceuvre du Philalethe Abraham et diffuse immediatement en Italie et en France, et le Rite de Memphis
ou Oriental, fonde par Etienne Marconis en 1839 & Paris
avec une nomenclature qui transformait l’echelle de grades de MisraYm en y incluant des initiations et des rituels
de type oriental. A ha page 4 de cc meme cahier h’on fait
“,
LES SOURCES DE MISRAIM
49
une comparaison entre Miaraim et he Rite Ecoasais Ancien
et Accepte en affirmant quc tous lea deux, apparus apres
ha Revolution fran~aiac, curent pour but ha reorganisation
et Ia centrahisation en un Rite unique des differenta Rites
pratiques dana lea loges fran~aiaca et ahlemandes avant
ha Revolution. A ha page 5 l’on soutient quc MiaraiTh cat
cc un double systeme ma~onnico-illuministe qui renferme
en lui le grand systeme initiatique occidental que le Rite
Ecossais Ancien et Accepte, dans sa reelaborat ion en
trente-trois degres des principaux Rites professes, n’a pas
reussi & rdaliser, car ce dernier a exclu de sa nomenclature
les grades cabalistiques, martinistes et martinesistes (raison pour laquelle l’organisation ma~onnique a degenere
& un certain moment en association philanthro pique et
politique)
Par ailleura, un document de 1867 cite l’cxiatcncc de
MisraYm dana l’ilc de Zante en 1782 et d’autrca ecrita affirment qu’cn 1796 ddjIt une loge miaraYmite fonctionnait It
Vcniac1’ Tandia quc he Frere miaraYmite Giuseppe Darre-
de Saint-Martin ou de ccliii de Martin~s de Pasqually (appeld aussi
Martindaisme ~). Mals II y a tine chose certaine, c’cst qu’It cette
epoquc, en 1782 oii 1783, Ic Martinisme dtait represente It Lyon
par Ia loge les Chevaliers bienfaisants dirigec par Jean Baptiste
Willcrmoz, tandis quc s’installait lentement tin type d’initiation
libre dfi It Louis-Claude de Saint-Martin. 11 est donc probable que
le “Mart iniame ~ en question soit le Martindsiamc pratiqud alors
par Wilcrmoz, Saint-Martin ne ac trouvant pas It Lyon en cc
temps lIt. D’autrc part de nombreux dldments historiqucs et la
sio, aignataire avec deux autres de l’actc de misc en
sommeil en Italic16 des 16 premieres classes et 86 premiers
degres de l’Ordrc, affirmait dana une note quc he Phihahethe Abraham, nom initiatiquc de Supericur Inconnu,
n‘aurait ete autre quc he Baron Tassoni” membre de ha
noble famille Tassoni de Modene, qui assuma de nombreusca charges dana he royaumc itaho-napoleonien et qui,
de passage It Veniac, vera 1801, aurait reconstitue Ia loge
de MiaraYm, qui avait ete misc en sommeil loraquc ~ ha
ganiade par Ia Rdvolution et lea armdcs de Ia Convention nationale
et dii Dn-cctoirc, fut rdorganisdc par lea Martinistes titulaires des
suite du traitd de Campo-Formio (1797) lea Autrichiens
occuperent ha cc serenissime ~.
12. II cat tin pcu difficile de prdciser s’il s’agissait dii Martinisme
“
comparaison de diffdrcnts ritucla nous laissent supposer quc la
Ma~onncric de type Ecoasais, en partic d.iasoutc, en partic ddaor-
Arcana Arcanorum (cc qui apparaItrait clairement si le syllabus
dii 88’ dcgrd n’dtait pas secret) qui avaicnt rasacmbld dana l’Ordrc
de Miaralm lea 68 grades lea plus importants cnfantds par lea
loges europdenncs, en ajoutant It cetix-ci dcux adrics de grades,
l’unc mystique, 1’autrc martiniste. Notona aussi It propos dii
Martindaisme quc certaina grades et rituela de l’Ordre des Chevaliers Ehus Cohen de l’Univcrs de Martin~s de Pasqually servirent
It la constitution de l’Ordrc des Philal~thcs ou cc Amis de la
write ~>, crdd It Paris en 1773 dans le cadre de Ia loge les Amis
Reunis. (Voir Axi~
S.I. — Note storiche sul Martinismo,
dditd par l’Ordrc Martiniste d’Italic, 1960).
13. Document existant dans lea Archives des Rites Unis de
Misraim et Memphis dii Temple Mystique des Patriarches de
Venetie et Lombardic.
14. Voir lea divers documents concernant la fondation de l’Ordrc
de Misraim en possession des Archives dii Souverain Grand Sanctuairc Adriatique.
15. Acte du Supreme Conseil General des Souverains Grands
Maitres Absolus deMisrdim du 20 avril 1867 Archives des Rites
Unis de Misraim et Memphis.
—
16. Voir p. 45 ci-dessus.
51
MI5RA~M APRES LES StOARRIDE
audace et heur tendance It l’aaaaaainat pohitique. Lea Guelfes, au contraire, sont moms nombreux et moms violenta,
mais iha sont It c raindre par leur maniere d’agir. Leur but
eat l’indepcndancc de h’Itahic et ils visent It h’attcindrc par
une propagande adequate et subtile
~.>
Moms connuca mais encore plus efficaces furent l’ceuvrc
CHAPITRE IV
et I ‘action deployeca par lea ccPhihoaophca Inconnus ~,
petits groupes dont he but etait ha propagande et qui
depcndaicnt d’unc myatericuac “Puissance On a vouhu
identifier ces Philosophes Inconnus, qui portaicnt he titre
d’unc clasac de ha loge fran~aiac des Phihalethes ~, avec
des envoyds des Subhimes Maitres du Grand flEuvrc, (et
dana he symbohiame de l’epoquc he ‘Grand ~Euvrc ~ etait
l’independance et 1’union de tous lea Etata itahiena dana
une nation liberale). Et en effet, aclon cc qui decoule d’un
document de 1867, exiatant dana lea archives de h’Ordrc
Souverain des Cheval icra du Temple (Supernus Ordo
Equester Templi)’ un accord aurait ete passe durant lea
guerres d’inddpcndancc entre ces deux groupes, dont he
premier, c’eat-It-dirc celui des Subhimes Maitres du Grand
fEuvre, aurait ete rattache au Rite de Misraim, Regime de
Naples’.
Dana Ic parchemin ddjIt cite c,cistant dana lea Archives
des Rites Unia de Misraim et Memphis d’Italic, h’on mdiquc qu’il y avait en 1860 une loge de Miaraim ~ Palerme
et une autre It Naples. On aurait mnitie dana ha premiere
de nombreux officicra garibaldiens appartenant ddjIt l~ Ia
Ma~onneric de ha Haute Italic et on leur aurait atti-ibue
en majori te le grade de Philosophe Hermetique’; ha
>.
MISRAIM APRES LES BEDARRIDE
EN ITALIE ET EN FRANCE
En Italic, avec ha chute de Napoleon et he retour It l’etat
ante-revohutionnaire, Ia majorite des associations maconniques organisecs et dependantes d’un pouvoir central
avaicnt cease leura activites, sauf quchques-unca qui lea
poursuivaicnt dana lea Etats lea plus toleranta sans toutefois se compromettrc par des exces p01 itiqucs. Mais nom-
breux etaicnt lea mecontents qui voyaicnt dana ha Sainte
Alliance une reaction aux iddaux de hiberte repandus par
lea tragiqucs combats de ha Revolution fran~aiac et qui
rcjctaient l’abaohutiame paternahiate des petita princes
(presquc tous lies It l’Autriche) qui avaicnt recemment pris
he pouvoir dana lea differents Etats et principautes d’Italie; ces elements “de pointe avaicnt emigre dana ha
“Charbonnerie ~ (Carboneria) ou Rite de Saint Theobald
ou dana d’autrca associations secretes et parama~onrnques, telles quc lea ~‘Guclfca ~, lea
Elus lea “Addphes ~, lea Subhimes Maitres Parfaita et d’autrcs moms
importantes’. Dana un rapport de 1817, Ia police pontificale fixa son attention sur lea Carbonari et lea Guelfes
qui auraicnt opere It Rome, Perouse, Fermo, Ferrare et
“
‘>,
“
Bologne. Les Carbonari — disait Ic rapport — sont
redoutables aussi bien par leur nombre que par leur
I. Voir G. VENTURA
Venise, 1970.
—
Le societ& segrete nel Risorgimento,
“
2. Voir Ettore FAHIETTI — I Carbonari, Milan, 1942, p. 91.
3. Le cc Conseil des Philosophes Inconnus dtait Ia neuvieme
classe dii Rite des Phi1aI~thcs et sa premiere classe d’ cc Echarpe
blanche ~ (voir note 15 ci-dessous). D’autre part, les Philal~thcs
avaient hdritd de la plus grande panic des archives des cc Chevahers Elus Cohen de 1’Univera ~ de Martines de Pasqually, Ondre
dont Louis-Claude de Saint-Martin avait dtd sccrdtairc.
4. Voir G. VENTURA — Ternplan e Ternplarismo, Venise, 1964.
5. ~Sublime Maitre du Grand ~Euvrc~cat Ic titre du 90’ dcgrd
de Memphis-Misraim en France et des Rites Unis en Italic ainsi
que Ic 89’ degre des Rites non confondus de Misraim ou de
Memphis.
6. 53’ degrd de Misralm, 40’ de Memphis, 17’ des Rites Unis,
27’ de Memphia-Miaraim.
52
53
LB RITE DE MISRAIM
MISRAIM APRtS LES BEDARRIDE
seconde aurait ~t6 mise en sommeil pour fuir les repr&
sailles de La police des Bourbons apr~s La bataille de
Calatafimi.
A Venise le Rite aurait r6apparu en 1848 avec la proclamation de La R6pubLique Venitienne mais ii se serait
presque tout de suite remis en sommeil pour se remanifester en 1865 et demeurer en activit~ jusqu’au 6 avril
1867.
Le 20 avriL 1867 La Puissance supreme du Rite se r6unit
~i Venise et promuLgua le document suivant:
Gloire & l’Omnipotent
EMET
Respect & l’Ordre
PUISSANCE SUPREME
De l’Orient du Supr6me Grand Conseil gdndral des Souverains Grands MaUres absolus de 1’Ordre de Misrdim, de
ses quatre sdries et du 90~ et dernier grade, sidgeant dans
La Valide de la Lagune Vdnitienne, sous un point jixe de
l’Etoile polaire &
26’ 2” N. et 120 20’ 33” E., le 2& jour
du we mois de l’annde 5863 V.L.
A tous les MaQons rdguliers
Salut sur tous les points du triangle..
Nous portons & votre connaissance que le Supr6me
Grand Conseil gdn~ral du 9Q0 et dernier grade du Rite de
Misroim, Puissance Supreme pour l’Italie, a ddcid~ dans
son assembMe gdndrale extraordinaire du 19 jour du IF
mois de l’annde 5863 de la Vraie Lumi~re (1867 Ere vulgaire) de mettre en sommeil, en Italie, le Rite dans ses
4 series et uniquement dans ses 16 premi~res classes jusqu’au 860 degrd, et cela jusqu’& ce que le r~veil desdits
degrds et classes soit considdrd ndcessaire ou opportun
par la Puissance Supreme et son Supr6me Grand Conservateur t Pour cela un triangle a dtd constitud par trois
Grands Conservateurs en les personnes des Sublimes
Frefres Giuseppe Darresio 9W, Antonio Zecchin 9W et Luigi
della Migna 90e, a/in qu’ils se chargent, quand le moment
sera opportun, de passer les pouvoirs conservateurs
supr6mes de l’Ordre et du Rite au Fr&e qu’ils jugeront
le plus digne a/in que Ia continuitd de la transmission des
pouvoirs soit maintenue ad aeternum. En vertu de ces
ddcisions le Supr6me Grand Conseil des Souverains
Grands Maitres absolus du 9O~ et dernier grade du Rite
de MisraYm (ou d’Egypte) donne aux susnommds Tr~s
Illustres et Tr~s Puissants Fr~res Giuseppe Darresio,
Antonio Zecchin et Luigi della Migna les pleins pouvoirs
pour la nomination du Supr6me Grand Conservateur de
l’Ordre et du Rite.
Fait dans la Valide de la Lagune V~nitienne le 20~ jour
du I11~ mois de l’Annde 5863 de Misra~m.
Le Supreme Grand Conservateur:
Giovanni Pallesi d’Altamura 33e 66e 90C
Les Grands Conservateurs:
Giuseppe Darresio 33e 66~ 90e
Antonio Zecchin 33e 66e 9Qe
Luigi della Migna M.T. 33e 66e 90e
450
7. Rernarquons que cet acte ne mettait en sommeil que les
86 premiers grades de Misraim et qu’il ne concernait pas les
Arcana Arcanorum (87 k 9& degr6). D’autre part dans cc document le ddcalage entre 5863 Vi. et 1867 E.V. est de 3996 anndes
et non de 4004 anndes conime II est censd etre k Misraina. De
m&me, ci-dessous, 1’ann6e 5941 V.L. correspond k 1945 E.V., avec
donc un ddcalage identique de 3996 ann6es. Comine II est dit k
Le document porte au verso La signature des Supremes
Grands Conservateurs qui se succ6d~rent de L’ann6e 1867
~i 1966%
Par un acte que nous reproduisons ci-apr~s, le premier
jour du mois de Phamenot de L’ann6e 5941 de La Vraie
Lumi~re (1945 E.V.), Le Supreme Grand Conservateur dii
moment, Marco Egidio Allegri 9Q6, proc&Ia au r~veiL dii
Rite:
cc En l’an 1867 de l’Ere vulgaire l’Ordre du Temple de
langue italienne mettant en sommeil la Puissance Supr6me du Rite Egyptien sidgeant & Venise, instituait trois
la note 4 du chapitre III, le calendrier misraYnaite ne semble pas
tr&s exact. Ii aurait 6td plus simple de s’en tenir au d~ca1age
de 4000 ans en usage dans le reste de la Magonnerie. (N.D.T.)
8. Acte original figurant clans les archives des Rites Unis de
Misraim et Memphis. Le texte est dcrit de droite a gauche.
54
LE I~ITh DE MISRAIM
Grands Conservateurs du Rite en les personnes des Sublimes Fr~res Giuseppe Darresio 900, Antonio Zecchin 900 et
Luigi della Migna 9Q0• Leurs pouvoirs furent ensuite transmis au Tr~s Puissant Supreme Grand Conservateur
Alberto Francis 90 qui & son tour les transmit au Sublime
Fr~re Luigi Bo... 9Q0• Puis les pouvoirs furent confi~s au
Tr~s Puissant Marco Egidio Allegri promu Grand Conservateur ~ vie.
Conform~ment donc & nos prerogatives, en nous
servant des pouvoirs donn~s par les articles 14 et 15 des
Statuts (titre Ill, section 1), le premier jour du mois de
Phamenot de l’annde 5941 de la Vraie Lumi~re, Nous
Marco Egidio Allegri, 330 du Rite Ecossais, 330
du Rite
de Memphis, Grand MaUre ~ vie et Supreme GraM
Conservateur de l’Ordre de Misra~m, avons d~cid~ le rdveil
et l’installation du Souverain Conseil g~n~ral du 900 et
dernier degr~, Puissance Supreme de l’Ordre et du Rite
de Misrdim, ainsi que l’union de ce Rite et du Rite de
Memphis et avons appek ces Tr~s Chers et Distinguds
Fr~res & en faire partie:
(suivent les noms de onze
personnes) s.»
Selon Philippe Encausse son p~re, Gerard Encausse
(Papus), aura it re~u en 1907 deux dipL6mes ma~onniques
~manant de 1’” Ordre Ma~onnique Oriental de Misraim
pour I’Italie le Rite I~gitime de Misra~m ~tant alors en
sommeil en Italie; mais L’on ne connait nile contenu, ni
L’origine de ces dip]6mes
Un Rite R~form~ de Misraim aurait ~ ~r~vei11~ > (on
ne sait avec queue autorit~) ~ Naples, aux alentours de
1880, par Giambattista Pessina qui I’aurait ensuite uni ~i
950
10
~,
~.
9. Voir Livre d’Or du Temple Mystique des Rites Unis de Misraim et Memphis, p. 1.
10. Ph. ENCAUSSE
1949, p. 129.
11. En fait, d’apr~s 1’un des dipl6mes de Papus reproduit dans
les Archives secretes du Monde inconnu (1980), cet Ordre Ma~onnique Oriental de MisraYm ~tait dirig~ par Pietro Amoroso, Souverain Grand Maitre, et Attilio de Amicis, Grand Secr~taire, avec
siege ~ Ban delle Puglie. Cet Ordre de Misraim ~tait present au
Convent ma~onnique spiritualiste de juin 1908 ~ Paris, oZi ii
semble avoir ~ repr~sen1~ par Frosini (cr~ateur du Rite Philosophique Italien) et ii est probable qu’il soit issu du Rite R~forrn~
de MisraYm de Pessina. (N.D.T.)
—
55
MISRAIM APRtS LES B1~DARRIDE
son Rite R~[orm~ de Memphis. Nous aurons L’occasion
d’en reparler plus loin.
En ce qui concerne la France, apr~s la mort des &darride, Misra~m a v~g~t~
toujours combattu par le Grand
Orient et Le Supreme Conseil du Rite Ecossais jusqu’au
moment ou ii a dCi pratiquement rendre les armes.
Apr~s La scission qui se produisit ~ la fin du si~c1e
dernier dans le Rite de Misraim entre les partisans du
docteur ChailLoux, auteur du fameux discours qui renjait
Le Grand Architecte de L’Univers, et les ~ spiritualistes»
guides par le Fr~re Osselin, ce dernier groupe a r~sist~
sans cesse aux pressions du Grand Orient et bien que peu
nombreux (et cela est naturel car Les hommes de d~sir
sont rares) ii a poursuivi L’antique tradition ma~onnique
et donc ~La recherche des Lois de la Nature et de ses
rapports avec Les Hommes et Le Plan divin
Les successeurs d’OsseLin pratiquajent encore leur Rite avant la
derni~re Guerre dans La Loge-mere Arc-en-Ciel, nom glorieux du premier Chapitre fond~ en France par Les fr~res
B~darride. Que]ques hauts dignitaires de cette Loge, dissaute pendant La guerre et L’occupation allemande, auraient appuy~ L’initiative du professeur Jean Henry ProbstBiraben ‘~, Ma~on orthodoxe et traditionaliste tr~s ~rudit,
qui r~veiI1a Le Rite le 31 d~cembre 1956 en s’attachant
~ la revalorisation du Regime de Naples ou Scala di
Napoli
—
—
~.
“.
12. La Chcdne d’union, juin 1958, p. 541, cite par NAUDON
1960,
p. 104.
13. Dans le d~cret de r~veil de Misrai:m en 1956 II se qualifie
comme: ~Jean Henry Probst dit Probst-Biraben, docteur en
lettres, professeur honoraire de philosophie; membre du Supreme
Conseil international des Rites ma~onniques orientaux unis de
Memphis-Misra~m, 33~, 66~, 9O~ et 97~ de ces Rites.)> II avait collabore en 1929 ~ Ia revue le Voile d’Isis et en 1936 ~i Ia Revue du
Folklore ainsi qu’au Mercure de France en 1939-1940. IJ semble
avoir ~ Sup~rieur Inconnu dans 1’Ordre Martiniste et membre
d’autres groupes ~sot&iques secrets. II publia, aux Editions des
Cahiers AstroJogiques de Nice les deux ouvrages suivants: les
Myst~res des Ternpliers (1947) et Rabelais et les secrets de
—
Pantagruel (1949). II faut aussi noter que Probst-Biraben fut un
des signataires, en 1934, ~i Bruxelles, de 1’acte de constitution de
la FUDOSI (voir chap. VII, notes 16 et 17).
14. Voir Paul NAUDON
La Franc-Ma~onnerie et le divin, Paris,
1960, p. 100.
—
57
LB RITE DE MISRAIM
MISRAIM APRE5 LES BEDARRIDE
Dans Ia revue la Chaine d’union de janvier 1959, page
236, on pouvait lire: cc l’Ordre de MisraYm a sa place
dans La lignde de La Ma~onnerie initiatique et traditionnelle (...) Son existence suffit ~i assurer dans le Monde La
permanence d’un message antique de fol, de confiance et
d’esp~rance dans les destins posthumes de l’Homme. ~
les Arcana Arcanorum dii Regime de Naples), l’on doit
specifier que l’Ordre r~veill~ en 1956 par Probst-Biraben
est encore actif maintenant
d’une mani~re autonome en
tant que Rite de MisraYm ou d’Egypte
particuli~rement
en Belgique, m~me si son actuel Grand Hidrophante g~n6ral est un Italien. Ce dernier, ii La mort du successeur
de Probst, fut nomm~ ~i 1’unanimit~ pour le remplacer,
par le Supreme Grand Conseil de Misraim, ~i cause de son
age ma~onnique et profane, de sa sagesse, et de ce qu’iI
~tait le plus ancien et le plus dev~ en grade parmi les
membres de ce Supreme Grand Conseil.
56
Ii faut ajouter que Probst-Biraben avait aussi r~veilk
en 1947 le Rite de Memphis dont nous parlons dans La
seconde partie Ce dernier Rite hit r~uni en 1959 ~ celui
de MisraYm (Regime de Naples), on ne sait pas exactement
par qui ~, ~tant donn~ que Probst-Biraberi qui avait
r~veill~ les deux Rites ~tait d~jii mort ~ 1’4e v~n~rable
de 92 ans ~ Ia fin de 1957
Pour conclure sur cette initiative decisive des derniers
repr~sentants de cette branche orthodoxe de Misraim (ii
est juste de qualifier ainsi n’importe quel groupe qui suit
~.
~‘.
15. Selon
NAUDON
(1960, p. 103), le Rite de Memphis reconstitu~
par Probsi-Biraben pla~ait son origine dans le Rite Primitif des
Philalathes r~nov~ en 1779 ~ Narbonne dans Ia loge des Philadelphes. A ce propos, en liaison avec nos pr~c~dentes notes sur les
Philal~thes, ii nous paraft opportun de rappeler ici les douze
degr~s qu’on pouvait gravir dans leur loge, les Amis R~unis, dont
furent membres Savalette de Lange, Court de G~belin, le cabaliste
Duchanteau, von Gleichen, le Prince d’Assia, de Beverley et d’autres Ma~ons fameux: 1” a
grades norinaux d’apprenli, compagnon et maitre; du
au 120 degr~, les grades s’appelaient des
classes)); 40, classe des Elus; 50, des Ecossais; 60, des Chevaliers d’Orient; 70, des Rose-Croix; 80, des Chevaliers du Temple;
des Philosophes Inconnus; 100, des Sublimes Philosophes; 110
des 1niti~s; 120, des Philal~lhes ou Maitres de tous les grades.
30,
40
90
Les quatre derni~res classes formajent le Conseil de 1’Echarpe
blanche. Coinme le sait la plus grande partie des Ma~ons instruits,
les Philal~thes organis~rent a Paris en 1784 le fameux Convent
qui porte leur nom et auquel furent invites les plus hautes autorites ma~onniques de 1’~poque. Le Convent devait discuter de
dix probl~mes jug~s fondamentaux pour la Ma~onnerie, qui
aujourd’hui encore attendent une r~ponse exhaustive et digne de
fol. Les travaux se d~roularent du 13 novembre 1784 au 26 mai
1785, et n’eurent pratiquement aucune conclusion du fait de
l’invitation faite a Cagliostro et des polamiques qui s’en suivirent.
Recommences deux ann~es apr~s avec d’autres th~mes, les travaux
s’achev~rent sans grands r~sultats le 26 mai 1787, deux mois
plus tard.
16. Voir NAUDON
1960, pp. 104-105.
17. Ce fut Henri Dubois, successeur de Probst-Biraben, qui
cr~a un c Supreme Canseil des Ordres Ma~onniques de Memphis
et de Misraim r~unis oZi les rituels et les grades de Memphis
et de Misraim restaient cependant distincts. (N.D.T.)
—
—
—
DEUXIEME PARTIE
LE RITE ORIENTAL
ANCIEN ET PRIMITIF
DE MEMPHIS
CHAPITRE V
ETIENNE MARCONIS ET MEMPHIS
Ragon, chez lequel tous ont ensuite puis~ sans chercher
plus loin, liquide le Rite de Memphis aux pages 309-315
de son Tuileur gdndral maintes fois cite avec vingt lignes
de presentation, La liste de ses 7 classes et 92 grades,
trente lignes r~serv&s aux decorations et autres bagatelles, Ia reproduction d’un mod~le de dipl6me et le commentaire suivant: cc Comment peut-on trouver, au milieu
du xix’ si~cle, des mains assez courageuses pour signer
s~rieusement de pareilles choses?)>
Sans vouloir faire de pol~mique sur le fondateur de La
loge des Trinosophes qui, comme nous l’avons vii, a signs
pas mal de choses aussi peu sdrieuses, ii est ndcessaire de
dire tout de suite que le Rite de Memphis eut d~s son
apparition un succ~s notable, m~me s’il n’a pas ~ durable, et qu’aujourd’hui encore il a ses partisans, peu nombreux mais cboisis
de qualitd en somme
comme,
du reste, I’avait pr~vu son fondateur, Etienne Marconis
de N~gre, quand il ~non~a les principes suivants: cc Le
Rite ma~onnique de Memphis a pour origine les myst~res
de l’antiquit~; ii apprit aux hommes ~ rendre hommage
i~ La divinit~. Ses dogmes reposent sur les principes de
l’Humanit~; sa mission est l’~tude de La sagesse qui sert
~ discerner Ia v~rit~; c’est 1’ceuvre bienfaisante du diveloppement de La raison et de l’intelligence; c’est le culte
des qualit~s dii cceur humain, et La rdpression de ses
—
—
1
63
ETIENNE MARCONIs ET MEMPHIS
62
vices
LE RITE DE MEMPHI5
Cette Ma~onnerie est enfin 1’~cole de La tolerance
religieuse, l’union de toutes les croyances, le lien entre
tous les hommes, le symbole des suaves illusions de
1’esp~rance pr~chant La foi en Dieu qui sauve et La charit~
qui fait b~nir .»
Mais Marconis de N~gre, fils d’un Italien officier de
l’arm~e napoldonienne d’Egypte, au lieu de s’en tenir a
La le~on de modestie et de vdrit~ donn~e par Savalette
de Lange2 ~ tous les inventeurs de Rites plus ou moms
importants d’Europe et d’Am~rique, croit bon de donner
une origine solennelle ~ ce Rite qu’il avait cr~ en multipliant les grades de La loge fond~e par sort p~re i~ son
retour d’Egypte. Selon ses affirmations le Rite proviendrait directement de La Palestine et aurait ~ fond~ par
les Templiers. Mais les origines seraient encore plus
nobles. L’ap6tre Saint Marc ~vang~liste aurait converti au
Christianisme ~ Alexandrie d’Egypte’ in pr~tre du culte
de S~raphis nommd Ormus. Celui-ci, apr~s avoir converti
six de ses anus, aurait cr~ en Egypte Ia soci~t~ initiatique
des Sages de la Lumi~re et initie ~ ses myst~res quelques
p~lerins ess~niens dont les descendants auraient ~ leur
tour transmis une partie de leurs secrets aux Chevaliers
de Palestine. Par ces derniers La tradition serait arriv~e en
Europe ~ Upsal, puis en Ecosse oii elle aurait ~ transmise par l’institution d’un Ordre des Ma~ons d’Orient.
De tout cela serait d~riv~ Memphis, ainsi que son grade
de Sublime Mai~tre de La Lumi~re qui est aussi le titre
du Prince Patriarche qui preside le Temple Mystique du
Rite’.
(...)
1. Etienne MAI~coNIs DE Nf~G1~n
Le Ram eau d’or d’Eleusis,
Paris, 1861, p. 400.
2. Vo~r l’introduction du present ouvrage.
3. Vo~r MARcONIs DE NtG1~n & MourmT
L’Hi~rophante, Paris,
1839, et MARcoNI5 DE NtGas
Le Sanctuaire de Memphis, Paris,
1849.
4. Cette histoire est racont~e de fa~on plus ou moms idenlique
dans: Jean BRICAUD
Notes historiques sur le Rite Ancien et
Primitif de Memphis-Misraim, Paris, 1933; G. MAc Bnu~
Notes
on the A.~. and p~ Oriental Rite of Memphis, Madras, 1927; Arthur
WAITE
A New Encyclopaedia of Freemasonry, tome II, Londres,
1921.
Notons que MAncoNI5 DE N~GRE a dil s’inspirer d’un r~cit sinai-
Soro, dans son Gran libro della Natura (p. 173) affirme
au contraire tout bonnement que Memphis-Misraim cc fut
crd~ par les Rose-Croix de La branche italienne ~% Mais il
est evident que cette irnportante conclusion ei d’autres
de nombreux auteurs n’ont aucun fondement, pas plus
qu’il n’y a de fondement dans ce qu’affirme le cr~ateur
dii Rite pour lui donner du lustre avec Ia patine d’une
pr~tendue antiquit~.
En effet, le Rite de Memphis, apparu en France en
1839, est d&iv~ en grande partie dii Rite Ecossais et de
cehui de MisraYm, et d’une maniere moindre de Ia loge
des Disciples de Memphis de Montauban qui en fut
cependant La base. Certains auteurs estiment que cette
derni~re loge ~tait l’h~riti~re des Philadelphes de Narbonne’ ~ travers une Grande Loge des Philadelphes
d’Egype, appanue en 1798, ii l’existence obscure et certainement tr~s breve. Mais on sait seulement avec certitude
que Ia Loge de Montauban hit fond~e par le p~re de
Marconis ~ Ia fin de 1814.
Compose ii l’origine de 91 degr~s, puis porte ii 92 et
plus tard ~ 95, Memphis est divis~ en trois sdries de
grades. La premiere sdrie qui va du 1” au
degr~ est
d~diee ~ l’enseignement de Ia morale; la seconde, dii
35 au 68’ degr& ~tudie les sciences naturelles et la philosophie de l’histoire; Ia troisieme, du 69’ au 95’ degr~,
s’occupe de haute philosophie, de l’~tude des mythes religieux de diverses ~poques et admet les etudes th~osophiques les plus hardies’.
En se fiant toujours ~ Marconis, unique source de toute
premiere main en tant que cr~ateur dii Rite de Memphis,
ou tout au moms modificateur de in s~rie des hauts-grades
340
—
—
—
—
—
—
CA. THORY (1815), a son chapitre sur Ia RoseCroix. (N.D.T.)
5. Peut-~tre SORO a-I-il extrapola a partir de ce passage de
MARCONI5 DE N~GRn: c Le Rite de Memphis reconnait pour fondalaire rapport~ par
teurs imm~diats les Chevaliers de Ia Palestine ou Fr~res Rose-
Croix d’Orient. ~
6. Syst~me ma~onnique apparu en 1779, subdivis~ en trois
classes dont les deux premi~res englobaient dix-sept grades et la
troisi~me trois chapitres et dans lequel l’on ~tudiait les diff~rentes
branches des sciences occultes.
7. Voir MARCONIs
1849, pp. 19-22.
—
7
ET]ENNE MARCONIS ET MEMPHIS
64
LE RITE DE MEMPHIS
de la loge des Disciples de Memphis de Montauban, les
92 grades originaux, ainsi qu’ils apparaissent dans son
ouvrage le Sanctuaire de Memphis, sont les suivants:
1. Apprenti
2 Compagnon
3. Maitre
Chevalier de Saint Andre
Chevalier Kadosch, Grand Inspecteur
Grand Inquisiteur Comrnandeur
Souverain Prince du Royal Myst~re
Chevalier Grand Inspecteur
Grand Commandeur du Temple
36.
37.
38.
39.
40.
41.
42.
43.
44.
45.
46.
47.
2’ sdrie 4’ classe
Chevalier Pbi1al~the
Docteur des Planisph~res
Sage SivaYste
Prince dii Zodiaque
Sublime Philosophe hermdtique
Chevalier des sept Etoiles
Chevalier de l’Arc aux sept couleurs
Chevalier Supreme Commandeur des Astres
Sublime Pontife d’Isis
Roi Pasteur des lutz
Prince de La Colline sacr~e
Sage des Pyramides
-
1”
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
30.
31.
32.
33.
34.
35.
s~rie
-
1’, cla.sse
Maitre discret
Maitre Architecte
Sublime Maitre
Juste et parfait Maitre
Chevalier des Elus
Chevalier dlu des Neuf
Chevalier ~Iu des Quinze
Sublime Chevalier ~lu
Chevalier Grand Maitre Architecte
Chevalier Royale Arche
classe
14. Chevalier de La VoCite sacr~e
15. Chevalier de 1’Ep~e
16. Chevalier de J~nusalem
17. Chevalier d’Orient
18. Chevalier Prince de Rose-Croix d’Hdr~dom
19. Chevalier Prince d’Occident
20. Chevalier Grand Pontife de J6nusalem
21. Chevalier Grand Maitre du Temple de Ia Sagesse
22. Chevalier Noachite, ou de Ia Tour
23. Chevalier dii Liban
24. Chevalier dii Tabernacle
25. Chevalier de l’Aigle rouge
26. Chevalier du Serpent d’Airain
27. Chevalier de La Cite Sainte
2’
3’ classe
28. Chevalier dii Temple
29. Chevalier de Johan, ou du Soleil
50
48.
49.
50.
51.
52.
53.
54.
55.
56.
57.
58.
59.
60.
61.
classe
Philosophe de Samothrace
Titan dii Caucase
Enfant de La Lyre
Chevalier du Ph~nix
Sublime Scalde
Chevalier dii Sphinx
Chevalier dii P~lican
Sublime Sage dii Labyrinthe
Ponlife de Ia Cadm~e
Sublime Mage
Prince Brahmane
Pontife de l’Ogygie
Chevalier Scandinave
Chevalier dii Temple de Ia Writ6
65
66
LE RITE DE ~AEMPHI5
6’ classe
62.
63.
64.
65.
66.
67.
68.
Sage d’H6liopolis
Pontife de Mithra
Gardien du Sanctuaire
Prince de la V~rit~
Sublime Kavi
Mouni tr~s Sage
Grand Architecte de La Cite myst~rieuse
67
ETIENNE MARCONIs ET MEMPHI5
92. Sou ierain Prince des Mages du Sanctuaire de Memphis
Cette nomenclature a subi dans le temps de tr~s nombreuses variations.
L’Ordre ~tait r~gi par le Grand Hidrophante et par cinq
Conseils supr~mes: 10 le Sanctuaire; 20 ]e Temple Mystique, Grand Empire des Souverains Princes de Memphis;
30 le College Liturgique;
le Souverain Grand Conseil
gdn~ral des Sublimes Princes de Ia Ma~onnerie;
le
Supreme Grand Tribunal des Grands Ddfenseurs de
1’Ordre. Le Rite poss~dait trois grandes decorations c legionnaires et me (<synubolique ~: la Grande EtoLle de
Sirius, Ia Legion des Chevaliers d’Eleusis, La Logion des
Chevaliers dii Sadah redoutable et la Toison d’Or (symbolique).
La tentative des fondateurs dii Rite de Memphis de
mettre le Rite Ecossais en difficiilt~ apparait ~vidente,
de m~me que celle d’enlever toute autoritd au Rite de
Misraim : ils avaient rassembl~ dans leur syst~me presque
tous les hauts-grades apparus en France et ailleurs avant
et apr~s La Revolution et us avaient inclus de nouveaux
grades aux titres impressionnants (par exemple, Sage
Sivaiste, Prince Brahmane, Pontife de Ia Cadm~e, jamais
appanus auparavant et a peu pr~s inconnus de La nomenclature ma~onnique) et particuli~rement in groupe de
sept grades se rapportant a l’Egypte (Pontife d’Isis, Sage
des Pyramides, Chevalier dii Sphinx, Sage d’H~liopolis,
Interpr~te des Hi~roglyphes, Chevalier dii Knef et Souverain Prince de Memphis). Ces derniers grades provenaient de La loge des Disciples de Memphis de Montauban
oii certains membres, anciens militaires de l’arm~e de
Bonaparte, avaient pu amener des connaissances acquises
lors de leu r s~jour en Egypte et us ~taient les h~ritiers
des trois grades c~ ~gyptiensx~
de l’Ordre des Architectes
Africains organist en Allemagne vers 1767 ou 1768 (4’:
Apprenti des secrets ~gyptiens;
I niti~ aux secrets
~gyp1iens; 8’: Maitre des secrets ~gyptiens) qui n’avait
connu qu’une existence ~ph~m~re.
40
50
s~rie
Sublime Prince de La Courtine sacr~e
Interpr~te des Hidroglyphes
Docteur Orphique
Gardien des trois Feux
Gardien dii Nom incommunicable
Supreme Maitre de La Sagesse
Souverain Prince des S~nats de 1’Ordre
3’
69.
70.
71.
72.
73.
74.
75.
classe
76. Souverain Grand Maitre des Myst~res
77. Supreme Maitre dii Sloka
78. Docteur dii Feu sacr~
79. Docteur des V~das sacr~s
80. Sublime Chevalier de La Toison d’Or
81. Sublime Chevalier dii Triangle humineux
82. Sublime Chevalier dii Sadah redoutable
83. Sublime Chevalier Th~osophe
84. Souverain Grand Inspecteur de l’Ordre
85. Grand D~fenseur de l’Ordre
86. Sublime Maitre de l’Anneau lumineux (ou de Ia
Lumi~re)
87. Grand R~gulateur g~n~ral de l’Ordre
88. Sublime Prince de La [VIa~onnerie
89. Sublime Maitre dii Grand ~Euvre
90. Sublime Chevalier dii Knef
91. Souverain Prince de Memphis, chef dii Gouvernement
de 1’Ordre
70
50:
________~1
LE RITE in MEMPHIS
ETIENNE MARCONIS ET MEMPH[5
IL suffit en fait de jeter in coup d’eil ~ La nomenclature
dii Rite de Memphis pour s’apercevoir que les 34 premiers
degr~s correspondent exactement, avec quelques variantes
minimes dans les litres et dans La position des grades, aux
33 degrds dii Rite Ecossais Ancien et Acceptd, ddj~ en
vigueur en France en 1804. Rappelons que ce fut sur La
base des vingt-cinq grades dii Rite de Perfection ou d7leredom dii Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident,
issu en France di fameix Chapitre de Clermont, que
Italie, particuli~rement dans le royaume des Deux Siciles,
et dans le Bassin M~diterran~en 6•
IL semble aussi, qu’i~ l’exception des degr~s originaires
de Misra~fm ou dii Rite Ecossais, Marconis et Mouttet
n ‘avaient pas ~labor~ tous ]es rituels des nouveaux grades,
tels ceux de Sage Sivaiste, Roi Pasteur, Titan du Caicase,
Prince Brahmane, etc. Et cela devait, sinon priver compl&
tement le Rite de son autoritd, du moms compromettre
son d~veloppement; en effet il allait sibir par La siite
de nombreuses modifications dues aix siccesseurs r~guhers de Marconis et surtout aux divers cc Grands Hi~rophantes g~n~raux ~ qui oni essay~ de combiner Memphis
avec tel ou tel autre Rite, dans certains cas particuli~rement n~gatifs avec le Rite Ecossais Ancien et Accept~,
dans d’autres cas avec le Rite de MisraYm pour aboutir
i~ divers Rites de Memphis-MisraYm et me seule fois ~
in Rite de Misra~im et Memphis ainsi que nous l’exphiquons plus loin.
Toutefois me caract~ristique dii Rite permet de le
qualifier d’orthodoxe et li~ ~ La tradition ma~onnique
pr~-r~vohutionnaire: c’est l’obligation de la pri~re au
Grand Architecte de l’Univers au debut et ~ La fin des
travaux y compris dans les trois grades de La Ma~onnerie
iniverselle. De telles pri~res, dont nous rapportons ci-dessois celle de l’oiverture des travaix pour le grade d’apprenti, se r~citent encore aujourd’hui dans le Rite de
Misraim et Memphis, et d’apr~s ce qu’il nous semble elles
se r~citaient aissi dans le Rite de Memphis d~pendant
dii Grand Orient d’Egypte qui poss~dait des loges au
Caire et ~ Alexandrie et qui d~livra me charte en 1876
pour Le r~veil ~ Palerme dii Grand Sanctuaire d’Italie,
ainsi que nous le verrons plus loin.
Voici cette tr~s belle pri~re qu’on trouve aix pages 62
et 63 dii Sanctuaire de Memphis d’Etienne Marconis, hivre
d~j~ cite.
68
St~phane Morin et ses successeurs cr~rent en Am~rique,
~ Charlestown, le premier Supreme Conseil du
degr~.
Un autre regard sur La s~rie des grades permet de constater qu’on a ins~r~, dans la quatri~me classe (360 ~
degr~), des grades cc astrologiques dd~a connus dans les
330
470
loges fran§aises avant La R~vohution (Docteur des Planispheres, Prince du Zodiaque, Chevalier des sept Etoiles,
Chevalier de l’Arc aix sept couleurs, Supreme Comma”deur des Astres) et dans La cinqiii~me classe (48’ ~
61’ degr~), en alternance avec des grades d’in nouveau
style, ceux provenant de La M~re Loge de Marseille (Chevalier du Ph~nix, du Sphinx, du P6lican, Scandinave) et
deux grades cc de V~rit~ (Chevalier et Prince) provenant
du 29’ degr~ dii Rite Primitif de Namur cr~ en 1770.
