Îlots intemporels - Thomas JORION Photographe

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Îlots intemporels - Thomas JORION Photographe
Îlots intemporels
Thomas Jorion
TIMELESS ISLANDS
My work is based on our perception of time, how it passes and especially its lack of
linearity. Some places seem frozen as time passes by. While our society is developing
and changing very rapidly, these places are submitted to a distorted passing of time.
They seem to be lifeless or in a waking state, although in reality they have their own
link with time.
I travel the world with one idea in mind, to find and show timeless islands. I choose to
enter closed and abandoned places formerly alive, and often places of leisure or
prestige to capture and share them. My fascination for the esthetic of abandoned
places is the extension of an older tradition. The Romantics enjoyed strolling amidst
the ruins of long lost civilizations. Centuries earlier, painters such as François de Nomé
(1592 – 1623), Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) and Hubert Robert (1733 –
1808) dedicated part of their work to these forgotten places. Somehow my photos
are part of this process.
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The existence of timeless islands stems from a variety of contemporary phenomena.
Though each of these islands has a particular origin depending on its location, all
eventually evoke the disappearance of men.
In Japan, the line between leisure and consumption is often blurry. Leisure activities
that are deemed old-fashioned are disposed of – similar to those handkerchiefs, the
“nuigishi,” given out for free on the streets by pretty young ladies. An example of this
occurence (occurrence – deux R) is the three-storied, 108-lane bowling alley in a Tokyo suburb. Being out of use for some time, it soon is to be demolished. The expansion
of new forms of leisure activities has also led to a booming hotel industry. Better and
cheaper flight connections and the growing mobility of global citizens made the world
a village, with every destination easy to reach. The province of Izu, which used to be
a popular summer destination for the Japanese, is now competing with international
destinations as in China or Korea. Hotel complexes or amusement parks now open for
business or shut their gates according to short-lived trends in the tourism industry.
In America the consequences of the economic crisis have been more disastrous than
anyone could hardly have imagined. In the vast landscape of the United States, the
possibility to build on new land is considered limitless. The habit of constructing new
buildings instead of renovating old ones has proven rather catastrophic for the
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ÎLOTS INTEMPORELS
country. The dramatic consequences can be seen in cities such as Detroit MI,
where the “white flag” phenomenon has made matters even worse. Other cities,
such as Memphis, TN, or Bridgeport, CT have followed suit. Those cities’ entire
cultural and social identities have decayed into ruin. The first places to have become useless for society were theaters, movie theaters, sport centers, schools and
churches. Health care institutions, public housing, and judicial systems suffered,
too... The failure of American Utopias, photographed by Joel Sternfeld in the late
70s, was already heralding deeper phenomena observed today.
On the old continent, the reasons are multiple and the consequences are often
the same. Struck by a major structural transformation from industrial to post-modern
societies many countries had to turn away from their heavy industry. Gigantic textile
factories in Northern Italy have completely disappeared, even sumptuous villas of
industrialists were forsaken and left to decay. Twenty years after the reunification
this development can also be seen in Germany, where factories became completely unsuitable for the global economy and whole regions became deserted
due to migration.
There is no denying that these abandoned places now cover all continents and in
the name of the profit motive tends to amplify this phenomenon.
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As for my photographic practice, I wish to conserve the rawness of the places that I
observe. This represents a challenge. The frame must be arranged in accordance
with the layout of the space and the available light. For me, this reinforces the immaculate and timeless aspect of the place.
My use of a large format camera allows me to make sharp and detailed images
that contain a variety of focal points, textures, and depths. Capturing the richness
of such pictures takes much time, which in turn reduces the number of photographs
I can take.
The choice of color film is important because it anchors the place within the present moment and allows for a faithful rendering of things seen. This eliminates the
austere quality of certain spaces. For example, in the Piedmont theater, the blue,
yellow, and brown are muted and soft colors, but they correspond well together
to reveal a new beauty.
Thomas Jorion
Mon travail se base sur notre perception du temps, de la façon dont il s’écoule et
surtout de son absence de linéarité. Certains lieux se retrouvent ainsi comme « figés »
dans le temps, alors même que notre société se développe et file à cent à l’heure. Ils
paraissent comme inanimés ou en veille alors qu’en réalité, ils suivent un écoulement
temporel déformé, allongé, qui leur est propre.
Aujourd’hui je parcours le monde avec une idée en tête : chercher et présenter ces
îlots intemporels. Je choisis de rentrer dans des lieux clos et laissés à l’abandon,
autrefois lieux animés, de vie, de loisirs ou de prestige pour les saisir et les partager.
