édito creation activité danse à biarritz #39 sensibilisation en bref

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édito creation activité danse à biarritz #39 sensibilisation en bref
JOURNAL D’INFORMATION DU CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL D’AQUITAINE EN PYRÉNÉES ATLANTIQUES MALANDAIN BALLET BIARRITZ
OCTOBRE > DÉCEMBRE 2009
ÉDITO
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CREATION
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ACTIVITÉ
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DANSE À BIARRITZ #39
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SENSIBILISATION
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EN BREF
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CALENDRIER
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Giuseppe Chiavaro • photo Olivier Houeix
EDITO
A plus d’un titre
U
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Gigabarre • photo Anne Schaller
ne question m’est régulièrement posée : « Est-ce
difficile de faire un ballet » ?
Pour ne répondre qu’à moitié, trouver l’idée peut l’être ; mais, comme
l’a écrit André Derain (1) : « les idées
ne suffisent pas, il faut le miracle ».
Autrement dit, un appui surnaturel
ou bien quelque chose d’explicable
comme un tour de magie. Mais
avant que le tour ne soit joué dénicher un titre est nécessaire. Ce qui
est parfois complexe. Car le titre est
le premier élément perceptible du
succès. Et, pour que le succès soit,
pour qu’il existe non seulement sur
l’affiche mais aussi dans la salle, sans
quoi ce serait une promesse en l’air,
le spectacle doit répondre au titre.
L’idéal serait évidemment de ne rien
promettre, sinon une représentation
vivante et éphémère de l’instant.
Mais se projeter sans projet n’est
pas conciliable avec l’activité d’une
troupe. D’autant qu’une création,
pour mobiliser les énergies, se détermine longtemps à l’avance. La
prochaine, sur les suites d’orchestre des ballets de Tchaïkovski, aura
ainsi été initiée en 2006 par l’Opéra
Théâtre de Saint-Etienne. Elle marquera le centenaire de la mort du
chorégraphe Marius Petipa. Mais
pas seulement, puisque s’agissant
de la 27è création à Saint-Etienne,
elle témoignera en coulisses de
dix-sept années de collaboration et
d’amitié avec Jean-Louis Pichon et
Serge Horwath qui ont récemment
quitté la direction de cette Maison.
Pour revenir au titre, ce spectacle en
aura connu plusieurs avant que le
choix ne se porte sur « Magifique ».
Un court-circuit du langage qui consacrait mes émerveillements à l’âge
où la vie s’invente. Pris à la lettre,
ce mot d’enfant est aujourd’hui une
invite à produire de la magie. Voilà
l’idée ! Mais, pour que cette idée
se transforme en poudre dorée,
honore un titre qui oblige, il faudra un tour de passe-passe ou bien
s’ouvrir au miracle. Ce à quoi l’on
peut croire sous le ciel étoilé d’un
théâtre. Car après tout, le spectacle
n’est-il pas le moment unique, parfois merveilleux où l’enfance s’éternise, et l’occasion de pouvoir mentir
comme un arracheur de danses ?
En attendant, la troupe est en Amérique latine. Une tournée d’un mois
s’achevant début octobre en Equateur où à l’occasion du bicentenaire
de son indépendance, l’Equateur
et la Ville de Quito accueillent la
10ème édition du Foro de Biarritz.
Dans le même temps, à l’heure où
j’écris ces lignes, le festival Le Temps
d’Aimer, s’achève en « chaussons ».
Et, ce à plus d’un titre.
■ Thierry Malandain, septembre
2009
Peintre, illustrateur et sculpteur, André Derain
(1880.1954) fut l’un des fondateurs du fauvisme.
Après la création de « La Boutique fantasque » aux
Ballets russes en 1919, il a été amené à créer de
nombreux décors et costumes de scène.
(1)
CRÉATION
Avec Ione Miren Aguirre,
Véronique Aniorte, Giuseppe
Chiavaro, Frederik Deberdt,
Thomas Gallus, Cédric Godefroid,
Aureline Guillot, Mikel Irurzun
del Castillo, Miyuki Kanei, Fabio
Lopes, Silvia Magalhaes, Arnaud
Mahouy, Audrey Perrot, Magali
Praud, Thibault Taniou, Nathalie
Verspecht, Daniel Vizcayo.
Maîtres de ballet Richard Coudray,
Françoise Dubuc
Régie générale Oswald Roose
Régie plateau Chloé Breneur
Régie Plateau Son Gilles Urrutia
Régie lumière Frédéric Eujol,
Christian Grossard
Régie son Jacques Vicassiau
Régie costumes Karine Prins
Avant-propos
Giuseppe Chiavaro & Magali Praud • photo Olivier Houeix
Coproduction
Opéra Théâtre de Saint-Etienne,
Teatro Victoria Eugenia de San Sebastian, Grand Théâtre de Reims,
Centre Chorégraphique National
d’Aquitaine en Pyrénées-Atlantiques Malandain Ballet Biarritz.