Ensuite, ~ La place des hut grades israelites des fr~res
B~darride (dii 69’, Chevalier de La Kanuka, ai 76’, Grand
Prince Hassid) d’aitres degr~s ont dtd ~tablis, certains
d~j~ connus (Gardien des trois Feux, Gardien di Nom
incommunicable et Maitre de La Sagesse) et les autres
nouvellement institi~s. Enfin, du 78’ au 89’ degr~, mis ~
part l’introduction di cc Docteur des V~das sacr~s~ et dii
cc Chevalier de La Toison d’Or ~, le Rite de Memphis r~p~te
presque ~ La lettre La nomenclature de Misraim dans sa
troisi~me sdrie (trois derni~res classes).
IL est evident qu’un Rite d’une telle sorte, apr~s in
succ~s initial dei plus ~ La curiosit~ qi’l~ me r~elle volont~
d’apprendre, allait avoir me vie difficile, sp~cialement
dans le pays oji ii avait pris naissance. En fait, il semble
que Memphis ait ~ absorb~ en France en 1862 par le
Grand Orient, m~me si cela ne peut ~tre confirms par des
documents, tandis qi’il aurait eu in sort meilleur en
69
8. Apr~s 1862 Memphis disparait de France oZi il r~apparattra
en tant que Memphis-Misraim tandis qu’il s’installe en Angleterre
grAce ~ Yarker et qu’il se consolide en Italie, ~ Palerme. Des
Etats-Unis II semble que grace ~ tine patente donn~e par le Grand
Orient de France (?) le Rite se serait propag~ en Am&ique du Sud.
70
LE RITE DE MEMPHIS
c~ Dieu Souverain qu’on invoque sous des noms divers
et qui r~gne seul, Tout Puissant, iminuable Jehovah, Pere
de La Nature, Source de Ia Lumi~re, Loi supreme de
l’Univers, nous te saluons. Re~ois, 6 mon Dieu, [‘hommage
de notre amour, de notre admiration et de notre cute.
Nous nous proste mons devant les Lois dternelles de ta
Sagesse. Daigne diriger nos travaux, ~claire-les de tes
humi~res; dissipe les t~n~bres qui voilent la V~ritd et
laisse nous entrevoir quelques-uns des plans parfaits de
cette Sagesse dont tu gouvernes le Monde, afin que, devenus de plus en plus dignes de toi, nous puissions cdlebrer
en des hymnes sans fin l’universelle Harmonie que ta
presence imprime a Ia Nature.
Cette tr~s belle invocation, bien que sous me forme
plus personneUe, se rapproche de celle que les Misraimites
orthodoxes r~citaient a Ia fin de leurs travaux:
cc Supreme Architecte des Mondes, source de toutes les
perfections et de toutes les vertus, Ame de l’Univers que
tu remplis de ta gloire et de tes bienfaits; nous adorons
ta Majest~ supreme et nous nous humihons devant ta
Sagesse infinie qui cr~a tout et qui conserve tout. Daigne,
Etre des ~tres, recevoir nos pri&es et l’hoxnmage de
notre amour. Bdnis nos travaux et rends-les conformes a
ta Loi. Eclaire-les de ta Lumi~re divine. Qu’ils n’aient
d’autre but que La gloire de ton Nom’, La prosp~rit~ de
l’Ordre et le bien de L’Fhumanit& linis les hommes que
l’int~r~t et les pr~jug~s divisent. Ecarte le bandeau de
l’erreur, qui couvre leurs yeux. Et que, ramene a Ia Vdritd
par La Philosophie, le genre humain ne pr~sente plus
qu’un peuple de fr~res, qui t’offre de toutes parts in
encens pur et digne de toi ~o.
CHAP ITRE VI
LES PYRAMIDES DE MEMPHIS
M~me si jusqu’a present on a Pu d~crire assez pr~ci-
s~ment les grades et l’~chelle hi~rarchique dii Rite propagd par Marconis, en fait Ia distinction entre son Ordre
de Memphis et l’Ordre de Misraim se fait de plus en plus
difficile. Les deux Rites furent entrain~s vers me certaine
forme de d~g~n~rescence, imputable particiiui~rement aux
conflits entre les dignitaires des formations ma~onniques
Les plus importantes, et us se mirent a imiter le Rite
Ecossais, sans aucun doute base des hauts-grades de tous
les autres Ordres ma~onniques. Ils ont eu tendance alors
a se confondre de plus en plus jusqu’a ce qu’iLs se trouvent
mis
on ne r~ussira jamais ~i savoir avec precision
par qui’
dans in Rite hyb ride qui, m~1ang~ avec in
pr~tendu cc Rite Primitif et Originel de Swedenborg > 2
—
—
1. Sauf en Italie en 1945, quand celui qui avait les patentes
r6guli~res pour La constitution et le r6veil de chacun des deux
Rites Jes unit, tine fois r~veill~s s6par6ment, sous le titre de
Rite Oriental Ancien et Primitif de MisraYrn et Memphis.
2. Selon PApus (Martin~sisme, Willermosisme, Martinisme et
Franc-Ma9onnerie, Paris, 1899, pp. 5-6) Swedenborg aurait cr66 tin
syst~me de dix grades divis6 en trois sections: premi~re section
(ma~onnique), apprenti, compagnon, maitre, maitre 61u; seconde
c
9. L’allusion ~ La devise de l’Ordre du Temple est 6vidente:
Non Nobis Domine, Non Nobis, Sed Nomini Tuo Da Gloriam. ~
10. Marc B~DARRIDE De l’Ordre ma9onnique de Misrdim, Paris,
—
1845, tome II, p. 419.
section (illuministe) appel6e aussi section des Cohen, apprenti
Cohen, compagnon Cohen, mafire Cohen; troisi~me section (active) ou section des Rose-Croi,~, apprenti Rose-Croix, chevalier
Rose-Croix commandeur, Rose-Croix illumin6 ou Kadosch. Cette
affirmation est controvers~e; toutefois dans Je monceau de suppositions sur les origines de La Ma~onnerie et des Ordres illumi-
72
LES PYRAMIDES DE MEMPHIS
LE RITE DE MEMPHIS
fit connu pendant queLques ddcennies sous le nom de
cc Rite Ancien et Primitif
CeLui-ci ensuite, en d6Livrant
des chartes de reprdsentation, provoqua La reconnaissance
ou Le surgissement de nouvelles organisations ma~onmques ccAnciennes et Primitives
Ainsi que nous L’avons d6j~ indiqud, Le Rite de Memphis
hit absorbd en France en 1862 par Le Grand Orient, ce qui
ddtermina pratiquement sa disparition de La tribune
ma9onnique officielle fran~aise. QueLques groupes isolds
semblent avoir continud ~ effectuer des travaux surtout
pour assurer La continuitd du Rite m~me si les participants
de ces groupes n’avaient pas Les grades n~cessaires pour
me telle tache.
En Italie am contraire une rdeLLe continuitd aurait dtd
assurde, car en 1860, ~t La suite de La prise de Palerme
par Les volontaires de Garibaldi, nombre de ses officiers
auraient particip6 aux travaux d’une Loge de Memphis
ainsi qu’~ ceux d’mn atelier de MisraYm. Quant ~t Garibaldi
qui avait re~u Le trente-troisi~me degrd du Rite Ecossais
Ancien et Accept6 avant son ddpart de Quarto pour Marsala, ii ft~t proclaim, une fois arrivd ~ Palerme, Grand
Maitre ad honorem dii Grand Orient de Palerme dont
faisaient partie, outre Le Rite Ecossais, Les deux Rites de
Memphis et de MisraYm.
Certains auteurs soutiennent que le Grand Sanctuaire
de Memphis pour La France aurait concddd en 1856 une
charte pour Ia constitution d’mn Sanctuaire aux EtatsUnis. Ce Sanctuaire n’aurait ddbut~ ses travaux que quelques anndes plus tard, sons La direction du Fr~re
Harry J. Seymour, apr~s que La charte eO~t dtd visde par
Le Grand Orient de France. Mais ii semble que toutes
les informations concernant cette charte, qui sont rappeLdes d’aiLLeurs dans une note rdcente du Grand Secrdtariat
~.
~.
nistes, personne n’a rien ~ envier ~ l’autre. Le syst~me aurait ~
ensuite remani~ et r~duit k trois degr~s (tin pour chaque section)
par le Marquis de Thon, en 1783, et intituI~ pr6cis~ment c Rite
de Swedenborg (Voir aussi Pericles MARUZZI
II Vangelo di
Cagliostro, Rome, 1972, p. 54, qui pour sa part fail descendre ce
Rite des Illumines d’Avignon comme c’est probable).
~.
—
73
des Rites Unis de Misraim et Memphis O~ proviennent de
John Yarker, c6I~bre propagateur de diffdrents Rites et
associations ma~ormiques et parama9onniques’. C’est sur
cette charte qu’iL aurait base La rdgularitd de son Sovereign Sanctuary of the Ancient and Primitive Rite of
Masonry, in and for the United Kingdom of Great Britain
and ireland and its Dependencies, dont La Constitution
et Les cdrdmonies ainsi qu’une ~bauche historique furent
publides en 1875. En fait, Le seul diplOme envoyd par les
Etats-Unis ~ Yarker (qui avait ddj~t constitud pour son
propre compte ~ La fin de 1872 Le Souverain Sanctuaire
dont il est question ci-dessus) dont nous avons connaissance, porte La date dii 1” octobre 1875 et est signs
par W.J.B. Mac Leod Moore 33’ 90’ 97’. Mais il s’agit
dii Rite de Swedenborg, sur Lequel tons Les Amdricains,
Anglais et Allemands ont sp6cuI~ en crdant l’dquivoque
du cc Souverain Sanctuaire~ et des “Rites Unis~ et en
se proclamant 900 et 97’.
Frosini
dont nous nous occuperons par La suite
dcrit: cc Le Rite de Swedenborg fut r~organis6 auic EtatsUnis et au Canada par le Fr~re Samuel Beswick. Les
Chartes constitutives pour I’AngLeterre furent remises le
1” octobre 1875 (...) La Grande Loge Supreme et le Temple
—
—
0 5, janvier3, Bollettino1973,
ufficiale
f~vrier-mars
p. 16.de L’Ordre Martinis Ic d’Italie, n
4. John YARKER, pilier de l’establishment occultiste de son gpoque et c grand initi~ occidental tr~s appr~ci~ par la Soci~t~
th6osophique (qui fut cr~e non en hide mais en Am~rique,
New York, par les soins de M” H.P. Blavatsky et de son ami
le colonel Olcott), fut l’auteur d’une dizaine d’ouvrages sur Ia
Ma~onnerie et l’occultisme, parnii lesquels the Ritual of the Arabic
Order of Ishmael et tin cdi~bre pot-pourri de 568 pages, the Arcane
Schools (a Review of their origin and antiquity with a general
History of Freemasonry, and its relation to the theosophic, scientific and philosophic Mysteries). Yarker se declarait Grand Maitre
honoraire ad vitam du Rite Philosophique Italien, Premier Grand
Surveillant de Gr&e, Grand Maitre honoraire de la Grande Loge
de Cuba, Grand Conn~table et Mar~chal du Temple d’Angleterre,
33o du Rite Ancien et Accepts dans de nombretix pays, Grand
Maitre du Rite Ancien et Primitif de la Ma~onnerie, Grand Hi~rophante (97’) des Nations conf~d6r~es, Grand Maitre du Rite de
Swedenborg, 9 degr~ honoraire de La Soci~t~ Rosicrucienne, etc.
~.
74
de Grande Bretagne et d’Irlande di Rite de Swedenborg
furent alors rdguui~rement reconnus
Par qui Leod Moore avait-il dtd procLamd
97’?
Comment se faisait-il que Yarker signait aussi avec les
m~mes grades? Que se cachait-il sous l’dtiquette dii Rite
Ancien et Primitif? De quel rituel se servaient ces
Ma9ons?
La documentation ~ ce sujet doit ~tre recherch6e dans
leurs publications. Frosini
qui d6diait ~t Yarker qu’il
appelait cc son grand fr~re et v~n~re maitre bien 61 pages
de son ouvrage
~crivait (~p. 218): “Le Rite Ancien et
Primitif (...) comprend deux branches: La branche Orientale oi de Memphis et Misraim et La branche Occidentale
ou de Swedenborg0
IL s’agit donc d’un rite hybride qui
d’apr~s ce que
L’on comprend de L’indication suivante de Frosini (p. 218)
cc Supreme Grand Conseil pour La Grande Bretagne et
l’IrLande de L’Ordre Ancien et Primitif de Memphis et
Misraim (Souverain Sanctuaire) et du Rite de Swede nborg
(Grande Loge)
suivait dans Les trois premiers grades
Le Rite de Swedenborg (Grande Loge) et dans Les hautsgrades le Rite de Memphis (om de Misraim ?). Om bien
le contraire, ~tant donnd que l’on ne pent comprendre
comment Memphis et Misraim (deuK Rites distincts)
dtaient devenus un seul Ordre et comment une Grande
Loge dtait devenue un Rite. Mais, ~t La page 219 de son
Livre, Frosini clarifie La situation en dcrivant: cc Ce fut
Le Tr~s Puissant et Tr~s Illustre Fr~re Harry J. Seymour,
Souverain Grand Commandeur du Supreme Conseil (Cerneam) de New York qui confdra en 1872 Le
degrd Ecossais ~t John Yarker, Lequel fut ensuite, Le 15 novembre
1872, nommd membre d’honneur du m~me Supreme
Conseil et garant d’amiti~.; ces pouvoirs et cette dignitd
330
9Q0
—
—
—
—
330
5. Edoardo FROSINI Massoneria italiana e tradizione iniziatica,
Pescara, 1911, p. 220. Notons qu’il 6crit ccreconnus’ et non constitu6s ~tant donn~ que pendant trois ans le Rile de Swedenborg
n’avait pas 6t~ reconnu et qu’on ne sait pas avec queUes chartes
II avait ~ fonde.
6. Il aurait 6t6 plus exacl de dire cc trois branches ~, ~tant donn6
que Memphis el Misra~m 6taient detix Rites distincts quo]que en
grande partie semblables.
—
75
LES PYRAMIDES DE MEMPHI5
LE RITE DE MEMPHI5
furent confirm~s en 1880 par Le successeur de Seymour,
le Tr~s Illustre Fr~re W.H. Peklam, Souverain Grand
Commandeur 33’. En 1882 Yarker est nommd membre
ad honorem du Sup r~me Conseil des 33 degr~s du Canada,
Sipr~me Conseil qui en 1884 conclut un traitd avec
L’Ordre de Memphis et MisraYm.~
De ces prdcisions L’on peut ddduire que Yarker n’~tait
pas
du Rite Ecossais Ancien et Accept~ de Charlestown, mais de celmi dit de c Cerneau ~, tenn en haute
consideration par La Socidtd Thdosophique, et que Les
cc33
90’, 97’ dont il se parait n’~taient pas comparables
aix ~33’, 66’, 900~ de Misraim’ mais bien in hybride
de trois grades d’aitres Rites unis ensemble, hybride qui
devait forcdment d~boicher sir La siprdmatie d’un des
Rites sir les autres, comme cela allait se verifier. En
effet, en 1882, Yarker reprit les modifications antiritud330
Liques et antitraditionnelles effectimes par Pessina dans
son Rite R6form~ de Memphis en 33 degr~s et Les codifia
dans ses Rituals of the Ancient and Primitive Rite (the
0
Rite of Memphis) 0
series, Chapter 4 to 11; 2nd series,
Senate 12 to 20; 3rd series, Council 21 to 30. IL compldta
cette codification en 1903 avec the Laws and Regulations
of the Grand Mystic Temple
Council general 32nd 94th
JSt
—
under the Constitutions of the Sove?eign Sanctuary
Supreme Grand Council of Rites 33rd 95th (Scottish, Mizraim and Memphis); with a brief history of the origin
—
and progress of high-grade Masonry.
De ces expdrimentations 10
cela ne mdrite pas d’autre
—
7. A Misr&im Ia qualification de 33’ 66’ 90’ d6signe le grade de
Souverain Grand Maitre absolu ~ vie et est formul~e ainsi car
il est ~ Ia t&e de la premiere s~rie (1’ ~ 33’), de la seconde s~rie
(34’ ~ 66e) et des troisi~me et quatri~me s6ries (67’ ~ 90’).
8. Le Rite R6form6 de Memphis en 33 degr~s fut constitu6, ainsi
qu’on le verra plus loin, ~Catane en 1876 par Giambattista Pessina.
(Voir aussi Ia note 10 ci-dessous — N.D.T.)
9. Dans cette s~rie de rituels le Rite de Misraim est compl~-
tement ignore.
10. En fait, dans sa Constitution de 1875 et ses Rituals de 1882,
John YAnxmi prdsente Ia mime organisation du Rite Ancien et
Primitif (Memphis en 33 grades). Notons que le Rite de Memphis
avait ~ r~duit une premiere fois de 95 ~ 33 degrds par JeanPhiliberi Berjeau des 1860 ~ Londres, mais cette tentative n’eut
76
LE RITE DE MEMPHIS
nom il rdsilta que le Rite de Memphis pus celmi appeL~
Memphis-Misraim se rddiisirent ~t L’observation de quelqies rituels di Rite Ecossais auxquels avaient ~td apportdes de Ldg~res modifications. Ce fut lit La gen~se de
1’Ordre om Rite de Memphis-Misraim qui, dans La reaLit~,
it J’exception des titres et des numdros qii Les accompagnent, est une copie des grades suivants du Rite Ecossais
Ancien et Accept~’: 4’, Maitre secret (Memphis: Maitre
discret); 15’, Chevalier d’Orient om de L’Epde (Memphis:
8’ 15’, ChevaLier de l’Epde om d’Orient); 18’, Prince RoseCroix (Memphis : 11’ 18’, Chevalier Rose-Croix) ; 30’,
Grand Elm Chevalier Kadosch (Memphis: 18’ 30’, Illustre
et Terrible Chevalier Kadosch); 32’, Prince du Royal
Secret (32’ 940, Patriarche Prince de Memphis) ; 33o, Somverain Grand Inspecteur gdndral (33’ 95’, Sublime Patriarche, Grand Conservateur it vie)
Dans Ia rdaIit~, donc, Le Souverain Sanctuaire cc Smpr~me Grand Conseil des Rites ~ de Yarker gouvernait
en 1903 un cc Chapitre~ qui travaillait ai 11’ 18’ degrd
(Rose-Croix) et in cc S~nat~ qui travaillait ai 18’ 30’
degr~ (Kadosch), tous deux selon Le rituel Ecossais Ancien
et Acceptd; il y avait aussi un cc Temple (32’ 94’) dans
Lequel on se servait du rituel de Prince du Royal Secret,
—
~.
pas de prolongemeni direct; et 1’on salt que Marconis de N~gre
1ui-m~me avait effectu6 la m~me op6ration ~ Paris en 1862 pour
permettre l’~quivalence avec le Rite Ecossais. En 1865, le Souverain Sanctuaire am6ricain de Harry J. Seymour accepta aussi
une r6duction it 33 grades. Cependant ces trois Rites de Memphis,
r~duits ~ 33 degr~s s6par6ment et sans coordination, ne possedaient pas Ia m~me nomenclature et Ia m~me hi6rarchie de grades.
II semble que ce soit le Rite de Memphis de Seymour en 33 degr~s
qui fut introduit en Grande-Bretagne en 1872 sous le nom de
cc Rite Ancien et Primitif de Memphis ~ et en Italie entre 1866 et
1876 (?) sous le nom de cc Rite R6form6 de Memphis ‘~. Par Ia
suite, en Grande-Bretagne, John Yarker en fusionnant ce Rite de
Memphis de 33 grades avec d’autres Rites (Misraim, Cerneau, etc.)
cr~a le Rite de Memphis-Misraim en 97 grades. Un exemple permettra de comprendre les diff6rences entre les hidrarchies de ces
divers Rites: le grade de Rose-Croix est au 11’ degr~ dans le Rite
Ancien et Primitif (ou Memphis R~forrn6), au 46’ degr~ dans le
Rite de MisraYm et au 18’ degr~ dans les Rites Ecossais, de Memphis (premiere mani~re) et de Memphis-Misraim. (N.D.T.)
11. Dans la num6rotation des degr~s de Memphis indiqu6e cidessus, le premier nombre correspond it la hi6rarchie de Memphis
R~form~ et le second it celle de Memphis-Misraim. (N.D.T.)
LES PYRAM]DES DE MEMPHIs
77
et irn ccSanctuaire~ (33’ 95’) qui pratiquait celmi des
Souverains Grands Inspecteurs gdndraux, ces deux derniers rituels ayant dtd utilisds dans L’Ordre de Memphis
originel et authentique respectivement aux 33’ et
degrds. Et puis l’on ignorait La plupart des grades caract&
ristiques soit de Memphis soit de Misraim (et, pour ce
dernier Rite, Les quatre degrds fondamentaux dn Rdgime
de Naples, probablement tout it fait inconnus de Yarker,
ses coLL~gues et ses partisans), sauf peut-~tre dans le
cc Conseih oii L’on confdrait le grade de Sublime Maitre
du Grand ~Euvre (30’ 90’).
340
Sans aller jusqu’au fond d’une quelconque critique qui
dclaircirait beancoup de choses, mais qui nous emm~nerait trop loin et nous ferait sortir de La voie que nous
nous sommes proposes de suivre, ii nous faint remarquer
en substance, qu’aussi bien pour Misraim que pour Memphis L’on ne se servait des numdros ronflants 900 et
que pour d~signer le Grand Hidrophante et que pour
Memphis Les 94’ et 95’ dtaient utilisds seulement comme
attributs des 32’ et 33’ degr~s Ecossais. En definitive ce
qui intdressait Yarker c’~tait 1’ cc ~quivaLence~ avec Les
Souverains Grands Inspecteurs gdndraux du
et dernier
degrd de La hierarchie de Charlestown, et obtenir sinon
vraiment Le 33’ degrd de Charlestown, et des Conseils
assimilds, au moms celmi dii cc Souverain Grand Conseil
de Cerneau~ de New York ddpendant alors de Harry J.
Seymour. Et de fait, une Fois qu’iL fit en possession des
Rites de Cerneam et de Memphis, Yarker rdussit it dtre
970
330
nommd, dans quelques Supr~mes Conseils dtrangers, 33’
din Rite Ecossais Ancien et Acceptd, en
cc
garant d’amitid
~,
et cela, ainsi que tous les dirigeants ma~onniques le
savent bien, sans initiation mais par ~change de dipl6mes.
Ce genre d’ cc dquivalence », comme nous Le verrons, fut
it La base d’aintres affaires semblables
~.
12. Il n’est pas inutile de se rappeler que m~me Ragon — avant
de mfuir sa tentative de prise de possession de Misraim pour
1’asservir au Grand Orient de France — s’6tait rendu compte que
le Fr~re de Henkelbein, qui poss~dait dejit le 330 degr6 Ecossais,
ne pouvait pr6tendre qu’it 1’6quivalence avec le 770 degr~ de Misraim et n’avait droit au 87’ qu’en tant que responsable d’tin groupe
de cr6ation nouvelle. (Voir chap. I, n. 9.)
79
LE RITE DE MEMPI-LIS
LES PYRAMIDES DE MEMPHIS
IL est maintenant n~cessaire de retourner it Palerme
pour se rendre compte de La succession des ~v~nements.
Mais tout d’abord, il est utile de mentionner, pour la
bonne marche de cette explication embroiilke, Ia charte
que Theodor Reuss, Grand Maitre de l’Ordo Templi
Orientis fond~ en Allemagne an debit de ce si~cLe re~it
sembLe-t-iL en 1902 aFin de constituer it Berlin in Souve-
les ndgociations en vine de leur unification en inn unique
78
00
rdnen Sanctuariums der Scottische, Memphis und Mis-
raim Ritus der Freimaurerei. C’est de cette charte, probablement c ~chang~e
que jaillira, ainsi que nous le
verrons, le Souverain Sanctuaire de France de Memphis~,
Misraim.
Comme nous
L’avons d~jit indiqu~ dans la premiere
partie de cette etude ainsi qie dans le chapitre pr~cddent,
le Rite de Misraim, pr~sent it Palerme et it Naples en
1860, avait ~ mis en somineil it Venise en 1867. A son
tour le Rite de Memphis, en honneur dans le Royaume
des Deux Siciles, fit mis en sommeil quand, apr~s La
prise de Rome, en 1870, Les Grands Orients et les Supr~mes
Conseils ma~onniques existant en [talie commenc~rent
13. L’Ordo Templi Orientis, qui compte encore aujourd’hui quelques disciples en Suisse, avait ~t6 fonde par Franz Hartmann,
Heinrich Klein et Karl Keliner, apr~s le retour de ce demier
de son long voyage en Orient durant lequel — du moms d’apr~s
ses dires — ii avait ~ initi6 ~ d’antiques myst~res par le moine
arabe Soliman ben Aufa et par les gourous indiens de yoga tantrique Bhime Sen Pratap et Sri Amagya Paraniahansa. A la mort
de Karl Keliner, survenue myst6rieusement en 1905, Karl Theodor
Reuss lui succ~da comme Grand Maitre. Homme 6trange et tr~s
discut~, Reuss, chanteur de profession (ce qui 6tait en r~alit~ une
couverture, ~tant donn~ qu’il faisait partie des services secrets
allemands), avait milit~ dans Ia Ligue socialiste comme membre
du bureau ex6cutif et ii en avait ~t6 expuls6 en 1884, justement
parce qu’on le soup~onnait d’&re agent secret (voir John SYMoNDs
—
The Great Beast). John SYMONDS affirme aussi dans son ouvrage
qu’Aleister Crowley, apr~s avoir 6t6 initi~ en 1912 par Reuss &
l’O.T.O., devint chef de la section britannique du m~me Ordre et
qu’un an plus tard c au cours d’une convocation sp~ciale, tenue
dans son bureau personnel de Fuiham Road it Londres, par le
Souverain Sanctuaire du Rite Ancien et Primitif de la Ma~onnerie,
ii Eut ~lu Patriarche Grand Adininistrateur g~n6ral 33’ 90’ 96’ de
ce dernier Ordre “. Yarker 6tait mort quelques mois auparavant
et Reuss s’6tait auto-proc1am~ son successeur. Par Ia suite, pour
diff6rentes raisons que John SYMONDS explique, Reuss essaya en
1914 d’expulser Crowley de l’O.T.O., mais Ia declaration de In
Guerre mondiale l’en emp&ha.
Grand Orient si~geant it Rome. IL se posait le probL~me
de 1’existence de plusieurs Rites, mais ii y avait pr~dominance din Rite Ecossais Ancien et Accept~ qini poss~dait
tin Sipr~me Conseil it Turin, inn autre it Palerme et inn
Ar~opage ind~pendant it Florence Aussi, en 1874, aLors
que Le processus d’unification n’~tait pas compl~tement
achevd, Le Grand Orient de Palerme voulut assurer La
continnitd din Rite de Memphis, qui avait ~ absorb~ en
France en 1862 par le Grand Orient de ce pays, qui risquait de disparaitre aussi d’Italie et qui ~tait priv~ de
Grand Hidrophante depuis la mort de Marconis en 1868.
Ce Grand Orient de Palerme octroya donc am Souverain
Sanctinaire de Memphis it Alexandrie d’Egypte inc charte
reconfirmant les patentes accordc~es par Marconis de
N~gre, qui avaient ~tab1i ce Souverain Sanctuaire sous le
titre de c Grand Orient d’Egypte >
Deux ans plus tard,
en 1876, Le m~me Grand Orient d’Egypte r~veil1ait it
Palerme ]e Rite de Memphis en d~livrant it son tour La
14
‘~.
14.
Voir Bollettino ufficiale de l’Ordre Martiniste d’Italie, n’ 5,
15.
Voir
Rivista
Massoneria
0 17,
p. 14;della
n’ 21,
pp. 11-13; Italiana,
n’ 23, pp.annie
6-12; 1874;
no 24, n’
p. 14,
14.
pp. 15-16.
p.
n BRICAUD
Et 11;
aussi:
—
1933.
Les loges italiennes d’Egypte d6pendant du Grand Orient de
Rome n’accept~rent pas facilement cette nouvel[e cons~cration
du Grand Orient d’Egypte comme en t~moignent les passages
suivants de la Rtvtsta della Massoneria Italiana: no 14 du 16-7-1874,
cc Les loges italiennes d’Alexandrie d’Egypte ont convoqu~ une
assemb1~e g6n~rale des repr~sentants de toutes les loges reguli~res
de Ia vall~e du Nil pour d~lib~rer sur les moyens les plus opportuns et les actions les plus efficaces it opposer aux agissements
dangereux et envahissants du soi-disant Grand Orient d’Egypte ~;
n0 21 du 1-11-1874, cc Avec les quelques rescap~s us se sont unis, ont
r~ussi, qui sait par quels moyens, it obtenir des protections profanes, et de leur propre initiative ou gritce a l’aide irr~guli~re
d’un groupe irregulier, ils Se sont proclam~s Grand Orient
d’Egypte professant le Rite de Memphis. Ii n’a pas manqu6 de
centres ma~onniques r~guliers, connaissant mal la r~alit~ de l’affaire, pour les reconnaitre officiellernent»; n0 23 du 1-12-1874,
la revue rapporte les accusations des trois loges italiennes
d’Egypte associ~es au Grand Orient d’Italie, la r~ponse tr~s
nioder6e du Grand Orient d’Egypte, les contre-accusations cabinnieuses et injurieuses des trois ateliers et Ia r~ponse finale du
Grand Orient d’Egypte, sans ~mettre aucun jugement.
80
LE RITE DE MEMPHI5
charte suivante (r~digde en italien avec titre bilingue
talien-arabe):
A la Gloire du Sublime Architecte des Mondes
GRAND ORIENT D’EGYPTE
A tous les Ma~ons r~partis sur les deux h~misph&es
Au nom du Grand Hi~rophante, Grand Maitre, Chef
Supreme des Ill.~. P.. P.~. 95.~. Gr.~. C.~. ad vitam de
l’Ordre Ma~onnique de Memphis, Rite Oriental.
Nous, Grand Hi~rophante, Sublime Maitre de la Lumi~re, en vertu des Statuts de l’Ordre Ma~onnique de
Memphis, d&larons avoir cons titus et cons tituons par les
prdsentes patentes le Souverain Conseil administratif
g~n~ral de l’Ordre pour l’Italie dans la ValMe de Palerme
en lui accordant pleine facult~ pour constituer des Loges,
Chapitres, Argopages, S~nats, Consistoires et Conseils
dans les Vall~es d’ltalie et correspondre avec elles, a
pour pourvoir & toutes les demandes qui lui seront adressees par le Sanctuaire de Memphis et cela pour la dude
de cinq ann~es selon les Statuts de l’Ordre Ma~onnique
de Memphis pour ce qui concerne chaque membre, avec
l’ordre de s’en tenir quant au reste aux prescriptions des
Stat uts cites, en en approuvant tous les actes jusqu’iz ce
jour.
Donna & la ValMe d’Alexandrie d’Egypte le vingt-six
du mois d’Epaphi, annie 000 000 000 V.~. L.~.
Pour le Grand Hi&ophante S.A. Zola:
Le Grand Hi~rophante adjoint, Grand Maitre du Sanctuaire J. de Beauregard 96.~. 33..
Le Grand Chancelier F.F. degli Oddi 95.X 33.~.
Vu pour le Royaume d’ltalie dans la Vall~e de Palerme
Le Grand Maitre du Supdme Conseil du Rite de Memphis
Salvatore Sottile 96.~. 33..
Le Grand Secdtaire Edo uard Roux 95.~. 33A
16. Cette patente est depos~e en reproduction photographique
~ in taille de l’original (35 x 45 cm) dans les Archives des Rites
Unis de Misraim et Memphis. Bile aurait ~ officiellement d~livr~e
le 15 novembre 1876. Notons en outre que quelques jours aupara-
LES PYRAMIDE5 DE MEMPHIS
81
A pem pr~s it La m~me ~poqine que La ddLivrance de
cette charte, le Fr~re Giambattista Pessina cc rdveilla de
son propre chef Le m~me Rite it Catane, en lui assignant
alors le titre de cc Rite R~formd de Memphis)) (en 33 grades) et il commen~a La publication d’une revue intitulde
le Piramidi di Menfi. La nouvelle fut annoncde aux pages
13 et 14 du ninmdro 10/11 (12 juilLet 1876) de La Rivista
della Massoneria Italiana, organe din Grand Orient unifid
d’Italie, dirig~e par Ulisse Bacci, oii ~tait publid ce petit
article maLicieux et ironique sous Le titre cc Les Pyramides
de Memphis»: “A Catane surgissent miracinleinsement
de terre, peint-~tre en se ddpLoyant par l’action de queLque
mouvement souterrain invisible, Les Pyramides de Memphis; Le maitre ma~on
d’apr~s ce que l’on peut supposer
en serait le Fr~re Pessina. Pour ceux qui ne Le
saurnient pas, nous dirons que sous Le titre le Piramidi
di Menfi est appari dans Ia vallde din Simeto un pdriodique ma~onnique dont L’aspect ressemble beaucoup it notre
Rivista et dont Les premiers vagissements se sont prodi its
le 21 juin passd. D’apr~s ce que l’on pent lire en t~te de
La premi~re colonne, il semble que ce soit un accouchement prdmaturd (...) IL se ddclare l’organe din Supdme
Conseil des Tr~s Puissants Grands Conservateurs ad
vitam, Puissance Supdme de l’Ordre Ma9onnique Egyptien du Rite de Memphis pour le Royaume d’Italie, c’est-itdire d’in Rite qini n’a pas in seul membre it Catane et
qini n’a qin’nne seule Loge en Italie: la Riforma ~ l’Orient
de Genes. Cet important atelier connait-il cette revue?
Le Grand Orient d’Egypte est-il am courant ? Nois serions
vraiment curietix de connaitre Les actes of Ficiels qui donnent aux Piramidi di Menfi Le droit de se proclamer
organe du Rite de Memphis (...) Quant aux grades dii
Fr~re G.B.P., nous avions ti par d~Licatesse envers lini
qin’il avait Fait des ddmarches en vine d’obtenir 1’homologation d’un grade dLevd dans La Ma~onnerie de Rite Ecossais. Mais, piisqin’iL le ddsire, parlons! Eh bien, mi, Le
—
—
vant, Le 25 octobre 1876, le Grand Hi~rophante Sa]vatore Avventore
Zola avait conf6r~ it Joseph Garibaldi le titre de Grand Maitre
honoraire ad vitam dii Grand Orient d’Egypte.
83
LE RITE DE’ MEMPHIS
LES PYRAMIDES DE 1~AEMPHI5
Fr~re G.B.P., n’a jamais pm acqi~rir La reconnaissance
Ma~onnerie, traitant de fautes grammaticales et stylistiques qnl, m~me Si elles mettalent en relief la painvretd
culturelle des r~dacteinrs des Piramidi, aurdolaient ceux
de La Rivista della Massoneria Italiana d’ine linmi~re pen
ma~onniqine et professionnellement pem charitable, pour
se servir d’un einphdmisme.
Ce n’est pas la peine d’~piLoguer sur la “rdguLaritd
82
qin’il demandait pour ce grade, et nous pensons ne pas
~tre tr~s dLoignd de La vdritd en affirmant qi’iL n’a pas
obteni satisfaction pour deux raisons: 1) parce qu’iL n’a
produit aucun document officiel prouvant qi’iL 1’avait
d~jit re~in; 2) parce que, am moment de faire sa demande,
il avait de fait abandonnd Le Rite Ecossais pour se mettre
it Ia t~te d’une loge de Rite Symbolique. Donc, d’abord Le
Frere G.B.P. appartint au Rite Ecossais, puis il passa am
Symbolique, pus de nouveau au Rite Ecossais; aujourd’hui il semble qin’iL soit pass~ it celni de Memphis. Aussi
nous pr~fdrons Laisser Les commentaires aux lecteurs.
Nous pensons aussi deviner d’apr~s L’esprit gdn~raL des
inFormations din p~riodiqie de Pessina que ceux qui ont
troinvd les portes ferm~es cherchent aijoird’hii it rentrer
par La fen~tre.
IL semble que Les Piramidi di Menfi ripost~rent, car
dans Le ninmdro 13/14 din 4 aoi~it 1876 de La Rivista della
Massoneria Italiana, it La page 5, sous Le titre cc Le Grand
Hi~rophante », le Frere Bacci dcrivait: “Voilit, nons Le
savons finalement avec certitude. Le Grand Hi~rophante
din Snpr~me Conseil de Memphis rdsidant it Catane, est
inn certain G.B. Pessina qul di Rite Ecossais passa am
Symbolique puis de nouveau it L’Ecossais et finalement
au Rite de Memphis. Le plus beau est que celni-ci ~crit
des Lettres aux Puissances ma~onniques rdginli~res d’Einrope et d’Amdriqne pour faire reconnaitre sa qialit~ de
Grand Hi~rophante, et ce qini est encore mieux est que
ces Puissances ma~onniqines renvolent [es Lettres de Pessina an Grand Orient d’ItaLie, Lequel naturellement Les
jette am panier (...) Nous nous trompons, le Grand Orient
les conserve, en tdmoignage perpdtineL des ambitions
humaines impuissantes, et il r~pond comme il convient
aix Grandes Loges ~trang~res qini l’interrogent en Leur
expliquant ce qu’iL faut penser des actes din Fr~re G.B.
Pessina.
La Revue di Grand Orient continnait par ailleurs sir
trois colonnes en rdfutant certaines affirmations des
Piramidi di Menfi et elle s’attardait sir des faits qul n’ont
rien it voir avec cette dtide et encore moms avec La
et encore moms sur l’aithenticitd ritindliqie et traditionnelle de L’autoproclamation de Pessina comme Grand Hidrophante de ce Rite Rdformd de Memphis. Et l’on pent
vraiment dire que ce fit senlement Pessina qini fut
rdformd
lini qul dtait si avide de grades Ecossais
mal s dans Le sens di terme cc reformd >~ appliqid aux
jeunes gens excLus din service militaire, c’est-it-dire inapte.
C’est aussi de Pessina, que provient, ainsi que L’affirme
justement Mallinger La rddiction des 90 grades de MisraYm it 33 degrds, qu’il adoptera ensnite dans son MisraYm
Rdformd de Naples. Et on ne salt pas prdcisdment, it
moms que L’on venille ajouter foi a ce qu’dcrit Domenico
—
—
‘~,
Margiotta
“,
comment Pessina abandonna ses Pyramides
de Memphis it Catane pour se rendre it Naples oCt iL crda
ce nouveau Rite “Rdformd» de MisraYm qini eut queLque
sicc~s.
17. J. MALLINGER (1956, p. 17) dcrit au sujet de Misraim: Les
hauts-grades du Rite n’ont jamais approuvd (...) la rdduction de
I’dchelle dgyptienne aux trente-trois degrds de l’Ecossisme, ordonnde par l’Hidrophante Pessina et mise en pratique en certains
pays.
18. MARGIOTTA, ancien 330 de plusieurs Supr~mes Conseils, transfuge et libelliste, auteur d’ouvrages anti-ma~onniques, explique
dans le Palladisme (Grenoble, 1895) comment aprits la formation
it Catane du Rite Reformd de Memphis, Pessina, ddnoncd pour
faute ma~onnique, Se rdfugia it Naples oii, toujours au dire de
MARGIOTTA, ii se serait auto-proclamd premier Grand Maitre du
Rite Rdformd de Misraim, puis Grand Hidrophante de Memphis
et Misraim. Dans les Ricordi di un trentatre (Paris et Lyon, 1895,
p. XVI), MARGIOTTA publie une lettre adressde par lui it Pessina
le 6 septembre 1894 de Bruxelles, dans laquelle il l’insulte, le traitant, entre autres, de soi-disant Grand Maitre de Memphis et
Misraim et d’imposteur pour s’~tre faiL passer pour le fritre du
sdnateur et illustre jurisconsulte Enrico Pessina. Nous devons
toutefois mettre en dvidence que ces deux ouvrages de MARGIOTTA
ont dtd dcrits pour attaquer l’ensemble des Ma~ons et de la Ma~onnerie sans aucune distinction.
