La politique culturelle

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La politique culturelle
N° 127 - 10 avril 2014
La politique culturelle
Mensuel culturel et socio-politique
Paraît le deuxième jeudi du mois
* ACCENT AIGU:
Editorial; Printemps des poètes. Culture, politique et pouvoir; Papst
Franziskus, der Mann für Lateinamerika; Machtspiel mit de (Aber-)glauben
Feuilleton. Carapaces; Fables intemporelles. La Fontaine anticlérical;
* LITTÉRATURES:
Feuilleton. Krankenhaus Europa; Buchrezension.
* CINÉMA:
Perspektiven. Chronologie der Filmfestivals in Luxemburg
* BEAUX-ARTS:
Chroniques parisiennes. Bill Viola; Aktuelle Kulturpolitik. Kein Aufruhr.
* MUSIQUES:
Interview mit Mischa Maisky
* ICI ET AILLEURS:
Brief aus Wien. Der Herr Karli geht aufs Klo; Gramma apo tin Ellada. Kennst du
das Land; Billet de Crète. Gauch et Glezos; Letter from England. Mysteries;
In the air Ten euro t-shirts; Über Preußen und Deutschland (XLVII).
Der Untergang der deutschen Juden (2); Vor 70 Jahren (XLVII).
Der lange Weg nach Rom; Propos en l’air. Partage (6)
* A PROPOS:
Hausemers Kulturreisen (64. Etappe). Spanien
* RETOUR SUR IMAGE: President Museveni On Gays and Lesbians! By Gado
S. 2
Mensuel culturel et socio-politique – n° 127 – 10 avril 2014
Dans cette édition:
La pensée du mois:
“Une culture est bien morte quand on la défend au lieu de
l’inventer.”(Paul Veyne)
Sommaire - Editorial
Lettre à Marguerite
Chère Marguerite,
Je vous admire. Vous avez su défendre votre point de vue
contre le premier de vos collègues qui, finalement, a cédé,
p. 2: Editorial Alvin Sold
quitte à ne pas se rallier à vos arguments.
Il faut dire que le renvoi à la grotte de Lascaux peut paAccent aigu:
raître tiré par les cheveux, car cet endroit mythique surpage 3: Entretien avec Françoise Pirovalli, secrétaire générale du Printemps passe de loin ce que peut imaginer le commun des mortels
courants. Comment sauraient-ils, ces accros du multimédes Poètes Luxembourg. “Un feu qui ne doit jamais s’éteindre.”
(Ian De Toffoli)
dia dévoreur de leurs jours, que le berceau de l’homo sapages 4-5: Culture, politique et pouvoir. (Michel Decker)
piens, capable de relations sociales et d’un langage strucpages 6-7: Bergoglio. Papst Franziskus, der Mann für Lateinamerika.
turé, d’abstraction et d’introspection, a révélé ses dons artistiques là-bas, en Dordogne, il y a dix-sept mille ans?
(Jim Schumann)
pages 8-9: Bommeleeër Land. Das Machtspiel mit dem (Aber-)glauben.
Quinze mille ans avant notre ère sophistiquée mais en
somme barbare, les gens de l’endroit nommé Lascaux vers
(Carlo Kass)
Littérature:
le XVe siècle peignaient et gravaient sur les parois de leur
pages 10-11: Feuilleton. Carapaces. (Carla Lucarelli)
refuge enfoui des taureaux, des cerfs, des félins, des rhinopage 12: Fables intemporelles. La Fontaine anticlérical (6) (Paul Hemmer) céros et, dans le lieu dit puits, un homme à tête d’oiseau et
page 13: Fables intemporelles. La Fontaine anticlérical (7) (Paul Hemmer) au sexe érigé, étendu sous un bison éventré. On se donnait
page 14: Feuilleton. Krankenhaus Europa. (Klaus Hardtke)
le temps et les moyens de réaliser quelque chose de beau,
page 15: Buchrezension. Ich- Paul Klee, schreibt Guy Wagner.
des oeuvres destinées à plaire, à raconter, à traverser les
temps et les générations. On a découvert, et ce fut par pur
(Barbara Höhfeld)
Cinéma:
hasard, les grottes de Lascaux qu’en 1940, alors que les napages 16-17: Perspektiven. Chronologie der Filmfestivals in Luxemburg.
tions les plus civilisées du monde moderne se lançaient
dans la plus meurtrière des guerres.
(Luc Belling & Yves Steichen)
Beaux-Arts:
Oui chère Marguerite, l’art, les arts dont vous êtes la dépage 18: Chroniques parisiennes. Bill Viola. (Clotilde Escalle)
fenderesse suprême en ce pays épris de sécurité et donc de
page 19: Aktuelle Kulturpolitik. Kein Aufruhr. (Jos Weydert)
l’argent, ont pris racine en Dordogne et ailleurs, bien avant
Musiques:
l’Histoire connue et célébrée de l’antiquité européenne,
page 20-21: Interview mit Mischa Maisky. “Wirkliche Größe kennt keine
méditerranéenne et asiatique. La femme érudite que vous
êtes a sans doute obéi à ses réflexes innés lorsque vous
Zeit und keine Grenzen” (Alain Steffen)
Ici et ailleurs:
avez opposé un refus catégorique à la demande de vos
page 22: Brief aus Wien. Der Herr Karli geht aufs Klo. (Michèle Thoma)
amis Xavier et Pierre.
page 23: Gramma apo tin Ellada. Kennst du das Land (Linda Graf)
Que ces deux brillants gestionnaires agissent comme
page 24-25: Billet de Crète. Gauch et Glezos. Le président et le résistant.
leurs pairs ne vous a surpris guère: ils cherchent à réduire
les frais de fonctionnement de l’Etat, ce qui est sans doute
(Iraklis Galanakis)
page 26: Letter from England. Mysteries. (Diana White)
nécessaire. Mais comment osaient-ils vous approcher,
page 27: In the air. Ten euro t-shirts. (Ariel Wagner)
vous la ministre de la Culture, avec l’idée saugrenue de dipage 28: Preußen und Deutschland (47). Der Untergang der deutschen Juden minuer de dix pour cent les budgets alloués aux différents
départements?
(2). (Tino Ronchail)
page 29: Vor 70 Jahren (47). Der lange Weg nach Rom. (Guy Wagner)
N’ont-ils pas conscience d’un fait élémentaire: c’est par
page 30: Propos en l’air. Partage (6). (Paul Hemmer)
sa culture que l’homme se distingue, depuis Lascaux, des
autres êtres vivants qui peuplent la planète?! Qu’il faut
A propos:
page 31: Hausemer’s Kulturreisen (64). Spanien. Txotx! (Georges Hausemer) donc, en bonne logique, promouvoir la marche vers la culRetour sur Image:
ture même quand les milieux d’affaires et d’affairistes excipage 32: President Museveni On Gays and Lesbians! By Gado.
tés par mille et un experts et conseilleurs tentent d’imposer
aux Etats une austérité générale!
Ah! grande dame, vous méritez plus que notre reconnaissance; nous vous devons un soutien politique sans
faille. Si vous n’aviez pas eu la force d’imposer au chef du
gouvernement un plus dix en lieu et place de son moins, de
Editeur: Editpress Luxembourg SA
nombreuses associations culturelles, regroupant des milCoordination générale: Alvin Sold
liers de bénévoles, ne pourraient plus financer leurs activiCoordination technique: Herbert Becker
tés, certes modestes par rapport aux prestations des musiCoordination extérieure:
ciens, choristes et solistes, danseurs, peintres, sculpteurs,
Ian De Toffoli, Nico Reyland
écrivains, acteurs et comédiens, mais indispensables dans
Couverture: Tageblatt-Archiv
une société évoluée.
Supplément du Tageblatt du 10 avril
Eh! Marguerite, vous aurais-je mal compris? Seriez-vous
2014
une adepte du moins dix, comme les autres? La culture deSite internet: http://www.kulturissimo.lu
vrait-elle rentrer dans le rang, sous votre oeil sévère, votre
Prochain numéro: le 8 mai 2014
main tenant le stylo à l’encre rouge?
Clôture rédactionnelle: 20 avril 2014
Quelle déception, Marguerite.
Toute correspondance est à adresser exclusivement
Je vous salue poliment, en gardant un espoir: si votre
à [email protected]
char ministériel faisait un jour un petit tour par Lascaux,
Alvin Sold
vous nous reviendriez différente. En amie.
Impressum:
Accent aigu
S. 3
Entretien avec Françoise Pirovalli, secrétaire générale du Printemps des Poètes Luxembourg
„Un feu qui ne doit jamais s’éteindre“
Ian De Toffoli
Ian De Toffoli: On dit toujours, un peu
facilement certes, que la poésie est un
art qui se vend peu, un art rare, réservé aux élus, et néanmoins, année
après année, le Printemps des Poètes,
organise des événements d’envergure
presque titanesque, s’engage. D’où lui
vient cette motivation?
Françoise Pirovalli: Je dirais plutôt que
la poésie est une petite musique et qu’elle a
du mal à se faire entendre d’autant plus que
certains qui s’en réclament ne la servent
guère. Il y a pourtant tant de magnifiques
poètes qui nous font entendre cette „basse
continue“ comme la nomme Michel Deguy.
Et cette musique n’est ni élitiste, ni fleur
bleue. Elle „accompagne la vie et la vie (l’)
accompagne“ ajoute le même Deguy. Elle
est en effet enracinée dans le réel. Elle touche au plus intime, „parole et provocation
silencieuse désespérée de notre être“ dira
René Char. Elle s’empare aussi, et avec
quelle force, des grandes questions du
monde… Mais la poésie, pour se faire entendre, a besoin de relais. Le Printemps des
Poètes-Luxembourg (PPL) que nous avons
lancé en 2008 avec Jean Portante est aujourd’hui l’un de ces relais. Cette petite
structure a pris le nom de l’association française et y a ajouté le nom du pays que nous
voudrions inscrire sur la carte des grandes
rencontres de poésie. Et le PPL, depuis, a su
monter de grands et beaux projets en s’appuyant sur des partenaires, nombreux, dont
le CCRN, la Kulturfabrik et la galerie Simoncini qui mettent à disposition leurs
structures et le Ministère de la Culture qui
lui offre un gros soutien et une petite subvention. En tout cas la motivation est bien
là. Et les succès sont encourageants.
Ian De Toffoli: Le Printemps des Poètes du Luxembourg a cela de particulier qu’il invite des écrivains, des poètes, de partout, de toute l’Europe,
voire d’au-delà même. C’est la fonction de médiateur entre cultures qui
est ainsi mise en évidence, ou comment faut-il comprendre cela?
Françoise Pirovalli: Luxembourg est un
carrefour et a toujours été un pont entre les
mondes germanique et francophone. Aujourd’hui c’est un territoire cosmopolite où
de très nombreuses populations cohabitent.
Nous avons souhaité prendre en compte
cette réalité, avons invité les Ambassades et
les écoles à nous rejoindre et travaillons
dans un beau partenariat à la mise sur pied
de la grande manifestation du printemps.
Comme vous le mentionnez nous y accueillons des poètes venus d’un peu partout en
Europe. Ils s’expriment dans leur langue
mais grâce à la traduction le plus grand
nombre a accès à leurs textes. L’actualité,
comme le Printemps arabe en 2012, nous
amène à inviter d’autres grandes voix poétiques „passeur(s) de tout cela qui forme un
ordre. Et un ordre insurgé“ dirait René
Char. Ce sont des moments rares.
Ian De Toffoli: Lequel des nombreux
événements organisés te tient particulièrement à cœur?
Françoise Pirovalli: „Les grandes rencontres du Printemps“, lancées fin 2012, et
qui nous ont permis d’accueillir Gao Xingjian, Anise Koltz et tout récemment Erri De
Luca ont une saveur toute particulière pour
moi. Elles montrent à l’envi qu’un poète
„c’est toujours un pays qui marche“ comme
le dit magnifiquement Guy Goffette. Mais la
grande manifestation du printemps reste
l‘événement phare du PPL. Elle offre de
merveilleux échanges entre les lycéens et les
poètes, entre le grand public et les poètes,
entre les poètes eux-mêmes. Elle est plurielle et festive et fait se conjuguer les arts.
Et elle permet de montrer que la poésie s’offre en formes multiples et qu’elle est accessible. Mais comme l’écrit Anise Koltz il faut
„la veiller comme un feu qui ne doit jamais
s‘éteindre.“
Au programme: trois jours de rencontres, d‘échanges, d‘écoute, de
partage, de lectures avec de grandes voix poétiques venues des quatre coins de l’Europe:
Ouverture festive le 25 à la Kulturfabrik d’Esch, dès 19h.
Grande nuit poétique et jam session
le 26 à l’Abbaye de Neumünster, à
partir de 20h.
Récital à la galerie Simoncini, à Luxembourg, le 27 en matinée, à partir
de 11h.
Avec tout au long de ces journées
une librairie ouverte sur les différents lieux… sans oublier buffets et
bars ouverts pendant la manifestation.
Accent aigu
S. 4
Exceptions culturelles
Culture, politique et pouvoir!
Le fleuve Oubangui et la forêt équatoriale (sérigraphie de l’artiste Ota Nalezinek en 1984)
Michel Decker
„Tu avais rendez-vous avec lui,
Qui partit dans les montagnes qui
jamais ne fit mal,
Qui partit dans les montagnes,
Et en cinq minutes fut mis en pièces.
Sonne la sirène de retour au travail,
Beaucoup ne sont pas revenus,
Manuel non plus.“
Ce poème de Victor Jara s’appelle „Te recuerdo, Amanda“, un des plus connus.
Mais connus par qui, aujourd’hui? Et qui
est Victor Jara pour commencer? Qu’est-ce
qu’il vient faire dans ce texte sur la culture
et la politique culturelle?
En parlant de culture, il va de soi qu’on
distingue entre la culture individuelle et la
culture collective. La culture individuelle
est l’ensemble des connaissances qu’une
personne a pu acquérir. La culture collective est autre chose. „La culture collective
correspond à une unité fixatrice d’identités,
un repère de valeurs relié à une histoire, un
art parfaitement inséré dans la collectivité;
la culture collective n‘évolue que très lentement, sa valeur est au contraire la stabilité
figée dans le passé, le rappel à l’Histoire.“
Nous parlons aujourd’hui parfois d’exception culturelle, notamment en ce qui
concerne la France, mais pas seulement.
Pourquoi pense-t-on à protéger une culture? Peut-elle être menacée?
Il semble clair qu’une culture peut être
menacée de l’extérieur. Des exemples, il y
en a. Par exemple, en pensant à notre enfance, dans les années cinquante du siècle
dernier, au village: mon grand-père me prenait à dos de son cheval, cheval qui servait
dans l’agriculture et la viticulture. La
grande famille de trois générations avait
une certaine autarcie alimentaire du fait
que les maisons étaient entourées de potagers et de vergers qui fournissaient non seulement fruits et légumes, mais également de
magnifiques fleurs. Et les étables contenaient, outre un cheval, une ou deux vaches, des porcs dont les jambons fumésmaison étaient le régal de beaucoup de citadins, des poules et des lapins. Le boulanger
du village nous échangeait tous les jours du
pain frais contre des tickets et non pas de
l’argent, des tickets du boulanger qui
étaient l’équivalent du blé lui fourni après la
moisson en été. Vous avez compris que
nous ne connaissions pas Coca-Cola, mais
nous n’en étions pas particulièrement malheureux. Il faut dire qu’on disposait quand
même déjà d’une voiture et d’un téléphone.
Ces souvenirs me reviennent quand j’entends les appels à l’aide pour le Tibet.
Comme réponse à la question de ce que l’on
reproche particulièrement à la Chine, on
entend souvent que la Chine détruit la culture des Tibétains. Ce qui doit être très dur
pour certains Tibétains, mais est-ce que
quelqu’un nous a posé la question si nous
voulions abandonner complètement notre
mode de vie? Cette réflexion n’est pas censée couvrir des crimes commis contre des
Tibétains par des Chinois, elle ne concerne
que le regret du changement de culture et
son analogie.
Pouvoir de la culture
Nul ne met en doute le pouvoir suggestif
des „images qui courent“, donc des films
sous toutes ses formes, films de cinéma et
de télévision, publicités politiques et commerciales; jusqu’aux téléphones „smart“ et
jeux vidéos les images nous assaillent. Et ce
pouvoir était parfaitement perçu dès le départ, tel que décrit tout récemment (en
2013) par un chercheur de Harvard University, Ben Urwand, dans son livre „The Collaboration – Hollywood’s Pact with Hitler“1). Il montre comment d’un côté les Nazis autour de Hitler et Goebbels et d’un autre côté la communauté juive aux EtatsUnis étaient parfaitement conscients du
Accent aigu
pouvoir formateur pour les opinions de ces
instruments relativement récents qu‘étaient
les films produits alors et surtout à Hollywood. Et l’auteur de révéler une histoire
que l’on devrait considérer comme contre
nature et qui a durée quand même de 1933
à 1939. Selon l’ouvrage cité, le système de
studios à Hollywood a été créé par des immigrants juifs en provenance de l’Europe
de l’Est. On y trouve William Fox2) (Fox),
Louis B. Mayer (MGM), Adolph Zukor
(Paramount), Harry Cohn (Columbia), Carl
Laemmle (Universal), Jack et Harry Warner
(Warner). Une étude note dans les années
30: „Sur 85 noms engagés dans la production, 53 sont juifs.“ Entre cette industrie de
la production cinématographique, la plus
importante du monde, et le régime nazi en
Allemagne, il y a eu une collaboration intense pendant la période allant de 1933 à
1939. A tel point que le consul de l’Allemagne à Los Angeles, donc à Hollywood,
Georg Gyssling, homme de Hitler, avait
droit de regard sur les productions des studios de Hollywood et si nécessaire faisait
modifier les films qui lui déplaisaient. Les
chefs des studios prenaient soin dans leurs
films de ni attaquer les nazis ni défendre les
juifs. Pourquoi?
L’ignorance est à exclure!
Le livre „The Collaboration“ cite le cas de
Herman J. Mankievicz, scénariste à Hollywood. Juif lui-même, il voulait réaliser dès
1933 un film qui devait montrer le traitement des Juifs par les Allemands avec
comme titre „The Mad Dog of Europe“.
Mankievicz, l’auteur plus tard du célébrissime „Citizen Kaine“, voulait tirer la sonnette d’alarme. Après de longues péripéties,
l’Anti-Defamation League, une organisation juive, a rendu impossible la réalisation
du film, même après de sérieuses adaptations. Leur raison était la peur qu’attaquer
l’Allemagne allait générer aux Etats-Unis
des sentiments antisémites.
Une autre raison de poids était fournie
par Louis B. Mayer de la MGM lui-même. Il
disait que le film „Mad Dog“ n’allait pas être
fait: „parce que nous avons des intérêts en
Allemagne; je représente l’industrie du film
ici à Hollywood; nous avons des échanges
là-bas; nous avons des revenus colossaux
en Allemagne et, tant que je serai concerné,
ce film ne sera par fait.“ Et le film „The Mad
Dog of Europe“, vous l’avez deviné, n’a jamais été réalisé. Hitler et Goebbels étaient
pleinement satisfaits de l’impact de la production hollywoodienne telle que contrôlée
et adaptée par leur homme de terrain, le
consul Gyssling. Il faut savoir également
que Hitler, Goebbels et leur bande étaient
des connaisseurs en matière de cinéma: ils
regardaient un ou plusieurs films presque
tous les jours.
Si, à l’époque, l’impact des images était reconnu si important, qu’en est-il au-
S. 5
les marchés qu’une „exception“ peut protéger des acteurs mondiaux en France: revenu des chaînes TV en 2011: ›9 Mrds
EUR, cinéma, ›1 Mrd EUR. Il faut noter que
le domaine des jeux vidéo est maintenant la
première industrie culturelle en France et
dans le monde: chiffre d’affaires mondial 66
Mrds EUR en 2013, dont 2,6 Mrds en
France. L’exception culturelle est issue de
traités commerciaux internationaux, nous
venons de le voir.
Stop TAFTA!
Comment Hollywood et Hitler ont pu cultiver de concert leurs intérêts.
jourd’hui? Depuis la fin de la Deuxième
Guerre Mondiale, Hollywood a propagé
l‘“American Way of Life“ en Europe tel
qu’indiqué ci-dessus en mobilisant les souvenirs d’enfance. Il va sans dire que dans la
production hollywoodienne, il y avait et il y
a des œuvres magnifiques, des chefs-d‘œuvre, des films critiques, mais également
beaucoup de banalités dont l’impact sur les
personnes ne peut être qu’un formatage
mental et un changement de culture. Et
c’est voulu! D’où l’introduction de l‘“exception culturelle“ dans les traités commerciaux bilatéraux conclus au cours des dernières décennies. L‘“exception culturelle“
est un concept en droit international et en
politique culturelle. Cet ensemble de dispositions vise à faire de la culture une exception dans les traités internationaux, notamment auprès de l’Organisation mondiale de
commerce, mieux connue sous le sigle
OMC. Ces dispositions ont pour but de spécifier que les Etats sont souverains et fondés
à limiter le libre échange de la culture sur le
marché pour soutenir et promouvoir leurs
propres artistes, véhicules et porte-parole
de la culture. La France a beaucoup insisté
sur cette application de l’exception culturelle qui est une dérogation à être soumis de
force à un rouleau compresseur de vente libre pour des productions mondiales au
moindre prix.
Dans un rapport au Sénat français sur le
sujet (mai 2013), on peut lire que derrière
les règles juridiques qui protègent la diversité culturelle, il y a un sujet industriel et
donc des conséquences économiques.
Quelques chiffres pour donner une idée sur
Il y a actuellement deux grands nouveaux
traités commerciaux qui sont en train d‘être
négociés voire sont achevés entre l’UE et
les USA (en cours) et le Canada (achevé).
Beaucoup de gens n’en ont pas entendu
parler, d’autres en ont entendu le nom,
mais n’ont pas la moindre idée de ce qui se
cache derrière. Les acronymes de ces deux
traités sont CETA (Comprehensive Economic Trade Agreement) et TAFTA (TransAtlantic Free Trade Area) ou TTIP (Transatlantic Trade & Investment Partnership).
L’objectif de ces traités, négociés dans une
grande discrétion vis-à-vis des citoyens
mais avec l’implication d’autant plus directe et intéressée des grandes sociétés, est
d‘éliminer les derniers obstacles envers un
marché mondial libéralisé. Cela concerne la
culture, mais également l’environnement, la
santé, le social. Et le sieur Barroso était très
mécontent de l’attachement de la France à
son „exception culturelle“ et du fait qu’elle
ne veut pas y renoncer dans les nouveaux
traités en cours. Afin de pouvoir entamer
les négociations avec les USA l’été dernier
et dans la plus grande discrétion, les pays de
l’UE se sont mis d’accord d’exclure complètement le secteur audiovisuel des discussions. Pour l’instant!
Mais, s’il y a intérêt à protéger le domaine
de la culture de la concurrence „libre et non
biaisée“, c. à d. celle qui profite au plus fort,
pourquoi devrait-on lâcher des domaines
non moins essentiels comme l’environnement, la santé et le social?
