Max Ernst - Fondation Beyeler

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Max Ernst - Fondation Beyeler
Communiqué de presse, 26 mai 2013
Max Ernst
26 mai – 8 septembre 2013
Rassemblant plus de 160 œuvres, la vaste exposition montée par la Fondation Beyeler en collaboration avec
l’Albertina de Vienne constitue la première grande rétrospective consacrée à Max Ernst (1891–1976), l’un des
e
plus grands peintres du XX siècle, présentée en Suisse depuis sa mort, et dans tout l’espace germanophone
depuis 1999.
Bien que ces deux manifestations aient l’une comme l’autre pour vocation d’attirer le regard du public actuel
sur la création de Max Ernst et de lui permettre de découvrir celle-ci dans toute son envergure, les expositions
de l’Albertina et de la Fondation Beyeler se distinguent par leur optique et par leur accrochage. Ajoutons que
21 de ces œuvres seront présentées aux seuls visiteurs de Riehen. Un certain nombre d’entre elles, comme
« L’ange du foyer (Le Triomphe du Surréalisme) », « L’habillement de l’épousée », « La Vierge corrigeant
l’enfant Jésus (…) et « Oedipus Rex » comptent parmi les plus célèbres de l’opus de cet artiste.
Ernst Beyeler avait été tellement impressionné par Max Ernst que ce dernier réalisa dès 1953 le portfolio
lithographique « Das Schnabelpaar » pour le galeriste bâlois. La Collection Beyeler comprend sept œuvres de
Max Ernst : quatre peintures et trois sculptures. Le travail le plus ancien, « Fleurs de neige », remonte aux
années 1920, le plus récent, « Naissance d’une galaxie », a vu le jour en 1969.
Max Ernst est l’un des artistes les plus éclectiques de l’art moderne. En 1922, après avoir brandi
l’étendard de la révolte dadaïste à Cologne, il partit s’installer à Paris où il s’imposa rapidement parmi les
pionniers du surréalisme. Interné à deux reprises pendant la Seconde Guerre mondiale en tant que
ressortissant d’une puissance ennemie, il fut libéré grâce à l’intervention de son ami, le poète Paul Éluard.
En 1941, Max Ernst s’exila aux États-Unis où il trouva de nouvelles sources d’inspiration tout en donnant
lui-même de nouvelles impulsions à la génération des jeunes artistes américains. Dix ans plus tard, Max
Ernst regagna une Europe ravagée par la guerre, dans laquelle cet artiste, jadis très apprécié, sembla
e
d’abord bien oublié, avant que l’on ne redécouvre en lui l’un des créateurs les plus polymorphes du XX
siècle. Max Ernst qui avait renoncé en 1948 à sa citoyenneté allemande au profit de la nationalité
américaine est devenu citoyen français en 1958.
Ernst a été véritablement un artiste du siècle — non seulement par la qualité et la portée de son œuvre, mais
également d’un point de vue objectif, par la simple durée de sa carrière de créateur qui a englobé toute la
période allant de 1915 à 1975, soit soixante années. Contemporain de puissants bouleversements artistiques,
sociaux, politiques et techniques, il a su intégrer ces ruptures dans une œuvre qui retrace des traits marquants
e
du XX siècle.
Le plaisir avec lequel il expérimentait les techniques les plus diverses a également fait d’Ernst un précurseur
de l’expression multimédia. Sans difficulté apparente, il a su rassembler dans son œuvre les thèmes, les
styles et les techniques majeurs des différentes générations. Sa recherche inlassable de nouvelles formes
d’expression, de nouvelles interrogations et de nouveaux sujets peut être considérée comme emblématique
de l’homme moderne. Max Ernst nous apparaît comme l’artiste qui « n’a jamais voulu se trouver » (on se
souvient de sa citation : « Un peintre est perdu quand il se trouve ».
Avec ses débuts de dadaïste, sa position centrale dans le cercle des surréalistes et l’anticipation de l’Action
Painting, cet artiste qui s’est toujours mu entre les mondes et les cultures a relié Paris à Cologne, New York à
la France. En un temps d’instabilité politique, il a toujours conservé son regard critique et créateur. Réfugié
dans un pays, les États-Unis, qu’il ne connaissait guère, il a abordé cette nouvelle patrie avec curiosité et a su
y trouver d’importantes impulsions pour sa création ultérieure. À travers des expositions à New York, des
projets en Arizona ou en Touraine, ses participations à la Biennale de Venise ou à la Documenta, Max Ernst a
e
incarné dès le début du XX siècle une image promise à un bel avenir, celle du « nomade de la culture et de
l’art ».