Partenaires
Très tôt Théâtre de Quimper, ADDM
44, Ville du Cannet.
Spectacle créé dans le cadre du 40e
anniversaire de la Fondation de
France
Musique Piotr llitch Tchaïkovski
Chorégraphie Thierry Malandain
Décor et costumes Jorge Gallardo
Conception lumière Jean-Claude Asquié
Réalisation costumes Véronique Murat
Des ballets, Casse Noisette, La Belle
au bois dormant et Le Lac des cygnes
qui associèrent à la scène, le chorégraphe, Marius Petipa (1822.1910)
et le compositeur Piotr llitch
Tchaïkovski (1840.1893), furent tirées trois suites d’orchestre destinées
au concert. Lesquelles, en résumant
les partitions originales, restituent
l’atmosphère poétique propre à ces
trois ballets sans en épouser le récit.
Une absence qui devrait permettre
une sorte de « figuration libre », de
situer le spectacle aux frontières du
connu et de l’inconnu, mais aussi
d’explorer l’humain entre la réalité
et le rêve.
« Le théâtre est un point d’optique.
Tout ce qui existe dans le monde,
dans l’histoire, dans la vie, dans
l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir, mais sous la baguette magique
de l’art. » a écrit Victor Hugo
C’est muni de cet accessoire indispensable aux fées, que le geste va
s’accomplir. Il tentera de perpétuer
l’enfance. Un exil presque rassurant lorsque « le monde des grand »
danse au bord du précipice. Pour ce
•••
Giuseppe Chiavaro & Arnaud Mahouy • photo Olivier Houeix
4 5
ACTIVITÉ
CRÉATION
Billetterie
Office du Tourisme de Biarritz
Javalquinto, Square d’Ixelles
64200 Biarritz
Réservations tous les jours
tél. 05 59 22 44 66
www.biarritz.fr
Ticketnet / Virgin-Leclerc
tél. 0 892 390 100 (0,34 €/min)
www.ticketnet.fr
France Billet / Fnac-Carrefour - Géant
tél. 0 892 683 622 (0,34 €/min)
www.fnac.com
Informations
•••
faire, mon intention est de mêler aux
réminiscences de Casse Noisette, de
La Belle au bois dormant et du Lac
des cygnes, quelques souvenirs fugitifs, comme un trait d’union entre
le réel et l’infini que prolongera la
musique de Tchaïkovski. Et, puisque
tout spectacle se nourrit d’expériences en même temps qu’il invente, il
s’agira aussi d’un ballet où chacun
pourra se souvenir de sa propre histoire, afin de soutenir ce qu’il voit,
ce qu’il imagine. Enfin, lui cherchant
un titre, je me suis souvenu qu’enfant, je qualifiais mes émerveillements de « Magifique ! ».
Magnifique sans « n » parce que la
haine divise, et que ce mot inventé,
cette simplification du langage,
convient aux intentions de cette
création : produire de la magie ou
encore recycler la matière brute
de la vie en formes expressives et
poétiques. Mais, il s’intitule aussi
« Tchaïkovski Suites », pour en avoir
dans les idées.
■ Thierry Malandain, mai 2009
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Ballet Biarritz
tél. 05 59 24 67 19
Billetterie San Sebastian
Victoria Eugenia Antzokia /
Teatro Victoria Eugenia
c/ República Argentina 1
Tél. +34 943481818
Antzoki Zaharra / Teatro Principal
c/ Mayor 3
Tél. +34 943481970
Servikutxa, Telekutxa
Tél. +34 943 00 12 00
www.kutxanet.net
Marius Petipa • caricature Nicolas Legat
Commande de l’Opéra Théâtre de
Saint-Etienne, ce nouveau spectacle
sera présenté à San-Sebastian les
12 et 13 décembre, à Quimper du
16 au 19 décembre dans le cadre
du Festival Théâtre à Tout Âge, à
Biarritz les 22 et 23 décembre, et
enfin à Saint-Etienne, les 30 et 31
décembre accompagné de l’Orchestre Symphonique de Saint-Etienne,
placé sous la direction de Laurent
Touche.