Alors, que faire? comme disait Zeus ou
était-ce Lénine? Au fond, c’est simple: S’indigner (voir Stéphane Hessel!), s’informer,
au delà des bribes d’information distillées
par nos dirigeants et ensuite agir, autour de
soi et dans les mouvements citoyens qui
continuent à défendre notre culture démocratique et humaniste, contre vents et marées. Les mêmes qui voudraient que des
poètes comme Victor Jara ne soient pas oubliés, même si les fascistes lui ont écrasé les
doigts dans un stade de foot au Chili en
1973 pour qu’il ne puisse plus jamais jouer
de la guitare, avant de l’exécuter quand
même.
1)
„The Collaboration – Hollywood’s Pact
with Hitler“, Ben Urwand, Belknap Press of Harvard
University Press, 2013
2)
W. Fox a perdu le contrôle en 1930
Accent aigu
S. 6
Bergoglios Verhältnis zur politischen Macht
Papst Franziskus,
der Mann für Lateinamerika?
Jim Schumann
Als am 13. März 2013 über der Sixtinischen Kapelle weißer Rauch aufstieg
und das Ergebnis des Konklaves bekannt wurde, war die Überraschung
groß: Mit der Wahl des Argentiniers Jorge Mario Bergoglio, dem ersten Südamerikaner, zum neuen Papst hatten die
wenigsten gerechnet. Was aber kann
Lateinamerika, wenn überhaupt, von
Papst Franziskus erwarten?
Als Jesuit wurde Bergoglio in einem Orden
geprägt, der im 16. Jahrhundert zur Bekämpfung der protestantischen Reformation entstand und für seine innerkirchliche
Machtstellung ebenso berühmt ist wie für
sein Streben nach weitergehendem politischen Einfluss. Es ist daher nicht überraschend, daß Bergoglio der Politik stets einen zentralen Platz in seinem Wirken einräumte.
Bergoglio
und das Militär
Als am 14. März 1976 die Streitkräfte gegen
die amtierende Präsidentin Isabel Peron
putschten, begann das dunkelste Kapitel
der argentinischen Geschichte: eine Hexenjagd auf tatsächliche und vermeintliche
Regimegegner. Die Streit- und Sicherheitskräfte gingen mit grosser Brutalität vor.
Über das Land verteilt gab es 340 geheime
Haft- und Folterzentren.
In diesem Kontext fand auch die Entführung der beiden Jesuiten Orlando Yorio
und Francisco Jalics statt. An diesem Fall
macht sich die Kritik an Bergoglios Verhalten während der Militärdiktatur maßgeblich fest. Am Morgen des 23. Mai 1976,
zwei Monate nach dem Putsch, wurde das
Haus der beiden Jesuiten von Mitgliedern
der Streitkräfte durchsucht, die beiden Pater wurden eingeschüchtert, misshandelt
und verhört. Gegen Mittag wurden sie ohne
Haftbefehl mit Handschellen gefesselt und
mit Kapuzen über den Köpfen in das berüchtigte Haft- und Folterzentrum von
Buenos Aires gebracht – die Mechanikerschule der Marine ESMA. Dort wurden sie
weiter verhört und gefoltert und insgesamt
fünf Monate in einem dunklen Raum gefan-
gen gehalten. Am 23. Oktober 1976 wurde
ihnen ein Medikament injiziert, durch das
sie das Bewusstsein verloren. Sie kamen
schließlich in der Nähe der Ortschaft Canuelas in der Provinz Buenos Aires wieder
zu sich. So weit der Urteilstext des ESMAProzesses.
Die beiden Pater hatten zuvor gemeinsam
mit Mitbrüdern in dem Elendsviertel Rivadavia del Bajo Flores gelebt und sich als
Seelsorger in der „Villa“, wie die Armenviertel in Argentinien heißen, betätigt. Das
Engagement von Yorio und Jalics stieß in
bestimmten gesellschaftlichen (und kirchlichen) Kreisen nicht auf Gegenliebe. Zwar
bekräftigte Bergoglio, damals Provinzial
der argentinischen Jesuiten, im Vorfeld der
Entführung, daß er nichts gegen deren Engagement habe. Gleichwohl berichtete er
von dem Druck, der ihretwegen von unterschiedlichen Seiten, innerhalb wie außerhalb des Ordens, auf ihn ausgeübt werde.
Immer wieder warfen Kritiker Bergoglio
wegen seines Verhaltens im Zusammenhang mit der Entführung seiner beiden Mitbrüder Indifferenz oder sogar Komplizenschaft mit dem Regime vor, ja sogar von einem doppelten Spiel war die Rede. Bergoglio selbst bestreitet die Vorwürfe und hebt
im Gegenteil seinen Einsatz für die Freilassung der beiden Jesuiten hervor. Pater Yorio hielt bis zu seinem Tod im Jahr 2000 an
den Vorwürfen gegen Bergoglio fest. Pater
Jalics hingegen distanzierte sich nach der
Papstwahl in zwei öffentlichen Erklärungen von den Vorwürfen gegen Bergoglio.
Wie sich die Dinge vor 38 Jahren im Detail
abgespielt haben, ist heute nicht mehr abschließend zu klären.
Bergoglio:
Komplize oder Schweiger?
Um das Verhalten Bergoglios besser einordnen zu können, lohnt ein Blick auf die
Rolle der katholischen Kirche während der
Diktatur. Insgesamt ist es schwierig, von
der argentinischen Kirche als Einheit zu
sprechen. Innerhalb des Klerus und des
Episkopats gab es unterschiedliche Strömungen: Einige wenige Bischöfe setzten
sich öffentlich für Menschenrechte ein, viele schwiegen, zahlreiche prominente Bischöfe aber zeigten eine allzu große Nähe
zum Regime und begrüßten den Putsch, da
die Streitkräfte die Aufgabe übernommen
hatten, die Nation von der „Krankheit der
marxistischen Subversion“ zu heilen. In
diesem kirchlichen Kontext ist Bergoglio
ganz sicher nicht jener Gruppe zuzuordnen, die sich öffentlich für Verfolgte und für
die Einhaltung der Menschenrechte einsetzte. Eine Komplizenschaft ist ihm aber
sicherlich auch nicht vorzuwerfen. Seine
Einflussmöglichkeiten in der „Nacion Catolica“ waren denn auch weit geringer als
die kirchlicher Würdenträger, wie etwa der
Bischöfe. Als Provinzial trug Bergoglio die
Verantwortung für die gesamten argentinischen Jesuiten, in deren Reihen sich zahlreiche befreiungstheologisch inspirierte
Priester fanden, und es war seine Aufgabe,
dafür Sorge zu tragen, daß der Orden nicht
in den Ruf geriet, marxistisch unterwandert
zu sein.
Abgesehen von den persönlichen Interventionen einzelner Bischöfe verurteilte die
Kirche das Regime nicht; ihre öffentlichen
Erklärungen zu Menschenrechtsfragen
blieben allgemein und abstrakt. Einige
Priester hielten sich sogar in den Haft- und
Folterzentren auf und wohnten Folterungen bei.
Vor diesem Hintergrund ist es durchaus
bemerkenswert, daß Bergoglio als Provinzial Verfolgte in Ordenshäusern versteckte
oder einem jungen Mann, der ihm selbst
sehr ähnlich sah, seinen Pass und Priesterkleider lieh, so daß dieser nach Brasilien
fliehen konnte. Innerhalb der eher unrühmlichen Rolle der argentinischen Kirche erscheint das Verhalten Bergoglios so
doch in einem etwas anderen Licht.
Frisch zum Papst gewählt, wurde Bergoglio auch vorgeworfen, sich nicht zu seiner
Rolle während der Diktatur geäußert zu haben. Sein Schweigen entspricht allerdings
dem Umgang der argentinischen Gesellschaft mit der Vergangenheit. Nach dem
Ende der Diktatur im Jahr 1983 fiel es der
argentinischen Kirche schwer, wirksame
Beiträge zur gesellschaftlichen Aufarbeitung der Regimeverbrechen zu leisten.
Auch während der öffentlichen Debatte um
eine mögliche Bestrafung der Hauptverantwortlichen wurde den Bischöfen klare Parteinahme für die alten Verbündeten vorgeworfen. Speziell mit der eigenen Rolle während der Diktatur tat sich die Kirche
schwer. Sie bemühte sich vorsichtig sich
Accent aigu
S. 7
von ihrem Verhalten während der Diktatur
zu distanzieren, wies aber jegliche institutionelle Verantwortung von sich.
Einen neuen Schub erhielten die Debatten
um die Rolle der Kirche und die kirchliche
Vergangenheitsbewältigung während der
Regierungszeit von Nestor Kirchner
(2003-2010), mit dem auch Bergoglio ein
spannungsreiches
Verhältnis
pflegte.
Kirchner machte die Aufarbeitung der diktatorischen Vergangenheit zu einem
Schwerpunkt seiner Regierungspolitik was ihm von unterschiedlichen Seiten den
Vorwurf einbrachte, er wolle dieses Thema
politisch instrumentalisieren.
Im Jahr 2007 wurde der Priester und ehemalige Polizeikaplan Christian von Wernich wegen seiner Beteiligung an Mord,
Folterung und Entführung während der
Diktatur verurteilt. Die Öffentlichkeit
nahm die Entscheidung mit großer Genugtuung auf, stand doch von Wernich emblematisch für die Komplizenschaft bestimmter kirchlicher Kreise mit dem Regime. Die
Kirche reagierte zurückhaltend, für viele
Argentinier ein weiterer Beleg für einen
Mangel an selbstkritischer Auseinandersetzung der Kirche mit der eigenen Vergangenheit.
Zu jener Zeit war das Verhältnis zwischen Kirchner und Kardinal Bergoglio äußerst angespannt. Bergoglio, höchster
kirchlicher Repräsentant Argentiniens, kritisierte, daß Kirchner durch den massiven
Gebrauch präsidentieller Dekrete die Legislative umgehe und zudem die Pressefreiheit einschränke. Auch bezeichnete er
Kirchner als Populisten und geißelte dessen
unzulängliche Sozialpolitik, die den Bedürfnissen der Armen nicht gerecht werde.
Kirchner seinerseits bezeichnete Bergoglio
als das „geistige Oberhaupt der politischen
Opposition“. Kirchner verkündete, die Kirche gehöre allen und der Teufel trete gelegentlich im Priestergewande auf.
Bergoglio hat auch kein Blatt vor den
Mund genommen, wann immer er sein
Missfallen an der Regierungsweise der argentinischen Präsidentin Cristina Fernandez de Kirchner zum Ausdruck brachte. Er
trug aktiv dazu bei, eine Koalition oppositioneller Parteien gegen die überwältigende
Macht des „Kirchnerismus“ zu schaffen, die
im Parlament, im Rechtswesen und in den
Medien Argentiniens stetig stärker wurden.
Franziskus im Spannungsfeld
seiner Vorgänger
Das Verhalten von Jorge Mario Bergoglio
ist also durchaus ambivalent: Einerseits
AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO
Bergoglio
und „Kirchnerismus“
schleuste er zu Zeiten der Diktatur Verfolgte außer Landes, kritisierte das Regime andererseits aber nie öffentlich. Und während
er heute gegen Abtreibung und Homo-Ehe
zu Felde zieht, geißelt er zugleich den Neoliberalismus und fordert als Papst Franziskus die Hinwendung der Kirche zu den Armen und Ausgegrenzten.
Die Tatsache, daß Franziskus Lateinamerikaner ist, kann den linkspopulistischen
Regierungen der Region kaum gefallen nicht allein in Argentinien, sondern auch in
Venezuela, Bolivien, Nicaragua, Ecuador
und Kuba. Will der Vatikan unter Bergoglio
die linkspopulistische Flutwelle zurückdrängen, die während der späten Regierungsjahre des venezolanischen Präsidenten Hugo Chavez in Lateinamerika an Stärke gewann, dann wird Franziskus eine ähnlich enge Beziehung zu Obama entwickeln
müssen wie seinerzeit Johannes Paul II. zu
Ronald Regan.
Papst Franziskus hat das Papstamt in einem Augenblick angetreten, in dem die
linkspopulistischen Regierungen, hart getroffen durch Hugo Chavez‘ Tod, verwundbar erscheinen. Jede von ihnen hat natürlich ihre spezifische Identität, ihre eigenen
Stärken, doch allen wird der Schutz, den
Chavez‘ weltweiter Einfluss ihnen bot,
ebenso fehlen wie seine finanzielle Unterstützung.
Zudem bilden Katholiken in jedem dieser
Länder die überwältigende Mehrheit. So
sehr sie sich in ihrem religiösen Eifer unterscheiden, so haben doch alle eine starke
emotionale Bindung an den Glauben.
Das eröffnet Papst Franziskus beträchtli-
che politische Einflussmöglichkeiten. Lateinamerika wird unzweifelhaft zu den politischen Prioritäten von Franziskus gehören.
Doch zunächst muß es dem Papst gelingen kurzfristig den „Saustall“ im Vatikan
auszumisten und die moralische Autorität
der Katholischen Kirche wieder herzustellen. Erst dann wird er vielleicht die Zeit finden seinen politischen Einfluss in der lateinamerikanischen Region anzustreben,
ganz ähnlich wie Papst Johannes Paul II.
seine Autorität in Mitteleuropa in dem Jahrzehnte nutzte, das mit dem Untergang des
Kommunismus endete. Sollte er aber an der
„Heimatfront“ scheitern, werden sich die
hohen Erwartungen, die Franziskus als
Nachfolger von Johannes Paul II. Und Benedikt XVI. geweckt hat, gegen ihn und seine Kirche wenden.
Die Frage ist demnach, wie Papst Franziskus seine Erfahrungen aus Lateinamerika
auf die Weltkirche anwenden wird. Seine
Forderung, daß die Kirche sich an die
„Randgebiete“ der Gesellschaft begeben
solle, ist in der Pastoral der lateinamerikanischen Kirche schon lange gängige Praxis.
Sein Vorgänger Benedikt XVI. propagierte
die „Entweltlichung der Kirche“. Es bleibt
demnach, auch nach einem Jahr, abzuwarten, ob und wie sich Papst Franziskus in
diesem Spannungsfeld behaupten kann zwischen einer Öffnung hin zur Gesellschaft und besonders zu den Marginalisierten, einerseits, und den bei vielen Bischöfen und Kurialen nach wie vor bestehendem Wunsch zur Entweltlichung der Kirche, andererseits.
Accent aigu
S. 8
Bestimmen Gerüchte und Tabus das Leben im Bommeleeër-Land?
Das Machtspiel mit dem (Aber)glauben
Carlo Kass
Die Hexe legt los: „Du mußt verstehen!
Aus Eins mach Zehn, und Zwei lass
gehn, und Drei mach gleich, so bist du
reich. Verlier die Vier! Aus Fünf und
Sechs – so sagt die Hex – mach Sieben
und Acht, so ist’s vollbracht. Und Neun
ist Eins, und zehn ist keins. Das ist das
Hexen-Einmaleins.“
Daraufhin der ungläubige Faust: „Mich
dünkt, die Alte spricht im Fieber.“ Der von
der Dreifaltigkeit abgefallene Engel Mephisto beruhigt ihn: „Es war die Art zu allen
Zeiten, durch Drei und Eins und Eins und
Drei Irrtum statt Wahrheit zu verbreiten.
Gewöhnlich glaubt der Mensch, wenn er
nur Worte hört, es müsse sich dabei doch
auch was denken lassen.“ Daraufhin die
Hexe: „Die hohe Kraft der Wissenschaft,
der ganzen Welt verborgen! Und wer nicht
denkt, dem wird sie geschenkt, der hat sie
ohne Sorgen.“
Ich kann Giordano Bruno nicht oft genug
paraphrasieren: Geh hin und sag einer Blume, Gott hätte dir verraten, wie sie zu blühen hat. Hätte sie die Möglichkeit, sie würde dich vielleicht auslachen, doch in ihrer
stummen Güte und Schönheit blüht sie dir
nur was vor. In Anbetracht dieser Blume,
fällt mir auch noch Victor Hugo ein: „Glauben ist schwer, an nichts zu glauben unmöglich.“ Doch woran soll man in diesem
selbstherrlichen Marienland mit der gegenüber den Nachbarn peinlich hohen Kaufkraft und dem absurden Bommeleeër-Prozessmarathon noch glauben?
Dreifaltige Herrschaft
Welchem Heiligen soll man sich noch anvertrauen? Dem Haderer Hiob oder dem
ungläubigen Thomas, der seine Hände in
die Male der römischen Nägel und die vom
Speer durchstochene Seite des Menschen
Jesus legte, um zu glauben? Doch legte der
einzige Nicht-Synoptiker Johannes dem inzwischen
zum
wiederauferstandenen
Christus gewordenen Erlöser geflissentlich
folgende Worte in den Mund, auf dass diese
Skepsis nur ja nicht zur Regel werde: „Selig
sind, die nicht sehen und doch glauben.“
Und trotzdem glaubte der Anarchist Thomas nicht an all die Himmelsfahrten.
Und eine Himmelfahrt erleben wir tagtäglich im Bommeleeër-Prozess, nachdem
Richter, Staatsanwälte, Verteidiger und Nebenkläger in übermenschlicher Anstrengung die gefürchtete „Assoldbunn“ (kommt
aus dem französischen „assaut“ wie Sturmangriff) bis zum Ende der Fahnenstange
der Kaserne auf Herrenberg hinter sich gebracht haben. Und auf dieser Fahnenstange sitzt der Großherzog, während sich über
ihm die transzendentalen Aufhänger der
absoluten Macht tummeln. Dieses Martyrium bestand in der Anhörung unzähliger
Geschichten hoher Offiziere bis hin zur
Teilamnesie eines weißen Prinzen.
Der andere, ein eher schwarzer Prinz,
dem kurz nach der Attentatsserie seine
Thronfolgerechte abhanden kamen, ein mit
allen Weihwassern gewaschener globaler
Geschäftsmann aus Paris, erinnerte mit seiner Erscheinung sehr stark an Dom Joseph
Odon Alardo, den Abt des Clerfer Benediktinerklosters Sankt-Mauritius und SanktMaurus, der die Gerüchte um die „Nachkriegsbombenlegeraffäre“ entzündete, wie
ich sie schon einmal in einem KulturissimoFeuilleton *) benannte.
Die älteren Leser können sich sicher
noch daran erinnern, dass bis in die 60er
Jahre hinein die Luxemburger sich die
Mäuler über den Clerfer Abt zerrissen, der
sich im Krieg mit der gesamtem Klosterkasse voller Goldstücken auf und davon machte. Als cleverer Geschäftsmann in Kutte
hatte er die aus Glanfeuil an der Loire über
Belgien nach Luxemburg geflüchteten Benediktiner, die sich 1910 auf Kosten der Vicomtesse du Coëtlosquet **) und ihrer einzigen Tochter in Eselborn niederließen,
wieder zu Glanz und Gloria gebracht.
Und trotz all diesen selbstlosen Wohltaten, die er seiner von privaten und öffentlichen Geldern fürstlich unterstützten Klostergemeinschaft bescherte, will heute niemand sich mehr so richtig an ihn erinnern.
Schaut man nämlich die Internetseite der
Abtei an, so wird der einstige Vorsteher mit
keiner Silbe erwähnt. Es geht nur die Rede
vom Luxemburger Pater Joseph Schons,
der seine theologischen Studien bei den
englischen Benediktinern absolvierte, wo
auch die Mutter der Regentin Anna-Maria
de Braganza ihren Lebensabend verbrachte. Ihm habe „sein“ Abt bei Kriegsbeginn
die Schlüssel übergeben.
Wilde Gerüchte
Wie bei Jean Nassau und Ben Geiben, die
ihre gescheiterten Karrieren im Hause Luxemburg ebenfalls als Geschäftsmänner in
Paris krönten, liefen die wildesten Gerüchte um den Abt, doch wurden die nach dem
Krieg zaghaft anlaufenden polizeilichen Ermittlungen gegen den raffgierigen Mönch
im Keim erstickt. Wie heute im Bommeleeër-Prozess wusste damals niemand, wer seine schützende Hand über den abtrünnigen
Gottesmann hielt. Nun, es war das Herrscherhaus mit an der Spitze Großherzogin
Charlotte.
Denn wie der „Passeur de la Grande-Duchesse“ Colonel Doudot schrieb, war Dom
Alardo und sein Mitbruder, der französische Reserveoffizier Prudhommeau, am
Tag des deutschen Überfalls (10. Mai 1940)
im Zollhäuschen von Rodange auf die Landesfürstin gestoßen und mit ihr und der
Kasse weiter nach Frankreich geflüchtet.
Laut den Spätschriften des 1923 in Clerf
zum Katholizismus bekehrten Literaturnobelpreisträger Halldór Laxness aus Island
lebte der Abt später als erfolgreicher Geschäftsmann in Paris.
Inzwischen erfuhren wir jedoch von einer
charmanten alten Dame mit einem sehr guten Gedächtnis, die ihr ganzes Leben im
Haus ihres Vaters, dem damaligen Bürgermeister, gleich unterhalb des Klosters verbrachte, dass Dom Alardo ein Verhältnis
mit der adligen Äbtissin eines Klosters im
nahen Belgien hatte, wo er den Nonnen jeden Freitag die Beichte abnahm. Gemeinsam entführten sie am 10. Mai 1940 die Laienschwester Marie Stecker, die vom einstigen Bauernhof der Clerfer Klosteranlagen
stammte, und eröffneten in einem gottverlorenen Nest in Südfrankreich eine Familienpension. Das junge Mädchen, das auf
dem elterlichen Hof mit Gästen umzugehen
gelernt hatte, diente ihnen dabei als Magd.
Wie die Nachbarin, bei der die Padres
auch nach dem Krieg noch ein und aus gingen, weiter zu berichten wusste, klopfte die
ehemalige Äbtissin nach dem Tod von Dom
Alardo periodisch im Clerfer Kloster an. Sie
fuhr in einem „super Auto“ mit livriertem
Chauffeur vor und sagte: „Soviel bar auf
den Tisch, sonst kommen die Memoiren!“
(sic) Warum sich die Clerfer Benediktiner
von Alardos Witwe derart dreist erpressen
ließen, war wohl auf ihre Verbindung zum
Heiligen Stuhl zurückzuführen.