Ernst a également su gérer les contradictions de sa vie privée, passant sans heurt de la condition de réfugié
de guerre à une vie nettement plus mondaine aux côtés de sa mécène Peggy Guggenheim, qui fut brièvement
son épouse. Il renonça brutalement à cette existence pour se retirer dans le désert de l’Arizona, en compagnie
de l’artiste Dorothea Tanning. Qu’il s’agisse de Luise Straus (morte à Auschwitz), sa première épouse, mère
de son fils Jimmy, de Gala Eluard, Leonora Carrington, Peggy Guggenheim et Dorothea Tanning, Max Ernst
s’est souvent entouré de femmes artistes, dotées d’une forte personnalité.
Intellectuel tout aussi à l’aise en littérature que dans les beaux-arts, Max Ernst éprouvait également une vive
curiosité pour la technique et pour la science, et plus particulièrement pour la biologie et pour la psychanalyse,
une discipline qui a joué un rôle majeur pour le surréalisme.
La diversité des techniques dont Max Ernst a été l’initiateur et le promoteur est aussi impressionnante que
surprenante, comme le révèle la liste suivante :
Collage
Dès 1919, Max Ernst a commencé à utiliser la technique du collage qui lui permettait d’élaborer ou de simuler
de nouvelles réalités picturales. Il réalisait ses collages à partir d’illustrations empruntées à des romans, des
e
catalogues de matériel pédagogique et des brochures de mode du XIX siècle. Pour obtenir un résultat parfait,
avec des bords sans la moindre irrégularité ni aspérité, il découpait ces gravures sur bois à l’aide d’un scalpel.
Max Ernst a réalisé vers 1929/1930 ses romans collages les plus célèbres : La femme 100 têtes et Rêve
d'une petite fille qui voulut entrer au Carmel comptent parmi les œuvres les plus fascinantes et les plus
énigmatiques du surréalisme.
Frottage
Max Ernst a entrepris vers 1925 sa série intitulée Histoire Naturelle, dans laquelle il a utilisé pour la première
fois la technique du « frottage », un procédé semi-automatique : il posait des objets ramassés dans la nature,
des feuilles et du bois par exemple, sous une feuille de papier, sur laquelle il passait alors une mine de plomb.
L’artiste complétait ensuite les structures qui apparaissaient sur le papier pour créer des images fantastiques.
Ses frottages prêtent une vie nouvelle aux objets inanimés et leur apportent une signification différente,
souvent insolite.
Max Ernst a élaboré cette technique pendant un séjour en Bretagne. Dans son essai intitulé « Au-delà de la
peinture », il décrit une sorte de vision qui le conduisit à exécuter un frottage sur papier du plancher et d’autres
objets de sa chambre d’hôtel.
Grattage
La technique du « grattage », inventée vers 1927, constitue en quelque sorte la traduction picturale de la
technique du « frottage ». Max Ernst commençait par superposer plusieurs couches de peinture sur une toile.
Sous le fond pictural ainsi préparé, il posait ensuite des objets tels que des grilles métalliques, des planches
ou des ficelles dont le relief se dessinait à travers la toile. Pour faire apparaître ces structures sur son tableau,
il grattait les couches picturales supérieures. Dans une étape ultérieure, l’artiste retravaillait les motifs qui
avaient surgi sur la toile et les interprétait pour faire naître des forêts, des fleurs-coquillages, des oiseaux ou
des villes pétrifiées.
Décalcomanie
La décalcomanie est une technique de transfert qui consiste à reporter à plat sur une toile la couleur encore
humide appliquée sur une plaque de verre ou une feuille de papier. Son retrait fait naître des dessins subtils,
tracés, bulles et marbrures de couleur. L’artiste retravaille ensuite la structure superficielle complexe ainsi
créée.
e
Ce procédé artistique connu dès le XVIII siècle a été utilisé par d’autres représentants du surréalisme. Max
Ernst a adopté cette technique vers la fin des années 1930 et s’en est servi pour représenter des paysages
énigmatiques, peuplés de visages, de silhouettes et d’animaux inquiétants, dissimulés dans les profondeurs
de la nature.
Oscillation
Exilé aux États-Unis, Max Ernst a commencé à mettre au point la technique de l’oscillation vers 1942. Il
remplissait de peinture une boîte percée de trous qu’il suspendait ensuite au-dessus d’une toile au bout d’une
longue ficelle, lui imprimant de vastes gestes de balancement. La peinture gouttait par le trou au gré de ses
oscillations. Ce processus largement incontrôlable et lui aussi semi-automatique fait apparaître à la surface de
la toile des réseaux de cercles, de lignes et de points évoquant des orbites planétaires.