Marius Petipa
(1818.1910)
Fils du danseur et maître de ballet,
Jean-Antoine Petipa et de Victorine
Grasseau, comédienne, Marius Petipa est né à Marseille le 11 mars
1818. Formé par son père, il débute
enfant à Bruxelles sur la scène du
Théâtre de la Monnaie. En 1834, il
est engagé à Bordeaux, puis à Nantes en 1838 comme premier danseur et maître de ballet. Après une
tournée en Amérique du Nord, on
le voit à la Comédie Française, puis
à nouveau à Bordeaux où il crée La
Jolie Bordelaise et d’autres titres.
De 1843 à 1846, il travaille à Madrid qu’il doit quitter à la suite d’un
duel dont l’héroïne ne serait autre
que la future Impératrice Eugénie.
Revenu à Paris, il est appelé par Antoine Titus qui occupait un poste
de maître de ballet au Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg. Engagé
en 1847, comme premier danseur,
réglant dans le même temps quelques ballets, il est nommé maître de
ballet en titre en 1869, jusqu’à sa
retraite en 1904. En Russie où les
maîtres de ballet français jouissaient
du plus grand prestige depuis 1738,
date à laquelle Jean-Baptiste Landé
introduit le ballet à la cour d’Anne
1ère, Marius Petipa créa une soixante
de titres, sans compter les ballets
figurant dans les opéras et les reprises d’ouvrages du répertoire. Mort à
Gurzuf en Crimée, le 14 juillet 1910,
certaines de ses œuvres sont toujours représentées. Ainsi, La Belle
au bois dormant, Casse-Noisette,
Le Lac des cygnes, Don Quichotte,
La Bayadère ... etc. Enfin, quatre ans
avant de s’éteindre, il rédigea ses
souvenirs : Mémoires de M Petipa
publiées en 1990 chez Actes Sud.
Développement
transfrontalier :
un projet en action
Visant à soutenir un développement
régional intégré entre les régions
françaises et espagnoles et à renforcer la coopération transfrontalière,
le programme européen INTERREG
III A autorisa de 2001 à 2005 un
premier projet transfrontalier qui
permit la mise en place du Ballet
Biarritz Junior à Donostia San-Sebastian. Dans cette lignée et pour
une période allant de 2007 à 2010,
un nouveau projet est aujourd’hui
soutenu par un financement FEDER
- Interreg IV. Accompagné par les
Villes de Biarritz et Donostia SanSebastian, et par extension, l’axe
Aquitaine/Euskadi, il met en présence le Malandain Ballet Biarritz
et le Teatro Victoria Eugenia de Donostia San-Sebastian. Ce projet mis
au service d’un territoire comporte
trois volets : le développement économique avec la création d’emplois
durables, un développement des
partenariats et des co-productions
transfrontalières, enfin la mise en
œuvre d’actions de sensibilisation
favorisant l’accessibilité des publics
à la danse.
Calendrier des actions :
• Mars 2007 Ballet Biarritz participe
à la réouverture du Teatro Victoria
Eugenia à Donostia San-Sebastian
avec Don Juan
• Janvier 2008, développement de
l’Accueil Studio et création de l’Accueil Plateau
• Mai 2008 coproduction transfrontalière du Portrait de l’Infante et de
l’Amour sorcier et présentation simultanée à Donostia San-Sebastian
et à Biarritz.
• Décembre 2008 coproduction
transfrontalière de Carmen et présentation simultanée à Donostia
San-Sebastian et à Biarritz.
• Octobre 2009 : création du Laboratoire chorégraphique sans frontière. Deux artistes sont nommés
artistes associés au projet transfrontalier : les chorégraphes Jon Maya
(Pays Basque Sud) et Gaël Domenger (Pays Basque Nord)
• Décembre 2009 coproduction
transfrontalière de Magifique ou
Tchaïkovski Suites et présentation
simultanée à Donostia San-Sebastian et à Biarritz.
Enfin, dans le cadre du développement des partenariats, sous l’égide
de Biarritz Culture, outre l’accueil
à Biarritz de compagnies du Pays
Basque Sud à l’instar de la Compagnie Ertza de Asier Zabaleta ou de
la Compagnie Kukai-tanttaka de Jon
Maya reçues lors du Temps d’Aimer
2009, d’autres troupes seront bientôt programmées simultanément.
Ainsi en 2010, Biarritz Culture et le
Teatro Victoria Eugenia accueilleront ensemble la Compagnie Grupo
Corpo.
La mutualisation des compétences,
des moyens humains et financiers
des deux partenaires en coopération avec d’autres structures culturelles doit permettre de développer
de nouvelles actions implantées sur
le territoire transfrontalier avec une
dimension tournée vers l’international en respectant les préconisations
européennes. Nous souhaitons à
terme créer une structure transfrontalière pérenne vouée à l’art chorégraphique.