So entnahmen wir der katholischen Zeitung La Croix aus den 30er Jahren einen
Brief des damaligen Vatikanstaatssekretärs
Eugenio Pacelli, dem späteren Papst Pius
XII, der 1935 dem Kloster und seinem Vorsteher Dom Alardo in überschwänglichen
Worten zum 25. Jubiläum gratulierte. Er
übermittelte auch die Grüße von Papst Pius
XI, Achille Ratti: „Le Souverain Pontife est
très heureux de savoir que votre abbaye est
non seulement un foyer de fervente vie monastique, mais un asile où les dames désireuses de perfection, quoique vivant dans le
Accent aigu
S. 9
monde, viennent puiser les secrets d’une
existence plus conforme à l’Evangile et aux
préceptes des maîtres de la vie spirituelle.“
Kreuzzug gegen Norden
Nein wie putzig! Ein Asyl also, in dem
mondäne Frauen, obwohl sie weiter in der
profanen und sündhaften Welt lebten, aus
dem geheimen Brunnen des Evangeliums
die Gebote ihrer spirituellen Meister, alles
natürlich nur gestandene Männer, gleich
kellenweise schöpfen durften. Wie gut nur,
dass Alardos Vorgänger, Dom Paul Renaudin, sich 1919 schwer krank in die Schweiz
zurückzog, um in aller Abgeschiedenheit
an der dogmatischen Bestimmung der muttergöttlichen Himmelfahrt zu arbeiten. Er
hatte auch die katholische Gegenreformation von Clerf Richtung Skandinavien angekurbelt, die Laxness zum Verhängnis wurde: „L’abbaye est le siège d’une Association
de prières pour le retour des peuples du
Nord à l’unité de foi catholique.“
1935 war aber auch das Jahr, in dem Dom
Henri Quentin seine irdischen Werkzeuge
niederlegte. Er war Zeit seines Lebens ein
begnadeter Philologe, der sich mit der Revision der Vulgata und seinem Kommentar
zu den Martyrologien um die Wissenschaft
hagiografischer Studien verdient gemacht
hatte. Eine „Wissenschaft“, die von allen
amtierenden Päpsten zwecks Selig- und
Heiligsprechungen geschätzt wurde, obwohl dieses Gelaber um die geschundenen
Seelen der Christenheit sich aus Gerüchten
und Tabus speiste.
Nicht zuletzt Quentin war es zu verdanken, dass seinem Chef Alardo im März
1934 als persönliches Privileg vom Papst
das lila Käppchen und die „cappa magna“
zugesprochen wurde. Und dies mit folgenden Worte: „Le Saint-Père envoie avec effusion de coeur pour vous même, pour tous
vos chers moines et pour vos oeuvres
d’apostolat, une très particulière Bénédiction apostolique.“ In der römisch-katholischen Kirche kam dies seit jeher einem
Freifahrtschein bis in den Tod gleich.
Kein Wunder also, dass nach dem Krieg
kein hergelaufener Gendarm oder Richter
diesem großen Kirchensohn auch nur ein
Haar krümmen durfte. Hatten doch besonders die aus dem revolutionären Frankreich
und dem gegen die holländische Krone rebellierenden Belgien hinaus komplimentierten Mönche verstanden, welch geballte
Macht Altar, Thron und Schwert darstellten, die sie in Luxemburg genau zu der Zeit
vorfanden, in der ihre Laienschwester aus
dem Hause Braganza die Weilburger mit
der Geburt von fünf Töchtern vom Protestantismus zum Katholizismus bekehrte und
damit die Vorherrschaft der Konservativen
im Luxemburg des 20. Jahrhunderts begründete.
Und besonders das Schwert wussten die
nach dem Krieg mit dem von ihnen ge-
Dieses Bild vom „Nachkriegsbommeleeër“ Dom Alardo war nur mit viel Geduld und einigem Glück aufzutreiben
wohnten Pomp etwas euphemistisch zur
christlich-sozialen Partei mutierten Rechtspolitiker immer sehr gut für ihre eigenen
Belange einzusetzen. So wurde aus dem
unter Druck der Nato zur Kontrolle der Untergrundorganisation „Stay Behind“ geschaffene Geheimdienst schnell die Prätorianergarde der jeweiligen CSV-Premiers,
die neben dem Rest der Streitkräfte – anders kann man den Bommeleeër-Prozess
nicht analysieren – die Hauptrolle in diesem unwürdigen Spektakel spielen, bei
dem es längst nur noch darum geht, wer es
nicht gewesen sein darf.
Das Spiel begann mit einem noch in der
Rente bestens vernetzten Pierre Werner,
ward fortgesetzt mit Jacques Santer und
Marc Fischbach, um unter Jean-Claude
Juncker dann schändlichst zu scheitern,
weil ihm Geheimdienst und Generalstaatsanwalt aus dem Ruder liefen. So sitzt der
einstige Held von Dublin nun da mit seiner
von völkischer Mehrheit abhängigen Krone, während die Hohe Dreifaltigkeit von
Thron, Schwert und Altar mit ihrer tausendjährigen Erfahrung all die Gerüchte
und Tabus der immer noch von soviel
Macht und Pracht verblendeten Untertanen auf einer Arschbacke aussitzt. Und der
Chef von Exekutive und Armee küsst weiter den Ring des Erzbischofs.
*) Kulturissimo No 68
8. Mai 2008
**) Eine alte bretonische Piratendynastie
Littérature
S. 10
Feuilleton
Carapaces (début)
Carla Lucarelli
1.
Parfois ça lui arrivait encore, de traquer
des filles dans les douches de la piscine, ça
lui arrivait encore, mais de moins en moins.
De voir où elles en étaient avec leur poitrine, alors que la sienne refusait de poindre.
Mais elle ne s’en faisait plus maintenant.
L’année précédente, elle avait quatorze ans
et était obsédée par ses seins. Sa voisine de
banc n’arrivait pas à les maîtriser, changeait
de taille de soutien-gorge tous les trois
mois. Et elle, calme plat.
À la piscine, elle voyait les filles changer
de forme, alors qu’elle arrivait juste à changer de coiffure. Maintenant, ça lui était devenu égal. C‘était l’essentiel. Aurait dit sa
mère. Qui n’aimait pas trop perdre son
temps à discuter de choses qui ne l’intéressaient pas.
Elle lui manquait parfois, sa mère, ou plutôt, c‘était l’idée de mère qui lui manquait,
parce qu’elle ne pouvait pas dire qu’elle
l’avait beaucoup fréquentée.
Sa mère travaillait dans une entreprise qui
fabriquait et vendait de l’acier. Et le soir,
elle était rarement à la maison. Réunions et
dîners d’affaires.
Son père travaillait à la maison, mais elle
ne le voyait pas davantage. Il avait son bureau d’architecture dans une annexe.
La seule chose qui les intéressait, c‘était
qu’elle soit bonne élève, et de ce côté-là,
elle ne posait pas problème.
La plupart du temps, elle s’y ennuyait, à
l’école. Elle avait deux professeurs dont elle
aimait les cours, mais les autres lui paraissaient réciter leur leçon comme s’ils voulaient inculquer aux adolescents la vérité
profonde que la vie était d’un ennui abyssal.
Genre, autant les y habituer tout de suite.
Sa mère disait qu’elle n’aimait pas les professeurs de toute façon. Elle se disait aussi
de droite, pensait à droite, votait à droite,
c’est ce qu’elle aimait à répéter. Son père se
disait alors de gauche, gauche, gauche (il répétait toujours trois fois quand il était
énervé).
Ça donnait lieu à des disputes féroces les
rares fois qu’ils mangeaient ensemble.
Ariane ne s’intéressait pas outre mesure à
la politique, mais elle n’avait jamais compris en quoi son père différait aussi fondamentalement de sa mère. Ils avaient les mêmes amis, les mêmes loisirs, les mêmes fréquentations, la même marque de voiture.
Elle avait fini par se dire que dans leur cas
ça devait être comme les préférences pour
l’une ou l’autre série télévisée.
Peu importait. Ariane Denicourt avait
pris une décision. Quelques semaines avant
son seizième anniversaire, elle avait décidé
de partir. Voilà tout ce qui comptait.
Mais qu’est-ce que prendre une décision?
Le Petit Robert: „Décision: nom féminin,
action de décider, jugement qui apporte
une solution, choix du comportement optimal en fonction des informations disponibles.“
Or qu’est-ce qui en nous décide? Je décide, nous décidons. Qui est je? Qui est
nous? Quelles strates, sous-strates, soussous-strates? Comment les mettre au jour?
Géologie de la décision. Parmi tant de
possibles, pourquoi celle-là? Je comme un
jeu du hasard.
Un insecte, prend-il des décisions? Le pa-
pillon? Le cafard? Ou est-ce réservé à l’humain? Comment Ariane a-t-elle pris sa décision?
Aristote, dans son Éthique à Nicomaque, commence par délimiter la sphère des
actes que l’on fait de plein gré pour les distinguer de ceux que l’on fait contre son gré.
De plein gré. Sans contrainte. Librement.
Or qu’est-ce qu’être libre sur des rails qui ne
desservent pas toutes les gares? Les grandes
gares seulement. Ou juste les patelins, avec
des vieux à lunettes d’écaille qui attendent
sur un banc les trains qui passent pour se
remplir encore un peu de mouvement avant
de mourir?
Je décide de décider qu’il n’est pas en mon
pouvoir de décider. Mais si je décide de décider que je ne décide pas, est-ce que toutes
Littérature
les décisions se valent? Si je laisse agir en
moi ce qui agit? Est-ce que je suis libre si je
laisse agir ce qui agit en moi? Et une décision qui s’impose, qu’on ne peut pas prendre autrement, est-ce vraiment une décision? Peut-on parler de décision?
Dans sa Critique de la raison pratique,
Kant distingue la liberté arbitraire et la liberté sensée. Être libre selon Kant, se rendre indépendant de ses propres désirs et reconnaître une norme. La loi du devoir
qu’on s’impose pour permettre la vie en société. De beaux au revoir qu’il propose pour
ne pas s’entretuer. Ariane n’a pas lu Kant,
Ariane se fout de Kant, ce qu’elle veut, ce
que tout son être veut, son jeune être adolescent en pleine effervescence, c’est partir.
Là, sur-le-champ!
Kant a lu Rousseau. Dans le Contrat social, Rousseau tente lui aussi de répondre à
la question de la liberté possible. Le même
casse-tête depuis des millénaires. Comment
font les insectes? (…)
2.
„Où est-ce que tu as encore laissé traîner
tes espèces d’épingles… comment?... entomologiques? Mais Paul-Henri, je me fous
de leur nom! J’en ai marre de tout ce matériel qui traîne partout, si au moins tu le rangeais parfois…”
Si elle savait, si elle savait, cette chère Marie-Pierre qui venait de le rabrouer, si elle
savait! Un camion d‘épingles qu’elle lui
achèterait, avec des pinces en inox, des
scalpels, des bocaux de chasse, des camions
pleins qu’elle lui achèterait, sa bonne
femme, si elle savait, au lieu de rouspéter et
de considérer avec condescendance sa carrière de lépidoptériste doublé depuis peu
d’un coléoptérologue assidu.
Parce que les insectes, la classe la plus
vaste du règne animal avec un million d’espèces répertoriées, laisseraient à sa femme
bien du temps devant elle! Comme ça ils y
arriveraient peut-être, à échapper au pire.
Les étaloirs les sauveraient, la cétoine dorée, le scarabée bousier, les hannetons, le
lucane cerf-volant, et puis les papilionidés,
les piérides et les nymphalidés, que PaulHenri préparait, qu’il disséquait, qu’il plongeait dans l’alcool, ou qu’il épinglait, patiemment, car c’est un travail de patience
qu’il faut, et puis les charançons, dont il arrachait les élytres avec la pince, oui, celle
que sa femme n’aimait pas voir traîner sur le
buffet de la cuisine!
Elle en avait de la chance, et elle n’en
avait même pas conscience, que l’ordre des
coléoptères soit l’ordre des animaux qui
rassemble le plus grand nombre d’espèces,
un succès de l‘évolution, selon les spécialistes, ce qui a même fait dire au généticien anglais John Burdon Sanderson Holdane que
si l’on pouvait conclure à la nature du créateur par l‘étude de sa création, il semblerait
que Dieu ait une prédilection évidente pour
les étoiles et les coléoptères.
S. 11
On pensera maintenant être tombé sur un
de ces entomologistes férus, un de ceux qui
depuis tout petits chassent les papillons et
les insectes à élytres et rapportent à leur
mère toutes sortes de bestioles monstrueuses.
Et bien non, il y a un an encore, PaulHenri se fichait des scarabées comme de colin-tampon, des papillons, qu’ils soient homoneures ou hétéroneures, comme de l’an
quarante, et de la constitution d’une collection entomologique comme de sa première
chaussette.
C’est le docteur Raboillot qui l’avait transformé en entomologiste amateur, et
jusqu’ici, ça lui avait plutôt bien réussi.
Quand il était allé le voir un an auparavant, il était midi moins cinq.
Il était sur le point de craquer.
À midi moins cinq donc, l’année précédente, Paul-Henri était entré chez le docteur Jean-Baptiste Raboillot, spécialiste en
psychiatrie, pour une consultation:
- Voilà… enfin, je ne sais pas si je peux
vous faire confiance, j’hésite un peu…
- Je suis médecin, voyons, vous pouvez me
faire confiance.
- Comprenez-moi, je ne veux pas me retrouver à l’hôpital ou… à l’asile…
- Écoutez, je suis psychiatre, je suis là
pour vous soigner, mais si vous ne me dites
pas quel est votre problème, comment voulez-vous que je fasse quelque chose pour
vous?
- C’est que, c’est délicat. J’ai… peur.
- Tous ceux qui entrent ici ont peur.
- J’ai peur que vous me preniez pour un
fou.
- Si ça peut vous rassurer, vous ne seriez
pas le premier fou à avoir passé cette porte.
- Oui, mais il y a des fous inoffensifs, et…
- Vous voulez dire que vous êtes un fou
dangereux?
- Je… je ne sais pas, j’en ai un peu peur…
- Allons, dites-moi ce qui vous tracasse…
- Je… j’ai, comment dire? des impulsions…
- Oui?
- Des envies irrépressibles…
- Oui, c’est la définition de l’impulsion…
- Je… comment dire, jusqu’ici, j’ai toujours réussi à ne pas céder à ces impulsions,
au prix d’efforts…
- Oui…
- Mais j’ai peur qu’un jour… la dernière
fois, j’ai failli…
- Et comment vous avez réussi à…?
- Je me suis mis à courir à quatre pattes sur
le gazon.
- Et…?
- Et ma femme m’a demandé si j’avais
perdu quelque chose. Mais je n’avais rien
perdu. J’essayais juste de ne pas la découper
en rondelles.
- Je vois. Et ça a commencé quand, ce
genre d’impulsions?
- Il y a huit mois environ.
Il ne manquait plus à Paul-Henri que le
quatrième maintenant, l’argus à bande
noire ou Celastrina argiolus, pour compléter sa planche. Il était assez content de son
travail, et trouvait même une certaine
beauté à ces quatre spécimens d’argus qu’il
s’apprêtait à fixer en tableau dans sa boîte.
Deux des quatre, l’argus bleu ou Polyommatus icarus, magnifique papillon mâle
bleu-violet bordé d’un mince filet noir et
d’une frange blanche, et l’argus bleu nacré
ou Lysandra coridon, bleu-argent avec le
même filet noir au bord des ailes, des espèces de lunules noirâtres et une frange blanche, il les avait achetés, comme la plupart
de ses plus beaux spécimens, parce que ce
qui l’intéressait surtout, c‘était la dissection
et la préparation de toutes ces bestioles,
non de courir comme un dératé à travers forêts et prairies avec un filet et un bocal pour
les attraper.
Mais ça, il ne pouvait pas le dire à sa
femme, donc, il partait des journées entières dans les environs, journées dont il passait le plus clair à des terrasses de café ou à
se promener en plein air en attrapant quelques rares papillons et coléoptères, puis en
partant acheter les autres. Il avait trouvé
une bonne adresse. Et on lui foutait une
paix royale à la maison.
Ce matin-là, il s‘était calmé en charcutant
une coccinelle et deux scarabées, et maintenant, il se sentait d’un sang-froid assez approprié pour terminer sa planche de lépidoptères.
Avec les médicaments de Raboillot et son
nouveau passe-temps, il se sentait en sécurité.
Les accès de rage suivis de pulsions meurtrières étaient plus espacés et il n’avait qu‘à
descendre dans son laboratoire pour que
l’envie de disséquer sa femme s’estompe
lentement mais sûrement.
Par contre, ses séances de thérapie
n’avaient pas été concluantes quant à savoir
ce qui déclenchait ses crises.
Cela aurait été bien plus facile si ces envies bouchères se manifestaient à chaque
fois que sa femme le harcelait ou était en colère, mais ce n‘était pas le cas. Un sourire attendri, une caresse sur la tête ou une phrase
anodine pouvaient également déclencher la
crise. Et pourquoi n’y avait-il que sa femme
à susciter de telles pulsions?
Cette énigme-là cependant, il avait en fin
de compte, faute de l’avoir résolue, fini par
la considérer comme un avantage, car si sa
femme n’était pas dans les parages, il n‘était
pas en danger de réflexe charcutier. Il
n’avait donc pas à craindre de tuer
quelqu’un d’autre que sa femme. Ce qui au
moins confinait le problème à un rayon aux
contours gérables.
Carapaces est le premier roman de
Carla Lucarelli publié en novembre
dernier aux éditions Phi. ISBN 9782-87964-204-8. 196 p.
Littérature
S. 12
Fables intemporelles
La Fontaine anticlérical? (6)
Paul Hemmer
Dans les fables, les piques contre
l’église, son dieu et ses représentants
sont partout, encore que plus ou moins
déguisées selon les textes.
Dans „La besace“ (I, 7):
© RMN / DR
„Nous nous pardonnons tout, et rien
aux autres hommes.
On se voit d’un autre œil qu’on ne voit
son prochain.“
puis:
„Le fabricateur souverain nous créa besaciers tous de même manière“.
Le créateur, un fabricateur souverain.
Cette épithète, sous son apparence poétique, est burlesque et sarcastique, un peu à
la manière de „Tonton“ ou „Dieu“ pour
Mitterrand dans le „Canard enchaîné“. En
passant, nous verrons que La Fontaine est,
mutatis mutandis, un vrai Canard enchaîné
et parfois même un Charlie Hebdo de son
époque. Personnellement, si j’appelais le
créateur des croyants „le fabricateur souverain“ ce serait pour me foutre gentiment des
croyants et de leur créateur, et pour faire
sentir que personnellement je n’y crois pas.
*
Dans „Simonide préservé par les dieux“
(I, 14) La Fontaine commence par ces vers:
„On ne peut trop louer trois sortes de
personnes:
Les dieux, sa maîtresse et son roi.“
Les dieux, sa maîtresse et son roi! La maîtresse appréciera surement d‘être adressée
comme une reine ou une déesse, le roi
comme un dieu, mais le roi appréciera-t-il
de l’être comme une maîtresse? Et dieu
alors?
Il est question expressément des dieux en
général et non du dieu chrétien en particulier, mais La Fontaine les met dans le même
sac, le sac de la mythologie, de la fable, du
mensonge, catégorie dont La Fontaine participe à travers la littérature, et il le souligne
dès la dédicace du premier recueil à Monseigneur le Dauphin:
„Je chante les héros dont Ésope est le
père,
troupe de qui l’histoire, encore que mensongère,
Andrea Mantegna - Le Parnasse Paris, Musée du Louvre
contient des vérités qui servent de leçons.“
La littérature est considérée ici comme
flagornerie. Et la flagornerie adressée aux
dieux est de la même littérature que celle
adressée aux puissants et aux femmes. Une
façon comme une autre de considérer la religion comme de la littérature, et de mettre
la littérature sur le même plan que les mythologies.
„On ne peut trop louer trois sortes de
personnes:
Les dieux, sa maîtresse et son roi.“
Si j‘écrivais une telle phrase se serait pour
me foutre gentiment à la fois des dieux, de
ma maîtresse et de mon roi, en tout cas pour
faire sentir que personne n’est assez sacré
pour qu’on ne puisse le tourner en dérision,
ou du moins mettre à l‘épreuve son sens de
l’humour.
La Fontaine continue:
„La louange chatouille et gagne les esprits;
Les faveurs d’une belle en sont souvent
le prix.
Voyons comme les dieux l’ont quelquefois payée.“
Remarquons comment La Fontaine mélange les petites histoires d’alcôve, les siennes, nombreuses, et le grand dessein du
monde représenté par les dieux. Grand
poète, grand bonhomme, qui voit que tout
se tient. Tout se paye également, dans une
magnifique solidarité universelle.
„Voyons comme les dieux l’ont quelquefois payée“, cette louange qui chatouille et
gagne les esprits. Simonide le poète est
préservé des dieux. La fable devient ainsi
„un placet galant invitant les éventuels
mécènes à la munificence envers les gens
de lettres“ (Marc Fumaroli).
La Fontaine termine en disant:
„Qu’on ne saurait manquer de louer largement
Les dieux et leurs pareils“
c’est à dire les maîtresses et les rois.
„Enfin qu’on doit tenir notre art en quelque prix.
Les grands se font honneur dès lors
qu’ils nous font grâce:
Jadis l’Olympe et le Parnasse
Étaient frères et bons amis.“
Soulignons ici que la biographie de Jean
de la Fontaine par Marc Fumaroli, sous-titrée „le poète et le roi“, est entièrement placée sous le signe de cette opposition, entre
l’Olympe et le Parnasse, le pouvoir politique et la poésie.
La Fontaine, disciple d’Apollon, attend
d’être sponsorisé par les disciples de Zeus.
Il n’en sera rien. Contrairement à ses amis il
ne sera jamais pensionné par le roi.
De son Parnasse, La Fontaine s’arroge
aussi une certaine invulnérabilité, un droit à
l’impunité. La suite des événements lui
prouvera le contraire.
Littérature
S. 13
Fables intemporelles
La Fontaine anticlérical? (7)
Paul Hemmer
Dans „La mort et le malheureux“ (I, 15)
et „La mort et le bûcheron“ (I, 16), point
question d’au-delà ni de dieu; les obsessions des croyants sont absentes.
„Pourvu qu’en somme je vive, c’est assez,
je suis plus que content“
et
„Le trépas vient tout guérir;
Mais ne bougeons d’où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise des hommes.“
*
Dans „Le renard et la cigogne“ (I, 18), un
avertissement, une mise en garde, l’annonce d’une revanche possible, d’une vengeance probable:
„Trompeurs, c’est à vous que j‘écris:
Attendez vous à la pareille“
Cet équilibre entre escrocs et victimes,
cette justice immanente, La Fontaine en est
conscient, l’admet, et malgré sa bonté naturelle, nous le verrons rétablir lui même cet
équilibre en se vengeant, au plus tard dans
le livre douzième des fables, des prêtres, ces
escrocs à l’au-delà, qui l’ont fait souffrir lors
de sa maladie.
*
Dans „L’enfant et le maître d‘école“ (I,
19) La Fontaine ne décoche ses flèches pas
seulement contre
„tout babillard, tout censeur, tout
pédant,“
maîtres d’école et cléricaux ne faisaient
qu’un à l’époque, mais encore contre les
théologiens de la divine providence:
„Un jeune enfant dans l’eau se laissa
choir,
en badinant sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu’un saule se trouva
Dont le branchage, après Dieu, le
sauva.“
Le Ciel, rien de moins, Dieu, la divine
providence donc est censée sauver le gosse,
et nous sentons que c’est pour s’en foutre
ouvertement que La Fontaine fait entrer ici
cette notion. Quand il parle de Destin ou de
Hasard ou de Fortune, il ne prend pas ce
ton ironique. Un peu plus loin La Fontaine
enfonce le clou, nous montre que c’est bien
après l’engeance bénie du Créateur qu’il en
a:
„Je blâme ici plus de gens qu’on ne
pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
se peut connaître au discours que
j’avance:
Chacun des trois fait un peuple fort
grand;
Le Créateur en a béni l’engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d’exercer leur langue.
Hé mon ami, tire-moi de danger:
Tu feras après ta harangue.“
C’est assez clair: il s’agit du peuple fort
grand des moralisateurs, engeance bénie du
Créateur, des clercs chrétiens. Grandes
gueules, quand il s’agit de faire des discours,
peu enthousiastes quand il s’agit de mettre
la main à la pâte.