Le recours à l’oscillation ajoutait une facette de plus aux procédés et techniques artistiques du surréalisme
tout en anticipant le drip-painting de Jackson Pollock.
Cette exposition présente dans un ordre chronologique toutes les phases de création et tous les ensembles
thématiques majeurs de Max Ernst. Elle s’ouvre sur « Capricorne », la plus importante de ses sculptures. Né
le 2 avril 1891 à Brühl, en Allemagne, Max Ernst apprend la peinture avec son père, peintre amateur. Il reçoit
une éducation conservatrice et bourgeoise très stricte, contre laquelle il se révolte rapidement. À partir de
1910, il entreprend des études d’histoire de l’art, mais aussi de psychologie, de langue et de littérature
romanes et de philosophie. Influencé d’abord par l’expressionnisme et le futurisme, il entre rapidement en
contact avec d’autres artistes et mouvements artistiques.
L’œuvre de jeunesse « Stadt mit Tieren » (La ville avec des animaux) témoigne de cette association singulière
entre différents styles et présente des traits cubistes aussi bien que futuristes. La rencontre avec Hans Arp (lui
aussi représenté dans la Collection Beyeler, comme les Surréalistes Dalí, Giacometti et Miró) coïncide avec
cette période riche en contradictions. Dada est né et les années qui suivent la Première Guerre mondiale sont
une phase de bouleversements, de protestations et d’expériences.
Max Ernst découvre les artistes surréalistes par le biais du dadaïsme. Il quitte alors son statut d’artiste
allemand pour devenir une figure de proue du mouvement surréaliste parisien. Ses tableaux se parent de
traits énigmatiques, le surréalisme faisant en effet la part belle aux éléments déterminants de la psychanalyse
que sont l’inconscient et le rêve. Max Ernst reste un innovateur, qui se livre à partir du milieu des années 1920
à ses premières expériences de frottage. Ce moyen d’expression donne naissance à des créatures hybrides
associant différents genres, l’intérêt de l’artiste pour les sciences naturelles apparaissant clairement dans ses
œuvres.
« Au premier mot limpide », sorte de rébus monumental, faisait initialement partie du décor de la maison que
Max Ernst partageait avec Paul Éluard et son épouse Gala (la future muse de Dalí). On n’a retrouvé cette
peinture murale, recouverte au cours de travaux ultérieurs, que dans les années 1960.
« La Vierge corrigeant l’enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Éluard et le peintre », une
œuvre scandaleuse aux éléments blasphématoires, n’est guère moins spectaculaire. Geste radical
d’affranchissement de l’éducation bourgeoise reçue par Ernst, elle déconstruit l’image sainte habituelle et la
représentation traditionnelle de la maternité.
Le thème de la « forêt » occupe toute une salle de l’exposition qui regroupe des œuvres majeures de cette
série. Les tableaux de « hordes » de la fin des années 1920 se voient également attribuer un rôle important :
ces figures métamorphiques illustrent clairement le motif de la transformation. Les « fleurs » et les « villes »
(opposition entre « nature » et « culture ») constituent d’autres groupes thématiques essentiels.
La salle 11 présente une accumulation d’œuvres clés avec les tableaux de jungle de la deuxième moitié des
années 1930, dont la toile « La nature à l’aurore » au caractère sombre et inquiétant. On voit confluer ici
différentes traditions, depuis des emprunts à Henri Rousseau jusqu’au romantisme d’un Caspar David
Friedrich. « L’habillement de l’épousée » fait référence à l’art de la Renaissance tout en évoquant, peut-être, la
diversité des images de la femme. La transformation de la femme en animal et d’un animal en femme est un
motif érotique, qui encadre également la toile d’une multitude de détails. « L’ange du foyer » de 1937 en
revanche prend pour thème la guerre civile espagnole de la fin des années 1930, qui passionna de nombreux
artistes et intellectuels. Dans la dimension colorée, insondable, effrayante comme un masque de la figure
représentée qui semble se précipiter vers le spectateur sous forme d’un tourbillon inexorable entre agression
et persiflage, Max Ernst anticipe la catastrophe politique qui était sur le point de s’abattre sur l’Europe.
L’œuvre tardive d’Ernst se caractérise par des ruptures thématiques — on relève d’une part la réflexion
poétique et sensuelle recourant à la technique du recouvrement pictural du « Jardin de la France », de l’autre
« Naissance d’une galaxie », une œuvre somptueuse de la phase tardive qui fait s’épanouir l’air, l’eau, la terre
et la lumière dans un astre céleste.