Laboratoire de
recherche
chorégraphique
sans frontière
Biarritz : Projet piloté par Gaël Domenger au Centre Chorégraphique
National d’Aquitaine en PyrénéesAtlantiques
Artiste associé : Beñat Achiary
Chercheur en informatique associé :
Alexis Clay ( ESTIA – recherche)
San-Sebastian : Projet piloté par Jon
Maya au Teatro Victoria Eugenia
Ce laboratoire chorégraphique proposé par Malandain Ballet Biarritz se
déroulera dans les locaux du Centre
Chorégraphique National d’Aquitaine en Pyrénées-Atlantiques à Biarritz et, au Teatro Victoria Eugenia de
San-Sebastian. Evoluant dans un ca-
dre européen, il s’adresse, en priorité, à un public d’adultes et de préadultes amateurs dans le domaine
chorégraphique et, leur propose,
de manière régulière, des ateliers
qui auront lieu le Mardi et le Jeudi entre 18h et 20h30, à partir du
12 octobre 2009. La participation
au laboratoire chorégraphique sans
frontière est gratuite, mais nécessite
néanmoins une inscription.
Le laboratoire chorégraphique sans
frontière s’organise autour de quatre axes principaux qui définissent le
contenu particulier des ateliers qu’il
propose : Pédagogie / Recherche /
Création / Improvisation.
Le laboratoire chorégraphique sans
frontière en suivant ces quatre axes
propose de fournir à ses participants
une pratique physique hebdomadaire tout au long de l’année dans
un contexte qui insiste sur l’interdisciplinarité. Il s’agit d’établir un
cadre de pratique qui puisse être
bénéfique aussi bien à des danseurs
qu’à des musiciens, des circassiens,
des plasticiens ou bien même des
écrivains, des scientifiques, et des
enseignants, intéressés par une réflexion commune sur le corps par le
corps.
Ce laboratoire chorégraphique a
pour fonction d’impliquer le public
qui y participe, au cœur de la réflexion sur la création qui mobilise
les créateurs et articule leur discours
artistique. Il est aussi question de
comprendre les implications pédagogiques d’un contexte qui privilégie recherche et création.
Si ce laboratoire est qualifié de sans
frontière, c’est qu’il correspond à la
volonté de Malandain Ballet Biarritz
de répondre aux besoins particuliers
de son activité régulière sur le plan
transfrontalier. Le laboratoire chorégraphique sans frontière propose
donc d’aller au-delà des frontières
géographiques, mais aussi générationnelles et artistiques, pour permettre des rencontres informelles
mais constructives entre, des créateurs, et un public averti, qui réclame une activité artistique et culturelle qui aille au-delà du simple
spectacle et de l’atelier ponctuel ■
LA DANSE À BIARRITZ # 39
Rosita Mauri
Les étagères des bibliothèques ne
disent pas si Rosita Mauri vint danser à Biarritz. En revanche, grâce à
une publication de l’Association des
Amis du Vieux Salies, nous savons
qu’elle profitait régulièrement des
eaux de Salies-de-Béarn, ville située
à une soixantaine de kilomètres de
la Côte basque. Nous remercions
donc Hélène Saule-Sorbé, Nahalie
Lecomte et Jean Labarthe de nous
avoir permis d’accéder à leurs sources.
l’Opéra de Paris, suivront ses conseils. S’agissant de Rosita Mauri, on
raconte qu’elle fit la connaissance
de Pierre Foix au cours d’un dîner
auquel participait également, Antonin Proust. Peintre et ami d’Édouard
Manet, avant de devenir député des
Deux-Sèvres, Antonin Proust fut ministre des Beaux-Arts sous Gambetta
en 1881. Il était aussi l’amant de Rosita Mauri. A l’époque, elle souffrait
de douleurs à un pied, et Pierre Foix
dût être extrêmement convaincant,
puisqu’en 1883, à la suite d’une
première cure à Salies-de-Béarn, la
danseuse s’y fera construire une villa
et un hôtel.
Née à Reuss, près de Barcelone, le
15 septembre 1856, Rosita Mauri
fut formée en Espagne par le belge, Henri Dervine. Puis, sous l’influence de son père, Pedro Mauri,
lui-même maître de ballet, elle vint
à Paris suivre les leçons de Carolina
Lassiat, connue sous le nom de Madame Dominique. En 1871, elle est
engagée comme 1ère danseuse au
Liceo de Barcelone, puis rejoint la
Scala de Milan en 1874. Elle se produit ensuite à Hambourg, Vienne,
Rome, Berlin et de nouveau à Milan où Charles Gounod la remarque.