*
Dans le „Conseil tenu par les rats“ (II, 2)
le diable fait son apparition: le chat est le
diable pour les rats.
„Rodilard passait, chez la gent
misérable,
non pour un chat, mais pour un diable“
Le conseil des rats devient chapitre, leur
chef devient Doyen, les allusions sont claires. Il est décidé d’attacher un grelot au cou
du chat, mais aucun rat n’est prêt à aller l’attacher. Les belles résolutions non suivies
d’effet!
„Si bien que sans rien faire on se quitta.
J’ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont tenus:
Chapitres non de rats, mais chapitres de
moines,
Voire chapitres de chanoines.“
Il ne s’agit plus d’allusions, mais de raillerie très précise. La Fontaine met en pratique
sa philosophie, ce que l’on ne peut pas souvent affirmer des croyants, de son époque
ou de toujours. Ces hypocrites sont raillés
plus d’une fois dans les fables
*
Dans „L’astrologue qui se laisse tomber
dans un puits“ (II, 13) La Fontaine, en prenant pour prétexte la mésaventure d’un astrologue, se moque ouvertement de tous les
spéculateurs, secrètement y compris les
Rodilard, non pas un chat, mais un
diable
théologiens, et de la vanité de leur art mensonger:
„… Pauvre bête,
Tandis qu’à peine à tes pieds tu peux
voir,
Penses-tu lire au-dessus de ta tête?“
Le sacrilège dans cette fable consistera à
mettre sur un plan d’égalité
le destin, le hasard, la fortune, le sort et…
et la providence divine, chère aux chrétiens:
„Qu’est-ce que le hasard parmi l’Antiquité,
Et parmi nous la Providence?
Or, du hasard il n’est point de science:
S’il en était, on aurait tort
de l’appeler hasard, ni fortune, ni sort,
toutes choses très incertaines.“
Sentons l’ironie dans le commentaire de
la providence divine qui suit:
„Quant aux volontés souveraines
De celui qui fait tout, et rien qu’avec
dessein,
Qui les sait, que lui seul? Comment lire
en son sein?“
Sous prétexte de fustiger les faiseurs d’horoscope, ce sont encore les moralisateurs
chrétiens qui sont ici l’objet des railleries et
des accusations de La Fontaine. Plutôt que
d’accepter la bonne vieille fatalité païenne,
les moralisateurs chrétiens, avec leur
croyance peu raisonnable, vous gâchent le
plaisir de vivre:
„À quelle utilité?
Pour nous faire éviter des maux inévitables?
Nous rendre dans les biens de plaisir incapables?
En causant du dégoût pour ces biens
prévenus,
Les convertir en maux devant qu’ils
soient venus?
C’est erreur, ou plutôt c’est crime de le
croire.“
Littérature
S. 14
Feuilleton
Krankenhaus Europa
Klaus Hardtke
Ich mußte mal wieder rein.
Durchblutungsprobleme. Mein linker
Arm tat höllisch weh., und ich verspürte
einen starken Druck auf der Brust.
Stents und Bypässe habe ich schon die
Menge.
Die letzten Nachrichten, die ich zu Hause
noch hörte, bevor die Sanitäter mich abholten, befaßten sich mit der Ukraine. Janukowitsch hatte sich nach Rußland abgesetzt.
In Rostov am Don gab er eine Pressekonferenz: ich bin der rechtmäßig gewählte Präsident der Ukraine usw. usf. Auf der Krim
waren Soldaten aufgetaucht: maskiert und
ohne Kennzeichen an ihren Uniformen. In
Charkov in der Ost-Ukraine demonstrierte
eine pro-russische Menschenmenge. Kiew
versetzte ukrainische Truppen in Alarmbereitschaft. Obama warnte Rußland. Die EU
mahnte die Einheit der Ukraine und eine
Verhandlungslösung an.
Ich kam in die „Folterkammer“: ein Zweibettzimmer, wo ich zunächst alleine lag.
Ich wurde an alle möglichen Geräte angeschlossen: Sauerstoff, Blutverdünnung.
Blutdruckmessung, EKG. So verkabelt lag
ich im Bett, und wenn ich mich ein wenig
rühren wollte, verhedderten sich die Kabel
und eine Schwester mußte mich entflechten. Schwester Timea nahm mir immer Blut
ab. Sie schienen im Krankenhaus nicht genug davon kriegen zu können. Ich nannte
sie immer meinen Vampir: Ah, da kommt
wieder mein Vampir! Sie war blond,
hübsch, fröhlich und sehr jung, kaum älter
als 20. Die Blutabnahme betrieb sie mit einer Behutsamkeit, als würde sie am offenen
Herzen operieren. Sie stammte aus der Slowakei.
Eine andere Schwester besorgte mir eine
Telefonkarte, mit der ich nicht nur telefonieren, sondern auch an einem kleinen,
überm Bett angebrachten Bildschirm fernsehen konnte. Ich schaltete die Nachrichten ein, um mich auf den neuesten Stand in
der Ukraine zu bringen. Putin will ein Referendum auf der Krim durchführen lassen: ja
oder nein zum Anschluß an Rußland. In
Kiew ist eine Übergangsregierung gebildet
worden, in der auch Mitglieder der rechtsradikalen Swoboda-Partei Posten erhalten
haben. „Ultranationalistischen und faschistischen Putsch“ nennt Putin die ganze Veranstaltung der Ukrainer.
Das zweite Bett in meinem Zimmer wurde bald belegt. Einer aus Polen wurde hereingeschoben, dessen breites Gesicht und
Schnauzrbart mich ein wenig an Lech Wa-
lesa erinnerten. Er war Bauarbeiter und
hatte es mit dem Kreuz. Ein ruhiger, eher
einsilbiger Typ. Vielleicht konnte er kein
oder nur wenig Deutsch. Er blieb nur eine
Nacht. Beim Aufwachen sagte er „Guten
Morgen“. Als das Frühstück kam, sagte er
„Guten Appetit“. Ich verschob meinen
Fernseher in seine Richtung, so daß er vom
Bett aus mitsehen konnte. Abermals die
Ukraine. Neuwahlen sollten im Mai sein.
Währenddessen demonstrierten überall auf
der Krim ethnische Russen für den Anschluß und einige wenige Ukrainer und
Krimtataren für den Verbleib in der Ukraine. Der polnische Bauarbeiter schüttelte
verärgert den Kopf. Er wat froh, als die Ärzte während ihrer Visite sagten, daß er aus
dem Krankenhaus entlassen sei.
Mein nächster Zimmernachbar war ein
Rumäne. Ein großer bärtiger Kerl, der klagte, daß er sechs Tage nichts gegessen habe,
und überhaupt: sein Magen sei kaputt und
er könne den Stuhl nicht halten. Die
Schwestern schoben ihm eine Blechschüssel unter den Hintern, für alle Fälle. Seine
dünnen Oberschenkel zitterten. Eine Verwaltungslady kam herein, um seine persönlichen Daten aufzunehmen. Adresse? - Keine. Ich lebe auf der Straße. Die Lady verzog
spöttisch das Gesicht: das sind genau die
Zuwanderer, die wir so lieben, sagte sie mir
zugewandt. Der Rumäne sprach kein
Deutsch. Er sprach aber erstaunlich gutes
Englisch. Ich fragte ihn wieso. Er habe
sechs Jahre lang in London gelebt und gearbeitet, sagte er. Das Personal auf der Station
schlug sich sprachlich mit ihm herum, so
gut es ging. Wo es nicht mehr ging, konnte
ich aushelfen.
Nach drei Tagen und Nächten wurde ich
von allen Geräten und Kabeln befreit und
auf eine andere Station verlegt. Man führte
noch eine Computertomographie und eine
Kernspintomographie durch. Ansonsten
konnte ich mich frei bewegen, während die
Ärzte alle Untersuchungen auswerteten.
Mein neues Zimmer war hell und freundlich. Ich teilte es mit einm Franzosen aus
der Nähe von Biarritz, der eine schwere
Bronchitis und Lungenentzündung hatte.
Er atmete zeitweilig durch eine über Nase
und Mund gestülpte und an Sauerstoff angeschlossene Gesichtsmaske. Er las in einem dicken Wälzer mit vielen Anstreichungen in verschiedenen Farben. Eine Geschichte der abendländischen Philosophie.
Er kannte sich aus mit Platon und Aristoteles, Seneca und Epikur. Ich fand, er sah aus
wie Voltaire, und sagte es ihm. „Ah, Voltaire!“ rief er und war nicht mehr aufzuhalten. Der größte Denker aller Zeiten, der
endlich Schluß machte mit der katholischen Barbarei.
Eine beeindruckende Figur auf der Station war Schwester Tatjana aus Bulgarien.
Sie war so quirlig wie ihr hochgestecktes
Haar, das in alle Richtungen in Kringeln herunterfiel. Kompetent und energisch. Nach
drei Tagen und Nächten in der Horizontale
sah ich nicht mehr besonders frisch aus. Du
mußt jetzt duschen, sagte sie, und schubste
mich unter die Dusche. Sie wusch mir den
Rücken und drückte mir einen Schwamm
in die Hand: das Übrige besorgst du selbst.
Sie wollte mich rasieren mit einem elekrischen Trockenrasierer, aber der funktionierte nicht. Sie stellte mir Rasierschaum
und Wegwerfklingen aufs Waschbecken.
Du darfst dich nicht schneiden, sagte sie,
mit all dem Blutverdünnungsmittel, das du
bekommen hast.
Der Ärztetroß kam zur Visite und klärte
mich auf über die Ergebnisse der Untersuchung. Ich durfte dann gehen.
Zu Hause stellte ich den Fernseher an.
Das Ergebnis des Referendums auf der
Krim war klar: Anschluß an Rußland. Russisches Militär und eine pro-russische Bürgerwehr hatten für einen ordnungsgemäßen Ablauf der Wahl gesorgt. Der Westen
war entschlossen zu Sanktionen gegen
Rußland. Amerikanische Kampfflieger wuden nach Polen verlegt. Russische Einheiten besetzten alle ukrainischen Kasernen
auf der Krim. Der Rubel wurde als Währung
eingeführt.
Littérature
S. 15
Buchrezension
Ich - Paul Klee, schreibt Guy Wagner
Barbara Höhfeld
Es ist ein Roman, der in der ersten Person das eigene Leben erzählt; es spricht
zu uns eine Person, die gewissermaßen
bis zu ihrem letzten Atemzug mit uns,
ihren Lesern, redet, ja, die ihre ganze
Geschichte von diesem letzten Punkt,
dem eigenen Tod aus, betrachtet. „Deine Musik aber geht neben mir her, während ich ins Dunkel hinein schreite“,
heißt es zum Abschied, das richtet sich
an Mozart.
Paul Klee war nicht nur ein Maler, er war
auch Musiker, spielte Geige und Bratsche.
Guy Wagner will aber offensichtlich mehr
tun, als Klee zu erzählen, als die letzten Jahre des Malers Klee zu beschreiben. Er habe
2010 ein Bild von ihm entdeckt, das den Titel „nochmals hoffend“ trage und das ihn
seither verfolge, berichtet er in seiner „Vorgabe“, die dem Roman vorangesetzt ist, und
fährt fort: „Sein ’Blick‘ hat bei mir Ungeahntes ausgelöst und mich zu diesem Buch
angeregt.“ Das Buch sei „nicht gedacht als
zusätzliche Biografie des Künstlers oder als
weitere Werkanalyse, sondern stellt Persönliches zu Klee dar.“
Bietet Klee ihm die Maske, hinter der er
sich nun als sich selbst fühlt? Dieser Gedanke liegt nicht so fern, wenn man das
Bild betrachtet, um das es hier geht: die Figur besitzt manche Ähnlichkeit mit einer
Maske, auch ihre Unerbittlichkeit mit leeren Augen, das Sprechende in der Erstarrung.
Paul Klee starb 1940 an einer „diffusen
Form der Systemsklerose“, bei der u. a. seine Haut hart und trocken wurde, einer Autoimmun-Krankheit, die man damals nicht
zu diagnostizieren vermochte. Seinem Antrag auf Einbürgerung in der Schweiz wurde erst wenige Tage nach seinem Tod entsprochen; bis dahin lebte er in der Schweiz
als deutscher Staatsbürger. Das war nicht
immer einfach. Glücklicherweise konnte er
vom Verkauf seiner Bilder leben. Die Nazis
hatten seine Werke unter ihrem Motto
„entartete Kunst“ verfemt, hatten ihn als
akademischen Lehrer vertrieben und grenzenlos gegen ihn als Künstler gehetzt. Doch
die Welt außerhalb des deutschen Reiches
wollte noch immer Klee kaufen. Im übrigen
gab seine Frau Lily Klavierunterricht.
Guy Wagner beginnt seine Ich-Geschichte, mit der er Paul Klee bis zu seinem Tode
begleitet, am Tag der „Machtergreifung“ das war der Tag, an dem Hitler in Deutschland zum Reichskanzler ernannt wurde,
das war der Höhepunkt der Fackelzüge,
von der SA veranstaltet, vor allem in Berlin, aber eben auch in Düsseldorf und Dessau, wo die Klees wohnten. Der Tag, an
dem in Deutschland die Krankheit ausbrach, die Guy Wagner als „die braune
Pest“ bezeichnet, in Analogie zur mittelalterlichen „Schwarzen Pest“ in Europa. Die
unheimlichen Krankheiten spielen eine
entscheidende Rolle in diesem Buch, es
scheint alles dahin zu führen, und keiner
versteht so richtig, was geschieht. Wagner
meint, sich zumindest mit der Nazi-Krankheit ein bisschen auszukennen; wenn er
Klee aus einem Brief von Februar zitiert mit
„Die Akademie regt sich über die Änderungen im Kultusministerium nicht auf. Aber,
was versteht unsereiner“, dann ergänzt
Wagner mit eigener Hand: „Ist das mir nun
ernst gemeint oder ist es bereits Resignation? Ich weiß es nicht und verkrieche mich
vorläufig ...“
Ja, seltsam kam es mir vor, fast widersprüchlich, wenn Wagner mit eigenen Worten die Gedanken von Klee fortführt. Klee
schreibt: „Lieber nehme ich Ungemach auf
mich, als dass ich die tragikomische Figur
eines sich um die Gunst der Machthaber
Bemühenden darstelle.“ Wenige Zeilen
später schreibt Wagners Ich-Klee: „Ich bin
eben ein gefährlicher Kulturbolschewist“.
Ist wohl ironisch gemeint, aber eben nicht
der Ton von Klee – mögen auch andere ihn
so bezeichnet haben. Und ist es nicht wohl-
feil, von heute aus sich über die Nazis lustig
machen zu wollen wie etwa mit dem Satz
über Hitlers Mein Kampf: „Sollte der ungemein gefährliche adolfsche Schwachsinn
nicht doch eher Mein Krampf heißen?“
Klee hätte derartiges nicht geschrieben, erstens, weil es tatsächlich gefährlich war, sogar in der Schweiz, und zweitens, weil der
Witz ein bisschen flach daherkommt. Man
müsste doch schon Soziologe sein und den
Hitler richtig ernst nehmen, um überhaupt
ernsthaft über Mein Kampf zu schreiben.
Das interessierte die Künstler nicht, und die
Gebildeten auch nicht. Darin versteckt sich
einer der Gründe, warum Hitler und seine
Partei überhaupt so weit kamen: die Gebildeten nahmen ihn nicht ernst.
Eben dieser Gedanke mag Guy Wagner
bewogen haben, den Nazis ordentlich
Schimpfwörter
entgegenzuschleudern:
„Kaum ist die Rede verhallt, tauchen die
Naziratten aus ihren Kloaken hervor und
brüllen …..“ und ähnliches.
Die Lektüre des Buches hat mir ungeachtet gewisser sprachlicher Brüche viel Freude gemacht, und das nicht, weil es mir die
Nazikriminalität auseinandersetzte, sondern weil ich darin ein Menge über den
Künstler Klee erfuhr. Guy Wagner hat sorgfältig recherchiert, mit Liebe zur Kunst geschrieben. So komme ich einem Menschen
nahe, der in der Kunst einen besonderen,
einen – mit einem heutigen Wort – authentischen Weg gefunden hat, sich bildlich
auszudrücken, etwas Einzigartiges schuf.
Ein Bild von Klee erkennt der Betrachter
sofort, und doch gleicht keines völlig dem
andern, unter den Tausenden, die er gemalt
hat.
Darüber hinaus bringt mir Guy Wagner
erzählend die Krankheit des Künstlers nahe, eine unheilbare, ja, damals unbekannte
Form einer Autoimmunkrankheit, der System-Sklerose. Fast bis zuletzt schaffte der
Maler es, Bilder zu produzieren, ohne irgendwie in seinem Anspruch und im Ergebnis nachzulassen. Das ist es jedenfalls, was
ich aus dem Buch, aus Wagners „Ich-Biografie“ herauslese.
Was ich nicht gefunden habe, ist das eigentlich „Persönliche zu Klee“, das Guy
Wagner, wie er eingangs sagte, zu seiner
Reise in das Ich eines anderen veranlasst
hatte. Innerhalb des „Ich“ bleibt offenbar
kein Raum für Zwei. Könnte es sein, dass
die tiefe Einfühlung in den andern, der gegen eine unheilbare Krankheit ankämpfte,
den Verfasser selbst stärkt, ihm die Kraft
verleiht, dieses Buch zu schreiben, es noch
einmal gelingen zu lassen, allen Krankheiten zum Trotz? Darüber schreibt er nicht.
Cinéma
S. 16
Perspektiv(en)
Chronologie der
Filmfestivals in Luxemburg
Luc Belling & Yves Steichen
Mit rund 17.250 Besuchern war auch die
diesjährige Ausgabe des Discovery Zone Luxembourg City Film Festival ein
großer Erfolg. Während zehn Tagen
(28.2 - 9.3.2014) sahen sich somit ca.
12.650 Zuschauer in 130 Vorstellungen
insgesamt 47 Lang- und 16 Kurzfilmproduktionen an, ca. 4.600 zusätzliche Besucher nahmen an Ausstellungen, Workshops und weiteren kinematografischen
Begegnungen teil, die außerhalb der Kinosäle – bspw. im Cercle Cité und in der
Abtei Neumünster – stattfanden.
Auch internationale Prominenz war in die
diesjährige Ausgabe eingebunden: Neben
der Jury Grand Prix, der die französische
Schauspielerin Clémence Poésy, die französisch-iranische Regisseurin Emily Atef,
die irische Schauspielerin Kate O’Toole,
die US-amerikanische Casting-Direktorin
Lucinda Syson sowie der Luxemburger
Film- und Theaterregisseur Frank Hoffmann angehörten, sorgte u.a. auch die Anwesenheit der Regisseure Michel Gondry
und Luc Dardenne für eine Prise Glamour
in der Hauptstadt - während Gondry seinen
Dokumentarfilm Is the man who is tall
happy? in der Cinémathèque vorstellte, leitete Dardenne ebendort ein Filmseminar1.
Anlässlich des jüngsten Erfolgs des Discovery Zone Festivals möchte dieser Beitrag in knapper und übersichtlicher Form
die historische Entwicklung der Luxemburger Filmfestivals und ihren jeweiligen Organisatoren, Zielsetzungen und thematischen
Schwerpunkten seit den späten siebziger
Jahren skizzieren; Filmfestivals werden dabei als kulturelle Veranstaltungen verstanden, bei denen während eines definierten
Zeitraums unterschiedliche Filmproduktionen (wahlweise mit einem bestimmten gemeinsamen Thema) gezeigt, mitunter auch
besprochen, beurteilt und ausgezeichnet
werden.
Premier Festival du Cinéma
(1978)
In den späten siebziger Jahren war die Situation in der Luxemburger Kinobranche
alarmierend: Die Zuschauerzahlen beweg-
ten sich seit Jahren zurück und zahlreiche
Kinos hatten den Spielbetrieb bereits eingestellt. So schrieb das Tageblatt im Oktober 1977, „dass speziell in Luxemburg wieder mehr zur Ankurbelung der Kinos gemacht werden muss“2.
Tatsächlich hatte der gewerbliche Kinobetrieb noch in den fünfziger Jahren eine
Hochkonjunktur erlebt: Aufgrund erschwinglicher Eintrittspreise und populärer Themen zog es viele regelmäßige Besucher in die insgesamt 52 Kinosäle im Großherzogtum - mit einem historischen Rekord von 4.803.151 Besuchern im Jahr
19583. Als Gründe für das anschließend
schwindende Interesse der Zuschauer am
Kinobesuch gelten zum einen die Konkurrenz durch das Fernsehen, zum anderen die
erhöhte Mobilität der Gesellschaft durch
die rasante Verbreitung des Automobils,
die die Freizeitgestaltung erheblich veränderte. Der Rückgang der Besucherzahlen
manifestierte sich seit den sechziger Jahren:
Von 2.052.631 Zuschauern im Jahr 1967
fällt die Zahl auf 650.000 Besucher im Jahr
1980. Mit diesem Zuschauerschwund gingen massive Schließungen der Kinohäuser
einher: Der Bestand reduzierte sich von 52
(1959) auf ganze 7 Kinos (1980)4.
Im Laufe des Jahres 1977 wurde diese krisenhafte Situation in der Kinobranche auch
von der Politik zur Kenntnis genommen.
Unter dem Impuls von Kulturminister Robert Krieps (LSAP) wurde die Commission
d’Aide au Cinéma aus der Taufe gehoben,
eine Expertenrunde, die Lösungsvorschläge für die schwächelnde Branche ausarbeiten sollte. Die erste Sitzung fand am 15. Dezember 1977 statt; zu den Teilnehmern gehörten Jean Bernard (Office Catholique du
Cinéma), Fernand Bosseler (Wirtschaftsministerium), André Claude (SIP), Fernand
Courtois (Commission de Surveillance des
Cinémas und Ciné Club 80), Joy Hoffmann
(Ciné-Club 80), Fred Junck (Cinémathèque), Éd. Kohl, Roger Manderscheid, Jos
Pauly (TV-Regisseur), Nico Simon (CinéClub 80) und Isidore Thill (Betreiber des
Cité). Eine der Maßnahmen, die die Commission ausarbeitete, um das populäre Interesse am Kino wieder anzukurbeln, war die
Organisation eines Filmfestivals. Das Projekt wurde Krieps wie folgt unterbreitet: „[le
but est de] créer un événement cinématographique à Luxembourg, [de] promouvoir
le cinéma par une large campagne publici-
taire, […] [de] susciter auprès du public, par
des avant-premières, la publicité dite de
bouche à oreille“.
Das erste Luxemburger Filmfestival fand
im September 1978 in den Kinos Cité und
Europe statt, die Schirmherrschaft übernahmen das Kulturministerium und die Gemeinde der Stadt Luxemburg. Auf dem Programm standen die Vorpremieren von
zwanzig internationalen Filmproduktionen, die in den kommenden Wochen und
Monaten auch in das reguläre Kinoprogramm aufgenommen wurden. Das Festival
wurde mit ca. 6000 Besuchern als großer
Erfolg eingestuft, ein Umstand, den auch
die Presse unterstrich - ebenso wie die Tatsache, dass die Verantwortlichen des ehrenamtlich geführten Ciné-Club 80 maßgeblich an der Organisation des Festivals
beteiligt waren. 1980 und 1981 fanden zwei
weitere Ausgaben mit gleichem Konzept
statt, bevor das Festival schließlich eingestellt wurde.