Ma fascination pour l’esthétique de ces lieux abandonnés s’inscrit dans un courant
plus ancien. Les Romantiques aimaient à se promener dans les ruines de civilisations
disparues. Certains peintres y ont consacré une partie de leur oeuvre : François de
Nomé (1592 – 1623), Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) ou Hubert Robert
(1733 - 1808). D’une certaine façon mes photos s’inscrivent dans cette démarche.
*
À l’origine de la création des îlots intemporels, on peut dégager différents phénomènes contemporains. Et bien qu’ils aient des origines spécifiques sur chaque continent, la conséquence est la même : la disparition de l’humain.
Au Japon, la société du loisir se confond avec la société de consommation. Tels des
nuigishi, ces mouchoirs distribués gratuitement dans la rue par de jolies jeunes filles,
les loisirs passés de mode sont « jetés » après usage. C’est le cas de ce bowling
dans la grande banlieue de Tokyo, sur trois étages, 108 pistes aujourd’hui démodées attendent d’être rasées. L’industrie hôtelière fait aussi les frais de cet engouement pour de nouveaux loisirs, comme dans la province de Izu réputée pour ses
animations estivales qui a vu décroître son activité au profit de destinations plus
lointaines (Chine, Corée…). Les parcs d’attractions sont également au centre d’un
phénomène perpétuel d’ouverture et de fermeture en fonction des modes et des
attentes des clients.
Si l’on compare le Japon et l’Amérique, on remarque que, chez ce dernier, les crises
ont été bien plus profondes que l’on peut l’imaginer depuis l’Europe. L’espace constructible y étant presque illimité, la règle du « construire neuf plutôt que de réhabiliter » a laissé des marques. C’est bien sûr le cas à Detroit (Michigan), où le « white
flight » a amplifié le phénomène, mais aussi dans d’autres villes comme
Memphis (Tennessee) ou Bridgeport (Connecticut). On y découvre que des pans entiers du tissu social partent en ruine. En premier, les loisirs avec les théâtres, cinémas et
salles de sport, mais aussi le système éducatif et religieux. Puis suivent les structures de
soins, les logements et même le système judiciaire... L’échec des utopies américaines,
photographiées par Joel Sternfeld à la fin des années 70, était déjà annonciateur
des phénomènes plus profonds constatés aujourd’hui.
Sur le vieux continent, les raisons sont multiples et les conséquences souvent les
mêmes. Les gigantesques usines textiles du nord de l’Italie ont totalement disparu au
profit de délocalisations. L’appauvrissement de la région a entraîné la chute et la fuite
de familles provoquant l’abandon de somptueuses villas. L’Allemagne de l’ouest, qui
elle-même a du tourner la page de l’industrie lourde, n’a toujours pas fini d’absorber
sa jumelle chétive de l’est. Vingt ans après la réunification, en raison de phénomènes
profonds, comme la migration de la jeunesse, on découvre des usines inadaptées à
l’économie de marché, d’anciennes bases militaires soviétiques abandonnées par
dizaine et des villes fantomatiques.
Fort est de constater que ces lieux abandonnés couvrent aujourd’hui l’ensemble des
continents et qu’au nom de la recherche du profit ce phénomène tend à s’amplifier.
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Pour parler de ma pratique de la photo, je souhaite conserver le côté brut des
lieux que j’observe. Ceci représente un défi puisqu’il faut organiser le cadre avec
l’agencement du lieu et jouer avec la lumière de l’instant. À mon sens, cela renforce
l’aspect immaculé et intemporel du lieu. L’utilisation d’un appareil de grand format
permet d’obtenir des photographies nettes et détaillées qui comportent un grand
nombre de centres d’intérêts, de textures et de profondeur. La contrepartie est de
devoir prendre des décisions techniques qui ralentissent le travail et réduisent le
nombre de photographies.
Le choix de la pellicule couleur est important car il ancre le lieu dans le présent et
permet une représentation fidèle des choses. Ceci écarte le côté austère de certains
lieux. Par exemple, dans la salle de spectacle du Piémont, le bleu, le jaune et le brun
sont des couleurs passées et doucereuses, mais s’accordent entre elles pour révéler
une nouvelle beauté.
Thomas Jorion
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Ces somptueuses colonnes sont celles d’une cimenterie ! Reflet d’une époque où les constructions, même pour les sites industriels étaient réalisées pour traverser les années. Sur place j’ai eu
l’impression de parcourir le décor d’un film baroque.
These sumptuous columns are those of a cement factory ! They reflect an era when buildings,
even the most industrial, were built to stand the test of time. At the site I had the impression of being transported into a baroque film set.
Cisterna - Cement works, industrial park, Lombardy, Italy - 2009
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Les plus incroyables couleurs apparaissent sur les murs de certains bâtiments industriels, mais que
penser de l’herbe qui pousse au deuxième étage d’une usine d’engrais chimique...