-a-
~-
84
LE RITE DE MEMPHIS
LES PYRAMIDES DE MEMPHIS
C’dtaient des temps propices pour cette race de MaQons,
gu~re scrinpuleux et assez pem respectineux des rituels et
afin qu’eLles soient ddclar6es membres de La Communaint6
italienne. Et il reste encore une autre chose it faire: inn
concordat entre le Grand Orient et Le Sinpr~me Conseil
din Rite Ecossais afin que selon Le droit public magonniqine
sanctionne par notre assembLde, ils vivent en bonne harmonie et concourent sans se heirter au developpement
et an triomphe de L’Ordre.~ Les difficinLtds provenaient
aussi de La diversitd des Rites pratiquds par Les diffdrentes
Loges, qui n’etaient pas inniqinement Le Rite Symbolique
et le Rite Ecossais comme Le Grand Orient d’Italie nouvelLement ne semblait Le penser. Et des scissions, des d6clarations d’ind6pendance, des cc r6veiLs’> de Rites oublids
se man ifestitrent an Congrits maqonniqine de Milan (28 septembre/3 octobre 1881). Pour contribuer it L’organisation
de ce congits, La Rivista della Massoneria italiana, dans
son editorial din n0 3/4 de fdvrier 1881 mit Les pieds dans
Le plat
si L’on pent dire
en 6crivant it La page 34
ces paroles que nous considdrons comme trAs it propos et
dignes d’~tre rappel6es it ceux qni, maLheureusement
encore aujonrd’hui, par esprit sectaire semblent Les avoir
oublides: cc Quel que soit Le Rite qu’i] suit om La famille
maqonniqine qu’iL a cm bon d’adopter, un Magon est
toujours le fThre Win autre Magon; et que 1’un appartienne au Rite Ecossais, L’aintre am Rite Symbolique, l’inn
am Rite de Memphis, L’autre ~t celini di Temple, celui
d’York, om celui de Misraim, Le caract&e magonniqie
est toujours le meme et Les droits maQonniqines toujours
identiques pour tous ]es Fkres.>
Mais, di Congr~s de Milan, [‘union espdree ne sortit
pas et Les Sinpremes Conseils de Turin et de Rome co ntinin~rent it se combattre jusqu’it 1887 quand Le Souverain
Grand Commandeur du Supreme Conseil et Grand Maitre
din Grand Orient de Turin, Timoteo Riboli, se mit d’accord
avec Le Souverain Grand Commandeur de Rome, Giorgio
Tamajo, et qi’ensemble ils deldgu&ent Le Grand Maitre du
Grand Orient de Rome Adriano Lemmi, afin qin’il gomverne en leur nom pendant neuf ans Le Rite Ecossais,
tout en ignorant les autres Rites et par suite Le magni-
des traditions, qini spdculent sur Les grades de Rose-Croix
et de Templier ou qini Laissent croire qu’iLs ddtiennent des
pouvoirs occultes et qin’ils entretiennent des relations trits
importantes. En fait Les difficiles tentatives d’unification
des Grands Orients et des Sinpr~mes Conseils et La confusion cr~6e, Je plus souvent expks, entre Le Grand Orient
et Le Sinpr~me ConseiL 19 avaient crde inn climat d’intoL6rance que L’inion des loges, proclamde en 1874 sous L’~gide
din Grand Orient d’Italie siegeant it Rome, n’avait pas
apaisd. Ii s’avdrait difficile de rdinnir des Mayons de grades
dlevds qini ne vou[aient pas renoncer it Leurs charges et
privikges, et de plus de Rites divers, dont certains dtaient
paganisants, d’aintres mystiques et d’aintres athdes. Sans
parler des tendances politiques des groupes din Nord et
des groupes di Sud et din Centre, divisds par leur sympathie dvidente pour La Maqonnerie frangaise om allemande.
Notons qu’en 1876, sous le titre cc Nouvelles maqonniques de La Communaintd La Rivista della Massoneria
Italiana dcrivait: cc Au Grand Orient, Le Fr~re Tamajo
rapporta aussi ce qini avait dtd fait pour La fusion en un
seul corps de tons Les Sipr~mes Conseils qini se dispitaient auparavant Le grand empire di Rite Ecossais. Le
~,
Conseil de L’Ordre ne pouvait accineillir cette communi-
cation officielle qi’avec des applaudissements. Maintenant ii ne nous reste plus qin’it savoir quelles Loges appartiennent aux Sipr~mes Conseils de Turin et de Palerme
19. Aujourd’hui encore de nombreux Magons patent6s ne savent
pas faire la distinction entre Grand Orient et Supreme Conseil.
A cette ~poque lit la confusion dtait encore plus grande. Le Grand
Orient pretend avoir juridiction sur les loges (et aussi sur les Rites
it travers le Collitge des Rites) tandis que le Supr&ne Conseil
ou les assembL~es similaires pr6tendent gouverner le Rite qu’eiles
coiffent (dans le cas du Rite Ecossais, de Misraim ou d’autres
Rites) ainsi que les loges qui le pratiquent par l’interm6diaire
d’une Grande Loge. En r6alitd le Grand Orient repr6sentant Ia
Mavonnerie universelle dans ses trois premiers grades, rassemble
it ce niveau toutes les loges de tous les Rites et a juridiction sur
elles. D’oii les tentatives d’absorption et les guerres mendes en
France par le Grand Orient en direction des Rites qui gouvernaient leurs loges directement.
20. No 8/9 du P’ juin 1876, p. 26.
—
85
—
fique discours dcrit par La Revue maqonnique sept mois
avant Le Congres de Milan dans inn but propitiatoire. Cela
LE RITE DE MEMPHiS
86
provoqua la rebellion de nombreuses loges, rebellion qui,
sur 1’ initiative de la Loge-m~re ArchimMe de Palerme,
aboutit ~i un Congres dans cette yule, ati cours duquel
on d~cida, le 29 mai 1888, la constitution d’une F~d~ration
ma~onnique des loges ind~pendantes d’Italie De cette
initiative surgirent successivement trois nouveaux Supr&
mes Conseils, respectivement ~t Palerme, Naples et Livourne, ayant pour chefs Paolo Figlia, Antonio Marando et
Fortunato Savi
Dans ce climat et apr~s La fugue » de Pessina ~t Naples,
le Rite Rdorme de Memphis de Catane avait pris consistance et son ~Supr~me Conseil selon une publication
~dit~e en 1887 par 1’Ordre des J~suites, ~tait compose du
Grand Maitre Gaetano Mondino et des dignitaires Paolo
Conti, Eugenio Longo, Pietro Russo, Raffaele Parano,
Gaspare Floritta, Giuseppe Noto, Francesco Monterosso
et Gaetano Agnini Les d~positaires de la patente 1~gitime deilivr~e en 1876 par le Grand Orient d’Egypte ~taient
rest~s dans 1’ombre en se contentant en bons Ma~ons de
frequenter leur loge, tout en attendant que les diff~rentes
~‘.
~.
‘>,
~.
Ma~onneries italiennes puissent se mettre d’accord; mais
vu la tournure que les ~v~nements ~taient en train de
prendre, us comprirent tr~s justement que le moment
~tait venu de se pr~va1oir de ladite patente, non seulement
pour ~tab1ir la v~rit~ mais aussi parce que La F~d~ration
21. Dino BELLOMO
22. D.
MARGIOTTA
—
—
La Massoneria, Milan, 1960, pp. 278-279.
Ricordi di un trentatre, p. 322. Ensuite ~
la page 330 est reproduite Ia tota1it~ d’ime lettre
d’Antonio
Marando, Souverain Grand Commandeur pour Naples, dat6e du
3 f~vrier 1894 et adress6e ~ Margiotta, qui affirme que le nom de
Pessina a 6t~ ~briM6 le 4 janvier 1877 par jugement dii Supreme
Conseil du Rite R6form~ de Memphis de Catane (c’est-~-dire par
le Rite qu’il avait 1ui-m~me r6veilI6) et qu’iI a 6t~ expuJs~ le
10 mars 1878 du Rite Ecossais Ancien et Accepts. Toujours selon
cette m~me Iettre:
L’Espagne Iui a aussi fait un proc~s et I’a
condamn6 en 1879.> Mais le transfuge MARGIOTTA est rarement
digne de fol, particu1i~rement quand ii porte des accusations de
satanisme contre la Ma~onnerie et qu’il raconte des fables stir
le Palladisme et Ia Sceur Vaugham.
23. On trouve une description identique de Ce Supreme Conseil
clans I’~dition italienne (1888) des Myst~res de Ia Franc-Ma~onnerie
d~voil~s de L~o TAXIL. L’Ordre de Memphis R~form~ de Catane
fit son entree dans la F6d6ration italierme des Supr~mes Conseils
de Palerme le 7-2-1894.
87
LES PYRAMIDES DE MEMPHIS
g~n~ra1e ma~onnique italienne de Paler me avait redor~
le blason des Piramidi di Menfi et pubijait un petit bulletin sous le titre de Piramidi d’Egitto. Aussi en 1890, alors
que le Fr~re Ferdinando Francesco degli Oddi ~tait
Grand Hi~rophante en Egypte, apparut le Sanctuaire
d’Italie du Rite de Memphis dont ]e si~ge ~tait ~t Palerme
et dont le Grand Maitre ~tait 1’avocat Salvatore Sottile.
Certains tent~rent alors d’invalider La patente parce
qu’elle avait ~ d~Iivr~e avec la seule date des neuf z~ros
et sans 1’indication correspondante de 1’ann~e profane.
Mats la patente avait ~ d~[ivr~e de cette mani~re justement afin de pouvoir faire surgir le Rite a n’importe quel
moment, c’est-~i-dire quand ses titulaires le jugeraient
opportun et n~cessaire. Et, de toute fa~on, la constitution
du Supreme Conseil administratif ~tait chose faite au
moment de 1’acceptation de la charge par les signataires
pour 1’Italie m~me si la constitution de ce Conseil n’avait
pas ~ rendue pub[ique. Ecossais et Memphisiens “ R~form~s s’attach~rent alors au fait que la patente aurait
~
d~1ivr~e seulement pour cinq ans et ii ~tait evident
du moms d’apr~s eux
que du fait que Zola ~tait
mort en 1883, Von ne pouvait plus consid~rer comme
valide en 1890 une patente qu’il avait d~1ivr~e, ~tant donn~
que les cinq ans ~taient pass~s depuis novembre 1888 et
cela dans la meilleure des hypotheses.
A part le Fait qu’une patente d~1ivr~e pour cinq ans a
partir de 1’ann~e 000 000 000 est toujours valide et jamais
p~rim~e, si le Grand Orient d’Egypte (qui poss~dait des
chartes constitutives de Marconis de N~gre et de 1’ancien
Grand Orient de Palerme) avait bien les pouvoirs d’accorder cette patente
ce qul est indubitab[e
les cinq ans
dont on parlait ne se r~f~raient pas ~t la dur~e de la
patente e11e-m~me (ce qui aura it ~ absurde), mais bie n
~ celle des charges des membres du Souverain Conseil
administratif g~n~ra1 pour 1’Italie. Le texte disait en fait
et ainsi que nous 1’avons d~j~ vii, que le Souverain Conseil
—
—
—
—
24. Degli Oddi avait signs la patente de 1876 en tant que Grand
Chancelier du Grand Orient d’Egypte. II avait succ6d6 ~ Zola en
1883. II flit reconnu Grand Hi~rophante g~n~ra1 par les Etats-Unis,
1’Angleterre, La Rouxnanie, 1’Espagne et 1’Italie, le 30 mars 1900.
F
88
LE RITE DE MEMPHIS
administratif g~nera1 avait pleine faculte cc pour constituer des Loges, Chapitres, Ardopages, Sdnats, Consistoires
et Conseils dans Les Valldes d’Italie et correspondre avec
elles, et pour pourvoir it toutes les demandes qui Lini
seraient adressdes par le Sanctinaire de Memphis et cela
pour la dur~e de cinq ann~es selon les Statuts de l’Ordre
ma~onnique de Memphis pour ce qui concerne chaque
membre D~
Toutefois, en 1905, avec Le retour it La normale en Italie,
c’est-it-dire it La paix ma~onnique, Le Rite de Memphis
se retira une fois de plus dans La clandestinitd. Et il est
opportun de rappeler ici pour ceux qini ne sont pas am
courant (qini sont probablement les plus nombreux) ce
qu’ecrivait en 1946 Le Grand Hidrophante gdndral des
Rites Unis de Misraim et Memphis S: cc Le Rite Oriental
Ancien et Primitif de Misraim et Memphis ent en Italie
me de ses branches, Le Rite Philosophique de Florence,
qini fusionna en 1921 avec le Rite Ecossais Ancien et
Acceptd, tandis que Les deux autres branches, L’Ordre de
Memphis de Palerme et Le Rite Egyptien de Venise hdritier du Rite Primitif de Misraim fondd en 1801 par Abraham, continu~rent de fa9on inddpendante Leur mission
rosicrucienne et illuministe an sein des Ma9onneries infdrieures, de La Charbonnerie et de L’Ordre du Temple en
constituant une esp~ce de Ma~onnerie dans la Maconnerie.
IL nous semble que ces paroles n’ont pas besoin de
commentaires, la tache des deux Rites apparaissant tr~s
clairement.
CHAPITRE VII
DES PYRAMIDES
A L’EGLISE GNOSTIQIIE
En septembre 1881, Ia plupart des branches de Memphis
ainsi que le Rite de MisraYm de Pessina proclamaient
comme Grand Hidrophante g~ndraL, Joseph Garibaldi1
Les Etats-Unis, La Grande Bretagne, 1’Argentine, La Rommanie et L’Italie participaient it cette importante investiture, mais cette charge de Grand Hidrophante fiit surtout
in poinvoir honorifique tout it Fait symbolique qni servit
it continuer aussi bien qin’it confirmer La confusion ~tabLie
entre Le Rite oriental de Memphis et le Rite dgyptien
de Misraim, si bien que beaucoup de gens eurent La
conviction que Les deux Rites etaient unis.
Dans La r~aLitd MisraYm
ainsi que nous L’avons dit
dtait en sommeil en Italie d~s 1867, et it cette dpoqine Le
Supreme Grand Conservateur ~tait Alberto Francis2; en
Irlande oii Les fr~res Bddarride L’avaient introdinit, il existait encore queLques groupes en 1862 sous Le contr6Le
d’un Supreme Conseil des Rites pour L’Irlande aucune
admission it Misraim n’est enregistrde en Ecosse apr~s
—
—
1;
1. Cependant en Egypte, SA. Zola, qui avait des 1876 nomm~
Garibaldi Grand Maitre honoraire ad vitam, consid6rait qu’il
dtait lui-m~me le Grand Hi~rophante l6gitime de Memphis. Quant
~ 1’Ordre fran~ais de Misraim, il ne poss~dait pas in digmt~ de
Grand Hi~rophante et n’avait aucun lien avec em his.
2. Archives des Rites Unis de Misraim et Memphis — Actes de
succession de 1867 & 1969.
3. Voir R.S. LINDSAY
Le Rite Ecossais pour !‘Ecosse, Laval,
1961, pp. 101-102.
—
25. M.E. AI.Ln~EI
1946, pp. 24-25.
—
Jntroduzione a! segreto massonico, Vemse,
90
LE RITE DE MEMPHIS
DES PYRAMIDES A L’~GLI5E GNOSTIOUE
1846 et probablement aucune non plus en Angleterre ou
le Rite n’avait jamais em aincun sinc&s’. En France Les
successeurs des B~darride, malgr~ La guerre qin’iLs subissajent de La part din Grand Orient, avaient r~issi a maintenir en activite quelques Loges Au d~bit de novembre
1885, les dignitaires de la Grande Loge fran~aise de Misraim ~taient : Osselin p~re, Supreme Grand Conservateur;
Couly, Grand Chancelier; Picard, Grand Orateur; Rode,
Grand Examinateur; Studer, Grand Capitaine des Gardes; Henri Burck, Grand Maitre des Cer~monies; Osselin
fils, Grand Secr~taire gen~raL’. Les ateliers faisaient d’excellents travaux ~ La Gloire di Grand Architecte de
~.
.1’Univers
~.
Garibaldi mourut Le 2 jun 1882 et Giambattista Pessina
s’aito-proclama Grand Hidrophante sans etre cependant
reconnin par les Souverains Sanctinaires etrangers. L’exdirecteur des Piramidi di Menfi et fondateur din Rite
Reforme de Memphis de Catane avait parfaitement rdissi
it s’infiltrer dans L’ensemble ma~onniqie de ces annees lit:
gritce it un echange de reconnaissances, il avait obtenin, Le
13 septembre 1880, La representation en Italie di Rite
Ancien et Primitif pour La Grande Bretagne et L’IrLande de
Yarker’ et en se servant de cette charte, il avait transforme le Rite Reforme de Misraim, ~reveille’> par Lii a
Naples, en inn ~c Rite Ancien et Oriental de MemphisMisraYm».
De cette epoqie lit date l’extraordinaire mystification
mise en place par le joirnaliste
4. Idem, p. 122: Toutefois les membres de 1’Ordre de Mis raYxn
se r6servaient ~ tout moment la facult6 d’agir tout it fait ind6pendamment du Rite Ancien, s’ils en voyaient une raison, sp6cialement
si ce dernier Rite faisait, soit par imposition de droits 6lev~s, soit
par refus d’6lections, obstacle ~ Ia promotion ~usqu’au 31~ inclusivement de tous les Fr~res respectables, quoique ne poss~dant
pas de distinctions profanes. En cons&juence de ce qui pr6c~de,
le vceu g6n~ral ~tant de laisser s’~teindre l’Ordre de MisraYm,
sauf dans Je cas de 1’admission d’un Fr~re illustre qui prendrait
en charge I’administration de l’Ordre, aucune reunion n’a eu lieu
dejpuis plusieurs ann~es (...) Aucune admission dans I’Ordre de
Misraim n’est connu en Ecosse apr~s 1846.»
5. L’Arc en Ciel et le Buisson Ardent ~ Paris; PEspdrance MisraYmite it La Ciotat; l’Avenir ~ Marseille; VEtoile du Sud ~ Martigues; Zes Enfants de la Vdrit~ ~ Tours (d’apr~s une liste de
1886 figurant dans les archives d6j~ plusieurs fois citees des
Rites Unis de M.~. & M. ~.).
6. LAo TAXIL — Le Culte du Grand Architecte, Paris, 1886, p. 153.
7. Le Grand Orient de France avait suspendu l’invocation au
Grand Architecte de 1’Univers depuis longtemps dej~ et le Grand
Orient d’Italie, n6 ~ Rome en 1872, avait ouvert la Porte aux
ath6es; le Rite Ecossais Ancien et Accepte, dans ses declarations
de Lausanne de 1875 avait ~ son tour modifie Ia r~gle de l’obligalion de l’invocation au Grand Architecte comme Dieu cr6ateur de
l’Univers en faisant Ia recommandation suivante: ((La Ma~o1nerie proclame, comme elle l’a toujours proclam6 depuis son
origine, l’existence d’un principe cr6ateur, sous le nom deGrand
Architecte de l’Univers.» Plus loin, d’ailleurs, i[ 6tait affirm6 que
la Ma~onnerie ccaccueille n’importe quel profane sans discrimination pourvu qu’il soit libre et de bonnes mceurs». Dans toute
Ia communaute ma~onnique fran~aise, seul l’Ordre de Misraim
du Fr~re Osselin continuait it d~fendre le credo ma~o~ique
concernant Ia divinite et I’immortalit6 de 1’~me. (Voir G. VENTURA
—
II Rito Scozzese Antico & Accettato, Venise, 1971, p. 12.)
91
et ecrivain fran~ais
Gabriel Antoine Jogand-Pages, conni sous Le nom de Leo
Taxil (inventeur din Palladisme, luciferien sinon carrement
satanique, et des maitresses templieres en relation avec
le diable Asphodee, dont la premiere entre toutes 6tait
La tres fameuse Diana Vaugham) qini commen~a sa supercherie en 1885 en publiant les rituels de l’Ecossisme, di
Grand Orient de France et d’anires organisations ma~onniques pus passa a l’attaqie directe avec des publications
attribuees it Diana Vaugham elle-meme et it in docteur
Bataille difficile it identifier0 Taxil, Bataille et Diana
8. Archives personnelles du Grand Hierophante de l’Ordre de
Lettre du Grand Hierophante
general du Rite de MisraYm, Regime de Naples, du 10 mars 1966,
oi~ ii 6crit: ~ En 1887 it Catane le Rite Rdjorme de Memphis, et
Misraim et Memphis d’Italie
—
it Naples le Rite de M.. et M.~.. Le Grand Maitre G.B. Pessina
le reduisit it 33 degr6s. Depuis le 13 septembre 1880, la represen.
tation du Rite Ancien et Primitif avait ete accord6e it Pessina
par le Souverain Sanctinaire pour la Grande Bretagne et I’Irlande
preside par John Yarker qui avait ete nomme en 1872 it la suite
d’un decret des Etats-Unis d’Amerique. En 1880 Pessina etait
G. .M.~. du Rite Reformd de Misraim.»
9. Voilit comment, apr~s avoir conduit sa mystification pendant
bien douze annees, le m~me Taxil, au cours d’une conference prononcee le 19 avril 1897 dans Ia salle de la Societe de geographie
it Paris (oCt ii aurait d~1 presenter Diana Vaugham, mais ofi, au
contraire, il retracta tout ce qu’il avait soutenu pendant douze
ans), e~cpllqua la lactique qu’il avait adoptee pour convaincre le
clerge qu’il fallait le prendre au serieux: ((Mon but etant de creer
de toutes pieces la diablerie contemporaine, ii fallait proceder par
ordre, ii fallait poser des jalons; il fallait pondre et couver l’ceuf
d’oii naftrait le Palladisme. Une fumisterie de cette taille ne se
92
LE RITE D~ MEMPHIS
Vaugham racontaient qn’ALbert Pike etait le Souverain
Pontife de La Ma~onnerie universelle, qu’iI avait rendezvons avec Satan en personne chaque vendredi, et
qu’Adriano Lemmi, Grand Maitre du Grand Orient d’Italie, puis Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais
sous mandat de Riboli et Tamajo, etait le chef supreme
de l’action politique et qu’il avait succ~de it Pike it La mort
de ce dernier.
Nous rappelons cette mystification parce qu’elle jeta
une ombre plut6t obscure sur La Ma~onnerie internatio-
nale, en particulier sur La Ma~onnerie Ecossaise, et qu’eLLe
alimenta les rivalitds, les haines et le sectarisme entre les
differentes fraternites ma~onniques italiennes qui, it Ia
fin de 1867 apres l~annexion de Venise au jeune Royaume
d’Italie, etaient sur Le chemin plein d~obstacles de l’unification
Ceux qui profiterent de ce climat, furent ceux
~
fabrique pas en tin jour
(...) Mes premiers livres sur Ia FrancMa~onnerie furent donc un meli-melo de rituels, avec de petits
ajouts qul n’avaient l~air de rien, avec des interpretations en
apparence anodines; chaque fois qu’un passage etait obscur, je
l’eclairais dans le sens agreable aux catholiques, qui voient en
Messire Lucifer le Supreme Grand Maitre des Francs-Ma~ons.»
Ensuite Taxil continuait: ~Un auxiliaire inattendu, chest M. Margiotta, Franc-Ma~on de Palmi en Calabre. Il s~enr6le en mystifie,
le fut plus que tous les autres; et, ce qui est amusant au possible,
c’est quail nous raconta qu’il avait connu la Grande Maitresse
palladiste, lors d’un de ses voyages en Italie. Il est vrai que je
l’avais amene doucement it me faire cette confidence. Je lui avais
mis dans La tete que ce voyage avait eu lieu; je l’avais fait se
rencontrer it Rome avec un chambellan de Leon XIII que j’avais
fait diner avec Miss Vaugham lors de son pretendu voyage en
Europe de 1889 lorsqu’el]e apporta Ia soi-disant circulaire dogmatique d’Albert Pike (...) J’avais eu soin de dire que les FrancsMa~ons presentes it Miss Diana en 1889 l’avaient ete par Bovio et
par Cosma Panunzi, et M. Margiotta qui avait dedie it Bovio un
volume de vers, risque timidement d~abord quelque allusion it
cette ancienne rencontre, puis, constatant que Diana ne le dementait pas ii y alla carrement. Plus tard, quand je jugeai qu’il fallait
emp&cher La mystification C...) quand Bataille et moi nous fimes
mine de tirer it boulets rouges Fun contre l’autre, Margiotta,
ayant ouvert enfin les yeux, craignit le ridicule et prefera se
declarer complice plut6t qu’aveugle, engage volontaire dans notre
flotte.» (Voir Satan Franc-Macon, Paris, 1964, pp. 165-166 et 175.)
10. II suffit de penser que dans ce climat de lutte entre les
diverses tendances de la Ma~onnerie italienne, quand la pretendue
Diana Vaugham prit position contre Adriano Lemmi, le Supreme
Conseil general de la F&leration ma~onnique italienne du Rite
Ecossais A.~ .A.~. siegeant it Palerme, se couvrit de ridicule en
DES PYRAMIDES
A
L’~GLISE GNOSTIOUE
93
dont les papiers n’etaient pas en regle. Apres La decomverte de La mystification, le retour am calme et le proselytisme qui s’en suivit, La Ma~onnerie poussa un soupir
de soulagement, perdit sa mefiance et distribua des
patentes de legitimite, y conipris it ceux qui n’y avaient
aucun droit.
Pendant qu’en Italie La Ma~onnerie se d&hirait en des
polemiques et des accusations r6ciproques, en Espagne
le 18 fevrier 1887, Manuel Gimeno y Catalan fonda avec
une charte de Pessina le Supreme Conseil din Rite National
Espagnol en sept degres qui ~synthetisaient
it 1’extr~me
les grades de Memphis et de MisraYm En 1889, Fernando
Lozano lui succeda et obtint une nouvelle charte de Pessina, puis en 1894 Villarino del Villar devint le nouveau
Grand Maitre din Rite National Espagnol. En Roumanie,
le Frere Constantin Moroiu, 330
qui avait dejit re~u
en 1881 une charte de Pessina, semble avoir obtenu d’une
autre source en 1892 une nouvelle patente qui le confir‘~.
~2
970
delivrant it cette dame invisible et inconnue le dipl6me suivant:
((Nous President de Ia Federation ma~onnique italienne, Gr.~.
Maitre et Gr.~. Commandeur ad vitam du Supreme Conseil general
du Rite Ecossais Anc.~. et Acc.~. siegeant en la Vallee de ]~Oreto,
Gr.~. Orient de Palerme, (...), avons decrete et decretons: art. 1”
Voulant recompenser par inn temoignage d’affectueuse sympathie
et de haute estime notre Tr~s Illustre, Tr~s Puissante et Tr~s
Eclairee Seur Diana Vaugham, Souveraine Maitresse du Temple,
Grande Maitresse du Parfait Triangle Ph~b~ la Rose, Delegnee de
la Province triangulaire de New York et Brooklyn, pour les
eminents services qu’elle a rendus ~ la Haute Ma~onnerie (etc.,
etc.) Nous lui avons dans notre solennelle assemblee de ce jour
decerne le titre de Membre d’Honneur, Protecteur de Notre
Supreme Conseil du Rite, etc., etc.» Le decret etait signe par
Paolo Figlia, A. Battaglia, F. Giliberto et Giuseppe Miitello et
portait Ia date du 8 avril 1894. (Satan Franc-Macon, 1964, pp. 174-
175.)
11. Ii est probable que les degres du Rite fonde par Gimeno
aient ete analogues aix sept grades du futur Rite Philosophique
Italien de Frosini (trois grades universels; Chevalier Rose-Croix;
Chevalier Kadosch; Sublime Maitre du Grand 4Euvre; Souverain
Grand Conservateur). (N.D.T.)
12. Ce fut Villarino del Villar qui delivra plus tard, en 1906, it
Papus Ia patente de Ia loge symbolique Humanidad.
1
DES PYRAMIDES
LE RITE DE !VIEMPHIS
94
mait comme Grand Maitre du Sanctuaire roumain de
10
Memphis
Ainsi que nous 1’avons dejit mentionne it La note 24 din
chapitre VI, le 30 mars 1900, tous ces Rites plus om moms
derives de Memphis, it commencer par celmi de Yarker,
reconnurent comme Grand Hierophante universel Ferdinando Francesco degli Oddi, Grand Maitre du Souverain
Sanctinaire d’Egypte. De cette maniere, ii semblait que
tout etait regle et regularise une bonne fois grace it Ia
reconnaissance d’une puissance ma~onnique (le Grand
Orient dgyptien pour le Rite de Memphis) qini, depuis sa
fondation par Marconis et sa consolidation par le Grand
Orient de Palerme, s’etait toujours maintenue etrangere
aux querelles. Mais cette demonstration d’unanimite allait
favoriser l’epanouissement din Rite hybride de MemphisMisraim de Yarker qini, ainsi qu’il ressort de ce que nous
dejit dit, est organise d’apr~s Le modele des statuts
de Memphis, en garde sa nomenclature theorique de grades, mais suit le rituel Ecossais.
Ii semblerait aussi que Pessina ait initie le Fr~re
Guarino Troilo de Rosario (Argentine) qini en 1934 aurait
ete Grand Hierophante general de Memphis-Misraim
quand au premier Congres de La FUDOSI (Federation
universelle des Ordres et Societes initiatiques) it Bruxelles ml fit decide l’adjonction de deux grades aux quatre‘~
A
95
L’~GLISE GNOSTIQUE
vingt-dix-sept d~jit existant de fa~on it ce que La supreme
hierarchie soit La suivante:
96’ degre reserve aux Grands Maitres nationaux,
degre aux membres din Conseil international,
98’ degre au Grand Hierophante general,
degre au Sublime Maitre invisible.
Heureusement pour le serieux des deux Rites o rientaux,
le Grand Hierophante Troilo Guarino n’accepta pas La
presence au-dessus de lini d’un Sublime Maitre invisible,
et le projet echoua, bien que dans Les annees suivantes
L’on tenta par des initiatives variees d’arriver it une nou970
990
velle entente et it une reelle federation internationale
A Ia mort din Frere degli Oddi, il semble que La charge
de Grand Hierophante general fit reprise par Yarker et
“.
qu‘il aurait concede une charte it Theodor Reuss, Grand
Maitre de ]‘Ordo Temp/i Orientis, pour La constitution it
Berlin d~un Gross Orient und Souverdnen Sanctuariums
fur Deutsche Reich. En 1905 le Grand Sanctinaire de
Palerme, reste fidele
ainsi que nous l~avons dit
am
titre de Memphis, se mit en sommeil
Nous arrivons ainsi en 1908 am Convent ma~onnique
—
—
“.
spiritualiste de Paris auquel particip~rent des
delegues
representant des societes plus om moms spiritualistes om
plut6t ~ spiritistes~ et certaines branches ma~onniques.
~,
13. ~Fonds Rite de Memphis de Palerme» — Archives des Rites
Unis de M.~. & M:. — Lettre du 31 mars 1924, d’Adelchi Borzi,
alors Grand Expert di Grand Sanctuaire de Palerme, au Sublime
Frere T. Ulic, ancien 330 970 du Sanctuaire roumain de Memphis,
membre du Supreme Conseil des 330 pour la Roumanie.
14. Lettre du Grand Hierophante general de Misrdim, Regime
de Naples, du 10 mars 1966, deja citee.
15. Voir Proc~s-verbal de l’ouverture solennelle du Convent de
1966 de la Grande Loge symbolique de Memphis-MisraYm de Paris
(Ambelain),
p. 2.
16. A ce Congr~s de 1934 particip~rent, entre autres, les repre-
sentants sitivants d’Ordres ma~onniques et spiritualistes: G. Boge
de Lagr~ze, J.H. Probst-Biraben, A. Rombauts, L. Martin, J. Mainger, R. Fnuctus, A. Reichel, H. Gniiter. On nomma trois ((Imperators» ~ in tate de Ia FUDOSI: le Fran~ais Victor Blanchard, le
Belge Emile Dantinne et l’Americain Spencer Lewis, createiir de
I’AMORC. Ii semble qu’il n~y eut aucun Italien membre de cette
Federation.
17. Voir
secr~te
d~une
Federation
Incon12,~ Histoire
Lausanne,
octobre
1956.
On peut initiatique»,
lire en conclusion
nues,
n0 ((Un
(p. 84):
fosse devait en cette matiere Se creuser entre les
mentalites continentales et celles des Anglo-Saxons, ces demiers
sacrifiant trop d~usages venerables au demon de Ia publicite
exterieure. Aussi le 14 aoiIt 1951 les trois Imperators des trois
Ordres les plus importants decidrrent-ils, par une declaration
solennelle, de mettre volontairement fin it leur vieille et fidrle
collaboration.» Et d’apres Ia Declaration de dissolution de la
FUDOSI. ils prevurent notamment qu’ aucun Ordre anciennement affilie a la FUDOSI ne pourrait s’en prevaloir it l’avenir».
Toutefois ii semble par Ia propagande faite par les successeurs
de Spencer Lewis que l’on n’ait pas tenu compte de cette solennelle
declaration.
18. Ce meme Grand Sanctuaire devait ~tre reveille, toujours
sous le titre de Memphis
comme nous le verrons
a Palerme
en 1921, par in groupe de Ma9ons membres du Grand Orient du
~ Palazzo Giustiniani» decides it demeurer etrangers aux querelles
entre les deux Supr~mes Conseils Ecossais diriges l’un par ce
m6me Grand Orient, l’autre par Ia ~Piazza del Gesfi>’.
—
—
1
96
LE RITE DE’ MEMPHIS
DES PYRAMIDES
Y participerent les puissances et societes suivantes: le
Grand Orient et Souverain Sanctuaire 33 de l’Ernpire
d’ALLemagne; La Ma~onnerie Arabe les Fils d’1sma~L>;
Ia Grande Loge Symbolique du Rite National Espagnol;
le Souverain Grand Conseil national ibdrique de ce nine
Rite; le Rite Ancien et Primitif de La Ma~onnerie pour
la Grande Bretagne et 1’Irlande; la Grande Loge d’AngLeterre du Rite de Swedenborg; le Rite Blem d’Argentine;
les Delegations din Rite National Espagnol pour l’Italie et
le Portugal; Ia Grande Loge des iles din Cap Vert; les
Grandes Loges des Francs-Ma~ons Anciens et Acceptds
des Etats de L’Ohio et din Massachusetts; la Grande Loge
Swedenborgienne d’AlLemagne; La Grande Loge Swedenborgienne de France; le Supreme Conseil
du Mexiqine;
le Supreme Conseil de l’Ordre Ma~onnique Oriental de
Misraim et d’Egypte pour L’ItaLie; l’Ordre des Illuminds
d’Allemagne; l’Ordo Templi Orientis; I ‘Ordre Esotdrique
de La Rose-Croix; l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix;
l’Ordre Martiniste; Le Supreme Conseil Universel de la
Ma~onnerie Mixte (qui accineillit Le Congres it son siege).
Ainsi qu’il est facile de Le constater, Les Ordres citds
etaient une vingtaine, mais chaque delegue en representait
trois on quatre: par exemple, Yarker etait Le chef de
La Grande Loge de Swedenborg, din Rite Ancien et Primitif
pour la Grande Bretagne ainsi que de La Ma~onnerie
Arabe”; la Grande Loge et les Supremes Conseils din
Rite National Espagnol etaient representes par La Loge
Humanidad dont Le chef etait Papus lequel representait
aussi l’Ordre Martiniste et l’Ordre Kabbalistique de La
Rose-Croix; le docteur italien Hermes (E. Frosini, dont
nous nous occuperons plus tard) representait le Rite Espagnol pour L’Italie, le Rite Bleu, Le Supreme conseil de
M..M.~. pour l’Italie (qu’il avait fait absorber par son Rite
Philosophique Italien gritce auquel il distribuait des ham tsgrades en echange d’autant de reconnaissances ») ; Reuss
enfin, outre l’Ordo Templi Orientis, representait les autres
Ordres allemands. Ceci etabli, il apparait evident que
330
19. En realite, Yarker n’assista pas au Cangres, mais il etait
represente par le Fr~re Cli. H. Detre, dit Teder. (N.D.T.)
A
97
L’~GLISE GNOSTIOUE
L’importance de ce Congres, place sous la presidence
d’honneur din Tres lustre Grand Maitre d’Angleterre et
La presidence effective din docteur Gerard Encausse
(Papus), Grand Maitre de L’Ordre Martiniste et de la RoseCroix Kabbalistique, fut beaucoup moms retentissante
qi on voulut le faire croire.
Du Congres sortit une ~ Federation Ma~onnique Universelle > se reclamant des ~ Anciennes Constitutions» qui
reconnaissaient le Grand Architecte de l’Univers, et un
statut comprenant sept articles fut etabli. Le secretariat
general fit confie am frere Teder (pseindonyme anagramme de Ddtre~ alors Secretaire de l’Ordre Martiniste
La constitution de La Federation et l’articLe 7 de ses
statuts prevoyait son etablissement dans tous Les pays
et, en consequence, l’expansion des Rites ma~onniqines
qui en faisaient partie. Ce mouvement de croissance commen~a immediatement, sur Le Lieu meme din Congres ou
Les dignitaires s’echangerent dipl6mes, chartes et patentes,
en creant une confusion que Ia tentative de La FUDOSI it
Bruxelles en 1934 (avortee definitivement en 1951) et d’autres semblables sont Loin d’avoir dissipee.
Quoi qu’il en soit, it I’occasion de ce Congres eut lieu,
selon Jean Bricaud La constitution it Paris d’un Grand
Conseil general du Rite de Memphis-MisraYm pour la
France et ses dependances. La patente constitutive
tomjours selon Bricaud
fut delivree par le Souverain
Sanctuaire d’Allemagne, signee et scellee Le 24 juin it
Berlin, par le Grand Maitre Theodor Reuss (Peregrinos)
qui avait assiste au Congres de Paris. Le Grand Maitre et
le Grand Maitre adjoint etaient le docteur Gerard
Encausse (Papus) et Charles Detre (Teder). La loge Humanidad, precedemment rattachee au Rite National Espa“.
“,
—
—
20. Pour des renseignements plus irnportants, voir le Compte
rendu complet des travaux du Congras et du Corn’ent ma~onnique
spiritualiste de juin 1908, Paris, 1910.
21. Jean BlUcAuD
Notes historiques sur le Rite Ancien et
Primitif de Memphis-Misraim, Lyon, 1933.
—
98
DES PYRANIIDES A L’~GLISE GNOSTIOUE
LE RITE DE MEMPHIS
gnol, devint Loge-mere pour le Rite de Memphis-Misraim
en France
Toutefois cette patente n’apparait pas dans La liste des
dipL6mes et chartes plus ou moms honorifiqines concedes
it Papus Mais il en apparait une, de mars 1908, avec
L’en-tete du Gross-Orient des Alien und Angenommenen
schottischen Ritus der Freimaurer, Supreme Grand Lodge
des Swedenborg Ritus in Paris, signee precisement par
Theodor Reuss
Papus avait aussi re~u en 1906 tine patente de L’Antiguo
y Primitivo Rito Oriental de Memphis y Migraim (Madrid)
probablement delivree par le Rite National Espagnol dont
le chef etait Villarino del Villar, qui, ainsi que nous
l’avons yin, s’dtait servi des patentes accordees par Pessina
~ ses predecesseurs D’autre part, Le meme Papus ecrivant an sujet de ses chartes et de ses relations avec des
dignitaires ma~onniques etrangers, affirmait au sujet de
John Yarker: ~ Dans mes conversations avec le Tres Illustre Frere John Yarker, Chef supreme du Rite Primitif et
Originel, avec le docteur Westcott de la Societe Rosicri‘~.
~‘.
“.
~.
22. Toujours selon les affirmations de BRICAUD. Toutefois.
dapres ce qu’il ressort de l’article Ordre Martiniste et Grande
Loge Symbolique Espagnole», dans l’Initiation de jun 1909, et des
mentions officielles qui apparaissent it partir du numero d’aofit
1909 de cette revue, il semble que Humanidad etait tine simple
loge et non loge-mere et ~u~eUene pratiqua jamais que les trots
degres symboliques du Rite National Espagnol. Si on travailla
reellement a cette epoque aux hauts-grades de Memphis-Misraim,
ce ne peut avoir etele cas que dans l’autre loge de Papus, appelee
INRI.
23. Voir Ph. ENcAUSSE
Sciences Occultes, Paris, 1949, pp. 128—
129.
24. Ibidem.
25. Par devoir d’objectivite nous rappelons que Papus avait
re~u le 25 mars 1907, une charte de l’Ordre Ma~onnique Oriental
de MisraYm pour l~Italie, et le 18 avril suivant, tine autre charte
de Ia Puissance Supreme pour l~Ita1ie de ce meme Ordre. On ne
salt pas ~ quel titre et on n’en connait point le texte. Toutefois,
en supposant que la derniere fit delivree par le Supreme Grand
Conservateur du Rite pour l’Italie, nous avons fait des recijerches
dans les archives mises ~ notre disposition, mais nous n’avons
trouve aucune trace de Ia delivrance de cette charte. II serait
necessaire de pouvoir etablir qul a signe la charte et cela peut
etre fait par le fils de Papus qui l~aurait en sa possession. El peut
se faire aussi qu’il s’agisse de quelque groupe isole, en toute bonne
foi. (A ce sujet, voir Ia note 11 du chapitre IV
N.D.T.)
—
99
cienne d~AngLeterre, avec Villarino del Villar, l~iLlustre
Macon espagnol (...) Beaucoup de Supremes Conseils
etrangers m’ont Fait Le grand honneur de m’inscrire parmi
Leurs membres honoraires on au nombre de leurs representants en France. J’en ai ete d’autant plus touche que
j‘eta~s violemment attaque par certains Ma~ons fran~ais
Donc, selon Papus, qui ecrivait ce qui precede en 1910
(deux ans apres avoir obtenin, selon Bricaud, Ia patente
de Reuss) Yarker, qini avait nomme Reuss Grand Maitre
pour L’ALLemagne, etait Chef supreme du Rite Primitif et
Originel, et Villarino etait un illustre Ma~on espagnol.
L’on ne voit pas pourquoi Papus ignorait que Yarker etait
son Grand Hierophante general ni pourquoi il n’indiquait
pas que Villarino etait le Grand-Maitre de Memphis-Misraim en Espagne et qu’il lini avait donne des patentes pour
Ia Loge Humanidad. D’aiLleurs, dans ce texte, ii se presentait comme membre honoraire om representant en France
de ces Ordres. Ni plus ni moms. Nous ne sommes pas ici
pour indiquer ce que signifient membre honoraire ou
representant, mais il est certain que ni l’un ni L’autre
titre, pas plus que leurs diplOmes respectifs, n’autorisent
La fondation de Grands Sanctinaires om de SuprCmes
Conseils.
Cela n’empeche pas que Papus, meme s’il s’averait exact
qu’il n’avait jamais ete re~u reginlierement et traditionnellement dans Ia Ma~onnerie etait a de toute fa~on plus
.
~
26. Gerard
Paris, 1910.