Ciné-Club 80
und Utopia
In den späten siebziger Jahren trat auch der
Ciné-Club 80, ein hauptstädtischer Filmclub, dessen Mitglieder sich für die Verbreitung der cinéphilen Kultur engagierten, vermehrt mit Initiativen in Erscheinung, um
neue Begeisterung für das Kino zu wecken.
Dazu gehörte auch die Organisation von
Festivals (die teils im traditionellen Abspielort des Ciné-Club 80, der hauptstädtischen Cinémathèque, und teils in gewerblichen Kinos abgehalten wurden), die sich allerdings mit wechselndem Erfolg - dem
filmischen Schaffen bestimmter Nationen
widmeten, so zB. die Quinzaine du Cinéma Australien (1980), die Quinzaine du
Cinéma Polonais (1980), die Semaine du
Cinéma Finlandais (1981) und die Semaine du Cinéma Yougoslave (1982). Zwischen 1982 und 1985 organisierte der CinéClub 80 vier Ausgaben des Festivals des
Neuen Deutschen Films; seit 1983 fanden
die Vorstellungen teilweise in dem von den
Filmclubverantwortlichen neu gegründeten
Utopia statt. Veranstaltungen wie die Semaine des Droits de l’Homme (1984), die
British Film Season (1985, mit Michael
Radford), die Nuit du Film Fantastique
Cinéma
(1995), die später in die Organisation des
beliebten Cinénygma-Festivals münden
wird, das Festival du Cinéma Espagnol
(1997 bis heute) und das Premier Festival
du Film Gay et Lesbien (1999) positionieren das Utopia bis heute als wichtigen Akteur und Austragungsort in der luxemburgischen Festivallandschaft5.
DirActors Cut - Luxembourg
City International Film Festival
2007 rief die Stadt Luxemburg in Zusammenarbeit mit dem CNA das DirActors Cut
- Luxembourg City International Film Festival (später umbenannt in DirActors International Film Festival Luxembourg City)
ins Leben. Die Organisatoren wollten ein
originelles Konzept entwickeln, das sich gegenüber anderen Filmfestivals abgrenzte,
um auch internationale Prominenz nach
Luxemburg zu locken. Die Besonderheit
des Festivals bestand darin, dass Filme vorgestellt wurden, bei denen die Schauspieler
selbst auf dem Regiestuhl Platz nahmen;
mit diesem Ansatz erhoffte man sich auch
bekannte, internationale Schauspielgrößen
dafür zu begeistern, ihre neuesten Regiewerke in Luxemburg vorzustellen. Dabei
wurde ein interaktionsorientiertes Verfahren angepeilt, bei dem sich die Gäste bei
den Screenings mit dem Publikum über ihre
Erfahrungen bzw. Beweggründe für den
Wechsel hinter die Kamera unterhielten.
Anfangs ging dieser Plan auf, und bekannte
SchauspielerInnen wie Sophie Marceau
(2007), Martin Walz und Emmanuelle Béart (2008) sowie Carole Bouquet (2009)
konnten im Großherzogtum begrüßt werden. Das Festival wurde von 2007 bis 2009
(jeweils Mitte Oktober) ausgetragen, dauerte 4-5 Tage und erhielt aufgrund seines originellen Konzeptes lobende Worte in der
Presse.6
Trotz der interessanten Ausrichtung des
Festivals und der damit einhergehenden
Herausstellung gegenüber anderen europäischen Filmfestivals, stellte sich der kreative Ansatz auf Dauer als eine zu einschränkende Auflage heraus, die eine abwechslungsreiche Programmsetzung verhinderte:
Die Organisatoren waren bei der Gestaltung des Festivalprogramms letztlich zu
sehr von der Partizipation internationaler
Stars abhängig und konnten häufig nur
kurzfristig planen, so dass die tatsächliche
Qualität der gezeigten Filme hinter dem
Verlangen, immer wieder große Stars nach
Luxemburg zu locken, nur zweitrangig
blieb. 2009 führte man zur Diversifizierung
des Programms eine Shortfilm-Nacht ein,
in der Kurzfilme von aufstrebenden luxemburgischen Regisseuren gezeigt wurden.
Diese Umgestaltung wies aber auch unweigerlich auf die Probleme des Festivals hin,
wie in der Presse vermerkt wurde: „Though
the short film night is organized as part of
S. 17
the DirActors Festival, it does not share the
concept of ’Films made by Actors‘ for obvious reasons“7.
Discovery Zone
2010 wurde ein neues Konzept ausgearbeitet, das einen langfristigen Erfolg eines luxemburgischen Festivals ermöglichen sollte. Die Verantwortlichen erkannten ihre
Fehler bei der Gestaltung des DirActorsFestivals: „Die Bling-Bling Strategie hat uns
in eine Sackgasse geführt“ (Claude Bertemes, Cinémathèque)8. Weniger der Wunsch
nach internationalen Filmstars, die zwecks
Werbung und Präsentation ihrer Filme
nach Luxemburg reisten, sondern das elementare Bedürfnis, interessante Filme in einem abwechslungsreichen Programm zu
zeigen, legten die Verantwortlichen des
2011 geschaffenen Festivals Discovery Zone fortan als Priorität aus. Damit sich das
Discovery Zone als Aushängeschild der luxemburgischen Filmwelt etablieren konnte,
konzipierte die Stadt Luxemburg mit Partnern aus dem Bereich des audiovisuellen
Sektors (2014 waren dies das CNA, die Cinémathèque, die UTOPIA S.A., der Filmfonds sowie Vereinigungen aus dem Bereich der Kinowelt, wie die LARS [Vereinigung der Regisseure], die ULPA [Vereinigung der Produzenten] und die ALTA [Vereinigung der Techniker]9) ein abwechslungsreiches Programm, das sich aus drei
Themenkomplexen zusammensetzt: 1. der
offiziellen Auswahl, die von einer renommierten Jury bewertet wird, 2. Dokumentarfilmen sowie 3. einem Programm, das
sich nach den Wünschen und Präferenzen
der jugendlichen Zuschauer richtet.
Damit eine filmische Vielfalt, die sich aus
internationalen und luxemburgischen Produktionen zusammensetzte, in den drei
hauptstädtischen Kinos Utopolis, Utopia
und Cinémathèque geboten werden konnte, wurde die Dauer des Discovery Zone gegenüber des Vorgängerfestivals verdoppelt.
Auch das erweiterte Rahmenprogramm mit
Ausstellungen und Ateliers trägt maßgeblich dazu bei, jährlich eine Vielzahl an
Filminteressierten zu begeistern. Mit ca.
17.250 Besuchern (im Vergleich dazu siedelten sich die Besucherzahlen der Vorgängerfestivals bei 4.500 Zuschauer [2009]
bzw. 3.000 Zuschauern [2008] an10) konnte die diesjährige Ausgabe des Discovery
Zone eine neue Bestmarke verbuchen und
man darf gespannt sein, wie sich diese Erfolgsgeschichte fortsetzt.
[Ohne Autor]: Le Discovery Zone semble
avoir trouvé son public. In: L’Essentiel
(10.3.2014)
2 WEIDES, Fernand: Rettet das Kino! In: Tageblatt (27. 10.1977)
3 LESCH, Paul: Les Trente-Cinq Glorieuses
(1927-1962). L‘âge d’or de l’exploitation cinématographique au Luxembourg. In: Lëtzebuer1
ger Kino. Aspects du cinéma luxembourgeois,
hg. Jean BACK / Joy HOFFMANN / Viviane
THILL / Robert THEISEN. Luxembourg 2005,
S. 70-93.
4 Ibidem.
5 LESCH, Paul (unter Mitarbeit von STEICHEN, Yves): D’Stater Kinoen. Eine Kinogeschichte der Stadt Luxemburg. Luxemburg
2013
6 zB. THIEL, Michel: Filmemacher, Popcorn
und der Führer-Dani Levy und Catherine Corsini im Utopolis. In: Wort.lu (13.10.2005)
(Letzter Aufruf: 25.3.2014)
7
Vgl.
http://www.filmreakter.lu/page/
3/?s=DirActors (Letzter Aufruf: 25.3.2014)
8 STRÖTGEN, Janina: Aus Not soll Tugend
werden. In: Tageblatt (29.3.2011) (Letzter Aufruf : 25.3.2014)
9 Vgl. http://www.discoveryzone.lu/fr/posts/
display/1 (Letzter Aufruf : 25.3.2014)
10 Vgl. http://www.filmreakter.lu/filmfestival/
press-diractors/ (Letzter Aufruf: 25.3.2014)
Luc Belling (*1985) ist Soziolinguist
und befasst sich mit sprachlichen
Aspekten des Luxemburgischen in
digitalen Medien, Massenmedien
sowie allgemein der Popkultur. Momentan promoviert er an der Universität Luxemburg zum Thema der
sprachlichen und kommunikativen
Variationen des Luxemburgischen
auf Facebook.
Yves Steichen (*1983) ist Historiker
und befasst sich u.a. mit Filmgeschichte. Studium der Geschichte in
Luxemburg und Freiburg im Breisgau. Seine Abschlussarbeit behandelt die jüngere Luxemburger Kinogeschichte.
Beaux-Arts
S. 18
Chroniques parisiennes
Bill Viola et ses images incontournables
Il est des expositions à la mode, à grand
battage médiatique, avant même qu’on
les ait vues. Ce sont des événements à
part entière, et on en fait trop, juste un
peu trop, et la machinerie inverserait
presque ses effets, atténuerait les perceptions devant les œuvres, parfois géniales. Oui, trop c’est trop. Et le dispositif mis en place autour de l’exposition
consacrée à Bill Viola en est la preuve.
Les journalistes ont été conviés de façon presque péremptoire à la conférence de presse qui précédait la visite,
avec cette mention sur le carton d’invitation: „fermeture des portes à 10h“.
Message ambigu qui laissait supposer
que, de toute façon, on n’avait pas le
choix, il fallait commencer par la conférence de presse.
De la philosophie en
produit dérivé
Nous étions donc otages d’une manière de
procéder qui somme toute pouvait être
agréable. En général, j‘évite que l’on me
donne à porter la bonne parole, je pense
avoir assez de sens critique pour ne pas
m’aveugler au mirage d’un discours formaté
que les journalistes pourraient répandre,
contribuant en cela à une unanimité de la
critique. Dans le cas de Bill Viola, on sait
que son œuvre, surtout dans ses débuts, est
prodigieuse. Alors pourquoi insister? Devrions-nous également idolâtrer l’artiste?
Car c’est à peu près ainsi que cela s’est
passé. Bill Viola est apparu, accompagné de
son épouse, Kira Perov, et du commissaire
d’exposition, Jérôme Neutres. Bill Viola
n’est pas un grand bavard, ainsi sa femme se
fait l’interprète de son œuvre, et le commissaire d’insister sur le génie de Bill Viola, sur
la façon dont il écrit et réfléchit tous les
jours, au point d’avoir quarante tomes de
pensées en réserve. Pitié! Les propos de Bill
Viola sont d’une banalité affligeante, mâtinés de principes zen, de vague philosophie,
ce qui nous permettra ensuite de trouver
toute la pensée zen en librairie, à la sortie de
l’exposition, comme finalement un vulgaire
produit dérivé. Nous n’avons pratiquement
rien appris, sauf que la vie est une roue, et
qu’il y a les pas encore nés, et les déjà morts
(lumineux, non?). Et comme Bill Viola est
devenu un messager, et qu’il lui faut tenir ce
rôle, et que nous sommes tous confondus
l’épouse de Bill
Viola, Kira Perov,
de rétorquer: les pièces de Bill Viola
peuvent être saisies
dans leur entièreté,
ou pour quelques
images seulement.
Mais de toute façon
on le dit assez: Bill
Viola, c’est génial!
Effectivement,
ça
l’est. Avec quelques
réserves parfois, notamment vers la fin,
lorsque Bill Viola
travaille en résonance avec la peinture. Ce côté „déjà
Bill Viola, Ascension, 2000, installation vidéo sonore, 10 minutes, vu“ puisqu’il revisite
performeur : Josh Coxx, Bill Viola Studio, Long Beach, Etats-Unis, l’histoire de la peinture, inspiré entre
autres par Giotto,
d’admiration, lorsqu’un bébé s’agite et crie, ne fait pas le poids, et l’on se prend à rêver
il remercie la mère de l’avoir amené – eh de la source, de l’image fondatrice, d’une
oui, la vie, la source, enfin tout ça. Les ques- œuvre de Giotto, au lieu d’une vision
tions dans la salle sont parfois très françai- convenue, qui s’étire, contaminant le
ses – comme dirait Lacan, un éminent psy- temps. La torpeur nous ramène alors à nochanalyste très connu ici… – redondance à tre statut de consommateurs d’images et de
laquelle répond par quelques phrases cour- vidéos assez faciles. Mais il s’agit ici de rétes Bill Viola. Au point d’entendre un jour- serves mineures. Car ces images d’apparinaliste dire, fort à propos: entre le gourou tions et de disparitions, ces mirages qui réaméricain et la pédanterie française, que vèlent à eux seuls une quête métaphysique,
choisir? Et d’entendre répondre: je préfère ces êtres qui marchent sans discontinuer,
le gourou américain. Oui, car la pédanterie ces rêves qui viennent ponctuer la nuit de
est sûrement plus insupportable. Enfin li- leurs mystères, ces êtres à demi ensommeilbres, des banalités plein la tête, nous voici lés, comme en extase, sous l’eau, sont aulâchés dans les salles, empêchés dans un tant de morceaux d’infini. Ils participent
premier temps de voir véritablement les d’une interrogation et d’une émotion fonimages de Bill Viola, tant notre pensée a été datrices du travail de Bill Viola, à la suite
massacrée par ce qu’on appelle communi- d’un accident qui a failli lui coûter la vie
cation. J’oubliais: un journaliste lui a de- dans l’enfance, une noyade dont il a été
mandé s’il comptait faire des films, comme sauvé in extremis. C’est dans ce flottement
le célèbre vidéaste Steve Mc Queen, qui a entre deux mondes, à la lisière du réel et de
remporté dernièrement un beau succès l’impalpable que nous nous situons. Alors,
américain pour son film, 12 Years a Slave, cette image, devenue si évidente vers la fin
un film esthétisant et pauvre, qui ne donne de l’exposition, reprend ici tous ses droits,
en rien l’ampleur de son travail d’autrefois. son aura, son pouvoir de fascination, et
Heureusement, Bill Viola a répondu par la nous mène au monde, dans ce qu’il a de
négative.
plus énigmatique.
Photo Kira Perov
Clotilde Escalle
A la lisière
du monde
Mais enfin qu’en est-il de ses images, si les
journalistes ont peu de temps pour les voir
vraiment, ceci en partie à cause d’une
conférence de presse, mais aussi parce que
les durées des vidéos sont assez longues? Et
Bill Viola
Jusqu’au 21 juillet 2014
au Grand Palais
(entrée Champs-Elysées)
Renseignements et réservations sur:
www.grandpalais.fr
Beaux-Arts
S. 19
Aktuelle Kulturpolitik
Kein Aufruhr!
Jos Weydert
Das Cover des Katalogs zur Doppelausstellung (28.09.2013-06.01.2014) zeigt
ein herausgeschnittenes Element aus einer Collage (60x43,5cm) von George
Grosz aus dem Jahr 1932 mit dem Titel
„Keep smiling“.
In dem Kapitel „Schöpferische Zerstörung Kunst im Widerstand“ wird dem Werk, anderswo beschrieben als „eine Ansammlung
von herum irrenden abgetrennten Körperteilen“, die den Betrachter in „einen regelrechten Taumel der Aufmerksamkeit führen“ (S.164), ein politischer Charakter bescheinigt. Es „kann auch als Reaktion auf
die Verstümmelungen durch Folter und
Krieg verstanden werden, die das öffentliche Leben der Zwischenkriegszeit prägen.“
(S.39)
Ob der im Titel liegende Zynismus – das
Werk ist ein Jahr vor der Flucht Grosz‘ in
die USA entstanden – voll ins Bewusstsein
gelangte, sei dahingestellt, immerhin ist geforscht worden. Und da erstaunt es, dass
John Heartfield nicht ins Blickfeld geriet.
Denn beide, Grosz und Heartfield, sind geschichtlich aneinander gekettet. Ihre
Freundschaft war gegenseitig, den Zorn gegen den deutschen Obrigkeitsstaat teilten
sie.
Wenn Grosz rückblickend über die Jahre
1916/17 schreibt: „Glauben? Haha! An
was denn? An die deutsche Schwerindustrie, diese Herren Großverdiener? An unsere geliebten Generäle?“(1), so hat er Heartfield mit eingeschlossen. Beide anglisierten
aus Protest gegen den alldeutschen Gruß
„Gott strafe England!“ ihre Namen: Georg
Gross nannte sich fortan George Grosz
(mit kurzem o); Helmut Herzfelde wurde
John Heartfield! (Die Polizei lehnte es ab,
die Künstlernamen zu registrieren!) Für die
Erste Internationale Dada-Messe 1920 in
Berlin unter dem Motto: „Dada kämpft auf
der Seite des internationalen Proletariats“
schufen beide das Klebebild, das als Titelseite des Katalogs diente.
Werner Haftmanns 2-bändiges Standardwerk „Malerei im 20. Jahrhundert. Eine
Entwicklungsgeschichte.“ erwähnt Heartfield mit keinem Wort. Das war im Jahr
1954, in der Adenauer-Ära, der an der Erinnerung an einen antifaschistischen Künstler nicht sonderlich gelegen war; dies umso
weniger als man hätte Belegmaterial heranschaffen müssen.
Das hat sich inzwischen geändert! Von
Wieland Herzfelde ist ein 375 Seiten starkes Buch über Leben und Werk des 1968
verstorbenen Bruders
erschienen(2); 1972 hat
Heartfield Zugang gefunden zur Reihe Hanser(3) und Eckhard Siepmann hat 1977 eine
300-seitige Studie vorgelegt, die allen Ansprüchen an wissenschaftliches Arbeiten gerecht
wird.(4) Eine umfassende
Bibliographie liegt vor.
Dennoch ist man im
Deutschland
Merkels
dort angelangt, wo man
schon gewesen ist. Bei
dem Hinwegsehen über
einen Künstler, den der
SPIEGEL 1972(2) noch
als „größten visuellen
Agitator der deutschen
Arbeiterklasse“ bezeichnet hat.
Eine Erklärung für die
Ausgrenzung
Heartfields liefert die Ausstellung nicht! Es kann nur
spekuliert werden.
Könnte der Grund darin gelegen haben,
dass man von einem als selbstverständlich
angenommenen und daher nicht eigens zu
thematisierenden Unterschied zwischen
Collage und Fotomontage ausgegangen ist,
die den Monteur Heartfield eo ipso als
nicht dazugehörig ausweist!
Richard Hiepe hat auf einen Begriffsunterschied hingearbeitet, wenn er der Zersplitterung der Welt und des Werks auf seiten der Collage die auf einheitliche Gesamtwirkung ausgerichtete Montage gegenüberstellt. Mittels heterogener Elemente würde
letztlich doch eine „einheitliche, bildhaft
verschmolzene Formkomposition hergestellt.“ Sie negiere im Grunde das CollagePrinzip.(5)
Das wäre überlegenswert. Nur: Hiepe ist
nicht in die Bibliographie aufgenommen
worden und Herta Wescher, die dort Platz
gefunden hat, trifft in ihrem bahnbrechenden Werk „Die Geschichte der Collage“
(DuMont 1974) keine Unterscheidung. Es
geht auch gar nicht um eine ästhetische
Grenzziehung, sondern darum, die Vorstellung einer progammatischen Politisierung
vom Begriff Collage fernzuhalten.
So greift denn die Politik der Ausblendung und des Verschweigens über auf die
sechziger und siebziger Jahre in der BRD.
Mit Ausnahme von Klaus Staeck, der mit
einem(!) im Katalog nicht abgebildeten
Werk vertreten ist, werden sämtliche nam-
haften Künstler, die in der Montage eine explizit gesellschaftspolitische Praxis sahen,
totgeschwiegen(6) und die hochstehende
Forschungsliteratur wird ignoriert.(7)
Fazit: Die Doppelausstellung ist als ein
groß angelegtes ideologisches Unternehmen zu werten.
1) Grosz George, Ein kleines Ja und ein großes Nein. Sein Leben von ihm selbst erzählt.
Reinbek, 1974, S.102f.
2) VEB Verlag der Kunst Dresden, 1970
(2.Aufl.)
3) John Heartfield, Krieg im Frieden. Fotomontagen zur Zeit 1930-1938. München 1972
4) Eckard Siepmann, Montage: John Heartfield! Vom Club Dada zur Arbeiter-Illustrierten
Zeitung. Elefanten Press Galerie, Berlin (West)
1977
5)
Die Fotomontage. Katalogbeitrag zur
gleichnamigen Ausstellung, Ingolstadt 1964, ohne Seitenzahl
6) Reiner Diederich/Richard Grübling, Unter
die Schere mit den Geiern. POLITISCHE FOTOMONTAGE in der Bundesrepublik und
Westberlin. Elefanten Press Galerie, Berlin(West) und Hamburg 1977
7) Herausragend: alternative 122‘ 123, Berlin
1978, mit dem Titel Montage/Avantgarde.
Ebenso: Peter Bürger, Theorie der Avantgarde, edition suhrkamp 727, 1974
Musiques
S. 20
Interview mit Mischa Maisky, Cellist
„Wirkliche Größe
kennt keine Zeit und keine Grenzen.“
Alain Steffen
kulturissimo: Herr Maisky, wie schätzen Sie persönlich die beiden Cellokonzerte von Dimitri Schostakowitsch
ein?
Misha Maisky: Schostakowitschs Cellokonzerte sind sicherlich hervorragende
Stücke, sie besitzen allerdings nicht die
Wichtigkeit und Tiefe wie seine Symphonien beispielsweise. Für uns Cellisten sieht
es natürlich anders aus. Für uns sind es die
besten Konzerte des 20. Jahrhunderts und
bieten dem Solisten unwahrscheinliche
Möglichkeiten. Sie sind allerdings sehr verschieden, obwohl nur sieben Jahre zwischen ihrer Entstehung liegen. Das erste
wurde 1959 komponiert, das zweite 1966.
Ich hatte damals das Glück, bei den Proben
zum 2. Konzert mit Rostropowitsch dabei
zu sein und seit dieser Zeit faszinieren sie
mich. Denn sie sind immer noch sehr aktuell und das, was Schostakowitsch ausdrückt, kann auch die heutige Generation
noch sehr leicht nachvollziehen. Aber neben dem musikalischen Inhalt ist jeder Solist an der technischen Herausforderung interessiert. Wir sind Musiker, wir wollen einfach mit diesen Werken gefallen und dem
Publikum zugleich zeigen, welch tolle Musik Schostakowitsch doch komponiert hat.
„k“: Wie wichtig war das Instrument
Cello für Schostakowitsch?