The most incredible colors appear on the walls of certain industrial buildings, but what to make of
the grass that grows on the second floor of a chemical fertilizer factory...
Fertilizer - Hygiene chemistry company, laboratory ,Saxony-Anhalt, Germany - 2009 11
12 Fantasia Rosso - Paper factory, workshop, Lombardy, Italy - 2010
Fantasia Blu #1 - Paper factory, boiler room, Lombardy, Italy - 2010 13
Un des aspects que j’aime dans mon sujet photographique, c’est de rentrer dans les bâtiments
les plus improbables tel que cette salle des pendus. L’espace d’un instant on s’imagine exercer un
autre métier dans un autre quotidien, une autre vie... Quelques secondes à rêver... avant d’être
ramené à la réalité de mon travail photographique.
One of the things that I like the most about what I do is entering the most unlikely places like this
torture chamber. If only for an instant, I imagine myself in another profession, in another world, another life... A few seconds to dream... before being brought back to the reality of my photographic
practice.
Hugo - Coal mine, changing room, North Rhine-Westphalia, Germany - 2010 15
16 Deux - Coal mine, showers, Liege, belgium - 2008
Meikyu - Calcium carbonate mine, storage space, Aichi, Japan - 2008
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Cette centrale électrique est gigantesque. Elle fut construite sur le modèle d’une cathédrale, de
20 mètres de haut avec une verrière à couper le souffle. Et le plus étonnant, je l’ai trouvé dans la
salle des chaudières avec cette atmosphère et ces teintes incroyables.
This power plant is gigantic. It was modeled on a large cathédral, and contains a breathtaking
stained glass window. What is most surprising is that I found this window in the boiler room. The
colors were incredible.
Boiler room - Port Richmond power station, boiler room, Pennsylvanie, USA - 2007 19
20 Webstuhl - Carpet factory, production line, Saxony, Germany - 2008
Polpo - Textil factory, power station, Lombardy, Italy - 2010 21
J’ai toujours été admiratif des architectes bâtisseurs d’installations industrielles. Ces détails du système de refroidissement et de distribution d’huile sont là pour me le rappeler. Je ne me lasse jamais
de contempler ce labyrinthe de tuyaux.
I have always been an admirer of industrial architects. These details always remind me of that
admiration. I never tire of contemplating this maze of pipes.
Tubes - Port Richmond power station, turbine hall, Pennsylvanie, USA - 2007 23
24 Blue reflection - Fisher Body car factory, platform, Michigan, USA - 2009
U Turn - Fisher Body car factory, platform, Michigan, USA - 2009 25
Bâtie vers 1850, cette villa néo gothique était inoccupée depuis plusieurs dizaines d’années. Et
pourtant, chaque pièce avait gardé de sa magnificence.
This neo-Gothic villa, erected around 1850, has remained unoccupied for several decades.
And yet each room has retained its magnificence.
L’anticamera - Villa Galina, chapel, Piedmont, Italy - 2009 31
32 Pianoforte - Villa Cosiche, lobby, Tuscany, Italy - 2012
Casino - Villa Olma, lounge, Emilia–Romagna, Italy - 2011 33
Après avoir fait quelques pas dans cette villa j’avais déjà oublié les kilomètres parcourus, le réveil
à 5h, les heures de voiture, le froid, le rappel le long d’un mur...
After having explored this villa I had already forgotten about the miles traveled to get there. Waking up at 5 AM, the hours in the car, the frigid air, rappelling down a wall...
Porpora - Villa Livorno, living room, Piedmont, Italy - 2010 35
36 Scalone - Villa Costanza, staircase, Piedmont, Italy - 2010
Gli angeli - Villa Branca, staircase, Lugano, Switzerland - 2009 37
Le Japon est un pays à part, où même les “Haikyo” expriment une sérénité toute asiatique. Je me
souviens avoir ressenti un grand apaisement au milieu de cette végétation protectrice et ce
chaleureux soleil.
Japan is a singular country, where even the “Haikyo” share a typically Asian serenity. I remember
having felt a great sense of calm among this protective vegetation and this warm sun.
Isu - Gisuhoto hotel, cloakroom, Kinki, Japan - 2009 43
44 Furo - Moshida grand hotel, collective bath, Kanto, Japan - 2009
Seijaku - Hashima island, school, Chugoku, Japan - 2008 45
Souvent, ces lieux transportent dans le temps. Parfois, comme ici, ils nous plongent aussi loin dans
l’espace. C’est ce que j’ai ressenti dans cette villa noyée sous les palmiers et les rayons de soleil.
Mais je n’en dis pas plus… à votre tour de rêver.