Le compositeur va alors souhaiter
qu’elle figure dans Polyeucte, le
nouvel opéra qu’il écrit pour le Palais Garnier. Louis Mérante, maître
de ballet, donnant son accord, Olivier Halanzier, directeur de l’Opéra,
se rendra à Milan pour l’engager.
Le 7 octobre 1878, lorsque Rosita
Mauri débute dans le ballet des
païens de Polyeucte, ce fut parmi
les fervents de la chorégraphie, une
véritable joie. En effet, même si
après Léontine Beaugrand, toujours
en activité, certains regrettaient que
l’école française ne fournisse plus
d’étoiles, quoique Rosita Mauri ait
été formée en partie à Paris, incontestablement elle incarnait la danse.
Dès lors, la suprématie d’une autre
ballerine du moment, l’italienne
Rita Sangalli va se trouver menacée. De fait, longtemps, elles ne
s’adressèrent pas la parole. C’est
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seulement en 1882, lors d’une reprise de La Muette de Portici où
elles interprétaient deux femmes
jalouses, qu’elles se réconcilièrent.
Entre temps, Rosita Mauri tint hautement ses promesses. Dans Yedda
par exemple, ou bien dans La Korrigane, un ballet imaginé par le poète,
François Coppée qui écrira : « Mauri
est divine. C’est un des plus grands
événements de ma vie que d’avoir
vu cette artiste extraordinaire. Elle
est la danse personnifiée. » Après les
Adieux de Rita Sangalli, en 1884, la
«petite espagnole, aux boucles brunes, aux yeux de velours, aux lèvres
rouges comme une fleur de grenadier » devint l’étoile incontestée,
triomphant dans Le Cid, Les Deux
Pigeons, La Farandole, La Maladetta
ou encore dans l’Etoile. En 1898,
à la fin de sa carrière, c’est encore
vers Milan que l’Opéra se tournera
pour engager cette fois, Carlotta
Zambelli, qui viendra danser à Biarritz en 1901. A cette époque, Rosita
Mauri occupe à l’Opéra, le poste de
professeur de la classe de perfectionnement. Elle est aussi familière
de la région, puisque nous le disions
plus haut, elle possède, à Salies-deBéarn, une demeure, la villa Rosita
et Le Grand l’Hôtel de France et
d’Angleterre : « un hôtel de premier
ordre à 50 mètres de l’établissement
thermal » dit une réclame. Construit
sous la direction successive de deux
architectes, Victor Sanguinet et Edmond Ricard, il fut inauguré le 1er
avril 1886, faisant apparaître son
père comme propriétaire-directeur.
Quant à la villa, située juste à côté,
elle communique avec l’hôtel par
une galerie couverte et vitrée. Rosita Mauri y recevra des célébrités du
moment comme Gustave Eiffel en
1888, ainsi que plusieurs artistes de
l’Opéra. Elle y séjournera plus durablement pendant la Grande Guerre
tout en donnant des leçons de danse à quelques jeunes filles de bonne
famille. Quant à l’Hôtel loué à un
nouveau directeur depuis la mort de
son père le 24 septembre 1906, Rosita Mauri s’en séparera définitivement en 1920, l’année même où elle
cessa d’enseigner à l’Opéra. Dans
les années 1970, longtemps après
son décès, survenu le 23 septembre
1923, en fouillant dans les combles
de la villa et de l’hôtel adjacent, on
retrouvera son portrait à l’encre de
chine aux initiales d’Antonin Proust,
et un tableau peint par Edouard
Manet la représentant entourée de
couronnes de fleurs ■
Rosita Mauri • photo Nadar
Rosita Mauri • photo Reutlinger
S
i dès les débuts de l’humanité, l’eau fut partout utilisée
pour ses bienfaits, en France,
c’est Henri IV, qui édicta en 1604
la première charte des eaux minérales. Quatre siècles plus tard, en
1823, l’Académie de médecine décida d’un nouveau règlement, complété en 1860 d’un décret visant à
encadrer la pratique thermale. Car,
portées par le goût impérial pour
les villes d’eaux et l’avènement du
chemin de fer, les stations thermales
se multiplient. Non loin de Biarritz,
lui faisant parfois ombrage, parce
que fréquentées par la même clientèle, vont se développer les stations
de Cambo-les-Bains, Eaux-Bonnes,
Laruns et Salies-de-Béarn. C’est à
Salies-de-Béarn où l’eau huit fois
plus salée que l’océan est exploitée depuis plus de 3500 ans, que le
28 janvier 1891 mourut le docteur