M.M.: „Lange vor Rostropowitschs Zeit,
der ja später zu seinem bevorzugten Interpreten wurde, hatte Schostakowitsch eine
Sonate für Cello und Klavier komponiert.
Das war Mitte der dreißiger Jahre. Durch
die Bekanntschaft und tiefe Freundschaft
zu Rostropowitsch wollte Schostakowitsch
aber noch eine weitere Sonate schreiben.
Auch sein letztes Werk, die Sonate für Viola und Klavier aus dem Jahre 1975 sollte ursprünglich für Cello geschrieben worden
sein. Aber da Rostropowitsch die Sowjetunion 1974 verlassen hatte, nahm er statt
des Cellos die Bratsche. Ansonsten spielte
das Cello keine sehr große Rolle in Schostakowitschs Kompositionen. Ein sehr frühes
Werk aus den zwanziger Jahren nämlich
drei Stücke für Cello und Klavier, ist leider
verlorengegangen.“
„k“: Sie selbst stammen ja auch aus
der ehemaligen Sowjetunion. In wieweit wurden Sie von der sogenannten
russischen Schule geprägt?
M.M.: „Ich selbst bin in Litauen geboren,
was zwar zur damaligen Sowjetunion gehörte und habe in der Sowjetunion studiert.
Das stimmt. Aber was ist die russische
Schule? Ich glaube, das ist eher ein Klischee, das man sich zurechtgelegt hat, um
die eine oder andere Spielweise zu definieren. Ich selbst bin kein sehr großer Freund
von festgelegten Normen, Stilen und sogenannten Schulen. Ich sehe mich als einen
kosmopoliten Musiker, als ein Weltbürger.
Ich lebe zwar in Brüssel, fühle mich aber
überall in der Welt sehr wohl. Diese Offenheit den Menschen und der Musik gegenüber verbietet es mir quasi, einer Schule anzugehören oder nur einen Stil zu propagieren. Das alles engt doch ein! Ich bin ein lebendiger Mensch und sauge möglichst viele
Einflüsse in mir auf. Nur so kann ich das
Musizieren lebendig halten.“
„k“: Aber in ihrer Studienzeit in der
Sowjetunion war von dieser Freiheit
doch noch nichts zu spüren.
M.M.: „Das stimmt, meine russischen Ketten habe ich erst später abgelegt. Als Student wurde ich natürlich von der russischen Schule beeinflusst und heute, wenn
ich zurückblicke, ist es schon eine unwahrscheinliche Sache, die Linie eines Oistrach,
Kogan, Richter, Rostropowitsch weiterführen zu dürfen. Nachdem ich die Sowjetunion verlassen hatte, studierte ich bei einem
weiteren großen russischen Musiker, nämlich Gregor Piatigorsky. Er war unglaublich, ein unglaublicher Künstler, ein unglaublicher Cellist, ein unglaublicher und
ein vollendeter Gentleman. Er hatte so viel
erlebt und war unwahrscheinlich kultiviert.
Und obwohl auch er von dieser russischen
Schule herkam, ist er immer offen gegenüber anderen Einflüssen geblieben, was
dann auch seine großartige Interpretationskunst erklärt. Mit ihm und mit Rostropowitsch als meinen Lehrern war und bin ich
der glücklichste Cellist der Welt. Und ich
war der einzige Cellist, der das Privileg hatte, mit beiden zu studieren.“
„k“: Worin unterschieden sie sich
denn?
M.M.: „Es waren zwei sehr verschiedene
Persönlichkeiten, die allerdings auch wieder viel gemeinsam hatten (lacht) Ich war
natürlich sehr früh mit Rostropowitsch in
Kontakt gekommen und er hat mich sein
ganzes leben lang begleitet. Rostropowitsch
ist bis heute mein Idol geblieben. Piatigor-
sky ist erst später, also in den siebziger Jahren hinzugekommen. Ich war sehr nervös,
als ich Piatigorsky zum ersten Mal begegnet
bin. Ich wusste nicht, ob ich ihm gerecht
werden würde. Aber erstaunlicherweise unterschied er sich nur unwesentlich von Rostropowitsch, so dass ich stilistisch und
menschlich sehr gut mit ihm auskam. Beide
sprachen auch nie über das Cello-Spiel an
sich. Sie sprachen immer über die Musik.
Für Piatigorsky und für Rostropowitsch waren die Instrumente nur Vehikel, eine Verlängerung des Musikers, ein Sprachrohr
und als solche her zweitrangig. Sie machten
keinen großen unterschied zwischen einem
Violinisten, einem Pianisten oder einem
Cellisten. Für sie war viel wichtiger, was der
Interpret aus diesen Instrumenten herausholte und wie er die Botschaft des Komponisten in Klang umwandeln konnte.“
„k“: Aber auch persönlich hatten Sie
einen sehr engen Kontakt zu Mstislav
Rostropowitsch.
M.M: „Ja, Rostropowitsch war eine sehr
wichtige Person in meinem Leben. Kurz
nachdem mein Vater gestorben war und er
es erfuhr, kümmerte er sich wirklich rührend um mich. Er wurde eine Art Vaterersatz, dem ich auch menschlich sehr, sehr
viel verdanke. Als ich ihn kurz vor seinem
Tod noch einmal besuchte, sagte er mir,
dass ich immer wie ein Sohn für ihn gewesen wäre. Wir hatten in der Tat eine sehr tiefe und enge Beziehung. Als ich dann die
Sowjetunion verließ und bei Piatigorsky
studierte, wurde er in diesem neuen Leben
auch eine Art Ersatzvater für mich. Dass er
mich quasi als seinen Sohn adoptiere, lag
wohl daran, dass er wusste, dass er nicht
mehr lange zu leben hatte. Er war krebskrank und spürte das innere Bedürfnis, sein
Erbe an mich weiterzugeben. Es war seine
letzte Chance, all das Erlebte, all sein Wissen, all seine Erfahrungen an jemanden
weiterzugeben, der ihm nicht nur nahestand sondern zugleich auch ein Cellist
war. Ich verbrachte vier sehr intensive Monate mit ihm und das war mehr Zeit, als ich
mit Rostropowitsch in vier Jahren verbracht
hatte. Piatigorsky arbeitete sehr hart mit
mir. Ich war quasi jeden Tag bei ihm zu
Hause und musste ihm alles vorspielen was
ich konnte. Und auch das, was ich nicht
konnte. Danach spielten wir dann Schach
und aßen zusammen.
„k“: Ihre Zeit mit Piatigorsky geht ja
Musiques
auf die Mitte der siebziger Jahre zurück, auf eine Zeit, wo alte Traditionen
hinterfragt wurden und die historische
Aufführungspraxis neue Türen öffnete.
M.M.: „Wo wir uns wiederum einer Klischeefrage stellen müssen. Müssen wir
wirklich alles neu benennen? Müssen wir
wirklich sagen, heute beginnt nun ein neuer Interpretationsstil, ab heute machen wir
alles anders? Schauen Sie, Vladimir Horowitz wurde zeitlebens als ein romantischer
Pianist bezeichnet. Doch was heißt das?
Horowitz war ein vollendeter Pianist und
er spürte immer dem Wesentlichen in der
Musik nach. Ist das romantisch? Dann ist
jede Interpretation romantisch, die den Anspruch erhebt, ehrlich zu sein. Oder nehmen Sie Bach. Das war ein Lebemann, der
hatte zwanzig Kinder und stand mit beiden
Füßen im Leben. Bach, ein Theoretiker
und Mathematiker? Das kann ich mir nicht
vorstellen. Bach hat sehr lebendige Musik
geschrieben. Das Problem mit den Menschen ist, dass sie alles und jeden in eine
Schublade stecken wollen. Horowitz: romantisch, Bach: theoretisch, Maisky: russische Schule, Harnoncourt: historische Aufführungspraxis. Das ist doch so simplistisch
und sagt überhaupt nichts aus. Bach als einen barocken Komponisten zu beschreiben, ist schon fast eine Frechheit. Seine
Musik ist zu universell, um überhaupt in einen festen Rahmen gezwängt zu werden.
Wirkliche Größe kennt keine Zeit und keine Grenzen. Wir sollten aufhören, uns in
solches schubladenförmiges Denken zu
projektieren. Es gibt so viele Möglichkeiten
der Interpretation. Und wenn man barocke
Musik gut auf historischen Instrumenten
spielen kann, dann sollte man es tun. Aber
man sollte nicht behaupten, dass dies der
einzig wahre Weg sei.“
„k“: Was aber nicht heißt, dass wir
alles gut finden müssen.
M.M.: „Natürlich nicht. Wir müssen immer kritisch bleiben. Sehen Sie, ich persönlich finde die historische Aufführungspraxis
kontraproduktiv, da sie das Visionäre eines
Bach einfach verleugnet und weil sie versucht, seine Musik historisch korrekt zu
spielen. Es ist vielleicht interessant zu hören, wie das damals geklungen haben muss,
es bringt uns aber im eigentlichen Musikverständnis nicht viel weiter. Niemand von
uns hat Bach gekannt und wir, die Menschen des 21. Jahrhunderts, können niemals wissen, was genau Bach sich vorgestellt hat. Viel interessanter ist es doch,
Bachs Musik als Zukunftsmusik zu betrachten und zu schauen, was sie uns heute
zu sagen hat. Verstehen Sie mich bitte nicht
falsch. Das Konzept der historischen Aufführungspraxis ist sicherlich begründbar,
nur ist die Bezeichnung „historische oder
authentische Aufführungspraxis“ irreführend und nicht korrekt. Und man muss
auch wissen, das dies nun mal ein Bereich
ist, der momentan sehr angesagt ist.“
„k“: In anderen Worten wir müssen
S. 21
also sehr vorsichtig mit all diesen Beschreibungen
und
Bezeichnungen
sein.
M.M.: „Genau, weil sie nichts anderes
sind als Klischees. Große Komponisten
und große Interpreten brauchen all diese
Bezeichnungen wie klassisch, modern, romantisch nicht, weil sie so viele Facetten
besitzen die weit über diese Klischees herausgehen. Beethoven war ein Klassiker,
Schubert ein Romantiker. Was sagt das
denn wirklich aus? Nichts. Ich sage, es
noch einmal. Große Kunst braucht keine
Schubladen. (lacht) Aber selbst wie Musiker sind uns da nicht einig. Es gibt die schöne Geschichte, wo die beiden Pianistinnen
und sehr unterschiedlichen Bach-Interpretinnen Wanda Landowska und Rosalyn Tureck sich treffen und sich über Bach streiten. Landowska lehnte ja bei Bach das Klavier ab und zog es vor seine Werke auf dem
Cembalo zu spielen, ganz im Gegensatz zu
Tureck. Am Ende sagt Landowska zu Tureck: „Ok, Du kannst Bach spielen wie Du
willst, ich aber spiele wie er es will.“ (lacht)
Genau das gleiche hätte eigentlich auch
umgekehrt gesagt werden können, da nicht
das Instrument sondern die innere Einstel-
lung zur Musik wichtig ist. Bach hatte damals nur das Cembalo zur Verfügung, da es
keinen Flügel gab. Hätte er aber einen Flügel gehabt, wer sagt uns denn, dass er dann
doch das Cembalo vorgezogen hätte. Vielleicht ja, vielleicht nein. Wir werden es nie
erfahren. Aber erlauben Sie mir, noch eine
kleine Geschichte zu erzählen. Während
den Proben zu einem Bach-Oratorium unterbrach der Dirigent Otto Klemperer seinen Sänger Dietrich Fischer-Dieskau und
rief: „Fischer, was singen Sie denn da?“ Fischer-Dieskau antwortete: „Wissen Sie,
Herr Klemperer, heute Nacht begegnete ich
in meinem Traum Johann Sebastian Bach.
Und er sagte zu mir. Sie sind der beste Sänger für meine Musik und Sie dürfen es ruhig
anders machen.“ Am nächsten Tag kam
Klemperer vor den Proben zu Fischer-Dieskau und sagte. „Fischer, heute Nacht habe
ich von Johann Sebastian Bach geträumt.
Und wissen Sie, was er mir gesagt hat? Dass
er Sie überhaupt nicht kennt und Ihnen nie
begegnet ist. (lacht) Musik ist niemals
gleich. Wir Menschen haben doch immer
die Tendenz, alles kompliziert zu machen.
Lassen wir die Musik doch einfach nur Musik sein. Lassen wir sie leben!“
Ici et ailleurs
S. 22
Brief aus Wien
Der Herr Karli geht aufs Klo
Michèle Thoma
„Ich geh dann mal aufs Klo,“ sagt der
Herr, der in der kleinen Runde Herr Karli
genannt wird.
Gemächlich setzt er sich in Bewegung
und trottet Richtung WC. „Der Herr Karli geht aufs Klo,“ schreit eine der beiden
betagten Damen der anderen ins Ohr.
„Der Karli geht aufs Klo,“ sagt Frau Sabine zu dem Herrn Rado, der neben ihr
steht. Das scheint den Herrn Rado nicht
übermäßig zu interessieren. Nicht so
sehr jedenfalls wie die zahlreichen weiblichen Hinterteile, die sich hier durch die
Gegend bewegen, oder bewegt werden.
„Wohin geht der Herr Karli, Papa?“ seine Tochter zupft ihn am Hemd. „Aufs
Klo geht der Karli, Zorica,“ sagt Frau Sabine. „Aufs Klo.“
Ein wohltemperierter später Nachmittag.
Nicht in einer geriatrischen Abteilung. In
einem ziemlich gemütlichen, ziemlich
überschaubaren Einkaufszentrum. An den
sanftfarbenen Sitzgruppen aus Kunststoff,
die den diversen Körperformen oder -unförmigkeiten schmeicheln, an den an verschollene Dorfidyllen erinnernden Rundbänken, bewegen sich die Menschen vorbei- in einem steten, aber entspannten
Rhythmus. Alles ist gemäßigt, gedämpft,
ein bisschen heil. Grimmige Glatzköpfe
schimpfen höchstens diskret. Die Bettler_innen, die in der richtigen Welt vor den
Supermärkten lauern, sind nicht hier, warum, will man lieber nicht wissen.
Hier kann man richtig entspannen, findet
Frau Sabine. Sich zu dieser Dame oder jenem Herrn gesellen. Ein bisschen narkotisiert sitzen sie herum, nicken sich zu, holen
sich einen Pappbecher mit heißer Schokolade um 60.-. Und plaudern, wie Frau Sabine das nennt.
Frau Sabine ist eine der Hauptplauderinnen. Frau Sabine ist eine fesche Jungpensionistin, die jeden Nachmittag in keckem
Outfit im Shoppingzentrum auftaucht. Sie
lässt sich bei Corina nieder, hört ihren
meist etwas traurigen Geschichten zu und
wiegt ihr Baby auf ihrem Schoß. Dass sie
schon seit längerem ein intensives Gspusi
mit Corinas Mann Rado hat, muss Sabine
ja nicht unbedingt erwähnen. Dass sie ein
falsches Spiel treibe, bestreitet sie. Sie sieht
sich eher positiv als System- und Familienerhalterin. Und vielleicht hat sie ja recht.
Bei Sabine hat der Herr Karli hingegen
keine Chance. Der Herr Karli geht einem
Leben nach, das extrem geregelt ist. Von
der Nahrungsaufnahme bis zum Klogang
wird alles akribisch registriert und den anderen Plauderern serviert. „Der Karli erzählt so fade Geschichten,“ seufzt der Herr
Rado immer wieder. Trotzdem verbringt
der Herr Rado, der aus Bulgarien stammt
und ebenfalls einer geregelten, aber sehr
mühsamen Tätigkeit nach geht, seine Feier-
abende am liebsten hier. Mit seiner Frau
Corina, die aus Rumänien kommt, drei Kindern, und natürlich mit Frau Sabine, die alle tatkräftig unterstützt. Die kleinen Töchter rennen meist gleich ins „Lollypop“. Das
ist ein mit bunten Plastikbällen vollgestopfter Raum, in den Kinder gestopft werden,
um sich so genannt auszutoben.. Vor dem
„Lollypop“ sitzen junge Kopftuchfrauen,
aber auch Frau Elfriede und Frau Hertha,
beide fitte neunzig. Der Herr Rado begutachtet von Zeit zu Zeit das Angebot an jungen Müttern. Mit großen Kinderaugen hört
die schweigsame Frau Gerti, die sich seit einem Schlaganfall nur mit vorsichtigen
Schrittchen fort bewegt, dem wollüstigen
Gequietsche der im bunten Plastik versinkenden Kindern zu.
Nach 16 Uhr gibt es ein Halbpreismenü.
Dafür, aber auch wegen dem Plaudern,
fährt der Herr Karli durch die halbe Stadt.
Den ganzen Tag wühlt er sich wie ein Maulwurf durch die unterirdischen Labyrinthe
der Nationalbibliothek und schlichtet Bücher. Wenn er ans Tageslicht kommt, setzt
er sich in die Straßenbahn und fährt über
den Ring durch mehrere Bezirke zu seinem
Halbpreismenü. Dabei müsste der Herr
Karli keinesfalls sparen, seit langer Zeit
hortet er schon Silberbarren in einem Safe.
Wenn die Russen wieder kommen, sagt der
Herr Karli. Die neuesten Nachrichten bestätigen ihn in seiner Vorsorge.
„Kommt der Günther heute?“ fragt Frau
Sabine, die immer die neugierigste ist. Das
weiß niemand. Der Herr Günther ist der
große Unbekannte. Der Herr Günther verschwindet manchmal Monate lang, so dass
alle mit dem Schlimmsten rechnen. Dann
taucht er wieder auf, mit seinem Rucksack,
der voller Bücher ist, die er sich um ein paar
Cent bei einem Altwaren- Tandler holt, und
nimmt Platz auf einer der rosenfarbenen
Sitzgelegenheiten. Er liest mit so grimmigem Ernst, dass der Verdacht bestehen
könnte, er würde sich die Gesamtausgabe
Schopenhauer oder mindestens „Das Kapital“ rein ziehen. Kaum je einer würde es
wagen, ihn dabei zu stören.
Der Herr Günther schließt sich dem
Grüppchen nicht an, bezieht aber Postion
in unmittelbarer Nähe. Wenn der Herr
Günther aufs Klo muss, ist das Grüppchen
befugt, den Bücherrucksack zu bewachen.
Wenn der Frühling kommt, zieht der Herr
Günther mit seinem Bücherrucksack weiter um die Ecke zum Donaukanal. Er sucht
sich keinen besonders poetischen Winkel
aus, es riecht modrig aus dem Kanal, der
Verkehr rauscht über die Autobahnbrücke.
Aber unter den Pappeln sitzt der sonnengegerbte Herr Günther Frühling, Sommer
und Herbst auf der immer gleichen Bank.
Sein Bart wächst, die Haut wird ledern. Der
Herr Günther ist vertieft in die endlose Geschichte.
Im Einkaufszentrum zieht der Osterhase
ein.
Ici et ailleurs
S. 23
Gramma apo tin Ellada
Kennst du das Land wo Narzissen
und Mandelbäume blühen?
Linda Graf
Frühling. In der griechischen Mythologie
ist diese Jahreszeit mit ihren aufbrechenden Knospen, Blüten und Düften
auf Persephones Beurlaubung aus der
Unterwelt zurückzuführen.
Die wunderhübsche Persephone war die
Tochter Demeters, der Göttin des Anbaus
und des Getreides. Nun war es so, dass Hades ganz allein in der Unterwelt vor sich hin
dümpelte und sich in seiner Einsamkeit
nach einer Gefährtin sehnte. Er ging zu
Zeus, dem Vater und absoluten Herrscher
über Götter und Menschen, der weltliche
und göttliche Angelegenheiten zu regeln
pflegte, und klagte ihm sein Leid. Obwohl
rechtschaffen, so waren Zeus‘ Beschlüsse
doch oft unergründlich und selbst für die
weisen Götter nicht immer nachvollziehbar. In Hades‘ Fall erteilte er dem Gott der
Unterwelt die Erlaubnis, Demeters Tochter
zu kidnappen und ins Reich der Finsternis
zu entführen. Eine Entführung mit tragischen Folgen, wie sich kurz darauf herausstellen sollte.
Eines schönen Tages spielt Persephone
fern von ihrer Mutter in den Wiesen und
pflückt Blumen. Krokus, Veilchen, Iris,
doch besonders die Narzisse hat es Persephone angetan. Die Erde nämlich bringt die
Narzisse unter Zeus‘ und Hades‘ Anweisung als wundervolle Falle für das Mädchen
hervor. Sowohl für Götter als auch für
Menschen ist die Narzisse ein betörender
Anblick, ihre Wurzel treibt einhundert
Köpfchen, die Blüten verströmen einen
Duft, der Himmel, Erde und Meer zum Lachen bringt. Als die bezauberte Persephone
nun beide Hände ausstreckt um nach den
Narzissen zu greifen, öffnet sich die Erde
und Hades‘ unsterblichen Pferde brechen
hervor. Der Herrscher der Unterwelt selbst
sitzt auf dem goldenen Wagen, greift nach
dem schönen Mädchen und zerrt sie hinab
ins Reich der Finsternis. Neun Tage lang
sucht Demeter vergeblich nach der geliebten Tochter – ungewaschen, trauerbekleidet – und verlässt schließlich den Olymp.
Schmollend schließt sie sich in einen Tempel ein, verflucht ihre Einsamkeit, verflucht
den Himmel und die Erde, die keine Früchte, kein Gemüse und keine Blumen mehr
hervorbringt.
Unter
den
Menschen
herrscht Hungersnot. Demeter verkündet
chen, vom Winter
Verwittertes
wird
instand
gesetzt.
Stühle und Tische
gehören raus ins
Licht, denn die
Kunden
kommen
mit dem ersten Sonnenstrahl.