These places often transport you through time. Sometimes, as in this picture, they also thrust us
far into space. This is what I felt in this villa drowning in palm trees and sunlight. But I won’t say
anything else about it…it’s your turn to dream.
Palma - Villa Vigano, veranda, Piedmont, Italy - 2010 47
48 Midori - Shiokuro hotel, lobby, Kinki, Japan - 2009
Hikari - Shiokuro hotel, lobby, Kinki, Japan - 2009 49
Un des plaisirs lorsqu’on visite des lieux désertés, c’est indéniablement leur part de mystère. Là
un escalier, là-bas un couloir, avec à chaque fois une invitation à explorer, comme cette petite
porte baignée de lumière perdue au milieu d’un movie palace de 4300 sièges.
One of the highlights of visiting these abandoned places is undeniably their sense of mystery.
Here a stairway, there a corridor. Each constitutes an invitation to explore, like this little door
bathed in light, lost somewhere in a 4300-seat movie palace.
Entrance - Uptown theater, movie theater, Illinois, USA - 2009 51
52 Line e diritto - Villa Galina, living room, Piedmont, Italy - 2009
Grand piano - Lee plaza hotel, dining room, Michigan, USA - 2009 53
La dernière fois que ces projecteurs on envoyé une image c’était il y a près de 50 ans, en 1965.
Depuis ils sont braqués sur une salle utilisée pour le bingo ou comme marché aux puces.
The last time these projectors cast an image was almost 50 years ago, in 1965. Since then, they
have been fixed on a room used for bingo or a flea market.
Projectors - RKO Theater - Movie theater, projection room, New York - 2007 59
60 Rusty panel - Uptown theater, stage machinery, Illinois, USA - 2009
Cupola - Uptown theater, movie theater, Illinois, USA - 2009 61
Découvrir qu’il existe un bowling abandonné avec 108 pistes sur 3 étages même à 9.700 km de
chez soi est un motif suffisant à justifier un tel voyage. Et au final quand je regarde la photo, je me
demande si je ne suis pas allé plus loin... à 370.000 km ?
Discovering an abandoned bowling alley with 108 lanes on 3 floors 9.700km from home is reason
enough to make such a long trip. When I look at the photo, I wonder if I didn’t go a bit too far...
370.000km ?
Toyo - Bowling complex, bowling alley, Kanto, Japan - 2009 63
64 Mirror - Recreation center, swimming pool, Michigan, USA - 2009
Basketball - Military base, gymnasium, Brandenburg, Germany - 2010 65
Il est rare de trouver une si belle église à l’abandon, en particulier dans un pays très pratiquant.
C’est en levant les yeux que j’ai eu l’explication : un défaut de conception de la coupole a
conduit à sa chute.
It is rare to find such a beautiful church left in ruin, especially in such a religious country. I understood when I looked up and noticed a design fault in the conception of the dome, a deformity
that lead to the church’s demise.
Coscienza rosa - Church of San Giacomo, nave, Piedmont, Italy - 2011 67
72 Dentist view’s - David Broderick tower, dentist products, Michigan, USA - 2009
Bath-room - Greystone hospital, bath-room, New Jersey, USA - 2007 73
Refermer la porte coulissante en bois et papier de riz sur un lieu déserté depuis les années 30,
voilà le genre de moment que j’attendais depuis plusieurs mois. Un spectacle incroyable et le
sentiment si particulier de mettre un pied dans le passé. C’est ici que j’ai pris conscience de
l’existence des îlots intemporels.
Closing the sliding door of wood and rice paper in a place deserted since the 1930s, that’s the
kind of moment that I’ve been yearning for. An incredible spectacle and the very particular feeling of stepping into the past. It was here that I became aware of the existence of timeless islands.
Takaramono - Apothecary, concoction room, Gifu, Japan - 2008 75
Ouvrage limité à 1000 exemplaires / Limited edition of 1000 copies
Seconde édition : Avril 2012 / Second edition : April 2012
Première édition : Octobre 2010 / First edition : October 2010
ISBN 978-2-7466-2500-6
Imprimé en France / Printed in France
Conception / conception : Thomas Jorion
Traduction / translation : Solène & Ari Thomas-Blatt
Remerciement spécial / special thank :
Pierre de Beaucorps
Légende :
Nom de la photographie - Nom du bâtiment, espace, Région, Pays - Année de prise de vue
Legend :
Photograph name - Building name, place, Part of country, Country - Shooting year
Photographie en couverture / Cover photograph :
Hairdressing salon - Greystone Hospital, hairdressing salon, New Jersey, USA - 2007
Photographie 4ème de couverture / Back cover Photograph :
Freight Elevator - Warehouse, cargo area, Michigan, USA - 2009
Website : www.thomasjorion.com
Contact : [email protected]
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