ENCAUSSE
—
Ce que doit savoir un Maitre Macon,
27. Le fils de Papus, dans son ouvrage (ENcAUSsE
—
1949, p. 124)
admet que son pere n’a jamais appartenu administrativement»
au Grand Orient ou ~ la Grande Loge de France. Toutefois, ici,
il ne s’agit pas d~avoir appartenu ou non ~ ces formations ma~onniques appelees regulieres ‘, c’est-~-dire ~ celles qul se sont
autoproclamees telles parce qu’elles etaient plus nombreuses,
politisees et munies de fonds provenant souvent des subventions
d~Etat, ainsi que ceta s’est vu en Italie au temps de Zanardelli et
de Nathan, maire de Rome. Tl s’agit d’avoir re~u une initiation
reguliere aix trois premiers grades ma~onniqLies (apprenti, compagnon, maitre). Si l’on ne possede aucune de ces trois initiations
regulieres, tous les certificats de grades meme tres eleves, re~us de
qui que ce soit, n’ont aucune valeur. Lit est le probleme, et d’apres
ce qu’il semblerait Papus n’aurait jamais re~u ces initiations. A ce
1
100
DES PYRAMIDES
LE RITE D~ MEMPHIS
que digne d’exercer La Grande Maitrise qini, selon Bricaind, mi aurait ete ‘concedee par Theodor Reuss pour La
France
A la mort de Papus survenine en 1916, Teder Lini ainrait
succede et apres La mort de celmi-ci en 1918, Bricaud
affirma avoir obtenin La succession grace am consensus
~
des survivants de l’Ordre. En 1933 iL fit publier le petit
fascicule sur 1’histoire de Memphis-MisraYm qini fut it
nouveau publie en 1938 par son successeur Constant
Chevillon.
Robert Ainbelain (dont nous reparlerons plus loin), qini
actinellement en France semble posseder inne reconnaissance ou tout ain moms un droit de visite du Grand-Orient
et s’est fait nommer Grand Hierophante general, affirme
qu’en 1909 John Yarker deLivra a inne charte de GrandMaitre pour La France et ses dependances » ~ un a Supesujet, toujours en se referant ~ l’ouvrage de son fils, nous citerons
deux temoignages, I’m d’une loge dite reguli~re», l’autre de
l’Ecole hermetique de Paris qui abritait la Loge de Perfection INRI
du Rile ~ Primitif et Originel» de la Ma~onnene. A la page 125,
Philippe ENcAussE, rapporte le paragraphe sulvant d~un article
publl6 en fevrier 1907 par le Ma~on Ch. M. LmiousIN dans Ia revue
Acacia: a Je mets Papus au d~fi de faire admettre ~ titre de
visiteur un seul des pseudo-Ma~ons fran~ais de son Rite (ii s’agis-
sait du Rite Primitif, Originel et Swedenborgien) dans tine loge
dependant de la Grande Loge Unie d’Angleterre, des Grandes Loges
d’Ecosse, d’Irlande et des Etats-Unis, in des Grandes Loges reguli~res d~Allemagne dont la liste a ete donnee dans le demier
nuinero de l’Acacia». Au bas de Ia page Ph. ENCAUSSE rapporte
tin document de Ia Loge de Perfection INRI sur lequel ii est dit
entre autres: a Ce Temple, ~lace sous l~obedience de la ~Grande
Loge Swedenborgienne du Rite Primitif et Originel de la Franc-
Ma~onnerie, sera heureux de voins compter, soit parini ses visiteurs, soil parmi ses membres (...) Queues que sojent vos opinions,
vous ~tes assure, T C..F.., de rencontrer parmi nous la plus
.~.
grande tolerance et la plus sinc~re fraternit~.» La question, ici,
repose entierement sur le problemes des initiations reguli~res
aux trois premiers grades (~ ne pas confondre avec la regularite
de ce qini est mentionne ci-dessus). Papus, les a-t-il re~ines, ou
non? Des loges a regulieres», non, au moms d~apr&s ce qu’il
semble. Les a-t-il re~ues de sept Ma~ons, dont trois Maitres, constitues en loge sous Ia vofite etoilee? Mais, pour les hauts-grades,
ensuite, comme cela va de soi, tout depend du type de succession
fixe par les statuts du Rite et du respect des ceremonies prevues
pour la collation de ces grades.
28. ~ Mise au point stir les Rites de Misraim et Memphis» dans
le Bollettino Ufficiale deli’ Ordine Martinista, deja cite, p. 18.
29. Robert
AxvlsnLAn4
—
Le Martinisme, Paris, 1946, p. 164.
101
A L’~GL[SE GNOSTIQUE
rieur Inconnin» de l’Ordre Martiniste dont le nom initiatique etait Mika~L. Le meme toujours selon Ainbelain
outre la charte de Yarker en possedait aussi inne signee
de Jean Bricaud et deLivree en 1921. Cela voudrait dire
alors, que Chevillon, successeur de Bricaud, etait irreguher, ou alors que La charte dehivree par Reuss it Papus
en 1908 it Paris etait irreguliere (it moms qin’il ne s’agissat
d’une charte qini ne prevoyait pas de Grand Sanctinaire
pour ha France) bien qin~eLLe fiat consideree comme tout
it fait valide par Bricaud
Et, finalement, qini etait
Mika~L? Si
comme on peut le penser
ii s’agit de
Georges Boge de Lagreze, alors il faudrait aussi discuter
de La regularite de certains autres groupes etant donne
qu~it partir de sa meme charte pour Ia France, dejit incertame pinisqin’iL en aurait existe une precedente deLivree it
Papus, on aurait cree plusieurs Grands Sanctinaires
—
—
“.
—
—
etrangers.
Mais I ~affaire de Bricaud, Mika~L, Chevillon, Dupont,
Constantin de Lyon et consorts
tous par ailleurs membres de l’Eghise Gnostique (et spirite) de Doinel
ne
s’arrete pas au probleme de savoir si c’est La charte de
1909 de Yarker qui est valide ou celle de 1908 de Reuss
ou toutes Les dem Elle a aussi cree La Legende du Rite
de Memphis-Misraim des Ma~ons chretiens qui permet de
justifier La reginlarite de certaines descendances il existerait deux ou trois Rites de Memphis-Mis raim; d’abord
celui de L’EgLise Gnostique des Martinistes m; puis celini
—
—
,~.
30. Si Bricaud, grfce a ]‘autorite de la patente de Reuss de
delivre une patente ~ Mika~l en 1921, Chevillon me
pouvait succeder a Bricaud tant que Mikael etait encore en vie.
Mais Si Yarker avait delivre a Mika~l tine patente pour la France
en 1909, alors Reuss n~en avait delivre auctine en 1908 ou alors il
l~aurait delivree sans en avertir Yarker qui etait le Grand Hierophante general, raison pour laquelle ii y avait deux Grandes
Maitrises du m&me Rite en France. En tout cas, tine belle
embrouille.
31. Cela fut aussi tine invention de Bricaud, car le Martinisme,
ouvert a toutes les religions, ne pouvait etre rattache et n’est
rattache ~ aucune eglise particuli~re. Ceci est facilement demontrable par les declarations de principe de l’Ordre Martiniste
1908, avait
(voir ENcAussE — 1949, pp. 89-90, particuli~rement le passage oii
II est affirme que l’Ordre Martiniste ne s~occupe jamais de
politique non plus que de questions de cuite religieux»).
102
LE RITE D~ MEMPEIIS
des Franc-Macons chr~tiens; enfin celui d’on ne sait qui,
en somme celui qui n’est ni gnostique ni chr~tien et qui,
ne d~pendant pas des Fran~ais, serait irr~gulier.
Ivan Drouet de la Thibauderie, docteur en th~ologie et
~s lettres, d6j~ regent et ~v~que de 1’Eglise Catholique
Fran~aise (gallicane), auteur qui en la mati~re devrait
&re document~, s’est-il 1aiss~ lui aussi induire en erreur
par les rumeurs insistantes lanc~es en France et ailleurs
au sujet du Memphis-MisraYm de 1’Eglise Gnostique?
Cela semblerait le cas ~tant donn~ ce qu’il ~crivait ~: Le
premier patriarche de l’Eglise Gnostique Universelle,
Jules Doinel, a-t-il poss~d~ une filiation ~piscopa1e apostolique? On salt qu’il se r~c1amait d’une double cons~cration spirituelle; ii aurait ~ sacr~, au cours d’une apparition, par Jesus lui-m~me; puis pendant une seance de
spiritisme, par trois ~veques bogomiles. Nous ne retiendrons pas ces pr~tentions inadmissibles. Mais ii pourrait
par contre y avoir une filiation m~connue, et dont le
silence s’expliquerait en raison du secret initiatique, provenant des interferences entre l’Ordre des Templiers d’une
part et le Rite de Memphis-MisraYrn d’autre part. Il est
~ remarquer que l’Eglise Gnostique se fait connaitre et
que le Martinisme prend un relief nouveau aux environs
de 1860-1880, ~ cette ~poque pr~cis~ment oii 1’Ordre du
Temple et l’Eglise Johannite des Chr~tiens Primitifs tombent en sommeil. Or ce Rite de Memphis-Misra~m traditionaliste et chr~tien, qui groupe Martinistes et Gnostiques, comprend un grade, le 66e, Patriarche Cons~crateur,
dont l’insigne distinctif est un sautoir violet. 11 serait tr~s
int~ressant de verifier dans les anciennes archives de ces
divers groupements si les personnes que nous savons
poss~der l’~piscopat templier, validement catholique p~r
1’h~ritage de l’Eglise constitutionnelle, ne se sont pas
retrouv~es dans la relance gnostique, lui assurant ainsi
une caution ~ventuelle. La validit~ ~piscopale ne fait pas
de doute pour les ~v~ques templiers. Si donc on reconnaft
dans cette resurgence [les noms de certains de ces ~v&
DES PYRAMIDES
DROtJET flE LA THIBAUDERIE
—
Eglises et Ev~ques caiho-
liques non romains, Pads, 1962, chapitre sur d’Eglise Gnostique
des Martinistes et du Rite de Memphis-Misraim D.
L’~GLISE GNOSTIQUE
103
ques], poser la question d’une filiation apostolique dans
ces Ordres et leurs Eglises ne sera pas chim~rique et
pourra ~tre ~tudi~ s~rieusement. Ii sera alors n~cessaire
d’~tablir avec certitude et precision le rite de collation
du grade de 66~ de Memphis-MisraYm, celui des cons~crations (~piscopales) de l’Eglise Gnostique; et si ces c~r&
monies respectent les formes et formules traditionnelles
du pontificat, ii y aura une pr~somption raisonnable de
succession catholique dans la Ma~onnerie de MemphisMisraYrn.~
Mise ~ part la question des seances de spiritisme de
Jules Doinel et des autres spirites pour laquelle nous
renvoyons nos lecteurs au livre instructif de Rena Gu~non,
l’Erreur spirite
il est n~cessaire cependant de dire que
beaucoup de gens ~crivent sous l’influence unique des
arguments qui, d’une certaine mani~re, apportent de l’eau
~ leur moulin, sans se rendre compte que la r~alit~, facilement identifiable, est bien diff~rente de ce qu’ils affirment
et soutiennent, m~me comme simples hypotheses. L’on
peut tout de suite affirmer que dans les Rites de Misraim
et de Memphis le grade de Patriarche Cons~crateur
n’existe pas, et encore moms au 660 degr~ de la hi~rarchie.
Dans Memphis le 660 degr~ est celui de Sublime Kavi 84;
c’est aussi le cinqui~me de la sixi~me classe et l’ant~p~nulti~me de la seconde s~ ne qui selon Marconis enseigne
les sciences naturelles, la philosophie et l’histoire et explique le mythe p&tique de l’antiquit~; son but est de
provoquer la recherche des causes et des origines, et de
d~velopper les sentiments human itaires et la sympathie
Dans MisraYm, le 66~ degr~ est celui de Commandeur
Grand Inquisiteur, chef de la deuxi~me s~rie, grade qui
correspond au 3 t~ degr~ du Rite Ecossais A..A.’. ¶ Ses
membres composent le Souverain Tribunal. Dans Memphis R~form~, le 66~ degr~ n’existe pas puisqu’il atteint
seulement le 30~ puis saute au 910 (Grand D~fenseur du
Rite) qui correspond au 31~ degr~ Ecossais; les posses~,
I
~.
33. Rent GtJ~NON
L’Erreur spirite, Paris, 1~ ~d. Rivi~re, 1923,
nile ~d. Chacornac, 1952.
34.
deli’ Ordine
Martinista, n0 4, d~cembre 1972, p. 26.
35. Bollettino
RAGON
1861,
pp. 283-284.
—
32. Ivan
A
—
104
DES PYRAMIDES
LB RITE DE MEMPHIS
seurs de ce grade composent le Grand Tribunal des D~fenseurs du Rite Dans les Rites de Yarker et de Pessina
les grades de Memphis Rdform~ furent adopt~s. On ne
retrouve donc pas un 660 degr~ qui corresponde ~ ce
qu’~crit
probablement par ccoui-dire
Ivan de Ia
Thibauderie Et en outre m~me Si l’on ~pluche les grades
dits de Patriarches, emp1oy~sM dans Memphis R~form6,
l’on n’y trouve pas de Patriarche Cons~crateur. Ces grades
sont en fait: 2V, Patriarche Grand Installateur; 220,
Patriarche Grand Conservateur; 23, Patriarche Grand
Th~ologiste; 24~, Patriarche de la Write; 25, Patriarche
des Planisph~res; 260, Patriarche des V~das sacr~s; 270,
Patriarche d’Isis; 28, Patriarche de Memphis; 29, Patriarche de la Citd mystique; 30~, Pontife Parfait du
Grand EEuvre Ces Patriarches n’apparaissent pas dans
le Rite originel de Memphis, mais trouvent leur correspondance dans d’autres Litres et degr~s: le 21 degr~
correspond ~ Chevalier Grand Inspecteur (340), le 22 ~
R~gulateur g~n~ral de l’Ordre (87’). le 23 ~ Grand Maitre
des Myst~res (760), le 240 ~ Prince de la V~rit~ (65), le
25~ ~ Docteur des Planisph~res (37), le 260 ~ Docteur des
V~das sacrds (79), le 27~ ~ Sublime Pontife d’Isis (44),
le 28 ~ Souverain Prince de Memphis (91), le 29 ~ Chevalier de la Cite Sainte (27), le 30~ ~ Sublime Maitre du
Grand ~Euvre (890).
De par l’intitul~ de ces grades de Patfiarches~ ii
apparait evident qu’il ne peut s’agir d’un Ordre de Ma~on~.
—
—
‘~.
~.
36. Statt~ts du Rite Or.. A.. & P.. de Memphis, Palerme, 1922,
art. 82, 83, 116 et suiv.
37. En r~aIit~, ii semble que le grade de Patriarche Cons~crateur
(66), qul existe dans tous les Ordres de Memphis et MisraYm de
France et Belgique, a ~ introduit dans Memphis-Misraim par
Yarker qui a iui-m~me remani~ plusieurs fois son ~che11ede
grades. Dans la Constitution de 1875 du Rite Ancien et Primitif de
Yarker (Memphis en 33 degr~s), le grade de Patriarche Grand
Cons~crateur figure d~j~ au 22 degr~, alors que Patriarche Grand
Conservateur correspond au 33. degr~. Ii est probable que la
version italienne du Rite (Memphis R~form~) ait ~ I~g~rement
diff~rente. (N.D.T.)
38. on n’a jamais pubJi~ les rituels de ces grades qui ont
toujours ~ d~livr~s (sans doute en bloc) avec la formule 18~,
30. Voir les Statuts du Rite... de Memphis, art. 130, 146, 160.
39. Idem, art. 83.
A
LThLISE GNOSTIQUE
105
nerie chr~tienne. Gnostique, peut ~tre oui, mais non dans
le sens que le voudrait Ivan de la Thibauderie et ceux qui
lui ont fait connaitre une semblable hypoth~se; guostique
en effet dans le sens d’~tre ouvert ~ la recherche de la
Gnose c’est-~-dire de la Connaissance, dans la certitude
de l’existence d’une ame imrnorte lie et d’un Etre supreme
auquel nous devons amour, respect et devotion.
Mais nos affirmations peuvent ne pas valoir plus que
celles d’Ivan de la Thibauderie ou de qui que ce soit
d’autre. Ecoutons donc alors ce que dit le Bolleuino deli’
Ordine Martinista (n0 4, nov. dec. 1972, p. 26, n. 4) dans
l’article ~Du nouveau sur le Martinisme et l’Eglise Gnostique)): A ce sujet nous avons entendu l’avis d’un haut
dignitaire du Rite de Misra~rn et Memphis qui fait partie
du Grand Colk~ge Liturgique du Souverain Grand Sanctuaire pour l’Italie et ses d~pendances. Celui-ci a exclu
de la mani~re la plus cat~gorique qu’il y ait jamais eu
un lien entre le Rite Oriental Antique et Primitif de MisraYm et Memphis et l’Eglise Gnostique. Les Statuts du
Rite de Misraim
nous a-t-il pr~cis~
disent ~ 1’article 2: Le Rite de MisraYm admet dans son sein tous les
hommes, quels que soient leur pays, leur culte et leur
condition, pourvu qu’ils soient libres et que leurs mceurs
soient pures et leur conduite sans reproche (Statuts du
Rite de Misraim publi6s en fran~ais en 1867). Les Statuts
du Rite de Memphis disent ~ l’article 4: Le Macon tol~re
toutes les religions et ne s’occupe pas de politique. Etant
donna la sph~re ~lev~e dans laquelle elle est plac~e, la
Ma~onnerie respecte la foi religieuse de ses membres,
queue qu’eIle soil. Les Statuts des Rites Unis ~ l’article 2
expliquent Le Rite admet dans son sein tous les hommes,
de n’importe quel pays et de n’importe quel culte, & condition qu’ils soient libres, purs et de bonnes mceurs, qu’ils
n ‘exercent pas une profession servile ou d~gradante,
qu‘us sachent lire et dcrire correctement et que leurs revenus soient suffisants pour subvenir & leurs besoins el ~
ceux de leur famille. Ii nous semble
poursuit la note
qu ‘un rattachement ~ l’Eglise Gnostique est exclu. De
toute fa~on, ~tant donn~ que l’Eglise Gnostique apparat
(ou r~apparat) en 1890 grace ~ Ia vision de Doinel alors
—
—
—
—
106
DES PYRAMIDES A L’EGLISE GNOSTIOUE
LE RITE DE MEMPhIS
107
que les Rites de MisraYm et de Memphis existaient bien
avant, on ne voit pas quels liens il pourrait y avoir entre
eux.))
Cela pourrait suffire mais Ivan de la Thibauderie invoque aussi les Templiers qui se seraient allies ~ 1’Eg]ise
Constitutionnelle Fran~aise (et qui pourrajent ~tre gnostiques s’ils avaient transmis le 660 degr~ de Memphis-Misraim). On pourrait faire ici un long discours sur les
Templiers, le templarisme, 1’~sot~risme, mais cela n’est
pas dans nos intentions. Toutefois il suffira d’indiquer le
fait que toute 1’affaire des pseudo ~glises templi~res (ou
mieux n~o-templi~res) trouva son origine dans l’Ordre
d’Orient, chaine ext~rieure des n~o-Templiers fran~ais,
d‘oii d~riv~rent aussi la
Stricte Observance Temp1i~re~ de von Hund le ‘C1~ricat~ de Johann-August
Starck et les Templiers su~dois. Ii s’agissait essentiellement d’une devotion particu1i~re des n~o-Templiers pour
l’ap6tre Saint Jean que leur Grand Maitre pendant et
apr~s la p~riode napol~onienne, Bernard-Raymond Fabr~Palaprat (connu aussi comme ~v~que johannite ~),et les
Templiers de Lyon transform~rent en ~sot~risme en se
fondant sur deux manuscrits ~crits en grec et apparemment anciens: le Levitikon et un Evangile de Saint Jean
apocryphe contenant plusieurs variantes par rapport ~
l’~vangile canonique dont la suppression des deux derniers chapitres. D’apr~s ce qu’~crit Norberto de Castro
y Tosi en 1832 un certain J.C. Thilo, personnage d’une
certaine notori~t6 pour son &udition, ~tablit que cet
(‘Evangile)) datait seulement du debut du xviii’ si&le.
Un examen pakographique de l’original, conserve encore
aujourd’hui dans le fonds de l’Ordre du Temple aux
Archives Nationales de France”, a confirm~ ce jugement.
L’on attribue aussi la m~me date au Levitikon transcrit,
semble-t-il, de la m~me main avec une ~criture identique.
Maintenant la sympathie que Fabr&Palaprat t~moignait
au clerg~ constitutionnel est archi-connue et c’est de son
sein que jaillirent l’Eglise Templi~re et ses ((eveques
Pour conclure sur ce point (que nous reprendrons plus
loin) nous devons contester 1’afEirmation selon laquelle
l’Eglise Gnostique se fit connaitre aux environs de 18601880 ~ l’~poque pr~cis6ment oji l’Ordre du Temple et
l’Eglise Johannite se mirent en sommeil et oil l’Ordre
Martiniste prit une nouvelle vigueur. Il est trop facile
d’indiquer une date comprise dans un intervalle de vingt
ans... Cela peut satisfaire les nigauds et ceux qui se suffisent d’~ peu pr~s, mais non celui qui veut faire de l’histoire et qui, en consequence, avant de se prononcer,
s’assure des faits et des dates r~elles. Aujourd’hui tous
ceux qui s’occupent d’occultisme savent qu’entre 1860 et
1880 le Martinisme dtait presque compl~tement oubIi~.
Et si l’on examine aussi les affirmations de Robert Ambelain sur les Chevaliers Bienfaisants de la Cite Sainte
vu qu’il reconnait lui-m~me que tout ~tait ~ peu pr~s en
sommeil jusqu’a leur r~veil de 1950, l’on ne peut qu’en
ti rer une nouvelle confirmation
La reprise du Martinisme se produisit apr~s 1887, ainsi
que l’indiquent tous les ouvrages sur ce sujet, grace aux
eFforts de Papus, Guaita, Augustin Chaboseau, Pdladan et
Chamuel. Quant ~ l’Eglise Johannite
elle tomba en
sommeil pratiquement ~ la mort de Fabr&Palaprat et
continua pendant quelques ann~es ~ &re cit~e de temps
en temps par les Templiers de Lyon. Mais l’Ordre du
Temple ne disparut pas, m~me si d’autres Ordres ont
soutenu cette th~se par int~r~t
en ne tenant compte
40. Voir G. VENTURA
Ternplan e Templarismo, Venise, 3’ ~dition, 1974, pp. 10-11.
41. CASTRO Y Tosi
Anecdotes ternpli~res, n’ 2, d~cembre 1963,
Paris.
42. Groupe n~o-templier ma~onnico-chevaIeresque affi1i~ aux
Johannites.
43. CASTRO Y Tosi
1963.
44. Fonds de l’Ordre du Temple 3 AS., p~riode 1804-1857.
46. Selon la these de Ia Grande Loge de France (Rite Ecossais
A..A. les n~o-Templiers fran~ais dont ii s’agit seralent passes
en Ma~onnerie en 1840 en se faisant initier et en constituant une
loge dite des Crois~s. Mais si cela peut correspondre ~ la v~rit~,
cela l’est seulement en partie, parce que l’Ordre du Temple ne
se mit pas en sommeil. Grace ~ la m6diation du Corate de Saint
C~ran, les chevaliers catholiques s’unirent aux Johannites fran~ais
rest~s fid~les h l’Ordre et ii fut d~cid~ que tous les Chr~tiens, de
“,
~‘
~2
~‘,
—
—
—
D,
‘~,
-
~,
‘~,
45. Robert AMBELAIM
Le Martinisme contemporain et ses
vdnitables origines (Les Cahiers du Deslin, mars 1948) et l’Ordre
des Elus Cohen et sa filiation (poIycopi~, 2 octobre 1958).
—
~.)
-
108
LB RITE DE MEMPHIS
naturellement
comme le font touj ours les Fran~ajs
que de ce qui se produit en France Mais (et cela devrait
trancher le nceud du probl~me), quand l’Eglise Gnostique
s’est-elle fait connaitre? Drouet de la Thibauderie le dit
lui-m~me: en 1890 apr~s la vision de Doinel et la seance
de spiritisme avec les ~v~ques bogomiles...
—
—
“.
CHAPITRE VIII
LE RITE PHILOSOPHIQUE ITALIEN
ET LE RITE DE MEMPHIS DE PALERME
~ En 1906 mourait Adriano Lemini qui s’~tait d~mis
de la charge de Grand Maitre du Grand Orient d’Italie en
1895 mais avait conserve celle de Souverain Grand
Commandeur du Rite Ecossais. Dans cette derni~re fonction lui succ~da Achille Ballori qui ~tait seconds par
Saverio Fera. La Grande Maitrise du Grand Orient avait
~ confide, fin 1904, ~ Ettore Ferrari. Dans le livre la
Massoneria rivelata agli Italiani (Milan, 1946) on peut
lire: “Dans la m~me annie (1906) 1’Assemb1~e nationale
des loges italiennes votait la declaration suivante destin~e
~ modifier le premier et le second article des Statuts
g~n~raux: La Ma~onnerie suit en Italie la voie d~mocratique dans l’ordre politique et social Cela ~tait la premi~re sonnerie de trompette contre 1’orthodoxie ma~onnique qui veut la to1~rance envers toutes les opinions
politiques
Naturellement une telle declaration provoqua des
conflits et des luttes internes jusqu’~ ce qu’il devienne
impossible d’~viter que la bombe ~c1ate.
Sans entrer dans ce sujet, qui nous int~resse seulement
“.
~.
n’importe queue confession, pouvajent &re re~us mais que la
religion officielle demeurait la fol catholique romaine (Voir G.
VENTURA
Ternplan e Ternplarismo, p. 14).
47. Pour une plus importante documentation sur la mati~re,
voir Ternplan e Ternplanismo et G. VENTURA
La Rosa-Croce
del Tempio e del Graal e ii S~.r Merodack P~Jadan Vie della
Tradizione, n 13, Palerme, janvier-mars 1974, pp. 11-34.
—
—
D,
1. Ce n’~tait pas en fait la premiere attaque contre l’orthodoxie.
Elle avait ~ jet~e ~i la mer depuis des d~cennies. C’~tait, pour
etre exact, l’assaut final de la gauche politique ~ la conqu~te du
Grand Orient.
2. Franco MAssn~o Verso la Luce, Bologne, 1968 (&lition hors
commerce, r~serv~e aux Francs-Ma~ons de la Piazza del GeslO.
—
110
LE RITE DE’ MEMPHIS
LE RITE PHILOSOPHIQUE ITALIEN
Frosini se pr~senta ~ Paris comme le l~gat en Italie du
Rite National Espagnol, et il obtint de Yarker une patente
de correspondant et de reprdsentant de sa Grande Loge
aupr~s du Supreme Conseil (~appointement of a proxy to
represent a Grand Lodge in the Supreme Council ~)‘ et,
d’apr~s ce quil affirme, la representation aussi des Rites
plus ou moms unis d’Allemagne dont le chef ~tait Reuss
En substance, les signataires de la constitution de la Fdd6ration Ma~onnique Universelle avaient tout de suite mis
en pratique les articles 6 et 7 des Statuts votds par eux,
qui disaient:
Article 6
Quand aucun Rite f~d~r~ n’existe dans une
contrde, la F~d~ration Ma~onnique Universelle se reserve
le droit d’diablir des formations rattach~es & l’un des
Rites f~d~r~s, sans avoir & tenir compte des protestations
des Rites non f~der~s ~tablis dans ladite contr~e.
Article 7
Quand un Rite Ma~onnique ~tabli dans une
contr~e quelconque refuse dentrer en relations avec la
F~ddration Ma~onnique Universelle, ladite F~d~ration se
rdserve le droit d~tablir dans ladite contr~e des formations d’un Rite fdd&~
parce que ce fut la gen~se du Rite Philosophique It alien,
nous rappelons sans commentaire les tr~s brefs aper~us
qu’en donne 1’auteur anonyme cite par Massimo: “On
ne reprochait pas ~t Ferrari le fait en soi, mais linopportunit~ de son intervention et son abus de pouvoir sur la
conscience des Ma~ons, concernant des questions qui ne
touchaient pas directement la vie de I’Ordre. Pour cela
le Supreme Conseil, tuteur de la r6gularit~ du Rite Ecossais, mena~a le Grand Orient de dissolution; le Souverain
Grand Commandeur Ballori prit dabord position contre
Ferrari, mais par la suite ii se laissa persuader par celui-ci
et, ayant contre lui tout le Supreme Conseil, ddmissionna,
en laissant sa charge ~t son adjoint Fera. Le Grand Orient
enfanta alors d’un nouveau Supreme Conseil dont le
demissionnaire Ballori fut nomm~ Souverain, tandis que
Fera cr~ait selon les statuts Ecossais une Grande Loge
d’Italie dont il fut nomm~ Grand Maitre. Ii y eut ainsi
deux Ma~onneries, celle de Fera et celle de Ballori, qui,
d’apr~s leur localisation respective, se donn~rent les noms
de Piazza del Gesr’,i et de Palazzo Giustiniani.~ Et aussi,
ajouterons-nous, la naissance de plusieurs groupes fond~s
~.
—
—
0
par ceux qui ne voulaient pas prendre position en faveur
de l’une ou de l’autre.
Parmi ceux-ci
et c’est cela qui nous int~resse
—
—
figurait le Fr~re Edoardo Frosini, connu aussi sous le
nom de ~docteur Herm~s
11 avait d~j~ appartenu au
Rite r~gulier de Memphis de Palerme (loge Rigeneratori
de Palerme) avec semble-t-il un haut-grade honorifique.
Puis il avait fond6 ~ Florence la loge Lucifero au Rite
Symbolique (d~pendant du Grand Orient d’Italie) dont
il d~missionna le 25 d~cembre 1907, et ii devait d~missionner aussi du Grand Orient le 8 f~vrier 1909 apr~s ~une
inutile ann~e d’attente bienveillante
mais cependant
apr~s avoir particip6, en juin 1908, au Congr~s spiritualiste de Paris
“.
~,
0
3. Dans sa Massoneria italiana, d’oii sont tirds tous les renseignements le concernant, FROsINI ~crit (pp. 175-177) que le Grand
Maitre Ferrari r~pondit ainsi ~ sa lettre du 27 janvier 1908 dans
laquelle ii se lamentait que le Grand Orient subordonn~t tout aux
intdr~ts profanes, oubliant I’enseignement philosophique et ethico-
111
moral prodigud par le symbolisme ma~onnique: “Nous ne
croyons pas que dans les loges l’on ndglige les devoirs ma~ormiques qui s’imposent ~ idducation de ihomme pour autant quen
conformitd avec les ddlibdrations de la derni~re assembide, elles
s’emploient ii rassembler et discipliner les forces lib~rales pour
les opposer aux forces cidricales et r~actionnaires. A cela Frosini
aurait r~pondu: (Bien qu’il me peine que ma voix se perde
aupr~s de vous sans aucun dcho, je vous remercie de votre lettre
et vous assure que, suivant pour mon propre compte ces dtudes
ma~onniques que les loges ditalie maiheureusement ignorent,
D
4
je ne serai certainement pas un des plus timides ddmolisseurs de
ces forces de privilege et d’obscurantisme que vous vous proposez
de combattre.
4. Idern, p. 183.
5. Notons que dans la revue Oriflamme, organe de lOrdo Templi
Orientis de Reuss, ii fut publid en 1912 ce qui suit: ((Notre Ordre
poss~de la clef qui ouvre tous les myst~res ma~onniques et herm&
tiques: cest la doctrine de la Magie sexuelle, et cette doctrine
explique, sans nen laisser d’obscur, toutes les ~nigmes de la
nature, toute Ia symbolique ma~ormique, tous les syst~mes religieux.)) (Voir Rend GU~NON
VErreur spirite, chapitre sur le
Satanisme).
6. De cette mani~re Ia F~ddration Ma~onnique Universelle se
donnait le droit de ddcider et ordonner tout ce qu’elle voulait et
il liii dtait tr~s facile de fonder des Ordres de toutes sortes.
—
112
LE RITE D~ MEMPHIS
LE RITE PHILOsOPHIQUE
Peu de jours apr~s sa d~mission definitive du Grand
Orient dItalie, Frosini, mettant en pratique les dispositions de 1’article 7 des Statuts ci-dessus, fondait le 10 mars
1909 la Loge centrale Ausonia dont ii devint president,
qui regroupait “un noyau de Francs-Ma~ons studieux et
de bonne foi~ et “de nombreux Fr~res adh~rant aux
m~mes id~aux, r~partis dans diff~rentes villes d’Italie
Ii ~crivait lui-m~me ~ la page 180 de son livre d~j~ cite:
“La Loge centrale Ausonia, parrain~e par la D~l~gation
g~n~rale pour l’Italie du Rite National Espagnol, prit
autorit~ d’organisme r~gulier sous les auspices du Souverain Grand Conseil g~n~ral ib~rique de la Souveraine
Grande Loge Symbolique du Rite Ancien et Primitif de
Memphis et MisraYm si~geant ~ Madrid et de la F~ddration
Ma~onnique Universelle ddfinitivement constitude ~ Paris.
Plus tard devait sortir de cette organisation un Supr~me
Conseil italien pour r~gulariser le travail des ateliers et
chambres sup~rieurs de l’Ordre Ancien et Primitif de
Memphis-MisraYm, mais avec ses caractdris tiques propres
et sous Ia denomination de Rite Philosophique Italien
D’apr~s une note de bas de page, il apparaissait que ce
Rite ~tait d~j~ un fait accompli en ddcembre 1910 et que
“cette haute institution qui travaille au nom de l’Ordre
Oriental Ancien et Primitif de Memphis et MisraYm administre et dirige le Rite Philosophique Italien (en sept
grades synthatisant les traditionnels
90’, 950, avec en
outre un caract~re pythagoricien) et les Rites Unis qui
suivent l’orthodoxie mac~onnique
Au pr~c~dent mois de mai, sur la revue d’~tudes ~sot~riques Herm~s, avait para une longue declaration d’intention dont nous reproduisons seulement la partie qui a
trait ~ notre etude: c La glorieuse famille des FrancsMa~ons ne pouvait permettre longtemps encore que la
Ma~onnerie Universelle fftt en Italie sans representation
r~guli~re et l~gitime; aussi lorsque les puissances ext~~.
~.
~
330,
~.
7. Fiiosn.u
1911, p. 179.
8. En tant que membre honoraire du Memphis de Palerme en
sommeil, Frosini, pour contourner 1’obstacle que repr~sentaient
les possesseurs de patentes et de pouvoirs r~guliers, changea le
nom de son Rite.
—
113
ITALIEN
rieures surent que la Grande D~l~gation du Supreme
Conseil ib~rique, constitu~e en une Loge centrale Ausonia qui suivait le programme ~sot~rique des Philal~thes,
avait encourage Ia fondation d’un Supreme Conseil italien
dans le but d’unir en une solide chaine magn~tique et
spirituelle les Fr~res qui suivent en Italie l’Art Royal
ma~onnique, elles firent parvenir de toutes parts leurs
vceux fervents et leurs esp&ances fraternelles pour que
la Ma~onnerie Ancienne et Primitive soit restaur~e selon
une forme plus moderne et une ~chel1e hi&archique
r~duite.
Les “sept grades synth~tis~s x. et le “programme ~sot&
rique des Philal~thes ~ (avec son caract~re pythagoricien)
se manifest~rent de la mani~re suivante: du V au
degr~, comme pour toutes les autres Ma~onneries;
Rose-Croix (40~180 du Rite Ecossais) ; 5~, Chevalier Kadosch (190~300); 60, Sublime Maitre du Grand EEuvre
(310, 320,
du Rite Ecossais, 900~95e de Memphis-Misraim);
grade administratif r~serv~ au Grand Maitre
g~n~ral et au Souverain Grand Conseil Universel (seulement neuf Fr~res, outre le Grand Maitre, dont sept seulement ~taient connus, les deux autres restant toujours
dans 1’ombre, v~ritables “Sup~rieurs Inconnus pr~ts ~
lever l’~tendard du Rite toutes les fois oii pour un quelconque motif il puisse sembler d~trait). Le Souverain
Grand Maitre absolu ~tait l’Autorit~ supreme, assists
dans sa tache par le Souverain Grand Conseil des Neuf,
compte tenu qu’il les nommait lui-m~me, cinq ~ vie et
quatre pour sept ans
Qu’il soit possible d’affirmer que les grades de RoseCroix et de Kadosch du Rite Ecossais synthatisent (avec
un caract~re pythagoricien) les traditionnels 330, 90~, 95~
degrds de Memphis et de MisraYm et le programme ~sot&
rique des Philali~thes, ceci est une affaire qui ne nous
regarde pas et sur laquelle nous ne sommes pas en mesure
d‘~mettre un jugement, ~t moms que tout l’~sotdrisme, le
pythagorisme et les synthases ne se soient manifestds dans
30
40,
330
70,
~,
9. Vincenzo SoRo
174-175.
—
Ii Gran Libro della Natura, Rome, 1921, pp.
114
115
LE RITE PHILOSOPHIQUE ITALIEN
LE RITE DE MEMPHIS
le rituel de Sublime Maitre du Grand EEuvre. Mais si ce
grade correspondait, au moms selon Soro, au 31’, au 32’
et au
de l’Ecossisme, outre d’~tre un beau mdlange,
il ne pouvait sfirement pas s’acquitter de sa t~che. Et
nous ne croyons pas que ion ait utilis~ le rituel adapte a
ce grade, ~tant donn~ que nous en avons consult~ un et
qu’en le confrontant avec les rituels Ecossais publins par
Salvatore Farina dans son Libro dei Rituali del Rito
Scozzese A..A.~. (Rome, 1946) nous n’avons notd aucune
correspondance. Quoi quil en soit, le Rite Philosophique
I talien eut son temps de notoridni, et dune certaine
mani~re il assuma La uiche de dresser l’un contre l’autre
les Supr~mes Conseils de Ballori et de Fera ou peut-~tre
mieux d’~tre leur bouc-dmissaire. Puis la Grande Guerre
eclata et les Ma~ons eurent d’autres chats ~ fouetter.
Avec la victoire et le retour dans les loges le Rite Philo•
sophique estima avoir accompli son mandat et ddcida de
se dissoudre. Soro affirme avec grandiloquence
“Ses
membres rejoignirent le Supreme Conseil du Rite Ecossais A. .A-~. pour lItalie et ses colonies (47, Piazza del
Gesii, Rome) en affirmant publiquement qu’on pouvail
considerer que La mission rosicrucienne confide par les
Maitres inconnus de lEcole italique sacrde au Rite Philosophique Italien dtait ddsormais arriv~e ~ son plein
~panouissement
dans le sein de cette Sublime Institulion
330
li:
12
10. En 1973 ou 1974, une tentative de rdveil tout ~ fait ilidgitime
de cette formation ma~onnique a dtd effectude, en se rdclamant
de Memphis-Misraim avec lequel elle n’a plus rien de commun,
par un ddnommd Savona qui exhibait des patentes qui ne furent
pas considdrdes rdgulidres par le Grand Orient d’Italie. Un opuscule, publid sous l’dgide d’un tout aussi inconnu Userdad et prdsentd par G. de Novio, portait en titre linscription Bdt-Ldhdrn.
A la page 43, le nouveau Rite Philosophique ~sOU5 les auspices
de Memphis et Misralm fournissait les nom, prdnom et grade
de Savona et la date de sa patente (19 juin 1973)qui d’aprds une
poidmique parue sur Pianeta (no 59, juillet-aofit 1974) aurait dtd
ddlivrde par tin certain Gedeone Gandolfo, soi-disant 97 de M:.
M.f~. SoRo
1921, p. 175.
12. D’aprds les ddclarations du fils de Frosini qui vivrait actuellement a Palerme il paraitrait que tout naurait pas dtd rernis ~
—
Ia Piazza del Gesti comme l’affirmait SoRo. En outre, le fils de
Frosini qui nie avoir concddd la moindre patente ~ Savona (voir
Selon Reghini, qui avait contribud par sa prdsence ~
renforcer le Rite Philosophique I talien, Frosini aurait
fondd en 1924 une Ma~onnerie nationaliste
En 1921 la Ma~onnerie avait repris ses travaux avec
une vigueur nouvelle et, ~ Palerme, le Rite de Memphis
fut rdveilld par trois Grands Patriarches Conservateurs,
successeurs des adeptes de 1890: l’avocat Giuseppe SulliRao (propridtaire de La maison d’ddition Ars Regia de
Milan, qui rdsidait ndanmoins ~ Palerme), l’avocat Gio12•
vanni Sottile, fils du ddfunt Hidrophante Salvatore Sottile
et le consul gdndral de Grande Bretagne ~t Palerme Gainbier Mac Bean (qui dtait nd en Italie ~t Bagno di Lucca)
dont le p~re avait fait partie de la loge de Memphis de
Milan en 1905 peu avant la paix dtablie entre le Grand
Orient de cette ville et celui de Rome et la mise en sommeil du Rite Mac Bean fut dlu Hidrophante, mais le
~
Fr~re Adeichi Borzi, alors major d’artillerie, qui s’intdressait ~ l’organisation, rdcupdra Ia charge de Grand
Expert du Grand Sanctuaire
Tr~s vite adhdr~rent au
Rite un certain nombre de Ma~ons du Palazzo Giustiniani
“.
qui voulaient
demeurer
dtrangers
aux querelles
qui
avaient reprises apr~s la Guerre entre les deux Suprdmes
Conseils du Rite Ecossais. Les ddbuts furent difficiles:
un groupe de Palermitains avait tentd de rdveiller 1’Ordre
de Memphis Rdformd fondd par Pessina en 1876 h Catane
mais ils s’dtaient tout de suite trouvds dans l’impossibilitd
de poursuivre leur objectif et l’on n’eut plus de nouvelles
ni de ce Rite ni de ceux qui y avaient adhdrd; et de ce
fait les Ma~ons dtaient plut6t circonspects. Dautres, qui
dtaient fatiguds des luttes qui avaient ddchird La Ma~onnote 10) soutient tenir de son pdre la succession rdgulidre du Rite
et pouvoir le ddmontrer. Pour le moment toutefois, d’aprds ce
qu’affirment des personnes qul lont rencontrd, il n’auraft aucune
intention de le rdveiller.