Pierre Foix. Originaire de Cassaber,
commune distante de quelques
kilomètres de la « citée du sel », il
avait exercé plusieurs années à Paris, avant de revenir au pays. Ayant
parmi sa clientèle un certain nombre de célébrités, il leur recommandait bien évidemment les vertus
thérapeutiques des eaux de Saliesde-Béarn. C’est ainsi que le compositeur, Camille Saint-Saëns, mais
aussi Julia Subra, Désirée Lobstein
et Rosita Mauri, toutes danseuses à
Polyeucte, Gounod, Mérante, 7 octobre 1878
Yedda, Métra, Mortier, Gilles, Mérante, 17 janvier 1879
La Korrigane, Widor, Coppée, Mérante, 12 janvier 1880
La Muette de Portici, Auber, Scribe, Delavigne, 28 février 1828, reprise en1882
La Farandole, Dubois, Mortier, Gilles, Mérante, 14 décembre 1883
Le Cid, Massenet, d’Ennery, Gallet, Blau, 30 novembre 1885
Les Deux pigeons, Messager, Régnier, Mérante,18 octobre 1886
La Maladetta, Vidal, Gailhard, Hansen, 24 février 1893
L’Etoile, Wormser, Aderer, de Rodaz, Hansen, 31 mai 1897
Stage International
de Danse de Biarritz
A l’occasion de la 20ème édition du
Stage International de Danse de
Biarritz, Dominique Cordemans, a
animé du 9 au 14 août des ateliers
de répertoire autour de Sextet et Boléro de Thierry Malandain. A la suitesuite de quoi, soixante stagiaires
ont pu présenter des extraits de ces
chorégraphies sur la scène du parvis
du Casino Municipal le 14 août.
Université de Pau et
des Pays de l’Adour
UPPA Danse
Partenaire de l’Université de Pau et
des Pays de l’Adour - UPPA Danse
depuis 5 ans, le CCN accueille chaque année en résidence 12 lauréats
sélectionnés lors du concours des
Rencontres
Inter-Universitaires.
L’occasion de s’immerger dans l’univers chorégraphique de Thierry Malandain et de suivre un rythme professionnel.
Toulon mené par Dominique Cordemans, a permis d’aborder trois univers musicaux et chorégraphiques à
travers des extraits de Bal Solitude
de Thierry Malandain sur des musiques W.A Mozart, György Kurtag et
des mambos de Perez Prado. Ce travail qui laissait place aussi à la créativité des étudiants a été présenté
devant plus de 500 personnes lors
des Scènes Ouvertes du Festival Le
Temps d’Aimer, le 13 septembre.
Les sélections pour la prochaine
résidence chorégraphique au CCN
s’effectueront lors des prochaines
Rencontres Inter-universitaires UPPAdanse qui se dérouleront les 10
et 11 avril 2010.
CEFEDEM
d’Aquitaine
Dans le cadre du partenariat instauré avec le CEFEDEM d’Aquitaine,
et au sein de la formation continue
des étudiants au Diplôme d’Etat et
aux métiers de la danse, Dominique
Cordemans a été invitée du 18 au 25
septembre à Bordeaux et Arcachon
pour transmettre à 16 étudiants en
formation classique, jazz et contemporaine la chorégraphie de Boléro
de Thierry Malandain. L’aboutissement de ce travail a été présenté le
25 septembre au Théâtre de la Mer
d’Arcachon dans le cadre du Festival
Cadences.
BIARRITZ CULTURE
Saison Danse
2009-2010
Vendredi 30 octobre 2009
20h30 Gare du Midi
Blanca Li
Le Jardin des délices
22 et 23 décembre 2009
20h30 Gare du Midi
Malandain Ballet Biarritz
Magifique-Tchaïkovski Suites
Samedi 16 janvier 2010
17h Colisée
Groupe Noces
Du sirop dans l’eau
(Jeune Public)
Samedi 23 janvier 2010
20h30 Colisée
L’Adret-David Rodrigo
Gaël Bovio
Sumbiosis
Vendredi 19 février 2010
20h30 Gare du Midi
Zoopsie Comédi
Revue chorégraphique
et musicale
Vendredi 2 avril 2010
20h30 Colisée
Herman Diephuis
Paul est mort ?
Samedi 8 mai 2010
20h30 Gare du Midi
Malandain Ballet Biarritz
Magifique-Tchaïkovski Suites
Conservatoire
Maurice Ravel
Côte Basque
Pour cette 5ème année, un travail de
transmission et de relecture avec des
étudiants des facultés de Bayonne,
Anglet, Bordeaux, Caen, Toulouse et
Dans le cadre du partenariat instauré avec le Conservatoire Maurice
Ravel Côte Basque, de novembre
à décembre prochain, Dominique
Cordemans animera à Biarritz un
parcours culturel et chorégraphique
touchant les élèves des cycles spécialisés et cycles 3 de cet établissement. Une présentation publique du
travail se déroulera au Conservatoire
le 1er décembre à 19h00.