Max Ernst était à maints égards un esprit fort — ironique, élégant et rebelle — et il apparaît aujourd’hui encore
comme un artiste dont la création est tout à la fois accessible et complexe. Ses œuvres s’adressent à nous,
elles font surgir des abîmes et des secrets cachés, elles provoquent la réflexion. Insaisissable comme du
mercure — présentant inlassablement des formes d’un renouvellement fascinant —, Max Ernst reste près de
quarante après sa mort un phénomène singulier, exemplaire dans son autonomie artistique, dont la liberté
irréductible et le courage qui lui a fait accueillir un changement constant dans son œuvre comme dans sa vie
préservent l’œuvre de tout opportunisme stylistique et de toute paralysie.
Cette exposition a été conçue par Werner Spies et Julia Drost, commissaires invités, et a vu le jour en
collaboration avec l’Albertina de Vienne. La commissaire d’exposition pour l’Albertina est Gisela Fischer.
Le commissaire de l’exposition de la Fondation Beyeler est Raphaël Bouvier.
Nous remercions Dr. Christoph M. et Sibylla M. Müller pour leur engagement tout particulier en faveur de
l’exposition de la Fondation Beyeler.
À l’occasion de cette exposition, la Fondation Beyeler publie un catalogue en allemand et en anglais.
L’édition destinée au commerce est éditée par Hatje Cantz Verlag, Ostfildern. Ce volume édité par Werner
Spies et Julia Drost contient une préface de Klaus Albrecht Schröder et Sam Keller, avec des essais de
Werner Spies, Julia Drost, Adrian Sudhalter, Raphaël Bouvier, Jürgen Pech, Ralph Ubl, Gabriele Wix et
autres. Il comprend 352 pages, 343 illustrations et est disponible au musée au prix de 62.50 CHF (ISBN
9783906053073, allemand ; ISBN 9783906053080, anglais). Le catalogue est aussi disponible auprès de
l’Art Shop de la Fondation Beyeler : http://www.artshop.fondationbeyeler.ch
Images de presse : Les images de presse sont disponibles sous
http://pressimages.fondationbeyeler.ch
Informations complémentaires :
Elena DelCarlo, M.A.
Head of PR / Media Relations
Téléphone + 41 (0)61 645 97 21, [email protected], www.fondationbeyeler.ch
Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen
Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler: tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à
20h00
Communiqué de presse
Max Ernst
26 mai – 8 septembre 2013
Avec plus de 160 peintures, collages, dessins, sculptures et livres illustrés, la grande rétrospective
que la Fondation Beyeler consacre à Max Ernst présente à travers de nombreux chefs-d’œuvre toutes
les phases de création de cet artiste, toutes ses découvertes et techniques. Depuis sa mort en 1976,
ce sera la première fois que les visiteurs auront l’occasion de découvrir en Suisse toute la richesse et
la diversité de l’œuvre d’un artiste qui a profondément marqué son siècle.
Max Ernst (1891–1976) compte parmi les artistes les plus éclectiques de l’art moderne. En 1922,
après ses débuts de dadaïste révolté à Cologne, l’artiste est allé s’installer à Paris où il s’est
rapidement imposé comme l’un des pionniers du surréalisme. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il
a été interné à deux reprises en tant que ressortissant d’une puissance ennemie, avant d’être libéré
grâce à l’intervention de son ami, le poète Paul Eluard. En 1941, il s’est exilé aux États-Unis où il
trouva de nouvelles sources d’inspiration tout en donnant lui-même de nouvelles impulsions à la
génération des jeunes artistes américains. Dix ans plus tard, il a regagné une Europe ravagée par la
guerre. Max Ernst, si apprécié jadis, semblait désormais bien oublié, mais on a fini par redécouvrir
e
celui qui aura été un des artistes les plus fascinants et les plus polymorphes du XX siècle. Max Ernst
a obtenu la nationalité française en 1958.
Inventant constamment des figures, des formes et des techniques novatrices, telles que le frottage, le
grattage, la décalcomanie et l’oscillation, Max Ernst n’a cessé d’explorer des orientations nouvelles. Il
a ainsi donné naissance à une œuvre singulière, qui se dérobe à toute définition stylistique limpide et
dont l’évolution a également été marquée par la vie mouvementée et les lieux de résidence
changeants de l’artiste en Europe et en Amérique.