13. Revue Athanor dirigde par Arturo REGHma, n’ 10-11, octobrenovembre 1924, p. 347.
14. A Ia Fdddration ma~onnique italienne fondde ~ Palerme en
1889 avait succddd le Grand Orient de Milan (1899) auquel Le Sanc.
tuaire de Memphis de Palerme avait doand son adhesion.
15. Le major Borzi fut aussi 1’auteur du dip1~me que le Rite
ddlivrait ~ ses adhdrents. II atteignit le grade de gdndral et mourut
en 1945 ou 1946 dans un accident d’automobile.
116
117
LB RITE DE MEMPHIS
LB RITE PHILOSOPHIQUE ITALIEN
nerie italienne depuis bient6t cinquante ann~es, voyaient
dans le Grand Orient 1’unique solution possible ~ une
crise qui continuait ~ frapper l’Ecossisme; its craignaient
que la renaissance d’un Rite qui avait eu ses moments de
splendeur, qui ~tait li~ au nom prestigieux de Garibaldi
et qui se qualifiait d’orthodoxe ne f(it un motif de nouvelles scissions et de luttes stdriles. Les sceptiques, d~j~
~chaud~s par les experiences qu’ils avajent eues avec les
diffdrents Rites unis ~ d’Angleterre, d’A]lemagne et d’Espagne ainsi qu’avec Jean Bricaud (qui pratiqualt en
France un syncr~tisme de Memphis-MisraYm, du Martinisme et de l’Eglise Gnostique), ne manquaient pas, particu1i~rement chez les vieux Ma~ons.
On doit principalement ~ l’ceuvre infatigable d’Adelchi
Borzi, qui trouva de puissants al1i~s dans diff~rentes
villes italiennes en les personnes d’Adolfo Banti, Alessandro Sacchi, Tom Virzi, Riccardo Debenedetti, Amedeo La
Porta, Oliviero Boggiani, Giuseppe Chiaramonte, Angelo
Musso, F. Zavoli, Costantino de Simone Minaci et Marco
Egidio Allegri la fondation de chapitres du Rite vers
La moi ti~ et la fin de 1923, ~ Turin, Naples, Rome, Anc6ne,
Milan, Genes, Pise, Florence et dans quelques autres centres mineurs. En m~me temps un Temple Mystique pour
Ia ~langue~ de Wn~tie et Lombardie fiat constitu~ au
milieu de 1924 apr~s que dans sa seance de d~cembre 1923
le Supreme Conseil du Rite Ecossais du Palazzo Giustiniani eeit repouss~ par 15 voix contre 14 la proposition
d’admettre le Rite de Memphis dans le Grand Coll~ge des
Rites
La Rite, qui devait ensuite retomber en sommeil en
1925 ~ cause des positions antima~onniques prises par le
gouvernement d’alors en prdude aux accords du Latran,
avait ~ reconnu par la Roumanie, la Suisse et la France
(ses adhdrents
comme nous l’avons dit
participaient
aux loges du Grand Orient) et dans un premier temps
(vers 1921-22), il avait demands des informations ~ Jean
Bricaud, qui d~clarait avoir obtenu une nouvelle patente
de Reuss le 10 septembre 1919, ainsi que la reconnaissance
des ~ Rites conf~d~r~s~ des Etats-Unis le 30 du m~me
mois. Mais la question de l’Eglise Gnostique et les modiFications apportdes par Bricaud aux rituels martinistes ne
tard~rent pas ~ provoquer l’abandon par les Martinistes
italiens de la direction francaise de Bricaud et en cons&
quence la rapture des rapports entre les deux Rites
ma~onniques: Borzi, Banti, Allegri, de Simone Minaci et
d’autres ~taient martinistes et I’avocat Alessandro Sacchi
~tait alors Grand Maitre sous le nom mystique de Sine—
sius
—
~‘.
~,
~
16. Les noms proviennent de la correspondance &hang~e en
1923-1924 entre Borzi, Grand Expert du Rite, et les Fr~res cites
(Archives de 1’Ordre de MisraYm et Memphis
((Fonds Palerme,
—
1921-1925
17. Archives de 1’Ordre Martiniste d’Italie
~).
{‘Fonds Commencement et d~veloppement en Italie (1898-1925) chemise annde
1923 Lettre originale d’Adolfo Banti ~ M.E. Allegri du 16 d~cern—
~,
—
bre 1923 sur papier & en-idte de l’Ordre du Ternple, Grand Prieur~
des Marches et Abruzzes, oti ii est dit: ~L’Ordre de Memphis
est magnifique. Nous le propagerons. Ii est orthodoxe, ~sot&ique,
sdrieux, rdgulier (cc qui n’est pas le cas du Supreme Conseil 33
du Palazzo Giustiniani). Le Grand Maitre Torrigiani et Bacci sont
avec nous; du reste La r~so1ution a ~ prise par 15 voix contre
14 et les dignitaires qui ont ruins le Rite ont aussi vote. L’infor-
mation sur la d&ision
du Supreme Conseil
&re
(janvier-f6vrier
1924) deEcossais
la revuepeut
Athanor
v&ifi~e
sur Arturo
le n0 1/2
dirig~e par
REGHiNI (p. 59) oii le m~me REGHINI, sous le
pseudonyme de MAXIMUs, attaque violemment le Martinisme mais
donne aussi la nouvelle que le Grand Conseil martiniste italien
s’~tait ddtachd de l’Ordre fran~ais dhig~ par Jean Bricaud.
18. A la ddclaration de la Grande Guerre, en 1914, Papus (Dr
Gerard Encausse) ~tait encore le Grand Maitre du Martinisme
international. Papus mourut en 1916 sans avoir nomm~ de successeur et tin groupe de trois personnes proclama Grand Maitre
Charles D~trd (Tdder), alors Grand Secnitaire de 1’Ordre. Notons
~ue cest sous 1’influence de Tdder qu’un traits d’alllance avait
td signs en 1911 entre lEglise Griostique Universelle dont Bricaud
~tait Primat et l’Ordre Martiniste. En 1918, T~der mourut dans
un h6pital militaire dans lequel Bricaud travaillait, parait-il,
comme infirmier, et ce dernier assura avoir re~u verbalement la
succession. D~s qu’il se fut proclamd Grand Maitre (malgrd les
scissions) Bricaud mit au point de nouveaux rituels et proclama
1’Eglise Gnostique, ~glise officielle du Martinisme. C’est de ce
temps que datent les premi~res po1~miques sur tin pr~tendu Rite
de Memphis-Misraim de 1’Eglise Gnostique (voir ALDEBARAN
Note storiche sul Martinisrno, ~dit~ par 1’Ordre Martiniste d’Italie,
1962, et Ph. ENCAUSSE
1949).
19. En 1925 le Martinisme cessa lui aussi de travailler librement.
Pour en garantir 1’existence le Grand Maitre Sacchi nomma des
Grands Maitres r~gionaux avec juridiction stir un territoire determine qui devaient agir s~pardment en s’ignorant Pun 1’autre. Void
9
—
—
118
LE RITE DE MEMPHI5
LE RITE PHILOsOPHIQUE ITALIEN
Malbeureusement le Rite de Memphis ne poss~dait pas
les rituels originels de nombreux grades, particulii~rement
des plus dlevds et, selon une lettre du Grand Expert
Borzi ~, il se r~fdrait ~ ceux publids par Yarker: “A une
certaine ~poque
~crivait Borzi
le Rite ~tait constitue~
de 95 grades qui ~taient l’expression de toutes les tradi-
Dans une autre lettre du 10 avril 1923, Borzi d~clarait:
Le Souverain Sanctuaire du Rite Oriental Ancien et
Primitif de Memphis pour l’Italie et ses d~pendances,
qui suit la ligne orthodoxe, s’est r~veilM ~ Palerme. Ii ne
doit pas dtre confondu avec d’autres organisations qui
ont surgi d Palerme avec des programmes exclusivement
politiques et sp&ialement autonomistes En ce qui le
concerne, le Souverain Sanctua ire d’Italie, qui fonde ses
droits sur une bulle originelle d~livr~e en 1876 par le
Grand Hi~rophante d’Egypte, revendique pour lui tous
les principes spirituels et culturels qui sont rassembles
dans la tradition et que le mat~rialisme des temps modernes tend & enfouir d~finitivement dans l’oubli
Ainsi que nous lavons indiqud et malgr~ l’obstruction
des deux Supr~mes Conseils Ecossais du Palazzo Giustiniani et de Ia Piazza del Gesiui qui voyaient dans Memphis
un redoutable concurrent, le Rite b6ndiciait d’apprdciations flatteuses alors que la prudence commandait d’~tre
—
—
tions initiatiques, ~gyptiennes,
indiennes, persanes, scan-
dinaves, etc., des temps anciens. Puis il fut synthatisd en
33 grades par le Grand Hi~rophante Marconis, sans toutefois que ceux-ci aient une relation avec les degr~s
Ecossais (le 20’ de Memphis correspond en fait au
Ecossais). Les vingt premiers grades repr~sentent la tradition Ecossaise, les dix derniers sont des grades culturels
de profonde philosophie ~volutive, les trois derniers sont
administratifs. Le Souverain Sanctuaire poss~de les rituels
publi~s par les soins du Grand Hi~rophante John Yarker
et leur traduction est en cours: nous poss~dons en italien
les rituels de Chapitres et nous avons commence d imprimer ceux du quatri~me degr~ (...) cest un travail qui
demande de grandes ressources financi~res ~‘X~
330
la liste de ceux qui furent nommds: Sacchi (pour le Lazio).
Chiarappa (ti la disposition de Sacchi), Moresco (Abruzzes), Bianchini (Toscane), Banti (Marches), Mod (Enijile), Boggiani (Pid-
mont), Caracausa (Ligurie), A11e~ri (Vdn~tie), Caracciolo (~ la
disposition d’AJlegri), Borzi (Sicile). (Archives M.~. & M.~.
~Fonds Allegri chemise correspondance 1945 Lettre du 8 octobre 1945, rdf. Ur 0351, rdponse 1037, adressde au Lieutenant Sou—
D,
—
verain Grand Commandeur du Rite Ecossais A.-.A.~. Tito Signorelli
par le Grand Hidrophante M.E. Allegri au sujet d’une fdd7dration
des Rites.)
20. Archives citdes
Fonds PalermeD
Lettre non datde
dii major Borzi en rdponse ~ une lettre du chevalier Chiaramonte,
datde du 16 avril ~ Tripoli.
21. Le major Borzi, indubitablernent de bonne foi, avait pris
pour r6elles les sornettes sur les rdductions synthdtisdes que
Marconis aurait apportdes ~ sa propre crdation! Aussi avait-on
commencd l~ Palerme la traduction des rituels de Yarker. Et de
ce fait, pendant cette pdriode de rdveil, d’apr~s ce qu’il ressort de
ce qui a ~ imprimd en 1922 et 1924, on perdit l’occasion (peut~tre par paresse, peut-~tre par difficultd r~elle dans les recherches,
peut-6tre parce que Mac Bean qui ~tait anglais considdra comme
valides les choix de son compatriote) de faire travailler le Rite
avec ses rituels dorigine, et sinon avec tous (qui certainement
n’existent nulle part), du moms avec ceux que Marconis, Mouttet
—
et
—
leurs successem-s directs avaient dlabor~s ou recueillis dans
119
~.
~‘.
circonspect.
Ddj~ en 1923 le Souverain Sanctuaire, par le canal des
Fr~res Borzi et Banti, avait verbalement conf16 ~ Marco
Egidio Allegri,
du Rite Ecossais du Palazzo Giustiniani
330
diffdrentes traditions. La, on se contenta de ddcalquer les rituels
Ecossais, en adoptant cependant ainsi une mdthode de travail
orthodoxe sur le plan de linstruction symbolique et dsotdrique.
Le Rite en outre (lettre citde) ddclarait que ses buts et mdthodes
d’~tudes dtaient de maintenir int~gres tous les principes philosophiques et mystiques et la foi indbranlable dans les Grands Maltres de l’Humanit6, d’intdgrer Je symbolisme ma~onnique et les
apports des sciences spirituelles et des traditions initiatiques des
anciens myst~res, d’harmoniser les connaissances dsotdriques de
maniere ~ dtablir une harmonie fraternelle dans l’intdr6t de
l’Humanitd, de maintenir ferme et toujours prdsente lidde que
les Francs-Ma~ons ~ n’importe quel Rite quils appartiennent
doivent se considdrer comme membres d’une seule grande famille,
et de considdrer comme une caracteristique fondamentale du Rite
le fait de respecter toutes les religions et de ne pas soccuper
de politique.
22. Probablement Borzi entendait parler d’un soi-disant Sublime
Sanctuaire dItalie des 9Tr~s Illustres Inspecteurs 33’ et Princes
Patriarches 99% du Rite de Memphis, sidgeant en Side dans la
vailde de lOreto, apparu a Palerme ~ cette dpoque et auquel nous
avons ddj~ fait allusion.
23. ~ Fonds Palerme
Lettre du Grand Expert Adelchi Borzi
au Fr~re Angelo Musso ~ Tripoli.
—
121
LE RITE DE MEMPHIS
LE RITE PHILOSOPHIQUE ITALIEN
et Grand Maitre de l’Ordre du Temple, la charge d’insti-
troom et Wodgerrood (si toutefois nous ne nous trompons
pas dans leur orthographe) avec l’autorisation de faire
revivre le Sanctuaire de Palerme ~ l’endroit oii ils le j ugeraient opportun
Puis tout fut arr~t~ et les documents r~partis parmi les
plus importants et les plus fid~les Fr~res de mani~re ~
~viter leur ~ventuel1e destruction ou confiscation. Ainsi
fut sauvde la patente de 1876 du Grand Orient ~gyptien
qui ful. photographide et reproduite ~ la taille de l’original
et distribu~e ~ ceux parmi les dignitaires et grands conservateurs qui avaient les patentes ou le titre leur permettant
Ia constitution d’organismes ma~onniques de Memphis et
son r~veil selon les termes des statuts.
L’original se trouverait (~ moms qu’il ne s’agisse d’une
autre patente dont il existe dans les archives de MisraYm
et Memphis, Fonds Palerme et Fonds Patentes, une copie
signde par le Grand Secrdtaire adjoint Raffaele Scarrozza
et le Grand Secrdtaire Edouard Roux) entre les mains
d’une personne chargde de le conserver jusqu’~ la mort
de celui qui le lui aurait confid, et dont nous n’avons
pas rdussi ~ connaitre le nom
Quant ~ la Fdddration Ma~onnique Universelle, crdde
en 1908 ~ Paris, la Guerre l’avait aussi ddtruite et pour
ce qui concerne les Rites de Memphis-MisraYm des autres
nations (il est pdnible de l’admettre) un tdmoignage en
120
tuer en Wn~tie des organismes ma~onniques du Rite et
le 23 novembre de cette m~me ann& ii confirmait cette
mission avec la patente suivante:
Nous avons charg~ les Tr~s Puissants Fr~res Adolfo
Banti 33’, 95’ et Adeichi Borzi 33 95e Princes Patriarches,
Grands Conservateurs ad vitam et Gardiens du Souverain
Sanctuaire, d’investir le Tr~s Puissant Fr~re Marco Egidio
Allegri 33’, 95’, Prince Patriarche, Grand Conservateur ad
vitam, des pouvoirs les plus ampies pour l’instauration
actuelle et dans les temps & venir des organismes maconniques que les difficiles contingences permettront sur les
terres de Wndtie et Lombardie.
Nous confirmons cette charge aujourd’hui avec la
pr~sente patente, ce 23 novembre 1923 de l’~re vulgaire.
Fait, & cette m~me date en trois exemplaires et une
copie pour les Archives de notre r~sidence dans la Vall~e
de l’Oreto au Zdnith de Palerme.
Le Souverain Grand Maitre gdn&al Rg. Mac Bean 33’ 96’
Le Grand Secr~taire gdn&al Tom Virzi
950
Le Grand Chancelier g~n&al F. Benintende 33
330
950
34
La patente atteignit Venise, par l’interm~diaire de
Banti, en f~vrier ou mars 1924, en m~me temps que le
brevet de
95 attribu6 ~ Marco Egidio Allegri.
Il semble aussi, du moms d’apr~s ce qu’aurait affirm~
en son temps le Fr~re Janarajadasa, Grand Maitre et Souverain Grand Commandeur du Rite mixte ~le Droit I{umain ~ pour 1’Inde et tr~s important repr~sentant de la
Soci6t~ Th~osophique, qu’en 1925, quand le Rite se mit
en sommeil ~ cause de Ia situation italienne qui laissait
pr~voir que la Ma~onnerie pourrait ~tre pers&ut~e pendant un certain temps, le Grand Maitre Mac Bean et d’autres dignitaires aient ddivr~ une patente ~tce m~me th~osophe indien et ~ deux Anglais,
950, d~nomm~s Kolles-
~.
est donnd dans ce qu’dcrivait Borzi au Grand Maitre gdnd-
ral de Memphis-MisraYm pour la Suisse (selon le Rite de
330,
330
24. Archives de M.’. & M.-.
tes
>‘.
—
~Fonds Allegi-i et Fonds Paten-
25. En 1945, ces trois personnages, avertis que le Souverain
Sanctuaire s’~tait r~veilJ~ ~ Palerme, 1’auraient r~vei1~ ~ leur
tour ~ Londres avec juridiction sur I’Italie. Probablement les trois
sujets de Sa Majest~ Britannique oubliant les motifs pr~cis et
contingents pour lesquels la paterite leur avait ~ conc~d~e (c’esta-dire pour recr~er le ~
d’Italie hors dii territoire itallen
pendant la p~riode oti la Ma~onnerie y ~tait hors la loi, afin de
donner les moyens aux Ma~ons italiens qui se trouvaient ou
passalent par La vile oti le S.~ .S.. avait son si~ge de se rencontrer
entre compatriotes dans le cadre d’une Puissance ma~onnique de
leur pays) ddcidarent d’appliquer ~ la Magonnerie italienne les
clauses de l’armistice et les droits qui, durant l’occupation de
l’Italie, ~taient exerc~s par le Gouvernement militaire am.
26. L’hypoth~se n’est pas ~ ~carter, ~tant donn~ que dans sa
Storia della Massoneria AMBESI cite me ~(Euvre gnostique non
identifi~e comme d6positaire de tous les documents du Rite.
D
122
LE RITE DE MEMPHIS
Bricaud) en rdponse aux informations que celui-ci lui
avait fournies sur la situation du Rite en Europe et en
Amdrique. Il est dommage que la lettre du Suisse, le
Fr~re Hilfiker-Dunn, ait dtd perdue (nous ne 1’avons pas
trouvde dans les archives mises i* notre disposition, ~
moms que l’on n’ait pas voulu que nous en prenions
connaissance). Mais la rdponse de Borzi est plus que suffisante pour s’dclaircir les iddes.
Ii me d~plait d’apprendre ce que vous me dites,
ecrivait Borzi, au sujet des autres groupes de Memphis.
Je pense que quelque chose devrait ~tre fait pour ame4iorer la destin~e de ce Rite glorieux, et je suis sar qu’un
travail constant et intelligent peut r~ussir & mettre les
choses en place. Quand la F~d~ration Ma~onnique Internationale sera r~organis~e elle pourra faire beaucoup pour
emp&her que le Rite de Memphis ne redevienne l’objet
d’un ignoble commerce
27. Archives et Fonds cit~s
Lettre du 9 mars 1923. Malheureusement le commerce des grades n’a pas cess~ et ii y a encore
des Ma~ons soi-disant tels ou indignes de Ce nom qul, sans aucun
droit, rdveillent non seulement de nouveaux Memphis-Misraim
mais encore d’autres Rites enfouls depuis des si~cles et qul yendent de faux grades ~ des gens boruds ou cr&lules, mais plus
particuui~rement l~ des ambitieux atteints de cordonite c’esta-dire avides d’~charpes broddes et de titres ronflants; et ces
derniers pour sauver Ia face soutiennent ceux qul les ont bem~s
et contribuent l~ crder des situations dashonorantes pour euxm&mes et pour la Ma~onnerie. Cependant le plus grave est que
les assembl~es supr~xnes dont dapendent ces authentiques filous,
tout Li fait au courant de Ce qui se passe, ne prennent pas les
mesures qui s’imposent pour prot~ger Ia respectabilit~ des autres
Ma~ons, mais souhaiteraient, m~me en face de faits absolument
certains, qu’ils soient d~nonc~s dii dehors ou par quelque Fr~re,
et en attendant la d&ronciation feignent de ne rien voir et de ne
rien entendre en se r~ffigiant derri~re Ia ~ Toldrance~ et la ~ Fmtemit~
—
‘>,
)~.
TROISIEME PARTIE
MEMPHIS ET MISRAIM
APRES LA
SECONDE GUERRE MONDIALE
CI{APITRE
IX
L’ORDRE DE MEMPHIS-MISRAIM
Notre exposd des faits historiques concernant les deux
Rites doit maintenant se s~rier en diff6rents secteurs,
et il nous semble opportun de commencer par celui qui
a trait ~ l’unique branche qui ait survdcu en Europe,
apr~s la mort de Reuss en 1924 et la mise en sommeil du
Sanctuaire de Memphis de Palerme en 1925, c’est-~*-dire
La branche fran9aise qul, idgitime ou non, avait pour chef
Jean Bricaud.
Toutefois, pour clarifier ce que fut l’union entre l’Eglise
Gnostique, le Martinisme et Memphis-MisraYm, quelques
aper~us sur le traitd de 1911 entre Papus et Bricaud sont
ndcessaires. Nous avons ddj~ fait mention des origines
spirites de l’Eglise Gnostique et il ne nous semble pas
ndcessaire d’y revenir dtant donnd que celui qui veut
approfondir la question peut le faire en lisant le livre
de Drouet de la Thibauderie. Nous dirons, par contre,
que Jean Bricaud, initid au Martinisme en 1903, fut
ensuite d’une certaine mani~re “consacrd dv~que gnostique par l’un des descendants du groupe spirite. 11 doit
en &re ainsi, autrement le Fameux traitd d’alliance ne
serait pas valide; car si Bricaud, qui le signa en qualitd
de ddldgud du Haut Synode de l’Eglise Gnostique Universelle de Lyon, n’avait pas dtd consacrd, il n’aurait Pu
reprdsenter quoi que ce soit. Mais procddons par ordre.
Selon l’unique source fiable ~* notre connaissance, c’est-
-
—I-
-
----
-
—-——
-
--
-
L’ORDRE DE MEMPH15-MI5RAIM
126
127
APRES LA SECONDE GLJERRE MONDIALE
it-dire l’dtude sur les Eglises catholiques non romaines de
Drouet de la Thibauderie, Bricaud fut consacrd dveque
(peut-etre sans avoir d’abord dtd ordonnd prdtre) par
Monseigneur Giraud, le 21 juillet 1913 dans l’Eglise Gallicane de la Mine Saint-Amand Roche-Savine’. Ces informations sont prdcises et sans dquivoque et personne ne
les a, tout au moms jusqu’ici, contredites. Elles devraient
donc faire autoritd. Pourtant en 1911, Bricaud avait signd
le traitd avec l’Ordre Martiiste, en qua]itd de ddldgud du
Haut Synode de Lyon2 Traitd qui lui servit ensuite, en
l’interprdtant it sa mani&e, it proclamer l’Eglise Gnostique dglise officielle dii Martinisme et par consdquent it
inventer avec cette affirmation la fable de la Magonnerie
chrdtienne de Memphis-Misrairn. Maintenant, cela ne
nous intdresse pas de savoir si Bricaud en 1911 6tait
1. DROUET DE LA THIBAUDERIE — 1962, chapitre sur l’Eglise Gnostique des Martinistes et des Francs-Mavons chr6tiens de MemphisMisrahn.
2. Voici le texte dii traitd:
Entre les pouvoirs soussignes,
1’ le Supr&me Conseil de l’Ordre Martiniste sidgeant Li Paris,
2’ le Supr&ne Conseil dii Haut Synode de l’Eglise Gnostique
Universelle si6geant Li Lyon, repr6sentds par leurs dd]~gu6s minis
des pouvoirs n6cessaires, il a dtd convenu ce qui suit: 1” Un traitd
d’alliance est signd entre les deux Puissances. 20 L’Ordre Martiniste ne reconnait cornme Patriarche rdgulier de l’Eglise Gnostique
que Jean II, qui a dtd rdguli~rement consacrd, muni de tous les
pouvoirs de consdcration et reconnu comme seul Patriarche. 3’ Les
4veques gnostiques consacrds par JeanII seront admis & titre de
membres honoraires du Supr6me Conseil Martiniste. Les membres
titulaires du Supreme Conseil Martiniste seront admis & titre de
membres honoraires du Supreme Conseil du Haut Synode de
1’Eglise Gnostique Universelle. 4 Un Centre de l’Eglise Gnostique
Universelle sera organisd & Paris sous l’obddience du Patriarche
Jean 11, de Lyon. La revue l’Initiation devient l’organe officiel
de l’Eglise Gnostique Universelle. Le prdsent traitd a dt6 ratifi6
par les deux Puissances ci-dessus enoncdes. A la suite de cette
alliance fraternelle, tous les d6[dguds martinistes qui voudraient
faire partie de l’Eglise Gnostique Universelle sont pri6s de s’adresser au Supr~ine Conseil Martiniste. Signds Papus et Jean II
Bricaud.
Voir aussi: ALDEBARAN — Note storiche sul Martinismo,- EnCAUSSE — 1949, pp. 60-61; revue l’Initiation n’ 3-4, juillet-ddcembre
1967; Archives de l’Ordre Martiniste d’Italie — ddcret 08/67 du
Grand Maitre.
3. Pour des informations plus importantes sur ce sujet, voir:
Bollettino ufficiale deli’ Ordine Martinista, n’ 3, sept. oct. 1972,
article cc Martinisme et Eglise Gnostique’.
effectivement dv~que gnostique ou non, mais bien s’il
avait la qualitd pour signer un traitd de cette sorte. Il est
dvident que s’il n’avait pas cette qualitd, le traitd est nul
et de cc fait, tout cc qui fut fait en vertu de cc traitd
en subit le sort, c’est-it-dire est dgalement nul, pour ne pas
emp]oyer de termes plus forts.
Et cependant, dans le texte m~me du traitd (voir note 2)
Bricaud dtait qualifid de cc Patriarche de [‘Eglise Gnostique Universelle, rdguli&rement consacrd et mini de tous
les pouvoirs de consdcration Dc plus, quand il mourut
en 1934, le faire-part publid par les Annales initiatiques
affirmait: “II fut patriarche gnostique universel de 1908
it l934.~ Comment donc a-t-il Pu alors ~tre consacrd eveque seulement en 1913 et peut-Stre irrdguli~rement n ayant
jamais re~u l’ordination sacerdotale?
Nous laissons rdsoudre cc myst&e it d’autres, quoiquc
it notre modeste avis le traitd soit nul avec tout cc
qui en ddcoule, it moms que la consdcration de Bricaud
n’ait dtd semblable it celle de Doinel. Mais meme si cc
document dtait valide, ii suffit de le lire pour se rendre
compte qu’il n’y a aucun article, paragraphe, phrase ou
mot qui puisse d’une quelconque mani&e justifier la
prdtcntion qu’avec cc traitd l’Eglise Gnostique Universelle
de Bricaud, ou quelque autre dglise gnostique de n’importe quel style, soit devenue l’eglise officielle du Martinisme puis des cc Ma§ons chrdtiens de Memphis-Misraim
En consdquence ii s’agit seulement d’une “interprdtation” que Bricaud adopta manifestement quand ii
parvint it Ia tete du Martinisme et de Memphis-MisraYm
et qui provoqia des scissions en France et en Italic. Et
il s’agit encore aujourd’bui, pour ceux qui continuent
encore it affirmer ou it pratiquer des choses de cc genre
au scm du Martinisme ou de la Magonnerie, d’interprdtations sur lesquelles nous dvitons d’exprimer des juge‘.
‘.
ments.
4. Maiheureusement, malgr6 la rectification que I’Ordre Martiniste italien rdussit Li faire publier par l’Ordre Martiniste de
Papus en France (Plnitiation, 1968, n’ 1, p. 1), certaines choses
continuent Li &tre enseignees aux ignorants par un groupe de
“Martinistes
sans doute mal informds.
128
APRES LA SE~ZONDE GUERRE MONDIALE
L’ORDRE DE MEMPHIS-MISRAIM
Les choses ~tant ainsi
et ainsi sont-elles pour celui
qui sail lire
chacun peut facilement comprendre que
1’Eglise Gnostique des Martinistes et des Francs-Ma§Ons
chr~tiens de Memphis-MisraYm n’est que 1’invention d’un
Patriarche prechant pour sa chapelle et qu’en consequence
toute descendance ou fiiation “gnostique~ qui se rd~re
au Martinisme et, pour ce qul concerne cette 6tude, aux
Ordres de MisraYin ci de Memphis ne peut etre rien d’autre qu’une plaisanterie ¶
Maiheureusement, ii y a eu des gens et ii y en a encore
aujourd’hui qui, atteints de ocordonite
incapables de
distinguer le s6rieux du fac6tieux ou obs&ks par tout cc
qui a un air ~6sot&ique
(tt moms qu’ils n’aient ~t6 ou
ne sojent m&me inconsciemment au service de ces forces
obscures dont pane Gu6non clans plusieurs de ses ceuvres),
ont va1oris~ ou valorisent ]a ~filiation gnostique
En outre, ?t la mofl de Bricaud liii succdda Constant
Chevillon qul, comme s’il avait dout~ de la r6gu1arit~ de
son pr&JAcesseur, se fit reconsacrer par Monseigneur
Giraud le 5 juin 1936, environ deux ans apr~s avoir pris
en charge la p residence clii Synode et la Grande Maitrise
de tous les Ordres que Bricaud avait re1i~ tt son Eglise
Gnostique.
Quoi qu’il en soit, tt la mort de Chevillon, tu6 en mars
1944 cc par des miliciens tt Ia solde des envahisseurs germaniques
le successeur hit Henry Charles Dupont.
—
—
~,
~.
6
5. Mais ~ ces observations II faut joindre, en ce qui conceme
Memphis-MisraYm, la question des charles de Reuss et de Yarker
que nous avons rappelee dans le chapitre des Pyramides ii
1’Eglise Onostique Qul 6tait en realite et de droit le Grand
Maitre pour la France? Bricaud ou Mika~I? Ou tous les deux?
Ou aucun des deux? La charte de Reuss de 1908 6tait-elle valide
ou s’agissait-il d’un autre Ordre ainsi que nous en avons dmis
I’hypoth~se? Et Si elle etait valide pourquoi Bricaud se retournat-il vers Reuss en 1919 et s’en fit-il delivrer une autre? Mats si
Mika~1 detenait une charte de Yarker de 1909 ott I’inserons-nous?
Et pourquoi en re~ut-il une de Bricaud en 1921 ? Voil~ des c arcanes qui ~ notre avis pourraient &tre fadilement resolus. Mais
au point oh nous en sommes, c’est-~-dire avec la confusion cr66e
par les scissions de Mernphis-MisraYm, mais aussi celles du Martinisme et de 1’Eglise Onostique, tine analyse de la question n’est
plus tits interessaflte.
D.
6. ENCAUSSE
—
1949, p. 93.
129
Et itt recommencent de nouvelles dilEicu1t~s pour ckm&
ler 1’dcheveau. Jean Chaboseau (fils d’Augustin Chaboseau
qui, avec Papus, Pdladan, Gualta et Chamuel, avait fonck
le premier noyau martiniste moderne en 1887) 6crivait
en 1947: “Bricaud eut pour successeur Chevillon. Celui-ci
assassind, 1’Ordre Martiniste nouvelle rnankre (car les
tendances ma~onnques s’~taient accus6es a uric fusion
hybride s’etait constitude avec diverses organisations) ½-ut
pour continuateurs les Fr&es Dupont et Debeauvais.
Aujourd’hui on ne sait exactement pas de qul us sont les
successeurs
Toutefois, pour rester dans le jeu de la cc succession
gnostique D, Dupont (consacr6 par Fayolle, 1ui-in~me
consacr6 par Chevillon) consacra en 1950 Constantin de
Lyon qui tt son tour consacra la m~me ann6e De Conca
de Milan. Mais ii semble que Dupont ait renonc6 en faveur
de Robert Ambelain (de Ia filiation Bricaud Blanchard M6nard), raison pour laquelle le Rite de Memphis-Misra~m
de 1’Eglise Gnostique aurait ~chu h cc dernier. Constantin
de Lyon d’ailJeurs 1’a revendique pour lui et de ce fait
en France ii y a eu deux pr6tendants au titre de Patriarche
de 1’Eglise Gnostique ainsi que deux Grands Maitres g~n6mux de Memphis-Misraim. A son tour en Italic, Dc Conca
aurait revendiqu~ le Memphis-Misraim gnostique ainsi
que Ic Martinisme de la branche gnostique de Lyon, en
qualit6 de repr~sentant de Constantin. Puis de son c6t&
Tau Francesco, nomm6 Primat d’Etrurie par Ambelain,
aurait ~t6 proclam6 Patriarche d’Italie, titre auquel ii
aurait ensuite renonc~ en faveur d’Imm.... Apits le renoncement de ce dernier pour divergence de ~rueinitiatique
le titre serait d’abord passe & Aloysio de Rome et tt la
mon de celui-ci ?t 1’expert comptable Carlesi de Florence
-
7. Dans le faire-part publie par les Annales initiatiques k Ia mon
de Bricaud Von cite toutes les charges occupdes par 1i4 pendant
sa vie en tant que patriarche gnostique: Recteur de k RoseCroix; Grand Maitre de I’Ordre Martiniste, Grand Hidrophante
pour la France du Rite de Memphis-Misrabn. ~ En outre il avait
dorm6 aux rituels, aux initiations et aux cdr6monies inartinistes
tin ton ma~onnxque accentue en y ajoutant aussi des Evocations
et souvent des exorcismes.
8. ENCAUSSE
1949, pp. 70-79. Lettre de d6mission du Grand
Maitre de I’Ordre Martmiste Traditionnel, Jean Chaboseau.
—
130
au nom episcopal de Tau Johann~s ~. Ces quatre personnages n ont jamais revendiqu~ Memphis-MisraYm, mais ii
n’est pas dit que cela ne puisse se faire, m&me si depuis
1966 Ambelain Lui a donn~ une orientation qui n’est pas
du tout gnostique. Au con~raire, ii 1’a pratiquement r~uni
au Grand Orient de France apr~s avoir abdiqu~ de 1’Eglise
Gnostique en faveur de T. Andreas (Andre Mauer) c1~j~
primat de Franche-Comt~ Actuellement 1~Ordre de Memphis-MisraYm ne se r~c1ame pas seukment de Ia filiation
gnostique par [‘interm~diaire de Dupont, mais aussi
cle la faineuse charte d~1ivr~e par Yarker ~ Mika~1 en
1909. Ambelain ~crit en effet: Aurifer ~tait d~j~ Ma~on
du Rite initiatique Ancien et Primitif de Memphis-MisraYm; le Tr~s Illustre Fr~re Mika~1 lui transmit donc les
4C, 12~, 14e, 18~, 32C et 33~ degr~s de Mernphis-Misra~m
puis les 660,
et 950 du m~me Rite, liii remettant les
pouvoirs de Substitut Grand Maitre, en vertLi de la Charte
de Constitution d’un Souverain Sanctuaire reque jadis
en 1909 de John Yarker >~ Nous ne faisons pas de
commentaires, mais nous pouvons observer qu’en ce
temps 1~ en France aurajent exist~ deux Souverains Sanctuaires pour la France avec des chartes diff~rentes provenant toutes deux de La 1ign~e de Yarker, ~tant donn~ que
Reuss ~tait Grand Maitre pour 1’Allemagne en vertLi d’une
charte de Yarker.
Ainsi qu’il le d~sirait, Ambelain r~unit en 1964 un
Convent de la ~Grande Loge Symbolique ~ de Memphis~
9Q0
~.
9.Les~v&1ues de L’Eglise Gnostique reVoivent un nouveau nom~
pr~c&1~ du titre Tau, abr~g~ en T. (N.D.T.)
10. L’abdication de Robert Ambelain (T. Jean III) advint en
juin 1967, semble-t-il apr~s ujie crise de conscience qui aurait rernis
en question ses vues sur le Christianisnie et sur ses pr~c~dentes
theories de caract~re ~sot~riqtie et m~taphysiqUe.
11. Aurifer 6tait le nom mystique de Robert Ambelain en Martinisme, comme T. Jean III ~tait celui qu’il portait en tant que
Patriarche de 1’Eglise Gnostique ApostoliqUe.
12. II serait tr~s int6reSsaflt de connaitre les rituels des 32 et
330 degr~s de ce Memphis.Misrahfl.
13. Robert AIVIBELAIN — Le Martinisme, 1946, p. 165. Les deux
lignes suivantes de la page 166 sont aussi tr~s int~ressa1fleS: ~ Or,
Mikagi et Aurifer ~taient tous deux possesseurs de 1’~piscopat
cathare selon Ia fihiation de 3. Doinel. (La fihiation spirite —
M.D A.)
131
L’ORDRE DE MEMPHIS-MISRAIM
APRtS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
MisraYm, puis en 1965 un autre, et en 1966 un troisi~me
durant lequel il fut ‘nomm~ Grand Hi~rophante g~n~ra1
33~ 90 9T ~ Pendant ce Convent fut d~cid~e la constitution ((dune Grande Loge feminine de Memphis-MisraYm, la Grande Maitresse ~tant ]a Tr~s Respectable Sceur
Verrneleun-Kool et la Grande Maitresse adjointe la Tr~s
Respectable Sceur L. L...
Puis 1’on vint ~ d~couvrir que la Grancle Maitresse,
r~sidant semble-t-il aux Pays Bas, se parait des grades de
33e 66e 97~. Ambelain mis au courant de cette affaire
aurait sugg&~ de se taire car ii ne savait pas de qui elle
avait re~u ces degr~s et car de toute fa~on ii aurait pu
~‘.
les avoir fournis 1ui-rn~me 16
Ii serait int~ressant de publier certaines informations
envoy~es en Italie de mani~re ~*cornrnenter La scission qui
s’est produite par Ia suite dans la Grande Loge f~minine fran~aise de M. .M.. du Fr~re Ambelain, par ailleurs
compos~e d’un seul atelier de peu de membres
Mais
ces d~ments pokmiques n’ont, ~ notre avis, aucun rapport avec notre etude. Cependant ii nous parait opportun
de signaler un fragment d’une lettre officielle, qui a quel-.
que caract~re historique, adress~e par le Grand Maitre
g~n~ra1 de la ‘Grande Loge Symbolique du Rite A.. et
P.. de Memphis-MisraYm, Souverain Sanctuaire pour la
France et ses d~pendances ~ ~ la Tr~s Respectable Scour
L. L... et, ((pour la bonne r~g1e, copie aux ob~diences
sceurs: le Grand Orient de France, la Grande Loge de
France, le Droit Humain, la Grande Loge feminine de
France, la Grande Loge Nationale Fran~aise, la Grande
Loge Opera, les Sceurs de 1’ancienne loge Hator, les Sceurs
de la loge le Delta ~>
Cette lettre concerne la scission de La Grande Loge
feminine de Memphis-MisraYm: ~J’attire ton attention
~.
14. Archives de M.. & M..
—
~Fonds fran~ais
>
—
Copies
sign~es par Aurifer des Protocoles des convents de 1965 et 1966.
15. Idem — Protocole du convent de 1966, p. 3, § 3.
16. Idem — Lettre de Ia Grande Ma~tresse adjointe & Ambelain,
dat~e du 12 janvier 1971, p. 2.
17. Ibidem.
18. idem — Balustre d~2ivr~ au Z~nit1-z de Paris le 16 d&embre 1970, signs du Gr.X M Gin:. R. Ambelain.
L’ORDRE DE MEMPHIs-MISRAIM
APR~S LA SEcoNDE GUERRE MONDIALE
132
toutefois sur divers points
dcrivait Ambelain dans cette
lettre — 1) Ii ne vous est pas possible d’utiliser les noms
de Memphis el de Misraim, car cette ddnomination est
propri~t~ de notre ob~dience depuis la ddclaration en
date du 20 janvier 1969 (J.O. du 20-2-1969), ce en fonction
de la Loi du 16-8-1901 sur les Associations. Et nous ne
manquerons pas de faire respecter Wgalement nos droits.
2) Le Grand Orient de France, en sa circulaire du 17 novembre 1970 (n’ 8) adress~e par le Conseil de l’Ordre aux
V~n~rables de ses Ateliers, a cru bon de rappeler qu’il
n’entretenait de relations qu’avec les ob~diences ci-aprds:
La Grande Loge de France, la Grande Loge Fran~aise
Opdra, le Droit Humain, le Rite Primitif de Memphis—
Misraim
19
Nous estimons quant it nous que les probl~mes de
caract~re initiatique doivent se rdsoudre initiatiquement
ou bien au si~ge des Ordres initiatiques et que les tribunaux profanes ne sont point habilitds it juger des faits
de cc genre, et s’ils le sont nous pensons qu’ils feraient
micux de s’en abstenir.