Renseignements
Biarritz Culture
Tél. 05 59 22 20 21
www.biarritz-culture.com
Réservations
Office de Tourisme de Biarritz
Tél. 05 59 22 44 66
et points de vente habituels
Blé Noir
à Europa Danse
Chorégraphie de Thierry Malandain,
transmise par Patrice Delay, Blé Noir
entre au répertoire d’Europa Danse
dans un programme intitulé : « Drôle
de danse » qui réunira des œuvres
d’Alwin Nikolaïs, Alexander Ekman,
Blanca Li, Carlos Chamorro, Mats
Ek, Marcia Barcellos, Karl Biscuit et
Nils Christe.
Partenariat
Colloque
International de
Biarritz/Malandain
Ballet Biarritz
Cette année encore le Malandain Ballet Biarritz sera partenaire du 4ème Colloque International de Biarritz ayant
pour thème « Les Interculturalités »
et qui se déroulera du 18 au 20 novembre 2009 au Théâtre du Versant.
La Compagnie de Caroline Fabre et
Norbert Sènou de Bordeaux sera accueillie à Biarritz dans le cadre de ce
colloque, et présentera son travail
avec les danseurs du Bénin avec qui
elle travaille depuis de nombreuses
années. Une répétition publique sera
organisée le 19 novembre à 19 heures
dans les locaux du CCN présentant la
pièce « Egble Makou » actuellement
en tournée en Europe. Le lendemain
20 novembre, la dernière création
du Théâtre du Versant « Diaspora Bidaian » sera donnée en première, à la
Scène Nationale de Bayonne.
Centenaire des
Ballets russes
A l’occasion du centenaire des Ballets russes, les Ballets de MonteCarlo dirigés par Jean-Christophe
Maillot rendent hommage à l’œuvre
de Serge Diaghilev. Dans ce cadre
du 9 au 20 décembre prochain, 25
chorégraphes, 250 danseurs seront réunis à Monaco. L’Après-midi
d’un faune, dans la chorégraphie de
Thierry Malandain et l’interprétation
de Christophe Roméro, sera ainsi
présenté les 11 et 12 décembre.
[Re]connaissance 09
Concours de Danse
Contemporaine
Avant cela, le 23 octobre Véronique
Aniorte, Giuseppe Chiavaro, Silvia
Magalhaes, Magali Praud, Christophe Romero et Nathalie Verspecht seront à Moscou pour danser
L’Après-midi d’un faune, Le Spectre
de la rose et La Mort du cygne lors
d’une soirée célébrant Michel Larionov, peintre des Ballets russes.
Sur une idée de La Maison de la
Danse de Lyon et du Pacifique-CDC
de Grenoble, 12 partenaires se sont
associés pour contribuer au repérage
de nouveaux talents. Chaque partenaire ayant proposé une compagnie
de son choix, à l’issue d’un concours
se déroulant les 27 et 28 novembre à
l’Hexagone de Meylan, un jury constitué de personnalités du monde de
la danse remettra les deux premiers
prix, tandis que le 3e prix sera attribué
par le public. Les trois compagnies
primées seront ensuite accueillies par
les lieux partenaires durant la saison
2010/2011. Affiliés à ce projet, le Malandain Ballet Biarritz et Biarritz Culture, présenteront cette soirée partagée
en septembre 2010 lors de la 20ème
édition du Temps d’Aimer.
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www.reconnaissance-danse.fr
Nouveau venu
Thomas Gallus
Répétitions
publiques
Né à Antibes, Thomas Gallus étudie la danse au Conservatoire de
Nice auprès de Janine Monin, puis
à l’Ecole Nationale Supérieure de
Marseille avec Raymond Franchetti,
Dominique Khalfouni et Michael
Denard. Il débute sa carrière au Ballet de Bordeaux en 1998, puis est
engagé au Ballet de l’Opéra de Paris
en 2000. Quatre ans plus tard, il intègre le Ballet de la Scala de Milan.
En 2008, il rejoint au Canada, l’Alberta Ballet comme danseur principal.
Le 1er décembre 2009
Malandain Ballet Biarritz et parcours
culturel et chorégraphique du Conservatoire de Biarritz au Conservatoire à 19h.
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Mercredi 12 mai 2010
20h30 Gare du Midi
Grupo Corpo (Brésil)
EN BREF
Christophe Roméro dans l’après-midi d’un Faune • photo Olivier Houeix
SENSIBILISATION
Le 8 décembre 2009
Malandain Ballet Biarritz au studio
de la Gare du Midi à 19h.