La créativité de Max Ernst dans ses rapports avec ses sources d’inspiration et avec l’univers des
images, les ruptures entre les nombreuses phases de son œuvre et la diversité de ses sujets ne
peuvent manquer de surprendre le spectateur. Tel un révolutionnaire de la vision, il assemblait ses
tableaux de manière inédite, il établissait, en tant que surréaliste, de nouveaux liens entre les images
et la conscience du spectateur. Reste la constante de l’opiniâtreté de la contradiction présumée.
Comme la vie de Max Ernst lui-même, son œuvre n’est pas, disait-il lui-même, « harmonieuse dans le
sens des compositeurs classiques ». Un maître de la métamorphose, voilà ce qu’était Ernst, un
chercheur et un découvreur, docteur honoris causa en philosophie, qui ne cessait d’élargir ses
interrogations, s’inspirait aussi bien de l’astronomie, de l’ethnologie, de l’ornithologie que des
mathématiques et de la psychanalyse et se laissait guider par son amour des sciences naturelles et
par le hasard créatif.
Des femmes fortes, qui n’auraient pu être plus différentes les unes des autres, ont accompagné son
parcours d’homme et d’artiste : Gala Eluard, la future muse de Dalì, l’artiste Leonora Carrington, la
mécène et collectionneur Peggy Guggenheim et le peintre Dorothea Tanning.
Plusieurs décennies encore après sa mort, l’œuvre de Max Ernst paraît plus actuelle que jamais dans
sa tentative obstinée pour surmonter les traditions tout en s’y référant. Cette exposition montre une
création qui, par le souvenir et l’expérience, met en contact l’inconscient et les secrets du passé avec
le vécu du présent et les événements politiques de son temps, afin d’imaginer, sur ce fondement, des
visions fantastico-réalistes de l’avenir.
Nous exprimons tous nos remerciements à Christoph M. et Sibylla M. Müller pour leur engagement
tout particulier en faveur de l’exposition de la Fondation Beyeler.
Cette exposition a été conçue par Werner Spies et Julia Drost, commissaires invités, et a vu le jour en
collaboration avec l’Albertina de Vienne. Le commissaire de l’exposition de la Fondation Beyeler est
Raphaël Bouvier.
À l’occasion de cette exposition, la Fondation Beyeler publie un catalogue en allemand et en anglais.
L’édition destinée au commerce est éditée par Hatje Cantz Verlag, Ostfildern. Ce volume édité par
Werner Spies et Julia Drost contient une préface de Klaus Albrecht Schröder et Sam Keller, avec des
essais de Werner Spies, Julia Drost, Adrian Sudhalter, Raphaël Bouvier, Jürgen Pech, Ralph Ubl,
Gabriele Wix et autres. Il comprend 352 pages, 343 illustrations et est disponible au musée au prix de
62.50 CHF (ISBN 9783906053073, allemand ; ISBN 9783906053080, anglais). Le catalogue est aussi
disponible auprès de l’Art Shop de la Fondation Beyeler : http://www.artshop.fondationbeyeler.ch
Images de presse : Les images de presse sont disponibles sous http://pressimages.fondationbeyeler.ch
Informations complémentaires :
Elena DelCarlo, M.A.
Head of PR / Media Relations
Téléphone + 41 (0)61 645 97 21, [email protected], www.fondationbeyeler.ch
Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen
Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler: tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à 20h00
26 mai au 8 septembre 2013
01 Max Ernst
L’ange du foyer (Le triomphe du surréalisme), 1937
Huile sur toile, 114 × 146 cm
Collection privée
© 2013, ProLitteris, Zurich
03 Max Ernst
L’habillement de l’épousée / de la mariée, 1940
Huile sur toile, 129,6 × 96,3 cm
Peggy Guggenheim Collection, Venise
(Solomon R. Guggenheim Foundation, New York)
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Peggy Guggenheim Collection, Venise
(Solomon R. Guggenheim Foundation, New York)
02 Max Ernst
Au premier mot limpide, 1923
Huile sur plâtre, reporté sur toile, 232 × 167 cm
Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Walter Klein, Düsseldorf
04 Max Ernst
Oedipus Rex, 1922
Huile sur toile, 93 × 102 cm
Collection privée
© 2013, ProLitteris, Zurich
05 Max Ernst
La Vierge corrigeant l’enfant Jésus devant trois témoins:
André Breton, Paul Éluard et le peintre, 1926
Huile sur toile, 196 × 130 cm
Museum Ludwig, Cologne
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Peter Willi / ARTOTHEK
Fondation Beyeler