Un autre courant qui a seulement fait parler de lui
incidemment est celui auquel nous avons fait a]lusion it
la conclusion de Ia partie de cette diude concernant Misraim: il s’agit de 1’Ordre de Memphis cc rdveilld en 1947
d’unc mani~re isolde par le professeur Probst-Biraben
sur des bases sensiblemen t diffdrentes dc celles dtablies
par le fondateur Marconis de Nitgre. En effet cc Rite de
Memphis affirme dans sa constitution cc sa croyance en
un Esprit dternel, vivant de sa vie propre et incommunicable par son essence, dont Ia rdvdlation a dtd transmise
it l’homme par la Parole sacrde
Il s’agissait, en substance, d’un Rite de conception
nouvelle (qui ne conservait de l’ancien Memphis que ic
nom) qui tirait son origine du Rite Primitif des Philal~thes, rdnovd en 1779 par les Philadelphes de Narbonne.
20. P. NAuDON
Les principes de cc Rite de Memphis sont: ((Enseigner
l’existence d’une Tradition dsotdrique universelle, latente
et perpdtuelle sous toutes les formes d’enseignement,
toutes les sciences et derridre toutes les religions et les
mdtaphysiques. Montrer cc qu’est vdritablement l’homme
dans son essence et ses principes. Proposer l’dtude des
lois cycliques qui rdgissent les races, les civilisations et
les continents. Enposer par une symbolique prdcise dont
la clef est transmisc depuis les origines de l’homme le
chemin que tout ~tre doit suivre s’il veut participer et
aider it la libdration spirituelle. Enseigner cc qu ‘est la
Rdintdgration de l’Humanitd
D’autres indications sur la doctrine ct les buts du Rite
furent publides dans la Chaine d’union (que cite Naudon
dans son ouvrage) aux numdros de fdvrier et juillet 1957
et de juin 1958. Le Rite de Memphis, ainsi rdnovd, fut
remand en 1959 au Rite de Misraim, Rdgime de Naples,
rdveilld quant it Iui en 1956 par le mdme Probst-Biraben
qui avait alors re~u la dignitd de c Grand Hidrophante
mondial ~.
Ajoutons que le Rdgime de Naples de Misraim a dtd
aussi d’une certaine manidre repensd par le tr~s drudit
et tr~s savant Probst-Biraben qui voulait lui donner une
signification philosophique plus dlevde, du moms it son
avis. Son organisation se proclarne traditionnelle et il
faut admettre en effet qu’elle l’est.
La ddclaration de principe de 1959 des deuK Rites unis
reprenait celles de l’un et de l’autre, qui sans dtre identiques se ressemblaient et visaient le mdme but. En voici
les deux premiers paragraphes: cc Cette haute Puissance
est la rdunion des obddiences connues sous les noms de
Rite de Memphis et Rite de Misraim selon l’acte solennel
datd de l’dquinoxe du printemps 1959. Ses buts sont ceux
de la Ma~onnerie hermdtique, initiatique et traditionnelle: dans l’immddiat, la spiritualisation des individus
et des socidtds; dans le temps, la Rdintdgration de l’Etre
dans son dtat primordial ~
21>)
Idem — p. 102 et sulv.
22. Idem — p. 101.
21.
19. Ibidem.
—
La Franc-Ma~’onnerie et le Divin, p. 102.
133
134
APR1~S LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Probst-Biraben dtait mort depuis la fin de 1957 ct les
deux Rites furent unis seulement en France. Ailleurs le
Rdgime de Naples de MisraYm continua de fa9on inddpendante ~.
En conclusion de cette incursion dans la France d’apr~sguerre, nous croyons intdressant de signaler l’existence
d’une Loge-mere de Bretagne du Rite de Memphis et
Misraim qui, d’apr~s l’Almanach ma~onnique de l’Europe
de 1966, aurait donnd naissancc it trois loges: Robert
Bruce it Chateaubriant, le Droit international it Dinard,
Garibaldi it Quimper. Notons toutcfois que la loge Robert
Bruce serait passde it l’obddience d’Ambelain
CHAPITRE
X
PALERME ET MILAN
“.
23. Probst-Biraben ~tant mort en 1957, c’est Henri Dubois qui
des
Ce
Supr&me Conseil n’est cependant pas un nouveau Memphis-Misa r~alis~ l’union de 1959 sous le nom de cc Supreme Conseil
Ordres Mac;onniques de Memphis et de MisraYm rdunis “.
raYm dans la mesure oii les ~chelles de grades des deux Rites
restent distinctes. (N.D.T.)
24. Ainsi qu’il ressort du Protocole du 22 octobre 1966, d~j~ cite,
selon lequel, outre Robert Bruce, les loges fran~aises de la Grande
Loge d’Ambelain ~taient Hermes (Paris), Sophia (Nantes), Lucidit~
(Marseille) et en cours de fondation Humanidad (Lyon).
En ddcembre 1944, les choses s’dtant un peu arrangdes
en Sicile et la vie ayant rep ris presque normalement it
Palerme, le Fr~re Ribolla (vicil adepte de Memphis depuis
1897) rassembla autour de lui le Frdre Arcara et le Fr~re
Mistretta; et ensemble, appliquant les statuts, ils rdveill~rent le Rite dgyptien de Memphis. Les temps dtaient durs
et le rdveil ne fut pas facilitd par la prdsence des troupes
allides et de leur gouvernement qui voulaient tout savoir
et se faufiler partout.
Quoi qu’il en soit, dans le fonds c~ Palerme~ des Archives plusicurs fois citdes des Rites Unis de MisraYm et
Memphis, nous avons ddcouvert deux lettres en date du
27’ jour du mois de Payrni de l’annde de la Vraie Lumi~rc
000 000 000, correspondant au 27 ddcembre 1944, adressdcs au Trds Puissant Fr~re Salvatore Mistretta et signdes,
Ia premiere par Arcara faisant fonction de Souverain
Grand Maitre gdndral, Ja seconde par ce dernier et aussi
par Ic Grand Secrdtairc Prospero Castiglioni.
Dans La premiere Ic Fr~re Arcara dcrivait: cc Aux termes
de l’article 361 des Statuts de notre Rite Ancien et Pri1. cc Le Grand Maitre g~n~ral a aussi le droit de dormer Ia
lumi~re ~ tout profane qu’il juge digne, et de conf&er tous les
grades du Rite ~ n’importe quel Ma~on dont ii appr~cie le z~le.
la capacit~ et l’instruction ma~onnique. (Statuts et r~glements
du Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis pour l’Italie
promulgu~s ~ Palerme le 23-9-1921).
136
APRE5 LA SECONDE GUERRE MONDIALE
PALERME ET MILAN
mitif de Memphis, nous vous confdrons le grade 330
de notre hidrarchie et vous nommons Prince Patriarche
Grand Conservateur ad vitam du Rite et Membre du Souverain Sanctuaire. Dans la seconde: cc Aux termes de
l’article 26 des Statuts, nous vous nommons Prince
Patriarche Grand Administrateur gdn~ral 33 95 du Souverain Sanctuaire.~
Ii est hors de doute que les Fr~res de Palerme dtaient
de toute bonne foi, que la charte d’Alexandrie d’Egypte
de 1876 dtait toujours valide et que la filiation qu’ils
ddtenaient depuis la mise en sornmeil (pour raison de
force majeure) du Sanctuaire de Palerme dtait authentique. Toutefois quelqu’un faisant fonction de Grand Maitre, autorisd on ne salt par qui it assumer cette charge,
pouvait-il utiliser l’article 36 des Statuts et r~glements
du Rite? Ii est certain que trois Grands Conservateurs
pouvalent rdveiller le Rite, mais ii semble qu’il y ait seulement eu au ddbut les Fr~res Ribolla et Arcara, qui, pour
former le trio ndcessaire, auraient appeld le Fr~re Mistretta. De toute fa~on, le Rite hit rdveilld et la nouvelle
de ce rdveil, arriva
ainsi que cela a dtd dit — it Londres
au Fr~re Janadarajasa qul provoqua la constitution imniddiate d’un autre Souverain Sanctuaire pour l’Italie et
ses ddpendances, ce qul naturellement resta seulement
sur le papier, pendant que les Palermitains, dans 1’attente
de dispositions plus claires et plus prdcises, continuaient
it faire des adeptes et it travailler ma9onniquement.
La rdalitd de ce rdveil est ddmontrde par les contacts
pris d~s que les premi~res communications se rdtablirent
entre le Nord et le Sud. Ainsi au ddbut de 1946, le Fr~re
Leoluca Bellomo envoya une lettre it Turin it Riccardo
Debenedetti, vicil adepte de Memphis de l’dpoque de Mac
Bean, oii il lul demandait de s’occuper du Rite: cc Certainement apr~s tant d’anndes, tu pourras difficilement te
souvenir de moi — dcrivait Bellomo — nous nous sommes
renconirds & Gdnes au mois de mars 1922 & l’occasion
d’un congr~s prdsidd par le docteur Valentino di Fabio.
J’dtais en cornpagnie de l’avocat Sottile. Et 11 continuait:
cc Le Souverain Sanctuaire qui, comme tu le sais, a son
si~ge & Palerme, ddsire que le Rite de Memphis se deve950
—
137
loppe dans d’auires centres et dans ce but cherche des
Frdres honndtes et d’une foi indiscutde’
L’histoire du rdveil du gloricux Ordre de Memphis de
Palerme est plut6t br&ve, nidme si avec diffdrentes vicissitudes ii dura plus d’une ddcennie, avant de s’dteindre
silencicusement parmi les clarneurs du reste de Ia Ma9onnerie qui avait continud it se ddchirer apr~s l’dchec de
la tentative d’union des quatre obddiences (dont nous
nous occuperons bridvement dans le prochain chapitre).
Au Fr~re Arcara succdda l’avocat Sanalitro qui dirigea
le Rite jusqu’en 1954 quand ii en laissa la conduite au
docteur Pasquale Ragusa.
Il est it noter que presque tous les grands officiers du
Rite, scion Ia tradition de 1924, dtaient Martinistes: une
lettre du 10 fdvrier 1947 du Fr~re Bellomo ddjit citd, adressde au Tr~s Puissant Fr~re Ottavio Zasio 33e 9()e 95e parle
d’une remise d’argent it l’dditeur de l’Introduzione al
segreto massonico de Marco Egidio Allegri. 4ci & Palerme
dcrit ensuite Bellomo qui signait Supdrieur Inconnu
et 33’ 90’
un premier noyau martiniste s’est crdd
et l’on esp~re pouvoir l’accroitre et constituer rapidement
une Grande Maitrise rdgionale de Sicile. Nous ddsirerions
cependant avoir d’autres rituels et je vous prie de m’en
envoyer quelques copies si vous en avez de disponibles a~
Une autre lettre en provenance de Castronovo (Palerme)
signee par le Philal~the Jatricus, ddldgud spdcial pour la
Sicile, adressde le 12 mai 1947 au Grand Secrdtaire de la
Loge administrative d’Italie de L’Ordre Martiniste Fr~re
Manas, dit: cc Je t’envoie contre remboursement de 500
lires par numdro dix rituels de groupe destinds aux Frdres
suivants: Francesco Landolina, Pietro Landolina, Gaetano
Amato, Gaetano Sanalitro, Leoluca Bellomo, Pasquale
Ragusa, Vincenzo Ingargiola, plus trois rituels pour la
loge en constitution’.
—
950
—
2. Archives cit~es
—
cc
Fonds Palerme ~
—
Dossier Debenedetti
de Turin.
3. Archives de 1’Ordre Martiniste
cc Fonds Ripresa et maitrise
Allegri ~, groupe C, carton 2
Dossier correspondance avec Men—
dione.
4. Ibidem.
I
138
L’on ne connait pas les motifs pour lesquels en 1956
le Rite se mit en sommeil; probablement le ddsintdr~t
pour un Rite qui n’offrait pas (comme il n’en a jamais
offert) de possibilitds de cc contacts ~ profanes en vue
d’affaires ou de carri~res; peut-~tre des diffdrends avec
la loge d’une autre obddience qui donnait I’hospitalitd au
Rite dans son temple; peut-~tre le manque d’argent.
Le fait est que Ics Fr~res se divis~rent: quelques-uns
pass~rent chez les Ecossais du Palazzo Giustiniani, d’autres chez les Symbolistes, d’autres au Droit Humain et
d’autres enfin prdfdr~rent s’endormir avec le Rite. Les
archives furent partagdes entre ceux qui avaient rdvei]ld
le Rite et quclques autres Fr~res.
Un d’entre eux se serait ddplacd it Milan et aurait pris
des contacts avec le docteur Dc Conca qui, en 1945, tenait
le rang de Garde des Sceaux du Suprdme Conseil du Rite
Ecossais’ et 11 y aurait eu une tentative de rdveil du
Rite, mais plus it titre de revendication de Dc Conca
envers le groupe gnostique de Constantin de Lyon qu’it
cause d’un ddsir vdritable d’en reprendre les travaux. A
ce sujet, l’on doit d’ailleurs observer que, mdme si le
Fr~re de Palerme et Dc Conca ne ddtenaient pas uric
succession ldgitime, il dtait en tout cas vrai et certain
que Dc Conca avait dtd re~u it la fin de 1945 dans Misraim
et Memphis et dans le Mar tinisme par Marco Egidio
Allegri: cc Grand Maitre d’alors (qui eKer9ait aussi dans
le Rite Ecossais, oii 11 dtait 33’, la charge de Commissaire
Commandant de J’ardopage vdnitien), sur la recommandation du Lieutenant Souverain Grand Commandeur Tito
Signorelli, avait envoyd deux Fr~res it Milan. Voilit prdcisdment cc qu’dcrivait Allegri it Signorelli le 24 Phamenot
1945: cc Obdissant & ton conseil j’ai envoyd & ton Grand
Garde des Sceaux le Trds Puissant Fr~re Mario de Conca,
deux Sup~irieurs Inconnus pour lui remettre la charge
de la Maitrise lombarde de l’Ordre Martiniste. La visite
a dt~ particuli~rement fructueuse et les deux Fr~res sont
convaincus d’avoir rencontr~ un homme dont la cons-
cience initiatique est unie & une fois profonde, une grande
culture et des aptitudes pratiques; aussi ce serait tr~s
bien situ voulais aussi donner ton consentement pour sa
nomination dans le Rite de Memphis au grade 33’ 95’¶ ~>
De son c6td Dc Conca dcrivait it Al]egri ~: cc Ne possddant pas une dquivalence dans les Rites orientaux, j’aimerais la rdgularisation n&essaire aupr~s du Souverain
Grand Sanctuaire Adriatique’. ~
cc dquivalence
fut accordde en se fondant sur uric
dbauche d’accord que Marco E. Allegri avait proposde
pour unifier les principales familles ma9onniques italiennes et que, dans un premier temps, accept~rent Tito
Signorelli pour Ic Rite Ecossais et Valentino di Fabblo
pour le Droit Humain, tandis que La Grande Maitrise du
Martinisme, alors vacante, dtait offerte au Fr~re Dunstano
Cancellieri ~. Cette tentative d’accord dchoua ensuite,
comme toujours malheureusement ont dchoud toutes les
propositions d’unifier La Ma9onnerie, et cela it cause de
La vanitd des petits hommes qui
ainsi que l’dcrivait
Artephius en 1946
cc ne poss~dent de ma9onnique que
la panoplie que chacun peut se faire confectionner chez
une couturi~re
L’Ordre de MisraYm et Memphis
scion cc qu’il ressort
de La considdrable correspondance dchangde entre le Souverain Grand Sanctuaire Adriatique et les principaux
Ordres ma9onniques italiens de ce temps lit
se prdvalant du fait que son Grand Hidrophante dtait prdt it faire
de grands sacrifices pour se joindre it cet accord, avait
commencd it recucillir une documentation ddtaillde sur
le rdveil des loges et des Rites, et avait pris des contacts
avec les Puissances les plus en vue. Une note, en bas
d’un rapport sur Ia situation ma9onnique et illuministe
—
—
~‘
—
—
6. Idem
7. Idem
330
—
—
Dossier correspondance Signorelli.
Dossier correspondance De Conca.
8. On peut lire dans le Livre d’Or du Temple de MisraYm, it Ia
page ccDipl6mes ‘: cc En septembre. 1945 des brevets semblables
de 33’ 90’ 95’ ont dtd ddlivrds it .. Mario de Conca... respectivement
sous les numdros... 772. ~
9. Archives citdes — cc Fonds Allegri ~.
10.
Ce titre est indiqu~ sous La signature de De Conca dans une
Iettre du 21 septembre 1945 adress~e au Tr~s Puissant Allegri
(Archives cit des
Dossier De Conca).
5.
—
139
PALERME ET MILAN
APRt5 LA SECONDE GUERRE MONDIALE
cc
Lettre d’Artephius it 1’dditeur dans Introduzione al segreto
massonico de M.E.
Martiniste).
ALLEGRI (Venise, 1946, publid par 1’Ordre
7
140
141
APRtS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
PALERME ET MILAN
des Trois Vdndties, diabord dans le courant de 1945 ‘~ et
transcrit sur papier it en-tdte de J’ cc Ordre Martiniste ou
des Elus Cohen sous les auspices du Supreme Conseil
de la Vraie Rose Croix d’Or
disait: cc Demander au
Trds Puissant Tito Signorelli ses conseils au sujet des
bases d’un concordat entre Ecossais, Symbolistes, Memphisiens, etc. Nos suggestions ~ventuelles: la Sdr~nissime
Grande Loge nationale devrait associer, dans une Chambre
des Rites, trois Maitres pour chaque Loge affilide de Rite
non Ecossais. Les vceux de cette Chambre devraient dtre
examin~s avec toute l’attention ndcessaire par le Grand
Orient, particulidrement en ce qui concerne les probldmes
rituels et pratiques; par exemple la discipline, l’usage des
locaux, les activitds initiatiques, d’~dition, la coordination
des dventuelles interventions dans le domaine profane (...)
L’important est que tous les Ma~ons italiens d~pendent
d’un seul Centre. Nous soutenons la possibilitd, sinon tout
‘uimplement l’opportunitd que les charges rituelles soient
distinctes des charges administratives.~
Dans la lettre du 24 Phamenot 1945, ddjit citde, M.E.
Allegri, agissant au titre du Rite de Memphis, rappelait
au cc Tr~s Puissant Fr~re Tito Signorelli 33’, Lieutenant
Souverain Commandeur et Grand Maitre, it Rome que:
cc ii existe & Venise, depuis la pdriode fasciste, une tr~s
grande union entre le Rite Ecossais et le Rite de Memphis.
Les dirigeants sont d’accord et unis dans leurs efforts
pour aboutir & ce que les grades soient distribu~s selon
le veritable mdrite personnel et la culture ma~onnique
et non en prenant pour base des considdrations profanes
(...) Nous avons des Frdres qui, depuis vingt-cinq ans, n’ont
d’autre but dans leur vie que les etudes initiatiques, et
sont, en tant qu ‘Ecossais, au neuvidme et au mieux, au
dix-huith~me degrd (...) et us n’osent pas esp~rer plus.
Nous avons pensd qu’il dtait opportun de rapporter ces
fragments de documents qui datent du temps du rdveil,
les pensant importants pour prdciser la situation rdelle
de 1945 en Italie et faire comprendre oi~ existaient Ja
bonne foi et l’honndtetd, dldments fondamentaux de 1’esprit ma~onnique, entendons-nous bien 1’esprit orthodoxe,
dtant donnd qu’aujourd’hul un tel esprit s’est adaptd cc au
temps ou bien
pour dtre prdcis et ne pas jouer avec
les mots
aux directives de ceux qui sont responsables
des mceurs actuelles, provoquant 1’amdlioralion, ou alors,
ainsi que c’est le cas actuellement — la ddcadence.
~,
11. Archives de 1’Ordre Martiniste d’Italie
chemise 1, groupe C.
—
~Fonds Allegri
~,
—
~,
—
—
143
LE 5OUVERAIN 5ANCTUAIRE ADRIATIQUE
apprentis, compagnons et maitres selon les Statuts de
notre Ordre et de la Franc-Ma~onnerie’
Le 17 septembre 1945 suivant, accueillant les demandes
de seize Fr~res munis des grades ndcessaires, le Grand
Hidrophante installait sous le titre distinctif des Adeptes
d’Orphde un cc Souverain Chapitre de Ia Vallde du P6,
divisd en cinq Colldges ainsi constituds: 1” au Zdnith de
Belluno, 2’ au Zdnith de Padoue, 3’ au Zenith de Trdvise,
au Zdnith d’Adria, 5’ au Zdnith de Venise’
Vu l’dlargissement du cercle des adhdrents et la ndcessitd d ‘effectuer des travaux au niveau du 90’ degrd, le
Temple Mystique donna naissance, le 29 juillet, dans la
VaIlde du Piave, it un Sublime Consistoire des Princes de
la Ma~onnerie du 90’ degrd, sous le titre et le numdro
distinctif de Nefertum 200.
Le Sanctuaire Adriatique avait ainsi constitud les corps
‘.
CHAPITRE
XI
LE SOIJVERAIN GRAND SANCTUATRE
ADRIATIQUE
Ainsi que nous ]‘avons ddjit expliqud, le 16 mai 1945,
Marco Egidio Allegri rdtablissait it Venise le Souverain
Conseil gdndral du 90’ et dernier degrd du Rite de Mis-
raYm, et le rdunissait le lendemain au Temple Mystique
des Princes Patriarches de Memphis qui, par une ddrogation it l’article 86 des Statuts et rbglements gdndraux
de l’Ordre de Memphis (motivde par Ia situation particuli~re de ce Rite et les pouvoirs discrdtionnaires d’Allegri
concernant la patente de novembre 1923 du Souverain
Sanctuaire de Palerme)’ assumait provisoirement les
pouvoirs de Souverain Sanctuaire pour l’Italie. Le 18 mai,
accueillant la requdte et cc l’ardent ddsir manifestd par
de nombreux Fr~res, Vdndrables Maitres & l’Orient de
Venise, de former un Atelier ma~onnique dans lequel on
mettrait particulidrement & l’~tude les plus hauts probl~mes de l’Art ma~onnique et dans lequel les Fr~res qui se
sont placds volontairement sous notre direction pourraient avoir les moyens ndcessaires pour connaitre et
propager la Ma~onnerie selon notre authentique Rite
Primitif ‘, jJ dtablissait it perpdtuitd it l’Orient de Venise
la Loge-mere Osiride et nommait les officiers, leur accordant cc & perp~tuit~ le droit et le pouvoir d’initier des
2
40
“.
ma~onniques ndcessaires pour le fonctionnement complet
du Rite dont les statuts et les r~glements avaient dtd
rddlabords de manidre synthdtique pendant une rdunion
du Grand Colldge Liturgique du 92’ degrd.
A cette mdme dpoque, il dtait question de la tentative
de fusion des forces ma~onniques italiennes dont nous
avons parld, mais le Rite Ecossais, qui avait dtd le premier
it la soutenir’, en arriva, comme cela s’dtait ddjit passd
3. Idem, p. 3.
4. Idem, p. 5. Dans les Archives de l’Ordre au Fonds
cc Ncrets
existe le P,oc~s-verbal original de la premiere
sdance du Chapitre des Adeptes d’Orph~e qui dit: cc Incipit librum
et Proc~s-verbaux
‘,
aureum Sancti Capituli Orpheorum sub umbra alarum famae
Fraternitate Rosae Crucis Riti Misraim Memphisque in Venetiis
A..G.. D..G..A..D..U..
—
A La premiere heure du 18’ jour
de Phamenot 000 000 000 au 45’ 26’ de latitude nord et 12’ 20’ de
longitude est, dans La Vall~e du P6 et sous les auspices des Sublimes Patriarches de Memphis du Temple Mystique de Vdndtie et
Lombardie se sont r~unis les Chevaliers Rose-CroiK suivants...
5. Par La lettre officielle n’ 1037 du 1” octobre 1945, le Fr~re
—
Signorelli, Lieutenant Souverain Grand Commandeur du Rite
Ecossais, avait en fait donn~ son adhesion au projet et sollicit~
sa mise en action. cc A ta table du 24 Phamenot
~crivait Signo—
1. Voir chapitre VIII ci-dessus.
2. Voir Livre d’Or du Temple Mystique des Princes Patriarches
de Vdndtie et Lombardie, pp. 1-3.
relli — ii m’est agr~able de tracer le plan architectural suivant.
Je trouve qu’il est utile que le Tr~s Puissant Fr~re Mario de
Conca 33’ re~oive le grade de 33e 95’ du Rite de Memphis; je
donne donc mon entier accord k ce projet parce qu’il y a dans
144
AL-RES LA 5ECONDE GUERRE MONDIALE
LE SOUVERAIN SANCTUAIRE ADRIATIQUE
en 1923’, it refuser l’union, d’abord en interrompant les
pourparlers, puis en provoquant un incident, qui ne pouvait avoir d’autre conclusion que Ia sdparation nette et
ddfinitive entre les deux Rites.
Ce n’est pas le lieu ici d’illustrer l’action peu ma~onnique ressortant d’un faisceau de documents conservds dans
un fonds tr~s rdservd des Archives des Rites Unis (dont
on nous a fait jurer de ne rien publier cc par charitd
orthodoxie et leurs iddaux traditionnels, commenc~rent
it faire craquer l’ddifice construit avec tant d’amour et
de sacrifices par le Grand Hidrophante M.E. Allegri, qui
en 1923 pour Memphis et en 1925 pour MisraYm s’dtait
chargd de Ia difficile et pdrilleuse tache de cc gardien
des deux Ordres orthodoxes (ce qui l’amena en prison en
1929 sous I’accusation cle propagande ma~onnique)’. L’aclion destructrice fut facilitde par une trahison perpdtrde
it l’intdrieur de I’Ordre Martiniste ainsi que par une grave
maladie d’Allegri, contraint it deux reprises it de longs
sdjours it I ‘hOpital et ~ d’accablantes convalescences, et
par l’impossibilitd pour son adjoint, Artephius (Ottavio
U. Zasio), d’assurer ses fonctions comme il l’aurait
souhaitd par suite de son absence de Venise it cause de
son travail de journaliste. En octobre 1949, enfin, la mort
du Grand Hidrophante, survenue it Crespano del Grappa
ma~onnique ~)qui met en dvidence la mauvaise foi et le
sectarisme avec leque] on monta un proc~s d’intention
qui fit dchouer l’opdration.
Le Souverain Sanctuaire Adriatique essaya en revanche
de promouvoir une alliance avec le Droit Humain (de
rituel Ecossais) de sorte qu’apr~s l’dchange des lettres
de crdance et des garants d’amitid il fut ddcidd que les
ateliers de Memphis des premiers degrds ddpendraient de
Ia Fdddration italienne du Droit Humain avec l’autorisation de dispenser tous les grades Ecossais tandis que les
Chambres supdrieures de Misraim et de Memphis continueraient leur ~uvre d’instruction illuministe et rosicrucienne. La ddcision, contresignde par huit Princes Patriar-
145
(Trdvise) apr~s une grave opdration chirurgicale, rdduisit
encore plus l’activitd du Rite, qui it partir du 21 mars 1953
se limita aux chambres du 90’ degrd et au-dessus, le reste
du travail ma~onnique dtant confid aux loges et ateliers
supdrieurs du Droit Humain.
L’on arrive ainsi en 1955 quand apparait it l’horizon des
Rites Unis le Fr~re Philalettes (Alfredo V...), membre du
Droit Humain oii il avait obtenu le 18’ degrd Ecossais. Ii
semble qu’iI avait entendu parler it Rome, par quelques
anciens membres du Droit Humain, d’un traitd d’amitid
qu en son temps le ddfunt Souverain Grand Commandeur
Valentino di Fabio ava it conclu avec l’Ordre Martiniste
et l’Ordre de Memphis, it Venise. De sa rdsidence d’Udine
it la cc Reine de Ia lagune~ la route dtait courte et Phila-
ches et par ddldgation par cinq autres hauts dignitaires,
fut promulgude par le Prince Patriarche Grand Inspecteur
du Sanctuaire Gastone Bolpin 33’ 90’ 95’ ~.Mais l’ignorance initiatique, la convoitise pour les hauts-grades, la
promesse de carri~res faciles et d’aides profanes, et la
lutte ddployde par les formations les plus importantes
pour dliminer celles qui n’avaient d’autres forces que leur
ce Rite beaucoup de Fr~res du Rite Ecossais et que les deux
Rites doivent mettre k profit la vdritd et la puissance initiatique
lettes, fonctionnaire des Chemins de fer, n’avait aucun
probl~me pour ses ddplacements.
qu’lls poss~dent. Je n’ai rien contre, bien plus je souhaite un
rapide accord en bonne et due forme parce qu’il existe ddjk en
essence un concordat pour her les deux Rites dans une Fdddration
Nous tenons it nous arrdter sur ces ddtails parce que
ce Philalettes essaya et rdessaya d’arracher la succession
de MisraYm et de Memphis (ainsi que du Martinisme) pen-
Ma~onnique. En fait, moi aussi, je reconnais l’opportunitd de
confdddrer les diffdrents Rites en garantissant Jeur inddpendance
et leurs objectifs propres. A toi Tr~s Puissant Fr~re de tracer sur
un tableau architectural les points essentiels et fondamentaux ~
soumettre ensuite aux Supr~mes Hidrarchies des Rites qui soutiennent la Fdd6ration (Lettre adressde au Tr~s Puissant M.E.
Allegri 33’
Archives de MisraYm et Memphis, Venise).
6. Voir chapitre VIII ci-dessus.
—
7. Voir Livre d’Or du Temple Mystique, p. 31, et Archives de ha
Loge.m~re Concordia Veneta du Droit Humam.
8. Voir Lettre d’Artephius ~ l’dditeur ddjk citde et U.G. PORCIATTI
et son essence Quaderni dell’Ardenza, Naples,
1946, p. 17.
— cc Le Martinisme
a
~,
N
146
APR~5 LA 5ECONDE GUERRE MONDIALE
LE 5OUVERAIN SANCTUAIRE ADRIATIQUE
dant la vie de son Maitre Artephius’ ainsi qu’it sa mort, et
qu’ensuite il continua ~ se faire passer pour quelqu’un
de tr~s important aux Rites Unis, inventant des histoires
ridicules qui ne tiennent pas it l’examen. A propos de cet
dpisode de prdvarication — commencd en 1958 et qui
semble encore continuer pendant que nous dcrivons
nous nous contenterons de rapporter une par tie de quel—
ques documents qui dclairciront les iddes de tous ceux qui
tomb~rent dans le pibge d’un si grand cc initid
En ce qui le concerne, l’on se doit de dire, avec l’objectivitd que nous avons choisie pour guide, qu’il s’agit d’une
personne intelligente, tout it fait formde dans le secteur
de l’occultisme, et qui dans la vie profane est un fonctionnaire apprdcid et tr~s int~gre. Cela a crdd une certaine
perplexitd dans la mesure oii ii semble dtrange qu’un
homme de talent et it la vie extdrieure irrdprochable
puisse arriver dans sa vie initiatique (?) it des aberrations
comme celles qu’il a accomplies contre son Maitre et
somme toute contre lui-mdme.
Apr~s Ia mort d’Artephius (Comte Ottavio U. Zasio), qui
avait en 1959 chargd son rempla~ant Aldebaran d’dtudier
un plan pour un rdveil total des Rites Unis” avec fonctionnement complet de toutes les chambres rituelles et des
ateliers initiaux, arrivdrent de France des demandes
d’dclaircissements sur Ia situation de Misraim et de Mem-
9. Artephius avait succ&16 k M.E. Ahlegri par h’acte manuscrit
suivant promuhgu~ le 10 mars 1949: cc Ii demeure con!irm~ que,
ayant en son temps dt~ l’objet de ddlibdrations officielles, le Fr~re
Ottavio U. Zasio 33’ 90’ 96’, c’est-&-dire le Grand Hi~rophante et
Grand Maitre ad joint, a tous les pouvoirs de l’Ordre et du Rite
pendant nos p~riodes de soins & l’hdpital et dans le cas d’un
passage & l’Orient ~ternelles pouvoirs de notre succession. Signd:
le Grand Hidrophante gdndral M.E. Allegri 33’ 90’ 97’. cc L’originah,
de Ia main d’Allegri, est conservd dans he coffre du Souveram
Grand Sanctuaire Adriatique.
10. Archives de Misraim et Memphis — Lettre d’Artephius ~
Aldebaran: cc Ainsi que tu h’observes tr~s justement, Ia reconstitution formelle de h’administration des Rites et des Ordres, dont
on nous a demands de prendre soin, est devenue ndcessaire pour
de multiples raisons. Je te prie, par consdquenl, d’inscrire dans
hes Actes de h’Ordre tout ce qui a d~jk dtd I’objet de tesprdc&
dentes ddcisions et dslibdrations, et pleinement ratifid par Nous.
147
phis en Italie oit Philalettes se faisait passer pour le chef
de nombreuses organisations pseudo-initiatiques. Deux
lettres furent envoydes en Italie les 20 septembre et
6 novembre 1971 au Grand Maitre du Martinisme, respectivement l’une par le fils de Papus et 1’autre par Robert
Ambelain. Dans la premiere l’on demandait: cc Pourraistu me donner le nom et l’adresse du Grand Maitre de
Memphis-MisraYm en Italie? Ce renseignement m’est
demand~. T’occupes-tu toi-mdme de cette obddience &
laquelle Papus appartenait ? Est-ce ddveloppd d’une fa~on
s~rieuse en Italie?” cc Dans la seconde: cc Dans un autre
domaine qu’est-ce que ce Souverain Sanctuaire de Venise
de Memphis-Misraim ? Est-ce encore l’in~narrable Alfredo
Les rdponses furent les suivantes. Au fils de Papus
Pour ta demande sur Memphis-Misra~m, j’ai la succession de mon Maitre Zasio qui l’a eue & son tour de mon
12:
cc
(et son) Maitre Allegri. La ligne vient du Memphis de
Palerme (Giuseppe Garibaldi - Degli Oddi - Sottile - Mac
Bean) et du Alisraim d’Italie (1867). La fa~on est trds
s~rieuse et j’ai envoy~ en son temps une prdcisation (sic)
& l’ami Robert qui m’avait promis de me rdpondre. Je
suis encore dans l’attente. Maintenant, nous suivons des
travaux tr~s r~servds dans les hauts-grades. cc A Ambelain ~: cc Sur le Misra~m-Memphis de Venise, vous savez
bien que j’ai toujours ddclar~ avoir re~u Ia transmission
de ses pouvoirs de la part de mon Maitre Artephius qui,
& son tour, l’avait de son (et mon) Maitre Flamelicus
(M.E. Allegri) et, de suite, par le Memphis de Palerme
(filiation Giuseppe Garibaldi Degli Oddi - Grand Maitre
Mac Bean) et par le Misrdim d’Italie (Puissance Suprdme,
endormie & Venise en 1867). Je vous ai envoyd dans son
temps une prdcisation (sic) que vous devez avoir dans
-
11. Archives de h’Ordre Martiniste
1’ partie.
—
cc
Fonds Scission de 71
cc,
12. Archives de Misraim et Memphis — cc Fonds France cc —
Brouillon datd du 5 octobre.
13. Archives de h’Orclre Martiniste — ~ Fonds Scission de 71 cc,
1” partie.
148
LE 5OTJVERAIN SANCTUAIRE ADRIATIQUE
APRES LA SE~ONDE GUERRE MONDIALE
vos archives et & laquelle vous n’avez point rdpondu
Alfredo V... maintenant; ii est
je crois encore pour un
bref temps
& la Ma~onnerie dite de Place de Jdsus
(Rome) aprds avoir dtd mis & la porte par mon Maitre
Artephius et apr~s, par vous, le Droit Humain, le MemL4•
—
—
phis-Misraim, le CBCS, l’Eglise Gnostique, (‘Eglise Mariavite, l’Ordre du Temple, la Ma~onnerie italienne du Grand
Orient, celle-l& du Centro Sociologico italiano; il continue
encore se ddclarer Grand Maitre du M.XM.., du Temple,
du Martinisme, de la Rose-Croix, de plusieurs Eglises, etc.
Mais, il fait seulement du bruit et rien d’autre.>’
En substance, il rdsulte en particulier de cette derni~re
lettre que la Grande Maitrise italienne, tr~s au courant
des manceuvres de Philalettes, le considdrait comme tout
it fait ridicule et n’avait aucune intention de prendre position contre une personne qui se ddtruisait elIe-m~me. Mais
de France arrivaient toujours de nouvelles missives contenant des photocopies de rituels inventds, de brevets mal
contrefaits, d’une Iettre adressde it un certain Monsieur
Branchu it Nantes (lettre n’ 0272 it en-tate d’une soi-disant
cc Sdrdnissime Grande Loge Souveraine des Francs-Ma~ons
Orientaux, Anciens et Primitifs du Grand et Sublime Souverain Sanctuaire Supreme de l’Ordre Oriental Ancien et
149
Primitif de Misraim et Memphis ~) et on apprit le passage d’Alfredo V... de l’obddience de Piazza del Gesii it
~,
celle du Palazzo Giustiniani, et ses tentatives pour relancer son cc Grand et Sublime Sanctuaire >. Aussi, la Maitrise
ldgitime hit appelde it prendre position apr~s une lettre
privde adressde au Grand Hidrophante, dans laquelle il
dtait notamment dcrit:
cc Ii m’est tombd entre les mains les dtranges documents
suivants:
1) Le 6 janvier 1949 le Souverain Grand Hi~rophante
gdne~ral M.E. Allegri expulse Ottavio U. Zasio de tout ce
qui concerne les Rites Unis de M.%M.- pour des motifs
tr~s sdrieux et d’une extrdme gravit~. Le documeni serait
signd par M.E. Allegri, Gastone M..., Janarajadasa, Pericle
Maruzzi, Umberto Gorel Porciatti, Dario Galimberti, Mario
Alimena, Severino Zavagno.
2) Le 24 juin 1954, Gastone M... succ~de & M.E. Allegri
et aprds cc consultation suprdme rdint~gre Zasio dans
les fonctions de Hidrophante rdgent pour une pdriode de
trois ann~es avec possibilitd de prorogation. Les grades
de 330 90 96’ lui sont octroyds. Ce document est signd de
Gastone M..., Severino Zavagno, Pericle Paruzzi, Aldo
Lavagnino, Ottavo U. Zasio, D. Galimberti et deux autres
illisibles.
3) Le 27 d~cembre 1958, apr~s cc consultation suprdme
M... rdvoque Zasio de tout poste de confiance et le rdduit
au titre de membre d’honneur sans aucune charge ni
fonction, et Ia dignitd de Grand Hidrophante r&gent est
attribu~e & Gedeone Gandolfo. Suivent les signatures de
M..., Mario M..., Alimena, Zavagno, Maruzzi, illisible, Gandolfo et Alfredo V...
Par ce dernier document Aifredo V... est nommd Grand
Conservateur gdndral & vie. Puisqu’il s’agit dvidemment
de faux et de calomnies et puisque tu possddes la documentaiion propre & ddmentir ces trois prdtendus documents, je te prierais de bien vouloir me rassurer sur tout
cela, afin aussi de pouvoir sauvegarder la m~moire de
>‘,
14. En 1966 en rdponse it l’envoi d’Ambehain de la copie du
Proc~s-verbal de la Tenue solennelle du Convent de 1966 de La
Grande Loge symbolique de Memphis-Misraim avec ha dddicace
cc Au Tr~s Illustre Fr~re... en marque de ma fraternelle affection Ct
avec tous mes vceux, R. Ambelain le Grand Hidrophante de
Misraim et Memphis, par h’entremise du Fr~re Ivan Mosca (Hermete Sup. Inc.) envoya une Proposition & R. Ambelain confide d
I. Mosca dans laquelle il protestait contre plusieurs articles du
~,
proc~s•verbah et contre d’autres affirmations, rectifiait de multipies erreurs de forme et de tradition et revendiquait J’inddpendance absohue et La hdgitimitd des Rites itahiens, en rappehant
qu’ih avait encore en avrih 1964, fait savoir que Misraim et Memphis dtaient en Itahie sous ha Grande Maitrise d’Artephius. Ambelain rdpondit avec he billet suivant: ccTr~s cher Fr~re, Le Fr~re
Ivan Mosca m’a remis ce jour (29-2-1967), traduite, votre 6tude
sur M:.M:. - Apr~s heclure, je vous rdpondrai prochainement.
Affectueusement it vous. Robert Ambehain. ~ Tout he dossier de
l’affaire est conservd mais on nous a refusd h’autorisation d’en
pubhier plus. Ambehain n’envoya jamais Ia rdponse promise.
15. Archives de l’Ordre Martiniste
Philalettes 1955-61
~.
—
~Fond Maitrise Artephius,
150
APR~S LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Zasio. En outre Maruzzi est un de mes bons amis et j’ai
d’excellents motifs pour le garder dtranger & toute cette
affaire
Etant donnd que dans la lettre adressde it M. Branchu
en France la mdmoire de Zasio dtait diffamde et qu’il y
dtait affirmd qu’en 1958 ~ il dtait retombd dans les memes
fautes qui avaient provoqud en 1948 son expulsion de
l’Ordre et des Rites la rdponse ne se fit pas attendre.