Entrée libre sur réservation
au 05 59 24 67 19
10 11
CALENDRIER
OCTOBRE > DÉCEMBRE 2009
Représentations en France
16/10
Oloron Sainte-Marie
Carmen, L’Amour sorcier
08/11
Sablé sur Sarthe
Carmen, L’Amour sorcier
10/11
Coignières
Carmen, L’Amour sorcier
12/11
Tarbes
Carmen, L’Amour sorcier
20/11
Villeneuve-sur-Lot
La Mort du cygne, Ballet Mécanique (Jeune public)
20/11
Villeneuve-sur-Lot
Mozart à 2, La Mort du cygne, Ballet Mécanique
16/12
Quimper
Magifique-Tchaïkovski Suites (Jeune public + Tout public)
17/12
Quimper
Magifique-Tchaïkovski Suites (2 Jeune public )
18/12
Quimper
Magifique-Tchaïkovski Suites (Jeune public + Tout public)
19/12
Quimper
Magifique-Tchaïkovski Suites (2 Tout public)
22/12
Biarritz
Magifique-Tchaïkovski Suites
23/12
Biarritz
Magifique-Tchaïkovski Suites
30/12
Saint-Etienne
Magifique-Tchaïkovski Suites
31/12
Saint-Etienne
Magifique-Tchaïkovski Suites
centre chorégraphique national
d’aquitaine en pyrénées atlantiques
Gare du Midi
23, avenue Foch
F-64200 Biarritz
Tél. : +33 5 59 24 67 19
Fax : +33 5 59 24 75 40
[email protected]
Président Pierre Durand
Vice-Président Pierre Moutarde
Trésorier Marc Janet
Directeur / Chorégraphe
Thierry Malandain
Directeur délégué Yves Kordian
Maîtres de ballet Richard
Coudray, Françoise Dubuc
Artistes chorégraphiques
Ione Miren Aguirre, Véronique
Aniorte, Giuseppe Chiavaro,
Frederik Deberdt, Cédric
Godefroid, Thomas Gallus,
Aureline Guillot, Mikel Irurzun
del Castillo, Miyuki Kanei,
Fabio Lopes, Silvia Magalhaes,
Arnaud Mahouy, Audrey
Perrot, Magali Praud, Thibault
Taniou, Nathalie Verspecht,
Daniel Vizcayo
Professeur invité Angélito
Lozano
Pianistes Alberto Ribera,
Miyuki Brickle, Corinne Vautrin
Sensibilisation des publics et
transmission du répertoire
Dominique Cordemans
Formation et accueil studio
Gaël Domenger
Comptabilité, mécénat Rhania
Lacorre
Communication Sabine
Lamburu
Accueil, logistique, diffusion,
secrétariat technique Lise
Philippon
Secrétariat-comptabilité Arantxa
Lagnet, Annaële Chilewicz
Directeur de
production / Concepteur
lumière Jean-Claude Asquié
Le sang des étoiles • photo Olivier Houeix
Régisseur général Oswald
Roose
Régie lumière Frédéric Eujol,
Christian Grossard
Régie plateau Chloé Bréneur
Régie son Jacques Vicassiau
Régie plateau son Gilles Urrutia
Régie costumes Karine Prins
Construction décors &
accessoires Alain Cazaux
Chauffeur Thierry Renault
Agents d’entretien Ghita
Balouck, Sabrina Guadagnino
Attaché de presse Yves
Mousset / MY Communications
Consultant en communication
Frédéric Néry / Yocom
Projet transfrontalier / Fonds
européen Interreg IV A
Représentations à l’étranger
01/10
Equateur / Quito
Le Sang des étoiles
02/10
Equateur / Quito
Le Sang des étoiles
23/10
Russie / Moscou
Le Spectre de la rose, la Mort du cygne, l’après-midi d’un Faune
12/12
San Sebastian
Magifique-Tchaïkovski suites
13/12
San Sebastian
Magifique-Tchaïkovski suites
Malandain Ballet Biarritz
Yves Kordian, directeur
délégué
Rhania Lacorre, suivi financier
Sabine Lamburu,
communication
Arantxa Lagnet, relations
partenaire, traduction basque
Teatro Victoria Eugenia
Atton Azpitarte, co-directeur
Norka Chiapuso, responsable
artistique du projet
Cristina Olaizola, coordination
et communication
Numéro
Directeur de la publication
Thierry Malandain
Conception & réalisation
graphique Frédéric Néry
Imprimeur SAI (Biarritz)
ISSN 1293-6693 - juillet 2002
www.malandainballet.com
Coordination ACG Productions