Am Meer und am
Berg vollzieht sich
ein geradezu explosionsartiges Wachstum, ein zauberhafter Überfluss! Rundum schaumweiße,
violette und gelbe
Blumenteppiche,
aus denen munter
Schafe- und Ziegenköpfe lugen. SchäfUebermütig rennen die Schafe den Weg entlang
chen und Kälbchen
überall, die KöpfZeus, dass sie von nun an jedes Wachstum chen zum Trinken in die vollen Euter der
auf der Erde einstellt, es sei denn, sie kann Muttertiere stoßend, oder munter umherihre Tochter wiedersehen. Um ihren Zorn springend. Noch ist es feucht in den Häuzu mäßigen, muss Zeus klein beigeben. sern, noch werden sie mit einem Holzfeuer
Wohl muss Persephone in der Unterwelt eingeheizt. Doch Brennholz ist nun rar, ist
bleiben, denn mittlerweile ist sie Hades‘ teuer, und zum Glück wird der Kamin in
Ehefrau, doch Zeus gestattet ihr, fortan Bälde geputzt und gescheuert, und kann
zwei Drittel des Jahres bei ihrer Mutter De- seine Schönwetterpause einlegen. Wundermeter auf dem Olymp zu verbringen. Deme- schön auch die blühenden Mandelbäume.
ter beruhigt sich, segnet die Erde, und das Playa, das Bergdorf mit seinen Steinbauten,
Wachstum des Getreides, der Blumen und das in den Fünfzigern von einem BergFrüchte setzt wieder ein.
rutsch zerstört wurde, ist buchstäblich mit
„Persephone ist zurück aus der Unter- blühenden Mandelbäumen bespickt. Wo
welt“, sagt Honig Yiorgos, der sich bestens man hinsieht, rosafarbene und weiße Kroin der griechischen Mythologie auskennt. nen, wie Wattebäusche, da kriegt man
Er ist Bienenzüchter und seine abertausend feuchte Augen. Dieses Übermaß an SchönBienen, auf die er wie auf weise Wesen ein- heit geht an die Substanz, kaum auszuhalredet, sind auf das Wachstum von Blumen ten ist das! Sogleich muss man raus aus dem
und Büschen auf dem Berg angewiesen. Auto, um sich das Wunder aus der Nähe
Der Frühling ist eingekehrt! Es ist nur allzu ansehen. Und sei es des Guten nicht genug,
leicht zu verstehen, dass diese Jahreszeit wird man auf einen Schlag vom Duft von
mit ihrem irrwitzigen Übermaß an Wachs- Millionen Mandelbaumblüten betört. Ein
tum und neuem Leben, mit ihrer an Zauber Duft hier oben am Berg, omnipräsent, von
grenzenden Vielfalt von Fauna und Flora einer milden Süße: göttlich! Kein Mensch,
auf das Wirken von Göttern zurückzufüh- nicht der beste Parfumhersteller ist dazu
ren ist. Denn dies ist eindeutig Zauberwerk: imstande, diese Duftnote zu treffen. Beim
Pflanzen, Menschen und Tiere leben auf, es Anblick der herumspringenden Schafe –
lacht und quatscht in allen Gassen, in Pale- Hinterläufe hops in die Höh‘–, der Blumenros und in Lefkada setzen die Geräusche teppiche, der summenden Bienen, der
von Hammer, Säge und Bohrmaschinen Schmetterlinge in Blumenkelchen, bunt auf
ein. Denn Frühling heißt auch Tourismus, bunt, ist es ein Leichtes, an Götter zu glauheißt bitter nötige Geldeinnahmen. Die ben.
Wände der Tavernen werden frisch gestriWoher sonst käme diese Schönheit?
Ici et ailleurs
S. 24
Billet de Crète
Gauck et Glezos:
Le président et le résistant
Iraklis Galanakis
Plusieurs endroits de la Grèce ont eu ce
triste et douloureux „privilège“, étant
donné que la Grèce a été le pays qui a résisté le plus longtemps (290 jours, contre 40
pour le suivant) et a causé ainsi des problèmes aux projets d’Hitler aussi bien en Afrique qu’en Union Soviétique.
Durant cette visite, le président allemand
a rencontré, entre autres, le président de la
République Hellénique Carolos Papoulias,
le Vice-président et Ministre des Affaires
Etrangères Evanguélos Venizélos, le chef
de l’opposition de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras et le vieux résistant et
député Manolis Glézos, ainsi que des survivants et des victimes, et il a dû écouter des
discours que les autorités allemandes n’aiment pas entendre.
Selon l’allemand Hagen Fleischer, historien, professeur d’histoire contemporaine
grecque et européenne à l’université
d’Athènes, la Grèce a été le premier pays
occidental qui reçut un président allemand
après la guerre: Theodor Heuss. Le
deuxième qui avait visité la Grèce était Johannes Rau qui, en 2000, s’était rendu à Kalavrita, un des endroits-martyrs du pays.
Joachim Gauck est le troisième et le premier
à demander pardon au nom de l’Allemagne.
Cette visite, selon le professeur Fleischer,
allait faire ressurgir en Grèce „la période de
l’occupation allemande la plus sanglante et
la plus catastrophique dans tous les pays
non-slaves y compris la Tchéquie.“ L’historien Mark Mazower écrit dans son ouvrage
Dans la Grèce d’Hitler que la Grèce est le
pays qui a le plus souffert du joug nazi –
après la Russie et la Pologne – et qu’il a subi
un pillage systématique de ses ressources.
Un des ces tristes exemples est le village
d’Epire, Liguiades, situé à proximité de Ionnina, à 400 km au nord-ouest d’Athènes, où
Joachim Gauck s’est rendu en compagnie
de son homologue Carolos Papoulias. Le 3
octobre 1943, 92 personnes, dont une ma-
Photo: OVB
Le président allemand Joachim Gauck
s’est rendu en Grèce début mars pour
une visite officielle des trois jours dans
le cadre de ses visites aux pays qui
ont connu la barbarie et les atrocités
du nazisme durant la IIe Guerre Mondiale.
Joachim Gauck avec Manolis Glézos et Alexis Tsipras
jorité d’enfants, de femmes et de vieillards,
ont été massacrés par les nazis et leurs maisons ont été brûlées, en représailles à des attaques de résistants grecs contre l’armée allemande.
Pourtant ces exécutions, sommaires et
sauvages comme tant d’autres, ne sont pas
connues et ne se trouvent pas dans les livres
scolaires allemands. Pourquoi? Parce que,
selon M. Fleischer, „les Grecs n’ont pas de
lobbies“ et parce que la plus puissante organisation de la résistance au nazisme a été
vaincue à la fin de la guerre civile qui a suivi
l’occupation allemande. Ce qui signifie que
depuis la fin de 1940 et pendant la décennie
1950 des personnes qui ont été les collaborateurs des Allemands participaient au gouvernement grec.
En plus, la Grèce, contrairement aux dé-
cisions de la Conférence de Paris de février
1946, est le seul pays qui n’ait pas reçu les
indemnisations qui y étaient décidées.
La presse allemande avait averti le président Gauck. Le Frankfurter Allgemeine
Zeitung écrivait que „le président allemand
aurait à affronter des questions désagréables comme: ’Quand l’Allemagne pense-telle rembourser les dettes de l’époque nazie“? Pour le Süddeutsche Zeitung Gauck
était en „mission difficile à cause de la crise
économique, l’attitude du gouvernement
allemand et la question des indemnisations
de guerre.“
M. Gauck dans une interview donnée au
quotidien Kathimerini publiée la veille de
la visite, disait qu’il se rendait en Grèce
pour „exprimer aux Grecs le respect et la reconnaissance de l’Allemagne pour les ef-
Ici et ailleurs
forts fournis en vue de redresser leur pays
durement touché par la crise de la dette“ et
qu’il voulait „encourager tous les Grecs à
poursuivre dans la voie difficile (des réformes structurelles) non pas pour accomplir
la volonté de l’Europe, mais dans l’intérêt
même de la Grèce“, ajoutant „que l’Allemagne était prête à aider en apportant son expérience“.
Il dit encore qu’il allait „s’incliner avec
respect devant les victimes qui ont été assassinées par des Allemands“, soulignant
que „les Allemands avaient une responsabilité particulière, car ils avaient commis ’une
rupture avec la civilisation‘. Qu’il souhaitait
reconnaître la culpabilité allemande du
point de vue moral et qu’il entendait raviver
la conscience du fait que la Grèce avait subi
une occupation particulièrement brutale.“
La demande de pardon
à Ligiades
Au nom de l’Allemagne, Joachim Gauck a
fait un mea culpa, plus de 70 ans après les
faits.
„Avec honte et douleur, je demande pardon au nom de l’Allemagne aux familles des
victimes. Je m’incline devant ces victimes
d’un crime monstrueux „. Joachim Gauck a
essayé d’exprimer, ce que les auteurs de ce
crime et beaucoup de responsables politiques d’après-guerre n’ont pas voulu dire:
„Ce qui s’est passé, insista-t-il, fut d’une injustice brutale“.
En s’adressant à Carolos Papoulias, originaire de la région, qui a participé à l‘âge de
14 ans à la résistance antinazie de 1942 à
1944, il a souligné: „C’est un cadeau que
vous me faites et que vous faites à l’Allemagne que de venir avec moi ici“.
Cette demande de pardon
est insuffisante
Lors des déclarations conjointes à l’issue de
la rencontre au Palais présidentiel, M. Papoulias a souligné que „la Grèce n’a jamais
renoncé à ses réclamations au sujet des dédommagements allemands“, en ajoutant
qu’il était „nécessaire de régler cette question en lançant des pourparlers dans les
plus brefs délais“.
M. Papoulias a qualifié de „paradoxal“ le
fait que le peuple grec soit invité à appliquer
des mesures douloureuses sans discussion,
alors que l’Allemagne refuse de discuter sur
ses obligations en suspens depuis la Seconde Guerre mondiale.
De son côté, M. Gauck a déclaré que sur
ce sujet il ne pouvait pas prendre une position différente de la „position officielle du
gouvernement allemand“. Il a toutefois reconnu la „culpabilité morale“ de l’Allemagne à l‘égard des victimes de l’occupation.
S. 25
Au cours de son entretien avec M. Gauck,
le Vice-PM grec et Ministre des Affaires
Étrangères, M. Vénizélos, a dit que les déclarations de M. Papoulias au sujet des dédommagements allemands reflétaient les
positions du gouvernement grec, mais aussi
de tous les partis politiques du pays.
Après la rencontre du président allemand
avec le président de Syriza, ce dernier a
souligné que la reconnaissance de la dimension morale de la dette était un pas positif,
que pourtant, au delà, il y a la dimension
matérielle, qui, pour les autres pays a été satisfaite par la même Allemagne, mais reste
toujours insatisfaite pour la Grèce, et que le
prochain gouvernement de Syriza soumettra une demande officielle auprès du gouvernement de Berlin au sujet des réparations allemandes.
Les dettes de l’Allemagne à
l‘égard de la Grèce
Manolis Glezos, président du Conseil National pour la revendication des dettes de
l’Allemagne à la Grèce, a déclaré que celles-ci s‘élevaient à 162 milliards – sans les
intérêts.
Manolis Glezos est la grande figure de la
résistance grecque au nazisme. Le 30 mai
1941, il a osé, avec Apostolos Santas, monter sur le Parthénon pour arracher le drapeau avec la croix gammée qui flottait sur
l’Acropole d’Athènes depuis l’occupation
nazie. Le Général de Gaulle l’avait qualifié
de „Premier résistant de l’Europe“. Il avait
été condamné deux fois à la mort par les
vainqueurs de la Guerre Civile, mais non
exécuté à cause de la mobilisation internationale. Il a passé 16 ans en prison.
Lors de la rencontre Gauck-Tsipras, Manolis Glezos, aujourd’hui député de Syriza,
était présent. M. Gauck a exprimé son admiration de serrer la main d’un héros et
d’un mythe vivant. Selon M. Glézos, la
Conférence de Paris de 1946 a fixé ce que
chaque pays lésé devait recevoir de l’Allemagne et des pays fascistes alliés aux nazis à
l’époque, la Bulgarie et l’Italie. L’Italie et la
Bulgarie ont payé leurs dettes à la Grèce,
mais non l’Allemagne.
Wolfgang Schäuble:
La question est réglée
Pour Manolis Glezos et le professeur Tassos Iliadakis auteur d’un livre très bien documenté: Les réparations et l’emprunt
d’occupation, l’Allemagne doit rembourser
entre autre à la Grèce: le pillage des banques grecques, l’emprunt contracté par les
forces d’occupation, le pillage de l’or et
d’autres pièces précieuses, les antiquités et
des œuvres d‘ art volées etc.
Selon le Ministre des Finances allemand,
il faut s’occuper des réformes comment moderniser l’Etat et non pas d’une question
qui selon lui est réglée. Manolis Glézos demande quand elle a été réglée, avec qui, et
comment?
Selon le professeur de Droit International
de l’Université d’Athènes, Stelios Perrakis,
„le droit international existe et il concerne
tous les Etats.
Ce qu’il faut du coté grec, c’est une volonté politique. Heureusement, M. Venizélos a fait ce qui aurait dû être fait depuis
longtemps déjà à l’égard du gouvernement
allemand, en ce qui concerne la préparation
du dossier et de la procédure: „S’il y a une
volonté politique, l’Allemagne sera obligée
de se mettre à la table des négociations, sinon il y a des Cours compétentes pour en
juger, et l’Allemagne sait très bien où se
trouve son intérêt.“
M. Glezos est du même avis et il se déclare
optimiste après la création d’une commission parlementaire à laquelle participent
tous les partis politiques.
La visite du président allemand n’a pas
donné entière satisfaction aux Grecs, mais
elle a permis de révéler une situation et une
réalité qui étaient cachées aux peuples européens et surtout allemand, ce qui permettra, espérerons-le, une compréhension
meilleure et plus juste des raisons fondamentales de la situation que le peuple grec
continue de subir injustement.
Ce n’est pas un hasard que Manolis Glezos, ce symbole de la conscience collective
grecque qui a fêté son 90ème anniversaire
au mois de septembre dernier, a commencé
son discours lors de la discussions sur les
réparations de guerre allemandes, en disant: „Je prends la parole au nom des compagnons de la résistance antinazie, de tous
ceux qui ont été exécutés, des familles exterminées et de leurs villages brûlés, mais aussi
au nom d’un millions cinq cent mille chômeurs, des 5.000 personnes qui se sont suicidées à cause de la crise, des enfants, des
hommes et femmes qui n’en peuvent plus
en raison de cette nouvelle occupation qui
nous a été imposée.“
L’unité des partis – malgré le fait que la
Nouvelle Démocratie du Premier Ministre
Antonis Samaras, membre du Groupe
Chrétien-Démocrate, traîne des pieds, – se
fait au moins sur ce sujet douloureux, mais
oh combien révélateur de la façon dont la
Grèce a toujours été traitée, est la condition
préalable d’une Grèce qui se respecte, se réveille et réagit pour ses droits élémentaires
bafoués par les puissants.
Si le président Joachim Gauck a emporté
avec lui ce message, sa visite aura été utile
pour la Grèce, pour l’Allemagne et pour
l’Europe. Sinon ne parlons plus d’une Europe du respect et de l’intérêt mutuels,
d’une marche commune, mais d’une Europe d’une marche en arrière au profit des
incorrigibles...
Et cela est un problème qui ne concerne
pas seulement les Grecs.
Ici et ailleurs
S. 26
Letter from England
Mysteries
Diana White
We all love a mystery of some sort. As
long as whatever it is remains mysterious, we are always going to be intrigued
and there will always be someone endeavouring to get to the bottom of it,
whether it’s one contained within the
pages of a book, or a real life mystery.
whatever the reasons for its disappearance,
they surely won’t have anything to do with
psychic phenomena or alien life forms.
But some real life mysteries will never be
solved. The years go by and the mystery is
half forgotten until an anniversary, or similar event, reignites it. Someone will then
write a book, make a television programme
or a film, and we will relive an event around
Photo: Forum.termometropolitico.it
I grew up with parents who
were addicted to „crimmies“.
Back in their days of enjoying
detective fiction, the detective,
generally a man, would be
mild-mannered and mostly
gentlemanly. If the detective
was female, she was always
polite, intuitive and sometimes academic. These stereotypes have changed dramatically
over the years and we now have detectives who are the very
opposite of those early characters. Whether they are in print,
or on film or TV, both male
and female detectives are
mostly foul-mouthed, angry
and problematic, with a range
of personal issues that impinge
on their professionalism.
When it comes to real life
mysteries, their enduring attraction seems to thrive on our
fascination for the esoteric,
the other-worldly and psychic
phenomena. And when solutions to real life mysteries are
found, they are much more satisfying if they fit in with these
beliefs of worlds beyond our
understanding: when the answer is mundane, there is a sense of being cheated.
Composition of mysteries: (r.) the Cambridge portrait
Sudden
disappearances, of Marlowe and (l.) the Droeshout engraving of Shakeespecially of a boat or plane, speare
always arouse speculation, although initially it is the challenge of finding the answer for the sake of which hangs a festoon of question marks.
the relatives and friends that is the primary
This year, for example, is the 450th anniconcern. But when these disappearances versary of the birth of two men who have alare not immediately explained, like that of ways aroused intense speculation: William
the Marie Celeste, or vessels vanishing wit- Shakespeare (1564-1616) and Christopher
hin the Bermuda Triangle, the spirit of mys- Marlowe (1564-1593). Surrounding the
tery rears its head with the possibility of un- lives of both these „makers of interludes“
known forces at work; and often it continu- are unknown elements which will almost
es to loom even when plausible explanati- certainly never be elucidated, and which
ons are found. The latest mystery of this will resurrect those question marks; just as
kind is the Malaysian Boeing 777, which li- certainly there will be a spate of solutions,
terally vanished into thin air. As I write, the correct or not, which will provoke hotly arwreck appears to have been located; but gued debate. Shakespeare and Marlowe
might be contemporaries but whilst Shakespeare is revered around the globe, Marlowe remains relatively obscure. Why exactly
he was killed at 29, in that public house
brawl in Deptford, London, and whether
he was a spy for Elizabeth I are two of the
puzzles which may never have satisfactory
explanations, just as the „lost“ years of
Shakespeare will probably remain lost.
To mark the anniversaries, Stratfordupon-Avon will present all Shakespeare’s
plays, and the Marlowe Theatre in Canterbury is staging a season of his plays. In addition to the mysteries enveloping the two
men’s lives are those concerning their
work, and the involvement each may have
had with the other’s works; enough questions to make any amateur detective, let alone the academic, very happy.
However, much as I enjoy reading Shakespeare, when it comes to mysteries, it is the
classic detective story that stimulates my
little grey cells, to quote that famous Belgian detective, Hercule Poirot! There is still
nothing quite as satisfying as a really good
murder- mystery story. So I shall be interested to see how another Marlowe, that classic American sleuth, Philip Marlowe, fares
in his reincarnation by writer John Banville. Raymond Chandler’s detective was a far
cry from the typical English variety of my
parents‘ generation. His ironic coolness
and the language of downtown America became as popular over here as in the States.
But mysteries of whatever sort rely on
something very important to us all: Man’s
curiosity. We have an expression over here:
„let sleeping dogs Lie,“ but when it comes
to mysteries, that is exactly what our inherent curiosity cannot do. It’s the catalyst responsible for all progress in medicine and
surgical procedures, without which we
should never have the drugs and apparatus
that save lives and allow us to grow old reasonably fit and healthy. And our passion for
getting to the bottom of puzzles has made
scientists, environmentalists and biologists
seek out the knowledge that helps them understand the world and its inhabitants. These discoveries, just as much as our love of
„crimmies,“ stems from the desire to find
answers to questions that intrigue; to delve
into regions unexplored and, when it comes
to detective stories, worlds perhaps more
exciting than the humdrum life most of us
lead. The solution to the disappearance of
the Malaysian Boeing is bound to emerge,
but the truth about Christopher Marlowe’s
life and death, or Shakespeare’s lost years
will, doubtless, remain tantalizingly obscure.
A propos
S. 27
In the air
„Ten-euro tee-shirts“
Ariel Wagner-Parker
The Clean Clothes Campaign, dedicated
to improving security and working conditions in the textile industry, has been joined
by leading labour rights groups and trades
unions worldwide in launching a „Pay Up“
campaign. They are calling on the 27 retailers to contribute to the Rana Plaza Donor
Trust Fund, set up to provide compensation for the victims and their families. They
hope to have raised the 40 million dollars
thought necessary to provide adequate
compensation, in time for the anniversary.
As I write (mid-March), seven of the 27, including Inditex (owner of Zara) Mango
and Primark, have publicly committed to
contributing, while at least three further donations have been announced. The Irish retailer Primark has behaved honourably,
first offering two million dollars in short
term compensation for all workers in the
building (including some employed by their
competitors), and now pledging a further
10 million. One can only hope Primark’s
example will be followed, as before their
new offer, the fund stood at a pitiful five
million dollars…
Rana Plaza was in fact just the most horrendous in a long series of disasters that have turned a spotlight on the unacceptable
conditions prevailing in the Bangladeshi
textile industry – the second largest worldwide, after China. The industry provides
around 80% of the country’s exports and
employs some four million people, predominately women. Most textile workers are
paid minimal wages for long shifts, often six
days a week, in insalubrious and unsafe, if
not frankly dangerous conditions. Before
Rana Plaza, the all too frequent fires had
blazed briefly in the news and burnt out,
with the world shaking its head and turning
away and the workers going quietly back to
their machines. But the death-toll at Dhaka
moved minds, and deeds followed.
One of the first results was the „Accord
on Fire and Building Safety in Bangladesh“,
an agreement between international labour
organisations, NGOs and clothing retailers,
Photo: Foreignpolicyblogs.com
A year ago, on 24 April 2013, the ninestorey „Rana Plaza“ building on the
outskirts of Dhaka collapsed, burying
1138 textile workers in a pile of rubble
and injuring a further 2000, some of
whom have since died. „Rana Plaza“
housed a number of factories producing
and supplying clothes to 27 global fashion brands, among them „Benetton“,
„Mango“, „Primark“ and „Zara“.
Victims of Rana Plaza
which put them under a legal obligation to
maintain minimum safety standards for five
years. A first group of companies signed up
in May 2013, many others have meanwhile
joined. (For various, primarily legal reasons, most US retailers have not, presenting
instead their own, less stringent text). By late 2013, some 1.600 Bangladeshi factories about one third of the industry - were covered by the agreement, which states: „The undersigned parties are committed to the
goal of a safe and sustainable Bangladeshi Ready-Made Garment industry in
which no worker needs to fear fires, building collapses, or other accidents that
could be prevented with reasonable health and safety measures.“ Deciding what
is „reasonable“ will keep the lawyers busy,
but it is a useful basis for action.
Rana Plaza seems even to have brought
home to the industry itself that something
must be done. The spokeswoman for one
major exporter admitted: „The industry
can’t afford another Rana Plaza and, therefore, manufacturers have started paying
much more attention to the safety concerns“. This may be more about self-interest
– or a reaction to the government’s plan to
increase textile exports in 2014 (to some 64
billion dollars) – than concern for workers‘
welfare, but awareness is the first step on
the path of change.
No change, of course, happens without
upheaval and there have already been grave
casualties. In February, western fashion retailers, signatories to the Accord, initiated a
series of controls throughout the Bangladeshi textile industry. Dozens of experts in
fire-prevention and workplace safety were
mandated to inspect factories and make recommendations to improve security. In
March, they found serious structural defects in two factories, forcing them to close
down.
The closure put six thousand workers out
of a job. The Unions are demanding damages for the redundant. The industry is asking the retailers, who sent the inspectors,
to share the costs. But meanwhile the workers have been deprived of their livelihood.
It seems extremely unlikely they’ll have any
savings to tide them over while they look
for work.
What can we, here, do to help? Not a lot,
basically. We can sign the on-line „Pay Up“
petition, in the hope the victims of Rana
Plaza at least will get some compensation.
We can support retailers working to increase workplace safety, even if we know that
low wages and long working hours are unlikely to be improved.
We all need clothes and most of us are
aware that by buying ten-euro tee-shirts we
are supporting, or acquiescing in, sweatshop labour. The ethical choice is to reject
them in favour of clothes whose price is sufficient to include decent wages (unless, of
course, you’re just paying more for the fashion label stuck on a sweat-shop product).
This is fine if you have enough money. But
many (more and more) people have not,
need to buy clothes as cheaply as possible
and rely on ten-euro tee-shirts.
Ethical choice is a fine thing, if you can afford it. Another instance of the widening
gap between rich and poor.
Ici et ailleurs
S. 28
Über Preußen und Deutschland (XLVII)
Der Untergang der deutschen Juden (2)
Die in dem Wirtschaftssektor tätigen
Juden waren in den ersten Jahren des
III. Reichs relativ unbehelligt geblieben.
Es gab keinen Druck auf die Unternehmer, da es keine Verordnung gab, die
ihnen die Entlassung ihres jüdischen
Personals vorschrieb.