Dans le Bollettino ufficiale dell’ Ordine Martinista n’ 11
de juillet-aofit-septembre 1974, dans la rubrique c Archives de I’Ordre et Documents)) on publiait Ia fiche compl~te du dossier cc Philalettes~ et un mdmoire documentd
sur les mdfaits d’Alfredo V...
Dans ce mdmoire qui examinait Ia lettre adressde it
M. Branchu, I’on apprenait que ses signataires dcrivalent au nom de Monsieur V..., alias Philalettes, alias
Aleph-R~, alias T. Aifredo, alias Hansa-Brahmana le Moine
Bleu, alias Alifridus Johannis, alias Alfredo Maria Bertrando, alias une dizaine au moms de surnoms ridicules.
L’on y soulignait sarcastiquement l’impossibilitd pour
MisraYm de s’etre uni avec Memphis en 1804 it Venise,
dtant donnd que le second dtait apparu seulement en
1839; 1’on y trouvait aussi une autre cc gaffe d’AIfredo
V... et de ses amis qui affirmaient qu’Allegri avait succddd
it Frosini en 1921, et que Frosini avait it son tour succddd
it Yarker en 1909. Pauvres de nous I — dcrivait le rddacteur du mdmoire
Si cela est l’histoire de M.XM.~., il est
ndcessaire de dire aux signataires de la Iettre, qu’au lieu
de s’occuper de Ma~onnerie, us feraient mieux de s’occuper d’dquitation, it condition toutefois qu’i]s sachent
monter it cheval
dtant donnd que Yarker dtait mort
en 1913 (et que Reuss s’dtait alors proclamd son successeur) et qu’Allegri avait re~u Ia charte de Memphis en
1923 de Mac Bean et La succession de MisraYm en 1925
de Luigi Bo... quand Ia Ma~onnerie avait dtd bannie.
Aprbs avoir examind La position de M..., le document affirmait que cc les rddacteurs de La Iettre et Monsieur V... qul
leur a fait la le~on ne se contentent plus de raconter des
~,
—
~,
16.
Idem — Lettre du 2 fdvrier 1974 de F.B. it Aldebaran.
LE 5OUVERAIN 5ANCTUAIRE ADRIATIQUE
151
mensonges mais se mettent it diffamer un mort, et la
litchetd de ce geste est sans mesure dtant donnd qu’on
accuse quelqu’un qui eut toujours dans sa vie profane
une scrupuleuse honndtetd et un noble comportement
ainsi qu’un respect absolu de la tradition et des Rites, un
~tre qui dtait it la fois gentilhomme et initid.
Apr~s d’autres considdrations et informations, toujours
au sujet de la lettre, le document poursuivait: cc Laissons
tomber les injures lancdes contre Messieurs R.A., I.S.,
P.E., I.M., F.B. qui ne nous intdressent pas (us sont
vivants, ils peuvent bien se ddfendre et en ont les
moyens); cependant cela vaut La peine de supposer que
ces injures viennent de ce que Philalettes, par ddcision
du Tribunal de l’Ordre Martiniste des Elus Cohen, rduni
le 18 octobre 1961 it Paris, fut condamnd au ban d’infamie
(...) I] est dtrange que ce monsieur, tr~s bon fonctionnaire, qui dans la vie profane se comporte tout it fait
nomialement, d~s qu’il se trouve en contact avec des
Ordres et Rites ma~onniques ou diffdrentes Eglises, perde
son contr6le et se permette des choses de ce genre, blitmables en tant que tentatives d’usurpation mais qui
deviennent inqualifiables quand elles frappent des personnes qul furent ses maitres, et de plus des morts qui
ne peuvent rdagir.
Le mdmoire ddclarait ensuite: cc Nous ne pouvons plus
permettre it Monsieur V... de continuer ses usurpations
qu’iI juge opportun d’appuyer par des calomnies contre
notre Maitre commun en offensant sa mdmoire avec des
accusations inventdes de toutes pieces. Nous disons tout
cela car nous sommes en possession de la photocopie de
Ia lettre adressde it Monsieur Branchu, nous sommes aussi
en possession de la copie de la correspondance adressde
par Alfredo V... it Monsieur Prdvost de Nantes et au Primat de I‘Eglise Mariavite, de la copie de Ia sentence du
tribunal des Elus Cohen, de ]‘original de son expulsion
du Droit Humain, de Ia copie du ddcret 117/Gb du Grand
Maitre du Grand Orient d’Italie, d’une copie dactylographide de l’enregistrement effectud au prdtendu Convent
de Pdrouse de ddcembre 1958, d’un rapport sur son comportement aupr~s des Ordres fran~ais d’Aurifer, T.
152
APR~S LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Jean IlL et Ph. Encausse ainsi que de bien quarante-cinq
lettres originales dcrites par Aifredo V... ~ son MaUre
Zasic de 1955 ~ 1958 (dans lesquelles ii s’en tient ~ la
r~a1it~). Nous n’avons pas encore vu les actes d’expulsion de Zasio ni les autres que le Grand et Sublime
Souverain Sanctuaire aurait promu1gu~s apr~s, toutefois
nous en sommes inform~s.~
Le m~moire contestait que le 6 janvier 1949 Allegri efit
expu1s~ Zasio ~tant donn~ qu’~ cette date ii se trouvait ~
1’h6pital gravement malade et qu’il ne pouvait avoir
particip~ ~ la reunion dii ~ Grand et Sublime Souverain
Sanctuaire’ qui aurait dfi ~tre convoqu~e par Zasio en
tant que remp1a~ant d’Allegri et possesseur de Ia d~1&
gation r~gu1i~re confirm~e par La succession manuscrite
du 10 mars 1949 (voir note 9). Ii r~futait aussi Ia signature et la presence de Porciatti ~tant donn~ que ce flambeau de la Ma~onnerie italienne ~tait mort ~ Rome le
7 d&embre 1948 et ne pouvait donc avoir particip~ ~ La
pr~tendue expulsion de Zasio et encore moms l’avoir
5 ign~e.
Avec tout ce que nous venons de dire ii semble clair
que les ~documents)) d’Alfredo V... dont F.B. pane dans
sa lettre ~ Aldebaran du 2 f~vrier 1974, sont de vulgaires
faux et cela nous dispense de continuer ~ reproduire
d’autres fragments du m~moire ou sont contest~es, les
lettres manuscrites de Philalettes et les affirmations attn-.
bu~es ~ Monsieur M.. et oi’ui sont rapport~s des ~1~ments
de 1’enregistrement du ~ Convent de P~rouse ~et le d~cret
authentique du 8 f&vrier 1958. Notons cependant que dans
ce dernier d~cret Artephius (Ott avio U. Zasio) r~voquait
~ toutes les d~Mgations possibles conf~r~es en leur temps
par notre autorit~ et nos pouvoirs au Fr~re Aifredo V...
et ordonnait Ia restitution de ses dipl6mes et patentes ~
la Grande Montagne de l’Ordre Martiniste, au Grand Sanctuaire Adriatique et ~ Ia Tour Int~rieure du Temple et
d~cr~tait nulles, sans valeur et hors de La chaine mystique
toutes les initiatives qu’Alfredo V... voudrait ou avait
~
17. Ii semble, sous toutes reserves, que ce Monsieur M... dont
ii est plusieurs fois question repr~sente Aldebaran. (N.D.T.)
LE SOUVERAIN SANCTUAIRE ADRIATIQUE
153
voulu prendre au nom de l’Ordre. Remarquons que Philalettes avait alors ob~i ~ Artephius et qu’il ~crivait le 24
du mois des Poissons de 1958, en remettant tout dans
les mains du Grand Maitre: ~ Je remets dans tes mains,
comme formellement je le fais par ces lignes, la d~h~gahon g~n~rale. Suivajent des paroles d’affection, de b~n~diction et de loyaut~ qui ont finalement d~bouch~ sur La
suite que l’on connait.
CONCLUSION
Notre etude est maintenant termin~e. II manquerait
encore quelques pr~cisions sun d’autres vicissitudes du
Grand Sanctuaire Adriatique concernant une tentative,
encore actuelle, de la part d’un groupe qui apr~s de
vaines requ~tes pour une ~ijeutenance ~ se serait accroch~ ~ la descendance gnostique fran~aise de Robert
Ambelain et effectuerait des travaux pr~tendument selon
le Rite de Memphis mais en r~a1it~ selon le Rite Ecossais
du G. .0.. d’Italie; cependant cela nous ferait entrer
dans un particularisme qui, du moms pour le moment, ne
fait pas partie de l’histoire, mais dans le meilleur des cas
seulement de Ia chronique. Et, si peut-~tre ces vicissitudes, au moment oci elles se sont produites, pouvajent
paraitre importantes, avec le temps elles se sont r~v~1~es
de plus en plus comme de petites choses mis~rables, des
ambitions tromp~es de petits hommes qui, en cachette
du Rite auquel us appartenaient (et auquel, estimons-nous,
us appartiennent encore), voulajent constituer, et peut~tre ont constitu6, leurs propres ateliers initlaux. Une
autre importance a, en revanche, la survivance des deux
Rites ~ de bien plus grandes vicissitudes les attaques
et persecutions subies pendant deux si&les par Misraim
et un si&Ie et demi par Memphis.
Ii nous reste seulement ~i faire un timide bilan; nous
disons timide parce que nous ne sommes absolument pas
157
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
CONCLU5ION
en mesure
et peut-&ne pensonne ne l’est
d’&valuen
le nombre de loges des deux Rites, aussi bien unis que
s~pan~s, qui agissent dans les deux h~misph~nes aujourd’hui, en 1’an de gn~ce 1975, alons qu’il semble que
d~sonmais l’Eglise Catholique a 1ev~ ou tout au moms
oubli~ les excommunications vari~es lanc~es en leun
temps contre 1’institution ma~onnique Ii n’est pas p05sible d’ajouten foi ~ ceux qui indiquent (comme pan
exemple Bellomo ~ la page 193 de son ouvrage) que le
Rite de Misnaim n’existe plus (en le confondant avec celui
de Memphis), ni m~me aux listes de loges publines pan
certains groupes qui exag~nent pour se donner de l’importance en oubliant que ce n’est pas le nombre qui est
important mais les travaux ma~onniques qul s’accomplissent, lesquels doivent se d~noulen dans le respect le plus
absolu des rituels traditionnels (et non selon des nituels
modifies pour des naisons d’opportunit~) et des statuts
fondamentaux. Nous le n~p~tons, ce n’est pas le nombre
qui est important, mais la qualit6. Et ~ ce propos, en
ces temps d’empire de la collectivit~, qu’il nous soit
penmis de citer pour ceux qui ont des oneilles pour entendre et une intelligence pour comprendre, le premier verset
de Ia peu connue et tout ~ fait n~glig~e Table de Rubis:
~Ce que la Cn~atune peut concevoin n’est ni certain ni
v~ridique, mais incompn~hensiblement vrai est le Cn~ateur. Ce qui est en haut n’est pas comme ce qui est en
bas. En haut la magnificence de l’Unit~, en bas la mis~ne
de La multiplicit~ qui semble ~tne tout et qui n’est rien. ‘
Selon une statistique optimiste ii existerait aujound’hui
sun tout le Globe tenrestre environ 500 loges et chambres
sup6rieunes des Rites de MisnaYm et de Memphis (tant6t
unis, tant6t s~par~s) avec environ 10 000 inscrits. Un autne
son de cloche, ceIui-k~ pessimiste, annonce 2 500 personnes y compris celles qui appantiennent ~ d’autres Rites
mineuns. A notre avis, La moitin du nombre indiqu~ pan
les optimistes nous semble juste. En calculant que sun
ces 5 000 Ma~ons au moms 3 000 cotisent dans les R~publiques d’Am~rique Latine, il en nestenait 2 000 pour le
reste du Globe, dont ~ peu pn~s un millien ou un millien
et demi en Europe, pn~cis~ment dans les Pays latins.
On pounna dine qu’il s’agit d’un calcul sans int~r&,
~tant donna que les membres de Misnaim ou de Memphis
sont me minorit~ n~gligeable. Mais nous dinons aussi que,
selon toute pnobabiLit~, sun ces 1 000 ou 1 500 Ma~ons
une bonne moiti~ est vnaiment n~gligeab Le ~tant donna
qu’ii peut s’agir de curieux ou d’ignonants ou, encore plus
grave, d’<( envoy~s sp~ciaux des autres obediences avec
le but pn~cis d’~pien ce qui ne va pas pour cn~er de la
zizanie. Mais les autnes, m~me en minorit~, sont tout
autre chose que ~ n~gligeables
Les fn~nes B~danride furent-ils n~gligeables? Qu’ils ne
le funent pas, cela est d~montn~ par toutes les calomnies
lanc~es contre eux ~ commencer pan celles qui les accusaient d’~tre des Juifs portugais 2 alons qu’ils ~taient
Fran~ais et officiens de La R~publique puis de l’Empire,
bien que Juifs. Leuns successeuns en France furent-ils
n6gligeables ? Yarken non plus ne fut pas n~gligeable avec
tous les Rites qu’il avait nefong~s; ni Pessina qui se d6menait comme il pouvait ~ Naples; en Espagne Manuel
Gimeno y Catalan, Fernando Lozano et Villarino del Villan
156
—
—
~.
1. Le P~re Caprile, j~suite connu appr~ci~ personnellement par
le Pape Paul VI, et l’ancien Grand Maitre de la Ma~onnerie du
Palazzo Giustiniani (Grand Orient d’Italie) se seraient embrass~s
~ la conclusion d’un d~bat public qul eut lieu ~ Rome ~ la
~Maison du Dialogue aux Parioli. En outre, selon ii Settimanale
(no S du 22 f~vrier 1975) qui dome cette information, un document
du 19 juillel 1974 portant la signature du cardinal Francesco Seper,
Pr~fet de Vex-Saint-Office, publin sur Civilte~ Cattolica, autonise
le catholique qui le d6sire ~ s’inscnire ~ une loge ma~onnique
pourvu qu’il lui apparaisse que cet te loge n’est pas oppos~e ~
1 Eglise et pourvu que son ~v~que ne le lui interdise pas (de son
propre jugement personnel ou sur avis de sa conference ~piscopale). oCette lettre du cardinal Seper
~cnit ii Settimanale
qui laisse les ~v~ques seals arbitres pour juger les cas particuliers
et qui admet l’id6~e que l’on peut ~tre ban Ma~on et ban catholique,
d~samorce en pratique l’arme de l’excommunication.
—
—
~.
2. Il semble que la qualification de Juif portugais~ ait ~
choisie par les ~cnivainsma~onniques comme une marque d’infamie ou quelque chose de semblable. Les ennemis de Martin~s de
Pasqually l’ont toujours d6fini comme Juif portugais Peut~tre que d’~tre juif ou portugais est un d~shonneur? Et nous
avons encore l~ un exemple de la fraternit6 qul remplissait tant
la bouche des divers ~cnivains sacr~s de la Ma~onnenie~ tels que
RAGON et ses 6pigones.
~.
158
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
ne furent pas n~gIigeables, ni non plus Frosini avec son
Rite Philosophique Italien.
Aucun de ceux-ci, meme s’ils se n~clamaient de successions contest~es qui du point de vue historique laissaient
beaucoup ~ d~siner, ne fut n~gligeable. Et pounquoi?
Parce que, qu’ils fussent n~guliens ou irr~guliens et tout
extravagantes que se r~v~laient leuns filiations, denri~re
eux se dressajent les constitutions orthodoxes d’une
Ma~onnerie qui se r~clamait des origines et qui nappelait
au~ manchands qui avaient envahi et pnofan~ le temple
avec leuns doctrines populistes, nadicalisantes, pseudod~mocnatiques et ath~es, leuns m~faits, les senments
trahis, les rituels artificiels ou oubli~s, les statuts alt&~s.
M~me dans leur inn~gulanit~
sur laquelle toutefois l’on
pounnait discuter si l’on faisait un discouns initiatique
plut6t qu’historique
ils nappelaient donc que ce qui
se faisait chez les diff~nents Grands Orients n’~tait plus
de la formation ma~onnique mais bien de 1’enseignement
politique sinon la defense d’int~r~ts panticuliens.
Que dine, enfin, de ces groupes qui ~ l’onthodoxie et ~ Ia
tradition unissent La n~gularit~ de La filiation et de Ia
constitution? Comme, par exemple, les antiques Arcana
Arcanorum de Naples, Misnaim qui les incorpora pour
mieux les occulter ou Memphis pnemi~ne mani~ne dont
Joseph Garibaldi fut le Grand Maitre ~ Palenme et en
Egypte. Cet Ondre de Memphis qui, apr~s une fuite en
Egypte ~ en 1874 pour se soustraine ~ l~ ~ exclusion»
d~cid~e dans les n~unions romaines pn~panant La proclamation du nouveau Grand Orient d’Italie, netounna ~
Palerme en 1876 et avec des bauts et des bas v~cut jusqu’en 1956. Cet Ondre qui nevit aujound’hui, uni ~ Misnaim, avec une succession l~gitime et n~guli~ne fond~e sun
La chante ~gyptienne de 1876.
Des groupes chez qui, malgr~ les anath~mes du Grand
Orient ou du Supreme Conseil Ecossais d’Italie, les m~mes
Fn~nes Ecossais, les Symbolistes et les autnes (pas tous
~videmment) vont apprendre ce que dans les loges soidisant n~guli~nes et neconnues» (pan qui?) 1‘on n‘enseigne plus depuis que (il y a des d~cennies et des d~cennies)
y sont entn~s les demagogues et les ath6es.
—
—
159
CONCLU5ION
Des groupes qui laissent La politique aux politiciens, la
ddmagogie aux demagogues, les affaires au~c affairistes et
aux manchands, et les questions de religion ~ La conscience et Ii La foi de chacun des membres. Des groupes
qui se contentent d’enseignen le symbolisme et aussi quelque chose de plus: d’inculquer l’amour et La compr~hension, au sens oii il ne peut y avoir d’amour quand La
justice est remplac~e par La conspination ou le sectarisme,
et oft il ne peut y avoin de justice quand il n’y a pas
de discipline et d’~chelIe hi~narchique sous La direction
supn~me de l’Eternel. Pance que I‘ancienne Ma~onnerie a
toujouns enseign~ cela, sans se gonflen d’un inutile vent
de libent~ et d’~galit~, et sans pendre son temps ~i creusen
de profonds tombeaux au Vice et ~ batin de splendides
temples ~ La Vertul
Des groupes qui, sun Ia base des Statuts du Regime de
Naples de Misraim, jamais changes, neconnaissent et
admettent tous les Ma~ons des autnes Rites, ainsi que
cela doit ~tre. Parce qu’il est juste que chacun puisse
apprendre dans une autne loge ou un autne chapitre ce
qui dans sa loge ou son chapitne n’est pas enseign~ can
cela ne fait pas pantie de La mati~re pn~vue dans le Rite.
Pan exemple dans le Rite Ecossais I’on n’enseigne gu~re
le contenu du grade de Chevalier du Soleil et ce tn~s
important degr~, qui est le 280 de l’Ecossisme et le 510
de Misnaim, est tombs dans un oubli total, alors qu’il
est neconnu comme un des sommets du savoin ma~onn1que. Mais le comble est le manque absolu de connaissance
du grade Ecossais de Vofite Sacnie de Perfection dont le
tuileun est nequis pour toutes les chambres sup~rieunes
au 140 degn~.
Pour les adeptes de Misraim ou de Memphis tous les
Ma~ons sont fn~nes ainsi que le proclamait de toute bonne
foi, dans l’ann~e lointaine de 1881, La Rivista de la Massoneria italiana, organe du Grand Orient avec ces paroles
que nous voulons r~p~ten ici pour qu’elles sonnent comme
un rappel aux oreilles de ceux qui continuent sun le
~,
3. Voir am chapitre VI les citations du Congr~s ma~onnique de
Milan.
V
160
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
chemin de la discorde et de La diffamation: Quel que
soit le Rite qu’il suit ou Ia fainille ma~onnique qu’il a
cm bon d’adopter, in Ma~on est toujours le fr~re d’un
autre Ma~on; et que l’un appartienne au Rite Ecossais,
l’autre au Rite Symbolique, I’un au Rite de Memphis,
l’autre ~ celui du Temple, celui d’York ou celui de MisnaYm, le caract~re ma~onnique est toujours le m&me et
les droits ma~onniques toujours identiques pour tous les
Fr~res. ~
ADDENDA A LA DEUXIE1WE I~DITION
ITALIENNE
A La fin de cet essai, je faisais allusion ~ une tentative
effectu~e en 1973 en vue d’installer en Italie quelques
loges de Memphis-MisnaYm de Ia lign~e de Reuss et je
remarquais que les promoteurs de cet te initiative
qui
en 1971 avaient pnovoqu~ une “scission» dans le Martinisme italien 1
d~pendaient du Grand Orient d’Italie
(Palazzo Giustiniani) et faisaient ~ga1ement pantie di Rite
Ecossais Ancien et Accept& Je soutenais aussi que cette
tentative de leur part, m~me si elle n’avait pas veritablement avont~, ~tait sir le point d’~chouer.
J’apprends maintenant, par un Notiziario del Rito di
Memphis-MisraYm italiano (n0 1 de 1979) qu’apr~s cet
~chec on a entrepris une r~g~n~ration de ce Rite, ~tabli
en Italie gn&ce ~ une charte fran~aise de Robert Ambelain,
et que, ainsi qu’il ressont d’un appel adress~ au 43nand
Orient d’Italie, des pressions sont exenc~es afin qu’il soit
admis dans le Grand Coll~ge des Rites, ~ ~galit~ avec le
Rite Syrnbolique, le Rite Ecossais et le Rite d’York. Le
Grand Orient d’Italie reste maitre de decider ce qu’il
estime pr~f~rable et les Rites Ecossais, Symbolique et
d’Yonk sont libres d’accepten parmi eux ce MemphisMisnaim gnostique» (ainsi que j’ai eu ~ le d~finin), vu
qu’il s’agit l~ de faits qui ne me negardent pas.
—
—
1. Voir G.
Rome, 1978.
VENTURA
—
Tutti gli uomini del Martinismo, Atanor,
162
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
Par contre, je suis concerns par ce qui a ~ dit au
sujet de ce livne qui, bien qu’on en ait fait l’~loge pour
La somme de nechenches historiques qu’il repr~sente, a
~ d~clar~ sujet ~ caution en ce qui concerne La succession fran~aise. En outne on m’accuse ~gaIement de porter
des jugements et des critiques contre cette m~me succession et enfin on affirme faire ~place nette» des contestations et des pol~miques en citant certaines dates prises
dans La ~Chronologie du Rite» publi~e en 1933 pan Jean
Bricaud et nepubli~e
assurdment de bonne foi
en
1938 pan Constant Chevillon, dans 1’opuscule Notes historiques sur le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraim.
Cette brochure, que je cite du reste dans mon ouvrage,
a ~ ~labor~e par Bricaud en reprenant pour son propre
compte les Notes on the Ancient and Primitive Oriental
Rite of Memphis rassembl~es pan Reginald Gambier Mac
Bean (qui fut Grand Maitre du Rite de Memphis de
Palerme de 1921 jusqu’~ 1925 lorsque le Rite se mit
officiellement en sommeil bien qu’il continuAt ses activit~s clandestinement ~ Venise).
Mais Mac Bean, contrainement ~ Bricaud qui pr~sente
sa chronologie comme une v~nit~ incontestable, pn~vient
tr~s honn~tement ses lecteurs, dans le pn~ambule ~ ses
Notes, que: “les indications sommaires qui suivent sun
La Mgende, les traditions et l’histoire ~sot~rique de notne
Rite ne pn~tendent aucunement &re completes ou ~tne
le fruit de necherches originales. Elles pr~sentent m~me
des lacunes et ont pour but simplement de r~pondre,
provisoirement et dans les grandes lignes, ~ beaucoup
de demandes qui, tout naturellement, nous sont adness6es, concennant l’origine et l’histoire de notne Rite qui
s‘est n~vei1l~ r~cemment en Italie2
Pour ces motifs et pour d’autnes d’ondne ~ditohal, bien
que j’eusse cite les deux opuscules et nepris ce qu’il ~tait
indispensable d’en netenir, compte tenu de I ‘~conomie
g~n~nale d’une etude historique (et ~galement afin de ne
pas ~tne trop s~v~ne ~ l’~gard de qui n’est plus de ce
monde depuis longtemps), je ne m’~tais pas appesanti ~*
—
2. G. MAc BEAN
—
1923, p. 1, § I.
163
ADDENDA
—
les confronter et ~ en tirer des conclusions, car j’estimais
avoin suffisamment indiqu~ quelle ~tait la r~gularit~»
du Memphis-MisnaYm de Yanker et Reuss avec les cons~
quences logiques qui en d~couIent pour ceux qui
de
bonne foi ou non
mais ce n’est pas du ressort de cette
note
ont re~u d’eux des chartes, en France ou ailleurs.
—
—
—
Mais ceux qui font ~ place nette» en pn~sentant une
partie de la chronologie de Bnicaud et en d~clarant de
mani~re simpliste qu’en France on n’a affaine qu’~ deux
chartes ~l’une de 1908 de Yarker et 1’autne de 1919 de
Reuss et que tout le reste est pn~texte» n’ont probablement pas confronts les deux opuscules et sans s’~tre
nenseign~s eux-m~mes alignent des phrases qui ne renseignent en hen. Ou sont ces chantes ? Moi, je soutiens qu’il
y en a eu trois, m~me quatne, si jamais elles existent ou
ont exist~. Et j’en appelle au t~moignage de Robert
Ambelain lui-m~me qui en cite deax l’une de Yanken ~
Mika~l (de son vrai nom, Georges Bogs de Lagn~ze) en
1909 et l’autne de Bricaud en 1921 au m~me Lagn~ze; et
vu qu’Ambelain a re~u, le 13 aofit 1960, de Henry Charles
Dupont, le titre de Grand Administrateun du Rite pour
La France et ses d~pendances ainsi que La designation pour
lui succ~der’, il reconnait ~galement La validit~ des deux
chartes que Reuss aunait remises ~ Papus en 1908 et ~
Bricaud en 1919 Mais il y a plus. Ambelain, en acceptant
La succession de Dupont, a ~videmment nenonc~ ~ celle
qu’iI soutient avoir revue de Mika~l, ou bien il l’a estim~e
insuffisante ».
En laissant de c6t~ les affirmations erron~es du Notiziario del Rito de Memphis-Mis raYm italiano dont me attnbue ~ Yanken La patente d~livn~e en 1908 pan Reuss 6et une
autre nomme Jean Bricaud ~ La plus haute charge en
1924 sans compten celles relatives ~ Joseph Garibaldi,
je pnendnai la peine d’examinen les documents d’apr~s
~.
~,
3. R. AMBELAIN
Le Martinisme, Paris, 1946, p. 164.
4. Le document a ~ r~dig~ ~ Coutances et est signs de Dupont
—
en tant que 330, 900, 960, non en tant que 97,. Les t~moins furent
Ph. Encausse et I. S~gure1.
5. J. Biuc~ua
1933.
6. Notiziario, n0 1, p. 5.
7. Ibidem.
—
—
—L
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
164
ADDENDA
lesquels Mac Bean
selon ses honn~tes d6cLarations
red igea ses Notes, utilis6es par La suite pan Bricaud pour
sa Chronologie ».
Mac Bean, aux pages 4 et S de I ‘opuscule en question,
precise: “Ces notes sont tin6es des sources suivantes,
qui nous sont accessibLes: 10 un manuscrit anonyme,
datant appanemment de 1864, qui narre l’histoire du Rite
jusqu’h cette ann6e-la, de fa~on mntenessante et avec une
evidente sincenite; 20 une histoine du Rite Ancien et
Primitif de La MaQonnerie publiee probablement en 1880
pan Le regrette John Yanken; 30 certains num6nos 6pans
de the Kneph, bulletin du Rite anglais mentionn6 ci-dessus, qui commen~a ~ panaitre en 1881, et precisement
Les numeros de fevrier, mai, novembre 1884 et fevrier
1885;
centains numenos epars de l’Egitto massonico,
organe du Grand Orient national d’Egypte, et specialement les numenos du 31 mai et 25 octobre 1900;
certains proc~s-venbaux des archives de PaLenme; 60 le livne
Massoneria italiana e tradizione iniziatica d’Edoardo
FrosinP publie en 1911; la New Encyclopaedia of Freemasonry de l’historien Arthur E. Waite, publiee en 1921.»
—
—
40
50
70
Le manuscrit anonyme, apr~s La Legende et L’histoine
du Rite qu’il consid&e comme un syst~me ma~onnique
rn6diocne », affirme que, “recemment », il a ~-.t6ajout6
au nombre des syst~mes neconnus pan Le Grand Orient
de France, et soutient qu’il s’en tient ~ ce qui a ete dit
dans le rapport etabLi precisement par le College des
Rites du Grand Orient de France, Le 12 novembre 1862
Le 29 juiLlet 1862
6crit l’auteur anonyme
La loge
les Sectateurs de Mdn~s, alons neactivee, s’adnessa au
Grand Orient, presenta La liste de ses noms, et sollicita
sa reconnaissance, par 1’intermediaire du tits Fameux
Grand JAierophante Manconis. La Loge subsista telle
quelle et la demande de reconnaissance fut presentee au
Grand CoLL~ge des Rites qui, au couns de La seance du
10
—
—
8. Publi~e en r~alit~ en 1875.
9. Pour le livre de FRoSDU, nous renvoyans au chapitre VIII du
present ouvrage.
10. Bulletin du Grand Orient de France, novembre 1862, pp. 418419.
~.J
•
—u%~a
S
165
12 novembre de la meme annee, pnit sa decision. La
Commission susnommee considera qu’~ La suite de cette
petition Manconis avait renonce ~ tous les droits et honneuns qui lui etaient neconnus dans le Rite de Memphis
et que ce Rite avait pour objet La diffusion des principes
moraux et scientifiques des verites ma9onniques, qui
etaient enseignes depuis longtemps par le Grand Orient.
Aussi La Commission conclut qu’en pnincipe le Rite de
Memphis etait mis sous l’obedience du Grand Orient, et
qu ‘il etait penmis h ses loges de travailler dans les trois
grades symboliques suivant leun propre Rite. La demande
sun L’admission aix plus hauts grades du Rite, qui selon
Les statuts du Grand Orient ne pouvaient depassen le
tnenti~me degre, fut laissee hors discussion et il fut seulement fait cas de ce qu’une permission de travaux dans les
hauts-grades ne pouvait &ne accordee que dans Ia stricte
observation des n~gLes de La constitution du Grand Orient.
Mais il y eut ~ nouveau en fevrier 1864 une demande
concernant les hauts-grades emanant de Ia Loge les Disciples de Memphis de Paris qui s’6tait entre temps neactivee,
et Le Grand CoLL~ge des Rites montra jusqu’ofl il etait pret
Ii allen en autorisant La formation d’un chapitne en relation avec cette Loge En consequence, Le Rite de Memphis
(aoflt 1864) eat en activite en France et poss~de les deux
loges nominees ci-dessus en meme ternps qu’un chapitne
~ Paris et une autne Loge les Chevaliers de Palestine ~
Manseille.
IL semblenait d’apn~s ce manuscrit que Manconis ne fit
pas admis au Grand ColL~ge des Rites et qu’iL s’agissait,
par consequent, d’une scission concernant seulement trois
loges et de l’autorisation de former un chapitre (seulement en 1864, apr~s de nombreuses hesitations) rattache
~ 1’une de ces loges; chapitre dont on ne connait pas le
nom, mais qui en tant que tel ne pouvait pas depasser
le grade de Chevalier Rose-Croix. IL appanait d’autne pant
evident que Le Grand ColLege des Rites ne considena pas
qu ‘il eta it dans son droit de fonder un Temple Mystique
~.
11. Idem, mars 1864.
166
ADDENDA
LES RITES DE MISRAIM ET MEMPHIS
et encore moms un Sanctuaire et que donc ii ne pouvait
pas d~1ivrer (et le Grand Orient encore bien mom s) Ia
charte n~ 28911 ~ laquelle fait allusion Bricaud ~ la page 8
de ses Notes. Ii ne pouvait pas non plus autoriser Ia
constitution d’un Souverain Sanctuaire aux Etats-Unis
par le Fr~re Seymour, et ceci encore moms le 3 septembre 1862w c’est-~-dire avant que la demande de reconnaissance pr~sent~e par Ia loge les Sectateurs de M~n~s eCit
~ prise en consid&ation. Comme 1’on voit, ce n’est pas
moi qui me sert de ~faux pr~textes Ii est evident que
la charte n0 28911 dii Grand Orient ne pouvait se r~f&er
qu’~i des loges qui passaient sous son obedience, et on
dolt consid~rer qu’il s’agissait de loges Ecossaises, ainsi
qu’il ressort de toute 1’histoire de Seymour et de son
successeur, et de 1’incident de Louisiane arrive en 1869,
dont Bricaud se fait 1’~cho Le Fr~re Ellic lowe de la
loge Quatuor Coronati de Londres et le professeur Helmut
M~11er de 1’Universit~ de G6ttingen ont donc parfaitement
raison lorsqu’i]s affirment, d’accord avec moi, que ~Yarker acquit le Rite de Memphis et MisraYm d’une source
am~ricaine douteuse en 1872 ~
Le second document indiqu~ par Mac Bean est le livre
pubIi~ par Yarker en 1875, dans lequel ii est question
de ce Rite Ancien et Primitif de La Ma~onnerie qui m~1angeait les Rites Ecossais, de Swedenborg, et de Memphis.
Sur tous ces Rites, Howe et Mbller ~crivent:
On a
~.
~.
12. En r~a1it~, comme le montre la correspondance conserv~e
la Biblioth~que Nationale, Harry J. Seymour ~tait d~j~ ~ la
tate du Sanctuaire ani~ricain de Memphis avant m~me 1862, et
c’est avec 1’accord de Marconis que les loges parisiennes de Memphis furent incorpor~es au Grand Orient. Comme prix de la
reconnaissance de Memphis par le Grand Orient, Marconis dut
abandonner ses prerogatives de Grand Hi&ophante et r&Iuire
son ~che11ede grades ~ 33 degr~s, mais ii n’en retfra aucun avantage. Puis, jusqu’~ sa mort en 1868, Marconis se consacra essentiellement ~ la redaction d’ouvrages ma~onniques. La loge marseillaise les Chevaliers de la Palestine semble avoir refuse 1’incorporation au Grand Orient et continue d’une mani~re autonome,
pendant quelque temps, le Rite de Memphis en 95 degr~s. (N.D.T.)
13. Ellic HOWE et Helmut M6LLER
~Theodor Reuss ‘, Transactions of the Quatuor Coronati Lodge, vol. 91, Londres, 1978.
~i
—
167
g~n~ra1ement suppose que Yarker conduisait ses diverses
entreprises ma~onniques ~ seule fin d’en tirer des avantages financiers personnels. La documentation disponible
laisse entendre que cette th~orie est erron~e: Yarker
~tait seulement un irascible excentrique, prenant plaisir
~ r~a1iser ses fantaisies
Ii ne semble donc pas qu’il
faille prendre ce second document en consideration.
Ici, je dois faire une d~c1aration: j’avais ~crit ce livre
en esp~rant apporter une documentation sur deux Rites
qui eurent leurs moments de prestige et qui donn~rent
alors, et aussi plus tard, en des temps de ca1amit~, Ia
preuve de leur orthodoxie. Et je m’~tais efforc~ d’avoir
La main la plus 1~g~re possible, ma1gr~ que j’eusse ~ ma
disposition des documents beaucoup plus accusateurs que
ceux qui ont ~ pub1i~s, r~sum~s ou cites. Par cons~quent, cela m’affecte aujourd’hui d’entrer dans des d~taiIs
qu’il efit ~ pr~f~rab1e de laisser dans 1’oubli. Mais on
1’a voulu ainsi, en m’accusarit comme on Va fait: et alors
que soit dit, sinon tout, au moms ce qui est suffisant
pour que certaines fables puissent n’apparaitre r~e11es
qu’aux ing~nus ou aux malades atteints de cordonite. Cela
dit, poursuivons.
Le troisi~me document est repr~sent~ par certains
extraits du bulletin the Kneph dirig~ et r~dig~ par Yarker,
et ii est extr~mement mt~ressant de 1’examiner pour les
contradictions et les inventions manifestes qu’il contient.
Ii s’agit d’abord du num~ro de novenibre 1884 qui reproduit, imprim~e, la lettre suivante du grand Hi~rophante
Marconis, dat~e du 5 juin 1866 et adress~e au Fr~re Harry
Seymour, sans aucun doute apocryphe mais qui, en admettant qu’elle feat m~me en partie recopi~e d’un original,
d~montre la fausset~ et le manque de toute garantie de
s~rieux de la filiation Yarker:
Vall~e de Paris, le 5 juin 1866.
Au trois fois illustre et trois fois illumine Fr~re Harry
J. Seymour 960, Patriarche Grand Commandeur du Rite
~
14. Ibidem.
168
ADDENDA
LES RITE5 DE MIsRAIM ET MEMPHI5
Ma~onnique de Memphis, membre de l’Alidde, decord de
l’Etoile de Sirius, de La Chaine libyque, Grand Commandeur des trois series de l’Ordre, Grand Maitre du Souverain Sanctuaire et Reprdsentant de l’Ordre aux EtatsUnis d’Amdrique.
Trois fois illustre Fr~re, j’ai plaisir ~& vous informer
que nous avons recemment retabli en Egypte, sur une
base solide, l’antique et venere Rite de Memphis. L’dtendard est eleve par des bras vigoureux qui regagneront le
temps perdu. Nous esperons que bient6t leurs actes prouveront que l’origine de notre Ma~onnerie a donne naissance & tous les autres Rites. Je vous prie donc, trois fois
illustre Fr~re, d’entrer en rapport fraternel avec cette
Puissance ma~onnique maintenant installee qui, nous
l’esperons, sera heureuse de cultiver votre amitie. Aujourd’hui vous serez en mesure d’obtenir tous les documents
ma~onniques necessaires & La propagation des principes
de notre sublime institution. Rien de ce qui pourrait vous
etre utile ne vous sera refuse. Ci-dessous est l’adresse du
Grand Chancelier de l’Ordre auquel vous devrez vous
adresser: Monsieur Felix Helonis, negociant, Alexandrie,
Egypte.
~ Je desire egalement vous informer que le Fr~re Lucca,
Grand Maitre de l’Orient d’Italie, et le Fr~re Frapolli,
Grand Maitre adjoint, auxquels vous avez fait parvenir
des chartes, qui m’ont ete soumises, ont l’intention d’etablir un Souverain Sanctuaire 95 dans La Vallee de Florence. Je leur enverrai les documents que je leur ai promis. Ceci pour votre information personnelle. Je dois
egalement vous dire, trois fois illustre Fr~re, que je suis
sur le point de publier deux nouveaux livres ma~onnzques: La Tribune ma~onnique et les Sublimes Maitres du
Grand ~Euvre (rituel complet des 90 grades). Le premier
est un recueil de conferences qui a ete recommande et
approuve par le Grand Maitre du Grand Orient de France,
le Fr~re general Mellinet; le second est un rituel complet
et contient tous les secrets du Rite tel qu’on le pratique
universellement.
e Je termine cette lettre, trois fois illustre Fr~re, en
vous priant d’accueillir favorablement le Fr~re...
169
En vous assurant, trois fois illustre Fr~=re,de mes
sentiments fraternels, je reste votre tr~=sdevoue
J. Et. Marconis de N~gre
Grand Hierophante.»
Cette etrange lettre, dont on ne sait pas oft se trouve
L’originaL ni comment elle est parvenue entre les mains
de Yarker seulement en 1884, n’a pas foumi d’autnes
preuves de son existence. On ne comprend pas, non plus,
pounquoi ii n’y a jamais ete fait allusion ni de La part de
Seymour en 1866 ou apr~s, ni de Ia part de Yanken depuis
1872, et que l’on ait attendu bien dix-sept ans apr~s La
mont de Marconis pour La publier en tant qu’unique
preuve de L’existence d’un Sanctuaire negulien aux EtatsUnis et aussi donc apn~s la mont du Marquis Joseph de
Beauregard qui aunait continue le Rite en Egypte ~ par tin
de 1867. IL est egalement etrange que, tandis qu’en Egypte,
on continuait le seul rite de Memphis, Yarken ait publie
cette lettne en 1884 apn~s les accords avec Giambattista
Pessina datant de 1881 ; comme est egalement etnange
L’auto-procLamation de Yarken comme Grand Hienophante
general en reaction ~ celle de Pessina, tandis que Le chef
Legitime du Rite de Marconis se trouvait en Egypte en
La personne du Fn~ne degli Oddi et qu’une chante avait
ete concedee ~ Palerme depuis 1876 pour constituen
quand et comme vous le jugerez bon» un Souverain
Sanctuaine d’Italie
Mais sun un autre extrait de the Kneph, les choses vont
apparaitne plus clairement. II est egalement tr~s clam
si tant est que La lettne ait ete ecrite par Manconis
qu ‘il s’agissait du seul Rite de Memphis et que Ledit Rite,
du vivant de Marconis en 1866 et apn~s sa mont, avait
son gouvernement en Egypte oft r6sidait le Grand Chancelier, Monsieur Helonis, auquel Seymour devait s’adresser et pan consequent aussi Yanken que Seymour avait
nomme Grand Maitre d’Angletenne. Mais Lisons ce qu’ecrit
Yarken lui-meme dans le numeno de fevrien 1886 de the
970
>~.
—
—
15. Dans la lettre d’accompagnement de la patente, on lit: ~Un
tel pnivil~ge pour le Royaume d‘Italie est accorde seulement ~ la
Vallee de Palerme.