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26 mai au 8 septembre 2013
06 Max Ernst
Femme, vieillard et fleur
Weib, Greis und Blume, 1924
Huile sur toile, 97 × 130 cm
The Museum of Modern Art, New York, © 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : © 2013, Digital image, The Museum of Modern Art, New York /
Scala, Florence
09 Max Ernst
Napoléon dans le désert
Napoleon in the Wilderness, 1941
Huile sur toile, 46,3 × 38 cm
The Museum of Modern Art, New York
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : © 2013, Digital image, The Museum of
Modern Art, New York / Scala, Florence
13 Max Ernst
La nature à l’aurore (Chant du soir), 1938
Huile sur toile, 81 × 100 cm
Collection privée
© 2013, ProLitteris, Zurich
08 Max Ernst
Peinture pour les jeunes
Painting for Young People, 1943
Huile sur toile, 60,5 × 76,5 cm
Collection Ulla et Heiner Pietzsch, Berlin
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Jochen Littkemann, Berlin
07 Max Ernst
La ville entière, 1935/36
Huile sur toile, 60 × 81 cm
Kunsthaus Zurich
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Kunsthaus Zurich
10 Max Ernst
Ubu Imperator, 1923
Huile sur toile, 100 × 81 cm
Musée national d’art moderne,
Centre Georges Pompidou, Paris
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI,
Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat
11 Max Ernst
L’immaculée conception, 1929
Modèle d’illustration pour La femme 100 têtes,
chapitre 1, planche 12
Collage sur papier, 14,2 × 14,5 cm
Collection privée
© 2013, ProLitteris, Zurich
14
Dorothea Tanning et Max Ernst avec la sculpture
en ciment Capricorne, Sedona, Arizona, 1948
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Documentation Max Ernst, Deutsches Forum
für Kunstgeschichte, Paris / John Kasnetzis
12 Max Ernst
la puberté proche... (les pléiades), 1921
Collage, gouache et huile sur papier,
monté sur carton, 24,5 × 16,5 cm
Collection privée
© 2013, ProLitteris, Zurich
15
Max Ernst avec cheval à bascule, Paris, 1938
© 2013, ProLitteris, Zurich
Photo : Max Ernst Museum Brühl du LVR,
Stiftung Max Ernst
Images de presse http://pressimages.fondationbeyeler.ch
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Fondation Beyeler
Max Ernst – Biographie
Allemagne 1891 – 1922
1891 Max Ernst naît le 2 avril à Brühl près de Cologne. Il est le troisième des neuf enfants de Philipp
Ernst, instituteur pour sourds-muets et peintre amateur, et de son épouse Luise.
1910 – 1914 Études à l’université de Bonn: philosophie classique, psychologie, psychiatrie et histoire
de l’art.
1913 Participe à l’exposition des Expressionnistes rhénans. Premier bref séjour à Paris. Il rencontre
Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay chez August Macke.
1914 Début de son amitié avec Hans Arp dont il fait la connaissance à la Galerie Feldmann de
Cologne. Au moment de la Première guerre mondiale, il est incorporé dans l’artillerie.
1918 Mariage avec l’historienne de l’art Luise Straus.
1919 Il fonde avec Hans Arp et Johannes Theodor Baargeld le groupe Dada de Cologne. Exposition
Dada à Cologne. Max Ernst réalise ses premiers collages. Rend visite à Paul Klee à Munich.
1920 Naissance de son fils Hans-Ulrich Ernst, surnommé Jimmy.
1921 Première exposition de collages à Paris. Vacances en compagnie de Hans Arp, Sophie
Taeuber, Tristan Tzara et André Breton à Tarrenz (Tyrol).
France 1922 – 1941
1922 Max Ernst s’établit à Paris et se sépare de sa femme et de son fils.
1923 Max Ernst s’installe à Eaubonne près de Paris avec Paul et Gala Éluard et se charge de la
décoration des pièces. Il expose au Salon des Indépendants de Paris.
1924 André Breton publie son premier manifeste du surréalisme.
1925 Le galeriste parisien Jacques Viot prend Max Ernst sous contrat. Réalisation des premiers
frottages.
1926 Max Ernst divorce de Luise Straus.
1927 Mariage avec Marie-Berthe Aurenche. Max Ernst commence les séries de Horden, Wälder,
Muschelblumen et Vogeldenkmäler [Hordes, Forêts, Fleurs-coquillages et Monuments aux oiseaux].
1929 Publication du premier roman-collage La femme 100 têtes.
1930 Petit rôle dans le film L’âge d’or de Luis Buñuel. Fondation de la revue Le surréalisme au service
de la révolution. Fait la connaissance d’Alberto Giacometti.