Das änderte sich aber schnell mit der Arisierung des jüdischen Anteils an der deutschen Wirtschaft, in der die Juden überproportional repräsentiert waren. Jüdische Unternehmen wurden geschlossen. Der „arisierte“ Betrieb wurde von einer deutschen
Firma günstig aufgekauft.
Tausende deutsche Unternehmer waren
an diesen Raubkäufen interessiert. Da ein
passendes „Objekt“ nicht immer zu finden
war, spezialisierten sich vor allem Banken
auf diesen neuen Geschäftsbereich, der hohen Profit versprach. Die Übernahme ermöglichte es deutschen Bänkern, Inhaber
von ausgezeichneten Industriebeteilungen
zu werden. So teilten sich im März 1939 die
Dresdner Bank, die Deutsche Bank und der
Kreditanstalt der Deutschen drei jüdisch
kontrollierte Banken untereinander auf.
Dass die arischen Käufer auf die jüdischen
Eigentümmer einen starken Druck ausübten, um den Preis der Objekte zu senken
war klar: In der Regel konnten die Juden
zum vom Käufer vorgeschlagenen Preis
oder überhaupt nicht verkaufen.
Die Ministerialbürokratie half mit einem
weiteren Schritt zur Senkung des Preisniveaus: Ab dem 26. April 1938 bedurfte ein
Kaufvertrag der behördlichen Genehmigung. Zur Gestaltung des Verkaufspreises
durfte nur der Betriebswert, nicht der Firmenwert (Handelsmark, Lieferverträge,
Ruf usw.) berechnet werden, und die Kaufverträge durften die Zahlung von nicht
mehr als zwei Drittel des eigentlichen Werts
vorsehen. Ab dem 3. Dezember wollte der
Staat auch einen Teil des Profits am jüdischen Eigentums einstreichen: eine „Ausgleichssteuer“ auf der mutmaßlichen Differenz zwischen Kaufpreis und effektivem
Wert des Objekts.
Im zweiten Halbjahr 1938 vernichteten
die Nazis weitere jüdische Einkommensmöglichkeiten: von den insgesamt 62.200
Ärzte im Altreich und in Österreich wurden
die 7.300 jüdischen Ärzte total ausgeschaltet. Dasselbe erlebten die jüdischen Rechtsanwälte, nachdem die deutschen Anwälte
die Entfernung ihrer jüdischen Kollegen gefordert hatten.
Für den 31. Dezember wurden, ohne Ent-
pflicht der jüdischen
Vermögen erlassen,
und kannte somit
genau die Vermögensverhältnisse der
Juden.
Bis zum 1. Januar
1939 wurden die Juden gezwungen ihre
letzten kleinen Vermögensreste,
ein
Stück Land, einige
Aktien, oder Kunstwerke
praktisch
umsonst zu verkaufen.
Das tägliche Leben
wurde
immer
schwerer:
Benutzungseinschränkungen bei Bahn,
Schaulustige vor einem verwüsteten jüdischen Geschäft
U-Bahn, Straßenbahnen,
Bussen;
schädigung, folgende Gewerbe judenfrei Eintrittsverbot in Schwimmbäder, Kinos,
gemacht: Bewachungsgewerbe, Auskunf- Theater, Konzertsäle und Museen; Rundteien, Immobilienhandel, Heiratsvermitt- funkgeräte und Schmuck waren ihnen
lung, Wandergewerbe. Danach waren alle nicht gestattet; Führerscheine und Telefonjüdischen Einzelhandelsgeschäfte, Ver- anschlüsse wurden entzogen, die Benutsandgeschäfte oder Bestellkontore aufzulö- zung öffentlicher Telefone verboten. Man
sen. Sodann wurden die jüdischen Hand- begann mit der Zusammenlegung der Juden
werksbetriebe in der Handelsrolle gelöscht. in „Judenhäuser“, die speziell gekennzeichAm 7. November erschoss der 17-jährige net waren.
deutsche Jude Herschel Grynszpan den
Die Ausgrenzung der Juden wurde durch
deutschen Diplomaten Ernst vom Rath in ein Kennzeichnungssystem verstärkt: Auf
Paris. Wenige Stunden später brannten in Betreiben der schweizer Behörden, die eine
der von Goebbels initiierten „Reichskris- „Überflutung“ ihres Territoriums durch Jutallnacht“ in ganz Deutschland 267 Syna- den befürchteten, wurden ihre Pässe mit
gogen und wurden zirka 7.500 jüdische Ge- dem Stempel „J“ versehen; alle seit dem Noschäfte ausgeraubt und zerstört. Etwa 100 vember 1918 gewährten NamensänderunJuden wurden getötet, weitere Hunderte gen wurden widerrufen; jüdische Männer
begingen Selbstmord oder starben in den mussten den Zweitnamen Israel, jüdische
KZ’s an Misshandlungen. Am 12. Novem- Frauen den Zweitnamen Sara tragen; ab
ber verkündete Goering die von der jüdi- dem 1. September 1941 hatten alle Juden ab
schen Gemeinde in vier Raten zu zahlende dem 6. Lebensjahr den fest angebrachten
Sühneleistung für ein von den Nazis verüb- Judenstern zu tragen.
tes Verbrechen: 1 Milliarde Reichsmark.
Im Mai 1939 lebten in „GroßdeutschAußerdem mussten sie die Ruinen ihrer land“ noch 214.000 Juden, total verarmt.
Gotteshäuser selbst abtragen und die Kos- Den jüdischen Wohlfahrtsverbänden, an
ten zur Wiederherstellung ihrer Geschäfte die sich die Juden um Hilfe wenden mussselbst tragen, ohne ihre Versicherungen in ten, wurde die Steuerfreiheit entzogen.
Anspruch nehmen zu dürfen.
Die notleidenden Juden wurden zu harAnfang Dezember 1938 trat eine Verord- tem Arbeitsdienst verpflichtet, mit mininung in Kraft, die bestimmte, dass: jüdische malsten Lohnzahlungen, ohne Anspruch
Gartenbetriebe binnen einer bestimmten auf bezahlten Urlaub, Familien- und KinFrist zu veräußern oder abzuwicklen seien; derzulagen und Lohnfortzahlung im
jüdisches land- oder forstwirtschaftliches Krankheitsfall. Jüdische Jugendliche im AlVermögen zu veräußern sei; die gesammten ter von 14-18 Jahren arbeiteten wie die Erjüdischen Aktien, Obligationen und sonsti- wachsenen.
ge Wertpapiere in einer Devisenbank zu deDie deutsche Industrie hatte, wie Hitler
ponieren seien. Die Ministerialbürokratie schrieb, „einen Freibrief für unbegrenzte
hatte schon im April 1938 eine Anmelde- Ausbeutung“.
Photo: Google - Bilder
Tino Ronchail
Ici et ailleurs
S. 29
Vor 70 Jahren (XLVII)
Der lange Weg nach Rom
Guy Wagner
Am 9. September 1943 sind britische
Kräfte bei Tarent gelandet („Operation
Slapstick?), nachdem tags zuvor offiziell
bekannt geworden ist, dass Italien kapituliert hat. Die Briten kommen gut voran, die Amerikaner aber sind bei Salerno starken Angriffen der deutschen 10.
Armee unter Heinrich von Vietinghoff
ausgesetzt. Die Kämpfe dauern bis Anfang Oktober, dann müssen die Deutschen sich zurückziehen, und die Amerikaner können die Häfen von Neapel und
Bari besetzen.
Die Deutschen bauen daraufhin eine hartnäckige Verteidigung auf. Dabei gelingt es
dem Oberbefehlshaber Süd, Albert Kesselring, Hitler zu überzeugen, dass diese Verteidigung möglichst weit im Süden des Landes stattfinden sollte. Zu diesem Zweck
wird im November die 14. Armee aufgestellt, deren Hauptanliegen die Verteidigung Roms sein soll. Kesselring wird zum
Oberbefehlshaber der Heeresgruppe C ernannt und lässt südlich von Rom mehrere
Verteidigungslinien aufbauen, die sich das
schwierige Gelände zunutze machen, um
den Vorstoß der Alliierten durch das LiriTal nach Rom zu verhindern. Es sind dies
die Volturno-Linie, die Barbara-Linie, die
Bernhardt-Linie, die besonders hartnäckig
umkämpfte Gustav-Linie, danach auch
noch die Adolf-Hitler-Linie und die Cäsar-Linie: Erst wenn die alle überwunden
sind, ist Rom erreicht.
Am 28. Dezember, nach zwei Wochen
heftigster Kämpfe bei und in Ortona, gelingt es der 8. Britischen Armee und den
Kanadiern, für die dies ihre schwerste
Schlacht überhaupt wird, die Gustav-Linie
im Osten zu durchbrechen. Die Schlacht
erhält den Namen „kleines Stalingrad?. An
ein Weiterkommen ist aber wegen des
schlechten Wetters nicht zu denken.
Ein Überraschungscoup gelingt den Amerikanern, am 22. Januar, als ein Korps der 5.
US-Armee von 37.000 Mann eine Landung
im Rücken der deutschen Front bei Anzio
durchführt („Operation Shingle?), mit dem
Ziel, die Gustav-Linie zu überwinden.
Doch auch diese Truppen kommen nicht so
voran, wie erhofft.
Inzwischen hat Mussolini, seinen
Schwiegersohn und früheren Außenminister Graf Gian Galeazzo Ciano wegen seines
Votums gegen den „Duce? vor Gericht stellen und zum Tode verurteilen lassen. Ciano
wird am 11. Januar hingerichtet. Seine Frau
Edda kann in die Schweiz flüchten. erhält
Die Hindernisse auf dem Weg nach Rom
aber kein Asyl und muss vier Monate nach
Kriegsende nach Italien zurückkehren.
Dort wird sie für ihre Unterstützung des Faschismus zu zwei Jahren Haft verurteilt.
Zwischen Januar und Mai 1944 erfolgen
an der Gustav-Linie mehrere alliierte Offensiven. Zuerst greifen die Alliierten Cervaro und Monte Trocchio an, schaffen aber
keinen Durchbruch. Am 30. Januar erleiden die Amerikaner schwere Verluste, als
sie beim Angriff auf die Stadt Cisterna in einen Hinterhalt geraten. Fast zwei Bataillone US-Rangers werden aufgerieben.
Am 17. Januar 1944 beginnen die Alliierten ihre Angriffe auf die Stellungen um die
Stadt Cassino und den Berg gleichen Namens. Sie kosten auf beiden Seiten zahlreiche Menschenleben. Am 15. Februar erfolgt daraufhin ein Bombenangriff auf den
Monte Cassino, der 520 Meter über der
Stadt aufragt und auf dessen Gipfel sich ein
im Jahre 529 erbautes Benediktinerkloster
thront.
Die Alliierten vermuten hier eine deutsche Funk- und Aufklärungsstation. Um
den Angriff seitens der 2. neuseeländischen
Division zu erleichtern, verlangt ihr Kommandeur, General Bernard Freyberg, die
massive Bombardierung des Klosters. Es
wird am 15. Februar durch 500 Tonnen
Spreng- und Brandbomben bis auf die
Grundmauern zerstört. Nur die frühmittelalterliche Krypta bleibt unversehrt. Dieser
Angriff ist natürlich gefundenes Fressen für
die Nazipropaganda. So schreibt das sich in
deutscher Hand befindliche Escher Tageblatt anderntags: „Wenn man auch von
den britisch-amerikanischen Kriegsverbrechern kein betretenes Schweigen erwartet hätte, so verdient doch vor aller
Welt festgehalten zu werden, daß der britische u. amerikanische Nachrichtendienst
sich in zahlreichen Meldungen rühmt, das
altehrwürdige Kloster Monte Cassino
durch Bombenangriffe der Vernichtung
preisgegeben zu haben. So melden sie mit
verbrecherischem Stolz, daß große Rauchsäulen über dem Kloster aufstiegen und
die Erde erschütterte, als die gewaltigen
Bomben auf die Abtei selbst fielen. Sie
schämen sich auch nicht festzustellen,
daß die Beschießung dieses katholischen
Heiligtums auf dem Monte Cassino auf
alliierter Seite ’sympathische Aufnahme
gefunden habe’”.
Erst In einer letzten Offensive am 13. Mai
gelingt den alliierten Truppen der Durchbruch zwischen dem Bergkloster Monte
Cassino und dem Meer, und am 18. Mai
schaffen sie es endlich, nach vier Monaten
blutiger Gefechte, die etwa 20.000 Soldaten
das Leben gekostet haben, die Klosterruine
zu erstürmen.
Ab nun konzentrierten sie sich auf die
Einnahme Roms, das von den Deutschen
zur „offenen Stadt“ erklärt wird. Am 4. Juni,
zwei Tage vor der Landung der Alliierten in
der Normandie, ziehen US-Truppen unter
dem Jubel der Bevölkerung in die ewige
Stadt ein.
Ici et ailleurs
S. 30
Propos en l’air
Partage? (6)
Paul Hemmer
Partager la culture?
Merci à Steve Jobs pour les nouveaux instruments de culture et de communication.
Quand j’entends le mot culture, je sors
mon iPad. Merci Jean Yanne.
La culture à l’école? Un nouveau Jules
Ferry proposerait une loi rendant obligatoire et gratuit l’iPad et la connexion à internet.
Dans les cavernes, le chamane faisait
tout: l’art, la culture, la technique, la
science, le savoir vivre. Plus tard, les églises
et les princes en chargeaient des spécialistes.
Aujourd’hui la politique doit s’occuper de
culture? Vaste problème. Culture de
masse? Culture d‘élite? La culture s‘émancipe de plus en plus de la politique.
Devons-nous cultiver le divertissement
ou le recueillement, l’aveuglement ou la lucidité, le travail ou la contemplation, l’ordre
ou le chaos, le réel ou l’imaginaire, la norme
ou l’exception?
Comment créer le beau, le bon, le vrai?
Cela n’est pas programmable. Il faut une recherche permanente.
Ce que la politique pourrait faire pour embellir les cités? Par exemple: obliger les collectionneurs privés à montrer périodiquement ou en permanence et gratuitement
leurs collections au public. Par exemple:
obliger les propriétaires d’immeubles à mettre gratuitement à la disposition du public
les rez-de-chaussée afin d’y exposer des
œuvres d’art. Par exemple obliger les promoteurs à consacrer un certain pourcentage du prix des immeubles à des œuvres
d’art visibles de l’extérieur. Par exemple:
obliger l’archevêché à mettre ses églises vides à la disposition de musiciens et de comédiens de rue, du moins par mauvais
temps. Ceux qui n’aiment pas l’odeur du tabac, ni celle de la vinasse ou de la bière où
iraient-ils se reposer ou se recueillir? etc.
etc.
Politique, veux-tu faire quelque chose
pour la culture? Crée des loisirs.
Joseph Bech, le saint homme politique,
plutôt que d’acheter le Codex aureus issu
du scriptorium d’Echternach, distribua le
montant correspondant sous forme de subsides à ses électeurs.
La culture, un langage, un système de références qui vous permettra de grimper aux
échelons de la société.
La culture jargon. Culture spécialiste, signe de reconnaissance entre pairs.
Culture folklore. Culture élitiste, folklore
de riches.
le monde. Merci Boris Vian.
Les cultures aussi ont leurs caractères. De
la passionnée à l’amorphe, un large éventail.
La culture universelle n’est pas possible,
mais la culture du respect de l’autre devrait
être rendue possible.
Vous auriez tout le savoir et tout le savoir
faire du monde et n’auriez pas le respect de
l’autre, vous ne seriez pas civilisé ni même
cultivé.
La seule culture qui vaille est celle du savoir-vivre.
Même la télé, qui abêtit un peu plus les
imbéciles, peut cultiver les intelligents.
La culture du privé n’est pas en conflit
avec le public si elle comporte l’essentiel: le
respect de soi et de l’autre.
Culture et civilisation se complètent, s’interpénètrent, se jaugent, se jugent.
La ville se trouve urbaine. Souvent je
trouve la campagne plus civilisée.
La culture nous permettra de regarder
d’un œil critique la civilisation.
Respecter la culture? Cultiver le respect.
Il y a culture et culture et chacune possède son jargon.
La culture? Dans les médias, il s’agit le
plus souvent de divertissement.
Oui, nous devons respecter leurs préjugés
ancestraux, ils appellent ça leur culture.
Sous les cultures qui nous séparent, la nature qui nous unit.
Administrer la culture? Question devant
une grande administration: combien de
personnes travaillent ici? Réponse: environ
un sur trois.
Qu’est-ce que la culture? La culture n’est
pas la création. L’art est création.
Nous aussi nous appelons culture les préjugés de nos ancêtres.
Un audit avait confirmé à une importante
administration qu’elle devrait pouvoir fonctionner avec un tiers de fonctionnaires en
moins. L’audit ne fut jamais publié.
Connaître les créations des génies peut
cultiver notre propre créativité.
C’est drôle comme les gens qui se croient
instruits éprouvent le besoin de faire chier
Depuis que j’aime les taoïstes, j’aime me
déculturer (sic), et cultiver mon jardin.
A propos
S. 31
Hausemers Kulturreisen (64. Etappe): Spanien
Foto: Georges Hausemer
Txotx!
„On egin!“ - So prosten sich die baskischen Apfelwein-Trinker in ihrer Muttersprache zu
Georges Hausemer
Die Letten haben ihren Balzams, die Finnen trinken angeblich am liebsten Kaffee, auf Madagaskar sprudelt überall Ranonapango, ein Gebräu aus Kochwasser
und angebratenem Reis. Und die Basken? Die feiern jedes Jahr das Anstechen des ersten Sidra-Fasses mit viel
Tamtam, Trara und gewaltigen Koteletts.
Zielort Astigarraga. Das Städtchen liegt nur
wenige Kilometer, aber etliche Verkehrsinseln von San Sebastián, der Hauptstadt der
baskischen Provinz Gipuzkoa, entfernt.
Mitte Januar reisen die meisten Besucher
des Ortes sicherheitshalber nicht mit dem
eigenen Wagen an, sondern mit dem Bus.
Eine urbane Schönheit ist Astigarraga
nicht, aber berühmt für seine zahlreichen
„sagardotegias“ – so nennen die Einheimischen jene Kellereien, in denen mitten im
nordspanischen Winter die bis zum Mai
dauernde Apfelwein-Saison eingeläutet
wird.
Doch bevor es zur Verkostung des neuen
Cidre-Jahrgangs kommt, muss mit dem nötigen Ernst eine lange Zeremonie absolviert
werden. Die Basken sind nämlich nicht nur
ein – mit Verlaub – trinkfestes und essfreudiges, sondern auch ein höchst eigenwilliges Völkchen, das sich selbst, seine Bräuche und Spleens immer wieder eindrucksvoll zu inszenieren versteht. Folglich geht
dem Genuss im Weinkeller eine einstündige Pressekonferenz im überfüllten Versammlungssaal des „sagardoetxea“, des lokalen Sidra-Museums, voraus. Ein sehr
förmliches Meeting, vollgestopft mit Erläuterungen in baskischer Sprache, von denen
nur selten ein paar Satzfetzen ins Kastilische übersetzt werden. Zum Glück bekommen alle Anwesenden ein Schriftdokument
mit den wichtigsten Zahlen auf Spanisch
ausgehändigt.
Darin sind die Details zur aktuellen Produktion nachzulesen: zehn Millionen Liter
aus Äpfeln, die zu siebzig Prozent aus den
Nachbarprovinzen
importiert
werden
mussten, weil das vergangene Frühjahr in
Gipuzkoa allzu verregnet gewesen war.
Danach wird auf einem nahen Hügel wie
jedes Jahr ein junger Apfelbaum gepflanzt.
Dazu steuern, wie die Tradition es verlangt,
mehrere „bertsolari“-Sänger improvisierte,
dem Anlass spontan angepasste Lieder bei.
Schließlich ziehen die Veranstaltungsteilnehmer in eine der rund zwanzig Kellereien
von Astigarraga, wo laut Programm und auf
die Minute genau um 13:45 Uhr die neue
Sidra-Saison beginnt.
Zum „sagardo“ isst man
Stockfisch und „txoletoia“
Zunächst mit dem Auftritt eines „dantzari“.
Der nach alter Sitte weißgekleidete Tänzer
trägt rote Schnürsenkel, eine rote Bauchbinde und eine rote ... logo: Baskenmütze;
stilvoll erweist er den prominentesten Gästen mit einer „aurresku“-Einlage seine Referenz. Nach höflichem Applaus erschallt
beim Anzapfen des ersten Fasses ein ungleich enthusiastischeres „txotx“ (sprich:
tschotsch), gefolgt von einem nicht weniger
knackigen „gure sagardo berria“, dem baskischen Ausdruck für „unseren frischen
Apfelwein“.
Für den trübsauren Most stehen die Interessenten geduldig Schlange. In weitem Bogen schießt aus dem Holzfass ein dünner
Strahl, den man in leicht gebückter Haltung und nur wenige Sekunden lang auf die
dünne Wand seines Glases prasseln lässt.
Das ist nämlich das Geheimnis des kostbaren Saftes. Damit er seine Aromen optimal
entfalten kann, muss er von hoch oben
kommen und lange an der Luft verwirbeln,
bevor er auf das Trinkgefäß aufschlägt, das
nur so viel aufnehmen sollte, dass es mit
zwei, drei kurzen Schlucken geleert werden
kann.
Erstaunlich, mit welch heiligem Ernst,
welch feierlicher Konzentration dieses Ritual ständig wiederholt wird. Aber Sidra ist
im Baskenland mehr als bloß eine alkoholische Flüssigkeit, mit der man sich –„on
egin“: auf dein Wohl! – zuprostet. Und zwar
Ausdruck der, wie gesagt, durchaus speziellen baskischen Identität. Teil des kulinarisch-kulturellen Erbes der Region und ihrer Naturverbundenheit, auf die die Einheimischen nicht nur stolz sind, sondern die
zusammen mit dem Idiazabal-Käse, dem
Pelota-Spiel und ein paar anderen, politisch unverfänglichen Attraktionen auch
touristischen Mehrwert erzeugen sollen.
Allmählich betrunken macht das Gesöff
trotzdem. Deswegen zählt zum gepflegten
„txotx“ stets auch eine zünftige Mahlzeit,
bestehend aus saftiger Stockfisch-Tortilla,
Bacalao in grüner Sauce und als Hauptgericht einem gegrillten, innen noch rohblutigen Rindskotelett riesigen Ausmaßes, „txuletoia“ genannt.
Laut Pressedossier zieht sich der kulinarische Programmpunkt noch bis 18 Uhr hin.
Dann wird es Zeit für ein paar Pintxos, der
baskischen Variante der spanischen Tapas,
unter denen sich die Theken in den Bars
von Astigarraga biegen. Wer danach immer
noch nicht genug hat, darf sich kurz vor
neun erneut in die örtlichen Sidrerias begeben, wo alsbald das Abendessen aufgetischt
wird. Zu diesem Zeitpunkt sind wir längst
satt, regelrecht bedient und völlig geschafft
mit dem Bus zurück nach San Sebastián gefahren.
S. 32
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