170
LE5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
Kneph et que rapporte Mac Bean ~ la page 32 de son
opuscule: ~ L’illustre Grand Hierophante J.E. Marconis
etant mont en 1868 ~‘, l’Egypte assuma pleinement possession de La direction du Rite. La Grande Loge Symbolique
[pour les trois degres initiaux], notre Rite Ancien et Primitif et le Rite Ecossais Ancien et Accepte sign~rent un
traite triparti d’aide reciproque et ranim~rent le Souverain Grand Temple Mystique, Conseil General Imperial
960, preside par un Grand Hierophante 97’ (...) En 1872,
divers Illustres Fr~res qui avaient precedemment re~u
les 33’ et 95’ degres obtenaient une charte pour L’etablissement d’un Souverain Sanctuaire de Grande Bretagne et d’Irlande avec l’Illustre Fr~re John Yarker en
tant que Grand Maitre general 33’ 96’ (...) Le Grand
Maitre etant membre 96’ du Sanctuaire d’Egypte, Le syst~me s’assimiLe au Rite de Memphis d’Egypte.’>
Que peuvent bien signifier de semblables melanges
publies en 1886 apr~s Ia fameuse edition de 1882 des
Rituals of the Ancient and Primitive Rite of Memphis
(faisant suite ~ l’aLliance avec Pessina
pour lesquels
Yarker n’avait demande d’autorisation ~ personne en
depit de Ia Lettre (?) de Marconis, telle est La question que
doit resoudre celui qui veut faire ~ place nette », vu que
sa filiation remonte justement ~ Yarker.
Mais mieux vaut Laisser parler le Fr~re Ellic Howe qui,
etant anglais et donc au courant de ce qui se passe en
Angleterre, a pu davantage que moi consulter les archives,
les documents et les textes bnitanniques. A propos de La
Grande Loge d ‘Angleterre (au siege de laquelle selon les
Notes his toriques de Bricaud, Yarker aurait ete nomme
en 1872 Grand Maitre general de Memphis) il ecrit: La
Grande Loge d’AngLeterre pouvait difficilement protester
si Yarker choisissait de s’appeLer Grand Maitre de ceci
ou de cela parce quail veillait ~ ne jamais empieter sun
son contr6Le excLusif des ateliers initiaux et des grades
du Royal Arch’8
17)
16. Mac Bean ~cnit que Marconis mourut en 1867.
17. Voir p. 91.
18. E. HOWE et H. MbLLER 1978.
—
ADDENDA
171
Ii est ici plus que jamais opportun de preciser, en ce
qui concerne les propos de Yarker sun La reunion en
Egypte des Rites Symbolique, Ecossais et de Memphis,
que celle-ci ne dependait en rien d’un accord tniparti
mais bien de La constitution reguli~re d’un Grand Orient
compose d~une Grande Loge nationale (trois premiers
grades symboliques) et d’un Grand Co1L~ge des Rites
comprenant in Grand Sanctuaire du Rite de Memphis 95’
et un Supreme Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepte
33’, dont la meme personne etait Grand Maitre, Grand
Hierophante et Souverain Grand Commandeur. Ce Grand
Orient d’Egypte avait ete fonde en 1874 par un groupe de
loges italiennes et fran~aises travaillant deja aux Rites
Ecossais et de Memphis qui avaient obtenu une charte de
constitution du Grand Orient de Palerme et de son College
des Rites. Ledit Grand Orient, une fois que sa Grande
Loge nationale d’Egypte fit rituellement etablie ~ Alexandrie le 8 mai 1876 avec ses propres Freres, obtint le
18 juiLiet suivant La reconnaissance de Ia Grande Loge
d‘Angleterre ~ La condition qu’iI reconnaisse ~ son tour
les droits et privileges des loges travaillant deja en Egypte
sous L’obedience des constitutions anglaises. 11 est bon de
preciser aussi que l’unique descendance reguliere du Souverain Sanctuaire d’Egypte fut le Sanctuaire de Palerme
pour L’Italie et ses dependances, constitue ~ La demande
des Freres Gaetano La Loggia, Giuseppe Colosi et Pietro
Tondft en 1876 et erige ~ Palerme Le 15 juin 1890, avec
comme Grand Maitre le Frere Salvatore Sottile, 33’ du
Rite Ecossais et 96’ du Rite de Memphis.
Le quatnieme document consiste en deux numeros
d’Egitto massonico, organe officiel du Grand Orient
d’Egypte, et concerne La nomination de Joseph Garibaldi
au titre de Grand Maitre honoraire ad vitam et La constitution de La Ligue mondiale du Rite de Memphis (et non
de Memphis et MisraYm) avec reconnaissance unanime
du Grand Hierophante d’Egypte comme Chef supr&me
du Rite oriental de Memphis (et non de Memphis et MisraYm). J’ai d’ailleurs mentionne cela ~ La page 94 de ce
hvre.
172
ADDENDA
U3S RITES DE MISRAIM ET MEMPHIS
173
—I
Le cinquieme document est constitu6 par divers procesverbaux des Archives de Palerme dont ii est seulement
fait mention, mais il est manifeste qu’ils ne sont pas tres
retentissants et qu’ils ne peuvent pas aider ~ faire c4 place
nette ». Et ceux-ci ne concernent encore que le seul Rite
de Memphis.
Du sixieme et dernier document (vu que 1’on ne cite
aucun extrait du septieme) j’ai deja mentionne des pages
entieres et ii m’apparait qu’elles vont absolument ~ l’encontre des fins que son auteur (Frosini) s’etait assignees,
non seulement en sa propre faveur mais aussi en faveur
de John Yarker qui s’etait autoproclame Grand Hierophante en concurrence avec Pessina et avec le colonel
roumain I.T. Ulic (dont figurent dans les archives que
j ‘ai consultees, deux lettres adressees ~ Palerme et signees
33’ 97’).
Bricaud declare qu’en 1902 ~le Frere J. Yarker succede
au Frere degli Oddi comme Grand Hierophante Mais
qui l’a nomme alors qu’en Italie fonctionnait regulierement le Rite de Memphis, avec comme Grands Maitres
Salvatore Martorana 33’, 96’ jusqu’en 1903, puis Benedetto
Tnigona?
Et nous voici arrives ~ Reuss qui, toujours selon Bnicaud et ses epigones, aurait ete reconnu legitimement>~
Grand Hierophante, ~ La mont de Yarker en 1913. Je me
pose La question: reconnu par qui? Probablement par
Bricaud et me autre personne, le bien connu et tristement fameux Aleister Crowley lequel, apres avoir ete
initie» au grade d’Administrateur general 33’ 90’ 96’
par Reuss avant m~me que mourftt Yarker, etait mentionne par le meme Reuss dans le numero de ~Jubile>’
d’Oriflamme (1912) sous le nom de Tres Saint, Tres
Illustre, Tres Illumine et Tres Puissant Baphomet X’,
Rex Summus Sanctissimus 33’, 90’, 96’, Grand Maitre des
Etats-Unis d’Amerique, d’Irlande, d’ [onie (etc.), pouvant
etre contacte au 33, avenue Studios, 76 Fulham road,
Kensington, London S.W. ».
Ce Crowley (auquel il plaisait d’etre contacte), ~ peine
obtenue sa nomination au grade de ~Baphomet X’ »,
>~.
I
imprima un Manifesto of the M.. M.~. M.~. dans lequel ii
expliquait que M.~. M-~. M-~. (Mysteria Mystica Maxima)
etait le nom de La section britannique de l’Ordo Templi
Orientis (O.T.O.) et qu’il s’agissait d’un rassemblement
d’inities dans les mains desquels etaient concentrees La
sagesse et La connaissance des organismes suivants:
L’Eglise Gnostique Catholique, I’Ordre des Chevaliers
du Saint Esprit, l’Ordre des Chevaliers de Saint Jean,
l’Ordre des Illumines, l’Ordre du Temple, l’Ordre des
Chevaliers de Malte, l’Ordre du Saint Sepulcre, I’Eglise
du Saint Graal, l’Ordre Rosicrucien, le Saint Ordre de La
Rose-Croix de Heredom, l’Ordre de l’Arche Royal d’Enoch,
le Rite Ancien et Pnimitif de la Ma~onnerie en 33 degres >‘,
le Rite ma~onnique de Swedenbong, l’Ordre Martiniste,
le Rite de Memphis en 97 degres, le rite de Misraim en
90 degres, le Rite Ecossais Ancien et Accepte en 33 degres,
l’Ordre des Sat Bhai, La Fraternite Hermetique de La
Lumiere, l’Ordre Hermdtique de La Golden Dawn et beaucoup d’autres Ordres de moindre renommee mais d’dgal
menite
Mais revenons ~ Reuss et ~ Ia charte qui lui avait ~
delivree par Yarker. Je tenterai d’~tre succinct, meme
s ‘ii est difficile de resumer bnievement une histoire qul
preterait entierement ~ rire si, derriere elle, ne se cachait
quelque chose qui a egalement it faire avec les services
secrets allemands de La Premiere Guerre mondiale, ainsi
que nous le verrons plus loin.
En 1901, Theodor Reuss, apres avoir echoue dans une
tentative de reveil de l’Ordre des Illumines de Baviere,
eut l’occasion de lire que le docteur Gerard Encausse
(Papus), occultiste fran~ais extr~mement connu et cultive,
avait obtenu de l’Angleterre l’autonisation de faire en
France des travaux ma~onniques selon le Rite de Swedenborg dans La Loge (ou Chapitre) I.N.R.I. n0 14. Reuss ecnivit it Encausse pour avoir des informations et Papus
.>~
19. Cette indication de 33 degr~s dans le Rite Ancien et Pnimitif
est symptomatique.
20. E. HOWE et H. M~5LLER
1978. Pour Aleister Crowley voir
aussi 3. SYMONDS the Great Beast, Londres, 1956.
—
—
174
LES RITES DE MI5RAIM ET MEMPHIS
repondit par me lettre non datee lui suggdrant d’6crire
it Londres en anglais am docteur William Wynn Westcott
qui etait alors le secr6taire du Rite de Swedenbong. Reuss
ne perdit pas de temps. La possibilite de conferer de
hauts-grades en Allemagne pouvait lui etre utile et Westcott servit d’intermediaire avec Yarker qui, en 1875, avait
re~i tine charte pour ce Rite di Frere canadien W.J.B.
Mac Leod Moore
90’,
~ Westcott Jul repondit le
31 janvier 1902: ~Je suis en relation epistolaire avec
le Fr~re Yarker, Grand Maitre, ~ votre sujet, et je vous
obtiendrai ce que vous voulez de lui bient6t si possible (...)
Certains de vos Ma~ons allemands sont hostiles: un certain journaliste macon d’Allemagne essaye de vous attaquer et pretend que vous voulez initier des Ma~ons clandestinement. Il a ecrit une demande d’information ~ un
officiel de La Grande Loge d’Angleterre.» Puis, comme
Reuss insistait, Westcott lii reecrit le 14 fevnier pour
I’autoriser it fonder Ia loge Saint Graal n’ 15 it Berlin:
Le Frere Yarker a enti~rement le droit de vous donner
~ vous, qui etes un Maitre Macon connu d’Angleterre ~,
une charte pour une loge, mais il hesite & vous donner
l’autorisation necessaire pour ouvrir six loges que votre
Latomia [revue ma~onnique] consid~re comme irregulieres. J’ai obtenu sa permission pour creer une Grande
Loge provinciale d’Allemagne pour vous; mais main tenant il hesite, car il ne veut pas voir La moitie des MaQons
allemands le condamner, comme La moitie des MaQons
anglais le feraient pour le Rite Ancien et Primitif.>~
Finalement, Yarker count le risque d’accorder Ia charte
de Maitre provincial par correspondance it quelqu’un qu’il
ne connaissait pas personnellement, mais sir recommandat ion de Westcott qui ~ etait en correspondance avec
lii ». Chacun est maitre de faire comme il l’entend, mais
~‘
330,
970
21. La lettre de Papus est reproduite en fac-simil~, de m~me
que celles de Westcott, dans le livre Occult Theocrasy de Lady
QUHENBOROUGH.
22. Voila oii apparaissent les 33’, 90’, 97 de Memphis-MisraYm.
23. Reuss avait ~t6 initi6 en Ma~onnerie dans la loge Pilgrim
238 de Londres, r6serv6e aux Ma~ons allemands, en 1876, a 21 ans,
et en avait ete exclu en 1882.
175
ADDENDA
ceci demontre de quels pouvoirs, initiations et autorites
ii s’agissait. Cependant le Rite de Swedenborg n’eut pas
de chance en Allemagne. Aussi Reuss considera qu’il
fallait trouver de nouveaux appats pour les Ma9ons allemands et il recount encore it Westcott pour obtenir de
Yarker une charte pour La constitution en Allemagne
d’un Sanctuaire du Rite Ancien et Primitif de Ia Ma~onnerie, ce qu’il obtint le 24 septembre 1902 par correspondance. Reuss fit nomme Souverain Grand Maitre pour
l’Empire allemand, Franz Hartmann, Grand Administrateur general, et Heinrich Klein, Grand Gardien du Livre
d’Or. En echange, Yarker fit associe am periodique Onflamme de Reuss, pus re~ut Ia representation de l’O.T.o.
Dans le nimero de decembre 1902 d’Oriflamme panut
I’annonce suivante: ‘Le Souverain Sanctuaire pour l’Empine allemand et le Grand Orient d’Allemagne sont autorises it fonder, accepter et consacrer des loges ma~onniques dans toute 1’Allemagne, it travailler ~ tous les grades,
di premier am dernier (Grand Inspecteur General 330, 95’)
et it accepter des candidats. » II s’agissait donc de Grands
inspecteurs et non de Princes Patriarches. Mais le Sanctuaire de Reuss s’ecroula encore en 1905 et prit alors le
titre de Souverain Sanctuaire de l’Ordre des Anciens
Francs-Ma~ons Templiers des Rites Ecossais, de Memphis
et de Misraim pour l’Empire allemand
On en etait
arrive it Ia fondation de l’Ordo Ternph Orientis et, en
effet, alors que son ((Empire ma~onniqie» etait pratiqiement dissous, Reuss, plit6t que de tout hitcher, se
presentait dans le nimero de juillet-decembre d’Oriflamme comme 45 ouverain Grand Maitre general it vie
des Ordres ma~onniques Ecossais, de Memphis et de
Misraim dans et pour l’Empire allemand, Souverain
Grand Commandeur, Grand Souverain absoli, Souverain
Pontife, Souverain Grand Maitre de l’Ordo Temphi Orientis, Supreme Mage de Ia Fraternite Rose-Croix, Siperieur
Inconni 33’, Termaximis Rdgent 1.0., etc.
En realite, semi Aleister Crowley
ainsi que nous
l’avons vi
he depassa en matiere de ~soiverainete
de ce genre, et ih n’y a eu jusqu’it prdsent qu’un seul
Franc-Macon modenne qui l’a, sinon depasse, di moms
“.
>.
—
—
176
LE5 RITES DE MISRAIM ET MEMPH]5
egale et il s’agit di fameux Philalettes d’Udine
Mais
il parait qu’il y a, en ce moment, quehque autre imitateur
qui veuille suivre cet exemple.
Il est difficile de comprendre comment, en 1908, en
face de semblables precedents, Reuss ait Pu ~tre accueihhi
it bras ouverts it Paris au Congres ma~onnique spiritialiste, et que l’on ait Pu accepter, en provenance d’ine telle
source, me charte pour La constitution d’un Sanctiaire
pour la France dont il n’y avait aucun besoin etant donne
que Papus en possedait me de l’Antiguo y Primitivo Rito
Oriental de Memphis y Mizraim delivree he 15 novembre
1906 par Villarino del Vi]1ar25 En verite, Papus se limite
it dire it ce propos 26 ce que j’ai rapponte it ‘[a page 99 de
ce hivre. De meme Philippe Encausse dans son ouvrage
sir la vie de son pere, se refere it Ia plaquette de Bricaud
pour declarer: ~de 1908 it 1916, Papus fut donc le Grand
Maitre du Souverain Grand Conseil general di Rite de
Memphis-Misraim pour La France ~
Il semble egalement que cette fameuse charte de Reuss
ait disparm. Toutefois dans Oriflamme de juillet 1908,
rapportant les resultats di Congres de Paris, Reuss ecrivail: .Papus et ses compagnons deciderent de constituer
un Supreme Grand Conseil et Grand Orient du Rite Ancien
et Primitif de Memphis et Misraim en France et furent
heureux de recevoir une charte de Reuss ». Cette affirmation de Theodor Reuss (alias Mage Merlin, Pendragon,
Wilsson, etc.), en accord avec celle de Bricaud, est l’uniqie
preuve de 1’ heureise» delivrance de cette charte. Dans
les archives de Papus, on trouve seulement un diplOme
signe par Reuss, de mars 1908, au titre du Gross-Orient
des Alten und Angenommenen Schottischen Ritus der
>‘.
27
24. Voir G. VENTURA
1978, p. 97, note 24.
25. En fait Ia patente de la loge Humanidad, d~livr~e par Villa—
rino del Villar, ne permettait d’initier qu’aux trois premiers degr~s
symboliques. (N.D.T.)
26. G. ENcAussE
Ce que doit savoir un Maitre Macon, Paris,
1910.
27. Ph. ENcAUSSE
1949, p. 127; mais ii est inl~ressant de lire
tout le chapitre.
—
—
177
ADDENDA
Freimaurer
Supreme Grand Lodge des Swedenborg
Ritus in Paris
Ici, avant d’aller plus avant et de conclure, il est interessant de rapporter ce qi’un ecrivain de qualite et
connaisseir incontestable di monde occultiste fran~ais
qui dans cette affaire de La succession fran~aise de
Memphis-Misraim est un des principaux temoins et protagonistes
dit de la succession Teder-Bricaud et de
Ia credibilite de ce qu’a affirme ce meme Bricaud. II
s agit de Robert Ambelain, c’est-it-dire de celui qui, en se
rechamant de la filiation Bricaud Chevillon Dupont,
aurait delivre la charte pour ha constitution en Italie d’in
Sanctuaire di Rite de Memphis-Misraim ~italien ». Nous
suggerons de lire ce qu’il ecrit, it propos de l’objectivite
de Bricaud, dans son ouvrage le Martinisme oii ii le
considere comme insuffisamment documente ». En plus,
dans une lettre di 21 fevrier 1960, adressee en Italie et
pour information it Dupont et Encausse, Ambehain dit
que selon Charles Detre (Teder) ~B ricaud etait un disciple de Vintras et jouait au cure~ et que sehon d’autres
temoignages il n’avait re~u aucune succession de Teder,
et ii conchut en affirmant que cette pretendue succession
etait pour lii 4(un reve intdresse2~
Donc, selon Ambelain, Ia charte de Reuss de 1908
tant est qu’ehle ait jamais existd
qui avait legitime, de
ha maniere que nous avons vie, hes droits fran~ais sir
Memphis-Mis raim, etait perimee depuis La mort de Teder,
successeur de Papus, et elle ne peut pas non plus etre
associee it celle de Villarino del Villar pour hes memes
raisons.
Mais Bricaud n’etait pas si stupide. Dans son opiscuhe,
—
>~.
—
—
-
-
~.
—
—
28. Idem, p. 129.
Cependant il faut signaler que Philippe ENcAUSSE d6c]are (p. 128)
qu’il n’a pas retrouve deux dipl6mes allemands, lorsqu’il a pu
recuperer les archives de son p~re derobees par la Gestapo en
1942. D’autre part, on peut trouver dans l’Acacia n0 74 de fevrier
1909 (pp. 135-137) le ~exte de la patente d~livr6e par Reuss it
Papus, qui n’est pas un mythe, meme si l’on peut discuter de la
moralite de Reuss ou de la validit6 de cette palente. (N.D.T.)
29. Voir G. VENTURA
1978, pp. 51-52, note 1; et du meme
auteur le num~ro 33 de Vie della Tradizione (Palerme), pp. 47-51.
—
178
La page 12, annee 1919, il dcrivait: ((Un groupe de
Ma9ons appartenant soit au Rite Fnan~ais (G.O.), soit
au Rite Ecossais (G.L. et S.C.) et possedant egalement les
hauts-grades du Rite de Memphis-Misraim, desireux, tout
en nestant fideles it leur obedience (Grand Orient, Grande
Loge ou Supreme Conseil) de travailler La Ma~onnerie
au point de vie purement initiatique, prend la resolution
de retablir he Rite de Memphis-Misraim en France. Ils
reveihlent, it l’Orient de Lyon, la Mere-loge Humanidad”
d’accord avec ha Puissance Ma9onniqie qui dehivra ha
Charte de Constitution, en 1908, du Rite de Memphis
Misraim pour La France. Cette meme Puissance dehivre
au Frere Bricaud, le 10 septembre 1919, me Charte pour
la constitution en France d’un Souverain Sanctuaire de
Memphis-Misraim, et le 30 septembre, he Supreme Conseil
des Rites Confederes des Etats-Unis lii delivre egalement
une Charte pour l’etabhissement en France d’un Supreme
Grand Conseil des Rites Confederes (Early Grand Scottish
Rite, Memphis & Misraim, Royal Order of Scotland,
etc.).
Quelle etait La ((Puissance ~ qui avait donne La charte
en 1908? Le fameux professeur Theodor Reuss, lequel,
en conclusion de ses precedentes activites (membre de
Ia Ligue Socialiste en Angleterre pour he compte de La
police allemande sous le nom de Karl Theodor; journaliste it Siiddeutsche Presse de Munich, Berliner Zeitung
de Berlin et Central News de Londres; auteur en 1887
de l’opuscule La Question matrimoniale d’un point de vue
anarchiste, selon lequel ~avec La reorganisation de la
Societe, la Revolution sociale et l’etabhissement di Coinmunisme, que nous proposons, la femme sera reellement
libre et socialement egale it l’homme > ; agent provocateur
des Services Secrets allemands, expulse en 1884 de La
Ligue Socialiste), retourna en Allemagne au debut de ha
Grande Guerre et travailla pendant une courte periode
pour le contre-espionnage allemand it La frontiere hollan,
daise, pus fut envoye en territoire neutre it Bitle, oii il
30. La loge Humanidad avait ~ constitu~e sur patente de
1’Espagne et, par consequent, Reuss n’etait pas concerne.
179
ADDENDA
LBS RITES DE MISRAIM ET MEMPHI5
I
travailla comme journaliste conrespondant et enseigna
[‘anglais it l’Ecole Berlitz locale sous he nom de A.C.
Theodor Reuss, Professeur honoraire de la Faculte des
Sciences medicales appliquees de l’Universite de France.
En 1917, il organisa, sous les auspices de l’O.T.O. ~
Ascona, sun le Lac Majeur, clans les hocaux de La Fondation
Monte Verit&, un congres theosophiste qui dura une
dizaine de jours et sir lequel, outre un compte rendi de
Roberto Landmann, dans lequel on affirme que Reuss
~encaissa de l’argent en echange de l’octroi d’initiations
it des hauts-grades », ii existe une lettre de lii, envoyee
en Allemagne it un destinataire inconnu (pubhiee dans les
fameux Protocoles des Sages de Sion, edition de 1919,
Charlottenburg, p. 167) qui, entre autre, dit: ~Mon but
secret, en organisant ce congres, est de rassembler les
utopistes agraires, les vegetari ens, les theosophes, les
pacifistes d’Espagne, d’Italie, de Hollande, de Russie, de
France (etc.) et de changer leurs sentiments empoisonnes
anti-allernands en quelque chose de plus favorable &
l’Allemagne (...) Le drapeau du Congres cooperatif antinationahiste et l’ebauche de programme sont naturellement de purs camouflages (...) L’Allemagne devrait
envoyer deux representants ma~onniques qui soient de
vrais hommes du Monde et qui connaissent la veritable
(et non off icielle) histoire de la Ma~onnerie et ses travaux
politiques secrets.
Tel etait Reuss auquel Bricaud s’adressa deux ans apres
pour he renouvellement de Ia charte. IL apparait evident,
en fait, it Ia lecture de cette lettre, qu’elle avait ete
envoyee en Allemagne it tine autorite qui “noyautait» le
Congres et avait interet it faire de ha propagande en faveur
de l’Allemagne. Mais ce qui est plus etrange, c’est l’allusion claire faite au ((camouflage ~ et aux representants
de ha Ma~onnerie non officielle.
Mais cela ne s’arrete pas la. En 1918, Reuss pubhia ha
traduction de ha messe ma~onnico-gnostique de Crowley,
en annon~ant qi’on pouvait Ia recevoir en ecrivant au
((Professeir Theodor Reuss-Wihsson
Boite postale
15268
B&Ie ». Le Professeur se presentait comme ((he
Chef des Neo-Chretiens Gnostiques et Temphiers Orien—
—
180
ADDENDA
LB5 RITE5 DE MI5RAIM ET MEMPHI5
taux, Carolus Albertus Theodorus Peregrinus, Souverain
Patriarche et Pnimat de l’Eglise Gnostique Cathohique ~,
Vicaire de Salomon et Grand Maitre de l’O.T.O.
Le
25 mai 1919, iL fondait it Zurich Le Grand Orient suisse
di Rite Ecossais Ancien et Accepte (Cerneau) en 33 degres
et, en juillet 1920, il prit part dans ha meme ville au
Congres de ha Federation Ma~onnique Internationale,
diigee par Le bien conni Matthew Mac Blain Thomson,
de Salt Lake City (Etats-Unis), lequel, deux ans plus tard,
fut condanine it une peine de prison, pour utilisation
illegale des postes americaines en vie de vendre de faux
grades ma~onniques. Ce que publia Thomson, en septembre 1920, dans son pdriodique the Universel Freemason, ne manque pas d’in tenet: ~J ‘ai egalement rencontre le Frere Reuss. IL est typiqiement allemand, youlant arriver it ses fins, sinon preferant tout demolir. J’ai
decouvert qu’il avait re~u me charte du Frere Yarker,
lui donnant le pouvoir d’etabhir le Rite en Allemagne, et
que, grace it ~a, il prelevait une commission sur chaque
candidat re~i. IL voulait que je suive le meme processus,
et, sur mon refus, est deveni furieux et a dit qu’il ne
permettrait it aucun Anglais ou Ecossais de se meler de
ses affaires privees. Puis ii a demande qi’il y ait en Suisse
deux organismes separes reconnus comme membres de
la Federation, c’est-it-dire le Grand Orient (sur lequel il
percevait des commissions) et ce qi’il se plaisait it appeler
le Souverain Sanctuaire du Rite de Memphis. Et, comme
ce denier n’abritait que sa propre personne, je Lui ai
dit que nous ne pouvons pas reconnaitre in organisme qui
ne possede pas d’administration reguliere ~
Comme on le voit, tout n’ahlait pas panfaitement bien,
meme entre (( comperes ~, et ceci semble justifier La lettre
d’Adelchi Borzi, que j’ai reproduite en partie it la page 122
de ce Iivre.
Au sujet de la charte dii 30 septembre 1919 delivree it
Bricaud par he Supreme Grand Conseil des Rites Confe~.
31. Cette Eglise soi-disant ~Gnostique Catholique fut peut-etre
un cadeau de Bricaud qui selon Tt~der et Ambelain
jouait au
cur6?
32. E. HowE et H. M&LER 1978.
—
—
—
181
deres des Etats-Unis, ne s’agit-il pas, par hasard, di meme
Thomson ? J’ai entre les mains un imprime de ha Spiritual
Grand Lodge and Universal Orient (S.OM.A.) de 1948 qui
me fait supposer qu’il s’agit de quelque chose de semblable.
Ces notes complementaires sont terminees, tout au
moms pour cette edition. Je souhaite que l’on ne me
mette pas it nouveau en cause, car j’ai ha possibilite, pour
me defendre d’autres eventuelles accusations, d’apporter
de nouveaux elements dans la troisieme edition de ce
Iivre. Et je serai egalement pret, ainsi que j’en ai l’habitide, it reconnaitre les erreurs que je pourrais avoir
commises. De meme, je confirme que je n’ai 6mis aucun
jugement ni aucune critique sinon dans L’interpretation
logique de documents qui sont arrives dans mes mains,
ainsi que doit le faire toute personne qui essaye avec
honnetete et objectivite d’ecrire h’histoire. Manifestement
comme je l’ai dejit ecrit dans ha preface de janvier
1975
il serait absurde de pretendre avoir ((tout ~ rassemble et examine. Mais il me semble avoir rassemble
et examine beaucoup plus que mes accusateurs. Je comprends que consulter des livres, aller fouihler dans les
archives et les bibhiotheques, examiner des documents,
des lettres, clans des langues diverses, constitue in tres
gros effort. Mais Ia verite, om au moms me partie de
cette verite, ne peut pas resulter de l’6nonc6 d’ine dizaine
de faits chronohogiques sans autre preuve que leur transcription sir me liste, ni de l’affirmation que ces faits
sont la verite seulement parce qu’un tel les a dictes ou
ecnits it tel ou tel autre. II faut aller chercher he document
qui prouve le fait et, tine fois qu’on l’a trouv6, chercher
egalement pourquoi, comment et par qui il fut redige.
—
I
—
Je laisse it qui me hira le soin de juger s’il fallait aussi
balayer devant ma porte et je ne fais aucun autre
commentaire.
ANNEXE A L’1~DITION
FRAN~AISE
Grades des Rites de MisraYm,
Ecossais Ancien et Accepte, Ancien et Primitif,
de Memphis-Misraim’
I
I’ ~
1. Pour Ics Rites des Illumines d’Avignon, Adonhiramite, des
Philalethes, de Memphis, de Swedenborg, National Espagnol et
Philosophique Italien, voir ci-dessus respectivement aux pages 43,
56, 64, 71, 93 et 113.
GRADES DU RITE DE MISRAIM
Selon les Statuts de 1816
PREMIERE SERIE (SYMBOLIQUE)
J~ classe
1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maitre
20
classe
4. Maitre Secret
5. Maitre Parfait
6. Maitre par Cuniosit~, ou Secr6taire Intime
7. Maitre en Israel, ou Prdv6t et Juge
8. Maitre Anglais
30
classe
9. Elu des IX
10. Elu de l’Inconnu
11. Elu des XV
12. EIu Parfait
13. Jilustre
40
classe
14. Ecossais Trinitaire
15. Ecossais Compagnon
16. Ecossais Maitre
I
17. Ecossais Panissiere
18.
19.
20.
21.
50
Maitre Ecossais
Ecossais des JJJ (ou des Trois J)
Ecossais de la Voitte sacr6e de Jacques VI
Ecossais de Saint-Andr6
classe
22. Petit Architecte
23. Grand Architecte
24. Architecte
25. Apprenti Parfait Architecte
186
LBS RITE5 DE MISRAIM ET MEMPHIS
26. Compagnon Parfait Architecte
27. Maitre Parfait Architecte
28. Parfait Architecte
29. Sublime Ecossais
30. Sublime Ecossais d’Heredom
6 classe
31. Royal Arche
32. Grand Hache (ou Grand Arche)
33. Sublime Chevalier du Choix, Chef de la Premiere S~rie
DEUXIEME SERIE (PHILOSOPHIQUE)
7 elasse
34. Chevalier du Sublime Choix
35. Chevalier Prussien
36. Chevalier du Temple
GRADE5 DU RITE DE MI5RA1M
60.
61.
62.
63.
64.
Souverain des Souverains
Maitre des Loges
Tres Haut et Tres Puissant
Chevalier de la Palestine
Chevalier de l’Aigle Blanc
65. Grand Elu Chevalier Kadosch, Grand Inspecteur
66. Grand Inquisiteur Commandeur, Chef de la Deuxieme S~rie
TROISIEME SERIE (MYSTIQUE)
iP classe
67. Chevalier Bienfaisant
68. Chevalier de l’Arc en Ciel
69. Chevalier du Banuka ou de in Kanuka, dit Hinaroth
70. Tres Sage Isra6lite Prince
12’ classe
71. Souverain Prince Talmudim
37. Chevalier de l’Aigle
72. Souverain Prince Zadikun
73. Grand Haram
130 elasse
74. Souverain Grand Prince Haram
75. Souverain Prince Hassid
& elasse
42. Commandeur d’Orient
43. Grand Commandeur d’Orient
44. Architecte des Souverains Cominandeurs du Temple
45. Prince de Jerusalem
14’ classe
9 classe
46. Souverain Prince Rose-Croix de Kilwinning et d’Heredom
47. Chevalier d’Occident
15 classe
Souverains Princes des 78’, 79,, 80’ et 81 degres
38.
39.
40.
41.
Chevalier de l’Aigle Noir
Chevalier de l’Aigle Rouge
Chevalier d’Orient Blanc
Chevalier d’Orient
48. Sublime Philosophe
49. Chaos 1’, Discret
50. Chaos 2, Sage
51. Chevalier du Soleil
10 elasse
52. Supreme Commandeur des Astres
53. Philosophe Sublime
54. Clavi-Ma~onnique P’, Mineur
55. Clavi-Ma~onnique 2, Laveur
56. Clavi-Ma~onnique 3’, Souffleur
57. Clavi-Ma~onnique 4, Fondeur
58. Vrai Macon Adepte
59. Elu Souverain
187
76. Souverain Grand Prince Hassid
77. Grand Inspecteur, Intendant Regulateur general de l’Ordre
QUATRIEME SERIE (HERMETICO-CABALISTIQUE)
16 classe
Souverains Princes des
82’, 83’, 84’, 85’ et 86’ degres
17’ classe administrative
87. Souverain Grand Prince, Grand Ministre, Representant de
l’Ordre pour la Premiere S6rie
88. Souverain Grand Prince, Grand Ministre, Representant de
l’Ordre pour la Deuxieme Serie
89. Souverain Grand Prince, Grand Ministre, Representant de
l’Ordre pour Ia Troisieme Serie
90. Souverain Grand Maitre absolu, Puissance Supreme de l’Ordre
17 classe du Regime de Naples
Arcana Arcanorum (87’, 88’, 89’ et 90’ degres)
GRADES DU RITE ~COS5AI5
189
21. Chevalier Prussien ou Patriarche Noachite
22. Chevalier Royal Hache ou Prince du Liban
23. Chef du Tabernacle
24. Prince du Tabernacle
25. Chevalier du Serpent d’Airain
26. Ecossais Trinitaire ou Prince de Mercy
27. Grand Commandeur du Temple ou Souverain Commandeur
du Temple de Jerusalem
28. Chevalier du Soleil
GRADES DU RITE 1~COSSMS
ANCIEN ET ACCEPTI~
29. Grand Ecossais de Saini-Andr~ d’Ecosse
30. Grand Elu Chevalier Kadosch ou Chevalier de l’Aigle Blanc et
Noir
TRIBUNAL
31. Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur
LOGE BLEUE OU ATELIER SYMBOLIQUE
1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maitre
LOGE DE PERFECTION
MaItre Secret
Maitre Parfait
6. Secr~taire Intime
7. Pr~v8t et Juge
4.
5.
8.
9.
10.
11.
Intendant des BAtiments
Maitre Elu des Neuf
Illuslre Elu des Quinze
Sublime Chevalier Elu
12. Grand Maitre Architecte
13. Chevalier de Royal Arch
14. Grand Elu de la Vo~te Sacr6e ou Sublime Ma~on
CHAPITRE
15. Chevalier d’Orient ou de l’Ep~e
16. Prince de Jerusalem
17. Chevalier d’Orient et d’Occident
18. Souverain Prince Rose-Croix
AREOPAGE
19. Grand Pontife ou Sublime Ecossals de la J6rusalem Cdleste
20. V6n~rable Grand Maltre de toutes les Loges r~gulieres ou
Maitre ad Vitam
CONSISTOIRE
32. Sublime Prince du Royal Secret
CONSEIL SUPREME
33. Souverain Grand Inspecteur g&i~ral
GRADES DU RITE ANCIEN ET PRIMITIF
5 elasse
‘
18. Chevalier Kadosch
19. Chevalier du Royal Mystere
20. Grand [nspecteur
SERIE III
GRADES DU RITE ANCIEN ET PRIMITIF
(Memphis en 33 degr~s)
Selon la Constitution de John Yarker de 1875
MA~ONNERIE SYMBOLIQUE
1”
I.
2.
3.
classe
Apprenti
Compagnon
Maitre
SERIE]
CHAPITRE DE ROSE-CROIX
-
2’ classe
4.
Maitre Discret
5. Maitre Sublime
6. Chevalier de l’Arche Sacr~e
7. Chevalier de la Voitte Secrete
3’ elasse
8. Chevalier de PEp~e
9. Chevalier de 3~rusalem
10.
Chevalier d’Orient
11. Chevalier Rose-Croix
SERIE II
4’ classe
-
SENAT DE PHILOSOPHES HERMETIQUES
12. Chevalier de l’Aigle Rouge
13. Chevalier du Temple
14. Chevalier du Tabernacle
15. Chevalier du Serpent
16. Sage de la Write
17. Philosophe Herm~tique
-
GRAND CONSEIL
elasse
21. Patriarche Grand Ins tallateur
22. Patriarche Grand Cons~crateur
23. Patriarche Grand Eulogiste
6’
24.
25.
26.
27.
28.
29.
30.
Patriarche de la V~rit~
Patriarche des Planispheres
Patriarche des Wdas Sacres
Patriarche d’Isis
Patriarche de Memphis
Patniarche de la Cite Mystique
Sublime Maitre du Grand CEuvre
Classe officielle
31. Grand Nfenseur du Rite
32. Prince de Memphis
33. Patriarche Grand Conservateur
191
GRADES DU RITE DE MEMPHIS-MISRAIM
SENATS
GRADES DU RITE
DE MEMPIIIS-MISRAIM2
19. Chevalier de l’Aig]e Rouge
20. Chevalier du Temple
21. Sublime Alesophilote
22. Chevalier du Liban
23. Chevalier de Heredom
24. Chevalier du Tabernacle
25. Chevalier du Serpent
26. Chevalier Sage de Ia Verite
27. Chevalier Philosophe Hermetique
28. Chevalier de la Clef
29. Chevalier de l’Aigle Blanc
LOGES
1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maitre
COLLEGES
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
14.
Maitre Discret
Maitre Parfait
Maitre Sublime
Sublime Epopte
Chevalier de l’Iris
Sublime Minerval
Chevalier de la Toison d’Or
Grand Elu Mysophilote
Chevalier du Triangle
Chevalier de l’Arche Sacree
Chevalier de la Voiite Sacree
CI-LAPITRES
15. Chevalier de l’Epee
16. Chevalier de Jerusalem
17. Chevalier d’Orient
18. Chevalier Rose-Croix
2. Ce Rite fut fonde par John Yarker ~ partir du Rite de
Memphis auquel il amalgama certains grades d’autres Rites. Apres
John Yarker, la Grande Maitnise generale de ce Rite a ete exercee
successivement par Theodor Reuss, Jean Bricaud, Constant Chevillon, Henry Charles Dupont et Robert Ambelain. Ce Rite est
distinct du Souverain Sanctuaire des Rites Unis de Misraim et
Memphis fonde ~ Venise en 1945 par M.E. Allegri. (N.D.T.)
AREOPAGES
30. Chevalier Kadosch
31. Chevalier de l’Aigle Noir
32. Chevalier du Royal Secret
33. Chevalier Grand Inspecteur
CONSISTOIRES
34. Chevalier de Scandinavie
35. Sublime Commandeur du Temple
36. Sublime Negociate
37. Chevalier de Shota (Adepte de la Venite)
38. Sublime Elu de la Verite
39. Grand Elu des Eons
40. Sage Sivaiste (Sage Parfait)
41. Chevalier de l’Arc en Ciel
42. Prince de la Lumi~re
43. Sublime Sage Hermetique
44. Prince du Zodiaque
45. Sublime Sage des Myst~res
46. Sublime Pasteur des Huts
47. Chevalier des Sept Etoiles
48. Sublime Gardien du Mont Sacre
49. Sublime Sage des Pyramides
50. Sublime Philosophe de Sainothrace
51. Sublime Titan du Caucase
52. Sage du Labyrinthe
53. Chevalier du Phenix
54. Sublime Scalde
55. Sublime Docteur Orphique
56. Pontife de la Cadmee
57. Sublime Mage
58. Prince Brahmine
59. Grand Pontife de l’Ogygie
193
194
LES RITES DE MISRAIM F~ MEMPHIS
60. Sublime Gardien des Trois Feux
61. Sublime Phiosophe Inconni
62. Sublime Sage d’Eleusis
63. Sublime Kawi
64. Sage de Mithra
65. Patriarche Grand ]nstallateur
66. Patriarche Grand Cons~crateur
67. Patriarche Grand Eulogiste
68. Patriarche de la V~rit~
69. Chevalier du Rameau d’Or d’Eleusis
70. Patnarche des Planispheres
71. Patriarche des Vedas Sacres
GRANDS CONSEILS
72. Sublime Maitre de la Sagesse
73. Docteur du Feu Sacr~
74. Sublime Maitre du Sloka
75. Chevalier de la Chaine Libyque
76. Patriarche d’Isis
77. Sublime Chevalier Theosophe
78. Grand Pontife de la ThebaYde
79. Chevalier du Sadah Redoutable
80. Sublime Elu du Sanctuaire
81. Patniarche de Memphis
82. Grand Elu du Temple de Midgard
83. Sublime Chevalier de la Vall~e d’Addy
84. Docteur des Izeds
85. Sublime Maitre de l’Anneau Lumineux
86. Pontife de S~rapis
87. Sublime Prince de la Ma~onnerie
88. Grand Elu de Ia Cour Sacr~e
89. Patriarche de la Cite Mystique
90. Patriarche Sublime Maitre du Grand CEuvre
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