1932 Premières expositions individuelles aux États-Unis, à la Julien Levy Gallery de New York.
1934 Séjour d’été à Zürich pour réaliser un tableau mural au Corso Bar. Il fait la connaissance de
l’écrivain James Joyce.
1936 Il quitte Marie-Berthe Aurenche. 48 de ses toiles sont présentées à New York, dans le cadre de
l’exposition Fantastic Art, Dada, Surrealism.
1937 Publication de l’article Au-delà de la peinture dans la revue des Cahiers d’art. Le numéro spécial
est consacré à Max Ernst. Réalisation de la toile « Der Hausengel » [L’Ange du foyer]. En Allemagne,
un grand nombre de ses tableaux sont confisqués et une de ses toiles figure dans l’exposition
munichoise organisée par les autorités pour stigmatiser l’Art dégénéré.
1938 Max Ernst quitte le groupe des surréalistes et s’installe avec sa compagne, l’artiste Leonora
Carrington, à Saint-Martin d’Ardèche dans le sud de la France.
1939/1940 En tant que « ressortissant d’une puissance ennemie », Max Ernst est interné à deux
reprises. Il est libéré grâce à l’intervention de Paul Éluard. Réalisation de nombreuses œuvres
employant la technique de la décalcomanie.
Amérique 1941 – 1953
1941 Peggy Guggenheim facilite sa fuite aux États-Unis. Il voyage avec elle en Californie, dans
l’Arizona, au Nouveau-Mexique, à la Nouvelle-Orléans. Mariage avec Peggy Guggenheim en
décembre.
1941 Participation à l’exposition montée à New York par André Breton et Marcel Duchamp First
Papers of Surrealism et publication de la revue VVV. Il fait la connaissance de l’artiste Dorothea
Tanning. Développe la technique de l’oscillation.
1943 Il divorce de Peggy Guggenheim. Passe l’été dans l’Arizona avec Dorothea Tanning.
1944 Max Ernst travaille à Great River, Long Island, et réalise une nouvelle série de sculptures.
1945 Il écrit le scénario d’un épisode du film de Hans Richter Dreams That Money Can Buy auquel il
participe comme acteur.
1946 Il s’installe avec Dorothea Tanning à Sedona, Arizona, où ils construisent une maison. Double
mariage à Beverly Hills : Max Ernst épouse Dorothea Tanning, Man Ray épouse Juliet Browner.
1947 Dernière grande exposition surréaliste à la Galerie Maeght de Paris.
1948 Début du travail sur la sculpture « Capricorne ». Robert Motherwell publie Max Ernst. Beyond
Painting, and Other Writings by Max Ernst and his Friends. Max Ernst obtient la nationalité
américaine.
1950 Voyage en Europe avec Dorothea Tanning. Loue un atelier à Paris.
1951 À l’occasion de son soixantième anniversaire, sa ville natale, Brühl, expose la première grande
rétrospective allemande.
1952 Yves Tanguy lui rend visite à Sedona. Max Ernst prononce une série de conférences à
Honolulu.
Europe 1953 – 1976
1953 Dorothea Tanning et Max Ernst regagnent Paris. Il travaille Impasse Ronsin à côté de l’atelier de
Constantin Brancusi. Le poème illustré de huit lithographies Das Schnabelpaar est publié aux éditions
Ernst Beyeler.
e
1954 Max Ernst obtient le Grand Prix de Peinture à la 27 Biennale de Venise. Il est exclu du groupe
des surréalistes par André Breton.
1955 Avec Dorothea Tanning, il s’installe à Huismes près de Chinon en Touraine. Première exposition
individuelle à la Galerie Beyeler.
1956 Max Ernst devient membre de l’Académie berlinoise des Beaux-Arts. La Kunsthalle de Berne lui
consacre une rétrospective.
1957 Max Ernst obtient le Grand Prix de Peinture du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Nouvelle
collaboration avec le réalisateur Hans Richter pour son film 8 x 8.
1958 Il prend la nationalité française. En septembre, il expose 40 œuvres dans le cadre de l’exposition
DADA. Dokumente einer Bewegung, à la Kunsthalle de Düsseldorf et au Stedelijk Museum
d’Amsterdam.
1959 – 1962 Grandes rétrospectives à Paris, New York, Chicago, Londres, Cologne et Zürich.
1963 Tournage du film Entdeckungsfahrten ins Unbewusste [Découverte de l’inconscient] consacré à
Max Ernst, par Peter Schamoni. Deux ans plus tard, Schamoni réalisera un autre film sur la vie
d’Ernst: Mein Vagabundieren – meine Unruhe. [Mes vagabondages, mes inquiétudes]
1964 Max Ernst et Dorothea Tanning s’installent dans le Sud de la France (Seillans). Participation à la
documenta III.
1966 Nommé Officier de la Légion d’Honneur. Participe à des expositions à Venise, Zürich, Berne.
Rencontre avec Werner Spies.
1967 Gravures en couleurs pour Aus einem aufgegebenen Werk [D’un ouvrage abandonné]. Travaux
d’orfèvrerie à la Galerie Le Point Cardinal d’après des esquisses d’Ernst, Arp, Derain, Hugo, Picasso,
Tanning et al.
1968 Réalisation des décors de La Turangalîla d’Olivier Messiaen pour l’Opéra de Paris.
1969/70 Grandes expositions à Stockholm, Amsterdam et Stuttgart. On peut voir les tableaux muraux
d’Eaubonne redécouverts chez François Petit à Paris.
1972 Devient docteur honoris causa de l’université de Bonn. Participation à la documenta 5.
1974 Deuxième exposition individuelle à la Galerie Beyeler.
1975 Voyage à New York à l’occasion de la grande rétrospective au Solomon R. Guggenheim
Museum, qui sera présentée ensuite au Grand Palais de Paris. Publication des deux premiers
volumes du catalogue de son œuvre.
er
1976 Max Ernst meurt le 1 avril, dans la nuit précédant ses 85 ans. Il est inhumé au cimetière du
Père Lachaise. Le Kaiserring, le prix d’art de la ville de Goslar, lui est décerné à titre posthume.
Images de presse : Une vaste sélection d’images de presse est disponible sous
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Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler: tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à 20h00
Citations de et sur Max Ernst
« Séditieuse, inégale, contradictoire, elle [mon œuvre] est inacceptable pour les spécialistes de l’art,
de la culture, du comportement, de la logique, de la morale. Elle a, en revanche, le don d’enchanter
mes complices : les poètes, le pataphysiciens, quelques analphabètes. »
Max Ernst, Écritures, avec cent vingt illustrations extraites de l’œuvre de l’auteur, Gallimard, Paris 1970, p. 340
« Hirondil que fait-il ; il met l'image du monde sous son bras ; la soulève très haut la baisse très bas ;
il l'ouvre il la ferme ; et la dépose sur la table du monde pour l'aimable contemplation »
Max Ernst, Écritures, avec cent vingt illustrations extraites de l’œuvre de l’auteur, Gallimard, Paris 1970, p. 349
« Là où l’homme espérait surprendre les mystères de la nature, il ne voit que sa propre image reflétée
dans le miroir. »
« Avant sa plongée, nul scaphandrier ne sait ce qu’il va rapporter. »
Max Ernst, Écritures, avec cent vingt illustrations extraites de l’œuvre de l’auteur, Gallimard, Paris 1970, p. 401402/p. 407
« La sculpture se fait dans une embrassade, à deux mains, comme l’amour. C’est l’art le plus simple,
le plus primitif. »
cité après Alain Bosquet, „Sculptures de Max Ernst“, dans: Max Ernst, Œuvre sculpté 1913-1961, cat. exp. Le
Point Cardinal, Paris 1961.
« Q. : Que pensez-vous de Kant ?
R. : La nudité de la femme est plus sage que l’enseignement du philosophe. »
« Propos de Max Ernst. La nudité de la femme est plus sage que l’enseignement du philosophe », in: Max Erns,
Propos et présence, Paris 1959, S. 11–33.
« Des fleurs de coquillages, de plumes, de cristaux, de méduses et de roseaux. Tous les amis se
métamorphosent en fleurs. Toutes les fleurs se métamorphosent en oiseaux, tous les oiseaux en
montagnes, toutes les montagnes en étoiles. Chaque étoile devient une maison, chaque maison une
ville : L’entrée des fleurs ; Comment ne suis-je pas cette charmante fleur ? Grande exposition Galerie
Bernheim. »
Max Ernst, Écritures, avec cent vingt illustrations extraites de l’œuvre de l’auteur, Gallimard, Paris 1970, p. 56.
« Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. »
Max Ernst, « Au-delà de la peinture », dans: Cahiers d’Art, no. 6-7, Paris 1937.
« Un peintre est perdu quand il se trouve. »
Max Ernst, « Lebensdaten », cat. exp., Galerie Stangl, München 1967, cité par Werner Spies, dans: „Entre
aggressivité et élévation“, dans : Max Ernst Retrospective, Paris/München 1991. p.9.
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